RÉSUMÉ DÉTAILLÉ NOTES 2BAC
La crise des années 1930 sous la Troisième République (1918-1940)
I. Contexte historique et conséquences de la Première Guerre mondiale
1. Impact de la Première Guerre mondiale :
- 1,4 million de soldats français tués, soit 10 % de la population masculine.
- Destruction massive des terres, infrastructures, villes, et industries, réduisant la capacité
industrielle de moitié.
- Dette importante accumulée, notamment auprès des États-Unis, qui deviennent la
première puissance mondiale en 1919.
2. Les années folles (1921-1929) :
- Période de reconstruction et de croissance industrielle (9,5 % entre 1921 et 1929).
- Modernisation grâce au fordisme, entrée de l’automobile et de l’électricité dans la
production de masse.
- Transformation sociale marquée par l’émancipation féminine, l’individualisme et l’essor
des loisirs.
II. La triple crise des années 1930 : économique, sociale et politique
1. Crise économique :
○ Débutant avec le krach de Wall Street en 1929, la crise frappe la France en 1931.
○ Effondrement de la production industrielle (-30 % entre 1929 et 1935), des exportations
(-50 % entre 1929 et 1932), et des prix agricoles (-44 %).
○ Explosion du déficit public (de 5 milliards en 1930-31 à 11 milliards en 1933).
2. Crise sociale :
○ Chômage en hausse rapide (425 000 demandeurs d’aide en 1935).
○ Baisse des revenus (-6 % en moyenne) et du pouvoir d’achat (-30 % pour les
cultivateurs).
○ Faillites nombreuses et fermeture d’exploitations agricoles.
3. Crise politique :
○ Instabilité gouvernementale avec cinq gouvernements entre 1932 et 1934.
○ L’affaire Stavisky (janvier 1934) éclabousse la classe politique, provoquant des
manifestations violentes (6 février 1934) organisées par les ligues d’extrême droite.
III. Les réponses politiques : le Front Populaire
1. Formation du Front Populaire :
- Alliance entre socialistes, communistes et radicaux en 1935, dans un contexte
antifasciste.
- Victoire aux élections législatives de mai 1936, avec Léon Blum à la tête du
gouvernement.
2. Réformes sociales :
- Accords Matignon (juin 1936) : augmentation des salaires (7-15 %), conventions
collectives, reconnaissance des syndicats.
- Lois sociales : semaine de 40 heures, deux semaines de congés payés.
- Réformes éducatives et culturelles : scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, création
d’auberges de jeunesse.
3. Limites et divisions :
- Les réformes sociales exacerbent les difficultés économiques (fuite des capitaux, hausse
des coûts de production).
- Divisions au sein du Front Populaire à cause de la guerre civile espagnole et des tensions
entre communistes et radicaux.
- Démission de Blum en 1938 et dissolution du Front Populaire.
IV. L’approche de la Seconde Guerre mondiale
1. Gouvernement de Daladier :
○ Politique de recentrage avec moins de concessions aux travailleurs.
○ Préparation au conflit face à l’expansionnisme allemand (réarmement, accords de
Munich en septembre 1938).
2. Contexte international :
○ L’inaction des démocraties face à Hitler contribue à l’aggravation des tensions en Europe,
menant à la Seconde Guerre mondiale.
La Seconde Guerre Mondiale → régime de Vichy (1940-1944)
I. Contexte historique et origines
1. Conflit mondial :
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) oppose les démocraties alliées (France, Royaume-Uni,
URSS, États-Unis, etc.) aux puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon). En 1940, l'Allemagne
lance une offensive fulgurante qui entraîne la chute de la France.
1. Défaite française et armistice :
Après la débâcle militaire de mai-juin 1940, marquée par la percée allemande à Sedan (10 mai)
et l'exode de millions de civils, le gouvernement français dirigé par Paul Reynaud est remplacé
par celui du maréchal Pétain. Celui-ci signe l'armistice le 22 juin 1940 à Rethondes, divisant la
France en deux zones : la zone occupée au nord et la zone libre au sud.
II. Mise en place du régime de Vichy
1. Transformation politique :
Le 10 juillet 1940, les parlementaires réunis à Vichy accordent les pleins pouvoirs constituants à
Pétain. La IIIe République laisse place à l'État français, un régime autoritaire qui suspend les
libertés, dissout les partis politiques et impose une idéologie traditionnelle sous la devise «
Travail, Famille, Patrie ».
2. Collaboration et réformes :
- Le régime s'engage dans la collaboration d'État avec l'Allemagne nazie dès octobre 1940
(rencontre de Montoire entre Pétain et Hitler).
- Des lois antisémites sont instaurées, excluant les Juifs de la vie publique et facilitant leur
déportation.
- Le Service du Travail Obligatoire (STO) et la Milice renforcent la coopération avec
l'Allemagne.
III. Résistance et persécutions
1. Résistance française :
Bien que minoritaires au début, les actes de résistance augmentent à partir de 1942 avec les
premières victoires alliées et l'invasion de la zone libre par les Allemands en novembre 1942.
2. Persécutions :
Le régime participe activement à la déportation des Juifs (ex. : rafle du Vél' d'Hiv, 16-17 juillet
1942). Sur les 330 000 Juifs présents en France, plus de 75 000 sont déportés, avec seulement 2
500 survivants.
IV. Chute du régime
Le régime de Vichy perd toute autonomie après l'occupation totale de la France par l'Allemagne en
novembre 1942. Il disparaît avec la libération progressive du territoire par les Alliés en 1944.
La Seconde Guerre Mondiale → la France libre et la Résistance (1940-1944)
I. Contexte et création de la France libre
1. L’appel du 18 juin 1940 :
○ Après la défaite de la France en juin 1940, le général Charles de Gaulle, réfugié à
Londres, appelle à continuer la lutte contre l’Allemagne nazie.
○ Cet appel marque le début de la France libre, mouvement politique et militaire
s’opposant à l’occupation allemande et au régime de Vichy.
2. Difficultés initiales :
○ Réponse limitée à l’appel en métropole et dans les colonies : seuls quelques territoires
(Tchad, Cameroun, Tahiti) se rallient en 1940.
○ Échec de l’expédition de Dakar (septembre 1940), une tentative infructueuse de rallier la
colonie à la France libre.
3. Organisation de la France libre :
○ Création du Comité national français (CNF) en septembre 1941, qui devient en 1943 le
Comité français de libération nationale (CFLN).
○ Constitution des Forces françaises libres (FFL), qui obtiennent des victoires militaires
importantes, notamment à Koufra (1941) et Bir Hakeim (1942).
II. La Résistance intérieure et son unification
1. Développement de la Résistance :
○ La Résistance intérieure débute avec des actes isolés en 1940 (exemple : manifestation
étudiante sur les Champs-Élysées le 11 novembre).
○ Se structure à partir de 1941 grâce à des mouvements comme "Combat",
"Libération-Sud" et les "Francs-tireurs et partisans" (FTP).
○ Ces groupes organisent des sabotages, des filières d’évasion et des maquis dans des
régions reculées comme le Vercors.
2. Unification sous l’autorité de de Gaulle :
○ En 1943, Jean Moulin fonde le Conseil national de la Résistance (CNR), regroupant les
mouvements de résistance et les partis politiques clandestins.
○ Le CNR élabore un programme ambitieux de réformes économiques et sociales, incluant
le droit de vote des femmes (ordonnance du 21 avril 1944).
III. La Libération et la fin de l’occupation
1. Débarquements et actions des résistants :
○ Débarquement en Normandie le 6 juin 1944 et en Provence le 15 août 1944.
○ Les résistants (FFL et FFI) participent activement à la libération des territoires, sabotant
les infrastructures allemandes et organisant l’insurrection de Paris (19 août 1944),
libérée le 25 août.
2. Transition politique :
○ Le CFLN devient le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) le 3 juin
1944.
○ Après la libération, De Gaulle s’impose comme chef légitime de la France, mettant fin
aux ambitions américaines d’administration militaire du pays.
IV. L’épuration et la reconstruction
1. Épuration sauvage et légale :
○ Après la libération, des actes de vengeance spontanés (9 000 exécutions) précèdent une
épuration légale (46 000 condamnations, dont 767 exécutions).
○ Les collaborateurs, comme Philippe Pétain et Pierre Laval, sont jugés par une Haute
Cour. Pétain voit sa peine de mort commuée en détention à perpétuité.
2. Mesures économiques :
○ Nationalisation d’entreprises collaboratrices, comme les usines Renault.
○ Reconstruction industrielle et agricole malgré des infrastructures détruites et un retard
technologique.
V. Bilan de la guerre pour la France
1. Pertes humaines et économiques :
○ 540 000 morts, dont 60 % de civils.
○ Production industrielle réduite de moitié en 1944, infrastructures gravement
endommagées.
2. Conséquences politiques :
○ Échec de la Troisième République à gérer la guerre et émergence d’un lien renforcé
entre Nation et République grâce à la Résistance.
○ Transition vers la Quatrième République après la démission de de Gaulle en 1946.
L'échec de la IVᵉ République (1946-1958)
I. Contexte historique et naissance de la IVᵉ République
1. Reconstruction après la guerre :
La France sort affaiblie de la Seconde Guerre mondiale : infrastructures détruites, rationnement
alimentaire jusqu’en 1948, et nécessité de reconstruire ses institutions.
2. Mise en place de la IVᵉ République :
- Un référendum en 1945 rejette la IIIᵉ République.
- La nouvelle Constitution, adoptée en 1946, établit un régime parlementaire.
- Le tripartisme (PCF, SFIO, MRP) structure les premières années de la République.
II. Les premières difficultés
1. Instabilité politique :
● Entre 1946 et 1958, la IVᵉ République connaît 25 gouvernements, rendant l’action
politique inefficace.
● Les divisions entre partis, notamment sur des questions économiques et coloniales,
fragilisent les coalitions.
2. Problèmes économiques et sociaux :
● Bien que les "Trente Glorieuses" amorcent une croissance économique, des grèves
insurrectionnelles marquent les années 1947-1948.
● La Guerre froide polarise les débats, le PCF entrant dans l’opposition dès 1947.
III. Décolonisation et guerres coloniales
1. Guerre d’Indochine (1946-1954) :
● La France perd la guerre face au Viêt Minh lors de la bataille de Diên Biên Phu.
● Les accords de Genève mettent fin au conflit, mais entament la crédibilité de la
République.
2. Crise algérienne (1954-1958) :
● Le FLN déclenche une insurrection en Algérie en 1954.
● La guerre devient rapidement un conflit violent, opposant la France à ses colonies.
● La gestion militaire et politique, marquée par l’envoi massif de troupes et le recours à la
torture, alimente les divisions internes.
IV. La crise de mai 1958 et la chute
● Les pieds-noirs à Alger, soutenus par une partie de l’armée, organisent un coup de force le 13
mai 1958.
● Face à l’effondrement du régime, Charles de Gaulle revient au pouvoir le 1ᵉʳ juin 1958.
● La IVᵉ République est remplacée par la Ve République avec l’adoption d’une nouvelle
Constitution.
La Cinquième République (1958- ?)
I. Naissance de la Cinquième République (1958)
1. Contexte historique :
Face à la crise algérienne et à l'instabilité de la Quatrième République, Charles de Gaulle revient
au pouvoir en juin 1958. Il obtient les pleins pouvoirs pour rédiger une nouvelle Constitution.
2. Adoption de la Constitution :
● Le 28 septembre 1958, la Constitution est adoptée par référendum avec 83 % de « oui »
et promulguée le 4 octobre.
● Elle instaure un régime semi-présidentiel, renforçant l’exécutif. Le président de la
République dispose de pouvoirs élargis, notamment en matière de dissolution de
l’Assemblée et de référendums.
II. La République gaullienne (1958-1969)
1. Résolution de la crise algérienne :
● Après le référendum sur l’autodétermination de janvier 1961, l’indépendance algérienne
est proclamée le 5 juillet 1962, à la suite des accords d’Évian.
2. Renforcement présidentiel :
● En 1962, un référendum établit l’élection du président au suffrage universel direct,
renforçant la légitimité présidentielle.
● De Gaulle utilise les médias et les référendums pour consolider son pouvoir.
3. Politique internationale :
● De Gaulle mène une politique d’indépendance (sortie du commandement intégré de
l’OTAN en 1966, reconnaissance de la Chine communiste en 1964).
● Il promeut la construction européenne avec le traité de l’Élysée (1963).
4. Crise de mai 1968 :
● Les révoltes étudiantes et sociales culminent en une grève générale. Malgré les accords
de Grenelle, De Gaulle sort affaibli et démissionne après l’échec du référendum sur la
réforme du Sénat en 1969.
III. Les héritiers de De Gaulle (1969-1981)
1. Georges Pompidou (1969-1974) :
● Prolonge l’héritage gaullien tout en amorçant des réformes sociales (création du SMIC
en 1970).
● Décès prématuré en 1974.
2. Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) :
● Modernisation de la société : abaissement de la majorité à 18 ans, légalisation de
l’avortement (loi Veil, 1975).
● Montée des tensions économiques après le choc pétrolier de 1973.
IV. Alternance et cohabitations (1981-2024)
1. François Mitterrand (1981-1995) :
● Premier président socialiste. Réformes majeures : abolition de la peine de mort (1981),
retraite à 60 ans, semaine de 39 heures.
● Signature du traité de Maastricht en 1992, fondant l’Union européenne.
● Deux cohabitations (1986-1988, 1993-1995) avec Jacques Chirac et Édouard Balladur.
2. Jacques Chirac (1995-2007) :
● Politique de rigueur économique et réduction du mandat présidentiel à cinq ans (2000).
● Oppose la France à la guerre en Irak (2003).
3. Nicolas Sarkozy (2007-2012) :
● Réformes économiques (retraites, autonomie des universités).
● Mandat marqué par la crise économique de 2008.
4. François Hollande (2012-2017) et Emmanuel Macron (2017- ?)
● Hollande adopte des lois sociétales (mariage pour tous).
● Macron engage des réformes économiques et sociales dans un contexte de contestation
sociale (mouvement des Gilets jaunes).