EXPOSÉ SUR LA RESISTANCE
ARMÉE SENEGAMBIENNE :
EXPOSANTS :
• CHEIKH TIDIANE SECK
• MOUHAMED TRAORE
• MAME DIARRA DRAMÉ
• AISHA JALLOW
• COUMBA DIOP
PLAN :
INTRODUCTION
I. LES ROyAUMES DE LA SENEGAMBIE AvANT LA
CONqUêTE COLONIALE
II. LES ROyAUMES DE LA SENEGAMBIE LORS DE LA
CONqUêTE COLONIALE
III. L'IMPACT DE LA RÉSISTANCE ARMÉE EN SENEGAMBIE
CONCLUSION
INTRODUCTION
La conquête coloniale européenne en Sénégambie s'est déroulée dans un
contexte où plusieurs royaumes et empires indigènes occupaient la région.
Ces entités politiques, telles que le royaume du Walo, le royaume du Cayor ,
le royaume du Baol ,celui du Sine Saloum ont été confrontées à
l'expansionnisme européen. Les Européens ont souvent exploité les rivalités
entre ces royaumes pour consolider leur propre pouvoir, signant des traités
et menant des campagnes militaires pour étendre leur influence dans la
région. Cette interaction entre les puissances coloniales européennes et les
royaumes autochtones a façonné l'histoire de la Sénégambie et a laissé un
héritage complexe qui continue de jouer un rôle important dans la région
aujourd'hui. Mais qu’étaient-ce les fondations de la résistance armée en
Senegambie pour combattre les occidentaux
[Link] ROyAUMES DE LA SENEGAMBIE AvANT LA CONqUêTE
COLONIALE
• ROyAUME DU DJOLOf :
Le puissant Royaume du Djolof, centralisé dans la région nord de la
Sénégambie, se distinguait par son économie diversifiée et sa structure
sociale complexe. Basée sur l’agriculture, l’élevage et le commerce, son
économie prospérait grâce à la fertilité des terres et aux ressources naturelles
abondantes. La société djolofienne était dirigée par un roi, entouré d’une
noblesse influente, de guerriers vaillants et d’agriculteurs travaillant dur.
Une caractéristique unique du Djolof était la pratique du matriarcat dans
certaines régions, où les femmes jouaient des rôles importants dans la
politique et l’économie, souvent héritant de terres et de titres. Les conflits et
les alliances avec d’autres royaumes étaient monnaie courante, en raison de la
lutte pour le contrôle des routes commerciales et des précieuses ressources.
• ROyAUME DU SINE :
Situé le long de la côte atlantique, le Royaume du Sine prospérait grâce à une
économie basée sur la pêche, le commerce et l’agriculture. Les pêcheurs
sénégalais étaient renommés pour leur savoir-faire et leurs techniques
ancestrales de pêche, tandis que le commerce maritime offrait des
opportunités lucratives avec les Européens et les Arabes.
Le Sine était également marqué par une forte influence de l’islam, qui
coexistait avec les traditions animistes ancestrales. Cette dualité culturelle se
reflétait dans tous les aspects de la société, de la religion à l’artisanat. Les
échanges commerciaux étaient essentiels pour le Sine, en particulier pour
l’exportation d’arachides et de produits marins.
• ROyAUME DU WALO :
Établi le long du fleuve Sénégal, le Royaume du Walo occupait une position
stratégique qui facilitait le commerce fluvial avec les régions intérieures et
côtières. Son économie était centrée sur l’agriculture, la pêche et le commerce
fluvial, tirant parti des riches ressources naturelles offertes par le fleuve.
La société du Walo était caractérisée par une forme d’islam synchrétique,
mêlant croyances animistes et musulmanes. Cette fusion religieuse créait une
identité culturelle unique pour le royaume. En raison de son importance
stratégique en tant que plaque tournante du commerce fluvial, le Walo était
un centre d’échanges dynamique, favorisant le développement économique et
culturel de la région.
• ROyAUME DU CAyOR :
Le Royaume du Cayor, ancré au cœur de la Sénégambie, était réputé pour sa
tradition guerrière et militariste qui façonnait profondément sa société et ses
institutions. Son économie florissante reposait sur l’agriculture, l’élevage et le
commerce, avec des terres fertiles propices à la culture de céréales et d’autres
cultures vivrières. La structure sociale était stratifiée, avec un roi régnant sur
une noblesse guerrière, des guerriers chevronnés, et des agriculteurs
travaillant la terre.
La tradition guerrière du Cayor était une caractéristique dominante de sa
culture, avec une armée bien organisée et une expertise tactique reconnue
dans la région. Ces compétences militaires étaient mises à profit dans les
conflits territoriaux avec d’autres royaumes voisins et dans la défense des
intérêts du Cayor. Malgré l’influence croissante de l’islam, les coutumes
animistes imprégnaient encore de nombreux aspects de la vie quotidienne et
des pratiques rituelles.
• ROyAUME DU BAOL :
Le Royaume du Baol, voisin du Cayor et situé dans la partie méridionale de la
Sénégambie, partageait de nombreuses similitudes avec son voisin en termes
d’économie et de structure sociale. Son économie était également axée sur
l’agriculture, l’élevage et le commerce, avec une abondance de ressources
naturelles telles que le sol fertile et les pâturages luxuriants.
Cependant, ce qui distinguait le Baol était son artisanat renommé, en
particulier dans le travail du fer et de la poterie. Les artisans baols étaient
réputés pour leur savoir-faire et leurs produits de haute qualité, qui étaient
échangés à travers la région. Sur le plan culturel, le Baol pratiquait une forme
d’islam teintée de traditions locales, fusionnant les croyances et les pratiques
religieuses pour créer une identité unique et distinctive.
II. LES ROyAUMES DE LA SENEGAMBIE LORS DE LA
COLONISATION
La résistance armée des royaumes , du Cayor, du Baol et du Sine Saloum en
Sénégambie a été influencée par leurs spécificités géographiques, politiques
et historiques. Initialement, ces royaumes ont fait preuve d’une certaine
résilience face aux tentatives d’invasion européenne, utilisant leurs ressources
militaires et leurs alliances pour protéger leurs territoires.
Dans le cas du Cayor, situé le long du fleuve Sénégal, son emplacement
stratégique a favorisé une résistance active contre les colonisateurs. Sous le
leadership de chefs tels que Lat Dior, le royaume du Cayor a également
opposé une forte résistance, utilisant des tactiques de guérilla pour défendre
son indépendance comme Attaques surprises : Les forces du Cayor menaient
des attaques soudaines et imprévisibles contre les troupes coloniales,
utilisant la connaissance de leur propre territoire pour frapper rapidement et
se retirer avant que l’ennemi puisse riposter efficacement.
Mobilité et flexibilité : Les guerriers du Cayor se déplaçaient rapidement sur le
terrain, évitant les confrontations directes lorsque cela était possible et se
concentrant plutôt sur des actions de harcèlement et d’embuscade pour
affaiblir l’ennemi.
Utilisation du terrain : Le Cayor exploitait habilement le terrain, notamment les
collines, les forêts et les cours d’eau, pour se dissimuler, tendre des pièges et
fournir des voies de retraite sûres.
Soutien de la population locale : Lat Dior et son armée bénéficiaient souvent
du soutien des populations locales qui partageaient leur mécontentement
face à l’occupation coloniale. Ce soutien fournissait des renseignements, des
ressources et des refuges aux combattants du Cayor.
Le Baol, connu pour sa puissance économique et sa structure sociale
complexe du à des facteurs comme , a connu des périodes de collaboration
avec les Européens qui ont étés marquée par des alliances stratégiques et
des transactions commerciales. Les Européens, en quête de ressources et de
routes commerciales, ont cherché à établir des relations avec les royaumes
africains, y compris le Baol. Ces relations ont souvent pris la forme de traités
commerciaux ou de pactes de non-agression, dans lesquels le Baol bénéficiait
parfois de la protection européenne contre les menaces extérieures en
échange d’accès à ses ressources naturelles ou de facilitation du commerce.,
mais aussi des soulèvements contre leur domination, comme lors de la révolte
de Maba Diakhou Ba. Maba Diakhou Ba, un chef religieux et militaire, a dirigé
une rébellion contre l’autorité coloniale française dans le Baol à la fin du 19 e
siècle.
La révolte de Maba Diakhou Ba était motivée par divers facteurs, notamment
le mécontentement face à l’ingérence croissante des Français dans les affaires
internes du Baol, la perception de l’érosion de la culture et des traditions
locales, ainsi que les tensions socio-économiques exacerbées par les
changements induits par la présence coloniale.
Maba Diakhou Ba a mobilisé un large soutien parmi les populations locales,
notamment des chefs religieux et des segments de la société frustrés par la
domination coloniale. La rébellion a été marquée par des affrontements
violents entre les forces de Maba Diakhou Ba et les troupes coloniales
françaises.
Bien que la révolte de Maba Diakhou Ba ait finalement été réprimée par les
forces coloniales françaises, elle a laissé un héritage durable en tant que
symbole de résistance à l’oppression coloniale et de défense de l’identité
culturelle et religieuse du Baol.
Quant au Sine Saloum, la résistance était plus fragmentée et moins
coordonnée du à plusieurs facteurs comme Géographie insulaire et dispersion
des populations : Le Sine Saloum est composé de nombreuses îles et
estuaires, ce qui a entraîné une dispersion géographique des populations.
Cette dispersion a rendu plus difficile la coordination des efforts de résistance
entre les différentes communautés.
• Structure politique décentralisée : Le Sine Saloum était caractérisé par
une structure politique décentralisée, avec plusieurs lignages et chefs
locaux ayant une certaine autonomie. Cette fragmentation politique a
rendu plus difficile l’établissement d’une direction unifiée dans la
résistance contre l’autorité coloniale.
• Interférences extérieures et rivalités internes : Les tentatives des
Européens pour manipuler les rivalités internes et établir des alliances
avec certains chefs locaux ont souvent entraîné des divisions au sein du
royaume. Ces interférences extérieures ont affaibli la capacité des
populations locales à s’unir dans une résistance collective.
• Limitations de communication et de transport : Les moyens de
communication et de transport limités dans la région ont entravé la
coordination des actions de résistance. Les distances entre les
communautés, combinées à l’absence d’infrastructures modernes, ont
rendu difficile l’échange d’informations et la mobilisation rapide des
forces.
Cependant des chefs comme Maad a Sinig Kumba Ndoffene Famak Joof plus
connu sous le nom Kumba Ndoffene Joof ont continués à défier l’autorité
coloniale dans ce royaume.
Malgré leurs efforts, la supériorité technologique et militaire des Européens a
finalement conduit à la soumission de ces royaumes, marquant le début de
l’ère coloniale dans la région. Cependant, des traces de cette résistance
persistent dans la mémoire collective et la culture des populations locales,
témoignant de leur lutte pour la préservation de leur autonomie et de leur
identité face à l’expansion européenne.
III. L’IMPACT DE LA RÉSISTANCE ARMÉE EN SENEGAMBIE
La résistance armée en Senegambie a été une réponse des peuples locaux à
la colonisation européenne, principalement menée par les Français et les
Britanniques. Cette résistance s’est manifestée à travers une série de conflits
armés, de soulèvements et de guerres menées par des chefs locaux et des
mouvements de résistance.
En Senegambie, la résistance armée a été motivée par plusieurs facteurs,
notamment la défense de l’autonomie politique, la préservation de la culture
et des traditions, ainsi que la lutte contre l’exploitation coloniale. Les peuples
de la région ont souvent vu la colonisation comme une menace pour leur
mode de vie et leurs systèmes de gouvernance traditionnels.
Un exemple notable de résistance armée est celui de Lat Dior, un chef de
guerre sénégalais de l’ethnie Sérère, qui a mené une lutte acharnée contre les
forces françaises dans la région du Cayor au XIXe siècle. Lat Dior est devenu
un symbole de la résistance sénégalaise contre la colonisation française, et
son histoire est encore célébrée aujourd’hui au Sénégal.
En Gambie, la résistance armée a également été présente, notamment sous la
direction d’Omar Tall, un chef religieux et militaire musulman qui a mené des
campagnes contre les forces coloniales britanniques dans la région du Fouta
Djallon. Bien qu’Omar Tall n’ait pas réussi à vaincre les Britanniques, son
mouvement a laissé un héritage durable dans l’histoire de la Gambie et de la
région.
L’impact de la résistance armée en Senegambie a été multifacette. Sur le plan
politique, elle a maintenu une certaine autonomie pour les peuples locaux et
a parfois retardé l’implantation coloniale. Sur le plan culturel, elle a contribué
à la préservation des traditions et des identités locales face à l’assimilation
forcée. De plus, elle a inspiré d’autres mouvements de résistance et a laissé
un héritage de fierté et de détermination parmi les populations locales.
En résumé, la résistance armée en Senegambie a été un élément crucial de
l’histoire de la région, marquant la lutte des peuples locaux contre la
colonisation européenne et la défense de leur autonomie politique et
culturelle.
CONCLUSION
La résistance armée en Senegambie a été un chapitre crucial de l’histoire de
la région, témoignant de la lutte pour la liberté et l’autonomie. À travers les
décennies, les mouvements de résistance ont démontré la détermination des
populations locales à défendre leurs droits et leurs terres contre les forces
coloniales. Bien que les détails varient selon les époques et les contextes,
cette résistance a contribué à façonner l’identité et la conscience politique de
la Senegambie, laissant un héritage durable de courage et de résilience.