Température et formation des roches magmatiques
Température et formation des roches magmatiques
I. Introduction à la Pétrographie
I.1. Définitions
La pétrographie (du grec petra, pierre, et graphein, écrire) est une des Sciences de la
Terre qui s’intéresse à la description et à la classification des roches.
La pétrogenèse cherche à comprendre les mécanismes de formation des roches.
Pétrographie + pétrogenèse = Pétrologie.
La pétrologie (du grec logos, discours, parole) est donc la science qui s’intéresse à la
description, classification et interprétation de la genèse des roches.
Une roche est un agrégat naturel de minéraux, de minéraloïdes, de verre et/ou de
matière organique qui compose l’écorce terrestre.
Le granite est une roche magmatique composée principalement des
minéraux suivants : feldspaths, quartz et micas.
Le calcaire est une roche sédimentaire composée de fossiles et d’une matrice
carbonatée.
Le charbon est une roches sédimentaire composée de matériel végétal lithifié.
L’obsidienne est une roche magmatique composée surtout de verre volcanique.
Un minéral est un solide (ce n’est pas un liquide, ni un gaz), naturel (il se forme sans
l’intervention de l’homme), possédant une composition chimique définie (exprimée par sa
formule chimique) et une structure atomique ordonnée (cristal).
La glace d’eau se forme naturellement ; elle est solide ; elle possède une
composition chimique définie exprimée par sa formule chimique H2O et
possède une structure cristalline. La glace est donc un minéral. Par contre,
l’eau liquide n’est pas un minéral, car elle n’est pas solide et ne possède pas
une structure cristalline.
La halite (le sel) se forme naturellement ; elle est solide ; elle possède une
composition chimique définie exprimée par sa formule chimique NaCl et
possède une structure cristalline. La halite est donc un minéral.
Le verre peut se former naturellement (les verres volcaniques par exemple) ;
c’est un solide ; par contre, sa composition chimique n’est pas définie et ne
possède pas une structure cristalline. Le verre n’est donc pas un minéral.
La Terre est composée de roches. Les roches sont des agrégats de minéraux. Les
minéraux sont formés d’atomes.
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Pétrographie Endogène
La plus vieille roche de notre planète jamais découverte est le Gneiss d’Acasta
(Territoires du Nord-Ouest, Canada) vieux de 3,95 milliards d’années.
Intérêt de la pétrographie
Scientifique : les roches sont aux géologues ce que les archives sont aux historiens.
Elles nous permettent de reconstituer l’histoire des derniers 4 milliards d’années de la
Terre.
Economique : les matières premières minérales sont toutes extraites des roches. Les
matériaux de construction sont pour la plupart à base de roches.
Technologique : la construction des ouvrages d’art ne peut se réaliser sans une étude
géologique des terrains qui se base sur les propriétés physiques et mécaniques des
roches. Ces propriétés sont intimement liées à la pétrographie des roches.
o la structure d’une roche désigne l’aspect ou la forme que prend la roche tel
qu’on peut l’observer à l’œil nu sur un affleurement rocheux (échelle
macroscopique). Exemple : structure litée, massive, rubanée.
La pétrographie est basée sur l’examen des lames minces des roches sous le
microscope polarisant pour déterminer avec précision les minéraux et leurs proportions dans
les roches.
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Pétrographie Endogène
Cette composition chimique servira à classifier les roches selon des critères
internationaux. Les méthodes géochimiques sont plus fiables que les méthodes descriptives.
Par contre, elles sont plus coûteuses et ne permettent pas une identification instantanée des
roches sur le terrain, les échantillons doivent être ramenés au laboratoire.
Exemple d’appareillage de mesures utilisées par les méthodes géochimiques :
spectromètre de fluorescence X, spectromètre à émission plasma, microsonde électronique.
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Pétrographie Endogène
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Pétrographie Endogène
Dans le cycle des roches, le magma occupe une position centrale : il en est le point de
départ et le point d'arrivée du cycle.
L’érosion des roches métamorphiques et des roches sédimentaires produira aussi des
sédiments et éventuellement des roches sédimentaires.
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Pétrographie Endogène
Erosion
Transport
Dépôts
Soulèvement et érosion des terrains
Roches magmatiques
Sédiments (Volcaniques)
Diagenèse
Cristallisation
Roches
sédimentaires
Métamorphisme
Roches magmatiques
(Plutoniques)
Roches
métamorphiques
Cristallisation
Fusion
Magma
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Dr CHABOU Moulley Charaf
Université Ferhat Abbas, Sétif
Institut d’Architecture et des Sciences de la Terre
Département des Sciences de la Terre
Cours de Pétrographie Endogène. 2ème année – LMD Géosciences – Semestre 4.
II.1. Définitions
Le magma est un bain silicaté fondu, constitué d’une phase liquide, d’une phase solide
(cristaux) et d’une phase gazeuse.
Le magma peut aussi subir un refroidissement rapide s’il est émis à la surface de la
Terre, à l’air libre ou sous l’eau : les roches ainsi formées sont appelées roches
volcaniques (dites aussi extrusives ou effusives).
Entre les deux extrêmes, il existe des intermédiaires, et les roches formées sont
nommées selon le contexte, roche de semi-profondeur, roches périplutoniques,
roches hypovolcaniques.
Les types de magmas sont déterminés par leurs compositions chimiques, et plus
spécialement par leur teneur en silice. Ainsi, on distingue trois grands types de magmas :
Environ 80% des magmas émis par des volcans sont basaltiques, et les magmas
andésitiques et rhyolitiques représentent ~10% chacun du total.
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Pétrographie Endogène
II.2.2. Gaz
La plupart des magmas contiennent des gaz (0,2 à 4% en poids) dissous dans le
liquide. Bien qu'ils soient présents en faible quantité, les gaz ont un effet énorme sur les
propriétés physiques du magma (la présence des gaz donne au magma leur caractère explosif).
La composition des gaz dans les magmas est la suivante :
La présence de gaz dans les magmas est liée à leurs compositions chimiques. Ainsi, les
magmas rhyolitiques ont une teneur en gaz dissous plus élevée que les magmas basaltiques.
La température d'un magma est difficile à mesurer parce que les volcans actifs sont
évidemment des endroits dangereux. Les géologues emploient donc des appareils optiques
pour mesurer la température d'un magma loin d'une éruption ou ils font des expériences en
laboratoires pour déterminer les températures des roches en fusion.
Remarque
A l’Archéen existaient des magmas plus chauds qui ont donnée naissance à des
roches appelées Komatiites (du nom de la rivière Komati en Afrique du Sud,
où ces roches ont été découvertes en 1969 par Richard et Morris Viljoen). La
température de ces magmas est estimée entre 1400 et 1600°C. L’existence de
ces magmas chauds à ces périodes reculées montre que le gradient
géothermique de la Terre était plus élevé qu’actuellement. Ces magmas
contenaient moins de 45% de SiO2 et sont appelés : magmas ultrabasiques.
Les magmas ultrabasiques n’existent plus aujourd’hui à la surface de la Terre.
Signalons aussi l’existence d’une lave très rare de faible température (lave qui
a la température la plus basse connue) : la carbonatite (lave alcaline très riche
en calcium). Un seul volcan actif émet actuellement des carbonatites : le
Lengaï, en Tanzanie.
Les magmas riches en SiO2 (silice) ont une viscosité plus élevée que ceux pauvres en
SiO2 (la viscosité augmente avec l’augmentation de la teneur en SiO2 du magma).
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Pétrographie Endogène
Les magmas de faible température ont une viscosité plus élevée que les magmas de
haute température (la viscosité d'un magma diminue rapidement quand la température
augmente). Ainsi, les magmas basaltiques ont tendance a être très fluides (faible viscosité),
mais leur viscosité est encore 10 000 à 100 000 fois plus élevée que celle de l’eau. Les
magmas rhyolitiques ont tendance à avoir une viscosité très élevée, qui est de l’ordre de 1
million à 100 millions plus élevée que celle de l’eau. La viscosité est une propriété très
importante qui détermine le caractère éruptif des magmas.
Tableau récapitulatif
Type du Roche Roche Composition Température Viscosité Teneur en
magma volcanique plutonique chimique gaz
formée formée
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Dr CHABOU Moulley Charaf
Université Ferhat Abbas, Sétif
Institut d’Architecture et des Sciences de la Terre
Département des Sciences de la Terre
Cours de Pétrographie Endogène. 2ème année – LMD Géosciences – Semestre 4.
III. Les roches magmatiques : Magmas et tectonique des plaques
III.1. Introduction
Les magmas ne se forment pas n’importe où sur la Terre. Il suffit de regarder une carte du
monde de la distribution des volcans en activité pour se rendre compte que l’activité
volcanique actuelle n’est pas répartie au hasard. Depuis l’avènement de la théorie de la
tectonique des plaques, on sait aujourd’hui qu’une grande partie de l’activité volcanique à la
surface de la Terre est en relation directe avec le mouvement des plaques tectoniques. Avant
d’étudier la relation entre le magmatisme et la tectonique des plaques, il nous faut d’abord
aborder la structure interne de notre globe.
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Pétrographie Endogène
Le noyau : à l’entrée du noyau, la vitesse d’une partie des ondes sismiques (ondes P)
diminue, tandis que l’autre partie des ondes (ondes S) est arrêtée. Ce fait est
caractéristique d’un milieu liquide. Le noyau constitue la partie centrale de la Terre. Il
est divisé en deux couches : le noyau externe (la brusque interruption de propagation
des ondes S à la limite entre le manteau et le noyau indique que le noyau externe est
liquide) et le noyau interne ou graine (solide), séparé par une discontinuité
(discontinuité de Lehmann) à 5150 km de profondeur. A la limite entre ces deux
couches, la densité passe de 12,3 g/cm3 à environ 13,3 g/cm3, et atteint 13,6 g/cm3 au
centre de la Terre, soit à 6371 km. Le noyau serait formé de fer et d’un peu de nickel.
Cette hypothèse s’appuie sur la composition chimique d’une classe de météorites (les
météorites de fer) considérées comme les restes des noyaux de petites planètes
(astéroïdes) différenciées.
Des discontinuités sismiques ont été mises en évidences dans le manteau de la Terre et
sont dues principalement aux changements des propriétés physiques. Il est important de
rappeler qu’il n'existe pas de changements majeurs de composition chimique dans le manteau.
2
Pétrographie Endogène
La lithosphère : est caractérisée par sa rigidité et son élasticité. La vitesse des ondes
sismiques est élevée. Son épaisseur est de 100 km en moyenne (70 km sous les océans
et 130 km sous les continents). La lithosphère est composée de la croûte terrestre
(océanique et continentale) et d’une partie du manteau supérieur (manteau
lithosphérique).
L’asthénosphère (J. Barrell, 1914, du grec asthenos, sans résistance): est située sous
la lithosphère et se compose de roches qui ont une rigidité faible. Les roches de
l'asthénosphère sont relativement malléables et peuvent être facilement déformées. Les
températures dans cette région sont proches du point de début de fusion partielle de la
péridotite. L’asthénosphère est divisée en deux parties :
La manteau inférieur ou mésosphère (du grec meso, moyen ou milieu): qui s’étend
de 670 km à 2900 km de profondeur. Cette couche est caractérisée par une nouvelle
discontinuité sismique à une profondeur de 670 km. La densité du manteau augmente
de 10%. Cette discontinuité serait due aux conditions de température et de pression à
cette profondeur qui conduisent à une nouvelle transformation minéralogique, les
minéraux de l’asthénosphère inférieure seraient remplacés par un assemblage de
minéraux de type perovskite silicatée et d’oxyde de magnésium. Notons aussi que la
discontinuité de 670 km correspond aussi à la profondeur maximale des foyers des
tremblements de terre.
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Pétrographie Endogène
Densité
Atmosphère 1,03 (Océan)
Hydrosphère Gaz 2,7 (Croûte continentale)
Liquide 2,9 (croûte océanique)
Croûte
Asthénosphère Océanique : 8-10 km d’épaisseur
Solide mais ductile basaltique
Continental : 8 – 70 km d’épaisseur
Lithosphère Manteau andésitique
Solide et rigide Péridotite
70 – 130 km Mésosphère Ol. + pyr. + spinelle + grenat
solide
Noyau externe
liquide Noyau
Fer + Nickel
Noyau interne
solide
Remarques :
La Terre est essentiellement solide. La seule zone liquide à l’intérieur de la Terre est
le noyau externe (entre 2900 et 5100 km de profondeur). La LVZ dans le manteau
supérieur est une zone où existe un début de fusion très faible, mais n’est pas liquide.
Enfin, il existe près de la surface, au dessous des volcans actifs, des chambres
magmatiques où existent des magmas liquides. Le magmatisme est donc un
phénomène exceptionnel !. L’état solide à l’intérieur de la Terre malgré des
températures élevées est dû aux fortes pressions qui y règnent et qui empêchent la
fusion des roches.
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Figure 2 : Coupe transversale de la partie superficielle de la Terre.
(d’après B. Mehier, Magmatisme et tectonique des plaque, Ellipses. 1995)
A gauche est placé la structure sismique de la partie superficielle de la Terre, et
à droite la structure minéralogique
UP4/UV2 Pétrographie
La théorie de la tectonique des plaques, développée à la fin des années 1960, a eu des
incidences énormes sur toutes les Sciences de la Terre : c’est une théorie scientifique
planétaire unificatrice qui nous fournis un cadre unique dans lequel s’intègrent toutes les
observations géologiques (déformation des roches, sismicité, volcanisme, métamorphisme…).
Cette théorie est basée sur la notion de plaques tectoniques.
Selon cette théorie, la lithosphère est découpée en un certain nombre de plaques (six
grandes plaques et de nombreuses microplaques) rigides qui bougent les unes par rapport aux
autres en glissant sur l'asthénosphère. Ce mouvement définis trois types de frontière entre les
plaques :
Le mouvement des plaques tectoniques est assuré par les grandes cellules de convection
dans le manteau, qui sont le résultat du flux de chaleur qui va du centre vers l'extérieur de
la terre.
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Figure 3 : Les principales plaques lithosphériques et leurs frontières.
UP4/UV2 Pétrographie
C’est la région des dorsales océaniques, lignes suivant lesquelles deux plaques
s’écartent l’une de l’autre, et qui sont continuellement comblés par l’arrivée de
magmas basaltiques neufs, venu de l’asthénosphère. L’axe de la dorsale est souligné
par une vallée profonde dans laquelle se mettent en place les magmas qui jaillissent du
manteau.
Ce magma crée une nouvelle croûte océanique et s’intègre au système des deux
plaques : c’est l’expansion du plancher océanique.
Croûte continentale
océanique
Dorsale
Croûte océanique
Lithosphère Lithosphère
Asthénosphère
Magma
Etant donné que la surface terrestre a toujours été constante, le fait que de nouvelles
plaques se créent continuellement aux frontières divergentes implique qu'il faudra
détruire de la lithosphère ailleurs. Cette destruction se fait aux frontières convergentes
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UP4/UV2 Pétrographie
qui, comme le nom l'indique, marquent le contact entre deux plaques lithosphériques
qui convergent l'une vers l'autre.
La destruction de plaque se fait par l'enfoncement dans l'asthénosphère d'une plaque
sous l'autre plaque, et par la digestion de la portion de plaque enfoncée dans
l'asthénosphère. Ainsi, le volume de la Terre ne change pas.
On appelle subduction (de sub, et du latin ducere, tirer) le processus par lequel la
lithosphère descend dans l'asthénosphère. Les marges le long desquelles les plaques
sont subductées sont appelées zones de subduction. Elles sont marquées par des
fosses profondes dans le fond océanique.
Croûte océanique
Croûte océanique
Croûte
continentale
Lithosphère
Lithosphère
Asthénosphère Asthénosphère
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UP4/UV2 Pétrographie
Croûte océanique
Croûte continentale
Lithosphère
Lithosphère
Asthénosphère
Asthénosphère
Croûte continentale
Croûte continentale
Lithosphère
Lithosphère
Asthénosphère Asthénosphère
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UP4/UV2 Pétrographie
Parfois ces failles font le relais entre des limites divergentes et convergentes (ces
failles transforment le mouvement entre divergence et convergence, de là leur nom de
failles transformantes).
Faille transformante
Zone de fracture
Zone de fracture
Dorsales
océaniques
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UP4/UV2 Pétrographie
Il existe des liens étroits entre la tectonique des plaques et la nature des magmas émis sur
terre. Les magmas basaltiques se forment surtout aux dorsales médio-océaniques (mais pas
exclusivement), les magmas andésitiques se forment aux arcs insulaires ou continentaux et
sont liés aux zones de subduction et les magmas rhyolitiques ne se trouvent que sur la
croûte continentale.
Les volcans qui émettent les magmas basaltiques se trouvent sur les deux types
majeurs de croûte - océanique et continentale. Cela veut dire que la source du magma
basaltique est plus profonde, dans le manteau. La plupart des magmas basaltiques sont
émis aux dorsales médio-océaniques et correspondent à la fusion par décompression
du manteau supérieur.
Les volcans qui émettent les magmas andésitiques se trouvent aux frontières entre les
plaques convergentes, qui forment des zones de subduction. Les magmas andésitiques
se forment probablement par la fusion partielle du manteau lithosphérique de la plaque
chevauchante en réponse à la déshydratation de la plaque subductée riche en eau.
Les volcans qui émettent les magmas rhyolitiques se trouvent sur la croûte
continentale. Cette observation est importante parce qu'elle indique que les processus
qui forment ces magmas rhyolitiques sont apparemment limités à la croûte
continentale.
Le magma se met en place près de la dépression centrale qui forme les dorsales
océaniques. Les magmas produits dans les zones de divergence sont essentiellement
basaltiques. Ainsi, basaltes et gabbros sont produits dans ces régions. Ils sont appelés MORB
(Mid Oceanic Ridge Basalts).
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UP4/UV2 Pétrographie
Croûte océanique
La plus grande partie des magmas produits dans les zones de subduction sont de
nature andésitiques.
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UP4/UV2 Pétrographie
Dans ce cas, les magmas n’apparaissent pas en surface. En revanche, une activité
magmatique importante se produit en profondeur et génère des magmas rhyolitiques qui en
cristallisant donnent des granites. Les produits de ce magmatisme s’observent en surface
après érosion.
Les magmas produits en profondeur dans les zones de collision sont essentiellement
rhyolitiques.
Croûte continentale
Magma rhyolitique
Chaleur
Une certaine activité magmatique est connue à l’intérieure des plaques tectoniques
sans relation avec les frontières et donc le mouvement des plaques. Les magmas sont dans ce
cas issus de sources ponctuelles enracinées dans le manteau inférieur appelées :
points chauds. Le magmatisme de point chaud est responsable de la formation des volcans
intraplaques, particulièrement des volcans intraplaques océaniques, comme ceux qu'on
retrouve nombreux dans le Pacifique. Le déplacement des plaques au dessous de ces points
chauds fixes conduits à la formation d’alignement d’îles volcaniques éteints (ou guyots, du
nom du Géographe A. Guyot) (figure 10) dont l’âge augmente à mesure qu’on s’éloigne du
volcan actif situé au dessus du point chaud (figure 11). Exemple : la chaîne Empereur-Hawaï.
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UP4/UV2 Pétrographie
Lithosphère océanique
Remontée du magma
Point chaud
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Dr CHABOU Moulley Charaf
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Cours de Pétrographie Endogène. 2ème année – LMD Géosciences – Semestre 4.
elle renseigne sur la nature des magmas qui leur donne naissance ;
elle permet de classer les roches qui n’ont pas ou qui ont très peu de minéraux
(roches vitreuses) et donc ne peuvent pas être étudiées au microscope
polarisant.
La composition chimique des roches magmatiques varie dans des limites assez
étroites. L’oxygène est l’élément le plus abondant en poids et en volume, suivi par le silicium
(Si). Viennent ensuite l’aluminium (Al), le fer (Fe), le magnésium (Mg), le calcium (Ca), le
sodium (Na), le potassium (K), etc. Le tableau 1 donne les pourcentages en poids des
éléments chimiques les plus importants de la croûte terrestre.
Oxydes Pourcentages
pondéraux (%)
1. Oxygène (O) 45,2 %
2. Silicium (Si) 27,2 %
3. Aluminium (Al) 8%
4. Fer (Fe) 5,8 %
5. Calcium (Ca) 5,1 %
6. Magnésium (Mg) 2,8 %
7. Sodium (Na) 2,3 %
8. Potassium (K) 1,7 %
9. Titane (Ti) 0,9 %
10. Hydrogène (H) 0,14 %
11. Manganèse (Mn) 0,1 %
12. Phosphore (P) 0,1 %
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Pétrographie Endogène
Oxydes Pourcentages
pondéraux (%)
SiO2 35-78
TiO2 0.05-4.0
Al2O3 5-22
MgO 0.01-30
CaO 0.5-17
FeO-Fe2O3 0.5-15
Na2O 0.3-9
K2O 0.05-10
P2O5 < 0.15
Les éléments majeurs sont utilisés dans la classification des roches magmatiques.
C’est aussi le seul moyen dont on dispose pour connaître la nature des roches vitreuses
(roche constituée de verre).
Les éléments en traces sont utilisés pour rechercher l’origine des magmas et donc
remonter à la source des roches magmatiques.
La présentation des résultats suit en général l'ordre décroissant des valences des
cations : SiO2, TiO2, A12O3, Fe2O3, FeO, MnO, MgO, CaO, Na2O, K2O, P2O5, et se termine
par les éléments volatils H2O+ (vapeur d'eau obtenue à 100° Celsius), H2O– (vapeur d'eau
obtenue à plus de 100° Celsius), CO2, S, F, Cl, etc. (Tableau 3).
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Tableau 3 : Exemple de présentation, dans une revue scientifique, des
résultats d’analyses chimiques de roches magmatiques.
UP4/UV2 Pétrographie
Remarques
Dans le tableau des résultats des analyses chimiques, H2O+ est la vapeur d'eau obtenue
à 100°, et provient de l’eau libre qui se trouve entre les grains des minéraux ou à
l’intérieur des fissures de la roche. H2O– est la vapeur d'eau obtenue à plus 100°, et
provient de l’eau liée aux minéraux, par exemple le radical OH- dans la biotite ou la
hornblende.
Souvent, les pourcentages des gaz et de l’eau ne sont pas donnés dans l’analyse
chimique. Dans ce cas, la quantité de tous les éléments volatils de la roche est indiqué
par la perte au feu (PAF) ou LOI (loss on ignition en anglais) : c’est la perte de
masse qui résulte de l'échauffement d'un matériau du fait du départ des espèces
volatiles ; elle est mesurée lors du chauffage de l’échantillon à haute température.
Perte au feu (%) = 100×[(masse avant chauffage) - (masse après chauffage)]/(masse avant
chauffage).
Les compositions chimiques moyennes en oxydes des principaux types de roches sont
portées dans le tableau 4.
4
UP4/UV2 Pétrographie
La courbe de fréquence mondiale des roches, calculées sur des milliers d’analyses de
roches plutoniques et volcaniques, indique deux maximums, l’un correspondant à des roches
qui renferment 73 % de silice (granites et rhyolites), l’autre à des roches qui renferment 52 %
de silice (basaltes et gabbros) (figure 1).
Les principales caractéristiques chimiques de ces deux grands types de roches sont les
suivantes :
- la teneur en Al2O3 est sensiblement la même quelle que soit la teneur en silice ;
- les roches granitiques ont une forte teneur en SiO2 et alcalins mais une faible
teneur en fer total, CaO, MgO et TiO2 ;
- les roches basaltiques ont une faible teneur en SiO2 et alcalins mais une forte
teneur en fer total, CaO, MgO et TiO2.
Ainsi, la teneur en Al2O3 ne varie pratiquement pas des roches basiques aux roches
acides ; Fe total, CaO et MgO varient dans le même sens en diminuant des basaltes aux
granites alors que Na2O et K2O varient en sens inverse.
5
UP4/UV2 Pétrographie
En regroupant les éléments majeurs pour construire des minéraux théoriques, de formule
fixée, on calcule une composition normative, ou norme, qui permet des comparaisons. La
norme exprime donc la composition minéralogique théorique (virtuelle) d’une roche
magmatique.
Pour établir la norme d’une roche, on doit d’abord déterminer sa composition chimique,
laquelle est donnée en pourcentage du poids en oxyde. Le principe de base est de distribuer
les éléments chimiques : Si, Al, Mg, Fe2+, Fe3+, Ca, Na, K, Ti, P entre molécules minérales
standards (quartz, orthose, albite, anorthite, néphéline, leucite, orthopyroxène, clinopyroxène,
olivine, apatite, ilménite, magnétite), suivant une procédure de calcul selon des règles
strictes : soit celles de Cross, Iddings, Pirsson et Washington (appelée norme CIPW), soit
celles de Niggli (norme moléculaire de Niggli). Ce calcul est une opération complexe qui
comporte au moins 25 étapes afin d’exprimer au mieux la composition minéralogique de la
roche. La norme est donc une composition minéralogique calculée qui aide à comparer les
roches volcaniques non cristallisées avec des roches plutoniques cristallisées et d’établir si il
existe ou non des liens pétrogénétiques entre les deux. Le tableau 5 est un exemple des
résultats de l’analyse chimique et de la norme correspondante d’une rhyolite. Les minéraux
dont la présence théoriquement n'est mise en évidence que dans le calcul de norme,
s’appellent minéraux normatifs.
La plus connue et la plus utilisée des normes en pétrologie moderne est la norme
CIPW qui donne les minéraux normatifs en pourcentages pondéraux. Établie par
W. Cross, J.P. Iddings, L.V. Pirsson et H.S. Washington (d'où son nom) en 1903,
modifiée en 1912, cette norme anhydre ne tient pas compte de H2O présent dans la
roche. Le mode de calcul définit plus de 16 minéraux normatifs différents, aucun
minéral ne pouvant avoir des teneurs négatives (voir TP).
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Dr CHABOU Moulley Charaf
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V.1. Introduction
La composition minéralogique d’une roche magmatique est fonction de la
composition chimique du magma et de ses conditions de cristallisation. Elle s’exprime
quantitativement par le pourcentage (ordinairement en volume) des différents minéraux
réellement observés dans la roche : c’est la composition modale ou mode, évidemment
différente de la composition normative (minéraux virtuels).
La composition modale est déterminée par l’analyse macroscopique et
microscopique des roches. Il faut pour cela identifier les différents minéraux de la roche et
exprimer le pourcentage du volume occupé par chaque minéral.
Bien qu’il existe plus de mille espèces minéralogiques, les minéraux qui constituent
plus de 99 % des roches magmatiques appartiennent à 8 groupes de minéraux (principalement
des silicates et d’alumino-silicates) : quartz, feldspaths, feldspathoïdes, olivines, pyroxènes,
amphiboles, biotites (micas), oxydes de fer et de titane.
V.1.1. Le quartz (ancien terme de mineurs allemands)
Le quartz (silice, SiO2) représente environ 12 % de l’ensemble des minéraux des
roches magmatiques. C’est le minéral caractéristique des roches acides ; il est peu
représenté dans les roches intermédiaires et absent des roches basiques.
Le quartz appartient à la famille des tectosilicates. Il possède six variétés
polymorphiques, chacune cristallisant dans des conditions de pression et de température
bien définies (figure 1) : quartz α, quartz β, tridymite, cristobalite, coesite et stishovite. Le
quartz stable aux conditions de température et de pression de la surface de la Terre est le
quartz α.
Feldspaths plagioclases
Figure 2 : Position des feldspaths dans le diagramme KAlSi3O8 - NaAlSi3O8 -
CaAl2Si2O8. (D’après Stephen A. Nelson,
http://www.tulane.edu/~sanelson/eens211/tectosilictes&others.htm)
Les feldspaths alcalins comprennent deux grands types :
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Pétrographie Endogène
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Pétrographie Endogène
Les pyroxènes sont pour la plupart des silicates anhydres de calcium, de magnésium
ou de fer, qui renferment dans certains cas du sodium, du lithium et plus rarement du chrome
et du titane. Ils cristallisent dans les systèmes orthorhombiques (orthopyroxènes) et
monocliniques (clinopyroxènes).
La classification des pyroxènes est fondée en grande partie sur leurs teneurs
respectives en Ca, Mg, Fe (composition chimique) et sur leurs systèmes cristallographiques,
et apparaît sur un diagramme triangulaire Ca-Mg-Fe (figure 3). On distingue ainsi :
Les amphiboles sont des silicates ferromagnésiens. Ils se rencontrent surtout dans les
roches plutoniques et métamorphiques. Ils appartiennent à la famille des inosilicates.
Les amphiboles sont pour la plupart des silicates hydroxylés (ion OH-) de fer et de
magnésium, qui renferment en grande quantité du calcium, de l’aluminium, du sodium, du
lithium ou du titane. Ils cristallisent en général dans le système monoclinique.
La classification des amphiboles est complexe et liée en grande partie aux variations
progressives des teneurs en Mg, Fe, Ca, et Na. On distingue ainsi (Figure 4) :
5
Pétrographie Endogène
Les micas sont des silicates hydratés, plus ou moins alumineux et presque toujours
potassiques, qui contiennent en proportion variable du fer et du magnésium. Ils appartiennent
à la famille des phyllosilicates et sont monocliniques. On distingue :
6
Pétrographie Endogène
La pyrite FeS2 : système cubique. Elle est répandue dans diverses roches
magmatiques.
La calcite CaCO3 : système rhomboédrique. Elle est présente dans les
carbonatites.
La fluorine (ou fluorite) CaF2 : système cubique (minerai du fluor). Elle est
présente dans les roches magmatiques alcalines (granites, syénites,
pegmatites).
Silice
Quartz, tridymite, cristobalite SiO2 Roches acides
Feldspaths
Sanidine, orthose, microcline KAlSi3O8 Volcaniques (sanidine) et plutoniques
Plagioclases
Albite NaAlSi3O8 Roches volcaniques et plutoniques,
Anorthite CaAlSi3O8 acides et basiques.
Feldspathoïdes
Népheline Na3K[AlSiO4] Roches alcalines pauvres en SiO2
Leucite KAlSi2O6
Sodalite Na8Al6Si6O24Cl2
Olivines
Fayalite Fe2SiO4 Roches acides
Forstérite Mg2SiO4 Roches basiques et ultrabasiques
Pyroxènes
Enstatite Mg2Si2O6 Roches volcaniques et plutoniques
Hypersthène (Mg,Fe)2Si2O6 // // //
Augite Ca(Mg,Fe)Si2O6 // // //
Aegyrine Fe3+NaSi2O6 Roches alcalines – granite et syénite
Spodumène LiAlSi2O6
Amphiboles
Hornblende (Ca,Na,K)2(Mg,Fe,Al)5Si6(Si,Al)2O22(OH,F)2 Roches plutoniques calcoalcalines
Riébeckite Na2Fe3+2Fe2+3Si8O22(OH)2 Roches plutoniques alcalines
Micas
Muscovite KAl2(AlSi3O10)(OH)2 Roches plutoniques acides
Biotite K(Mg,Fe)3(AlSi3O10)(OH)2 Roches magmatiques acides et inter.
Lépidolite KLi2Al(Si4O10)(OH)2 Pegmatites
Minéraux accessoires
Apatite Ca5(PO4)3(OH,F,Cl) Roches magmatiques alcalines
Corindon Al2O3 Roches magmatiques riches en Al
Sphène CaTiSiO5 Roches magmatiques alcalines
Fluorine CaF2 Roches magmatiques alcalines
Zircon ZrSiO4 Roches magmatiques siliceuses
Magnétite FeFe2O4 Grande variété de roches
Ilménite FeTiO3 magmatiques
Pyrite FeS2
7
Dr CHABOU Moulley Charaf
Université Ferhat Abbas, Sétif
Institut d’Architecture et des Sciences de la Terre
Département des Sciences de la Terre
Cours de Pétrographie Endogène. 2ème année – LMD Géosciences – Semestre 4.
VI.1. Introduction
La texture (du latin textura , tissu, assemblage), bien observable au microscope,
concerne la disposition élémentaire des minéraux, définie par leur taille (granulométrie),
leur forme et leur arrangement. Elle est sous la dépendance directe des conditions de leur
cristallisation et reflète par conséquent le déroulement de celle-ci.
VI.2. Termes relatifs à la taille et à la granulométrie des cristaux
1
Pétrographie Endogène
2
Pétrographie Endogène
3
Pétrographie Endogène
Texture subophitique :
similaire à la texture ophitique,
mais dans ce cas, les lattes de
plagioclases ne sont pas
entièrement englobées par le
Figure 6 : Texture ophitique
pyroxène.
Texture intergranulaire :
texture dans laquelle les
interstices entre les lattes de
plagioclases sont occupées par
des minéraux ferro-magnésiens,
essentiellement du pyroxène
(augite) ou de l’olivine
(figure 7).
4
Pétrographie Endogène
5
Pétrographie Endogène
6
Pétrographie Endogène
L’ancienneté d’un minéral par rapport à un autre est déterminée en utilisant les
deux critères suivants :
1. Lorsqu’un certain minéral en renferme un autre, c’est le minéral inclus qui est
le plus ancien.
2. Les minéraux automorphes sont plus anciens que les minéraux xénomorphes
qui les entourent.
Phase
primaire
Phase
secondaire
1er minéral formé = olivine
2ème minéral formé = pyroxène
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Dr CHABOU Moulley Charaf
Université Ferhat Abbas, Sétif
Institut d’Architecture et des Sciences de la Terre
Département des Sciences de la Terre
Cours de Pétrographie Endogène. 2ème année – LMD Géosciences – Semestre 4.
VII.1. Introduction
Dans ce cas, les roches magmatiques se mettent en place en profondeur au sein des
roches encaissantes, et n’apparaissent en surface que par le jeu de l’érosion et de la
tectonique.
Selon la relation des roches magmatiques avec les roches encaissantes, on distingue :
Les roches concordantes, qui sont formées par l’intrusion du magma parallèlement
aux roches encaissantes. A cette classe appartient les sills, les laccolites et les
lopolites.
Les roches discordantes lorsque les roches magmatiques recoupent les roches
encaissantes. Les dykes, les stocks et les batholites appartiennent à cette classe.
1
Pétrographie Endogène
Les sills ou filons-couches sont des lames de roches intrusives concordantes, dont
l’épaisseur est faible (elle varie du mètre à quelque dizaine de mètres) et la longueur pouvant
atteindre plusieurs km (figure 2). Ils sont le plus souvent composés de roches magmatiques
basiques (dolérites). Aux épontes (toit et mur), il peut y’avoir un métamorphisme de contact.
Les sills ne déforment pas les roches sédimentaires encaissantes (du fait de leur faible
épaisseur) et sont alimentés par des dykes.
VII.2.3. Laccolite (G.K. Gilbert, 1877. Du grec lakkos, citerne, et lithos, pierre)
Laccolite
Centaine de mètres
2
Pétrographie Endogène
VII.2.4. Lopolite (F.F. Grout, 1918. Du grec lopas, sorte de plat creux, et lithos,
pierre)
Massif de roches plutoniques en forme de cuvette plate (figure 4), dont les dimensions
peuvent être grandes pouvant s’étendre sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés. La
forme des lopolites est due à l’affaissement des couches sous-jacentes sous le poids du
magma. Les lopolites sont composés en général de roches basiques et ultrabasiques.
Centaine de km
Lopolite
VII.2.5. Batholite (E. Suess, 1892, du grec bathus, profond, et lithos, pierre)
Massif de très grandes dimensions, dont la surface est supérieure à 100 km2 et peut
atteindre plusieurs centaines de milliers de km2. Les batholites sont discordants et ont une
forme quelconque. Leur base est rarement visible (figure 5). Ils sont composés
essentiellement de granites et de roches plutoniques acides.
Les batholites alimentent souvent des massifs intrusifs de petites dimensions en forme
de cheminées qu’on appelle stocks (appelée aussi apophyse, massifs d’injection ou plugs)
(figure 5).
quelques km
Batholite
Millier de km
3
Pétrographie Endogène
D’autre part, le magma contient du gaz dissous. A une certaine profondeur, la pression est
telle que le gaz dissous se sépare du magma et forme des bulles. Ces bulles ont tendance à
s’étendre lorsque la pression diminue.
Si la partie liquide du magma à une faible viscosité, le gaz peut s’étendre facilement,
et à la surface une éruption non explosive se produit, sous forme de coulée de lave
(nom donné au magma qui s’épanche en surface. La lave se distingue du magma par
l’absence des gaz qui, avec la diminution de la pression, se séparent du magma et
s’échappent dans l’atmosphère).
Si la partie liquide du magma à une forte viscosité, le gaz rencontre une forte
résistance de la part du liquide et ne peut s’étendre facilement. Arrivée à la surface,
une éruption explosive se produit.
Les éruptions non explosives sont caractéristiques des magmas de faible viscosité, et à
faible teneur en gaz dissous. Ce sont les magmas basaltiques.
Des coulées de laves sont produits par ces éruptions et se déplacent progressivement
loin de leur cheminée éruptive à travers des pentes. Parfois, les laves s’écoulent à partir de
longues fissures (éruption fissurale).
Les coulées de laves sous-marines forment : les laves en coussins (Pillow-Lava) : il
s’agit de boules de 0,6 à 2 m sur 0,3 à 1 m qui s’empilent les unes sur les autres.
Parfois, des éruptions non explosives se produisent lorsque la viscosité du magma est
élevée mais sa teneur en gaz est très faible. Dans ce cas, la lave s’empilent sur la cheminée et
forme un dôme volcanique (figure 13).
4
Pétrographie Endogène
2-64 Lapillis (du latin lapillis, petite Tufs (du grec tophos,
pierre) sorte de pierre friable)
Les blocs sont des fragments angulaires qui sont déjà solidifiés avant leur projection
hors du volcan.
Les bombes volcaniques sont des lambeaux de laves solidifiées dans l’air après
projection et prennent ainsi une forme aérodynamique. (en fuseau, en croûte de pain,
en bouse de vache, rubanée, boulets de canon…).
Les fragments pyroclastiques arrondis, contenant souvent une forte proportion de
cavités (25 à 50 % de vacuoles), à texture bulleuse, vésiculée et poreuse sont appelée
scories (du grec skôria, écume de fer).
Les bombes et lapillis vésiculeux ou fibreux, riches en bulles de gaz forment des
roches volcaniques vitreuses, très poreuses et de faible densité (elle peuvent flotter sur
l’eau) appelées ponces (du latin, pumex). Elles se forment à partir de fragments de
magma visqueux. Les ponces fibreuses présentent un aspect particulier dû à des bulles
très petites disposées en files.
Le nuage de gaz et
de téphra qui
s’élève au dessus
du volcan à la suite
d’une explosion Nuage de cendre
forme une nuée
éruptive appelée
aussi nuée ardente
qui peut monter Nuée éruptive
très haut dans la
stratosphère
(jusqu’à 45 km, Dépôt de Tephra
figure 6). Les
téphras peuvent
être déplacés par
les vents puis
déposés loin du
volcan formant une
couche de téphra Figure 6 : Coupe schématique d’un volcan
ou de cendre. montrant la nuée éruptive
5
Pétrographie Endogène
Si la colonne
d’éruption s’effondre
au dessus du volcan du
fait de sa densité
élevée, une coulée
pyroclastique se
produit, dans laquelle
gaz et pyroclastites Coulée pyroclastique Coulée pyroclastique
s’écoulent sur les
flancs du volcan à très
grande vitesse
(Figure 7). C’est les
éruptions volcaniques
les plus dangereuses.
Ces coulées sont
parfois appelées :
nuées retombantes. Figure 7 : Schéma montrant des nuées retombantes
sur les flancs d’un volcan
Si les dépôts formées par les coulées pyroclastiques sont essentiellement formées de
ponces, ces ponces peuvent se souder à chaud et former des roches magmatiques appelées :
ignimbrites (de ignis, feu, et imber, pluie).
Une forme de nuées ardentes appelées nuées descendantes est due à une explosion au
pied d’un dôme ou une aiguille de lave obstruant la cheminée volcanique (figure 8).
Nuée descendante
6
Pétrographie Endogène
Gaz
Solide Liquide
Figure 9 : Classification des types d’éruptions volcaniques selon Geze (1964)
7
Pétrographie Endogène
Les volcans-boucliers sont formés par des écoulements successifs de laves (de nature
basaltique) très fluides édifiant des cônes à faibles pentes (2 à 10°).
Les laves forment des couches successives peu épaisses (1-10 m). Le diamètre à la
base des volcans-boucliers peut atteindre 400 km.
Les éruptions de ce type sont précédées de la montée du magma et de son
accumulation dans les chambres magmatiques.
Les laves sont de nature basaltique à faible teneur en gaz.
La vitesse d’écoulement des laves peut atteindre 40 à 60 km/h au maximum.
Exemples de volcans-boucliers : les volcans Mauna Loa et Kilauea des îles Hawaii.
Chambre magmatique
Les stratovolcans sont caractérisés par une alternance de coulées de laves (basalte,
andésite) avec des couches pyroclastiques (blocs, lapillis et cendres). Il y’a alternance
de phases effusives et de phases explosives. Les couches pyroclastiques peuvent
former plus de 50 % du volume des stratovolcans.
Les pentes (10 à 35°) et les altitudes des stratovolcans sont relativement importantes.
Les laves et les couches pyroclastiques ont une généralement une composition
andésitique à rhyolitique.
8
Pétrographie Endogène
Etant donné la viscosité plus élevée des magmas issus des stratovolcans, ils sont plus
explosifs que les volcans-boucliers.
Les stratovolcans possèdent un cratère à leur sommet, formé par des éruptions
explosives. Ces cratères sont parfois remplis par des coulées de lave ou dômes de lave,
parfois par une calotte glaciaire et plus rarement par un lac d’eau.
Les périodes de repos de ces volcans peuvent durer des centaines voir des milliers
d’années, ce qui rend ces volcans particulièrement dangereux, les populations ont
tendance à s’implanter autour du volcan étant donné qu’on ne lui connaît pas
d’activité historique.
Des petits cônes peuvent apparaître sur les flancs du cône principal et sont alimentés
par la même cheminée. Ces petits cônes sont appelés cônes adventifs (Figure 11).
Exemples de stratovolcans : le Stromboli, une des îles Eoliennes dans la Mer
Tyrrhénienne.
Tephra
9
Pétrographie Endogène
Des cônes de cendres se forment souvent sur les flancs des stratovolcans ou près de
leur sommet.
Les cônes de cendres se mettent en place en groupe, et l’on peut observer des dizaines
voir des centaines de cônes en une seule région.
Exemples de cônes de cendres : le Vulcano, l’Etna et le Vésuve en Italie, le Mont
Saint Helens en Amérique du Nord, le Pinatubo dans les Phillipines.
Cratère
Les dômes volcaniques sont formés par l’extrusion de magmas visqueux acides ou
intermédiaires (trachytes, rhyolites, phonolites) très pauvres en gaz. A cause de la
forte viscosité, la lave ne s’écoule pas mais s’empile et se solidifie au dessus de la
cheminée volcanique. La vitesse de la lave est de l’ordre de 0,5 à 2 mètres par jour.
Les projections sont peu importantes. Ces extrusions présentent la forme de dômes ou
de pitons débités en prismes.
10
Pétrographie Endogène
Les dômes volcaniques peuvent être extrêmement dangereux car ils forment des
structures instables qui peuvent facilement s’effondrer exposant ainsi les magmas
visqueux riches en gaz à la pression atmosphérique. Une colossale avalanche se
produit formant une nuée ardente latérale ou « blast » constituée par un nuage de gaz
et de pyroclastites dévalant les pentes du volcan avec une vitesse qui peut atteindre
400 km/s et dévastant tous sur son passage (la température du nuage peut dépasser
300°C) (Exemple : éruption du Monts Saint-Helens (Etats-Unis) en 1980, figure 14).
Fumée et cendres
Ancien dôme
Altitude (m)
Bombement
Profil d’avant 1980
Dôme de lave
Magma
Temps = 0, Séisme Mv = 5
Altitude (m)
Glissement de terrain
(avalanche)
Temps = 40 secondes
Nuée éruptive
Altitude (m)
Temps = 50 secondes
Altitude (m)
Temps = 60 secondes
11
Pétrographie Endogène
Remarque
La classification des volcans selon les quatre types (hawaien, strombolien, vulcanien,
péléen) établie par Mercalli en 1907 n’est plus utilisée car elle est difficilement applicable. Un
même volcan peut être d’un type ou d’un autre, car le caractère de l’éruption d’un même
volcan peut changer avec le temps. Ceci se produit lorsque change la composition chimique
des magmas qui alimentent le volcan.
12
Pétrographie Endogène
Les dépressions ainsi façonnées sont parfois occupées par un lac (notamment lorsque
le cratère est plus profond que le niveau phréatique).
Les fumerolles (de l’italien fumaruolo) sont des émanations de gaz issues de fissures
ou de trous (évents) et provenant d’un corps magmatique en profondeur ou de la
vapeur produite par une eau chaude souterraine. Elles contiennent de la vapeur d’eau
(H2O), le gaz carbonique (CO2), l’azote (N2), le gaz sulfureux, l’hydrogène, l’oxyde
de carbone (CO), le chlore (Cl)… La composition des gaz des fumerolles dépend de
leur température. Suivant la température on distingue les fumerolles sèches, acides et
alcalines.
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Pétrographie Endogène
Les sources chaudes ou sources thermo minérales sont des eaux chaudes qui
s’écoulent à la surface de la Terre. Elles se forment lorsque de l’eau froide de surface,
s’infiltrant en profondeur, atteignent des zones où elles s’échauffent et remontent vers
la surface par des fissures ou des failles (figure 17).
Les Geysers (mot islandais signifiant jaillissement) sont des variétés de sources
chaudes qui émettent périodiquement de l’eau et de la vapeur sous pression. L’eau est
projetée en hauteur et peut atteindre 50 m. Sa température est proche de 100°C.
Certains geysers entrent en activité à des intervalles réguliers.
Eaux froides
Zone perméable
Failles
Chaleur
Roches cristallines
Magma en convection
14