Loi n°88-07 du 26 janvier 1988 relative à l'hygiène, à la sécurité et à la médecine du
travail, p. 84.
Le Président de la République,
Vu la constitution, notamment ses articles 62, 151 - 20° et 154;
Vu l'ordonnance n° 66 - 156 du 8 juin 1966, modifiée et complétée, portant code pénal,
notamment ses articles 288, 289 et 459;
Vu l'ordonnance n° 71 - 74 du 16 novembre 1971 relative à la gestion socialiste des
entreprises;
Vu l'ordonnance n° 75 - 31 du 29 avril 1975 relative aux conditions générales de travail
dans le secteur privé;
Vu l'ordonnance n° 75 - 33 du 29 avril 1975 relative aux attributions de l'inspection du
travail et des affaires sociales;
Vu la loi n° 78 - 12 du 5 août 1978 relative aux Statut général du travailleur, notamment
ses articles 13, 14, 15, 30 et 212, ensemble les textes pris pour son application;
Vu la loi n° 83 - 03 du 5 février 1983 relative à la protection de l'environnement,
notamment ses articles 74 à 120;
Vu la loi n° 83 - 13 du 2 juillet 1983 relative aux accidents du travail et aux maladies
professionnelles, notamment ses articles 63 à 75;
Vu la loi n° 85 - 05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la
santé;
Après adoption par l'Assemblée populaire nationale,
Promulgue la loi dont la teneur suit:
CHAPITRE I OBJET ET CHAMP D'APPLICATION
Article 1er. La présente loi a pour objet de définir les voies et les moyens ayant
pour but d'assurer aux travailleurs les meilleures conditions en matière d'hygiène,
de sécurité et de médecine du travail, et de désigner les personnes responsables
et organismes employeurs chargés de l'exécution des mesures prescrites.
Art. 2. Les dispositions de la présente loi sont applicables à tout organisme
employeur, quel que soit le secteur d'activité auquel il appartient.
CHAPITRE II RÈGLES GÉNÉRALES EN MATIÈRE D'HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ EN MILIEU DU
TRAVAIL
Art. 3. L'organisme employeur est tenu d'assurer l'hygiène et la sécurité aux
travailleurs.
Art. 4. Les locaux affectés au travail, les emplacements de travail et leurs
environnement, leurs dépendances et leurs annexes, y compris les installations de
toute nature mises à la disposition des travailleurs, doivent être tenus dans un
état constant de propreté et présenter les conditions d'hygiène et de salubrité
nécessaires à la santé des travailleurs.
L'ambiance de travail devra répondre aux conditions de confort et d'hygiène,
notamment de cubage, d'aération, de ventilation, d'éclairage, d'ensoleillement, de
chauffage, de protection contre les poussières et autres nuisances et d'évacuation
des eaux usées et déchets.
Les travailleurs doivent pouvoir pratiquer la gymnastique de pause et bénéficier
des moyens d'assurer leur hygiène individuelle et, notamment, par la mise à leur
disposition, des vestiaires, lavabos, douches, toilettes, eau potable, et par
l'hygiène dans les cantines.
Les modalités d'application du présent article sont définies par voie réglementaire.
Art. 5. Les établissements, les locaux affectés au travail, leurs dépendances et
leurs annexes visés à l'article 4 ci-dessus, doivent être conçus, aménagés et
entretenus de manière à garantir la sécurité des travailleurs.
Ils doivent, notamment, répondre aux nécessités suivantes:
- garantir la protection contre les fumées, vapeurs dangereuses, gaz toxiques et
bruits, et tout autre nuisance;
- éviter les encombrements et surcharges;
- garantir la sécurité des travailleurs lors de leur circulation pendant la mise en
marche des engins et moyens de manutention et des transports, et pendant la
manipulation des matières, matériaux, produits, marchandises et tous autres
objets;
- assurer les conditions nécessaires, afin de prévenir toute cause d'incendie ou
d'explosion, ainsi que pour combattre l'incendie d'une façon rapide et efficace;
- placer les travailleurs à l'abri du danger et hors des zones dangereuses par
éloignement ou séparation par l'interposition de dispositifs d'une efficacité
reconnue;
- assurer l'évacuation rapide des travailleurs en cas de danger imminent ou de
sinistre.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
Art. 6. En fonction de la nature de l'activité et des risques, le travailleur doit
bénéficier des vêtements spéciaux, équipements et dispositifs individuels de
protection d’une efficacité reconnue.
Art. 7. L'organisme employeur est tenu d'intégrer la sécurité des travailleurs
dans le choix des techniques et technologies et dans l'organisation du travail.
Les installations, les machines, mécanismes, appareils, outils et engins, matériels
et tous moyens de travail doivent être appropriés aux travaux à effectuer et à la
prévention des risques auxquels les travailleurs peuvent être exposés.
Ils doivent faire l'objet de vérifications périodiques et de mesures d'entretien de
nature à les maintenir en bon état de fonctionnement, en vue de garantir la
sécurité du travail.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
Art. 8. Est interdite la fabrication, l'exposition, la mise en vente, la vente,
l'importation, la location ou la cession, à quelque titre que ce soit, en vue de leur
utilisation:
- des appareils, machines ou éléments de machines qui, du fait de leurs défauts de
conception, de construction ou suite à une détérioration, ne répondent pas aux
normes nationales et internationales en vigueur, en matière d'hygiène et de
sécurité;
- des dispositifs, équipements ou produits de protection qui ne sont pas de nature
à garantir les travailleurs contre les dangers auxquels ils peuvent être exposés, du
fait de l'utilisation de matériels; substances ou préparations nécessitant l'emploi
de tels moyens.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
Art. 9. Les normes d'efficacité des produits dispositifs ou appareils de protection
seront fixées conformément à la législation en vigueur, après avis d'une
commission nationale d'homologation.
La composition de cette commission, ses attributions ainsi que son
fonctionnement sont définis par voie réglementaire.
Art. 10. Pour répondre aux exigences d'hygiène et de sécurité en milieu du
travail, la fabrication, l'importation, la cession et l'utilisation des substances,
produits ou préparations dangereuses sont soumises à la législation en vigueur.
Les organismes employeurs, en particulier les fabricants et importateurs, sont
tenus, avant toute introduction sur le marché de substances ou préparations
présentant des dangers pour la santé des travailleurs, de fournir aux institutions
et organismes concernés et, notamment, à l'organisme national compétent en
matière d'hygiène et de sécurité, les informations nécessaires à l'appréciation des
risques présentés par lesdites substances ou préparations.
Les modalités d'application du présent article sont précisées par voie
réglementaire.
Art. 11. Outre les dispositions législatives en vigueur, l'organisme employeur doit
s'assurer que les travaux confiés aux femmes, aux travailleurs mineurs et
travailleurs handicapés n'exigent pas un effort excédant leur force.
CHAPITRE III RÈGLES GÉNÉRALES EN MATIÈRE DE MEDECINE DU TRAVAIL
Art. 12. La protection de la santé des travailleurs par la médecine du travail est
partie intégrante de la politique nationale de santé.
Dans le cadre des missions, telles que définies par la législation en vigueur, la
médecine du travail dont la double mission est préventive, essentiellement, et
curative, accessoirement, a pour but :
- de promouvoir et maintenir le plus haut degré de bien-être physique et mental
des travailleurs dans toutes les professions et en vue d'élever le niveau des
capacités de travail et de création;
- de prévenir et protéger les travailleurs des risques pouvant engendrer des
accidents ou des maladies professionnelles et de tout dommage causé à leur
santé;
- d'identifier et de surveiller, en vue de réduire ou d'éliminer tous les facteurs qui,
sur les lieux de travail, peuvent affecter la santé des travailleurs;
- de placer et maintenir les travailleurs dans un emploi convenant à leurs
aptitudes physiologiques et psychologiques et, en règle générale, adapter le
travail à l'homme et chaque homme à sa tâche;
- de réduire les cas d'invalidité et assurer une prolongation de la vie active des
travailleurs;
- d'évaluer le niveau de santé des travailleurs en milieu du travail;
- d'organiser les soins d'urgence aux travailleurs, la prise en charge des
traitements ambulatoires et le traitement des maladies professionnelles et à
caractère professionnel;
- de contribuer à la sauvegarde de l'environnement par rapport à l'homme et à la
nature.
Art. 13. La médecine du travail constitue une obligation de l'organisme
employeur. Elle est à la charge de celui-ci.
Art. 14. La médecine du travail s'exerce sur les lieux mêmes du travail.
En application des dispositions de l'article 13 ci-dessus, l'organisme employeur est
tenu de mettre en place un service de médecine du travail, conformément à des
normes fixées par voie réglementaire.
Dans le cas où les normes visées à l'alinéa ci-dessus n'obligent pas l'employeur à
créer un service de médecine du travail, il est tenu:
- soit de créer ou de participer à la création, sur une base territoriale, d'un service
inter-organismes de médecine du travail;
- soit d'établir, selon une convention type, une convention avec le secteur
sanitaire.
Au cas où le secteur sanitaire ne peut répondre à la demande de l'organisme
employeur ou s'il ne s'acquitte pas ses obligations, l'organisme employeur est
tenu d'établir une convention, selon une convention type, avec toute structure
compétente en médecine du travail ou tout médecin habilité.
Les représentants des travailleurs sont obligatoirement associés à toute décision
concernant la mise en place de l'activité de médecine du travail au sein de
l'organisme employeur.
Les conditions d'organisation et de fonctionnement des services de médecine du
travail, ainsi que la convention type, sont fixées par voie réglementaire.
Art. 15. Dans le cadre des missions qui leur sont dévolues en matière de
protection et de promotion de la santé, les services de santé sont chargés:
- d'organiser, de coordonner, d'évaluer et de contrôler régulièrement l'ensemble
des activités de médecine du travail;
- de mettre en place des services de référence, de normalisation et de recherche;
- d'assurer le recyclage des médecins et techniciens sanitaires.
Art. 16. L'exercice de la médecine du travail est soumis aux dispositions
législatives en vigueur et, notamment, la loi n°85 -05 du 16 janvier 1985 relative à
la protection et à la promotion de la santé.
Toutefois, en tant que de besoin et à titre transitoire, le ministre chargé de la
santé publique pourra habiliter les médecins généralistes à exercer la médecine
du travail.
Les obligations à la charge du médecin du travail, dans le cadre de ses activités,
sont fixées par voie réglementaire.
Art. 17. Tout travailleurs ou apprenti est obligatoirement soumis aux examens
médicaux d'embauchage, ainsi qu'aux examens périodiques, spéciaux et de
reprise.
Par ailleurs, les apprentis feront l'objet d'une surveillance médicale particulière.
Tout travailleur peut, en outre, à sa demande, bénéficier de visites spontanées.
L'organisme employeur est tenu de prendre en considération les avis du médecin
du travail.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
Art. 18. Le médecin du travail peut effectuer ou faire effectuer des prélèvement
aux fins d'analyses ou tout examen à toutes fins utiles.
Au vu des résultats de ces analyses ou examens, il recommande toute mesure
jugée nécessaire à la préservation de la santé des travailleurs.
CHAPITRE IV RÈGLES GÉNÉRALES EN MATIÈRE DE FORMATION ET D'INFORMATION
Art. 19. L'instruction, l'information et la formation relatives aux risques
professionnels constituent une obligation qui s'impose à l'organisme employeur.
Les représentants des travailleurs sont obligatoirement associés à toutes ces
activités.
Elles constituent, également, un droit et un devoir pour les travailleurs et font
l'objet d'une prise en charge par les institutions, services et organismes publics
concernés.
Art. 20. Les règles générales d'hygiène et de sécurité relatives aux risques
professionnels doivent être incluses dans les programmes d'enseignement et de
formation professionnelle.
Art. 21. Les travailleurs nouvellement recrutés, ainsi que ceux appelés à changer
de poste, de méthodes ou de moyens de travail, doivent être instruits, au moment
de leur affectation, des risques auxquels ils peuvent être exposés à leurs postes
de travail.
Art. 22. En fonction de la fréquence et de la gravité des risques observés par
tout organe ou structure ou personne compétente en matière d'hygiène, de
sécurité et de médecine du travail, des actions de formation particulières sont
organisées pour les travailleurs concernés, aux fins de prévention.
Les conditions d'organisation de l'instruction de l'information et de la formation
des travailleurs, dans le domaine de la prévention des risques professionnels, sont
fixées par voie réglementaire.
CHAPITRE V ORGANISATION DE LA PRÉVENTION
Art. 23. Des commissions paritaires d'hygiène et de sécurité sont instituées
obligatoirement, sous réserve des dispositions prévues au 2ème alinéa de l'article
25 ci-dessous, au sein de chaque organisme employeur occupant plus de neuf (9)
travailleurs dont la relation de travail est à durée indéterminée, en application de
la législation relative à la participation des travailleurs.
Nonobstant les dispositions relatives à l'alinéa 1er ci-dessus, l'organisme
employeur, occupant plus de neuf (9) travailleurs dont la relation de travail est à
durée déterminée, doit obligatoirement désigner un préposé permanent à
l'hygiène et à la sécurité, assisté de deux travailleurs les plus qualifiés en la
matière.
Dans les unités et établissement occupant neuf (9) travailleurs et moins, un
préposé à l'hygiène et à la sécurité est désigné par le chef de l'unité ou de
l'établissement.
Les membres des commissions paritaires d'hygiène et de sécurité, et les préposés
à l'hygiène et à la sécurité, doivent bénéficier d'actions de formation pratiques et
appropriées.
Art. 24. Sans préjudice des dispositions de l'article 23 ci-dessus, lorsque
plusieurs entreprises, relevant de la même ou de plusieurs branches
professionnelles, exercent leurs activités sur les mêmes lieux de travail pendant
une durée déterminée et font notamment, appel à des travailleurs dont la relation
de travail est à durée déterminée, des comités interentreprises sont
obligatoirement institués, après enquête et agrément des services territorialement
compétents du ministère chargé du travail.
Les attributions, la composition, l'organisation et le fonctionnement de ces
comités sont fixés par voie réglementaire.
Art. 25. Outre la création des organes d'hygiène et de sécurité prévus par les
dispositions des articles 23 et 24 ci-dessus, il peut être crée, au niveau des
secteurs d'activité à haut degré de risque, des organismes chargés d'actions
complémentaires et spécifiques en matière d'hygiène et de sécurité.
Toutefois, lorsque la nature des activités de l'organisme employeur ne permet pas
l'institution de commission d'hygiène et de sécurité dans les conditions prévues à
l'article 23 ci-dessus, celui-ci est tenu de s'affilier à l'un des organismes cités à
l'alinéa précédent, lequel sera chargé de l'ensemble des actions prévues en
matière d'hygiène et de sécurité.
Les modalités de création, les attributions, l'organisation et le fonctionnement de
ces organismes sont fixés par voie réglementaire.
Art. 26. Chaque fois que l'importance de l'organisme employeur ou la nature de
ses activités l'obligent, il est obligatoirement crée un service d'hygiène et de
sécurité en milieu du travail.
Ce service sera placé, autant que possible, sous la responsabilité et le contrôle
d'un personnel ayant acquis une formation adéquate dans le domaine de l'hygiène
et de la sécurité.
Les conditions de création, d'organisation et de fonctionnement des services
d'hygiène et de sécurité en milieu de travail, ainsi que leurs attributions ,sont
fixées par voie réglementaire .
Art. 27. Il est institué un conseil national d'hygiène, de sécurité et de médecine
du travail chargé de participer, par des recommandations et des avis, à la
définition de la politique nationale de prévention des risques professionnels.
Dans ce but, le conseil national d'hygiène, de sécurité et de médecine du travail
est chargé, particulièrement:
- de participer, par des recommandations et des avis, à l'établissement de
programmes annuels et pluriannuels en matière de prévention des risques
professionnels et de favoriser la coordination des programmes mis en oeuvre;
- de contribuer à la définition des voies et moyens nécessaires à l'amélioration des
conditions de travail;
- d'examiner les bilans périodiques des programmes réalisés et de donner des avis
sue les résultats obtenus.
La composition, l'organisation et le fonctionnement de ce conseil sont fixés par
voie réglementaire.
CHAPITRE VI FINANCEMENT
Art. 28. La réalisation de l'ensemble des activités relatives à l'hygiène, à la
sécurité et à la médecine du travail est financée par l'organisme employeur.
Art. 29. Les ressources des organismes prévus à l'article 25 ci-dessus sont
constituées par une cotisation à la charge des organismes employeurs affiliés.
Le taux et l'assiette de la cotisation sont fixés par la loi.
Art. 30. Dans le cadre des dispositions de la présente loi, le fonds de prévention
des accidents du travail et des maladies professionnelles prévu à l'article 74 de la
loi n° 83 - 13 du 2 juillet 1983 relative aux accidents du travail et aux maladies
professionnelles, concourt au financement d'actions spécifiques programmées, en
vue de prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
CHAPITRE VII CONTRÔLE
Art. 31. Le contrôle de l'application de la législation en matière d'hygiène, de
sécurité et de médecine du travail est dévolu à l'inspection du travail,
conformément à ses attributions.
Lorsque des infractions à cette législation sont constatées, l'inspecteur du travail
met le responsable de l'organisme employeur en demeure de se conformer aux
prescriptions prévues par la loi et la réglementation en vigueur.
Celui-ci fixe un délai à l'organisme employeur pour mettre fin aux dites infractions,
conformément à la législation en vigueur.
Art. 32. l'organisme employeur doit présenter, sur requête de l'inspecteur du
travail, des registres et documents spéciaux tenus en vue de permettre un
contrôle effectif des activités en matière d'hygiène et de sécurité.
En outre, la commission d'hygiène et de sécurité, le préposé à l'hygiène et à la
sécurité, ainsi que le médecin du travail peuvent saisir, à tout moment,
l'inspecteur du travail, en cas de constat d'une négligence flagrante ou d'un risque
pour lequel des mesures appropriées n'ont pas été prises par l'organisme
employeur préalablement avisé.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
Art. 33. Indépendamment du contrôle technique et administratif dévolus au
service de santé, le contrôle de l'application de la législation en matière de
médecine du travail est exercé par l'inspecteur du travail et par les services de
santé compétents qui désignent, à cet effet, des médecins chargés de la fonction
de contrôle de l'inspection.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire.
Art. 34. Si un membre de la commission d'hygiène et de sécurité, ou un préposé
à l'hygiène et à la sécurité, ou le médecin du travail, ou tout travailleur, constate
qu'il existe une cause de danger imminent, il en avise immédiatement les
responsables de la sécurité, ou le responsable d'unité, ou leurs représentants ou
leurs remplaçants dûment mandatés, à l'effet de prendre rapidement les mesures
nécessaires et appropriées.
Cet avis, assorti de toutes les observations, doit être consigné dans un registre
spécial tenu à cet effet et communiqué, dans les 24 heures, à l'inspecteur du
travail territorialement compétent, par le responsable de l'unité ou son
représentant ou son remplaçant dûment mandaté au cas où ce dernier ne prend
pas les dispositions nécessaires.
En cas d'impossibilité d'aviser les personnes mentionnés à l'alinéa ci-dessus, le
travailleur ou les travailleurs les plus qualifiés qui constatent une cause de danger
imminent sont habilités à prendre toutes les mesures qui s'imposent.
Lorsque l'inspecteur du travail, en visite d'inspection dans une unité, constate une
cause de danger imminent, soit pour la sécurité des personnes, soit pour la
préservation de l'unité, il saisit le Wali qui prend toute mesure utile.
CHAPITRE VIII SANCTIONS
Art. 35. Les contrevenants aux dispositions de la présente loi et, notamment,
ceux visés aux articles 1, 2, 10 et 11 ci-dessus, sont passibles personnellement,
pour chaque infraction constatée, des peines prévues aux articles ci-dessous.
Art. 36. Lorsque la négligence ou l'inobservation des règles de sécurité,
d'hygiène et de médecine du travail sont commises par le gestionnaire, tel que
défini par l'article 30 de la loi n° 78 - 12 du 5 août 1978 portant statut général du
travailleur, et ce, dans la limite de ses compétences en la matière, celui-ci est
passible de peines prévues aux articles ci-dessous.
lorsque les infractions citées à l'alinéa précédent sont imputables à des
travailleurs, elles sont censées être le fait du gestionnaire si celui-ci n'a pas pris
les mesures nécessaires de nature à faire respecter les prescriptions légales en la
matière et n'a pas pris de sanctions disciplinaires à l'encontre des travailleurs
auteurs de ces infractions.
Toutefois, la responsabilité du gestionnaire n'est pas engagée si ces infractions
sont commises intentionnellement par les travailleurs.
Art. 37. Toute violation des dispositions des articles 8, 10 et 34 ci-dessus est
passible d'une amende de 1.000 à 2.000 DA.
En cas de récidive, ces infractions entraînent un emprisonnement de deux à six
mois et une amende de 4.000 à 6.000 DA, ou l'une des deux peines seulement.
L'amende peut être appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs exposés au
danger, du fait de l'absence des mesures de salubrité et de sécurité prescrites.
Art. 38. Tout contrevenant aux dispositions des articles 3, 5, 6, 7, 11, 13, 14, 17,
23, 24, 25, 26 et 28 ci-dessus est passible d'une amende de 500 à 1.500 DA.
En cas de récidive, il encourt une peine d'emprisonnement de trois mois au plus et
une amende de 2.000 à 4.000 DA, ou l'une des deux peines seulement.
Art. 39. Tout contrevenant aux dispositions des articles 21 et 22 ci-dessus est
passible d'une amende de 500 à 1.500 DA.
En cas de récidive, l'amende est de 2.000 à 4.000 DA.
Art. 40. Dans tous les cas visés aux articles 37, 38 et 39 ci-dessus, la récidive,
constatée par procès-verbal établi par l'inspecteur du travail, peut entraîner, sur
décision du tribunal, la fermeture totale ou partielle de l'établissement, jusqu'à
l'exécution des travaux prescrits par la législation en vigueur, en vue d'assurer
l'hygiène et la sécurité des travailleurs. la
mainlevée de cette fermeture est ordonnée par la juridiction qui a ordonné la
peine.
Art. 41. Les sanctions prévues aux articles 37, 38, 39 et 40 et 41 ci-dessus ne
sont pas exclusives des peines qui pourraient être prononcées en application du
code pénal, en cas d'accident du travail ayant entraîne mort ou lésions au sens de
la législation en vigueur.
Art. 42. Les pénalités prévues aux articles 37, 38, 39, 40 et 41 ci-dessus sont
indépendantes des sanctions de caractère professionnel qui pourraient être prises
dans le cadre de la législation en vigueur.
Art. 43. Le travailleur est tenu au strict respect des règles et consignes relatives
à l'hygiène et à la sécurité du travail.
En cas de négligence ou d'inobservation de ces règles ou consignes, l'auteur est
passible des sanctions prévues au règlement intérieur de l'organisme employeur.
CHAPITRE IX DISPOSITIONS DIVERSES
Art. 44. Pour les établissements en activité à la date d'effet de la présente loi, les
organismes employeurs doivent se conformer aux mesurer prescrites en matière
d'hygiène, de sécurité et de médecine du travail dans un délai d'une année.
Art. 45. Sont fixées par voie réglementaire :
1) les prescriptions générales de protection applicables en matière d'hygiène, de
sécurité et de médecine du travail;
2) les prescriptions particulière relatives à certains secteurs d'activités et à
certains modes de travail.
CHAPITRE X DISPOSITIONS FINALES
Art. 46. Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi,
notamment celles des articles 241 à 302 et 349 à 353 de l'ordonnance n° 75 - 31
du 29 avril 1975 relative aux conditions générales de travail dans le secteur privé.
Art. 47. La présente loi sera publiée au journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.
Fait à Alger, le 26 janvier 1988.
Chadli BENDJEDID