Vit 6
Vit 6
Les vitamines
E. Grasset
6. Les vitamines
DÉFINITION
ET NOMENCLATURE
GÉNÉRALITÉS
Éthymologiquement, « amines nécessaires
à la vie », les vitamines ont en fait des struc- ➛ Comment ont été reconnues les
tures variées et ne sont pas toutes des diverses vitamines ? Comment ont été
amines. Contrairement aux nutriments habi- analysées leurs fonctions ?
tuels utilisés pour la production d’énergie ou La première étape a consisté à identifier
incorporés au cours de la synthèse des des carences cliniques chez l’homme (scor-
constituants de l’organisme (glucides, acides but, béri-béri) ou chez l’animal et à montrer
aminés ou acides gras essentiels), les besoins que ces signes de carence pouvaient être
quotidiens en vitamines ne sont que de prévenus ou supprimés par l’administration
quelques fractions de microgramme à d’une substance organique. Il s’agissait
quelques milligrammes. Ceci est dû au fait donc d’étudier des « vitamino-défi-
que la plupart agissent comme des coen- ciences ». Certains signes cliniques de vita-
zymes ou des cofacteurs au cours des réac- mino-déficiences ont été mieux identifiés
tions enzymatiques. A la différence des chez l’homme du fait de l’apparition des
oligo-éléments, ce sont des substances orga- techniques d’alimentation artificielle (paren-
niques. Les vitamines doivent être apportées térale exclusive prolongée) qui ont permis
en faible quantité dans l’alimentation. de préciser les besoins. Alors que les défi-
Quelques vitamines font exception car il ciences spontanées étaient rares et asso-
existe pour elles d’autres sources pouvant ciaient souvent des carences multiples, des
remplacer les apports alimentaires : exposi- omissions isolées d’une vitamine dans un
tion de la peau aux ultra-violets solaires pour mélange nutritif artificiel utilisé au long
la vitamine D, synthèse à partir du trypto- cours ont permis de préciser les consé-
phane pour la niacine, synthèse par la flore quences d’une vitamino-déficience pure et
microbienne digestive pour la vitamine K. les apports nécessaires.
135
E. Grasset
136
6. Les vitamines
Tableau II
Principales fonctions des vitamines
Conséquences cliniques d’une carence
137
E. Grasset
Tableau III
Absorption digestive des vitamines : quel site ou quelle fonction pour quelle vitamine ?
à concentration trop élevée (par exemple l’absorption des vitamines peut mettre en
10-4, 10-3 M), le sytème de transport actif jeu des étapes successives spécifiques et
est saturé et masqué par une diffusion lar- limitantes ; une perturbation peut entraîner
gement prépondérante. En cas d’étude in une malabsorption et donc une carence.
vitro, la possibilité d’accumulation intra- L’absorption des vitamines liposolubles
entérocytaire contre un gradient de concen- est très liée à celle des lipides dont elle suit
tration n’est plus visible. Ces mécanismes les différentes étapes (hydrolyse intralumi-
de transport sont résumés dans le nale sous l’action de la lipase pancréatique
tableau IV. Ce tableau illustre également après émulsification par les sels biliaires,
l’importance du métabolisme intraluminal absorption, réestérification, incorporation
et entérocytaire de ces vitamines. Ceci n’a dans les lipoprotéines, excrétion dans la
pas qu’un intérêt théorique : la digestion et lymphe sous forme de chylomicron). Leur
138
6. Les vitamines
Tableau IV
Absorption digestive des vitamines : étapes spécifiques au niveau de l’intestin
139
E. Grasset
Tableau V
Vitamines : formes actives
140
6. Les vitamines
Tableau VI
Vitamines : distribution, stockage
Molécule Distribution
Thiamine Phosphorylée : 3/4 (globules rouges et leucocytes +++)
Libre : 1/4 (plasma, concentration faible)
Organes : forme phosphorylée
Pas de stockage
Riboflavine Liée aux protéines plasmatiques (FMN) intracellulaire (érythrocytes >
plasma, tissus ; surtout sous forme de FAD)
Demi-vie intracellulaire longue en cas de carence d’apport, déplétion diffi-
cile à réaliser chez l’homme
Acide pantothénique Coenzyme A intratissulaire (muscle, cœur, foie, taux bien conservés grâce
à un système d’accumulation intracellulaire active)
Pyridoxine Phosphate de pyridoxal (foie, muscle ; demi-vie longue)
Niacine NAD et NADP dans les cellules sanguines et tissus (foie)
Synthèse à partir du tryptophane+++
(tryptophane dioxygénase, 60 mg Trp ➛ 1 mg Niacine)
Acide folique CH3-Tétrahydrofolate, lié aux protéines plasmatiques, érythrocytes > plas-
ma
Stockage hépatique (formes non méthylées) mais cycle entéro-hépatique
majeur+++
Cobalamine PLASMA : après absorption liaison à transcobalamine II (TC II, t1/2=1,5 h) ;
90 % liée à TCI, t1/2= 7-10 j) ;
TCIII (t1/2= 5 mn) permets retour vers le foie, stocks hépatiques suffisants
pour plusieurs mois+++, cycle entérohépatique
Acide ascorbique Plasma : libre+++ et liée à l’albumine, concentration dans les leucocytes,
pas de stockage
Biotine Plasma : libre et liée
Tissus : enzyme à carboxybiotine
Rétinol Rétinol lié à Retinol Binding Protein
Stockage hépatique (rétinyl-palmitate) dans gouttelettes lipidiques
Calciférol Plasma : 25(OH)2D3 (t1/2 3 semaines)
Tocophérol Lipoprotéines plasmatiques membranes cellulaires (t1/2 varie de quelques
jours à 3 mois selon les tissus)
Phytoménadione Liaison aux lipoprotéines plasmatiques (VLDL), cycle entéro-hépatique+++
Phylloquinone
141
E. Grasset
90
80
70
% excrété inchangé
60
50
40
30
20
10
0
0 200 400 600 800 1 000 1 200 1 400 1 600 1 800 2 000
Posologie (mg/jour)
Figure 1.
Relation entre l’élimination urinaire de vitamine C et la dose ingérée, effet de doses élevées
(d’après Kallner A, Hartman D, Hornig et al. Am J Clin Nutr 1979 ; 32 : 530-9)
tion d’oxalate est très limitée, l’ingestion de un coenzyme. L’holoenzyme, qui possède
fortes doses de vitamine C entraîne surtout l’activité complète résulte de l’association
une augmentation de son excrétion sous d’un apoenzyme, protéique, et d’un coenzy-
forme inchangée (figure 1). Dans certains me qui lui est lié. Si le coenzyme est lié par
tissus comme les glandes surrénales, la une liaison covalente, il sera dénommé
concentration d’acide ascorbique est supé- « groupement prosthétique ». Un coenzyme
rieure à celle du plasma. peut jouer un rôle de cosubstrat : il subira
L’autre extrême est représenté par des vita- exactement la réaction inverse de celle que
mines telle que la vitamine B12, que l’orga- subit le substrat (réactions d’oxydo-réduc-
nisme peut stocker de manière importante. Il tion : NAD, transamination : phosphate de
faudra des mois de carence d’apport (régime pyridoxal).
végétalien strict) pour épuiser les réserves. L’étude du mécanisme de la décarboxyla-
Alors que les excès de vitamines hydro- tion du pyruvate permet de bien illustrer les
solubles sont souvent éliminées par voie fonctions des vitamines et leur rôle en
urinaire, ce n’est pas le cas des vitamines pathologie (figure 2).
liposolubles, en particulier de la vitamine Le complexe enzymatique de la pyruvate-
A qui est stockée, ce qui contribue à la déshydrogénase catalyse la transformation
toxicité potentielle de doses excessives. du pyruvate, CH3-CO-COOH, en acétyl-
Coenzyme A. Cette enzyme localisée au
niveau de la mitochondrie contrôle donc
l’accès des métabolites du glucose au cycle
RÔLE PHYSIOLOGIQUE de Krebs. En fait cette réaction met en jeu
3 enzymes successives et 5 coenzymes dont
DES VITAMINES 4 sont, chez l’homme, des dérivés de vita-
mines : thiamine pyrophosphate (TPP dérivé
de vitamine B1), flavine-adénine-dinucléoti-
➛ Fonction coenzymatique de (FAD, dérivé de la vitamine B2), coen-
De nombreux enzymes nécessitent une zyme A (dérivé de l’acide pantothénique),
autre molécule de faible poids moléculaire : nicotinamide dinucléotide (NAD, dérivé de
142
6. Les vitamines
Pyruvate-déshydrogénase
Pyruvate-déshydrogénase
Dihydrolipoyl transacétylase
Dihydrolipoyl transacétylase
Dihydrolipoyl déshydrogénase
Dihydrolipoyl déshydrogénase
Enz - FADH2 + NADH2 ➛ Enz - FAD + NADH + H+
Figure 2
Décarboxylation oxydative du pyruvate. Intervention des coenzymes dérivés
des diverses vitamines au sein du complexe pyruvate-déshydrogénase.
la vitamine PP) et acide lipoïque qui, lui, formes : phylloquinone (vitamine K1) obte-
n’est pas une vitamine. nue à partir des plantes et ménaquinone
Le NADP intervient dans le cycle des (vitamine K2) d’origine bactérienne. La
pentoses (génération de NADPH), dans la ménadione (vitamine K3) est d’origine syn-
synthèse et l’élongation des acides gras (uti- thétique. Cette vitamine est indispensable
lisation du NADPH) au maintien de niveaux normaux de certains
La pyridoxine (vitamine B6) est un bon facteurs de coagulation : facteurs II, VII, IX
exemple de vitamine fonctionnant comme et X (prothrombine, proconvertine, facteur
coenzyme. La forme active est le phosphate anti-hémophilique B, facteur Stuart). Ces
de pyridoxal synthétisé grâce à la pyri- facteurs sont synthétisés par le foie sous
doxal-kinase présente dans la plupart des forme inactive. La transformation en dérivés
tissus. C’est le cofacteur des décarboxylases actifs nécessite une étape post-translation-
et des transaminases. Il doit être présent au nelle : transformation des résidus glutamine
voisinage immédiat des sites catalytiques en gamma-carboxyglutamate par une car-
des enzymes car la première étape de ces boxylase dépendant de la vitamine K. Ces
réactions est la création d’une base de fonctions gamma-carboxyglutamate porteurs
Schiff entre sa fonction aldéhyde et le grou- de deux carboxyles (charges négatives) sont
pe alpha-aminé de l’acide aminé (figure 3) ; très nombreuses au niveau de la prothrom-
les trois autres liaisons du carbone pourront bine et expliquent son interaction avec l’ion
alors faire l’objet de transamination ou de Ca++. D’autres protéines qui lient le calcium
décarboxylation. Il intervient également subissent la même réaction : l’ostéocalcine,
dans d’autres réactions (désaminases, aldo- synthétisée par les ostéoblastes, subit la
lase...). même gamma-carboxylation.
La vitamine K se présente sous deux
143
E. Grasset
144
6. Les vitamines
145
E. Grasset
VITAMINES HYDROSOLUBLES
Thiamine Vitamine B1 1,3 mg
Riboflavine Vitamine B2 1,5 mg
Acide pantothénique 10 mg
Pyridoxine Vitamine B6 2 mg
Niacine Vitamine PP 15 mg
Acide folique Vitamine B 9 300 µg
Cobalamine Vitamine B12 3 µg
Acide ascorbique Vitamine C 80 mg
VITAMINES LIPOSOLUBLES
Rétinol Vitamine A 800 µg
Calciférol Vitamine D 10 µg = 400 UI
Tocophérol Vitamine E 18 UI = 12 mg
dl alpha-tocophérol
Phytoménadione Vitamine K1 35 µg
Phylloquinone
Ces recommandations concernent l’ensemble d’une population, il existe donc une marge de sécurité importante ;
pour un individu particulier des apports plus faibles peuvent être suffisants.
146
6. Les vitamines
Comme la notion de besoin minimum opti- départ, pour compenser les pertes liées à
mal pour une population dépend du critère certains procédés technologiques tels que la
utilisé pour estimer son statut, que les études stérilisation.
épidémiologiques sont lourdes et longues et Il est évident que la possibilité de surve-
enfin qu’une population est faite de groupes nues de carence d’apport dépend des para-
hétérogènes, il existe de nombreuses discus- mètres suivants : abondance de la vitamine
sions concernant l’intérêt potentiel ou non de dans des aliments très variés, capacité de
certaines supplémentations. synthèse bactérienne ou à partir d’autres
Les principales sources alimentaires sont sources, importance du stockage par rapport
rassemblées dans le tableau VIII. Il est aux besoins quotidiens.
généralement admis qu’une alimentation
diversifiée apporte les vitamines néces- ➛ Malabsorption
saires. Il peut ne plus en être de même en Les carences en vitamines sont souvent
cas de traitement médicamenteux ou de les conséquences de malabsorptions diges-
maladie diminuant l’absorption ou augmen- tives. Ceci a deux conséquences : en cas de
tant les besoins. Certains pays comme les déficience vitaminique (anémie macrocytai-
États-Unis supplémentent presque systéma- re, diminution des facteurs de la coagulation
tiquement les aliments courants (vitamines limitée aux facteurs vitamine K-dépen-
du groupe B pour les farines, vitamine D dants...) il faudra rechercher une anomalie
pour le lait), d’autres comme la France, digestive. Inversement, certaines anomalies
autorisent dans certains cas, la restauration digestives devront faire prévoir un risque
au niveau du taux présent dans l’aliment de accru de déficience (tableau III).
Tableau VIII
Vitamines : distribution, stockage
147
E. Grasset
148
6. Les vitamines
149
E. Grasset
Ceci est également vrai en dehors de ces vita- ne peut être absorbée au niveau de l’iléon
mino-dépendances : les besoins en certaines terminal que si elle est liée au facteur
vitamines sont proportionnels à la quantité de intrinsèque, glycoprotéine sécrétée par le
substrat qu’elles doivent aider à transformer. corps et le fundus gastrique. En effet les
entérocytes de l’iléon terminal possèdent un
récepteur membranaire permettant la fixa-
COBALAMINE (vitamine B12) : tion du facteur intrinsèque. Pour se combi-
un métabolisme particulièrement ner au facteur intrinsèque, la cobalamine
complexe doit être libérée des protéines R grâce à
l’action des protéases pancréatiques. Enfin
La vitamine B12 est nécessaire à la mul- la vitamine B12 doit être liée à une autre
tiplication cellulaire. Ceci est particulière- protéine de transport, la transcobalamine II
ment évident au niveau de certaines cellules (TCII), avant de quitter l’entérocyte pour
à renouvellement rapide comme les cellules gagner la circulation portale. Dans le plas-
souches sanguines. Dans le cytoplasme des ma elle sera ensuite liée surtout à une autre
cellules la cobalamine est sous la forme protéine, la TCI (tableau VI), cependant
d’hydroxocobalamine. Ces formes actives que la TCIII permet le retour vers le foie de
sont la méthylcobalamine (cytoplasme) ou la vitamine B12 circulante. Le foie contient
la 5’ déoxy-adénosylcobalamine (mitochon- la majorité des stocks de vitamine B12 de
drie). La 5’ déoxy-adénosylcobalamine est l’organisme qui sont de l’ordre de 2 à 5 mg.
le coenzyme nécessaire à la conversion du Il existe un cycle entéro-hépatique avec une
méthyl-malonyl-coenzyme A en succinyl- réabsorption très efficace. Ce stockage et la
coenzyme A. La méthylcobalamine est le faiblesse des besoins journaliers expliquent
coenzyme permettant les deux réactions la rareté des signes cliniques en cas de
combinées suivantes : carence d’apport isolée.
– conversion de l’homocystéine en Ce sont les maladies digestives (gastrite
méthionine, atrophique avec achlorhydrie, gastrecto-
– conversion du méthyltétrahydrofolate mie...) qui donneront lieu à des carences
en tétrahydrofolate (figure 5). Le tétrahy- (anémie mégaloblastique et signes neurolo-
drofolate pourra être utilisé dans la synthèse giques de l’anémie de Biermer en cas de
des bases puriques et pyrimidiques. gastrique atrophique autoimmune). Le test
Le métabolisme de la vitamine B12 est de Schilling consiste :
particulièrement complexe. La vitamine – à saturer l’organisme par une injection
B12 ingérée est liée à des protéines dont les de vitamine B12,
« protéines R » sécrétées dans la salive. Elle – à administrer ensuite par voie orale une
Méthionine synthase
(coenzyme : méthylcobalamine)
Figure 5
Inter-relation entre l’acide folique et la vitamine B12 lors des transfert de radicaux méthyl
150
6. Les vitamines
Tableau IX
Principales anomalies du métabolisme de la vitamine B12
I CARENCE D’APPORT
Régime végétarien strict (végétalien) excluant tout produit d’origine animal
Carence générale d’apport (la carence en folate apparaîtra d’abord), alcoolisme chronique (carence +
malabsorption)
II ABSORPTION ANORMALE
II1 Absence de sécretion de facteur intrinsèque
Gastrite atrophique auto-immune, maladie de Biermer
Autres gastrites atrophites
Gastrectomie
Très rares : absence congénitale de facteur intrinsèque ou facteur intrinsèque anormal
II2 Atteinte de l’absorption intestinale
Atteinte (maladie de Crohn, maladie coéliaque étendue, sprue tropicale) ou absence de l’iléon termi-
nal
Médicaments (PAS)
Très rare : malabsorption congénitale (syndrome d’Imerslund-Grasbeck, la malabsorption persiste
même après administration de vit. B12 liée au facteur intrinsèque)
II3 Autres atteintes digestives
Insuffisance pancréatique externe (pas de clivage de la vitamine B12 liée à protéine R)
Syndrome de Zollinger-Ellisson (pH trop acide)
Pullulations microbiennes, infestation par Botriocéphales (captent préférentiellement la vitamine B12)
151
E. Grasset
152
6. Les vitamines
B ibliographie
Ouvrages généraux :
Lehninger A.L. Principles of biochemistry. New York : Worth Publishers, 1982.
Murray RK., Granner D.K., Mayes P.A., Rodwell V.W., éditeurs. Harper’s biochemistry, 22e édition.
Norwalk : Apppleton & Lange, 1990.
Références specialisées :
Bender D.A. Nutritional biochemistry of the vitamins. Cambridge : Cambridge University Press, 1992.
CNRS-CNERNA. Apports nutritionnels conseillés pour la population française. 2e éd. Paris : Tec &
Doc Lavoisier, 1992.
Munnich A., Ogier H., Saudubray J.M., éditeurs. Les vitamines. Aspects métaboliques, nutritionnels et
thérapeutiques. Paris : Masson, 1987.
Shils M.E., Young V.R., éditeurs. Modern nutrition in health and disease, 7e éd. Philadelphia : Lea &
Febiger, 1988.
153