Leçon 1 : Introduction au droit international
économique.
Section 1 : La notion fondamentales de Droit international général
I. La société internationale
La « société » peut être définie comme un groupe humain soumis à une
législation commune au sein duquel des liens de solidarité et d’échanges,
mais aussi des rapports conflictuels sont identifiables. Au niveau
international, cela signifie que les 8 milliards d’individus vivant
actuellement sur la planète constituent cette « société internationale ».
1. Cette société globale se décompose en sociétés élémentaires, qui
sont des sociétés politiques : Les Etats. Ces Etats souverains (un
peu moins de 200 aujourd’hui), représentent les acteurs majeurs
des relations internationales et sont les sujets du droit
international. Mais il existent aussi entre ces Etats des relations qui
se sont progressivement institutionnalisées; donnant naissance à
des organisations international (OI) pour structurer leur
coopération, ce qui constitue une seconde catégorie d’acteurs
publics du droit international. Ces différentes organisations
interviennent dans tout les domaines de la vie des Etats : politiques
(ONU, conseils de l’Europe etc) ; économique (OMC,OCDE) ;
militaire (ONU, OTAN) ; technique (OMS, UNESCO). On estime
environ 300 organisation internationales existantes.
La société internationale comprend aussi des acteurs privés :
- sont les firmes multinationales; guidés par le profit
- organisation non gouvernementales (ONG), désintéressés et
traduisent l’existence d’une solidarité internationale dans un
domaine déterminé (surtout présentes en matières de défenses
de l’environnement, de droit de l’homme, de secours au victime
de guerre ou de catastrophes et contre la mondialisation)
- individus eux-mêmes qui sont partie prenantes des relations
internationales sous 2 aspects : les droits fondamentaux sont
protégés (protection régionale et universelle) et leur
responsabilité pénale peut être mise en jeu (tribunaux pénaux
internationaux, cour pénale internationale)
2. La Société internationale a évolué parallèlement aux rapports
noués entre différents acteurs agissant au niveau international. Les
caractéristiques essentielles de la Société international sont :
- Une société fermée et universelle : toutes les terres ont été
découvertes et ont un maître, même s’il existent des territoires
« internationalisés » comme l’Antarctique.
- Une société caractérisée par l’interdépendance et la
coopération : avec la multiplication des organisation
international dans tous les domaine; sur le plan économique et
financier, le phénomène de mondialisation est connu,
caractérisée par l’existence d’un seul espace du fait de
l’imbrication étroite des Etats.
- Une société conflictuelle : gouverné depuis toujours par les
rapports de force, la volonté de puissance, la défense des
intérêts nationaux qui débouchent sur des conflits.
- Une société hétérogène : malgré le phénomène de
mondialisation, il existe d’importants écarts entre les Etats de la
planète sur le plan économique, technique, politiques, militaire
et idéologique. Cette hétérogénéité creuse des écarts entre Etats
et ne favorise pas la stabilité de la Société internationale.
- Une société sans autorité centrale : à la différence des sociétés
internes (étatiques) dans lesquelles existe un pouvoir central, la
Société internationale ne connaît pas d’instance ou de
mécanisme permettant de régler définitivement un conflit, une
situation, malgré les efforts de l’ONU de l’OMC, de la CIJ. Il faut
comprendre que la société internationale est le théâtre de la
rivalité des souverainetés étatiques et qu’il n’existe rien au-
dessus des Etats.
II. Les relations internationales
Les relations internationales ont pour objet l’étude des rapports
qu’entretiennent les acteurs agissant sur la scène internationale, les uns
avec les autres ; elles comportent des aspects à la fois historiques,
politiques, idéologiques, juridiques etc.
1. Pendant longtemps, la Société internationale était strictement
interétatique, les relations internationales se sont limitées à
l’analyse des rapports entre les Etats sur la base d’une distinction
classique entre :
- Les relations de force armée, le recours à la force pour régler
leurs différends avec un encadrement progressif de l’utilisation
de cette force. Pendant plusieurs siècle, la guerre était licite
sous réserve du respect de certaines modalités dans le
déroulement des opérations militaires codifiées.
- Les relations pacifiques : les modes de règlement diplomatique
ou juridique des litiges entre Etats.
2. A côté de ces relations interétatiques, se sont développés des
relations « transnationales » qui mettent en rapport des personnes
privées (multinationales, ONG, individus) qui n’ont pas la même
nationalité et ne sont pas situées sur le même territoire étatique :
par exemple un contrat commercial entre des sociétés de pays
différents ou les fédération sportives internationale.
En définitive, les relations internationales sont constituées des relations
interétatiques (entre Etats) auxquelles s’ajoutent ces relations
transnationales. Il faut aussi mentionner l’existence des relations entre
Etats et personnes privées : « contrat de siège » entre un Etat et une
fédération sportive installant son siège sur son territoire ; ou un « contrat
d’Etat » contrat passé entre un Etat et une société multinationale (pour
exploiter les ressources naturelles par exemple) soumis à des règles
particulières.
III. Le droit international
1. Le Droit international peut être défini comme le corps de règles
applicables aux normes et aux institutions destinées à régir la
Société internationale.
Il comporte un aspect privé qui vise les rapports entre individus ou
les personnes morales privées (exemple d’un mariage entre deux
personnes de nationalité différentes) et un aspect public qui se
rapporte aux sujet originaires que sont les Etats, aux organisation
international qui sont des sujets dérivés et aux personnes privées
dès lors qu’elles ont des relations avec les uns ou les autres. Le
droit international public s’intéresse aux acteurs qui évoluent dans
la Société internationale et aux modalités juridiques qu’ils utilisent
pour organiser leurs rapports et fonder leur action.
Selon les auteurs, les formulations quant à la définition du droit
international varient cependant.
Paul BASTID : « Le droit international s’applique à la société des
Etats souverains ; il comprend les règles qui concernent les
rapports entre les Etats. »
René Jean DUPUY « le droit international est l’ensemble des règles
qui régissent les rapports entre les Etats se déclarant souverains,
ceux-ci ne reconnaissent aucune autorité au-dessus d’eux ; le droit
international constitue un droit de coordination qui se borne à
favoriser la coopération entre les Etats » ; il exprime deux caractère
du droit international public soulignés par Emmanuelle
JOUANNET : ce droit est largement relationnel car fondé sur les
relations entre Etats mais il est aussi devenu institutionnel car il
intègre les éléments d’organisation de la nouvelle Société
internationale.
Antoine ALEDO « le droit international, défini comme l’ensemble
des règles de droit qui régissent les rapports entre les Etats, s’est
constitué et développé au fur et à mesure que sont apparus les
sujets dont il a dû organiser la coexistence. Il est le fruit commun
de l’apparition historique de l’Etat souverain comme mode
d’exercice du pouvoir politique et d’une invention doctrinale,
prétendant saisir par l’exercice d’une pensée juridique, les relations
qui s’organisent entre les institutions politiques et territoriales
indépendantes et rivales ».
Denis ALLAND, le définie comme « l’ensemble des règles produites
par les différents sujets de droit international, à titre principal les
Etats et entités auxquelles ils ont reconnu un pouvoir normatif »
Raymond ARON « Le droit international est fondé sur la
souveraineté et l’égalité des Etats. Conçu pour les Etats européens
qui, en un sens, se reconnaissaient réciproquement le droit à
l’existence, il a été étendu à l’univers entier alors qu’en Europe
même les conflits idéologique en compromettaient le respect »
La définition donnée par la CPJI (Cour permanente de justice
internationale) dans l’affaire du « Lotus » est : « Le droit
international régit les rapports entre des Etats indépendants. Les
règles de droit dans les Etats procèdent donc de la volonté de ceux-
ci, volonté manifestée dans des conventions ou dans des usages
acceptés généralement comme consacrant des principes de droit et
établis en vue de régler la coexistence de ces communautés
indépendantes ou en vue de la poursuite de buts communs ».
2. Sur un plan théorique, se sont succédées plusieurs doctrines
relatives au droit international public. Pour s’en tenir aux plus
importantes, nous en présenterons 4.
- L’école du droit naturel : le père de cette théorie est Hugo de
Groot. Cette école considère que si les Etats sont souverains, ils
doivent accepter de se soumettre aux règles du droit naturel
correspondant à des règles de comportement raisonnables et
honnêtes (droit morales) ; le droit volontaire élaboré par les
Etats doit respecter le droit naturel ; il y a une limitation du
pouvoir de l’Etat, comme il y a une limitation de la volonté des
individus.
- L’école positive : fondateur est Emer De Vattel, considère que le
droit positif existant doit prévaloir sur le droit naturel. Approche
qui induit la toute-puissance des Etats : le droit international
positif se fonde sur la volonté et le consentement des Etats, droit
interétatique qui ne s’adresse pas aux individus.
- Le volontarisme juridique (ou positivisme classique) incarné par
Georg Jellinek. Courant de pensée qui considère que l’Etat va
accepter de s’auto-limiter volontairement dans ses rapports avec
les autres Etats en créant du droit international. L’Etat est seul à
pouvoir produire le droit en général et le droit international en
particulier. Théorie de l’auto-limitation de l’Etat.
- L’objectivisme sociologique de Leon Duguit et Georges Scelle.
Approche sociale du droit, avec l’idée que les normes internes
comme internationales sont fondées sur des nécessités sociales.
La société internationale étant une société composée d’individus
regroupés au sein des Etats, ces individus doivent être
considérés comme les seuls sujets de droit. La souveraineté n’est
qu’un concept artificiel et l’Etat n’est qu’une fiction ; le droit
international est compris comme étant le « droit des gens » au
service de la personne humaine.
Section 2 : Le droit international économique
I. Les dimensions de l’expression « DIE » droit international
économique
A. Définition du DIE
2 conceptions du DIE s’affrontent, l’une est extensive et l’autre est
restrictive.
Dans son approche extensive, le DIE est considéré comme comprenant
l’ensemble des règles qui régissent les opérations économiques de toute
nature, dès lors que ces opérations se dérouleraient dans un cadre plus
vaste que celui d’un Etat. Cette approches est beaucoup trop large et
embrasse toutes sorte de situations qui sont hétérogènes comme les
règles du système international commercial qui définissent le cadre
juridique qui s’impose aux Etats et opérateurs économiques, tout autant
que les règles du commerce international qui régissent une transactions
particulières. Or ces règles ne peuvent pas être assimilées car elles n’ont
pas le même objets, même si elles ont toutes deux une dimensions
internationale : il d’agit d’une intervention de l’Etat dans le premier cas
et de relations entre opérateurs privés dans le second, ce dernier
correspondant à l’expression « droit du commerce international ».
Dans son approche restrictive, le DIE serait constitué par l’ensemble des
règles qui régissent l’organisation des relations internationales
économiques, c’est-à-dire pour l’essentiel les relations macro-
économiques par rapport aux relations micro-économiques. Les règles du
systèmes commercial international seraient des règles de DIE à la
différence des règles de la vente internationale n’en seraient pas. C’est
cette approche que nous garderont dans le cour.
Différence entre macro-économie et micro-économie. La macro-économie
s’attache à la description des grands ensembles économiques, de leurs
actions, réactions et interactions. La micro-économie s’attache à la
description des comportements individuels des opérateurs économiques
et à leur incidence sur le fonctionnement des marchés. La macro-
économie donne naissance au DIE, macro-droit consacré à l’étude des
grands ensembles, alors que la micro-économie a donné naissance au
droit des opérations internationales, le droit du commerce international.
Toutes les sources du droit international économique ne sont pas
d’origines internationale, même si ces dernières sont les plus
nombreuses.
B. Le contenu du DIE
Si on envisage le contenu du DIE d’un point de vue analytique, on est
conduit à distinguer entre les activités de production d’une part et les
mouvements internationaux de production d’autre part. Les activités de
production sont souvent géographiquement limitées à l’intérieur d’un
cadre national et ne présentent pas d’élément d’extranéité propre à les
intégrer au DIE. Les mouvements internationaux de production
constituent le cœur même du DIE.
En considérant que le champs du DIE se résume aux règles régissant
l’ensemble des mouvements internationaux des facteurs de production
dès lors qu’ils présentent un caractère macro-économique, plusieurs
sous-ensemble apparaissent : le droit international du commerce, celui
des investissement, et enfin celui des financement internationaux sans
lequel les diverses activités économiques ne pourraient pas prospérer.
Si ces différents aspects sont naturellement indissociables les uns des
autres, il est incontestable que le DIE prend sa source dans le droit du
commerce.
C. Droit international général DIG et DIE
Pour terminer ces brefs propos relatifs aux dimensions du DIE, évoquons
les liens que cette matières entretient avec le droit international général,
au sein de laquelle elle a émergé. Prosper Weil avait affirmé « sur le plan
scientifique, le DIE ne constitue qu’un chapitre parmi d’autres du droit
international général ».
Le DIE tout comme le DIG sont liés à l’existence d’Etats-nations,
indépendants, dont les frontières constituent les limites de leur action
politiques et économique. Mais le DIG a fondamentalement vocation à
préserver l’indépendance politique de l’Etat, à défendre sa souveraineté,
dans ses différentes dimensions, face aux velléités des autres Etats : c’est
un droit de protection. En revanche le DIE peut être qualifié de droit
d’expansion dans la mesure où il repose sur l’idée que l’enrichissement
des Etats constitue un objectif légitime et que celui-ci passe
nécessairement par l’établissement de relations d’interdépendance
économique entre ceux-ci.
Cette différence de logique peut être illustrée par le rôle dévolu à la
frontière. Exemple d’un point de vue du DIG la frontière a vocation à
assurer la sécurité de l’Etat et se doit d’être étanche ; du point de vue du
DIE, celle-ci représente un frein à la coopération économique et doit donc
être rendue perméable.
En DIE, l’interdépendance apparaît sous différents aspects parmi
lesquels : l’internationalisation croissante des entreprises,
l’intensification des flux d’investissement internationaux, multiplication
des conflits commerciaux entre Etats et l’enrichissement régulier du
cadre juridique applicable aux échanges, matérialisé par les Accords de
Marrakech sur le plan multilatéral, mais aussi par les nombreux accords
plurilatéraux créant des blocs régionaux et bilatéraux. Tous ces
instruments conventionnels privilégient l’interdépendance par rapport à
l’indépendance.
II. Les caractères généraux du DIE
A. Les sources du DIE
Du point de vue global, les sources du DIE apparaissent plus diverses et
complexes que celle caractérisant le DIG.
Comme en droit international général, les sources purement nationales
existent en DIE : il s’agit des actes unilatéraux des Etats que l’on peut
définir comme des actes émanant de la volonté d’un seul Etat, imputable
juridiquement à celui-ci et destiné à produire ses effets juridiques dans
l’ordre international. Exemple : la modification unilatérale du taux de
change, dévaluation de sa monnaie.
Les sources réellement internationales sont dominantes au sein du DIE,
elles se présentent sous différentes formes.
Il y a la forme conventionnelle : la place occupée par les constructions
« systémiques » comme les Accords de Bretton Woods ou les Accords de
Marrakech. Pour autant, les accords multilatéraux ne régissent pas tout
le DIE. Quant à la coutume, elle occupe une petite place en DIE,
essentiellement dans le domaine des investissements. Il y a également les
actes unilatéraux des organisations internationales (règlements,
directives, résolutions, recommandations, principes directeurs etc.) ; il
s’agit de la réglementation élaborée au sein des structures
intergouvernementales à caractères économiques (OMC, OCDE, UE etc.).
Il faut aussi ajouter les « sources du tiers ordre » : l’expression désigne
des normes qui émanent de l’effort concerté d’opérateurs, plus
précisément les firmes multinationales et vont avoir des conséquences
juridiques. De part leur implantation planétaire et leur puissance
financière, leur influence peut être décisive dans un secteur économique
donné.
En définitive, les sources du DIE sont : la plupart du temps d’origines
internationale, mais elles peuvent aussi être d’origines nationale, de
nature publiques mais aussi parfois privée.
Cette diversité des sources se conjugue avec une souplesse particulière
de celles-ci dans la sphère économique internationale : le pragmatisme
est de mis afin de répondre à l’urgence de la situation et l’intitulé ou la
forme de l’acte importe moins que le consensus politique qui s’est crée
lors de son acceptation : ainsi il y a des actes para-conventionnels (ou
engagements non contraignants), expression permettant de regrouper
des actes qui juridiquement ne sont pas contraignants mais devront être
respectés de bonne fois par les auteurs.
B. Les acteur du DIE ;
La liste des acteurs du DIE est identiques à celle du droit international
général : Etat, organisations internationales, ONG, multinationales ; mais
c’est leur manière d’intervenir en cette manière qui peut présenter une
certaine spécificité.
S’agissant de l’Etat, longtemps en retrait de nombreuses activités
économiques, se contentant de la gestion des aspects nobles de la
souveraineté (la monnaie) : conception de l’Etat-gendarme. Diverses
considérations (recherches de ressources budgétaires, attirer les
investisseurs …) l’ont conduit à devenir un acteur économique et à
développer sa « souveraineté économique ».
Les Etats doivent cependant composer avec les contraintes que les
organisations internationales, de plus en plus nombreuses, leur
imposent : en qualité de membres d’organisations d’intégration
économique auxquels ils délèguent leur souveraineté économique, leur
marge de manœuvre devient en effet étroite.
Les organisations internationales à vocation économiques, régionales
comme multilatérales, jouent un rôle essentiel sur le plan de l’évolution
normative du DIE : couvrant les domaines essentiels de la sphère
économique comme la monnaie, le commerce, la protection sociale des
travailleurs. Ces structures ont permis aux Etats d’institutionnaliser leurs
rapports et de dégager des règles communes de plus en plus partagées
sur le plan géographique. Le foisonnement de ces organisations et leur
autonomie croissante les unes par rapport aux autre a conduit à une
fragmentation du DIE, matérialisée par la coexistence de régimes
juridiques parfois difficilement conciliables pour les Etats membres et
dont les chevauchements ne peuvent pas être systématiquement réglés
par les dispositifs de résolution des litiges dont elles se sont pour la
plupart dotées au plan interne.
Les multinationales sont actrices du DIE en contractant directement avec
des Etats qui n’ont pas les moyens techniques d’exploiter leurs
ressources naturelles ou de réaliser certaines infrastructures publiques
afin de le faire à leur place, la plupart du temps sous forme de contrats de
concession. Ces contrats d’Etat sont régis par un droit spécifique visant à
protéger tout à la fois les intérêts de l’entreprise cocontractante -qui
rechercher le profit mais se trouve face à un partenaire d’un genre
particulier- et ceux de l’Etat soucieux de faire participer plus largement
l’entreprise partenaire à son essor économique en évitant d’être
« pillée » ; ces contrats comportent notamment des clauses particulières
en cas de litiges.
C. Les modalités de résolution des litiges en DIE
Le particularisme du DIE apparaît sur le terrain des modes de résolution
des litiges.
Le règlement judiciaire correspond à l’hypothèse où un organe
permanent, dictant le droit, va trancher un litige de nature
interétatique, comme le fait notamment la Cour internationale de
justice (CIJ). Mais en DIE, les conflits ne naissent pas forcément
d’un contentieux opposant frontalement des Etats ; il est souvent
reproché à la CIJ de ne pas être familière des réalités économiques
et donc d’être susceptible de rendre des verdicts plus formalistes
que réalistes.
Le règlement arbitral offre d’incontestables avantages : le ou les
membres de l’instance arbitrale sont choisis par les parties et en
raison de leur compétence, il est apte à statuer dans un délai bref,
la discrétion de la procédure et la confidentialité des affaires
internationales. Cette solution n’est pas forcément satisfaite comme
le prouvent les interprétations opposées sur toute une série de
notions, relevant du droit des investissements au sein du Centre
international de règlement des différends en matières
d’investissement (CIRDI).
Reste le règlement « internalisé » des différends : il s’agit d’un
dispositif interne à une organisation internationale et exclusif de
tout recours au juge ou à un arbitre.
III. L’évolution des relation économiques internationales à
l’époque moderne
L’histoire moderne du commerce international peut finalement se
résumer au fameux dilemme libre-échange/protectionnisme .
Remarque :Le libre-échange d’une part et le protectionnisme d’autre part
ne constituent pas des fins en soi : il s’agit simplement d’instrument à la
disposition des Etats pour tenter d’atteindre leurs objectifs macro-
économiques que sont le plein emploi, la stabilité des prix ou encore la
croissance économique.
Le libre-échange peut être défini comme un système économique dans
lequel les échanges sont libres de toutes entraves douanières,
administratives ou autres. A l’inverses, le protectionnisme vise à protéger
le marché intérieur et à limiter les importations par la mise en place de
barrières qui peuvent être de différentes natures :
Les barrières tarifaires qui consistent à prélever des droits de
douane ou des taxes à l’importation: l’objectif est d’augmenter le
coût du bien importé afin de réduire sa compétitivité sur le
territoire de l’Etat importateur.
Les restrictions quantitatives (ou quotas) consistent à imposer des
limitations au volumes des importations pouvant être effectuées
pendant une certaine période
Barrières non tarifaires sont constituées de tous les autres
obstacles aux échanges : on les appelle parfois les obstacles
techniques car ils portent sur la composition, l’emballage,
l’étiquetage, les normes de sécurité, les normes environnementales
etc.
A partir du 15e siècle, les mercantilistes furent parmi les premiers à
défendre la mise en place de politiques ouvertement protectionnistes ; à
la fin du 18e siècle, Adam Smith avec la théorie des avantages absolus
puis David Ricardo avec la théorie des avantages comparatifs devaient à
l’inverse insister sur les vertus du libre-échange.
Principaux arguments en faveur du libre-échange : les entreprises, visant
des marchés plus larges que le seul cadre national, pourront faire des
économies d’échelle ; les consommateurs du pays importateur peuvent se
procurer des marchandises à meilleur prix ; le libre-échange entraînera
une égalisation des coûts des facteurs de production augmentant le bien-
être et le pouvoir d’achat de tous les pays participant au commerce
international. La principales critiques est l’impossibilité pour les pays du
Sud de renoncer aux taxes à l’importation car ces recettes douanières
constituent l’essentiel des rentrées financières de ces pays ; le
protectionnisme peut permettre de protéger temporairement les
industries naissantes et des secteurs stratégiques.
Aujourd’hui la philosophie du libre-échange n’est pas véritablement
remise en cause, certains proposent qu’elle soit tempérée, nuancée :
théorie du patriotisme économique.
Au cours du 19e siècle, l’institutionnalisation des relations internationale
commence avec la mises en place d’organisations gérant la circulation
sur les fleuves puis se rapportant à divers domaines techniques. Mais ce
mouvement ne touche pas le domaine économique.
Un premier coup d’accélérateur va se produire après la 1er guerre
mondiale car la société des nations créée en 1919, va prôner le
développement de la coopération économique internationale dans le
cadre du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Art 23 de la
charte constitutive, est la première concrétisation juridique de l’idée
selon laquelle les problèmes économiques doivent connaître un
traitement international. Les efforts de l’Etat vont se heurter à la crise de
1929 qui les conduit à protéger leur marché nationale diminuant les
échanges internationaux.
A la fin de la seconde guerre mondiale, de grandes institutions nationales
vont être mise en place pour structurer le nouveau système international
que les Etats appellent de leurs vœux :
- ONU, charter de San Francisco de 1945, domaine diplomatique
- FMI et la Banque mondiale, accord de Breton Woods de 1944
pour le domaine financier et monétaire
- Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1947.
- OMC de 1995 charger de gérer la création les règles du
commerces international
Quelque mots sur la mondialisation. La mondialisation décrit à la fois un
état actuel de la société internationale et un processus qui se développer
au sein de cette société. Processus qui témoigne d’une rupture majeure
dans l’aménagement des sociétés et se caractérise par l’effacement des
frontières étatiques, la réduction des espaces, le développement des
moyens de transports et la révolution des communications : en bref c’est
l’avènement du « village-monde » à travers une économie véritablement
globale et non plus conçue comme une simple addition de territoire
nationaux. La mondialisation suscite aujourd’hui beaucoup de critique
notamment avec la crise sanitaire, qui est considérer comme maladie
symbole de la mondialisation. On est obligé de s’interroger sur l’ordre
économique international actuel sous deux aspects : du point de vue des
acteurs ou du point de vue des normes.
La place respective antérieure des acteurs est remise en question :
- L’état souverain semble menacé par un marché globalisé qu’il à
du mal à maîtriser : certains auteurs annonce un dépérissement
de l’Etat car ils doivent renoncer à l’autonomie de leur politique
économique.
- Le rôle des organisation internationales est à l’inverse revalorisé
car la mondialisation impose une réponse mondiale aux question
telle que la gestion des marchés, le développement, la protection
de la concurrence ou de l’environnement.
- L’irruption de la « société civile » s’explique par le fait que leur
« sort » ne se décide plus désormais à l’échelon des Etats mais
des organisations mondiales par lesquelles ils ne peuvent être
entendus que qu’ils se mobilisent ; ils revalorisent le rôle des
ONG qui peuvent fédérer leurs revendications et défendre
légitimement des intérêts généraux.
- Les entreprises transnationales sont incontestablement les
premiers bénéficiaires de cette économie mondialisée au
développement duquel elles ont activement participé ; mais les
questions sur leur définition, leur statut ou encore leurs modes
d’intervention restent posées.
Les normes : la mondialisation aurait tendance à favoriser
l’harmonisation des législations nationales voire même le
développement des normes globales, émanant d’organisations
multilatérales qui interférent de plus en plus avec des enjeux non
économiques tels la santé, les normes sociales, l’environnement ;
elle aurait également pour conséquence d’induire un
renouvellement des méthodes d’élaboration des normes faisant une
place importante aux pratiques contractuelles, négociées, aux
usages et principes généraux du commerce international provenant
des opérateurs privées eux même et codifiés par les OI.