Impact du changement climatique sur le Rhône
Impact du changement climatique sur le Rhône
Résumé
Cette étude a pour but d’appréhender l’impact de l’anthropisation du bassin du Rhône ainsi
que du changement climatique sur les populations piscicoles.
L’anthropisation sera représentée par la modélisation de grands ouvrages de régulation et de
l’irrigation, le changement climatique par la modélisation de deux scénarios extrêmes, un
optimiste et un pessimiste.
Ces perturbations peuvent en effet impacter les populations piscicoles par la dégradation de
grandeurs hydrologiques comme le débit.
Dans le but d’appréhender l’impact de telles altérations hydrologiques sur ces populations
piscicoles, plusieurs types d’approches existent et sont à combiner.
Les méthodes « hydrologiques » quantifient l’altération, par rapport à une situation naturelle
(sans ouvrages de régulation ni irrigation), de plusieurs statistiques de débit déterminantes
d’un point de vue écologique (étiages, crues …).
Les méthodes « hydrauliques » étudient le lien entre les altérations de débits et l’évolution de
grandeurs hydrauliques (hauteur d’eau, périmètre mouillé …) et permettent ainsi de prendre
en compte la morphologie des cours d’eau.
Enfin, les méthodes dites « d’habitat » créent un lien entre des modèles hydrauliques et des
modèles de préférence, prenant en compte les exigences des différentes espèces.
Jusqu’à récemment, les modèles d’habitat ont surtout concerné l’échelle du tronçon pour des
raisons de coûts et de complexité.
La réalisation de telles études à une large échelle est désormais possible grâce à la
simplification des modèles d’habitat directement liés aux caractéristiques hydrauliques
moyennes des cours d’eau (Lamouroux, 2002).
Abstract
Hydraulic habitat alteration related to flow regulation, abstraction and climate change
in Rhône catchment
Forecasts about global warming and occurrence of important events (low flows in 2003
and 2011) have amplified issues about water management (agricultural plots irrigation,
instream flows, water storage, ecosystem conservation) and have triggered new regulations
(30th June 2008 and 3rd August 2010 circulars, September 2013 Environmental Conference).
Those new regulations aim to obtain flow precise estimations and to figure out the impact of
those flows on aquatic ecosystem, in particular fishes.
The purpose of this study is to estimate the impact of those human activities and the impact of
climate change on Rhône catchment.
Human activities will be estimated by the modelling of important flow regulation structures and
agricultural irrigation as for climate change that will be modeled by two extreme scenarios.
Indeed, such disturbances may have an impact on fish populations, degrading hydrologic
characteristics like flows.
Until recently, habitat models especially concerned local scales like stream sections because
of cost and complexity.
Such studies are now conceivable on large scales like entire catchment thanks to the
simplification of the habitat models directly attached to mean hydraulic characteristics of
streams.
Glossaire
Bassin versant : Aire géographique drainée par une rivière en un point appelé exutoire
Arc : tracé du réseau hydrographique, sous la forme d'une polyligne, unique entre deux
confluences
Q95 : Correspond au débit classé, dépassé 95% du temps
Q50 : Correspond au débit classé, dépassé 50% du temps
Moyenne interannuelle : Le débit annuel interannuel est la moyenne des débits annuels sur
une période d'observations suffisamment longue pour être représentative des débits mesurés
ou reconstitués. Il est fréquemment dénommé module interannuel ou module. Il permet de
caractériser l'écoulement d'une année " moyenne " (Banque hydro)
Tronçon : Longueur de cours d’eau comportant plusieurs faciès d’écoulement (radier,
mouille).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 8
Remerciements
Tout d’abord je souhaite remercier Nicolas Lamouroux et Éric Sauquet, mes deux
encadrants, de m’avoir permis de réaliser ce stage au sein d’Irstea. Leur accueil, leur aide et
leur disponibilité ont été une aide indispensable à la réalisation de cette étude et ont fait de
ces six mois une période extrêmement riche en apprentissage.
Je tiens également à remercier mes autres encadrants, Isabelle Braud, Flora Branger, Sophie
Cauvy-Fraunie, Hervé Pella et Hervé Capra pour leur aide, leurs explications et leur soutien
tout au long de ce stage.
Merci finalement à l’ensemble de l’équipe Dynam sans qui ce stage n’aurait pas été le même.
Je tiens à les remercier chaleureusement pour leur accueil et leur bonne humeur durant ces 6
mois. Un merci tout particulier à Raphaël Mons m’ayant permis de réaliser des sorties terrain
et de me partager son expérience.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 9
2. Objectifs de l’étude
Les débits écologiques peuvent être définis comme la quantité, saisonnalité et qualité
des débits nécessaires à la durabilité des écosystèmes d’eau douce et estuariens ainsi qu’aux
besoins et au bien-être des hommes qui dépendent de ces écosystèmes. (Déclaration de
Brisbane au 10th International River symposium and International Environmental Flows
Conference à Brisbane, Australie).
La seconde approche est dite « approche habitat hydraulique ». Elle permet de traduire
certaines modifications hydrologiques en modifications hydrauliques (vitesses, hauteurs
d’eau) et enfin en modifications de la qualité de l’habitat. Cette approche repose sur
l’observation de préférences d’habitat hydraulique pour les organismes aquatiques, dépendant
de l’espèce, de son activité et également de son stade de développement.
L’étude des poissons est couramment favorisée car elle présente plusieurs avantages
(Oberdorff et al., 2001). En effet, les poissons sont présents dans une très grande diversité de
profils hydrauliques (milieux lentiques, lotiques). De plus, leur biologie apparait mieux connue
que celles d’autres organismes aquatiques et ils occupent plusieurs niveaux trophiques. Enfin,
ils ont également une importance culturelle et économique importante, facilitant leur protection
par une prise de conscience des différents acteurs.
De nombreux modèles d’habitat hydraulique existent (Dunbar et al., 2012), cependant, leur
utilisation est liée à l’échelle d’étude.
L’utilisation de modèles numériques nécessite l’utilisation de données environnementales
(comme la topographie du lit du cours d’eau) très précises dans le but de résoudre les
équations de conservation de la masse et de l’énergie.
Une alternative aux modèles numériques est la modélisation statistique. Cette dernière repose
sur des estimations statistiques des distributions de variables hydrauliques ponctuelles dans
les tronçons de cours d’eau. Les modèles statistiques sont plus faciles à mettre en œuvre et
ne nécessitent que des caractéristiques moyennes liées au tronçon (largeur, hauteur,
granulométrie, etc.). Un réseau hydrographique peut alors être suffisant comme support de
modélisation. Ce type de modèle apparait alors très attractif à grande échelle par sa facilité de
mise en œuvre.
L’étude présentée dans ce rapport vise à étudier l’impact sur les populations de
poissons de grands ouvrages de régulation du débit disposant de grands réservoirs ainsi que
de l’irrigation liée à l’agriculture à l’échelle du bassin du Rhône. Deux scénarios extrêmes du
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 11
changement climatiques pour la fin du XXIe siècle seront également simulés (impact pur du
changement climatique et impact des ouvrages de régulation de débit et de l’irrigation dans le
futur)
Cette étude se fera par l’intermédiaire de l’utilisation successive de plusieurs modèles. La
figure 3 synthétise les grandes étapes de l’étude.
Le bassin du Rhône, les différents modèles mis en jeu ainsi que les scénarios étudiés seront
présentés. Une discussion autour des résultats sera ensuite développée afin d’appréhender
l’impact de ces perturbations sur les habitats de poissons.
Par ailleurs, dans ce rapport seront explicités les probabilités de présence pour les espèces
de la truite et du barbeau fluviatiles. Ces deux espèces sont extrêmement courantes dans le
bassin du Rhône et présentent des préférences d’habitat très différentes. Ces espèces sont
également représentatives dans la zonation piscicole (Figure 4).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 12
Matériel et méthodes
1. Présentation de la zone d’étude
Situé en grande partie sur le
territoire français et également en Suisse,
le bassin versant du Rhône représente
une surface totale d’environ 100 000 km²
(1/6 de la France). Composé en grande
partie par l’ex région Rhône-Alpes (Ain,
Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Savoie et
Haute-Savoie), il présente une grande
diversité de conditions hydro-climatiques
du fait de la présence de massifs
montagneux (Alpes, Jura, Massif Central).
Il s’étend au Nord jusqu’à proximité des
villes de Dijon, Besançon ou encore Belfort
et au Sud à Avignon
J2000 réalise des simulations à pas de temps journalier. Il représente les processus
hydrologiques suivant : Evapotranspiration, accumulation et fonte de la neige, infiltration,
ruissellement, percolation vers la nappe, transferts dans le réseau hydrographique) et sont
directement modifiables par l’utilisateur.
Ce modèle représente également les paramètres anthropiques de la zone d’étude
(communes, barrages, stations hydrométriques). Les principes de la modélisation des
ouvrages de régulation et de l’irrigation sont développés dans la suite du rapport (Résultats et
discussion – 1.a)
Auparavant, une plateforme ESTIMKART existait et utilisait des scripts PYTHON sous
l’environnement d’ArcGIS. Aujourd’hui, cette interface n’est plus utilisée et l’approche est
réalisée par l’intermédiaire d’une bibliothèque de scripts R.
Leopold et Maddock (1953) ont proposé des lois puissance pour refléter les variations
hydrauliques en fonction du débit. Lamouroux (2008) propose de combiner ces relations sous
la forme :
𝑄 𝑏 𝑄 𝑓
𝐿 = 𝑎𝑑 ∗ 𝑄̅𝑏𝑑 ∗ [ ̅ ] 𝐻 = 𝑐𝑑 ∗ 𝑄̅ 𝑓𝑑 ∗ [ ̅ ]
𝑄 𝑄
Avec :
L : Largeur mouillée
H : Hauteur des tronçons
𝑄̅ : Débit journalier moyen inter-annuel
𝑎𝑑 , 𝑏𝑑 , 𝑏, 𝑐𝑑 , 𝑓𝑑 , 𝑓 : Coefficients de géométrie hydraulique
L’idée de la modélisation est de déterminer la valeur de ces coefficients de géométrie
hydraulique afin d’en déduire L et H. Ces paramètres sont déterminés grâce à plusieurs
variables d’entrée, comme la pente des tronçons ou la surface du bassin. Les formules
permettant de déterminer la valeur des coefficients sont disponibles en annexe 2.
Ces formules ont été déterminées grâce à une analyse de mesures réalisées sur plusieurs
dizaines de cours d’eau français (Lamouroux, 2008).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 16
Pour calibrer ces modèles, des pêches électriques ont été réalisées sur 738 sites d’étude sur
une chronique de plus de 10 ans (1985-1998) (choisis par des experts piscicoles pour
représenter à la fois des cours d’eau importants et également des cours d’eau de tête de
bassin versant).
Avec :
G : Gradient longitudinal
S : Surface du bassin versant (km²)
Dsource : Distance à la source (km)
V : Indice de vitesse (la pente est exprimée en ‰)
𝐿̅ : Largeur mouillée au débit inter-annuel (m)
𝐻̅ : Hauteur d’eau du tronçon au débit inter-annuel (m)
𝑇𝑗𝑎𝑛 : Température moyenne de l’air au mois de Janvier (°C)
𝑇𝑗𝑢𝑖𝑙 : Température moyenne de l’air au mois de Juillet (°C)
Ensuite, pour chaque espèce, la probabilité de présence est calculée à partir de ces
grandeurs et de différents coefficients, établis par régressions logistiques. (Annexe 3).
Il est toutefois important de noter la présence de termes au carré dans l’équation permettant
de calculer la probabilité de présence d’espèce. Ces polynômes du second degré permettent
de refléter des liens non linéaires entre l’environnement et la probabilité de présence des
espèces, fréquents en écologie (le barbeau se développe par exemple dans des rivières dont
les températures moyennes sont comprises entre 12 et 18°C).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 17
Ces modèles permettent alors d’établir des valeurs d’habitat (le plus souvent normalisées sous
forme de score entre 0 et 1) et peuvent être interprétées comme certaines caractéristiques
propres à l’espèce (résistance au courant, aptitude de nage).
La surface pondérée utile (SPU) peut alors être calculée en multipliant ces valeurs d’habitat et
la surface du tronçon et permettre de synthétiser l’impact d’altération hydrologique sur l’habitat
hydraulique. Cette SPU peut être interprétée comme une surface d’habitat favorable, sur le
tronçon de cours d’eau, pour l’espèce considérée.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 18
Le RHT est un réseau dérivé du modèle numérique de terrain de la BD Alti®, reconditionné par
le Réseau Hydrographique Etendu (RHE), lui-même dérivé du réseau hydrographique de
référence de l’IGN, BD Carthage®.
S’étendant à la totalité du territoire français, il cumule 283 639 de linéaire (km) et totalise
114 601 tronçons, soit 80% du linéaire de la BD Carthage® (figure 9).
Ce réseau est jointif est orienté de l’amont vert l’aval, il permet alors de simuler les
écoulements, tout en prenant en compte plusieurs attributs environnementaux (Tableau 1).
Ces paramètres environnementaux ont été testés et validés par comparaison à d’autre
réseaux (BD Carthage®), et grâce aux stations de mesures de la banque Hydro pour les débits
(Annexe 4 et 5).
Le RHT est plus détaillé que le réseau utilisé dans le modèle J2000. En effet, plus d’arcs sont
modélisés (Tableau 2). L’utilisation de celui-ci serait alors plus intéressante et permettrait
d’obtenir plus de résultats, en particulier dans les têtes de bassin versants.
La création d’un réseau hydrographique est en grande partie basée sur l’utilisation d’un modèle
numérique de terrain. Suivant la précision du MTN, le tracé peut différer d’un réseau à l’autre
surtout dans les zones de faibles pentes. Ces problèmes de superposition rendent le
rapprochement des deux réseaux difficiles à réaliser (figure 10).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 21
Figure 10: Superposition des arcs modélisés sur le RHT (en rouge) et le modèle J2000 (en bleu)
Le simple transfert des sorties du modèles J2000 sur le RHT apparait alors impossible à mettre
en œuvre.
Initialement, ces problèmes de tracé ont poussé à utiliser le réseau J2000 comme réseau
d’étude (support de modélisation et source des attributs environnementaux), le raccordement
des deux réseaux étant trop compliqué à réaliser. Une étude préalable a alors été réalisée sur
le réseau J2000 afin d’évaluer la fiabilité des attributs environnementaux.
Cette étude est disponible en annexe 6, 7 et 8.
Cette étude a montré que ces problèmes de tracé peuvent alors affecter une partie très
importante du réseau (notamment la surface du bassin versant amont). Il a alors été
nécessaire d’utiliser les caractéristiques environnementales du RHT, plus fiables, et de
n’utiliser le réseau J2000 uniquement pour les débits, le raccordement du réseau J2000 sur le
RHT étant trop complexe à mettre en œuvre sur une zone d’étude aussi étendue.
Une correspondance entre les deux réseaux a alors été établie selon plusieurs critères dans
le but d’associer aux arcs RHT les débits simulés sur J2000.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 22
b. Correspondance J2000-RHT
Le modèle J2000 a été calé et validé grâce aux stations hydrométriques sur le bassin
du Rhône (234 stations de contrôle avec des mesures de débits fiables et peu influencées)
(Annexe 9). A proximité de ces stations hydrométriques, le tracé du réseau J2000 a été modifié
pour les intercepter. Il a alors été possible de transférer directement les débits des arcs J2000
au RHT sur ces zones.
Les réseaux J2000 et le RHT ont été joints par leur proximité géographique et leurs attributs
environnementaux. Une correspondance entre les deux réseaux a alors été établie dans le but
d’affecter les débits de J2000 aux arcs du RHT.
Dans un premier temps, tous les arcs du RHT ayant un ordre de Strahler de 1 ont été
abandonnés, celui-ci remontant plus haut que le modèle J2000.
Cette correspondance a ensuite été faite sur un critère de proximité géographique puis un
critère de surface de bassin versant (figure 11).
Cette correspondance a alors permis d’utiliser plus des deux tiers des données de débit de
J2000 (2055 arcs J2000 ont une correspondance géographique et de surface de bassin
versant amont avec un arc du RHT), et 5688 arcs du RHT sont liés à un arc de J2000 (plusieurs
arcs RHT peuvent être liés à un même arc J2000).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 23
Cette superposition a écarté les arcs du RHT ayant une petite surface de bassin versant amont
Au contraire, les arcs ayant une surface de bassin versant amont suffisamment importante
(environ 10 km²) ont trouvé une correspondance (annexe 10).
Dans le but d’avoir un réseau le plus complet possible, l’étude s’est ensuite portée sur la
recherche de récupération des arcs ayant eu une correspondance géographique uniquement.
Le réseau RHT remontant plus dans les têtes de bassins versants, la surface de bassin amont
pouvait être plus importante pour certains arcs du RHT tout en présentant une bonne
superposition géographique.
La méthodologie est développée en annexe 11.
L’étude est donc basée sur une partie du RHT, munie des débits simulés par le modèle
hydrologique J2000 (figure 12).
Afin de confirmer la validité des modules obtenus par le modèle J2000, ces derniers
ont été comparés aux modules associés aux RHT, obtenus par extrapolation spatiales
d’observations issues de la banque Hydro (Sauquet, 2006) (Figure 13).
Correspondance
géographique et de surface
de bassin versant
Correspondance
géographique uniquement
Une bonne corrélation est alors observée pour l’ensemble des arcs conservés dans l’étude,
tout en signalant encore une fois des différences plus marquées pour les faibles débits, liées
aux incertitudes de simulation.
Dans le but de vérifier les valeurs des probabilités de présence pour ces deux espèces, les
résultats obtenus avec les débits de J2000 ont été comparés avec les résultats liés aux débits
du RHT.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 25
Malgré des différences, les probabilités de présence apparaissent très similaires. (Figure 14
et 15).
Figure 14: Comparaison des probabilités de présence de la truite selon les débits de J2000 et ceux du RHT
Figure 15: Comparaison des probabilités de présence du barbeau selon les débits de J2000 et ceux du RHT
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 26
Figure 16: Carte des débits (l/s/km²) sur le bassin du Rhône naturel (sans irrigation
ni ouvrages de régulation)
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 27
Les cartes de la figure 17 sont tracées de manière à faire apparaitre un seuil (0.8 pour la
truite et 0.4 pour le barbeau). Disponible pour toutes les espèces (Logez et al., 2012), il
permet de maximiser les taux de bonnes prédictions des présences et des absences.
La truite fait partie des salmonidés et préfère les eaux vives et fraiches, sa présence apparait
alors cohérente dans les têtes de bassin versant.
Au contraire, le barbeau préfère les cours d’eau importants de plaine.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 28
Résultats et discussion
1. Présentation des scénarios
Le but de l’étude est de traduire l’impact de modifications hydrologiques en
modifications d’habitat. Pour cela, les caractéristiques hydrologiques « perturbées », liées à
l’anthropisation du bassin (ouvrages de régulation et irrigation) ou au changement climatique
sont à comparer à un contexte naturel ou naturalisé.
La localisation de ces ouvrages a été faite selon deux bases de données : la BD SIOUH
(Direction Générale de la Prévention des Risques) et une base interne d’Irstea (Chandesris et
Pella, 2006) (Figure 5).
Seuls les ouvrages disposant de grands réservoirs ont toutefois été simulés, ces derniers
pouvant impacter très fortement le régime hydrologique (annexe 12). Au total, 12 barrages, 2
ouvrages de dérivation et 3 ouvrages de transfert ont été modélisés dans J2000.
Un très grand nombre de petits ouvrages, en particuliers sur les petits cours d’eau, ne font
alors pas partie de la modélisation.
b. Changement climatique
Les scénarios de changement climatique développés dans cette étude sont nommés
scénarios 8.5 et 2.6. Ces appellations font référence au forçage radiatif (différence entre le
rayonnement entrant et le rayonnement sortant au sommet de la troposphère en W/m²) (figure
18) et à la classification usuelle en RCP. Le forçage radiatif étant directement lié à l’émission
de gaz à effet de serre impliquant des perturbations météorologiques (hausse de la
température en particulier).
Les modifications de température et de pluviométrie sont représentées en annexes 14 et 15.
Ce sont les résultats des modèles développés par les laboratoires français de modélisation du
climat (IPSL, CERFACS, CNRMGAME) et mis à disposition sur le portail DRIAS (www.drias-
climat.fr)
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 29
Figure 18: Forçage radiatif estimé pour les différents scénarios de référence (Source : DRIAS)
Cette approche permet d’appréhender une grande variété de possibilités, liées à l’émission
des gaz à effet de serre au niveau mondial.
Le scénario 8.5 apparait comme pessimiste avec une augmentation croissante des gaz à effet
de serre (croissance de l’industrie). Au contraire, le scénario 2.6 semble plus optimiste
(décroissance après un pic d’émission liée à des politiques croissantes en développement
durable)
La modélisation des ouvrages et de l’irrigation dans la période future (2075-2100) est identique
à celui de la période actuelle (1985-2012). Par exemple, les types de culture et les superficies
de surface irriguée sont supposés identiques.
Les différents scénarios développés et leur contexte de référence associé sont synthétisés
dans le tableau 3.
Tableau 3: Tableau récapitulatif des différents scénarios étudiés et de leur contexte de référence associé
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 30
c. Eléments méthodologiques
Les mêmes manipulations ont alors été effectuées sur l’ensemble des scénarios
étudiés afin d’étudier l’écart entre un contexte de référence et le contexte étudié (calcul des
moyennes interannuelles, Q50, Q95, VCN15). Ces débits permettent de décrire de manière
détaillée le contexte hydrologique du bassin et d’appréhender plus précisément les
modifications hydrologiques.
Figure 20: Modifications hydrologiques (%) du scénario anthropisé (irrigation et ouvrages de gestion de débits) comparé au scénario naturel (sans anthropisation) pour les moyennes interannuelles
(modules), Q50, Q95 et VCN15 sur l'ensemble du bassin d'étude
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 33
Figure 21: Modifications d'habitat (en %) liées à l’anthropisation du bassin pour les espèces de la truite et du barbeau
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 34
Il apparait également que les cours d’eau présentant une forte altération hydrologique (< -30
%) ne représentent qu’une très faible partie des cours d’eau du sous-bassin en question
(moins de 5%). Les effets des ouvrages de régulation modélisés et de l’irrigation sont alors
très ponctuels et ne semblent pas se propager aux cours d’eau aval.
Il est toutefois important de rappeler que seuls de grands ouvrages de régulation ont été
modélisés. Les petits ouvrages susceptibles d’impacter directement les têtes de bassin
versant ne font pas partie du projet MDR dont héritent les simulations hydrologiques.
La proportion de cours d’eau subissant de fortes altérations d’habitat (< -30 %) montre
également que le lien entre les modifications hydrologiques et les modifications d’habitat
dépend fortement de l’espèce. En effet, aucun cours d’eau à truite sur les sous-bassins étudiés
ne présente d’altération d’habitat importante, contrairement au barbeau. Cette observation
s’explique par les préférences de ces deux espèces. Les ouvrages de régulation modélisés
étant uniquement présents sur des cours d’eau importants à forts débits, seuls les barbeaux
sont impactés.
Il est également important de noter un effet de non linéarité. En effet, la proportion d’arcs
touchés par une forte altération d’habitat pour le barbeau peut atteindre des valeurs plus
importantes que la proportion d’arcs présentant une importante altération hydrologique.
Figure 22: Carte des altérations hydrologiques supérieures à 30% liées à l’anthropisation du bassin, identification des cours d'eau et des ouvrages de la Durance, de l'Isère et de la
Drac
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 36
Cette partie porte uniquement sur l’impact du changement climatique. Les résultats sont
explicités pour le bassin du Rhône naturalisé (sans ouvrages de régulation et irrigation). Ce
choix permet d’appréhender des résultats de manière plus fluide, les ouvrages de régulation
pouvant présenter des effets de seuils dans certains cas.
Une chronique journalière de 70 ans (2030-2100) a alors été étudiée sur le modèle J2000
dans le but d’obtenir les débits sur l’ensemble du bassin sur la période 2075-2100.
De la même manière que pour l’étude précédente, ces chroniques ont été étudiées dans le
but d’obtenir les débits caractéristiques nécessaires à l’étude (module, Q50, Q95, VCN15).
Figure 24: A: Ecarts bruts de température (°C) pour le scénario 8.5 - B: Modifications du VCN15 (%) - C: Modifications de la SPU de la truite (%) et de la nouvelle
distribution - D: Modifications de la SPU du barbeau (%) et de la nouvelle distribution
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 38
De fortes augmentations de températures sont à signaler pour ce scénario 8.5, mis à part sur
la partie sud-ouest du bassin versant où l’écart apparait plus modéré (Figure 24. A).
L’ensemble des sept sous-bassins présente d’importantes modifications hydrologiques et
d’habitat (tableau 5).
Les proportions exprimées ci-dessous concernant les altérations d’habitat et les nouvelles
distributions sont calculées par rapport à la configuration du contexte de référence (ici le
contexte actuel).
Cette répartition des altérations hydrologiques se retrouve dans les altérations d’habitat pour
les deux espèces considérées. Les zones montagneuses (sous-bassins du Gard et Isère-
Drome) présentent des proportions d’arcs subissant des altérations d’habitat importantes très
faibles (0% dans le sous-bassin du Gard et moins de 1% dans le sous-bassin Isère-Drome.
Au contraire, les sous-bassins présentant des altérations hydrologiques importantes de
manière répandue (sous-bassins du Doubs, Haut-Rhône et Saône) présentent une forte
proportion d’arcs subissant des altérations d’habitat importantes (50.9% dans le Doubs et 37%
dans le Haut-Rhône pour le barbeau).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 39
Ces modifications de température et de débits ont un impact direct sur les habitats de poissons
(Chapitre 1. b. Modèles écologiques : Modèles de distribution et modèles d’habitat) et se
traduisent par de fortes modifications d’habitat (Figure 24 C et D).
Cela peut être expliqué par le calcul de la SPU, étant effectué dans le modèle uniquement si
le seuil de probabilité de présence est dépassé. D’aussi importantes perturbations
(températures, pluies, ETP) peuvent amener au dépassement de ces seuils.
Figure 25: Modifications du VCN15 liées à l'anthropisation du bassin pour les scénarios 2.6
et 8.5
De plus fortes modifications hydrologiques sont à signaler dans le futur, pour les deux
scénarios, en particulier sur les tronçons liés à un débit important. Le bassin apparait
également plus sensible à l’anthropisation (ouvrages de régulation et irrigation), notamment
avec la présence de modifications hydrauliques non nulles sur des arcs distants d’ouvrages
de régulation.
La figure 26 traduit ces modifications de VCN15 en modifications d’habitat pour la truite et le
barbeau ainsi que leur nouvelle distribution pour le scénario 8.5.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 41
Figure 26: A: Modifications du VCN15 (%) liées à l'anthropisation du bassin dans le futur (scénario 8.5) - B: Modifications de la SPU de la truite (%) et
de la nouvelle distribution- C: Modifications de la SPU du barbeau (%) et de la nouvelle distribution
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 42
Les cartes représentant l’impact de l’anthropisation dans le cadre du scénario 2.6 sont
explicitées en annexes 17.
Les altérations hydrologiques liées à l’anthropisation du bassin sont plus répandues dans le
futur dans les 3 sous-bassins communs à l’étude (Durance, Gard et Isère-Drôme) (tableau 8).
De la même manière, la très grande majorité du bassin est occupée par des modifications de
zone de présence pour les deux espèces (création ou disparition d’arcs) (Tableau 9).
4. Incertitudes
Dans cette étude, les incertitudes sont dans un premier temps liées aux estimations
concernant les débits (tous sont issues de simulations à partir du modèle J2000), ainsi qu’à la
transposition du réseau hydrographique d’étude (du réseau associé au modèle J2000 au
réseau hydrographique théorique) et également aux incertitudes concernant le réseau
hydrographique lui-même (Annexe 4).
Les incertitudes concernant les faibles débits (par exemple 0.2 m3/s) peuvent atteindre +/-
100% (Lamouroux et al., 2013).
Le choix de simuler les étiages par le VCN15 est également discutable (le Q95 avait été utilisé
dans l’étude précédente (Miguel et al., 2016) pour traduire les altérations hydrauliques.)
D’autres débits d’étiages existent également et auraient pu être utilisés, comme le débit moyen
mensuel minimum de l’année de période de retour 5 ans (QMNA5), présenté comme le débit
de référence pour les étiages par la loi sur l’eau de 1992.
La transposition des données de débits aux caractéristiques hydrauliques des tronçons est
également une source d’incertitudes, les formules étant issues d’études directement sur le
terrain (Lamouroux et al., 2010).
Enfin, les modèles d’habitat apparaissent comme des simplifications du cycle de vie des
espèces. En effet, les individus utilisent une grande variété d’habitat et plusieurs combinaisons
de variables physiques au cours de leur vie (substrat, vitesse), les modèles de préférence sont
alors une simplification de ces comportements complexes (figure 27).
La simulation des débits naturalisés peut également apparaitre incomplète. Seuls les barrages
de taille importante sont implantés dans le modèle J2000. De très nombreux ouvrages de
régulation du débit n’apparaissent pas dans l’étude (seuils, déversoirs), pouvant avoir un
impact significatif pour les poissons.
De plus, pour certains usages comme la gestion des éclusées hydroélectriques, la variation
des débits peut se faire à une échelle très rapide (variations infra-journalières), la simulation
des ouvrages à l’aide de débits moyennés sur une chronique aussi longue (27 ans) apparait
alors comme une importante simplification.
D’autre part, les données concernant l’irrigation ont été obtenues à partir de recensements et
présentent une part de simplifications (uniquement prise en compte de la culture dominante
de la parcelle par exemple).
Enfin, le modèle de probabilité de présence a été utilisé en prédictif. En effet, ce modèle a été
fait à partir d’observations sur le terrain et utilise plusieurs variables d’entrée, notamment les
températures moyennes de janvier et juillet, issues du modèle AURELHY (Météo France) sur
une chronique de 1960 à 1990 et associées au RHT.
Cependant, pour le modèle de probabilité de présence, les scénarios de changement
climatique étudiés dans cette étude l’ont été à partir du RHT et de cette chronique de
température, et non à partir d’une nouvelle chronique comme pour le modèle hydrologique.
Les résultats sont alors soumis à une très forte incertitude.
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 47
Conclusion
Le couplage de différents modèles (hydrologique, hydraulique et écologique) a permis
d’estimer les impacts liés aux ouvrages de régulation et à l’irrigation sur les populations
piscicoles à une échelle très large. Classiquement liée à l’échelle du tronçon, cette estimation
simplifiée des altérations d’habitat permet de mieux appréhender les nouveaux aspects
réglementaires.
Il est cependant important d’interpréter les résultats à une échelle importante comme un sous
bassin ou un territoire DCE par exemple, les incertitudes cumulées pouvant être très
importantes à une échelle plus restreinte comme celle du tronçon.
Cette étude a permis de mettre en lumière l’impact limité spatialement des ouvrages de
régulation de débits. Cependant, cet impact apparait non négligeable pour les espèces
associées aux cours d’eau importants en termes de débit comme le barbeau. L’irrigation
semble avoir un rôle marginal dans les altérations d’habitat hydraulique.
Enfin, les modifications des caractéristiques hydrauliques d’un cours d’eau (hauteur, largeur
mouillée) ne représentent toutefois qu’une partie, non nécessairement limitante, des
modifications subies par un organisme aquatique (modifications physico chimiques par
exemple).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 48
Annexes
Annexe 4: Etude des incertitudes des paramètres environnementaux du RHT (Pella et al., 2012)
Annexe 5: Vérifications des débits du RHT par apport aux stations hydrométriques (Pella et al., 2012)
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 52
L’approche ESTIMKART nécessite plusieurs paramètres d’entrées, disponibles ou non sur J2000
(tableau 3).
La première étape a alors été de réaliser les couches manquantes, disponibles en annexe 7.
Ordre de l’arc (rang de Strahler) : Cet ordre permet de hiérarchiser l’ensemble des
arcs d’un réseau. Un arc n’ayant pas d’affluent sera affecté au nombre 1. Un arc de
rang n+1 sera la confluence de deux rangs n.
Températures moyennes de l’air pour chaque arc (Janvier et Juillet) (données SAFRAN)
Températures moyennes de l’air pour chaque arc (Janvier et Juillet) (données
SAFRAN)
Les données SAFRAN sont simulées sur des mailles (8x8 km²). Des manipulations ont alors été
nécessaires pour affecter la température de la maille à la plus proche à chaque arc.
Annexe 6: Choix initial d’utiliser le réseau J2000
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 53
Annexe 7: Réalisation des couches nécessaires à l'approche ESTIMKART : Mailles SAFRAN, sous-bassins versants et ordre de Strahler du réseau J2000
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 54
Des différences majeures de tracés ont été observées entre le réseau hydrographique lié à
J2000 et le RHT. (Cercle du haut, Figure ci-dessous).
Cette différence de tracé entraine des écarts majeurs entre les données RHT, plus précis et plus
fiable, et les données de J2000 à l’aval de ces zones (notamment dans les surfaces de bassins
versants amonts. (Tableau ci-dessous).
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 55
Annexe 8: Etude préalable des attributs environnementaux du réseau J2000 sur une partie du sous bassin
versant de la Saône
Dans cette partie de la correspondance, deux cas sont alors à distinguer Certains arcs sont
associés à un tronçon aval plus important (cas des cercles oranges) où la transposition du débit
apparait comme impossible, alors que certains sont correctement superposés à un arc du J2000
(cercle bleu)
Une sélection a alors été effectuée sur un critère de débits pour écarter les écarts trop importants
entre les modules du J2000 et les modules du RHT. Seuls les arcs ayant un arc aval vert
(correspondance géographique et de bassin versant) et un écart de débits inférieur à 200% entre le
débit simulé sur le
RHT et sur J2000
seront intégrés à
l’étude.
La figure ci-contre
représente la Correspondance totale
comparaison des
modules liés au RHT Correspondance
et ceux liés au réseau uniquement
J2000. géographique
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 58
Une bonne corrélation est observée pour les arcs ayant une correspondance de surface de bassin
versant amont et géographique (verts). Au contraire, d’importantes différences sont observées pour
les arcs ayant uniquement une correspondance géographique (jaunes).
Il est également important de signaler un écart plus marqué pour les petits débits. Cet écart est lié
aux incertitudes liées à leur modélisation. En effet, les incertitudes concernant ces faibles débits (par
exemple 0.2 m3/s) peuvent atteindre +/- 100% (Lamouroux et al., 2013).
Une sélection sur le débit a également été réalisée sur l’ensemble des arcs restants dans l’étude,
éliminant ceux pour lequel le rapport entre le module lié au RHT et celui lié au modèle J2000 était
inférieur à 0.1 ou supérieur à 10.
La figure ci-dessous représente une cartographie de la classification des arcs du RHT après la
correspondance.
Annexe 12: Localisation des ouvrages de régulation du débit modélisés dans J2000
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 60
Annexe 14: Ecarts bruts des cumuls de pluie interannuelle moyenne (2075-2100)
Annexe 16: A : Ecarts bruts de température pour le scénario 2.6 (2100) - B : Modifications du VCN15 (%) - C : Modifications de la SPU de la truite (%) et de la nouvelle
distribution (%) - D : Modifications de la SPU du barbeau (%) et de la nouvelle distribution
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 63
Annexe 17: A: Modifications du VCN15 (%) liées à l'anthropisation du bassin dans le futur (scénario 2.6) - B: Modifications de la SPU de la truite
(%) et de la nouvelle distribution- C: Modifications de la SPU du barbeau (%) et de la nouvelle distribution
Nans Guichonnet Stage de fin d’études 64
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MEMOIRE DE FIN D'ETUDES
Diplôme(s) : Ingénieur de l’ENGEES
Spécialité : Hydrosystèmes
Titre : Altération d’habitat hydraulique liée à la gestion des débits, des prélèvements et du
changement climatique dans le bassin du Rhône.
Résumé
Les nouvelles exigences réglementaires ont accentué la nécessité de réaliser les études d’habitat
hydraulique à une large échelle, classiquement réalisées à l’échelle du tronçon.
Une étude des altérations d’habitat hydraulique est basée sur la succession de plusieurs modèles :
hydrologique, hydraulique et écologique et est liée à un réseau hydrographique, dans le but de
représenter l’ensemble des cours d’eau étudiés.
Cette étude met aussi en lumière le cumul des incertitudes liés à la succession de ces modèles et
à l’importance d’appréhender les résultats à une échelle suffisamment grande, comme un sous-
bassin DCE.