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Lignes Directrices sur la Protection COOPI

Transféré par

Abdou moussa Amadou
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LIGNES DIRECTRICES SUR LA

PROTECTION
Niger
Photo: Yves Jamoneau
SOMMAIRE

Introduction 5

Cadre théorique 6
• Les définitions clés
• Les droits internationaux comme base juridique dans
le domaine de la protection
• Méthodes et principales conclusions de la mise en œuvre
d’un programme de protection

L’approche de COOPI sur la protection:


concepts clés et bonnes pratiques 12

Glossaire 20

Bibliographie 23
AUTEURS ET CRÉDITS

Coordination:
Barbara Nese, Responsable du Bureau de Recherche et Innovation
des Programmes

Elaboration:
Francesca Rivelli (Consultante Protection et VBG)

Des remerciements sont adressés à: Marzia Vigliaroni qui a fourni une


contribution importante à la rédaction de ce document.

Des remerciements sont aussi adressés à; Ian Clifton Everest, Tiziana Vicario,
Barasa Chaungo, Massimo Galipò, Efrem Fumagalli, Morena Zucchelli, Elisa
Cassinadri and Elisa Zago.

Merci aussi à: toute l’équipe - siège et opérateurs des pays - qui ont contribué à
la réalisation de ce travail. En outre, l’élaboration de ces Lignes Directrices n’aurait
jamais été possible sans l’intérêt et la participation active du Directeur de COOPI,
Ennio Miccoli.

DOCUMENTS DE RÉFÉRENCE DE L’ORGANISATION

Lignes directrices actuellement disponibles:


• Responsabilité sociale des entreprises
• Enfance et adolescence
• Environnement et Réduction des Risques de Catastrophe
• Sécurité alimentaire
• Genre

Autres documents de référence:


Procédures Opérationnelles Standard de COOPI sur la protection

CONCEPTION GRAPHIQUE: Gruppo Egeo srl

PHOTOGRAPHIE DE COUVERTURE: Sénégal - Ph. Davide Bollazza

IMPRESSION: Brain Print & Solutions Srl


Introduction

Pérou
Photo: Yofre Morales

COOPI - Coopération internationale est une fondation et soutien l’approche de COOPI et qui approfondit les
laïque et humanitaire indépendante créée en 1965. sujets déjà développées dans les lignes directrices de
Pendant 50 ans d’activité, COOPI a mis en œuvre plus COOPI sur le genre et sur l’enfance et l’adolescence.
de 1600 projets dans 60 pays, en employant milliers
d’opérateurs locaux, et a assuré de l’assistance
En outre, en conjonction avec ces lignes directrices,
COOPI a développé un document d’orientation 5
directe à millions de personnes dans le monde. Sa pratique (les Procédures Opérationnelles Standard -
mission est de contribuer, grâce à l’engagement, la POS - de COOPI sur la Protection) traduisant le cadre
motivation, la détermination et le professionnalisme théorique dans les programmes du terrain et en
de son personnel au processus de lutte contre la fournissant à COOPI un manuel opérationnel.
pauvreté et de croissance des communautés avec En tant que organisation humanitaire, COOPI inclut la
lesquelles COOPI coopère dans monde. En faisant protection parmi ses valeurs principales et la place au
cela, COOPI intervient dans des situations d’urgence, centre de ses actions sur le terrain. A la lumière de la
de reconstruction et de développement afin d’atteindre complexité du discours théorique sur la protection et
un meilleur équilibre entre le Nord et le Sud de la de ses multiples utilisations au niveau du terrain il s’est
planète, entre les régions plus développées et celles avéré nécessaire l’élaboration d’une approche plus
plus défavorisées ou en voie de développement. transparente et cohérente afin de définir la spécificité
et la valeur ajoutée de COOPI dans ce domaine.
Les lignes directrices sur la Protection1 font partie d’une Sa vaste expérience sur le terrain et son expertise
série de documents théoriques et opérationnels dont diversifiée entre zone géographiques si différentes
COOPI s’est dotée afin de positionner, inspirer, et guider a amené COOPI à se concentrer sur ces atouts et
la fondation en ce qui concerne les questions qui sont bonnes pratiques afin d’assurer la qualité de ses
au cœur de son action2. Ces documents décrivent le interventions, la satisfaction des personnes assistées
cadre de référence théorique internationale qui guide et le partage des connaissances.

1
Les lignes directrices sur la Protection ont été approuvées par le Conseil d’Administration de COOPI le 17 mai 2016.
2
A ce jour, les lignes directrices sur enfance et adolescence; sur environnement et réduction des risques de catastrophes; sur la sécurité
alimentaire; sur la responsabilité sociale des entreprises et sur le genre ont déjà été adoptées. Il est prévu que les lignes directrices sur la
sécurité nutritionnelle soient élaborées d’ici à la fin du 2016.
Le cadre theorique
Les définitions clés

Les actions de protection sont menées afin d’assurer En particulier, la protection est définie comme:
le respect intégral dans des conditions d’égalité des comprenant toutes les activités visant à obtenir
droits de toutes les personnes, quels que soient le respect intégral des droits de la personne
leur âge, leur genre, leur origine ethnique, sociale, conformément à la lettre et à l’esprit des corpus de
religieuse ou autre, aussi pendant des périodes de droit pertinents3, à savoir les droits humains, le droit
conflit, crise humanitaire, déplacement, guerre et/ou international humanitaire et le droit des réfugiés.
catastrophes naturelles. • IASC 1999 •

La protection peut être considérée comme:


Tableau 1:
L’interrelation des différents aspects de la protection, adapté du Manuel du Haut Commissariat des
Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) 2008 – COOPI 2016

Un objectif Une responsabilité juridique Une activité


6 La protection est un objectif La protection est une responsa- La protection est une activité
qui exige le respect intégral bilité juridique, principalement parce que des mesures doi-
et dans des conditions de l’État et de ses agents. vent être prises pour que les
d’égalité des droits de tous Dans les situations de conflit personnes puissent jouir de
les individus, sans discrimina- armé, en vertu du droit inter- leurs droits. Trois types d’ac-
tion, comme le prévoit le droit national humanitaire, cette tivités de protection peuvent
interne et international. responsabilité incombe à être menés simultanément
Elle ne se limite pas à la toutes les parties au conflit, y L’action réactive - pour préve-
survie et à la sécurité physique compris les groupes d’op- nir ou arrêter les violations
mais couvre l’éventail position armés. Lorsque les des droits;
complet des droits, dont les États et les autres autorités L’action corrective - pour
droits civils et politiques, ne peuvent ou ne veulent assurer un recours face aux
comme le droit à la libre pas remplir leurs obligations violations, y compris par
circulation, le droit à la partici- de protection, les acteurs l’accès à la justice et à des
pation politique, et les droits humanitaires et des droits de réparations; et
économiques, sociaux et l’homme ont également un
culturels, comme les droits à L’action constructive pour
rôle important à jouer. promouvoir le respect des
l’éducation et à la santé.
droits et l’état de droit.

3
Définition fournie par le Comité Permanent Interorganisations (IASC - sigle anglais), le mécanisme de coordination inter institutions principal
pour l’intervention humanitaire (il comprend des représentants de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et le Mouvement international de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge), 1999.
Pour assurer un programme de protection de qualité il est essentiel d’engager toutes les parties concernées, y
inclues les populations vulnérables, les communautés locales et les autorités nationales, pour:

• Empêcher que des violations des droits se produisent ou se reproduisent;

• mettre fin aux violations en cours;

• apporter des solutions à travers des mécanismes de réparation et/ou réhabilitation aux violations des
droits;

• promouvoir un environnement propice au respect des droits des femmes, des hommes, des filles et des
garçons, à travers des activités d’information et sensibilisation, la fourniture des services et assistance
spécifiques;

• utiliser des actions de plaidoyer pour convaincre les détenteurs du pouvoir à protéger les individus;

• renforcer les capacités des autorités nationales ou de la société civile d’un pays ou région à protéger leur
populations;

• fournir directement des services ou assistance de sorte que les gens puissent se protéger des risques liés
à leurs conditions de vulnérabilité.

République démocratique du Congo


Photo: Livio Senigalliesi
Le cadre theorique international

Les droits internationaux comme base


juridique dans le domaine de la protection

La protection consiste à faire en sorte que tous, les fem- droits. Instaurer signifie que les États doivent prendre
mes, les filles, les hommes et les garçons puissent jouir des mesures positives pour faciliter l’exercice des droits
de leurs droits dans des conditions d’égalité, dans la fondamentaux. Cependant, le rôle des acteurs interna-
sécurité et la dignité, y compris en période de déplace- tionaux est de renforcer, et non de remplacer la respon-
ment interne, des guerres, des conflits, et /ou désastres sabilité nationale. La communauté internationale a un
naturels. La législation nationale constitue le principal rôle important à jouer lorsque les autorités nationales
cadre juridique pour les activités de protection. Ces n’ont pas la capacité, ou ne sont pas disposées à assu-
activités doivent néanmoins s’ancrer dans le droit in- rer une réponse efficace aux crises humanitaires. Ceci
ternational et se fonder sur des droits. Les États ont la constitue un dilemme éthique profond qui présente des
responsabilité d’assurer la jouissance intégrale et dans difficultés programmatiques complexes pour les orga-
des conditions d’égalité des droits de tous les individus nisations non gouvernementales travaillant dans la pro-
se trouvant sur leur territoire ou sous leur juridiction4. tection: dans plusieurs pays l’État même ne respecte
Lorsqu’un État devient partie à un traité, le droit inter- pas ses obligations et/ou perpétue des violations des
national l’oblige à respecter, protéger et instaurer les droits humains. Pour cela, les humanitaires doivent
droits humains. Respecter les droits humains signifie toujours soutenir le cadre juridique national, tout en
que les États évitent d’entraver l’exercice des droits hu- intégrant l’impératif de fournir de l’assistance aux po-
mains. Protéger signifie que les États doivent protéger pulations vulnérables et/ou touchées par un conflit ou
les individus et les groupes contre les violations des désastre naturel.

République centrafricaine
Photo: Archives COOPI

4
Pour une discussion plus détaillée des obligations des États découlant du droit international des droits de humains, voir p. ex. Observation
générale n° 31 (1980) du Comité des droits de l’homme sur la nature de l’obligation juridique générale imposée aux États parties au Pacte,
doc. ONU CCPR/C/21/Rev.1/Add.13.
Le cadre theorique international

Tableau 2:
Les principaux instruments internationaux des droits humains, adapté du Global Protection Cluster Working Group, 2010, Manuel pour la protection des déplacés internes - COOPI, 2016

LES DOCUMENTS ET LES OUTILS INTERNATIONAUX DE RÉFÉRENCE POUR LES ACTEURS HUMANITAIRES
Nom Description
Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), Instrument de portée universelle énonçant les droits fondamentaux de toutes les personnes sur la base
1948 de l’égalité et de la non-discrimination.

Pacte international relatif aux droits économiques, Expose les garanties économiques, sociales et culturelles, dont le droit à la nourriture, aux vêtements
et au logement, à des soins de santé, à un niveau de vie suffisant, et les garanties concernant le travail,
sociaux et culturels (PIDESC), 1966
la protection sociale, l’éducation et la participation à la vie culturelle.

Pacte international relatif aux droits civils et politiques Expose un large catalogue de droits civils et politiques, dont les droits à la vie, à l’intégrité physique, à
la reconnaissance devant la loi, à la participation politique, à la libre circulation et au libre choix de sa
(PIDCP), 1966
résidence, et à la protection de la famille.
Convention contre la torture et autres peines ou Définit et interdit la torture en toutes circonstances. Stipule que les États ne peuvent pas transférer une per-
traitements cruels, inhumains ou dégradants (CCT), 1984 sonne dans un autre État s’il y a des raisons de croire qu’elle y sera torturée (principe du non-refoulement).

Convention internationale sur l’élimination de toutes les Interdit la discrimination raciale : lorsqu’une personne ou un groupe est traité différemment en raison
formes de discrimination raciale (CIEDR), 1965 de sa race, de sa couleur, de son ascendance, de son origine nationale ou ethnique.

Convention pour la prévention et la répression du crime Définit le génocide comme des actes commis dans l’intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national,
de génocide, 1948 ethnique, racial ou religieux, et déclare qu’il s’agit d’un crime, qu’il soit commis en temps de paix ou de guerre.
Établit un cadre d’action national pour assurer que les femmes bénéficient, sur un pied d’égalité avec
Convention sur l’élimination de toutes les formes de les hommes, de leurs droits dans tous les domaines, dont l’emploi, l’éducation et l’administration des
discrimination à l’égard des femmes (CIEDEF), 1979 biens, et pour assurer la protection des femmes, en particulier contre les menaces à leur sécurité physi-

Convention relative aux droits de l’enfant 1989 (CDE), avec


que et contre le viol et l’exploitation sexuelle.

Code complet visant à protéger les droits et l’intérêt supérieur des enfants (de moins de 18 ans). Oblige
9
le Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la les États à prendre des mesures pour assurer la protection, les soins, la réadaptation psychosociale et
prostitution des enfants et la pornographie mettant en la réinsertion sociale des enfants victimes d’un conflit armé, y compris des enfants non accompagnés ou
scène des enfants, 2000, et le Protocole facultatif sur la séparés. Le protocole facultatif sur la participation des enfants aux conflits armés interdit l’enrôlement
participation des enfants aux conflits armés, 2000 forcé et l’utilisation directe dans les hostilités de personnes de moins de 18 ans.

Réaffirme les droits de l’homme et souligne leur importance pour les personnes handicapées. Fournit aussi
Convention relative aux droits des personnes des orientations aux États sur la manière d’assurer que les handicapés, y compris les victimes de mines
handicapées (CDPH), 2006 terrestres et de restes explosifs de guerre, puissent exercer pleinement leurs droits et dans les mêmes
conditions que les autres.

Convention internationale pour la protection de toutes les Définit et interdit les disparitions forcées en toute circonstance et oblige les États à prévenir de tels
actes, à poursuivre en justice et à punir ou extrader leurs auteurs, et à fournir des réparations aux
personnes contre les disparitions forcées (CDF), 2006
victimes et à leur famille.
Convention concernant l’interdiction des pires formes de Oblige les États à prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer les pires formes de travail
travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur des enfants telles que l’esclavage, la traite, la prostitution ou le travail forcé, ainsi que l’enrôlement
élimination (Convention n° 182 de l’OIT), 1999 d’enfants (de moins de 18 ans) afin de les faire participer à un conflit armé.
Convention internationale sur la protection des droits
Fournit un cadre pour la protection des droits de l’homme des travailleurs migrants à tous les stades du
de tous les travailleurs migrants et des membres de leur
processus de migration; avant le départ, pendant le transit et dans le pays d’emploi.
famille (CTM), 1990
Convention relative aux peuples indigènes et tribaux Définit un cadre permettant d’assurer que les peuples indigènes et tribaux jouissent de leurs droits sur
(Convention de l’OIT n° 169), 1989 un pied d’égalité avec les autres. Traite tout particulièrement du déplacement des peuples, établissant
des conditions et des garanties à remplir pour que ce déplacement soit légal5.

5
Pour plus d’informations, voir : [Link]/english/law/[Link]#core
Le cadre theorique international

Méthodes et principales conclusions de la


mise en œuvre d’un programme de protection

Tableau 3:
La mise en œuvre de la protection, adaptée du manuel IASC, 2010 - COOPI, 2016

Les stratégies les plus efficaces de protection se déclinent autour de trois approches courantes et interdépendantes
Approche Concept clés Dans notre travail il est nécessaire de:

La protection consiste à Afin que la protection porte sur le respect des droits, elle • connaître les normes juridiques internationales;
nécessite une approche fondée et axée sur la jouissance • fonder les activités sur les droits, y compris l’analyse
garantir les droits humains intégrale des droits, dans des conditions d’égalité. de la situation, les évaluations participatives des
Cette manière de travailler requiert que nous reconnaissions besoins, la planification, la conception, l’exécution, le
(approche fondée sur les droits) les individus comme titulaires de droits pouvant légalement suivi et l’évaluation des programmes;
se prévaloir d’une protection et d’une assistance. À différence • analyser pourquoi les individus ou les groupes ne
des «besoins», les droits génèrent la responsabilité d’assurer peuvent pas jouir de leurs droits;
la protection et le bien-être des individus. L’État et les • veiller à ce que nos politiques, programmes et activités
autres autorités sont titulaires d’obligations assorties de visent à aider les femmes, les hommes, les filles et les
la responsabilité de respecter et de protéger les droits des garçons deplacés à exercer leurs droits;
individus. • renforcer la capacité et la responsabilité des autorités
locales et nationales de respecter leurs obligations.

Les individus et les communautés L’expérience a montré que pour être efficaces et durables, • comprendre les rôles assignés au genre, les rapports
les actions de protection doivent être élaborées de manière à de force et la dynamique communautaire;
sont des partenaires égaux en reconnaître, soutenir et renforcer les capacités de protection • reconnaître de quelle manière les personnes améliorent
matière de protection des individus et des communautés elles-mêmes. Cela se leur propre protection et les aider dans ce sens;
réalise en veillant à ce que les femmes, les hommes, les filles • construire un partenariat égal et actif avec les femmes,
10 (approche fondée sur la
communauté)
et les garçons de tout âge et de toute origine soient considérés
et impliqués comme des partenaires et sujets actifs dans tous
les hommes, les filles et les garçons en veillant à ce
qu’ils participent à repérer les risques et les priorités
les aspects de notre travail; reconnaissant leur résilience, leurs de protection et à y remédier.
capacités et leurs ressources; et mobilisant les capacités des
communautés à renforcer leur propre protection.

La protection encourage le Le conflit et le déplacement peuvent toucher les personnes • comprendre comment la crise affecte les individus de tous
de diverses manières en fonction de facteurs tels que l’âge, le âges, genres et origines de manières differentes;
respect intégral et dans des genre, l’origine ethnique, sociale, religieuse ou autre. Certains • intégrer l’analyse de l’âge, du genre et de la diversité
conditions d’égalité des droits groupes, dont les femmes, les enfants, les personnes âgées dans les évaluations, les analyses, l’élaboration des
humains de tous les individus, et les minorités, sont souvent marginalisés dans les commu- stratégies ainsi que l’élaboration, l’exécution et le suivi
sans discrimination aucune nautés et sont moins représentés dans les structures décision- des programmes et activités de protection;
nelles officielles. • travailler en partenariat avec les femmes, les hommes,
les filles et les garçons pour identifier les risques de
(intégration de l’âge, du genre et protection auxquels sont exposés différents membres
de la diversité) de la communauté, prévenir ces risques et y remédier
par des mesures ciblées visant à permettre aux
groupes défavorisés de jouir de leurs droits;
• s’engager dans l’élimination de la violence sous toutes
ses formes, y compris la violence basée sur le genre,
en collaboration étroite avec les communautés locales,
la société civile et le gouvernement national;
• veiller à ce que nos stratégies, programmes et activités
n’aboutissent pas involontairement à la discrimination
ou à l’exclusion de différents groupes.
Le cadre theorique international

11

COOPI assure que ses interventions visent les plus vulnérables, améliorent la sécurité et la dignité,
et promeuvent et protègent les droits humains des populations affectées par les crises.

Éthiopie
Photo: Lorenzo Dell’Uva
L’approche de coopi sur la protection:
concepts cles et bonnes pratiques

1. Déplacement forcé 10. Abri

jouissance LIMITÉE des autres droits


2. Menace à la vie, a la 11. Assistance alimentaire et nutrition
menaces aux droits humains et

sûreté et à la sécurité 12. Eau et assainissement


libertes fondamentaux

3. Mines terrestres et restes

et services de base
13. Santé
explosifs de guerre
14. Prévention et traitement du VIH
4. Violence basée sur le genre
15. Éducation
5. Enfants associés aux forces
armées ou aux groupes armés 16. Moyens de subsistance
6. Menace à la liberté et à 17. Terres et biens
la libre circulation 18. Justice
7. Séparation familiale 19. Participation politique et droit de vote
8. Traite d’êtres humains 20. Réduction des risques de
9. Perte de l’état civil et de la nationalité catastrophe

12 Tableau 4:
Rivelli, COOPI - 2015

Cette section décrit l’approche de COOPI dans le do- compte la protection du point de vue des droits de
maine de la protection, en délinéant sa valeur ajoutée l’homme (flèche de haut en bas dans le tableau 4) et
et son originalité d’action. En effet, COOPI décline ses se dévoue à la promotion sur le terrain des mesures
interventions dans le domaine en suivant deux appro- correctives et réactives pour prévenir des risques
ches principales. ultérieurs, limiter les préjudices, et finalement, corriger
En premier lieu, COOPI met en place des programmes les violations des droits de l’homme. Ces programmes
axés sur la protection qui comprennent des actions peuvent se concentrer sur la protection internationale
réactives (pour prévenir ou arrêter les violations des des réfugiés et des personnes déplacées internes et
droits); des actions correctives (pour assurer un remède sur le rétablissement des droits des minorités ethni-
aux violations et leur correction); et des actions con- ques et autochtones. De l’autre côté, COOPI est de
structives (pour promouvoir le respect des droits et l’état l’avis que la protection va de pair avec l’assistance
de droit). Deuxièmement, COOPI intègre les actions de humanitaire destinée aux populations affectées pour
protection dans toutes ses interventions humanitaires augmenter/améliorer leur accès aux services de base,
et de développement pour assurer l’efficacité durable en les aidant à répondre à leurs besoins de renfor-
et participative de ses programmes. cer leurs mécanismes de résilience6 et de limiter leur
i) Mise en œuvre des programmes de protection. vulnérabilité aux violations et aux abus. Par exemple,
Le tableau 4 représente les différentes actions qui COOPI permet d’accéder à l’assistance alimentaire et
pourraient être menées par COOPI, à l’échelle mon- aux moyens de subsistance à ceux qui en nécessitent;
diale, au sein d’un programme de protection, en offre des programmes de nutrition pour les enfants, et
fonction des différents contextes. COOPI prend en soutient les établissements de santé dans leur presta-
6
La résilience se réfère aux capacités d’un système, d’une communauté ou d’une société exposés à des menaces, de résister ou de chan-
ger pour maintenir un niveau acceptable en termes de fonctionnement et de structures (UN/ISDR 2004).
tion de soins aux personnes affectées par les conflits ii) Le mainstreaming de la protection
ou par les catastrophes naturelles. En outre, COOPI se concentre sur l’intégration (ou
Selon le contexte, les programmes de protection pren- mainstreaming) de la protection au sein de toutes ses
nent toujours en considération les besoins spécifiques actions en incorporant les principes de la protection
des groupes cibles. En fait, lors des situations de con- et en promouvant un accès significatif, la sécurité et
flit et/ou de catastrophes, COOPI s’occupe spécifique- la dignité dans l’assistance humanitaire. Pour COOPI
ment de certaines personnes/groupes qui sont généra- le mainstreaming de la protection assure que l’effet
lement plus affectés par les risques spécifiques ou par protecteur de la programmation de l’assistance est
des problèmes de protection, et donc qui nécessitent maximisé. Grâce à l’intégration des principes de pro-
d’une aide plus spécifique. Par exemple, COOPI met en tection dans toutes ses interventions, COOPI assure
œuvre des programmes dédiés aux survivants de la vio- que ses activités visent les plus vulnérables, amélio-
lence basée sur le genre (dénommés programmes de rent la sécurité, la dignité, et promeuvent et protègent
VBG)7, aux enfants associés aux forces ou aux groupes les droits humains des populations sans contribuer ou
armés armeés ou aux enfants non accompagnés ou perpétuer la discrimination, les abus, la violence, la
séparés de leur famille (aussi dénommés programmes négligence et l’exploitation.
de protection de l’enfance). COOPI prend également
en compte les besoins spécifiques des personnes Exemples: assurer l’inclusion des femmes, hom-
âgées et des personnes handicapées sans soutien fa- mes, garçons et filles dans un programme d’as-
milial et communautaire. Les programmes de COOPI sistance humanitaire; garantir l’accès significatif
envisagent, à titre d’exemples: la surveillance des viola- aux soins de santé aux femmes et filles dans une
tions du droit international humanitaire et des droits de zone de conflit; mettre en place des mesures
l’homme; l’enregistrement et l’assistance humanitaire pour renforcer la participation des enfants dans
aux réfugiés/rapatriés; profilage des déplacés internes, un programme humanitaire; veiller à ce que les
soins médicaux et soutien psychosocial pour les survi- personnes ayant des besoins spécifiques so-
vants de VBG; réhabilitation et réinsertion des enfants
13
ient inclues dans les distributions alimentaires et
associés aux forces et groupes armés; la protection par dans les autres activités.
le biais de la présence et de l’accès aux droits.

faire une priorité promouvoir l’acces soutenir la encourager la


de la sécurité et significatif - redevabilité participation et
de la dignité et PROPORTIONNÉ au l’autonomisation
éviter de nuire besoin et sans
barrières

les 4 éléments clés dans le mainstreaming de la protection

Tableau 5:
Rivelli, COOPI - 2015

Une description plus détaillée des bonnes pratiques tection au centre de ses actions, COOPI intervient de
nous aidera à traduire l’approche de COOPI dans la manières différentes afin d’assurer le respect des droits
pratique du terrain et à mieux comprendre l’histoire/ex- humains et de promouvoir l’accès des personnes de
pertise spécifique de l’organisation. En particulier, tout tous âges aux services de qualité.
en étant conscient de l’importance de maintenir la pro-

7
En anglais GBV (Gender Based Violence)
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques

1 Placer l’individu au centre de l’intervention humanitaire


afin de développer ses propres mécanismes de résilience
Avec cette vision COOPI met en œuvre les lignes di-
psychologique, et référer les cas de désordres plus
graves aux services médicaux spécialisés8.
Dans ce sens, COOPI a développé une méthodolo-
rectrices internationales en ce qui concerne les pro- gie basée sur la fourniture de services de santé men-
grammes de santé mentale et d’appui psychosocial tale et psychosociaux qui délinéent des plans d’ac-
en suivant les différentes étapes recommandées par tion individuels selon les besoins et les ressources
le IASC, c’est-à-dire: intégrer les services psychoso- de chaque personne afin d’augmenter leur bien-être
ciaux dans d’autres services et dans des activités et réactiver les mécanismes de résilience de cha-
d’assistance; assurer une réponse multisectorielle que individu. COOPI vise en particulier des groupes
à travers des mécanismes de prise en charge et de spécifiques comme les enfants associés avec des
gestion effective des processus; fournir un appui psy- forces et groupes armés et les survivant(e)s de vio-
chosocial en visant les familles et les communautés à lence basée sur le genre. COOPI croit que chaque
travers des activités culturelles et récréatives; déve- action doit viser les besoins mais aussi les capacités
lopper des réseaux des travailleurs sociaux et com- et les ressources de l’individu afin qu’il/elle puisse se
munautaires formés dans le support émotionnel et rétablir et (ré)-prendre en charge sa vie.

14

Bolivie
Photo: Daniele Tamagni

8
IASC, 2007, Directives du CPI concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques

Bonnes pratiques
La centralité de l’individu et ses besoins est clairement visible dans la plupart des interventions menées
par COOPI en soutien des femmes à risque ou qui ont subi des violences, et des enfants vulnérables et/ou
affectés par les conflits armés dans différent pays, comme la Colombie, l’Ethiopie, le Niger, le Nigeria, l’Ou-
ganda, le Pérou, la République Centrafricaine (RCA), la République Démocratique du Congo (RDC), la Sierra
Leone, le Tchad.

SOUTIEN PSYCOSOCIAL AU NIGER ET EN RDC


A partir du 2014, COOPI a développé au Niger des di- et les filles, que avec les enfants, était de soutenir
spositifs itinérants d’appui psychosocial qui prévoient l’individu par le biais d’une approche holistique en
la mise en place des services d’accompagnement visant ses besoins spécifiques en santé et bien-être
psychosocial et de référencement en santé mentale psychosocial. Le programme a prévu le renforcement
en réponse aux problèmes de santé mentale et psy- de 60 centres de santé et a garanti d’accès à l’assi-
chosociaux engendrés par les mouvements de popu- stance médicale pour plus de 10.000 survivant(e)s. En
lation suite aux atrocités perpétrées par Boko Haram même temps, plus de 25.000 survivant(e)s de VBG ont
dans le nord du Nigéria. En outre, COOPI s’est engagé bénéficié du support psychosocial et près de 12.000
à prévenir les cas de séparations familiales à travers personnes ont été renforcées dans la réalisation d’ac-
une prise en charge transitoire des enfants non ac- tivités génératrices de revenus.
compagnés ou séparés et un processus de réhabilita- Chaque individu a participé à l’élaboration d’un plan
tion psychosociale qu’a intéressé 22.739 enfants (dont d’action individuel et reçu, à travers un processus de
11.470 filles) associés aux forces et groupes armés. counseling, l’appui émotionnel et psychosocial néces-
Par ailleurs, COOPI a développé un modelé d’assi-
stance axé sur les besoins des survivant(e)s de violen-
saire pour son rétablissement psychosocial, en iden-
tifiant ses propres besoins et ressources spécifiques.
15
ce basée sur le genre (VBG). La réussite de ce type de programme démontre l’im-
De la même façon, du 2010 au 2012 en RDC, dans le portance de développer des plans d’action et par-
district d’Ituri et dans la province de Maniema, COO- cours spécifiques pour chaque garçon, fille, femme
PI a soutenu les survivant(e)s de VBG commise pen- et homme en tenant en compte de son contexte de
dant et après la guerre civile, à travers une prise en vulnérabilité et de ses stratégies d’adaptation fami-
charge spécifique sur le plan psychosocial et un ac- liales et/ou communautaires. L’aspect d’engagement
compagnement et référencement holistiques vers les communautaire dans la prévention et réponse aux vio-
services sanitaires pour une prise en charge médicale lations des droits et abus a démontré être un élément
appropriée. La méthode utilisée tant avec les femmes clés pour la redevabilité de l’action.

République démocratique du Congo


Photo: Eduardo Soteras Jalil
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques

2 Promouvoir la mobilisation et l’engagement communau-


taire pour la promotion des réseaux d’appui locaux et des
activités de sensibilisation de la population pour soutenir
à ce que, dans la mesure du possible, la population soit
encouragée à se prendre en charge de façon à devenir
l’élément clé de la promotion de la durabilité.
la résilience locale D’ailleurs, COOPI met en place du début des program-
Au centre de toute intervention, COOPI place la com- mes une stratégie claire de mobilisation afin de permet-
munauté qui est vue comme destinataire de l’ac- tre aux communautés de répondre de façon appropriée
tion mais aussi comme moteur de changement pour à leurs propres besoins de protection, de renforcer
l’amélioration des conditions de vie et pour augmenter leurs mécanismes d’adaptation et de gérer les conflits
la résilience locale. En raison de cela, COOPI organi- de manière positive surtout dans l’avenir. L’approche
se d’une façon structurée des campagnes de sensi- principal de COOPI est de faciliter le (r)établissement
bilisation et promeut des partenariats locaux et des des structures et mécanismes communautaires, no-
activités de renforcement des capacités afin d’assurer tamment les structures de gouvernance et représen-
aussi l’appropriation du programme par la communauté tation ou les organisations de femmes ou des jeunes
elle-même. COOPI juge que la mobilisation et l’enga- de façon à reconstituer, dans la mesure du possible, les
gement communautaires soient essentiels pour veiller groupements communautaires précédents.

Bonnes pratiques
Ce concept clés est visible dans plusieurs pays où COOPI s’engage, notamment l’Equateur, le Guatemala,
le Kenya, le Niger, la RDC, la RCA, le Pérou, la Somalie, et le Tchad. En particulier, dans le secteur de la
réduction des risques de catastrophe (RRC), COOPI a développé une expertise dans la mobilisation et
l’engagement communautaire qui, d’un point de vue programmatique, voit les acteurs locaux comme un
moteur d’un programme dans lequel COOPI a développé d’une façon structurée et participative l’enga-

16 gement et la mobilisation de la communauté locale dans la réponse aux risques de catastrophe, où les
acteurs locaux sont vus d’un point de vue programmatique comme le moteur du programme même.

L’AMELIORATION DES PROCESSUS D’AUDIT SOCIAL AU GUATEMALA


À partir du 2012, COOPI a élaboré au Guatemala, dans une opportunité d’exercer ses propres droits et devoirs
le cadre d’un projet DIPECHO9, un modèle d’audit social civiques de participation politiques et d’affirmation de
qui identifie les actions clés pour la mobilisation commu- ses propres capacités et opinions dans la sphère publi-
nautaire à travers la mise en place d’un processus par- que. La mobilisation communautaire est devenue ainsi
ticipatif où les acteurs de la société civile, les autorités un exercice de démocratie, au cours duquel la commu-
locales et les représentants du gouvernement se sont nauté identifie ses besoins, développe les outils pour
engagés dans la réalisation des objectifs du program- les résoudre en collaboration avec des autres acteurs,
me. À travers ce parcours d’engagement et de mobilisa- et enfin met en place un processus de monitorage et
tion, COOPI a démontré que la réussite de ses actions validation transparent et publique afin d’assurer une re-
est liée au renforcement structuré des capacités des devabilité participative et démocratique.
acteurs locaux dans le but de les rendre indépendants
et autonomes à la fin du programme et de reconnaître
les rôles de transformation de la communauté dans le
respect de l’agenda des droits humains, l’auto-protec-
tion et l’augmentation de leur résilience. L’expérience
du Guatemala a d’ailleurs créé des outils concrets afin
de développer la mobilisation communautaire comme

9
Acronyme en anglais de Disaster Preparedness ECHO program
(trad. Programme de Préparation au Désastre de la Commission
Guatemala
Photo: Archives COOPI
Européenne d’Aide Humanitaire et Protection Civile (ECHO).
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques

3 Soutenir avec des mesures spécifiques la participation et


l’autonomisation des groupes les plus vulnérables pour la
transformation d’une société plus équitable
utes les couches de la population.
L’approche de COOPI vise à doter les groupes
vulnérables et autochtones qui sont habituellement
La protection n’est pas seulement constituée par exclus de la participation politique, des connaissan-
l’assistance humanitaire mais vise aussi à mettre en ces et des compétences nécessaires afin de pou-
place les bases pour soutenir la participation active, voir répondre aux défis socio-politiques de leur pro-
l’autonomisation et l’auto-prise en charge de la po- pre pays.
pulation ciblée à la vie d’un pays de façon à ce que Cette approche vise à doter ces groupes d’outils
tous les citoyens aient un accès égal aux services politiques, économiques, et sociaux afin d’améliorer
et que leur droits soient respectés. L’autonomisation leur propre conditions de vie et être reconnus com-
de certains groups exclus ou notamment discriminés me partie intégrante de la population et de la vie
est vue ainsi comme un facteur de développement démocratique d’un pays.
démocratique pour réduire les violations des droits
humains et soutenir la jouissance de ceux-ci par to-

Bonnes pratiques
COOPI a développé l’approche participative à soutien des groupes autochtones en différents pays avec
des modalités d’implémentation différentes mais toujours cohérentes avec cette approche en particulier
en Bolivie, au Paraguay, au Pérou et en République Centrafricaine (RCA).

17

République centrafricaine Photo: Archives COOPI

10 ANS AVEC LES PYGMEES AKA EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


Du 2005 au 2015, COOPI a travaillé en étroite collabora- milliers d’enfants non enregistrés, iv) l’amélioration de
tion avec les populations minoritaires de la RCA et plus l’accès aux services de bases, surtout à l’éducation et
spécifiquement avec les pygmées Aka des préfectures à la santé, pour les femmes et les enfants des groupes
de la Lobaye, de Sangha Mbaéré et de Mambéré Ka- autochtones, v) action de plaidoyer qu’a abouti à la rati-
dei. Il est possible d’identifier cinq macro-indicateurs de fication de la Convention N° 169 de l’Organisation Inter-
réussite dans ce programme en RCA: i) le monitorage national du Travail (OIT) relative aux Peuples Indigènes
des violations et des discriminations des droits humains et Tribaux. L’interrelation entre ces dynamiques a été
subies par les groupes autochtones; ii) la valorisation bien reçue par les pygmées mêmes, qui ont commencé
de la culture et des traditions de l’identité culturelle, lin- à exercer leurs droits civiques et à reconnaitre l’impor-
guistique et religieuse des groupes autochtones (par tance de leur communauté. Cette approche a favorisé
exemple, à travers la réhabilitation de la salle Pygmée une prise de conscience, une augmentation de leurs
et de la salle de documentation du musée Boganda et compétences et connaissances et enfin a contribué à
la création du centre culturel de promotion des droits l’avancement des pygmées Aka dans la participation à
des Aka à Mbaiki), iii) l’octroi de l’acte de naissance pour la vie publique du pays.
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques

4 Le mainstreaming de la protection dans les programmes


d’assistance humanitaire
Le mainstreaming de la protection dans les actions
le aux activités humanitaires est une approche clé
dans l’exécution des programmes de COOPI; cela
vaut notamment pour ceux qui ne sont pas directe-
garantit que les droits humains et leur promotion ment axés sur la protection.
sont au centre de chaque intervention de façon à En effet, l’accès égalitaire aux services, l’attention et
jeter les bases d’une reconstruction et d’un déve- analyse des besoins spécifiques et l’adaptation des
loppement plus équitable et durable. activités aux besoins spécifiques des groupes de la
En ligne avec les développements internationaux du population cible, par exemples sont des éléments
cadre de référence théorique, COOPI garantit aussi bien visibles dans les activités de COOPI et dans la
la pleine participation et engagement des femmes, conception de ses programmes. Le mainstreaming
hommes, filles et garçons en assurant la transversa- de la protection est un aspect clé pour la promotion
lité de la protection dans tous les programmes d’as- de la résilience individuelle et communautaire des
sistance humanitaire ou de développement. Le pro- populations affectées par un conflit et/ou une cata-
cessus d’incorporation des principes de protection strophe d’origine naturelle afin de contribuer à sa
pour la promotion d’un accès significatif, sécuritaire participation dans le processus de reprise et déve-
et digne des personnes affectées par les crises hu- loppement du pays.
manitaires ou par les catastrophes d’origine naturel-

18

République centrafricaine
Photo: Andoni Lubaki
L’approche de coopi sur la protection: concepts cles et bonnes pratiques

République centrafricaine
Photo: Trinidad Bronte

Bonnes pratiques
Assurer le mainstreaming des principes fondamentaux de la protection dans chaque programme humani-
taire est un aspect essentiel de chaque intervention de COOPI, qui se décline dans ses opérations dans 19
différents pays, comme la RDC, le Niger, le Nigeria, la RCA, la Sierra Leone, le Tchad.

REPONSE MULTISECTORIELLE A LA CRISE EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


Suite à la flambée de la crise humanitaire en RCA en l’analyse des besoins nécessaire à la conception du
2012, COOPI a soutenu une intervention multisecto- programme a était fondée sur l’évaluation des besoins
rielle centrée sur la fourniture des services de base à spécifiques des groupes vulnérables, avec un accent
la population affectée par le conflit armé. Un système particulier sur les enfants et les jeunes. Les activités de
de recherche et identification des victimes directes sécurité alimentaire se sont déroulées en appliquant
et indirectes de la Lord resistance Army (LRA), mis en les principes d’accès digne et égalitaire aux distribu-
place au debut de l’intervention, a permis d’identifier tions de vivres en tenant en compte de la présence
409 victimes directes qu’ont pu bénéficier d’une pri- et des spécificités des groupes vulnérables afin que
se en charge psychologique à travers un parcours de toute personne puisse bénéficier des activités sans di-
réintégration socio-économique. En même temps, en- scriminations. Le suivi du programme a également pris
viron 5.000 personnes (dont 45% étaient déplacées en compte les données désagrégées par sexe et âge
ou réfugiés) ont participé directement aux activités pour évaluer l’impact de l’action sur les couches distin-
de sécurité alimentaire mise en œuvre par l’interven- ctes de la population. Enfin, la réussite de ce program-
tion et environ 17.000 aux activités de sensibilisations me multisectoriel dans une phase d’urgence a été
communautaires. Les principes de protection ont assurée par une intégration immédiate des aspects
été intégrés avec succès dans toutes les phases du de protection et par le respect de ses principes tout
programme humanitaire mené par COOPI. D’ailleurs au cours de la conception, exécution et évaluation du
programme.
GLOSSAIRE
Abus:
utilisation impropre et abusive du pouvoir par laquelle l’auteur de violence s’assure le contrôle de la personne abusée ou
l’avantage sur celle-ci, en utilisant ou en causant un préjudice physique ou psychologique, ou bien en incitant à la crainte de ce
préjudice. L’abus empêche les personnes qui en sont victimes de prendre librement leurs décisions et il les force à se comporter
contre leur volonté.
(HCR, La violence sexuelle et sexiste contre les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées: Principes directeurs pour
la prévention et l’intervention, 2003)

Assistance humanitaire:
aide qui cherche à sauver des vies et soulager les souffrances d’une population touchée par une crise. Cette aide humanitaire
doit impérativement être fournie conformément aux principes humanitaires fondamentaux d’humanité, d’impartialité et de
neutralité, comme affirmé par la Résolution 46/182 (19 décembre 1991) de l’Assemblée générale des Nations Unies. En outre, la
communauté internationale cherche à fournir l’aide humanitaire en respectant totalement la souveraineté des Etats.
(OCHA, Glossary of Humanitarian Terms in relation to the Protection of Civilians in Armed Conflict, 2003)

Approche (mobilisation) communautaire:


manière de travailler qui est fondée sur un partenariat inclusif avec des communautés de personnes affectées par une crise,
un partenariat qui reconnait leur résilience, leurs capacités et leurs ressources. Celles-ci sont mobilisées et constituent le point
de départ pour fournir la protection, l’assistance et des solutions tout en soutenant les processus et les buts communautaires.
(HCR, Manuel de l’HCR pour la Protection des Femmes et des Filles, 2008)

20 Approche multisectorielle:
cadre destiné à élaborer et à mettre en œuvre un plan visant à répondre aux causes et conséquences d’un problème particulier
en impliquant de manière globale tous les secteurs qui ont de l’influence sur ce problème.
(HCR, Manuel pour la protection des femmes et filles, 2008)

Autonomisation:
le processus ou le phénomène qui permet aux gens de prendre un plus grand contrôle sur les décisions, les activités, les
politiques, les processus et les institutions qui affectent leur vie.
(HCR Manuel pour la protection des femmes et filles, 2008)

Démobilisation:
le fait de rendre à la vie civile, de manière formelle et contrôlée, les combattants actifs des forces armées ou d’autres groupes
armés. La première étape de la démobilisation peut s’étendre du traitement individuel des combattants dans des centres
temporaires jusqu’à la concentration des troupes dans des camps désignés à cette fin (sites de cantonnement, campements,
zones de regroupement ou casernes). La deuxième étape de la démobilisation est la réinsertion, qui consiste à fournir un soutien
planifié aux démobilisés.
(UN Disarmament, Demobilization and Reintegration Resource Centre)

Désarmement:
la collecte, la documentation, le contrôle et élimination des armes de petit calibre, des munitions, des explosifs et des armes
légères et lourdes des combattants et aussi souvent de la population civile. Le désarmement comprend aussi l’élaboration de
programmes de gestion responsable des armes.
(UN Disarmament, Demobilization and Reintegration Resource Centre)
Droits Humains:
normes internationales concertées qui reconnaissent et protègent la dignité intrinsèque de toutes les personnes et leurs droits
inaliénables, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou
de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Ces normes peuvent
faire partie du droit international coutumier et/ou être exposées dans plusieurs instruments juridiques à l’échelon national,
régional et international.
(Adapté de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Art.2)

Enfant:
tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est
applicable.
(Convention internationale des droits de l’enfant, 1989, Article 1)

Enfant non accompagné:


enfant qui se trouve séparé de ses deux parents et d’autres membres de sa famille, et qui n’est pris en charge par aucun adulte
à qui la loi ou la coutume attribue la responsabilité de s’occuper d’elle ou de lui.
(Principes directeurs inter-agences relatifs aux enfants non accompagnés ou séparés de leur famille, Janvier 2004)

Enfant séparé:
enfant séparé de ses deux parents, ou de la personne qui était initialement chargée, selon la loi ou la coutume, de subvenir à
ses besoins, mais pas nécessairement séparé d’autres membres de sa famille. Un enfant séparé peut donc être accompagné
par d’autres membres adultes de sa famille.
(Comité International de la Croix Rouge, CICR, Principes directeurs inter-agences relatifs aux enfants non accompagnés ou
séparés de leur famille, 2004)

Enfant associé à des forces armées ou à un groupe armé:


21
toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou qui a été recrutée où employée par une force armée ou un groupe armé,
quelle que soit la fonction qu’elle y exerce. Il peut s’agir, notamment mais pas exclusivement, d’enfants, garçons et filles,
utilisés comme combattants, cuisiniers et cuisinières, porteurs et porteuses, messagers et messagères, espions ou à des fins
sexuelles. Ce terme ne désigne pas seulement un enfant qui participe ou a participé directement à des hostilités. Les enfants
soldats sont également appelés enfants combattants.
(UNICEF, Les principes de Paris: principes directeurs relatifs aux enfants associés aux forces armées ou aux groupes armes,
février 2007)

Minorité:
une minorité est un groupe ethnique, religieux ou linguistique dont les membres sont moins nombreux que le reste de la
population et partagent une identité commune. Les minorités ne sont généralement pas des groupes dominants par rapport aux
majorités dans les sphères économique et politique de leur pays. Les membres des minorités sont aussi liés entre eux par des
affinités ethniques, religieuses, linguistiques ou culturelles qui les différencient des majorités, et ils cherchent généralement à
maintenir ces identités distinctes. En même temps, les caractéristiques qui définissent les minorités peuvent varier d’un contexte
à l’autre, par exemple, en ce qui concerne la question de savoir si l’identité du groupe minoritaire est principalement ethnique,
religieuse ou les deux.
(HCR, Travailler avec les minorités et les peuples autochtones dans les situations de déplacement forcé, 2011)

Peuples autochtones:
les peuples autochtones sont généralement liés par la continuité historique avec les sociétés antérieures à l’invasion et avec les
sociétés précoloniales qui se sont développées sur leurs territoires. Cette continuité peut consister sous la forme de l’occupation
des terres ancestrales (ou du moins une partie de ces terres), l’ascendance, la langue et/ou la culture en général. Ces liens
historiques sont parfois traduits par le terme «premiers peuples». Comme avec les minorités, les communautés autochtones
ont tendance à ne pas être dominantes par rapport à la majorité. Les peuples autochtones jouissent de droits particuliers,
notamment le droit à la pratique du droit coutumier et le droit de protéger les connaissances traditionnelles, la propriété
intellectuelle et le patrimoine culturel.
(HCR, Travailler avec les minorités et les peuples autochtones dans les situations de déplacement forcé, 2011)

Protection:
toutes les activités visant à obtenir le respect intégral des droits de la personne conformément à la lettre et à l’esprit des corpus
de droit pertinents, à savoir les droits de l’homme, le droit international humanitaire et le droit des réfugiés. La protection
comprend la création d’un environnement propice au respect des droits humains, la prévention et/ou le soulagement des effets
immédiats d’un schéma particulier de mauvais traitement, ainsi que le rétablissement de conditions de vie dignes au moyen de
la réparation, de la restitution et de la réadaptation.
(IASC, 1999)

Redevabilité:
moyen par lequel le pouvoir est utilisé de manière responsable. Il s’agit d’un processus d’évaluation et de prise de responsabilité
des différentes parties prenantes, en premier lieu de ceux qui seront en charge du pouvoir. Outre le processus de rédaction de
rapports ou de rendre des comptes en ce qui concerne les décisions et les actions entreprises, la redevabilité comprend le
fait de tenir compte des besoins, des préoccupations, des capacités et des dispositions des parties affectées, ainsi que le fait
d’expliquer la signification et les implications des actions et des décisions, et leurs raisons. La redevabilité est donc une mesure
de la qualité de la relation entre un agent (un organe qui propose un service ou un produit) et un commettant (la personne ou le
groupe à qui est destiné le service ou le produit).
(Humanitarian Accountability Partnership)

22 Renforcement des capacités:


processus par lequel des personnes, des institutions et des sociétés développent et renforcent, individuellement et
collectivement, leurs capacités de remplir des fonctions, de résoudre des problèmes, et de définir et d’atteindre des objectifs.

Santé mentale et soutien psychosocial: tout type de soutien endogène et exogène visant à protéger ou promouvoir
le bien-être psychosocial et/ou à prévenir ou traiter un trouble mental. Bien que les termes santé mentale et soutien psychosocial
soient étroitement liés et qu’ils se recouvrent partiellement, pour un grand nombre d’agentes des organismes humanitaires,
ils expriment des approches différentes, quoique complémentaires. Les organismes d’aide ne relevant pas du secteur de la
santé parlent généralement de soutien au bien-être psychosocial. Les organismes du secteur de la santé parlent généralement
de santé mentale, mais ils utilisent également depuis longtemps les expressions réadaptation psychosociale et traitement
psychosocial pour décrire des interventions non biologiques sur des personnes souffrant de troubles mentaux.
(IASC, Directives concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence, 2007)

Violence basée sur le genre: terme générique pour tout acte nuisible/préjudiciable perpétré contre le gré de quelqu’un,
et qui est basé sur des différences socialement prescrites entre hommes et femmes.
(IASC, Directives en vue d’interventions contre la violence basée sur le sexe dans les situations de crise humanitaire, 2005.
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