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Hygiène et Sécurité au Travail : Décret 91-05

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Décret exécutif n° 91-05 du 19 janvier 1991 relatif aux prescriptions générales de

protection applicables en matière d'hygiène et de sécurité en milieu de travail, p. 63.

 Article 1er. Le présent décret a pour objet de fixer en application de l'article 45


(1°), de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 susvisée, les prescriptions générales de
protection applicables en matière d'hygiène et de sécurité en milieu de travail à
tout organisme employeur, tel que prévu à l'article 2 de la loi précitée.

TITRE I Hygiène générale des locaux et de leurs dépendances


Section 1 Aération et assainissement des locaux

 Art. 2. Les dispositions de l'article 4 de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988


susvisée, relatives aux obligations de propreté, d'hygiène et de salubrité des
locaux affectés au travail et de leurs dépendances, sont précisées aux articles 3 à
24 du présent décret.
 Art. 3. Le sol des locaux affectés au travail et de leurs dépendances doit être
régulièrement nettoyé, sans production de poussières et, chaque fois que le
revêtement le permet, par lavage et essuyage.
Le nettoyage des murs et des plafonds ainsi que la réfection des enduits et des
revêtements, doit avoir lieu périodiquement et à chaque fois que cela est
nécessaire.

 Art. 4. Dans les locaux de travail où sont entreposés ou mis en oeuvre, des
matières altérables ou objets, présentant des risques de contamination, de
nocivité, de corrosion ou d'irritation, le sol doit être lisse, imperméable, sans
interstices et former une cuvette étanche de retenue.
Les murs doivent être lisses et lavables, le sol et les murs ainsi que les tables de
travail doivent être lavés quotidiennement et au besoin désinfectés.
Les résidus de ces matières doivent être déposés dans des récipients
hermétiquement clos, et enlevés quotidiennement pour être stockés dans des
lieux prévus à cet effet et ce, en vue de leur traitement ou destruction dans les
conditions prévues par les lois et règlements en vigueur.
Les vidanges, nettoyages ou destructions de ces matières doivent être opérés
sans risques pour l'environnement.

 Art. 5. Indépendamment des mesures de prophylaxie exigées par la nature des


travaux, le nettoyage doit comporter des mesures de désinfection et de protection
contre les maladies contagieuses.

 Art. 6. Dans les locaux affectés au travail, l'aération doit avoir lieu soit par
ventilation mécanique, soit par ventilation naturelle permanente, soit par
ventilation mixte et assurer un volume d'air minimal par occupant et ce,
conformément aux normes fixées par la réglementation en vigueur en la matière.

 Art. 7. Un système de ventilation mécanique naturelle ou mixte pour le


renouvellement de l'air doit être installé dans les locaux sis en sou-sol ou dans
ceux où s'effectuent des travaux à l'abri de la lumière du jour.
L'air introduit doit être prélevé à l'abri de toute source de pollution et au besoin
épuré et filtré et le cas échéant, à une distance suffisante des ouvertures
communiquant avec des locaux présentant des risques particuliers d'incendie.

 Art. 8. Des ouvertures donnant sur le dehors et assurant une aération et un


éclairage naturel, doivent être aménagées pour les locaux fermés. Des normes
différentes sont toutefois retenues lorsque les locaux sont destinés à des travaux
spéciaux exigeant l'obscurité, la lumière artificielle ou une atmosphère aseptique
ou lorsque les procédés technologiques de construction retenus sont spécifiques.
La surface des ouvertures doit être égale au moins au sixième de la surface du sol.
 Art. 9. L'atmosphère des locaux de travail et des installations sanitaires, doit être
préservée de toute émanation provenant d'égouts, fosses ou autres sources
d'infection.
Les dispositifs d'évacuation des eaux résiduaires et des eaux de lavage doivent
être munis d'intercepteurs hydrauliques et être nettoyés et lavés
quotidiennement.

 Art. 10. Lorsque les travaux réalisés entraînant la concentration de poussières ou


le dégagement d'émanations nocives, insalubres ou incommodes ne peuvent être
effectués dans des appareils clos et étanches, les poussières, les aérosols, ainsi
que les gaz et vapeurs sont captés à leur source de protection et évacués
directement au dehors des locaux de travail dans des conditions ne présentant
aucun risque de pollution pour l'environnement et n'incommodant pas le
voisinage.
Dans le cas de dégagement de gaz lourds, l'aspiration doit s'effectuer de façon
descendante; les tables ou appareils de travail doivent être en communication
directe avec les moyens de ventilation.
Pour les poussières déterminées par des appareils mécaniques, il doit être installé,
autour des appareils, des tambours en communication avec une ventilation
aspirante.
Toutes opérations de traitement de matières irritantes ou toxiques et notamment,
la pulvérisation, le tamisage, l'ensachage ou l'emballage doivent être faites
mécaniquement en appareil clos.

 Art. 11. Les postes de travail comportant des risques élevés d'intoxication ou
d'insalubrité doivent être isolés des ateliers.
Les cabines réservées à cet usage, doivent être pourvues de système d'extraction
et de renouvellement de l'air.
Les travailleurs ne séjourneront dans ces cabines que le temps minimal exigé par
la nature des travaux qu'ils y effectuent et devront bénéficier d'une protection
appropriée.

 Art. 12. Les travaux effectués, en espaces fermés tels que galeries, citernes,
réservoirs, conduites de gaz, cuves ou tout autre lieu analogue, ne peuvent être
entrepris qu'après assainissement de l'atmosphère par un système de ventilation
appropriée.
Le renouvellement de l'air et l'extraction de l'air vicié, doivent être assurés
pendant toute, la durée des travaux.
Les travailleurs appelés à intervenir dans les espaces fermés visés à l'alinéa
premier doivent être protégés par des dispositifs de sécurité adéquats en liaison
avec le type de risque auquel ils sont exposés.
En aucun cas, un travailleur exerçant dans ces conditions ne doit être laissé sans
surveillance. Celle ci doit être assurée par au moins un travailleur séjournant à
l'extérieur de l'espace fermé.

 Art. 13. Les locaux, emplacements de travail, zones de circulation, de


manutention et autres installations doivent être éclairés, de façon à assurer le
confort visuel et ne provoquer aucune affection oculaire.
Pendant la présence des travailleurs sur les lieux de travail, les niveaux
d'éclairement mesurés au plan de travail, ou à défaut au sol, doivent être au
moins égaux aux valeurs indiquées dans le tableau ci-après :

Locaux affectés au travail et leurs


valeurs minimales d'éclairement
dépendances
Voies de circulation intérieure 40 lux
Escaliers et entrepôts 60 lux
Locaux de travail, vestiaires, sanitaires. 120 lux
Locaux aveugles affectés à un travail
200 lux
permanent
 L'éclairage artificiel doit être d'une intensité adaptée à la nature des travaux.

 Art. 14. L'organisme employeur prend, après avis des organes compétents
toutes les dispositions nécessaires pour assurer la protection des travailleurs
contre le froid et les intempéries.
Les fumées et gaz de combustion provenant des moyens de chauffage utilisés,
doivent être rejetés en dehors des locaux.

 Art. 15. Les organismes employeurs sont tenus de maintenir l'intensité des bruits
supportés par les travailleurs à un niveau compatible avec leur santé par la
réduction de l'intensité des bruits à leur source d'émission, l'isolement des ateliers
bruyants, l'insonorisation des locaux ou la mise en oeuvre de techniques ou de
tous autres moyens appropriés et ce, conformément aux normes fixées par la
réglementation en vigueur en la matière.

 Art. 16. Dans le cas où l'exécution des mesures de protection collectives,


prévues à l'article 15 ci-dessus serait reconnue impossible, des appareils de
protection individuelle appropriés doivent être mis à la disposition des travailleurs.

L'organisme employeur doit prendre toutes mesures utiles pour que ces appareils
soient maintenus en bon état de fonctionnement.

 Art. 17. Indépendamment des mesures de protection intégrées aux machines et


au processus de travail, les travailleurs dont les postes de travail sont exposés à
des températures trop basses ou trop élevées doivent être dotés d'équipements
spéciaux.

Section 4 Installations sanitaires

 Art. 18. Des installations sanitaires doivent être mises à la disposition des
travailleurs. Elles doivent être pourvues d'ouvertures suffisantes ou de dispositifs
assurant leur ventilation naturelle.
Le personnel féminin disposera d'installations sanitaires distinctes.
Les locaux affectés à ces installations doivent être séparés des locaux de travail et
se situer à leur proximité.
Leurs sols et parois doivent être construits en matériaux imperméables et peints
en ton clair.
Il doit être prévu au moins un cabinet d'aisance par tranche de 15 travailleurs. Les
effluents doivent être évacués conformément aux règlements sanitaires en
vigueur.
 Art. 19. Des locaux affectés aux vestiaires doivent être mis à la disposition des
travailleurs et êtres dotés de sièges et d'armoires individuelles fermant à clé.

 Art. 20. Des lavabos à eau courante doivent être prévus par l'organisme
employeur conformément aux normes fixées par la réglementation en vigueur en
la matière.

 Art. 21. Des douches implantées à proximité ou sur les lieux de travail doivent
être mises à la disposition des travailleurs exposés aux insalubrités aux salissures
et aux risques d'intoxication ou de contamination.

 Art. 22. Il doit être prévu un local adéquat lorsque 25 personnes au moins, sont
appelées à prendre leur repas sur les lieux de travail. Il est interdit de laisser des
travailleurs prendre leur repas au sein des ateliers, sauf si la nature de l'activité ne
comporte pas l'emploi de substances ou de préparations dangereuses.
 Art. 23. Les locaux destinés à l'hébergement des travailleurs doivent être isolés
des lieux de travail et à l'abri des nuisances et incommodités résultant des
activités.
Les locaux doivent être aérés et maintenus dans un état constant de propreté.

 Art. 24. Les travailleurs doivent disposer d'eau potable pour la boisson.
Cette eau sera fournie à proximité des lieux de travail et doit être conforme aux
règles de propreté et d'hygiène alimentaire.

TITRE II Mesures générales de sécurité sur les lieux de travail

 Art. 25. Les dispositions des articles 5 et 7 de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988
susvisés, relatives aux obligations de l'organisme employeur en matière de
sécurité sur les lieux de travail, sont précisées aux articles 26 à 44 du présent
décret et ce, sans préjudice des mesures de protection individuelles telles que
prévues à l'article 6 de la loi précitée.
 Art. 26. Lorsque le déplacement de matériaux ou d'objets encombrants et
pesants doit être effectué sans appareil mécanique, la charge supportée par
chaque travailleur sur de courtes distances ne peut excéder 50 kg.
Cette charge maximale est fixée à 25 kg pour le personnel féminin et les
travailleurs mineurs.
Des moyens de levage, de manutention et de transport doivent être mis à la
disposition des travailleurs pour assurer le levage, la manutention et le transport
de charges supérieures à celles prévues aux alinéas 1 et 2 ci-dessus.

 Art. 27. Les passages utilisés pour la circulation d'engins ou chariots de


manutention doivent être d'une largeur suffisante pour éviter les risques de
collision et d'écrasement.
Cette largeur sera supérieure d'au moins 60 cm soit à celle des engins ou chariots
utilisés soit à celle des chargements lorsque la largeur de ceux-ci dépasse celle de
l'engin ou du chariot utilisé.
En cas de circulation dans les deux sens, elle ne doit pas être inférieure à deux
fois la largeur des véhicules ou des chargements, augmentée de 90 cm.
Les allées de circulation des engins ou chariots de manutention doivent être
signalées par des moyens appropriés. Les passages pour piétons doivent être
dûment balisés.

 Art. 28. Sauf nécessité imposée par la nature des travaux effectués, le sol des
locaux de travail, des passages et dégagements, doit être bien nivelé.

 Art. 29. Les passages et dégagements utilisés par le personnel doivent être
maintenus libres de tout encombrement.
La largeur minimale des passages, de quelque usage qu'il soient, ne doit en aucun
cas être inférieure à 0,80 mètre.

 Art. 30. Lorsque l'activité d'une entreprise comporte habituellement un


mouvement de camions, ou d'autres véhicules de transports appareils et engins
de manutention, des pistes doivent être réservées à leur circulation.
Elles doivent autant que possible être distinctes des allées et chemins de
circulation et de sortie des travailleurs.
Lorsque le conducteur d'un véhicule doit exécuter une manœuvre dans des
conditions de visibilité insuffisante et notamment une manœuvre de recul, une ou
plusieurs personnes seront désignées par le responsable d'unité ou son préposé
pour diriger le conducteur concerné et pour éloigner les travailleurs intervenant
dans la zone de manœuvre.
Les mêmes précautions seront prises lors du déchargement des bennes et de
plateaux chargés de matériaux ou d'objets encombrants et lourds.

 Art. 31. Les aires de stockage de matériaux, de produits ou de marchandises,


présentant des risques de danger par leur nature ou leur disposition, doivent être
distinctes des zones de travail et de circulation.
Le gerbage de sacs, caisses ou de chargements de toute nature doit être confié à
des travailleurs qualifiés et réalisé de façon à n'entraîner aucun danger.

 Art. 32. Des appareils de manutention et de transvasement appropriés doivent


être mis à la disposition des travailleurs pour effectuer toutes manœuvres
comportant des opérations de versement ou de soutirage de produits susceptibles
de provoquer des brûlures d'origine thermique ou chimique.
Les récipients en matériaux fragiles, indépendamment des moyens prévus pour
leur transport et leur vidange doivent être pourvus d'enveloppe de protection
résistant au chocs.

Section 2 Prévention des chutes d'un niveau supérieur

 Art. 33. Les passerelles, planchers et plate-formes en surélévation, les


échafaudages et leurs moyens d'accès doivent être pourvus de garde-corps
rigides comportant une lisse, une sous-lisse et une plinthe. Le plancher doit être
jointif.
 Art. 34. Les cuves, bassins et réservoirs doivent être dotés de garde-corps ou de
murs de protection destinés à prévenir tout risque de chute.
Les ouvertures dans le sol, les trappes, les planchers et les puits ainsi que les
ouvertures de descente doivent être clôturés. La clôture doit être signalée par tout
moyen approprié. En cas de travail de nuit ou de visibilité insuffisante, la
signalisation des ouvertures doit se faire obligatoirement par dispositif lumineux.

 Art. 35. Des moyens d'accès doivent être aménagés dans les endroits surélevés
ou dans les cuves, bassins, réservoirs ou silos. Les escaliers doivent être munis de
rampes ou mains courantes.

 Art. 36. Les échelles doivent être de construction solide et offrir toutes les
garanties de sécurité quant à leur utilisation.
Les échelons doivent être rigides et solidement fixés au montants. Le transport sur
échelle d'objet d'un poids supérieur à 50 kg ou d'objets volumineux ou
encombrants est interdit

 Art. 37. Sans préjudice des dispositions prévus aux articles 33 à 36 ci-dessus,
l'utilisation d'escabeaux, échelles, planchers et échafaudages doit répondre aux
normes de sécurité définies par la réglementation en vigueur.

Section 3 Machines et mécanismes

 Art. 38. L'accès aux salles des machines génératrices ou motrices est
strictement réservé au personnel autorisé par l'organisme employeur.
 Art. 39. Les dispositifs de commande des secteurs de machines doivent être à la
portée des conducteurs et être placés en dehors de toute zone dangereuse.
Toute machine ou machine-outil doit être installée, entretenue, de façon à pouvoir
être séparée par son conducteur de la source d'énergie qui lui permet de
fonctionner.
En outre, le personnel d'encadrement doit disposer des moyens techniques en vue
de provoquer ou de demander l'arrêt des moteurs.

 Art. 40. Les machines utilisées dans des opérations de fabrication et tous
travaux d'usinage ou d'entretien seront disposées, commandées, utilisées ou
protégées de façon telle que les travailleurs ne puissent être atteints par des
organes dangereux ou des mécanismes en mouvement.
Les travailleurs ou apprentis appelés à se tenir prés des machines en mouvement
doivent porter des vêtements ajustés et non flottants.

 Art. 41. Les organes dangereux de machines et les mécanismes en mouvement


ainsi que les zones dangereuses, doivent être rendus inaccessibles aux
travailleurs en utilisation normale.
Des dispositifs de protections tels que portières, caches, grilles, barrières, garde-
corps, chasse-mains ou tout autre dispositif approprié et efficace, doivent être
prévus à cet effet.

 Art. 42. Sont notamment visés par les prescriptions des articles 40 et 41 ci-
dessus :
1 - les éléments de machines comportant des organes de transmissions et de
commande, tels que volants, vis sans fin, bielles, coulisseaux, zones d'engrenage,
cônes ou cylindres de friction, cames, courroies, chaînes, pignons;
2 - les éléments des machines comportant des pièces accessibles faisant saillie
sur les parties en mouvement de ces machines tels que vis d'arrêt, boulons,
clavettes, nervures, bassage;
3 - les organes de travail de toute nature tels que bras de pétrins ou de
mélangeurs, cylindres de calandres, cylindres d'entraînement, malaxeurs, pignons
et matrices de presse mues mécaniquement, dés lors que les opérateurs ou leurs
aides, sont appelés à intervenir manuellement en utilisation normale, dans des
zones dangereuses situées à proximité des organes en mouvement.

 Art. 43. Les machines à cylindre, doivent pouvoir être commandées


indifféremment par un opérateur travaillant sur l'un ou l'autre des cylindres.
Le dispositif d'arrêt de sécurité doit être placé de façon à ce que l'opérateur puisse
l'actionner facilement à partir de son poste de travail par un mouvement de faible
amplitude.
Lorsque la machine ne comporte pas un système automatique de renversement
de la marche, un dispositif mécanique doit être prévu de façon à permettre le
retour en arrière manuel des cylindres.

 Art. 44. Les presses utilisées dans différentes industries doivent être aménagées
ou équipées de manière à interdire tout contact, même volontaire des mains des
opérateurs avec la partie travaillante pendant la période de descente du
coulisseau.
Les dispositifs de sécurité employés doivent être simples, robustes, faciles à
monter.
Leur fonctionnement doit être indépendant de la volonté de l'opérateur.
L'efficacité de la protection doit être assurée même en cas de défaillance de
l'embrayage de la presse.

TITRE III Mesures particulières de prévention des risques


d'incendie

Section 1 Dispositions générales

 Art. 45. Les dispositions de l'article 5 de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988


susvisée, relatives à la prévention et à la lutte en matière d'incendie sur les lieux
de travail, sont précisées aux articles 46 à 60 du présent décret.
 Art. 46. Les locaux ou postes de travail présentant des risques d'incendie par
l'emploi permanent de produits et de matières particulièrement inflammables
doivent être isolés.
L'isolation desdits locaux et postes de travail doit avoir lieu, selon le cas, soit par
installation dans des bâtiments distincts, soit par séparation ou protection
résultant de la construction.
Les travaux de maintenance effectués dans des locaux cités à l'alinéa premier et
susceptibles de provoquer l'incendie ou l'explosion doivent faire l'objet d'une
surveillance particulière

 Art. 47. Les matières inflammables sont classées en deux groupes :


* Le premier groupe comprend :
- les matières émettant des vapeurs inflammables;
- les matières susceptibles de brûler sans apport d'oxygène;
- les matières dans un état physique de grande division, susceptibles de former
avec l'air un mélange explosif.
* Le deuxième groupe comprend :
- Les matières susceptibles de prendre feu au contact d'une flamme et de
propager rapidement l'incendie.

 Art. 48. Les locaux où sont entreposées ou manipulées des matières


inflammables du premier groupe ne peuvent être éclairés que par des lampes
électriques munies d'une double enveloppe étanche ou par des lampes
extérieures sou verre dormant.

 Art. 49. Dans les zones présentant des risques d'explosion, les installations
électriques doivent être :
- réduites aux seuls éléments nécessaires aux besoins de l'exploitation; tout
appareil, machine ou canalisation devant être placé en dehors de ces zones;
- être conçues et réalisées de façon à ne comporter aucune source possible
d'étincelle ou d'échauffement entraînant l'inflammation des atmosphères ou
matières explosives.
* Les zones visées ci-dessus comprennent :
- les locaux et emplacements de travail où peuvent se former des atmosphères
explosives et ceux où des matières explosives sont entreposées, mises en oeuvre
ou fabriquées.
- à l'extérieur de ces locaux et emplacements tous endroits contigus qui sont en
communication avec eux et qui ne sont pas ventilés efficacement pour empêcher
la formation d'une atmosphère explosive.

 Art. 50. Les locaux où sont manipulées ou mises en oeuvre des matières
inflammables du premier groupe ne doivent jamais contenir aucun foyer, aucune
flamme aucun appareil ni des parties susceptibles d'être portées à incandescence.

Il est interdit d'y fumer et d'y apporter du feu sous une forme quelconque. Cette
interdiction doit faire l'objet d'une information appropriée.
Ces locaux doivent être parfaitement ventilés et leur accès réglementé.

 Art. 51. Dans les locaux visés à l'article précédent, ne peuvent être entreposées
des quantités de liquides supérieures à la quantité nécessaire au travail de la
journée lorsque ces liquides sont particulièrement inflammables et classés dans le
premier ou le deuxième groupe.
Les récipients et les moyens de transvasement des liquides visés à l'alinéa ci-
dessus doivent présenter toutes les conditions d'étanchéité, et s'ils sont en verre,
être conçus de manière à résister aux chocs et aux écrasements.

 Art. 52. Dans les locaux où sont entreposées ou manipulées des matières
inflammables du premier ou du deuxième groupe, aucun poste habituel de travail
ne doit se trouver à plus de dix mètres d'une issue. Les portes de ces locaux
doivent s'ouvrir dans le sens de la sortie.
Il est interdit de déposer et laisser séjourner des matières inflammables du
premier ou du deuxième groupe dans les escaliers, passages, couloirs ainsi qu'à
proximité des issues des locaux et bâtiments. Les chiffons, cotons, papiers
imprégnés de liquides inflammables ou de matières grasses doivent après usage
être enfermés dans des récipients métalliques clos et étanches et à l'abri de toute
source de chaleur.

 Art. 53. Dans les locaux où sont traitées, fabriquées ou entreposées des
matières du deuxième groupe, susceptibles de prendre feu au contact d'une
flamme et de propager rapidement l'incendie, les canalisations et appareils
électriques doivent être pourvus de dispositifs empêchant leur contact avec ces
matières ainsi que l'échauffement dangereux de celles-ci. En outre :
a) Les canalisations et appareils électriques doivent être réduits aux installations
nécessaires à l'alimentation et à la commande du matériel utilisé dans ces locaux.
b) L'utilisation de conducteurs électriques nus ainsi que de pièces conductrices
nues destinées à être sous tension et qui ne sont pas protégés, est interdite.
c) Le matériel dont le fonctionnement provoque des arcs ou des étincelles ou
l'incandescence, n'est autorisé que si ces sources de danger sont incluses dans
des enveloppes appropriées.

Section 2 Évacuation du personnel

 Art. 54. Dans tous les cas, les issues et dégagements des locaux et bâtiments de
travail, doivent être répartis de façon à permettre une évacuation rapide en cas
d'incendie.
Un local ou un bâtiment ne peut avoir moins de deux issues lorsque celles-ci
doivent donner passage à plus de cent (100) personnes appartenant ou non au
personnel de l'entreprise. La largeur des issues, des passages ou dégagements y
conduisant ne doit en aucun cas être inférieure à 80 Cm.
 Art. 55. Lorsque l'importance des bâtiments ou la disposition des locaux l'exige,
des indications bien visibles de jour et de nuit doivent indiquer le chemin vers la
sortie la plus proche.
En outre, les portes de sorties qui ne servent pas habituellement de passage
doivent pendant les périodes de travail pouvoir s'ouvrir très facilement et très
rapidement de l'intérieur et être signalées par la mention "issue de secours"
inscrite en caractères bien visibles. Un éclairage de sécurité permettra d'assurer
l'évacuation des personnes en cas d'interruption accidentelle de l'éclairage
normal.

 Art. 56. Les locaux de travail situés dans les étages et dans les sous-sols doivent
être desservis par des escaliers. Les ascenseurs monte-charge, chemins ou tapis
roulants utilisés au transport des personnes ne peuvent justifier l'absence ou une
diminution du nombre ou de la largeur des escaliers.
Un bâtiment à plusieurs niveaux ne peut comporter moins de deux escaliers
lorsque ceux-ci doivent donner passage à plus de cent (100) personnes à évacuer.

Section 3 Lutte contre l'incendie

 Art. 57. Le premier secours doit être assuré par des extincteurs de différents
types et capacités, en nombre suffisant, facilement accessibles et répartis
convenablement dans les lieux de travail.
Les cabines de conduite d'appareils, d'engins et de véhicules doivent être
pourvues d'appareils extincteurs.
La nature du produit extincteur doit être appropriée au risque.
Toutefois, l'emploi de tétrachlorure de carbone et de bromure de méthyle est
interdit ainsi que de tout autre produit reconnu dangereux pour cet usage.
Dans tous les cas, d'autres moyens d'extinction doivent être tenus à proximité des
emplacements de travail comportant des risques particuliers d'apparition de feu.
Dans les locaux, ateliers ou laboratoires où sont mis en oeuvre des liquides
classés dans le premier groupe des matières inflammables, des couvertures
ignifuges facilement accessibles doivent être mises à la disposition des
travailleurs, le cas échéant, un positif d'arrosage est
placé à la sortie du local.
 Art. 58. Dans les entreprises où sont manipulées, mises en oeuvre ou
entreposées d'importantes quantités de matières inflammables du premier
groupe, l'organisme employeur doit mettre en place des moyens de secours
supplémentaires appropriés aux risques d'incendie.
Ces moyens doivent être mis en oeuvre par une équipe entraînée à l'utilisation de
ces matériels d'extinction.

 Art. 59. Dans les locaux où sont manipulées ou mises en oeuvre des matières
inflammables, des consignes prescrivant les opérations à effectuer en cas
d'incendie, doivent être données au personnel.
Dans chaque local de travail, une consigne doit indiquer la localisation du matériel
d'extinction et de sauvetage, désigner le personnel chargé d'utiliser ce matériel
ainsi que les personnes qui doivent diriger l'évacuation du personnel ou, le cas
échéant, du public.
En outre, des consignes particulières doivent être données au personnel de
maîtrise et au personnel de gardiennage et de surveillance.
Une consigne spéciale est également établie à l'intention des personnels
spécialement entraînés à l'intervention contre le feu.
Le texte des consignes prévues au présent article est communiqué pour
approbation au responsable de la protection civile, territorialement compétent,
ainsi que, le cas échéant, aux personnels d'inspection et de contrôle, dans le
cadre des attributions qui leur sont dévolues par les lois et règlements en vigueur.

 Art. 60. Le matériel de lutte contre l'incendie doit faire l'objet de visites et
d'essais périodiques, conformément à la réglementation en vigueur.
Les essais sont pratiqués à l'occasion d'exercices au cours desquels le personnel
apprendra à se servir des moyens de premiers secours.
La liste des essais et exercices et les observations auxquelles ils peuvent donner
lieu doivent être portées sur le registre des délibérations de la commission
d'hygiène et de sécurité, ou à défaut, sur un registre spécial tenu à la disposition
de l'inspecteur du travail en application de l'article 32 de la loi n° 88-07 du 26
janvier 1988 relative à l'hygiène, à la sécurité
et à la médecine du travail.

TITRE IV Vérifications périodiques et mesures d'entretien

 Art. 61. Les dispositions de l'article 7, troisième alinéa de la loi n° 88-07 du 26


janvier 1988 susvisée sont précisées aux articles 62 à 66 du présent décret.
 Art. 62. Des visites, vérifications et entretiens périodiques doivent être prévus de
façon particulière et selon les périodicités fixées par la réglementation en vigueur
notamment dans les domaines suivants :
1°) - ambiance de travail et locaux de travail;
2°) - moyens de protection collective et individuelle;
3°) - installations de lutte contre l'incendie;
4°) - véhicules de transport notamment ceux destinés au transport du personnel;
5°) - appareils de levage, équipements et engins de manutention;
6°) - installations électriques;
7°) - appareils sous pression;
8°) - sources radioactives et appareils émettant des rayonnements ionisants.

 Art. 63. Les machines et mécanismes dangereux, doivent faire l'objet


périodiquement, de visites, vérifications et entretiens particuliers dans le but
d'assurer le bon fonctionnement des organes de commande et l'efficacité des
dispositifs de sécurité.
Les vérifications porteront notamment sur l'état des outils en vue de définir ceux
qui doivent être remplacés lorsque leurs qualités ne peuvent être maintenues par
l'entretien courant.

 Art. 64. Les résultats des visites, vérifications, entretiens prévus aux articles 62
et 63 ci-dessus seront consignés sur un registre spécial tenu à cet effet, en
application de l'article 32 de la loi n° 88-07 du 26 janvier 1988 susvisée.

 Art. 65. Les visites, vérifications et entretiens doivent être effectués par un
personnel habilité à cet effet, désigné par l'organisme employeur.
Le recours aux organismes de contrôle technique ou aux personnes agrées à lieu
dans les conditions fixées, par la réglementation en vigueur.

 Art. 66. IL est interdit de procéder pendant leur marche à la visite, la vérification
ou la réparation des transmissions, mécanismes et machines comportant des
organes en mouvement.
Les opérations de nettoyage, essuyage, graissage, ainsi que l'application à la main
d'adhésifs, sont également interdites pendant le fonctionnement desdites
machines, mécanismes et transmissions.
L'exécution, à l'arrêt, des opérations visées à l'alinéa premier n'est autorisée
qu'après que des mesures appropriées auront été prises pour empêcher la remise
en marche inopinée des transmissions, machines et mécanismes.
Dans le cas où des contraintes techniques s'opposent au respect des prescriptions
prévues au présent article, notamment dans le travail à feu continu, les travaux de
visite, de réparation et d'entretien ne peuvent être entrepris qu'après respect de
mesures particulières de sécurité préalablement établies par l'organisme
employeur concerné.

TITRE V Délais minimaux d'exécution dans Le cadre de la


procédure de mise en demeure

 Art. 67. En application des dispositions de l'article 31 de la loi n°88-07 susvisée,


le délai fixé par l'inspecteur du travail à l'organisme employeur pour les
prescriptions donnant lieu à l'application de la procédure de mises en demeure ne
peut être inférieur aux délais minimaux d'exécution prévus ci-après :
1) - Délai minimum d'un mois pour les prescriptions prévues aux articles 3 (alinéa
2), 6, 7, 8, 9 (alinéa 2) 10, 11 (alinéas 1 et 2), 12 (alinéas 1 et 2), 15, 16, 18, 20,
21, 22, 23, 27, 28, 29, 39, 40, 41, 43, 44, 46, 56, 58.
2) - Délai minimum de quinze (15) jours pour les prescriptions prévues aux articles
4, 13, 14, 17, 19, 26, 30, 31, 32, 48, 49, 53, 54, 55 (alinéa 2), 62.
3) - Délai minimum de cinq (5) jours pour les prescriptions prévues aux articles 3
(alinéa 1), 5, 9, (alinéa 1), 11 (alinéa 3), 12 (alinéa 3), 24, 33, 34, 35, 36, 50, 51,
52, 55 (alinéa 1), 57, 59, 60, 63, 64, 65.
 Art. 68. Le présent décret sera publié au journal officiel de la République
algérienne démocratique et populaire.

Fait à Alger, le 19 janvier 1991.


Mouloud HAMROUCHE.

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