RÉPUBLIQUE DU BÉNIN
=-=-=-=-=-=
MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
=-=-=-=-=
MASTER ENERGIES RENOUVELABLES ET SYSTEMES ENERGETIQUES
=-=-=-=-=
UE – POLITIQUE ENERGETIQUE
CODE : ENR 6112 -741
SUPPORT DU COURS
MAI 2011
TABLE DES MATIERES
Page
Table des
matières…………………………………………………………………………………………
……… 00
Contexte …………………………………………..………………..
…………………………..… 00
1. Objectifs du cours
………………………………………………………………… 00
2. Pré requis (Thermique du Bâtiment) …………………………………..
……………… …..…… 00
I – Politique et Economie
Energétique………………..........................00-00
1. Maîtrise de la demande d’énergie
2. Gouvernance participative de l’énergie
3. Ressources énergétiques
les différentes sources d’énergie
les avantages et inconvénients
Les réserves mondiales
4. Développement économique et consommation d’énergie
5. Chocs pétroliers
II Planification énergétique
………………………………………………….. 00-00
1. Diversification des échanges énergétiques
2. Maîtrise de la consommation d’énergie
3. Mise au point de substituts nationaux
4. Transition énergétique : Cas des pays industrialisés
5. Transition énergétique : cas des pays en développement
6. Prévisions et perspectives énergétiques
III-Ressources énergétiques du Bénin ………….
…………………………………….. 00-00
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 2
1. Production, consommation, besoins, évolution sectorielle depuis 1988
2. Evaluation des besoins et la maîtrise de l’énergie
Introduction, stratégie, formes d’intervention, évolution depuis 1988,
constats,
Perspectives liées aux engagements environnementaux, MDE par secteur
d’activité
économique
3. Politiques énergétiques locales
Intérêts, rôles et missions des collectivités locales, Plan énergétique
régional
4. Exemple de maîtrise de l’énergie : Economiser l’énergie au quotidien
IV-Bâtiment et Haute Qualité Environnementale (HQE)
………………….00-00
Photo de surfaces de bâtiment
1. Propriétés optique et thermique (solaire) des surfaces de bâtiments
2. Phénomène d’ombrage
3. Thermique du bâtiment
Consommation d’énergie, gain interne, utilisation des sources de chaleur
internes
(humains, équipements domestiques, condensation de vapeur)
Pompe à chaleur
4. Normalisation et réglementation
V- Aspect
environnemental…………......................................... 00-00
Contexte
L’accès à l’énergie est un défit majeur pour le développement des peuples.
Au Bénin, vu les impacts du secteur de l’énergie sur l’environnement, il
apparaît impérieux de concilier les politiques de développement de ce
secteur et de protection de l’environnement pour un développement
durable.
Aussi, du fait de renchérissement des prix des produits pétroliers d’une part
et avec l’engagement pris par les pays industrialisés de réduire les émissions
de gaz responsables de l’effet de serre d’au moins de 5 pour cent par
rapport au niveau de 1990 d’autre part, un intérêt particulier est accordé
désormais au développement des énergies renouvelables par la redéfinition
des projets pour le secteur de l’énergie.
Les perspectives s’offrent aux énergies renouvelables notamment en
matière de lutte contre
la désertification, de limitation des impacts du changement climatique ;et de
développement à grande échelle de l’électrification décentralisée.
Cependant, jusqu’à présent ces formes d’énergies n’ont été que très peu
soutenues par les pouvoirs publics.
Les énergies renouvelables participent à un taux de 60 pour cent (biomasse-
énergie) aux consommations totales d’énergies du pays en 2004.
Cependant, les investissements effectués dans le sous–secteur des énergies
renouvelables sont encore faibles. Ce faible taux d’investissement s’explique
par la prépondérance des consommations d’énergie conventionnelles et le
faible développement des formes d’énergies renouvelables autre que le bois-
énergie. Il est donc important de mettre un environnement favorable à
même de créer une dynamique d’utilisation accrue du potentiel des énergies
renouvelables.
Plusieurs rencontres, séminaires, conférences symposiums ont été organisés
sur les énergies renouvelables. A maintes reprises, certains décideurs
politiques et les partenaires au développement ont manifesté une volonté
d’appuyer le développement des énergies renouvelables. La conférence de
Bonn sur ce thème, en juin 2004 et notamment le plan international d’action
qui en est issus en sont une preuve supplémentaire.
C’est ce qui explique la décision du conseil des Ministres en sa séance du 11
juillet 2007, conformément au compte rendu de la 15ème session de la
Commission du Développement Durable des Nations Unies, d’organiser un
atelier national sur les énergies renouvelables
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 4
Dans ce cadre et en vue de limiter et/ou de réduire les productions
décentralisées d’énergie électrique à partir du gasoil, le Gouvernement du
Bénin, dans sa nouvelle politique de développement économique et social, a
entrepris un vaste programme visant à satisfaire les besoins en électricité de
toutes les localités du Bénin. Il a mis en place à travers le Ministère de
l’Energie et de l’Eau, une nouvelle stratégie de développement du secteur de
l’énergie électrique. Cette stratégie vise l’augmentation de la capacité de
l’approvisionnement en énergie électrique, la production de l’électricité à un
coût optimal, l’extension progressive des réseaux électriques dans toutes les
localités du Bénin et l’utilisation rationnelle des ressources énergétiques
disponibles.
1. Objectifs du cours
Les objectifs du cours se résument en trois points principaux. Ce
sont :
1. Donner une vision de l’énergie sous son aspect politico-
économique ;
2. Introduire le rôle croissant de la maîtrise de l’énergie dans les
différents secteurs économiques ;
3. Examiner et pratiquer la Notion de Haute Qualité
Environnementale
2. Pré requis
I – Politique et Economie Energétique…
1.1 Maîtrise de la demande d’énergie
Les notions de maîtrise de la demande en énergie, ou de maîtrise de la
demande en électricité (souvent dites MDE) regroupent des actions
d’économies d’énergie développée du côté du consommateur final, et
non du producteur d’énergie (bien que ce dernier puisse y contribuer) .
La MDE a été initiée dans les années 1990, aux Etats-Unis et en Europe
principalement (dont en France avec le soutien de l’AFME devenue
ADEME.
Elle vise à diminuer la consommation générale d’énergie via la
demande plutôt que l’offre.
Elle peut viser des acteurs spécifiques, ou une zone géographique
particulière, par exemple une zone isolée, où il est bien plus rentable
d’installer des solutions de type géothermie, éolien et panneaux
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 6
solaires plutôt que de coûteusement créer une nouvelle ligne
électrique ou un nouveau tuyau de gaz par exemple, surtout si les
bâtiments sont bien isolés, et éco consensus pour être sobre et
économes en énergie .
1.2 OBJECTIFS
La MDE répond à un ou plusieurs des enjeux et objectifs suivants :
réduire la quantité d’énergie (gaz ou électricité appelée sur un
réseau, pour éviter d’avoir à renforcer le réseau de distribution
quand il approche ses limites de charge
diminuer le gaspillage énergétique
diminuer les émissions de gaz à effet de serre
diminuer la dépendance énergétique d’un pays ou d’une
collectivité
limiter les risques liés au nucléaire,
diminuer la précarité énergétique (et secondairement
l’endettement, les inégalités écologiques et de santé face à
l’accès à l’énergie et à l’efficience énergétique) , car les matériels
efficients sont plus chers à l’achat et donc moins accessibles aux
pauvres , qui s’appauvrissent plus encore en raison de coûts de
fonctionnement et d’achat de carburant ou électricité plus
élevés)
1.3 Modalités
2 La MDE met en œuvre des techniques d’économie, d’efficience
énergétique et de gestion de Maîtrise de la demande en énergie –
Wikipédia
3 L’électricité afin de réduire la consommation électrique et les pertes
sur le réseau. Elle le fait via des éco-conseillers, des conseillers
spécialisés, des subventions (autorisées en France par la loi)
4 Dans le domaine de la maîtrise des besoins en chauffage, on peut
citer des besoins en chauffage) ;
5 encouragement à diminuer la temporaire de chauffage ;
6 encouragement, via étiquetage clair (étiquette-énergie),
éventuellement via des subventions ou crédits d’impôts
éventuellement à l’achat d’équipements domestiques ou de
bureaux efficients ou à fiable consommation ;
7 certains outils de type domestique (de régulation thermique ou de
régulation de la consommation d’énergie de réseau) ou compteurs
intelligents
8 un soutien de type tiers investissement ;
9 de l’aide et du conseil… (réseau des éco conseillers et des points
info-énergie et Espaces info-énergie en France, points
Environnement-conseil, etc.
2 Gouvernance participative de l’énergie
L'Agence internationale de l'énergie, International Energy Agency (IEA), estimait en
2004 qu'une augmentation durable du prix du baril de pétrole de 25 à 35 dollars pouvait
engendrer une diminution de 0,4 point de croissance dans les pays membres (et de
0,45 en Europe) (1). Sachant que la dépendance énergétique de la France s'établit à
52,2% en 2008 (2), et que 0,4 point de PIB représente à peu près l'effet attendu du plan
de relance français (3), le XXIème siècle sera le siècle de la transition énergétique.
L'ouverture européenne des marchés, la hausse du prix du pétrole, les perspectives
d'épuisement des ressources, le renouvellement du débat sur le nucléaire par rapport à
l'effet de serre sont autant de défis qui impliquent la mutation du secteur de l'énergie.
Dans son rapport World Energy Outlook de 2009, l'Agence internationale de l'énergie
exhorte ainsi les gouvernements à agir en instaurant un « new deal des énergies
propres ».(4)
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 8
Mais si l'énergie est un bien public au sens de la réglementation internationale, sa
durabilité reste interprétée de façons diverses. Par ailleurs, le traitement de la
dimension sociale de la transition énergétique reste trop souvent ignoré. Or, sans une
gouvernance active au niveau des territoires, cette question ne peut être traitée.
La fin annoncée du pétrole
Les ressources en hydrocarbures ne pourront répondre indéfiniment à la croissance de
la demande énergétique en raison de la croissance démographique et économique
mondiale. Car les ressources en énergies fossiles ne sont pas inépuisables. Les
progrès technologiques ont permis et permettront encore de repousser les limites des
réserves. Mais l'horizon d'un plafonnement de la production puis d'une raréfaction du
pétrole sont dès aujourd'hui à prendre en compte par les acteurs du domaine
énergétique, même si la date du « pic pétrolier » reste incertaine.
Certes, certaines réserves, qui ne sont pas considérées comme exploitables
aujourd'hui, pourraient l'être demain grâce à l'évolution des technologies et au contexte
économique (prix du baril, cadre fiscal, nouvelles technologies, etc.), mais la ressource
reste malgré tout limitée et son accessibilité risque d'être considérablement modifiée
par les bouleversements géopolitiques issus du changement climatique.
Aujourd'hui, aucune politique économique et énergétique ne peut ignorer la question du
réchauffement global, tout simplement parce que le secteur énergétique est
responsable actuellement d'environ 65% des émissions de gaz à effet de serre d'origine
anthropique.
Une transition énergétique progressive
Actuellement, les hydrocarbures (notamment le pétrole) tiennent une place
prépondérante dans la consommation énergétique et particulièrement dans les
transports. Mais la raréfaction du pétrole, l'augmentation du prix du baril et l'urgence du
réchauffement climatique ne peuvent qu'inciter à prendre des mesures rapides et à
réfléchir dès maintenant aux orientations de recherche de demain.
La transition énergétique doit donc être rapide mais progressive. Dans ce contexte, les
objectifs des acteurs du secteur énergétique sont désormais :
d'accompagner le développement d'énergies alternatives ;
de diversifier les ressources énergétiques, afin de préparer l'après-pétrole ;
de lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à
effet de serre liées à l'utilisation des combustibles fossiles ;
de rendre optimale l'utilisation des hydrocarbures produits ;
d'ouvrir de nouvelles voies de recherche sur des changements technologiques
permettant la mise au point de nouvelles motorisations et de carburants
alternatifs (gaz naturel, biomasse, hydrogène...).
Dans les décennies à venir, le secteur des transports verra donc coexister des sources
d'énergie traditionnelles (pétrole et gaz) et un bouquet de solutions alternatives dont fait
partie le nucléaire. Celles-ci permettront, peu à peu, de sortir d'une dépendance quasi
exclusive à l'égard des hydrocarbures.
Les atouts et les enjeux du nucléaire
Dans ce cadre, l'énergie nucléaire joue un rôle éminent. Dans un contexte de
raréfaction des énergies fossiles et de réchauffement climatique dû aux émissions
croissantes de CO2, le nucléaire est un atout majeur pour la France.
Cependant, le secteur ne peut pas ignorer les défis qui se posent. Ils sont de trois
natures :
le premier concerne les nouvelles orientations technologiques (EPR, quatrième
génération, ITER) qui devront faire la preuve de leur efficacité dans un contexte
climatique changeant et contraignant pour les centrales.
le deuxième défi est démocratique : ces nouveaux développements ainsi que les
choix en matière de gestion des déchets ne pourront pas à l'avenir faire
l'impasse sur la transparence et la participation citoyenne, afin de restaurer la
confiance du public.
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 10
le dernier défi, environnemental et sanitaire, plus de vingt ans après la
catastrophe de Tchernobyl, concerne les orientations mêmes qui seront
préconisées en matière de gestion des déchets, dans un contexte de montée en
puissance des énergies renouvelables.
Pour une gouvernance démocratique de l’énergie
Cette transition ne pourra être conduite de manière efficace qu'à la condition d'une
pleine adhésion citoyenne du public aux perspectives ouvertes par les orientations de
recherche et de développement.
Or les débats qui ont été organisés depuis plusieurs années montrent à quel point les
sujets comme la gestion des activités nucléaires et énergétiques (en particulier les
nouveaux développements technologiques comme l'EPR) sont sensibles.
La tenue d'un débat public, entre septembre 2005 et janvier 2006, sur la gestion des
déchets radioactifs de haute activité à vie longue n'a pas empêché aux partisans d'un
référendum en Meuse et Haute-Marne, au sujet du stockage profond expérimental à
Bure, de récolter 50.000 signatures de pétition.
De son côté, le débat public sur l'implantation du premier réacteur EPR à Flamanville,
organisé entre septembre 2005 et février 2006, a suscité de nombreuses critiques. En
conséquence, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a elle-même
préconisé que les débats « fassent l'objet d'une prise de position motivée de la part de
toutes le parties concernées, c'est-à-dire, compte tenu de leurs objets, du maître
d'ouvrage mais aussi des pouvoirs publics ».(5)
Désormais, si l'information et la transparence sont fondamentales, le public ne se
contente plus d'être informé, mais souhaite de plus en plus être associé pleinement aux
décisions et aux choix d'orientations scientifiques qui le concernent directement et
impliquent plusieurs générations. Ainsi, comme y invite la « bonne gouvernance », il ne
suffit plus d'informer, il faut aussi promouvoir la participation.
Devant des mutations qui font débat, il paraît indispensable d'approfondir les
recherches en vue de définir les axes d'une nouvelle gouvernance sur les thèmes
suivants :
Durabilité et biens publics dans le secteur de l'énergie
Construction d'une gouvernance européenne de l'énergie
Construction de nouvelles formes de débat public
Electricité d'origine nucléaire et électricité d'origine renouvelable : élargir les
débats publics ?
Propositions sociétales pour l'après 2012 et Protocole de Kyoto
Gouvernance des autorités indépendantes et démocratie
Régulations citoyennes des consommations énergétiques.
Face à la multiplicité des enjeux, une gouvernance participative multisectorielle est plus
que jamais nécessaire afin de concrétiser efficacement les choix énergétiques et
environnementaux de nos sociétés modernes. Ainsi nucléaire, gaz, énergies
renouvelables et pétrole sont-ils tous concernés par cette « gouvernance de l'énergie ».
Gouvernance des aspects sociaux de la transition énergétique : le cas
de la précarité énergétique
31.000 décès en Angleterre, 2.000 en Irlande, 8.800 au Portugal, 19.000 en Espagne,
5.700 en Grèce et 27.000 en Italie : voici les chiffres surprenants des décès imputables
au froid, selon une étude irlandaise (6) menée à l'échelle européenne. Selon cette
étude, cette surmortalité hivernale, liée au manque d'efficacité thermique des logements
et à la pauvreté, porte un nom : la précarité énergétique. Les conséquences de ce
phénomène, qui reste peu étudié en France, peuvent ainsi être extrêmement graves.
Un collectif, le réseau RAPPEL (7), qui rassemble l'Agence de l'environnement et de la
maîtrise de l'énergie (ADEME), la Fondation Abbé Pierre ou encore le Comité de liaison
énergies renouvelables (CLER), s'est récemment donné pour mission de faire
progresser les pouvoirs publics dans la prise en compte de ce problème qui génère
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 12
endettement, stratégies de privation, détérioration de la santé, exclusion sociale,
dégradation du logement, etc.
De son côté, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a annoncé en juillet 2009 de
nouvelles mesures pour lutter contre l'habitat indigne et la précarité énergétique. Elle
s'est fixée comme priorité les logements classés « G », c'est-à-dire des logements
construits avant 1975, qui consomment plus de 450 kw/m² et qui, de fait, sont souvent
ceux occupés par les ménages les plus modestes. Or, la loi de programme du 13 juillet
2005 exige de diviser par quatre les émissions de CO2 dans le secteur du bâtiment d'ici
2050. Cet objectif réclame un effort important de réhabilitation du stock de logements.
Rénover les logements les plus consommateurs en énergie suppose donc d'apporter
une aide aux ménages en situation de précarité énergétique.
Mais concevoir des politiques de réduction de la pauvreté énergétique suppose de
disposer d'une définition claire ainsi que de méthodes de mesure, ce dont pour l'instant
la France ne dispose pas à l'échelle du pays. Cela suppose également de soutenir les
dispositifs de gouvernance territoriale autour de ces questions (OPAH : Opération
programmée d'amélioration de l'habitat, OPATB : Opération programmée d'amélioration
thermique des bâtiments) qui associent collectivités territoriales, services de l'Etat,
bailleurs sociaux, associations, syndicats intercommunaux de fourniture de l'électricité...
Par lettre de mission du 13 janvier 2009, le Premier ministre a confié à Philippe Pelletier
la charge de conduire et d'animer le comité stratégique du Plan Bâtiment du Grenelle
de l'environnement. Depuis, une dizaine de chantiers thématiques ont vu le jour, chacun
dédié à une problématique ou à un segment particulier de l'action du Plan Bâtiment.
Dans ce cadre, un groupe de travail spécifique consacré à la précarité énergétique a
été créé, co-piloté par l'ANAH et la Fondation Abbé Pierre.
Le 6 janvier 2010, Philippe Pelletier a présenté officiellement les conclusions de son
rapport relatif à la lutte contre la précarité énergétique (8). Ce rapport manifeste un
consensus de l'ensemble des acteurs qui ont articulé des propositions concrètes de
nature à éradiquer la précarité énergétique qui pèse sur les ménages les plus fragiles.
La précarité énergétique n'a pas encore de définition précise en France. Une des
premières tâches du comité a été de rechercher celle qui fasse consensus avec un
cadrage quantitatif pour mieux évaluer le problème et les mesures à mettre en œuvre.
La précarité énergétique résulte de la combinaison de trois facteurs principaux : des
ménages vulnérables de par la faiblesse de leurs revenus ; la mauvaise qualité
thermique des logements occupés ; le coût de l'énergie.
Dans cet esprit, la définition suivante a été retenue pour inscrire la précarité
énergétique dans la loi : « Est en précarité énergétique une personne qui éprouve dans
son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d'énergie
nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison notamment de
l'inadaptation de ses ressources et de ses conditions d'habitat ». Le seuil de 10% des
revenus nécessaires à la satisfaction de ces besoins a été retenu comme base
opératoire satisfaisante pour une approche quantitative.
Notes :
(1) IEA : « Analysis of the impact of high oil prices on the global economy », mai 2004 :
http://www.iea.org/papers/2004/high_oil_prices.pdf (en anglais).
(2) La moyenne de l'UE est à 54,9%, en progression par rapport à 2008 où elle
s'établissait à 53,6%.
(3) Laurent Cordonnier, économiste, Université Lille I, « Reprise économique, la grande
illusion », Le Monde diplomatique, septembre 2009.
(4) http://www.worldenergyoutlook.org/docs/weo2009/WEO2009_es_french.pdf
(5) Communiqué des décisions de la CNDP du 5 avril 2006, p. 4
3. Ressources énergétiques
les différentes sources d’énergie ( Exposé2 )
les avantages et inconvénients ( Exposé2 )
Les réserves énergétiques mondiales
Pétrole
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 14
Evaluer les réserves de pétrole est une question importante afin de
gérer au mieux cette ressource non renouvelable. En effet, une fois
l'ensemble des ressources pétrolifères épuisées, cette source d'énergie
sera définitivement tarie. Cependant les réserves évoluent sans cesse,
et contrairement à ce qu'on pourrait penser les réserves identifiées (ou
prouvées) n'ont jamais été aussi importantes qu'à l'heure actuelle : les
estimations (en 2003) varient entre 140 Gt (giga tonnes ou milliards de
tonnes, équivalent à 1050 Gb ou giga barils) d'après le Oil and Gas
Journal (OGJ) et 160 Gt (1200 Gb) d'après l'US Geological Survey
(USGS). En se basant sur la consommation actuelle de pétrole, ces
chiffres nous mèneraient entre 53 et 63 ans de production (suivant les
ressources). Le tableau ci-dessous indique la répartition des réserves
de pétrole prouvées en fonction des différentes zones géographiques
de production.
Part des régions dans les réserves mondiales prouvées de pétrole brut
en pourcentage
Source : CNUCED d'après des données du « Department of
Energy, US Government »
Il est donc aisé de remarquer une disproportion énorme entre les
réserves du Moyen Orient et celles du reste du monde. De plus, en
distinguant une répartition non par région mais par pays de l'OPEP* et
hors OPEP, celle-ci montre que les premiers détiennent 78% des
réserves mondiales de pétrole brut prouvées.
4. Généralités : Développement économique et consommation
d’énergie
PIEGE-ENERGIE/PAUVRETE
Quel est le rôle des services énergétiques en milieux rural et
urbain dans la réduction de la pauvreté
La pauvreté est multidimensionnelle et dépend des
circonstances, à la fois physique et sociale. Fondamentalement,
la pauvreté se traduit par l’incapacité à se procurer un minimum
de bien-être matériel. L’indicateur de mesure le plus connu de la
pauvreté se fonde sur l’apport calorifique minimal fournissant à
l’être humain l’énergie nécessaire pour mener une vie normale.
La pauvreté par la consommation reflète la non disponibilité de
cette quantité de nourriture, et la pauvreté par le revenu (pour
ceux qui ne cultivent pas pour eux-mêmes) reflète un manque
d’argent pour acheter cette quantité de nourriture. On distingue
deux formes de pauvreté qui sont :
Pauvreté absolue : repose sur les besoins fondamentaux
de base
besoins alimentaires,
besoins de logement,
services de santé,
éducation.
Pauvreté relative :
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 16
repose sur une comparaison relative
varie en fonction du lieu
Si toute l’énergie de travail d’un individu est utilisée simplement
pour lui fournir des calories équivalentes ou inférieures à cet
apport minima, il/elle est bloqué (e) et se trouve confronté (e) à
la difficulté de sortir de la pauvreté. En outre, au-delà de la
simple obtention de nourriture, les êtres humains ont besoin
d’énergie pour d’autres tâches de survie, comme par exemple,
la garantie d’un abri et la vie sociale.
Dans les zones rurale et urbaine de nombreux pays pauvres,
l’énergie humaine est la seule source d’énergie, à laquelle
s’ajoute parfois la traction animale. L’utilisation de l’énergie
humaine – largement consacrée à trois tâches quotidiennes
(production vivrière, transformation et cuisson des aliments, et
quête de l’eau) – signifie que plusieurs tâches sont effectuées
plus lentement que si elles devaient se faire par l’énergie
mécanique, et la satisfaction des besoins vitaux de survie peut
prendre toute une journée.
Ces deux contraintes – l’énergie humaine disponible et le temps
nécessaire pour les tâches essentielles de survie – engendrent le
piège énergie-pauvreté. L’impératif de trouver chaque jour le
temps et l’énergie indispensable aux tâches nécessaires à la
survie, peut maintenir les populations rurale et urbaine dans une
situation d’équilibre dans la pauvreté sans aucune perspective
de développement humain.
Dans ces conditions, la fourniture de services énergétiques en
milieux rural et urbain constitue un défi majeur à la réduction de
la pauvreté et au développement humain. Les services les plus
urgents que l’énergie mécanique et électrique peut fournir – tels
que définis par les populations rurales elles-mêmes – sont la
transformation des aliments et l’approvisionnement en eau
potable. Les services énergétiques permettent d’économiser à la
fois l’énergie humaine et le temps, et suscitent la possibilité de
génération de revenus, de réduction de la pauvreté et de
développement humain.
5. Chocs pétroliers
L’émergence de la question de l’accès aux services énergétiques
est relativement récente et date du Sommet Mondial sur le
Développement Durable de Johannesburg (2002). Il est donc
possible de commencer à retracer évolution de la notion de services
énergétiques à partir de cette année. Mais tenter d’expliquer
l’émergence de cette problématique sans faire un long détour par
ce qui a constitué les politiques de développement depuis le début
des années 1970 reviendrait à faire l’impasse sur le contexte
économique, social et politique actuel des pays en voie de
développement et notamment des pays d’Afrique Sub-saharienne. Il
est donc nécessaire, dans un premier temps, de poser le cadre
général avant de parler d’accès aux services énergétiques et ce
notamment parce que l’état, contrairement à une lecture néo-
classique, est à même de promouvoir un développement équilibré
pour les populations. Cependant, parvenir à fournir es services
énergétiques aux millions d’habitants des zones rurales et
périurbaines requiert un Etat capable de répondre au défi
multidimensionnel posé par la notion d’accès énergétiques.
1. Les décennies perdues du développement
Les décennies perdues du développement, c’est ainsi que
plusieurs économistes qualifient les années 80 et 90 qui
heureusement sont aussi les décennies fondatrices d’un discours
réformateur sur le développement. Cette partie retrace l’évolution
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 18
du débat d’idées sur le développement et l’émergence des
politiques actuelles fondées sur l’accroissement de l’aide pour la
réduction de la pauvreté, avec à l’horizon la réalisation effective
des objectifs de développement tels que les objectifs du Millénaire
pour le Développement.
1 .1 Années 1960-1979 : un nouveau monde se dessine
Plusieurs éléments se mettent en place au cours des années 1960-
1979 pour expliquer la crise majeure à laquelle seront confrontées
les pays en voie de développement au début des années 1980.
Ces éléments sont le triomphe de la colonisation et l’optimisme
qui en découle, la séparation du monde en deux blocs, le 1er choc
pétrolier de 1973 et la surliquidité monétaire que ce choc entraîne,
le 2ème choc pétrolier et l’envolée de l’inflation et l’opinion, un
peu candide, que les conditions du développement sont identiques
en tout temps et en tout lieu.
Le succès du processus d’indépendance et de décolonisation initié
au lendemain de la 2ème guerre mondiale permet à la plus part
des pays d’Asie et d’Afrique de recouvrer leur souveraineté au
début des années 1960 (voir carte1). Cette révolution qui fait
accéder en moins de 15 ans des millions d’hommes et de femmes
au statut de citoyen à part entière ne permet cependant pas de
s’affranchir de l’antagonisme entre deux blocs ayant une vision
opposée du rôle de l’Etat et de la place de l’individu. Le groupe
des pays socialistes soutenus par l’Union soviétique est
économiquement, socialement et politiquement séparé des pays
soutenus par l’Occident et notamment des Etats-Unis, la Grande-
Bretagne et la France. L’opposition frontale entre ces deux camps,
qui s’exprime périodiquement à travers la violence et la guerre,
est un élément indissociable des orientations politiques et des
politiques de développement mises en place par les
gouvernements des pays nouvellement indépendants.
Les années qui suivent la décolonisation sont également une
période sans précédent de développement économique des pays
industrialisés des deux blocs (même si le différentiel entre les pays
de l’Ouest et de l’Est s’accroît au profit du premier groupe) avec
des taux de croissance économique de près de 5% par an . Ce que
certains ont qualifiés<< d’âge d’or (cette période est d’ailleurs
appelé les <<trente glorieuses) se termine brutalement avec le
1er choc pétrolier; conséquence du quadruplement du prix de baril
de pétrole entre juin 1973 (de 2,9 US S) et janvier 1974 (11,6 US).
Cette augmentation soudaine des prix de << l’or noir entraîne par
un mécanisme particulier une surliquidité monétaire au niveau
mondial et donc une nécessité (notamment pour les banques
privées des pays Occidentaux) de prêter de l’argent.
En parallèle à cette très forte croissance économique des pays
industrialisés, les donateurs bilatéraux et la Banque Mondiale
s’intéressent de plus en plus aux grands projets d’infrastructures
pour les pays en voie de développement et se sont disposés à
prêter des sommes conséquentes à des conditions
particulièrement avantageuses. Cette croyance en la vertu de ce
type de projets, conjuguée à la volonté de certains gouvernements
des pays du Sud de développer leur économie à tout prix ainsi que
la surliquidité dont dispose les banques privées des pays
industrialisés vont entraîner au cours des années 1970 un
accroissement considérable du nombre et du volume des prêts
concédés. La banque Mondiale passe ainsi d’une moyenne de 1
milliard de US S de prêt an en 1968 à 12 milliards en 1981 et ce
alors que les prêts consentis par les banques commerciales
privées sont près de 10 fois plus important.
Toutefois, les conditions d’octroi de ces prêts ainsi que les
objectifs poursuivis ont souvent été en contradiction avec les
besoins des populations et les normes comptables .Ce manque de
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 20
rigueur et de vision a renforcé les conditions favorisant le
gaspillage, la corruption et l’inefficacité de l’aide.
Le 2ème choc pétrolier de 1979 ,conséquence immédiate de la
crise Iranienne et , entraîne aux Etats-Unis une réponse de type
monétariste .Cette réponse qui consiste à réduire la création
monétaire à plusieurs effets qui vont s’avérer catastrophiques
pour les pays en voie de développement : une contraction brutale
de l’activité dans les pays du Nord ,limitant ainsi la possibilité
d’exporter vers ces pays et de faire rentrer des devises ; une
augmentation très importante de la valeur du US S et des taux
d’intérêts . Or, l’immense majorité des prêts contractés par les
pays en voie de développement sont à l’époque libellés en US S et
à taux variable. Cette situation rend la crise de la dette inévitable.
1.2Années 1980-1991 : les crises monétaires et la fragilisation
des Etats pauvres
La crise éclate au grand jour le 18 août 1982 lorsque le
ministre des Finances du Mexique, Jésus Silva Herzog annonce
que son pays n’a plus les moyens d’honorer ses engagements
internationaux relatifs à sa dette extérieure (80 milliards de US
S) .Cette annonce est une conséquence de l’explosion des taux
d’intérêt dans les années 70 et de la réticence des banques
commerciales à continuer de financier les crédits du
pays .L’annonce de Silva Herzog déclenche un séisme politique
et financier de grande ampleur puisque le Mexique est suivi dans sa démarche par
d’autres pays à revenus intermédiaires d’Amérique Latine et d’Afrique et marque ainsi
le début de ce que l’on appelle la crise de la dette .
I. Discusion 1 : la crise de la dette
1. Savez-vous ce qu’est la crise de la dette ?
2. Pouvez-vous décrire le mécanisme qui fait que les
pays en voie de développement se retrouvent dans
l’incapacité de rembourser leurS créances ?
3. Savez-vous ce que sont le <<club de Paris et le club
de Londres ?
II.
Les Etats-Unis , la Banque des Règlements internationaux et le
FMI décident alors d’accorder 8 milliards de US S de prêts
d’urgence aux pays partenaires en difficulté de balance de
paiement .Cette aide a pour toute première priorité d’éviter la
cessation de paiement et donc la faillite d’établissement
bancaire de premier ordre comme la City Bank et la Chase
Manhattan Bank .
Par la suite et pour structurer cette aide financière qui
s’inscrivait essentiellement dans une logique de stabilisation, le
FMI crée en 1986 une facilité d’ajustement structurel (FAS)
pour les pays à faible revenus. Cette FAS sera renforcée
l’année suivante, afin de fournir des ressources aux pays
membres.
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 22
II Planification énergétique
……………………………….. 00-00
1. Diversification des échanges énergétiques
2. Maîtrise de la consommation d’énergie
3. Mise au point de substituts nationaux
4. Transition énergétique : Cas des pays industrialisés
5. Transition énergétique : cas des pays en développement
6. Prévisions et perspectives énergétiques
III-Ressources énergétiques du Bénin
……………………………………….. 00-00
1. Production, consommation, besoins, évolution sectorielle depuis 1988
2. Evaluation des besoins et la maîtrise de l’énergie
Introduction, stratégie, formes d’intervention, évolution depuis 1988,
constats,
Perspectives liées aux engagements environnementaux, MDE par secteur
d’activité
Economique.
3. Politiques énergétiques locales
Intérêts, rôles et missions des collectivités locales, Plan énergétique
régional
Les projets prioritaires du WAPP
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 24
4. Exemple de maîtrise de l’énergie : Economiser l’énergie au quotidien
IV-Bâtiment et Haute Qualité Environnementale (HQE)
……….00-00
Photo de surfaces de bâtiment
1. Propriétés optique et thermique (solaire) des surfaces de bâtiments
2. Phénomène d’ombrage
3. Thermique du bâtiment
Consommation d’énergie, gain interne, utilisation des sources de chaleur
internes
(humains, équipements domestiques, condensation de vapeur)
Pompe à chaleur
4. Normalisation et réglementation
V- Aspect
environnemental…………….....................................00-00
SBEE/DEP/SE Novembre 2007 26