Philo Cours
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Introduction générale :
Dans cette séquence nous allons revenir sur les trois notions; à savoir : la vérité, la
raison et la science, en présentant un certain nombre de courants et pensées
philosophiques qui animent les débats sur ces questions.
La Vérité
Au sens premier et commun, la vérité est ce qui est conforme à une certaine réalité.
Ainsi, « dire la vérité » c'est mettre des mots adéquats pour décrire une réalité. Il s'agit
souvent d'une vérité « conventionnelle »: relative à une convention. Si je dis que le ciel
est bleu, le « bleu » est une vérité conventionnelle. Nous nous somme préalablement
entendus pour nommer la couleur « bleue ». On appelle cela des « jugements
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prédicatifs ». Dans une autre langue, cette vérité conventionnelle renvoie à un autre
mot.
Selon Thomas d'Aquin, la vérité est « l'adéquation de l'esprit et de la chose ». Mais
comment peut-on comparer l'esprit à la chose, sachant que l'accès à la chose ne se fait
que par nos représentations (et celles-ci peuvent être divergentes) ? Autrement dit, nos
représentations sont par définition subjectives, et nos (5) sens qui nous mettent en
relation avec les choses sont susceptibles de nous tromper. À partir de là, il apparaît que
l’accès à la vérité est complexe.
Dans l'absolu, la Vérité s'identifie à un idéal éternel ; celle-ci existe, mais pas accessible
à l’Homme. Il s'agit de la position de Platon pour qui La Vérité (la grande Vérité absolue)
n'est ni conventionnelle, ni relative. C'est une Vérité universelle. Cependant, la vérité est
aussi relative ; relative à l’Homme (dans sa diversité et sa multiplicité) et plus
précisément à l’espace et au temps. Ainsi, ce qui est admis comme vrai aujourd’hui peut
ne pas l’être demain ; ce qui est vrai ici, peut ne pas être ailleurs… et vice-versa.
Dans le langage courant vérité et réalité peuvent être des synonymes. En philosophie,
les deux sont à nuancer. Alors que la première passe par la réflexion et le jugement, la
seconde est plutôt soumise à la perception et aux sens. Le tableau en classe relève
plutôt d’une réalité ; le tableau est blanc relève d’une vérité. Dans cette dernière,
l'énoncé est conforme à une réalité qui est la couleur blanche du tableau.
La Raison
La raison est une faculté intellectuelle (de l'esprit humain) qui permet de mettre en
place des critères de connaissance; de ce qui est vrai, faux, bien, mal…etc., et de mettre
en œuvre un certain nombre de moyens pour un objectif donné. Cet objectif qui
découle lui-même de la raison. La raison nous permet de juger, discerner, distinguer,
etc.
La raison vient du latin « ratio », qui veut dire calcul. Calculer c'est raisonner.
En grec ancien la Raison est désignée par le logos. Logos qui veut dire raison, mais aussi
parole: « la parole raisonnée » ; la raison qui passe par la parole ; la raison humaine.
La science
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La science « répond à une volonté de savoir » par laquelle l'esprit humain vise à
comprendre les phénomènes et à atteindre la vérité qui les fondent et les régissent, en
adaptant des méthodes qui se veulent prédéfinies. La vérité recherchée par la science
est l'adéquation de l'esprit avec lui-même (la validité), et l'adéquation de l'esprit et le
réel (conformité).
Cette volonté de savoir a été développée et généralisée à partir du XIXe siècle, lorsque
des institutions, et autres organismes étatiques, dédiés à l'enseignement et à la
recherche scientifique ont été créés. Ainsi, la science a été intégrée dans la dynamique
sociale et devenue un fait culturel marquant. Ce qui n'était pas le cas lorsque la science
était marginale et pratiquée par quelque personnes, alors que la société était marquée
par les dogmes religieux et le sens commun. Dans ces conditions, l'esprit scientifique
était considéré comme une hérésie. L'exemple de Galilée était l'un des plus édifient; en
réexaminant la croyance de la doxa et le dogme scolastique, il a fini par contredire
certaines croyances tenues pour acquises. Ce qui lui a valu stigmatisation et
condamnation. Cela revient au fait que la science n'était pas intégrée dans la dynamique
sociale et culturelle. C'est plutôt la religion, les traditions et les coutumes qui régissent
la société.
Introduction :
Le doute consiste à ne savoir que croire et ne pas avoir de certitude. C'est un état de
soupçon et de méfiance à l'égard d'une situation et de la véracité d'un énoncé. Une
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attitude qui se justifie amplement devant certaines données où l'énoncé ne se conforme
pas à l'esprit ou à une certaine réalité (ex. Annoncer qu'il est minuit alors que le soleil
est au zénith). Cependant, certains types de doutes relèvent d'autres éléments tels que
la personnalité de l'individu qui serait plus proche de l'attitude sceptique ou encore
d'une exigence de rigueur. Or peut-on douter de tout, ou il existe des domaines où le
doute n'est pas permis ?
Afin de traiter ce sujet nous allons voir dans un premier temps que le doute est
nécessaire et qu'on peut douter de tout, voire même nous devons douter (I), cela
revient fait que la vérité est loin d'être acquise (I-a), puis nous verrons dans un
deuxième temps que certaines dogmes n'admettent pas le doute (II), comme la religion
(II-a), ou encore le scientisme (II-b). Enfin, au-delà de la possibilité du doute et sa
justification, ce dernier doit avoir des limites (III) ; il doit être méthodique (III-a), et ne
doit pas empêcher le savoir, comme cela est l'ambition de la science (III-b).
Partie I : Oui, on peut (voire on doit) douter de tout : le doute est nécessaire
a) Le doute est nécessaire car la vérité n'est pas acquise (Le Scepticisme)
Le scepticisme est d'abord une attitude, puis un mouvement philosophique qui soutient
que la vérité n'existe pas ! Et si jamais celle-ci existe, elle est inconnaissable. Si jamais
connaissable, elle est incommunicable. Le scepticisme fait du doute un système de
pensée et n'affirme rien. Le sceptique pratique « la suspension de jugement » ou
l'Épochè. Le scepticisme est aussi appelé le pyrrhonisme en relation avec Pyrrhon d'Élis
(360 – 270 av. J.-C.) considéré comme le fondateur du scepticisme. Ce courant soutient
que la vérité n’existe pas à cause des limites de l’entendement (la compréhension,
l’intelligence) humain.
Le trope de la diversité : La différence des opinions et des idées rend l'accès à une vérité
unique impossible.
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À travers le doute, les sceptiques cherchent l'ataraxie (la tranquillité de l'âme, l'absence
de trouble et la paix intérieur). Se prononcer pour une vérité est un risque dont le coût
c'est de sacrifier la tranquillité de l'âme (l'ataraxie), cela revient au fait que la vérité
n'existe pas… Ainsi, le doute pratiqué par les sceptiques est un doute permanent,
puisque la vérité est de l’ordre du divin et de l’infini, et l’homme est une créature finie.
Une finitude qui le rend limité.
1- Sextus Empiricus nomme ainsi les philosophes rationalistes, qui admettent la possibilité d'une connaissance
de la réalité (plus particulièrement : Aristote, Épicure, les stoïciens)
2- Diallèle : équivalent d'un "cercle vicieux" qui mène à une suspension de l'assentiment.
Par ailleurs l'empirisme de David Hume (1711 – 1776), qui est une forme de scepticisme
estime que le doute est irréductible, et qu'il n'y a pas de vérité définitive. Quand bien
même prouvée et constatée, une vérité prouvée et constatée relève du probabilisme.
Autrement dit, la règle établit va probablement se confirmer, mais il n'y a aucune
certitude à cela. Ainsi une part du doute est invincible, car il n' y a que l'expérience (le
travail empirique) qui ne peut confirmer la règle, et toute prédication ne peut être
absolue.
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Un pyrrhonien ne peut s'attendre à ce que sa philosophie ait une influence constante
sur l'esprit; ou, si elle en a, que son influence soit bienfaisante pour la société, Au
contraire, il lui faut reconnaître, s'il veut reconnaître quelque chose, qu'il faut que
périsse toute vie humaine si ses principes prévalaient universellement et constamment.
Toute conversation et toute action cesseraient immédiatement, et les hommes
resteraient dans une léthargie totale jusqu'au moment où l'inassouvissement des
besoins naturels mettrait une fin à leur misérable existence. Il est vrai, un événement
aussi fatal est très peu à craindre. La nature est toujours trop puissante pour les
principes. Bien qu'un pyrrhonien puisse se jeter, lui et d'autres, dans une confusion et un
étonnement momentanés par ses profonds raisonnements, le premier et le plus banal
événement de la vie fera s'envoler tous ses doutes et tous ses scrupules, et il le laisse
identique, en tout point, pour l'action et pour la spéculation, aux philosophes de toutes
les autres sectes et à tous les hommes qui ne se sont jamais souciés de recherches
philosophiques. Quand il s'éveille de son rêve, il est le premier à se joindre au rire qui le
ridiculise […]
Il y a, certes, un scepticisme plus mitigé, une philosophie académique, qui peut être à la
fois durable et utile et qui peut, en partie, résulter du pyrrhonisme, de ce scepticisme
outré, quand on en corrige, dans une certaine mesure, le doute indifférencié par le sens
commun et la réflexion. Les hommes, pour la plupart, sont naturellement portés à être
affirmatifs et dogmatiques dans leurs opinions; comme ils voient les objets d'un seul
côté et qu'ils n'ont aucune idée des arguments qui servent de contrepoids, ils se jettent
précipitamment dans les principes vers lesquels ils penchent, et ils n'ont aucune
indulgence pour ceux qui entretiennent des sentiments opposés. Hésiter, balancer,
embarrasse leur entendement, bloque leur passion et suspend leur action. Ils sont donc
impatients de s'évader d'un état qui leur est aussi désagréable, et ils pensent qu'ils ne
peuvent s'en écarter assez loin par la violence de leurs affirmations et l'obstination de
leurs croyances. Mais si de tels raisonneurs dogmatiques pouvaient prendre conscience
des étranges infirmités de l'esprit humain, même dans son état de plus grande
perfection, même lorsqu'il est le plus précis et le plus prudent dans ses décisions, une
telle réflexion leur inspirerait naturellement plus de modestie et de réserve et
diminuerait l'opinion avantageuse qu'ils ont d'eux-mêmes et leur préjugé contre leurs
adversaires [...]. En général, il y a un degré de doute, de prudence et de modestie qui,
dans les enquêtes et les décisions de tout genre, doit toujours accompagner l'homme
qui raisonne correctement".
Critique du scepticisme:
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sceptiques empêche la pensée d’avancer et de construire des raisonnements sur le
chemin de la vérité. Ainsi, les sceptiques pratiquent un doute stérile qui ne fait pas
avancer les connaissances. Ils pratiquent le doute pour le doute, le doute au service de
l'ataraxie, et non au service du savoir.
Le doute est un élément indispensable pour toute connaissance. Chaque question est
une demande de connaissance qui émane d'un doute quant à l'existence de la
connaissance recherchée. Le doute est un moteur philosophique et scientifique ; dans
l'allégorie de la caverne de Platon c'est le doute de l'existence d'un monde extérieur qui
a poussé le philosophe à se faire violence et sortir de la caverne, et passer du monde
sensible (le monde de la caverne) au monde intelligible (celui des idées et de la
transcendance).
Le scientifique doit douter, supposer à travers la méthode scientifique basée sur des
problématiques et des hypothèses, avant de les vérifier sur le terrain par l'expérience,
en se basant sur des catégorie de raisonnement propres. Emmanuel Kant distingue le
doute sceptique dont la régression est à l'infini du doute organisé qui a pour objectif
d'arriver à des certitudes.
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Il y a un principe du doute consistant dans la maxime de traiter les connaissances
de façon à les rendre incertaines et à montrer l’impossibilité d’atteindre à la
certitude. Cette méthode de philosophie est la façon sceptique ou le
scepticisme.(...)
Mais autant ce scepticisme est nuisible, autant est utile et opportune la méthode
sceptique, si l’on entend seulement par-là la façon de traiter quelque chose
comme incertain et de le conduire au plus haut degré de l’incertitude dans
l’espoir de trouver sur ce chemin la trace de la vérité. Cette méthode est donc à
proprement parler une simple suspension de jugement. Elle est fort utile au
procédé critique par quoi il faut entendre cette méthode de philosophie qui
consiste à remonter aux sources des affirmations et objections, et aux
fondements sur lesquels elles reposent, méthode qui permet d’espérer atteindre
à la certitude
Transition :
Bien que le doute est nécessaire, certaines situations et perspectives ont des difficultés
à admettre le doute, et le réfutent.
Partie II : On ne peut pas douter de tout. Certaines vérités n'admettent pas le doute
a) Le Dogmatisme religieux
L'insensé́ lui-même doit convenir qu'il y a dans l'intelligence quelque chose dont
on ne peut rien concevoir de plus grand, parce que lorsqu'il entend [cette
expression], il la comprend, et tout ce que l'on comprend est dans l'intelligence.
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Et certainement ce dont on ne peut rien concevoir de plus grand ne peut être
dans l'intellect seul. En effet, s'il n'était que dans l'intelligence, on aurait pu
penser qu'il soit aussi en réalité: ce qui est plus. Or donc, si l'être dont on ne peut
[rien] concevoir de plus grand est dans l'intelligence seule, cette même entité,
dont on ne peut rien concevoir de plus grand, est quelque chose dont on peut
concevoir quelque chose de plus grand: mais certainement ceci est impossible.
Par conséquent, il n'y a aucun doute que quelque chose dont on ne peut rien
concevoir de plus grand existe et dans l'intelligence et dans la réalité. [...] Ainsi,
personne, comprenant ce qu'est Dieu, ne peut penser que Dieu n'est pas, bien
qu'il puisse dire ces mots dans son cœur, soit sans aucune signification, soit en
leur donnant quelque signification étrangère. En effet, Dieu est celui dont on ne
peut rien concevoir de plus grand. Celui qui comprend bien ceci comprend
parfaitement qu'il est d'une manière telle que l'on ne peut même pas penser qu'il
ne soit pas. Par conséquent, celui qui comprend que Dieu est d'une telle manière
ne peut pas penser qu'il n'est pas. Grâces [te soient donc rendues,] Seigneur! Car
ce que j'ai cru jusqu'ici par ton don, maintenant je le comprends par ta lumière de
telle façon que, même si je ne voulais pas croire que tu existes, je n'aurais pas pu ne
pas le comprendre.
La croyance en Dieu relève d'un sentiment émanant du cœur et qui dépasse la simple raison.
C'est ce que défend Blaise Pascal (1623 – 1662) pour qui les vérités du cœur liées à la croyance
religieuse en un Dieu ne peuvent pas être appréhendées par la raison rationnelle. Ceci n'est pas
soumis à des conditions de preuves et de démonstrations. Autrement dit, je peux croire très
fortement en Dieu et en son existence, mais je ne suis pas censé en faire la démonstration ou
donner des preuves formelles. La croyance n'est pas soumises à ce genre de considération ; elle
les dépasse. Vouloir comprendre Dieu par la raison est une contradiction, parce que la raison est
bornée/guidée et l'idée de Dieu ne peut être limitée. Elle est une infinité, une transcendance.
Ainsi on peut bien connaitre qu'il y a un Dieu sans savoir ce qu'il est. [...] Mais par
la foi nous connaissons son existence. Par la gloire nous connaitrons sa nature.
[...] Parlons maintenant selon les lumières naturelles. S'il y a un Dieu, il est
infiniment incompréhensible, puisque, n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul
rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaitre ni ce qu'il est, ni s'il
est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question ? Ce n'est pas
nous, qui n'avons aucun rapport à lui. [...] Examinons donc ce point et disons :
Dieu est, ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n'y peut
rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à
l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile : que gagerez-vous
? Par raison vous ne pouvez faire ni l'un ni l'autre, par raison vous ne pouvez
défendre nul des deux. [...] Oui, mais il faut parier. Cela n'est pas volontaire, vous
êtes embarqué. Lequel 1s prendrez-vous donc ? Voyons. Puisqu'il faut choisir,
voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et
le bien, et deux choses à engager: votre raison et votre volonté, votre
connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir: l'erreur et
la misère. Votre raison n'est pas plus blessée, puisqu'il faut nécessairement
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choisir, en choisissant l'un que l'autre. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ?
Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : Si
vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc
qu'il est, sans hésiter !
Croire c’est accepter comme vrai et adhérer à ce dont on n’a pas la preuve.
Savoir, c’est reconnaître une chose comme vraie parce que l’on en a fait une démonstration
rigoureuse et qu'on détient les preuves.
b) Le scientisme
Il s'agit d'une foi absolue en la science et sa sacralité, faisant d'elle la seule voie qui
mène à la vérité et qui échappe à l'ignorance. Le scientisme fait de la science l'objectif
ultime de l'esprit humain. Pour les scientistes ce n'est que par la science qu'on peut
atteindre la véritable connaissance. Pour ce courant, les sciences expérimentales
priment sur toutes les autres sources de connaissance qui ne peuvent pas être vraie
comme l'est la science. Cette conviction vient notamment du postulat de l'unité de la
matière et de sa simplicité et de la primauté du raisonnement mathématique.
Le monde véritable que la science nous révèle est de beaucoup supérieur au monde
fantastique créé par l'imagination. On eût mis l'esprit humain au défi de concevoir
les plus étonnantes merveilles, on l'eût affranchi des limites que la réalisation
impose toujours à l'idéal, qu'il n'eût pas osé concevoir la millième partie des
splendeurs que l'observation a démontrées. Nous avons beau enfler nos
conceptions, nous n'enfantons que des atomes au prix de la réalité des choses.
N'est-ce pas un fait étrange que toutes les idées que la science primitive s'était
formées sur le monde nous apparaissent étroites, mesquines, ridicules, auprès de
ce qui s'est trouvé véritable ? La terre semblable à un disque, à une colonne, à un
cône, le soleil gros comme le Péloponnèse, ou conçu comme un simple météore
s'allumant tous les jours, les étoiles roulant à quelques lieues sur une voûte solide,
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des sphères concentriques, un univers fermé, étouffant, des murailles, un cintre
étroit contre lequel va se briser l'instinct de l'infini. Au-delà, il est vrai, était le
monde des anges avec ses éternelles splendeurs ; mais là encore, quelles étroites
limites, quelles conceptions finies ! Le temple de notre Dieu n'est-il pas agrandi
depuis que la science nous a découvert l'infinité des mondes ?... Disons donc sans
crainte que, si le merveilleux de la fiction a pu jusqu'ici sembler nécessaire à la
poésie, le merveilleux de la nature, quand il sera dévoilé dans toute sa splendeur,
constituera une poésie mille fois plus sublime, une poésie qui sera la réalité même,
qui sera à la fois science et philosophie.
Plusieurs critiques sont adressées à ce courant : philosophie, religion, libéral (le dictat de
la science qui nierait toute diversité et liberté ; l'absolutisme de l'autorité scientifique).
Cette manière de ne croire qu'en la rationalité tend à déshumaniser l'Homme qui est
aussi constitué de morale, sentiments, psyché, d'imprévisibilité, de contingence… La
contingence est inhérente à la nature dont l'Homme n'est qu'un élément. Or, le
scientisme vise à systématiser l'Homme.
Transition :
Qu'on puisse douter de tout ou pas, ce dernier est nécessaire mais doit avoir des limites
au risque de tomber dans un régression à l'infinie.
J’avais dès longtemps remarqué que, pour les mœurs, il est besoin quelquefois de
suivre des opinions qu’on sait être fort incertaines, tout de même que si elles
étaient indubitables, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, mais, pource [parce] qu’alors je
désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu’il fallait que je
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fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux, tout ce en
quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne resterait point,
après cela, quelque chose en ma créance, qui fût entièrement indubitable. Ainsi, à
cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu’il n’y avait
aucune chose qui fût telle qu’ils nous la font imaginer. Et pource qu’il y a des
hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples
matières de géométrie, et y font des paralogismes, jugeant que j’étais sujet à
faillir, autant qu’aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que
j’avais prises auparavant pour démonstrations. Et enfin, considérant que toutes
les mêmes pensées, que nous avons étant éveillés, nous peuvent aussi venir
quand nous dormons, sans qu’il y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me
résolus de feindre que toutes les choses qui m’étaient jamais entrées en l’esprit
n’étaient non plus vraies que les illusions de mes songes. Mais, aussitôt après, je
pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait
nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que
cette vérité : je pense donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus
extravagantes suppositions des sceptiques n’étaient pas capables de l’ébranler, je
jugeai que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la
philosophie que je cherchais. »
En dehors de la position des scientistes qui font de la science un dogme, tout scientifique a pour
ambition d'arriver à des résultats les plus sûrs et certains possibles afin d'établir des règles, des
lois, des tendances, des explications... Cela passe par des postulats tout aussi certains parce que
prouvés et démontrés. Les postulats peuvent prendre la forme de « supposés » ou « hypothèses
» afin de pouvoir avancer dans la recherche de la vérité. C'est ce que Kant appelle : « la voie sûre
de la science » qu'il soustrait au doute sceptique, mais qu'il confie au doute méthodique.
(...) Mais autant ce scepticisme est nuisible, autant est utile et opportune la
méthode sceptique, si l’on entend seulement par-là la façon de traiter quelque
chose comme incertain et de le conduire au plus haut degré de l’incertitude dans
l’espoir de trouver sur ce chemin la trace de la vérité. Cette méthode est donc à
proprement parler une simple suspension de jugement. Elle est fort utile au
procédé critique par quoi il faut entendre cette méthode de philosophie qui
consiste à remonter aux sources des affirmations et objections, et aux
fondements sur lesquels elles reposent, méthode qui permet d’espérer atteindre
à la certitude
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La raison doit s'adresser à la nature en tenant d'une main ses principes, en vertu
desquels seulement des phénomènes concordants peuvent avoir valeur de lois, et
de l'autre main l'expérimentation qu'elle a conçue d'après ces principes, certes
pour recevoir les enseignements de cette nature, non pas toutefois à la façon d'un
écolier, qui se laisse dire tout ce que veut le maitre, mais comme un juge dans
l'exercice de ses fonctions, qui force les témoins à répondre aux questions qu'il
leur soumet. Et, en ce sens, même la physique ne saurait être redevable de la
révolution si profitable opérée dans sa manière de penser qu'à l'idée selon
laquelle c'est conformément à ce que la raison elle-même inscrit dans la nature
qu'il lui faut y chercher (sans lui prêter ses inventions) ce qu'elle doit apprendre
d'elle, et dont elle ne saurait rien par elle- même. C'est par là que la physique a
été pour la première fois placée sur la voie sûre d'une science, alors que, durant
de si nombreux siècles, elle n'avait été rien d'autre qu'un simple tâtonnement.
Exercice : Rédiger une sorte de conclusion qui reprend les idées principales de la
dissertation
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Le Relativisme
C'est à Protagoras (385 – 410 av. J.-C.) qu'on attribue le relativisme, et ce pour sa
célèbre citation : « l'Homme est la mesure de toute chose ». Une citation qui l'a
réhabilité aux yeux de certains pour le considérer comme philosophe et non un
sophiste.
Les critiques adressées au relativisme : c'est une théorie qui nous ne fait pas avancer
dans la recherche de la vérité puisqu'elle n'explique rien et ne fait pas avancer les
connaissances. Aussi c'est une doctrine qui s'éloigne du rationalisme et de l'objectivité
qui sont nécessaires pour le savoir, et notamment scientifique.
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dehors de son jugement personnel. Quand il est subjectif
(jugement personnel) c'est par ses goûts, sentiments,
passions, préférences et préjugés qu'il aborde les choses.
Cependant, comme le mentionne plusieurs philosophes,
tant que tout passe par la perception humaine,
l'objectivité absolue n'existe pas. L'Homme tend à être
objectif mais il ne fait en réalité qu'objectiver sa propre
subjectivité pour l'atténuer et essayer de la suspendre.
Le Rationalisme :
Le rationalisme est un mode de pensée et une philosophie qui considère que toute
connaissance passe par la raison, et que la raison peut être appréhendée dans son état
pur, en amont de l'expérience. La connaissance vient des principes universels et
nécessaires. Ainsi le rationalisme s'oppose à l'empirisme.
Selon le rationalisme, tout ce qui existe est intelligible et explicable. Par là, le
rationalisme s'oppose au spiritualisme et au mysticisme.
La raison obéit à un certain nombre de principes. Pour être dans la raison et pouvoir
soutenir un raisonnement ces principes doivent être réunis.
1) Le principe d'identité : pour pouvoir raisonner, il faut partir de ce qui est (de
quelque chose). Si on parle du tableau, on doit savoir qu'on parle du tableau.
C'est on parle de la vérité, il faut savoir qu'on parle de la vérité. Le principe
d'identité renvoie à ce postulat de base sur lequel on doit être d'accord. Si on ne
l'est pas. On ne peut pas « raisonner » dans un même sens.
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rationalisme causal (causalité). Une chose peut fort probablement arriver, mais
sans être complètement certaine. Il s'agit de la contingence Vs nécessaire.
Par ailleurs si la causalité est plutôt valable dans certains domaines (les sciences
dures), il ne l'est pas (il l'est moins) dans d'autres (les sciences molles).
Pour Leibniz (1646 – 1716), il existe deux grands principes du raisonnement. : celui de la
contradiction et celui de « la raison suffisante »; « quoique ces raisons, le plus souvent
ne puissent point nous être connues ».
Cela suppose de mettre en place des critères de raisonnement fixes et constants (Kant,
Descartes). Or, cela semble ardu, sachant qu'il serait difficile d'établir de telles règles.
Saisir la constitution préalable du raisonnement relève du rationalisme et de là du
nécessaire (A mène imparablement à B). Maitriser par avance le fonctionnement du
raisonnement semble irréaliste, voire inhumain. Le raisonnement prend souvent des
chemins improbables, d'où les différences dans la compréhension et la vision.
L'Empirisme :
L'empirisme est une doctrine philosophique qui considère que l'expérience est la source
de toute connaissance. Le rationalisme s'oppose à l'empirisme (expérience du terrain)
qui est de l'ordre du contingent. Pour l'empirisme la raison vient de l'expérience. Ainsi
Locke s'oppose à Descartes. Pour ce dernier la raison peut venir de Dieu (la vérité du
cœur), or pour Locke la raison ne vient qu'après une certaine expérience. Ainsi la raison
est une page blanche dans laquelle s'inscrivent des données grâce à l'expérience.
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Parmi les célèbre philosophes empiristes, on retrouve Francis Bacon (1561 – 1626) (« la
science véritable est la science des causes ») , John Locke (1632 – 1704) et David
Hume (1711 – 1776).
La question est de savoir si la raison est constituée (elle existe par elle-même) ou
constituante (elle se met en place grâce à l'expérience empirique) ?
La raison et le réel :
La raison s'est imposée comme le moyen d'ordonner le réel et le connaître. Le réel est
l'objet de la raison. La raison détermine aussi ce qui est réel et ce qui ne l'est pas.
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1- La théologie
2- La métaphysique
3- La science
Le Spiritualisme
Doctrine philosophique pour qui l'esprit est une réalité supérieure qui préside à la
matière. Ainsi, les valeur spirituelles et morales sont sacrées comparées à la matière
physique. Le spiritualisme défend l'idée de « dualisme » ou l'existence d'une double
réalité : l'âme et le corps ; le moral et le physique ; l'esprit et la matière. Sachant que
c'est l'esprit, le moral, l'âme qui prime.
Cette idée rejoint le dualisme platonicien du monde sensible, celui des choses et des
sens, et du monde intelligible, celui des idée. Ainsi pour Aristote l'âme est immortelle.
Pour Descartes, l'âme est une substance indépendante que seul l'Homme possède. Il
distingue l'âme du corps. L'âme est une substance pensante, alors que le corps est une
substance étendue. Si ce dernier peut être appréhendé par la raison, « le cœur a ses
raisons que la raison ignore » (Descartes).
Le Matérialisme
Doctrine philosophique qui affirme que le monde est basé sur une substance matérielle.
La matière construit toute la réalité du monde. Ainsi le matérialisme s'oppose au
spiritualisme qui croit en une entité spirituelle qui domine la matière. Le matérialisme
rejette l'existence de l'esprit, l'âme, d'une vie éternelle ou encore Dieu. La mort (corps
qui devient inerte) entraine la disparition de la conscience.
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La méthode scientifique : Selon Gaston Bachelard, dans « La formation de l'esprit
scientifique » (1938) : « Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse
a une question. S'il n'y a pas eu de question, il ne peut pas y avoir connaissance
scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit. »
Liens utiles :
[Link]
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Comment rédiger un argument :
[Link]
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