P2 : doc 1 Logique et Raisonnement 2018-2019
Largement inspiré de « PRÉPAS SCIENCES - PCSI - Éllipses »
I Logique
Plusieurs définitions :
• Une proposition est un énoncé mathématique qui peut prendre deux valeurs : vrai (V ) ou f aux (F ) ;
• On appelle négation d’une proposition P et on note non P la proposition définie par :
⊲ non P vraie lorsque P est fausse ;
⊲ non P fausse lorsque P est vraie ;
• Conjonction de deux propositions : Soit P et Q deux propositions. On appelle conjonction de deux
propositions notée P et Q, et définie de la manière suivante :
⊲ P et Q est vraie lorsque P et Q sont vraies ;
⊲ P et Q est fausse lorsque l’une au moins des deux propositions est fausse ;
• Disjonction de deux propositions : Soit P et Q deux propositions. On appelle disjonction de deux
propositions notée P ou Q, et définie de la manière suivante :
⊲ P ou Q est vraie lorsque l’une au moins des deux propositions est vraie ;
⊲ P ou Q est fausse lorsque P et Q sont fausses ;
• Soit P et Q deux propositions. On appelle implication P ⇒ Q la proposition non P ou Q.
• Soit P et Q deux propositions. On appelle réciproque de P ⇒ Q, l’implication Q ⇒ P ;
• Soit P et Q deux propositions. On appelle équivalence de P et Q la proposition P ⇒ Q et Q ⇒ P . Cette
proposition se note P ⇔ Q.
• Principe de déduction : si P et P ⇒ Q sont vraies alors Q est vraie ;
• Soit P et Q deux propositions. On appelle contraposée de la proposition P ⇒ Q, l’implication non Q ⇒
non P .
Équivalences à connaître pour raisonner en mathématiques :
Soit P et Q deux propositions. Alors :
• L’implication P ⇒ Q et sa contraposée non Q ⇒ non P sont équivalentes ; (IMPORTANT)
• non(P et Q) ⇔ (non P ) ou (non Q) ;
• non(P ou Q) ⇔ (non P ) et (non Q) ;
• non(P ⇒ Q) ⇔ P et (non Q) (négation d’une implication) ;
T able d e vérité d es onÆn e teur s logi qu es
P Q non P P et Q P ou Q P ⇒Q P ⇔Q
V V
V F
F V
F F
Des exemples ici, vidéo « La logique » : [Link]
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II Quantificateurs
Soit P (x) une propriété dépendant d’un paramètre x, où x est un élément de E.
⊲ On écrit ∀x ∈ E, P (x) , pour signifier que la propriété P (x) est vraie pour tous les éléments x de E. (∀ se lit
« quel que soit » : quantificateur universel) ;
⊲ On écrit ∃x ∈ E, P (x) , pour signifier que la propriété P (x) est vraie pour au moins un élément x de E. (∃
se lit « il existe » : quantificateur existentiel) ;
Négation des propositions avec quantificateurs :
• La négation de la proposition ∀x ∈ E, P (x) est . . . . . .
• La négation de la proposition ∃x ∈ E, P (x) est . . . . . .
Attention lorsque plusieurs quantificateurs interviennent dans une proposition, il est risqué d’intervertir leur ordre
d’apparition : le sens de la proposition peut changer.
Remarque 1 On n’a pas besoin de connaître de savoir si une proposition est vraie ou fausse pour écrire sa négation.
• • •
Exemple 1 Dire si les propositions suivantes sont vraies ou fausses :
1. ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, y 2 > x ;
2. ∃x ∈ R, ∀y ∈ R, y 2 > x ;
3. ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, y 2 > x
4. ∀y ∈ R, ∃x ∈ R, y 2 > x ;
• • •
Exemple 2 : Vrai ou faux
1. ∃a ∈ R, ∀ǫ > 0, |a| < ǫ
2. ∀ǫ > 0, ∃a ∈ R, |a| < ǫ
√
3. ∀y ∈ R, ∃x ∈ R+ , y < x
• • •
Exemple 3 : Écrire la négation des propositions
⋄ 2 6 x < y;
⋄ ∀x ∈ R, ∀y ∈ R, f (x) = f (y) ⇒ x = y ;
• • •
Exemple 4 : Soit (un )n∈N une suite de nombre réels et f une fonction de R dans R. Écrire avec des quantificateurs
chacune des propositions suivantes :
⋄ La suite (un ) est majorée par 4 ;
⋄ La suite (un ) est majorée ;
⋄ La suite (un ) n’est pas majorée ;
⋄ La suite (un ) est bornée ;
⋄ La suite (un ) est croissante ;
⋄ La suite (un ) est constante ;
⋄ La fonction f est la fonction nulle ;
⋄ La fonction f s’annulle ;
⋄ La fonction f est croissante ;
⋄ La fonction f admet un maximum.
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III Modes de raisonnement
III.1 Démontrer une proposition par déduction
Le principe de déduction est celui le plus utilisé en maths : si P vraie et P ⇒ Q vraie alors Q est vraie.
Exemple 5 Montrer que, pour tout x ∈ R, x2 − 4x + 5 > 0.
III.2 Démontrer par disjonction de cas
On est parfois amené à distinguer plusieurs cas pour démontrer qu’une proposition est vraie. C’est la principe
d’une démonstration par disjonction de cas. En particulier, si l’on souhaite démontrer qu’une proposition P (x) est
vraie pour tous les éléments x d’un ensemble E, on peut prouver la propositon pour tous les éléments d’une partie A
de E, puis pour tous les éléments de E n’appartenant pas à A. (un mode de raisonnement particulièrement utiliser en
arithmétique)
n(n + 1)
Exemple 6 : Montrer que, pour tout n ∈ N, est un entier naturel.
2
III.3 Démontrer une implication P ⇒ Q
⊲ Par raisonnement direct : On suppose que P est vraie et on démontre que Q est vraie.
Exemple 7 : Démontrer que, pour x et y réels,
x2 = y 2 =⇒ |x| = |y|
⊲ En utilisant la contraposée : On suppose que non Q est vraie et on démontre que non P est vraie.
Exemple 8 : Soit n un entier naturel. Montrer que, si n2 est pair, alors n est pair.
Exemple 9 : Autre exemple. Soit n1 , n2 , . . . , n9 des entiers naturels vérifiant n1 + n2 + . . . + n9 = 90. Montrer
qu’il existe trois de ces entiers dont la somme est supérieure à 30.
Exemple 10 : Soit n un entier naturel. Montrer que, si n2 − 1 n’est pas divisible par 8 alors n est pair.
⊲ Par un raisonnement par l’absurde : On suppose que P est vraie et que Q est fausse et on aboutit à une
contradiction.
x y
Exemple 11 : Soit x, y ∈ R+ . Montrer que, si = , alors x = y.
1+y 1+x
III.4 Démontrer une équivalence P ⇔ Q
⊲ Par double implication : On démontre P ⇒ Q, puis on démontre Q ⇒ P (deux démonstrations à faire).
Exemple 12 : Soient a, b et c trois réels, a 6= 0. Montrer que :
Le trinôme ax2 + bx + c a deux racines réelles non nulles et de signes contraires si, et seulement si ac < 0.
⊲ Par un raisonnement direct : On enchaîne les équivalences. On passe de P à Q par une succession d’équivalence
en s’assurant, à chaque étape du raisonnement, que l’équivalence est bien conservée. Méthode particulièrement
adaptée au résolution d’équations ou d’inéquations.
• • •
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√
Exemple 13 : Résoudre dans R, 2x = x2 + 1.
• • •
√
Exemple 14 : Résoudre dans R l’inéquation x − 1 > x − 7
• • •
√ √
Exemple 15 : Autre exemple. Résoudre dans R, −3x2 + 18x − 24 6 −2x2 + 20x − 48
• • •
√ √ 1
Exemple 16 : Résoudre dans R l’inéquation 3 − x − x + 1 >
2
III.5 Utiliser un contre-exemple
La négation de la proposition « ∀x ∈ E, P (x) » est « ∃x ∈ E, non P (x) ». Si l’on souhaite démontrer qu’une
proposition du type « ∀x ∈ E, P (x) » est fausse, il suffit de trouver une valeur x de E pour laquelle la proposition
P (x) est fausse. On utilise alors un contre-exemple.
Exemple 17 : La proposition « tout entier naturel est somme de trois carrés » est-elle vraie ?
III.6 Raisonner par analyse-synthèse
Le raisonnement par analyse-synthèse est utilisé pour déterminer les solutions d’un problème donné lorsque la
rédaction « par équivalence » est impossible ou délicate.
• Dans la première partie (ANALYSE), on détermine les propriétés d’une éventuelle solution de manière à limiter
sévèrement les possibilités.
• La seconde partie (SYNTHESE), parmi les solutions fournies par l’analyse, lesquelles sont effectivement solutions
du problème.
Exemple 18 : Déterminer toutes les applications f de N dans R vérifiant
∀m, n ∈ N, f (m + n) = f (m) + f (n)
Exemple 19 : Déterminer les couples d’entiers relatifs solutions de 2x + 5y = 7 (E) (équation diophantienne)
(Au programme de la spécialité maths en TS)
En phase d’analyse : soit (x, y) ∈ Z2 une solution de (E). On parvient, moyennant l’utilisation du théorème de Gauss,
à démonter que (x, y) = (1 + 5k, 1 − 2k) avec k ∈ Z ; Il reste à effectuer la synthèse.
III.7 Effectuer un raisonnement par récurrence
III.7.1 Principe de récurrence
Soit P(n) une propriété dépendant de n ∈ N, et n0 ∈ N. Si
• d’une part, la proposition P(n0 ) est vraie ; (Initialisation)
• d’autre part, pour tout entier n > n0 , P(n) implique P(n + 1) ; (Hérédité)
alors la proposition P(n) est vraie pour tout entier n > n0 .
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• • •
Exemple 20 : Démontrer par récurrence que
Pour tout entier naturel n > 4, n! > 2n
III.7.2 Récurrence double
Soit P(n) une propriété dépendant de n ∈ N, et n0 ∈ N. Si
• d’une part, les propositions P(n0 ) et P(n0 + 1) sont vraies ;
• d’autre part, pour tout entier n > n0 , P(n) et P(n + 1) implique P(n + 2) ;
alors la proposition P(n) est vraie pour tout entier n > n0 .
• • •
Exemple 21 : Soit (un ) la suite définie par u0 = 1, u1 = −5 et, pour tout n ∈ N, un+2 = 5un+1 − 6un .
Démontrer que
Pour tout n ∈ N, un = 4 × 2n+1 − 7 × 3n
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