Lignes Directrices sur la Protection COOPI
Lignes Directrices sur la Protection COOPI
PROTECTION
Niger
Photo: Yves Jamoneau
SOMMAIRE
Introduction 5
Cadre théorique 6
• Les définitions clés
• Les droits internationaux comme base juridique dans
le domaine de la protection
• Méthodes et principales conclusions de la mise en œuvre
d’un programme de protection
Glossaire 20
Bibliographie 23
AUTEURS ET CRÉDITS
Coordination:
Barbara Nese, Responsable du Bureau de Recherche et Innovation
des Programmes
Elaboration:
Francesca Rivelli (Consultante Protection et VBG)
Des remerciements sont aussi adressés à; Ian Clifton Everest, Tiziana Vicario,
Barasa Chaungo, Massimo Galipò, Efrem Fumagalli, Morena Zucchelli, Elisa
Cassinadri and Elisa Zago.
Merci aussi à: toute l’équipe - siège et opérateurs des pays - qui ont contribué à
la réalisation de ce travail. En outre, l’élaboration de ces Lignes Directrices n’aurait
jamais été possible sans l’intérêt et la participation active du Directeur de COOPI,
Ennio Miccoli.
Pérou
Photo: Yofre Morales
COOPI - Coopération internationale est une fondation et soutien l’approche de COOPI et qui approfondit les
laïque et humanitaire indépendante créée en 1965. sujets déjà développées dans les lignes directrices de
Pendant 50 ans d’activité, COOPI a mis en œuvre plus COOPI sur le genre et sur l’enfance et l’adolescence.
de 1600 projets dans 60 pays, en employant milliers
d’opérateurs locaux, et a assuré de l’assistance
En outre, en conjonction avec ces lignes directrices,
COOPI a développé un document d’orientation 5
directe à millions de personnes dans le monde. Sa pratique (les Procédures Opérationnelles Standard -
mission est de contribuer, grâce à l’engagement, la POS - de COOPI sur la Protection) traduisant le cadre
motivation, la détermination et le professionnalisme théorique dans les programmes du terrain et en
de son personnel au processus de lutte contre la fournissant à COOPI un manuel opérationnel.
pauvreté et de croissance des communautés avec En tant que organisation humanitaire, COOPI inclut la
lesquelles COOPI coopère dans monde. En faisant protection parmi ses valeurs principales et la place au
cela, COOPI intervient dans des situations d’urgence, centre de ses actions sur le terrain. A la lumière de la
de reconstruction et de développement afin d’atteindre complexité du discours théorique sur la protection et
un meilleur équilibre entre le Nord et le Sud de la de ses multiples utilisations au niveau du terrain il s’est
planète, entre les régions plus développées et celles avéré nécessaire l’élaboration d’une approche plus
plus défavorisées ou en voie de développement. transparente et cohérente afin de définir la spécificité
et la valeur ajoutée de COOPI dans ce domaine.
Les lignes directrices sur la Protection1 font partie d’une Sa vaste expérience sur le terrain et son expertise
série de documents théoriques et opérationnels dont diversifiée entre zone géographiques si différentes
COOPI s’est dotée afin de positionner, inspirer, et guider a amené COOPI à se concentrer sur ces atouts et
la fondation en ce qui concerne les questions qui sont bonnes pratiques afin d’assurer la qualité de ses
au cœur de son action2. Ces documents décrivent le interventions, la satisfaction des personnes assistées
cadre de référence théorique internationale qui guide et le partage des connaissances.
1
Les lignes directrices sur la Protection ont été approuvées par le Conseil d’Administration de COOPI le 17 mai 2016.
2
A ce jour, les lignes directrices sur enfance et adolescence; sur environnement et réduction des risques de catastrophes; sur la sécurité
alimentaire; sur la responsabilité sociale des entreprises et sur le genre ont déjà été adoptées. Il est prévu que les lignes directrices sur la
sécurité nutritionnelle soient élaborées d’ici à la fin du 2016.
Le cadre theorique
Les définitions clés
Les actions de protection sont menées afin d’assurer En particulier, la protection est définie comme:
le respect intégral dans des conditions d’égalité des comprenant toutes les activités visant à obtenir
droits de toutes les personnes, quels que soient le respect intégral des droits de la personne
leur âge, leur genre, leur origine ethnique, sociale, conformément à la lettre et à l’esprit des corpus de
religieuse ou autre, aussi pendant des périodes de droit pertinents3, à savoir les droits humains, le droit
conflit, crise humanitaire, déplacement, guerre et/ou international humanitaire et le droit des réfugiés.
catastrophes naturelles. • IASC 1999 •
3
Définition fournie par le Comité Permanent Interorganisations (IASC - sigle anglais), le mécanisme de coordination inter institutions principal
pour l’intervention humanitaire (il comprend des représentants de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et le Mouvement international de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge), 1999.
Pour assurer un programme de protection de qualité il est essentiel d’engager toutes les parties concernées, y
inclues les populations vulnérables, les communautés locales et les autorités nationales, pour:
• apporter des solutions à travers des mécanismes de réparation et/ou réhabilitation aux violations des
droits;
• promouvoir un environnement propice au respect des droits des femmes, des hommes, des filles et des
garçons, à travers des activités d’information et sensibilisation, la fourniture des services et assistance
spécifiques;
• utiliser des actions de plaidoyer pour convaincre les détenteurs du pouvoir à protéger les individus;
• renforcer les capacités des autorités nationales ou de la société civile d’un pays ou région à protéger leur
populations;
• fournir directement des services ou assistance de sorte que les gens puissent se protéger des risques liés
à leurs conditions de vulnérabilité.
La protection consiste à faire en sorte que tous, les fem- droits. Instaurer signifie que les États doivent prendre
mes, les filles, les hommes et les garçons puissent jouir des mesures positives pour faciliter l’exercice des droits
de leurs droits dans des conditions d’égalité, dans la fondamentaux. Cependant, le rôle des acteurs interna-
sécurité et la dignité, y compris en période de déplace- tionaux est de renforcer, et non de remplacer la respon-
ment interne, des guerres, des conflits, et /ou désastres sabilité nationale. La communauté internationale a un
naturels. La législation nationale constitue le principal rôle important à jouer lorsque les autorités nationales
cadre juridique pour les activités de protection. Ces n’ont pas la capacité, ou ne sont pas disposées à assu-
activités doivent néanmoins s’ancrer dans le droit in- rer une réponse efficace aux crises humanitaires. Ceci
ternational et se fonder sur des droits. Les États ont la constitue un dilemme éthique profond qui présente des
responsabilité d’assurer la jouissance intégrale et dans difficultés programmatiques complexes pour les orga-
des conditions d’égalité des droits de tous les individus nisations non gouvernementales travaillant dans la pro-
se trouvant sur leur territoire ou sous leur juridiction4. tection: dans plusieurs pays l’État même ne respecte
Lorsqu’un État devient partie à un traité, le droit inter- pas ses obligations et/ou perpétue des violations des
national l’oblige à respecter, protéger et instaurer les droits humains. Pour cela, les humanitaires doivent
droits humains. Respecter les droits humains signifie toujours soutenir le cadre juridique national, tout en
que les États évitent d’entraver l’exercice des droits hu- intégrant l’impératif de fournir de l’assistance aux po-
mains. Protéger signifie que les États doivent protéger pulations vulnérables et/ou touchées par un conflit ou
les individus et les groupes contre les violations des désastre naturel.
République centrafricaine
Photo: Archives COOPI
4
Pour une discussion plus détaillée des obligations des États découlant du droit international des droits de humains, voir p. ex. Observation
générale n° 31 (1980) du Comité des droits de l’homme sur la nature de l’obligation juridique générale imposée aux États parties au Pacte,
doc. ONU CCPR/C/21/Rev.1/Add.13.
Le cadre theorique international
Tableau 2:
Les principaux instruments internationaux des droits humains, adapté du Global Protection Cluster Working Group, 2010, Manuel pour la protection des déplacés internes - COOPI, 2016
LES DOCUMENTS ET LES OUTILS INTERNATIONAUX DE RÉFÉRENCE POUR LES ACTEURS HUMANITAIRES
Nom Description
Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), Instrument de portée universelle énonçant les droits fondamentaux de toutes les personnes sur la base
1948 de l’égalité et de la non-discrimination.
Pacte international relatif aux droits économiques, Expose les garanties économiques, sociales et culturelles, dont le droit à la nourriture, aux vêtements
et au logement, à des soins de santé, à un niveau de vie suffisant, et les garanties concernant le travail,
sociaux et culturels (PIDESC), 1966
la protection sociale, l’éducation et la participation à la vie culturelle.
Pacte international relatif aux droits civils et politiques Expose un large catalogue de droits civils et politiques, dont les droits à la vie, à l’intégrité physique, à
la reconnaissance devant la loi, à la participation politique, à la libre circulation et au libre choix de sa
(PIDCP), 1966
résidence, et à la protection de la famille.
Convention contre la torture et autres peines ou Définit et interdit la torture en toutes circonstances. Stipule que les États ne peuvent pas transférer une per-
traitements cruels, inhumains ou dégradants (CCT), 1984 sonne dans un autre État s’il y a des raisons de croire qu’elle y sera torturée (principe du non-refoulement).
Convention internationale sur l’élimination de toutes les Interdit la discrimination raciale : lorsqu’une personne ou un groupe est traité différemment en raison
formes de discrimination raciale (CIEDR), 1965 de sa race, de sa couleur, de son ascendance, de son origine nationale ou ethnique.
Convention pour la prévention et la répression du crime Définit le génocide comme des actes commis dans l’intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national,
de génocide, 1948 ethnique, racial ou religieux, et déclare qu’il s’agit d’un crime, qu’il soit commis en temps de paix ou de guerre.
Établit un cadre d’action national pour assurer que les femmes bénéficient, sur un pied d’égalité avec
Convention sur l’élimination de toutes les formes de les hommes, de leurs droits dans tous les domaines, dont l’emploi, l’éducation et l’administration des
discrimination à l’égard des femmes (CIEDEF), 1979 biens, et pour assurer la protection des femmes, en particulier contre les menaces à leur sécurité physi-
Code complet visant à protéger les droits et l’intérêt supérieur des enfants (de moins de 18 ans). Oblige
9
le Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la les États à prendre des mesures pour assurer la protection, les soins, la réadaptation psychosociale et
prostitution des enfants et la pornographie mettant en la réinsertion sociale des enfants victimes d’un conflit armé, y compris des enfants non accompagnés ou
scène des enfants, 2000, et le Protocole facultatif sur la séparés. Le protocole facultatif sur la participation des enfants aux conflits armés interdit l’enrôlement
participation des enfants aux conflits armés, 2000 forcé et l’utilisation directe dans les hostilités de personnes de moins de 18 ans.
Réaffirme les droits de l’homme et souligne leur importance pour les personnes handicapées. Fournit aussi
Convention relative aux droits des personnes des orientations aux États sur la manière d’assurer que les handicapés, y compris les victimes de mines
handicapées (CDPH), 2006 terrestres et de restes explosifs de guerre, puissent exercer pleinement leurs droits et dans les mêmes
conditions que les autres.
Convention internationale pour la protection de toutes les Définit et interdit les disparitions forcées en toute circonstance et oblige les États à prévenir de tels
actes, à poursuivre en justice et à punir ou extrader leurs auteurs, et à fournir des réparations aux
personnes contre les disparitions forcées (CDF), 2006
victimes et à leur famille.
Convention concernant l’interdiction des pires formes de Oblige les États à prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer les pires formes de travail
travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur des enfants telles que l’esclavage, la traite, la prostitution ou le travail forcé, ainsi que l’enrôlement
élimination (Convention n° 182 de l’OIT), 1999 d’enfants (de moins de 18 ans) afin de les faire participer à un conflit armé.
Convention internationale sur la protection des droits
Fournit un cadre pour la protection des droits de l’homme des travailleurs migrants à tous les stades du
de tous les travailleurs migrants et des membres de leur
processus de migration; avant le départ, pendant le transit et dans le pays d’emploi.
famille (CTM), 1990
Convention relative aux peuples indigènes et tribaux Définit un cadre permettant d’assurer que les peuples indigènes et tribaux jouissent de leurs droits sur
(Convention de l’OIT n° 169), 1989 un pied d’égalité avec les autres. Traite tout particulièrement du déplacement des peuples, établissant
des conditions et des garanties à remplir pour que ce déplacement soit légal5.
5
Pour plus d’informations, voir : [Link]/english/law/[Link]#core
Le cadre theorique international
Tableau 3:
La mise en œuvre de la protection, adaptée du manuel IASC, 2010 - COOPI, 2016
Les stratégies les plus efficaces de protection se déclinent autour de trois approches courantes et interdépendantes
Approche Concept clés Dans notre travail il est nécessaire de:
La protection consiste à Afin que la protection porte sur le respect des droits, elle • connaître les normes juridiques internationales;
nécessite une approche fondée et axée sur la jouissance • fonder les activités sur les droits, y compris l’analyse
garantir les droits humains intégrale des droits, dans des conditions d’égalité. de la situation, les évaluations participatives des
Cette manière de travailler requiert que nous reconnaissions besoins, la planification, la conception, l’exécution, le
(approche fondée sur les droits) les individus comme titulaires de droits pouvant légalement suivi et l’évaluation des programmes;
se prévaloir d’une protection et d’une assistance. À différence • analyser pourquoi les individus ou les groupes ne
des «besoins», les droits génèrent la responsabilité d’assurer peuvent pas jouir de leurs droits;
la protection et le bien-être des individus. L’État et les • veiller à ce que nos politiques, programmes et activités
autres autorités sont titulaires d’obligations assorties de visent à aider les femmes, les hommes, les filles et les
la responsabilité de respecter et de protéger les droits des garçons deplacés à exercer leurs droits;
individus. • renforcer la capacité et la responsabilité des autorités
locales et nationales de respecter leurs obligations.
Les individus et les communautés L’expérience a montré que pour être efficaces et durables, • comprendre les rôles assignés au genre, les rapports
les actions de protection doivent être élaborées de manière à de force et la dynamique communautaire;
sont des partenaires égaux en reconnaître, soutenir et renforcer les capacités de protection • reconnaître de quelle manière les personnes améliorent
matière de protection des individus et des communautés elles-mêmes. Cela se leur propre protection et les aider dans ce sens;
réalise en veillant à ce que les femmes, les hommes, les filles • construire un partenariat égal et actif avec les femmes,
10 (approche fondée sur la
communauté)
et les garçons de tout âge et de toute origine soient considérés
et impliqués comme des partenaires et sujets actifs dans tous
les hommes, les filles et les garçons en veillant à ce
qu’ils participent à repérer les risques et les priorités
les aspects de notre travail; reconnaissant leur résilience, leurs de protection et à y remédier.
capacités et leurs ressources; et mobilisant les capacités des
communautés à renforcer leur propre protection.
La protection encourage le Le conflit et le déplacement peuvent toucher les personnes • comprendre comment la crise affecte les individus de tous
de diverses manières en fonction de facteurs tels que l’âge, le âges, genres et origines de manières differentes;
respect intégral et dans des genre, l’origine ethnique, sociale, religieuse ou autre. Certains • intégrer l’analyse de l’âge, du genre et de la diversité
conditions d’égalité des droits groupes, dont les femmes, les enfants, les personnes âgées dans les évaluations, les analyses, l’élaboration des
humains de tous les individus, et les minorités, sont souvent marginalisés dans les commu- stratégies ainsi que l’élaboration, l’exécution et le suivi
sans discrimination aucune nautés et sont moins représentés dans les structures décision- des programmes et activités de protection;
nelles officielles. • travailler en partenariat avec les femmes, les hommes,
les filles et les garçons pour identifier les risques de
(intégration de l’âge, du genre et protection auxquels sont exposés différents membres
de la diversité) de la communauté, prévenir ces risques et y remédier
par des mesures ciblées visant à permettre aux
groupes défavorisés de jouir de leurs droits;
• s’engager dans l’élimination de la violence sous toutes
ses formes, y compris la violence basée sur le genre,
en collaboration étroite avec les communautés locales,
la société civile et le gouvernement national;
• veiller à ce que nos stratégies, programmes et activités
n’aboutissent pas involontairement à la discrimination
ou à l’exclusion de différents groupes.
Le cadre theorique international
11
COOPI assure que ses interventions visent les plus vulnérables, améliorent la sécurité et la dignité,
et promeuvent et protègent les droits humains des populations affectées par les crises.
Éthiopie
Photo: Lorenzo Dell’Uva
L’approche de coopi sur la protection:
concepts cles et bonnes pratiques
et services de base
13. Santé
explosifs de guerre
14. Prévention et traitement du VIH
4. Violence basée sur le genre
15. Éducation
5. Enfants associés aux forces
armées ou aux groupes armés 16. Moyens de subsistance
6. Menace à la liberté et à 17. Terres et biens
la libre circulation 18. Justice
7. Séparation familiale 19. Participation politique et droit de vote
8. Traite d’êtres humains 20. Réduction des risques de
9. Perte de l’état civil et de la nationalité catastrophe
12 Tableau 4:
Rivelli, COOPI - 2015
Cette section décrit l’approche de COOPI dans le do- compte la protection du point de vue des droits de
maine de la protection, en délinéant sa valeur ajoutée l’homme (flèche de haut en bas dans le tableau 4) et
et son originalité d’action. En effet, COOPI décline ses se dévoue à la promotion sur le terrain des mesures
interventions dans le domaine en suivant deux appro- correctives et réactives pour prévenir des risques
ches principales. ultérieurs, limiter les préjudices, et finalement, corriger
En premier lieu, COOPI met en place des programmes les violations des droits de l’homme. Ces programmes
axés sur la protection qui comprennent des actions peuvent se concentrer sur la protection internationale
réactives (pour prévenir ou arrêter les violations des des réfugiés et des personnes déplacées internes et
droits); des actions correctives (pour assurer un remède sur le rétablissement des droits des minorités ethni-
aux violations et leur correction); et des actions con- ques et autochtones. De l’autre côté, COOPI est de
structives (pour promouvoir le respect des droits et l’état l’avis que la protection va de pair avec l’assistance
de droit). Deuxièmement, COOPI intègre les actions de humanitaire destinée aux populations affectées pour
protection dans toutes ses interventions humanitaires augmenter/améliorer leur accès aux services de base,
et de développement pour assurer l’efficacité durable en les aidant à répondre à leurs besoins de renfor-
et participative de ses programmes. cer leurs mécanismes de résilience6 et de limiter leur
i) Mise en œuvre des programmes de protection. vulnérabilité aux violations et aux abus. Par exemple,
Le tableau 4 représente les différentes actions qui COOPI permet d’accéder à l’assistance alimentaire et
pourraient être menées par COOPI, à l’échelle mon- aux moyens de subsistance à ceux qui en nécessitent;
diale, au sein d’un programme de protection, en offre des programmes de nutrition pour les enfants, et
fonction des différents contextes. COOPI prend en soutient les établissements de santé dans leur presta-
6
La résilience se réfère aux capacités d’un système, d’une communauté ou d’une société exposés à des menaces, de résister ou de chan-
ger pour maintenir un niveau acceptable en termes de fonctionnement et de structures (UN/ISDR 2004).
tion de soins aux personnes affectées par les conflits ii) Le mainstreaming de la protection
ou par les catastrophes naturelles. En outre, COOPI se concentre sur l’intégration (ou
Selon le contexte, les programmes de protection pren- mainstreaming) de la protection au sein de toutes ses
nent toujours en considération les besoins spécifiques actions en incorporant les principes de la protection
des groupes cibles. En fait, lors des situations de con- et en promouvant un accès significatif, la sécurité et
flit et/ou de catastrophes, COOPI s’occupe spécifique- la dignité dans l’assistance humanitaire. Pour COOPI
ment de certaines personnes/groupes qui sont généra- le mainstreaming de la protection assure que l’effet
lement plus affectés par les risques spécifiques ou par protecteur de la programmation de l’assistance est
des problèmes de protection, et donc qui nécessitent maximisé. Grâce à l’intégration des principes de pro-
d’une aide plus spécifique. Par exemple, COOPI met en tection dans toutes ses interventions, COOPI assure
œuvre des programmes dédiés aux survivants de la vio- que ses activités visent les plus vulnérables, amélio-
lence basée sur le genre (dénommés programmes de rent la sécurité, la dignité, et promeuvent et protègent
VBG)7, aux enfants associés aux forces ou aux groupes les droits humains des populations sans contribuer ou
armés armeés ou aux enfants non accompagnés ou perpétuer la discrimination, les abus, la violence, la
séparés de leur famille (aussi dénommés programmes négligence et l’exploitation.
de protection de l’enfance). COOPI prend également
en compte les besoins spécifiques des personnes Exemples: assurer l’inclusion des femmes, hom-
âgées et des personnes handicapées sans soutien fa- mes, garçons et filles dans un programme d’as-
milial et communautaire. Les programmes de COOPI sistance humanitaire; garantir l’accès significatif
envisagent, à titre d’exemples: la surveillance des viola- aux soins de santé aux femmes et filles dans une
tions du droit international humanitaire et des droits de zone de conflit; mettre en place des mesures
l’homme; l’enregistrement et l’assistance humanitaire pour renforcer la participation des enfants dans
aux réfugiés/rapatriés; profilage des déplacés internes, un programme humanitaire; veiller à ce que les
soins médicaux et soutien psychosocial pour les survi- personnes ayant des besoins spécifiques so-
vants de VBG; réhabilitation et réinsertion des enfants
13
ient inclues dans les distributions alimentaires et
associés aux forces et groupes armés; la protection par dans les autres activités.
le biais de la présence et de l’accès aux droits.
Tableau 5:
Rivelli, COOPI - 2015
Une description plus détaillée des bonnes pratiques tection au centre de ses actions, COOPI intervient de
nous aidera à traduire l’approche de COOPI dans la manières différentes afin d’assurer le respect des droits
pratique du terrain et à mieux comprendre l’histoire/ex- humains et de promouvoir l’accès des personnes de
pertise spécifique de l’organisation. En particulier, tout tous âges aux services de qualité.
en étant conscient de l’importance de maintenir la pro-
7
En anglais GBV (Gender Based Violence)
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques
14
Bolivie
Photo: Daniele Tamagni
8
IASC, 2007, Directives du CPI concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques
Bonnes pratiques
La centralité de l’individu et ses besoins est clairement visible dans la plupart des interventions menées
par COOPI en soutien des femmes à risque ou qui ont subi des violences, et des enfants vulnérables et/ou
affectés par les conflits armés dans différent pays, comme la Colombie, l’Ethiopie, le Niger, le Nigeria, l’Ou-
ganda, le Pérou, la République Centrafricaine (RCA), la République Démocratique du Congo (RDC), la Sierra
Leone, le Tchad.
Bonnes pratiques
Ce concept clés est visible dans plusieurs pays où COOPI s’engage, notamment l’Equateur, le Guatemala,
le Kenya, le Niger, la RDC, la RCA, le Pérou, la Somalie, et le Tchad. En particulier, dans le secteur de la
réduction des risques de catastrophe (RRC), COOPI a développé une expertise dans la mobilisation et
l’engagement communautaire qui, d’un point de vue programmatique, voit les acteurs locaux comme un
moteur d’un programme dans lequel COOPI a développé d’une façon structurée et participative l’enga-
16 gement et la mobilisation de la communauté locale dans la réponse aux risques de catastrophe, où les
acteurs locaux sont vus d’un point de vue programmatique comme le moteur du programme même.
9
Acronyme en anglais de Disaster Preparedness ECHO program
(trad. Programme de Préparation au Désastre de la Commission
Guatemala
Photo: Archives COOPI
Européenne d’Aide Humanitaire et Protection Civile (ECHO).
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques
Bonnes pratiques
COOPI a développé l’approche participative à soutien des groupes autochtones en différents pays avec
des modalités d’implémentation différentes mais toujours cohérentes avec cette approche en particulier
en Bolivie, au Paraguay, au Pérou et en République Centrafricaine (RCA).
17
18
République centrafricaine
Photo: Andoni Lubaki
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques
République centrafricaine
Photo: Trinidad Bronte
Bonnes pratiques
Assurer le mainstreaming des principes fondamentaux de la protection dans chaque programme humani-
taire est un aspect essentiel de chaque intervention de COOPI, qui se décline dans ses opérations dans 19
différents pays, comme la RDC, le Niger, le Nigeria, la RCA, la Sierra Leone, le Tchad.
Assistance humanitaire:
aide qui cherche à sauver des vies et soulager les souffrances d’une population touchée par une crise. Cette aide humanitaire
doit impérativement être fournie conformément aux principes humanitaires fondamentaux d’humanité, d’impartialité et de
neutralité, comme affirmé par la Résolution 46/182 (19 décembre 1991) de l’Assemblée générale des Nations Unies. En outre, la
communauté internationale cherche à fournir l’aide humanitaire en respectant totalement la souveraineté des Etats.
(OCHA, Glossary of Humanitarian Terms in relation to the Protection of Civilians in Armed Conflict, 2003)
20 Approche multisectorielle:
cadre destiné à élaborer et à mettre en œuvre un plan visant à répondre aux causes et conséquences d’un problème particulier
en impliquant de manière globale tous les secteurs qui ont de l’influence sur ce problème.
(HCR, Manuel pour la protection des femmes et filles, 2008)
Autonomisation:
le processus ou le phénomène qui permet aux gens de prendre un plus grand contrôle sur les décisions, les activités, les
politiques, les processus et les institutions qui affectent leur vie.
(HCR Manuel pour la protection des femmes et filles, 2008)
Démobilisation:
le fait de rendre à la vie civile, de manière formelle et contrôlée, les combattants actifs des forces armées ou d’autres groupes
armés. La première étape de la démobilisation peut s’étendre du traitement individuel des combattants dans des centres
temporaires jusqu’à la concentration des troupes dans des camps désignés à cette fin (sites de cantonnement, campements,
zones de regroupement ou casernes). La deuxième étape de la démobilisation est la réinsertion, qui consiste à fournir un soutien
planifié aux démobilisés.
(UN Disarmament, Demobilization and Reintegration Resource Centre)
Désarmement:
la collecte, la documentation, le contrôle et élimination des armes de petit calibre, des munitions, des explosifs et des armes
légères et lourdes des combattants et aussi souvent de la population civile. Le désarmement comprend aussi l’élaboration de
programmes de gestion responsable des armes.
(UN Disarmament, Demobilization and Reintegration Resource Centre)
Droits Humains:
normes internationales concertées qui reconnaissent et protègent la dignité intrinsèque de toutes les personnes et leurs droits
inaliénables, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou
de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Ces normes peuvent
faire partie du droit international coutumier et/ou être exposées dans plusieurs instruments juridiques à l’échelon national,
régional et international.
(Adapté de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Art.2)
Enfant:
tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est
applicable.
(Convention internationale des droits de l’enfant, 1989, Article 1)
Enfant séparé:
enfant séparé de ses deux parents, ou de la personne qui était initialement chargée, selon la loi ou la coutume, de subvenir à
ses besoins, mais pas nécessairement séparé d’autres membres de sa famille. Un enfant séparé peut donc être accompagné
par d’autres membres adultes de sa famille.
(Comité International de la Croix Rouge, CICR, Principes directeurs inter-agences relatifs aux enfants non accompagnés ou
séparés de leur famille, 2004)
Minorité:
une minorité est un groupe ethnique, religieux ou linguistique dont les membres sont moins nombreux que le reste de la
population et partagent une identité commune. Les minorités ne sont généralement pas des groupes dominants par rapport aux
majorités dans les sphères économique et politique de leur pays. Les membres des minorités sont aussi liés entre eux par des
affinités ethniques, religieuses, linguistiques ou culturelles qui les différencient des majorités, et ils cherchent généralement à
maintenir ces identités distinctes. En même temps, les caractéristiques qui définissent les minorités peuvent varier d’un contexte
à l’autre, par exemple, en ce qui concerne la question de savoir si l’identité du groupe minoritaire est principalement ethnique,
religieuse ou les deux.
(HCR, Travailler avec les minorités et les peuples autochtones dans les situations de déplacement forcé, 2011)
Peuples autochtones:
les peuples autochtones sont généralement liés par la continuité historique avec les sociétés antérieures à l’invasion et avec les
sociétés précoloniales qui se sont développées sur leurs territoires. Cette continuité peut consister sous la forme de l’occupation
des terres ancestrales (ou du moins une partie de ces terres), l’ascendance, la langue et/ou la culture en général. Ces liens
historiques sont parfois traduits par le terme «premiers peuples». Comme avec les minorités, les communautés autochtones
ont tendance à ne pas être dominantes par rapport à la majorité. Les peuples autochtones jouissent de droits particuliers,
notamment le droit à la pratique du droit coutumier et le droit de protéger les connaissances traditionnelles, la propriété
intellectuelle et le patrimoine culturel.
(HCR, Travailler avec les minorités et les peuples autochtones dans les situations de déplacement forcé, 2011)
Protection:
toutes les activités visant à obtenir le respect intégral des droits de la personne conformément à la lettre et à l’esprit des corpus
de droit pertinents, à savoir les droits de l’homme, le droit international humanitaire et le droit des réfugiés. La protection
comprend la création d’un environnement propice au respect des droits humains, la prévention et/ou le soulagement des effets
immédiats d’un schéma particulier de mauvais traitement, ainsi que le rétablissement de conditions de vie dignes au moyen de
la réparation, de la restitution et de la réadaptation.
(IASC, 1999)
Redevabilité:
moyen par lequel le pouvoir est utilisé de manière responsable. Il s’agit d’un processus d’évaluation et de prise de responsabilité
des différentes parties prenantes, en premier lieu de ceux qui seront en charge du pouvoir. Outre le processus de rédaction de
rapports ou de rendre des comptes en ce qui concerne les décisions et les actions entreprises, la redevabilité comprend le
fait de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et des dispositions des parties affectées, ainsi que le fait
d’expliquer la signification et les implications des actions et des décisions, et leurs raisons. La redevabilité est donc une mesure
de la qualité de la relation entre un agent (un organe qui propose un service ou un produit) et un commettant (la personne ou le
groupe à qui est destiné le service ou le produit).
(Humanitarian Accountability Partnership)
Santé mentale et soutien psychosocial: tout type de soutien endogène et exogène visant à protéger ou promouvoir
le bien-être psychosocial et/ou à prévenir ou traiter un trouble mental. Bien que les termes santé mentale et soutien psychosocial
soient étroitement liés et qu’ils se recouvrent partiellement, pour un grand nombre d’agentes des organismes humanitaires,
ils expriment des approches différentes, quoique complémentaires. Les organismes d’aide ne relevant pas du secteur de la
santé parlent généralement de soutien au bien-être psychosocial. Les organismes du secteur de la santé parlent généralement
de santé mentale, mais ils utilisent également depuis longtemps les expressions réadaptation psychosociale et traitement
psychosocial pour décrire des interventions non biologiques sur des personnes souffrant de troubles mentaux.
(IASC, Directives concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence, 2007)
Violence basée sur le genre: terme générique pour tout acte nuisible/préjudiciable perpétré contre le gré de quelqu’un,
et qui est basé sur des différences socialement prescrites entre hommes et femmes.
(IASC, Directives en vue d’interventions contre la violence basée sur le sexe dans les situations de crise humanitaire, 2005.
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sexe dans les situations de crise humanitaire. Disponible à l’adresse: [Link]
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