II – Les régimes totalitaires
Régime totalitaire : système de GVT ou une équipe restreinte qui s’appuie sur un seul parti politique
et est dirigée le plus souvent par un dictateur, possède le pouvoir absolu sur le reste de la
population.
À-Le Totalitarisme communiste
→ Des partis communistes apparaissent à travers l’Europe au début des années 20, mais la Russie
est le seul pays à cette époque où les communistes qui s’appellent les « bolchéviques » parviennent
à s’emparer du pouvoir.
1) La Russie soviétique de Lénine
En octobre 1917, le chef du parti bolchévique russe, Lénine organise un coup d’État contre le
gouvernement mis en place, qui venait lui-même 8 mois plutôt de s’imposer face au tsar
(empereur), Nicolas II, forcé d’abdiquer.
Une fois la capitale Petrograd tombée sous son contrôle, il s’installe au pouvoir (Lenine) et annonce
l’application d’un programme socialiste-marxiste, c’est-à-dire communiste.
Lenine maintient les élections, mais il les perd, il emprisonne tous ceux qui ne sont pas d’accord
avec lui, et il va donc imposer un régime totalitaire.
En fait, ce ne sera jamais le peuple qui aura le pouvoir, mais seul Lenine. En effet, il exerce dès le
départ une véritable dictature en se faisant aider par les autres membres importants du parti, en
particulier Trotski, pour diriger le pays : ce gouvernement s’appelle le Politburo.
Dans chaque ville, chaque village, ses décisions sont communiquées à des assemblées locales
contrôlées par les bolcheviques, totalement soumises, qui les appliquent sans discuter (les Soviets).
Lenine dirige le Politburo, qui transmet ses décisions aux soviets locaux qui les appliquent par la
suite à l’ensemble de la population.
→ En 1922, la Russie devient officiellement l’URSS avec Moscou comme capitale.
Et Lenine meurt en 1924.
2) L’URSS de Staline
Durant 4 ans, c’est le Politburo qui gouverne (la plupart des décisions), car il y a plusieurs candidats
à la succession de Lénine, en particulier Trotski et Staline.
Finalement, c’est Staline qui l’emporte.
À partir de 1928, il exerce seul le pouvoir, comme Lénine, mais impose une dictature encore plus
brutale : on est loin des idées généreuses du philosophe Karl Marx ;
• Le Stalinisme au plan politique.
→ Tout en gardant le souvenir de Lénine qui organise une intense propagande autour de sa personne
afin que le peuple le vénère et lui obéisse aveuglement, la jeunesse est tout particulièrement ciblée.
→ Pour lutter contre ceux qui ne croiraient pas à cette propagande, le pouvoir des effectifs de la
police politique créée par Lénine est rebaptisé NKVD (futur KGB) en 1934.
Des centaines de milliers d’adversaires politiques, réels ou supposés (même à l’intérieur du parti
bolchevik) sont arrêtés, emprisonnés, exécutés ou deportés au goulag.
Goulag : administration gouvernementale qui gère les camps de travail très durs où la mortalité des
prisonniers est très forte.
En décembre 1934, le dirigeant très influent du parti à Leningrad est assassiné, Kirov.
→ La disparition d’un rival que Staline a probablement lui-même organisé, lui permet de
déclencher une terreur sans précédent.
Pourquoi ? -il est d’une grande brutalite et de + en + paranoiaque
Il veut effacer le souvenir des premières années de la révolution et de ses principaux animateurs
encore vivants, afin de pouvoir justifier en pleine paix sa dictature personnelle qui est totalement
contraire à la doctrine marxiste dont se réclamaient les premiers bolcheviks.
Il veut contrôler encore plus étroitement le pays alors que la situation internationale commence à se
dégrader (Hitler arrive au pouvoir en 1933).
Durant cette période, la propagande est poussée à l’extrême.
À partir de 1936, et les grands procès de Moscou. Les purges (éliminations, le plus souvent
physiques) s’accélèrent dans le parti.
Tous les anciens dirigeants bolcheviks encore vivants sont condamnés ou exécutés pour leurs
activités contre-révolutionnaires, comme Boukharine, ainsi que tous les amis de Trotski ou qui
cherchent à le défendre.
En 1937 commencent les procès de la moitié des officiers de l’armée soviétique (tous les grades)
(l’armée rouge de Trotski) accusés péle-mêle de trahison, de sabotage, d’espionnage, d’esprit
contre-révolutionnaire.
La plupart sont exécutés ou déportés.
Les paysans enrichis dits koulaks sont non-russes, diplomates, écrivains, militants du parti, simples
citoyens (souvent par dénonciation) sont aussi touchés à cette époque.
Conclusion :
En 1939, Staline justifie ses crimes à la radio, même si les déportations continuent.
• Le Stalinisme au plan politique.
→ Toutes les entreprises sont contrôlées par l’État qui leur fixe des objectifs à remplir (le plus
souvent impossibles) par périodes de 5 ans, appelées plans quinquennaux.
L’industrie va réussir à s’en sortir à peu près, en partie d’ailleurs grâce au goulag, mais la
plannification est un désastre pour l’agriculture.
→ Dès le début du premier plan quinquennal, les campagnes sont collectivisées.
Collectivisation agricole : mise en commun du travail et des récoltes de paysans dans des fermes
d’État (sovkhoses) ou des coopératives d’État (kholkhoses).
Les paysans sont dépossédés de leurs terres et de leurs productions et ceux qui résistaient sont
arrêtés ou tués sur place.
→ L’agriculture est totalement désorganisée, et en 1932-33 éclate une grande famine dont celle de
l’Ukraine, en partie organisée depuis Moscou, est la plus tristement célèbre.
En conclusion, on estime au total 8 millions de morts dus à la collectivisation.
B-Les régimes totalitaires fascistes et nazis
1) L’idéologie fasciste
Benito Mussolini, né en 1883, se politise dans les années 1905 et intègre le parti socialiste, peu de
temps après il est viré à cause de sa position pro-guerre et il se radicalise.
→ En 1920, Mussolini crée le parti national fasciste, petit parti d’extrême droite très minoritaire,
mais qui peut compter sur des militants violents et très organisés (les squadre ou chemises noires).
En octobre 1922, il les mobilise tous pour une marche sur Rome qui force le roi Victor-Emmanuel
III à le placer à la tête du nouveau gouvernement.
Il fait un coup d’État sans surprise.
→ Au bout de quelques mois, il instaure une dictature dont les points communs avec celle de
l’URSS sont nombreux :
• Tous les membres importants de l’État (d’abord rapidement tous les ministres) et de
l’administration doivent être fascistes. Les autres partis politiques étaient interdits au bout de
quelques mois.
• La population est très fortement encadrée, y compris surtout les jeunes.
• Presse et d’autres médias étroitement contrôlés.
• La propagande est continue dans la paix comme dans la guerre.
• Les opposants sont pourchassés par une police politique aussi efficace que cruelle : l’OVRA
et emprisonnés (il y a même quelques camps de travaux forcés).
Il y a cependant des différences avec le régime soviétique :
• Alors que Lénine et Staline s’emploient à effacer toute trace du passé de la Russie.
Mussolini, au contraire, multiplie les références à l’histoire de son pays, en particulier à
l’époque de la Rome antique, ce qui lui permet de conforter son image de nouveau César de
l’Italie.
• D’autre part, au plan économique, elle se garde bien de plannifier toute la production et
laisse une grande liberté aux entreprises. Ce libéralisme n’empêche pas pourtant l’État
italien de lancer une politique de grands travaux (barrages, déboisement, construction de
logements…) et une politique de réarmement (aviation et marine surtout).
Conclusion : le bilan économique de cette politique est plutôt bon avec une nette baisse du chômage
dans les années 20 et un impact assez faible de la crise de 29.
Mais la guerre va tout balayer, car Mussolini a commis l’erreur de signer en 1936 un pacte militaire
offensif (le pacte d’acier) avec Hitler qui va donc lier son destin au sien.
2) L’Allemagne nazie
→ Adolf Hitler, né en 1889, prend la tête en 1921 d’un petit parti d’extrême droite, le parti NAZI,
qu’il développe progressivement en tirant parti d’une conjoncture qui lui est particulièrement
favorable suite à 2 facteurs :
• La sévérité du traité de Versailles (qualifié de Diktat), dans lequel l’Allemagne doit payer de
lourdes réparations, doit réduire son armée à 100 mille hommes, ne doit pas posséder
d’armes lourdes, perdre du territoire. Donc il y a un sentiment de maltraitance chez les
Allemands.
• La crise économique longue et profonde que traverse le pays.
→ Il devient finalement chancelier (1er ministre) en janvier 1933 à la suite de la victoire de son
parti aux élections législatives.
Bien qu’arrivé démocratiquement au pouvoir, il installe en quelques mois une totale dictature, elle
aussi semblable à celle des autres grands régimes totalitaires de l’époque.
– Sa police politique, par exemple la GESTAPO, est tristement célèbre.
– Au plan éco, Hitler mène comme Mussolini une politique de réarmement intensif et de grands
travaux, mais qui reste libérale.
→ 2 différences fondamentales existent cependant, en particulier avec le stalinisme :
• Il mène dès le départ une politique expansionniste très agressive dont il sait qu’elle conduira
à une nouvelle guerre européenne.
• Il est furieusement raciste, en particulier zantisemite, et dès 1933, il encourage une politique
de persécution systématique des juifs avec les premiers boycotts des magasins juifs +
quelques pillages (impunis), + de nombreuses humiliations publiques et une intense
propagande anti-juifs.
→ En 1935, les lois de Nuremberg officialisent leur mise à l’écart des Juifs de la société en leur
retirant la citoyenneté allemande, c’est-à-dire en leur interdisant de travailler dans la fonction
publique ou de se marier avec un(e) allemand(e).
→ Un nouveau cap est franchi le soir du 09/11/1938 quand le parti nazi organise la destruction de
milliers de magasins et synagogues juives à travers le pays.
C’est ce qu’on appelle « la nuit de cristal ».
Dès lors, le Juif allemand ne peut plus :
Exercer légalement la moindre profession.
– disposer de ses biens (sont sous tutelle aryenne)
– accéder à un quelconque lieu public.
Et l’humiliation ultime, c’est que les enfants juifs qui naissent à partir de cette date ne peuvent plus
s’appeler qu’Israel quand c’est un garçon ou Sarah quand c’est une fille.
En 1939, 170 mil juifs allemands (sur 500 mil en 1933) ont quitté le pays.
Et ceux qui restent doivent désormais s’identifier en portant une Étoile jaune (symbole de leur
religion et de leur race) dès qu’ils sortent.
C. La fin de la dette internationale et la marche à la guerre
→ Durant les années 20, la présence de la Société des nations (SDN) et le souvenir encore tout
proche de la guerre créent des connexions favorables à une vraie détente internationale.
Mais les effets de la crise mondiale et la multiplication des régimes totalitaires, en particulier en
Europe, marquent la fin de cette période.
Au plan militaire, le Japon est le 1er à rompre la détente en s’attaquant à la Chine en 1932 par la
Corée, qu’il contrôlait déjà.
– Hitler compromet aussi cette détente par son active politique de réarmement qui viole le traité de
Versailles, tout en ne s’attirant que des protestations diplomatiques de ses voisins européens (surtout
Angleterre et France). Cette passivité des démocraties occidentales ne l’empêche pas de retirer
l’Allemagne de la SDN en 1935.
Cette même année, en envahissant l’Éthiopie, Mussolini se lance à son tour dans une politique
extérieure beaucoup plus agressive.
Pourtant, la première véritable explosion en Europe a eu lieu en Espagne en 1936. Cette année-là, la
gauche regroupée donc en Frente Popular, comme en France, gagne les élections législatives. Mais
quelques semaines plus tard, un général en poste au Maroc espagnol et aux conventions d’extrême
droite, Franco, se révolte avec une partie de l’armée. C’est le début d’une longue guerre civile de 3
ans. Les républicains espagnols du F.P. ne peuvent compter que sur une aide très modeste des
démocraties françaises et anglaises : l’URSS, quant à elle, envoie un peu de matériel et quelques
conseils militaires.
Au final, leur soutien militaire direct se résume surtout à la mobilisation des volontaires venant de
plusieurs pays au sein de brigades internationales, mal armées et mal commandées.
Au contraire, Franco bénéficie d’une aide active de l’Allemagne et de l’Italie, en particulier en
avions et en chars.
La guerre civile espagnole qui se termine par la victoire de Franco (Prise de Madrid en mars 1939) a
aussi mis en lumière l’agressivité militaire des deux grandes dictatures européennes de l’époque qui
vont d’ailleurs confirmer et renforcer leur alliance à cette occasion.
Des 1938, avec les coups de force de Hitler qui envahit successivement l’Autriche en février 1938,
la zone frontalière de la Tchécoslovaquie (les Sudètes) en septembre puis toute la partie occidentale
du pays en mai 1939. L’Europe est à nouveau entrainée dans l’engrenage d’une guerre générale.