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Introduction : Les vrilles de la vigne, publié en 1908, regroupe une vingtaine de

nouvelles d’inspiration autobiographiques. L’ouvrage regroupe des souvenirs


d’enfance, mais aussi des réflexions sur la vie à travers lesquelles le gout de
Colette pour la nature transparait également. Dans cette nouvelle, qui a donné
son titre au recueil, la narratrice explique sous la forme d’un conte comment le
rossignol est devenu un oiseau nocturne.
Problématique : Nous verrons dans quelle mesure Colette s’identifie au
rossignol à travers ce conte étiologique.
Mouvement : Les lignes 1 à 14 révèlent sous la forme d’un conte comment le
rossignol est devenue un animal nocturne. Puis, dans les lignes 15 à 22, la
narratrice loue son chant à travers une anecdote personnelle.
Mouvement 1 :
 « Une nuit de printemps »
 C.C de lieu, crée une atmosphère mystérieuse, vise à attirer l’attention du
lecteur.
 « le »
 Article, montre qu’on parle de l’espèce et non d’un rossignol en particulier.
 « debout sur un jeune sarment » « le jabot en boule et la tête inclinée »
 Description détaillée, donne une vision précise et réaliste de l’animal.
 « un gracieux torticolis »
 Oxymore, préfigure déjà les torsades de la vignes qui lui seront
douloureuses.
 « pendant son sommeil » « cette nuit-là »
 C.C de temps, l’oiseau va rapidement se retrouver au pris au piège de la
vigne.
 La deuxième phrase du texte par sa longueur et ses répétitions (« vrilles »),
traduit la croissance de la plante, devenue un piège pour l’oiseau
 « si drues […]les pattes empêtrées de liens fourchus, les ailes impuissantes »
 Insiste sur les conséquences fatales de cette pousse à travers le champ
lexical de l’emprisonnement : « ligoté » « empêtrées » « liens »
« impuissantes »
 « cassantes tenaces »
 Enumération sur un rythme binaire, révèle un piège qui s’avère
inextricable.
 La narratrice insiste sur l’ambivalence de la vigne en lui attribuant à la fois
des vices et des vertus : « acidité d’oseille fraiche » « qui irrite et désaltère »,
faisant de la plante un personnage à part entière qui s’anime et prend vie
sous les traits d’un être démoniaque (« cornes », « fourches »), bien que
d’apparence protecteur et bienveillant.
 « crut mourir, se débattit, ne s’évada »
 Enumération de verbes au passé simple, exprime l’état de panique dans
lequel s’est retrouvé l’oiseau à son réveil
 « ne s’évada qu’au prix de milles peines »
 Négation restrictive associée à une hyperbole, soulignent les efforts
désespérés de l’oiseau.
 Même libre, la peur le tenaille au point de prendre une résolution radicale : «
se jura de ne plus dormir tant que les vrilles de la vigne pousseraient », de
manière extrêmement rapide comme le souligne le complément circonstanciel
de temps : « dès la nuit suivante ».
 « il chanta pour se tenir éveillé »
 Le conte s’achève en présentant comme une évidence, la raison pour
laquelle le rossignol chante la nuit. Son chant lui permettant de conserver
sa liberté.
 Le chant du rossignol se présente sous la forme de deux décasyllabes et d’un
hexasyllabe, ce qui assimile le chant à la poésie et donc l’oiseau au poète.
 Le conte se clôt sur la musicalité de ce chant et sur la métamorphose du
rossignol qui de bon chanteur devient un véritable virtuose qui développe
avec inventivité son chant (« il varia son thème, l’enguirlanda de vocalises,
s’éprit de sa voix »).
 « il varia son thème, l’enguirlanda de vocalises »
 Assonances en a, révèle l’éclat de chant
 « ce chanteur éperdu, enivré et haletant »
 Personnification associée à une énumération sur un rythme ternaire,
souligne sa passion et son lyrisme au point de provoquer chez ceux qui
l’écoutent un désir insupportable ».
 « j’ai vu chanter un rossignol »
 Après avoir relaté ce conte, Colette livre au lecteur une anecdote
personnelle introduite à la première personne du singulier
 « sous la lune »
 La narratrice se place en témoin privilégiée, car elle a pu assister à ce
spectacle à l’abri des regards (« sous la lune »).
 « un rossignol »
 Il ne s’agit plus du rossignol originel du conte mais d’ « un rossignol » en
particulier
 Il est qualifié de « libre » , liberté qui est accentuée par la solitude propre à la
nuit (« sous la lune », « qui ne se savait pas épié »)
 A travers ce chant l’oiseau exprime ses émotions les plus intimes (« en lui »)
de manière lyrique et intense (« il reprend de toute sa force, gonflé, la gorge
renversée, avec un air d’amoureux désespoir »)
 « il chante de si belles choses qu’il ne sait plus ce qu’elles veulent dire ».
 Subordonnée conjonctive de conséquences, enivré par la musique, il
s’oublie lui-même à travers ce chant passionné
 « les notes d’or, les sons de flûte grave, les trilles tremblés et cristallins, les
cris purs et vigoureux »
 Accumulation de terme très élogieux, finit d’achever la description de ce
chant passionné
 « j’entend encore »
 Intervention de la narratrice, relie le chant particulier de ce rossignol à
celui de son ancêtre.
Conclusion :
Après avoir révélé sous la forme d’un conte étiologique, comment le rossignol est
devenu un oiseau nocturne, la narratrice loue la beauté de son chant à travers
une anecdote personnelle. Mais ce conte propose également un second niveau
de lecture : à travers l’image de cet oiseau, la narratrice révèle de manière
implicite son besoin de solitude et d’indépendance. Ce texte a, en effet, été écrit
par Colette, après sa rupture avec son premier mari Willy, à une époque où elle
aspire à plus de liberté aussi bien en tant que femme qu’en tant qu’artiste : elle
veut se libérer de certaines contraintes d’écriture et laisser libre court à son
imagination. Le style proprement lyrique et poétique de Colette s’exprime
pleinement à travers cet extrait qui révèle avec force la personnalité de l’artiste.
La poésie des mots se mêle ici, comme dans toute l’œuvre de colette à la finesse
de la description, révélant une poétesse qui connait parfaitement le monde
qu’elle dépeint.

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