Guide de Revision 2024
Guide de Revision 2024
Ce guide a été conçu dans l'objectif de fournir aux candidats au doctorat en didactique du FLE une
ressource claire et synthétique. Il aborde les notions essentielles, les théories et les méthodes
incontournables dans le domaine. Que vous soyez en pleine préparation ou souhaitiez approfondir
vos connaissances, ce guide vous accompagnera tout au long de votre révision.
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I- DIDACTIQUE
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1) La Didactique comme Science et Art
En revanche, la didactique en tant qu'un art repose sur la capacité à adapter les méthodes
pédagogiques aux contextes et aux besoins individuels des apprenants. Cette dimension créative
implique une flexibilité et une intuition développée par les enseignants pour rendre l'apprentissage
engageant et pertinent. Philippe Meirieu exprime cette idée en disant que "l’art de l’enseignement
réside dans la capacité à transformer les contraintes en opportunités pour l’apprentissage" (Meirieu,
1997). L'approche constructiviste, qui valorise l’apprentissage actif et la réflexion critique, et
l'approche humaniste, qui se concentre sur la dimension affective de l’enseignement, illustrent cette
dimension artistique.
La sociologie apporte une perspective sur les inégalités éducatives et l'impact des contextes
socio-économiques sur l’apprentissage. Pierre Bourdieu a exploré comment les capitaux culturels et
sociaux influencent les opportunités éducatives et les pratiques pédagogiques (Bourdieu, 1979). Ses
travaux soulignent l'importance d'adapter les méthodes d'enseignement aux contextes culturels divers
des apprenants.
En linguistique, les théories sur l’acquisition des langues, comme celles de Stephen Krashen,
qui propose l’hypothèse de l’input, mettent en avant que "l’acquisition de la langue se fait de manière
plus naturelle lorsque l’input est compréhensible et légèrement au-dessus du niveau actuel de
compétence de l’apprenant" (Krashen, 1982). Cette perspective influence les pratiques
d’enseignement des langues étrangères, en soulignant l’importance d’un input riche et accessible.
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En conclusion, la didactique, en tant que science et art, bénéficie de l’interaction avec d’autres
disciplines pour améliorer les pratiques pédagogiques. Les contributions des pionniers en psychologie,
sociologie, linguistique et technologies enrichissent la compréhension des processus d’enseignement
et d’apprentissage, permettant ainsi de créer des environnements éducatifs plus efficaces et adaptés
aux besoins divers des apprenants.
2) Apprentissage /acquisition:
Les apprenants visuels préfèrent utiliser des images, des graphiques, et des couleurs pour
assimiler l'information. Ils tirent profit des représentations visuelles comme les diagrammes et les
cartes mentales. Howard Gardner (1983) décrit ce style en soulignant que « les apprenants visuels
traitent les informations plus efficacement lorsqu'elles sont présentées sous forme de graphiques ou de
schémas » (Frames of Mind: The Theory of Multiple Intelligences). Les supports visuels aident ces
apprenants à organiser et à mémoriser les informations de manière plus fluide.
2. Style Auditif
Les apprenants auditifs sont ceux qui apprennent le mieux en écoutant. Ils préfèrent les
conférences, les discussions et les enregistrements audio. Selon Richard E. Mayer (2001), « les
apprenants auditifs ont tendance à mieux comprendre et retenir les informations lorsqu'elles sont
présentées oralement » (Multimedia Learning). Pour ces individus, la discussion et la répétition
verbale sont des outils essentiels pour la compréhension et la rétention des connaissances.
3. Style Kinesthésique
Les apprenants kinesthésiques apprennent mieux par l'action et l'expérience physique. Ils
préfèrent les activités pratiques et les manipulations pour comprendre les concepts. David Kolb
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(1984) explique que « les individus kinesthésiques acquièrent des connaissances de manière plus
efficace à travers des activités concrètes et des expériences pratiques » (Experiential Learning:
Experience as the Source of Learning and Development). Ces apprenants utilisent le mouvement et la
manipulation pour assimiler l'information de façon plus intuitive.
4. Style Lecture/Écriture
Les apprenants lecture/écriture préfèrent lire et écrire pour apprendre. Ils trouvent que les textes
écrits et les notes sont les moyens les plus efficaces pour traiter et retenir l'information. Neil Fleming
(2001) affirme que « les apprenants qui préfèrent la lecture et l'écriture tendent à organiser leurs
pensées et à mémoriser les informations en les consignant par écrit » (VARK: A Guide to Learning
Styles). Pour ces apprenants, les supports textuels jouent un rôle central dans le processus
d'apprentissage.
Les apprenants solitaires préfèrent travailler seuls et réfléchir en profondeur sur les
informations. Ils sont souvent introspectifs et trouvent le travail individuel plus productif. Daniel
Goleman(1995) note que « les individus qui préfèrent le travail solitaire sont souvent plus efficaces
lorsqu'ils ont le temps de réfléchir et de traiter l'information à leur propre rythme » (Emotional
Intelligence: Why It Can Matter More Than IQ). Pour ces apprenants, la réflexion personnelle et
l'étude indépendante sont des stratégies clés pour l'apprentissage.
4) Le triangle didactique:
C'est un modèle fondamental en didactique qui illustre les interactions essentielles dans le
processus d'enseignement-apprentissage, comprenant l'enseignant, l'apprenant, et le contenu.
L'apprenant, quant à lui, est actif dans l'interaction avec le contenu, participant aux activités
éducatives et construisant ses propres savoirs à travers ses expériences et ses processus cognitifs.
La praxis didactique désigne l'action pédagogique réfléchie qui intègre les théories
pédagogiques dans la pratique quotidienne de l'enseignement. Selon Pierre Bourdieu
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(1990), « la praxis didactique est une pratique réflexive où l’enseignant utilise ses
connaissances théoriques pour guider ses actions pédagogiques de manière
contextuelle et ajustée » (La Noblesse d'État). Cette approche implique la planification
des leçons, la mise en œuvre des stratégies pédagogiques en classe, et l’évaluation des
résultats pour ajuster les pratiques en fonction des besoins des apprenants. Comme le
souligne Jean-Paul Bronckart (2004), « la praxis didactique est un espace où la
théorie et la pratique se rencontrent, permettant une adaptation continue des méthodes
pédagogiques aux réalités de l'enseignement » (Le développement de la compétence en
lecture-écriture). Elle permet ainsi une réflexion critique constante et une adaptation
contextuelle, essentielle pour optimiser l'efficacité de l'enseignement et répondre aux
besoins divers des élèves.
Le triangle didactique selon Jean Morice-Rosier
C' est une conceptualisation du processus d'enseignement-apprentissage qui se concentre sur
l'interaction entre trois éléments clés : l'enseignant, l'apprenant, et le contenu. Morice-Rosier a
développé cette approche en mettant l'accent sur la dynamique entre ces trois composantes et la
manière dont elles influencent la qualité de l'apprentissage.
Modèle de Morice-Rosier
1. Enseignant :
L'enseignant est considéré comme le médiateur principal dans le triangle didactique. Il joue un
rôle actif dans la sélection et la structuration du contenu à enseigner, ainsi que dans la conception des
situations d'apprentissage. Morice-Rosier insiste sur l'importance pour l'enseignant de comprendre les
besoins et les capacités des apprenants afin d'adapter ses méthodes pédagogiques et de créer des
environnements d'apprentissage stimulants.
2. Apprenant :
L'apprenant est au centre du triangle et est vu comme un acteur dynamique dans le processus
d'apprentissage. Morice-Rosier souligne que les apprenants construisent leurs connaissances à travers
leur interaction avec le contenu et l'enseignant. Le modèle met en avant la nécessité pour l'enseignant
de prendre en compte les motivations, les préjugés, et les stratégies d'apprentissage des apprenants
pour favoriser une meilleure assimilation du contenu.
3. Contenu :
Le contenu est l'objet de l'enseignement et doit être pertinent, structuré et adapté au niveau des
apprenants. Morice-Rosier propose que le contenu doit être présenté de manière à faciliter la
compréhension et l'application des savoirs. Il est essentiel que le contenu soit en adéquation avec les
objectifs pédagogiques et les besoins des apprenants.
Interactions et Dynamique: Dans le modèle de Morice-Rosier, l'accent est mis sur la manière
dont l'enseignant et l'apprenant interagissent avec le contenu. L'enseignant doit non seulement
transmettre des connaissances, mais aussi créer des conditions favorables pour que les apprenants
puissent interagir de manière efficace avec le contenu. Cette interaction est cruciale pour permettre une
appropriation significative des savoirs et pour ajuster les méthodes pédagogiques en fonction des
retours des apprenants.
En parallèle, la didactique du FLE est également un art, impliquant une pratique créative et
adaptative. Les enseignants doivent faire preuve de flexibilité et d’innovation pour rendre
l’apprentissage engageant et pertinent, en adaptant les méthodes aux besoins et aux contextes des
apprenants. Philippe Meirieu souligne que «l’art de l’enseignement réside dans la capacité à
transformer les contraintes en opportunités pour l’apprentissage» (Meirieu, 1997).
La didactique du FLE est enrichie par ses liens avec d’autres disciplines telles que la
psychologie, la sociologie, et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Jean
Piaget fournit des insights sur le développement cognitif des apprenants (Piaget, 1970), tandis que
Pierre Bourdieu explore l’impact des contextes sociaux sur l’apprentissage (Bourdieu, 1979), et
Pierre Lévy met en avant l’importance des outils numériques pour personnaliser l’apprentissage
(Lévy, 2010).
6) Théories d'apprentissage
On cite:
1. Béhaviorisme
2. Cognitivisme
3. Constructivisme
4. Connectivisme
5. Humanisme
6. Théorie de l'apprentissage social
7. Théorie de l'apprentissage par découverte
8. Théorie de l'apprentissage expérientiel
et d'autres..
1. L'innéisme
L'innéisme, associé principalement au linguiste Noam Chomsky, postule que les êtres humains
possèdent une capacité innée à acquérir le langage. Selon cette théorie, il existe une « grammaire
universelle » sous-jacente à toutes les langues, que les enfants peuvent naturellement détecter et
apprendre grâce à une disposition biologique.
L'innéisme met l'accent sur l'importance de l'exposition à la langue, considérant que les
apprenants n'ont pas besoin d'instructions explicites pour acquérir les règles grammaticales. En
didactique, cela suggère que créer un environnement riche en langage pourrait suffire pour favoriser
l'apprentissage.
2. Le béhaviorisme
Le béhaviorisme, notamment représenté par B.F. Skinner, voit l'apprentissage des langues
comme un processus de formation d'habitudes par le biais de stimuli et de réponses. L'acquisition du
langage est perçue comme le résultat d'une imitation, de la pratique répétée, et du renforcement positif
ou négatif.
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Cette théorie a donné naissance à des méthodes d'enseignement telles que l'audio-lingualisme,
où l'accent est mis sur la répétition, la mémorisation de phrases types, et l'apprentissage mécanique de
structures linguistiques. L'apprenant est encouragé à répéter des modèles de phrases jusqu'à ce qu'ils
deviennent automatiques.
3. Le constructivisme
Le constructivisme, influencé par Jean Piaget, propose que l'apprentissage est un processus
actif où l'apprenant construit de nouvelles connaissances en interagissant avec son environnement
et en reliant ces nouvelles informations à ses connaissances préexistantes. Dans le contexte de
l'acquisition des langues, cela signifie que l'apprenant crée progressivement sa propre compréhension
des structures linguistiques en fonction de ses expériences.
Cette approche favorise les méthodes qui encouragent l'apprentissage par la découverte,
l'exploration, et la résolution de problèmes. En classe de FLE, cela pourrait se traduire par l'usage de
tâches communicatives, où les apprenants sont amenés à construire du sens en utilisant la langue dans
des contextes authentiques.
4. Le socioconstructivisme
Le socioconstructivisme, dérivé des travaux de Lev Vygotsky, met l'accent sur l'importance des
interactions sociales et du contexte culturel dans le processus d'apprentissage. Vygotsky a introduit le
concept de « zone proximale de développement » (ZPD), où l'apprentissage se fait de manière
optimale lorsqu'un apprenant est aidé par un autre (un enseignant ou un pair) à atteindre un niveau de
compétence supérieur.
5. Le cognitivisme
C'est une théorie de l'apprentissage qui se concentre sur les processus mentaux internes, tels que
la perception, la mémoire, l'attention et la résolution de problèmes, pour comprendre comment les
individus acquièrent et utilisent les connaissances. Contrairement au béhaviorisme, qui se focalise sur
les comportements observables, le cognitivisme examine comment les informations sont traitées,
organisées et stockées dans l'esprit. Selon cette approche, l'apprentissage est un processus actif où les
apprenants construisent des représentations mentales de la réalité, intégrant de nouvelles informations
à leurs structures cognitives existantes. Cette perspective a influencé les pratiques pédagogiques en
mettant l'accent sur la compréhension des mécanismes de pensée des élèves, et a conduit à des
techniques telles que l'organisation de l'information en blocs, l'utilisation de diagrammes conceptuels,
et l'encouragement à la réflexion métacognitive. Des figures telles que Jean Piaget, avec sa théorie du
développement cognitif, et Jerome Bruner, avec son approche de l'apprentissage par découverte, ont
largement contribué à l'élaboration et à l'application du cognitivisme dans le domaine éducatif.
6. La théorie des intelligences multiples,
Développée par Howard Gardner en 1983, propose que l'intelligence humaine se compose de
plusieurs types distincts plutôt que de se limiter à une mesure unique. Selon Gardner, les individus
possèdent différents types d'intelligences, notamment linguistique, logico-mathématique, spatiale,
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musicale, kinesthésique, interpersonnelle, intrapersonnelle, et naturaliste. Chaque type reflète un talent
particulier et une manière unique de traiter l'information, allant de la capacité à résoudre des
problèmes mathématiques à la sensibilité à la musique ou la compréhension des émotions
personnelles. Cette théorie suggère que l'éducation devrait être adaptée pour reconnaître et valoriser
cette diversité d'intelligences, en utilisant des méthodes variées pour répondre aux différents styles
d'apprentissage des élèves et maximiser leur potentiel.
7. Le connectivisme
C'est une théorie de l'apprentissage développée par George Siemens et Stephen Downes, qui se
concentre sur l'apprentissage dans un monde numérique interconnecté. Contrairement aux théories
traditionnelles, le connectivisme considère que la connaissance est distribuée à travers un réseau de
connexions et que l'apprentissage consiste à établir, maintenir et utiliser ces connexions pour accéder à
l'information et résoudre des problèmes. Cette approche souligne l'importance des réseaux sociaux, des
technologies de l'information et des outils de collaboration en ligne dans le processus d'apprentissage.
Le connectivisme met également l'accent sur la capacité d'adaptation des individus dans un
environnement en constante évolution, où les connaissances changent rapidement et où la compétence
clé est la capacité à naviguer efficacement dans un réseau complexe d'informations et de relations.
L'interlangue est un concept développé par Larry Selinker qui désigne le système linguistique
provisoire que les apprenants de langues secondes construisent en cours d'apprentissage. Ce système
est influencé à la fois par la langue maternelle et par la langue cible, et il évolue au fil du temps à
mesure que l'apprenant acquiert de nouvelles compétences.
Étapes de l'apprentissage:
L'acquisition d'une langue seconde passe par plusieurs étapes, souvent marquées par la
présence d'erreurs systématiques qui reflètent la structure de l'interlangue de l'apprenant. Ces étapes
incluent souvent :
a. Étape pré-basique : L'apprenant utilise des mots isolés ou des phrases très simples,
souvent sans conjugaison ni syntaxe complexe.
b. Étape basique: Apparition des premières structures syntaxiques et utilisation de
formes verbales rudimentaires.
c. Étape intermédiaire : Développement de la morphologie verbale, de la syntaxe plus
complexe, et réduction des erreurs influencées par la langue maternelle.
d. Étape avancée : L'apprenant maîtrise les subtilités syntaxiques et sémantiques, bien
que certaines interférences linguistiques puissent encore persister.
Christian Puren: est un didacticien du FLE renommé dont les travaux ont profondément
influencé la réflexion sur l'enseignement et l'apprentissage des langues étrangères. Il est
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particulièrement connu pour ses contributions à la didactique des langues, ses recherches sur les
approches communicatives et actionnelles, et son approche pragmatique de l'enseignement du français.
1. Approche Actionnelle
Christian Puren a été un fervent défenseur de l'approche actionnelle en didactique des langues,
qui met l'accent sur l'utilisation de la langue dans des contextes réels et concrets. Selon Puren,
«l'approche actionnelle permet aux apprenants de développer des compétences linguistiques en les
engageant dans des tâches qui simulent des situations réelles» (Puren, 2005). Cette approche
encourage la création de tâches et d'activités qui reflètent des usages authentiques de la langue,
favorisant ainsi une communication efficace et pertinente.
2. La Compétence Communicative
3. L’Importance de la Pragmatisme
Une autre contribution importante de Christian Puren est sa réflexion sur la dimension
pragmatique de l'enseignement des langues. Il considère que l'apprentissage des langues ne doit pas
seulement se concentrer sur la forme, mais aussi sur le sens et l'usage. Il affirme que "l'enseignement
des langues doit également prendre en compte les dimensions pragmatiques de l'usage linguistique,
qui sont essentielles pour une communication réussie" (Puren, 1997).
Puren a critiqué les méthodes d'enseignement traditionnelles qui, selon lui, ne répondent pas
suffisamment aux besoins communicatifs des apprenants. Il a souligné que "les méthodes
d'enseignement basées uniquement sur la grammaire et la traduction ne permettent pas aux
apprenants de développer une véritable compétence communicative" (Puren, 2000).
7) La didactique et la pédagogie:
Didactique et pédagogie sont deux concepts fondamentaux dans le domaine de l’éducation, mais
ils se distinguent par leurs objectifs, leurs approches, et leurs domaines d’application.
1. Définition de la Didactique
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- Comment enseigner ? : Conception des méthodes et des stratégies pédagogiques adaptées aux
contenus.
- Quels sont les obstacles à l’apprentissage ? : Identification des difficultés spécifiques liées à
l’apprentissage de certains contenus.
En didactique, l'accent est mis sur la connaissance des disciplines et leur transmission de
manière efficace.
2. Définition de la Pédagogie
La pédagogie est l’étude des méthodes et des principes d'enseignement dans une perspective
plus large. Elle concerne l'art d'enseigner et l'interaction entre l'enseignant et les élèves. La
pédagogie englobe des aspects tels que :
- Pour qui enseigner ? : Adaptation des méthodes aux besoins, aux caractéristiques et aux
contextes des apprenants.
Philippe Meirieu, un expert en pédagogie, décrit la pédagogie comme « l'art de conduire les
élèves à la construction de leur propre savoir à travers une interaction réfléchie et adaptée »
(Meirieu, 1997). La pédagogie se concentre donc sur l'expérience éducative globale et la relation
éducative entre l'enseignant et les élèves.
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connaissances et des compétences contextuels de l'enseignement.
spécifiques.
Application de stratégies pédagogiques
Utilisation de modèles didactiques
variées, comme la différenciation,
Méthodes pour structurer l'enseignement et
l'apprentissage coopératif, et la gestion de
évaluer les méthodes d'enseignement.
classe.
Principaux Jean-Pierre Astolfi, Michel Develay, John Dewey, Paulo Freire,
Théoriciens Pierre Bourdieu. Lev Vygotsky.
Principalement dans le Principalement dans l’élaboration des
développement des contenus méthodes générales d’enseignement, la
Champ
d’enseignement et la recherche sur formation des enseignants, et
d'Application
les méthodes spécifiques à chaque l’amélioration des environnements
discipline. d'apprentissage.
Évaluation de l’efficacité des Évaluation des pratiques pédagogiques
Focus sur méthodes et des processus globales et des stratégies d'apprentissage
l’Évaluation d’enseignement spécifiques aux pour leur impact sur le développement
matières. général des élèves.
Conclusion
1. Méthode grammaire-traduction
Concept de base : Cette méthode, largement utilisée au 19e siècle, n'est pas associée à un
pédagogue unique, mais elle reflète l'approche traditionnelle de l'enseignement des langues classiques
comme le latin et le grec. Cette méthode a influencé l'enseignement des langues modernes jusqu'au
début du 20e siècle.
Karl Plötz : Souvent cité comme l'un des partisans de cette méthode, il a appliqué des principes
de grammaire-traduction dans l'enseignement de langues modernes.
2. Méthode directe
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Gouin et Binet : Précurseurs qui ont également soutenu l'idée d'un apprentissage par
l'exposition directe à la langue cible.
3. Méthode audio-orale
Cette méthode, développée après la Seconde Guerre mondiale, est influencée par le
béhaviorisme, qui se concentre sur la formation d'habitudes linguistiques par la répétition et la
pratique.
Charles Fries : Linguiste américain, considéré comme l'un des fondateurs de la méthode audio-
orale.
4. Méthode communicative
La méthode communicative, apparue dans les années 1970, se concentre sur la compétence
communicative, en mettant l'accent sur l'utilisation pratique de la langue dans des situations réelles.
Dell Hymes : Linguiste qui a développé le concept de compétence communicative, qui est
central à la méthode communicative.
David Wilkins : Linguiste britannique qui a contribué à l'élaboration des syllabi fondés sur les
notions et les fonctions communicatives.
a. Approche actionnelle
actionnelle, développée dans le cadre du Cadre Européen Commun de Référence pour les
Langues (CECRL), considère les apprenants comme des « acteurs sociaux » utilisant la langue pour
accomplir des tâches concrètes.
Jean-Pierre Cuq : Linguiste français qui a largement contribué à la didactique des langues, en
particulier dans le développement de l'approche actionnelle.
Daniel Coste : A également joué un rôle dans l'élaboration de l'approche actionnelle au sein du
CECRL.
b. Approche interculturelle
Claire Kramsch : Linguiste spécialisée dans l'enseignement des langues et la culture, elle a
beaucoup travaillé sur les questions d'interculturalité dans le contexte de l'enseignement du FLE.
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3. La didactique des compétences :
John Searle : Philosophe du langage, connu pour ses travaux sur les actes de parole, qui sont
fondamentaux pour comprendre les compétences pragmatiques.
Dan Sperber et Deirdre Wilson : Leurs travaux sur la théorie de la pertinence ont influencé la
compréhension des compétences pragmatiques dans l'usage de la langue.
Ces didacticiens et pédagogues ont tous joué un rôle clé dans le développement des diverses
méthodes et approches en didactique des langues, en particulier du FLE, en apportant des perspectives
théoriques et pratiques qui ont façonné les pratiques pédagogiques modernes.
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9) L'enseignement vertical et l'approche participative
Cela illustrent deux modèles pédagogiques distincts qui influencent la dynamique en classe et
les méthodes d'apprentissage. L'enseignement vertical, souvent considéré comme traditionnel, est
caractérisé par une transmission unidirectionnelle du savoir où l'enseignant dispense le contenu aux
élèves qui l'assimilent de manière passive. Pierre Bourdieu critique ce modèle en soulignant qu'il
établit une relation de domination où le savoir est imposé sans place pour l'interaction (Bourdieu,
1984).
En revanche, l'approche participative favorise une interaction dynamique où les élèves jouent
un rôle actif dans leur apprentissage, en collaborant et en explorant les sujets en profondeur sous la
guidance de l'enseignant, qui agit comme facilitateur. Cette méthode est soutenue par Philippe
Meirieu, qui affirme que "l'apprentissage est plus significatif lorsque les élèves sont activement
impliqués dans le processus" (Meirieu, 1997). Tandis que l'enseignement vertical permet une
couverture efficace du contenu mais peut conduire à une passivité des élèves, l'approche participative,
bien qu'exigeant plus de temps et de ressources, encourage l'engagement et le développement de
compétences critiques.
La transposition didactique est le processus par lequel un savoir ou une connaissance est
transformé de sa forme scientifique ou professionnelle en un contenu pédagogique adapté pour les
élèves. Cette transformation implique plusieurs étapes qui rendent le savoir accessible et pertinent
dans un contexte éducatif.
Bernard Chervel est connu pour ses travaux sur la didactique des disciplines et la transposition
didactique, un concept crucial dans la compréhension de la manière dont les savoirs sont adaptés pour
l’enseignement. Le concept de transposition didactique a été développé par Yves Chevallard, un
didacticien français, et est essentiel pour comprendre comment les savoirs scientifiques ou
professionnels sont transformés pour être enseignés et appris.
1. Savoir Savant : Le savoir tel qu'il est dans le domaine scientifique ou professionnel,
riche et complexe.
2. Savoir à Enseigner: Adaptation du savoir savant en contenu éducatif, en sélectionnant
et en organisant les informations pertinentes pour les élèves.
3. Savoir Enseigné : Le contenu effectivement enseigné en classe, qui peut encore subir
des modifications en fonction des interactions pédagogiques et des besoins des élèves.
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Rendre Accessible le Savoir : Adapter les concepts complexes pour qu'ils soient
compréhensibles et appropriés au niveau des élèves.
Structurer le Contenu : Organiser les savoirs de manière logique et progressive pour
faciliter l'apprentissage.
Faciliter l'Apprentissage : Concevoir des supports pédagogiques et des activités qui
aident les élèves à comprendre et à appliquer les savoirs.
Donc, La transposition didactique est un concept clé pour comprendre comment les savoirs sont
adaptés pour l’enseignement. Elle permet de transformer des connaissances spécialisées en contenus
pédagogiques accessibles et pertinents, facilitant ainsi l’apprentissage des élèves. Les travaux de Yves
Chevallard ont grandement contribué à la réflexion sur ce processus, soulignant l'importance de
rendre les savoirs savants compréhensibles et adaptés aux contextes éducatifs.
la didactisation:
Jean-Pierre Cuq souligne que "la didactisation est essentielle pour rendre les savoirs
académiques accessibles aux apprenants en les adaptant à leurs niveaux et à leurs contextes" (Cuq,
2003). Cette perspective met en lumière l'importance de rendre le contenu d'enseignement non
seulement compréhensible mais également pertinent pour les élèves.
La didactisation joue un rôle crucial dans l'enseignement, car elle permet de rendre les savoirs
complexes accessibles et utilisables pour les apprenants. En adaptant et en structurant les
connaissances de manière appropriée, elle facilite l'apprentissage et l'application des concepts dans un
contexte éducatif. Les contributions de didacticiens comme Jean-Pierre Cuq et Christian Puren offrent
des perspectives précieuses pour optimiser ce processus et améliorer l'efficacité pédagogique.
Le FOS vise à enseigner le français en fonction des besoins spécifiques des apprenants, qu'il
s'agisse de domaines professionnels comme le commerce, la médecine, ou le tourisme. En Algérie, où
le français est souvent utilisé dans des secteurs spécifiques, le FOS joue un rôle crucial pour préparer
les apprenants à des situations professionnelles concrètes.
L’enseignement du FOS en Algérie doit être orienté vers la pratique, avec des contenus et des
supports adaptés aux réalités du monde du travail. Cela implique une collaboration étroite avec les
industries concernées pour garantir que les compétences linguistiques enseignées soient directement
applicables.
Selon S. Girardet, « le FOS est une réponse aux besoins spécifiques d’apprenants qui
cherchent à acquérir une compétence linguistique directement liée à leur domaine d’activité, et cela
nécessite une approche pédagogique sur mesure » (Girardet, 2010).
Le FOU est destiné aux étudiants qui doivent utiliser le français dans un cadre académique, que
ce soit pour suivre des cours, rédiger des travaux universitaires, ou participer à des discussions
académiques. En Algérie, où de nombreuses disciplines universitaires sont enseignées en français, le
FOU est essentiel pour garantir la réussite académique des étudiants.
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L'enseignement du FOU doit préparer les étudiants à maîtriser les conventions académiques
en français, y compris la rédaction d'articles, la prise de parole en public, et l'analyse critique. Il est
important d'intégrer des activités qui reflètent les exigences académiques réelles.
Les TIC ont transformé l'enseignement des langues en offrant de nouvelles opportunités pour
l'apprentissage interactif, autonome et à distance. En Algérie, l'intégration des TIC dans
l'enseignement du FLE est de plus en plus encouragée pour moderniser les pratiques pédagogiques et
répondre aux besoins des apprenants à l'ère numérique.
L'intégration des TIC dans l'enseignement du FLE permet d'améliorer l'accès aux ressources
éducatives, de diversifier les méthodes d'enseignement, et de créer des environnements d'apprentissage
plus engageants. Cela inclut l'utilisation de plateformes d'apprentissage en ligne, d'applications
mobiles, de forums de discussion, et de contenus multimédias pour enrichir l'expérience des
apprenants.
En Algérie, l'enjeu principal est de surmonter les défis liés à l'accès limité à la technologie et à
l'infrastructure, tout en formant les enseignants à l'utilisation efficace des TIC pour maximiser leur
impact pédagogique.
- Selon J.-P. Ninin, « les TIC ne sont pas seulement des outils complémentaires, mais
doivent être intégrées comme des éléments centraux de l’enseignement du FLE, car elles offrent
des possibilités d’apprentissage plus flexibles, personnalisées et collaboratives » (Ninin, 2013).
- M. Abdous ajoute que « l'utilisation des TIC dans l'enseignement du FLE permet de
développer des compétences transversales chez les apprenants, tout en favorisant un apprentissage
plus autonome et interactif » (Abdous, 2012).
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12) L'évaluation : Définition générale et application en didactique
Scriven (1991), "l'évaluation est la démarche qui consiste à examiner le mérite ou la valeur
d'un objet".
L'évaluation en didactique
Les perspectives des didacticiens français sur l'évaluation: Les didacticiens français abordent
l'évaluation sous différents angles, en insistant sur son rôle formatif, sommative, et diagnostique dans
le processus d'enseignement-apprentissage.
Citation : "Évaluer, c’est aider à apprendre. Une évaluation qui n’est pas formative, qui ne
guide pas l’apprenant, est une évaluation incomplète" (Perrenoud, 1998).
- Jean-Michel Adam : Il met en avant la nécessité d'une évaluation critériée, basée sur des
critères explicites et partagés, pour garantir l’équité et la transparence dans l'évaluation des
compétences des apprenants.
Citation : "L’évaluation ne peut être juste que si elle repose sur des critères clairs et
communiqués aux apprenants, permettant ainsi une véritable compréhension des attentes et des
résultats" (Adam, 2000).
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b. Évaluation sommative: L'évaluation sommative intervient à la fin d'un cycle
d'apprentissage pour mesurer les acquis des apprenants par rapport aux objectifs
définis. Elle se traduit par des tests finaux, des examens, ou des projets.
-Objectif: Valider les compétences acquises et souvent fournir une note ou une certification.
Ces aspects de l'évaluation en didactique des langues montrent l'importance de concevoir des
outils d'évaluation qui non seulement mesurent efficacement les compétences linguistiques des
apprenants, mais qui les aident également à progresser et à s'approprier la langue enseignée.
L'erreur, en termes généraux, est une déviation par rapport à une norme ou une attente
prédéfinie. Dans de nombreux contextes, l'erreur est perçue négativement comme une indication de
manque de compétence, de connaissance, ou de précision. Cependant, dans le domaine de l'éducation
et de la formation, l'erreur est souvent vue comme une opportunité d'apprentissage et de croissance.
La pédagogie de l’erreur est une approche éducative qui met l'accent sur l'importance des
erreurs dans le processus d'apprentissage. Elle considère que les erreurs ne sont pas des échecs, mais
des opportunités d'apprentissage et des points de départ pour une meilleure compréhension.
Selon Jean-Pierre Astolfi (1997), "l'erreur n'est pas seulement une faille, mais un moment
nécessaire de l'apprentissage, un indicateur de la zone proximale de développement de l'élève".
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dans un cadre collaboratif où elles servent de point de départ pour des discussions et des révisions
collectives, renforçant ainsi l'apprentissage social et interactif (Lev Vygotsky, 1978). Chaque courant
propose donc une approche distincte pour gérer et valoriser les erreurs dans le processus éducatif.
Diagnostic des besoins: Les erreurs révèlent les domaines où les apprenants
rencontrent des difficultés, permettant aux enseignants de cibler des interventions
spécifiques.
Évaluation formative:Les erreurs sont utilisées pour fournir un feedback constructif
aux apprenants, les aidant à corriger leurs compréhensions et à progresser dans leur
acquisition linguistique.
Développement de l'autonomie.
Encourager les apprenants à reconnaître et à analyser leurs propres erreurs les aide à
devenir plus autonomes dans leur apprentissage, en développant leur capacité à
s'auto-corriger.
Ajustement des stratégies pédagogiques.
L'analyse des erreurs fréquentes dans une classe permet à l'enseignant d'ajuster ses
méthodes d'enseignement pour mieux répondre aux besoins collectifs et individuels
des élèves.
Robert Galisson : Défend l'idée que l'erreur est une composante essentielle de l'apprentissage
des langues, car elle reflète la dynamique interne de l'apprenant dans sa tentative de maîtriser une
nouvelle langue. Il propose de "désanctuariser" l'erreur, c'est-à-dire de la dédramatiser pour en faire
un élément normal et attendu du processus d'apprentissage."L'erreur est la preuve que l'apprenant est
engagé dans un processus actif de construction de sens" (Galisson, 1991).
Christian Puren : Met en avant l'idée que l'erreur est un révélateur du niveau d'interlangue de
l'apprenant, c'est-à-dire du stade intermédiaire qu'il traverse entre sa langue maternelle et la langue
cible. Il prône une approche de l'évaluation qui valorise la progression plutôt que la perfection
immédiate."L'erreur est un indicateur de l'interlangue, une phase transitoire où l'apprenant
expérimente et ajuste ses hypothèses linguistiques" (Puren, 2002).
Conclusion
L'erreur, loin d'être simplement un signe d'échec, est un outil essentiel dans l'évaluation en
classe de FLE. Elle permet d'identifier les besoins des apprenants, de leur fournir un feedback
constructif, et de guider les enseignants dans l'adaptation de leurs pratiques pédagogiques. Reconnaître
l'importance de l'erreur dans le processus d'apprentissage aide à créer un environnement
d'apprentissage plus inclusif, encourageant, et efficace.
20
14) La remediation en didactique
La remédiation en didactique est une approche essentielle pour aider les élèves à surmonter
leurs difficultés d'apprentissage et à atteindre leurs objectifs académiques. Selon Jean Piaget,
"L'apprentissage est un processus actif où l'élève construit sa propre compréhension" (Piaget, 1972),
soulignant l'importance d'une intervention ciblée pour répondre aux besoins individuels. Lev
Vygotsky ajoute que "L'aide apportée par l'enseignant dans la zone de développement proximal est
essentielle pour permettre aux élèves d'atteindre un niveau de compétence plus élevé" (Vygotsky,
1978). Ces principes indiquent que la remédiation doit être personnalisée et fondée sur une
compréhension approfondie des difficultés spécifiques rencontrées par les élèves. Richard E. Mayer
renforce cette idée en affirmant que "Les interventions pédagogiques doivent être adaptées aux
besoins individuels des élèves pour être réellement efficaces" (Mayer, 2009). En appliquant ces
approches, la remédiation aide non seulement à combler les lacunes cognitives mais aussi à soutenir le
développement global des compétences, assurant ainsi une progression académique harmonieuse et
équitable pour tous les élèves.
La culture occupe une place centrale dans l'enseignement du FLE (Français Langue Étrangère),
car elle enrichit l'apprentissage linguistique en fournissant un contexte socioculturel dans lequel les
apprenants peuvent situer la langue. La langue n'est pas seulement un ensemble de structures
grammaticales ou de vocabulaire, mais aussi un véhicule de valeurs, de croyances, de pratiques, et de
représentations culturelles.
Jean-Pierre Cuq, un expert renommé en didactique des langues, souligne que "l'enseignement
du FLE ne peut être dissocié de l'enseignement de la culture, car apprendre une langue, c'est aussi
apprendre à comprendre l'altérité culturelle".
Citation : Selon Jean-Pierre Cuq et Isabelle Gruca (2003), "la culture est un élément
fondamental de la compétence communicative. En enseignant le FLE, il est essentiel de transmettre à
la fois la langue et les repères culturels qui l'accompagnent, afin de permettre aux apprenants de
naviguer dans différents contextes socioculturels."
21
Martine Abdallah-Pretceille est l'une des principales figures dans le domaine de la didactique
interculturelle. Elle a contribué de manière significative à la théorisation de ces concepts en didactique
des langues."L’interculturel dans l’enseignement des langues est une démarche qui vise à valoriser la
diversité culturelle comme une richesse, en transformant les différences en opportunités d’échange et
d’apprentissage" (Abdallah-Pretceille, 2004).
"L’éducation interculturelle est une réponse à la diversité culturelle qui, loin de se limiter à
une simple intégration des cultures, vise à construire des espaces communs de compréhension et de
respect mutuel." (Abdallah-Pretceille, 2001)
"Pour que l’éducatif puisse réellement jouer un rôle dans l’intégration des diversités
culturelles, il est essentiel d’adopter une approche qui valorise la rencontre et l’échange au-delà des
stéréotypes et des préjugés." (Abdallah-Pretceille, 2006)
L'interculturalité dans l'enseignement du FLE repose sur plusieurs principes et pratiques qui
visent à préparer les apprenants à interagir avec des locuteurs natifs ou d'autres non-natifs dans un
cadre multiculturel.
Geneviève Zarate, experte en didactique des langues et cultures, insiste sur l'importance
d'intégrer des activités interculturelles dans l'enseignement du FLE pour aider les apprenants à
développer cette compétence."Apprendre une langue sans sa dimension culturelle, c’est se priver des
clés nécessaires à une véritable communication. L’interculturel permet de passer de la simple
connaissance linguistique à une compétence de communication globale" (Zarate, 1993).
- Cette approche consiste à inclure des activités pédagogiques qui simulent des situations de
communication interculturelle. Par exemple, des débats, des simulations de rencontres interculturelles,
ou l’analyse de malentendus culturels permettent aux apprenants de se confronter à des situations
réelles où la compétence interculturelle est essentielle.
Claire Kramsch, une figure influente dans la didactique des langues, a largement contribué à
promouvoir l’approche interculturelle en enseignement. Elle souligne l’importance de la réflexivité, où
22
les apprenants sont amenés à réfléchir sur leurs propres pratiques culturelles et celles des
autres."L'interculturalité en classe de langue doit être plus qu'une simple juxtaposition de cultures ;
elle doit permettre une véritable interaction où l'apprenant est acteur de son apprentissage culturel"
(Kramsch, 1998).
Louis Porcher a mis en avant l'importance de reconnaître la diversité culturelle des apprenants
et d'utiliser cette diversité comme un levier pédagogique."L'école doit être le lieu où les diverses
cultures présentes se rencontrent et se valorisent mutuellement. L'enseignement des langues, et en
particulier du FLE, doit refléter cette diversité en prenant en compte les spécificités de chaque
apprenant" (Porcher, 1995).
- La pluriculturalité en FLE nécessite une pédagogie différenciée qui s'adapte aux besoins et
aux contextes culturels des apprenants. Cela implique d'ajuster les contenus, les méthodes, et les
supports pédagogiques pour qu'ils résonnent avec les différentes cultures présentes dans la classe.
En didactique, les concepts d'interculturel et d'identité sont essentiels pour une approche
complète de l'enseignement des langues. L'interculturel concerne l'interaction entre cultures et
l'acquisition d'une compréhension approfondie des normes et pratiques culturelles. Selon Michael
Byram, «L'enseignement des langues ne peut être complet sans une composante interculturelle qui
permet aux apprenants de comprendre et de participer à des échanges culturels»(Byram, 1997). Cette
approche aide les apprenants à naviguer entre différentes cultures et à éviter les stéréotypes, favorisant
ainsi une communication plus authentique et respectueuse.
L'identité, quant à elle, se réfère à la manière dont les individus se perçoivent à travers le
prisme de leur propre culture et des cultures qu'ils rencontrent. L'apprentissage d'une langue étrangère
est souvent associé à une réévaluation de l'identité personnelle. Comme le souligne Henry
Widdowson, "L'apprentissage d'une langue est aussi un apprentissage de soi, une exploration des
limites de notre propre identité culturelle" (Widdowson, 1994). En intégrant des éléments de la culture
cible, les apprenants peuvent redéfinir et enrichir leur propre identité culturelle.
23
De plus, l'enseignant joue un rôle crucial dans la formation d'individus positifs et tolérants.
L'approche interculturelle ne se limite pas à la transmission de connaissances linguistiques et
culturelles ; elle inclut également la promotion de valeurs de respect et d'ouverture. Comme le
souligne Howard Gardner, «Les éducateurs ont la responsabilité de former des citoyens du monde
qui sont non seulement informés, mais aussi empathiques et tolérants»(Gardner, 1993). En cultivant
un environnement d'apprentissage qui valorise les différences culturelles et encourage la tolérance, les
enseignants contribuent à former des individus capables de participer positivement à une société
diversifiée.
Ainsi, en combinant ces dimensions, l'approche interculturelle en didactique des langues permet
non seulement de développer des compétences linguistiques, mais aussi de promouvoir une
compréhension plus profonde et nuancée des cultures et des identités, tout en formant des individus
ouverts et respectueux.
La pédagogie interculturelle:
C'est une approche éducative qui met l'accent sur la compréhension et la gestion des
différences culturelles dans le cadre de l'apprentissage. Cette approche est basée sur l'idée que la
reconnaissance des diversités culturelles enrichit l'expérience éducative et favorise une meilleure
compréhension mutuelle.
Le crible culturel désigne les filtres à travers lesquels chaque individu perçoit et interprète les
informations culturelles, influençant ainsi ses interactions et ses comportements. Les travaux de
Lartine Abdellah P. ont souligné l'importance de ces filtres dans le processus éducatif, mettant en
lumière comment les préjugés et les stéréotypes peuvent affecter la perception des cultures différentes.
Pour une communication interculturelle efficace, il est essentiel d'enseigner aux apprenants les
styles de variations et de codes culturels. Par exemple, le concept de convention sociale illustre
comment des comportements spécifiques, tels que la façon de saluer ou de faire des compliments,
varient d'une culture à l'autre. Dans certaines cultures, une poignée de main ferme est perçue comme
un signe de confiance, tandis que dans d'autres, elle peut être interprétée comme agressive. De même,
dans certaines cultures, il est courant de faire des compliments ouverts, tandis que dans d'autres, les
compliments sont plus subtils et réservés.
Conclusion
24
Martine Abdallah-Pretceille, Geneviève Zarate, Claire Kramsch, Louis Porcher, et Edmond Cros ont
permis de développer des approches pédagogiques qui rendent l'apprentissage du FLE plus inclusif,
dynamique, et adapté aux réalités d'un monde globalisé. L'enseignement du FLE devient ainsi non
seulement un moyen d'acquérir une langue, mais aussi un outil de compréhension et de respect mutuel
entre les cultures.
À l'opposé, la pédagogie active privilégie l'engagement des élèves à travers des activités
pratiques et des projets collaboratifs, transformant les erreurs en opportunités d'apprentissage (Philippe
Meirieu, 1997).
La pédagogie constructiviste, fondée sur les théories de Jean Piaget, encourage les élèves à
construire leur propre compréhension à travers des expériences exploratoires, valorisant les erreurs
comme des signes de progression dans la construction du savoir (Piaget, 1970).
La pédagogie différenciée adapte les méthodes et les supports en fonction des besoins
individuels des élèves, permettant une personnalisation de l'enseignement qui prend en compte la
diversité des capacités et des styles d'apprentissage.
Enfin, la pédagogie critique, inspirée par Paulo Freire, cherche à éveiller la conscience sociale
des élèves en les engageant dans une réflexion critique sur les injustices et les structures sociales,
utilisant les erreurs comme leviers pour une meilleure compréhension des réalités sociétales (Freire,
1970). Chaque approche offre une perspective unique sur l'enseignement, allant de la transmission
rigide des connaissances à l'engagement actif et critique des élèves.
Dans une classe de français langue étrangère (FLE) hétérogène, la gestion de la classe et
l'interaction nécessitent une approche adaptable et diversifiée. L'enseignant doit adopter des stratégies
incluant une organisation de l'espace de classe flexible, une planification différenciée des activités
pédagogiques, et une facilitation active de la communication entre les élèves. Jean-Pierre Astolfi
(2001) souligne que « la gestion de classe efficace repose sur la capacité de l'enseignant à adapter ses
méthodes en fonction des besoins spécifiques des apprenants » (L'Enseignement de la Méthodologie).
Les tâches de l'enseignant englobent l'application de la pédagogie différenciée pour ajuster les
objectifs et les méthodes selon les niveaux et les styles d'apprentissage, ainsi que l’utilisation de la
pédagogie coopérative pour favoriser l'apprentissage collaboratif. Michel Develay (2004) note que «
l'enseignant doit être capable de concevoir des activités qui permettent à chaque élève de participer
activement, tout en tenant compte de ses compétences et de ses besoins » (Les Pratiques de
l'Enseignement). L'éclectisme pédagogique est crucial, permettant de combiner diverses méthodes
pour une approche plus complète. André Tricot(2010) explique que « l'éclectisme pédagogique
25
permet d’ajuster les pratiques d’enseignement en combinant des éléments de différentes approches
pour créer une réponse plus complète aux besoins variés des élèves » (Différenciation Pédagogique).
Les techniques d'animation de groupe et les activités communicatives jouent un rôle crucial
dans l'enseignement du français langue étrangère (FLE), créant des environnements d'apprentissage
interactifs et motivants qui favorisent la pratique active de la langue. Les brise-glace et jeux de rôle
sont des techniques d'animation efficaces pour instaurer une atmosphère détendue et encourager la
participation dès le début. Les jeux de rôle, en particulier, permettent aux apprenants de pratiquer la
langue dans des contextes simulés reflétant des situations réelles. Bernard Candelier (2001) souligne
l'importance de ces techniques en affirmant : "Les techniques d’animation, telles que les jeux de rôle et
les brise-glace, sont des outils puissants pour stimuler la participation et créer une atmosphère
propice à l’apprentissage" (Les Techniques de l'Animation en Classe).
Les activités communicatives telles que les débats, discussions, et présentations permettent aux
apprenants de s’exprimer librement, d’échanger des idées et de développer leurs compétences
argumentatives en français. Ces activités offrent aussi une occasion structurée de pratiquer la langue.
Danielle S. Mialaret (1996) met en avant l’importance de ces activités en déclarant : "Les activités
communicatives sont essentielles pour permettre aux apprenants de mettre en pratique la langue dans
des contextes variés, renforçant ainsi leur capacité à utiliser le français de manière authentique et
efficace" (L’Enseignement des Langues Vivantes).
La gestion des niveaux hétérogènes en classe de FLE présente des défis importants, nécessitant
des stratégies adaptées pour répondre à la diversité des compétences et des besoins des apprenants.
Jean-Louis Chiss (2003) propose que la différenciation pédagogique est une réponse nécessaire,
permettant de répondre aux besoins variés en adaptant les tâches et les supports pédagogiques : "La
différenciation pédagogique est une réponse nécessaire aux défis posés par la diversité des niveaux en
classe. Elle permet à chaque apprenant de progresser à son rythme tout en participant activement à
l’apprentissage collectif" (L'Adaptation des Pratiques Pédagogiques).
Organiser des groupes de travail hétérogènes est une autre stratégie efficace, favorisant
l'entraide et la coopération entre apprenants de niveaux différents. Marie-Christine Lala (2005)
soutient que ces groupes encouragent la solidarité et l'apprentissage collaboratif : "Les groupes de
travail hétérogènes offrent une opportunité d’apprentissage collaborative où les apprenants peuvent
s’entraider et apprendre les uns des autres, enrichissant ainsi leur expérience d’apprentissage" (Les
Dynamiques de Groupe en Classe).
26
Enfin, l'utilisation des technologies éducatives telles que les outils numériques et les ressources
en ligne peut également aider à gérer les niveaux hétérogènes. Pierre Lévy (2010) explique que ces
outils permettent de personnaliser l'apprentissage en offrant des parcours adaptés et individualisés :
"Les technologies éducatives offrent des possibilités uniques pour personnaliser l’apprentissage et
répondre aux besoins variés des apprenants, facilitant ainsi la gestion des niveaux hétérogènes" (La
Société de l'Information et ses Enjeux).
En intégrant ces stratégies et outils, les enseignants peuvent mieux répondre aux besoins divers
des élèves et enrichir leur expérience d'apprentissage en FLE.
Conclusion
La gestion des interactions et des pratiques de classe en FLE implique une variété de stratégies
pour créer un environnement d'apprentissage dynamique et efficace. Les techniques de gestion de
classe, les méthodes d'animation de groupe, et les approches pour gérer les niveaux hétérogènes sont
essentielles pour encourager la participation active des apprenants et répondre à leurs besoins divers.
Les contributions de didacticiens tels que Pauline Gagnon, Hélène Jonniaux, Bernard Candelier,
Danielle S. Mialaret, Jean-Louis Chiss, Marie-Christine Lala, et Pierre Lévy fournissent des
perspectives précieuses pour améliorer la pratique en classe et optimiser l'expérience d'apprentissage
en FLE.
1. La pédagogie de projet est une approche éducative où les élèves s'engagent dans des projets
concrets et significatifs, mobilisant à la fois des savoirs et des savoir-faire pour résoudre des
problèmes réels ou créer des produits. Cette méthode favorise l'apprentissage actif, le travail
collaboratif, et le développement de compétences transversales telles que la gestion du temps et
la créativité. Les élèves sont immergés dans la socialisation des apprentissages, apprenant à
travers des interactions avec leurs pairs, et sont encouragés à adopter une approche de "faire,
essai et erreur" pour tester et améliorer leurs solutions. L'auto-évaluation joue également un rôle
crucial, permettant aux élèves de réfléchir sur leur propre travail, d'identifier leurs points forts et
les domaines à améliorer. En plus de ces aspects, la pédagogie de projet aide à développer la
confiance en soi, la coopération, l'intelligence collective et l'autonomie des élèves. Elle
contribue également à former des citoyens de demain en les préparant à relever des défis réels
et à collaborer efficacement dans des contextes variés. Comme l'indique Philippe Perrenoud, «
l'apprentissage par projet permet de mettre en relation les savoirs théoriques et les
compétences pratiques en donnant un sens aux activités éducatives ». En outre, David Kolb
souligne que « l'apprentissage est le processus par lequel la connaissance est créée à travers la
transformation de l'expérience », mettant en évidence l'importance de l'expérience pratique, du
processus d'essai et erreur, de l'auto-évaluation, et du développement des compétences pour
former des citoyens actifs et engagés.
2. La pédagogie différenciée est une approche éducative qui adapte l'enseignement aux besoins,
intérêts et niveaux variés des élèves, afin de garantir que chacun puisse atteindre son potentiel
maximal. Elle implique la modification des contenus, l'utilisation de méthodes d'enseignement
27
variées, et la mise en place d'évaluations personnalisées pour répondre à la diversité des styles et
des rythmes d'apprentissage. Comme le souligne Carol Ann Tomlinson, « La pédagogie
différenciée est un processus dynamique qui vise à créer des opportunités d'apprentissage pour
chaque élève en tenant compte de leurs différences individuelles. » Elle favorise également le
soutien individualisé et l’encouragement de l'autonomie, permettant aux élèves de progresser
selon leurs propres besoins. Selon Jean-Claude Cailliez, « La pédagogie différenciée n'est pas
une option mais une nécessité pour permettre à chaque élève de s’épanouir dans son propre
rythme. » En adaptant les méthodes et les évaluations, cette approche cherche à offrir un
environnement d'apprentissage inclusif et équitable pour tous.
Les 7 postulats de Bruns pour la pédagogie différenciée reposent sur l'idée que l'enseignement
doit s'adapter à la diversité des élèves pour être efficace. Selon ces postulats, les élèves
présentent une variété de besoins, de rythmes et de styles d'apprentissage, ce qui nécessite une
approche pédagogique flexible. Le contexte socio-culturel des élèves influence également leur
apprentissage, et les tâches doivent être perçues comme pertinentes pour stimuler la motivation.
L'apprentissage est optimisé lorsqu'il est actif, et la rétroaction régulière est essentielle pour
guider les progrès. L'enseignement doit s'adapter aux besoins évolutifs des élèves, et la
coopération entre élèves, enseignants et familles joue un rôle crucial dans le succès éducatif. En
intégrant ces principes, la pédagogie vise à offrir un soutien individualisé et à encourager une
participation active, tout en ajustant les pratiques pédagogiques en fonction des besoins et des
progrès des élèves.
3. L'approche par les compétences, développée dans les années 1990, s'appuie sur les travaux de
chercheurs comme Robert Marzano et Richard DuFour. Elle met l'accent sur le
développement des compétences spécifiques plutôt que sur la simple acquisition de
connaissances. Cette approche favorise une évaluation continue et une personnalisation de
l'enseignement. Les points forts incluent une meilleure alignement entre les objectifs
pédagogiques et les évaluations, mais elle peut parfois conduire à une approche fragmentée de
l'apprentissage, négligeant la dimension intégrative du savoir. Marzano souligne, "L'approche
par les compétences vise à rendre l'apprentissage plus ciblé et mesurable" (Marzano, 2001).
La pédagogie par compétences se concentre sur le développement et la démonstration des
compétences spécifiques plutôt que sur la simple accumulation de connaissances ou les notes.
Cette approche permet aux élèves de progresser à leur rythme en fonction de leur maîtrise des
compétences, ce qui favorise un apprentissage plus personnalisé et équitable. Contrairement à
l'enseignement traditionnel, qui suit un programme fixe et évalue principalement la
mémorisation, la pédagogie par compétences adapte l'enseignement aux besoins individuels et
évalue la compréhension par des actions concrètes. Les évaluations sont variées et incluent des
évaluations formatives, appliquées et numériques. Cette méthode encourage également l'auto-
évaluation et le soutien individuel, en permettant aux élèves de devenir des apprenants
autonomes. En fin de compte, elle vise à préparer les élèves pour leur vie professionnelle et
personnelle en développant des compétences applicables et en assurant une progression basée
sur la maîtrise réelle des compétences.
28
compétence communicative implique non seulement la connaissance des règles linguistiques
mais aussi la capacité de les utiliser de manière appropriée" (Hymes, 1972).
L'approche actionnelle, développée au début des années 2000 par des chercheurs comme
François Goullier et Michel Candelier, représente une évolution de l'approche communicative
en mettant l'accent sur l'apprentissage par l'action et la réalisation de tâches concrètes. Elle
favorise une forte motivation des apprenants et la pertinence des activités, tout en nécessitant
une préparation intensive et des ressources considérables pour une mise en œuvre efficace.
Selon Goullier, "L'approche actionnelle met l'accent sur la réalisation de tâches qui engagent
les apprenants dans des activités authentiques et significatives" (Goullier, 2007). Cette
approche valorise l'apprenant comme acteur de son apprentissage, impliqué dans des tâches
qui nécessitent de communiquer, agir, interagir et réagir dans des contextes réels. L'un des
aspects clés est la co-construction des savoirs, savoir-faire et savoir-être entre l'enseignant et les
élèves, permettant un apprentissage collaboratif et adaptatif. Comme le souligne Bourguignon
dans ses travaux sur l'apprentissage action, cette co-construction enrichit l'expérience éducative
en intégrant les perspectives et les compétences des deux parties. Célestin Freinet, quant à lui,
affirme que "L'école doit être le lieu où se construit le savoir collectif à partir des expériences
individuelles" (Freinet, 1964), illustrant ainsi l'importance de l'engagement actif et de la
collaboration dans le processus d'apprentissage.
Les pédagogies fonctionnelles se concentrent sur l'application pratique des connaissances et
des compétences dans des contextes réels, visant à rendre l'apprentissage pertinent et
directement utile. Elles impliquent la contextualisation de l'apprentissage à des problèmes
authentiques et le développement de compétences transférables telles que la résolution de
problèmes et la communication. Ces approches favorisent l'apprentissage par la pratique, le
travail collaboratif, et la réflexion sur les expériences pour améliorer les compétences. Comme
le souligne Jean Cuq, « La pédagogie fonctionnelle cherche à articuler l'apprentissage avec les
exigences concrètes de la vie et du travail, en mettant l'accent sur la capacité des élèves à
utiliser leurs connaissances de manière efficace et pertinente dans des situations réelles ». Cette
orientation pratique aide les élèves à acquérir des compétences qu'ils peuvent immédiatement
appliquer dans leur vie quotidienne ou professionnelle, rendant l'apprentissage plus significatif
et adapté aux défis du monde réel.
D'autres pédagogies...
1. La pédagogie Montessori, fondée par Maria Montessori au début du 20e siècle, repose sur
l’idée que les enfants apprennent de manière plus efficace lorsqu’ils sont libres de choisir leurs
activités et de travailler à leur propre rythme. Cette approche privilégie l’autonomie de
l’enfant, l’apprentissage par la manipulation et l’exploration de l’environnement. Les
environnements Montessori sont soigneusement préparés avec des matériaux didactiques qui
favorisent l'apprentissage auto-dirigé. Cependant, la mise en œuvre de cette pédagogie peut
29
être complexe dans les systèmes éducatifs traditionnels et nécessite une formation spécialisée
pour les enseignants. Maria Montessori a souligné : "L'éducation doit être un processus de
libération et non de restriction."
2. La pédagogie Reggio Emilia, développée par Loris Malaguzzi dans les années 1940, se
concentre sur l’éducation préscolaire et valorise l’expression créative ainsi que la
collaboration. Cette approche encourage les enfants à explorer leurs idées à travers des projets
collaboratifs et des activités créatives. Les parents, les enseignants et les enfants travaillent
ensemble pour créer un environnement d’apprentissage riche et dynamique. L’inclusion active
des familles et l’accent mis sur la créativité sont des points forts, mais la mise en œuvre peut
être difficile dans des contextes plus formels ou moins impliqués. Loris Malaguzzi a affirmé :
"L'éducation est un acte de création, et non de transmission."
3. La pédagogie de l’Apprentissage par Problèmes (APP), développée dans les années 1960 à
l’Université de McMaster, utilise des problèmes complexes et réalistes comme point de départ
pour l’apprentissage. Les étudiants travaillent en groupe pour résoudre des problèmes en
effectuant des recherches et en appliquant des connaissances théoriques. Cette méthode
favorise le développement de compétences en résolution de problèmes et en pensée critique,
mais elle peut nécessiter des ressources importantes et du temps. Howard Barrows, l’un des
pionniers de l’APP, a noté : "L'apprentissage par problèmes est un processus d'investigation
et de réflexion qui pousse les étudiants à construire leur propre savoir."
4. La pédagogie du Cours en ligne, ou e-learning, s’est développée avec l’avènement des
technologies numériques, permettant l’apprentissage à distance via des plateformes en ligne.
Cette approche offre une grande flexibilité d’apprentissage et une accessibilité accrue aux
ressources éducatives. Elle permet également d’intégrer des outils technologiques pour
enrichir le contenu pédagogique. Cependant, elle peut manquer d’interaction sociale directe
et d’encadrement personnalisé. Tony Bates a observé : "L'apprentissage en ligne n'est pas
simplement une méthode d'enseignement; c'est une opportunité de transformer la manière
dont nous accédons à l'éducation."
5. La pédagogie de l’Enquête repose sur les principes de la recherche-action et encourage les
élèves à poser des questions, rechercher des réponses et résoudre des problèmes de manière
autonome. Les élèves sont activement impliqués dans le processus de découverte, ce qui
développe leur curiosité intellectuelle et leur esprit critique. Bien que cette approche favorise
un apprentissage profond et impliqué, elle peut nécessiter plus de temps et de ressources pour
être mise en œuvre efficacement et peut être difficile à évaluer de manière standardisée. John
Dewey a exprimé l’idée que "L'éducation est le processus par lequel les enfants découvrent le
monde, pas celui par lequel ils le reçoivent de manière passive."
6. La pédagogie de Freinet, développée par Célestin Freinet, se fonde sur l'idée que l'éducation
doit être centrée sur l'enfant et intégrée à sa vie quotidienne. Elle met en avant une approche
coopérative, où les élèves sont actifs dans leur apprentissage à travers des activités concrètes,
comme l'imprimerie scolaire, la correspondance inter-scolaire, et les classes-promenades.
Freinet insistait sur l'importance de l'expression libre et du tâtonnement expérimental,
affirmant que "le maître ne doit plus enseigner ce qu’il sait, mais apprendre avec les enfants
ce qu’il ne sait pas encore". Cette pédagogie vise à développer l'autonomie, la coopération, et
le sens critique des élèves, en les plaçant au cœur du processus éducatif.
19. Les stratégies d'apprentissage:
a. Stratégies cognitives
Les stratégies cognitives impliquent des techniques telles que la répétition, l'élaboration, et
l'organisation des informations pour faciliter leur mémorisation. L'apprenant joue un rôle actif en
30
manipulant les informations pour les intégrer plus efficacement. L'enseignant, quant à lui, guide les
apprenants dans la découverte et l'application de ces techniques, en leur fournissant des outils comme
des cartes mentales ou des exercices de répétition pour renforcer l'apprentissage. Jean Piaget, souvent
considéré comme le père de la théorie cognitive, a montré comment les apprenants construisent
activement leur savoir à travers des processus mentaux. Robert Gagné, pour sa part, a élaboré une
théorie des conditions de l'apprentissage qui met en lumière l'importance des processus cognitifs dans
l'acquisition de nouvelles connaissances.
b. Stratégies métacognitives
c. Stratégies affectives
Les stratégies affectives se concentrent sur la gestion des émotions et de la motivation durant le
processus d'apprentissage. L'apprenant doit apprendre à identifier et à réguler ses émotions, par
exemple en réduisant l'anxiété grâce à des techniques de relaxation. L'enseignant joue un rôle de
soutien en créant un environnement d'apprentissage rassurant et en encourageant une approche
positive de l'apprentissage. Abraham Maslow, avec sa théorie des besoins, a montré que la satisfaction
des besoins affectifs est essentielle pour que l'apprentissage puisse se dérouler efficacement. Carl
Rogers, pionnier de l'approche centrée sur l'apprenant, a également insisté sur l'importance de
l'acceptation inconditionnelle et de la compréhension empathique pour favoriser un climat émotionnel
propice à l'apprentissage.
d. Stratégies sociales
Les stratégies sociales impliquent l'interaction avec d'autres personnes pour faciliter
l'apprentissage, comme le travail en groupe ou la demande d'aide. L'apprenant devient un collaborateur
actif, apprenant des autres et partageant ses propres connaissances. L'enseignant facilite ces
interactions en structurant des activités de groupe et en encourageant la communication entre les pairs.
Lev Vygotsky, avec sa théorie socioculturelle, a montré que le développement cognitif est
profondément enraciné dans les interactions sociales et que l'apprentissage se fait d'abord en
collaboration avec les autres avant d'être intériorisé. Jerome Bruner, en développant l'apprentissage par
la découverte, a également souligné l'importance du dialogue et des échanges dans le processus
d'apprentissage.
e. Stratégies de compensation
Les stratégies de compensation permettent aux apprenants de surmonter les obstacles liés à un
manque de connaissances, comme l'utilisation de déductions ou de contextes pour comprendre de
nouvelles informations. L'apprenant est amené à utiliser des indices contextuels pour deviner le sens
des mots ou des concepts inconnus. L'enseignant joue un rôle clé en enseignant comment utiliser
31
efficacement ces stratégies et en encourageant l'autonomie. Michael West, connu pour ses travaux sur
les langues simplifiées, a montré comment les apprenants peuvent compenser les lacunes dans leur
vocabulaire en utilisant des formes linguistiques simplifiées. Larry Selinker, avec sa théorie de
l'interlangue, a mis en évidence comment les apprenants de langues utilisent des stratégies de
compensation pour combler les lacunes dans leur connaissance linguistique et se rapprocher de la
langue cible.
2. Stratégies d'enseignement
Modélisation : L'enseignant montre aux élèves comment écrire un texte en suivant une
démarche précise, en explicitant ses choix au fur et à mesure.
Écriture guidée : Les élèves rédigent des textes sous la supervision de l'enseignant, qui
les guide et les conseille à chaque étape.
Ateliers d'écriture : Les élèves travaillent en petits groupes ou individuellement pour
produire des textes, avec la possibilité de réviser et d'améliorer leurs écrits.
Réécriture et révision : Encourager les élèves à réviser leurs textes pour améliorer la
clarté, la cohérence, et la qualité générale de l'écrit.
Le modèle linéaire de Rohmer, développé en 1965, est l'un des premiers à conceptualiser
l'écriture comme un processus unidirectionnel et séquentiel. Selon ce modèle, l'écriture suit une série
d'étapes fixes et linéaires, de la planification à la rédaction, puis à la révision et enfin à la publication
du texte. Chaque étape est clairement délimitée et s'enchaîne de manière logique et ordonnée. Ce
modèle a l'avantage de simplifier le processus d'écriture en le découpant en étapes distinctes, mais il
est souvent critiqué pour sa rigidité, car il ne prend pas en compte la nature souvent itérative et
récurrente du processus d'écriture, où la révision, par exemple, peut intervenir à n'importe quelle étape.
32
2. Modèle de Moirand : quatre composantes (1979)
Le modèle de Moirand, proposé en 1979, est une approche plus complexe et nuancée qui
identifie quatre composantes clés de la compétence écrite : la composante linguistique, la composante
référentielle, la composante textuelle, et la composante pragmatique.
Ce modèle est particulièrement utile pour décomposer et analyser les différentes compétences
que l'apprenant doit maîtriser pour écrire efficacement.
Le modèle de Hayes et Flower, développé en 1980, est un modèle cognitif qui a marqué un
tournant dans la compréhension du processus d'écriture. Contrairement au modèle linéaire, ce modèle
est non linéaire et interactif, mettant en avant trois composantes principales : l'environnement de la
tâche, la mémoire à long terme, et les processus cognitifs.
- L'environnement de la tâche inclut les conditions externes qui influencent l'écriture, telles
que l'audience, le sujet, et les outils disponibles.
- La mémoire à long terme stocke les connaissances générales et spécifiques que l'écrivain
mobilise lors de la rédaction.
Le modèle DIEPE, proposé en 1995, est un modèle didactique qui cherche à intégrer les aspects
dynamiques et complexes du processus d'écriture dans un cadre pédagogique. DIEPE est un acronyme
pour les cinq étapes du processus :
- Déclenchement : L'étape où l'écrivain est incité à écrire, souvent par un stimulus ou une
consigne.
33
- Élaboration : Cette étape inclut la planification et la rédaction du texte.
- Évaluation : L'étape finale, où le texte est évalué en fonction des objectifs initiaux et des
critères de qualité.
Le modèle DIEPE est particulièrement apprécié en contexte éducatif pour sa structure claire qui
guide les apprenants à travers le processus d'écriture tout en encourageant la réflexion critique et la
révision.
Michèle Dabène, en 1991, a introduit le concept de compétence scripturale, qui élargit la notion
de compétence écrite pour inclure une dimension plus socioculturelle. Dabène propose que la
compétence scripturale ne se limite pas à la maîtrise des techniques d'écriture, mais qu'elle inclut
également la capacité à naviguer entre différents registres de langue, genres textuels, et pratiques
sociales d'écriture. La compétence scripturale implique ainsi une adaptabilité à divers contextes et
exigences de communication écrite, prenant en compte les attentes du public, les normes culturelles, et
les objectifs de communication. Ce modèle est particulièrement pertinent dans un monde de plus en
plus globalisé, où les compétences en écriture doivent s'adapter à des contextes variés et souvent
complexes.
L’approche par compétence est une méthode éducative centrée sur le développement de
capacités spécifiques permettant aux apprenants de résoudre des problèmes et de réaliser des tâches
dans des contextes variés. Selon cette approche, l'acquisition de compétences dépasse la simple
mémorisation de connaissances théoriques pour inclure la capacité à mobiliser ces savoirs de manière
efficace en situation réelle. Cette approche met l'accent sur la contextualisation de l'apprentissage, en
proposant des activités significatives et des situations-problèmes qui reflètent les défis du monde réel.
L'évaluation est centrée sur la capacité des apprenants à appliquer leurs compétences dans des
contextes pratiques, avec un suivi régulier pour ajuster leur apprentissage. Les contributions de
34
didacticiens comme Bernard Rey, qui a souligné l'importance de l'articulation entre savoirs théoriques
et savoir-faire, Jean-Pierre Astolfi, qui a proposé des méthodes pour construire des compétences par
des situations-problèmes, Philippe Perrenoud, qui a développé un cadre pour évaluer la compétence en
termes d'autonomie et d'adaptabilité, et François Lemaire, qui a travaillé sur l'intégration des
compétences dans les curriculums, ont enrichi cette approche. Ensemble, ces perspectives ont façonné
une approche éducative qui vise à préparer les apprenants à être non seulement compétents sur le plan
cognitif mais aussi capables de naviguer efficacement dans des situations complexes et variées.
Bien que souvent utilisés de manière interchangeable, les termes compétence et capacité ont des
significations distinctes :
Capacité : La capacité fait référence à l'aptitude ou au potentiel d'une personne à effectuer une
tâche ou à acquérir des compétences. Elle est souvent plus abstraite et moins contextuelle que la
compétence. Les capacités sont des prérequis ou des potentialités qui permettent à une personne de
développer des compétences. Par exemple, la capacité d'analyser des données est une aptitude qui peut
être développée en une compétence d'analyse statistique lorsqu'elle est associée à des connaissances
spécifiques et à des techniques d'application.
CITATIONS:
Rey, B. (1997). « La compétence est une capacité à utiliser des savoirs en situation, c'est-à-
dire une articulation entre des connaissances théoriques et des savoir-faire pratiques. » Dans B. Rey
(Éd.), La compétence en question(pp. 15-27). Didier.
Astolfi, J.-P. (2003). « Les compétences ne se développent pas simplement par l'acquisition de
savoirs, mais par la confrontation à des situations-problèmes qui nécessitent leur mobilisation
effective. » Pour une didactique de la compétence. Nathan.
Develay, M. (1998). « Une compétence est une capacité à agir en fonction de l’objectif visé,
en utilisant des connaissances et des savoir-faire de manière intégrée. » Les métiers de l'enseignement
et les compétences des enseignants. Presses Universitaires de France.
35
Tricot, A. (2007). « La compétence ne se limite pas à la simple application de règles, mais
elle implique une capacité à adapter ses connaissances à des situations variées et complexes. » La
compétence : une analyse cognitive. L'Harmattan.
Lemaire, D. (2000). « Une compétence est un savoir-faire contextualisé, mobilisable dans des
situations diverses, et évolutif en fonction des besoins et des contextes rencontrés. » L'intégration des
compétences dans les curricula. Éditions du CNDP.
C'est un concept clé en didactique, défini par Yves Reuter (2005) comme « un accord implicite
entre l'enseignant et les apprenants, déterminant les modalités de l'enseignement et les attentes en
matière de travail et de comportement ». Ce contrat régule les interactions pédagogiques en clarifiant
les rôles et les engagements réciproques des parties impliquées. L'enseignant et les apprenants
s'engagent mutuellement à respecter des règles et des attentes concernant les objectifs d'apprentissage,
les méthodes pédagogiques, et les comportements en classe. Le contrat didactique est crucial pour
structurer le processus éducatif et assurer une compréhension commune des exigences, ce qui facilite
un environnement d'apprentissage plus harmonieux et efficace. En définissant clairement les
responsabilités et les attentes, il aide à prévenir les malentendus et à améliorer la qualité de
l'enseignement et de l'apprentissage.
Pour qu'un enseignement soit efficace, l'enseignant doit non seulement comprendre le contenu à
transmettre, mais aussi maîtriser l'utilisation du matériel didactique, qui est essentiel pour enrichir et
diversifier l'expérience d'apprentissage. Le matériel didactique, incluant les manuels, les supports
visuels, les outils numériques, et les ressources interactives, joue un rôle crucial dans la facilitation de
l'apprentissage. Il permet de rendre les concepts abstraits plus concrets et accessibles, d'illustrer des
idées complexes de manière visuelle, et de dynamiser les séances pédagogiques.
Une utilisation adéquate du matériel didactique aide les élèves à mieux comprendre les notions
en les engageant de manière active. Par exemple, les tableaux blancs interactifs et les logiciels
éducatifs offrent des possibilités d'interaction directe avec le contenu, ce qui peut améliorer la
rétention et la compréhension. Les vidéos éducatives et les simulations peuvent aussi apporter des
exemples pratiques et des contextes réels qui rendent l'apprentissage plus pertinent et significatif.
36
bonne maîtrise du matériel didactique aide l'enseignant à gérer plus efficacement le temps en classe et
à créer un environnement d'apprentissage stimulant et dynamique.
Ainsi, la maîtrise du matériel didactique est fondamentale pour tout enseignant, car elle permet
de rendre l'apprentissage plus interactif, adapté aux besoins des élèves, et aligné avec les objectifs
pédagogiques. Elle contribue non seulement à améliorer la qualité de l'enseignement, mais aussi à
soutenir le développement des compétences et des connaissances des élèves de manière efficace et
engageante.
La taxonomie de Bloom, créée en 1956 par Benjamin Bloom et ses collègues, est un cadre de
classification des objectifs éducatifs structuré en six niveaux hiérarchiques de complexité cognitive :
connaissance, compréhension, application, analyse, synthèse, et évaluation. En 2001, une version
révisée a introduit le niveau de création comme objectif ultime, soulignant l'importance de l'innovation
dans l'apprentissage. Ce modèle est essentiel pour la conception pédagogique, permettant aux
enseignants de structurer les objectifs d'apprentissage et d'assurer une progression cognitive chez les
apprenants. Comme l’a souligné Bloom, « le but de l'éducation est de créer des individus capables de
faire de nouvelles choses, non simplement de répéter ce que d'autres générations ont fait. » Les
objectifs pédagogiques, quant à eux, jouent un rôle clé dans ce processus, car, selon Ralph Tyler, « un
objectif éducatif est une description de l’attitude ou de l’habileté qu’un enseignant espère que les
élèves acquerront. » Enfin, dans le contexte de l’apprentissage chez l’enfant, Jean Piaget a déclaré : «
L'objectif principal de l'éducation dans les écoles ne devrait pas être d'apprendre à l'enfant beaucoup
de choses, mais de créer chez lui des possibilités pour inventer et découvrir. » Cela illustre
l'importance de la structuration de l'enseignement pour favoriser la pensée critique et la créativité chez
les élèves.
37
Un bon objectif pédagogique est souvent spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et
temporellement défini (SMART). Par exemple, un objectif pourrait être : "À la fin de ce
cours, les élèves seront capables d'identifier et d'expliquer les étapes du cycle de l'eau."
Ce type d'objectif aide à structurer l'enseignement et à assurer que l'apprentissage soit
centré sur des résultats précis.
Ralph Tyler, une figure clé dans le domaine de la pédagogie, a défini un objectif
pédagogique comme "une description de l’attitude ou de l’habileté qu’un enseignant
espère que les élèves acquerront."
38
II- Méthodologie
39
La Méthodologie de la recherche Scientifique:
40
notamment dans le choix du sujet ou dans l'interprétation des résultats. Il est donc crucial pour
les chercheurs de reconnaître et de gérer cette subjectivité, en collaborant avec d'autres
chercheurs et en sollicitant des critiques constructives pour renforcer la validité de leurs
travaux.
Les chercheurs doivent respecter la vie privée et les droits des participants à leurs
études, et s'assurer que leur travail ne cause pas de préjudice. Cela peut parfois limiter l'accès
à certaines informations, mais il est largement admis que l'éthique doit primer, même si cela
signifie sacrifier certaines données.
41
La recherche quantitative utilise des méthodes statistiques pour collecter des données,
permettant, selon Bourdieu, "une objectivation des réalités sociales" à partir d'un échantillon
représentatif.
La triangulation, combinant les deux approches, est souvent employée pour une
analyse plus complète, permettant ce que François Dubet nomme "une compréhension
plurielle des phénomènes sociaux".
42
individus attribuent à leurs expériences et à leurs interactions » (Hébrard, 2002). Elle se
caractérise par une flexibilité dans la collecte de données, où les entretiens et les observations
ne suivent pas des protocoles stricts mais s'adaptent au contexte spécifique de chaque
recherche.
L'étude de cas est l'une des stratégies clés de la recherche qualitative. Elle se concentre
sur une analyse approfondie d'un ou plusieurs cas particuliers dans leur contexte naturel, sans
chercher à généraliser les résultats à d'autres situations. Cette approche est saluée par Philippe
Meirieu, qui affirme que « l’étude de cas permet d’appréhender la richesse et la complexité
des situations éducatives dans leur unicité et leur contexte spécifique » (Meirieu, 1996). Les
méthodes de collecte d'informations en recherche qualitative comprennent les entretiens
individuels, les groupes de discussion, l'observation et l'analyse de documents. Comme le
souligne François Dubet, « les entretiens permettent d’accéder à la profondeur des
expériences personnelles, tandis que l’observation révèle les dynamiques sociales en action »
(Dubet, 1994).
L'analyse des données qualitatives, bien que parfois ardue, est essentielle pour identifier
des tendances et des modèles significatifs. Ce processus implique la transcription des
entretiens, l'organisation des données, et le codage, comme le recommande Bernard
Lahire, qui note que « l’analyse qualitative nécessite une lecture attentive et répétée pour
faire émerger les significations profondes et les structures sous-jacentes des données »
(Lahire, 2003). Les chercheurs doivent éviter certaines erreurs courantes dans la formulation
des résultats, comme l'utilisation de pourcentages ou la généralisation excessive, et doivent
discuter des défis rencontrés au cours de leur recherche, conformément aux recommandations
de Jean-Pierre Vernant qui souligne l’importance de « prendre en compte les limites et les
biais potentiels pour garantir la rigueur et la crédibilité des résultats » (Vernant, 1981).
43
souligne l'importance de cette approche en affirmant : « Les méthodes quantitatives
permettent de mesurer la complexité sociale de manière à obtenir des résultats objectifs et
vérifiables » (Bourdieu, 1984).
Les hypothèses en recherche quantitative sont cruciales. Elles sont formulées pour
tester les relations attendues entre les variables. Comme le note Jean-Pierre Bronckart, «
Une hypothèse est une prédiction testable qui guide l’ensemble du processus de recherche, en
proposant une relation entre les variables à étudier » (Bronckart, 1999). Par exemple, une
hypothèse pourrait explorer l'impact du nombre d’heures d’étude sur les résultats d'examen,
en distinguant entre une variable indépendante (nombre d’heures d’étude) et une variable
dépendante (résultats d'examen). Bronckart précise : « L'hypothèse scientifique est un modèle
de compréhension provisoire, soumis à l’épreuve des données empiriques » (Bronckart,
1999).
L'hypothèse nulle propose qu'il n'y a pas de relation entre les variables, tandis que
l'hypothèse alternative propose qu'une telle relation existe. Michel Fayol, spécialiste en
didactique, souligne que « la méthode scientifique privilégie la réfutation des hypothèses, ce
qui permet de tester rigoureusement les relations entre les variables » (Fayol, 2000).
44
Les variables qualitatives peuvent être nominales (sans ordre hiérarchique) ou ordinales
(avec un ordre spécifique). Ces distinctions influencent les méthodes statistiques employées.
Pour la statistique descriptive, André Tricot note : « Les statistiques descriptives fournissent
une vue d'ensemble des données, permettant de résumer et de présenter les résultats de
manière claire » (Tricot, 2006). Les statistiques inférentielles, quant à elles, testent les
relations causales ou corrélatives entre variables. Selon François Grosjean, « Les statistiques
inférentielles permettent d’évaluer la validité des hypothèses en testant des relations entre
variables sur des échantillons » (Grosjean, 2007).
Enfin, l'analyse des données quantitatives nécessite une distinction entre corrélation et
causalité.
La corrélation peut apparaître entre deux variables sans qu'il y ait une relation causale.
Comme l'explique Didier Ozanam, « Il est crucial de ne pas confondre corrélation et
causalité, car de nombreux facteurs peuvent influencer les relations observées entre variables
» (Ozanam, 2012). Les conditions pour établir une causalité incluent la présence d'une
corrélation, la priorité temporelle de l'effet sur la cause, l'absence d'alternatives explicatives,
et la non-fictivité de la relation observée. Ozanam ajoute : « Une relation causale véritable
doit satisfaire à plusieurs conditions, dont la temporalité et l’exclusion des explications
alternatives » (Ozanam, 2012).
Nous concluons par l'idée que la recherche quantitative est une méthode puissante pour
mesurer et analyser des phénomènes sociaux à travers des hypothèses rigoureuses, des
variables définies avec précision, et des méthodes statistiques appropriées.
45
En revanche, le document de recherche, qui s’apparente à une étude académique,
accorde une place importante à la revue de la littérature et à l’explication méthodologique.
Cette forme de présentation permet une analyse approfondie et une discussion des théories
existantes, contrairement au rapport qui est plus succinct et orienté vers les résultats pratiques
(Friedrich-Ebert-Stiftung, 2024). Quant à l’étude de politique, elle se concentre
principalement sur l’analyse d’un cas spécifique pour formuler des propositions politiques
concrètes.
Pour une formulation efficace des résultats, il est essentiel que les chercheurs adoptent
une méthode scientifique rigoureuse. Cette méthode comprend l’utilisation d’un langage
clair, la brièveté, la concision, et la capacité à organiser les idées de manière logique. Les
résultats doivent être précis, soutenir les idées avec des preuves appropriées, et présenter une
cohérence entre les parties et sections du document. Les citations doivent être exactes et
pertinentes, les jugements doivent être traités comme des hypothèses analytiques et non
comme des vérités absolues, et il est crucial de respecter les règles de citation et de
documentation (Friedrich-Ebert-Stiftung, 2024).
46
l'indiquent Trochim et Donnelly (2008), « l’explication scientifique cherche à révéler les
mécanismes et les relations causales sous-jacents aux phénomènes observés ». Enfin, le
niveau de compréhension vise à intégrer et interpréter les résultats dans un cadre plus large,
abordant les questions « Comment ? » et « Quel impact ? ». Creswell (2014) souligne que «
la compréhension des résultats implique l’intégration des données dans des théories
existantes et l’évaluation de leurs implications pratiques ». Ainsi, chaque niveau contribue à
une vision complète et approfondie du sujet, reliant les données descriptives aux théories
explicatives et aux implications pratiques.
Le choix du sujet est fondamental dans toute recherche scientifique, car il détermine la
direction de l’étude. Il doit être pertinent, original, et susciter un intérêt académique. La
formulation du problème consiste à définir clairement la question de recherche, qui servira
de fil conducteur tout au long de l’étude. Selon Philippe Perrenoud, "Un problème bien posé
est à moitié résolu", ce qui souligne l'importance de formuler un problème de manière précise
et cohérente.
2. Objectifs de la Recherche :
Les objectifs de la recherche doivent être définis de manière claire et spécifique. Ils
servent de guide pour la collecte et l’analyse des données, orientant ainsi l’ensemble du
processus de recherche. Jacques Tardif explique que "les objectifs permettent de cibler les
attentes de la recherche et d’orienter les efforts de manière efficace", ce qui renforce
l'importance de cette étape dans la méthodologie.
3. Hypothèses :
Les hypothèses de recherche sont des propositions testables qui découlent de la revue de
la littérature. Elles permettent de poser les bases pour l’analyse empirique et doivent être
formulées de manière claire et précise. Célestin Freinet insiste sur l'importance de cette
étape, affirmant que "toute hypothèse est une tentative d’expliquer le réel, mais elle doit être
soumise à la critique et à la vérification."
47
4. Approche Méthodologique :
5. Collecte de Données :
La collecte de données est une étape cruciale qui requiert la sélection des instruments
appropriés, tels que les questionnaires, les entretiens ou les observations. Les données
doivent être recueillies de manière systématique pour garantir leur fiabilité et leur validité.
Philippe Meirieu souligne que "la rigueur dans la collecte des données est essentielle pour
assurer la qualité des résultats obtenus."
L'analyse des données doit être effectuée de manière rigoureuse pour répondre aux
questions de recherche. Elle inclut souvent l'utilisation de logiciels statistiques ou d'autres
outils analytiques. Pour Jacques Fijalkow, "l’analyse des données est un exercice de
précision qui doit permettre de dégager des tendances significatives et de tester les
hypothèses formulées."
7. Validation et Fiabilité:
8. Éthique de la Recherche :
48
est le fondement de toute recherche, car elle garantit le respect des personnes et des données
étudiées."
11. Recommandations :
Les recommandations issues de la recherche doivent être basées sur les résultats obtenus
et peuvent concerner des pratiques, des politiques ou des orientations pour des recherches
futures. Philippe Perrenoud note que "les recommandations sont le prolongement naturel
des conclusions de la recherche, ouvrant la voie à de nouvelles investigations ou à
l’amélioration des pratiques existantes."
Reconnaître les limitations de l’étude est essentiel pour une interprétation honnête des
résultats. Cela inclut la reconnaissance des biais possibles, des contraintes méthodologiques et
des limites dans la généralisation des résultats. Philippe Meirieu affirme que "une recherche
honnête doit admettre ses limites et proposer des pistes pour les surmonter dans les travaux
futurs."
13. Bibliographie :
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Une bibliographie bien construite est indispensable pour ancrer la recherche dans le
cadre théorique existant. Elle permet aussi de reconnaître les travaux antérieurs et d’offrir des
ressources pour les recherches futures. Jean Houssaye insiste sur l'importance de la
bibliographie, affirmant que "citer ses sources avec précision est un acte de rigueur
scientifique et d’honnêteté intellectuelle."
14. Annexes:
50
A. La rédaction d'une dissertation:
1. Des mots et expressions utiles pour rédiger et structurer une dissertation :
1. Introduction
À l'aube de cette réflexion, il semble primordial de : pour introduire le sujet avec
gravité.
L'examen attentif de cette problématique nous conduit à : pour poser la question
centrale.
Il apparaît incontournable d’aborder la question de : pour souligner l'importance du
sujet.
L'objet de notre analyse se focalisera sur: pour préciser le cadre de la réflexion.
2. Pour exprimer une idée
De prime abord, il convient de : pour introduire une première idée.
On ne saurait négliger le fait que : pour insister sur un aspect important.
Il serait pertinent de considérer que: pour suggérer une idée.
Il émerge de cette perspective que : pour tirer une conclusion intermédiaire.
3. Pour exprimer une opposition ou une nuance
Or, il n'en demeure pas moins que : pour nuancer un propos.
Cela étant dit, il faut reconnaître que : pour introduire une opposition subtile.
Toute proportion gardée, on peut cependant affirmer que : pour nuancer une
affirmation.
En dépit de cela, il est crucial de noter que : pour exprimer une opposition sans la
minimiser.
4. Pour illustrer ou donner un exemple
À titre d'illustration, considérons le cas de : pour introduire un exemple précis.
Cette assertion se vérifie par : pour appuyer une idée avec un exemple.
Une illustration probante de cette idée réside dans : pour donner un exemple
convaincant.
Cet exemple met en exergue : pour souligner l'importance d'un exemple.
5. Pour exprimer une conséquence
De ce fait, il découle que : pour introduire une conséquence logique.
Il en résulte logiquement que : pour tirer une conclusion directe.
Ainsi, il s'avère que : pour présenter une conséquence avec certitude.
C'est pourquoi l'on peut conclure que : pour justifier une conclusion forte.
51
6. Pour conclure
En définitive, il semble opportun de : pour conclure avec autorité.
Tout compte fait, il apparaît clairement que : pour résumer et conclure.
En dernier lieu, il importe de rappeler que : pour clôturer la dissertation en réitérant
un point clé.
On peut dès lors postuler que : pour énoncer une conclusion générale.
7. Pour structurer le raisonnement
D'un côté... de l'autre : pour structurer une opposition plus finement.
Non seulement... mais de surcroît : pour renforcer l'idée de cumul.
À cela s’ajoute le fait que : pour enchaîner logiquement une nouvelle idée.
En somme, l'examen approfondi nous mène à : pour résumer et conclure en même
temps.
2. Une sélection de mots et d'expressions avancées pour introduire des citations,
adaptées à un niveau rhétorique élevé :
1. Pour introduire une citation de manière neutre
Comme le souligne [Auteur], : pour présenter une citation de manière directe.
D'après [Auteur], : pour indiquer l'origine de la citation.
Ainsi que le mentionne [Auteur], : pour introduire la citation tout en ajoutant une
certaine formalité.
[Auteur] affirme que : pour introduire une déclaration.
Selon les termes de [Auteur], : pour citer en respectant fidèlement les mots utilisés.
2. Pour introduire une citation en renforçant sa crédibilité
L'autorité de [Auteur] en la matière est indiscutable, et : pour souligner l'importance de
l'auteur avant la citation.
Comme l'explique avec précision [Auteur], : pour mettre en avant la clarté de la citation.
Le point de vue de [Auteur], réputé dans le domaine, est que : pour renforcer la
crédibilité de la citation.
[Auteur] met en lumière l'idée que : pour introduire une citation qui clarifie un concept.
L'argument de [Auteur] fait autorité lorsqu'il déclare que : pour appuyer l'autorité de la
citation.
3. Pour introduire une citation en accord ou en soutien
[Auteur] corrobore cette idée en déclarant que : pour montrer que la citation soutient un
argument.
52
En écho à cette pensée, [Auteur] précise que : pour montrer une résonance avec une idée
déjà exprimée.
[Auteur] renforce cette perspective en affirmant que: pour souligner l'appui de la
citation à un point de vue.
[Auteur] abonde en ce sens lorsqu'il affirme que : pour indiquer que la citation est en
accord avec l'argumentation.
Comme l'exprime judicieusement [Auteur], : pour indiquer que la citation soutient un
raisonnement.
4. Pour introduire une citation en nuance ou opposition
[Auteur], en revanche, suggère que : pour introduire une citation qui offre une
perspective différente.
Bien que [Auteur] affirme que : pour introduire une citation tout en signalant une
éventuelle opposition.
[Auteur] semble contester cette idée en déclarant que: pour introduire une citation
contradictoire.
Cependant, [Auteur] nuance cette affirmation en indiquant que : pour introduire une
citation qui tempère un propos.
[Auteur] apporte une perspective contrastée en déclarant que: pour introduire une
citation opposée ou nuancée.
5. Pour introduire une citation en apportant une réflexion critique
Il est pertinent de citer [Auteur] qui avertit que : pour introduire une citation tout en
amorçant une réflexion.
[Auteur] met en garde contre : pour introduire une citation en soulignant un
avertissement.
[Auteur] pose une question cruciale en affirmant que : pour introduire une citation qui
incite à la réflexion.
[Auteur] invite à reconsidérer la question en soulignant que : pour introduire une
citation qui propose une nouvelle perspective.
La réflexion de [Auteur] sur ce point mérite d'être citée : pour introduire une citation en
la mettant en valeur.
3. Vocabulaire didactiques :
1. Concepts Clés en Didactique
53
Approche actionnelle : méthode pédagogique où l'apprenant est mis en situation de résoudre
des tâches concrètes, simulant des activités de la vie réelle. « L’approche actionnelle
place l’apprenant dans une position de sujet social, agissant et interagissant dans un
environnement donné. » Jean-Claude Beacco, Le Cadre européen commun de référence
pour les langues : Descriptive des langues et approche actionnelle, 2007 .
Compétence linguistique : capacité à utiliser une langue correctement et de manière
appropriée dans diverses situations de communication. « La compétence linguistique
n’est pas seulement une connaissance de la langue, mais la capacité à l’utiliser
correctement et de manière appropriée dans les situations de communication. » Jean
Dubois, Dictionnaire de linguistique, 1973.
Démarche inductive : méthode d'enseignement où l'apprenant découvre les règles ou
principes à partir de l'observation et de l'analyse de cas concrets. « La démarche
inductive permet à l’apprenant de découvrir par lui-même les règles à partir de cas
concrets, favorisant ainsi une meilleure appropriation des savoirs. »Michel Develay,
De l’apprentissage à l’enseignement, 1992.
Pédagogie différenciée: approche éducative qui s'adapte aux besoins, niveaux et
rythmes d'apprentissage des apprenants pour mieux les accompagner. « La pédagogie
différenciée consiste à adapter l’enseignement aux besoins, aux niveaux, et aux rythmes
d’apprentissage de chaque élève, pour leur permettre de progresser à leur propre
cadence. »Philippe Perrenoud, La pédagogie à l'école des différences, 1997.
Médiation didactique : processus par lequel l'enseignant facilite l'accès au savoir en adaptant
et interprétant les contenus pédagogiques. *« La médiation didactique est l’art de rendre
le savoir accessible, en tenant compte des caractéristiques des apprenants et des
situations pédagogiques. »Jean-Louis Martinand, Le savoir scolaire et sa diffusion,
1986.
Méthodologie : ensemble des stratégies et techniques utilisées pour enseigner un contenu
spécifique, souvent liée à une approche théorique sous-jacente. « La méthodologie en
didactique s’appuie sur un ensemble de stratégies rigoureusement définies pour
atteindre les objectifs pédagogiques visés. »Jean-Pierre Astolfi, L'école pour
apprendre, 1992.
Modèle didactique : cadre théorique qui guide l'enseignement en décrivant les relations entre
les objectifs, les contenus, les méthodes et les évaluations. « Un modèle didactique n’est
pas une simple procédure ; c’est un cadre conceptuel qui guide l’enseignant dans la
54
construction et la mise en œuvre de l’enseignement. Michel Develay, Le savoir en
construction, 1996.
Objectifs pédagogiques : compétences spécifiques que l'on vise à faire acquérir aux
apprenants à la fin d'une séquence d'enseignement. « Les objectifs pédagogiques fixent
les compétences spécifiques à acquérir par les élèves à la fin d’une séquence
d’enseignement, permettant ainsi une évaluation ciblée. »Gérard Scallon,
L’évaluation des apprentissages dans une approche par compétences, 1988.
Savoirs procéduraux : connaissances liées aux processus et méthodes permettant de réaliser
des tâches spécifiques, souvent acquises par la pratique. « Les savoirs procéduraux sont
des connaissances en acte, mobilisées lors de la réalisation de tâches spécifiques et
acquises par la pratique répétée. »Gérard Vergnaud, Théorie des champs
conceptuels, 1990.
Transposition didactique : adaptation des savoirs savants en contenus pédagogiques
accessibles et compréhensibles par les apprenants. « La transposition didactique
transforme les savoirs savants en savoirs enseignables, adaptés aux niveaux et aux
capacités des apprenants. »Yves Chevallard, La transposition didactique du savoir
savant au savoir enseigné, 1985
2. Termes Techniques en Didactique
Analyse de besoins : évaluation des connaissances, compétences et besoins des apprenants
pour concevoir un programme pédagogique pertinent. « L’analyse de besoins est une
étape cruciale pour adapter l’enseignement aux attentes et aux lacunes spécifiques des
apprenants. » Louis Porcher, Les besoins éducatifs particuliers, 2004.
Évaluation formative : processus d'évaluation continue qui permet d'identifier les points
forts et les lacunes des apprenants pour ajuster l'enseignement en cours de route. «
L’évaluation formative a pour vocation de réguler l’apprentissage en fournissant un
feedback continu, orienté vers le développement des compétences. » Jean Cardinet,
Évaluation formative et didactique, 1988.
Feedback : retour d'information donné aux apprenants sur leur performance, visant à
améliorer leur apprentissage. « Le feedback est essentiel pour guider l'apprenant, car il
permet de corriger, d'améliorer et de consolider ses acquis. »Philippe Meirieu, Le
choix d'éduquer, 1991.
Grille d'évaluation : outil qui définit les critères et niveaux de performance pour évaluer les
compétences des apprenants. « La grille d’évaluation explicite les critères et les niveaux
55
de performance attendus, garantissant ainsi une évaluation juste et objective. »André
Antibi, Les notes : la fin du mythe ?, 2003.
Rétroaction: retour d'information sur les actions ou productions des apprenants, utilisé pour
guider leur progression. « La rétroaction pédagogique est un levier puissant pour
l’apprentissage, car elle permet à l’élève de prendre conscience de ses réussites et de
ses erreurs. »Philippe Perrenoud, L’évaluation des élèves : De la fabrication de
l’excellence à la régulation des apprentissages, 1998.
Scaffolding (échafaudage) : soutien temporaire apporté par l'enseignant pour aider les
apprenants à atteindre un objectif qu'ils ne pourraient atteindre seuls. « L’échafaudage
consiste à offrir un soutien temporaire qui permet à l’apprenant d’atteindre un objectif
qu’il ne pourrait pas atteindre seul. »Guy Brousseau, Théorie des situations
didactiques, 1997.
Séance didactique : unité de temps pendant laquelle un enseignant met en œuvre des activités
pour atteindre un ou plusieurs objectifs pédagogiques. « Une séance didactique bien
conçue doit articuler les objectifs pédagogiques, les activités proposées, et les méthodes
d’évaluation pour optimiser l’apprentissage. »Jean-Pierre Astolfi, L'école pour
apprendre, 1992.
Socioconstructivisme : théorie de l'apprentissage qui considère que les connaissances sont
construites par les interactions sociales et les expériences personnelles des apprenants. «
Le socioconstructivisme postule que l’apprentissage est le fruit d’interactions sociales
et que le savoir se construit à travers le dialogue et l’expérience partagée. » Philippe
Jonnaert, Les situations-problèmes, au cœur de l'apprentissage, 2002.
Taxonomie de Bloom : classification des objectifs éducatifs en fonction du niveau de
complexité cognitive, de la simple mémorisation à l'évaluation critique. « La taxonomie
de Bloom est un outil précieux pour hiérarchiser les objectifs d’apprentissage, en partant
des compétences les plus simples jusqu’aux plus complexes. »Benjamin Bloom,
Taxonomie des objectifs pédagogiques, 1956.
Zone proximale de développement (ZPD) : concept de Vygotski désignant l'écart entre ce
qu'un apprenant peut accomplir seul et ce qu'il peut accomplir avec l'aide d'un expert. «
La zone proximale de développement est cet espace potentiel où l’apprenant peut
progresser grâce à l’accompagnement d’un adulte ou d’un pair plus compétent. » Lev
Vygotski (référence citée par Philippe Meirieu dans Apprendre... oui, mais comment, 1991).
3. Expressions Utilisées en Didactique
56
Mobiliser des compétences : faire appel à un ensemble de savoirs, savoir-faire et
savoir-être pour accomplir une tâche complexe. « Mobiliser des compétences, c’est
mettre en synergie des savoirs, savoir-faire et savoir-être pour répondre efficacement à
des situations complexes. »Guy Le Boterf, Construire les compétences individuelles
et collectives, 2006.
Co-construction des savoirs : processus collaboratif où enseignants et apprenants
participent ensemble à l'élaboration des connaissances. « La co-construction des savoirs
engage enseignants et apprenants dans une dynamique d’échange, où chacun contribue
à l’élaboration des connaissances. »Célestin Freinet, L'éducation du travail, 1947.
Démarche heuristique : approche pédagogique qui privilégie la découverte et l'investigation
par les apprenants pour construire leur propre savoir. « La démarche heuristique
favorise la découverte et l’auto-construction des savoirs par les apprenants, les rendant
ainsi acteurs de leur propre apprentissage. »Jean Piaget (référence citée par Gérard
Vergnaud dans Théorie des champs conceptuels, 1990).
Élaborer un dispositif didactique : concevoir un ensemble de moyens, méthodes et
activités pour structurer l'enseignement d'un contenu spécifique. « Élaborer un dispositif
didactique consiste à concevoir un ensemble structuré d’activités pédagogiques, visant
à atteindre les objectifs d’apprentissage fixés. »André Giordan, Les dispositifs
d’apprentissage, 2003.
Favoriser l'autonomie : encourager les apprenants à prendre en charge leur propre
apprentissage en développant des stratégies personnelles. « Favoriser l’autonomie, c’est
inciter les apprenants à prendre en main leur propre apprentissage, en développant des
stratégies d’auto-régulation. »Jean Houssaye, Le triangle pédagogique, 1988
Intégration des apprentissages : processus par lequel les apprenants connectent et
appliquent de manière cohérente les connaissances acquises dans divers contextes. «
L’intégration des apprentissages permet aux apprenants de tisser des liens entre les
savoirs acquis et de les mobiliser dans des contextes divers. »Philippe Perrenoud, Des
savoirs aux compétences, 1996.
Optimiser l'interaction en classe : utiliser des techniques d'enseignement qui
maximisent les échanges entre les apprenants et l'enseignant pour enrichir
l'apprentissage. « Optimiser l’interaction en classe, c’est orchestrer des échanges qui
stimulent la réflexion, la collaboration, et l’engagement des apprenants. »Louis
Legrand, Pour une pédagogie de l'intelligence, 1986.
57
Renforcer l'engagement cognitif : susciter l'implication active et réflexive des
apprenants dans le processus d'apprentissage.
Rédiger une dissertation efficace requiert à la fois une maîtrise du sujet, une organisation
claire des idées, et une capacité à argumenter de manière convaincante. « Renforcer
l’engagement cognitif, c’est créer des situations d’apprentissage qui sollicitent la
pensée critique et la résolution de problèmes, engageant activement l’apprenant dans
sa réflexion. »Philippe Meirieu, Apprendre... oui, mais comment, 1991.
58
B. Rédaction d'une dissertation de qualité
Nous suggérons quelques conseils pratiques pour rédiger une dissertation de qualité : En
appliquant ces conseils, vous pourrez structurer vos idées de manière claire,
argumenter de façon convaincante, et produire une dissertation cohérente et pertinente.
1. Comprendre le Sujet
Analyser le libellé : Décomposez la question ou le sujet en identifiant les termes-clés.
Comprenez ce qui est demandé : explication, discussion, évaluation, comparaison, etc.
Cerner la problématique : Identifiez le problème central que vous devez résoudre ou la
question à laquelle vous devez répondre. La problématique doit être claire, concise, et
formulée sous forme de question.
2. Planifier votre Dissertation
Recherche et Documentation : Avant de rédiger, effectuez une recherche approfondie
pour rassembler des idées, des faits, des exemples, et des citations pertinentes.
Élaborer un plan détaillé : Organisez vos idées sous la forme d'un plan en trois parties :
introduction, développement, et conclusion. Chaque partie doit avoir une structure
logique.
Introduction : Présentez le sujet, définissez les termes importants, et posez la
problématique pui annoncer le plan.
Développement: Divisez cette partie en sous-parties correspondant à différents aspects
ou arguments. Chaque paragraphe doit développer une idée principale.
Conclusion: Répondez à la problématique en récapitulant les principaux arguments, et
ouvrez éventuellement sur une nouvelle réflexion.
3. Soigner l’Introduction:
Accrocher le lecteur : Commencez par une phrase d’accroche qui capte l’attention du
lecteur (historique, question rhétorique, fait marquant).
Définir le cadre : Introduisez les concepts et termes essentiels, puis annoncez la
problématique.
Annoncer le plan : Présentez brièvement la structure de votre développement pour
guider le lecteur.
4. Rédiger le Développement
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Argumentation structurée : Chaque paragraphe doit commencer par une phrase
thématique qui annonce l’idée principale, suivie d'une explication, d'exemples, et d'une
transition vers l’idée suivante.
Utiliser des connecteurs logiques : Pour assurer une fluidité et une cohérence dans votre
raisonnement, utilisez des connecteurs comme « en effet », « cependant », « donc », «
par conséquent », « en outre », « d’une part/d’autre part ».
Soutenir les arguments avec des preuves : Appuyez vos arguments avec des exemples
concrets, des faits, des données statistiques, et des citations d'auteurs reconnus.
5. Soigner la Conclusion
Synthèse : Rappelez brièvement les points-clés de votre développement sans répéter
mot pour mot.
Répondre à la problématique : Donnez une réponse claire et concise à la question posée.
Ouverture: Terminez en ouvrant la réflexion sur une nouvelle question, un autre aspect
du sujet, ou une perspective future.
6. Relecture et Révision
Corriger les fautes : Relisez plusieurs fois pour corriger les fautes de grammaire,
d’orthographe, et de syntaxe.
Améliorer le style: Cherchez à rendre le style plus fluide, précis, et élégant. Variez les
structures de phrases et veillez à la richesse du vocabulaire.
Vérifier la cohérence: Assurez-vous que chaque partie de la dissertation est bien reliée à
la problématique et que les idées s'enchaînent logiquement.
7. Respecter les Consignes
Longueur du texte : Respectez le nombre de mots ou de pages demandé.
Mise en page : Suivez les directives de présentation (police, interligne, marges).
Citation et bibliographie : Citez correctement vos sources et ajoutez une bibliographie si
nécessaire.
60
C. Pour bien gérer le temps lors de l'épreuve de doctorat et produire un
écrit de qualité tout en gérant le stress, voici quelques conseils :
Ces stratégies vous aideront à rester organisé, à bien structurer votre travail, et à aborder
l'examen avec confiance:
61
D. Des sujets d'épreuves précédentes, résolus:
Sujet 01:
62
Problématique : Véritable Finalité d'une Formation Littéraire en FLE : Lecture Éclairée
ou Spécialisation Textuelle ?
Dissertation:
Accroche
profondément nos systèmes éducatifs, la question de l’objectif de l’enseignement
littéraire en Français Langue Étrangère (FLE) se révèle cruciale. Nous devons nous
interroger sur la véritable finalité de cette formation : s’agit-il de former des spécialistes en
littérature ou de développer des compétences de lecture éclairée dans divers contextes ? La
e
Problématiqu
citation suivante illustre bien cette problématique : « Dans une classe de FLE, le but n’est pas
de former des spécialistes en textes et de discours variés (littérature), mais plutôt des lecteurs
éclairés de textes et de discours variés (littéraires et autres) produits en langue française » À
ce stade, il nous paraît pertinent de poser la question suivante : l'objectif de la formation
littéraire en FLE doit-il être la spécialisation ou la compréhension générale et
contextuelle des textes ? Pour répondre à cette question, nous examinerons dans un
premier temps la finalité de la formation littéraire en FLE en mettant l’accent sur le
Plan
développement de lecteurs éclairés. Ensuite, nous comparerons cette approche à une
spécialisation plus poussée en littérature, pour enfin évaluer les implications de chaque
approche sur la pratique de l’enseignement du FLE.
Pour commencer, il est essentiel de souligner que la formation littéraire en FLE vise
principalement à développer des compétences de lecture éclairée plutôt qu'une spécialisation
Citation
en littérature. Jean-Pierre Cuq explique clairement que « la didactique du FLE ne vise pas à
faire des étudiants des érudits littéraires, mais à leur fournir les outils nécessaires pour
Argumentation articulée
En effet, l’accent est mis sur la compréhension contextuelle et culturelle des textes
plutôt que sur une analyse approfondie des œuvres littéraires spécifiques. Bernard Pautrat
renchérit en affirmant que « la formation en FLE doit privilégier la capacité à lire et
comprendre en contexte, plutôt que la spécialisation dans des genres littéraires
spécifiques » (Pautrat, 2010). Cette approche vise à fournir aux apprenants les compétences
63
nécessaires pour saisir les nuances des textes en français et pour s'intégrer dans différents
contextes culturels et linguistiques.
D'un autre côté, il est pertinent de noter que la spécialisation en littérature, bien que
précieuse, ne constitue pas le cœur de la formation littéraire en FLE. Cette spécialisation peut
offrir des perspectives approfondies sur des œuvres spécifiques, mais elle peut également
restreindre la capacité des apprenants à comprendre et à interagir avec une gamme plus large
de textes et de discours en français. La formation littéraire en FLE, en se concentrant sur une
approche plus globale et contextualisée, prépare les étudiants à utiliser le français dans divers
contextes pratiques et interculturels.
En définitive, il apparaît que la citation met en lumière une vision pragmatique des
objectifs de la formation littéraire en FLE. Elle suggère que la véritable finalité de cette
Conclusion
formation est de développer des lecteurs éclairés, capables de comprendre et d’interagir avec
une gamme diversifiée de textes en français. En accord avec les perspectives de Cuq et
Pautrat, cette approche reflète une orientation pratique et adaptée aux besoins d'une formation
Réponse
linguistique moderne. Nous pouvons ainsi affirmer que la formation littéraire en FLE vise
avant tout à préparer les apprenants à naviguer avec aisance dans la langue française et à
s'intégrer culturellement, plutôt qu'à les spécialiser exclusivement dans l'analyse littéraire.
64
Sujet02 :Commentaire de la Citation sur le Passage de l'Approche Communicative à la
Perspective Actionnelle en FLE en Algérie.
Dissertation:
65
suivante : comment ce passage redéfinit-il l'enseignement/apprentissage du FLE
en Algérie ? Pour répondre à cette interrogation, nous explorerons les bases de
l'approche communicative, puis nous analyserons en quoi la perspective
actionnelle propose une vision renouvelée et plus complète du processus
d'apprentissage.
L'approche communicative a dominé l'enseignement des langues à la fin du XXe
siècle, en mettant l'accent sur la capacité des apprenants à communiquer de manière
efficace dans des situations réelles. En Algérie, où le FLE est souvent un outil
d'intégration sociale et économique, cette approche a répondu aux besoins
communicationnels des apprenants dans leur quotidien. Cependant, en dépit de ses
réussites, cette approche présente des limites. En se focalisant principalement sur
l'interaction verbale, elle tend à négliger d'autres aspects de l'apprentissage, comme la
réalisation de tâches concrètes ou la participation collective. En effet, Christian Pure
note que l'approche communicative « se fonde sur une seule forme très particulière
d'activité, celle de la communication langagière interindividuelle », ce qui limite
parfois l'étendue des apprentissages possibles.
66
l'agir collectif, l'approche actionnelle prépare les apprenants à agir dans un monde
complexe et interconnecté.
67
Sujet 03
À une époque où la pédagogie évolue pour mieux répondre aux besoins des
apprenants dans un monde globalisé, il est crucial de reconsidérer les méthodes
d'enseignement des langues étrangères. L'enseignement du Français Langue
Étrangère (FLE) a traditionnellement été centré sur la transmission de
connaissances linguistiques et culturelles, souvent dans une posture réceptive et
passive pour les apprenants. Cependant, la citation suivante propose une
réévaluation de cette approche : « La perspective de l'enseignement du FLE s'oriente
désormais de la focalisation sur les connaissances linguistiques et culturelles qui place
68
l'apprenant dans une attitude réceptive et passive réduisant ses capacités
d'interprétation et de construction des savoirs, à une approche qui permet à
l'apprenant/usager de la langue de s'appréhender et de les exploiter afin de résoudre les
dysfonctionnements inhérents à des situations langagières voire interculturelles »
(Citation). À ce stade, il nous semble pertinent de poser la question suivante :
comment la transition d'une approche centrée sur les connaissances à une
approche actionnelle modifie-t-elle la dynamique d'apprentissage en FLE ? Nous
examinerons cette problématique en trois parties : d'abord en analysant les limites de
l'approche traditionnelle axée sur les connaissances, ensuite en explorant les avantages
de l'approche actionnelle, et enfin en discutant de l'impact de cette évolution sur les
compétences interculturelles des apprenants.
69
De plus, l'approche actionnelle favorise le développement des compétences
interculturelles des apprenants en les exposant à des situations variées et en les
encourageant à interagir avec d'autres cultures. Bernard Pautrat indique que «
l'apprentissage par l'action favorise une meilleure compréhension des autres
cultures en permettant aux apprenants d'expérimenter directement les défis
interculturels » (Pautrat, 2010). En s'engageant dans des activités qui requièrent une
négociation interculturelle, les étudiants acquièrent non seulement des compétences
linguistiques, mais aussi une sensibilité accrue aux différences culturelles, ce qui est
essentiel dans un contexte globalisé.
En guise de conclusion, nous soulignions que la transition de l'approche
traditionnelle axée sur les connaissances à l'approche actionnelle marque un tournant
significatif dans l'enseignement du FLE. Cette évolution reflète un mouvement vers
une pédagogie plus dynamique et adaptée aux besoins réels des apprenants, en mettant
l'accent sur l'application pratique des compétences linguistiques et la résolution de
problèmes interculturels. La citation souligne avec pertinence que l'approche
actionnelle permet aux apprenants de dépasser une posture passive pour devenir des
usagers actifs de la langue, capables de naviguer efficacement dans des contextes
variés. Ainsi, nous pouvons affirmer que cette nouvelle perspective enrichit
considérablement l'enseignement du FLE en favorisant non seulement
l'acquisition de compétences linguistiques, mais aussi le développement
interculturel des apprenants.
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