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Introduction à la biogéographie

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Biogéographie

discipline de la biologie et de la géographie

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les liens externes. Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références.

Son texte doit être wikifié : il ne correspond pas à la mise en forme Wikipédia (style, typographie, liens
internes, liens entre les wikis, etc.).

La biogéographie est une branche à la croisée des sciences dites naturelles, de la géographie physique,
de la pédologie, de l'écologie, de la bioclimatologie et de la biologie de l'évolution qui étudie la vie à la
surface du globe par des analyses descriptives et explicatives de la répartition des êtres vivants, et plus
particulièrement des communautés d'êtres vivants.

Biogéographie de l'Europe.

En effet, les êtres vivants s'organisent pour donner des paysages différents que l'on appelle « formations
» (dénommées le plus souvent selon leurs profils ou les formations végétales les composant). Ce sont les
formations végétales qui marquent le plus un paysage, le vivant végétal (appartenant à la biosphère), et
qui a des interactions avec l'atmosphère, l'hydrosphère et la lithosphère (le substrat), le tout évoluant
dans le temps.

Domaines d'études

Modifier

Étant donné le caractère interdisciplinaire de cette science, il existe de multiples classifications selon le
cursus, l'époque et la nationalité de l'auteur :

la paléobiogéographie (ou « biogéographie paléontologique ») : étude de la biogéographie passée et de


la répartition géographique des êtres vivants à l'échelle des temps géologiques, cette science se nourrit
des avancées de la paléogéographie (étude de la géographie des continents aux époques géologiques :
but de la géologie historique) et des découvertes faites en paléontologie ;

la biogéographie historique : étude de la répartition des taxons dans divers lieux du monde afin de
découvrir quelles sont les relations mutuelles entre leurs distributions géographiques. La biogéographie
historique peut être définie comme l’analyse des relations entre la structure et l’histoire des
peuplements d’une part, et l’histoire géologique de la surface du globe, d’autre part ;

la phytogéographie (ou « biogéographie botanique ») : étude de la répartition et des causes de la


répartition des plantes ou des associations végétales sur la terre, s'appuyant généralement sur la
phytosociologie et la végétation naturelle potentielle. L'approche est différente selon le niveau
d'organisation auquel on s'intéresse. Par exemple, au niveau du globe entier, on ne prendra en compte
que les formations végétales, et au niveau de l'Europe, on pourra ne s'intéresser qu'aux fagacées
comme le hêtre ;

la zoogéographie (ou « biogéographie zoologique ») : étude de la répartition et des causes de la


répartition des animaux sur la terre. Cette science est plus ancienne car Buffon s'est intéressé très tôt à
cette question pour expliquer l'organisation actuelle de la biosphère en biomes.

Évolution de la biogéographie

Modifier

Le développement d'une discipline scientifique passe généralement par trois ou quatre phases, que l'on
retrouve dans la biogéographie.

La première phase est descriptive. Dès la fin du xviiie siècle, l'un des premiers essais sur la géographie du
vivant fut proposé par Buffon, mais c'est au xixe siècle que naquit vraiment la biogéographie comme
discipline scientifique. Ces pères de la biogéographie sont les explorateurs des xviiie et xixe siècles,
parmi lesquels Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841), Alexander von Humboldt (1769-1859), Aimé
Bonpland (1773-1858), Alfred Russel Wallace (1823-1913), Charles Darwin (1809-1882), Thomas Henry
Huxley (1825-1895), Philip Lutley Sclater (1829-1913), Adolf Engler (1844-1930). En France la
biogéographie connaît un destin assez lié à celle de la phytosociologie, aussi retrouve-t-on des grands
noms communs aux deux disciplines comme Henri Gaussen (1891-1981) et Paul Rey (1918-2016)[1]…

La phase suivante cherche à comprendre l'histoire des faunes (celle des flores demeurant alors en
suspens), donc leur évolution. Cette recherche a été amorcée de manière essentiellement narrative
cependant par Darwin, Wallace et Huxley, mais ce sont Joy Tivy, René Jeannel et Ernst Mayr qui ajoutent
cette dimension temporelle en analysant l'origine, la différenciation, le développement et la mise en
place des flores et des faunes, en relation avec la dérive des continents, l'évolution des climats et
l'histoire spatio-temporelle des milieux.

L'étape suivante à laquelle sont associés les noms de George Evelyn Hutchinson (1903-1991), Robert
MacArthur (1930-1972) et Edward Osborne Wilson (1929-) est l'approche hypothético-déductive
prévoyant les distributions des organismes et les processus impliqués à partir d'hypothèses, puis à
vérifier sur le terrain les prédictions de ces hypothèses. Cette biogéographie prédictive s'efforce
d'expliquer des mécanismes fondamentaux tels que l'immigration, la colonisation, l'extinction, la
structuration et le renouvellement des peuplements. Un exemple de cette démarche est la théorie de
l'équilibre dynamique des peuplements insulaires de McArthur et Wilson (1963 et 1967).

Longtemps, la tendance des biogéographes a été de vouloir décrire la répartition spatiale des êtres
vivants dans une Terre vierge de toute influence anthropique. Ce fut notamment l'approche de Pierre
Birot dans Les formations végétales du globe. Mais cette approche est aujourd'hui remise en cause. Le
concept de climax est contestable du point de vue naturaliste, et les forêts actuelles ne sont pas
compréhensibles sans tenir compte des héritages de la reconquête glaciaire : certains sites des Alpes
auraient potentiellement une hêtraie mais n'en présentent pas car le hêtre ne s'y est pas implanté
depuis ses refuges glaciaires. L'étude de l'influence anthropique sur la répartition des espèces a été
renforcé avec ce changement de paradigmes, notamment grâce aux études de biogéographie
historique : impossible de comprendre la biogéographie de la France sans son histoire rurale, par
exemple, étant donné que l'espace primaire le plus proche de la France est la forêt de Bialovèse en
Pologne et en Biélorussie !

La quatrième phase est la biogéographie expérimentale qui consiste à tester des hypothèses sur certains
des mécanismes étudiés par la biogéographie prédictive : créer artificiellement des milieux nouveaux,
fragmenter des espaces, ériger ou supprimer expérimentalement des barrières à la colonisation,
manipuler des nombres d'espèces sur des espaces restreints, faire des substitutions d'espèces, etc.

Ces dernières années, les études génétiques effectuées sur des marqueurs neutres des génomes à
hérédité monoparentale ont permis de retracer des routes de migrations des grandes familles d'arbres
au Quaternaire. Ces approches de phylogénétique couplées avec des approches de paléontologie
(fossiles, données palynologiques et anthracologiques) sont d'une puissance inégalée jusqu'à présent.
Les progrès sont constants dans la description des trajets des espèces, le rôle des événements
historiques ont un poids que l'on ne cesse de revoir à la hausse pour expliquer la physionomie des
paysages actuels.

Le travail de cartographie des régions biogéographiques n'est pas achevé et continue à évoluer[2],
notamment concernant les aspects sous-marins et parce que les modifications climatiques peuvent
modifier certains facteurs écologiques.

Notes et références

Modifier

[PDF] Paul Rey, « Histoire de la cartographie en France » [archive], Bulletin du Comité Français de
Cartographie (CFC), No 199, Mars 2009, p. 105-115.

(en) M. Roekaerts, The Biogeographical Regions Map of Europe. Basic principles of its creation and
overview of its development, European Environment Agency, Copenhague, 2002.

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botaniste français

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de la pédologie, de l'écologie, de la bioclimatologie et de la biologie de l'évolution qui étudie la vie à la
surface du globe par des analyses descriptives et explicatives de la répartition des êtres vivants, et plus
particulièrement des communautés d'êtres vivants.

Biogéographie de l'Europe.

En effet, les êtres vivants s'organisent pour donner des paysages différents que l'on appelle « formations
» (dénommées le plus souvent selon leurs profils ou les formations végétales les composant). Ce sont les
formations végétales qui marquent le plus un paysage, le vivant végétal (appartenant à la biosphère), et
qui a des interactions avec l'atmosphère, l'hydrosphère et la lithosphère (le substrat), le tout évoluant
dans le temps.

Domaines d'études

Modifier

Étant donné le caractère interdisciplinaire de cette science, il existe de multiples classifications selon le
cursus, l'époque et la nationalité de l'auteur :

la paléobiogéographie (ou « biogéographie paléontologique ») : étude de la biogéographie passée et de


la répartition géographique des êtres vivants à l'échelle des temps géologiques, cette science se nourrit
des avancées de la paléogéographie (étude de la géographie des continents aux époques géologiques :
but de la géologie historique) et des découvertes faites en paléontologie ;

la biogéographie historique : étude de la répartition des taxons dans divers lieux du monde afin de
découvrir quelles sont les relations mutuelles entre leurs distributions géographiques. La biogéographie
historique peut être définie comme l’analyse des relations entre la structure et l’histoire des
peuplements d’une part, et l’histoire géologique de la surface du globe, d’autre part ;

la phytogéographie (ou « biogéographie botanique ») : étude de la répartition et des causes de la


répartition des plantes ou des associations végétales sur la terre, s'appuyant généralement sur la
phytosociologie et la végétation naturelle potentielle. L'approche est différente selon le niveau
d'organisation auquel on s'intéresse. Par exemple, au niveau du globe entier, on ne prendra en compte
que les formations végétales, et au niveau de l'Europe, on pourra ne s'intéresser qu'aux fagacées
comme le hêtre ;

la zoogéographie (ou « biogéographie zoologique ») : étude de la répartition et des causes de la


répartition des animaux sur la terre. Cette science est plus ancienne car Buffon s'est intéressé très tôt à
cette question pour expliquer l'organisation actuelle de la biosphère en biomes.
Évolution de la biogéographie

Modifier

Le développement d'une discipline scientifique passe généralement par trois ou quatre phases, que l'on
retrouve dans la biogéographie.

La première phase est descriptive. Dès la fin du xviiie siècle, l'un des premiers essais sur la géographie du
vivant fut proposé par Buffon, mais c'est au xixe siècle que naquit vraiment la biogéographie comme
discipline scientifique. Ces pères de la biogéographie sont les explorateurs des xviiie et xixe siècles,
parmi lesquels Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841), Alexander von Humboldt (1769-1859), Aimé
Bonpland (1773-1858), Alfred Russel Wallace (1823-1913), Charles Darwin (1809-1882), Thomas Henry
Huxley (1825-1895), Philip Lutley Sclater (1829-1913), Adolf Engler (1844-1930). En France la
biogéographie connaît un destin assez lié à celle de la phytosociologie, aussi retrouve-t-on des grands
noms communs aux deux disciplines comme Henri Gaussen (1891-1981) et Paul Rey (1918-2016)[1]…

La phase suivante cherche à comprendre l'histoire des faunes (celle des flores demeurant alors en
suspens), donc leur évolution. Cette recherche a été amorcée de manière essentiellement narrative
cependant par Darwin, Wallace et Huxley, mais ce sont Joy Tivy, René Jeannel et Ernst Mayr qui ajoutent
cette dimension temporelle en analysant l'origine, la différenciation, le développement et la mise en
place des flores et des faunes, en relation avec la dérive des continents, l'évolution des climats et
l'histoire spatio-temporelle des milieux.

L'étape suivante à laquelle sont associés les noms de George Evelyn Hutchinson (1903-1991), Robert
MacArthur (1930-1972) et Edward Osborne Wilson (1929-) est l'approche hypothético-déductive
prévoyant les distributions des organismes et les processus impliqués à partir d'hypothèses, puis à
vérifier sur le terrain les prédictions de ces hypothèses. Cette biogéographie prédictive s'efforce
d'expliquer des mécanismes fondamentaux tels que l'immigration, la colonisation, l'extinction, la
structuration et le renouvellement des peuplements. Un exemple de cette démarche est la théorie de
l'équilibre dynamique des peuplements insulaires de McArthur et Wilson (1963 et 1967).

Longtemps, la tendance des biogéographes a été de vouloir décrire la répartition spatiale des êtres
vivants dans une Terre vierge de toute influence anthropique. Ce fut notamment l'approche de Pierre
Birot dans Les formations végétales du globe. Mais cette approche est aujourd'hui remise en cause. Le
concept de climax est contestable du point de vue naturaliste, et les forêts actuelles ne sont pas
compréhensibles sans tenir compte des héritages de la reconquête glaciaire : certains sites des Alpes
auraient potentiellement une hêtraie mais n'en présentent pas car le hêtre ne s'y est pas implanté
depuis ses refuges glaciaires. L'étude de l'influence anthropique sur la répartition des espèces a été
renforcé avec ce changement de paradigmes, notamment grâce aux études de biogéographie
historique : impossible de comprendre la biogéographie de la France sans son histoire rurale, par
exemple, étant donné que l'espace primaire le plus proche de la France est la forêt de Bialovèse en
Pologne et en Biélorussie !

La quatrième phase est la biogéographie expérimentale qui consiste à tester des hypothèses sur certains
des mécanismes étudiés par la biogéographie prédictive : créer artificiellement des milieux nouveaux,
fragmenter des espaces, ériger ou supprimer expérimentalement des barrières à la colonisation,
manipuler des nombres d'espèces sur des espaces restreints, faire des substitutions d'espèces, etc.

Ces dernières années, les études génétiques effectuées sur des marqueurs neutres des génomes à
hérédité monoparentale ont permis de retracer des routes de migrations des grandes familles d'arbres
au Quaternaire. Ces approches de phylogénétique couplées avec des approches de paléontologie
(fossiles, données palynologiques et anthracologiques) sont d'une puissance inégalée jusqu'à présent.
Les progrès sont constants dans la description des trajets des espèces, le rôle des événements
historiques ont un poids que l'on ne cesse de revoir à la hausse pour expliquer la physionomie des
paysages actuels.

Le travail de cartographie des régions biogéographiques n'est pas achevé et continue à évoluer[2],
notamment concernant les aspects sous-marins et parce que les modifications climatiques peuvent
modifier certains facteurs écologiques.

Notes et références

Modifier

[PDF] Paul Rey, « Histoire de la cartographie en France » [archive], Bulletin du Comité Français de
Cartographie (CFC), No 199, Mars 2009, p. 105-115.

(en) M. Roekaerts, The Biogeographical Regions Map of Europe. Basic principles of its creation and
overview of its development, European Environment Agency, Copenhague, 2002.

Voir aussi

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