Cours Controle Optimal Master 1
Cours Controle Optimal Master 1
On va s’intéresser plus particulièrement à des systèmes dont l’état est décrit par une
équation aux dérivées partielles (EDP) elliptique . On va d’abord préciser dans quel cadre
on se place (théorie variationnelle) et définir rigoureusement ce qu’on entend par solution
faible d’une EDP ou solution au sens des distributions.
Théorème 2.1.1 Toute fonction convexe sci pour la topologie forte (celle de la norme)
de V est encore sci pour la topologie faible de V .
Corollaire 2.1.1 Soit J une fonctionnelle convexe de V dans R ∪{+∞} sci (par exemple
continue) pour la topologie forte. Si v n est une suite de V faiblement convergente vers
v alors
J(v) ≤ lim inf J(vn ) .
n→+∞
Commençons par un résultat très général de minimisation d’une fonctionnelle convexe sur
un ensemble convexe fermé de V qui généralise celui que nous avons vu dans le chapitre
précédent.
Théorème 2.1.2 On suppose que V est un Banach réflexif. Soit J une fonctionnelle de
V dans R, convexe et semi-continue inférieurement. Soit K un sous-ensemble convexe,
non vide et fermé de V . On suppose que J est propre ( c’est-à-dire qu’il existe un élément
vo de K tel que J(vo ) < +∞. Alors le problème de minimisation suivant :
(
Trouver u tel que
(2.1.1)
J(u) = inf { J(v) | v ∈ K } ,
Preuve.- On pose d = inf { J(v) | v ∈ K }; d < +∞, sinon J serait identiquement égale
à +∞ sur K.
Soit une suite minimisante, c’est-à-dire une suite u n de K telle que J(un ) → d. Mon-
trons que cette suite est bornée dans V . Si K est borné, c’est clair. Sinon, on suppose que
J est coercive. Si un n’est pas bornée, on peut en extraire une sous-suite encore notée u n
telle que lim kun kV = +∞. La coercivité de J implique alors que J(u n ) converge vers
n→+∞
+∞ ce qui est en contradiction avec le fait que d < +∞.
V est un Banach réflexif, donc sa boule unité est faiblement compacte; on peut donc
extraire de la suite un une sous-suite encore notée un qui converge faiblement vers u dans
V . On va montrer que u est solution de (2.1.1).
2.1. THÉORIE VARIATIONNELLE ELLIPTIQUE DANS LES ESPACES DE HILBERT 29
Remarquons tout d’abord que K est un ensemble convexe (fortement) fermé, donc faible-
ment fermé (voir [Br] par exemple). Par conséquent la limite faible u de la suite u n de K
est bien un élément de K.
D’autre part, on sait que J est sci; on a donc
ce qui donne
J(u) ≤ lim inf J(un ) = lim J(un ) = d ≤ J(u) .
n→+∞ n→+∞
Une application très importante de ces deux théorèmes est le théorème de Lax-Milgram:
Théorème 2.1.4 Soit V un espace de Hilbert et a une forme bilinéaire continue sur
V × V . On suppose que a est V - elliptique (ou coercive), i.e.:
Preuve.- On pose
1
∀v ∈ V, J(v) = a(v, v) − L(v) .
2
Il est facile de voir que J est convexe à cause de la bilinéarité de a et de la linéarité de L.
J est strictement convexe grâce à la V -ellipticité de a. La V -ellipticité de a entraı̂ne aussi
la coercivité de J; en effet, nous avons :
Enfin il est clair que J est continue pour la topologie forte de V , donc sci. De plus comme
elle est convexe, elle est aussi sci pour la topologie faible.
Par conséquent, d’après le théorème 2.1.2 le problème
1
min { a(v, v) − L(v) | v ∈ V } , (2.1.4)
2
admet une solution unique u.
Grâce au Théorème 2.1.3 on peut maintenant caractériser cette solution u dans le cas où
a est symétrique. Un calcul élémentaire montre que
∀v ∈ V a(u, v − u) − L(v − u) ≥ 0 ,
c’est-à-dire
∀v ∈ V a(u, v) = L(v) .
Lorsque a n’est pas symétrique le résultat est encore vrai mais la démonstration est moins
immédiate (elle est en tout cas différente). Nous renvoyons à [DL] Tome VI, p 1206.
Nous allons interpréter ce résultat. Soit u dans V et A u ∈ V 0 défini par :
V →R
Au : v 7→ a(u, v) .
∀u ∈ V Au = Au .
Il est facile de voir que A est linéaire et que le problème (2.1.3) est équivalent à :
(
Trouver u ∈ V tel que
(2.1.5)
Au = L .
On a alors la proposition suivante, conséquence immédiate du théorème de Lax-
Milgram :
2.1. THÉORIE VARIATIONNELLE ELLIPTIQUE DANS LES ESPACES DE HILBERT 31
Soient V et H deux espaces de Hilbert tels que V est inclus dans H avec injection continue.
On suppose également que V est dense dans H. On peut identifier H et H 0 par le théorème
de Riesz et on a grâce à la densité :
V ⊂H ⊂V0 , (2.1.6)
∂u def ∂ϕ
∀ϕ ∈ D(Ω) ,ϕ ≡ − u, .
∂xi D 0 (Ω),D(Ω) ∂xi D 0 (Ω),D(Ω)
∂u
On notera indifféremment la dérivée de u au sens des distributions D i u = = ∂i u.
∂xi
si α ∈ Nn , on note D α u = ∂1α1 u · · · ∂nαn u et |α| = α1 + · · · + αn ; on obtient
Nous allons énoncer une série de propriétés des espaces de Sobolev, sans démonstration.
On pourra consulter [DL, LM] par exemple.
Proposition 2.1.3
0
H m (Ω) ⊂ H m (Ω)
et l’injection est continue, pour m ≥ m 0 .
Définition 2.1.3
Ho1 (Ω) = { u ∈ H 1 (Ω) | u|Γ = 0 } .
C’est aussi l’adhérence de D(Ω) dans H 1 (Ω).
∂j u
Hom (Ω) = { u ∈ H 1 (Ω) | = 0, j = 1, · · · , m − 1} ,
∂nj |Γ
∂
où est la dérivée de u suivant la normale extérieure à Γ la frontière de Ω :
∂n
n
∂u X ∂u
= cos(~n, e~i ) ,
∂n ∂xi
i=1
où ~n est la normale extérieure à Γ et Ω est supposé “régulier” (de frontière C ∞ par exem-
ple).
2.1. THÉORIE VARIATIONNELLE ELLIPTIQUE DANS LES ESPACES DE HILBERT 33
Définition 2.1.4 (Dualité) Pour tout m ∈ N, on note H −m (Ω) le dual de Hom (Ω).
En particulier l’injection de Ho1 (Ω) dans L2 (Ω) est compacte. En pratique, cela signifie
que toute suite bornée en norme Ho1 (Ω) converge faiblement dans Ho1 (Ω) (après
extraction d’une sous-suite) et fortement dans L 2 (Ω).
Nous allons à présent donner un exemple important d’application du Théorème de
Lax-Milgram pour la résolution de problèmes aux limites.
n
Z X
(u, v)1 = [(Di u Di v) + uv] dx .
Ω i=1
c’est-à-dire
1
a(u, u) ≥ kuk21 .
1+C
Z
Soit f ∈ H −1 (Ω) et L(v) ≡ f (x) v(x) dx pour tout v de Ho1 (Ω).
Ω
On sait que le problème variationnel
Z Z
∀v ∈ Ho1 (Ω) ∇u(x) ∇v(x) dx = f (x) v(x) dx ,
Ω Ω
34 CHAPITRE 2. CONTRÔLE OPTIMAL DE PROBLÈMES ELLIPTIQUES (EDPS)
On obtient
−∆u = f dans D 0 (Ω) .
(
−∆u = f dans Ω
(DH)
u = 0 sur Γ ,
et on a le résultat suivant :
Par ailleurs Ho1 (Ω) ⊂ L2 (Ω) avec injection dense et continue. Donc
On peut considérer (−∆) comme un opérateur non borné à valeurs dans H = L 2 (Ω). Le
domaine de (−∆) est alors
2.2. FORMULATION DU PROBLÈME DE CONTRÔLE OPTIMAL 35
Remarque 2.1.3 C’est surtout l’exemple du Laplacien qui nous servira. Toutefois ce qui
précède (en particulier le théorème 2.1.6 ) est encore vrai pour une forme bilinéaire a plus
générale que celle qui induit le Laplacien, pourvu qu’elle vérifie
Z X Z
a(ϕ, ψ) =
aij (x)∂i ϕ(x) ∂j ψ(x) dx +
ao (x) ϕ(x)ψ(x) dx ,
Ω Ω
ij
(2.1.8)
avec aij , ao ∈ L∞ (Ω) telles que
X X
n
ξi2 ) et ao (x) ≥ 0 p.p. dans Ω .
∃α > 0 ∀ξ ∈ R aij ξi ξi ≥ α(
ij i
V ⊂H ⊂V0
(2.2.9)
avec injections denses et continues .
On considère également une forme
• l’observation de y :
z(u) = Cy(u) , (2.2.12)
(
Trouver u ∈ Uad tel que
(P)
J(u) = min { J(v) | v ∈ Uad } .
Théorème 2.2.1 Sous les hypothèses (2.2.10) et (2.2.14) il existe un unique ū dans U ad
tel que
J(ū) = min { J(v) | v ∈ Uad } .
Preuve.- C’est une application directe du Théorème 2.1.2. Il suffit d’en vérifier les hy-
pothèses.
• J est convexe car A est linéaire. Plus précisément, l’application u 7→ y(u) est affine
et donc l’application `(u) = y(u) − y(0) est linéaire.
1 1
J(u) = kC(y(u) − y(0)) + Cy(0) − zd k2H + (N u, u)U
2 2
1 1
= kC`(u) + Cy(0) − zd k2H + (N u, u)U .
2 2
Posons
π(u, v) = (C`(u), C`(v)H + (N u, v)U , et
2.2. FORMULATION DU PROBLÈME DE CONTRÔLE OPTIMAL 37
• L est continue. De plus v 7→ π(v, v) est continue (fort) donc fortement sci; comme
elle est convexe elle est aussi sci faible. Par conséquent J est sci.
De plus
L(v) ≤ |L(v)| ≤ kCy(0) − zd kH kCkkl(v)k ≤ co kvkU ;
Par conséquent
ν 1
J(v) ≥ kvk2U − co kvkU + kCy(0) − zd k2H ,
2 2
ce qui montre bien la coercivité.
On sait que le contrôle optimal existe et est unique : il faut donc se donner les moyens
de le calculer; ceci va se faire en deux temps :
2. Il faudra ensuite exploiter les équations obtenues pour obtenir des informations sur
le contrôle optimal, et/ou mettre en place des méthodes numériques permettant de
le calculer.
38 CHAPITRE 2. CONTRÔLE OPTIMAL DE PROBLÈMES ELLIPTIQUES (EDPS)
Nous allons transformer l’inéquation précédente pour la rendre plus facilement “exploitable”.
On va commencer par un exemple “standard”.
Le problème
min J(v) , v ∈ Uad ,
admet une solution unique ū et d’après le Théorème (2.3.1), ū est contrôle optimal si et
seulement si
Z Z
∀v ∈ Uad ∇J(ū).(v − ū) = (ȳ − zd )(y(v) − ȳ) dx + α ū (v − ū) dx ≥ 0 , (2.3.17)
Ω Ω
40 CHAPITRE 2. CONTRÔLE OPTIMAL DE PROBLÈMES ELLIPTIQUES (EDPS)
Par exemple, si H = L2 (Ω) alors Λ = IdL2 (Ω) mais ce n’est pas toujours le cas bien sûr.
L’isomorhisme Λ entre Ho1 (Ω) et H −1 (Ω) est l’opérateur −∆. Dans ce cas, si (z 1 , z2 ) ∈
Ho1 (Ω) × Ho1 (Ω), nous avons
Z Z
(z1 , z2 )H = ∇z1 ∇z2 = z1 (−∆z2 ) dx ,
Ω Ω
A∗ est aussi un isomorphisme de V sur V 0 de sorte que l’état adjoint est défini de manière
unique. On obtient alors
et donc
∀v ∈ Uad − hp̄, B(v − ū)iV,V 0 + (N ū, v − ū)U ≥ 0 .
∀v ∈ U, ∀y ∈ V hy, BviV,V 0 = hB ∗ y, viU 0 ,U = Λ−1 ∗
U B y, v U
.
∀v ∈ Uad N ū − Λ−1 ∗
U B p̄, v − ū U
≥0. (2.3.24)
Théorème 2.3.2 Soit A un opérateur associé à une forme bilinéaire vérifiant les hy-
pothèses du Théorème 2.1.4. Une condition nécessaire et suffisante pour que ū soit contrôle
optimal est que les (in)équations suivantes soient vérifiées:
A ȳ = f + B ū, (2.3.25a)
ū ∈ Uad et N ū − Λ−1 ∗
U B p̄, v − ū U
≥ 0 , ∀v ∈ Uad . (2.3.25c)
Nous examinons ici le cas où Uad = U. La condition (2.3.25c) donne alors
Λ−1 ∗
U B p̄ − N ū = 0 .
On peut donc calculer le contrôle optimal en résolvant le système d’EDPs linéaires couplées
suivant (
A ȳ − B N −1 Λ−1 ∗
U B p̄ = f ,
A∗ p̄ + C ∗ Λȳ = C ∗ Λzd ,
et en posant ū = N −1 Λ−1 ∗
U B p̄.
Dans le cas du problème de Dirichlet homogène on obtient précisément
−∆ ȳ − p̄ = f ,
α
−∆ p̄ + ȳ = z ,
d
p̄
et ū = . Remarquons qu’on a un résultat supplémentaire de régularité dans ce cas
α
là. En effet, comme f et ū sont dans L 2 (Ω) alors ȳ ∈ H 2 (Ω) ∩ Ho1 (Ω). De même p̄ ∈
H 2 (Ω) ∩ Ho1 (Ω). Par conséquent ū ∈ H 2 (Ω).
On peut ainsi, au cas par cas obtenir des résulats de régularité sur le contrôle.
Nous nous plaçons dans le cas d’un problème de contrôle gouverné par une équation de
Dirichlet homogène de sorte que le système d’optimalité est de la forme
A ȳ = ū dans Ω, ȳ = 0 sur ∂Ω
A∗ p̄ = zd − ȳ dans Ω, p̄ = 0 sur ∂Ω
(αū − p̄, v − ū)L2 (Ω) ≥ 0, ∀v ∈ Uad
On suppose que
Uad = { v ∈ L2 (Ω) | v ≥ 0 p.p. dans Ω } .
Soit ϕ ∈ L2 (Ω), ϕ ≥ 0 et posons v = ū + ϕ. La troisième inéquation du système
d’optimalité devient Z
∀ϕ ≥ 0 (αū − p̄) ϕ dx ≥ 0 ,
Ω
et par conséquent αū − p̄ ≥ 0 p.p. dans Ω.
Prenons successivement v = 2ū ≥ 0 et v = 0 dans la troisième inéquation du système
d’optimalité : nous obtenons Z
(αū − p̄) ū dx = 0 .
Ω
44 CHAPITRE 2. CONTRÔLE OPTIMAL DE PROBLÈMES ELLIPTIQUES (EDPS)
Comme (αū − p̄) ū est une fonction positive presque partout cela implique que
Cette relation est une relation de complémentarité. Nous allons préciser encore : posons
Prenons
Cette définition a bien un sens car toute fonction ϕ de H 1 (Ω) possède une trace au bord
1
qui appartient (quasiment
Z par définition) à l’espace H 2 (Γ) dont le dual est précisément
1
H − 2 (Γ). Le terme g(γ) ϕ(γ) dγ . est en fait hg , ϕΓ i − 12 12 . L’équation d’état est alors
Γ H ,H
Z
∀ϕ ∈ H 1 (Ω) a(y, ϕ) = L(ϕ) + u(x) ϕ(x) dx ,
Ω
ce qui s’interprète
A y = f + u dans Ω
∂y
=g sur Γ .
∂νA
C’est un problème de Neumann . La dérivée normale par rapport à A a été définie
précédemment. Nous avons toujours un contrôle distribué et nous gardons la même fonc-
tionnelle coût J. Appliquons le théorème général 2.3.2.
• ΛU = IdL2 (Ω) et Λ = IdL2 (Ω) .
avec f, zd ∈ L2 (Ω), u ∈ L2 (Ω) et α > 0 (ou Uad est borné dans L2 (Ω)). Remarquons que y
a une propriété de régularité supplémentaire car f +u ∈ L 2 (Ω) et −∆ est un isomorphisme
def
de X ≡ H 2 (Ω) ∩ Ho1 (Ω) sur L2 (Ω). Par conséquent X qui est l’espace d’état “naturel”.
Rappelons aussi que lorsque n ≤ 3, alors X ⊂ C o (Ω).
On a vu que si ū est solution, une CNS est
−∆ ȳ = ū dans Ω, ȳ = 0 sur ∂Ω
(S) −∆ p̄ = zd − ȳ dans Ω, p̄ = 0 sur ∂Ω
(αū − p̄, v − ū)L2 (Ω) ≥ 0, ∀v ∈ Uad
C’est une condition nécessaire et suffisante car nous sommes dans le cadre convexe: J
est convexe et les contraintes sont affines. Nous allons interpréter le système (S) en termes
de Lagrangien.
On définit le Lagrangien du problème sur X × L 2 (Ω) × L2 (Ω) par
c’est en fait un Lagrangien “partiel” car on n’a pas inclus les contraintes sur v.
L est convexe en (y, v) et linéaire en q. D’autre part c’est une fonction C 1 et on a pour
tous (z, v) ∈ X × L2 (Ω)
∇(y,v) L(ȳ, ū, q)(z, v) = ( ȳ − zd , z)L2 (Ω) + α ( ū , v)L2 (Ω) + ( q , −∆z − v)L2 (Ω)
∇(y,v) L(ȳ, ū, q)(z, v) = ( ∆p̄ , z)L2 (Ω) + ( q , −∆z)L2 (Ω) + ( α ū − q , v)L2 (Ω)
En particulier
∇(y,v) L(ȳ, ū, p̄)(z, v) = ( α ū − p̄ , v) L2 (Ω)
2.4. INTERPRÉTATION LAGRANGIENNE 47
et donc
∀(z, v) ∈ X × Uad ∇(y,v) L(ȳ, ū, p̄)(z − ȳ, v − ū) = ( α ū − p̄ , v − ū) L2 (Ω) (2.4.27)
Comme L(·, ·, p̄) est convexe, cela signifie qu’il atteint son minimum en (ȳ, ū) :
L(ȳ, ū, q) = J(ȳ, ū) + ( q , −∆ ȳ − f − ū) L2 (Ω) = J(ȳ, ū) = L(ȳ, ū, p̄) .
Finalement
∀(z, v, q) ∈ X × Uad × L2 (Ω) L(ȳ, ū, p̄) ≤ L(ȳ, ū, p̄) ≤ L(z, v, p̄) . (2.4.29)
|{z} |{z}
a b
Le triplet (ȳ, ū, p̄) est un point-selle de L sur X × U ad × L2 (Ω). L’état adjoint p̄ est le
multiplicateur de Lagrange associé à la contrainte :−∆y = f + v.
Réciproquement.- Supposons que (ȳ, ū, p̄) est un point-selle de L sur X × U ad × L2 (Ω).
Donc (ȳ, ū, p̄) ∈ X × Uad × L2 (Ω) et la relation (2.4.29) est vérifiée : La condition (a) est
équivalente à
c’est-à-dire
( q − p̄ , −∆ ȳ − f − ū)L2 (Ω) ≤ 0 ∀q ∈ L2 (Ω) .
Par conséquent (ȳ, ū) est solution de (P). Finalement, nous pouvons résumer la situation
dans le théorème suivant :
Théorème 2.4.1 Soit (ȳ, ū) ∈ X × U ad . Les trois propriétés suivantes sont équivalentes
(1) (ȳ, ū) est solution de (P)
(2) On peut trouver p̄ ∈ Ho1 (Ω) tel que (ȳ, ū, p̄) est solution de (S).
(3) On peut trouver p̄ ∈ Ho1 (Ω) tel que (ȳ, ū, p̄) est point-selle du Lagrangien L sur X ×
Uad × L2 (Ω).
48 CHAPITRE 2. CONTRÔLE OPTIMAL DE PROBLÈMES ELLIPTIQUES (EDPS)
2.5.1 Sous-différentiel
Définition 2.5.1 Soit f : X → R ∪ {+∞} et a ∈ dom f (i.e. f (a) < +∞). Le sous-
différentiel de f en a est l’ensemble ∂f (a) (éventuellement vide ) des d ∈ X 0 tels que
• Comme
\
∂f (a) = { d ∈ X 0 | hd, x − aiX 0 ,X ≤ f (x) − f (a) } ,
x∈X
∂f (a) est un sous-ensemble convexe, fermé pour la topologie σ(X 0 , X ) comme intersection
de convexes fermés.
• Pour tout λ > 0 on a ∂(λf )(a) = λ∂f (a) .
2.5. CONDITIONS D’OPTIMALITÉ INCLUANT TOUTES LES CONTRAINTES 49
Dans le cas où f est la fonction indicatrice d’un sous-ensemble non vide K de X :
(
def 0 si x ∈ K ,
f (x) = 1K (x) = ,
+∞ sinon
∂f (a) = {f 0 (a)} .
Pour plus de détails sur ces notions là on peut consulter [Azé]. Nous terminons par un
exemple important.
λ
D’après ce qui précède (en posant w = u + )
c
λ λ λ
λ ∈ ∂1K (u) ⇐⇒ u = ΠK (u + ) ⇐⇒ λ = c [u + − ΠK (u + )] .
c c c
Dans le cas où
la relation
(αū − p̄, v − ū)L2 (Ω) ≥ 0, ∀v ∈ Uad
signifie que
λ̄ ∈ ∂1Uad (ū) .
Il est important de savoir décrire ∂1 Uad (ū) pour pouvoir mettre en place des algorithmes
de résolution d’un tel système.
52 CHAPITRE 2. CONTRÔLE OPTIMAL DE PROBLÈMES ELLIPTIQUES (EDPS)
Table des matières
Bibliographie 55
54 TABLE DES MATIÈRES
Bibliographie
[Li] Lions J.L., Contrôle optimal de systèmes gouvernés par des équations aux dérivées
partielles, Dunod, Paris, 1968.
[LM] Lions J.L.- Magenes E., Problèmes aux limites non homogènes et applications, 3
volumes, Dunod, Paris, 1968.
56 BIBLIOGRAPHIE
[Nem] G.L. Nemhauser - A.H.G. Rinnooy Kan - M.J. Todd (eds), Optimization,
Handbook in operations research and management science, Vol.1, North-Holland ,
1989.
[RT] P.A. Raviart-J.M. Thomas, Introduction à l’analyse numérique des EDP, Col-
lection Mathématiques appliquées pour la maı̂trise, Masson, Paris,1988.