Unités d'observation et pouvoirs locaux à Sokodé
Unités d'observation et pouvoirs locaux à Sokodé
BARBIER [Link].
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Lomé, Togo
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Ville récente, née comme la plupart des cités africaines du fait co-
lonial, Sokodé se caractérise néanmoins par une très forte emprise du droit
coutumier sur son sol. Quatre villages préexistaient, en effet, à l'installation
allemande.
l - LA CHEFFERIE DE KOMA
(1) ALEXANDRE P., 1963 : Organisation politique des Kotokoli du Nord Togo" -
C.E.A., tome 4, n° 14, p. 249.
(2) FROELlCH J.C., ALEXANDRE P., 1960 : Histoire traditionnelle des Kotokoli et
des Bi-tchambi du Nord Togo" - Bulletin de l 'I.F.A.N., tome XXII, série B,
n° 1-2, pp. 228-274.
(3) Mal' est le diminutif de malwa (= musulman) et ouro est le terme kotokoli
pour désigner un chef politique.
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Fondé bien avant llarrivée des Allemands au dire de ses anciens (1) par
un nommé Tagwa du clan Tabolu, originaire du Wangara (nom donné au pays des
Mandingue par les Haoussa), le village de Kouloundê s'est installé immédiatement
à l'est de Didaouré, sur la rive droite de la Na, sur des terres appartenant au
village de Salimdê (qui, lui, était sur la rive gauche de cette rivière).
IV - LE VILLAGE DE TCHAWANDA
(1) Ils énumèrent une dizaine de chefs, l'actuel chef étant inclu dans ce nombre.
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zone de colonisation agricole ouverte par ses soins au terminus du chemin de fer
du Nord dans la région de Blitta. Ne désirant pas descendre aussi loin, ils s'ar-
rèterent sur leur ancien emplacement et réinstallèrent leur génie protecteur sur
le monticule. Descendirent avec eux, d'autres groupes du Koronga : les gens de
Kag-nyidê (du clan Nawô) qui naguère, avant l'arrivée des Allemands, se trou-
vaient plus au Sud à Loungadê, entre les chefferies de Koma et de Dabara, ainsi
que ceux d'Akamadê du clan Kobou.
(1) AGIER M., 1981 - Réseaux sociaux, réseaux marchands, les commerçants du
zongo à Lomé - Paris, ORSTOM.
(2) MARGUERAT Y., 1981 - La population des villes du centre et du nord du TO~O'
selon le recensement de 1970 (premiers résultats) - Lomê, Togo, ORsTOM,O p.
Tableau l
REPARTITION ETHNIQUE DES CHEFS DE MENAGE DE SOKODE,
EN 1970, PAR QUARTIERS ET EN %
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Kotokoli 72,1 78,5 72 ,7 52,6 38,6 26,6 48,5 32,8 11,8 54,6
Ethnies du Sud 3,7 9,9 11 ,3 5,3 1,3 35,8 22,1 11 ,1 38,9 15,4
Bassar, Tchamba 7,8 2,5 7,3 3,7 20,2 1,2 3,0 3,0 4,2 4,5 r, )
Kabyè, losso, lamba 6,5 2,4 4,7 33,8 32,3 7,0 11,2 48,1 27,1 15,0 .j:>a
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Autres ethnies du Nord 2,5 0,7 2,4 2,7 5,1 1,5 3,3 0,4 4,9 2,3
Bénin, Niger, Nigeria 0,9 5,6 1,3 1,2 / 24,1 11 ,3 2,5 2,8 6,7
Autres étrangers 1,5 0,4 0,2 0,7 2,5 3,8 0,6 2,1 10,4 1,5
TOTAL 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Nombre de chefs de ménage 322 750 450 589 158 399 886 235 144 3933
(1) Appelé ainsi car le centre du quartier était à proximité d'une barrière de
contrôle.
(2) Kpalo-Kpalo n'existait pas encore en 1970.
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- les villages égoma fondés par des groupes immigrés au siècle dernier
et reconnus par le pouvoir royal
Didaouré, Kou10undê.
Ces quartiers ont en principe 1'usufruit du sol sur lequel ils sont
installés.
Installés sur des terrains que des chefferies tém leur ont prêtés, ils
ont un droit d'usage indéniable. Néanmoins, dans la phase actuelle où les terrains
urbains sont l'objet d'enjeux importants, ils subissent un grignotage de la part
des chefferies donatrices qui reprennent d'une main ce qu'elles leur ont accordé
de l'autre. Kédia se retrouve réduit à la dimension d'un lotissement et va de pro-
cès en procès avec Kpâga1am ; Tchwanda, naguère distributrice de terres en faveur
des missions chrétiennes, voit ses droits remis en cause par Koma ; Sa1imdê s'est
installée sur les terres de culture de Kou10undê. Cette restriction de leurs
droits coutumiers est actuellement source de nombreux conflits fonciers. Elle
entretient une certaine tension sociale entre les quartiers concernés.
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Distincts dans l'espace, nettement différenciés les uns par rapport aux
autres dans leurs composantes clanique et ethnique, disposant pour la plupart
d'un centre de gravité matérialisé par une "chefferie" (lieu de résidence d'un
chef de quartier ayant une légitimité traditionnelle), les quartiers de Sokodé
connaissent cependant un flou artistique au niveau de leurs limites respectives.
Nous avons eu la plus grande difficulté à procéder à leur délimitation et, à
certains endroits, nous demeurons encore dans la plus grande des expectatives.
n'en demeurent pas moins en place, assumant leur fonction (moins la collecte des
impôts), rendant de multiples services y compris aux autorités publiques, sans
toutefois faire partie de l'organigramme officiel, ...
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