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Comprendre la Démocratie et ses Fondements

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SOMMAIRE

Introduction ............................................................................................................................................ P2

I - Qu’est-ce que la Démocratie ?..................................................................................................... P2

II - LES ELEMENTS-CLES DES ETATS ORGANISES SUR LE PRINCIPE

DEMOCRATIQUE.................................................................................................................................... P2

1 - Libertés fondamentales et Droits fondamentaux .........................................................P 2-3

2- Elections ...........................................................................................................................................P 3-4

3- Etat de droit.....................................................................................................................................P 5

4 - Séparation des pouvoirs............................................................................................................P 5

5- Le Parlement...................................................................................................................................P 6-7

6 - Pluralisme démocratique ........................................................................................................P 7 -8

7 - Gouvernement et Opposition.................................................................................................P 8-9

8 - Opinion publique et liberté des médias ............................................................................P 9-10

III - LA DEMOCRATIE NE SE MAINTIENT PAS TOUTE SEULE .......................................P 10-11

1 - Décentralisation ............................................................................................................................P 1-12

2 - Gouvernance démocratique ....................................................................................................P 12-13

3 - Education politique .....................................................................................................................P 14

4 - L’avenir appartient-il à la démocratie ? .............................................................................P 15-16

1
INTRODUCTION

Parmi les 193 pays reconnus par les Nations Unies, il y a 123 démocraties. Ainsi, plus
de la moitié des Etats a établi une forme de
gouvernement caractérisée par la participation du peuple, sous une forme ou une
autre. Mais que faut-il exactement comprendre lorsqu’on parle de démocratie ? Chacun
a sûrement sa propre conception de ce que “démocratie” veut dire, mais quelle serait
l’explication commune qu’il faudrait fournir ? Qu’est-ce qui caractérise une
démocratie ? Quels sont les éléments nécessaires à son établissement ? Comment la
consolider ? Quels sont ses avantages, et ses faiblesses ?

I. QU’EST-CE QUE LA DEMOCRATIE?

Le mot “démocratie” est dérivé d’un terme grec composé des mots demos = Peuple et
kratein = gouverner, régir. “Démocratie” peut donc se traduire littéralement par les
expressions suivantes : Gouvernement du peuple ou Gouvernement de la majorité. La
démocratie, en tant que forme étatique, se démarque de la monarchie, de l’aristocratie
et de la dictature. Peut-être as-tu déjà entendu parler de la définition la plus courante
de la démocratie : “le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple”
(Abraham Lincoln) ? Pour être plus concret, on pourrait dire que, dans un système
démocratique, le pouvoir vient du peuple, il est exercé par le peuple, et en vue de ses
propres intérêts. Cette description n’est que très générale pour un début, mais les
pages qui vont suivre t’expliqueront plus clairement les différentes facettes de la
démocratie.

II. LES ELEMENTS-CLES DES ETATS ORGANISES SUR LE PRINCIPE DEMOCRATIQUE

1 - Libertés fondamentales et Droits fondamentaux

Les droits de l’homme sont bien plus qu’une simple composante de la démocratie. Ils
représentent la condition sine qua non pour le bon fonctionnement d’un système
démocratique. Le développement et l’évolution des droits de l’homme ne sont
possibles que si les hommes vivent au sein d’une démocratie, puisque ce n’est que dans
ce système que la population peut élaborer elle-même les lois qui vont la régir et
contrôler publiquement les trois pouvoirs :

2
le législatif (le pouvoir de proposer et voter des lois : à Madagascar, il s’agit du
Parlement), l’exécutif (le pouvoir d’appliquer la loi : à Madagascar, il s’agit du Président
de la République et du Gouvernement) et le judiciaire (le pouvoir de légiférer et de
promulguer la loi : en l’occurrence, la Haute Cour Constitutionnelle). Par ailleurs, les
droits de l’homme ne sont efficaces que lorsque le pouvoir d’Etat est lié à un Droit
autonome et indépendant, et que tous les hommes sont traités sur le même pied
d’égalité devant cette justice. De même, il est essentiel, dans les démocraties, de bien
établir une séparation des pouvoirs pour que la justice soit autonome et indépendante.
Il en résulte une relation triangulaire entre Démocratie, Droits de l’homme et
Séparation des pouvoirs, qui représentent ainsi des éléments interdépendants.

Les Droits de la personnalité individuelle forment le noyau des droits de l’homme,


puisqu’ils incluent entre autres le droit à la vie et le droit au libre épanouissement de la
personnalité. Grâce à ces droits, l’homme peut par exemple être protégé des attaques et
manifestations de violence contre sa personne, et préserver son intégrité et sa dignité
humaine.

Les Droits politiques et civils sont là pour garantir à chaque citoyen une libre
participation à la vie politique de sa communauté. Ce qui signifie qu’il ou elle ne doit
craindre aucune sanction non justifiée. Les droits les plus importants concernent, sur
ce point, aussi bien la liberté d’opinion, la liberté de presse, la liberté de se réunir que
celle de s’associer.

2 - Elections

Les élections constituent l’un des piliers les plus importants de la démocratie. Ce sont
les textes du Droit électoral qui fixent et définissent clairement l’organisation de ces
élections et la manière d’effectuer le décompte des voix pour les attribuer aux sièges
correspondants. Il existe un droit électoral actif et un droit électoral passif. Les citoyens
jouissant d’un droit électoral actif ont le droit de voter et ceux qui jouissent d’un droit
électoral passif ont le droit d’être élus.

Les élections démocratiques doivent en effet satisfaire certaines conditions que tu


connais peut-être déjà un peu :

 Les élections démocratiques sont libres, lorsque les citoyens ont le droit de
choisir entre plusieurs candidats ou partis qui ont pu se présenter sans aucune
restriction. Ils doivent également être libres de décider s’ils veulent jouir de leur
droit de vote ou s’ils préfèrent s’abstenir.

3

Les élections démocratiques sont équitables, lorsque chaque citoyen qui jouit de
son droit de vote dispose d’une voix et que ni son origine, ni son sexe, sa langue,
ses revenus ou ses avoirs, son métier, sa couche ou classe sociale, son identité
sexuelle, sa formation, sa religion ou ses convictions politiques,.

Dans les élections démocratiques, il doit être impossible de déceler pour quel parti
politique ou pour quel candidat particulier un citoyen a voté. Elles sont donc secrètes,
lorsque chaque citoyen a pu placer son bulletin de vote dans une enveloppe, sans avoir
été ni surveillé, ni influencé, dans le secret d’un isoloir, et qu’il a pu, ensuite, de la
même manière, placer son enveloppe dans une urne.

Les élections démocratiques sont, par conséquent, publiques et transparentes. Ce qui


signifie, d’une part, que chaque citoyen a le droit d’assister au dépouillement des voix
à l’ouverture des urnes ; cela signifie également, d’autre part, qu’il est possible de
suivre complètement le processus entier du passage des voix des électeurs : des
bulletins de vote placés dans les urnes au décompte final.

Quelques difficultés caractérisent également le système de la majorité


proportionnelle :

Si toutes les tendances politiques existantes sont prises en compte, un grand nombre
de partis politiques sera représenté au Parlement. En général, aucun de ces partis
politiques ne peut réunir une majorité et, par conséquent, ce sont en fait des coalitions
qui se forment. Très souvent, des petits partis politiques sont utilisés comme outils
pour obtenir la majorité et, une fois au sein du gouvernement, ils bénéficient d’une
influence supérieure au pourcentage effectivement acquis lors des élections.
Pour la population, il est difficile de percevoir quel parti politique est exactement
responsable de quelle politique; elle a ainsi des difficultés pour cibler clairement la
décision à prendre pour la prochaine élection. Dans certains pays, en Allemagne par
exemple, le droit électoral proportionnel est soumis à une “clause de restriction”. Cette
dernière stipule qu’un parti politique doit obtenir un certain nombre de voix (traduit
en pourcentages), avant de pouvoir être représenté au Parlement.
Cette clause sert à éviter d’avoir une profusion de petits partis politiques au Parlement.

3 - Etat de droit
4
Dans un Etat de droit, il existe des principes fondamentaux et des procédures qui
garantissent la liberté de chaque individu et permettent la participation à la vie
politique. Il y a, en premier lieu, le droit au libre épanouissement de la personnalité
individuelle. En résumé, le pouvoir d’un Etat est lié aux lois qui le régissent. Ainsi, la
notion d’Etat de droit s’oppose-t-elle directement à celle d’ “Etat policier” ou d’ “Etat
arbitraire”. Dans un Etat démocratique, tous les citoyens sont égaux devant la loi,
même les employés de l’Etat et de l’Administration. Cette dernière ne peut agir que
lorsqu’elle a été investie de la responsabilité afférente par la loi ou la Constitution. En
ce sens, un Etat de droit est donc toujours un Etat fondé sur le respect de la loi et de la
Constitution. De cette manière, il rend l’Etat responsable de ses actes devant les
citoyens et leur donne l’opportunité de se positionner et de réagir par rapport à ses
actes.

4 - Séparation des pouvoirs

Il existe trois pouvoirs au sein d’un Etat :


- Le pouvoir législatif élabore et adopte les lois ;
- Le pouvoir exécutif applique les lois et la politique gouvernementale ;
- Le pouvoir judiciaire représente le cadre légal pour l’exercice du pouvoir.

Peut-être sais-tu déjà que le terme “séparation des pouvoirs” signifie en fait la
“division” du pouvoir de l’Etat en trois parties : celles qui viennent d’être citées
précédemment. Dans un Etat démocratique, le pouvoir se contrôle et s’influence
efficacement, d’abord et en premier lieu, par lui-même. Le pouvoir d’Etat doit ainsi être
réparti entre plusieurs organes.

Généralement, c’est la Constitution d’un pays qui fixe la manière dont le pouvoir est
réparti entre les différents organes et quelles compétences leur sont respectivement
attribuées. En règle générale, il existe deux systèmes de gouvernement qu’il faut
différencier: le “régime parlementaire” et le “régime présidentiel”. Dans certains pays,
on les retrouve parfois entremêlés dans des formes mixtes, mais l’objectif de cette
brochure n’est pas de t’embrouiller l’esprit, mais au contraire, de clarifier toutes les
notions liées au concept démocratique! C’est pour cela que nous allons prendre chaque
système séparément, pour te montrer à quel point la relation entre le législatif et
l’exécutif peut être différente, selon les cas.

5 - Le Parlement

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Même si, dans les démocraties, les relations entre Parlement et Gouvernement peuvent
être très différentes, les parlements ont fondamentalement toujours les mêmes
fonctions. Ils remplissent une fonction de proposition de lois. Ils détiennent le droit
d’apporter des propositions de lois. Dans les systèmes de gouvernement
parlementaire, ce droit est souvent attribué au gouvernement puisqu’il représente la
majorité au parlement et que la probabilité de voir la loi adoptée est plus grande dans
ce cas. En règle générale, la majorité relative suffit à faire adopter une loi. Par contre,
les lois qui abordent des thèmes essentiels tels que la Constitution, par exemple,
nécessitent souvent une majorité aux deux tiers ou un référendum, pour être validées.
Comme nous l’avons évoqué au dernier chapitre, le parlement jouit, face au
gouvernement, d’une fonction de contrôle. En cas de doute concernant le travail du
gouvernement, le parlement peut créer des commissions d’enquête ou ordonner des
enquêtes par le biais du pouvoir judiciaire. Dans le système parlementaire, l’Assemblée
nationale a en outre la possibilité de destituer le gouvernement. Dans ce système, le
contrôle se situe plutôt entre le gouvernement et l’opposition, et beaucoup moins entre
le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire.

Les parlements se caractérisent donc surtout par leur fonction d’articulation et


d’expression de la volonté politique. Ce qui signifie:

- Que les députés articulent, c’est -à-dire, expriment, la volonté de la population,


puisque c’est elle qu’ils représentent.
- Que les députés essaient d’informer la population sur leur travail, à travers les
sessions publiques, les rapports des sessions dans les médias, ainsi que par le biais de
manifestations particulières ciblées ; ils essaient en même temps d’appuyer la
population au niveau de l’expression de sa volonté politique.

Une quatrième fonction, celle de la fonction d’élection, concerne uniquement les


Assemblées nationales des systèmes de gouvernement parlementaire. Dans ce cas, ce
sont les députés qui élisent ou destituent le Chef du Gouvernement et, parfois, tous les
membres du gouvernement.

Deux principes politiques se dégagent au sein d’une démocratie, et jouent un rôle


essentiel dans la manière de travailler d’un député ; ce sont :

Le principe de majorité ou principe de concurrence et le principe de consensus.


Le principe de concurrence se base sur le fait que les décisions sont prises à la majorité.
En règle générale, il y a, dans ce système, un grand nombre de partis politiques qui se
6
font concurrence entre eux. Dans ce cas, l’avantage est que les décisions peuvent être
rapidement prises et que le gouvernement peut travailler de manière efficiente.
Normalement, le parlement bénéficie, dans ce cas, de mécanismes et de structures qui
veillent à exprimer et prendre en compte les intérêts des minorités dans les processus
de prise de décision au niveau parlementaire.

D’après le principe de consensus, un nombre maximal d’acteurs est inclus dans les
processus politiques. Les divers acteurs essaient toujours de prendre les décisions en
recherchant un consensus.

Ceci représente l’avantage que personne ne se sente exclu dans l’expression de son
point de vue. Mais, en même temps, ce type de prise de décision suppose de longues
discussions préalables et fournit aux minorités l’occasion d’intégrer leurs intérêts dans
le processus de discussion des points de vue.

6 - Pluralisme démocratique

Dans une démocratie, le pluralisme est considéré et appliqué comme une forme d’ordre
social et politique. Dans le domaine politique, le pluralisme implique qu’un grand
nombre de groupements et d’associations librement formés se retrouvent
réciproquement en situation de concurrence pour gagner de l’influence sur la vie
sociale et politique. Ces groupements peuvent être de nature politique, économique,
religieuse, ethnique ou autre. L’ensemble de ces groupements constitue la société
civile. Dans la société, le pluralisme se caractérise par le respect, l’acceptation et la
reconnaissance de tous les points de vue, aussi différents ou divergents soient-ils ; et
leur diffusion, ainsi que leur application ne devraient rencontrer aucun obstacle. Le
pluralisme se base sur des discussions contradictoires, dont les résultats reposent
souvent sur des compromis qui finissent ainsi par satisfaire tous les groupes
concernés, ou tout au moins, sont acceptables dans leur ensemble.

Dans le pluralisme, les dialogues, les échanges de points de vue et les discussions,
ainsi que les idées et les points de vue qui y sont débattus, ont un caractère constructif
dans le cadre des processus sociaux d’expression des idées et de la volonté politiques
des citoyens, aussi contraires, opposés au régime en place ou proches de l’opposition
soient-ils.

Dans les sociétés respectant le pluralisme, il existe, parallèlement à la société civile qui
exerce une influence socio-politique ou économique, des groupements qui aspirent
directement à des fonctions électives : ce sont les partis politiques.
7
Comme beaucoup d’autres citoyens, tu t’es sûrement déjà laissé aller à pester contre
des partis politiques parce qu’ils ont, par exemple, promis de prendre certaines
mesures et qu’ils n’ont rien réalisé par la suite. Malgré les critiques que l’on peut
adresser aux partis politiques en ce qui concerne les résultats de leur travail, il faut
reconnaître qu’ils constituent malgré tout un élément nécessaire et indispensable à
toute démocratie. Le peuple peut exercer sa souveraineté par le biais de ces partis
politiques ; c’est vraiment grâce à eux qu’il peut agir de manière effective. L’alternative
serait d’élire un représentant, en tant que peuple, et d’assumer soi-même toutes les
tâches qui incombent aux dirigeants politiques. Mais cela n’est tout simplement pas
possible, compte tenu de leur grand nombre et de la complexité des thèmes.

7 - Gouvernement et Opposition

La direction d’une communauté peut être assumée par une seule personne ou un petit
groupe, tant que cette communauté est censée être capable d’agir. Tu as sûrement déjà
remarqué cela dans ta vie quotidienne, à un cadre plus réduit. Lorsqu’une classe ou un
groupe de travail doit discuter de quelque chose, on doit souvent commencer par élire
un leader pour mettre en place et maintenir une structure. Sans ce leader, le débat se
déroule de manière désordonnée et le groupe n’arrive pas à dégager de résultat. Si l’on
transpose cette image au cas de l’Etat, on voit bien clairement pourquoi il est
nécessaire d’avoir un gouvernement.
Dans un Etat démocratique, il y a toujours une opposition qui manifeste ses idées
parallèlement au gouvernement. Pendant les élections et au niveau des différents
organes étatiques (Parlement, Sénat, Conseils régionaux et communaux, etc.), il existe
dans la plupart des cas un ou plusieurs partis d’opposition qui se confrontent au parti
du pouvoir en place.

Dans le meilleur des cas, le parti d’opposition est d’ailleurs toujours le remplaçant en
puissance du parti de la majorité et exerce déjà, de ce fait, une pression sur le
gouvernement. Elle critique les mesures prises par le parti au pouvoir et essaie en
même temps de présenter son propre programme. Dans le quotidien du parlement,
l’opposition peut influencer directement l’élaboration des lois. Généralement, on ne
peut procéder à des amendements de la Constitution qu’avec son accord.

En négociant habilement, ou en s’imposant de manière correcte, elle peut aussi changer


d’autres projets de loi élaborés par le gouvernement. Elle a, d’une part, le rôle
d’exprimer les intérêts qui ne sont pas pris en compte par le gouvernement et, d’autre

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part, celui de s’assurer que tous les problèmes pertinents ont été discutés librement et
en profondeur. Pour répondre à toutes ces attentes, l’opposition doit jouir de droits
parlementaires. Le parti majoritaire ne doit pas avoir le droit de changer les règles du
jeu de manière à occasionner un quelconque désavantage à l’opposition. Cette dernière
doit avoir la possibilité d’interpeller le gouvernement et d’émettre ses critiques. Il est
important, en outre, que lors des propagandes électorales, l’opposition jouisse des
mêmes avantages que ceux du parti au pouvoir.

8- Opinion publique et liberté des médias

L’opinion publique est d’une importance décisive pour la démocratie. Te demandes-tu


pourquoi? L’opinion publique est constituée de citoyens ou de groupes particuliers qui
réfléchissent sur leur communauté et expriment leurs critiques, leurs propositions ou
leur accord pour influencer la construction de la volonté politique. On ne peut pas
parler d’une seule, mais de plusieurs opinions publiques, puisque, dans une société
plurielle, il existe toujours plusieurs positions. L’opinion publique est ainsi un puissant
instrument de contrôle sur les politiciens qui dirigent le pays. Elle est, d’une part,
importante pour l’opposition, puisque cette dernière n’est potentiellement active face
au gouvernement qu’à travers cette opinion publique.

En effet, quels changements importants une opposition pourrait-elle apporter, si


elle ne pouvait exprimer ses critiques que dans des salles fermées?

L’opposition se trouve obligée de réagir, sinon elle perd sa légitimité face aux citoyens.
Par ailleurs, l’opinion publique sert la population entière dans son effort d’extérioriser
ses critiques et ses incitations à des actions bien définies. Chaque citoyen a le droit de
rassembler des informations et de contribuer en partie à l’expression de l’opinion
publique, lorsqu’il ou elle organise, par exemple, une rencontre pour des échanges
d’information. Dans ce contexte, les droits politiques et sociaux de l’homme jouent un
rôle important. La liberté d’opinion, ainsi que la liberté de réunion et d’association
permettent aux citoyens de participer à l’expression de l’opinion publique sans subir
aucune pression. L’opinion publique constitue donc un instrument de contrôle très
important dans une démocratie, ce qui implique également que seuls les politiciens qui
osent faire face à cette opinion publique qui peuvent éprouver un intérêt véritable pour
les desiderata des citoyens.

Qui est-ce qui articule l’opinion publique, ou plus précisément, les opinions
publiques?

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Comment peux-tu, par exemple, être au courant de ce qui se passe chaque jour en
politique?

Et quelles sont les instances qui t’informent sur les controverses actuelles qui
concernent la société ?

En ce qui concerne la diffusion des positions et des opinions, les médias, c-à-d la
télévision, la radio et les journaux, mais aussi et de plus en plus, l’internet, jouent un
rôle décisif. Dans les sociétés actuelles, la communication ne peut plus s’effectuer que
par le biais des massmedia. Les échanges d’information ne peuvent plus se faire à
travers les contacts directs et les dialogues, car, entretemps, nos sociétés sont
devenues trop peuplées. Les partis politiques doivent en particulier se tourner vers les
médias pour apporter leurs projets et leurs positions à la population. Les démocraties
ne se caractérisent plus principalement par la communication directe, mais plutôt par
la communication médiatique. C’est justement pour cette raison que les médias sont
considérés comme étant le “quatrième pouvoir”, après les pouvoirs judiciaire,
exécutif et législatif, car ils constituent à vrai dire l’instrument de contrôle le plus
important de l’opinion publique.

Mais les médias ne peuvent jouer véritablement ce rôle qu’en dehors de toute influence
étatique. La liberté de presse, une autre liberté fondamentale, joue également un rôle
important dans ce contexte. Il existe dans le monde de nombreuses organisations
d’utilité publique qui se consacrent à l’observation de la liberté de presse dans tous les
pays, ainsi qu’à la protection de journalistes qui se sentent menacés à cause des
recherches qu’ils effectuent pour leur profession

III. LA DEMOCRATIE NE SE MAINTIENT PAS TOUTE SEULE.

Tu as peut-être eu l’impression, dans la partie précédente, qu’une démocratie qui


dispose de tous les éléments-clés précités est fermement établie, et qu’elle
fonctionnera aussi bien pour toujours ! La démocratie n’est malheureusement pas à
considérer comme une construction en dur qui restera immuable au-delà des siècles.
La démocratie est plutôt un processus qui doit être maintenu et consolidé en
permanence. Ce n’est pas simplement un type d’Etat, avec de simples procédures et de
simples mécanismes. Il ne suffit donc pas d’avoir trois pouvoirs bien séparés, ni d’avoir
des citoyens prêts à se présenter aux législatives, ni qu’un chef d’Etat ou un maire soit
élu tous les quatre à cinq ans, ou qu’il existe plusieurs partis politiques, etc. La

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démocratie doit être assumée par l’ensemble de la population et par l’ensemble de
l’élite politique. Elle ne peut être instaurée et consolidée que si elle représente une
conviction partagée par tous les membres de la société. Ainsi, les modes de pensée et
de comportement, c’est-à-dire la culture politique, doivent être basés et orientés
vers des valeurs démocratiques.

Les paragraphes suivants te donneront des informations sur des éléments importants
qui ont été choisis pour caractériser le processus de consolidation démocratique: la
décentralisation, les valeurs fondamentales démocratiques, la gouvernance
démocratique, ainsi que l’éducation politique.

1 - La décentralisation

Chez toi, qui est-ce qui prend les décisions, lorsqu’une nouvelle route, par exemple, ou
un nouveau marché, doit être construit ou rénové? Est-ce le responsable local,
communal ou régional, ou l’Etat central, c’est-à-dire le ministre ou le chef d’Etat?
La décentralisation signifie que l’Administration d’un pays ne repose pas sur les
instances centrales, mais que, jusqu’à un certain point, les processus de décision sont
confiés à la base (“grass root”). Il est en effet plus raisonnable de prendre des décisions
directement au niveau de la région où les habitants sont directement concernés par
leurs impacts.

Lorsque le système gouvernemental est organisé de manière à rester aussi proche de


la population, l’identification des habitants avec les instances de leur région, donc leur
participation politique, peut augmenter. Pour beaucoup de gens, il est plus logique de
s’engager dans la politique lorsqu’ils ont effectivement la possibilité de prendre eux-
mêmes les décisions qui les concernent directement.

Ainsi, dans le cadre de la décentralisation, l’Etat central transpose son pouvoir et son
autorité sur des structures locales et régionales créées à sa “périphérie”. Celles-ci ont
ainsi la possibilité de planifier, décider et administrer leurs affaires par elles-mêmes.

Ces structures locales et régionales sont appelées « collectivités territoriales ». Au


sommet des collectivités territoriales se trouvent des mandataires élus au sein de la
population qui y habite. Des structures administratives existent parallèlement aux
collectivités territoriales qui représentent ainsi l’Etat central au niveau local : elles sont
donc dirigées par des fonctionnaires de l’Etat. Ces derniers représentent l’Etat central,
et ont pour tâche de contrôler et d’appuyer les mandataires élus localement.

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Les collectivités territoriales sont organisées selon les principes suivants :

- Les affaires sont traitées au niveau qui correspond à celui qui est le plus proche des
problèmes à régler. En d’autres termes, la solution des problèmes est confiée à des
niveaux subordonnés, tant que ces derniers peuvent s’occuper des problèmes abordés.
C’est le principe de subsidiarité.
- Les collectivités territoriales ne sont administrativement pas subordonnées à l’Etat
central, ni à ses représentants locaux.
- Les collectivités territoriales s’administrent eux-mêmes.
- Les collectivités territoriales vivent de la participation de la population à qui ont été
transferées des compétences de décision et des responsabilités.

2 - Gouvernance démocratique

La gouvernance est l’exercice d’un pouvoir ou d’une autorité visant à administrer les
affaires d’un Etat, d’une organisation ou d’une société. La gouvernance démocratique
ou “bonne gouvernance”, se base sur l’application des valeurs fondamentales de la
démocratie dans l’exercice du pouvoir.

Mais quelles sont en fait ces valeurs fondamentales de la démocratie ?

Comme la démocratie constitue une conviction, son orientation concerne des valeurs
fondamentales qui aident l’être humain à appliquer des transformations
démocratiques et à essayer de vivre la démocratie au quotidien. Ces valeurs
fondamentales sont, entre autres, la justice, l’égalité, la solidarité, la tolérance, le
pluralisme, la prise en considération des minorités, la non-violence, le dialogue, les
négociations et la volonté de vivre ensemble. La démocratie respecte donc et prend en
compte, autant que possible, les intérêts des minorités, dans le cadre de l’adoption des
décisions de la majorité.

Les principes les plus importants d’une bonne gouvernance, que l’on peut tirer des
valeurs fondamentales de la démocratie sont :

La participation, l’efficience, l’efficacité, la responsabilisation et la responsabilité, la


redevabilité, la capacité d’adaptation, la transparence et l’Etat de droit.

Une bonne gouvernance comporte toujours deux aspects :

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-Une dimension sociopolitique et humaine qui définit, entre autres, le rôle, les
fonctions, ainsi que la participation politique des différents acteurs, et qui comprend
les modes de pensée et de comportement, mais également le style de leadership des
dirigeants;
- Une dimension technique qui définit, entre autres, les normes et procédures
administratives et financières, la comptabilisation, les indicateurs d’évaluation, etc.
Plus le type de gouvernance néglige la dimension sociopolitique, plus il a des tendances
technocratiques prononcées, ou même un style de gouvernement et de leadership
autoritaire, ce qui amène les citoyens, surtout dans les démocraties naissantes, à avoir
des considérations négatives contre leurs dirigeants et les politiques que ces derniers
appliquent.

Dans le système de bonne gouvernance :

- les rôles sont clairement définis, bien séparés et équilibrés entre les différents acteurs
et groupes d’acteurs, aussi bien dans les textes de lois que dans la pratique.
- Les intérêts des différents groupes d’acteurs sont articulés dans les décisions prises.
- Les dirigeants se caractérisent dans l’exercice de leur pouvoir par un comportement
démocratique et un leadership de type démocratique qui conduit à la prise en
considération des valeurs fondamentales démocratiques, au respect des idées
contraires de l’autre, à la prise en considération des lois et règles en vigueur, à la
tolérance, à la capacité et volonté de dialoguer et discuter et à la non-violence.
- Face à cela, les citoyens et les groupes d’acteurs sont incités à s’exprimer, à prendre
part aux processus de décision et à contrôler l’exercice du pouvoir des dirigeants en
place.
- Entre les deux camps (Responsables de l’Etat et autres groupes d’acteurs), les
mécanismes de contrôle fonctionnent toujours bien et de manière transparente ; les
canaux d’information et de communication sont fluides et efficaces.
- Il existe des structures de participation informelles et formelles qui fonctionnent bien
pour les consultations, les concertations, les dialogues et les négociations, dans
lesquels tous les citoyens et les groupes sociaux, homme et femme, jeune et vieux,
minorités ou majorités peuvent et ont le droit de participer librement et sans crainte.
L’éducation politique représente une voie efficace pour l’institutionnalisation et
l’intériorisation de valeurs fondamentales et d’éléments culturels démocratiques.

3 - Education politique

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De nos jours, l’engagement peut devenir un problème crucial dans nos démocraties, s’il
y est présent dans une moindre mesure. On parle ainsi d’aversion pour la politique.
Cela signifie que la majorité de la population ne veut pas prendre part à la politique, ni
participer aux élections, ni s’engager pour quoi que ce soit. On peut ainsi parler d’une
opinion globalement négative vis-à-vis des activités et des structures politiques.
A quoi est généralement due cette aversion politique?

Il existe plusieurs facteurs qui peuvent y contribuer.

D’abord, la relation entre électeurs et élus peut se détériorer lorsque les élus, par
exemple, ne respectent pas les lois ou les conventions, et qu’en conséquence, la
confiance disparaît, du côté des électeurs. Par ailleurs, les attentes des électeurs
peuvent être déçues lorsque les élus ne réagissent pas, ou de manière superficielle, aux
problèmes existants. Les preuves que les relations se détériorent entre électeurs et
élus se trouvent dans le nombre décroissant des membres des partis politiques, ainsi
que dans la détérioration du taux de participatioin électorale. Cette dernière est
particulièrement problématique, puisqu’en même temps, la légitimité des politiciens
baisse aussi.

Deuxièmement, l’aversion pour la politique se produit lorsque l’éducation politique est


insuffisante, alors que les processus politiques deviennent plus complexes. Comme
nous l’avons décrit plus haut, il s’ensuit que la population ne peut pas se construire un
jugement personnel et s’impliquer ainsi dans la politique.

Troisièmement, les gens ont la sensation que les partis existant ne diffèrent pas
beaucoup entre eux, par manque d’idées, et ils ne sont pas motivés pour aller voter.
Quatrièmement, les médias ont tendance à parler des événements
politiques de manière négative, plutôt que positive. Il y a toujours plus de rapports
agréables à lire mais superficiels, à la place d’informations importantes. Cette image se
transmet à la population et bloque la motivation de participer à la politique.

Cinquièmement, telles qu’elles sont, les règles et institutions ont été créées de manière
à compliquer la participation de la population.

4. L’avenir appartient-il à la démocratie?

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Est-ce que tout cela veut alors dire que c’est uniquement dans la démocratie que
règnent la paix, le bien-être et la liberté ?
On ne peut pas répondre si facilement à cette question. Mais il est clair que la
démocratie peut améliorer de façon importante le bien-être des citoyens, les aider à
s’exprimer librement, et faire en sorte que l’économie prospère et que la sécurité soit
assurée.

Les buts de la démocratisation consistent à :

- Changer les structures de pouvoir autoritaires,


- créer de nouvelles procédures, de nouveaux mécanismes et de nouvelles formes de
participation sociale, et enfin,
- A créer les conditions sociopolitiques nécessaires au développement de la société.
Il ne faut pas oublier que la démocratie représente un chemin vers le développement.
Les procédures nouvellement créées, les mécanismes, les structures du pouvoir et les
conditions du développement doivent naturellement être consolidés.

Des mots-clés dans ce domaine sont :


- la prise en compte et la promotion des libertés fondamentales et des droits
fondamentaux ;
- la démocratisation des élections ;
- la promotion de médias pluralistes, ainsi que des systèmes multipartites qui
fonctionnent ;
- l’émergence de cultures politiques et d’une gouvernance qui se base sur les
valeurs
démocratiques ;
- l’approfondissement de la démocratie, et enfin,
- la promotion d’une croissance économique rapide et durable, qui tienne en même
temps compte de la palette d’intérêts sociaux au sein de la société.

C’est pour cela que la consolidation de la démocratie concerne tous les groupes
d’intérêt, toutes les parties de la population, mais aussi tous les acteurs et les domaines
de la société. La démocratie exige une participation permanente des citoyens, car, à la
différence des formes d’Etat autocratiques qui demandent la subordination des
personnes, elle n’est effective que grâce à la force de citoyens responsables.

CONCLUSION
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Des résultats de recherches ont établi que les jeunes, en particulier, ne se sentent pas
concernés par la politique. On suppose que cela est dû, entre autres, au fait que les
jeunes de moins de 18 ans n’ont souvent pas droit à la parole; ils n’intéressent donc pas
les politiciens, puisqu’ils ne représentent aucune voix aux élections. Lorsqu’on n’a pas
droit à la parole, il y a également une baisse de la motivation à vouloir s’engager. Et
pourtant, c’est cela qui est très important, car ce sont justement les jeunes qui peuvent
aider à imprimer leurs valeurs à une société. Il existe, par ailleurs, d’autres voies et
moyens pour exprimer ou concrétiser son engagement.

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