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Techniques de Plaidoirie Efficaces

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DROIT

professionnelle
pratique
professionnelle

pratique
« Une grande partie du talent d’un orateur consiste à dissimuler son art et à montrer un naturel

DROIT
qui crée, entre celui qui écoute et lui-même, un courant de sympathie et de confiance. »
Cette citation de Maurice Garçon rappelle que la première qualité de l’orateur réside dans sa capacité
à faire oublier que le discours persuasif repose sur des règles qui peuvent être enseignées. Son art
repose dès lors sur sa capacité à rendre naturel ce qui est le fruit d’un apprentissage ordonné et
rationnel. L’ambition de cet ouvrage est précisément d’apporter aux avocats mais aussi à toutes
personnes susceptibles d’intervenir dans l’enceinte d’une juridiction (juristes, chefs d’entreprise,
syndicalistes, représentants d’associations, simples particuliers…) une méthode et des techniques

Guide des techniques de plaidoirie


propres à concevoir une plaidoirie efficace.

Guide
Ce guide est structuré de manière didactique selon une présentation chronologique exposant de
manière simple et accessible les outils pouvant être mobilisés aux différentes étapes depuis la
préparation jusqu’au prononcé de la plaidoirie à une audience. Ainsi sont notamment abordées
l’analyse des pièces d’un dossier, la définition d’une stratégie, l’identification des moyens de droit et

des techniques
de faits susceptibles d’être développés, la formalisation des arguments, l’organisation des moyens,
l’utilité du recours aux figures de style, la constitution d’un dossier de plaidoirie, la mémorisation,
la gestion du trac, la prise de parole…

de plaidoirie
De nombreux exemples concrets et des exercices pour s’entraîner complètent l’accompagnement
systématique proposé.

L’auteur, Me Aldo Sevino, est avocat aux barreaux de Lyon et de Turin (Italie). Spécialisé en
droit public et droit de l’immobilier, il intervient en tant que conseil de collectivités territoriales,
d’entreprises du BTP, de promoteurs, d’industriels et d’investisseurs. Il conseille, assiste et
représente ses clients devant les juridictions civiles, commerciales et administratives, tant
en France qu’en Italie. Il est, par ailleurs, l’auteur de nombreux ouvrages dans le secteur 2e édition
de l’immobilier, de l’urbanisme et de l’aménagement, de la construction et des contrats publics.
Il enseigne auprès de différentes universités et grandes écoles.

Concevoir,
Aldo Sevino formaliser
Avocat et prononcer
sa plaidoirie

www.lgdj-editions.fr
ISBN 978-2-275-15152-6 45 e

Droit & Pratique professionnelle - Guide des techniques de plaidoirie - 2e ed.indd 3 06/03/2024 11:05
GUIDE
DES TECHNIQUES
DE PLAIDOIRIE
Aldo Sevino
Avocat associé fondateur du Cabinet ASEA

2e édition
Du même auteur
Montages d’opérations immobilières, 9e éd., éditions EFE, 2024
Pandora, Le lys bleu, 2023
Valorisation foncière des collectivités, Le Moniteur, 2020
Gli appalti pubblici in Francia, GRAFILL, 2020
Mener une opération d’aménagement, 2e éd., Le Moniteur, 2019 (3e éd. en cours
de rédaction)
Montages immobiliers publics, 2e éd., éditions EFE, 2018
Délégation de service public – Pratique de la passation, éditions EFE, 2013
Le permis de construire en 100 questions, Le Moniteur, Guides juridiques, 2009
Recouvrement dans les marchés privés de travaux, Territorial éditions, 2009
Mémento du référé précontractuel, éditions Eyrolles, 2007
Code de la commande publique locale, 3 tomes, éditions La lettre du cadre territorial,
2002

© 2024, LGDJ, Lextenso


1, Parvis de La Défense • 92044 Paris La Défense Cedex
www.lgdj-editions.fr
EAN : 9782275151526 • ISSN : en cours • Collection : Droit & Pratique professionnelle
À mes professeurs,
À mes confrères et amis Nicola Durazzo et Pierre-Marie Durade-Replat
SOMMAIRE

PARTIE PRÉLIMINAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
§1. Plaidoirie, rhétorique et prise de parole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
§2. Les genres de discours en rhétorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
§3. Les trois piliers de la rhétorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
I. Le logos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
II. Le pathos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
III. L’ethos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
§4. Apprendre à parler, apprendre à penser et apprendre à apprendre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
I. Deux conceptions de la rhétorique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
II. La culture générale au secours des avocats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
§5. Les étapes pour élaborer une (bonne) plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

PREMIÈRE PARTIE
CONCEVOIR SA PLAIDOIRIE

TITRE 1. LES PRÉALABLES INDISPENSABLES À TOUTE BONNE PLAIDOIRIE :


LA MAÎTRISE DU DOSSIER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

Chapitre 1. Définir, avec le client, les objectifs à atteindre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33


Section 1. Quel est l’objectif à atteindre ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Section 2. Sérier et hiérarchiser les objectifs à atteindre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

Chapitre 2. Analyser le dossier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37


Section 1. La production spontanée et la production assistée des pièces du dossier 38
Section 2. Les trois temps d’une bonne analyse du dossier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
§1. Classer matériellement les pièces du dossier (étape matérielle) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
§2. Déterminer la portée (ou l’intérêt) de chaque pièce (étape intellectuelle) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
§3. Analyser de manière précise les pièces pertinentes à retenir pour la plaidoirie
(étape intellectuelle) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Chapitre 3. Déterminer l’enjeu (ou les enjeux) du dossier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45


Section 1. Des questions factuelles (dites aussi conjoncturales) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Section 2. Des questions légales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Section 3. Des questions judiciaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

Chapitre 4. Identifier un fil conducteur et élaborer une stratégie adaptée . . . . . . 49


Section 1. Qualification des faits (mettre en relation une règle de droit et un fait) . . . . . 50
Section 2. Interprétation de la règle de droit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Section 3. Prise en compte de la juridiction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

7
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE

Section 4. Adjonction d’éléments de contexte, de valeur ou d’émotion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

TITRE 2. DÉTERMINER CE QUE L’ON VEUT DIRE (L’INVENTIO) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

Chapitre 1. Trouver des arguments (l’invention stricto sensu) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61


Section 1. Les arguments de droit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Section 2. Les arguments de fait (théorie des « topos » i.e. des lieux) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
Section 3. Les arguments de valeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
Section 4. Les arguments d’émotion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69

Chapitre 2. Articuler les éléments retenus dans une relation argumentative . 75


Section 1. Les relations logiques et quasi logiques pouvant être utilisées
dans une plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
§1. L’argument d’identité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
§2. L’argument d’inclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
§3. L’argument de transitivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
§4. L’argument de contradiction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
§5. L’argument d’incompatibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
§6. L’argument de probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
§7. L’argument de division. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
Section 2. Les arguments empiriques pouvant être utilisés dans une plaidoirie . . . . . . . . . 81
§1. L’argument tiré d’une liaison de succession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
§2. L’argument tiré d’une liaison dite de confrontation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82

Chapitre 3. Articuler les arguments dans un raisonnement solide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85


Section 1. Le raisonnement déductif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
Section 2. Le raisonnement inductif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
Section 3. Le raisonnement par analogie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
Section 4. Le raisonnement dialectique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
Section 5. Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
§1. La boîte à outils de Schopenhauer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
§2. Une boîte à outils actualisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95

DEUXIÈME PARTIE
FORMALISER SA PLAIDOIRIE

TITRE 1. DANS QUEL ORDRE LE DIRE (DISPOSITIO) ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101


Chapitre 1. L’exorde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Section 1. Première étape de la construction de l’exorde : déterminer l’angle
d’attaque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105

8
Sommaire

§1. Les parties à l’audience . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107


§2. Les juges ou l’institution judiciaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
§3. La cause elle-même . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
Section 2. Seconde étape de la construction de l’exorde : déterminer la forme
et le ton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
Chapitre 2. La narration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
Section 1. Le but de toute narration : exposer un récit cohérent et explicatif . . . . . . . . . . . . . 114
Section 2. Les caractéristiques d’une bonne narration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
Section 3. Cas justifiant l’absence d’une narration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
Chapitre 3. La présentation des arguments
(confirmatio = argumentatio + refutatio) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Section 1. La propositio (division) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Section 2. L’argumentatio (l’argumentation stricto sensu) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
§1. Quels sont les thèmes des arguments mobilisables ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
I. Questions légales ou réglementaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
II. Questions judiciaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
III. Questions conjecturales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
§2. Formalisation des arguments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Section 3. La refutatio (la réfutation) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
§1. Déceler les arguments et les raisonnements erronés de l’adversaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
§2. Les principaux lieux communs pour réfuter la thèse de l’adversaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134

Chapitre 4. La péroraison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139


Section 1. La récapitulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
Section 2. L’amplification/l’indignation contre l’adversaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
Section 3. La plainte ou la commisération : émouvoir les juges en faveur
de son client . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
Section 4. La clôture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142

TITRE 2. SOUS QUELLE FORME LE DIRE (ELOCUTIO) ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145


Chapitre 1. Le style . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
Section 1. Les différents styles disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
Section 2. Les qualités du style de la plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
Chapitre 2. Les ornements (ou figures de style) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
Section 1. Les figures de mots . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
§1. Le rythme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
§2. Le son . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156

9
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE

§3. Les jeux lexicaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157


Section 2. Les figures de sens (tropes = « conversion ») . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
Section 3. Les figures de pensées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
§1. Développer l’argumentation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
§2. Renforcer l’argumentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
§3. Mieux exprimer une thèse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168

TROISIÈME PARTIE
PRONONCER SA PLAIDOIRIE

TITRE 1. PRÉPARER SON INTERVENTION ORALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175


Chapitre 1. L’utilité d’un dossier de plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
Section 1. Conseils pour la constitution du dossier de plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
§1. Rappel des principales obligations déontologiques en matière de dossier de plaidoirie . . . . . 178
§2. Aspects pratiques à respecter pour une réelle efficacité du dossier de plaidoirie . . . . . . . . . . . . . 178
Section 2. Les usages pour une bonne utilisation du dossier de plaidoirie
à l’audience . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
Chapitre 2. La nécessité de mémoriser sa plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
Section 1. Ne pas apprendre sa plaidoirie par cœur ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
Section 2. Méthode de mémorisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
Section 3. Outils de mémorisation de la plaidoirie : le recours aux lieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186

TITRE 2. DE QUELLE MANIÈRE PRONONCER SA PLAIDOIRIE (L’ACTIO) ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189


Chapitre 1. La personne de l’orateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
Section 1. L’action (la gestuelle au sens large) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
§1. Les gestes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
§2. Le regard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
§3. Position de l’avocat dans la salle d’audience . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
§4. Le choix vestimentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
Section 2. L’élocution (la prononciation/la diction) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
§1. La préparation de la voix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
§2. L’élocution doit être adaptée à la plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201

Chapitre 2. La gestion de l’espace et du temps de plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205


Section 1. Prendre en compte le temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Section 2. Prendre en compte le lieu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
§1. L’avocat doit connaître les usages de l’audience et les règles propres à chaque auditoire 207
§2. Les spécificités propres à chaque juridiction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208

10
« Si poetae nascuntur, oratores fiunt »
« Si l’on naît poète, on devient orateur. »
Cicéron1

1. Marcus Tullius Cicero (Cicéron) est un orateur et homme politique romain (Arpinum 106-Formies 43 av. J.-C.). Il a notamment
écrit de nombreux traités de rhétorique.
AVANT-PROPOS

« Pour moi qui, dès longtemps, voulant faire une retraite hono-
rable, ai renoncé à l’enseignement et quitté le barreau dans un
temps où je pouvais encore laisser quelques regrets, j’avoue que
ma plus douce consolation dans mes loisirs a été de rechercher
et de tracer les véritables préceptes de l’éloquence, dans la vue
d’être utile aux jeunes gens bien nés ; et que cette occupation a
été pour moi une source de plaisirs. »
(Quintilien, L’éducation de l’orateur, Livre II)

Pourquoi proposer un nouveau livre sur les techniques de plaidoirie ? Que pourrait-il
apporter aux lecteurs que les précédents traités n’aient déjà rendu accessible ?
La question est d’autant plus légitime qu’il existe déjà de nombreux et pertinents
ouvrages, classiques ou plus contemporains, sur le sujet.
La réponse est simple. Les œuvres classiques s’avèrent aujourd’hui souvent éloignées des
pratiques juridictionnelles contemporaines – sans compter qu’elles sont, peut-être, égale-
ment, inconnues de la majorité des avocats qui exercent en 2024. Pour leur part, les
ouvrages plus récents souvent très complets ne permettent pas toujours, à de jeunes
avocats, d’aborder la matière, parfois complexe, des techniques de plaidoirie.
L’ambition bien modeste du présent ouvrage est ainsi née d’un constat déconcertant.
Alors que la profession de l’avocat se définit, légalement et déontologiquement (sans
même évoquer sa représentation dans l’imaginaire collectif), par le monopole légal de la
représentation en justice, et donc de la pratique de la plaidoirie, les Écoles qui forment les
avocats ne proposent souvent que de manière relativement marginale une réelle forma-
tion structurée aux techniques de plaidoirie2.
On peut le regretter. On peut, aussi, chercher à y remédier...
Cette absence de formation initiale systématique peut paraître paradoxale, alors que la
société civile, dans son ensemble, montre, aujourd’hui, un intérêt réel pour les arts
oratoires et semble découvrir – ou redécouvrir – la beauté de l’éloquence.
Le concours Eloquentia promu par Me Bertrand Périer, ou plus récemment encore, et dans
un autre registre, l’émission programmée par France Télévisions, « Le Grand oral »,
auquel a participé un avocat devenu garde des Sceaux, prouvent, s’il en était besoin, que
la rhétorique est plus que jamais actuelle et vivante.
Peut-être, même, peut-on considérer que cet art de la parole est redevenu aujourd’hui
indispensable à une société qui, donnant l’impression de tourner le dos à l’écrit, privilégie,
à travers l’usage des réseaux sociaux notamment, une nouvelle forme d’oralité3.

2. Maurice Garçon constatait déjà, en son temps, que « Le jeune homme qui pénètre aujourd’hui au Palais avec l’ambition d’y
faire son chemin est livré à lui-même et s’engage dans la carrière avec des armes imparfaites ». Un constat qui semble
toujours vrai aujourd’hui...
3. Maurice Garçon relevait en 1947 que « Nous vivons un temps où la parole prend de plus en plus d’importance », Essai sur
l’Éloquence judiciaire.

13
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE

Notre ambition est donc de mettre à la disposition des avocats, mais aussi des juristes
d’entreprises ou de collectivités territoriales, des permanents de syndicats professionnels,
et plus généralement de tous ceux chez qui l’éloquence suscite l’envie ou le besoin de
persuasion, un outil pratique exposant les principales clés des techniques de plaidoirie et
tout ce qu’il faut entendre par l’art de bien argumenter pour recueillir l’adhésion.
L’ouvrage est conçu selon un plan chronologique depuis la remise du dossier par un client
jusqu’à la tenue de l’audience elle-même, en passant par la sélection des arguments, leur
mise en forme, etc.
Par ailleurs, des exercices pratiques seront proposés au lecteur à intervalles réguliers afin
de permettre une appropriation réelle des principes exposés. Le lecteur est invité à les
pratiquer. Certains pourront être réalisés seuls. D’autres impliqueront un travail collabo-
ratif avec un collègue, confrère, ami ou professeur.
L’ouvrage ne prétend pas inventer ou innover en la matière mais rassembler, en quelques
pages, les bases indispensables à l’élaboration et à l’exposition d’une bonne plaidoirie.
Et, pour paraphraser François-Timothée Thibault4, je m’attends bien qu’on traitera
de témérité la liberté de proposer des règles que je n’ai pas toujours suivies moi-même.
Néanmoins, si au terme de ce petit livre, certains lecteurs dont la curiosité aura été
aiguisée souhaitent poursuivre leur voyage dans ce monde de la plaidoirie et se plonger
dans les grands ouvrages classiques5, nous aurons atteint notre objectif.

4. François-Timothée Thibault, Tableau de l’avocat, 1737.


5. Une bibliographie en fin d’ouvrage propose une lecture guidée des principales œuvres qui méritent d’être (re)découvertes.

14
PARTIE PRÉLIMINAIRE

Le lecteur impatient qui désire entrer dans le vif du sujet pourra, s’il le souhaite, sauter
cette partie préliminaire, et se reporter sans plus attendre à la Première partie.
Pour autant, nous ne saurions que lui conseiller de prendre quelques minutes afin
d’aborder l’art de la plaidoirie par la porte principale, et non par une porte dérobée.
Cette partie préliminaire, si elle n’est pas immédiatement « pratique » – au sens qu’elle
n’apportera pas de connaissance sur les techniques elles-mêmes – nous semble, néan-
moins, en effet, indispensable, dès lors qu’elle permet de comprendre ce qu’est – ou ce
que devrait être – une plaidoirie.
L’apprentissage des techniques de plaidoirie implique que l’on distingue nettement, d’une
part, les notions de plaidoirie, de discours et de prise de parole (§ 1), et d’autre part les
différents genres de discours rhétoriques (§ 2).
Par ailleurs, plaider c’est utiliser les trois piliers de la rhétorique classique que sont le
pathos, l’ethos et le logos qu’il convient de bien cerner (§ 3).
Structurer sa pensée ne dédouane pas l’avocat de l’effort de penser tout court. La plai-
doirie est donc également un travail d’invention et de réflexion (§ 4).
Enfin, la démarche pour construire une plaidoirie efficace passe par le respect d’étapes
qui ont été dégagées par les premiers rhéteurs et qui demeurent toujours d’actualité (§ 5).

§ 1. Plaidoirie, rhétorique et prise de parole


« Gloire au logos, mes amis ! Vive la dialectique ! Que la fête
commence ! Que le verbe soit avec vous ! »
(Laurent Binet, La septième fonction du langage)

Les mots « rhétorique », « plaidoirie » et le concept plus général de « prise de parole »


sont souvent utilisés les uns pour les autres... et pourtant, ils ne recouvrent pas la même
signification.
Voyons ce qu’il en est.
La plaidoirie6 constitue un cas particulier de prise de parole.
Il s’agit d’une prise de parole qui s’inscrit dans un lieu donné avec la recherche d’un
objectif précis : la plaidoirie est une prise de parole dans une instance judiciaire (devant
un juge donc), pour défendre une cause.
Bien évidemment, la plaidoirie renvoie elle-même à la notion plus large de rhétorique qui
vient du latin rhetorica, terme issu lui-même du grec ancien (rhêtorikê tekhnê), qui se
traduit par « technique, art oratoire ».

6. Étymologiquement, Plaider signifie « tenir ses assises, faire siéger la cour » (Roland, Éditions J. Bédier). Cela caractérise le
fait de participer à une instance judiciaire. Cette notion se retrouve, par exemple, dans l’expression « Plaise à la Cour ».

15
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE

Selon Ruth Amossy, « telle qu’elle a été élaborée par la culture de la Grèce antique, la
rhétorique peut être considérée comme une théorie de la parole efficace liée à une
pratique oratoire »7.
La rhétorique peut donc, simplement, être définie comme l’art de bien parler8 ou la
science se rapportant à l’effet de la parole ou du discours sur son public.
Elle est, donc, plus large que la notion de plaidoirie, et englobe intégralement celle-ci.
C’est cette définition que nous retiendrons dans le présent ouvrage pratique.

§ 2. Les genres de discours en rhétorique


« L’éloquence est née avant les règles de la rhétorique, comme
les langues se sont formées avant la grammaire. »
(Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, Éloquence)

La rhétorique, c’est-à-dire l’art de bien parler, est utile voire indispensable à la plaidoirie,
mais elle n’est pas le propre de cette dernière9.
En effet, depuis Aristote, il est convenu de distinguer trois genres de discours rhétoriques,
à savoir :
– le discours délibératif ;
– le discours judiciaire ;
– le discours démonstratif (ou épidictique)10.

7. L’argumentation dans le discours, Nathan, 2000.


8. Ars bene dicendi, selon la définition de Quintilien.
9. Rappelons que Polymnie ou Polhymnie est la Muse de la rhétorique, de la pantomime et des hymnes, fille de Zeus et de
Mnémosyne. Elle est considérée comme la mère d’Orphée (et donc de la musique qui ensorcelle) et d’Éros (c’est-à-dire de
l’amour qui subjugue). Elle a donc à voir avec l’envoutement par des mots ou des signes.
10. À ces trois genres « classiques », certains auteurs identifient trois autres formes plus modernes de discours rhétoriques : le
discours d’exhortation religieuse apparu principalement avec le christianisme, le genre épistolaire du Haut Moyen Âge et la
publicité et l’information médiatique modernes.

16
Partie préliminaire

Aristote s’oppose ainsi à la position de Platon. Pour Platon, la philosophie permet de


mettre en évidence la Vérité, et ce au travers d’un dialogue. Pour Aristote, la rhétorique
permet, au travers du discours, la recherche du vraisemblable.
Platon Aristote
Objectif Recherche de la Vérité Recherche du vraisemblable
Outil Philosophie Rhétorique
Modalité Dialogue Discours

Chaïm Perelman11, citant Aristote (Rhétorique, I, 3), dans L’Empire rhétorique (chapitre 2),
distingue les trois genres selon leur fonction respective.
Selon lui, « dans le genre délibératif, l’orateur conseille ou déconseille, et son avis conclut
à ce qui semble le plus utile. Dans le genre judiciaire, il accuse ou défend en vue de
décider du juste. Dans le genre épidictique, il loue ou il blâme, et son discours se rapporte
au beau et au laid ».

En réalité, les trois types de discours se distinguent autant par leur objectif, que par
leur émetteur, leur impact temporel et leurs modalités.

L’apport de Chaïm Perelman à la tradition aristotélicienne est d’avoir mis en évidence


l’importance de l’auditoire c’est-à-dire du destinataire du discours.
Le tableau ci-après présente de manière synthétique ce qui différencie les trois types de
discours.
Discours épidictique
Discours délibératif Discours judiciaire
(ou démonstratif)
Pour quoi La fonction du genre La fonction du genre judiciaire, La fonction du genre
faire ? délibératif est de persuader portée devant un tribunal, est démonstratif est de
ou de dissuader. d’accuser ou, au contraire, de louer, blâmer, ou plus
défendre. généralement
d’instruire.
Pour qui ? Le genre délibératif Le genre judiciaire s’adresse à un Le genre démonstratif
s’adresse à une assemblée tribunal (ou, plus largement, à une s’adresse à un
publique. instance de jugement). auditoire réuni à
l’occasion d’un
événement particulier.
—————————————————————————————————————————
---------------------------------------------------------------

11. Chaïm Perelman, né le 20 mai 1912 à Varsovie et mort le 22 janvier 1984 à Uccle, est un philosophe et un théoricien du droit
belge. Il est considéré comme le fondateur de la « Nouvelle Rhétorique » et comme un des chefs de file de l’École de Bruxelles.

17
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE

———————————————————————————————————————
-----------------------------------------------------------------------
Pour Le genre délibératif renvoie Même s’il s’agit de prendre, pour le Le genre démonstratif
quand ? au futur, puisqu’il s’efforce futur, une décision, le genre ou épidictique renvoie
d’amener l’auditoire à judiciaire renvoie essentiellement tout à la fois au passé,
prendre une décision qui au passé, puisque lorsqu’on juge au présent et au futur.
engage l’avenir. des faits, ces faits sont en principe
déjà accomplis.
Comment ? Le genre délibératif met Le genre judiciaire met Le genre démonstratif
essentiellement en œuvre nécessairement en œuvre les ou épidictique a trait à
les valeurs de l’utile et du valeurs du juste et de l’injuste. l’admirable et au
nuisible. détestable.

Le présent ouvrage concerne le discours judiciaire. Néanmoins, et sous réserve de quel-


ques spécificités propres au discours judiciaire évoquées dans le tableau ci-dessus
(présence d’un juge, etc.), les principes et les conseils qui seront proposés, dans les
pages qui suivent, pourront parfaitement être utilement transposés au discours délibératif
comme au discours épidictique.
Cela est d’autant plus vrai que pour être efficace, tout discours doit obéir à certains prin-
cipes qui sont communs aux trois genres :
– il doit présenter des arguments pertinents (ou relater des faits pertinents) ;
– il doit aussi suivre un plan qui en assure la cohérence et l’organisation ;
– il doit adopter un style approprié aux circonstances ;
– il doit, enfin, être prononcé de façon vivante.

Monopole de la plaidoirie
Au titre de sa mission d’assistance, l’avocat dispose d’un quasi-monopole de l’exercice de la plai-
doirie devant les juridictions.
Ainsi, l’article 4, al. 1er de la loi du 31 décembre 1971 pose le principe selon lequel « nul ne peut, s’il
n’est avocat, assister ou représenter les parties, postuler et plaider devant les juridictions et les
organismes juridictionnels ou disciplinaires de quelque nature que ce soit ».
Pour autant, et compte tenu des dispositions du Code de procédure, l’avocat ne pourra se prévaloir,
en pratique, de ce monopole que devant :
– le tribunal judiciaire ;
– le tribunal de commerce (depuis le 1er janvier 2020) ;
– le tribunal correctionnel ;
– la cour d’assises ;
– la cour d’appel ;
– la Cour de cassation et le Conseil d’État ;
– les tribunaux administratifs et cours administratives d’appel.
Mais même devant ces juridictions, le monopole connaît de nombreuses exceptions.
(i) Devant le tribunal judiciaire, lorsque la représentation n’est pas obligatoire, les parties ont la
faculté, soit de se défendre elles-mêmes, soit de se faire assister ou représenter par leur conjoint ;
leur concubin ou la personne avec laquelle elles ont conclu un pacte civil de solidarité ; leurs
parents ou alliés en ligne directe ; leurs parents ou alliés en ligne collatérale jusqu’au troisième
degré inclus ou les personnes exclusivement attachées à leur service personnel ou à leur entre-
prise.

18
Partie préliminaire

(ii) Devant le tribunal de commerce, lorsque la représentation n’est pas obligatoire (pour les litiges
de moins de 10 000 €), les parties ont la faculté, soit de se défendre elles-mêmes, soit de se faire
assister ou représenter par toute personne de leur choix.
(iii) Devant le conseil de prud’hommes, les parties ont la faculté, soit de se défendre elles-mêmes ;
soit de se faire assister ou représenter par les salariés ou les employeurs appartenant à la même
branche d’activité ; les défenseurs syndicaux ; le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de soli-
darité ou le concubin ou par un membre de l’entreprise ou de l’établissement fondé de pouvoir ou
habilité à cet effet (seulement pour les employeurs).
(iv) Devant le tribunal paritaire des baux ruraux, les parties ont la faculté, soit de se défendre
elles-mêmes, soit de se faire assister ou représenter par : un huissier de justice ; un membre de
leur famille ; leur concubin ou la personne avec laquelle elles ont conclu un pacte civil de solida-
rité ; un membre ou un salarié d’une organisation professionnelle agricole.
(v) Devant les juridictions arbitrales, les parties ont la faculté de se défendre elles-mêmes ou de
se faire assister ou représenter par le mandataire de leur choix (par exception, lorsqu’il s’agit de
présenter une requête en exequatur, cette procédure relève du monopole de l’avocat.

Les « supports » de l’éloquence judiciaire


L’éloquence judiciaire ne se limite pas aux seules plaidoiries mais couvre tous les discours
prononcés devant les juridictions et les écrits publiés pour des causes qui réclament la décision
des juges. Les plaidoiries ne forment donc qu’une partie d’un ensemble plus vaste de lieux d’élo-
quence.
Le genre judiciaire couvre ainsi les réquisitoires, les plaidoyers, les discours solennels, les
rapports, les conclusions, les consultations et les mémoires.
Les réquisitoires sont les discours qu’un magistrat prononce au nom de l’autorité publique pour
requérir, dans l’intérêt de la société, une sentence ou une peine contre les délits et les crimes
publics. Les conclusions du rapporteur public présentées devant les juridictions administratives
présentent une certaine similarité avec les réquisitions pénales en ce qu’elles visent à proposer
une solution à la juridiction de jugement.
Les plaidoyers sont les discours que les avocats prononcent devant un tribunal dans le cadre d’un
contentieux. L’objet du présent ouvrage porte précisément sur ces plaidoyers.
Les discours solennels sont prononcés par les premiers présidents ou les procureurs généraux à
la rentrée des cours ou des tribunaux.
Le rapport d’un procès est l’exposé d’une cause, rédigé par un juge, dans le but d’instruire les
autres juges d’une affaire.
La conclusion est le discours que prononce un magistrat, avant de clore les débats d’un procès,
sur les moyens de la cause et les arguments apportés par les deux parties adverses.
Les mémoires sont des écrits produits dans des litiges, que les avocats remettent aux juges.
Une consultation est une analyse juridique par laquelle un avocat expose les éléments de droit et
de fait répondant à un cas qui lui est soumis.

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GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE

§ 3. Les trois piliers de la rhétorique


« Je voudrais que les avocats de la famille infortunée des Calas
eussent mis dans leurs mémoires moins de pathos et plus de
pathétique. »
(Jean le Rond d’Alembert, Lettre à Voltaire, 12 février 1763)

Aristote rappelait qu’il existe trois piliers de la rhétorique : le logos, le pathos et l’ethos.
Un discours, et notamment le discours judiciaire doit, selon lui, tout d’abord convaincre12,
c’est-à-dire qu’il doit être structuré autour d’arguments qui font appel à la raison (logos).
Mais ce n’est pas suffisant. L’orateur doit aussi chercher à émouvoir son auditoire (pathos)
et, enfin apporter sa propre crédibilité pour plaire (ethos).

I. Le logos
« Il n’y a de bon orateur que celui qui est bon logicien. »
(Démosthène, Philippiques)

Il n’est pas inintéressant de rappeler que logos signifie à la fois « mot », « discours » et
« raison ».
Dans le domaine de la démonstration et de la persuasion, le logos est le raisonnement
logique qui s’adresse à l’intellect, par des arguments eux-mêmes logiques.
Il s’agit de parler au « cerveau » (à l’intelligence et à la raison) de l’interlocuteur, c’est-à-
dire pour ce qui nous concerne dans le présent ouvrage, à celui du magistrat.
Il s’oppose, en ce sens, au pathos qui parle davantage au cœur voire aux « tripes ».
Nous verrons, dans la suite de cet ouvrage, que le raisonnement logique possède quatre
formes principales : déductive, inductive, analogique et dialectique.
La logique déductive part de la règle générale pour l’appliquer au cas particulier, la
méthode inductive s’attache à étudier des cas particuliers pour en dégager des règles
générales. La méthode analogique recherche les identités. Enfin, la méthode dialectique
consiste à faire émerger une vérité à partir de deux thèses opposées.
Par ailleurs, pour alimenter ces formes logiques, l’avocat peut s’appuyer sur des argu-
ments tirés du logos.
Les plus importants sont :
– le raisonnement a pari (ou par analogie) ;
– le raisonnement a contrario ;
– le raisonnement a fortiori ;
– le raisonnement par le précédent ;

12. Convaincre, c’est démontrer au moyen de preuves logiques (qui s’adressent donc au logos), alors que persuader vise à
emporter l’adhésion en jouant sur les émotions, les sentiments, les images, etc. (et donc au pathos).

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