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Biographie de Jean-Paul Sartre

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Repères biographiques

Sartre devant sa bibliothèque


© Rapho/ Dominique Berretty
C’est dans les livres que j’ai rencontré l’univers : assimilé, classé,
étiqueté, pensé, redoutable encore ; et j’ai confondu le désordre de mes
expériences livresques avec le cours hasardeux des événements réels.
De là vint cet idéalisme dont j’ai mis trente ans à me défaire.
Sartre cité par Simone de Beauvoir dans La Cérémonie des adieux.
Entretiens avec Jean-Paul Sartre

21 juin 1905
Naissance à Paris, dans le XVIe arrondissement, de Jean-Paul Sartre.

Je suis né en 1905 dans un milieu de petits bourgeois intellectuels,


[…] dans Les Mots, j’explique l’origine de ma folie, de ma névrose.
Sartre cité par M. Contat et M. Rybalka dans Les Écrits de Sartre

17 septembre 1906
Mort de son père, Jean-Baptiste Sartre.
Jean-Paul Sartre, enfant (1908).
© Archives Gallimard
En 1904, à Cherbourg, officier de marine et déjà rongé par les fièvres
de Cochinchine, il fit la connaissance d’Anne-Marie Schweitzer, s’empara
de cette grande fille délaissée, l’épousa, lui fit un enfant au galop, moi,
et tenta de se réfugier dans la mort.
Jean-Paul Sartre, Les Mots

1906-1915
« Poulou » est élevé par sa mère et ses grands-parents (« Karlémami ») à Meudon
puis à Paris à partir de 1911. Il grandit parmi les livres de la bibliothèque de son
grand-père : « Corneille, c’était un gros rougeaud, rugueux, au dos de cuir, qui sentait
la colle […]. Flaubert, c’était un petit entoilé, inodore, piqueté de taches de son.
Victor Hugo le multiple nichait sur tous les rayons à la fois » (Les Mots). Il commence
à écrire et adresse même une lettre à Courteline en janvier 1912.

« Poulou » en famille vers 1915. De gauche à droite : Charles Schweitzer,


le grand-père ; Anne-Marie, sa mère ; Émile Schweitzer, son oncle
maternel ; Jean-Paul, « Poulou » ; l’oncle et la tante Biedermann ;
Louise Schweitzer, sa grand-mère.
© Archives Gallimard
1915
Il entre en sixième au lycée Henri-IV et se lie d’amitié dès l’année suivante
avec Paul Nizan.

1917
Sa mère se remarie avec Joseph Mancy, polytechnicien et directeur aux usines
Delaunay-Belleville. « Ça a été constamment le type contre lequel j’écrivais.
Toute ma vie. » C’est la fin de son enfance heureuse et choyée.

1917-1919
M. et Mme Mancy s’installent à La Rochelle pour des raisons professionnelles.
Adolescent, Jean-Paul passe deux années scolaires dans cette ville de province
où il est considéré par ses camarades comme un Parisien mythomane et
maniéré. Il apprend à donner et à recevoir des coups.

À La Rochelle, je lisais encore des romans de cape et d’épée, des


romans célèbres, des romans d’aventure, et puis toute une littérature
qui était celle de la petite bourgeoisie. Par exemple, Claude Farrère ;
des écrivains qui écrivaient des histoires de voyage, de bateaux, et
il y avait des sentiments, il y avait des amours, il y avait des violences,
de petites violences qu’ils blâmaient, d’ailleurs ; et puis ils montraient
la déliquescence des colonies.
Sartre cité par Simone de Beauvoir dans La Cérémonie des adieux.
Entretiens avec Jean-Paul Sartre

1920
Retour à Paris où il est pensionnaire au lycée Henri-IV. « Nitre et Sarzan »
(Nizan et Sartre) poursuivent leur découverte de la littérature (Gide, Proust,
Valéry, Morand, Giraudoux, Jules Romains…).

1923-1924 J.-P. Sartre et un camarade sur le toit


Khâgne au lycée Louis-le-Grand. de l’École normale supérieure.
© Archives Gallimard
1924-1928
Reçu à l’École normale supérieure. Raymond Aron, Georges Canguilhem,
Daniel Lagache, Nizan, Jean Hyppolite, René Maheu, Maurice Merleau-Ponty
sont ses « petits camarades » rue d’Ulm.

1929
Sartre fait la connaissance de Simone de Beauvoir avec qui il prépare l’agrégation
de philosophie (qu’il a ratée l’année précédente). Ils sont tous deux reçus
au concours, lui à la première place, elle, à la seconde.

1931
Sartre est nommé professeur de philosophie au Havre, Simone de Beauvoir
à Marseille.

1933
Sartre s’initie à la phénoménologie de Husserl grâce à Raymond Aron. Il succède
à celui-ci comme boursier à l’Institut français de Berlin. Sartre n’est guère inquiet
de la victoire du nazisme en Allemagne.

1936
Il publie son premier ouvrage, L’Imagination, mais Gallimard refuse le manuscrit
de Melancholia.

1937
Gallimard accepte Melancholia après quelques coupures et le changement
du titre qui devient La Nausée.
Sartre est professeur au lycée Pasteur de Neuilly.

1938
Succès de La Nausée.

Sartre et Simone de Beauvoir boulevard Raspail,


devant la statue de Balzac par Rodin, vers 1929.
© Archives Gallimard
1939
Le Mur.
Pendant la « drôle de guerre », il commence L’Âge de raison et poursuit
ses réflexions philosophiques ; esquisses de L’Être et le Néant.

1940
Publication de L’Imaginaire.
Mort de Nizan le 23 mai au front.
Le 21 juin, Sartre est fait prisonnier. Il est interné au Stalag XII près de Trèves.
« On se fait à partir de ce que l’on vous a fait » (La Cérémonie des adieux).

1941
Il est libéré et reprend son poste au lycée Pasteur. Il fonde un groupe
de résistance intellectuelle, « Socialisme et Liberté ».
À la rentrée scolaire, il est promu professeur de khâgne au lycée Condorcet.

1943
Il rejoint le Comité national des écrivains, collabore à Combat et aux Lettres
françaises clandestines. Parution de L’Être et le Néant, première des Mouches.

1944
Première de Huis clos.

1945
Mort de Joseph Mancy ; Sartre s’installe avec sa mère rue Bonaparte.
L’Âge de raison et Le Sursis, les deux premiers volumes des Chemins de la liberté,
sont publiés.
Refus de la Légion d’honneur.
Sartre quitte l’Éducation nationale.
Premier numéro des Temps modernes.
Mode de l’existentialisme.
Séjours aux États-Unis. Jean-Paul Sartre, mobilisé en 1939.
© Archives Gallimard.
1946
L’Existentialisme est un humanisme, Réflexions sur la question juive,
La P… respectueuse, Qu’est-ce que la littérature ?

1947
Situations I, Baudelaire.
Brouille définitive avec Raymond Aron et Arthur Koestler.

1948
Succès des Mains sales, malgré de virulentes critiques des communistes,
Situations II.
Fondation du Rassemblement démocratique révolutionnaire (RDR)
par David Rousset.

1949
La Mort dans l’âme, Situations III.
Sartre quitte le RDR.

1951
Succès du Diable et le Bon Dieu mis en scène par Louis Jouvet.

1952
Saint Genet, comédien et martyr.
Début du compagnonnage de Sartre avec le Parti communiste français (affaire
Henri Martin et manifestation contre le général Ridgway).

Les journaux italiens m’apprirent l’arrestation de Duclos, le vol de ses


carnets, la farce des pigeons voyageurs […]. Les derniers liens furent
brisés, ma vision fut transformée : un anticommuniste est un chien,
je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais […]. Au nom des
principes qu’elle m’avait inculqués, au nom de son humanisme et
de ses « humanités », au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité,
je vouai à la bourgeoisie une haine qui ne finira qu’avec moi.
Sartre, Situations IV

Rupture définitive avec Albert Camus. Sartre sur le pont des Arts en 1946.
© Cartier-Bresson / Magnum
[…] Notre amitié n’était pas facile et je la regretterai. Si vous la rompez
aujourd’hui, c’est sans doute qu’elle devait se rompre.
Sartre, Les Temps modernes, n° 82, repris dans Situations IV
1953
L’affaire Henri Martin.
Brouille avec M. Merleau-Ponty qui démissionne des Temps modernes.
Kean.

1954
Premier voyage en URSS suivi de neuf autres jusqu’en 1966.

1955
Violente campagne anticommuniste contre Nekrassov.

1956
Premières actions de Sartre contre la guerre d’Algérie.
Il condamne l’intervention anglo-franco-israélienne de Suez.
Il dénonce l’intervention soviétique à Budapest et rompt avec le PCF.

Quand on fait de la littérature engagée, on se préoccupe de problèmes


qui n’auront plus de sens dans vingt ans et qui concernent la société
actuelle. Si on a quelque influence et si l’on pose bien le problème,
on réussit son coup quand on a décidé les gens à agir, ou à considérer
les choses de son propre point de vue. Celui de la postérité n’existera
que lorsque ce problème aura été résolu, bien ou mal, et certainement
pas par l’écrivain lui-même.
Sartre cité par Simone de Beauvoir dans La Cérémonie des adieux.
Entretiens avec Jean-Paul Sartre

1958
Avec Malraux, Martin du Gard et Mauriac, il lutte contre l’usage de la torture
en Algérie.
Il s’oppose au retour du général de Gaulle au pouvoir.
Il écrit la Critique de la raison dialectique où il tente de concilier existentialisme
et marxisme. Avec La Nausée, ce fut l’un de ses livres préférés. Les années
cinquante ont été pour lui une période d’hyperactivité créatrice au prix
d’un affaiblissement considérable de sa santé.

1959
Grand succès des Séquestrés d’Altona.

1960
Parution de la Critique de la raison dialectique et de la préface d’Aden Arabie
de P. Nizan.
Mort d’Albert Camus.
Avec Simone de Beauvoir, il fait de nombreux voyages à l’étranger
(Cuba, Yougoslavie, Brésil).
Il signe le Manifeste des 121 et fait lire une déposition au procès
du « réseau Jeanson ».

1961
Mort de Merleau-Ponty.
Préface aux Damnés de la terre de Frantz Fanon.

1962
L’appartement de Sartre est plastiqué par l’OAS pour la seconde fois.
Il déménage boulevard Raspail. Une charge de plastic explose au 42, rue Bonaparte, le 7 janvier 1962.
Séjour en URSS où il rencontre Khrouchtchev. © AFP

1964
Les Mots obtiennent un succès immédiat et unanime.
Situations IV, V et VI.
Sartre autorise la représentation des Mains sales après douze ans de refus.
Il n’accepte pas le prix Nobel de littérature qui lui est décerné.

Le but était un adieu à la littérature […]. Les Mots devaient provoquer


le dégoût. La bourgeoisie voyant dans cet ouvrage un abandon
de l’engagement. […] On tue l’écrivain avec le Nobel.
Sartre dans le film d’Alexandre Astruc et Michel Contat, Sartre par lui-même

1965
Sartre adopte Arlette Elkaïm.
Situations VII, Les Troyennes.
Il se rend en URSS et en Finlande pour participer au Congrès mondial de la paix.
1966
À la demande du philosophe Bertrand Russell, Sartre fait partie d’un tribunal
auto-institué chargé d’enquêter sur les crimes de guerre américains au Vietnam.

1967
Voyage de Sartre et Simone de Beauvoir en Égypte et en Israël.
Échange de lettres entre Sartre et le général de Gaulle à propos du Tribunal
Russell.

1968
Sartre soutient le mouvement étudiant en donnant des interviews, en prenant
part à des meetings.
Il condamne l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie.
Sur le plan littéraire, il est absorbé par l’écriture de son livre sur Flaubert,
L’Idiot de la famille.

1969
Mort de Mme Mancy, la mère de Sartre.
Il prend définitivement ses distances avec le PCF.

1970
Il prend la direction de La Cause du peuple puis d’autres journaux de tendance
maoïste.

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir à la terrasse d’un café


© Coll. part. / DR / Diff. Gallimard
1971 Orientations bibliographiques
Parution des deux premiers tomes de L’Idiot de la famille.
Fondation avec Maurice Clavel de l’agence de presse Libération. Cohen-Solal (A.), Sartre, 1905-1980, Paris, Gallimard,
Rupture avec Fidel Castro. 1985, rééd. « Folio-Essais », 1999.

1972 Cohen-Solal (A.), Album Sartre, Paris, Gallimard,


Situations VIII et IX, parution du troisième tome de L’Idiot de la famille. « La Pléiade », 1991.

Il est des intellectuels – j’en suis un – qui, depuis 1968, ne veulent plus Contat (M.), Rybalka (M.), Les Écrits de Sartre, Paris,
dialoguer avec la bourgeoisie. En vérité, la chose n’est pas si simple […]. Gallimard, 1970, nouvelle édition 2005.
Bien que j’aie toujours contesté la bourgeoisie, mes œuvres s’adressent
à elle, dans son langage… Je me suis attaché depuis dix-sept ans à un Galster (I.), Sartre, Vichy et les intellectuels, Paris,
ouvrage sur Flaubert qui ne saurait intéresser les ouvriers car il est écrit L’Harmattan, 2001.
dans un style compliqué et certainement bourgeois […]. Par lui, je suis
encore bourgeois et le demeurerai tant que je ne l’aurai pas achevé. Galster (I.) (dir.), La Naissance du « phénomène
Cependant, par un tout autre côté de moi […], je me conteste moi-même Sartre », Paris, Le Seuil, 2001.
[…] il m’arrive que je me trouve au milieu des hommes qui luttent contre
la dictature bourgeoise. D’abord parce que je veux rejeter ma situation Jeanson (F.), Sartre, Paris, Seuil, 1974.
bourgeoise. Il existe donc une contradiction très particulière en moi :
j’écris encore des livres pour la bourgeoisie et je me sens solidaire des Lévy (B.-H.), Le Siècle de Sartre, Paris, Grasset,
travailleurs qui veulent la renverser. 2000.
Justice et État, conférence donnée le 25 février 1972, reprise dans Situations X
L’Histoire, « Sartre et son siècle », n° 295,
Sartre est expulsé sans ménagement des usines Renault de Billancourt. février 2005.
Il assiste aux obsèques de Pierre Overney, militant maoïste tué par un vigile
devant cette même usine. Libération, supplément spécial du samedi 15 avril
2000 (réédition du numéro paru en avril 1980).
1973
Un théâtre de situations. Sicard (M.), Essais sur Sartre. Entretiens avec Sartre
Pierre Victor, de son vrai nom Benny Lévy, un des leaders de la gauche (1975-1979), Paris, Galilée, « Débats », 1989.
prolétarienne, devient son dernier secrétaire.
Premier numéro de Libération. Sirinelli (J.-F.), Deux Intellectuels dans le siècle,
Sartre est victime d’une attaque et devient aveugle. Sartre et Aron, Paris, Fayard, 1995, rééd. Hachette,
« Pluriel », 1999.
Mon métier d’écrivain est complètement détruit […]. L’unique but
de ma vie, c’était d’écrire […]. En un sens, ça m’ôte toute raison d’être : Winock (M.), Le Siècle des intellectuels, Paris,
j’ai été et je ne suis plus, si vous voulez. Le Seuil, 1997, rééd. « Points », 1999.
Entretiens avec Michel Contat dans Le Nouvel Observateur, 21 juin 1975

1974
On a raison de se révolter, entretiens sur la politique par Philippe Gavi, Sartre
et Pierre Victor.
Sartre s’entretient avec Andreas Baader, ancien chef de la Fraction Armée
Rouge, alors en prison à Stuttgart.

1975
Je n’ai été floué par rien, je n’ai été déçu par rien. J’ai vu des gens,
des bons et des méchants – les méchants d’ailleurs ne le sont jamais
que par rapport à certains buts –, j’ai écrit, j’ai vécu, il n’y a rien
à regretter.
Entretien avec Michel Contat, « Autoportrait à soixante-dix ans », Situations X

1976
Situations X.
Sartre poursuit des entretiens, un des seuls moyens d’engagement depuis
l’aggravation de son état de santé et signe des textes de soutien aux droits
de l’homme bafoués dans le monde, notamment dans les pays communistes.

1979
Il se rend à l’Élysée avec une délégation d’intellectuels dont R. Aron
pour demander au président Valéry Giscard d’Estaing de soutenir la cause
des boat people qui fuient le Vietnam et le Cambodge.
Sartre est présent aux obsèques de Pierre Goldman assassiné.

1980
Hospitalisé le 20 mars pour un œdème pulmonaire, il meurt le 15 avril.
Des dizaines de milliers de personnes assistent à son enterrement au cimetière
du Montparnasse.

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