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Exposé de Pec Ind

Problèmes économiques comptenporains

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Osée Magloire
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INDUSTRIALISATION

DES ECONOMIES
AFRICAINES :
OBSTACLES ET
SOLUTIONS

 HEBIE BINTOU
 KOUADIO LOBA OSEE MAGLOIRE
 NZESSEU KEPSEU MADELEINE CASELLI
 OUATTARA LAMINE

Sous la supervision
De

Dr NAHOUA MARIE-JUDITH SORO


SOMMAIRE
TABLE DES ILLUSTRATIONS.......................................................................................................................3
INTRODUCTION....................................................................................................................................4
I. INDUSTRIALISATION DES ECONOMIES AFRICAINES : ETAT DES LIEUX.......................6
1. Etat des lieux.................................................................................................................................6
2. NECESSITE DE L’INDUSTRIALISATION POUR LE DEVELPPEMENT AFRICAIN..........8
II. OBSTACLES A L’INDUSTRIALISATION.....................................................................................9
1. Insuffisance d’infrastructures........................................................................................................9
a) Infrastructures énergétiques......................................................................................................9
b) Infrastructures de transport.....................................................................................................10
2. Manque de travailleurs mieux éduqués et plus qualifiés............................................................12
a) Dimension technologique.......................................................................................................12
b) Dimension productive.............................................................................................................13
3. Accès difficile au financement....................................................................................................13
4. Instabilité politique et mauvaise gouvernance..........................................................................16
a) Insécurité juridique et politique..............................................................................................16
b) Fuite des capitaux et des talents..............................................................................................18
c) Mauvaise gouvernance et corruption......................................................................................18
5. L'étroitesse du marché................................................................................................................19
III. SOLUTIONS POUR RESOUDRE LE PROBLEME D’INDUSTRIALISATION...................22
1. Développer des infrastructures....................................................................................................22
a) Infra/structures de transport..................................................................................................22
b) Infrastructures énergétiques..................................................................................................22
2. Améliorer l’éducation et la formation professionnelle...............................................................22
CHIFFRES CLÉS.........................................................................................................................................23
Une population jeune en croissance rapide : trois Africains sur cinq ont moins de 25 ans.......23
Les enfants issus des familles les plus pauvres sont aussi les plus exclus du système scolaire. .23
Malgré les progrès réalisés en matière d’inclusion scolaire, un grand nombre d’enfants ne sont
toujours pas scolarisés......................................................................................................................23
3. Accentuer sur les partenariats stratégiques.................................................................................27
4. Mise en place des institutions fortes pour la sécurité et la transparence.....................................28
5. Promouvoir l’intégration de l’Afrique et les échanges commerciaux........................................29
CONCLUSION.......................................................................................................................................31
Bibliographie...........................................................................................................................................32

1
Table des matières..................................................................................................................................33

2
TABLE DES ILLUSTRATIONS
FIGURE 1: SOURCE : LES INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DU MONDE. 7
FIGURE 2: SOURCE : LES INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DANS LE MONDE. 8
TABLEAU 1: STATISTIQUES SUR L'ACCES A L'ENERGIE PAR REGION EN 2021 10
TABLEAU 2: CONSOMMATION D'ÉLECTRICITÉ PAR RÉGION EN 2012 10
FIGURE 3: SOURCE : LES INDICATEURS DE DÉVELOPPEMENT DU MONDE 12
FIGURE 4: SOURCE : ISU 13
TABLEAU 3 : SOURCE : GLOBAL FINDEX ET BASE DE DONNÉES DE LA BANQUE MONDIALE. 14
FIGURE 5 : SOURCE : DONNÉES FINDEX 15
FIGURE 6 : SOURCE : STATISTA 17
FIGURE 7 : SOURCE : HIICR 18
FIGURE 8: SOURCE : STATISTA 20
FIGURE 9: SOURCE : CALCULS RÉALISÉS À PARTIR DES CHIFFRES TIRÉS DE LA VERSION RÉVISÉE DE 2019 DE «
WORLD POPULATION PROSPECTS », PUBLIÉE PAR LES NATIONS UNIES 23
FIGURE 10:SOURCE : CALCULS RÉALISÉS À PARTIR DES DONNÉES PUBLIÉES PAR L’INSTITUT DE STATISTIQUE DE
L’UNESCO 23

3
INTRODUCTION
L’Afrique a connu, plus ou moins deux décennies de forte croissance
économique. Cette croissance reposait sur l’exportation des matières premières,
sur la hausse des investissements publics et privés et sur des facteurs structurels
tels que la démographie, l’expansion des marchés internes induite par une classe
moyenne en plein essor, l’urbanisation et les évolutions technologiques. Mais
jusque-là, il existait un grand écart entre les économies africaines et celles des
pays développés. En effet, quand les pays africains ont obtenu l’indépendance
politique leur permettant d’adopter leurs propres stratégies de développement,
ils se sont intéressés à l’un des écarts les plus flagrants entre leurs économies et
celles des anciennes puissances coloniales : la production industrielle.
L’industrialisation est un thème important dans la réflexion sur le
développement depuis la Seconde Guerre mondiale. Presqu’aucun pays au
monde n’est parvenu à la prospérité ni à un niveau de vie décent pour ses
citoyens sans s’être doté d’un secteur industriel solide. C’est un processus de
transformation économique et sociale qui consiste à passer d’une économie
principalement agricole et artisanale à une économie industrielle, caractérisée
par la production de masse de biens et de services à l’aide de machines et de
technologies avancées. Elle a été célébrée, contestée et même discréditée, mais
elle n’a jamais été absente dans les débats intellectuels et politiques successifs
sur l’évolution économique. Elle joue un rôle vital dans le développement parce
qu’elle renchérit la valeur créée dans une économie en générant plus d’activités
le long des chaînes de valeur des matières premières aux produits finis. Elle
stimule la productivité en introduisant de nouvelles techniques et technologies,
crée des emplois, rehausse les compétences de la main d’œuvre, favorise
l’économie formelle, améliore l’économie en général et participe à la stabilité
sociale. Sur la période 1970-1980, pour se développer, les pays africains se sont
lourdement endettés auprès de certaines Institutions Financières Internationales
comme la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. À la suite
d’une mauvaise gestion de ses fonds, ces pays se retrouvent dans l’incapacité de
rembourser leurs dettes. Afin de les aider, les institutions citées ci haut ont
estimé que ces pays avaient besoin d’ajuster leurs structures économiques pour
répondre à des besoins d’équilibre budgétaire et commercial. En effet, ces pays
sont faiblement intégrés dans le processus de mondialisation qui se caractérise
par une croissance des exportations de produits industrialisés. Fort est de
constater que le déficit persistant d’industrialisation
4
entrave les économies africaines, qui restent largement tributaires de
l’agriculture, de l’exportation des matières premières non transformées et qui
offrent peu de valeur ajoutée. D’après le rapport de 2018 du Fond Africain de
Développement (FAD), l’industrie africaine ne génère que 700 dollars
américains de PIB par habitant en moyenne, trois fois moins qu’en Amérique
latine (2500 dollars) et cinq fois moins qu’en Asie de l’Est (3400 dollars). Et ses
exportations se composent de produits manufacturés de faible technologie et de
ressources naturelles non transformées qui représentent plus de 80% des
exportations de l’Algérie, de l’Angola et du Niger par exemple. Au vu des
retombées positives sur le PIB et la productivité, l’industrialisation s’impose
comme une nécessité absolue pour l’Afrique. En effet, bien que ces pays aient
connu des Programmes d’Ajustement Structurels, leurs performances
industrielles restent limitées par de nombreux freins. Il s’agira donc dans ce
travail de présenter d’abord l’état actuel d’industrialisation en Afrique, ensuite
les obstacles auxquels cette industrialisation fait face et enfin proposer des
solutions pour l’amélioration.

5
I. INDUSTRIALISATION DES ECONOMIES
AFRICAINES : ETAT DES LIEUX
L’industrialisation de l’Afrique est un défi d’envergure. En Afrique,
le chemin de la prospérité passe par le développement industriel. Avec sa
main- d’œuvre jeune, ses abondantes ressources naturelles et ses marchés
intérieurs en pleine croissance, le continent dispose du potentiel nécessaire
pour devenir la prochaine frontière mondiale du développement industriel.
Cependant, les progrès demeurent insuffisants. La part de l’Afrique dans la
production manufacturière mondiale a baissé au cours des dernières
décennies, tombant en deçà de 2% du niveau mondial (BAD, 2022).

Trop d’économies africaines restent tributaires de produits de base non


transformés, ce qui les rendent vulnérables aux fluctuations de la demande
mondiale. L’impact de la pandémie de COVID-19, qui a bouleversé les
équilibres du commerce mondial et créé un choc de l’offre et de la demande
sans précédent à l’échelle planétaire, a illustré de manière concrète le type de
menace qui plane sur une région qui, comme l’Afrique, repose trop sur les
fournisseurs et les acheteurs externes. La survenue du conflit entre l’Ukraine
et la Russie, qui a provoqué une hausse soudaine des prix de l’énergie et des
autres matières premières, perturbant à nouveau les chaînes
d’approvisionnement mondiales, a encore davantage exacerbé la vulnérabilité
du continent, sans même qu’il n’ait eu le temps de se rétablir de la crise du
COVID-19.

1. Etat des lieux


Nous remarquons que bien que l’Afrique ait connu durant ces vingt
dernières années une croissance soutenue, une vague d’investissements directs
étrangers sans précédent, et un net recul de la pauvreté, cette embellie
économique demeure cependant fragile. La croissance de la productivité dans les
pays à faible revenu est souvent motivée par la transformation structurelle.

La transformation structurelle étant un phénomène par lequel les


ressources sont transformées des secteurs où elles produisent peu d’avantages
économiques vers ceux où les avantages sont les plus élevés, et cela grâce à
l’industrialisation. Cette transformation semble, en Afrique, avoir contourné le
secteur secondaire. En effet, selon un rapport de la BAD sur le développement
en Afrique en 2015, cette transformation suit une trajectoire très différente du

6
modèle

7
classique, celui qui a engendré une forte croissance en Asie, et avant cela, dans
l’Europe industrielle. La main d’œuvre quitte l’agriculture et les zones rurales,
mais l’industrie manufacturière formelle n’en est pas le principal bénéficiaire.
Les migrants urbains sont en grande partie absorbés par les services, qui ne sont
pas particulièrement productifs, et par l’économie informelle. Cette tendance est
préoccupante car, historiquement, la transformation structurelle a été essentielle
pour la croissance de la productivité dans les pays à faible revenu.
L’industrialisation a perdu du terrain en Afrique depuis le milieu des années
1970, et il est difficile de parler de reprise sur ces dernières années. Selon ce
même rapport de la BAD, la part de l’industrie manufacturière dans l’emploi est
largement inférieur à 8%, et sa part dans le produit intérieur brut n’excède pas
10%, contre presque 15% en 1975. La figure ci-dessous compare la part de
l’industrie manufacturière dans le PIB de certains pays de l’Afrique à ceux de
l’Asie en 2022.

Valeur ajoutée de l'industrie manufacturière en


2022(% de PIB)
30
25
20
15
10
5
0
Ile Maurice
Ethiopie

Senegal

Philippines
Chine
Cote d'Ivoire

Indonesie

Malaisie

Singapour

Thailande
Vietnam
Zambie
Zimbabwe
Botswana

Kenya

Malawi
Cameroun

Nigeria
Inde

Mali
Japon

Corée du Sud

Figure 1: Source : Les indicateurs de développement du Monde.


On constate un faible niveau d’industrialisation par rapport aux pays d’Asie.

Aussi dans le diagramme suivant, on remarque par exemple qu’en 2022, le


taux d’emploi dans le secteur industriel était très faible en Afrique subsaharienne
par rapport aux pays d’Asie de l’Est comparé aux taux dans les services et
l’agriculture.

8
Comparaison des parts des secteurs dans l'emploi
100
80
60
40
20
0

Ile Maurice
Cameroun

Ethiopie
Burundi

Senegal

Philippines
Chine
Cote d'Ivoire

Indonesie

Singapour

Somalie
Thailande
Vietnam
Zambie
Zimbabwe
Botswana

Kenya
Japon

Nigeria
Inde

Mali
Malaisie
Malawi
Corée du Sud
Emploi dans l'agriculture(% de l'emploi total)(estimation modélisée de l'OIT)
Emploi dans l'industrie(% de l'emploi total)(estimation modélisée du BIT)
Emploi dans les services(% de l'emploi total)(estimation modélisée du BIT)

Figure 2: Source : Les Indicateurs de Développement dans le Monde.

2. NECESSITE DE L’INDUSTRIALISATION
POUR LE DEVELPPEMENT AFRICAIN
L’industrialisation est le principal moteur du changement structurel. Les
deux notions sont en effet étroitement liées. Un pays ne peut atteindre la
prospérité que lorsque ses ressources (humaines, naturelles et en capital) sont
transférées des activités de subsistance et informelles vers des activités à haute
productivité. Selon le rapport de la BAD de 2022, la croissance du PIB en
Afrique est passée d’un peu plus de 2% dans les années 1980 et 1990 à plus de
5% entre 2001 et 2014. Mais la chute récente des cours des matières premières a
ralenti ce rythme, la croissance du PIB réel en Afrique ayant été de 2,2% en
2016, contre 3,4% en 2015. Cette chute des prix des produits de base souligne la
nécessité pour les pays africains de s’industrialiser et de se diversifier pour
accroître leur résilience économique et soutenir leur croissance. En effet,
l’industrie accroît la productivité en introduisant de nouveaux équipements et de
nouvelles techniques car elle utilise peu de facteurs de production pour produire
plus. Elle améliore ainsi l’efficacité de la main-d’œuvre et crée de nouveaux
emplois. L’articulation de l’industrialisation et les économies nationales,
aiderait les pays africains à
9
atteindre des taux de croissance élevés, à diversifier leurs économies et à réduire
leur vulnérabilité aux chocs extérieurs. Cela contribuerait substantiellement à
l’éradication de la pauvreté par la création d’emplois et de richesse.

II. OBSTACLES A L’INDUSTRIALISATION


Les statistiques relatives aux faibles performances industrielles du continent
africain sont quelque peu surprenantes au regard du potentiel d’attraction des
investissements qu’il représente. Le continent africain regorge notamment
d’importantes ressources naturelles. Il regorge près de 12% des réserves
mondiales de pétrole, 40% des réserves d’or et 80 à 90% des métaux du groupe
de chrome et du platine, en plus de ses vastes terres arables et de ses ressources
en bois (CEA et CUA, 2012). En dépit de ces importantes dotations en
ressources qui devraient pourtant servir d’intrants en industrie et d’éléments
attractifs pour les industriels, le continent peine à décoller sur le plan industriel.
Voici quelques raisons :

1. Insuffisance d’infrastructures
Le manque d’infrastructures freine l’industrialisation en Afrique parce
qu’il affecte directement la capacité des entreprises à produire, transporter et
distribuer des biens et services de manière efficace. Cette problématique sera
détaillée selon plusieurs aspects, à savoir :

a) Infrastructures énergétiques
En Afrique, le nombre insuffisant des infrastructures énergétiques et la
faible capacité de production électrique crée un déficit électrique critique. Selon
la Banque Mondiale (BM), 685 millions de personnes n’avaient toujours pas
accès à l’électricité en 2022, soit 10 millions de plus qu’en 2021.

Le corolaire principal à cette réalité est la fréquence élevée des coupures de


courant. Une usine qui malgré le manque d’électricité dans la zone où elle veut
s’implanter décide de s’installer, doit investir dans des générateurs privés et cela
augmente considérablement les coûts de production.

Compte tenu de la forte demande en énergie des industries, le déficit en


infrastructures énergétiques freine l’implantation de celles-ci.

Le tableau ci-dessous permet de se rendre compte que l’Afrique


subsaharienne n’est pas assez dotée en infrastructures énergétiques. Elle est en

1
0
effet la région du Monde ayant le plus faible taux d’accès à l’électricité.
Pourtant, l’électricité est la principale source d’énergie utilisée dans les
industries sur le continent.

Tableau 1: STATISTIQUES SUR L'ACCES A L'ENERGIE PAR REGION EN 2021


Regions Accès à l'électricité (% de population)
Amérique Latine & Caraïbes 98,27562632
Moyen-Orient& Afrique du Nord 97,05562785
Afrique subsaharienne 50,65664486
Amérique du Nord 100
Asie du Sud 98,77531194
Europe & Asie Central 99,98812302
Asie de l'Est & Pacifique 98,15342591
Source : Les Indicateurs de Développement du Monde

Le tableau 2 montre également qu’en ce qui concerne la consommation


d’électricité par individu en 2012 par exemple, l’Afrique subsaharienne ferme la
queue avec un niveau de consommation se situant à 496 kWh/tête alors qu’il est
de 640 kWh/tête en Asie du Sud et 2069 kWh/tête en Amérique Latine et dans
les Caraïbes. Les principaux défis auxquels est confronté le secteur de
l’électricité en Afrique sont : l’insuffisance des capacités de production,
l’électrification limitée, le manque de fiabilité des services et le niveau élevé des
coûts.

Tableau 2: Consommation d'électricité par région en 2012


Electricité consommée (KWh/tête)
Afrique subsaharienne 496
Asie de l'Est & Pacifique 3380
Europe & Asie Central 5519
Amérique Latine & Caraïbes 2069
Moyen-Orient& Afrique du Nord 2818
Asie du Sud 640
Amérique du Nord 13190
Source : Les données de la Banque Mondiale de 2012.

b) Infrastructures de transport
Les transports représentent un catalyseur pour une croissance et un
développement économique durable. En Afrique, le réseau routier par exemple
cumule environ 680 000 km de linéaire selon l’Africa Finance Corporation
10
(AFC), soit 6 fois moins qu’en Inde, pays à population de taille similaire, mais
qui a une superficie 10 fois inférieure. L’Afrique occupe environ 20% de la
masse terrestre mondiale, mais son réseau routier bitumé n’en représente qu’à
peine 1,5%.

Parmi les répercussions sur les industries d’un faible niveau des
infrastructures ainsi que des services de transport et de commerce limités, nous
avons :

 Un coût de transport élevé : les routes dégradées ou inexistantes


augmentent considérablement les coûts de transport des matières
premières et des produits finis et ces coûts supplémentaires réduisent la
compétitivité des entreprises africaines sur les marchés locaux et
internationaux.
 Des difficultés d'approvisionnement : les réseaux routiers défectueux
compliquent l'acheminement des matières premières vers les sites
industriels. Donc les usines peinent à recevoir régulièrement les intrants
nécessaires à leur production.

Le continent africain fait face à des coûts de transport et de logistiques


élevés. Ces coûts élevés résultent en partie du déficit que connaît le continent en
matière d’infrastructures, tant au niveau des voies terrestres, aéroportuaires,
portuaires et ferroviaires.

Le diagramme ci-dessous montre qu’en matière de performance logistique et


de qualité des infrastructures de transport et de commerce en 2022, l’Afrique
subsaharienne a le plus faible score.

11
Indice de performance logistique et de qualité des
infrastructures
Afrique Subsaharienne

Asie du Sud

Moyen-Orient & Afrique du Nord

Latine Amerique & Caraibes

Europe & Asie Centrale

Asie de l'Est & Pacifique

0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5

Indice de performance logistique: qualité des infrastructures liées au commerce et au


transport(1=faible à 5=élevé)
Indice de performance logistique: Global(1=faible à 5=élevé)

Figure 3: Source : Les Indicateurs de Développement du Monde

2. Manque de travailleurs mieux éduqués et plus


qualifiés
Le manque de travailleurs qualifiés représente un obstacle multidimensionnel
à l'industrialisation africaine :

a) Dimension technologique
Du fait des systèmes éducatifs sous-développés en Afrique, du faible
développement des universités et centres de recherche en Afrique et de
l’insuffisance de la formation professionnelle en Afrique, la main d’œuvre
africaine a :

- des difficultés à maîtriser et utiliser des technologies industrielles complexes ;

- la capacité limitée à maintenir et réparer des équipements industriels avancés ;

- une faiblesse d’adaptation aux innovations technologiques modernes.

Cela crée une nécessité de faire appel à des experts étrangers et crée une
dépendance à de la main d’œuvre extérieure au continent ce qui augmente les
coûts de productions et une vulnérabilité des usines.

12
L’éducation reste le pivot de la formation du capital humain, ce qui la met au
cœur des analyses. Le graphique ci-dessous donne le taux d’analphabétisme par
région dans le monde en 2014. Il montre notamment qu’en 2014, l’Afrique
subsaharienne est la région du monde qui détient le taux d’analphabétisme le
plus élevé. Le taux d’alphabétisation n’y est que de 61%.

TAUX D' ALPHABÉTISME


PAR
120
100
REGION EN 2014 99
95 94 93
100 89
71 74
80 68
61
60
40
20
0

Figure 4: Source : ISU

b) Dimension productive
Toute industrie est créée dans le but de produire. La maximisation de la
production est un problème important dans l’industrie. Or, un manque de
qualifications des employés dans une usine conduit à :

- la productivité du travail significativement inférieure aux standards


internationaux ;

- la réduction du rendement et de l’efficacité dans les processus industriels ;

- des erreurs grossières et à des gaspillages plus fréquents dans les chaînes de
production.

3. Accès difficile au financement


Bien que des progrès substantiels aient été réalisés au cours de la décennie
écoulée, l'accès au financement reste une contrainte majeure pour
l’industrialisation des entreprises en Afrique, en particulier pour les petites et

13
moyennes entreprises (PME). Les informations récentes disponibles indiquent
que 82,6 % des micro, petites et moyennes entreprises formelles en Afrique ont
des besoins de financement non satisfaits. Ce déficit de financement était de 41
% pour tous les pays en développement
([Link] sites/msme-finance-gap). Le tableau
ci-dessous montre que la profondeur du crédit au secteur financier en Afrique
subsaharienne (ASS) est faible, malgré une augmentation qui l’a portée de 33 %
en 2014 à près de 40 % en 2018.

L'ASS est également à la traîne par rapport à d'autres régions en matière


d'accès au financement, avec seulement 19 % des entreprises disposant d'un prêt
bancaire ou d'une ligne de crédit en 2019. En termes d’inclusion financière,
malgré une augmentation de 34 à 43 % entre 2014 et 2017, le pourcentage
d'adultes ayant un compte en ASS et au Moyen-Orient et Afrique du Nord
(MOAN) est le plus faible comparé aux autres régions. Cependant, l'ASS a
dépassé la région MOAN pour l'accès au financement de la population féminine
et réalisé un bien meilleur accès que les autres régions pour lesquelles on
dispose d'informations, pour l'utilisation de l'argent mobile.

Tableau 3 : Source : Global Findex et base de données de la Banque Mondiale.

14
En Afrique, l'augmentation de la part des adultes (15 ans et plus) ayant
accès à un compte d'opérations de base dans une institution financière ou un
portefeuille mobile au cours des 12 derniers mois est passé de 31 % en 2014 à
41 % en 2017. L'augmentation était de 35 % à 47 % pour les hommes et de 27
% à 36 % pour les femmes (Muazu Ibrahim 2022). La figure ci-dessous montre
que les pays qui ont été soutenus par la BAD durant cette période ont réalisé une
augmentation de 20%. Toutefois, il existe une grande différence entre les pays en
ce qui concerne le niveau d'accès et sa variation entre les deux dates.

En 2017, l'accès au financement était le plus élevé à Maurice (90%), au


Kenya (82%), en Namibie (71%), et en Afrique du Sud (69 %) sur la base
d’adultes ayant un compte. Ce taux était le plus faible à Madagascar (18%), au
Niger (16%), en République centrafricaine (14%) et au Soudan du Sud (9%).
L'augmentation de l'accès a été favorisée principalement par les progrès des
innovations basées sur la téléphonie mobile, d'une part, et l'émergence d'autres
fournisseurs de services financiers, d'autre part. Le pourcentage d'adultes
disposant d'argent mobile était le plus élevé au Kenya (73 %), en Ouganda (51
%), au Zimbabwe (49 %), au Gabon (44 %) et en Namibie (43 %). Les pays où
le pourcentage était inférieur à 10 % comprenaient le Niger (9 %), la République
du Congo, Maurice et le Nigeria (6 %), et la Mauritanie (4 %).

Figure 5 : Source : Données Findex

15
4. Instabilité politique et mauvaise gouvernance
L’instabilité politique et la mauvaise gestion jouent un rôle clé dans le retard
de l’industrialisation en Afrique. Ces facteurs créent un environnement incertain
et peu attractif pour les investisseurs et les entreprises locales, entravant ainsi le
développement d’une base industrielle solide. Cette instabilité a donc pour
conséquence ce qui suit :

a) Insécurité juridique et politique


Cette instabilité conduit à :

 Incertitude pour les investisseurs : l’instabilité politique, qu’elle soit


causée par des conflits, des changements de gouvernements fréquents, ou
des tensions sociales, rend le cadre juridique incertain. Les investisseurs
sont réticents à investir dans des pays où les règles du jeu peuvent changer
du jour au lendemain, où les droits de propriété ne sont pas garantis, et où
la sécurité des biens et des personnes est menacée.
 Expropriations et violences : l’instabilité politique peut conduire à des
expropriations arbitraires d’entreprises ou à des actes de violence contre
des sites industriels, ce qui décourage les investissements à long terme.

Cette insécurité prend diverses formes sur le continent :

 Les coups d’Etat. Comme le montre le graphique ci-dessous, l’Afrique


est la région du monde ayant le plus expérimenté les coups d’Etat dans le
monde entre 1950 et 2022.

16
ASIE DU SUD 6

EUROPE 9

MOYEN-ORIENT21 23

ASIE DE L'EST 27 22

AMÉRIQUE LATINE 70 76

AFRIQUE 106 108

Coups d'Etat réussis Tentatives échouées

Figure 6 : Source : Statista


 Les conflits inter- et intra-Etats. L’histoire de l’Afrique est entachée de
nombreux conflits armés entre Etats sous forme de conflits pour le
contrôle de territoires à l’instar du conflit de 1993-1994 entre le
Cameroun et le Nigeria pour le contrôle de la zone de Bakassi et le conflit
de 1985 entre la Mali et le Burkina Faso pour le contrôle de la bande
d’Agacher. Il y’a aussi eu des guerres civiles à l’intérieur des Etats qui se
sont soldées par des millions de morts (Somalie et Soudan par exemple).
Le graphique ci- dessous permet d’avoir une idée du nombre de conflits
plus ou moins violents enregistrés dans le monde en 2016. Il montre
cependant que le continent africain est la région du monde ayant connu le
plus de conflits très violents.

17
DISTRIBUTION DES CONFLITS
PAR REGION ET PAR TYPE
D' INTENSITE 2016

10
MOYEN-ORIENT ET MAGHREB 27
32
7
ASIE ET OCÉANIE 56
60
6
AMÉRIQUE 30
18
14
AFRIQUE SUBSAHARIENNE 55
25
1
EUROPE 20
41
0 10 20 30 40 50 60 70

Forte intensité Moyenne intensité Faible intensité

Figure 7 : Source : HIICR

b) Fuite des capitaux et des talents


L’instabilité conduit à :

 Migration des investisseurs et des compétences : en raison des risques


liés à l’instabilité politique, de nombreux investisseurs étrangers préfèrent
déplacer leurs capitaux vers des pays plus stables. De plus, les talents
qualifiés (ingénieurs, managers, chercheurs) fuient les pays instables à la
recherche de meilleures opportunités dans des environnements plus sûrs et
plus propices au développement de l’industrie.
 Érosion de la confiance : la fuite des cerveaux et des capitaux réduit les
ressources humaines et financières nécessaires pour soutenir
l’industrialisation.

c) Mauvaise gouvernance et corruption


La mauvaise gestion et la corruption conduisent à :

 Gestion inefficace des ressources publiques : la mauvaise gestion des


finances publiques et la corruption peuvent détourner des fonds qui
auraient dû être investis dans les infrastructures et les projets industriels.
Par exemple, les fonds destinés à construire des routes, des ports ou des
écoles techniques sont souvent détournés, freinant ainsi l’industrialisation.

18
 Disparités et inégalités : une mauvaise gestion peut conduire à une
allocation inégale des ressources, où les investissements sont concentrés
dans des secteurs non productifs ou dans des régions privilégiées,
négligeant d’autres domaines essentiels pour l’industrialisation.
 Absence de planification stratégique : un manque de vision à long terme
dans la gestion économique et industrielle empêche l’émergence de
politiques publiques claires pour soutenir le développement de l’industrie.

5. L'étroitesse du marché
Lorsque les industries produisent, elles espèrent trouver en face une
demande susceptible d’absorber leur production. Un marché étroit est un marché
sur lequel le volume de transactions est faible. L’Afrique reste un marché de
taille relativement réduite. Dans ce continent, l'étroitesse du marché constitue un
défi majeur pour l'industrialisation en raison de certains facteurs :

 Faible pouvoir d’achat

L’Afrique est le continent des paradoxes. C’est une région qui concentre
l’essentiel des richesses de la planète (terres productives, métaux précieux,
hydrocarbures, énergies renouvelables ; etc.), mais c’est aussi celle qui compte
la plus grande part de personnes vulnérables à la pauvreté.

Selon des estimations de World Data Lab, environ 250 millions


d'Africains, soit près de 20 % de la population du continent, font actuellement
partie de la « classe moyenne », celle dont la consommation ne se limite plus
aux denrées et aux biens de première nécessité. D'ici 2025, il est prévu que plus
de 30 millions d'Africains rejoignent cette catégorie de niveau de vie. Comme le
montre notre carte basée sur des données publiée par Atlas AI, les écarts de
richesse restent néanmoins marqués sur le continent.

Dans cinq pays d'Afrique, le niveau moyen de dépenses quotidiennes était toujours
inférieur à 2,50 dollars par personne en 2018 (2,10 euros au taux de change cette
année-là). Il s'agit de la RD Congo, de la République centrafricaine, du Malawi,
du Burundi et de Madagascar. De l'autre côté de l'échelle, l'Afrique du Sud, le
Botswana et la Namibie présentaient le pouvoir d'achat le plus élevé,

19
avec un budget moyen supérieur à 10 dollars par personne et par jour, suivis par
le Ghana (7 dollars) et l'Égypte (6 dollars). Dans la grande majorité des pays de
la région (une quarantaine), le niveau moyen de dépenses quotidiennes
n'excédait toutefois pas 5 dollars, même si certains, comme le Maroc et la Libye,
sont proches de ce seuil.

Figure 8: Source : Statista

20
 Dépendance aux importations

L’Afrique est l’un des marchés de consommation qui connaît la croissance la


plus rapide au monde, les dépenses de consommation sur le continent ayant
augmenté à un taux annuel composé de 3,9 % depuis 2010. Selon l’African
Growth Initiate de Brookings, les dépenses de consommation devraient atteindre
2,1 milliers milliards de dollars d’ici 2025 et 2,5 milliers de milliards de dollars
d’ici 2030. En outre, pour répondre à la demande de la population croissante en
Afrique, la plupart des pays africains comblent les écarts de la demande par le
biais d’importations. Selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et
le développement, « l’Afrique a importé environ 85 % de sa nourriture (2016-
2018) de l’extérieur du continent », ce qui représente 35 milliards de dollars et
devrait atteindre 110 milliards de dollars d’ici 2025.

La faiblesse du pouvoir d’achat et la dépendance aux importations ont une


influence majeure sur le processus d’industrialisation du continent africain. En
voilà quelques effets :
 Réduction de la demande intérieure pour les produits manufacturés
L'une des conséquences les plus directes du faible pouvoir d'achat en Afrique est
la réduction de la demande intérieure pour les produits manufacturés. La
majorité des populations dans de nombreux pays africains ont des revenus
limités, ce qui signifie qu'elles ont moins de capacité à acheter des biens
industriels, qu'il s'agisse de produits de consommation ou de biens
intermédiaires nécessaires à d'autres industries. Cela rend difficile pour les
entreprises locales de se développer à grande échelle et de réaliser des
économies d'échelle, freinant ainsi la croissance du secteur manufacturier.
 Manque d'investissements dans le secteur industriel
Les investisseurs, tant nationaux qu'internationaux, sont souvent réticents à
investir dans des pays où la demande intérieure est faible, car cela réduit les
perspectives de rentabilité. Le faible pouvoir d'achat aggrave cette situation en
créant un environnement où les investisseurs ont du mal à prévoir des retours sur
investissement suffisants pour soutenir l’industrialisation.
Les investissements directs étrangers (IDE) dans les secteurs industriels clés,
comme la production de biens durables et les infrastructures, sont donc limités.

21
III. SOLUTIONS POUR RESOUDRE LE
PROBLEME D’INDUSTRIALISATION
1. Développer des infrastructures
Le développement d'infrastructures adaptées à l'industrialisation est essentiel
pour accélérer la transformation économique en Afrique. Elles assurent la
bonne circulation des biens et améliorent la compétitivité des entreprises.

a) Infra/structures de transport
Réseaux routiers: Construire des routes reliant les zones industrielles aux
ports, marchés et fournisseurs.
Réseaux ferroviaires: Développer des lignes de chemin de fer pour le
transport de marchandises comme les matières premières et les produits
industriels.

b) Infrastructures énergétiques
Production d’électricité: Investir dans des centrales (hydroélectriques,
solaires, éoliennes, thermiques) pour répondre aux besoins croissants
des industries.
Réseaux de distribution: Améliorer les infrastructures de transmission et
de distribution pour garantir un accès fiable à l’énergie.

2. Améliorer l’éducation et la formation


professionnelle
L'éducation joue un rôle crucial dans le développement industriel de
l'Afrique. Elle permet aux individus de développer les compétences
indispensables pour soutenir le secteur de l'industrie.
22
CHIFFRES CLE' S
Une population jeune en croissance rapide : trois Africains sur cinq ont
moins de 25 ans
En 2020, 60 % de la population africaine était âgée de moins de 25 ans

Figure 9: Source : Calculs réalisés à partir des chiffres tirés de la version révisée de 2019 de « World Population Prospects »,
publiée par les Nations Unies

Les enfants issus des familles les plus pauvres sont aussi les plus exclus du
système scolaire
Rapports des cotes des taux d’achèvement en Afrique

Figure 10:Source : Calculs réalisés à partir des données publiées par l’Institut de statistique de l’UNESCO

Malgré les progrès réalisés en matière d’inclusion scolaire, un


grand nombre d’enfants ne sont toujours pas scolarisés
Proportion d’enfants non scolarisés en Afrique, par tranche d’âge

23
En âge de fréquenter le primaire En âge de fréquenter En âge de fréquenter
le premier cycle du secondaire le second cycle du secondaire

Source : Calculs réalisés à partir des données publiées par l’Institut de


statistique de l’UNESCO

Les solutions envisagées pour améliorer le système éducatif sont :

 Rendre les écoles plus inclusives, notamment à l’égard des groupes à


risque d’abandon scolaire

Le temps est venu pour les pays africains de se pencher sur les causes
sous-jacentes qui conduisent certains groupes de population (comme les enfants
en âge de fréquenter le secondaire) à rester en dehors du système scolaire. Il
convient d’élaborer des politiques spécifiques afin de réduire les principaux
obstacles qui empêchent les jeunes d’accéder à l’enseignement. Parmi les
mesures à mettre en place, citons notamment l’élargissement de l’enseignement
obligatoire dans le secondaire, ainsi que la création de programmes scolaires en
meilleure adéquation avec le marché de l’emploi. Les gouvernements peuvent
également mettre en œuvre des mesures destinées à inciter davantage
d’adolescents à poursuivre

 Mettre l’accent sur les savoirs fondamentaux dès le plus jeune âge afin
d’améliorer les niveaux d’apprentissage

Les pays africains peuvent améliorer la qualité globale de l’éducation


en mettant l’accent sur l’enseignement des fondamentaux en lecture et en
mathématiques aux niveaux préscolaire et primaire. L’enseignement précoce de
ces disciplines favorise la réussite. Les gouvernements peuvent déployer des
efforts importants pour favoriser l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du
calcul. Ils peuvent en outre encourager les écoles à trouver des moyens
innovants pour améliorer l’apprentissage des savoirs fondamentaux, même si
cela implique de consacrer quelques heures hebdomadaires aux méthodes
d’enseignement permettant aux élèves d’apprendre à lire et à compter
correctement.

24
 Donner la priorité à la connectivité numérique pour favoriser
l’apprentissage et le développement des compétences

Il est essentiel que les ministères de l’éducation nouent des partenariats


stratégiques avec les entreprises de télécommunication et les fournisseurs
d’accès Internet (pour réduire le coût des communications, des données mobiles
et du haut débit) afin de mettre en œuvre des approches d’enseignement et
d’apprentissage innovantes grâce à un meilleur accès aux ressources
d’apprentissage en ligne pour tous les enfants, y compris les plus défavorisés et
les plus vulnérables. La collaboration entre les ministères de l’éducation et des
télécommunications est un facteur clé dans l’atteinte de cet objectif. Il
conviendra également d’investir dans les infrastructures et les partenariats
stratégiques dans le domaine des technologies de l’information et de la
communication (TIC), en élaborant à cet effet une feuille de route claire et une
plateforme de collaboration interministérielle s’inscrivant dans le cadre de
politiques nationales en faveur des TIC et de l’éducation.

 Faire des écoles des environnements sûrs et sains pour les élèves

Au lendemain de la pandémie de COVID-19, il est devenu indispensable


d’adopter des directives et des protocoles en matière d’eau, d’assainissement et
d’hygiène (EAH) au sein des établissements scolaires. Actuellement, la moitié
de toutes les écoles primaires africaines n’ont pas accès à des installations de
base pour le lavage des mains, et il en va de même au sein des établissements
secondaires. Afin de mieux se préparer aux crises futures, les pays africains
doivent augmenter les investissements dans les infrastructures EAH, élaborer
des protocoles détaillés concernant les mesures d’hygiène à respecter au sein des
établissements scolaires (notamment le lavage des mains, le port d’un
équipement de protection et les pratiques sûres de préparation des aliments) et
mettre au point des protocoles d’éloignement physique faciles à appliquer

 Donner la priorité à la formation des enseignants, notamment aux


compétences numériques à des fins pédagogiques

Un corps enseignant qualifié constitue une composante essentielle de


systèmes éducatifs solides. Or, les écoles africaines font face à une pénurie
chronique d’enseignants qualifiés. Les pays africains doivent réformer en
priorité leurs programmes de formation des enseignants à tous les niveaux, y
compris en ce qui concerne les compétences numériques et pédagogiques
permettant de dispenser un enseignement inclusif et centré sur les apprenants.
Comme l’on a pu le constater lors des fermetures d’écoles pendant l’épidémie
de COVID-19, il est aujourd’hui essentiel que les enseignants possèdent des
compétences en tant qu’animateurs et concepteurs pédagogiques, et sachent
utiliser un vaste éventail de technologies pour répondre aux besoins variés de
leurs élèves. La mise en
25
place de programmes de formation initiale et continue est indispensable à la
réalisation de cet objectif.

 Élaborer des mécanismes efficaces et innovants en matière de


financement de l’éducation

À l’heure où les répercussions économiques de la pandémie de COVID-


19 se font encore sentir, on s’attend à une stagnation des dépenses consacrées à
l’éducation dans de nombreux pays. Il est crucial d’accroître l’efficacité pour
utiliser au mieux des ressources financières limitées. Pour éviter tout effet
préjudiciable d’une réduction des dépenses publiques sur les résultats du secteur
éducatif, les gouvernements africains peuvent réviser leurs politiques
budgétaires afin de réaffecter les fonds consacrés à l’éducation de manière plus
stratégique. Des audits et des examens transparents des dépenses en matière
d’éducation peuvent fournir les indications nécessaires pour effectuer une
affectation plus efficace des budgets.

 Investir dans des systèmes éducatifs plus résilients

Les pays africains doivent élaborer des plans nationaux chiffrés pour
l’éducation, fondés sur un cadre de résultats solide, afin de bâtir des systèmes
éducatifs plus résilients qui permettent d’assurer la continuité d’un
enseignement de qualité inclusif en toute circonstance, sans interruption. Afin de
renforcer les systèmes éducatifs, il convient d’adopter une approche globale de
la gestion de l’éducation qui intègre dans un même cadre les éléments suivants :
évaluation, enseignement, apprentissage, gestion, suivi et évaluation des
indicateurs.

 Investir dans l’amélioration des données sur l’éducation et dans les


systèmes d’information relatifs à la gestion de l’éducation

Il est essentiel de disposer d’informations fondées sur des données


probantes en vue de progresser. L’évaluation des progrès peut se heurter à des
obstacles importants dus à un manque de données critiques (par exemple,
données sur les indicateurs relatifs aux résultats d’apprentissage). Produire des
données de qualité permet d’appuyer la programmation fondée sur des éléments
probants, d’éclairer les politiques et de suivre les progrès accomplis au regard
des objectifs fixés à l’échelle nationale, régionale et continentale. Les pays
africains doivent urgemment investir dans les ressources humaines et financières
nécessaires aux infrastructures de gestion des données, afin de pouvoir recueillir
26
des données probantes et mesurer les progrès. Au niveau continental, il importe
également de

27
veiller à l’harmonisation des différents producteurs et sources de données
relatives à l’éducation, en établissant des mécanismes de coordination et des
référentiels de données efficaces au niveau des communautés économiques
régionales et de l’Union africaine.

3. Accentuer sur les partenariats stratégiques


Avoir des partenaires stratégiques reste un défi majeur pour
l’industrialisation de l’Afrique. De nombreuses petites et moyennes entreprises
n’ont pas de moyens d’investir dans des équipements modernes ou de
développer des projets industriels à grande échelle. Il est donc nécessaire pour
faire face à ce mal de développer différentes stratégies à savoir :

 Développer des mécanismes financiers adaptés :


 Faibles taux d’intérêt pour les prêts d’investissement industriels
 Subventions des projets industriels
 Microcrédits pour soutenir les entrepreneurs locaux.
 Encourager des investissements directs étrangers (IDE) dans les
secteurs industriels à travers un environnement d’affaires favorables
 Renforcer des relations bilatérales avec les pays développés sur le plan
technologique pour bénéficier des formations dans les domaines de la
technologie et avoir des subventions sur le coût des technologies de la
révolutions industrielles 4.0. L’impact positif de cette résolution
s’observe à travers les pays comme le Rwanda, l’Ethiopie qui connaissent
une avancée plus ou moins importante dans le secteur industriel grâce aux
partenariats avec des pays comme la Chine qui a investi dans les
infrastructures routières et énergétiques.
 Mettre en relation entreprises africaines et grands projets avec des
investisseurs potentiels comme lors de l’Africa Investment Forum afin
de bénéficier de l’expertise d’autres dans le développement industriel et
mobiliser des fonds à travers des institutions comme la BAD pour
financer l’industrialisation. Comme bénéfice de cette solution, nous avons
des projets industriels financés par la BAD dans les pays suivants :
 En Ethiopie, le projet de cimenterie de DERBA Midroc qui englobe
l’exploitation du gisement des calcaires de DERBA-Mugher et son

28
traitement dans une cimenterie fut financé par un coût de 350 millions
de dollars.
 En Mauritanie, la Société Nationale d’Industrie Minière (SNIM) à
travers la création d’une nouvelle industrie de production de fer
pour une production supplémentaire de 4 millions de concentré de
fer fut financé par 771 millions de dollars prêté par la BAD.

4. Mise en place des institutions fortes pour la sécurité


et la transparence
Une bonne gouvernance est essentielle pour le succès de
l’industrialisation. Les politiques publiques doivent encourager
l’industrialisation tout en réduisant les obstacles à l’investissement, en luttant
contre la corruption et en fournissant un environnement de paix et de
quiétude. Cela inclut entre autres :

 La mise en place des institutions politiques et fiscales pour simplifier


les procédures administratives : cela constituera une attraction pour les
investisseurs étrangers qui souhaitent une mise en place immédiats de
leurs projets ;
 La promotion de la transparence et de l’intégrité dans la gestion des
ressources publiques : selon Transparence International les pays
africains occupent les premières places dans le classement des pays les
plus corrompus et cela constitue un véritable frein pour son
développement industriel. Il faudrait alors des sensibilisations sur les
effets nuisibles de la corruption, des sanctions adéquates pour les acteurs
de la corruption.
Par ailleurs, il faut veiller à la sécurisation des investisseurs par une justice
efficace et des forces de l’ordre omniprésentes sur tous les territoires.
Comme illustration des bienfaits de la transparence, les pays comme le
Rwanda après son génocide en 1994 et le Botswana qui font partie des 10
pays les moins corrompus en Afrique, respectivement 4 ème et 2ème ont
montré comment une bonne gouvernance peut conduire à une
industrialisation réussie et à créer un environnement d’affaires favorables.
 L’implication des acteurs locaux dans la définition des politiques
économiques pour garantir leur adéquation dans les réalités africaines.

29
5. Promouvoir l’intégration de l’Afrique et les
échanges commerciaux
L’Afrique est souvent vu comme un continent fragmenté en raison de ses
frontières politiques. Pourtant pour que l’industrialisation soit réussie il est
crucial de favoriser une intégration sous-régionale. Et pour accroitre la
consommation des produits manufacturiers africains afin d’agrandir le marché,
les résolutions suivantes doivent être prises au sérieux :

 La création des zones de libres échanges pour faciliter les échanges


commerciaux intra-africains : les projets comme la mise en place du
ZLECA (Zone de Libre-Échange Continental Africain), de la CEDEAO, de
l’UEMOA doivent plus que jamais être valorisés par une application stricte
et l’intégration ne doit pas être juste un slogan mais elle doit plutôt être
visible et concret. Pour cela une diminution sinon une suppression des droits
de douanes sont à observées pour faciliter l’échange entre les différentes
nations tout comme le cas de l’Union Européenne ;

 Renforcer les infrastructures régionales : Les infrastructure de transports,


d’énergie et de communication sont essentiels pour faciliter les échanges
commerciaux et améliorer la connectivité entre les différents pays. Les
projets d’infrastructures comme les routes transnationales, les lignes
ferroviaires et les réseaux d’électricité régionaux doivent être soutenus pour
stimuler les échanges économiques et faciliter les investissements. Les
bienfaits de cette résolution s’observent à travers la route transsaharienne et
les projets ferroviaires reliant l’Afrique du Sud, le Kenya et d’autres pays
qui favorisent l’accès au marché industriel et la réduction des coûts
logistiques.
 La collaboration dans les domaines de la recherche, de la science et de
la technologie : pour cela il faut le développement des réseaux
universitaires régionaux, la reconnaissance mutuelle des diplômes. En plus,
des initiatives régionales pour promouvoir la recherche scientifique et le
partage des technologies peuvent aider à résoudre des problèmes
d’industrialisation.
 A cela s’ajoute des politiques comme : favoriser la coopération en matière
de sécurité et de gouvernance, développer une approche régionale de la
gestion des ressources naturelles, ...
21
0
30
CONCLUSION
L’industrialisation est un défi complexe, mais nécessaire pour le
développement économique durable et l’amélioration du bien-être des
populations. Industrialiser l’Afrique est l’un des défis majeurs pour garantir son
développement durable car presqu’aucun pays n’est parvenu au stade de pays
développé sans une amélioration de son secteur industriel. Si le continent a
observé une avancée plus ou moins importante dans certains pays comme le
Kenya, l’Afrique du Sud ou encore l’Éthiopie, il demeure d’une manière
générale sous-industrialisé à cause de nombreux problèmes. Les obstacles liés à
l’industrialisation de l’Afrique sont multiples et variés comprenant entre autres
un manque criard en quantité et en qualité d’infrastructures routiers et
énergétiques, un manque de main d’œuvre qualifiée et bien éduquée, un marché
étroit, l’instabilité politique, la mauvaise gouvernance et autres. Plus que jamais
des stratégies doivent être mises en place pour une contre réaction de ces
obstacles. L’Afrique, ayant un avantage sur son capital humain à majorité jeune,
doit miser sur la formation et l’éducation de celle-ci, développer son réseau
routier et énergétique, chercher des partenariats stratégiques et aller vers une
intégration effective de tous les pays. Ces solutions applicables par tous
pourraient être des moyens efficaces pour changer positivement l’Afrique et
laisser pour des générations futures un continent où il fera beau vivre.

31
Bibliographie
Banque Africaine de Développement. 2011. Private Sector Development as an
Engine of Africa’s Economic Development. Abidjan, Côte d’Ivoire. Disponible sur
: [Link] Documents/Publications/African
%20Development %20Report%[Link]

CEA (2016) : <<Rapport sur la gouvernance en Afrique IV>>.

CEA ET CUA (2012) : « Libérer le potentiel de l’Afrique en tant que pôle de


croissance mondiale ».

CEA ET CUA (2013) : « L’industrialisation au service de l’émergence de l’Afrique

». CNUCED ET ONUDI (2011) : « Le développement économique en Afrique ».

Muazu Ibrahim. 2022. “Debt Dynamics and Debt Relief in Africa”, Making Finance
Work for Africa, 07 Feb 2022.

United Nation Development Program (UNDP),


[Link]

32
Table des matières
TABLE DES ILLUSTRATIONS.......................................................................................................................3
INTRODUCTION.........................................................................................................................................4
I. INDUSTRIALISATION DES ECONOMIES AFRICAINES : ETAT DES LIEUX..............................................6
II. OBSTACLES A L’INDUSTRIALISATION.................................................................................................9
III. SOLUTIONS POUR RESOUDRE LE PROBLEME D’INDUSTRIALISATION.......................................22
CHIFFRES CLÉS.........................................................................................................................................23
CONCLUSION...........................................................................................................................................31
Bibliographie...........................................................................................................................................32

33

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