0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
80 vues6 pages

TD Droit Constitutionnel Thème 4

Transféré par

cgsfyprvvg
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
80 vues6 pages

TD Droit Constitutionnel Thème 4

Transféré par

cgsfyprvvg
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Ministère de l’Enseignement Supérieur République de Côte d’Ivoire

et de la recherche scientifique Union – Discipline – Travail

Université des Lagunes – CIDD Année universitaire 2020-2021

Faculté de Droit
LICENCE 1
TRAVAUX DIRIGES DE DROIT CONSTITUTIONNEL II

Professeur: Pélagie THEOUA-N’DRI


Confection de la fiche: M. Kauphy Didié
N’GUESSAN

Thème 4: ETAT FEDERAL/ ETATS FEDERES

INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES

1. E. ARCQ, V. DE COOREBYTER, C. ISTASSE, « Fédéralisme et


confédéralisme », CRISP, Dossiers du CRISP, n°79, 2012/1, pp. 13-18, disponible
n ligne ;
2. B. CHANTEBOUT, Droit constitutionnel, Paris, Sirey, 2009 ;
3. M. CROIZAT, Le fédéralisme dans les démocraties contemporaines, Paris,
Montchrestien, 1995 ;
4. J. Gicquel, J.-E. Gicquel, Droit constitutionnel et institutions politiques,
Paris, LGDJ, 43 ème éd, 2022 ;
5. R. CARRE DE MALBERG, L’Etat autonome : forme nouvelle ou transition
en Europe, Economica, 1994 ;

6. F. MELEDJE DJEDJRO, Droit constitutionnel, 1, Institutions politiques,


Abidjan, Editions ABC, 2017 ;

7. F. MELIN-SOUCRAMANIEN, P. PACTET, Droit constitutionnel, Paris,


Dalloz, 2015.
8. H. PORTELLI, Droit constitutionnel, Paris, Dalloz, 2007.

Exercice

I- CONTRÔLE DE CONNAISSANCE

1. Différence entre un État unitaire et un État fédéral :


 État unitaire :
o Il repose sur une structure politique centralisée. Les pouvoirs sont concentrés
dans les mains d’un gouvernement central qui exerce une autorité sur
l’ensemble du territoire. Les entités locales (régions, départements, communes)
n’ont pas de souveraineté propre ; elles exercent uniquement les compétences
que l’État central leur délègue.
o Exemple : La France (bien qu'elle soit décentralisée), le Japon.
 État fédéral :
o C'est une union d’entités politiques autonomes (États fédérés, provinces,
régions) qui disposent chacune de leur propre Constitution et de compétences
protégées par la Constitution fédérale. L'État central (fédéral) et les États
fédérés partagent des compétences.
o Exemple : Les États-Unis, l'Allemagne, la Suisse.

Différence principale : L’État unitaire est centralisé (ou décentralisé sous contrôle de l'État
central), tandis que l’État fédéral repose sur une répartition constitutionnelle des pouvoirs
entre le niveau fédéral et les entités fédérées.

De même, là où l’État unitaire repose sur une unicité constitutionnelle, l’État fédéral bien que
possédant une constitution fédérale, repose également sur la pluralité de constitution des états
fédérés.

2. Différence entre un État décentralisé et un État fédéral :

 État décentralisé :
o C’est un État unitaire, mais où certaines compétences sont transférées à des
entités locales (collectivités territoriales : régions, départements, communes),
qui disposent d’une certaine autonomie administrative et financière.
Cependant, ces collectivités restent sous la tutelle de l'État central, qui
conserve une autorité suprême.
o Exemple : La France (après les lois de décentralisation de 1982), l’Italie.
 État fédéral :
o Contrairement à l’État décentralisé, les entités locales (États fédérés) dans un
État fédéral ne sont pas subordonnées à l’État central. Elles disposent de leur
propre souveraineté (dans les limites de la Constitution fédérale) et d’un
pouvoir législatif propre. L'État fédéral ne peut pas intervenir dans les
compétences réservées aux entités fédérées sans leur consentement.
o Exemple : Le Canada, le Brésil.

Différence principale : Il convient donc de souligner qu’au niveau du degré de dépendance,


dans un État décentralisé, les entités locales bien qu’autonomes restent dépendantes de l’État
central, tandis que dans un État fédéral, les entités fédérées sont souveraines dans leurs
domaines de compétence.

Au niveau juridique, la constitution de l’état fédéré lui confère une presqu’indépendance


constitutionnelle et législative, chose qui ne peut se faire dans l’État décentralisé
3. Différence entre une Confédération et une Fédération :

 Confédération :
o C’est une association d’États souverains qui s’unissent pour certains objectifs
communs (défense, diplomatie) tout en conservant leur pleine souveraineté.
Les décisions prises au niveau de la confédération nécessitent souvent l’accord
unanime des États membres.
o Exemple historique : La Confédération des États américains (1861-1865), la
Confédération suisse (avant 1848).
 Fédération :
o C’est un État unique, mais constitué de plusieurs entités fédérées. Ces entités
perdent leur souveraineté internationale au profit de l’État fédéral, qui est seul
compétent en matière de relations internationales et dispose d’un pouvoir
constitutionnel supérieur.
o Exemple : L'Allemagne, les États-Unis.

Différence principale : Dans la confédération, les États s’unissent pour ne former qu’une
association tandis que dans la fédération, les états s’unissent (ou se dissocient) pour former un
nouvel État.

II- DISSERTATION

Les principes d’organisation de l’Etat fédéral.

Les formes d’organisation des États varient selon leur histoire, leur culture et leurs choix
politiques. Parmi ces formes, il est constant de distinguer l’État unitaire de l’État fédéral.
Fédéral du latin foedus signifie « alliance », à ce titre il constitue une structure singulière qui
repose sur la coexistence d’un pouvoir central et d’entités fédérées dotées d’une autonomie
propre. L’État fédéral se distingue par des principes fondamentaux qui garantissent la
répartition des compétences et la coopération entre les différents niveaux de gouvernement.
Ces principes visent à maintenir un équilibre entre unité et diversité. L’étude de ce sujet est
pour nous une occasion d’appréhender la capacité de l’État fédéral à concilier les aspirations
locales et nationales, une question cruciale dans le contexte de la mondialisation et des
revendications identitaires croissantes. Les débats autour des réformes institutionnelles en
Belgique ou les tensions entre États fédérés et gouvernement fédéral aux États-Unis illustrent
l’actualité de ces principes. Des considérations précédentes naît le question de droit de savoir
quels sont les principes fondamentaux qui structurent l’organisation de l’État fédéral ? Nous
verrons dans un premier temps le principe de superposition (I), puis dans un second les
principes d’autonomie et de participation (II).

I. LE PRINCIPE DE SUPERPOSITION
Le principe de superposition est au cœur de l’organisation de l’État fédéral. Il consiste à
établir une hiérarchie entre les différents niveaux de pouvoir, tout en permettant leur
coexistence harmonieuse.

A. AU NIVEAU NATIONAL : UNE HIÉRARCHIE DES NORMES

L'État fédéral repose sur une Constitution fédérale, qui s’impose à la fois aux entités
fédérées et au gouvernement central. Cette superposition signifie que la Constitution fédérale
est la norme suprême, assurant l’unité et la cohérence du système juridique. Les lois fédérales
prévalent sur les lois adoptées par les États fédérés, notamment en cas de conflit. Aux États-
Unis, par exemple, la clause de suprématie (Article VI de la Constitution) garantit la primauté
des lois fédérales sur celles des États fédérés. La Fédération apparaît ainsi comme une
organisation à deux niveaux au-dessus de laquelle se trouve l'État fédéral (le parlement
fédéral, l’exécutif fédéral et la juridiction constitutionnelle suprême) Ce principe réserve donc
l’unicité de L’Etat fédéral.

Toutefois, ce principe ne s’arrête pas à l’ordre interne. Il s’étend également aux relations
internationales, où il marque la souveraineté unique de l’État fédéral.

B. AU NIVEAU INTERNATIONAL : UNE SOUVERAINETÉ UNIQUE

Sur la scène internationale, seul l’État fédéral dispose de la personnalité juridique et du droit
de représenter l’ensemble des entités fédérées. Cette unicité garantit la reconnaissance de
l’État fédéral comme acteur souverain dans les relations internationales. À titre illustratif, en
Allemagne, les Länder (États fédérés) ne peuvent pas conclure de traités internationaux
indépendamment du gouvernement fédéral, qui détient cette compétence exclusive.

Si le principe de superposition permet d’assurer l’unité de l’État fédéral, cette structure repose
également sur un équilibre délicat entre autonomie et participation des entités fédérées.

II. LES PRINCIPES D’AUTONOMIE ET DE PARTICIPATION

Outre la superposition des normes, l’organisation de l’État fédéral s’appuie sur deux principes
complémentaires : l’autonomie des entités fédérées et leur participation aux décisions
nationales.

A. LE PRINCIPE D’AUTONOMIE

L’autonomie garantit que chaque entité fédérée dispose de pouvoirs propres, protégés par la
Constitution fédérale. Ces pouvoirs incluent généralement des compétences exclusives en
matière législative, administrative et parfois judiciaire. Le cas du Canada peut ici nous
éclairer. Au Canada, les provinces exercent une compétence exclusive en matière d’éducation
et de santé, des domaines dans lesquels le gouvernement fédéral ne peut intervenir sans leur
consentement. Nonobstant tous les modèles de répartition de compétences, certains domaines
relèvent toujours de la compétence de l'État fédéral en vertu du principe de l'indivisibilité de
la souveraineté qui appartient uniquement à celui-ci. Ce sont les affaires étrangères, la
monnaie, les finances et la défense). Par ailleurs, les entités fédérées sont autonomes sur les
plans constitutionnel, législatif et administratif. L'autonomie constitutionnelle réside dans le
fait que chaque entité fédéré a une constitution propre issue d'un pouvoir constituant propre.
La Constitution de l'entité fédérée peut réglementer tout ce qui n'est pas prévu par la
Constitution fédérale. L'autonomie législative procède de ce que chaque entité fédéré peut
adopter, dans son domaine de compétence, ses propres lois. Il existe un Parlement local qui
adopte des lois locales applicables sur le territoire de l'entité fédérée. L'autonomie
administrative de chaque entité fédérée lui confère le droit d'avoir une administration propre.
Il faut préciser qu'à la différence de la décentralisation, l'autonomie des entités fédérales est
toujours fixée par la Constitution et non par un acte législatif ou réglementaire. Enfin, dans
toutes les entités fédérales, existe un juge constitutionnel chargé de veiller à la bonne
application des principes organisateurs du fédéralisme y compris le principe de la
participation.

Cette autonomie ne signifie cependant pas une indépendance totale. Les entités fédérées
participent également aux décisions prises au niveau fédéral, conformément au principe de
participation.

B. LE PRINCIPE DE PARTICIPATION

Ce principe traduit l’implication des entités fédérées dans la prise de décisions fédérales,
assurant ainsi un équilibre entre les niveaux de pouvoir. Cette participation s’exprime
notamment par la présence des entités fédérées au sein des organes législatifs du niveau
fédéral, comme une chambre haute ou un conseil fédéral. En Allemagne, le Bundesrat
(Conseil fédéral) représente les Länder et intervient dans le processus législatif fédéral,
notamment pour les lois affectant leurs compétences. De même aux États-Unis le peuple est
représenté par la chambre des représentants, et les états fédérés par le Sénat. Enfin, en
Grande-Bretagne, il existe ainsi la chambre des lords et la chambre des communes. Le
bicamérisme appert donc comme constant, et marque indélébile de l’État fédéral

Ces principes d’autonomie et de participation illustrent la recherche d’un équilibre constant


dans l’État fédéral, entre la préservation de l’unité et la reconnaissance de la diversité.

 DOCUMENTS A EXPLOITER

Bernard CHANTEBOUT, Droit constitutionnel, Paris, Sirey, 2009, pp. 65-66.


La participation des Etats fédérés à la direction de la politique fédérale s’opère par le
biais de leur représentation au sein des instances fédérales chargées d’élaborer cette
politique.
Les Etats sont toujours représentés au sein du parlement de l’Etat fédéral ; ils le sont
également parfois au sein de l’exécutif.
Le bicamérisme fédéral
Le parlement des Etats fédéraux comprend deux chambres : l’une représente le peuple
et est élue en prenant pour seule base de la répartition des sièges entre les Etats
l’importance démographique de chacun d’eux. La seconde représente les Etats ; en
général, la représentation de chaque Etat au sein au sein de cette chambre est identique
à celle des autres Etats : aux Etats-Unis, en Suisse, au Mexique…chaque Etat a droit à
deux sièges, au Brésil et en Argentine à trois sièges, en Australie à douze…C’est là une
règle qui découle du principe de droit international en vertu duquel les Etats, étant
souverains, sont égaux. Toutefois, comme cette règle aboutit à des résultats choquants
sur le pan de l’équité lorsque la Fédération est composée d’entités territoriales
d’importance très inégale, elle est parfois écartée par certaines constitutions fédérales :
ainsi en Allemagne occidentale, les länder disposent au Bundesrat de trois à six sièges
en fonction de leur population ; au Canada, les provinces de l’ouest, moins peuplées, et
les provinces orientales de petite taille ont moins de représentants au Sénat que le
Québec et l’Ontario ;il en va de même en Inde.
Les chambres hautes des Etats fédéraux jouissent en général, en matière législative, des
mêmes prérogatives que les chambres qui représentent le peuple. Toutefois, en
Allemagne, le Bundesrat ne peut s’opposer à un projet de loi adopté par le Bundestag
que s’il empiète sur les compétences administratives des Länder (ce qui est aujourd’hui
le cas de plus de 60% des lois). En matière de ratification des traités internationaux les
deux chambres ont en principe des pouvoirs égaux, sauf aux Etats-Unis où le Sénat est
seul compétent et ne peut statuer qu’à la majorité des deux tiers. L’égalité des chambres
qui caractérise donc les Etats fédéraux est également remise en cause dans ceux d’entre
eux qui ont adopté le régime parlementaire et où le droit de la chambre haute de
renverser le gouvernement est généralement contesté.
L’exécutif fédéral
Outre leur représentation au sein du Parlement fédéral, les Etats fédérés disposent aussi
parfois d’une représentation au sein de l’exécutif fédéral.
C’était le cas, en particulier, en URSS jusqu’en décembre 1988 : le Chef de l’Etat
soviétique n’était pas une personne physique, mais un organisme collégial de trente-
neuf membres, le Présidium du Soviet suprême, au sein duquel les quinze républiques
fédérées étaient représentées chacune par un vice-président. Une structure de ce type
existe en Malaisie et dans les Emirats arabes unis, en raison de la nature monarchique
des Etats qui composent ces fédérations.
Dans les Etats fédéraux où le Président de la République est une personne physique, les
Etats fédérés participent en général à son élection d’une manière directe ou médiate : en
Allemagne et en Inde, par exemple, l’assemblée législative de chacun d’eux désigne des
délégués qui forment au moins la moitié du collège électoral présidentiel. Aux Etats-
Unis, l’élection du Président se fait dans le cadre des Etats, et nous verrons que ce mode
désignation n’est pas sans incidence sur le résultat du scrutin. En Belgique, l’article 99 la
constitution de 1994 impose la parité entre les francophones et les néerlandophones au
sein du conseil des ministres.

Vous aimerez peut-être aussi