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Senegal-Report FR 1.14.25

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LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL :

UN DENI DE
JUSTICE
JANVIER 2025
Ce rapport a été préparé par le Rule of Law
Impact Lab de la Stanford Law School
et l’Afrikajom Center.

Le rapport complet peut être téléchargé à l’adresse suivante :


https://law.stanford.edu/rule-of-law-impact-lab.
Table des matières
Résumé et recommandations.................................................................................................. 4

I. Introduction............................................................................................................................. 6

II. La loi d’amnistie sénégalaise............................................................................................... 8

III. Violations des droits de l’homme visées par la loi d’amnistie sénégalaise................. 9

IV. Analyse de la loi d’amnistie sénégalaise au regard du droit international.................10


IV. 1. La loi d’amnistie viole le droit des victimes à un recours effectif contre les
violations des droits de l’homme...................................................................................................11
IV. 2. La loi d’amnistie viole le droit des victimes et du peuple sénégalais à connaître
la vérité sur les violations des droits de l’homme ...................................................................14
IV. 3. La loi d’amnistie viole l’obligation du Sénégal d’enquêter et de poursuivre
les personnes susceptibles d’être pénalement responsables de violations flagrantes
des droits de l’homme.....................................................................................................................14
IV. 4. Les amnisties générales violent le droit international.................................................. 17

V. Conclusions et recommandations .....................................................................................19

Annexe 1 : Loi n°2024-09 du 13 mars 2024 portant amnistie, 13 mars 2024


(Loi d’amnistie).........................................................................................................................20

Remerciements........................................................................................................................22

Notes de fin d’ouvrage...........................................................................................................23

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 3


Résumé et recommandations

En mars 2024, le Parlement sénégalais a adopté Le rapport conclut que la loi d’amnistie viole
une loi d’amnistie pour les crimes et délits liés les obligations internationales du Sénégal pour
à des manifestations politiques ou ayant des quatre raisons. Premièrement, la loi ne prévoit
motivations politiques qui ont été commis entre pas de recours effectif pour les victimes de
le 1er février 2021 et le 25 février 2024.1 La loi violations des droits de l’homme, y compris
accorde notamment l’amnistie aux manifestants des réparations et un mécanisme permettant
et aux dirigeants politiques de l’opposition aux victimes de faire entendre leur cause.
qui ont été détenus, ainsi qu’aux agents du Deuxièmement, la loi ne protège pas le droit
gouvernement et des services de sécurité qui des victimes et des peuples à la vérité sur les
ont commis de graves violations des droits violations des droits de l’homme. Troisièmement,
de l’homme au cours de cette période. Les la loi viole l’obligation du Sénégal de poursuivre
organisations internationales de défense des et condamner les auteurs de violations
droits de l’homme estiment qu’au moins 40 flagrantes des droits de l’homme. Enfin, l’amnistie
manifestants ont été tués.2 Des organisations sénégalaise est une amnistie « générale » ou
locales de la société civile et des partis « inconditionnelle », qui exempte de poursuites
politiques ont signalé que des agents de l’État de vastes catégories d’auteurs de violations
avaient arrêté près d’un millier de personnes, graves des droits de l’homme. Les auteurs n’ont
dont beaucoup ont été détenues arbitrairement, pas à satisfaire à des conditions préalables pour
privées d’une procédure régulière, torturées pouvoir bénéficier de la loi, notamment celles
et/ou maltraitées.3 La loi d’amnistie ne prévoit visant à garantir individuellement la divulgation
aucun recours pour les victimes de violations complète de ce qu’ils savent sur les crimes
des droits de l’homme. Il n’existe pas non plus couverts par l’amnistie. De telles amnisties sont
d’autre législation prévoyant de tels recours. contraires au droit international.

Ce rapport fournit une analyse juridique complète En conséquence, pour se conformer à ses
de la loi d’amnistie à la lumière des obligations obligations internationales, la République du
internationales du Sénégal. Le Sénégal a ratifié Sénégal devrait :
le Pacte international relatif aux droits civils 1. Garantir le droit à un recours effectif des
et politiques (PIDCP), la Convention contre la victimes de violations des droits de l’homme
torture (CAT), la Charte africaine des droits de liées aux manifestations politiques qui ont
l’homme et des peuples (CADHP) et le traité eu lieu au Sénégal entre le 1er février 2021
de la Communauté économique des États de et le 25 février 2024. Cela inclut le droit
l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La loi d’amnistie des victimes à un recours effectif devant
ne saurait exonérer le Sénégal des obligations un tribunal ainsi qu’à obtenir réparation.
qui lui incombent en vertu de ces traités.4

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 4


2. Garantir le droit des victimes et des sociétés
à connaître la vérité sur les violations des
droits de l’homme liées aux manifestations
politiques qui ont eu lieu au Sénégal entre
le 1er février 2021 et le 25 février 2024.

3. Garantir des poursuites pénales efficaces


contre les auteurs de violations flagrantes
des droits de l’homme, notamment les
homicides, la torture, les traitements cruels,
inhumains ou dégradants et les détentions
arbitraires.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 5


I. Introduction

Le Sénégal a longtemps été considéré comme poursuivi pour outrage à magistrat et diffamation
un modèle de stabilité démocratique en du pouvoir judiciaire.9 L’opposition voyait
Afrique. Cependant, entre le début de l’année dans ces condamnations des manipulations
2021 et les élections présidentielles de mars politiques visant à empêcher ces dirigeants de
2024, le pays a connu des troubles politiques se présenter aux élections présidentielles.10
importants, marqués par des manifestations
Fin février 2024, invoquant l’esprit de
de masse et des violences. Des représentants
réconciliation, Macky Sall a annoncé un
du gouvernement et des forces de sécurité se
projet de loi d’amnistie pour les actes liés aux
sont livrés à de graves violations des droits de
manifestations politiques depuis 2021.11 En
l’homme – notamment des actes de torture
mars 2024, le Parlement sénégalais a adopté
et des homicides – en toute impunité. Les
une loi d’amnistie pour les actes criminels liés
organisations internationales de défense des
aux manifestations politiques ou ayant des
droits de l’homme estiment qu’au cours de
motivations politiques qui ont été commis entre
cette période, au moins 40 manifestants ont été
le 1er février 2021 et le 25 février 2024.12 La loi
tués.5 En outre, elles rapportent, sur la base des
a accordé l’amnistie aux hommes politiques
évaluations d‘organisations locales de la société
qui avaient été détenus, aux manifestants, et
civile et de partis politiques, que des agents de
aux agents de l’État qui s’étaient livrés à des
l’État ont arrêté près d’un millier de personnes,
violations des droits de l’homme.13
dont beaucoup ont été détenues arbitrairement,
privées d’une procédure régulière, torturées et/ MM. Faye et Sonko ont tous deux bénéficié de
ou maltraitées.6 l’amnistie et ont été libérés le 14 mars 2024.14
M. Faye a pu participer aux élections du 24 mars
Le 3 février 2024, le président de l’époque,
2024 et les a remportées avec 54,28 % des voix.15
Macky Sall, a annoncé que l’élection
Le 2 avril 2024, il a prêté serment en tant que
présidentielle prévue pour le 25 février serait
Président du Sénégal; le même jour, il a nommé
reportée pour une durée indéterminée, ce qui
Ousmane Sonko au poste de Premier ministre.16
a déclenché de nouveaux troubles politiques.7
Deux éminents dirigeants du parti d’opposition Entre le 28 mai et le 4 juin 2024, un dialogue
PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour national17 a eu lieu pour discuter de la
le travail, l’éthique et la fraternité) – Ousmane réforme et de la modernisation du système
Sonko et Bassirou Diomaye Faye – étaient judiciaire sénégalais, mais aucune de ses
alors détenus et ne pouvaient donc pas se recommandations finales n’a porté sur la mise
présenter à l’élection. Ousmane Sonko avait été en œuvre de la loi d’amnistie.18
condamné en juin 2023 pour « corruption de la
jeunesse ».8 Bassirou Diomaye Faye était en Le 14 décembre 2024, le ministre de la Justice a
détention provisoire depuis avril 2023 et était déclaré devant les députés élus un mois plus tôt
que « toute la lumière » serait faite sur les décès

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 6


survenus au cours de violences politiques et
que « les responsabilités seront situées et les
commanditaires répondront de leurs actes ».19

Lors de sa déclaration de politique générale


du 27 décembre 2024, le Premier ministre
Ousmane Sonko a également annoncé que
sera proposée à l’Assemblée nationale un
« projet de loi rapportant la loi d’amnistie votée
le 10 mars 2024 » pour que « toute la lumière soit
faite et les responsabilités établies de quelque
bord que ce soit ». Il a également indiqué que
seront inscrits dans le nouveau projet de loi de
finances des crédits destinés aux victimes de la
période préélectorale.20

Le présent rapport fournit une analyse juridique


complète de la loi d’amnistie à la lumière des
obligations internationales du Sénégal. Il conclut
à l’illicéité de la loi d’amnistie et recommande au
Sénégal de prendre des mesures spécifiques
pour se conformer à ces obligations.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 7


II. La loi d’amnistie sénégalaise

L’amnistie est définie comme une mesure Art. 2. L’amnistie entraîne, sans qu’elle
juridique qui a pour effet de : ne puisse jamais donner lieu à
restitution, la remise totale de toutes
(a) proscrire sans effet rétroactif la mise en
les peines principales, accessoires
mouvement de l’action publique et, dans
et complémentaires, ainsi que la
certains cas, de l’action civile contre certains
disparition de toutes les déchéances,
individus ou catégories d’individus, pour un exclusions, incapacités et privations de
comportement criminel précis préalable à droits attachées à la peine.
l’adoption de l’amnistie ; ou
Art. 3. L’amnistie ne préjudicie pas aux droits
(b) supprimer rétroactivement la responsabilité des tiers.
en droit établie antérieurement.21
La contrainte par corps ne peut être
Une amnistie « générale » ou « inconditionnelle » exercée contre les condamnés ayant
est une amnistie qui « exonère de vastes bénéficié de l’amnistie, si ce n’est à la
catégories d’auteurs d’infractions graves aux requête des victimes de l’infraction ou
droits de l’homme de poursuites pénales ou de leurs ayants droit.
d’actions civiles sans que les bénéficiaires aient
Art. 4. Les contestations relatives à l’application
à remplir de conditions préalables, y compris de la présente loi d’amnistie sont jugées
celles visant à obtenir la divulgation pleine et par la chambre d’accusation de la Cour
entière de ce qu’ils savaient, à titre individuel, d’Appel de Dakar, dans les conditions
des crimes couverts par l’amnistie. »22 prévues à l’article 735 du Code de
Procédure pénale.
Le 6 mars 2024, le Parlement sénégalais a
adopté une loi d’amnistie générale, qui a été Art. 5. Il est interdit à tout magistrat ou
promulguée le 13 mars 2024 par le Président de fonctionnaire de rappeler ou de laisser
la République : subsister sous quelque forme que ce
soit dans un dossier judiciaire ou de
« Art. 1. Sont amnistiés, de plein droit, pour
police ou dans tout document officiel,
tous les faits, susceptibles de revêtir
les condamnations, déchéances,
la qualification d’infraction criminelle
exclusions, incapacités et privations de
ou correctionnelle, commis entre le
droits attachées à la peine effacée par
1er février 2021 et le 25 février 2024
l’amnistie, sauf dispositions prévues à
tant au Sénégal qu’à l’étranger, se
l’article 3 de la présente loi.
rapportant à des manifestations ou
ayant des motivations politiques y Toutefois, les minutes des jugements
compris celles faites par tous supports ou arrêts ainsi que les décrets, arrêtés
de communication, que leurs auteurs et décisions pris dans le cadre de
aient été jugés ou non. la fonction publique ou des Ordres
nationaux échappent à cette interdiction
lorsqu’ils ont été déposés dans les
greffes ou les Archives nationales ».23

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 8


III. Violations des droits de
l’homme visées par la loi d’amnistie
sénégalaise

Selon Amnesty International, plus de 60 lacrymogène, pour disperser des manifestants,


personnes ont été tuées lors de manifestations en mars 2021, en juin 2023 et en février
entre mars 2021 et février 2024.24 Entre autres 2024 ».28 Selon Human Rights Watch, au 5 mars
incidents, Amnesty International a signalé que 2024, « [a]u moins 40 personnes ont été tuées
les 9 et 10 février 2024, alors que des citoyens lors d’affrontements violents depuis mars 2021,
protestaient contre le report des élections par le sans que quiconque n’ait été obligé de rendre
président de l’époque, Macky Sall, les forces de des comptes ».29 Entre mars 2021 et janvier
sécurité sénégalaises ont tué trois personnes, 2023, jusqu’à 1 000 membres de l’opposition
dont un garçon de 16 ans, et arrêté des centaines auraient été arrêtés dans tout le pays.30 Human
de personnes lors d’une violente répression des Rights Watch a également documenté la
manifestants à Saint-Louis, Dakar et Ziguinchor.25 torture, les mauvais traitements, la détention
Au cours des manifestations violentes des 1er et provisoire prolongée et les violations des droits
2 juin 2023, auxquelles ont participé les forces de la défense subis par les personnes arrêtées
de sécurité et des civils armés, au moins 23 dans le cadre des manifestations menées par
personnes dont trois enfants auraient été tuées l’opposition depuis 2021.31
et 390 autres auraient été blessées à Dakar et
Parmi d’autres violations graves des droits
à Ziguinchor, plusieurs d’entre elles ayant été
humains, Human Rights Watch a documenté la
blessées par balle.26 Les 1er et 2 juin 2023, la
façon dont la police aurait torturé un membre du
police aurait abattu Ousmane Badio (17 ans) et
parti politique PASTEF âgé de 28 ans, arrêté le
Souleymane Sano (25 ans) à Ziguinchor lors de
1er juin 2023 à Mbour, dans la région de Thiès,
manifestations ; le 2 juin 2023, Bassirou Sarr, 31
lors d’une manifestation pro-opposition, et Pape
ans, tailleur et habitant de Pikine Guinaw-Rails
Abdoulaye Touré, un jeune militant politique, le
(banlieue de Dakar), aurait été tué par balle ; le 3
2 juin 2023 à Dakar.32
juin 2023, la police aurait battu et tué le rappeur
et producteur Abdoulaye Camara, connu Dans certains cas, les manifestants ont
sous le nom de « Baba Kana » ; le 2 juin 2023, également été accusés de violences, notamment
Fallou Sall, un ferrailleur de 17 ans originaire de en attaquant les forces de sécurité avec des
Thiaroye-sur-Mer, a été abattu alors qu’il rentrait pierres ou d’autres armes, et en saccageant des
chez lui après son travail.27 bâtiments publics.33 Des individus, suspectés
d’avoir causé la mort de deux personnes en
De même, Human Rights Watch a documenté
ayant mis le feu à un bus, ou d’avoir incendié la
« le recours excessif à la force par les forces
bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop,
de sécurité sénégalaises, y compris des tirs à
ont pu bénéficier de l’amnistie.34
balles réelles et l’utilisation inappropriée de gaz

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 9


IV. Analyse de la loi d’amnistie
sénégalaise au regard du droit
international

Le Sénégal est lié par le droit international. Il est solidement établi que les lois d’amnistie
L’article 98 de la Constitution sénégalaise nationales ne peuvent pas exempter un État de
dispose que les traités ratifiés et publiés par ses obligations internationales. La Cour africaine
le Sénégal priment sur les lois nationales35. Le des droits de l’homme et des peuples et la
Sénégal a ratifié le Pacte international relatif aux Commission africaine des droits de l’homme et
droits civils et politiques (PIDCP), la Convention des peuples ont toutes deux reconnu que :
contre la torture (CAT), la Charte africaine des « les lois d’amnistie ne peuvent exonérer
droits de l’homme et des peuples (CADHP) et le l’Etat qui les adopte de ses obligations
traité de la Communauté économique des États internationales […]. L’interdiction de la
de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). poursuite des auteurs de violations
La Cour africaine des droits de l’homme et des graves des droits de l’homme par le
peuples et la Commission africaine des droits biais d’amnisties amènerait les Etats non
de l’homme et des peuples sont chargées seulement à promouvoir l’impunité, mais
d’interpréter et de faire respecter les dispositions ôterait toute possibilité d’enquêter sur ces
de la CADHP.36 Les arrêts de la Cour africaine abus et priverait les victimes de ces crimes
contre un État sont contraignants et exécutoires d’un recours effectif aux fins d’obtention de
à l’égard de cet État,37 et tous les États réparations. »41
membres sont censés suivre la jurisprudence La Cour de justice de la CEDEAO a également
de la Cour sur l’interprétation des dispositions affirmé le « principe solidement établi en droit
de la CADHP. Les recommandations de la international, et aux termes duquel un Etat ne
Commission africaine ne sont pas juridiquement peut invoquer son droit interne – en l’espèce
contraignantes pour les États parties.38 la mesure d’amnistie – pour échapper à ses
Cependant, en ratifiant la Charte africaine, les obligations internationales – stipulées par les
États membres acceptent la compétence de traités et conventions ».42
la Commission africaine pour interpréter et
promouvoir les dispositions de la CADHP, et Comme l’a noté le Haut-Commissariat
doivent mettre en œuvre la Charte africaine des Nations unies aux droits de l’homme,
de bonne foi en prenant en considération la une amnistie est illicite au regard du droit
jurisprudence de la Commission. international si elle :
(i) porte atteinte au droit des victimes à un
Le Sénégal est également tenu de respecter les
recours effectif, y compris à réparation ; ou
décisions de la Cour de justice de la CEDEAO,39
qui peut aussi interpréter et appliquer les (ii) restreint le droit des victimes et des
dispositions de la CADHP.40 associations de connaître la vérité sur les

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 10


violations des droits de l’homme et du droit les crimes et délits commis dans le contexte
humanitaire; ou des élections législatives d’avril 2019.50 La loi
(iii) empêche la poursuite d’individus qui s’appliquait aux violences post-électorales
peuvent être pénalement responsables de et protégeait les forces de sécurité de toute
crimes de guerre, d’actes de génocide, de responsabilité pour les violations des droits de
crimes contre l’humanité ou de violations l’homme, y compris le meurtre de manifestants.51
flagrantes des droits de l’homme, y compris La Cour africaine a observé qu’en vertu de
dans les cas où ces violations sont fondées l’article 7(1), « le droit à ce que sa cause soit
sur des motivations sexistes.43 entendue correspond au droit à un recours
Comme expliqué ci-dessous, la loi d’amnistie effectif. Il s’agit de la prérogative dont bénéficie
sénégalaise viole le droit international pour ces toute personne qui se prétend victime de
trois raisons, et parce qu’il s’agit d’une amnistie violation de ses droits fondamentaux de saisir la
« générale » ou « inconditionnelle ». justice ».52 Elle ajoute qu’« une loi d’amnistie n’est
compatible avec les droits de l’homme que si
elle est accompagnée de mesures réparatrices
1. La loi d’amnistie viole le droit au profit des victimes ».53 Constatant que la loi
des victimes à un recours effectif d’amnistie du Bénin ne comportait pas de telles
contre les violations des droits mesures réparatrices, la Cour a conclu que
de l’homme le Bénin avait violé le droit d’être entendu de
chacune des victimes des violences électorales
Le Sénégal a ratifié le PIDCP, la CADHP et d’avril 2019.54
la CAT. Le PIDCP et la CADHP protègent le
droit à la vie44, le droit contre l’arrestation et la La Commission africaine a également estimé
détention arbitraires45 , le droit de ne pas subir que les amnisties accordées par le Zimbabwe
de torture et de traitements cruels, inhumains et la Côte d’Ivoire violaient les articles 1 et
ou dégradants46 et le droit à un recours effectif 7(1) de la CADHP parce qu’elles privaient les
en cas de violation de ces droits.47 La CAT victimes de recours effectifs.55 Dans l’affaire
protège le droit de ne pas subir de torture et Zimbabwe Human Rights NGO Forum v.
de traitements cruels, inhumains ou dégradants, Zimbabwe, la Commission a observé que
le droit des victimes à une réparation et à une l’ordonnance instituant des mesures de
indemnisation juste et adéquate, y compris les clémence adoptée au Zimbabwe en l’an 2000,
moyens d’une réadaptation aussi complète que qui empêchait la poursuite des auteurs de
possible.48 « crimes à motivation politique », notamment les
enlèvements, les emprisonnements forcés, les
La Cour africaine des droits de l’homme et des incendies criminels, la destruction de biens, les
peuples a estimé que les amnisties qui privent les kidnappings et autres violations des droits de
victimes de recours effectifs sont incompatibles l’homme survenus à l’approche des élections
avec l’article 7(1) de la CADHP, qui protège le législatives, « empêchait les victimes de crimes
droit à ce que sa cause soit entendue.49 Dans et de violations présumées des droits de
l’affaire Ajavon c. Bénin, la Cour s’est penchée l’homme de demander un recours effectif et
sur la loi béninoise qui a accordé l’amnistie pour une indemnisation ».56

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 11


Dans cette affaire, la Commission a estimé : le Comité des droits de l’homme des Nations
« en promulguant le décret n°1 de 2000 Unies – l’organe du traité PIDCP chargé de
qui interdit l’accès à tout recours dont surveiller sa mise en œuvre par les États
les victimes pourraient disposer pour parties.61 Dans l’affaire Ajavon c. Bénin, la Cour
faire valoir leurs droits, et sans mettre en a ainsi cité les conclusions du Comité des droits
place d’autres mécanismes législatifs ou de l’homme selon lesquelles « [l]es amnisties
institutionnels adéquats pour garantir que prononcées pour des violations flagrantes
les auteurs des atrocités alléguées soient des droits de l’homme […] sont incompatibles
punis et que les victimes des violations avec les obligations contractées (article
soient dûment indemnisées ou disposent [2].3.a, à savoir garantir que toute personne
d’autres moyens de recours efficaces, l’État dont les droits et libertés sont violés dispose
défendeur a non seulement empêché les d’un recours utile) en vertu du PIDCP ».62 La
victimes de demander réparation, mais a Commission africaine s’est également appuyée
également encouragé l’impunité, et a donc sur l’Observation générale n° 20 du Comité des
manqué à son obligation en violation des droits de l’homme des Nations unies relative à
articles 1 et 7(1) de la Charte africaine ».57 l’article 7 du PIDCP (concernant l’interdiction de
la torture et des traitements cruels, inhumains
De même, la Commission africaine a estimé ou dégradants), qui dispose que « les États ne
que l’octroi, en vertu de la Constitution peuvent priver les individus de leur droit à un
ivoirienne, d’une « immunité totale et complète » recours effectif, y compris à une indemnisation
aux membres du Comité national de salut et à une réadaptation aussi complète que
public (CNSP), qui a provoqué le coup d’État possible ».63
de décembre 1999 et la formation d’un
gouvernement de transition, constituait une De même, le Comité contre la torture, l’organe
violation de la Charte africaine.58 Elle a observé conventionnel chargé de veiller au respect de
que « l’adoption de lois qui accorderaient la Convention contre la torture et autres peines
l’immunité aux auteurs de violations des droits ou traitements cruels, inhumains ou dégradants,
de l’homme et empêcheraient les victimes de a déclaré dans son Observation générale n° 3
demander réparation rendrait les victimes qu’en vertu de l’article 14 de ce traité, « les États
impuissantes et les priverait de justice ».59 parties garantissent dans tout territoire sous
leur juridiction aux victimes d’actes de torture
La Cour de justice de la CEDEAO a également ou de mauvais traitements le droit d’obtenir
estimé que la loi d’amnistie du Niger sur les réparation » et que le terme « réparation »
questions liées à l’assassinat du général englobe les notions de « recours utile » et de
Mainassara Baré privait ses ayants droit de leur « réparation ».64 Le Comité a noté qu’il « a toujours
droit d’être entendus et d’accéder à la justice affirmé que l’amnistie pour des faits de torture
en vertu de la Charte africaine.60 était incompatible avec les obligations imposées
aux États par la Convention, notamment par
En statuant sur la légalité des amnisties en vertu
l’article 14. […]L’amnistie pour des faits de torture
de la CADHP, la Cour africaine et la Commission
et de mauvais traitements constitue un obstacle
africaine se sont toutes deux appuyées sur
non permissible pour la victime qui cherche

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 12


à obtenir réparation, et qu’elle contribue à subis. Dans un procès civil, le plaignant doit
instaurer un climat d’impunité. Il engage donc également payer les frais de procédure qui, en
les États parties à supprimer toute amnistie plus des honoraires de l’avocat du plaignant,
pour torture ou mauvais traitements ».65 peuvent inclure les honoraires de l’avocat du
défendeur si le plaignant ne parvient pas à
La loi d’amnistie sénégalaise entrave le droit des
prouver sa responsabilité. En revanche, dans les
victimes de violations des droits de l’homme à
procédures pénales, les coûts de la collecte des
des réparations, y compris à une indemnisation.
preuves sur la responsabilité des défendeurs
Bien que les victimes d’une infraction pénale
sont supportés par l’État.
cherchent généralement à obtenir une
indemnisation de l’auteur de l’infraction lors En n’accordant pas aux victimes leur droit à ce
de la procédure devant la juridiction pénale, que leur cause soit entendue ainsi que leur droit à
une victime peut également obtenir une des réparations, notamment une indemnisation,
indemnisation en intentant une action civile la loi d’amnistie sénégalaise viole les droits des
indépendante pour obtenir des dommages- victimes à un recours effectif en vertu du PIDCP,
intérêts devant les juridictions civiles.66 L’article de la CADHP et de la CAT. Comme indiqué
3 de la loi d’amnistie dispose que « [l]’amnistie ci-dessus, les organisations internationales de
ne préjudicie pas aux droits des tiers », ce qui défense des droits de l’homme ont documenté
suggère, à première vue, que la loi n’affecte pas des violations du droit à la vie, du droit contre
les droits des victimes à être indemnisées dans l’arrestation et la détention arbitraires, du droit
le cadre d’actions civiles devant les juridictions de ne pas subir de torture et de traitements
civiles. Cependant, en pratique, en interdisant cruels, inhumains et dégradants en rapport
les enquêtes et les poursuites pénales contre les avec les manifestations politiques qui ont eu
auteurs de violations des droits de l’homme, la loi lieu entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024.
prive les victimes de leur droit d’être indemnisées En amnistiant les auteurs de ces violations des
dans le cadre d’une procédure civile. droits de l’homme, la loi d’amnistie viole donc
les obligations juridiques du Sénégal.
En procédure civile, la charge de la preuve –
y compris concernant l’identité de l’auteur de La ministre sénégalaise de la Justice de
l’infraction – incombe au plaignant. En l’absence l’époque, Aïssata Tall Sall, a promis au
d’une enquête pénale visant à recueillir des moment de l’adoption de la loi un mécanisme
preuves – par exemple, les noms des agents d’indemnisation des victimes par le biais d’une
de l’État et des témoins présents au moment commission qui traiterait des indemnisations au
et sur le lieu du dommage, les images des cas par cas.67 Cependant, la loi d’amnistie votée
caméras de sécurité et les rapports internes de par le Parlement sénégalais ne prévoit pas un
la police – une victime de violations des droits tel mécanisme et aucune autre loi ne le crée.
de l’homme perpétrées par des agents de l’État
sénégalais aurait du mal à fournir des preuves
suffisantes pour que ces derniers soient tenus
civilement responsables des dommages

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 13


2. La loi d’amnistie viole le la vérité ».73 En l’espèce, l’affaire a été initiée
droit des victimes et du peuple par les ayants droit de l’ancien président du
Niger, tué lors d’un coup d’État. Les ayants
sénégalais à connaître la vérité
droit avaient déposé des plaintes devant les
sur les violations des droits de
tribunaux locaux qui avaient été rejetées sur la
l’homme base des lois d’amnistie.
Il est solidement établi que le droit des victimes
La loi d’amnistie sénégalaise viole le droit
à un recours effectif pour les violations des
à la vérité des victimes et des peuples.
droits de l’homme inclut le droit à la vérité.68
Comme indiqué ci-dessus, les organisations
Le droit à la vérité a une dimension à la internationales de défense des droits de
fois collective et individuelle, toutes deux l’homme ont documenté des violations du droit
inaliénables.69 Le principe 2 de l’Ensemble à la vie, du droit de ne pas être arrêté ou détenu
de principes actualisé pour la protection et la arbitrairement, et du droit de ne pas subir de
promotion des droits de l’homme par la lutte torture et des traitements cruels, inhumains et
contre l’impunité indique : dégradants liés aux manifestations politiques
qui ont eu lieu entre le 1er février 2021 et le 25
« [c]haque peuple a le droit inaliénable
février 2024. En amnistiant les auteurs de ces
de connaître la vérité sur les évènements
violations des droits humains et en ne prévoyant
passés relatifs à la perpétration de crimes
aucun mécanisme permettant de connaître la
odieux, ainsi que sur les circonstances et
vérité sur ces violations, la loi d’amnistie viole
les raisons qui ont conduit, par la violation
les obligations internationales du Sénégal.
massive ou systématique des droits de
l’homme, à la perpétration de ces crimes ».70
3. La loi d’amnistie viole
Le principe 4 indique que « [i]ndépendamment
de toute action en justice, les victimes, ainsi
l’obligation du Sénégal d’enquêter
que leurs familles et leurs proches, ont le et de poursuivre les personnes
droit imprescriptible de connaître la vérité susceptibles d’être pénalement
sur les circonstances dans lesquelles ont été responsables de violations
commises les violations et, en cas de décès ou flagrantes des droits de l’homme
de disparition, sur le sort qui a été réservé à la
victime ».71 Le Sénégal a l’obligation, en vertu du droit
international, d’enquêter et de poursuivre
La Cour de justice de la CEDEAO a reconnu les individus qui peuvent être pénalement
« l’inefficacité d’une loi d’amnistie en cas responsables de violations flagrantes des
de violations graves et massives des droits droits de l’homme. Bien qu’il n’existe pas de
fondamentaux de l’homme ».72 Elle a noté que définition universelle de l’expression « violations
« [l]es lois d’amnistie ne sauraient constituer flagrantes des droits de l’homme », les institutions
un voilage forcené du passé, une fin de non internationales utilisent indifféremment les
recevoir péremptoirement opposée à toute termes « flagrant », « grave » et « sérieux » pour
entreprise légitimement curieuse de connaître désigner des violations des droits de l’homme

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 14


d’une cruauté particulière.74 Les violations En ce qui concerne le recours excessif à la
perpétrées par les agents de sécurité de l’État force meurtrière et les violations du droit à la
sénégalais dans le cadre des manifestations vie, l’Observation générale n° 36 du Comité des
politiques organisées entre le 1er février 2021 et droits de l’homme déclare par exemple :
le 25 février 2024 comprennent des meurtres, « Un élément important de la protection
des actes de torture, des mauvais traitements, du droit à la vie assurée par le Pacte est
des détentions arbitraires et un usage excessif l’obligation qu’ont les États parties […] de
de la force.75 Le Comité des droits de l’homme faire procéder à une enquête et, le cas
a reconnu ces types de violations comme des échéant, d’engager des poursuites contre
violations « graves » des droits de l’homme.76 les auteurs présumés de tels actes, ce
Dans l’affaire Ajavon c. Bénin, la Cour africaine a qui vaut également pour les allégations
observé qu’en vertu de l’article 7(1) de la CADHP, d’usage excessif de la force ayant eu des
« le droit à un recours effectif entraîne pour l’État conséquences mortelles […]. Compte tenu
[…] une obligation d’enquêter et de punir les de l’importance du droit à la vie, les États
violations des droits de l’homme ».77 La Cour a parties, face à des violations de l’article 6,
également cité la décision du Comité des droits ne doivent pas, d’une manière générale, se
de l’homme selon laquelle « [l]es amnisties contenter de mesures administratives ou
prononcées pour des violations flagrantes disciplinaires, mais doivent normalement
des droits de l’homme […] sont incompatibles faire procéder à une enquête pénale
avec les obligations contractées (article [2].3.a, aboutissant, si suffisamment de preuves
à savoir garantir que toute personne dont à charge sont réunies, à des poursuites
les droits et libertés sont violés dispose d’un pénales. Les immunités et amnisties
recours utile) en vertu du PIDCP ».78 accordées aux auteurs d’homicides
intentionnels et à leurs supérieurs, et les
Le PIDCP et la CADHP protègent le droit à un mesures comparables qui engendrent une
recours effectif en cas de violation du droit à la impunité de fait ou de droit, sont, en règle
vie, du droit de ne pas être arrêté ou détenu générale, incompatibles avec l’obligation
arbitrairement, et du droit de ne pas être de respecter et de garantir le droit à la vie
soumis à la torture ou à des traitements cruels, et d’offrir aux victimes un recours utile ».81
inhumains ou dégradants.79 La Convention
contre la torture et autres peines ou traitements De même, en ce qui concerne la torture,
cruels, inhumains ou dégradants protège le l’Observation générale n° 20 du Comité des
droit des victimes à obtenir réparation pour droits de l’homme précise que « les amnisties
les actes de torture et les traitements cruels, sont généralement incompatibles avec le
inhumains ou dégradants, et exige des autorités devoir qu’ont les États d’enquêter sur les
compétentes des États qu’elles mènent des actes [de torture], de garantir l’absence de
enquêtes rapides et impartiales sur de tels tels actes dans leur juridiction et de veiller à
actes.80 Ces traités exigent des États parties ce qu’ils ne se reproduisent pas à l’avenir ».82
qu’ils mènent des enquêtes pénales efficaces Dans l’affaire Rodríguez c. Uruguay, le Comité
et qu’ils poursuivent les auteurs de violations des droits de l’homme a estimé que le refus
flagrantes des droits de l’homme. du gouvernement uruguayen d’enquêter

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 15


sur des allégations de torture par un régime défendeur a non seulement empêché les
antérieur, sur la base d’une loi d’amnistie, victimes de demander réparation, mais a
violait les articles 7 et 2, paragraphe 3, du également encouragé l’impunité, et a donc
PIDCP.83 Le Comité n’a pas accepté l’argument manqué à son obligation en violation des
du gouvernement selon lequel « enquêter sur articles 1 et 7(1) de la Charte africaine ».87 La
des faits passés ... amènerait à ranimer des Commission a observé que « il est généralement
affrontements vécus entre les personnes et les considéré que le facteur le plus important dans
groupes, ce qui n’est pas de nature à faciliter la la prolifération et la poursuite des violations
réconciliation, la pacification et le renforcement des droits de l’homme est la persistance de
des institutions démocratiques ».84 Le Comité a l’impunité, qu’elle soit de jure ou de facto. Il
noté « que l’adoption de cette loi [d’amnistie] est communément admis que la clémence
exclut effectivement, dans un certain nombre encourage l’impunité de droit comme de fait
de cas, la possibilité de mener une enquête sur et prive les victimes d’une juste compensation
les violations des droits de l’homme commises et d’un recours efficace ».88 Elle demande à
dans le passé et empêche par conséquent la République du Zimbabwe « de mettre en
l’Etat partie de s’acquitter de la responsabilité place une Commission d’enquête chargée de
qui lui incombe de fournir un recours utile aux déterminer les causes des violences qui ont eu
victimes desdites violations ». En outre, le Comité lieu entre février et juin 2000 et de traduire en
craint « qu’en adoptant cette loi, l’État partie justice les responsables de ces violences ».89
n’ait contribué à instaurer un climat d’impunité
De même, la Commission africaine a estimé
susceptible de nuire à l’ordre démocratique et
qu’avec l’octroi par la Constitution ivoirienne
de donner lieu à de nouvelles violations graves
d’une « immunité totale et complète » aux
des droits de l’homme ».85
membres du CNSP, « l’État défendeur a non
Le Comité contre la torture a également déclaré seulement empêché les victimes de demander
dans son Observation générale n° 2 que « une réparation, mais a également encouragé
amnistie ou tout autre obstacle juridique qui l’impunité, et a donc manqué à son obligation
empêcherait que les auteurs d’actes de torture en violation des articles 1 et 7(1) de la Charte
ou de mauvais traitements fassent rapidement africaine ».90
l’objet de poursuites et de sanctions équitables,
La Commission africaine a également estimé
ou qui exprimerait une réticence à cet égard,
que la loi d’amnistie de juin 1993 « annulant le
violerait le principe d’intangibilité ».86
caractère pénal » des meurtres et autres violations
Dans l’affaire Zimbabwe Human Rights NGO graves des droits de l’homme commis par les
Forum c. Zimbabwe, la Commission africaine forces armées et de sécurité mauritaniennes
a estimé que « en promulguant l’ordonnance et « excluant toute action judiciaire […] par les
instituant des mesures de clémence n° 1 de victimes des violations présumées » survenues
2000 […] et sans mettre en place d’autres entre 1989 et 1992 ne mettait pas la Mauritanie
mécanismes législatifs ou institutionnels à l’abri des obligations qui lui incombent en
adéquats pour garantir que les auteurs des vertu de la Charte africaine.91 La Commission a
atrocités présumées soient punis […], l’État recommandé au gouvernement d’ouvrir « une

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 16


enquête indépendante afin d’élucider le sort violations des droits de l’homme, la loi d’amnistie
des personnes considérées comme disparues, viole les obligations internationales du Sénégal.
d’identifier et de traduire en justice les auteurs
Selon une déclaration de la ministre sénégalaise
des violations perpétrées à l’époque des
de la Justice de l’époque, Aïssata Tall Sall,
faits dénoncés » ainsi que d’accorder des
l’amnistie ne s’appliquerait pas aux cas de
réparations et des indemnisations aux proches
torture ou de traitement dégradant et, pour les
des victimes.92
homicides, il appartiendrait au juge de décider
La Commission africaine s’est appuyée sur qui bénéficierait de l’amnistie. Cependant, la loi
l’affaire Barrios Altos c. Pérou, un arrêt de votée par le Parlement sénégalais ne prévoit
principe de la Cour interaméricaine des droits pas une telle exception.95
de l’homme concernant les amnisties.93 Dans
cette affaire, la Cour interaméricaine a déclaré :
4. Les amnisties générales violent
« Cette Cour considère inadmissibles les
le droit international
dispositions d’amnistie, les dispositions
de prescription et l’établissement Plusieurs institutions internationales ont jugé
de dispositions visant l’exclusion que les amnisties générales étaient contraires
de responsabilité ayant pour objet au droit international.
d’empêcher l’enquête et la sanction des
Par exemple, dans l’affaire Kwoyelo c. Ouganda,
responsables des violations graves des
la Commission africaine a fait observer que
droits de l’homme telles que la torture,
« [p]uisqu’elles ont pour effet d’exclure toute
les exécutions sommaires, extrajudiciaires
forme de responsabilité et donc de favoriser
ou arbitraires ainsi que les disparitions
l’impunité, les amnisties générales sont
forcées, qui sont toutes interdites car elles
considérées comme incompatibles avec les
contreviennent aux droits indérogeables
règles des droits de l’homme. »96
reconnus par le droit international des
droits humains. »94 L’Observation générale n° 4 de la Commission
africaine indique également que « les États ne
La loi d’amnistie du Sénégal viole l’obligation
devraient pas accorder l’amnistie générale aux
qui lui incombe en vertu du droit international
personnes ayant commis des actes de torture.
d’enquêter pénalement et de punir les auteurs
De même, les États ne doivent pas accorder
de violations flagrantes des droits de l’homme.
l’immunité pour des actes de torture, d’autant
Comme indiqué ci-dessus, les organisations
qu’une telle mesure est contraire à l’obligation
internationales de défense des droits de
de poursuivre les auteurs et d’accorder
l’homme ont documenté des violations du droit
réparation aux victimes ».97
à la vie, du droit de ne pas être arrêté ou détenu
arbitrairement, et du droit de ne pas subir de Le Comité des droits de l’homme des Nations
torture et des traitements cruels, inhumains et Unies a estimé que les amnisties générales
dégradants lors des manifestations politiques accordées au Pérou, en Argentine et en
qui ont eu lieu entre le 1er février 2021 et le 25 Uruguay étaient incompatibles avec le PIDCP.98
février 2024. En amnistiant les auteurs de ces

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 17


La Commission africaine a observé que « [l]e
système interaméricain des droits de l’homme
dispose d’une riche jurisprudence relative aux
amnisties nationales en raison de son contexte
historique dans lequel un certain nombre de
pays d’Amérique latine ont adopté des amnisties
à la suite de périodes de violations des droits de
l’homme par des régimes répressifs dans le but
de protéger des responsables de l’obligation de
rendre des comptes pour ces violations ».99 Elle
note en particulier que « la Cour interaméricaine
des droits de l’homme a déclaré nulle une
amnistie générale au Pérou en 2001, dont il a
été constaté qu’elle décourageait les enquêtes
et privait les victimes de tout recours ».100

La loi d’amnistie sénégalaise est une amnistie


« générale » ou « inconditionnelle » car elle
« exonère de vastes catégories d’auteurs
d’infractions graves aux droits de l’homme de
poursuites pénales ou d’actions civiles sans que
les bénéficiaires aient à remplir de conditions
préalables, y compris celles visant à obtenir
la divulgation pleine et entière de ce qu’ils
savaient, à titre individuel, des crimes couverts
par l’amnistie ».101 En tant que telle, elle viole le
droit international.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 18


V. Conclusions et recommandations

L’analyse qui précède démontre que la loi 2. Garantir le droit des victimes et des
d’amnistie sénégalaise viole les obligations sociétés à connaître la vérité sur les
qui incombent au Sénégal en vertu du violations des droits de l’homme liées aux
droit international. Pour se conformer à ces manifestations politiques qui ont eu lieu
obligations, la République du Sénégal devrait : au Sénégal entre le 1er février 2021 et le
25 février 2024.
1. Garantir le droit à un recours effectif
des victimes de violations des droits 3. Garantir des poursuites pénales efficaces
de l’homme liées aux manifestations contre les auteurs de violations flagrantes
politiques qui ont eu lieu au Sénégal des droits de l’homme, notamment les
entre le 1er février 2021 et le 25 février meurtres, la torture, les traitements cruels,
2024. Cela inclut le droit des victimes à inhumains ou dégradants et les détentions
un recours effectif devant un tribunal ainsi arbitraires.
qu’à obtenir réparation.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 19


Annexe 1 : Loi n°2024-09 du 13 mars 2024 portant amnistie,
13 mars 2024 (Loi d’amnistie)

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 20


LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 21
Remerciements
Ce rapport a été rédigé par Amrit Singh, Henri Thulliez et Sébastien
Gregoire. Amrit Singh est professeur de droit et directrice exécutive du
Rule of Law Impact Lab à la Stanford Law School. Henri Thulliez est un
conseiller expert du Rule of Law Impact Lab et avocat au barreau de
Paris. Sébastien Gregoire est avocat au barreau de Paris.

Alioune Tine, Fondateur du Think-tank Afrikajom Center, a revu le


mémoire et a fourni des commentaires utiles. Ibrahima Kane a également
apporté une contribution précieuse à ce rapport.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 22


Notes de fin d’ouvrage

1 Loi n°2024-09 du 13 mars 2024 portant pdf (citant l’article 27 de la Convention


amnistie, 13 mars 2024 (Annexe 1). de Vienne de 1969 sur le droit des
L’article 1 de la loi d’amnistie dispose traités : « Une partie ne peut invoquer
que « Sont amnistiés, de plein droit, les dispositions de son droit interne
pour tous les faits, susceptibles de comme justifiant la non-exécution d’un
revêtir la qualification d’infraction traité […] »). En outre, l’article 98 de la
criminelle ou correctionnelle, commis Constitution sénégalaise dispose que les
entre le 1er février 2021 et le 25 février traités ratifiés et publiés par le Sénégal
2024 tant au Sénégal qu’à l’étranger, priment sur les lois nationales. https://
se rapportant à des manifestations adsdatabase.ohchr.org/IssueLibrary/
ou ayant des motivations politiques SENEGAL_Constitution.pdf.
y compris celles faites par tous
5 Human Rights Watch a rapporté qu’au
supports de communication, que leurs
moins 40 personnes ont été tuées
auteurs aient été jugés ou non ».
au cours de violents affrontements
2 Human Rights Watch, Sénégal : Le depuis mars 2021. Human Rights
projet de loi d’amnistie ouvre la voie à Watch, Sénégal : Le projet de loi
l’impunité, 5 mars 2024, https://www. d’amnistie ouvre la voie à l’impunité,
hrw.org/fr/news/2024/03/05/senegal-le- 5 mars 2024, https://www.hrw.org/fr/
projet-de-loi-damnistie-ouvre-la-voie-lim- news/2024/03/05/senegal-le-projet-
punite ; Amnesty International, Sénégal. de-loi-damnistie-ouvre-la-voie-limpu-
Il faut enquêter sur les homicides et les nite ; Amnesty International a signalé
violences policières à l’encontre des qu’au moins 60 personnes ont été
manifestant-e-s, 13 février 2024, https:// tuées par les forces de sécurité lors de
www.amnesty.fr/presse/sngal-il-faut- manifestations au Sénégal depuis mars
enquter-sur-les-homicides-et-les-vio. 2021. Amnesty International, Sénégal. Il
faut enquêter sur les homicides et les
3 Human Rights Watch, Sénégal : Le
violences policières à l’encontre des
projet de loi d’amnistie ouvre la voie
manifestant-e-s, 13 février 2024, https://
à l’impunité, 5 mars 2024, https://
www.amnesty.fr/presse/sngal-il-faut-
www.hrw.org/fr/news/2024/03/05/
enquter-sur-les-homicides-et-les-vio.
senegal-le-projet-de-loi-damnis-
tie-ouvre-la-voie-limpunite. 6 Human Rights Watch, Sénégal : Le
projet de loi d’amnistie ouvre la voie
4 Voir Les Ayants Droit Ibrahim Mainassara
à l’impunité, 5 mars 2024, https://
Baré c. République du Niger, Cour de
www.hrw.org/fr/news/2024/03/05/
justice de la CEDEAO, 2015 ECW/CCJ/
senegal-le-projet-de-loi-damnis-
JUD/23/15, 23 oct. 2015, para. 68, http://
tie-ouvre-la-voie-limpunite.
www.courtecowas.org/wp-content/
uploads/2019/01/ECW_CCJ_JUD_23_15.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 23


7 Yusuf Akinpelu, Senegal on the afrique/article/2024/02/26/au-se-
brink after elections postponed, 6 negal-le-president-macky-sall-an-
février 2024, https://www.bbc.com/ nonce-un-projet-de-loi-d-amnistie-
news/world-africa-68209178. generale_6218693_3212.html.

8 Radio France Internationale, Sénégal : 12 Loi n°2024-09 du 13 mars 2024 portant


l’opposant Ousmane Sonko condamné amnistie, 13 mars 2024 (Annexe 1). .
à 2 ans de prison ferme pour «corruption
13 Le Monde, Au Sénégal, le président
de la jeunesse», 1er juin 2023, https://
Macky Sall annonce un projet de
www.rfi.fr/fr/afrique/20230601-
loi d’amnistie générale, 26 février
s%C3%A9n%C3%A9gal-l-opposant-
2024, https://www.lemonde.fr/
ousmane-sonko-condamn%C3%A9-
afrique/article/2024/02/26/au-se-
%C3%A0-2-ans-de-prison-ferme-
negal-le-president-macky-sall-an-
pour-corruption-de-la-jeunesse.
nonce-un-projet-de-loi-d-amnistie-
9 Radio France Internationale, generale_6218693_3212.html.
Sénégal : le bras droit de l’opposant
14 Le Monde, Au Sénégal, les opposants
Ousmane Sonko arrêté et placé en
Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye
garde à vue, 15 avril 2023, https://
Faye libérés de prison à quelques
www.rfi.fr/fr/afrique/20230415-
jours de l’élection présidentielle, 15
s%C3%A9n%C3%A9gal-bassirou-dio-
mars 2024, https://www.lemonde.
maye-faye-bras-droit-d-ousmane-
fr/afrique/article/2024/03/15/
sonko-arr%C3%AAt%C3%A9-et-
au-senegal-l-opposant-ousmane-
plac%C3%A9-en-garde-%C3%A0-vue.
sonko-et-son-candidat-a-la-presi-
10 Radio France Internationale, dentielle-bassirou-diamaye-faye-ont-ete-
Présidentielle au Sénégal : la justice liberes-de-prison_6222079_3212.html.
réintègre Ousmane Sonko sur les listes
15 Radio France Internationale,
et ouvre la voie à sa candidature, 14
Présidentielle au Sénégal : les
décembre 2023, https://www.rfi.fr/fr/
résultats définitifs confirment la large
afrique/20231214-pr%C3%A9sidentielle-
victoire de Bassirou Diomaye Faye,
au-s%C3%A9n%C3%A9gal-la-justice-
30 mars 2024, https://www.rfi.fr/fr/
r%C3%A9int%C3%A8gre-sonko-sur-les-
afrique/20240330-pr%C3%A9sidentielle-
listes-et-ouvre-la-voie-%C3%A0-sa-can-
au-s%C3%A9n%C3%A9gal-les-r%C3%A-
didature ; Jeune Afrique, Au Sénégal, la
9sultats-d%C3%A9finitifs-confirment-la-
radiation de Sonko des listes électorales
large-victoire-de-bassirou-diomaye-faye.
examinée par la justice, 12 décembre
2023, https://www.jeuneafrique. 16 Radio France Internationale,
com/1514035/politique/au-senegal- Sénégal : Bassirou Diomaye Faye
la-radiation-de-sonko-des-listes-elec- nomme Ousmane Sonko Premier
torales-examinee-par-la-justice-2. ministre, 3 avril 2024, https://
www.rfi.fr/fr/afrique/20240402-
11 Le Monde, Au Sénégal, le président
s%C3%A9n%C3%A9gal-bassi-
Macky Sall annonce un projet de
rou-diomaye-faye-nomme-ous-
loi d’amnistie générale, 26 février
mane-sonko-premier-ministre.
2024, https://www.lemonde.fr/

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 24


17 Ce dialogue, intitulé “Les assises de org/fr/latest/news/2024/03/sene-
la justice”, a réuni des magistrats, gal-adoption-of-amnesty-law-would-
des avocats, des membres de la be-an-affront-to-victims-of-deadly-
société civile et des universitaires. protests-and-reinforce-impunity.

18 BBC news, Sénégal : que retenir des 25 Amnesty International, Sénégal. Il


conclusions des assises de la justice ?, faut enquêter sur les homicides et les
5 juin 2024, https://www.bbc.com/ violences policières à l’encontre des
afrique/articles/cg332z3z4n7o. manifestant-e-s, 13 février 2024, https://
www.amnesty.fr/presse/sngal-il-faut-
19 Jeune Afrique, Au Sénégal, le ministre
enquter-sur-les-homicides-et-les-vio.
de la Justice remet en cause la loi
d’amnistie de Macky Sall, 14 décembre 26 Amnesty International, Sénégal :
2024, https://www.jeuneafrique. Amnesty International demande une
com/1641204/politique/au-senegal- enquête indépendante sur la répression
le-ministre-de-la-justice-remet-en- meurtrière des manifestations, 9 juin
cause-la-loi-damnistie-de-macky-sall/ 2023, https://www.amnesty.org/en/latest/
news/2023/06/senegal-amnesty-in-
20 X, compte @ViePubliqueSN, 27
ternational-demande-une-enquete-in-
décembre 2024, https://x.com/
dependante-sur-la-repression-meur-
ViePubliqueSN/status/187259341664878
triere-lors-des-manifestations.
6157?t=ak597fSE9_svnGTjf9zw0Q&s=08
27 Ibid.
21 Haut-Commissariat des Nations
unies aux droits de l’homme, Les 28 Human Rights Watch, Sénégal : Le
instruments de l’Etat de droit dans projet de loi d’amnistie ouvre la voie
les sociétés sortant d’un conflit : à l’impunité, 5 mars 2024, https://
Amnesties (2009), p. 5, https://www. www.hrw.org/fr/news/2024/03/05/
ohchr.org/sites/default/files/Documents/ senegal-le-projet-de-loi-damnis-
Publications/Amnesties_fr.pdf. tie-ouvre-la-voie-limpunite.

22 Ibid., p. 8 ; Communication 431/12, 29 Ibid.


Kwoyelo c. Ouganda, Commission
30 Ibid.
africaine des droits de l’homme et des
peuples (2018), para. 288, https://achpr. 31 Ibid.
au.int/index.php/en/decisions-communi-
cations/thomas-kwoyelo-v-uganda-43112. 32 Human Rights Watch, Sénégal :
Répression pré-électorale, 22
23 Loi n°2024-09 du 13 mars 2024 portant janvier 2024, https://www.hrw.
amnistie, 13 mars 2024 (Annexe 1). org/fr/news/2024/01/22/sene-
gal-repression-pre-electorale.
24 Amnesty International, Sénégal :
L’adoption de la loi d’amnistie serait un 33 Sud Ouest, Sénégal : neuf morts,
affront aux victimes des manifestations l’armée déployée à Dakar, que se
meurtrières et renforcerait l’impunité, passe-t-il dans ce pays ?, 2 juin 2023,
4 mars 2024, https://www.amnesty. https://www.sudouest.fr/international/

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 25


international/afrique/senegal-9-morts- l’homme et des peuples, qui peut être
dans-des-affrontements-entre-police-et- saisie par les particuliers. Sur les 54
manifestants-que-se-passe-t-il-dans-ce- États membres de l’Union africaine, 34
pays-15413024.php?csnt=1919973a996 ; ont ratifié le Protocole relatif à l’établis-
France 24, Sénégal : «Les manifestants sement de la Cour africaine des droits
ont déversé leur colère sur tout ce qu’ils de l’homme et des peuples, dont le
ont vu», 10 février 2024, https://www. Sénégal. Cependant, les particuliers et
france24.com/fr/afrique/20240210-au- les organisations non gouvernemen-
s%C3%A9n%C3%A9gal-les-manifes- tales sénégalaises ne peuvent pas
tants-ont-d%C3%A9vers%C3%A9-leur- saisir directement la Cour africaine car
col%C3%A8re-sur-tout-ce-qu-ils-ont-vu ; le Sénégal n’a pas fait de déclaration
Deutsche Welle, La police sénégalaise spéciale pour permettre la compétence
accuse les manifestants de violences, de la Cour sur les affaires portées par
5 juin 2023, https://www.dw.com/ les particuliers et les ONG. Seul un
fr/senegal-manifestations-vio- autre État membre de l’Union africaine
lence-police/a-65832069. ou la Commission africaine peuvent
engager une procédure contre le
34 Grand Panel, Les présumés auteurs de
Sénégal devant la Cour africaine.
l’incendie de la bibliothèque de l’UCAD
et du bus TATA ont été libérés, 19 mars 37 Protocole à la Charte africaine des
2024, https://www.grandpanel.sn/les-pre- droits de l’homme et des peuples
sumes-auteurs-de-lincendie-de-la-biblio- portant création d’une Cour africaine
theque-de-lucad-et-du-bus-tata-ont-ete- des droits de l’homme et des peuples,
liberes; PressAfrik, Manifestation de juin art. 30, https://au.int/sites/default/
2023 : Les étudiants soupçonnés d’avoir files/treaties/36393-treaty-0019_-_
incendié la bibliothèque de l’UCAD, protocol_to_the_african_charter_on_
les individus du bus Tata de Yarakh human_and_peoplesrights_on_the_
sont libres, 19 mars 2024, https://www. establishment_of_an_african_court_
pressafrik.com/Manifestation-de-juin- on_human_and_peoples_rights_f.pdf.
2023-Les-etudiants-soupconnes-d-avoir-
38 Charte africaine des droits de
incendie-la-bibliotheque-de-l-UCAD-
l’homme et des peuples, art. 45,
les-individus-du-bus_a270485.html.
https://au.int/sites/default/files/trea-
35 Constitution du Sénégal de 2001 (avec ties/36390-treaty-0011_-_african_charter_
des modifications jusqu’en 2016), art. on_human_and_peoples_rights_f.pdf.
98, https://adsdatabase.ohchr.org/
39 Protocole (A/P.l/7/91) sur la Cour de justice
IssueLibrary/SENEGAL_Constitution.pdf.
des Communautés, 6 juillet 1991, art. 19,
36 Tous les États membres de l’Union http://www.courtecowas.org/wp-content/
africaine, à l’exception du Maroc, ont uploads/2019/01/Protocole-A-P1-7-91.pdf.
ratifié la Charte africaine des droits
40 Les États membres de la CEDEAO ont
de l’homme et des peuples et sont
reconnu comme principes fondamentaux
ainsi soumis à la compétence de la
de l’organisation « la reconnaissance, la
Commission africaine des droits de
promotion et la protection des droits de

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 26


l’homme et des peuples conformément 43 Haut-Commissariat des Nations unies
aux dispositions de la Charte africaine aux droits de l’homme, Les instruments
des droits de l’homme et des peuples », de l’Etat de droit dans les sociétés
art. 4(g), Traité révisé de la CEDEAO, sortant d’un conflit : Amnesties (2009),
https://www.ecowas.int/wp-content/ p. 11, https://www.ohchr.org/sites/
uploads/2022/06/REVISED-Treaty- default/files/Documents/Publications/
Updated-fr.pdf. Les violations des Amnesties_fr.pdf (nous soulignons). Le
dispositions de la CADHP peuvent donc Secrétaire général des Nations Unies,
être examinées par la Cour de justice de Kofi Annan, a affirmé que les amnisties
la CEDEAO pour déterminer si un État « ne peuvent jamais être autorisées à
membre n’a pas respecté ce principe. […] excuser des violations flagrantes
des droits de l’homme ». Conseil de
41 Ajavon c. République du Bénin, Cour
sécurité des Nations unies, Rapport du
africaine des droits de l’homme et
Secrétaire général, Rétablissement de
des peuples, requête n° 062/2019,
l’état de droit et administration de la
arrêt du 4 décembre 2020, para.
justice pendant la période de transition
234, https://www.african-court.org/
dans les sociétés en proie à un conflit
cpmt/storage/app/uploads/public/5fc/
ou sortant d’un conflit, Doc. ONU
fa1/84e/5fcfa184e3219931623718.pdf
S/2004/616, 23 août 2004, para. 32,
(citant la Commission africaine des
https://digitallibrary.un.org/record/527647/
droits de l’homme et des peuples,
files/S_2004_616-FR.pdf?ln=en.
Communications 54/91 : Malawi African
Association c. Mauritanie ; 61/91 : 44 PIDCP, art. 6 ; CADHP art. 4
Amnesty International c. Mauritanie ;
45 PIDCP, art. 9 ; CADHP, art. 6.
98/93 : Mme Sarr Diop, Union
Interafricaine des Droits de l’Homme et 46 PIDCP, art. 7 ; CADHP, art. 5.
RADDHO c. Mauritanie ; 164/97 à 196/97 :
Collectif des Veuves et Ayants-droit 47 PIDCP, art. 2 ; CADHP, art. 1, 7.
c. Mauritanie ; 210/98 : Association
48 CAT, art. 1, 2, 12, 13, 14, 16.
Mauritanienne des Droits de l’Homme
c. Mauritanie, 11 mai 2000, para. 83). 49 CADHP, art. 7 (« Toute personne a le
droit de faire entendre sa cause »).
42 Les Ayants Droit Ibrahim Mainassara
Baré c. République du Niger, Cour de 50 Affaire Sébastien Germain Marie
justice de la CEDEAO, 2015 ECW/CCJ/ Aïkoue Ajavon c. République du Bénin,
JUD/23/15, 23 octobre 2015, para. 68, Cour africaine des droits de l’homme
http://www.courtecowas.org/wp-content/ et des peuples, requête n° 062/2019,
uploads/2019/01/ECW_CCJ_JUD_23_15. arrêt du 4 décembre 2020, (Ajavon c.
pdf (citant l’article 27 de la Convention République du Bénin), paras. 227-239,
de Vienne de 1969 sur le droit des https://www.african-court.org/cpmt/
traités : « Une partie ne peut invoquer les storage/app/uploads/public/5fc/
dispositions de son droit interne comme fa1/84e/5fcfa184e3219931623718.pdf.
justifiant la non-exécution d’un traité […] ».

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 27


51 Amnesty International, Bénin: Nouvelles 59 Ibid. 97, 98 (notre traduction).
lois, nouvelles restrictions aux droits
60 Les Ayants Droit Ibrahim Mainassara
humains: Amnesty International,
Baré c. République du Niger, Cour
Communication pour la 42è session
de justice de la CEDEAO, 2015 ECW/
du groupe de travail sur l’Examen
CCJ/JUD/23/15, 23 octobre 2015,
Périodique Universel, 26 janvier 2023,
para. 69, http://www.courtecowas.
para. 9, https://www.amnesty.org/fr/
org/wp-content/uploads/2019/01/
documents/afr14/5736/2022/fr/.
ECW_CCJ_JUD_23_15.pdf.
52 Ajavon c. République du Bénin, Cour
61 Ajavon c. République du Bénin, Cour
africaine des droits de l’homme et des
africaine des droits de l’homme et des
peuples, requête n° 062/2019, arrêt
peuples, requête n° 062/2019, arrêt
du 4 décembre 2020, paras. 228.
du 4 décembre 2020, para. 235 (citant
53 Ibid. 234-239. le Comité des droits de l’homme des
Nations Unies, Rodríguez c. Uruguay,
54 Ibid. 238-239.
communication n° 322/1988, 9 août
55 L’article 1 de la CADHP dispose que 1994, para. 12.4) ; Zimbabwe Human
« Les Etats membres de l’Organisation Rights NGO Forum c. Zimbabwe,
de l’Unité Africaine parties à la Commission africaine des droits de
présente Charte reconnaissent les l’homme et des peuples, 15 mai 2006,
droits, devoirs et libertés énoncés para. 200 (notre traduction) https://achpr.
dans le présent chapitre et s’engagent au.int/en/decisions-communications/
à adopter des mesures législatives zimbabwe-human-rights-ngo-forum-v-
ou autres pour leur donner effet ». zimbabwe-24502 (citant le Comité des
droits de l’homme, Observation générale
56 Zimbabwe Human Rights NGO Forum n° 20 (44) sur l’article 7, para. 15).
c. Zimbabwe, Commission africaine
des droits de l’homme et des peuples, 62 Ajavon c. République du Bénin, Cour
Communication 245/02, 15 mai 2006, africaine des droits de l’homme et
paras. 211, 215, (notre traduction) https:// des peuples, requête n° 062/2019,
achpr.au.int/en/decisions-commu- arrêt du 4 décembre 2020, para
nications/zimbabwe-human-rights- 235 (citant Rodríguez c. Uruguay,
ngo-forum-v-zimbabwe-24502. Comité des droits de l’homme des
Nations unies, communication n°
57 Ibid, para. 215 (notre traduction). 322/1988, 9 août 1994, para. 12.4).
58 Mouvement ivoirien des droits humains 63 Zimbabwe Human Rights NGO Forum
(MIDH) c. Côte d’Ivoire, Commission c. Zimbabwe, Commission africaine
africaine des droits de l’homme et des des droits de l’homme et des peuples,
peuples, Communication 246/02, 29 Communication 245/02, 15 mai 2006,
juillet 2008, para. 90 (notre traduction) para. 200 (citant le Comité des droits
https://achpr.au.int/en/decisions-com- de l’homme, Observation générale
munications/mouvement-ivoirien-des- n° 20 (44) sur l’article 7, para. 15).
droits-humains-midh-cote-divoire-24602.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 28


64 Comité des Nations unies contre la l’Etat de droit dans les sociétés sortant
torture, Observation générale n° 3, 13 d’un conflit : Amnesties (2009), p. 31,
décembre 2012, paras. 2, 27, https:// https://www.ohchr.org/sites/default/files/
documents.un.org/doc/undoc/gen/ Documents/Publications/Amnesties_fr.pdf.
g12/487/19/pdf/g1248719.pdf.
70 Commission des droits de l’homme des
65 Ibid, paragraphe. 41. (nous soulignons). Nations Unies, Ensemble de principes
actualisé pour la protection et la
66 Code de procédure pénale sénégalais,
promotion des droits de l’homme par la
art. 2, 3, 4, 5, https://justice.sec.gouv.
lutte contre l’impunité (E/CN.4/2005/102/
sn/wp-content/uploads/2020/11/
Add.1), 8 février 2005, Principe 2,
code-procedure-penal.pdf.
https://documents.un.org/doc/undoc/
67 Radio France Internationale, Sénégal : gen/g05/109/01/pdf/g0510901.pdf.
les députés réunis pour débattre du
71 Ibid, Principe 4.
projet de loi d’amnistie, 6 mars 2024.
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240306- 72 Les Ayants Droit Ibrahim Mainassara
s%C3%A9n%C3%A9gal-loi-amnistie- Baré c. République du Niger, Cour de
d%C3%A9put%C3%A9s-r%C3%A9unis- justice de la CEDEAO, 2015 ECW/CCJ/
pour-d%C3%A9battre-du-projet-de-loi ; JUD/23/15, 23 octobre 2015, para. 52.
Seneplus, Loi d’amnistie, Aissata Tall Sall
73 Ibid, paragraphe. 54.
évoque l’indemnisation des victimes,
6 mars 2024. https://www.seneplus. 74 Académie de droit international
com/politique/loi-damnistie-aissa- humanitaire et de droits humains de
ta-tall-sall-evoque-lindemnisation-des. Genève, What amounts to‘a serious
violationof internationalhuman rights
68 Union africaine, Politique de justice tran-
law’?, août 2014, p. 12 (notre traduction)
sitionnelle (2019), para. 90, https://au.int/
https://www.geneva-academy.ch/
sites/default/files/documents/36541-doc-
joomlatools-files/docman-files/
au_tj_policy_fre_web.pdf ; Commission
Publications/Academy%20Briefings/
africaine des droits de l’homme et des
Briefing%206%20What%20is%20
peuples, Observation générale n° 4
a%20serious%20violation%20of%20
sur la Charte africaine des droits de
human%20rights%20law_Academy%20
l’homme et des peuples : Le droit à
Briefing%20No%206.pdf.
réparation des victimes de la torture
et autres peines ou traitements cruels, 75 Human Rights Watch, Sénégal : Le
inhumains ou dégradants (article 5), 21e projet de loi d’amnistie ouvre la voie
session extraordinaire de la Commission, à l’impunité, 5 mars 2024, https://
23 février-4 mars 2017, paras. 9-10, www.hrw.org/fr/news/2024/03/05/
https://caselaw.ihrda.org/api/files/ senegal-le-projet-de-loi-damnis-
1509793527436gj66f3sslmt8 tie-ouvre-la-voie-limpunite ;
61sg1svsfw29.pdf.
Amnesty International, Sénégal. Il
69 Haut-Commissariat des Nations unies aux faut enquêter sur les homicides et les
droits de l’homme, Les instruments de violences policières à l’encontre des

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 29


manifestant-e-s, 13 février 2024, https:// 2019, p. 9-10 (nous soulignons) https://
www.amnesty.fr/presse/sngal-il-faut- documents.un.org/doc/undoc/gen/
enquter-sur-les-homicides-et-les-vio. g19/261/16/pdf/g1926116.pdf.

76 Académie de droit international 82 Zimbabwe Human Rights NGO Forum


humanitaire et de droits humains de c. Zimbabwe, Commission africaine
Genève, What amounts to ‘a serious des droits de l’homme et des peuples,
violation of international human Communication 245/02, 15 mai 2006,
rights law’ ?, août 2014, p. 27 (notre para. 203 (notre traduction), https://achpr.
traduction) https://www.geneva-academy. au.int/en/decisions-communications/
ch/joomlatools-files/docman-files/ zimbabwe-human-rights-ngo-forum-v-
Publications/Academy%20Briefings/ zimbabwe-24502 (citant le Comité des
Briefing%206%20What%20is%20 droits de l’homme, Observation générale
a%20serious%20violation%20of%20 n° 20 (44) sur l’article 7, para. 15).
human%20rights%20law_Academy%20
83 Rodríguez c. Uruguay, Comité des
Briefing%20No%206.pdf ; voir également
droits de l’homme des Nations
Commission internationale de juristes,
unies, Communication n° 322/1988,
The right to a remedy and reparation
CCPR/C/51/D/322/1988, 9 août
for gross human rights violations, Guide
1994, paras. 12.1-12.3, 13, 14, https://
du praticien n° 2 (2018), p. xii (notre
docstore.ohchr.org/SelfServices/
traduction) https://www.icj.org/resource/
FilesHandler.ashx?enc=6QkG1d%2fP-
the-right-to-a-remedy-and-reparation-
PRiCAqhKb7yhstcNDCvDan1pXU7dsZD-
for-gross-human-rights-violations-2018-
BaDV%2b7V1U%2bJlOSqB-
update-to-practitioners-guide-no-2.
J37%2bW2PYNH6THE-
77 Ajavon c. République du Bénin, Cour db%2bfo0wtjwjM16QhAHt8E%2b4EKG-
africaine des droits de l’homme et des Cp7z7Ng1ERs5bRgni7NEy%2flBs-
peuples, requête n° 062/2019, arrêt du dFk9nBzd6bWjPBn0XUo72GA6Hey-
4 décembre 2020, paras. 228-229. 1cNFvyOaGqKKSvnmJ4UeaKio%3d.

78 Ibid, paragraphe 235 (citant le 84 Ibid. para 8.5.


Comité des droits de l’homme des
85 Ibid, para. 12.4.
Nations unies, Rodríguez c. Uruguay,
communication n° 322/1988, 9 août 86 Comité des Nations Unies contre la
1994, paragraphe 12.4 (emphase torture, Observation générale n° 2,
ajoutée). 12.4) (emphase ajoutée). CAT/C/GC/2, 24 janvier 2008, para. 5,
https://documents.un.org/doc/undoc/
79 PIDCP, art. 2 ; CADHP, art. 7.
gen/g08/402/63/pdf/g0840263.pdf.
80 CAT, art. 1, 2, 12, 13, 14, 16.
87 Zimbabwe Human Rights NGO Forum
81 Comité des droits de l’homme, c. Zimbabwe, Commission africaine
Observation générale n° 36 sur l’article des droits de l’homme et des peuples,
6 du Pacte international relatif aux communication 245/02, 15 mai 2006,
droits civils et politiques, sur le droit paragraphe 215 (notre traduction).
à la vie, CCPR/C/GC/36, 3 septembre

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 30


88 Ibid, paragraphe 200 (notre traduction). projet de loi d’amnistie, 6 mars 2024.
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240306-
89 Ibid., Dispositif.
s%C3%A9n%C3%A9gal-loi-amnistie-
90 Mouvement ivoirien des droits humains d%C3%A9put%C3%A9s-r%C3%A9unis-
(MIDH) c. Côte d’Ivoire, Commission pour-d%C3%A9battre-du-projet-de-loi.
africaine des droits de l’homme et des
96 Kwoyelo c. Ouganda, Commission
peuples, Communication 246/02, 29
africaine des droits de l’homme et
juillet 2008, para. 98, (notre traduction)
des peuples, Communication 431/12
https://achpr.au.int/en/decisions-com-
(2018), février 2018, para. 288 (notre
munications/mouvement-ivoirien-des-
traduction), https://achpr.au.int/index.
droits-humains-midh-cote-divoire-24602.
php/en/decisions-communications/
91 Communications 54/91 : Malawi African thomas-kwoyelo-v-uganda-43112. La
Association c. Mauritanie ; 61/91 : Amnesty Commission a fait cette observation dans
International c. Mauritanie ; 98/93 : Mme un obiter dictum, c’est-à-dire un avis
Sarr Diop, Union Interafricaine des Droits explicatif qui n’a pas d’incidence sur les
de l’Homme et RADDHO c. Mauritanie ; conclusions juridiques de la décision.
164/97 à 196/97 : Collectif des Veuves
97 Commission africaine des droits de
et Ayants-droit c. Mauritanie ; 210/98 :
l’homme et des peuples, Observation
Association Mauritanienne des Droits
générale n° 4 sur la Charte africaine
de l’Homme c. Mauritanie, Commission
des droits de l’homme et des peuples :
africaine des droits de l’homme et
Le droit à réparation des victimes de la
des peuples, 11 mai 2000, paras. 57,
torture et autres peines ou traitements
82-83, (notre traduction) https://achpr.
cruels, inhumains ou dégradants (article
au.int/en/decisions-communications/
5), 21e session extraordinaire de la
malawi-africa-association-amnesty-in-
Commission, 23 février-4 mars 2017, para
ternational-ms-sarr-diop-union.
28, https://caselaw.ihrda.org/api/files/
92 Ibid., Recommandations. 1509793527436gj66f3sslmt861sg1svs-
fw29.pdf.
93 Kwoyelo c. Ouganda, Commission
africaine des droits de l’homme et 98 Voir Comité des droits de l’homme
des peuples, Communication 431/12 des Nations Unies, Examen des
(2018), février 2018, para. 290 (citant rapports présentés par les États parties
Barrios Altos c. Pérou, Cour intera- conformément à l’article 40 du Pacte,
méricaine des droits de l’homme, U.N. Doc. CCPR/C/79/Add.67, 25 juillet
14 mai 2001, paras. 41-44). 1996, paras. 9, 20, https://digitallibrary.
un.org/record/223470/files/CCPR_C_79_
94 Barrios Altos c. Pérou, Cour interamé- Add.67-FR.pdf ; Comité des droits de
ricaine des droits de l’homme, 14 mai l’homme des Nations unies, Examen
2001, para. 41, https://www.corteidh.or.cr/ des rapports présentés par les États
docs/casos/articulos/seriec_75_fre.pdf. parties conformément à l’article 40 du
Pacte, U.N. Doc. CCPR/C/79/Add.46,
95 Radio France Internationale, Sénégal :
5 avril 1995, paras. 10, 1, http://hrlibrary.
les députés réunis pour débattre du

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 31


umn.edu/hrcommittee/ARGENTNA.
htm ; Rodríguez c. Uruguay, Comité
des droits de l’homme des Nations
Unies, Communication No. 322/1988,
U.N. Doc. CCPR/C/51/D/322/1988,
paras. 12.2-12.4, 9 août 1994.

99 Kwoyelo c. Ouganda, Commission


africaine des droits de l’homme
et des peuples, Communication
431/12, février 2018, para. 290.

100 Ibid., para. 290 (citant Barrios Altos


c. Pérou, Cour interaméricaine des
droits de l’homme, 14 mai 2001, paras.
41-44 ; Loazya Tamayo c. Pérou,
Cour interaméricaine des droits de
l’homme, (Réparations) para. 168).

101 Haut-Commissariat des Nations unies


aux droits de l’homme, Les instruments
de l’Etat de droit dans les sociétés
sortant d’un conflit : Amnesties (2009),
p. 8, https://www.ohchr.org/sites/
default/files/Documents/Publications/
Amnesties_fr.pdf; Kwoyelo c. Ouganda,
Commission africaine des droits de
l’homme et des peuples, Communication
431/12, février 2018, para. 288.

LA LOI D’AMNISTIE AU SÉNÉGAL : UN DENI DE JUSTICE 32

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