Food & Agronomes & Department of
Agriculture Vétérinaires Animal Health
Organisation Sans (Socialist
(FAO) Frontières Republic of
(VSF-CICDA) Vietnam)
Un guide pour
les paravätärinaires
au Vietnam
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire
dans les petits älevages
de volailles
Table des matières
Introduction 3
La Grippe Aviaire 7
Qu’est-ce que la biosécurité ? 12
Que faire pour protéger sa ferme lorsqu’aucun cas
n’est recensé dans la province ou le pays ? 13
Que faire pour protéger sa ferme lorsque des cas
sont recensés dans la province ou le pays ? 23
Que faire en cas de forte mortalité dans une ferme ? 28
La protection des Hommes 38
Paravétérinaires et Station Vétérinaire de District :
Un partenariat clé pour lutter contre la Grippe Aviaire 40
Figures
Figure 1 : Possibles contacts directs et indirects entre volailles infectées et non-infectées
pouvant amener la grippe aviaire dans un élevage 8
Figure 2 : Niveau de biosécurité en fonction des pratiques d’élevage 15
Figure 3 : Poulets et canards gardés dans un parc clôturé 16
Figure 4 : Séparation des volailles malades avec le reste de l’élevage 17
Figure 5 : Elevage mal organisé (en haut) et bien organisé (en bas) 18
Figure 6 : Bonnes mesures de contrôle pour les personnes entrant dans la cour (la moto
reste dehors, les mains sont lavées, les sandales de l’éleveur sont utilisées) 21
Figure 7 : Principes de la quarantaine 22
Figure 8 : Trois types différents d’élevages protégés (parc clôturé, poulailler,
volailles sous la maison dans un filet de pêche) 24
Figure 9 : Ne pas participer au combat de coq. Eviter de ramener des volailles à la ferme 25
Figure 10 : Oiseaux malades et morts 28
Figure 11 : Paravétérinaires contractant la Station Vétérinaire du District 30
Figure 12 : Mettre les oiseaux morts dans un sac (bonne pratique) 33
Figure 13 : Jeter les oiseaux morts dans la rivière (mauvaise pratique) 33
Figure 14 : Etapes et durée avant de restocker avec nouveaux animaux 37
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Remerciements
Nous souhaitons adresser nos plus sincères
remerciements aux personnes ayant travaillé avec
Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (VSF-
CICDA) à la rédaction de ce guide, en particulier : Marie
Edan, Stéphanie Desvaux, Mathieu Carles, Ly Proyuth,
Bui Xuan Ba, Nguyen Dinh Hoan, Thomas Delquigny
et Patrice Gautier ainsi qu’aux personnes ayant produit
les dessins. Nous remercions également les personnes du
Département Vétérinaire du Vietnam, les représentants
de la FAO à Hanoi et à Rome, les représentants de l’OMS
à Hanoi ainsi que les universitaires et consultants qui
ont bien voulu prendre de leur temps pour relire ce
manuel. Nous adressons enfin nos remerciements aux
para vétérinaires pour leurs commentaires lors des
essais terrain.
Certains dessins ont été repris de : « Amanual on improved rural poultry
production » (1st edition, English Language) G. Oosterwijk, D. Van
Aken, S. Vongthilath, 2003. Department of Livestock and Fisheries,
Ministry of Agriculture and Forestry, Lao PDR. VII + 115 pp.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Introduction
Ce guide a été rédigé pour s’assurer qu’une information
adéquate soit à la disposition des petits éleveurs de
volailles en Asie du Sud-Est, afin de leur permettre de
prévenir et contrôler au mieux la Grippe Aviaire.
Les informations contenues dans ce guide s’adressent
particulièrement aux petites unités de production de
volailles villageoises. Un accent particulier est mis sur
les méthodes de prévention et de contrôle de la maladie.
Ce guide ne pouvait pas être mis directement à
la disposition des millions de petits producteurs
vietnamiens. Il a donc été décidé de combiner dans ce
guide des informations pour les éleveurs, mais aussi pour
les para vétérinaires et de distribuer ce manuel à ces para
vétérinaires. Ils représentent en effet les principaux
acteurs des services de santé animale au niveau villageois
et sont donc les mieux placés pour diffuser les messages
aux petits producteurs.
Idéalement, ce guide devrait être distribué par le
personnel des Stations Vétérinaires de District (SVD) au
cours de réunions avec l’ensemble des para vétérinaires
du district. Cette rencontre serait l’occasion de discuter
le contenu de ce guide afin que chaque agent de santé
animale s’accorde avec ses homologues ou supérieurs
sur la conduite à tenir en cas de survenue d’un cas dans
le district ou à proximité.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
6
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
La Grippe Aviaire
La Grippe Aviaire est une maladie dangereuse car elle peut
tuer toutes les volailles d’une ferme.
La Grippe Aviaire est une maladie dangereuse car elle peut
se propager rapidement aux autres fermes et au pays entier.
La Grippe Aviaire est une maladie dangereuse car, dans
certains cas, elle peut contaminer l’homme et entraîner
sa mort.
Etiologie et virulence :
La Grippe Aviaire est une maladie virale. Elle peut se présenter sous
différentes formes :
Signes cliniques sévères et généralisés = Hautement Pathogène
(GAHP)
Signes cliniques discrets, surtout respiratoires = Faiblement
Pathogène (GAFP)
Pas de signes cliniques.
Espèces sensibles / Hôtes naturels :
Les poulets, les canards, les oies, les dindes, les pintades, les cailles,
les faisans et les oiseaux sauvages peuvent être contaminés par le
virus. Selon le virus en cause, ils développeront ou non des signes
cliniques.
Comment la Grippe Aviaire contamine-t-elle un animal ?
Le virus peut contaminer une ferme de volailles de différentes manières :
Achat ou don d’un ou plusieurs oiseaux porteurs du virus, même
s’ils ne présentent pas de signes cliniques.
Les personnes (membres de la famille ou amis, employés, para
vétérinaires, collecteurs, livreur d’aliment,…etc.) venant dans la
ferme après avoir visité une autre ferme, un marché de volailles
vivantes, un abattoir, un laboratoire,… etc. qui étaient infectés ou
contaminés. Ils peuvent alors transporter le virus sur leurs vêtements,
leurs chaussures, leurs bottes, leur véhicule (roues des motos, par
exemple), sur le carton transportant les oeufs,… etc.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Achat ou don d’autres animaux (cochons, par exemple) venant d’une
ferme avec des volailles infectées.
Chiens transportant des cadavres d’une ferme infectée.
Les oiseaux sauvages pendant leur migration d’une zone à l’autre. Ils
peuvent contaminer la ferme par l’intermédiaire de contacts directs
avec la volaille, ou par l’intermédiaire de leurs déjections sur le sol.
Les allers – retours des canards des champs de riz.
Toute volaille pouvant se déplacer dans un espace étendu ou non
contrôlé.
Contacts avec les mares où ont séjourné des oiseaux infectés
Contacts avec le fumier provenant d’oiseaux infectés.
Contact Direct Contact Indirect
Volailles infectées Vêtements,
(poulets, canards...) chaussures
Elevage Mobylette, Elevage infecté
non-infecté vélo
Oiseaux sauvages Fumier,
mares
Figure 1 : Possibles contacts directs et indirects entre volailles infectées et non-
infectées pouvant amener la grippe aviaire dans un élevage
Période d’incubation :
Il faut 3 à 7 jours entre la contamination par le virus et l’apparition
des signes cliniques.
Signes cliniques :
La Grippe Aviaire ressemble beaucoup à la maladie de Newcastle.
Il faut toujours suspecter la Grippe Aviaire en cas de mortalité
importante et rapide !
Les signes cliniques sont très variables, influencés par différents
facteurs tels que le type de virus en cause, l’espèce touchée, l’âge,
les autres maladies et l’environnement.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
La maladie apparaît soudainement dans l’élevage et de nombreux
oiseaux meurent :
Soit très rapidement sans aucun signe clinique,
Soit avec des signes frustres (prostration, anorexie, plumes
ébouriffées).
Les autres oiseaux sont affaiblis, titubent, souvent prostrés, en position
semi-comateuse avec la tête basse.
Certains animaux, en particulier les plus jeunes, peuvent avoir des
signes neurologiques.
Les poules peuvent, dans un premier temps, pondre des oeufs à
coquilles molles mais elles s’arrêtent rapidement de pondre.
La crête et les barbillons sont souvent cyanosés, oedématiés avec
des pétéchies et des hémorragies à leurs extrémités.
Une diarrhée importante et liquide est souvent rapportée, associée à
une augmentation importante de la prise de boisson.
La respiration peut être difficile.
Des hémorragies peuvent être observées dans les zones sans plumes.
Le taux de mortalité varie de 50% à 100%.
Dans les élevages de poulets de chair, les signes cliniques sont
souvent plus frustres. Une sévère dépression, une anorexie et une
augmentation de la mortalité sont les premiers signes observés. Un
oedème de la face et du cou ainsi que des signes neurologiques
(torticollis, ataxie) peuvent également apparaître.
Chez les dindes, les signes cliniques sont similaires à ceux observés
chez les pondeuses, mais cela dure souvent 2 à 3 jours de plus.
Occasionnellement, une sinusite infra-orbitaire est notée.
Chez les canards et les oies, des signes de dépression, de l’inappétence
et de la diarrhée sont similaires à ceux observés chez les pondeuses,
avec souvent une sinusite infra-orbitaire associée.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Les canards infectés par la Grippe Aviaire peuvent excréter le virus
sans avoir de signes cliniques ou de lésions.
Pathologie :
Chez les oiseaux morts rapidement, seules quelques lésions non
spécifiques peuvent être observées :
Deshydration, congestion des viscères et des muscles.
Chez les oiseaux morts plus lentement :
Pétéchies et ecchymoses sur le corps, en particulier sur le larynx,
la trachée et le péricarde, etc.
Oedème sous-cutané diffus, en particulier sur la tête et les pattes.
La carcasse peut être déshydratée.
Des point nécrotiques jaunes ou gris peuvent être présents sur la rate,
le foie, les reins et les poumons.
Aérosacculite exsudative.
Splénomégalie parfois hémorragique.
Diagnostique différentiel :
La Grippe Aviaire Hautement Pathogène peut être difficile à différentier de :
Autres maladies causant une mortalité importante et brutale :
La maladie de Newcastle;
La laryngotrachéite Infectieuse;
La Peste du Canard;
Les empoisonnements aigus;
Autres maladies causant un gonflement de la crête et des barillons
Pasteurellose aiguë et autres maladies septicémiques;
Infections bacteriennes de la crête et des barbillons.
La Grippe Aviaire devrait être suspectée dans tous les cas de maladies des
volailles qui persistent malgré la mise en place de mesures préventives et
thérapeutiques pour les autres maladies.
Diagnostic de laboratoire :
La Grippe Aviaire ne peut être différenciée des autres maladies sans
l’utilisation de tests de laboratoire. Cependant, les para vétérinaires ne
devraient pas attendre les résultats de ces tests pour mettre en place certaines
mesures de contrôle (voir plus loin dans ce manuel).
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
La technique de prélèvement des échantillons en vu du diagnostic de
laboratoire n’est pas présentée dans ce guide. Seuls les vétérinaires ayant
reçu une formation adéquate peuvent réaliser ces prélèvement. Ils doivent
normalement prélever des échantillons sur des animaux malades mais
également sur des animaux en bonne santé. Les échantillons doivent être
préIevés sur au moins 6 animaux de l’élevage.
Traitement :
Il n’existe aucun traitement contre la Grippe Aviaire.
Vaccination :
Les vaccins contre la Grippe Aviaire existent et se développent de plus en
plus. La décision de mettre en place un programme vaccinal dans un pays
revient aux Services Vétérinaires Centraux.
Cependant, la vaccination n’est qu’une des méthodes de prévention et de
contrôle. Les autres méthodes (celles décrites dans ce guide) doivent toujours
être mises en place et respectées, même si la vaccination est pratiquée.
Zoonose :
La Grippe Aviaire est une zoonose : elle peut, dans certaines circonstances,
affecter les êtres humains et causer leur mort.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Qu’est-ce que la biosécurité ?
La biosécurité relève du bon sens.
La biosécurité ne coûte pas cher, il s’agit avant tout de bonnes pratiques
d’élevage.
Les principes de biosécurité peuvent s’appliquer de la même façon aux grosses
unités de production et aux petits élevages villageois.
Pour les petits élevages produisant des volailles, la biosécurité constitue un
ensemble de mesures simples, peu ou pas coûteuses qui permetteront de :
Eloigner les agents pathogènes des volailles.
Eloigner les volailles des agents pathogènes.
Si les mesures de biosécurité ne sont pas respectées, vous passez plus de
temps et vous dépensez plus d’argent à essayer de régler le problème quand
il survient.
Les principes de biosécurité peuvent cependant être difficiles à respecter
dans le cas des élevages de canards élevés dans les champs de riz. Si vous
ne pouvez appliquer les mesures de biosécurité dans ce cas, vous devez vous
assurer que ces animaux n’ont pas de contacts avec les autres volailles.
Les mesures de biosécurité doivent être adaptées aux conditions générales
de la région. Par exemple, s’il y a des cas de Grippe Aviaire près de votre
ferme, vous devez mettre en place des mesures plus strictes qu’en temps
normal. Vous pouvez vous référer aux pages suivantes pour savoir
exactement quelles mesures de biosécurité mettre en place en fonction de
votre situation.
N’oubliez pas que les mesures de biosécurité vous aideront à protéger
votre élevage contre toutes les maladies et pas uniquement contre la
Grippe Aviaire.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Que faire pour protéger sa ferme
lorsque aucun cas n’est recensé
dans la province ou le pays ?
Avec la Grippe Aviaire, il n’y a pour ainsi dire jamais de moments où le
risque de contamination est nul. Même si vous n’entendez pas parler de cas
dans votre province ou dans le pays, le risque est toujours présent.
Lorsque vous entendez parler d’un cas de Grippe Aviaire à 100 kilomètres
de votre ferme, cela ne signifie pas que des fermes voisines ou même votre
ferme ne sont pas infectées. Des volailles, des hommes ont pu voyager de
la zone infectée vers votre zone avant que la maladie ne soit observée et le
cas recensé.
Toujours avoir en tête que la Grippe Aviaire
pourrait arriver !
En respectant quelques principes de base, un élevage limitera le risque de
contamination. Ces principes sont :
Elever les volailles dans Elever les volailles dans Contrôler les entrées
de bonnes conditions un environnement protégé dans votre élevage
Ne compter que sur vous pour protéger votre élevage
des maladies !
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
PRINCIPE No. 1 Elever des volailles dans de bonnes conditions.
Un animal élevé dans de bonnes conditions résiste mieux aux
maladies. Ces conditions sont:
Un accès à de l’eau propre et à une alimentation de qualité.
Un bâtiment adapté.
Un déparasitage régulier.
Si vos volailles sont élevées dans de mauvaises conditions :
Elles sont plus sensibles aux maladies.
Elles produisent moins d’oeufs et moins de viandes. Il y a donc
moins de nourriture et moins de revenus pour la famille.
PRINCIPE No. 2 Elever des volailles dans un environnement protégé.
Idéalement, les volailles devraient être élevées dans un
environnement clos. Cependant, cela semble irréaliste pour les petits
élevages villageois. Le schéma suivant présente quelques situations
possibles, organisées selon leur niveau de biosécurité.
Quel est le meilleur système ?
La situation A est beaucoup plus efficace pour la protection de
vos volailles que la situation E car les contacts entre les volailles
et des animaux infectés sont beaucoup moins probables si les
volailles sont élevées en bâtiment fermé qu’en plein air dans les
champs de riz.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
La volaille
biosäcuritä
A est élevée dans
un bâtiment
fermé.
HAUT Les volailles
B ont accès à
un parcours.
Les volailles
C sont laissées
en liberté
dans la cour
de la ferme.
Les volailles
D sont laissées en
liberté à l’inté-
rieur et à l’exté-
rieur de la cour
de la ferme.
BAS Les volailles
E vont et viennent
dans les
champs de riz.
Figure 2 : Niveau de biosécurité en fonction des pratiques d’élevage
15
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Laisser les canards en liberté dans les champs de riz est une méthode
d’élevage permettant de gagner de l’argent sans en dépenser MAIS
c’est également une pratique à risque. Il vaut mieux avoir une mare
clôturée.
Un bâtiment fermé la nuit et un parc clôturé (avec une mare si
besoin) pour la journée est la solution la plus adaptée.
Figure 3 : Poulets et canards
gardés dans un parc clôturé
Si vos volailles ont accès à la cour de la ferme, assurez vous
que le sol est propre.
Lorsque vous apercevez une ou plusieurs volailles malades,
séparez les des autres et placez les dans des cages fermées. Elles
ne doivent pas être en contact avec les autres volailles.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
1observation d’un ou
plusieurs oiseaux
semblant malades
2 mise dans
une cage fermée
Figure 4 : Séparation des volailles malades avec le reste de l’élevage
17
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Lorsque vous vous occupez de vos volailles, commencez
toujours par le lot sain.
Figure 5 : Elevage
mal organisé (en
haut) et bien
organisé (en bas)
18
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
PRINCIPE No. 3 Contrôler les entrées dans votre élevage.
Quelles sont les entrées à surveiller ?
Toute personne venant d’un endroit avec des
volailles malades peut transporter le virus sur
ses vêtements, ses sandales :
Les membres de la famille revenant de la
maison d’un voisin, du marché, des
champs.
Les amis de la famille venant pour des
occasions spéciales (mariage, nouvel
an,…)
Les voisins
Les collecteurs venant acheter ou vendre
des volailles mais aussi des porcs, des
bovins,…
Les para vétérinaires venant traiter ou
vacciner vos animaux. Ils ont pu visiter une
ferme infectée avant.
Les poussins, canetons, porcelets achetés à un
collecteur, à un voisin, au marché.
L’achet d’aliment pour animaux, d’équi-
pement, etc.
L’entrée de motos, vélos, etc. dans la cour de
la ferme.
Les chiens et les chats ou les mouches et les
moustiques qui apportent des animaux morts,
des déchets et des agents pathogènes.
Le fumier acheté dans une autre ferme.
19
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Que pouvez-vous faire ?
Ces conseils peuvent sembler difficiles à appliquer mais ils représentent la
meilleure façon de protéger vos volailles et donc les revenus de l’élevage !
Il s’agit en grande partie d’un changement d’habitudes. Il peut être difficile de
tout changer en même temps mais il est important d’améliorer petit à petit les
techniques d’élevage.
Toujours considérer que vous ou n’importe qui peut transporter
le virus ! Même s’il s’agit de quelqu’un que vous connaissez
très bien, faites attention !
Eloigner les visiteurs des endroits où les volailles vivent ou se
nourrissent.
Demandez aux personnes, particulièrement aux collecteurs qui
transportent des volailles vivantes, de laisser leur moto ou leur
vélo à l’entrée de la ferme.
Ne laissez pas le collecteur entrer dans la ferme. Apportez lui
vous-même les animaux s’il veut en acheter.
Vous devez vous laver les mains avec du savon avant et après
vous être occupé des volailles.
L’éleveur devrait changer ses vêtements quand il rentre dans
l’élevage, particulièrement quand il vient d’une autre ferme.
Si possible :
L’éleveur devrait toujours avoir un seau d’eau avec du savon (si
possible avec du désinfectant dedans) à l’entrée de la ferme afin
que toute personne puisse laver ses chaussures, les roues de son
vélo ou de sa moto,… etc.
L’éleveur devrait avoir des sandales pour les visiteurs afin qu’ils
puissent laisser leurs propres sandales à l’entrée de la ferme. Si
cela n’est pas possible, l’éleveur devrait demander aux visiteurs
de laver et brosser leurs sandales à l’entrée de la ferme.
20
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Figure 6 : Bonnes mesures de contrôle pour les personnes entrant dans la cour
(la moto reste dehors, les mains sont lavées, les sandales de l’éleveur sont utilisées)
Si l’éleveur s’approvisionne en fumier dans une autre ferme,
il doit le stocker dans un endroit protégé pendant au moins
3 semaines, saupoudrer de la chaux et retourner l’ensemble
régulièrement (tous les 2-3 jours, afin que le virus soit exposé
au désinfectant et meurt).
Quarantaine : si l’éleveur doit acheter de nouveaux animaux,
il doit les placer dans un environnement fermé, à l’écart des
autres volailles pendant au moins 2 semaines. Même un animal
apparemment en bonne santé peut être porteur d’un virus. Dans
ce cas, non seulement ils vont mourir, mais l’ensemble de vos
volailles peut également mourir.
Vous pouvez mettre ces nouveaux animaux dans un grand
panier en vous assurant que vos autres volailles ne peuvent pas
s’approcher de ce panier.
21
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Figure 7 : Principes de la quarantaine
1 Des nouveaux animaux ont été
achetés et amenés dans l’élevage
2 Les nouveaux animaux sont gardés
dans un endroit séparé pendant au moins
2 semaines, et observés tous les jours
3Si après 2 semaines au moins, ils sont
toujours en bonne santé, ils peuvent être
mis avec le reste des animaux
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Que faire pour protéger sa ferme
lorsque des cas sont recensés
dans la province ou le pays ?
Lorsque vous entendez que des cas de Grippe Aviaire sont survenus dans le pays
ou la province, il est possible que la maladie soit déjà très proche de votre ferme.
Des volailles et des hommes ont pu voyager de la zone infectée vers votre zone
avant que la maladie ne soit observée et qu’un cas ait été reporté.
Il s’agit d’une situation à haut risque !
Considérer que la Grippe Aviaire est à votre porte !
En suivant des principes de base, votre ferme ne sera pas infectée. Ces principes
sont :
Garder N’acheter N’autoriser Nettoyer la cour, Stocker
vos volailles et n’accepter à personne le bâtiment, le fumier.
dans un aucun nouvel l’accès de votre les équipements
environnement animal dans ferme. et les véhicules
clos. votre ferme. plus
régulièrement.
Ne faîtes confiance qu’à vous pour garder une ferme saine !
23
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
PRINCIPLE No. 1 Garder ses volailles dans un endroit protégé.
Comme cela a été présenté précédemment, l’élevage villageois de
volailles est caractérisé par une liberté plus ou moins importante des
volailles. Lorsqu’un cas survient à proximité, laisser les volailles
totalement libres est une pratique extrêmement risquée.
Un bâtiment fermé pour la nuit et un parc bien délimité (avec une
mare si besoin) pour la journée est une solution pratique.
N’emmener plus les canards dans les champs de riz. Ne laisser plus
les volailles se déplacer librement dans la cour de la ferme. Garder
vos volailles dans un environnement protégé : un parc clôturé, un
espace sous la maison entouré d’un filet de pêche, ou mieux, un
bâtiment pour volailles. Assurer vous qu’elles ont accès à de l’eau
propre et à l’aliment.
Nourrir les volailles vous-même (même si vous devez acheter un
peu d’aliment) plutôt que de laisser les volailles rechercher elles-
mêmes leur nourriture.
Figure 8 : Trois types différents
d’élevages protégés (parc
clôturé, poulailler, volailles
sous la maison dans un filet de
pêche)
24
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
PRINCIPLE No. 2 Ne pas acheter ou accepter de nouveaux animaux
dans votre ferme.
Même si les nouveaux animaux sont séparés des autres (quarantaine),
le risque de contaminer la ferme est trop important.
Ne pas introduire de nouveaux animaux, même pour une très
courte période.
Ne pas cuisiner de volailles vivantes. Si vous ne pouvez pas
faire autrement, préparer les séparément, dans un lieu facilement
nettoyable. Brûler ou enterrer les plumes et autres déchets.
Eviter d’emmener vos volailles au marché et de les ramener à
la ferme si vous ne les avez pas vendues. Si vous devez ramener
des volailles, placer les à l’écart des autres.
Ne pas participer à la compétition de coqs de combat.
Volailles ramenées à la ferme
Ne pas les placer avec les volailles saines
Figure 9 : Ne pas participer au
combat de coq. Eviter de
ramener des volailles à la ferme.
25
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
PRINCIPLE No. 3 Limiter et contrôler les entrées dans votre ferme.
Seuls les membres de la
familles sont autorisés à entrer
dans la cour de la ferme.
Tout le monde, y compris les
membres de la famille, doit laver,
nettoyer et désinfecter ses mains,
ses chaussures, ses sandales, les
roues de sa moto ou de son
vélo,etc. à l’entrée de la ferme
avant de rentrer dans la cour.
Seuls les membres de la
famille peuvent s’occuper des
volailles.
PRINCIPLE No. 4 Nettoyer la cour, les bâtiments des volailles,
les équipements, les motos plus régulièrement.
La cour de la ferme doit être
balayée tous les jours (porter un
masque en le faisant).
Le parcours et le bâtiment des
volailles doivent être balayés
et nettoyés tous les jours si
possible.
Les fientes et l’aliment non
consommé doivent être retirés,
brûlés ou stockés dans un endroit
protégé.
Laver, brosser et désinfecter le
petit matériel plus régulièrement.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
PRINCIPLE No. 5 Stocker le fumier.
Les virus peuvent survivre dans le fumier pendant plusieurs semaines.
Si le fumier est utilisé trop vite dans les champs, le virus peut
contaminer les volailles.
Le compostage permet de :
• Tuer les bactéries et les virus.
• Augmenter les qualités fertilisantes du fumier.
Méthode :
• Retirer le fumier tous les jours.
• Stocker le dans un sac en plastique jusqu’à obtenir au moins
10 kg.
• Ajouter de l’eau (2,5 litres pour 10 kg de fumier)
• Ajouter de la chaux (0,5 kg pour 10 kg de fumier)
• Stocker le tout dans un sac en plastique ou par terre sous un
plastique pendant 1 mois (loin des mares, puits, etc.)
27
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Que faire en cas de forte mortalité
dans une ferme ?
En production de volailles, la mort de quelques animaux peut être un problème
fréquent. Les volailles peuvent mourir pour différentes raisons, dont les maladies.
Certaines maladies sont moins importantes que d’autres car elles ne touchent
qu’un nombre restreint d’animaux.
La Grippe Aviaire, elle, peut avoir des conséquences sévères. Cela signifie que
lorsque vous observez une forte mortalité, vous devez penser à la Grippe Aviaire.
Figure 10 : Oiseaux malades et morts
Pour les éleveurs et les para vétérinaires, il est impossible de savoir avec certitude
si la mortalité est due à la Grippe Aviaire ou pas. C’est pourquoi ils doivent agir
comme s’il s’agissait de Grippe Aviaire (nous appelerons cela dans ce chapitre
une « mortalité suspecte »).
Qu’est ce qu’une mortalité suspecte ?
Mortalité brutale et subite de vos volailles (c’est-à-dire que vos volailles
étaient en bonne santé et qu’elles sont mortes brutalement en moins
de 24 heures), et une mortalité journalière de plus de 5%.
Par exemple, si vous avez 50 poulets, le premier jour 3 poulets meurent
sans présenter de symptômes, le deuxième jour, il y en a encore 3,
le troisième jour 4,…
28
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Si vous avez une mortalité suspecte dans votre ferme :
Seul le laboratoire peut confirmer ou infirmer le diagnostic
de Grippe Aviaire.
L’éleveur et le para vétérinaire doivent agir avant d’avoir
les résultats du laboratoire. Si vous attendez les résultats,
la situation va très vite devenir impossible à contrôler.
Lorsque vous observer une mortalité suspecte sur vos volailles, vous devez
travailler en collaboration avec le para vétérinaire. Les objectifs sont :
Eliminer le virus de la ferme le plus rapidement possible.
Eviter de contaminer les autres fermes.
Eviter l’infection humaine.
Rapporter immédiatement aux chefs du village et de la commune,
ainsi qu’à la Station Vétérinaire de District (SVD).
Rédiger un rapport avec l’ensemble des informations recueillies.
L’éleveur doit immédiatement informer le paravétérinaire :
Habituellement, la plupart des petits producteurs de volailles
n’utilisent pas les services des para vétérinaires pour leurs volailles.
Une des raisons est que la valeur économique des volailles n’est pas
assez importante pour justifier le paiement des honoraires du praticien
ou des traitements mis en place.
Cependant, lorsqu’une mortalité suspecte survient, il est crucial
d’informer le para vétérinaire ou le vétérinaire de district. C’est la
loi, mais c’est aussi simplement dans l’intérêt de l’éleveur. Pourquoi ?
Le paravétérinaire pourra aider à éliminer le virus de la ferme :
Ce sera plus sûr pour l’éleveur et sa famille et cela réduira les
risques que quelqu’un tombe malade.
L’éleveur pourra recommencer sa production plus vite
Cela évitera de contaminer les fermes voisines. Si les autres
fermes de volailles ne sont pas atteintes, il vous sera possible de
leur acheter des volailles lorsque vous recommencerez votre
élevage.
Il est possible que l’éleveur reçoive de l’argent de l’Etat pour
compenser les pertes économiques.
29
Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Le para vétérinaire doit :
Immédiatement visiter la ferme et donner des conseils appropriés
pour éviter la propagation du virus.
Informer la SVD le plus tôt possible.
Ne pas attendre les résultats du laboratoire avant d’agir. Dans une
telle situation, les résultats de laboratoire ne sont là que pour aider
la SVD et le para vétérinaire à décider si les mesures de contrôle
doivent être maintenues et étendues (résultat positif pour la Grippe
Aviaire) ou arrêtées (résultat négatif). Les mesures de contrôle doivent
être mises en place au moment de la visite du para vétérinaire. Si
vous attendez, il sera trop tard !
Bureau de poste
Bureau de la
Station Vétérinaire
Figure 11 : Paravétérinaires contractant la Station
Vétérinaire du District
Ne pas attendre l’arrivée des vétérinaires de la SVD avant d’agir.
Si les résultats de laboratoire confirment l’infection par le virus de
la Grippe Aviaire, le vétérinaire de district et le para vétérinaire doivent
maintenir ou étendre les mesures de contrôle, selon les décisions de
la SVD (conseillée par les Services Vétérinaires Nationaux et
Provinciaux).
30
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Vous trouverez ci-dessous un exemple des différentes mesures à mettre en
place :
Un dimanche, à 18h, Mme Thuy nourrit ses 20 poulets. Ils semblent tous
parfaitement normaux.
Le lendemain :
7.00 5 poulets sont morts et les autres sont malades.
8.00 Mme Thuy lave ses mains et ses sandales et part ensuite à la maison
du para vétérinaire.
9.00 Le para vétérinaire prend du désinfectant chez lui, et va visiter
la maison de Mme Thuy.
9.30 Le para vétérinaire arrive; laisse sa moto à la porte de la ferme;
appelle Mme Thuy. Elle lui apporte des sandales.
9.35 Le para vétérinaire regarde les volailles (mortes et vivantes). Il pose
des questions à Mme Thuy. Il pense que cela pourrait être de
la Grippe Aviaire ou la maladie de Newcastle. Il explique à Mme Thuy
ce qui doit être fait.
10.00 Mme Thuy tue les poulets vivants et place ses 20 poulets dans un sac
en plastique. Elle ferme le sac et le place dans un endroit protégé
(loin de la maison, des autres animaux, du puit, etc.).
10.30 Mme Thuy met de la chaux vive dans le bâtiment des volailles et partout
où les volailles ont été au cours des derniers jours. Elle vérifie que tous
les autres animaux sont dans leurs parcours ou attachés.
11.00 Le para vétérinaire prépare une solution désinfectante dans au moins
2 seaux.
Il va à l’entrée de la ferme, redonne ses sandales à Mme Thuy,
lave soigneusement ses mains, puis les roues de sa moto avec la solution
d’un des seaux.
Mme Thuy met les sandales et tout autre petit équipement à risque
dans le deuxième seau.
Mme Thuy accepte de contrôler les entrées et sorties des personnes
et animaux dans sa ferme.
11.30 Le para vétérinaire va immédiatement informer le chef du village et
téléphoner à la SVD pour les informer de sa suspicion, leur donner des
informations détaillées sur ce qu’il a vu et ce qui a été mis en place.
Le vétérinaire de district l’informe que quelqu’un va venir dans
l’après-midi pour discuter et prélever des échantillons pour le laboratoire.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
15.00 Un employé de la SVD arrive chez Mme Thuy avec le para vétérinaire.
Ils respectent les mêmes principes à l’entrée dans la ferme
que précédemment.
Le vétérinaire de la SVD ouvre les sacs et réalise un examen nécropsique.
Il porte des gants et un masque.
16.00 Le vétérinaire de la SVD pose les questions suivantes à Mme Thuy : qui est
venu dans la ferme durant les 3 dernières semaines et où sont-ils allés ensuite ?
Quels animaux ont quitté la ferme (vendus, offerts,…) durant les 3 dernières
semaines, pour quelle destination ?
17.00 Le vétérinaire et le para vétérinaire conseillent à Mme Thuy de ne pas acheter
ou vendre d’animaux avant d’avoir les résultats de l’analyse de laboratoire
et de tuer les volailles restantes. Mme Thuy accepte ces conseils.
17.30 Le vétérinaire se rend dans les fermes voisines pour poser les mêmes
questions et regarder s’il y a des volailles vivantes. Si c’est le cas, il prélève
des échantillons et conseille de garder les volailles dans un environnement
clos.
19.00 De retour à la SVD, le vétérinaire contact le Sous-Département Vétérinaire
Provincial (SDVP) pour les informer. Les échantillons sont conservés au
froid à la SVD. Le vétérinaire prépare un rapport qu’il envoie au SDVP avec
les échantillons.
Le mardi
08.00 La SVD envoie les prélèvements au laboratoire.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Que faire des oiseaux morts et autre matériel contaminé ?
Ne jamais jeter les oiseaux morts dans la rivière, mares,…
Ne jamais manger ces animaux.
Les oiseaux morts doivent être immédiatement placés dans des sacs.
Figure 12 : Mettre les oiseaux morts dans un sac (bonne pratique)
Figure 13 : Jeter les oiseaux morts dans la rivière (mauvaise pratique)
Les vétérinaires de la SVD doivent venir et prendre des échantillons
de ces animaux. Après leur départ, les animaux restant doivent être
détruits comme décrit plus loin.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Tous les oiseaux morts et tout matériel potentiellement contaminé
(fumier, oeufs, sang, plumes, coquilles, etc…) doivent être détruits
de façon adaptée, le plus tôt possible, selon une des méthodes
suivantes :
Incinération
Placez les oiseaux et tout maté-
riel potentiellement contaminés
dans un récipient, ajoutez y de
l’essence et allumez le feu.
Enterrement
Creusez un trou (loin des puits,
mares, etc.) dans le sol, ajoutez
de la chaux vive, placez-y les
oiseaux et matériels
potentiellement contaminés,
recouvrez de chaux vive et
enterrez le tout.
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Que faire des oiseaux malades ?
Ne jamais manger les oiseaux malades.
Les oiseaux malades devraient être placés dans un environnement
clos sans aucun contact possible avec d’autres animaux. Les
vétérinaires de la SVD sont susceptibles de venir prendre des
échantillons de ces animaux. Après leur passage ou après une journée,
ces oiseaux doivent être détruits.
Abattage : dans les petites unités de production de volailles, il n’y
a pas d’autres solutions pour l’abattage des volailles que de le faire
avec vos mains et un couteau. Il est primordial que les personnes
effectuant l’abattage soient en bonne santé et se protègent (port de
masque, lunettes, gants, bottes, etc...) du début de l’abattage jusqu’au
nettoyage du site et des équipements utilisés. Le sang, ainsi que tout
autre déchet, doit être collecté et détruit (voir plus haut). L’abattage
doit être réalisé loin de toute étendue d’eau (mares, puits). Il doit
induire la mort de l’animal aussi vite que possible à la fois pour éviter
la dissemination de plumes contaminées dans l’environnement, et
pour limiter la douleur causée à l’animal.
Destruction : voir plus haut (incinération ou enterrement).
Que faire des animaux sains ?
Les oiseaux qui semblent sains peuvent être conservés vivants aussi
longtemps qu’ils sont gardés dans un bâtiment fermé, sans contact
avec d’autres animaux.
Le para vétérinaire et le vétérinaire de la SVD peuvent suggérer
l’abattage immédiat de ces animaux si le risque de contamination
est trop important, sans attendre les résultats du laboratoire.
Si le résultat de laboratoire est positif pour la Grippe Aviaire, ces
oiseaux devront être détruits immédiatement (s’ils sont toujours en
vie), comme expliqué plus haut.
L’éleveur ne devrait jamais vendre ou donner ces oiseaux ou leurs
oeufs, même s’ils ont l’air en bonne santé !! Il entraînerait alors un
risque pour lui et d’autres personnes d’attraper la maladie. Il mettrait
les autres volailles en danger d’attraper la maladie.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Nettoyage et désinfection des bâtiments et des équipements
Le virus peut être présent sur de nombreux objets, matériel et zone
ayant été en contact avec des volailles malades ou ayant servis lors
de l’examen, l’abattage ou la destruction des animaux.
Les sacs en plastiques, l’aliment, les paniers en bambou peuvent être
facilement brûlés. Le fumier doit être composté ou brulé.
Le bâtiment des volailles fait de brique ou de bois dois être :
LAVÉ => BROSSÉ => DÉSINFECTÉ
Le sol sur lequel les volailles ont été élevées doit être nettoyé et brossé
puis désinfecté.
La chaux vive est le désinfectant le moins cher et devrait être utilisé
pour le sol et le bâtiment des volailles.
Autres choses
Ne visitez pas d’autres
élevages de volailles : vous
pourriez y apporter le virus.
Ne prêtez vos équipements à
personne.
Ne vendez ni donnez aucune
volaille, oeufs, fumier.
Lorsque vous ou un membre
de votre famille quitte la ferme,
vous devez nettoyer soi-
gneusement vos chaussures /
sandalles, et les roues de votre bicyclette / mobylette. Tout doit
également être désinfecté.
Période précédent le restockage
Après l’abattage de toutes les volailles, le nettoyage et la désinfection
du matériel et des surfaces, vous ne devez pas importer de nouveaux
animaux.
36
au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
Un autre cycle de nettoyage + désinfectation devrait être réalisé une
ou deux semaines plus tard.
Si le nettoyage a été correctement réalisé, au moins 21 jours devraient
s’écouler avant d’amener de nouveaux animaux. La plupart des
virus ne peuvent survivre au delà de cette durée dans l’environnement
s’ils ne sont pas en contact avec des animaux.
< 3 semaines >
1er Septembre < 1 semaine > 8 Septembre < 2 semaines > 22Septembre
Lavage, 2ème lavage Entrée de
brûlage, et nouveaux
désinfection désinfection animaux
Figure 14 : Etapes et durée avant de restocker avec nouveaux animaux
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
La protection des Hommes
Lorsqu’il y a des épisodes de
Grippe Aviare dans le pays ou la
province, chacun devrait se
rendre compte qu’il peut être
contaminé. La Grippe Aviaire
peut se transmettre à l’homme
principalement par l’intermédiaire
des fientes ou en inhalant le virus
présent dans les excrétions des
oiseaux malades.
Dans les fermes non infectées,
une seule personne devrait
s’occuper des volailles. Il doit
s’agir d’un adulte en bonne santé.
Les femmes enceintes et les
jeunes enfants devraient éviter
tout contact avec les animaux.
Ne consommez pas les animaux
morts de la maladie car vous prenez un risque d’être contaminé par la Grippe
Aviaire en préparant cette volaille.
Chaque fois que vous touchez vos volailles ou leurs produits (viande, oeufs),
vous devez vous laver soigneusement les mains avec du savon ensuite.
La consommation de sang de canard est à éviter.
Les para vétérinaires, les collecteurs, les vendeurs, les personnes achetant des
volailles vivantes au marché, les personnes préparant les plats à base de volailles,
que ce soit chez eux ou au restaurant, doivent se protéger lorsqu’ils sont en contact
avec des volailles. Ils doivent au moins porter un masque et si possible des gants,
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au Vietnam
Un guide pour les paravätärinaires
des lunettes,… Ils doivent se laver les mains soigneusement et régulièrement.
Ils doivent nettoyer leurs vêtements, leurs chaussures et leurs sandales au moins
une fois par jour.
Dans les zones reconnues contaminées, tout contact avec les volailles ou leurs
produits doit être évité. Les seules personnes pouvant être en contact avec les
volailles sont : les éleveurs, les para vétérinaires, les vétérinaires, et ils doivent
porter des protections.
Des conseils devraient être cherchés auprès du médecin de la commune.
Lorsque vous ou un membre de votre famille présente de la fièvre ou des difficultés
respiratoires, particulièrement après un contact avec des volailles malades, allez
le plus tôt possible au Centre de Santé et informez le médecin que vous travaillez
avec des volailles.
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Prävention et contr´le
de la grippe aviaire dans les petits älevages de volailles
Para vétérinaires et Station Vétérinaire
de District : Un partenariat clé pour
lutter contre la Grippe Aviaire
La Grippe Aviaire peut être combattue si (1) les cas sont rapportés rapidement ; (2)
les mesures de contrôle sont rapidement mises en place. La lutte contre la Grippe
Aviaire nécessite la coopération de différentes personnes : éleveurs / para vétérinaires /
vétérinaires de district / vétérinaires provinciaux / Département de Santé Animale /
laboratoires / médecins. Le para vétérinaire joue ici un rôle central car il/elle a de
bonnes relations avec les éleveurs, peut réagir rapidement et informer le vétérinaire
du district ou de la province d’une part et les décideurs communaux d’autre part.
Les bonnes relations entre éleveurs et para vétérinaires sont essentielles dans la
lutte contre la Grippe Aviaire dans la mesure où les para vétérinaires constituent
les seuls experts locaux en santé animale en contact avec les éleveurs. Cela facilite
la déclaration par les éleveurs de maladies importantes et la mise en place de
mesures conseillées par le para vétérinaire.
Le para vétérinaire et le vétérinaire de la SVD peuvent aider l’éleveur en lui
donnant de bons conseils et en mettant en place des mesures de contrôle pour
protéger sa famille mais aussi la communauté.
Le para vétérinaire et le vétérinaire de la SVD doivent avoir de bonnes relations
pour favoriser la déclaration et la mise en place de mesures rapides.
Le para vétérinaire a un intérêt à cette collaboration avec le vétérinaire
de district car il peut ainsi recevoir un soutien de la SVD.
Les employés de la SVD ont un intérêt à cette collaboration car il
s’agit là de la seule façon pour eux de savoir ce qu’il se passe au
niveau des communes et des villages. Ils peuvent également utiliser
les services des para vétérinaires pour mettre en place des mesures
de lutte et de contrôle au niveau d’un village.
Afin de faciliter la coordination au niveau des districts, des rencontres régulières
entre les para vétérinaires et vétérinaires privés, et la SVD devraient être
organisées.
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tntdesignvn@[Link]