Techniques de Plaidoirie Efficaces
Techniques de Plaidoirie Efficaces
professionnelle
pratique
professionnelle
pratique
« Une grande partie du talent d’un orateur consiste à dissimuler son art et à montrer un naturel
DROIT
qui crée, entre celui qui écoute et lui-même, un courant de sympathie et de confiance. »
Cette citation de Maurice Garçon rappelle que la première qualité de l’orateur réside dans sa capacité
à faire oublier que le discours persuasif repose sur des règles qui peuvent être enseignées. Son art
repose dès lors sur sa capacité à rendre naturel ce qui est le fruit d’un apprentissage ordonné et
rationnel. L’ambition de cet ouvrage est précisément d’apporter aux avocats mais aussi à toutes
personnes susceptibles d’intervenir dans l’enceinte d’une juridiction (juristes, chefs d’entreprise,
syndicalistes, représentants d’associations, simples particuliers…) une méthode et des techniques
Guide
Ce guide est structuré de manière didactique selon une présentation chronologique exposant de
manière simple et accessible les outils pouvant être mobilisés aux différentes étapes depuis la
préparation jusqu’au prononcé de la plaidoirie à une audience. Ainsi sont notamment abordées
l’analyse des pièces d’un dossier, la définition d’une stratégie, l’identification des moyens de droit et
des techniques
de faits susceptibles d’être développés, la formalisation des arguments, l’organisation des moyens,
l’utilité du recours aux figures de style, la constitution d’un dossier de plaidoirie, la mémorisation,
la gestion du trac, la prise de parole…
de plaidoirie
De nombreux exemples concrets et des exercices pour s’entraîner complètent l’accompagnement
systématique proposé.
L’auteur, Me Aldo Sevino, est avocat aux barreaux de Lyon et de Turin (Italie). Spécialisé en
droit public et droit de l’immobilier, il intervient en tant que conseil de collectivités territoriales,
d’entreprises du BTP, de promoteurs, d’industriels et d’investisseurs. Il conseille, assiste et
représente ses clients devant les juridictions civiles, commerciales et administratives, tant
en France qu’en Italie. Il est, par ailleurs, l’auteur de nombreux ouvrages dans le secteur 2e édition
de l’immobilier, de l’urbanisme et de l’aménagement, de la construction et des contrats publics.
Il enseigne auprès de différentes universités et grandes écoles.
Concevoir,
Aldo Sevino formaliser
Avocat et prononcer
sa plaidoirie
www.lgdj-editions.fr
ISBN 978-2-275-15152-6 45 e
Droit & Pratique professionnelle - Guide des techniques de plaidoirie - 2e ed.indd 3 06/03/2024 11:05
GUIDE
DES TECHNIQUES
DE PLAIDOIRIE
Aldo Sevino
Avocat associé fondateur du Cabinet ASEA
2e édition
Du même auteur
Montages d’opérations immobilières, 9e éd., éditions EFE, 2024
Pandora, Le lys bleu, 2023
Valorisation foncière des collectivités, Le Moniteur, 2020
Gli appalti pubblici in Francia, GRAFILL, 2020
Mener une opération d’aménagement, 2e éd., Le Moniteur, 2019 (3e éd. en cours
de rédaction)
Montages immobiliers publics, 2e éd., éditions EFE, 2018
Délégation de service public – Pratique de la passation, éditions EFE, 2013
Le permis de construire en 100 questions, Le Moniteur, Guides juridiques, 2009
Recouvrement dans les marchés privés de travaux, Territorial éditions, 2009
Mémento du référé précontractuel, éditions Eyrolles, 2007
Code de la commande publique locale, 3 tomes, éditions La lettre du cadre territorial,
2002
PARTIE PRÉLIMINAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
§1. Plaidoirie, rhétorique et prise de parole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
§2. Les genres de discours en rhétorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
§3. Les trois piliers de la rhétorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
I. Le logos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
II. Le pathos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
III. L’ethos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
§4. Apprendre à parler, apprendre à penser et apprendre à apprendre. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
I. Deux conceptions de la rhétorique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
II. La culture générale au secours des avocats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
§5. Les étapes pour élaborer une (bonne) plaidoirie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
PREMIÈRE PARTIE
CONCEVOIR SA PLAIDOIRIE
7
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE
DEUXIÈME PARTIE
FORMALISER SA PLAIDOIRIE
8
Sommaire
9
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE
TROISIÈME PARTIE
PRONONCER SA PLAIDOIRIE
10
« Si poetae nascuntur, oratores fiunt »
« Si l’on naît poète, on devient orateur. »
Cicéron1
1. Marcus Tullius Cicero (Cicéron) est un orateur et homme politique romain (Arpinum 106-Formies 43 av. J.-C.). Il a notamment
écrit de nombreux traités de rhétorique.
AVANT-PROPOS
« Pour moi qui, dès longtemps, voulant faire une retraite hono-
rable, ai renoncé à l’enseignement et quitté le barreau dans un
temps où je pouvais encore laisser quelques regrets, j’avoue que
ma plus douce consolation dans mes loisirs a été de rechercher
et de tracer les véritables préceptes de l’éloquence, dans la vue
d’être utile aux jeunes gens bien nés ; et que cette occupation a
été pour moi une source de plaisirs. »
(Quintilien, L’éducation de l’orateur, Livre II)
Pourquoi proposer un nouveau livre sur les techniques de plaidoirie ? Que pourrait-il
apporter aux lecteurs que les précédents traités n’aient déjà rendu accessible ?
La question est d’autant plus légitime qu’il existe déjà de nombreux et pertinents
ouvrages, classiques ou plus contemporains, sur le sujet.
La réponse est simple. Les œuvres classiques s’avèrent aujourd’hui souvent éloignées des
pratiques juridictionnelles contemporaines – sans compter qu’elles sont, peut-être, égale-
ment, inconnues de la majorité des avocats qui exercent en 2024. Pour leur part, les
ouvrages plus récents souvent très complets ne permettent pas toujours, à de jeunes
avocats, d’aborder la matière, parfois complexe, des techniques de plaidoirie.
L’ambition bien modeste du présent ouvrage est ainsi née d’un constat déconcertant.
Alors que la profession de l’avocat se définit, légalement et déontologiquement (sans
même évoquer sa représentation dans l’imaginaire collectif), par le monopole légal de la
représentation en justice, et donc de la pratique de la plaidoirie, les Écoles qui forment les
avocats ne proposent souvent que de manière relativement marginale une réelle forma-
tion structurée aux techniques de plaidoirie2.
On peut le regretter. On peut, aussi, chercher à y remédier...
Cette absence de formation initiale systématique peut paraître paradoxale, alors que la
société civile, dans son ensemble, montre, aujourd’hui, un intérêt réel pour les arts
oratoires et semble découvrir – ou redécouvrir – la beauté de l’éloquence.
Le concours Eloquentia promu par Me Bertrand Périer, ou plus récemment encore, et dans
un autre registre, l’émission programmée par France Télévisions, « Le Grand oral »,
auquel a participé un avocat devenu garde des Sceaux, prouvent, s’il en était besoin, que
la rhétorique est plus que jamais actuelle et vivante.
Peut-être, même, peut-on considérer que cet art de la parole est redevenu aujourd’hui
indispensable à une société qui, donnant l’impression de tourner le dos à l’écrit, privilégie,
à travers l’usage des réseaux sociaux notamment, une nouvelle forme d’oralité3.
2. Maurice Garçon constatait déjà, en son temps, que « Le jeune homme qui pénètre aujourd’hui au Palais avec l’ambition d’y
faire son chemin est livré à lui-même et s’engage dans la carrière avec des armes imparfaites ». Un constat qui semble
toujours vrai aujourd’hui...
3. Maurice Garçon relevait en 1947 que « Nous vivons un temps où la parole prend de plus en plus d’importance », Essai sur
l’Éloquence judiciaire.
13
GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE
Notre ambition est donc de mettre à la disposition des avocats, mais aussi des juristes
d’entreprises ou de collectivités territoriales, des permanents de syndicats professionnels,
et plus généralement de tous ceux chez qui l’éloquence suscite l’envie ou le besoin de
persuasion, un outil pratique exposant les principales clés des techniques de plaidoirie et
tout ce qu’il faut entendre par l’art de bien argumenter pour recueillir l’adhésion.
L’ouvrage est conçu selon un plan chronologique depuis la remise du dossier par un client
jusqu’à la tenue de l’audience elle-même, en passant par la sélection des arguments, leur
mise en forme, etc.
Par ailleurs, des exercices pratiques seront proposés au lecteur à intervalles réguliers afin
de permettre une appropriation réelle des principes exposés. Le lecteur est invité à les
pratiquer. Certains pourront être réalisés seuls. D’autres impliqueront un travail collabo-
ratif avec un collègue, confrère, ami ou professeur.
L’ouvrage ne prétend pas inventer ou innover en la matière mais rassembler, en quelques
pages, les bases indispensables à l’élaboration et à l’exposition d’une bonne plaidoirie.
Et, pour paraphraser François-Timothée Thibault4, je m’attends bien qu’on traitera
de témérité la liberté de proposer des règles que je n’ai pas toujours suivies moi-même.
Néanmoins, si au terme de ce petit livre, certains lecteurs dont la curiosité aura été
aiguisée souhaitent poursuivre leur voyage dans ce monde de la plaidoirie et se plonger
dans les grands ouvrages classiques5, nous aurons atteint notre objectif.
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PARTIE PRÉLIMINAIRE
Le lecteur impatient qui désire entrer dans le vif du sujet pourra, s’il le souhaite, sauter
cette partie préliminaire, et se reporter sans plus attendre à la Première partie.
Pour autant, nous ne saurions que lui conseiller de prendre quelques minutes afin
d’aborder l’art de la plaidoirie par la porte principale, et non par une porte dérobée.
Cette partie préliminaire, si elle n’est pas immédiatement « pratique » – au sens qu’elle
n’apportera pas de connaissance sur les techniques elles-mêmes – nous semble, néan-
moins, en effet, indispensable, dès lors qu’elle permet de comprendre ce qu’est – ou ce
que devrait être – une plaidoirie.
L’apprentissage des techniques de plaidoirie implique que l’on distingue nettement, d’une
part, les notions de plaidoirie, de discours et de prise de parole (§ 1), et d’autre part les
différents genres de discours rhétoriques (§ 2).
Par ailleurs, plaider c’est utiliser les trois piliers de la rhétorique classique que sont le
pathos, l’ethos et le logos qu’il convient de bien cerner (§ 3).
Structurer sa pensée ne dédouane pas l’avocat de l’effort de penser tout court. La plai-
doirie est donc également un travail d’invention et de réflexion (§ 4).
Enfin, la démarche pour construire une plaidoirie efficace passe par le respect d’étapes
qui ont été dégagées par les premiers rhéteurs et qui demeurent toujours d’actualité (§ 5).
6. Étymologiquement, Plaider signifie « tenir ses assises, faire siéger la cour » (Roland, Éditions J. Bédier). Cela caractérise le
fait de participer à une instance judiciaire. Cette notion se retrouve, par exemple, dans l’expression « Plaise à la Cour ».
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GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE
Selon Ruth Amossy, « telle qu’elle a été élaborée par la culture de la Grèce antique, la
rhétorique peut être considérée comme une théorie de la parole efficace liée à une
pratique oratoire »7.
La rhétorique peut donc, simplement, être définie comme l’art de bien parler8 ou la
science se rapportant à l’effet de la parole ou du discours sur son public.
Elle est, donc, plus large que la notion de plaidoirie, et englobe intégralement celle-ci.
C’est cette définition que nous retiendrons dans le présent ouvrage pratique.
La rhétorique, c’est-à-dire l’art de bien parler, est utile voire indispensable à la plaidoirie,
mais elle n’est pas le propre de cette dernière9.
En effet, depuis Aristote, il est convenu de distinguer trois genres de discours rhétoriques,
à savoir :
– le discours délibératif ;
– le discours judiciaire ;
– le discours démonstratif (ou épidictique)10.
16
Partie préliminaire
Chaïm Perelman11, citant Aristote (Rhétorique, I, 3), dans L’Empire rhétorique (chapitre 2),
distingue les trois genres selon leur fonction respective.
Selon lui, « dans le genre délibératif, l’orateur conseille ou déconseille, et son avis conclut
à ce qui semble le plus utile. Dans le genre judiciaire, il accuse ou défend en vue de
décider du juste. Dans le genre épidictique, il loue ou il blâme, et son discours se rapporte
au beau et au laid ».
En réalité, les trois types de discours se distinguent autant par leur objectif, que par
leur émetteur, leur impact temporel et leurs modalités.
11. Chaïm Perelman, né le 20 mai 1912 à Varsovie et mort le 22 janvier 1984 à Uccle, est un philosophe et un théoricien du droit
belge. Il est considéré comme le fondateur de la « Nouvelle Rhétorique » et comme un des chefs de file de l’École de Bruxelles.
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GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE
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Pour Le genre délibératif renvoie Même s’il s’agit de prendre, pour le Le genre démonstratif
quand ? au futur, puisqu’il s’efforce futur, une décision, le genre ou épidictique renvoie
d’amener l’auditoire à judiciaire renvoie essentiellement tout à la fois au passé,
prendre une décision qui au passé, puisque lorsqu’on juge au présent et au futur.
engage l’avenir. des faits, ces faits sont en principe
déjà accomplis.
Comment ? Le genre délibératif met Le genre judiciaire met Le genre démonstratif
essentiellement en œuvre nécessairement en œuvre les ou épidictique a trait à
les valeurs de l’utile et du valeurs du juste et de l’injuste. l’admirable et au
nuisible. détestable.
Monopole de la plaidoirie
Au titre de sa mission d’assistance, l’avocat dispose d’un quasi-monopole de l’exercice de la plai-
doirie devant les juridictions.
Ainsi, l’article 4, al. 1er de la loi du 31 décembre 1971 pose le principe selon lequel « nul ne peut, s’il
n’est avocat, assister ou représenter les parties, postuler et plaider devant les juridictions et les
organismes juridictionnels ou disciplinaires de quelque nature que ce soit ».
Pour autant, et compte tenu des dispositions du Code de procédure, l’avocat ne pourra se prévaloir,
en pratique, de ce monopole que devant :
– le tribunal judiciaire ;
– le tribunal de commerce (depuis le 1er janvier 2020) ;
– le tribunal correctionnel ;
– la cour d’assises ;
– la cour d’appel ;
– la Cour de cassation et le Conseil d’État ;
– les tribunaux administratifs et cours administratives d’appel.
Mais même devant ces juridictions, le monopole connaît de nombreuses exceptions.
(i) Devant le tribunal judiciaire, lorsque la représentation n’est pas obligatoire, les parties ont la
faculté, soit de se défendre elles-mêmes, soit de se faire assister ou représenter par leur conjoint ;
leur concubin ou la personne avec laquelle elles ont conclu un pacte civil de solidarité ; leurs
parents ou alliés en ligne directe ; leurs parents ou alliés en ligne collatérale jusqu’au troisième
degré inclus ou les personnes exclusivement attachées à leur service personnel ou à leur entre-
prise.
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Partie préliminaire
(ii) Devant le tribunal de commerce, lorsque la représentation n’est pas obligatoire (pour les litiges
de moins de 10 000 €), les parties ont la faculté, soit de se défendre elles-mêmes, soit de se faire
assister ou représenter par toute personne de leur choix.
(iii) Devant le conseil de prud’hommes, les parties ont la faculté, soit de se défendre elles-mêmes ;
soit de se faire assister ou représenter par les salariés ou les employeurs appartenant à la même
branche d’activité ; les défenseurs syndicaux ; le conjoint, le partenaire lié par un pacte civil de soli-
darité ou le concubin ou par un membre de l’entreprise ou de l’établissement fondé de pouvoir ou
habilité à cet effet (seulement pour les employeurs).
(iv) Devant le tribunal paritaire des baux ruraux, les parties ont la faculté, soit de se défendre
elles-mêmes, soit de se faire assister ou représenter par : un huissier de justice ; un membre de
leur famille ; leur concubin ou la personne avec laquelle elles ont conclu un pacte civil de solida-
rité ; un membre ou un salarié d’une organisation professionnelle agricole.
(v) Devant les juridictions arbitrales, les parties ont la faculté de se défendre elles-mêmes ou de
se faire assister ou représenter par le mandataire de leur choix (par exception, lorsqu’il s’agit de
présenter une requête en exequatur, cette procédure relève du monopole de l’avocat.
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GUIDE DES TECHNIQUES DE PLAIDOIRIE
Aristote rappelait qu’il existe trois piliers de la rhétorique : le logos, le pathos et l’ethos.
Un discours, et notamment le discours judiciaire doit, selon lui, tout d’abord convaincre12,
c’est-à-dire qu’il doit être structuré autour d’arguments qui font appel à la raison (logos).
Mais ce n’est pas suffisant. L’orateur doit aussi chercher à émouvoir son auditoire (pathos)
et, enfin apporter sa propre crédibilité pour plaire (ethos).
I. Le logos
« Il n’y a de bon orateur que celui qui est bon logicien. »
(Démosthène, Philippiques)
Il n’est pas inintéressant de rappeler que logos signifie à la fois « mot », « discours » et
« raison ».
Dans le domaine de la démonstration et de la persuasion, le logos est le raisonnement
logique qui s’adresse à l’intellect, par des arguments eux-mêmes logiques.
Il s’agit de parler au « cerveau » (à l’intelligence et à la raison) de l’interlocuteur, c’est-à-
dire pour ce qui nous concerne dans le présent ouvrage, à celui du magistrat.
Il s’oppose, en ce sens, au pathos qui parle davantage au cœur voire aux « tripes ».
Nous verrons, dans la suite de cet ouvrage, que le raisonnement logique possède quatre
formes principales : déductive, inductive, analogique et dialectique.
La logique déductive part de la règle générale pour l’appliquer au cas particulier, la
méthode inductive s’attache à étudier des cas particuliers pour en dégager des règles
générales. La méthode analogique recherche les identités. Enfin, la méthode dialectique
consiste à faire émerger une vérité à partir de deux thèses opposées.
Par ailleurs, pour alimenter ces formes logiques, l’avocat peut s’appuyer sur des argu-
ments tirés du logos.
Les plus importants sont :
– le raisonnement a pari (ou par analogie) ;
– le raisonnement a contrario ;
– le raisonnement a fortiori ;
– le raisonnement par le précédent ;
12. Convaincre, c’est démontrer au moyen de preuves logiques (qui s’adressent donc au logos), alors que persuader vise à
emporter l’adhésion en jouant sur les émotions, les sentiments, les images, etc. (et donc au pathos).
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