Logique et Ensembles : Exercices
Logique et Ensembles : Exercices
Exercice 1 Décrire les parties de dans lesquelles évoluent x pour que les assertions suivantes soient
vraies :
a) (x > 0 et x < 1) ou x = 0 b) x > 3 et x < 5 et x ≠ 4
c) (x ≤ 0 et x > 1) ou x = 4 d) x ≥ 0 ⇒ x ≥ 2 .
P v v v v f f f f
Q v v f f v v f f
a) Dans les deux cas on obtient la table
R v f v f v f v f
v v v v v f f f
P v v f f
b) Dans les deux cas on obtient la table Q v f v f
f v f f
Exercice 3 On dispose de neuf billes visuellement identiques, huit d’entre elles ont même masse mais la
neuvième est plus lourde. Comment, en deux pesées sur une balance à deux plateaux, peut-on
démasquer l’intrus ?
On compare deux paquets de trois billes.
Si l’un est plus lourd que l’autre, c’est qu’il contient l’intrus.
Sinon, l’intrus est parmi les trois billes restantes.
Ainsi, on sait dans quel paquet de trois billes se situe l’intrus.
Dans ce celui-ci, on compare deux billes.
Si l’une est plus lourde que l’autre, c’est l’intrus.
Sinon, l’intrus est la troisième.
Exercice 4 On dispose de neuf billes visuellement identiques, elles ont toutes la même masse sauf une.
Comment, à l’aide d’une balance à deux plateaux, démasquer l’intrus en trois pesées ?
Notons 1,2,3,4,5,6,7,8,9 nos billes.
On commence par comparer 2 lots constituées de 1,2,3 et de 4,5,6.
Si ceux-ci ont même masse alors l’intrus se trouve dans 7,8,9.
On compare alors 1 et 7 puis 1 et 8 pour démasquer l’intrus.
Si les deux premiers lots n’ont pas même masse, l’intrus ci trouve.
La bille 9 servira alors de bille témoin.
Pour fixer les idées (et sans perte de généralités), supposons que le premier lot est plus lourd que le second.
Comparons maintenant les billes 1 et 4 avec les billes 2 et 5.
Si celles-ci ont même masse commune, l’intrus se trouve dans les deux autres billes 3 et 6. Une comparaison de
3 avec 9 permet alors de savoir qui est l’intrus de 3 ou de 6.
Si celles-ci n’ont pas même masse commune, pour fixer les idées (et sans perte de généralités), supposons que 1
et 4 soient plus lourdes que 2 et 5.
Si l’intrus est plus lourd que ses congénères alors cela ne peut ni être 4 ni être 2 à cause respectivement des
première et deuxième pesées.
Si l’intrus est plus léger que ses congénères alors cela ne peut ni être 2 ni être 4 à cause respectivement des
première et deuxième pesées.
Dans tous les cas l’intrus est soit 1, soit 5.
Une comparaison de 1 avec 9 permet alors de démasquer l’intrus.
Quantificateurs
a) ∃x ∈ I , f (x ) = 0
b) ∀x ∈ I , f (x ) = 0
c) ∃x , y ∈ I , f (x ) ≠ f (y )
d) ∀x , y ∈ I , x ≠ y ⇒ f (x ) ≠ f (y ) ou ∀x , y ∈ I , f (x ) = f (y ) ⇒ x = y
e) ∃a ∈ I , ∀x ∈ I , f (x ) ≥ f (a )
f) ∀M ∈ , ∃x ∈ I , f (x ) > M
g) ∀x , y ∈ I , f (x ) = 0 et f (y ) = 0 ⇒ x = y .
Exercice 7 Soit I un intervalle de non vide et f : I → une fonction à valeurs réelles définie sur I .
Exprimer les négations des assertions suivantes :
a) ∀x ∈ I , f (x ) ≠ 0
b) ∀y ∈ , ∃x ∈ I , f (x ) = y
c) ∃M ∈ , ∀x ∈ I , f (x ) ≤ M
d) ∀x , y ∈ I , x ≤ y ⇒ f (x ) ≤ f (y )
e) ∀x , y ∈ I , f (x ) = f (y ) ⇒ x = y
f) ∀x ∈ I , f (x ) > 0 ⇒ x ≤ 0 .
a) ∃x ∈ I , f (x ) = 0
b) ∃y ∈ , ∀x ∈ I , f (x ) ≠ y
c) ∀M ∈ , ∃x ∈ I , f (x ) > M
d) ∃x , y ∈ I , x ≤ y et f (x ) > f (y )
e) ∃x , y ∈ I , f (x ) = f (y ) et x ≠ y
f) ∃x ∈ I , f (x ) > 0 et x > 0 .
Exercice 8 Soit f : → . Quelle différence de sens ont les deux assertions proposées :
a) ∀x ∈ , ∃y ∈ , y = f (x ) et ∃y ∈ , ∀x ∈ , y = f (x ) .
b) ∀y ∈ , ∃x ∈ , y = f (x ) et ∃x ∈ , ∀y ∈ , y = f (x ) .
c) ∀x ∈ , ∃M ∈ , f (x ) ≤ M et ∃M ∈ , ∀x ∈ , f (x ) ≤ M ?
a) la première assertion est vérifiée par toute assertion, la seconde signifie f constante.
b) la première assertion signifie que f prend toute valeur dans , la seconde est absurde.
c) la première est toujours vérifiée, la seconde signifie que f est majorée.
Exercice 10 Soita ∈ .
a) Montrer que ( ∀ε ≥ 0, a ≤ ε) ⇒ a = 0 .
b) Montrer que ( ∀ε > 0, a ≤ ε) ⇒ a = 0 .
Ensembles
Exercice 12 Un ensemble est dit décrit en compréhension lorsqu’il réunit les éléments d’un ensemble vérifiant
une propriété. Un ensemble est dit décrit en extension lorsqu’on cite ses éléments. Par exemple,
{n ∈ / ∃k ∈ , n = 2k } et {2k / k ∈ } sont des descriptions respectivement en compréhension et
en extension de l’ensemble des entiers pairs.
a) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble {1,3,5,7,…} .
b) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble {1,10,100,1000,…} .
c) Décrire en extension l’ensemble des nombres rationnels.
d) Décrire en en compréhension l’ensemble ]0,1] . Pensez-vous qu’il soit possible de décrire cet
ensemble en extension ?
e) Décrire en compréhension et en extension l’ensemble des valeurs prises par une
fonction f : → .
f) Décrire en compréhension l’ensemble des antécédents d’un réel y par une fonction f : → .
a) {1,3,5,7} = {n ∈ / ∃k ∈ , n = 2k + 1} = {2k + 1/ k ∈ } .
b) {1,10,100,1000,…} = {x ∈ / ∃k ∈ , x = 10k } = {10k / k ∈ } .
c) = {p q | p ∈ ,q ∈ ∗ } .
d) ]0,1] = {x ∈ / 0 < x ≤ 1} .
e) {y ∈ / ∃x ∈ , y = f (x )} = {f (x ) / x ∈ } .
f) {x ∈ / f (x ) = y } .
A \ (B ∩C ) = A ∩C E (B ∩C ) = (A ∩C E B ) ∪ (A ∩C EC ) = (A \ B ) ∪ (A \ C )
C E A \ C E B = C E A ∩C EC E B = B ∩C E A = B \ A .
Soit x ∈ E .
x ∈ A∆B ⇔ (x ∈ A et x ∉ B ) ou (x ∈ B et x ∉ A)
⇔ (x ∈ A ou x ∈ B ) et (x ∈ A ou x ∉ A) et (x ∉ B ou x ∈ B ) et (x ∉ B ou x ∉ A)
⇔ x ∈ A ∪ B et x ∉ A ∩ B ⇔ x ∈ (A ∪ B ) \ (A ∩ B )
d’où l’égalité des ensembles.
k 0 1 2 3 … k 0 1 2 3 …
a) et .
f (k ) 0 2 4 6 … g (k ) 0 0 1 1 …
f est injective car 2k = 2k ′ ⇒ k = k ′ mais non surjective car les nombres impairs ne sont pas des valeurs
prises.
g est surjective car 2y est un antécédent de y mais non injective car un nombre pair et l’impair qui le suit
prennent même valeur pas g .
k si k est pair
b) (g f )(k ) = k donc g f = Id . ( f g )(k ) = .
k −1 sinon
g f est bijective. f g n’est ni injective, ni surjective.
Soit n ∈ .
Si n est pair alors f (n ) = n 2 ∈ + et si n est impair alors f (n ) = − (n + 1) 2 ∈ −∗ .
Dans les deux cas f (n ) ∈ .
Soit n , n ′ ∈ . Supposons f (n ) = f (n ′) .
Compte tenu de la remarque précédente, n et n ′ ont nécessairement même parité.
Si n et n ′ sont pairs alors n 2 = n ′ 2 donc n = n ′ .
Si n et n ′ sont impairs alors − (n + 1) 2 = − (n ′ + 1) 2 donc n = n ′ .
Ainsi f est injective.
Soit m ∈ .
2m
Si m ≥ 0 alors pour n = 2m ∈ on a f (n ) = =m .
2
2m
Si m < 0 alors pour n = −2m −1 ∈ on a f (n ) = =m .
2
Ainsi f est surjective.
Finalement f est bijective.
a) Supposons g f injective.
Soit x , x ′ ∈ E . Si f (x ) = f (x ′) alors g ( f (x )) = g ( f (x ′)) . Or g f injective, donc x = x ′ .
Ainsi f injective.
b) Supposons g f surjective.
Soit z ∈ G . Il existe x ∈ E tel que z = g ( f (x )) . Pour y = f (x ) ∈ F , on a g (y ) = z . Ainsi g surjective.
c) Supposons g f injective et f surjective.
Par a), on a f injective et donc f bijective. Introduisons f −1 .
g = (g f ) f −1 est injective par composition d’applications injectives.
d) Supposons g f surjective et g injective.
Par b), on a g surjective donc g bijective. Introduisons g −1 .
f = g −1 (g f ) est surjective par composition d’applications surjectives.
Supposons f injective.
Soit y ∈ E . On a f (( f f )(y )) = f (y ) , or f est injective donc ( f f )(y ) = y .
Pour x = f (y ) ∈ E on a f (x ) = f ( f (y )) = y . Finalement f est surjective.
Supposons f surjective.
Soit x , x ′ ∈ E tels que f (x ) = f (x ′) .
Puisque f est surjective, f f l’est aussi et donc ∃a ,a ′ ∈ E tels que x = ( f f )(a ) et x ′ = ( f f )(a ′) .
La relation f (x ) = f (x ′) donne alors ( f f f )(a ′) = ( f f f )(a ′) d’où f (a ) = f (a ′)
puis x = f ( f (a )) = f ( f (a ′)) = x ′ . Finalement f est injective.
P (E ) → P (A)× P (B )
Exercice 31 Soit A et B deux parties d’un ensemble E et f : . Montrer que :
X (X ∩ A, X ∩ B )
a) f est injective ssi A ∪ B = E
b) f est surjective ssi A ∩ B = ∅ .
Supposons f injective.
Soit A, A′ ∈℘ (E ) . On sait déjà f (A ∩ A′) ⊂ f (A) ∩ f (A′) .
Soit y ∈ f (A) ∩ f (A′) . Il existe x ∈ A et x ′ ∈ A′ tel que y = f (x ) = f (x ′) .
Or f est injective donc x = x ′ ∈ A ∩ A′ puis y ∈ f (A ∩ A′) .
Inversement supposons ∀A, A′ ∈℘ (E ), f (A ∩ A′) = f (A) ∩ f (A′) .
Soit x , x ′ ∈ E . Supposons f (x ) = f (x ′) .
Pour A = {x } et A′ = {x ′} on a f (A ∩ A′) = f (A) ∩ f (A′) = {f (x )} ≠ ∅ donc A ∩ A′ ≠ ∅ puis x = x ′ .
Ensembles ordonnés
Exercice 41 Soit E l’ensemble des couples (I , f ) formé d’un intervalle I et d’une fonction réelle définie
sur I .
On définit une relation sur E par : (I , f ) (J , g ) ⇔ I ⊂ J et g|I = f .
Montrer que est une relation d’ordre sur E .
Soit x ∈ E . On a f (x ) ≤ f (x ) donc x
x.
Soit x , y ∈ E . Si x y et y x alors f (x ) ≤ f (y ) et f (y ) ≤ f (x ) donc f (x ) = f (y ) . Or f est injective
donc x = y .
Soit x , y , z ∈ E . Si x y et y z alors f (x ) ≤ f (y ) et f (y ) ≤ f (z ) donc f (x ) ≤ f (z ) puis x z
Finalement, est une relation d’ordre.
Exercice 44 Soit (E , ) un ensemble ordonné tel que toute partie non vide admet un plus petit élément et un
plus grand élément. Montrer que E est fini.
Par l’absurde supposons E infini.
Posons x 0 = min E , x1 = min E \ {x 0 } ,..., x n = min E \ {x 0 , x1 ,…, x n −1 } ,...
L’ensemble {x 0 ,…, x n ,…} n’a pas de plus grand élément. Absurde.
Exercice 45 Soit E un ensemble ordonné par une relation ≤ .
Un tableau à n lignes et p colonnes est formé d’éléments ai , j ∈ E avec 1 ≤ i ≤ n et1 ≤ j ≤ p .
On note le plus petit élément de chaque ligne et l’on prend le plus grand de ces plus
petits : max min ai , j .
1≤ j ≤p 1≤i ≤n
On note le plus grand élément de chaque ligne et l’on prend le plus petit de ces plus
grands : min max ai , j .
1≤i ≤n 1≤ j ≤p
On a min max ai , j = max ak , j ≥ ak , et max min ai , j = min ai , ≤ ak , donc min max ai , j ≤ max min ai , j .
1≤i ≤n 1≤ j ≤p 1≤ j ≤p 1≤ j ≤p 1≤i ≤n 1≤i ≤n 1≤i ≤n 1≤ j ≤p 1≤ j ≤p 1≤i ≤n
Exercice 47 Soit A , B et C trois parties d’un ensemble finie E . Exprimer Card(A ∪ B ∪C ) en fonctions des
cardinaux de A, B ,C , A ∩ B , B ∩C ,C ∩ A et A ∩ B ∩C .
a) oui, car si A = {x1 ,…, x n } alors f (A) = {f (x1 ),…, f (x n )} est fini.
b) non, il suffit de considérer une fonction constante définie sur un ensemble infini.
c) non, il suffit de considérer une fonction constante définie sur un ensemble infini.
d) oui, car B ⊂ f ( f −1 (B )) et f ( f −1 (B )) est fini.
Dénombrement
()
formée de n éléments de F . Il y a p parties à n éléments dans F et donc autant d’applications strictement
n
croissantes de E vers F .
Une relation d’ordre total sur E permet définit une bijection de {1,…,n } vers E et inversement.
Par suite il y a n ! relation d’ordre total possibles.
Exercice 52 On trace dans un plan n droites en position générale (i.e. deux d’entre elles ne sont jamais
parallèles ni trois d’entre elles concourantes). Combien forme-t-on ainsi de triangles ?
Notons tn le nombre de triangles formés.
t0 = t1 = t 2 = 0 et t3 = 1 .
n (n −1) n (n −1)
Pour tout n ≥ 3 , tn +1 = tn + car la nouvelle droite définit, en plus des précédents, nouveaux
2 2
triangles (correspondants au choix de deux droites parmi les précédentes).
n
k (k −1) 1 n 2 1 n n (n + 1)(2n + 1) n (n + 1) n (n + 1)(n −1)
Par suite tn +1 = ∑ = ∑k − ∑k = − = .
k =1 2 2 k =1 2 k =1 12 4 6
( )
l’égalité p + q = ∑ p
n k =0
k n ( )( )
q .
− k
( )
Il y a exactement p + q parties à n éléments dans E .
n
Or pour former une partie à n élément de E , on peut pour chaque k ∈ 0, n commencer par choisir k éléments
k =0
( )
S np = p (Snp−−11 + S np−1 ) = p ∑ (−1) p−1−k p −1 k n−1 + p ∑ (−1) p−k p k n−1
k k =0
k ()
p p
= ∑ (−1) p−k p (p −1)k = ∑ (−1) (p )k
n −1 p−k n
k =0
k −1 k k =0
Récurrence établie.
( ) ()
∀p ∈ , Σnp +1 = Σn0 + + Σnn = n −1 + n + + n + p −1 = n + p
0 1 p p ( ) ( )
Récurrence établie.
p =0
()
b) ∑ n 2n−p = (1 + 2)n = 3n .
p
Exercice 57 Soit E un ensemble à n éléments. Combien y a-t-il de parties X et Y de E telles que X ⊂Y ?
()
Pour k ∈ {0,…, n } , il y a n parties Y à un k éléments dans E .
k
Pour une telle partieY , il y a 2k parties X incluses dansY .
n
k =0
k()
Au total, il y a ∑ n 2k = (1 + 2)n = 3n couples (X ,Y ) ∈℘ (E ) 2 tels que X ⊂Y .
∑
m =p
(m − p )
n − p 2n−m =
∑
k =0
k ( )
n − p 2n−p−k = (1 + 2)n−p = 3n−p .
()
Pour k ∈ {0,…, n } , il y a n parties X à un k éléments dans E .
k
n n
Par suite ∑ Card(X ) = ∑
X ⊂E k =0
∑
X ⊂E k =0
()
k = ∑ k n = n 2n−1 .
k
Card( X )=k
()
Pour k ∈ {0,…, n } , il y a n parties Z à k éléments dans E .
k
Pour une telle partie Z , les parties X contenant Z ont ∈ {k ,…, n } éléments.
−k( )
Il y a n − k parties X à éléments contenant Z .
Pour une telle partie X , une partie Y telle que X ∩Y = Z est une partie Y déterminée par Z ⊂Y ⊂ Z ∪C E X .
Il y a 2n− parties Y possibles.
n
=k
( )
Il y a ∑ n − k 2n− = (1 + 2)n−k = 3n−k parties (X ,Y ) tel que X ∩Y = Z .
−k
n n
∑
X ,Y ⊂E
Card(X ∩Y ) = ∑
k =0
∑ ∑
Z ⊂E X ,Y ⊂E k =0
k ()
Card(X ∩Y ) = ∑ k n 3n−k .
Card Z =k X ∩Y =Z
n
k =0
k ()
Or ((3 + x )n )′ = n (3 + x )n−1 = ∑ k n 3n−k x k −1 donc ∑ Card(X ∩Y ) = n 4n−1 .
X ,Y ⊂E