CMR 198305
CMR 198305
CHAPITRE 1
Champ d'application
Article premier.- 1. La présente loi détermine les modalités de réparation et de prévention des
accidents du travail et des maladies professionnelles.
2. La couverture et la gestion de ces risques sont confiées à la Caisse Nationale de Prévoyance
Sociale.
Art. 2.- 1. Est considéré comme accident du travail quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu à
tout travailleur tel que défini à l'article 1er paragraphe 2 du code du travail.
a) par le fait ou à l'occasion du travail;
b) pendant le trajet d'aller et retour entre:
- sa résidence principale ou une résidence secondaire présentant un certain caractère de stabilité et
son lieu de travail;
- le lieu de travail et le restaurant, la cantine ou, d'une manière générale, le lieu où il prend
habituellement ses repas.
c) pendant les voyages dont les frais sont mis à la charge de l'employeur en application du code du
travail.
2. Les dispositions des alinéas b et c ci-dessus sont applicables dans la mesure où le parcours n'a pas
été interrompu ou détourné par un motif dicté par l’intérêt personnel et étranger aux nécessités
essentielles de la vie courante, ou indépendant de l’emploi.
Art. 3.- 1. Est considérée comme maladie professionnelle, toute maladie résultant de l’exercice de
certaines activités professionnelles.
2. Le lien de causalité existant entre la maladie et l’activité professionnelle est constaté au moyen des
présomptions consignées dans les tableaux des maladies professionnelles établis par décret pris après
avis de la commission nationale d’hygiène et de sécurité du travail.
Art. 4.- Outre les cas prévus à l’article précédent, sont également considérés comme maladies
professionnelles, les cas pour lesquels la commission nationale d’hygiène et de sécurité du travail
saisie aura statué en ce sens, notamment lorsqu’il s’agit:
a) des manifestations morbides d’intoxication aiguë ou chronique présentées par les travailleurs
exposés de façon habituelle à certains travaux;
b) des affections présumées résultant de conditions ou d’attitudes particulières de travail;
c) des infections microbiennes lorsque les victimes ont été occupées de façon habituelle à certains
travaux;
d) des infections microbiennes ou affections parasitaires susceptibles d’être contractées à l’occasion
du travail dans les zones qui seraient déclarées officiellement comme affectées.
2. Dans ces cas, les maladies reconnues comme étant d’origine professionnelle font l’objet d’un
tableau additif aux tableaux officiels. Elles ouvrent droit à la réparation à compter du jour où elles
ont été reconnues par la commission nationale d’hygiène et de sécurité comme étant d’origine
professionnelle.
Art. 5. - Bénéficient de la présente loi:
a) les personnes visées à l’article 1er paragraphe 2 du code du travail;
b) les marins qui relèvent de l’ordonnance n° 62-OF-30 du 31 mars 1962 portant code de la marine
marchande, sous réserve de l’application des articles 148 et suivants et 171 et suivants de ladite
ordonnance et à condition que l’employeur soit affilié à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale.
c) les gérants de sociétés à responsabilité limitée à condition que lesdits gérants ne possèdent pas
ensemble plus de la moitié du capital social. Les parts sociales appartenant en toute propriété ou en
usufruit aux ascendants, conjoints ou aux enfants mineurs du gérant sont considérées comme
possédées par ce dernier pour le calcul de sa part.
d) les apprentis;
e) les élèves des établissements d’enseignement technique et les personnes placées dans les centres de
formation de rééducation fonctionnelle et de réadaptation professionnelle pour les accidents
survenus par le fait ou à l’occasion de cet enseignement ou de cette formation;
f) les personnes assujetties au Service Civique National de Participation au Développement.
Art. 6.-Le travailleur déplacé temporairement pour les besoins de son travail et par ordre de son
employeur, en dehors du territoire national continue à bénéficier des avantages de la présente loi.
Art. 7.- Tout employeur utilisant les services des personnes visées à l’article 1er du paragraphe 2 du
code du travail est tenu de s’affilier à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale.
Art. 8. - La faculté de s’assurer volontairement est accordée aux personnes qui ne sont pas visées à
l’article 5 ci-dessus. Dans ce cas, la cotisation est entièrement à leur charge.
CHAPITRE II
Ressources et organisation financière
Art. 9.- Les ressources de la branche des accidents du travail et des maladies professionnelles
comprennent:
a) les cotisations dues par les employeurs ou par les personnes auxquelles incombent les obligations
de l’employeur ou par les assurés volontaires;
b) les majorations de retard et les intérêts moratoires;
c) les subventions, dons et legs qui pourraient être reçus au titre de la branche des accidents du travail
et des maladies professionnelles;
d) les’ produits des placements et les intérêts de fonds déposés;
e) les capitaux représentatifs des rentes devenues disponibles par suite de l’extinction des droits à la
rente de la victime ou de ses ayants droit;
f) le produit des recours exercés contre les employeurs ou les tiers responsables;
g) les prélèvements éventuels sur le fonds de réserve;
h) les emprunts.
Art. 10.- 1. Les cotisations dues au titre de la présente loi son fixées, assises et recouvrées
conformément au chapitre III de l’ordonnance n° 73-17 du 22 mai 1973 portant organisation de la
prévoyance sociale.
2. Ces cotisations sont à la charge exclusive de l’employeur ou de la personne à laquelle incombent
les obligations de l’employeur ou de l’assuré volontaire, toute convention contraire étant nulle de
plein droit.
Art. 11.- Les dépenses de la branche des accidents du travail et des maladies professionnelles
comprennent:
a) les dépenses de prestations;
b) les dépenses de préventions;
c) les dotations à la réserve mathématique prévue à l’article 12;
d) les dépenses de fonctionnement;
e) les dépenses de l’action sanitaire et sociale.
Art. 12.- 1. La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale doit constituer au titre de la gestion des
risques professionnels une réserve mathématique dont le montant doit correspondre à la
capitalisation des rentes versées aux victimes et à leurs ayants droit. La réserve mathématique est
ajustée à la fin de chaque exercice pour tenir compte des nouvelles rentes qui ont été servies.
2. La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale doit également constituer une réserve de trésorerie
correspondant au quart des dépenses techniques constatées dans la branche au cours du dernier
exercice comptable.
La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale doit effectuer au moins tous les cinq ans une analyse
actuarielle et financière de la branche des risques professionnels.
CHAPITRE III
Prévention
Art. 13.- Tout employeur qui utilise les produits et techniques de travail susceptibles de provoquer
des maladies professionnelles visées à l’article 3 paragraphe 2 de la présente loi, est tenu d’en faire la
déclaration avant le commencement desdits travaux par lettre recommandée au ministre chargé des
questions du travail et de la prévoyance sociale.
Art. 14.- 1. En vue de l’extension et de la révision des tableaux des maladies professionnelles ainsi
que la prévention desdites maladies, obligation est faite aux médecins de déclarer à la Caisse
Nationale de Prévoyance Sociale et au ministre chargé des questions du travail toute maladie ayant à
leur avis un caractère professionnel, qu’elle soit ou non mentionnée aux tableaux précités.
2. Les médecins d’entreprise transmettent leur déclaration sous couvert de leur employeur avec
ampliation au ministre chargé des questions du travail et de la prévoyance sociale.
Les médecins autres que ceux d’entreprises la transmettent directement.
Art. 15.- La déclaration visée ci-dessus doit être adressée au ministre chargé des questions du travail
et de la prévoyance sociale et doit indiquer:
a) le lieu où a été constatée la maladie;
b) la nature de cette dernière;
c) la nature de l’agent nocif à l’action duquel la maladie est attribuée;
d) la profession et l’emploi de la victime.
CHAPITRE IV
Réparation
CHAPITRE V
Contentieux
Art. 42.- Les contestations relatives à l’affiliation, au recouvrement des cotisations et au paiement des
prestations prévues par la présente loi sont de la compétence de la commission nationale du
contentieux de la prévoyance sociale créée par l’ordonnance n° 73-17 du 22 mai 1973 portant
organisation de la prévoyance sociale.
Art. 43.- 1. Si des poursuites pénales sont intentées dans les cas prévus à l’article 39 ci-dessous, les
pièces de procédure sont communiquées à la victime ou ses ayants droit ainsi qu’à l’employeur et à la
Caisse Nationale de Prévoyance Sociale.
2. Lorsque la victime ou ses ayants droit exercent une action en réparation du préjudice causé en
application de l’article 39, paragraphe 3, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale doit solidairement
avec l’intéressé intenter une action analogue et inversement.
3. La victime ou ses ayants droit sont admis à faire valoir les droits résultants de l’action en
dommages intérêts formée conformément à l’article 39 par priorité sur la Caisse Nationale de
Prévoyance Sociale en ce qui concerne l’action de celle-ci en remboursement ou en dommage -
intérêts.
Art. 44.- 1. Les droits de la victime ou de ses ayants droit aux prestations et indemnités prévues par
la présente loi se prescrivent par trois ans à dater du jour de l’accident ou de la clôture de l’enquête
ou de la cessation du paiement de l’indemnité journalière et en ce qui concerne les ayants droit, à
dater du jour du décès de la victime.
2. Dans les cas prévus à l’article 35, paragraphe 3, ces droits se prescrivent à dater de la première
constatation par le médecin traitant de la modification survenue dans l’état de la victime, sous réserve
en cas de contestation, de l’avis émis par l’expert, ou de la clôture de l’enquête effectuée à l’occasion
de cette modification ou encore de la date de cessation du paiement de l’indemnité journalière
allouée en raison de la rechute.
3. L’action des praticiens, auxiliaires médicaux, fournisseurs et établissements pour les prestations
qu’ils ont fournies se prescrit par trois ans à compter, soit de l’exécution de l’acte, soit de la
délivrance de la fourniture, soit de la date à laquelle la victime a quitté l’établissement.
CHAPITRE VI
Contrôle médical et expertises médicales
Art. 45.- 1. La Caisse Nationale de Prévoyance Sociale peut à tout moment faire procéder à un
examen de la victime par son médecin-conseil ou par un médecin de son choix.
2. Elle peut également à tout moment pendant la période de soins, faire contrôler par les contrôleurs
assermentés de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale les victimes d’accidents à qui elle sert des
prestations.
CHAPITRE VII
Pénalités
Art. 46.- 1. Est puni d’une amende de 50000 à 500 000 francs et d’un emprisonnement de un à six
mois ou de l’une de ces deux peines seulement, l’employeur qui omet de faire la déclaration prévue à
l’article 17.
2. Est puni des mêmes peines tout employeur qui refuse de s’affilier à la Caisse Nationale de
Prévoyance Sociale après une mise en demeure.
Art. 47.- Est puni d’une amende de 50000 à 500 000 francs l’employeur qui omet de faire établir le
certificat médical prévu à l’article 17 ou de précéder à l’affichage d’extraits de la présente loi
conformément aux dispositions de l’article 40.
Art. 48.- Est puni d’une amende de 500 000 à 5 000 000 de francs l’employeur qui a opéré sur les
salaires de son personnel des retenues au titre des cotisations contre les accidents du travail et des
maladies professionnelles.
Art. 49.- 1. Est puni d’une amende de 500 000 à 5 000 000 de francs et d’un emprisonnement d’un à
cinq ans ou de l’une des ces deux peines seulement, l’employeur qui, par négligence, imprudence ou
inobservation des règlements, occasionne la mort ou une incapacité de travail égale ou supérieure à
66%.
2.. Est puni des mêmes peines, tout employeur qui omet de faire ou qui fait négligemment la
déclaration prévue à l’article 13.
Art. 50.- Toute omission’ ou négligence du médecin aux dispositions de l’article 14 ci-dessus, relève
des sanctions par les textes en vigueur qui régissent l’exercice de la profession et le code de
déontologie médicale.
Art. 51.- Les inspecteurs du Travail, les médecins inspecteurs du Travail et dans les circonscriptions
où ceux-ci n’existent pas, les officiers de police judiciaire, peuvent constater par procès-verbaux qui
font foi jusqu’à preuve du contraire, les infractions aux dispositions de la présente loi.
Art. 52.- Exception faite des peines particulières prévues par la présente loi, toute infraction aux
dispositions du présent texte est punie des peines prévues à l’article 49 ci-dessus.
Art. 53.- En application de l’article 26 susvisé, une allocation d’incapacité est servie en une seule fois
aux victimes d’accidents du travail et maladies professionnelles survenus avant le 1er juillet 1977 et
dont le taux d’I.P.P. est inférieur à 20%.
Art. 54.- Des décrets pris après avis du Conseil National du Travail fixent en tant que de besoins les
modalités d’application de la présente loi et notamment ses articles 3, 5, 8, 9, 13, 14, 15, 17, 18, 24,
29, 35, 36 et 45.
Art. 55.- 1. Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi et notamment :
- la loi n° 68-LF-16 du 18 novembre 1968 abrogeant certaines dispositions de l’ordonnance 59-100
du 31 décembre 1959;
- la loi n° 68-LF -17 du 18 novembre 1968 rendant applicables au Cameroun occidental certaines
dispositions de l’ordonnance n° 59-100 du 31 décembre 1959.
2. Les dispositions de l’ordonnance n° 59-100 susvisée et de la loi n° 68-LF-18 du 18 novembre 1968
portant organisation et prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles non
contraires à la présente loi demeurent applicables.
Il en est de même des actes réglementaires pris en leur application. .
Art. 56.- La présente loi sera enregistrée et publiée au Journal Officiel en français et en anglais.