Cours OS
Thèmes abordés
Cours OS
Thèmes abordés
Option Spécifique
Stéphane Perret
Version 3.600
Table des matières
2 Les anneaux 15
2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 L’anneau des matrices de taille 2 fois 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3 Les anneaux de congruences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3.1 Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3.2 Les congruences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
i
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Mathématiques : cours OS
7 Courbes paramétrées 63
7.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
7.2 Asymptotes obliques et verticales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
7.3 Pente en un point et points particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
7.4 Étude de fonction paramétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
8 Fractales 69
8.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
8.2 Fractalisation dans le plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
8.2.1 Les applications affines et les matrices . . . . . . . . . . . . . . . 70
8.2.2 Addition de transformations linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . 71
8.2.3 Composition de transformations linéaires . . . . . . . . . . . . . . 72
8.2.4 Exemples de matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
8.3 Création de fractales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
8.3.1 Description d’une MCRM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
8.4 Le jeu du Chaos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
8.4.1 Une surprise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
8.4.2 Le jeu du chaos et les attracteurs des MCRM . . . . . . . . . . . 79
8.5 Dimension d’ensembles auto-semblables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
8.5.1 Dimension des fractales auto-semblables . . . . . . . . . . . . . . 83
11 Nombres complexes 99
11.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
11.2 Les nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
11.2.1 Construction géométrique du nombre imaginaire . . . . . . . . . . 100
11.2.2 Les deux façons de décrire un nombre complexe . . . . . . . . . . 102
11.2.3 L’addition de deux nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . 103
11.2.4 La multiplication de deux nombres complexes . . . . . . . . . . . 104
11.2.5 Le conjugué d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
11.2.6 La division de deux nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . 105
11.2.7 La formule de Moivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
11.2.8 Les racines énièmes d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . 106
11.3 Résolution d’équations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
11.3.1 Le théorème fondamental de l’algèbre . . . . . . . . . . . . . . . . 107
11.3.2 Résolution d’équations du premier degré . . . . . . . . . . . . . . 107
11.3.3 Résolution d’équations du deuxième degré . . . . . . . . . . . . . 107
11.3.4 Résolution d’équations du troisième degré . . . . . . . . . . . . . 108
11.4 D’autres valeurs exactes de cosinus et de sinus . . . . . . . . . . . . . . . 110
11.5 Une projection stéréographique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
11.6 Les fonctions complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
11.6.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
11.6.2 Représentation graphique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
11.6.3 Isométries, similitudes et similitudes rétrogrades . . . . . . . . . . 113
11.6.4 Points fixes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
11.6.5 Deux exercices avec leur corrigé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
En mathématique, une expression bien formée ou proposition est une expression qui a du
sens et qui peut être vraie ou fausse.
L’énigme du cyclope
Vous voilà enfermé dans une caverne en compagnie d’un cyclope qui veut votre mort.
Il vous donne néanmoins un choix : soit vous dites une proposition vraie et vous serez
bouilli ; soit vous dites une proposition fausse et vous serez roti.
Que dire ? 3. On peut aussi dire : «Cette phrase est fausse !»
Cette proposition n’est donc ni vraie, ni fausse.
il s’agit d’une contradiction, donc cette proposition ne peut pas être fausse.
Si cette proposition était fausse, alors vous seriez en train de mentir et ainsi cette proposition serait vraie ;
fausse ; il s’agit d’une contradiction, donc cette proposition ne peut pas être vraie.
Si cette proposition était vraie, alors vous seriez en train de dire la vérité et ainsi cette proposition serait
2. On peut aussi dire : «Je suis en train de mentir !»
Cette proposition n’est donc ni vraie, ni fausse.
contradiction, donc cette proposition ne peut pas être fausse.
Si cette proposition était fausse, alors vous finiriez roti et ainsi cette proposition serait vraie ; il s’agit d’une
d’une contradiction, donc cette proposition ne peut pas être vraie.
Si cette proposition était vraie, alors vous finiriez bouilli et ainsi cette proposition serait fausse ; il s’agit
1. On peut dire : «Vous allez me rotir !» (ou «Vous n’allez pas me bouillir !»)
Réponse : il y a plusieurs propositions possibles. Voici deux exemples.
1
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Mathématiques : cours OS
Remarques importantes
1. En mathématiques, on n’écrit jamais d’expressions bien formées fausses (sauf si on
s’est trompé en toute bonne foi).
2. En mathématiques, lorsqu’on dit qu’une proposition (ou implication) est vraie, cela
signifie qu’elle est toujours vraie (l’expression «l’exception qui confirme la règle»
n’a pas sa place en mathématiques). Ainsi une proposition (ou implication) est
fausse lorsqu’elle n’est pas toujours vraie.
Exemples d’implications
1. Jean a gagné au loto ⇒ Jean a joué au loto.
On lit : a) Le fait que Jean a gagné au loto implique le fait qu’il a joué au loto.
b) Si Jean a gagné au loto, alors il a joué au loto.
c) Jean a joué au loto, s’il a gagné.
d) Jean a gagné au loto seulement s’il a joué.
Cette implication est vraie, car on ne peut pas gagner sans jouer.
:2
2. 2x = 6 =⇒ x = 3.
Cette implication est vraie, car si le double d’un nombre x vaut 6, alors le nombre
x est égal à 3 (on divise chaque côté de l’égalité par 2).
3. Si un enseignant vous dit : «Les cancres s’asseyent au fond de la classe», il pense
que :
Un élève est un cancre =⇒ Il s’assied au fond de la classe
Non seulement cela ne signifie pas qu’il y a des cancres dans la classe, mais surtout
cela ne signifie en aucun cas que tous les élèves du fond de la classe sont des cancres.
Ainsi, l’enseignant n’a pas affirmé que : «Ceux qui s’asseyent au fond de la classe
sont des cancres». D’ailleurs, même cet enseignant sera d’accord de penser que :
Un élève s’assied au fond de la classe =⇒ C’est un cancre
6=
Moralité
La valeur de vérité de la réciproque d’une implication est indépendante de celle de l’im-
plication.
En effet, la première implication de l’exemple est vraie, alors que sa réciproque est fausse.
Tandis que la deuxième implication de l’exemple est vraie et que sa réciproque est vraie.
P ⇐⇒ Q
P si et seulement si Q
Exemples d’équivalence
1. Georges est le frère de Sophie si et seulement si Sophie est la sœur de Georges.
Il est évident que «Georges est le frère de Sophie» et «Sophie est la sœur de Georges»
sont des propositions synonymes.
3. 2x = 6 ⇐⇒ x = 3.
En effet, les deux implications ‘⇐’ et ‘⇒’ sont vraies.
Par exemple
Si P est la proposition «Il pleut», alors non P est la proposition «Il ne pleut pas» (et
non pas «Il fait beau», car il peut aussi neiger, grêler, etc.).
Remarques
1. Le principe de non-contradiction affirme que P et non P ne peuvent pas être vraies
en même temps. De même, elles ne peuvent pas être fausses en même temps.
2. Le principe du tiers exclu permet d’affirmer que :
P est vraie ⇐⇒ non P est fausse
P est fausse ⇐⇒ non P est vraie
On voit l’importance du principe du tiers exclu, car les contraires des phrases de
l’énigme du cyclope, qui ne sont ni vraies, ni fausses, sont des phrases vraies.
0.7 La contraposée
La contraposée d’une implication P ⇒ Q est l’implication non Q ⇒ non P .
Théorème
La contraposée d’une implication I est une implication qui a la même valeur de vérité
que l’implication I.
P ⇒ Q ⇐⇒ non Q ⇒ non P
| {z } | {z } (⋆)
implication I contraposée de l’implication I
Interprétations
1. Le sens ‘=⇒’ de (⋆) signifie que
Si l’implication P ⇒ Q est vraie, alors sa contraposée non Q ⇒ non P est vraie.
2. Le sens ‘⇐=’ de (⋆) signifie que
Si la contraposée non Q ⇒ non P est vraie, alors l’implication P ⇒ Q est vraie.
3. La contraposée du sens ‘=⇒’ de (⋆) signifie que
Si la contraposée non Q ⇒ non P est fausse, alors l’implication P ⇒ Q est fausse.
4. La contraposée du sens ’⇐=’ de (⋆) signifie que
Si l’implication P ⇒ Q est fausse, alors sa contraposée non Q ⇒ non P est fausse.
Moralité
Quelque soit la valeur de vérité d’une implication, sa contraposée a exactement la même
valeur de vérité et inversement.
Exemples
1. La contraposée de l’implication
est
Jean n’a pas joué au loto =⇒ Jean n’a pas gagné au loto
2. La contraposée de la proposition
est
Jean n’a pas gagné au loto =⇒ Jean n’a pas joué au loto
6=
Comme la première proposition est vraie (l’implication «Jean a joué au loto ⇒ Jean
a gagné au loto» est fausse), le théorème affirme que la deuxième proposition est
aussi vraie (l’implication «Jean n’a pas gagné au loto ⇒ Jean n’a pas joué au loto»
est fausse).
Remarque
Si on contrapose la contraposée d’une implication, on retrouve cette implication.
Preuve du théorème
‘=⇒’ On suppose que P ⇒ Q est vraie. On doit montrer que non Q ⇒ non P est vraie,
donc encore supposer que non Q est vraie, afin de montrer que non P est vraie.
On remarque que si P était vraie, alors l’implication P ⇒ Q nous permettrait
d’affirmer que Q serait vraie, ce qui est impossible (principe de non contradiction)
car Q est fausse (puisque non Q est supposé vraie (principe du tiers exclu)).
Par conséquent, P n’est pas vraie, donc non P est vraie (principe du tiers exclu).
P ⇒Q
3. La troisième façon de faire, c’est de procéder par l’absurde. Cela consiste à faire
comme si la conclusion Q était fausse et à essayer d’en dégager une contradiction
(c’est-à-dire une proposition vraie et fausse en même temps). Par le principe de non-
contradiction, cela signifie donc qu’il y a une erreur quelque part et, si la preuve
est bien ficelée, que cette erreur ne peut être que le fait que Q est fausse. Ainsi, Q
doit donc être vraie (si Q satisfait le principe du tiers exclu).
Voici un exemple d’une preuve par l’absurde :
Montrons qu’il n’existe pas de nombre réel x tel que x2 = −1.
Par l’absurde, on suppose que la conclusion est fausse, c’est-à-dire qu’il
existe un nombre réel x tel que x2 = −1. Or, grâce à la règle des signes,
on sait que x2 > 0. Ainsi, on a −1 = x2 > 0.
On a une contradiction : −1 > 0.
Donc, il n’existe pas de nombre réel x tel que x2 = −1.
0.9 Contre-exemples
Pour montrer que l’implication P ⇒ Q est fausse, il faut un contre-exemple, c’est-à-dire
un cas particulier pour lequel P est vraie et Q est fausse.
Exemple
On a :
x
x est un nombre pair =
6=
⇒ est un nombre pair
2
2
En effet, x = 2 fournit un contre-exemple, car 2 est un nombre pair et que 2
= 1 n’est
pas un nombre pair. Ici, le nombre 2 est un contre-exemple.
Attention
On ne démontre pas une implication à l’aide d’un exemple.
En effet, x est un nombre pair 6⇒ x2 est un nombre pair. Pourtant, si on essaye avec
x = 4, alors x2 = 24 = 2 est bien un nombre pair.
Théorème
√ √
Le nombre 2 est un nombre irrationnel, c’est-à-dire 2 6∈ Q.
Preuve
On note 2Z l’ensemble des nombres qui sont des multiples de 2.
1. Ingrédient : Soit n ∈ Z. Si n2 ∈ 2Z, alors n ∈ 2Z.
Il est équivalent de montrer la contraposée : si n 6∈ 2Z, alors n2 6∈ 2Z.
Si n n’est pas un multiple de 2, alors n s’écrit n = 2k + 1 avec k ∈ Z. On a
∈Z
z }| {
2 2
n = 4k + 4k + 1 = 2(2k 2 + 2k) + 1
Ainsi, n2 n’est pas un multiple de 2.
Le théorème fondamental de
l’arithmétique et sa preuve
12 = 2 · 6 = 2 · 2 · 3 30 = 2 · 15 = 2 · 3 · 5
39 = 3 · 13 175 = 5 · 35 = 5 · 5 · 7
187 = 11 · 17 67 = 1 · 67
On voit émerger certains nombres qui ne se factorisent pas : ce sont les nombres premiers.
Définition
Un nombre premier est un nombre p dont la seule factorisation possible est p = 1 · p.
Remarques
1. Convention : on déclare que le nombre 1 n’est pas un nombre premier.
2. Voici les 18 premiers éléments de l’ensemble des nombres premiers.
P = {2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, . . .}
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Mathématiques : cours OS
Preuve
Par l’absurde, supposons que le plus petit diviseur de n différent de 1, noté d, n’est pas
premier. Ainsi, n ne pourrait pas être premier non plus (car si n est premier, alors son
plus petit diviseur différent de 1 est lui-même) et le fait que d divise n se traduirait par
Ainsi, on aurait
n=a·b·m avec 1 < a, b < d 6 m
Ce qui montre que a et b seraient des diviseurs de n différents de 1 plus petits que d.
C’est une contradiction avec le fait que d est le plus petit diviseur de n différent de 1.
✷
Preuve de l’existence d’une décomposition en nombres premiers
Soit n ∈ N, n > 1.
Si n est premier, alors n est sa propre décomposition en nombres premiers et la preuve
est finie.
Par contre, si n n’est pas premier, alors son plus petit diviseur différent de 1, noté p1 est
premier. Ainsi
n = p1 · n1 avec 1 < p1 6 n1 < n
Si n1 est premier, alors la décomposition en nombres premiers de n est
n = p1 · n1
Par contre, si n1 n’est pas premier, alors son plus petit diviseur différent de 1, noté p2
est premier. Ainsi
n1 = p2 · n2 avec 1 < p2 6 n2 < n1
Si n2 est premier, alors la décomposition en nombres premiers de n est
n = p1 · p2 · n2
Par contre, si n2 n’est pas premier, alors son plus petit diviseur différent de 1, noté p3
est premier. Ainsi
n2 = p3 · n3 avec 1 < p3 6 n3 < n2
...
On se rend compte que l’on ne peut pas continuer ainsi indéfiniment puisqu’on aurait
construit une suite décroissante de nombres ni naturels tous plus grands que 1. Cette suite
ne pourrait pas être infinie, donc il existe forcément un moment où le nk sera premier et
dans ce cas, la preuve sera finie. ✷
Preuve
Cette preuve nécessite l’utilisation du théorème de Bezout (voir page 23). On distingue :
1. p divise a. Dans ce cas, c’est démontré !
2. p ne divise pas a. Dans ce cas, il faut démontrer que p divise b. Comme p est premier
et que p ne divise pas a, alors pgcd(p, a) = 1. Par le théorème de Bezout, il existe
deux nombres entiers x et y tels que x · p + y · a = 1.
En multipliant cette équation par b, on obtient :
x·p·b + y·a·b =b
| {z } | {z }
divisible par p divisible par p, car p divise ab
Preuve
Si p divise q, alors il existe m ∈ N tel que q = p · m. Comme q est premier et que p 6= 1
(car 1 n’est pas premier), on a m = 1 et p = q. ✷
Remarque
Ce sont les “sans nuire à la généralité” qui sont la cause du mot “essentiellement” qui se
trouve dans l’énoncé du théorème fondamental de l’arithmétique.
Whose woods these are I think I know. Whose proof this is I think I know.
His house is in the village though ; I can’t improve upon it, though ;
He will not see me stopping here You will not see me trying here
To watch his woods fill up with snow. To offer up a better show.
He gives his harness bells a shake In vain one seeks a prime to try
To ask if there is some mistake. To split this number — thus, a lie !
The only other sound’s the sweep The first assumption was a leap ;
Of easy wind and downy flake. Instead, the primes will reach the sky.
The woods are lovely, dark and deep. This proof is lovely, sharp, and deep.
But I have promises to keep, But I have promises to keep,
And miles to go before I sleep, And tests to grade before I sleep,
And miles to go before I sleep. And tests to grade before I sleep.
Démonstration d’Euclide
On suppose par l’absurde qu’il y a un nombre fini de nombres premiers, disons n nombres
premiers. Dans ce cas, l’ensemble P s’écrit
P = {p1 , p2 , p3 , . . . , pn }
On examine le nombre
N = p1 · p2 · p3 · · · pn + 1
Notation
On note
n! = 1 · 2 · 3 · · · (n − 1) · n
Par exemple, 1! = 1 ; 2! = 1 · 2 = 2 ; 3! = 1 · 2 · 3 = 6.
Théorème
Il existe une infinité de nombres premiers.
Preuve
Il suffit de démontrer que, pour tout nombre entier n > 3, il existe un nombre premier
entre n et n!.
En effet, si c’est le cas, on sait qu’il y a un nombre premier entre 3 et 3!, un autre entre
3! et (3!)!, encore un autre entre (3!)! et ((3!)!)!, etc.
Les anneaux
2.1 Définitions
Définition
Un anneau 1 est un ensemble A muni de deux opérations internes, notées ⊕ et ⊙. Un
anneau est donc un triplet (A, ⊕, ⊙).
L’opération ⊕ satisfait les propriétés suivantes 2 .
1. À chaque paire d’éléments de A, notés a1 et a2 , on associe un unique élément de
l’anneau A, noté a1 ⊕ a2 . En d’autres termes, ⊕ est une application bien définie
⊕ : A × A → A; (a1 ; a2 ) 7→ a1 ⊕ a2
Il y a encore deux règles de compatibilité entre les opérations ⊕ et ⊙. Il s’agit des règles
de distributivité ou de mise en évidence.
a1 ⊙ (a2 ⊕ a3 ) = a1 ⊙ a2 ⊕ a1 ⊙ a3
(a2 ⊕ a3 ) ⊙ a1 = a2 ⊙ a1 ⊕ a3 ⊙ a1
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Mathématiques : cours OS
Définition
Un anneau (A, ⊕, ⊙) est dit commutatif si la propriété suivante est satisfaite.
Pour chaque paire d’éléments de A, notés a1 et a2 , on a a1 ⊙ a2 = a2 ⊙ a1 .
Conséquences
Des règles ci-dessus, on peut en déduire les trois règles suivantes.
La deuxième règle n’est pas superflue si l’anneau n’est pas commutatif. Pour la troisième
règle, l’élément −1 est l’opposé du neutre multiplicatif, c’est-à-dire −1 ⊕ 1 = 0.
Preuve
Montrons d’abord que pour chaque élément de l’anneau, il n’y a qu’un opposé possible
(les règles disent a priori qu’il y a en au moins un).
Pour cela, supposons que si on prend deux opposés d’un élément a ∈ A, appelés a1 et a2 ,
alors ils sont forcément égaux, c’est-à-dire a1 = a2 .
En effet, puisque a1 et a2 sont des opposés de a, par définition, on a
a1 ⊕ a = 0 = a2 ⊕ a
Ainsi, on a
a1 ⊕ a = a2 ⊕ a
En faisant −a de chaque côté, on trouve a1 = a2 (on a le droit car l’application ⊕ est
bien définie et tout élément de l’anneau possède un opposé).
Déduisons maintenant les trois règles énoncées ci-dessus.
1. Soit a ∈ A, on a
0 ⊙ a ⊕ a = 0 ⊙ a ⊕ 1 ⊙ a = (0 ⊕ 1) ⊙ a = 1 ⊙ a = a
2. Soit a ∈ A, on a
a ⊙ 0 ⊕ a = a ⊙ 0 ⊕ a ⊙ 1 = a ⊙ (0 ⊕ 1) = a ⊙ 1 = a
3. Soit a ∈ A, on a
(−1) ⊙ a ⊕ a = (−1) ⊙ a ⊕ 1 ⊙ a = (−1) ⊕ 1 ⊙ a = 0 ⊙ a = 0
Exemples d’anneaux
1. Les nombres entiers (Z, +, ·), les nombres rationnels (Q, +, ·), les nombres réels
(R, +, ·) et les nombres complexes (C, +, ·) sont tous des anneaux commutatifs. Le
neutre additif est le 0 et le neutre multiplicatif est le 1.
2. Les fonctions réelles, dont le domaine de définition et le domaine d’arrivée est R,
forment un anneau commutatifs pour les opérations + et · conventionnelles. Le
neutre additif est la fonction 0 : R → R; x 7→ 0 (c’est la fonction qui vaut 0 quelque
soit la valeur de x) et le neutre multiplicatif est la fonction 1 : R → R; x 7→ 1 (c’est
la fonction qui vaut 1 quelque soit la valeur de x).
3. Les fonctions réelles, dont le domaine de définition et le domaine d’arrivée est R,
forment un anneau non commutatif pour les opérations + et ◦ (composition de
fonctions) conventionnelles. Le neutre additif est la fonction 0 : R → R; x 7→ 0
(c’est la fonction qui vaut 0 quelque soit la valeur de x) et le neutre multiplicatif
est la fonction id : R → R; x 7→ x (c’est la fonction qui dont l’image est la même
que l’élément de départ).
Définitions
Soit (A, ⊕, ⊙) un anneau.
1. Un élément a de A est dit inversible s’il existe b dans A tel que a⊙b = 1 et b⊙a = 1.
Dans ce cas, on dit que b est l’inverse de a et on note b = a−1 .
2. On note A× l’ensemble des éléments inversibles de A.
3. On dit que A est un anneau intègre si pour tout élément a, b dans A, on a
a⊙b= 0 =⇒ a = 0 ou b = 0
Définition
Un corps est un anneau A tel que A× = A \ {0}. C’est-à-dire lorsque tout élément non
nul est inversible.
Théorème
Tout anneau A fini et intègre est un corps.
Preuve
On doit montrer que tout élément non nul de l’anneau est inversible. Soit a ∈ A tel que
a 6= 0. Disons que A possède exactement n éléments différents (c’est possible puisque A
est supposé fini). Ainsi
A = {a1 , . . . , an }
Regardons l’ensemble
B = {a ⊙ a1 , . . . , a ⊙ an }
Cet ensemble a n éléments distincts (en exercice). Ainsi A = B et par conséquent, il existe
ai ∈ A tel que a ⊙ ai = 1. Cela signifie que a est inversible, ce qu’on voulait montrer. ✷
Les matrices sont très importantes en mathématiques et sont utilisées dans beaucoup de
sujets de mathématiques appliquées (le moteur de recherche de Google, la programmation
linéaire, les stratégies de jeux (en tandem avec la théorie des probabilités), les modèles
économiques, l’imagerie par ordinateur, les modèles de populations animales, . . . ).
Exemple
Si on veut distribuer 20 pièces de 5 centimes à 7 personnes, on va donner 2 pièces à
chacune et il en restera 6. La division euclidienne de 20 par 7 livre donc un quotient de 2
et un reste de 6.
20 = 7 · 2 + 6
Proposition
On a l’équivalence : a ≡ b (mod m) ⇐⇒ a − b est divisible par m
Autrement dit : a ≡ b (mod m) ⇐⇒ a − b ≡ 0 (mod m)
Preuve
On effectue la division euclidienne de a par m et celle de b par m. On obtient :
a = mqa + ra avec 0 6 ra < m et b = mqb + rb avec 0 6 rb < m
Ainsi, on a a − b = m(qa − qb ) + ra − rb (♠) avec −m < ra − rb < m (♣).
Remarquons que ra − rb n’est pas forcément le reste de la division euclidienne de a − b
par m. En effet, on n’a pas forcément 0 6 ra − rb < m, puisque ra − rb peut être négatif.
Ainsi, on a : a ≡ b (mod m) ⇐⇒ a et b ont les mêmes restes de division par m
(♣)
⇐⇒ ra = rb ⇐⇒ ra − rb = 0 ⇐⇒ ra − rb est divisible par m
(♠)
⇐⇒ a − b est divisible par m ✷
Proposition
Si a ≡ α (mod m) et b ≡ β (mod m). Alors :
a) a + b ≡ α + β (mod m) b) a · b ≡ α · β (mod m)
Preuve
Par la proposition précédente, on sait que a − α et b − β sont divisibles par m. Ainsi, il
existe ka et kb dans Z tels que :
a − α = ka m et b − β = kb m
a) Il faut s’assurer que a + b − (α + β) soit divisible par m. C’est bien le cas car :
a + b − (α + β) = a − α + b − β = ka m + kb m = (ka + kb )m
b) Il faut s’assurer que a · b − (α · β) soit divisible par m. Ici c’est un peu plus subtil.
On a
a = ka m + α et b = kb m + β
Donc
ab = (ka m + α) · (kb m + β) = ka kb m2 + αkb m + βka m + αβ
Ce qui est équivalent à dire que ab − αβ est bien divisible par m, car
ab − αβ = (ka kb m + αkb + βka )m
✷
Remarque
On vient de montrer que l’on peut utiliser l’addition et la multiplication des nombres en-
tiers dans le contexte des congruences. Cela permet de simplifier les calculs. Par exemple,
on a :
49 ≡ 5 (mod 11) 49 + 118 ≡ 5 + 8 ≡ 13 (mod 11)
=⇒
118 ≡ 8 (mod 11) 49 · 118 ≡ 5 · 8 ≡ 40 (mod 11)
Et ceci sans avoir eu à calculer les valeurs de 49 + 118 et de 49 · 118 dans Z.
Principe
Lorsqu’on calcule des congruences, on s’arrange toujours pour inscrire le plus petit nombre
positif ou nul possible. Par exemples :
c) 125 ≡ 0 (mod 5) d) 591 ≡ 0 (mod 3) e) 50 ≡ 2 (mod 4)
f) 53 ≡ 4 (mod 7) g) −20 ≡ 1 (mod 3) h) −44 ≡ 6 (mod 10)
Définition
Pour chaque m ∈ N, on définit :
Zm = {0, 1, 2, . . . , m − 1}
En suivant le principe ci-dessus, l’addition et la multiplication de Z permet de mettre
une structure d’anneau sur cet ensemble.
L’anneau (Zm , +, ·) est appelé l’anneau des restes de division modulo m. Lorsqu’on calcule
dans un tel anneau, on utilise le symbole ≡ au lieu de =.
Vision géométrique
Alors que les nombres entiers sont placés sur la droite réelle.
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
R
Les congruences modulo m sont représentés sur un cercle. Voici par exemple une repré-
sentation de Z7 et de Z12 .
do 0
11 1
dimanche
0
6 di
ré di
sa si
lu 1
e
10
2
n
m
edi
Z7 Z12
3
9
mardi
v dr
2
5
mi
la
en
4
8
4 me 3
di rcr
jeuol e
s fa di 7 5
6
Remarque
On peut démontrer que : Zm est un anneau intègre ⇐⇒ m est un nombre premier
Les nombres réels sont très utiles, mais parfois on préfère résoudre des problèmes qui
nécessitent des solutions à valeurs entières. Voici deux problèmes nécessitant l’utilisation
d’outils spécifiquement élaborés pour résoudre des problèmes sur les entiers.
Exemples
1. On a pgcd(12, 14) = 2.
En effet, l’ensemble des diviseurs de 12 est D12 = {1, 2, 3, 4, 6, 12} et l’ensemble des
diviseurs de 14 est D14 = {1, 2, 7, 14}. L’ensemble des diviseurs commun à 12 et à
14 est donc D12 ∩ D14 = {1, 2}. Ainsi, le plus grand commun diviseur est 2.
2. On a aussi pgcd(2, 3) = 1.
Définition. Deux nombres a et b tels que pgcd(a, b) = 1 sont dit premiers entre-eux.
21
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
Résultat
Soit a et b deux nombres entiers avec b 6= 0. En effectuant la division euclidienne de a
par b, on obtient un quotient q et un reste r tels que a = qb + r (et 0 6 r < |b|). Alors
pgcd(a, b) = pgcd(b, r)
Preuve
1. pgcd(b, r) 6 pgcd(a, b).
Pour montrer cela, il suffit de montrer que pgcd(b, r) divise a et b. Ainsi, il sera bien
plus petit ou égal au plus grand commun diviseur de a et de b, noté pgcd(a, b).
Or, il est évident que pgcd(b, r) divise b et r (par définition). Ainsi il divise aussi
qb et r, donc pgcd(b, r) divise a = qb + r.
On a ainsi montré que pgcd(b, r) 6 pgcd(a, b) 6 pgcd(b, r). Il est donc évident que
pgcd(a, b) = pgcd(b, r). ✷
3.1.1 L’algorithme d’Euclide
Soit a et b deux nombres entiers non nuls. Grâce au résultat précédent, on peut en
effectuant des divisions euclidiennes successives calculer pgcd(a, b).
où le premier reste nul est rn . Dans ce cas pgcd(a, b) est égal au dernier reste non nul.
Comme les restes forment une suite de nombres naturels strictement décroissante, il est
certain qu’il y aura un premier reste nul (noté ici rn ).
Preuve
L’algorithme d’Euclide étendu décrit ci-dessous permet de trouver les entiers x et y. ✷
3.2.2 L’algorithme d’Euclide étendu
Cet algorithme consiste à compléter l’algorithme d’Euclide.
Exemple
On cherche la combinaison de Bezout pour a = 28 et b = 6.
28 6
28 1 0 quotients
6 0 1 4
4 1 −4 1
(♥) pgcd(28, 6) = 2 −1 5 2
(♦) 0 3 −14
Ainsi, on a :
Bezout (♥) : 28 · (−1) + 6 · 5 = 2
(♦) : 28 · 3 + 6 · (−14) = 0
Remarque
À chaque ligne, on retrouve le terme de gauche en écrivant la combinaison avec les deux
termes du milieu.
a b
a 1 0 quotients
b 0 1
··· ··· ···
r s t
··· ··· ···
r =a·s+b·t
Cette propriété, démontrée en page 32, permet de repérer les éventuelles erreurs de calcul.
Preuve
Par le théorème de Bezout, il existe deux nombres entiers x et y tels que
c·x+a·y =1
c| · {z
x · }b + a · y · b =b
| {z }
divisible par c divisible par c, car c divise ab
Preuve constructive
“⇒” Il est évident que pgcd(a, b) divise ax et by, donc pgcd(a, b) divise leur somme qui
vaut c (car x et y sont solutions entières de l’équation ax + by = c).
“⇐” Par le théorème de Bezout, il existe deux nombres entiers m et n tels que :
am + bn = pgcd(a, b)
1. Si (xh ; yh ) est une solution de (EH), alors (xh +x0 ; yh +y0 ) est une solution de (ED).
2. Si (x; y) est une solution de (ED), alors (x − x0 ; y − y0 ) est une solution de (EH).
Autrement dit, à travers la solution particulière (x0 ; y0 ), à chaque solution de (ED)
correspond une unique solution de (EH) et réciproquement.
Preuve
On suppose qu’on connaît une solution particulière (x0 ; y0 ) de l’équation (ED).
On doit montrer :
1. Si (xh ; yh ) est une solution de (EH), alors (x; y) = (xh + x0 ; yh + y0) est une solution
de (ED).
Il suffit de vérifier (ED) pour (x; y).
= c car (x0 ; y0 ) est solution de (ED)
z }| {
ax + by = a(xh + x0 ) + b(yh + y0 ) = axh + byh + ax0 + by0 = c
| {z }
= 0 car (xh ; yh ) est solution de (EH)
2. Si (x; y) est une solution de (ED), alors (xh ; yh ) = (x − x0 ; y − y0 ) est une solution
de (EH).
Il suffit de vérifier (EH) pour (xh ; yh ).
= c car (x0 ; y0 ) est solution de (ED)
z }| {
axh + byh = a(x − x0 ) + b(y − y0 ) = ax + by − ax0 + by0 = 0
| {z }
= c car (x; y) est solution de (ED)
Slogans
1. À chaque solution correspond un unique k (le même pour les deux équations).
2. À chaque nombre entier k correspond une unique solution.
Preuve
Le théorème de résolution permet d’énoncer la solution générale de l’équation diophan-
tienne dès qu’on connaît une solution particulière et la solution générale de l’équation
homogène. Ci-dessous, on démontre que la solution générale de l’équation homogène
ax + by = 0 est bien celle précitée.
1. D’abord, on montre que les solutions entières de ax + by = 0 s’écrivent comme
b a
x=− k et y= k avec k∈Z
pgcd(a, b) pgcd(a, b)
(c) Dans le cas où a = 0, c’est b qui est non nul, et on effectue les raisonnements
symétriques (en échangeant les rôles de a et b).
Remarques
a b
1. Puisque pgcd pgcd(a,b) , pgcd(a,b) = 1, le pgcd des solutions de l’équation homogène
est la valeur absolue de k.
Par conséquent, si on a des solutions dont le pgcd vaut 1, alors ces solutions sont
b a b a
x = − pgcd(a,b) et y = pgcd(a,b) , ou x = pgcd(a,b) et y = − pgcd(a,b) (k = ±1).
2. Les deux dernières lignes de l’algorithme d’Euclide étendu sont très importantes.
a b
a 1 0 quotients
b 0 1 q1
··· ··· ··· ···
(♥) pgcd(a, b) m n qn
b a
(♦) 0 ± pgcd(a,b) ∓ pgcd(a,b)
Exemple
On désire résoudre l’équation diophantienne 34x + 16y = 14.
2. Pour trouver la solution générale, on va calculer les lignes (♥) et (♦) de l’algorithme
d’Euclide étendu.
34 16
34 1 0 quotients
16 0 1 2
(♥) 2 1 −2 8
(♦) 0 −8 17
Ainsi (1; −2) est une solution particulière de l’équation 34x + 16y = pgcd(34, 16),
puisque la ligne (♥) dit que 34 · 1 + 16 · (−2) = 2.
Donc (7; −14) est une solution particulière de 34x + 16y = 14. En effet, on la trouve
14
en multipliant par 7 = pgcd(34,16) la solution de l’équation 34x + 16y = pgcd(34, 16).
En utilisant la ligne (♦), on peut directement donner la solution générale de l’équa-
tion diophantienne 34x + 16y = 14, qui est
x = 7 − 8k
, k∈Z
y = −14 + 17k
Exemple
Ci-dessous, on voit la droite d1 : 2x + 4y = 9, qui ne passe par aucun point du réseau Z2 ,
puisque pgcd(2, 4) = 2 ne divise pas 9. On voit aussi la droite d2 : 2x + 4y = 4, qui passe
par une infinité de point du réseau Z2 car pgcd(2, 4) = 2 divise
4. Son vecteur directeur
−2
à composantes entières le plus court est, au signe près, 1 .
y
b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b
3
b b b b b b b b b b b b b
2
2x
+4
y=
2x 9
b b b b b b
1 b
+4 b b b b b b
y=
4
b b b b b b b b b b b b b
x
−5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5
b b b b b b −1 b b b b b b b
b b b b b b −2 b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b
Voici l’étape 2.
r1 0 1 b 0 1 a a
= = M1 = M2
r2 1 −q2 r1 1 −q 2 b b
| {z }
M2
Voici l’étape i + 1
ri 0 1 ri−1 0 1 a a
= = Mi = Mi+1
ri+1 1 −qi+1 ri 1 −qi+1 b b
| {z }
Mi+1
Procédure itérative
Comme on vient de le voir, il faut trouver les coefficients de la matrice Mn pour trouver
la combinaison voulue dans le théorème de Bezout.
La méthode la plus simple pour calculer Mn est itérative (penser à une démonstration
par récurrence (aussi appelée démonstration par induction)). On connaît la matrice M1 .
s1 t1 0 1 b a
M1 = = puisque = M1
u1 v1 1 −q1 r1 b
On peut aussi considérer une étape 0 qui fait intervenir une matrice M0 (qui est l’identité
car il s’agit de l’élément neutre de la multiplication).
s0 t0 1 0 a 1 0 a
M0 = = puisque =
u0 v0 0 1 b 0 1 b
On constate que la première ligne de Mi+1 est égale à la deuxième ligne de Mi . Il se passe
le même phénomène avec les vecteurs issus de l’algorithme d’Euclide.
Etape i Etape i + 1
si ti ui vi
Mi = = Mi+1
ui vi si − ui qi+1 ti − vi qi+1
ri−1 ri
r ri+1
| {zi } | {z }
vecteur de l’étape i vecteur de l’étape i + 1
Algorithme
Dans cet algorithme, on place les vecteurs dans la première colonne, les matrices Mi dans
les deux colonnes centrales et dans la dernière colonne, on écrit les quotients.
a b
a 1 0 quotients
b 0 1 q1
··· ··· ··· ···
ri−1 si ti qi
ri ui vi qi+1
ri+1 = ri−1 − ri qi+1 si − ui qi+1 ti − vi qi+1 qi+2
··· ··· ··· ···
rn−1 = pgcd(a, b) sn tn qn
rn = 0 un vn
Remarque
À chaque ligne, on retrouve le terme de gauche en écrivant la
combinaison avec les deux termes du milieu.
Quelque soit la ligne, on a r = s · a + t · b. Cette propriété a b
permet de repérer une éventuelle erreur de calcul. a 1 0 quotients
Cette propriété est issue des matrices Mi précédentes. b 0 1
En effet, à chaque étape i, on a bien ··· ··· ···
r s t
ri−1 a si ti a si · a + ti · b · · · · · · · · ·
= Mi = =
ri b ui vi b ui · a + vi · b
Proposition 1
si ti
Pour tout i ∈ N, les coefficients de Mi = satisfont la propriété si vi −ti ui = ±1.
ui vi
Preuve par récurrence
1. Ancrage pour i = 0 :
1 0
Les coefficients de M0 = satisfont la propriété qui est : 1 · 1 − 0 · 0 = 1.
0 1
2. Pas de récurrence simple :
on suppose que c’est vrai pour i et on montre que c’est vrai pour i + 1.
Preuve
Soit d un diviseur positif de a et de b. Alors d divise ax et by, donc d divise ax + by.
Comme ax + by = ±1, on sait donc que d divise ±1. Or, le seul diviseur positif de ±1
est 1, donc d = 1.
Par conséquent, le seul diviseur positif commun à a et à b est 1. Cela signifie que a et b
sont premiers entre-eux. ✷
Conséquence des propositions 1 et 2
Les nombres qui sont inscrits à chaque ligne dans les colonnes centrales de l’algorithme
d’Euclide étendu sont premiers entre-eux !
a b
a 1 0 quotients
b 0 1 q1
··· ··· ··· ···
rn−1 = pgcd(a, b) sn tn qn
rn = 0 un vn
4.2 Le ppcm
Définition
Soit a et b deux nombres entiers.
On définit le plus petit commun multiple de a et b, noté ppcm(a, b), comme étant le plus
petit nombre positif qui est multiple à la fois de a et de b.
Exemples
1. On a ppcm(12, 14) = 84.
En effet, l’ensemble des multiples positifs (ou nul) de 12 est
M12 = {0, 12, 24, 36, 48, 60, 72, 84, 96, . . .}
et l’ensemble des multiples positifs (ou nul) de 14 est
M14 = {0, 14, 28, 42, 56, 70, 84, 98, . . .}
L’ensemble des multiples positifs (ou nul) commun à 12 et à 14 est donc M12 ∩M14 =
{0, 84, 168, 252, . . .}. Ainsi, le plus petit commun multiple est 84.
2. On a aussi ppcm(2, 3) = 6.
3. Ou encore ppcm(7, −21) = 21.
35
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
Résultat
Soit a et b deux entiers. Alors ppcm(a, b) · pgcd(a, b) = |ab|.
Preuve
|ab|
On va montrer que pgcd(a,b)
= ppcm(a, b). On a :
|ab| ±|a| ±|b| ±|a| ±|b|
= · b= ·a où et ∈Z
pgcd(a, b) pgcd(a, b) pgcd(a, b) pgcd(a, b) pgcd(a, b)
|ab|
on constate ainsi que pgcd(a,b) est un multiple de a et de b. C’est le plus petit possible,
puisqu’on ne peut pas diviser a et b par un nombre plus grand que pgcd(a, b). ✷
Preuve
Il existe k1 et k2 ∈ Z tels qu’on a les équivalences :
x ≡ a1 (mod m1 ) ⇐⇒ x = a1 + k1 m1
x ≡ a2 (mod m2 ) x = a2 + k2 m2
subst. x = a1 + k1 m1 x = a1 + k1 m1
⇐⇒ ⇐⇒
a1 + k1 m1 = a2 + k2 m2 k1 m1 − k2 m2 = a2 − a1
Ainsi le système de restes chinois admet une solution si et seulement si l’équation
diophantienne k1 m1 − k2 m2 = a2 − a1 (d’inconnues k1 et k2 ) admet une solution. Or
dans le résultat d’existence, on a vu que c’est le cas si et seulement si pgcd(m1 , m2 )
divise a2 − a1 . Autrement dit a1 ≡ a2 (mod pgcd(m1 , m2 )).
Pour l’unicité, prenons deux solutions x1 et x2 du système de restes chinois et montrons
qu’elles sont égales modulo ppcm(m1 , m2 ).
Puisque x1 ≡ a1 et x2 ≡ a1 modulo m1 , on a x1 ≡ x2 (mod m1 ). De même, on a x1 ≡ x2
(mod m2 ). Ainsi, on a x1 − x2 = k1 m1 avec k1 ∈ Z et x1 − x2 = k2 m2 avec k2 ∈ Z.
On obtient ainsi une équation diophantienne k1 m1 − k2 m2 = 0. Les solutions de cette
équation homogène sont (voir pages 26 et 27) :
m2 m1
k1 = k et k2 = k avec k ∈ Z
pgcd(m1 , m2 ) pgcd(m1 , m2 )
Donc
m1 m2
x1 − x2 = k = ppcm(m1 , m2 )k
pgcd(m1 , m2 )
C’est-à-dire que x1 ≡ x2 (mod ppcm(m1 , m2 )). ✷
S. Perret page 36 Version 3.600
Cours de Mathématiques Lycée cantonal de Porrentruy
Mathématiques : cours OS
Pour la résolution
Lorsqu’on veut résoudre un système chinois à deux équations, on suit le principe de la
démonstration en utilisant l’équivalence établie dans la preuve ci-dessus.
x ≡ a1 (mod m1 ) x = a1 + k1 m1
⇐⇒
x ≡ a2 (mod m2 ) k1 m1 − k2 m2 = a2 − a1 «équation diophantienne»
Ce cours se considère bien modeste par rapport à l’immense travail de Didier Müller sur
son site https://www.apprendre-en-ligne.net/crypto/ avec une partie cryptologie
très complète, incluant deux livres écrits par lui-même. Ce cours se base aussi sur la
quatrième édition du livre de Friedrich L. Bauer intitulé «Decrypted Secrets Methods
and Maxims of Cryptology» des éditions Springer, ainsi que sur le cahier «Cryptologie»
de Nicolas Martignoni édité par la Commission Romande de Mathématique (disponible
à partir de https://www.crm-editions.com/). Une autre bonne lecture est le livre de
Simon Singh appelé «Histoire des codes secrets» des éditions Le Livre de Poche.
Ainsi, le mot secret sera codé par 43 15 13 42 15 44. Pour coder et décoder, il faut
que celui qui envoie le message et que celui qui le reçoit aient tous les deux la même
clé (ici, le carré de Polybe).
2. La machine Enigma était la clé du cryptage allemand durant la deuxième guerre
mondiale. Le film U571 1 s’est inspiré du fait qu’une machine Enigma a été dérobée
aux Allemands durant l’assaut d’un de leur sous-marin. Le film The Imitation Game 2
présente l’histoire de Alan Turing, l’homme qui a cassé le code de Enigma.
1. https://fr.wikipedia.org/wiki/U-571_(film)
2. https://en.wikipedia.org/wiki/The_Imitation_Game
39
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
On peut imaginer d’autres décalages, ce qui fait un total de 25 chiffres de César (sans
compter le 26e, associé à un décalage de 0).
3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_latin
4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet
5. https://fr.wikipedia.org/wiki/Atbash
6. https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement_par_d%C3%A9calage
7. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Caesar3.svg, libre de droit
Exemple
Cet exemple est tiré à la fois du site web de Didier Müller et de son livre «Les 9 couronnes».
On y encrypte un message qui contient 3 noms de thé avec le mot clé KILO.
clé K I L O K I L O K I L O K I L O K I L O K I L O K
message en clair t h e r u s s e t h e j a s m i n t h e c h i n e
message crypté D P P F E A D S D P P X K A X W X B S S M P T B O
Le lecteur vérifiera qu’il peut chiffrer et déchiffrer le message grâce au tableau.
Incassable Si un message est chiffré avec une clé de même longueur, il est incassable.
C’est là qu’interviennent les bigrammes (aussi appelés digrammes), les trigrammes, etc.
bigrammes
bigrammes trigrammes tétragrammes pentagrammes hexagrammes
(doublets)
es ss ent ment ement dansle
le ee les elle aient lement
en ll ait quel etait quelle
re tt que emen dansl quelqu
de nn ede tion comme uelque
nt mm des dans avait dansla
te rr lle ient ation endant
ai ff res esde cette taient
et pp ant dela elles encore
er cc tre omme uelle ementd
on aa eme etai ansle edansl
ou uu ere pour equel ements
se dd ese tait autre ecomme
it ii our aien quele aitpas
el oo sde eque edans ations
an bb ela ille entde pendan
la gg ien plus lemen ansles
qu xx nte ente tions queles
ne zz ele vait grand vaient
ur kk men avai toute tement
me hh qui edes quell ecette
ie qq eur sles edela autres
is ww ais mais squel grande
em yy une tout uelqu tionde
ec vv est sque quelq etaien
ed jj par comm epour tdansl
Dans le tableau ci-dessus, on trouve de haut en bas, les n-grammes les plus fréquents.
Cela permet d’affiner l’analyse des fréquences en utilisant l’intuition qu’on a de la langue.
Ce code QR mène directement à la partie cryptanalyse des chiffrements par substitution
monoalphabétique de www.vive-les-maths.net.
À partir de cette page HTML, on pourra utiliser l’analyse des fréquences et de la connais-
sances des n-grammes les plus fréquents pour casser les chiffrements proposés sur les
différents exemples (un de ces exemples est tiré du fameux livre La disparition).
Cette page HTML mènera à la cryptanalyse des chiffrements à subtitution polyalphabé-
tique qui permettra aussi aussi de décrypter un chiffre de César en réglant la longueur
de la clé de chiffrement sur k = 1 et en effectuant le bon décalage.
La méthode de Kasiski
Examinons plus attentivement l’exemple de la page 41.
clé K I L O K I L O K I L O K I L O K I L O K I L O K
message en clair t h e r u s s e t h e j a s m i n t h e c h i n e
message crypté D P P F E A D S D P P X K A X W X B S S M P T B O
En 1863, Friedrich Wilhelm Kasiski a remarqué qu’une répétition peut se produire parce
que, fortuitement, la clé se répète pour exactement les mêmes caractères du message en
clair. Ainsi l’alphabet utilisé pour chacun de ces caractères sera exactement le même, et
par conséquent une répétition se produit aussi dans le message crypté.
L’écart entre deux répétitions est donc un multiple de la longueur du mot clé, autrement
dit la longueur de la clé est un diviseur de cet écart pour autant que la répétition n’est
pas due au hasard mais bien à une répétition de la clé. Ici l’écart vaut 8. La clé étant de
longueur 4, on voit bien que 4 divise 8.
clé K I L O K I L O K I L O K I L O K I L O K I L O K
message en clair t h e r u s s e t h e j a s m i n t h p f h i n e
message crypté D P P F E A D S D P P X K A X W X B S D P P T B O
En modifiant légèrement le message clair, on peut faire en sorte qu’une autre répétition
de DPP se produise de manière aléatoire avec un écart de 11. Pourtant, 4 (la longueur
du mot clé) ne divise pas 11 (cet écart).
En pratique, on peut donc chercher toutes les répétitions sous forme de bigrammes,
trigrammes, etc. et déterminer la liste des diviseurs des écarts trouvés. Les diviseurs
revenant le plus souvent vont probablement donner la longueur de la clé. À l’époque,
Kasiski cherchait à la main quelques écarts ; aujourd’hui, on peut utiliser un ordinateur
pour trouver tous les écarts !
La méthode de Friedman
En 1925, William F. Friedman, utilisa un indice de coïncidence qu’il appela κ (kappa).
Afin de définir cet indice de coïncidence, posons quelques notations.
On note X = (xi )16i6n la suite représentant un message de longueur n. De même, on
note X ′ = (x′i )16i6n la suite représentant un autre message de même longueur. On définit
l’indice κ ainsi
X n
′ δ(xi , x′i ) ′ 1 si xi = x′i
κ(X, X ) = où δ(xi , xi ) =
n 0 sinon
i=1
Théorème
Soit une langue S avec un alphabet L = (ak )16k6m dont les m lettres sont utilisées avec
des probabilités pi . Alors la variable aléatoire K (kappa majuscule)
P qui à un couple de
messages X et X ′ associe le nombre κ(X, X ′ ) est d’espérance m 2
k=1 k .
p
Notation
Ce théorème montre qu’à chaque langue S, il correspond un unique indice de coïncidence,
défini par
X m
ICS = p2k
k=1
Certains auteurs notent cet indice κS , ce qui fait penser qu’il est lié à κ(X, X ′ ). Toutefois
la remarque importante de la page 48 indique que ce nombre n’est pas lié qu’à κ(X, X ′ ).
ICfrançais ∼
= 0.0785
Preuve du théorème
On utilise les variables aléatoires suivante (i ∈ {1, . . . , n}).
K: Ω −→ R
Pn δ(x , x′ ) Ki : Ω −→ R
i i et
(X; X ′) 7−→ κ(X, X ′ ) = (X; X ) 7−→ δ(xi , x′i )
′
i=1 n
n n
1X 1X 1
E(K) = E(Ki ) = ICS = · n · ICS = ICS
n i=1 n i=1 n
La méthode de Kullback
En 1935, Solomon Kullback, utilisa des nombres qu’il appella χ (chi) et ψ (psi).
On reprend les notations précédentes, et on note nk le nombre de fois que la lettre ak
apparait dans X, de même, on note n′k le nombre de fois que la lettre ak apparait dans X ′ .
On définit les nombres χ et ψ ainsi
m
X m
X
nk · n′ n2
χ(X, X ′ ) = k
et ψ(X) = χ(X, X) = k
k=1
n2 k=1
n2
Preuve
1 si xj = ak 1 si x′i = ak
On note gk,j = et gk,i
′
= .
0 sinon 0 sinon
P
n P
n
On retrouve ainsi nk = gk,j et n′k = ′
gk,i .
j=1 i=1
Cela permet aussi de généraliser les δ(xi , x′i ) de la définition de κ(X, X ′ ) et cela sera très
utile pour la démonstration. En effet
m
X
Le seul terme de cette
somme qui vaut 1 arrive 1 si xj = x′i
δ(xj , x′i ) = gk,j · ′
gk,i lorsque xj = ak = x′i . δ(xj , x′i ) =
0 sinon
k=1 On a donc la généralisation voulue.
On a
P PP n δ(x ′ les indices
1 n−1 1 n−1 i−ρ−1 (mod n) +1 , xi ) i − ρ − 1 (mod n) + 1
κ(X (ρ) , X ′ ) = parcourent tous les nombres
n ρ=0 n ρ=0 i=1 n entre 1 et n
1 1 P n Pn 1 P n Pn P m 1 P
m P n P
n
= · · δ(xj , x′i ) = 2 ′
gk,j · gk,i = 2 ′
gk,j · gk,i
n n j=1 i=1 n j=1 i=1 k=1 n k=1 j=1 i=1
m P
1 P n P n 1 Pm
′
= 2 gk,j · gk,i = 2 nk · n′k = χ(X, X ′ )
n k=1 j=1 i=1 n k=1
✷
Version 3.600 page 47 S. Perret
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Mathématiques : cours OS
Indices de coïncidences
Le lien avec les probabilités (tirer aléatoirement deux fois de suite la même lettre est une
sacrée coïncidence) le montre bien : χ, ψ et ϕ sont aussi des indices de coïncidences, mais
historiquement c’est plutôt κ qui est le plus susceptible d’avoir droit à ce nom 10 .
Remarque importante
Selon Friedrich L. Bauer dans Decrypted Secrets, pages 322, 325 et 328, tous ces indices de
coïncidence ont la même espérance (pour ϕ, ce résultat est asymptotique). Ils permettent
tous d’estimer ICS !
10. source : https://de.wikipedia.org/wiki/Koinzidenzindex
CRBQN NBREM YEHQE GIUTP OAVUQ NNQRR AQMIR VNVFE NAIEM CUYPI YIHIY FLYMQ
TUFTZ WDTYA EFINE FIEZW DTFBG YQEEU RRNQF ENBAZ WUTCB VVLQT IRJBC DSAOA
PMMMI FLRKM NNLNQ CVULX EFBYA CKTRV MNNZO AVGDU KSGWG TYIEH ZAPYB TZMYE
URDRT MOHAE IZMIN JEEMY ELZIR ZMUFF EHLQM YQRNY GELJA VAQNW LRRNM UXOAV
BULMX VBQDQ OFJRA GIMBN NBFEH AAABO OHQIA CQZXL NPIYA JMEYM DLYCA PBQUL
Dans cet exemple, on choisit k = 7 (essai avec 7 alphabets). Voici les 7 coupures de X :
X1 = CREARVIILTEEGRAVJALNETOSETDEEIERARAVJNAINEA
X2 = REGVRNEYYZFZYNZVBPRQFRAGHZRIERHNVRVBRNAAPYP
X3 = BMIUAVMIMWIWQQWLCMKCBVVWZMTZMZLYANBQABBCIMB
X4 = QYUQQFCHQDNDEFUQDMMVYMGGAYMMYMQGQMUDGFOQYDQ
X5 = NETNMEUITTETEETTSMNUANDTPEOIEUMENULQIEOZALU
X6 = NHPNINYYUYFFUNCIAINLCNUYYUHNLFYLWXMOMHHXJYL
X7 = BQOQRAPFFAIBRBBROFLXKZKIBRAJZFQJLOXFBAQLMC
À partir de cette page HTML, on pourra s’orienter sur la méthode de Kasiski et les
indices de coïncidence pour déterminer la longueur de la clé de chiffrement, puis utiliser
l’analyse des fréquences de la page principale pour casser les chiffrements proposés sur
les différents exemples (un de ces exemples est tiré du fameux livre La disparition).
2. Tout le monde peut recevoir un message qui n’a pu être écrit que d’une seule
personne (authentification de l’auteur, signature électronique).
message cryptage message décryptage message
: a −−−−−−→ : α −−−−−−−−→ : a
original clé privée crypté clé publique décrypté
Bien évidemment, on peut combiner ces deux utilités pour avoir un message qui ne peut
être lu que par une seule personne et qui n’a pu être écrit que par une unique personne !
La clé privée
La clé privée est composée des nombres p, q et d.
La clé publique
Les nombres n et e sont mis à disposition dans un annuaire. Les nombres p, q et d sont
gardés secrets.
Preuve
Puisque p et q sont des nombres premiers distincts, on sait que n = ppcm(p, q). Ainsi,
pour montrer que ade ≡ a (mod pq), il suffit de montrer que ade est solution du système
chinois suivant
x ≡ a (mod p)
x ≡ a (mod q)
En effet, dans ce cas ade serait solution du système, au même titre que a. Par unicité de
la solution modulo pq, on saurait que ade ≡ a (mod pq).
On ne va démontrer que ade ≡ a (mod p), car pour l’autre, on reprend les mêmes argu-
ments en échangeant les rôles de p et de q.
Par hypothèse, on sait que de ≡ 1 (mod ϕ(n)). Ainsi, il existe k ∈ Z tel que
✷
Version 3.600 page 51 S. Perret
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Mathématiques : cours OS
But
Utiliser des méthodes numériques (programmes informatiques) pour trouver les zéros
d’une fonction f continue, c’est-à-dire les nombres x tels que f (x) = 0.
On va pour cela découvrir deux méthodes parmi de nombreuses méthodes existant sur le
marché.
Théorème de Bolzano
Soit a et b deux nombres réels tels que a < b.
Soit f une fonction réelle continue sur un intervalle [a, b] satisfaisant la condition suivante
qui est équivalente à dire que f (a) et f (b) sont de signes opposés.
Illustration
La fonction suivante est continue sur R et satisfait f (1) · f (4) < 0. Elle admet bien un
zéro dans l’intervalle ]1, 4[.
b
2
a x0 b x
−1 1 2 3 4
−1
b
−2
53
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Mathématiques : cours OS
Approche méthodologique
Pour trouver les zéros d’une fonction, on va développer des méthodes itératives, c’est-à-
dire construire des suites (xn )n>1 qui vont converger vers un zéro, noté x0 .
En d’autres termes :
x0 = lim xn
n→+∞
Algorithme On pose α1 = a, β1 = b et x1 = α1 +β 2
1
(x1 est le milieu de l’intervalle
[a, b] = [α1 , β1 ]). Puis, on distingue les trois cas suivants :
1. f (x1 ) = 0 (ou f (α1 )f (x1 ) = 0). Ainsi, x1 est un zéro. On peut arrêter de chercher.
2. f (α1 )f (x1 ) < 0. Ainsi, par Bolzano, on sait qu’un zéro se trouve entre α1 et x1 . On
choisit la partie gauche de l’intervalle coupé en deux en x1 . Le nouvel intervalle est
[α2 , β2 ] où α2 = α1 et β2 = x1 .
3. f (α1 )f (x1 ) > 0. Cela signifie que le signe de f (α1 ) est le même que celui de f (x1 ).
Par conséquent, il y a un changement de signe entre x1 et β1 . Par Bolzano, un zéro
se trouve donc dans la partie droite de l’intervalle coupé en deux en x1 . Le nouvel
intervalle est [α2 , β2 ] où α2 = x1 et β2 = β1 .
α2 +β2
Puis, on recommence avec l’intervalle [α2 , β2 ] que l’on coupe en deux en x2 = 2
.
Etc. . .
x3 x1
x2 x4
x
−4 −3 −2 −1 1
−1
Remarque
Cet algorithme ne permet de trouver qu’un zéro dans l’intervalle de départ [a, b]. Si on
veut trouver un zéro précis, il faut s’arranger pour choisir a et b de telle manière que seul
un zéro se trouve dans cet intervalle (ce que l’on peut facilement faire en regardant le
graphe de la fonction).
Définition
Si (xn )n>1 est une suite qui converge vers x0 . L’erreur (absolue) au pas n est définie par :
en = |xn − x0 |
Théorème
Si on effectue la méthode de la bissection sur une fonction f continue sur l’intervalle [a, b]
(où f (a)f (b) < 0). Alors :
b−a
en < pour tout n > 1
2n
Preuve
La longueur de l’intervalle de départ [a, b] est égale à b − a. Donc l’erreur au pas 1 est
forcément plus petite que la moitié de cet intervalle. Autrement dit :
b−a
e1 <
2
Comme, à chaque itération de l’algorithme, on divise la longueur de l’intervalle (dans
lequel le zéro cherché se trouve) par 2, la formule du théorème devient évidente (il faudrait
la démontrer par récurrence pour être pédant). Précisons tout de même que dans le cas
où il existe i tel que f (xi ) = 0, alors l’erreur au pas i vaut zéro. Ce qui reste compatible
avec la formule. ✷
Remarque fondamentale
Chercher un zéro x0 d’une fonction f (c’est-à-dire résoudre l’équation f (x) = 0) revient
à chercher un point fixe x0 d’une fonction g bien choisie (c’est-à-dire résoudre l’équation
g(x) = x). Pour que la fonction g soit bien choisie, il faut que :
f (x) = 0 ⇐⇒ g(x) = x
Théorème de convergence
Si la suite (xn )n>1 définie précédemment converge, alors elle converge vers un point fixe x0
de g qui sera un zéro de f (voir remarque fondamentale).
Démonstration
On suppose que la suite (xn )n>1 converge vers un nombre appelé x0 . Il faut montrer que
x0 est un point fixe de la fonction g (qui est supposée continue au voisinage de x0 ).
Or, dire que xn tend vers x0 lorsque n tend vers +∞ est équivalent à dire que la distance
entre x0 et xn tend vers 0 quand n tend vers +∞. En d’autres termes :
n→+∞
xn converge vers x0 ⇐⇒ |x0 − xn | −→ 0
En utilisant l’inégalité triangulaire (|x + y| 6 |x| + |y|), on montre que :
Moralité la fonction g1 permet de trouver le zéro de gauche, mais pas celui de droite,
tandis que la fonction g2 permet de trouver le zéro de droite, mais pas celui de gauche.
Théorème de sélection
Soit g : R → R une fonction dont la dérivée est continue. Supposons que g admet un
point fixe x0 qui satisfait |g ′(x0 )| < 1.
Alors, si on choisit x1 suffisamment proche de x0 , la suite des approximations successives
xn+1 = g(xn ) converge vers x0 .
Interprétation graphique
cas g ′ (x0 ) < 1 cas g ′ (x0 ) > 1
y y
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
x x
1 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 7
Définition
Soit I un intervalle dans R. Une fonction g : I → I est dite contractante si pour tout x,
y dans I, il existe un nombre k ∈ [0, 1[ (indépendant de x et de y) qui satisfait :
|g(x) − g(y)| 6 k |x − y|
| {z } | {z }
distance entre g(x) et g(y) distance entre x et y
Moralement : Cela signifie que la fonction resserre tous les points de I.
Proposition
Soit I un intervalle fermé et g : I → I une fonction contractante. Alors pour n’importe
quel point x1 ∈ I, la suite des approximations successives xn+1 = g(xn ) converge (donc
converge vers un point fixe de g (voir théorème de convergence)).
1. Ce théorème se généralise aux espaces Rn et permet ainsi d’appliquer le même théorème à la
construction des fractales par MCRM. Dans ce contexte, le théorème est rebaptisé : théorème de Banach-
Hausdorff.
Preuve de la proposition
Par le théorème du point fixe de Banach, on sait que la fonction g admet un unique point
fixe dans I, que l’on note x0 . Soit x1 un point quelconque de l’intervalle I et montrons
que la suite (xn )n>1 , définie par xn+1 = g(xn ) pour tout n > 1, converge vers ce point
fixe x0 .
C’est le cas, car l’erreur 2 au pas n, donnée par en = |xn − x0 |, diminue de la même façon
à chaque itération de l’algorithme du point fixe. En effet :
g contractante
en+1 = |xn+1 − x0 | = |g(xn ) − g(x0 )| 6 k|xn − x0 | = k en
On a ainsi la relation en+1 6 k n e1 avec k ∈ [0, 1[ (le nombre k provient de la définition
de fonction contractante).
Donc, lorsque n → +∞, on a k n → 0 (car 0 6 k < 1) et ainsi en+1 → 0. Comme l’erreur
tend vers 0, la suite converge vers x0 . ✷
(x1 ; f (x1 ))
y = f (xi ) + f ′ (xi )(x − xi )
f (x)
g(x) = x −
f ′ (x)
Par conséquent, l’erreur entre deux termes successifs de la suite des approximations suc-
cessives xn+1 = g(xn ) devient de plus en plus petite. En effet, cette erreur s’exprime de
la manière suivante grâce à l’inégalité triangulaire :
Courbes paramétrées
7.1 Introduction
Les limitations des fonctions
Lorsqu’on désire dessiner des courbes dans le plan, on a envie d’avoir la possibilité de
dessiner des courbes qui ne respectent pas le test de la droite verticale cher aux fonctions.
C’est-à-dire, une courbe qui peut couper une droite verticale plusieurs fois (ce qu’une
fonction ne doit jamais faire).
Par exemple, le cercle trigonométrique ne peut pas être décrit comme étant le graphe
d’une fonction. On aurait besoin de deux fonctions au minimum.
y y
x x
√ √
f (x) = 1 − x2 f (x) = − 1 − x2
avec x ∈ [−1, 1]
63
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Mathématiques : cours OS
Courbes paramétrées
On sait que le cercle trigonométrique est l’en-
semble des points du plan qui se trouvent y
à distance 1 de l’origine du plan. On sait
aussi qu’un point du cercle a les coordonnées
2π
(cos(t); sin(t)). t= 3 b π
t= 6
Ainsi pour dessiner le cercle trigonométrique, b
3π
trigonométrique). t= 2
Définitions
On considère deux fonctions réelles
y
x : Dx → R
et (x(t); y(t))
b
y : Dy → R
b
(x(t); y(t))
La fonction ci-dessous est appelée fonction pa-
ramétrée. Son domaine de définition est évi-
demment Df = Dx ∩ Dy . x
f : Df → R2 ; t 7→ (x(t); y(t))
Cf = {(x(t); y(t)) : t ∈ Df }
Cas particuliers
1. Les droites sont des courbes paramétrées.
Une droite est une courbe paramétrée dont les fonctions x et y sont données par
les équations paramétriques de cette droite.
x = x0 + λd1 f : R → R2 x(t) = x0 + td1
d: , λ∈R ! où
y = y0 + λd2 t 7→ (x(t); y(t)) y(t) = y0 + td2
1
1
x x
−1 1 −1 1
−1
−1
4 1
x x
−4 −2 2 4 −1 1
−2
−4 −1
x x
−5 5 −5 5
−5 −5
Asymptotes horizontales
On constate l’existence d’une asymptote horizontale d’équation y = y0 lorsqu’il existe
t0 ∈ R ∪ {±∞} tel que1
Asymptotes obliques
On constate que si la courbe paramétrée admet une asymptote oblique, alors il existe
t0 ∈ R ∪ {±∞} tel que1
Attention : il est possible qu’il existe un tel t0 sans que la courbe admette une asymptote
oblique.
Exemple
La courbe paramétrée ci-contre est décrite y
par la fonction paramétrée suivante.
f : R \ {−1, 0, 1} → R2 5
2 +t+1 t2 +t−1
t 7→ ( tt(t+1) ; t(1−t) )
t ∈ ]−1, 0[
On a t ∈ ]−∞, −1[
équation est x = 32 ,
[
1. On utilise la vision d’Alexandrov de la droite réelle (voir cours DF, page 169).
Donc y ′(t)
m(t) =
x′ (t)
Point singulier
Un point de la courbe (x(t0 ), y(t0)) est appelé point singulier si x′ (t0 ) = 0 et y ′(t0 ) = 0.
Important : il faut toujours calculer lim m(t) pour un point singulier afin de pouvoir le
t→t0
dessiner correctement.
Exemple
La courbe paramétrée ci-contre est décrite y
par la fonction paramétrée suivante.
5 t ∈ ]0, +∞[
2
f : ]−2, +∞[ \ {0} → R
2
t 7→ ( ln(t+2)t+1
t
; t +1
t
)
On a
1. un point singulier en t = −1. Ce point x
est (−1, −2). On a lim m(t) = 23 . −5 5
t→−1
2. un point non singulier à tangente ho-
rizontale lorsque t = 1. Ce point est t ∈ ]−2, 0[
(ln(3) + 1; 2).
3. un point non singulier à tangente verti- −5
→
trou
→
tement sing.
3. Points particuliers
Les points particuliers sont :
(a) Pour t = −1, on a le point singulier (−1; −e). On a lim m(t) = 2e .
t→−1
(b) Pour t → +∞, on a le point singulier (0; 0). On a lim m(t) = 0.
t→+∞
4. Graphe y
2 t ∈ ]0, +∞[
x
−4 −2 2 4
−2
−4
t ∈ ]−2, 0[
t ∈ ]−∞, −2[
−6
Fractales
8.1 Introduction
La plupart des formes de la nature sont dynamiques, elles se distinguent de la géométrie
fixe et statique de l’Homme dans la mesure où elles se développent et évoluent dans le
temps. Ces structures en développement sont apparemment dictées par le chaos, comme
par exemples les turbulences (prévisions météorologiques, simulation de courants marins,
fumée de cigarettes), la forme d’un éclair, la structure d’un arbre, d’une fougère, de nos
poumons, de notre système sanguin, le cours d’une action à la bourse, les mouvements
browniens, les feux de forêts, la structure des flocons de neige. Des paysages imaginaires
peuvent aussi être créés à l’aide de fractales.
Les fractales sont des objets mathématiques très variés tous construits à partir d’un
processus itératif. Elles sont utilisées à des fins de simulations pour tenter de comprendre
et de faire des prévisions à propos des structures en développement citées ci-dessus.
Dans un avenir proche ces modèles pourraient permettre de réduire les risques de crises
cardiaques, de détecter un cancer (comme les cancers du sein) ou la fin de la période
d’incubation du virus du SIDA 1 . Des modèles basés sur les fractales sont déjà utilisés
pour soigner les os fragiles. La géométrie fractale est utilisée efficacement pour trouver
des objets créés par l’Homme à partir de photos prises depuis les satellites (comme des
sous-marins). Les tremblements de terre possèdent une signature fractale, tout comme
les épidémies. Les images peuvent aussi être compressées en utilisant des fractales.
Le chou romanesco est un exemple classique de structure fractale se trouvant dans la
nature.
1. Beaucoup de malades du SIDA restent séropositifs une dizaine d’années avant que le virus se
réveille.
69
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
Ces vecteurs de base nous permettent de décrire chaque vecteur du plan comme unique
−→
combinaison linéaire de ~e1 et ~e2 . Par exemple, le vecteur OP reliant l’origine O(0; 0) au
point P (x; y) est décrit de la manière suivante.
−→ notation x
OP = x~e1 + y~e2 =
y
Considérons maintenant le vecteur ~v = λ1~e1 + λ2~e2 , aussi noté ~v = λλ12 , et regardons
comment une transformation linéaire f agit sur ce vecteur. Par linéarité on a :
Ainsi, il suffit de connaître f (~e1 ) et f (~e2 ) pour pouvoir connaître l’image de n’importe
quel vecteur par la fonction f . Or f (~e1 ) et f (~e2 ) sont des vecteurs qui s’écrivent aussi
dans la base canonique {~e1 , ~e2 }. Disons que
notation a1,1 notation a1,2
f (~e1 ) = a1,1~e1 + a2,1~e2 = et f (~e2 ) = a1,2~e1 + a2,2~e2 =
a2,1 a2,2
Ainsi, un vecteur est décrit par deux nombres et une application linéaire par quatre
nombres. Une idée géniale a été d’utiliser une notation matricielle pour décrire les trans-
formations linéaires.
Preuve
En effet, comme les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de base, il suffit
de calculer les images de ~e1 et de ~e2 par l’application f + g. Grâce à la règle pour la
construction des matrices A et B, on a :
notation a1,i notation b1,i
f (~ei ) = A~ei = et g(~ei ) = B~ei =
a2,i b2,i
Par conséquent, l’image du i-ième vecteur de base est :
notation a1,i b1,i a1,i + b1,i
(f + g)(~ei ) = f (~ei ) + g(~ei ) = + =
a2,i b2,i a2,i + b2,i
On reconnaît ainsi les colonnes de A + B. ✷
Version 3.600 page 71 S. Perret
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
Preuve
En effet, comme les colonnes de la matrice sont les images des vecteurs de base, il suffit
de calculer les images de ~e1 et de ~e2 par l’application f ◦ g. Par hypothèse, on a
notation
(f ◦ g)(~ei ) = f g(~ei ) = A B~ei
Grâce à la règle de construction des matrices, on constate que B~ei est la i-ième colonne
de B. Cela permet de continuer le calcul, puisqu’on sait multiplier une matrice et un
vecteur.
a1,1 a1,2 b1,i a1,1 b1,i + a1,2 b2,i
A B~ei = =
a2,1 a2,2 b2,i a2,1 b1,i + a2,2 b2,i
Matrice identité
Voici la matrice associée à la transformation qui ne fait rien.
1 0
I=
0 1
Matrices de symétrie
Voici la matrice Sx associée à la symétrie selon l’axe des x.
1 0
Sx =
0 −1
Matrice d’étirement
On peut considérer un étirement d’un facteur 2 selon l’axe des x et d’un facteur 3 selon
l’axe des y. Voici sa matrice associée.
2 0
E=
0 3
Matrices de projection
On peut effectuer une projection orthogonale sur l’axe des x.
1 0
P =
0 0
3. Une fonction est dite contractante si la distance entre deux points quelconques diminue lorsque
l’on applique la fonction.
4. Dans Rn , les parties compactes sont les parties fermées et bornées. Une partie est fermée si toute
suite convergente contenue dans la partie converge vers un point de la partie (par exemple, l’intervalle
]0, 1] n’est pas fermé car la suite ( n1 )n>1 converge vers 0 et que 0 6∈ ]0, 1]).
Le napperon de Sierpinski
Voici la MCRM qui permet d’obtenir le napperon de Sierpinski. Afin d’obtenir une image
finale inscrite dans un triangle équilatéral, on donne des dimensions légèrement différentes
au modèle (bien que seul les applications affines contractantes comptent, elles sont plus
facilement discernables avec ce modèle).
W
−→
W
−→
Cet attracteur est une courbe continue (pas une fonction !) qui n’est dérivable en aucun
point ! ! !
Le tapis de Sierpinski
Voici la MCRM qui permet d’obtenir le tapis de Sierpinski.
W
−→
L’ensemble de Cantor
L’ensemble de Cantor s’obtient en enlevant à la ligne [0, 1] son tiers médian, puis à chaque
ligne restante on enlève le tiers médian, et ainsi de suite... Voici la MCRM qui permet
d’obtenir cette fractale.
W
−→
La fougère de Barnsley
Voici la MCRM qui permet d’obtenir la fougère de Barnsley.
W
−→
Cherchons combien de temps cela prendrait-il pour avoir une image de taille de 1000
pixels par 1000 pixels (les photos numériques de haute qualité ont plus de pixels que
cela) avec une fougère en haute résolution. Le plus grand côté du grand modèle à la
première fractalisation est le 85% du côté correspondant sur le modèle initial. Le nombre
N de fractalisations nécessaire satisfait donc l’équation suivante (puisqu’il faudrait que
la taille du grand modèle soit de 1 pixel carré afin d’avoir une image haute définition).
1000 · 0.85N ∼
= 1 ⇐⇒ 0.85N ∼ = log0.85 (0.001) ∼
= 0.001 ⇐⇒ N ∼ = 42.50
Il faudrait ainsi un minimum de 43 fractalisations. Si on note M le nombre de rectangles
qu’il faut dessiner (et dont il faut calculer les coordonnées), on a
4N +1 − 1
M = 1 + 4 + 42 + 43 + · · · + 4N =
3
Pour N = 43, on a M ∼ = 1.03 · 1026 rectangles. En se basant sur le fait que le pentium
ci-dessus à pris 72 secondes pour dessiner 87′ 381 rectangles (M = 8) et en supposant que
le temps nécessaire est proportionnel, on aurait besoin plus de 8.50 · 1022 secondes, ce qui
fait plus de 9.8380 · 1017 jours. En se basant sur le fait qu’une année astronomique prends
environ 365, 2422 jours, le calcul prendrait plus de 2.69 · 1015 années. Ce qui est un temps
plus grand que l’âge de l’Univers !
3 3
z0 z0
1 2 1 2
On peut se convaincre aisément qu’une fois qu’un point arrive dans le triangle il n’en
sort plus. Mis à part cette remarque, on a l’impression que les points peuvent se déplacer
n’importe où et qu’il n’y a pas d’intérêt à étudier ce jeu de manière plus attentive.
Voici deux exemples où le point de départ z0 est le même et où on a joué 50 fois. Pour
un meilleur aspect seul les 10 premiers points ont été reliés.
3 3
z0 z0
1 2 1 2
z0
1 2
Le jeu du chaos associé consiste à choisir un point du plan et à lui appliquer itérativement
une seule transformation affine contractante choisie au hasard parmi les n possibles. Si le
point choisi est un point de l’attracteur, alors tous les points suivants seront aussi dans
l’attracteur. Mieux : pour chaque point de l’attracteur, il y a une probabilité non nulle
d’avoir un point de cette suite d’itérations qui sera autant proche que l’on veut du point
de l’attracteur. En langage mathématique cela se traduit par le théorème suivant.
Théorème
Si, dans Rn , on a n transformations Pnaffines contractantes w1 , . . . , wn et des nombres
réels positifs p1 , . . . , pn tels que i=1 pi = 1 (ce sont les probabilités de choisir les
transformations correspondantes).
Notons (si )i>1 la suite de nombres aléatoires choisis entre 1 et n avec les probabilités
associées ci-dessus.
Soit z0 un point de l’attracteur de la MCRM associée aux transformations, notée A+∞
(on peut prendre n’importe quel point fixe d’une des transformations (car ce point est
forcément dans l’attracteur)).
On considère la suite aléatoire z = (zi )i∈N telle que zk = wsk (zk−1 ) pour tout k > 1.
Alors
1. Tous les points de la suite z sont dans l’attracteur A+∞ .
2. Cette suite remplit presque sûrement 5 de manière dense 6 l’attracteur A+∞ .
Remarque
Si le point z0 n’est pas dans l’attracteur, on a tout de même une excellente approximation,
en effet plus on avance dans la suite plus on se trouve dans une fractalisation proche de
l’attracteur.
En effet, on applique le théorème du point fixe de Banach-Hausdorff avec la partie A0 =
{z0 }. Soulignons le fait que le i-ième élément de la suite z se trouve dans la i-ième
fractalisation Ai .
Idée de la preuve
Le point 1 provient de l’invariance de l’attracteur par l’opérateur de Hutchinson, c’est-
à-dire
W (A+∞ ) = A+∞
5. Cela signifie que la probabilité pour que cela ne soit pas le cas est nulle.
6. Un ensemble est dit dense dans un autre si tout point de l’autre ensemble admet un point arbi-
trairement proche dans le premier ensemble.
w3 (A)
W W W
−→ −→ −→
w1 (A) w2 (A)
Imaginons que la résolution du dernier dessin soit suffisante (si ce n’est pas le cas, alors
il suffit de continuer un peu la fractalisation).
On doit tirer au hasard une suite de nombres entre 1 et 3 (puisqu’il y a exactement trois
transformations affines contractantes pour le napperon de Sierpinski).
Imaginons que l’on ait s1 = 2, s2 = 1, s3 = 1, s4 = 3, s5 = 2 et s6 = 1 pour les six
premiers termes de la suite aléatoire. Prenons le coin en bas à gauche pour z0 . Ainsi
les quatre premiers termes de la suite z sont z0 , w2 (z0 ), w1 (w2 (z0 )), w1 (w1 (w2 (z0 ))) et
w3 (w1 (w1 (w2 (z0 )))). Ci-dessous, on noircit les triangles de la fractalisation dans lequel se
trouve les éléments de la suite z (dans le cas où le point se trouve sur un coin, on noircit
le triangle dont le coin est en bas à gauche).
w
2 w
1 w
1
−→ −→ −→
w
3 w
2 w
1
−→ −→ −→
La fougère de Barnsley
Grâce au jeu du chaos, on peut dessiner la fougère de Barnsley dans un temps beaucoup
plus réaliste.
Remarques
1. Il existe des ensembles auto-semblables qui ne sont pas des fractales, tels qu’un
segment, un carré et un cube.
2. Le napperon et le tapis de Sierpinski, l’ensemble de Cantor et la courbe de von
Koch sont auto-semblables. La fougère de Barnsley n’est pas auto-semblable (il y a
des étirements dans les transformations affines).
1er match 1
2e match 2
3e match x
4e match 1
x x x 1 1 1 2 2 2
x 1 2 x 1 2 x 1 2
x 1 2 1 2 x 2 x 1
x 1 2 2 x 1 1 2 x
En effet, pour chaque grille parmi toutes celles possibles (que l’on supposera être le
résultat des 4 matchs), si on regarde combien de points on réalise avec chacune des
9 colonnes ci-dessus (un point pour un match juste), on verra que l’on a toujours
une colonne ci-dessus qui livre 3 ou 4 points. C’est bien sûr une démonstration
longue et ennuyeuse. Il y a une démonstration plus rapide.
85
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
Preuve
Bien évidemment les créateurs sont maintenant au courant de cette astuce et proposent
des sport-toto à plus de 13 matchs (il y a aussi une technique similaire permettant
d’assurer 12 points sur 13 matchs, mais elle coûte plus cher qu’elle ne rapporte).
message à message
transmettre reçu
décodage
codage
Par contre, si on transmet le texte verticalement, c’est un jeu d’enfant de retrouver vingt
caractères consécutifs perdus.
L’ordinateur sur lequel Hamming travaillait avait un code détecteur d’erreur, appelé
2-sur-5. On disposait les nombres de 0 à 9 sur des rampes de 5 lampes dont 2 étaient
allumées et 3 étaient éteintes.
1 1 1 0 0 0
2 1 0 1 0 0
3 0 1 1 0 0
4 1 0 0 1 0
5 0 1 0 1 0
6 0 0 1 1 0
7 1 0 0 0 1
8 0 1 0 0 1
9 0 0 1 0 1
0 0 0 0 1 1
On voit que toutes les combinaisons possibles de deux lampes allumées sont représen-
tées. Ainsi, si on voit qu’il n’y a pas exactement deux lampes allumées, on sait qu’une
erreur s’est produite. Les opérateurs pouvaient retrouver l’erreur (en examinant ce qu’il
s’était passé avant), mais ils n’étaient pas présent le week-end et l’ordinateur devait être
redémarré (en perdant beaucoup de temps).
Après qu’un calcul a été stoppé de cette manière deux week-ends consécutifs, Hamming
était frustré et ennuyé et il s’est demandé pourquoi si l’ordinateur pouvait détecter, il ne
pouvait pas trouver sa position et la corriger.
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1
2 0 0 1 1 0 0 1 1 0 0
4 0 0 0 0 1 1 1 1 0 0
8 0 0 0 0 0 0 0 0 1 1
a b a+b
c d c+d
a+c b+d a+b+c+d
Cela donnait une application de codage où chaque chiffre était représenté par un mot
(a, b, c, d) avec a, b, c et d ∈ Z2 . On y associait le mot codé
(a, b, c, d, a + b, c + d, a + c, b + d, a + b + c + d)
| {z }
caractères de contrôle
a+c+d c b+c+d
d
a b
a+b+d
(a, b, c, d) 7→ (a, b, c, d, a + b + d, a + c + d, b + c + d)
| {z }
caractères de contrôle
Ce code plus astucieux permet de corriger une erreur et de n’utiliser que 7 lampes. Il a
été démontré qu’on ne peux pas corriger une erreur avec moins de 7 lampes.
Proposition
S’il existe un code binaire 1-correcteur d’erreur de longueur n systématique sur les r
premières positions (cela signifie que sur les r premières positions on retrouve le message
à coder : le code de Hamming ci-dessus est de longueur 7 et systématique sur les 4
premières positions). Alors
2n > (n + 1)2r
Preuve
Il y a 2r mots du code (un par message à coder) et 2n mots de longueur n (potentiellement
recevable après la transmission et ses multiples erreurs possibles).
Si le code est 1-correcteur, cela signifie que les sphères d’influence des mots du code sont
disjointes (rappelons que la sphère d’influence d’un mot du code contient tous les mots
qui ont au plus une différence par rapport au mode du code).
Comme on parle de code binaire de longueur n, chaque sphère d’influence d’un mot du
code contient (n + 1) mots (n modifications possibles d’un zéro ou d’un un et le mot du
code lui-même).
On a ainsi
nombre de mots de longueur n
z}|{
2n > |{z}
2r (n + 1)
| {z }
nombre de sphères d’influences centrées en les mots du code nombre de mots dans chaque sphère
| {z }
nombre de mots dans toutes les sphères
On remarque, en bonus, qu’on a l’égalité lorsque tout mot de longueur n se trouve dans
une unique sphère d’influence centrée en un mot du code. ✷
Cas d’égalité
L’égalité de l’équation de la proposition se produit pour
1. n = 3 et r = 1.
Il s’agit du code 1-correcteur élémentaire donné par l’application de codage
(a) 7→ (a, a, a)
En effet, si on triple l’information, on a un code qui corrige une erreur.
2. n = 7 et r = 4.
C’est le code de Hamming vu précédemment.
3. n = 15 et r = 11.
Il existe un tel code qui a été utilisé à l’époque dans les transmissions US.
4. n = 31 et r = 26.
Il est théoriquement possible qu’un tel code existe, mais pour en avoir la certitude,
il faudrait l’exhiber. Or même s’il existait, un tel code ne serait pas si utile car il
ne permettrait que de corriger une erreur sur les 31 positions possibles.
5. Pour tous les nombres n entre 2 et 31 qui n’apparaissent pas ci-dessus, la valeur
de r n’est pas entière. On est donc sûr qu’il n’y a pas de codes binaires de ces
longueurs n.
xi + 3 xi ≡ 0 (mod 10)
i impair i pair
avant permutation a b c d e
après permutation b a e d c
On voit que l’objet a quitte la première position pour aller en deuxième position. Les
autres objets vont aussi bouger (même s’il se trouve que d reste à la même place).
Symboliquement, on peut représenter le déplacement ainsi.
On voit qu’une permutation de 5 objets est une fonction bijective d’un ensemble de 5
objets dans lui-même. Les mathématiciens utilisent une notation encore meilleure en
représentant la permutation σ de la manière suivante.
σ = (12)(35)(4)
Composition de permutations
Mathématiquement parlant, composer deux permutations revient à faire une permuta-
tion, puis une deuxième. Pour voir ce qu’il se passe, superposons deux permutations σ1
et σ2 .
93
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Mathématiques : cours OS
Lorsque l’on compose des permutations, il faut lire de droite à gauche (à cause de la
composition de fonctions).
Vocabulaire
1. Dans Sym(n), la permutation (1)(2)(3) · · · (n) est appelée id (comme identité).
2. Dans une permutation σ écrite en notation simplifiée, une parenthèse contenant
n objets est appelée un n-cycle.
3. Si une permutation σ est écrite en notation simplifiée et qu’aucun nombre n’apparaît
plusieurs fois, on dit que la permutation σ est écrite en produit de cycles disjoints.
4. Le type d’une permutation σ ∈ Sym(n) est défini par
(t1 , t2 , . . . , tn )
Formule intéressante
Si (t1 , t2 , . . . , tn ) est le type d’une permutation, alors on a la formule évidente suivante.
1. Rappelons que (g ◦ f )(x) = g(f (x)). On applique la fonction f à l’élément x, puis la fonction g à
l’élément f (x) résultant de la première opération.
10.2 Groupes
Les permutations forment ce qu’on appelle aujourd’hui un groupe.
Définition
Un groupe est un ensemble G muni d’une opération, appelée loi de composition et notée
ici ⋆, qui satisfait les propriétés suivantes.
1. Pour chaque paire d’éléments de G, notés g1 et g2 , il existe un unique élément g1 ⋆g2 .
2. Quelque soit g1 , g2 et g3 dans G, on a (g1 ⋆ g2 ) ⋆ g3 = g1 ⋆ (g2 ⋆ g3 ).
3. Il existe un élément spécial de G, appelé neutre et noté e tel que g ⋆ e = e ⋆ g = g.
4. Pour chaque g ∈ G, il existe un inverse, noté g −1 tel que g ⋆ g −1 = g −1 ⋆ g = e.
Exemples de groupes
1. Les nombres entiers Z, les nombres rationnels Q, les nombres réels R et les nombres
complexes C sont tous des groupes dont la loi de composition est l’addition. Le
neutre est le zéro et les inverses sont les opposés.
2. Les fonctions réelles bijectives, dont le domaine de définition et le domaine d’arrivée
sont R, forment un groupe dont la loi de composition est la composition de fonctions.
Le neutre est l’application id : R → R; x 7→ x. Les inverses sont les fonctions
réciproques (c’est pour cette raison que les fonctions ont besoin d’être bijectives).
3. Les permutations de n éléments, noté Sym(n), forment un groupe à n! éléments
pour lequel la loi de composition est la composition (de fonctions).
4. On découvrira en exercices les groupes de rotations et de symétries des polygones
à n côtés (appelés aussi n-gones) et les groupes de rotation des cinq solides plato-
niciens.
2. Les groupes de rotations et de symétries agissent sur les ensembles dont ils sont le
groupe de rotations et de symétries.
Définitions
Lorsqu’on a une action d’un groupe G sur un ensemble E, on peut définir deux ensembles.
1. Soit x ∈ E. L’orbite de x est l’ensemble
Orb(x) = {g · x : g ∈ G}
Remarques fondamentales
1. Lorsqu’un groupe G agit sur un ensemble E, chaque élément g de G permute les
éléments de E.
En effet, une action associe à chaque g ∈ G, une bijection de E dans E.
2. Les orbites partitionnent l’ensemble E (en d’autres termes les orbites sont des en-
sembles disjoints dont la réunion est l’ensemble E).
Notation
Si E est un ensemble, on note |E| le nombre de ses éléments.
Le théorème de Pólya 1
Le nombre de colorations inéquivalentes d’un ensemble E de m objets (sous l’action d’un
groupe G) à l’aide de k couleurs est Z(k, . . . , k).
Le théorème de Pólya 2
On cherche à colorier un ensemble E de m objets (sous l’action d’un groupe G) à l’aide
de k couleurs.
Le coefficient xj11 xj22 · · · xjkk du polynôme
Or, Fix(g) est l’ensemble des colorations de E qui sont fixes par l’élément g ∈ G. Une
coloration est fixe si et seulement si dans chaque cycle de g, les éléments de E ont la
même couleur. Par conséquent, si on note (t1 , t2 , . . . , tm ) le type de la permutation de g,
l’ensemble Fix(g) contient exactement k t1 +t2 +···+tm = k t1 k t2 · · · k tm éléments (on a k choix
de couleurs pour chaque cycle).
Ainsi le nombre de colorations inéquivalentes est
1 X t1 t2
Z(k, . . . , k) = k k · · · k tm
|G| g∈G
✷
2. Il s’agit de l’ensemble des applications de E dans {1, 2, 3, . . . , k}. Chacune de ces applications
assigne à un élément de E, une couleur représentée par un nombre.
Exemple
On a deux sortes de perles : les blanches et les noires. On cherche le nombre de colliers
à trois perles que l’on peut construire. Afin de faire apparaître un groupe de symétrie
pour représenter les différents mouvements que l’on peut faire subir à un tel collier, on le
représente à l’aide d’un triangle régulier dont les sommets sont les perles.
2
3 1
3 1 3 1 3 1 3 1
Nombres complexes
11.1 Introduction
Les nombres complexes ont été introduits durant la renaissance au XVIe siècle par les
mathématiciens italiens Girolamo Cardano (Jérome Cardan pour les français), Raphaël
Bombelli, Nicolo Fontana, dit Tartaglia, et Ludovico Ferrari afin d’exprimer les solutions
des équations du troisième degré en toute généralité par les formules de Cardan ainsi que
les solutions des équations du quatrième degré (méthode de Ferrari).
En mathématiques, les nombres complexes sont utilisés dans le traitement du signal dans
les séries de Fourier ; dans le calcul intégral avec les intégrales par résidus ; dans les
fractales pour définir le magnifique ensemble de Mandelbrot représenté ci-dessous.
En physique, les nombres complexes sont utilisés pour décrire le comportement d’oscilla-
teurs électriques ou les phénomènes ondulatoires en électromagnétisme.
En économie, les nombres complexes mettent en évidence des phénomènes d’oscillations
rencontrés dans des problèmes de cycle et de stabilité des équilibres.
99
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
En multipliant deux fois par −1 on effectue une rotation d’un tour complet.
3i
2i
i
z1 = 3 + i
b
−4 −3 −2 −1 1 2 3 4
R
−i
z4 = 2 − 2i
b
−2i
z3 = −2 − 3i
b
−3i
−4i
z = a + bi z = r cis(ϕ)
bi b b
r
ϕ
Définitions
1. La forme cartésienne d’un nombre complexe est donnée par z = a + bi où
- le nombre a s’appelle la partie réelle du nombre complexe z, notée Re(z) ;
- le nombre b s’appelle la partie imaginaire du nombre complexe z, notée Im(z).
Voici le plan de Gauss avec une superposition des repères cartésien et trigonométrique,
et quelques nombres complexes donnés sous leur forme cartésienne ou trigonométrique.
Ri
3i
2i
3π
z5 = 2 cis 4
b
π
i z4 = cis 3
z2 = 3 + i
b
b
−3 −2 −1 1 2 3
R
7π
z6 = 3 cis 6 −i
b
z1 = 2 − 3i
b
−2i
z3 = −1 − 3i
b
−3i
C
R2
a
a + bi
bi b
b b
a a
b z2 i
b z2
z1 z2
·i
γ
a z2
α
z1 z2
longueur de z1 ).
On voit aussi que arg(z1 z2 ) = arg(z1 ) + arg(z2 ). En effet, le grand triangle bleu est
semblable au triangle construit à partir de z1 , on a donc γ = α + β.
Ainsi, on a la formule
r1 cis(α) · r2 cis(β) = r1 r2 cis(α + β)
Elle se résume ainsi : «quand on multiplie deux nombres complexes, leurs modules se
multiplient et leurs arguments s’additionnent».
Ce qui donne naturellement pour la notation exponentielle
r1 eiα · r2 eiβ = r1 r2 · ei(α+β)
r
ϕ
a
−ϕ
r
−bi b
z = a − bi
= r cis(−ϕ)
Définition
Soit z0 un nombre complexe.
Les solutions de l’équation z n = z0 sont appelées racines n-ième du nombre complexe z0 .
Attention
Un nombre complexe non nul admet n racines n-ièmes √ complexes et cela soulève une
contradiction si on continue d’utiliser la notation n
pour les racines énièmes.
√ p √ √ √ 2
1 = 1 = (−1) · (−1) = −1 · −1 = −1 = −1
Dans les nombres
√ complexes, i et −i sont deux racines carrées de −1. Dans la ligne
ci-dessus, −1 représente une fois i et une fois −i, car le calcul ci-dessous est juste.
√ p
1 = 1 = (−1) · (−1) = i · (−i) = −i2 = 1
√
Il n’y a donc plus unicité pour les racines énièmes (dans le cas des nombres réels, n a
représente l’unique solution de xn = a, qui est la solution positive ou nulle lorsqu’il y a
deux solutions réelles). Dans les nombres complexes,√ les relations < et > perdent leur
sens, et ainsi on ne doit plus utiliser la√notation n (sauf si elle a un sens dans les
nombres réels, ce qui n’est pas le cas de −1 par exemple).
Théorème
Tout polynôme p(z) de degré n > 1 et à coefficients dans C admet n racines (non
nécessairement distinctes) dans C.
Première étape
On transforme l’équation az 3 + bz 2 + cz + d = 0 avec a 6= 0 en équation de la forme
y 3 + py + q = 0
b
Pour cela, on pose z = y − (remarquer que l’on peut diviser par a puisque a 6= 0).
3a
En effet, lorsqu’on effectue la substitution, l’équation devient
3
3 2 3 b2 2b bc
az + bz + cz + d = ay + c − y+ +d− =0
3a 27a2 3a
3
3 c b2 2b d bc
= a y + − y+ + − =0
a 3a2 27a3 a 3a2
c b2 2b3 d bc
y 3 + py + q = 0 avec p= − 2 et q= 3
+ − 2
a 3a 27a a 3a
Deuxième étape
On trouve une formule permettant de résoudre toutes les équations du troisième degré
de la forme
y 3 + py + q = 0
Comme on sait déjà résoudre cette équation lorsque p ou q sont nuls, on va supposer par
la suite, qu’ils ne sont pas nuls.
L’idée, très astucieuse, consiste à transformer cette équation en un système d’équations à
deux inconnues. Pour cela, on utilise la substitution y = u + v et on ajoute la condition
3uv = −p qui est là pour simplifier l’expression obtenue lorsqu’on remplace y par u + v.
Ainsi, on a
3 3
3
3 3 u + v = −q
(u + v) + p(u + v) + q = 0 u + v = −q p3
⇐⇒ ⇐⇒ u3 · v 3 = − 27
3uv = −p 3uv = −p
3uv = −p
u3 + v 3 + q = 0
La méthode de Cardan
En 1545, Cardan a publié cette méthode trouvée par Scipione del Ferro et Tartaglia dans
un cas plus particulier.
Lorsque p et q sont des nombres réels, et que ∆ > 0, alors l’équation n’a qu’une solution
réelle qui est donnée par
s r s r
3 q q 2
p 3 3 q q 2 p 3
− + + + − − +
2 2 3 2 2 3
2π
2π
1. Calcul de la valeur exacte de cos 5
et de sin 5
.
2iπ
Posons z0 = cos( 2π
5
) + i sin( 2π
5
)=e 5 . Ce z0 satisfait l’équation z 5 − 1 = 0.
Or, puisqu’on a la factorisation z 5 − 1 = (z 4 + z 3 + z 2 + z + 1)(z − 1) et que z0 6= 1,
alors z0 satisfait les équations équivalentes suivantes.
:z 2 1 1
z 4 + z 3 + z 2 + z + 1 = 0 ⇐⇒ z 2 + z + 1 + + 2 = 0
z z
2 1 1 astuce 2 1 1
⇐⇒ z + 2 + z+ + 1 = 0 ⇐⇒ z + 2 + 2 + z + −1 =0
z z z z
2
1 1
⇐⇒ z+ + z+ −1=0
z z
Or,
1 2iπ
− 2iπ 2π
x0 = z0 + = e 5 + e 5 = 2 cos
z0 5
Ainsi, x0 est un nombre réel qui satisfait les équations équivalentes suivantes.
√
2 −1 ± 5
x + x − 1 = 0 ⇐⇒ x =
2
√
2π
Or, comme 5
< π2 , on sait que x0 > 0 et donc que x0 = −1+2 5 . Ainsi
√ p √
2π 5−1 2π 10 + 2 5
cos = et sin =
5 4 5 4
en utilisant la formule qui permet de trouver le sinus à partir du cosinus.
π
π
2. Calcul de la valeur exacte de cos 5
et de sin 5
.
On utilise une des formules citées en rappel pour obtenir l’expression suivante.
s s s s
π 2π
√
5−1
√ √
1 + cos( 5 ) 1+ 4 3+ 5 1+2 5+5
cos = = = =
5 2 2 8 16
En repérant une identité remarquable, on obtient
p
π √5 + 1 π √
10 − 2 5
cos = et sin =
5 4 5 4
en utilisant la formule qui permet de trouver le sinus à partir du cosinus.
p : S2 \ {N } → C p−1 : C → S2\ {N }
x + yi et 2a 2b a2 +b2 −1
P (x; y; z) 7→ a + bi 7→ P a2 +b2 +1 ; a2 +b2 +1 ; a2 +b2 +1
1−z
Cette projection stéréographique envoie l’hémisphère nord sur l’extérieur du cercle trigo-
nométrique, l’hémisphère sud sur l’intérieur du cercle trigonométrique et l’équateur sur
le cercle trigonométrique.
Cette projection stéréographique consiste a prendre la droite passant par le pôle nord N
et un autre point de la sphère P . La projection de ce point est l’intersection entre cette
droite et le plan de Gauss (calcul de géométrie spatiale).
Voici une représentation graphique où les points oranges sont sur la sphère de Riemann
S2 \ {N }, le point blanc est le pôle nord N et les points bleus sont sur le plan de Gauss.
11.6.1 Définition
Une fonction complexe f est une fonction qui associe à un nombre complexe z (faisant
partie d’un domaine D) un nombre complexe f (z) (dépendant généralement de z).
Notation mathématique.
f :D→ C
ou f : D → C; z 7→ f (z)
z 7→ f (z)
4 3 2 1 0 1 2 3 4
R
1 e
On représente le graphe d’une fonction réelle dans le plan, qui est un objet mathématique
de dimension 2, de la manière suivante.
(x; f (x))
b
2
4 3 2 1 1 2 3 4
R
Ainsi, comme le plan de Gauss est un objet mathématique de dimension 2, si l’on tenait
à représenter les fonctions complexes de la même manière, il faudrait travailler avec un
objet mathématique de dimension 4 ! Ceci n’étant pas possible, on préfère faire autrement.
Pour décrire graphiquement une fonction complexe, on dessine deux plans complexes,
l’un représentant le domaine D de départ et l’autre représentant l’ensemble d’arrivée qui
est le plan de Gauss.
Ri Ri
f (zb2 )
4i 4i
z3 f (z3 )
3i b
3i b
z1
2i b
2i
i i
4 3 2 1 1 2 3 4 f 4 3 2 1 1 2 3 4
R −→ R
i i
z2
b 2i 2i
3i 3i b
f (z1 )
4i 4i
On peut aussi n’utiliser qu’un seul plan de Gauss, à condition de mettre des couleurs afin
de distinguer les ensembles de départ et d’arrivée de la fonction.
Définitions et résultats
Définitions
1. La composition d’un nombre fini de translations et de rotations est une isométrie.
2. La composition d’un nombre fini d’isométries ou d’homothéties est appelée simili-
tude directe ou similitude.
Deux figures, images l’une de l’autre par similitude, sont dites semblables.
3. La composition d’une similitude directe et d’une symétrie axiale est appelée simi-
litude rétrograde.
Premiers résultats
1. Toute isométrie s’écrit f (z) = az + b avec a, b ∈ C tels que |a| = 1.
2. Toute similitude s’écrit f (z) = az + b avec a, b ∈ C.
3. Toute similitude rétrograde s’écrit f (z) = az + b avec a, b ∈ C.
Deuxièmes résultats
1. Une similitude directe ou rétrograde envoie une droite sur une droite et un cercle
sur un cercle.
2. Une similitude directe conserve les angles (l’image par une similitude directe d’un
angle droit est donc un angle droit) et envoie un triangle sur un triangle semblable
(de même orientation).
3. Une similitude rétrograde inverse les angles (l’image par une similitude rétrograde
d’un angle de π6 est un angle de − π6 ) et envoie un triangle sur un triangle presque
semblable (dont l’orientation est inversée).
1
a) |z| = 1 b) 2
< Im(z) < 2 c) Re(z)2 = Im(z)2
z Exercice 2
z−1
Soit f : D → C; z 7→ f (z) = .
z+1
1. Déterminer le plus grand domaine de définition D possible.
2. Quelle est l’image de l’axe réel ?
3. Quelle est l’image de l’axe imaginaire ?
4. Quel est l’ensemble des z tels que f (z) soit purement imaginaire ?
5. Quels sont les points fixes de f ?
6. Calculer f ◦ f .
Correction de l’exercice 1
La similitude est une symétrie par rapport à l’axe réel, suivie d’une rotation de 90◦ autour
de 0, puis d’une homothétie de facteur −2 et finalement d’une translation de 1 + i.
a) L’ensemble {z ∈ C : |z| = 1} représente le cercle de rayon 1 centré en 0.
Ri Ri
3i 3i
2i 2i
i i
3 2 1 1 2 3 f 3 2 1 1 2 3
R −→ R
i i
2i 2i
3i 3i
Son image par f est le cercle de rayon 2 centré en 1 + i, décrit par l’ensemble
{z ∈ C : |z − (1 + i)| = 2}.
1
b) L’ensemble {z ∈ C : 2
< Im(z) < 2} représente une bande horizontale passant
entre 21 i et 2i.
Ri Ri
3i 3i
2i 2i
i i
3 2 1 1 2 3
f 3 2 1 1 2 3
R −→ R
i i
2i 2i
3i 3i
Son image par f est une bande verticale passant entre −3 et 0, décrit par l’ensemble
{z ∈ C : −3 < Re(z) < 0}.
c) L’ensemble {z ∈ C : Re(z)2 = Im(z)2 } représente les deux diagonales qui traversent
le plan de Gauss.
Ri Ri
3i 3i
2i 2i
i i
3 2 1 1 2 3
f 3 2 1 1 2 3
R −→ R
i i
2i 2i
3i 3i
Son image par f est encore deux diagonales, mais décalées de sorte que leur inter-
section se trouve au point 1 + i. L’ensemble correspondant est décrit comme ceci :
{z ∈ C : (Re(z) − 1)2 = (Im(z) − 1)2 }.
Correction de l’exercice 2
1. Comme on ne peux pas diviser par 0, alors D = C \ {−1}.
2. L’axe réel est décrit par l’ensemble {λ : λ ∈ R} ⊂ C. Retirons λ = −1 pour se
retrouver dans le domaine de définition de f . Il faut donc examiner les valeurs pos-
sible de f (λ) avec λ ∈ R\{−1}. Ces valeurs correspondent à l’image de l’application
réelle f˜ : R \ {−1} → R; λ 7→ λ−1
λ+1
dont le graphe est
y
1
4 3 2 1 1 2 3 4
On voit que tous les nombres réels différents de 1 sont dans l’image. Ainsi l’image
de l’axe réel par f est {z ∈ R : z 6= 1} ⊂ C.
3. Calculons f (λi) avec λ ∈ R, on a
Ainsi, les nombres complexes f (λi) vivent dans le cercle de rayon 1 centré en 0.
Mais cela ne permet pas de conclure que tous les points du cercle sont dans l’image.
Afin de déterminer quels points du cercle sont dans l’image de l’axe imaginaire,
regardons les graphes des applications réelles.
λ2 − 1 2λ
g : R → R; λ 7→ h : R → R; λ 7→
λ2 + 1 λ2+1
g(λ) = Re(f (λi)) h(λ) = Im(f (λi))
1 1
−3 −2 −1 1 2 3 −3 −2 −1 1 2 3
λ λ
−1 −1
Puisqu’on sait que f (λi) est sur le cercle trigonométrique et que les fonctions g
et h sont continues, l’image par f de l’axe imaginaire est exactement le cercle
trigonométrique complexe sans le point 1. Autrement dit :
f (Ri) = {z ∈ C : |z| = 1 et z 6= 1}
x + iy − 1 (x + iy − 1)(x − iy + 1)
f (x + iy) = =
x + iy + 1 (x + 1)2 + y 2
x2 − ixy + x + ixy + y 2 + iy − x + iy − 1 x2 + y 2 − 1 + 2iy
= =
(x + 1)2 + y 2 (x + 1)2 + y 2
x2 + y 2 − 1 2y
= 2 2
+ i
(x + 1) + y (x + 1)2 + y 2
On cherche les nombres complexes z = x + iy tels que la partie réelle de f (z) soit
nulle, en d’autres termes, on veut que
x2 + y 2 − 1
=0
(x + 1)2 + y 2
z − 1 = z2 + z
L’ensemble de Mandelbrot et
les ensembles de Julia
12.1 Préliminaires
12.1.1 Suites de nombres complexes
Une suite de nombres complexes est une liste ordonnée de nombres complexes, notée
z = (zn )n∈N = (z0 , z1 , z2 , . . . , zn , . . .).
Inégalité triangulaire Ri
La formule ci-dessous s’appelle l’inégalité tri-
angulaire. b
z1 + z2
|z 2|
|z1 + z2 | 6 |z1 | + |z2 | pour tout z1 , z2 ∈ C z1 |
b
z2
+
|z 1
1|
119
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Mathématiques : cours OS
−2i
Ci-contre, les boules B61 (0), B62 (0) et B63 (0) sont
−3i
représentées dans le plan complexe.
Par défaut, on pose f (◦0) (z) = z («si on n’applique aucune fois la fonction f à z, on
obtient z, c’est-à-dire que l’on ne fait rien»).
Lemme
Soit c ∈ C.
Supposons qu’il existe un terme, appelé z, de la suite sc qui satisfait
H1 : |z| > |c| et H2 : |z| > 2
Alors, la suite sc n’est pas bornée.
Preuve
Posons α = |z| − 1. Par H2 , on a α > 1.
Montrons par récurrence que pour tout n ∈ N, on a
Pas de récurrence : on montre si c’est vrai pour n, alors c’est vrai pour n + 1.
2
(◦(n+1)) (◦n) (◦n)
fc (z) = fc fc (z) = fc (z) + c
ITR 2
(◦n)
> fc (z) − |c|
HR 2 2
(◦n) (◦n) (◦n) (◦n)
> fc (z) − fc (z) = fc (z) − fc (z)
(◦n) (◦n)
= fc (z) −1 fc (z)
HR (◦n) (◦n)
> |z| − 1 fc (z) = α fc (z)
HR
> α · αn |z| = αn+1 |z|
α>1 H1
> |z| > |c|
Donc
|fc(◦n) (z)| > αn |z| −→ +∞ lorsque n → +∞
Par conséquent, |fc◦n (z)| −→ +∞ lorsque n → +∞.
(◦n)
Cela montre que la suite sc = (0, fc (0), . . . , z, . . . , fc (z), . . .) n’est pas bornée.
✷
Version 3.600 page 121 S. Perret
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Propriété 1
L’ensemble de Mandelbrot est contenu dans la boule de rayon 2 centrée à l’origine.
En d’autres termes :
M ⊂ B62 (0)
Preuve
Par contraposée, on suppose que c 6∈ B62 (0) et on montre que c 6∈ M. Autrement dit, on
montre que chaque suite sc , avec c ∈ C tel que |c| > 2, est non bornée.
Soit donc c ∈ C tel |c| > 2. On a
sc = (0, c, fc (c), . . .)
Le deuxième terme, c, satisfait les hypothèses du lemme (H1 : |c| > |c| est banal et
H2 : |c| > 2 est l’hypothèse de départ de cette propriété).
Ainsi, par le lemme, la suite sc n’est pas bornée ! ✷
12.2.2 En route vers les représentations graphiques
Afin de savoir si, pour chaque nombre complexe c ∈ C, la suite sc est bornée ou non, on
va établir un critère permettant de savoir si une suite va être bornée ou non.
La première propriété nous dit qu’aucune suite sc avec |c| > 2 ne sera bornée. Cela ne
suffit pas pour trouver un bon critère, mais cela peut nous en donner une idée.
Preuve
Deux cas se présentent.
1. |c| > 2.
Dans ce cas, le deuxième terme de la suite sc est c qui satisfait |c| > 2. On applique
le lemme pour z = c afin de montrer que sc n’est pas bornée.
2. |c| 6 2.
Notons z le premier élément de la suite sc qui satisfait |z| > 2. Dans ce cas, on a
|z| > 2 > |c|
Ainsi, z satisfait les hypothèses du lemme et, par conséquent, la suite sc n’est pas
bornée.
✷
Remarque évidente
La réciproque est vraie puisque si la suite sc n’est pas bornée, alors il existera un élément
de la suite qui est à distance plus grande que 2 de l’origine.
def mandelbrot(c,lim) :
z = 0
compteur = 0
while ( abs(z) <= 2.0 and compteur < lim ) :
z = z**2 + c
compteur = compteur + 1
return compteur
def dessineMandelbrot(largeur,hauteur,lim) :
im = Image.new("RGB", (largeur, hauteur))
draw = ImageDraw.Draw(im)
im.save("mandelbrot.png", "PNG")
Dans le programme principal, on trouve la définition du cadre donné par le coin inférieur
gauche zA et le coin supérieur droit zB. La résolution de l’image est donnée par hauteur
et largeur.
La fonction mandelbrot calcule (à l’aide du compteur) le nombre de termes de la suite
sc qui sont à distance plus petite ou égale à 2 de l’origine. Bien sûr, si la suite est bornée,
le critère indique que la suite reste dans la boule B62 (0). Dans ce cas, le compteur ira
à l’infini. Or, un ordinateur ne pouvant pas effectuer une infinité de calculs, il faut fixer
une limite lim à partir de laquelle on ne calcule pas le terme suivant de la suite sc .
Puis la commande dessineMandelbrot va découper le cadre en morceaux. Dans chaque
zone, un nombre complexe c sera choisi et le compteur sera calculé pour ce nombre. La
zone correspondante sera ainsi coloriée selon la valeur du compteur. Plus vite la suite
quitte la boule B62 (0), plus la couleur sera claire. Un carré noir ne signifie pas que la
suite correspondante au nombre c choisi dans ce carré sera bornée, cela signifie qu’avant
la limite fixée (ici : lim = 100), la suite sera toujours dans la boule B62 (0).
avec une résolution de 50 sur 50 avec une résolution de 500 sur 500
Remarque
Les représentations graphiques sont des approximations de l’ensemble de Mandelbrot.
Selon le choix du cadre, l’ensemble [−2, 14 ] pourrait ne pas apparaître pas comme il le
devrait. C’est le cas, par exemple, si on prend zA = −2 − 1.9i et zB = 2 + 2i avec une
résolution de 500.
fc : C → C; z 7→ z 2 + c
Pour représenter ces ensembles, on utilise le même critère que pour l’ensemble de Man-
delbrot (il faut tout de même adapter les preuves, mais ceci est une autre histoire...).
Voici l’algorithme permettant de calculer le compteur pour les ensembles de Julia sous
Python.
def julia(z0,c,lim) :
z = z0
compteur = 0
while ( abs(z) <= 2.0 and compteur < lim ) :
z = z**2 + c
compteur = compteur + 1
return compteur
Le lecteur désirant visualiser ces ensembles (ou de manière quasi instantanée, ce qui est
pratique pour faire des zooms successifs) peut se rendre sur le site suivant où se trouve
une sympathique applet Java.
http://aleph0.clarku.edu/~djoyce/julia/explorer.html
Il y a aussi le chapitre 6 (7′ 15′′ ) du merveilleux documentaire qui se trouve sur le site
https://www.dimensions-math.org/
Théorème
Si a1 + a2 + · · · + an−1 + an est une série arithmétique de raison r. Alors, on a :
+r +r +rn−1
X +r
y y y y a1 + an
a1 + a2 + a3 + · · · + an = a1 + r k = n ·
k=0
2
Théorème
Si a1 + a2 + · · · + an−1 + an est une série géométrique de raison r. Alors, on a :
n−1
X n−1
X 1 − rn
·r ·r ·r
y y y
k
a1 + a2 + · · · + an = a1 · r = a1 · r k = a1
k=0 k=0
1−r
127
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Mathématiques : cours OS
Théorème
X 1
1. Si |z| < 1, alors la série converge dans C et vaut zk = .
k>0
1−z
Preuve
1. Si |z| > 1, on a limk→+∞ z k 6= 0 et par la contraposée du théorème fondamental de
la page suivante, la série ne converge pas (dans C).
2. Si |z| < 1, les sommes partielles sont des séries géométriques finies
X n
X série
k géométrique 1 − z n+1
z = lim zk = lim
n→+∞ n→+∞ 1 − z
k>0 k=0
P 1
Comme lim z n = 0, on a zk = .
n→+∞ k>0 1−z ✷
Un cas particulier
Voici une série géométrique infine (cas z = 12 ).
+∞
X Xn
1 1 1 − ( 12 )n+1 1
k
= lim k
= lim 1 = 1 =2
k=0
2 n→+∞
k=0
2 n→+∞ 1− 2 1− 2
1. Dans ce chapitre, toutes les suites sont indicées par un sous-ensemble des nombres naturels (k0 ∈ N).
1 1 1 1 P2n 1
= + +···+ + =
|n + 1 n + 2 {z 2n − 1 2n} k=n+1 k
n fractions
1 1
Or si k est un nombre tel que k 6 2n, alors k
> 2n
, donc
X2n 2n
X
1 1 n 1
s2n − sn = > = =
k=n+1
k k=n+1 2n 2n 2
On vient de voir que chaque terme de la suite (s2n − sn )n>1 est plus grand ou égal à 12 .
Cette suite ne peut donc pas converger vers 0, ce qui contredit (⋆). ✷
Preuve
P
Notons sn la somme partielle nk=k0 ak . Par les propriétés des limites, on a
lim an = lim sn − sn−1 = lim sn − lim sn−1 = s − s = 0
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
✷
La réciproque du théorème fondamental est fausse
En effet, la série harmonique fournit un contre-exemple.
Preuve
P P
1. Puisque bk converge, il existe t ∈ R tel que bk = t.
k>k0 k>K
P
n P
n
Notons sn la somme partielle ak et tn la somme partielle bk .
k=K k=K
Comme ak > 0 et bk > 0 pour tout k > K, il est évident que les suites des sommes
partielles (sn )n>K et (tn )n>K sont monotones croissantes.
Comme pour tout k > K on a ak 6 bk , on sait que sn 6 tn 6 t pour tout n > K
(car (tn )n>K est monotone croissante).
Ainsi, (sn )n>K est une suite monotone croissante majorée. Par la propriété fonda-
mentale des nombres réels vue en page 128, on P conclut que la suite des sommes
partielles (sn )n>K est convergente et qu’ainsi ak converge.
k>k0
X 1 π2
Remarque. Ce n’est pas facile, mais on peut montrer que = .
k>1
k2 6
Preuve
On suppose que la limite existe et vaut c. On distingue trois cas :
1. c < 1.
√
Soit r ∈ ]c, 1[. Puisque lim k ak = c < 1, à partir d’un certain rang K > k0 , on a
k→+∞
√
k
ak 6 r < 1 pour tout k>K
De plus, comme ak > 0 pour tout k > k0 , on sait que c > 0. Donc r ∈ [0, 1[.
Ainsi, on a
P
ak = aK + aK+1 + aK+2 + aK+3 + · · ·
k>K
√ K √ K+1 √ K+2 √ K+3
= K aK + K+1 aK+1 + K+2 aK+2 + K+3 aK+3 +···
Ainsi le terme général ne tend pas vers 0. Donc, par la contraposée du théorème
fondamental sur les convergences de séries, la série ne converge pas (dans C).
3. c = 1.
P1 P 1
La série harmonique k
ne converge pas et la série k2
converge, pourtant pour
ces deux séries, on a c = 1. En effet, pour m = 1 et m = 2, on a
r p
1 k 1 m ln(k) m ln(k) Hosp. m
eln( km ) = lim e− k = e− lim k = e− lim k = e0
k
c = lim m
= lim
k→+∞ k k→+∞ k→+∞
✷
Version 3.600 page 131 S. Perret
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Mathématiques : cours OS
Preuve
On suppose que la limite existe et vaut c. On distingue trois cas :
1. c < 1.
ak+1
Soit r ∈ ]c, 1[. Puisque lim = c < 1, à partir d’un certain rang K > k0 , on a
k→+∞ ak
ak+1
6r<1 pour tout k>K
ak
De plus, comme ak > 0 pour tout k > k0 , on sait que c > 0. Donc r ∈ [0, 1[.
Ainsi, avec un peu d’astuce, on a
P
ak = aK + aK+1 + aK+2 + aK+3 + · · ·
k>K
aK+1 aK+2 aK+1 aK+3 aK+2 aK+1
= aK · 1 + + · + · · +···
aK aK+1 aK aK+2 aK+1 aK
1 r∈[0,1[aK
6 aK · (1 + r + r 2 + r 3 + · · · ) =
= aK ·
1−r 1−r
On a ainsi montré que la suite des sommes partielles est majorée.
n
X +∞
X K−1
X +∞
X K−1
X
ak >0 aK
ak 6 ak = ak + ak 6 ak +
k=k0 k=k0 k=k0 k=K k=k0
1−r
P
Donc k>k0 ak converge, puisque la suite des sommes partielles est monotone crois-
sante (ak > 0) et majorée.
2. c > 1.
ak+1
Puisque lim = c > 1, à partir d’un certain rang K > k0 , on a
k→+∞ ak
ak+1
> 1 ⇐⇒ ak+1 > ak pour tout k>K
ak
Ainsi, la série finissant par être monotone croissante, son terme général ne tend pas
vers 0. Donc, par la contraposée du théorème fondamental sur les convergences de
séries, la série ne converge pas (dans C).
3. c = 1.
P1 P 1
La série harmonique k
ne converge pas et la série k2
converge, pourtant pour
ces deux séries, on a c = 1. En effet, pour m = 1 et m = 2, on a
1
(k+1)m km
c= lim 1 = lim =1
k→+∞ k→+∞ (k + 1)m ✷
km
aK b aK b
aK+1 b aK+1 b
aK+2 b aK+2 b
aK+3 b aK+3 b
aK+4 b
b
aK+4 b
b
aK+5 aK+5 b
On en déduit les chaînes d’inégalités suivantes pour tout n > K + 1 (n = K + 5 sur les
schémas).
Xn Z n n−1
X
06 ak 6 f (x) dx 6 ak
k=K+1 K k=K
Rn
Donc, comme la suite K f (x) dx n>K+1 et la suite des sommes partielles sont monotones
croissantes, on a les majorations suivantes.
Z n +∞
X Xn Z +∞
f (x) dx 6 ak et ak 6 f (x) dx
K k=K k=K+1 K
Z+∞ X 1
1
dx converge dans R =⇒ converge dans R
x2 k>1
k 2
1
Preuve
P
On considère la suite des sommes partielles (sn )n>k0 où sn = nk=k0 (−1)k ak . On considère
encore les sous-suites de sommes partielles (cn )n>k0 et (dn )n>k0 définies par
cn = s2n+1 et dn = s2n
P
2n+3
⇐⇒ (−1)k ak > 0 ⇐⇒ a2n+2 − a2n+3 > 0 ⇐⇒ a2n+2 > a2n+3
k=2n+2
P
2n+2
⇐⇒ (−1)k ak 6 0 ⇐⇒ −a2n+1 + a2n+2 6 0 ⇐⇒ a2n+2 6 a2n+1
k=2n+1
On peut affirmer (en exercice) que les suites (cn ) et (dn ) convergent vers la même valeur
l ∈ R et que cn 6 l 6 dn pour tout n > k0 . Ainsi la suite des sommes partielles converge
aussi vers cette valeur l. ✷
Bonus de la preuve. La limite l satisfait s2n+1 6 l 6 s2n pour tout n > k0 .
Exemple 1
On considère la série alternée (
X 1
si k est pair
k2
(−1)k+1 ak où ak = 2
k>1 k2
si k est impair
Autrement dit, on a
X 2 1 2 1 2 1
(−1)k+1 ak = − + − + − + −···
k>1
12 22 32 42 52 62
Exemple 2
On considère la série alternée (
X 1
si k est pair
(−1)k+1 ak où ak = k
2
k>1 k
si k est impair
Autrement dit, on a
X 2 1 2 1 2 1
(−1)k+1 ak = − + − + − + − · · ·
k>1
1 2 3 4 5 6
z }| {
X 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
k+1
(−1) ak = − + − + − + · · · + + + +· · · > + + + · · ·
1 2 3 4 5 6 1 3 5 1 3 5
k>1 | {z }
>0
a+
k = max(ak , 0) et a−
k = max(−ak , 0)
Ainsi,
si ak est positif, on a a+ −
k = ak et ak = 0
+ −
k = 0 et ak = −ak =⇒ Dans tous les cas, on a ak = ak − ak
si ak est négatif, on a a+ −
si ak = 0, on a a+ −
k = 0 et ak = 0
est une série convergente (grâce au théorème des séries alternées), mais qui n’est pas
absolument convergente, car la série harmonique
X 1 1 1 1 1 1
= 1+ + + + + +···
k>0
k+1 2 3 4 5 6
|ak |
Posons R = lim . On distingue trois cas.
k→+∞ |ak+1 |
Définition
R est appelé rayon de convergence de la série entière. Il est possible que R = +∞.
Exemple
P
On considère la série entière réelle S(x) = kxk .
k>0
1. Recherche du rayon de convergence.
On étudie la convergence absolue de la série grâce au critère du quotient. Après un
petit calcul, on trouve que le rayon de convergence est R = 1.
2. Étude de la convergence de la série pour |x| = R.
(a) Pour x = 1, la série S(1) = 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + · · · diverge évidemment.
(b) Pour x = −1, la série S(−1) = (−1)+2 + (−3)+4 + (−5)+6 + · · · diverge.
| {z } | {z } | {z }
=1 =1 =1
x
−4 −3 −2 −1 1 2 3 4
−1
−2
approximation quadratique
Si on cherche une approximation par une fonction quadratique p(x), on va vouloir que
cette fonction satisfasse :
p(x0 ) = f (x0 ) et p′ (x0 ) = f ′ (x0 ) et p′′ (x0 ) = f ′′ (x0 )
Une telle fonction existe et vaut
f ′′ (x0 )
p(x) = f (x0 ) + f ′ (x0 )(x − x0 ) + (x − x0 )2
2
Preuve
Idée : on fixe x ∈ [a, b] et on considère la fonction en une nouvelle variable y suivante.
Avec cette façon de noter, p̃x (x0 ) est l’approximation de f par un polynôme de degré n
et on trouve une formule équivalente à la formule de l’encadré du théorème de Taylor.
f (n+1) (ξ)
Ainsi, il faut montrer qu’il existe ξ entre x et x0 tel que ϕ(x0 ) = (x − x0 )n+1 .
(n + 1)!
La fonction ϕ satisfait :
f (n+1) (y)
i) ϕ′ (y) = − (x − y)n ii) ϕ(x) = 0
n!
ii)
On a F (x) = ϕ(x)(x − x0 )n+1 = 0 et évidemment F (x0 ) = 0. Donc, par Rolle, il existe
ξ entre x et x0 tel que F ′ (ξ) = 0. Or, la dérivée de F par rapport à y est :
i) f (n+1) (y)
= − (x − y)n (x − x0 )n+1 + ϕ(x0 )(n + 1)(x − y)n
n!
Donc
f (n+1) (ξ)
0 = F ′ (ξ) = − (x − ξ)n (x − x0 )n+1 + ϕ(x0 )(n + 1)(x − ξ)n
n!
En simplifiant par (x − ξ)n , on obtient ce qu’on voulait
Conséquence
Le reste de Lagrange permet d’estimer l’erreur commise par l’estimation à l’aide du
développement limité. En effet, on a
f (n+1) (ξ) |x − x0 |n+1
|f (x) − pn (x)| = (x − x0 )n+1 6 · max |f (n+1) (ξ)|
(n + 1)! (n + 1)! ξ entre x0 et x
Définition
Si lorsque n → +∞, le développement limité de Taylor d’ordre n en x0 de la fonction f
s’approche de f (il faut pour cela que le reste de Lagrange tende vers 0 et que la série
converge), on a X f (k) (x0 )
f (x) = (x − x0 )k
k>0
k!
C’est la série de Taylor de f . Lorsque x0 = 0, c’est la série de Maclaurin de f .
2. Pour f (x) = cos(x), le reste de Lagrange tend vers 0 lorsque n → +∞. De plus, la
série de Maclaurin suivante est convergente pour tout x ∈ R (même x ∈ C).
x2 x4 x6 x8 x10 X x2k
cos(x) = 1 − + − + − + − · · · ⇐⇒ cos(x) = (−1)k
2! 4! 6! 8! 10! k>0
(2k)!
3. Pour f (x) = sin(x), le reste de Lagrange tend vers 0 lorsque n → +∞. De plus, la
série de Maclaurin suivante est convergente pour tout x ∈ R (même x ∈ C).
x3 x5 x7 x9 x11 X x2k+1
sin(x) = x − + − + − + − · · · ⇐⇒ sin(x) = (−1)k
3! 5! 7! 9! 11! (2k + 1)!
k>0
x2 x3 x4 x5 x6 x7 x8 X k
k+1 x
ln(x + 1) = S(x) = x − + − + − + − +··· = (−1)
2 3 4 5 6 7 8 k
k>1
Donc, par le critère du quotient, si |x| < 1, la série converge absolument et si |x| > 1,
la série ne converge pas absolument. Ainsi, le rayon de convergence est R = 1.
2. Étude de la convergence de la série pour |x| = R = 1.
En conclusion, cette série ne converge que pour x ∈ ]−1, 1] (elle ne converge absolument
que pour x ∈ ]−1, 1[).
On peut facilement montrer que si x ∈ − 12 , 1 , alors le reste de Lagrange tend vers 0.
C’est bien moins facile pour x ∈ −1, − 21 .
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= − + − + − + − + − +···
2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= 1− + − + − + − + − +···
2 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1
= 2
ln(2)
Ainsi, si on change l’ordre dans lequel l’addition est effectuée, alors on change la valeur
de la série.
C’est pour cette raison qu’il ne faut jamais oublier qu’une série est une limite de sommes
partielles. Le changement d’ordre ci-dessus change complètement les sommes partielles
et la série n’a donc rien à voir avec la série de départ !
L’intégration numérique
y n=4 y n=8
b b
b
b
b b
f b b
b
f
4 4
b b
2 2
a b x a b x
x4 = 10
x8 = 10
x0 = 2
x1 = 4
x2 = 6
x3 = 8
x0 = 2
x1 = 3
x2 = 4
x3 = 5
x4 = 6
x5 = 7
x6 = 8
x7 = 9
y n = 16 y n = 32
b b b b b b b
b b b b
b b
b b
b b b
b b b
b
b b
b
b
f b
b b
b
b
b
b
f
4 b b 4 b
b
b
b
b b
b
b b
b b
2 2
b
a b x a b x
x16 = 10.0
x32 = 10.0
x10 = 7.0
x11 = 7.5
x12 = 8.0
x13 = 8.5
x14 = 9.0
x15 = 9.5
x10 = 4.5
x12 = 5.0
x14 = 5.5
x16 = 6.0
x18 = 6.5
x20 = 7.0
x22 = 7.5
x24 = 8.0
x26 = 8.5
x28 = 9.0
x30 = 9.5
x0 = 2.0
x1 = 2.5
x2 = 3.0
x3 = 3.5
x4 = 4.0
x5 = 4.5
x6 = 5.0
x7 = 5.5
x8 = 6.0
x9 = 6.5
x0 = 2.0
x2 = 2.5
x4 = 3.0
x6 = 3.5
x8 = 4.0
−2 −2
Ainsi, lorsque n → +∞, alors la somme des aires des rectangles tend vers l’intégrale A.
143
Lycée cantonal de Porrentruy Cours de Mathématiques
Mathématiques : cours OS
rectangle
f (xi ) ·
i-ième
| {z } n }
| {z
i=1 f (xi )
hauteur 2
base
du i-ème
du i-ème
rectangle
rectangle a b x
xi−1
b−a
xi
n
2. On fait ensuite tendre n vers l’infini (et par conséquent la longueur des intervalles
de la subdivision vers 0), l’aire totale de tous les rectangles va tendre vers l’aire A
cherchée.
On peut donc écrire : !
Xn
b−a
A = lim f (xi ) ·
n→+∞
i=1
n
Comme la longueur de chaque intervalle de la subdivision tend vers 0 lorsque n tend vers
l’infini, on peut la remplacer par ∆x (le lecteur se rappellera le chapitre de la dérivée où
∆x symbolisait un nombre étant sensé être très petit). Autrement dit, la formule devient
n
!
X b−a
A = lim f (xi ) · ∆x si on note ∆x =
n→+∞
i=1
n
Notation
De nos jours, on note l’aire sous le graphe de la fonction f entre les points a et b de la
façon suivante.
Zb
a, b bornes d’intégration
A= f (x) dx
x variable d’intégration
a
sens de parcours f
+ +
a + + b x
− −
sens de parcours f
− −
b − − a x
+ +
|f |
a b x
14.3 Exemples
Aire sous une parabole
Calculons l’aire sous la parabole f (x) = x2 entre 0 et b > 0.
y
On commence par subdiviser l’intervalle [0, b] en n morceaux (ci-
contre, l’intervalle [0, 3] est subdivisé en 3, puis en 6 morceaux). 11
Xn X n
b 2 b
6
An = f (xi ) · = xi · 5
i=1
n i=1
n
b
4
En substituant xi , on obtient : 3
n 3 ! 3 Xn 1 b
X b b
An = i2 = i2 x
i=1
n n i=1
−1
−1
1 2 3
3
b
= 12 + 22 + 32 + · · · + n2 y
n
11
On peut faire progresser le calcul en utilisant la formule (qui
10
peut se démontrer par récurrence) suivante : b
9
n · (n + 1) · (2n + 1) 8
12 + 22 + 32 + · · · + n2 = 7
6 b
6
Ainsi, on a : 5
3
b n · (n + 1) · (2n + 1) 4 b
An = · 3
n 6 b
2
3
b n · (n + 1) · (2n + 1)
·
b
1
=
6 n·n·n b
x
−1 1 2 3
b3 1 1 −1
= 1+ 2+
6 n n
Lorsqu’on fait tendre le nombre de tranches n vers l’infini, on obtient l’aire suivante
b3 1 1 b3
A = lim An = lim 1+ 2+ =
n→+∞ n→+∞ 6 n n 3
| {z } | {z }
→1 →2
22
Les xi sont aussi donnés par xi = nb · i pour i ∈ {1, . . . , n}. Ainsi, b
20
le i-ième rectangle est de hauteur f (xi ) et de base nb . On calcule
18
l’aire de tous les rectangles, notée An , comme suit :
16
n
X n
X 14
b b
xi
An = f (xi ) · = e · 12
i=1
n i=1
n
10
8
En substituant xi , on obtient : b
Xn n 4
b b
i b X bi b
An = en = en 2
i=1
n n i=1 x
−1 1 2 3
b b b 2 b 3 b n
y
= e + e
n n + e n +···+ e n
n
24
b b b b 2 b n−1
22
= en 1 + en + en + · · · + en 20 b
n
18
14
2 3 n−1 rn − 1 1 − rn 12
b
1+r +r +r +···+r = =
r−1 1−r 10
8 b
Ainsi, on a : b n 6
b b e −1 n b
An = e n · b
4
n en − 1 2 b
b
b b e −1 b x
= en · −1 1 2 3
n e nb − 1
Pour obtenir l’aire sous la courbe, on utilise le théorème de l’Hospital pour calculer la
limite de l’aire An lorsque le nombre de tranches n tend vers l’infini (ici, n est la variable).
b
b b eb − 1 b b
n
A = lim An = lim e n · = lim (e − 1) e · n
n→+∞ n→+∞ n e nb − 1 n→+∞ en − 1
b
b
b Hospital − nb2
= (eb − 1) · lim e n · lim b n = (eb − 1) · lim b
n→+∞
| {z }
n→+∞ e n − 1 n→+∞ e n · − nb2
→1
1
= (eb − 1) · lim b = eb − 1
n→+∞ e n
| {z }
→1
14.4.1 Théorème
Soit f une fonction réelle continue définie sur l’intervalle [a, b].
Alors on a
Zb b b Notation
f (x) dx = F (x) où F (x) = F (b) − F (a)
a a
a
Il est alors nécessaire de revenir à la définition même de l’intégrale. Mais cette dernière
étant plus technique, il devient nécessaire d’utiliser un ordinateur pour calculer une ap-
proximation de cette intégrale (le passage à la limite discuté dans la définition devient
délicat à cause des erreurs d’arrondi).
Les numériciens ont ainsi cherché de nouvelles façons pour faire de meilleures approxi-
mations. La première méthode, la méthode des approximations à gauche, est celle de la
définition donnée dans ce cours. De manière équivalente, il y a aussi la méthode des ap-
proximations à droite. On présentera ensuite la méthode du point médian (aussi appelée
méthode des rectangles) et la méthode des trapèzes. Puis, on parlera brièvement de la
méthode de Simpson.
y y
f f
a b x a b x
x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x0 x2 x4 x6 x8 x10 x12
x1 x3 x5 x7 x9 x11
Exemple
R6 3
Si on cherche à estimer l’intégrale 0 x2 dx = 63 = 72, on obtient D6 = 91 et D12 = 81.25.
(D6 = 1 · (12 + 22 + 32 + 42 + 52 + 62 ) = 91).
y y
f f
a b x a b x
x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x0 x2 x4 x6 x8 x10 x12
x1 x3 x5 x7 x9 x11
Exemple
R6 3
Si on cherche à estimer l’intégrale 0 x2 dx = 63 = 72, on obtient G6 = 55 et G12 = 63.25.
(G6 = 1 · (02 + 12 + 22 + 32 + 42 + 52 ) = 55).
f f
a b x a b x
x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x0 x2 x4 x6 x8 x10 x12
x1 x3 x5 x7 x9 x11
Exemple
R6 3
Si on cherche à estimer l’intégrale 0 x2 dx = 63 = 72, on a M6 = 71.5 et M12 = 71.875.
(M6 = 1 · (0.52 + 1.52 + 2.52 + 3.52 + 4.52 + 5.52 ) = 71.5).
f f
a b x a b x
x0 x1 x2 x3 x4 x5 x6 x0 x2 x4 x6 x8 x10 x12
x1 x3 x5 x7 x9 x11
Exemple
R6 3
Si on cherche à estimer l’intégrale 0 x2 dx = 63 = 72, on a T6 = 73 et T12 = 72.25.
2 2
(T6 = 1 · ( 02 + 12 + 22 + 32 + 42 + 52 + 62 ) = 73).
Remarque. Cette méthode consiste à utiliser la méthode des rectangles sur une inter-
polation linéaire de la fonction au-dessus des intervalles de la subdivision.
Définition
Si (xn )n>1 est une suite qui converge vers x0 . L’erreur (absolue) au pas n est définie par :
en = |xn − x0 |
Théorème
Pour les méthodes des approximations à gauche et à droite, on a les majorations de
l’erreur au pas n suivantes :
(b − a)2 (b − a)2
|e(G)
n | 6 · max |f ′ (x)| et |e(D)
n | 6 · max |f ′(x)|
2n x∈[a,b] 2n x∈[a,b]
Pour les méthodes du point médian (méthode des rectangles) et la méthode des trapèzes,
on a les majorations de l’erreur au pas n suivantes :
(b − a)3 (b − a)3
|e(M )
n | 6 · max |f ′′(x)| et |en(T ) | 6 · max |f ′′ (x)|
24n2 x∈[a,b] 6n2 x∈[a,b]
Cela signifie que les méthodes des approximations à gauche et à droite sont exactes pour
des fonctions constantes (dont la dérivée est nulle). Tandis que les méthodes du point
médian et des trapèzes sont exactes pour des fonctions affines (dont la dérivée seconde
est nulle).
L’inégalité triangulaire
Cette inégalité permet d’écrire :
n
X n
X
x1 + x2 + · · · + xn 6 |x1 | + |x2 | + · · · + |xn | ou xi 6 |xi |
i=1 i=1
n Z
X xi n
X Z xi
= f (x) dx − f (xi−1 )∆x 6 f (x) dx − f (xi−1 )∆x
i=1 xi−1 i=1 xi−1
Prenons F une primitive de f (F existe car f est continue). Par le théorème fondamental
du calcul intégral, on a : Z xi
f (x) dx = F (xi ) − F (xi−1 )
xi−1
On utilise le développement de Taylor d’ordre 1 en xi−1 de la fonction F pour simplifier
cette intégrale :
f ′ (ξi )
F (x) = F (xi−1 ) + f (xi−1 )(x − xi−1 ) + (x − xi−1 )2 (ξi est entre xi−1 et x)
2
En évaluant ce développement en xi , on trouve :
f ′ (ξi∗ )
F (xi ) = F (xi−1 ) + f (xi−1 )∆x + (∆x)2 (ξi∗ est entre xi−1 et xi )
2
Ainsi : Z xi
f ′ (ξi∗ )
f (x) dx = F (xi ) − F (xi−1 ) = f (xi−1 )∆x + (∆x)2
xi−1 2
Par conséquent, on a :
n
X Z xi n
X
(G) (∆x)2
|en | 6 f (x) dx − f (xi−1 )∆x = f ′ (ξi∗ ) ·
i=1 xi−1 i=1
2
n Z
X xi n
X Z xi
= f (x) dx − f (xi− 1 )∆x 6 f (x) dx − f (xi− 1 )∆x
2 2
i=1 xi−1 i=1 xi−1
Prenons F une primitive de f (F existe car f est continue). Par le théorème fondamental
du calcul intégral, on a : Z xi
f (x) dx = F (xi ) − F (xi−1 )
xi−1
f ′ (xi− 1 )
f ′′ (ξi )
F (x) = F (xi− 1 ) + f (xi− 1 )(x − xi− 1 ) + 2
(x − xi− 1 )2 +
(x − xi− 1 )3
2 2 2 2 2 3! 2
∗
En évaluant ce développement en xi , il existe ξi entre xi− 1 et xi tel que :
2
′
∆x f (xi− 1 ) ∆x 2 f ′′ (ξi∗ ) ∆x 3
2
F (xi ) = F (xi− 1 ) + f (xi− 1 ) + +
2 2 2 2 2 3! 2
En évaluant ce développement en xi−1 , il existe ξi entre xi− 1 et xi−1 tel que :
∗∗
2
′
∆x f (xi− 1 ) ∆x 2 f ′′ (ξi∗∗ ) ∆x 3
F (xi−1 ) = F (xi− 1 ) − f (xi− 1 ) + 2
−
2 2 2 2 2 3! 2
Ainsi :
Z xi
f ′′ (ξi∗ ) f ′′ (ξi∗∗ )
f (x) dx = F (xi ) − F (xi−1 ) = f (xi− 1 )∆x + (∆x)3 + (∆x)3
xi−1
2 48 48
(M )
On peut maintenant simplifier |en |, puis on utilise l’inégalité triangulaire et les majo-
rations suivantes
|f ′′ (ξi∗)| 6 max |f ′′ (x)| et |f ′′ (ξi∗∗ )| 6 max |f ′′ (x)|
x∈[a,b] x∈[a,b]
afin de trouver :
Xn Z xi Xn
(M ) (∆x)3 (∆x)3
|en | 6 f (x) dx − f (xi− 1 )∆x = f ′′ (ξi∗ ) · + f ′′ (ξi∗∗ ) ·
i=1 xi−1
2
i=1
48 48
n
X
′′ (∆x)3 (∆x)3
6 |f (ξi∗ )| · + |f ′′ (ξi∗∗ )| ·
i=1
48 48
n
X
(∆x)3
′′ (∆x)3
6 max |f (x)| · + max |f ′′ (x)| ·
i=1
x∈[a,b] 48 x∈[a,b] 48
On va transformer chacun des deux termes qui se trouvent dans la valeur absolue.
1. Prenons F une primitive de f (F existe car f est continue). Par le théorème fon-
damental du calcul intégral, on a :
Z xi
f (x) dx = F (xi ) − F (xi−1 )
xi−1
f ′′ (ζi )
f (x) = f (xi− 1 ) + f ′ (xi− 1 )(x − xi− 1 ) + (x − xi− 1 )2
2 2 2 2 2
2
′ ∆x f ′′ (ζi∗) ∆x
f (xi ) = f (xi− 1 ) + f (xi− 1 ) +
2 2 2 2! 2
En évaluant ce développement en xi−1 , il existe ζi∗∗ entre xi− 1 et xi−1 tel que :
2
2
′ ∆x f ′′ (ζi∗∗ ) ∆x
f (xi−1 ) = f (xi− 1 ) − f (xi− 1 ) +
2 2 2 2! 2
Ainsi :
∆x f ′′ (ζi∗) f ′′ (ζi∗∗ )
f (xi−1 ) + f (xi ) · = f (xi− 1 )∆x + (∆x)3 + (∆x)3
2 2 16 16
Par conséquent, on a :
Xn Z xi ∆x
(T )
|en | 6 f (x) dx − f (xi−1 ) + f (xi ) ·
i=1 xi−1 2
Xn
f ′′ (ξi∗ ) f ′′ (ξi∗∗ ) f ′′ (ζi∗) f ′′ (ζi∗∗ )
= (∆x)3 + (∆x)3 − (∆x)3 − (∆x)3
i=1
48 48 16 16
on obtient :
n
X
(T ) ′′ 3 1 1 1 1
|en | 6 max |f (x)| · (∆x) · + + +
i=1
x∈[a,b] 48 48 16 16
′′ 3 1 1
= n · max |f (x)| · (∆x) · +
x∈[a,b] 24 8
′′ 3 1 3
= n · max |f (x)| · (∆x) · +
x∈[a,b] 24 24
4
= n · max |f ′′ (x)| · (∆x)3 ·
x∈[a,b] 24
b−a
En utilisant le fait que ∆x = n
, on obtient la majoration de l’erreur annoncée :
(T ) 1 (b − a)3
|en | 6 n · max |f ′′ (x)| · (∆x)3 · = · max |f ′′ (x)|
x∈[a,b] 6 6n2 x∈[a,b]
✷
14.5.6 La méthode de Simpson
On peut facilement montrer que la méthode des trapèzes satisfait la relation Tn = Gn +D
2
n
.
Il s’agit de la moyenne entre la méthode des approximations à gauche avec celle des
approximations à droite.
On définit la méthode de Simpson par la formule Sn = Tn +2M 3
n
. C’est une moyenne
pondérée entre la méthode des trapèzes et celle du point médian qui compte double.
(b − a)5
Théorème Il existe une constante C > 1 telle que : |en(S) | 6 · max |f (4) (x)|
C · n4 x∈[a,b]
La méthode de Simpson donne des résultats exacts pour tous les polynômes de degré 6 3.
14.6.1 Généralités
Soit Ω un domaine borné de Rn (dans ce cours, on se restreint à n = 1 ou n = 2). Soit
f : Ω → R; x = (x1 , x2 , . . . , xn ) 7→ f (x) = f (x1 , x2 , . . . , xn ) une fonction continue de n
variables à valeur réelle.
Le but des formules de quadratures est de pouvoir estimer les intégrales suivantes :
Z Z
f (x1 , x2 , . . . , xn ) dx1 dx2 · · · dxn = f (x) dx
Ω Ω
Théorème 1
Sous ces notations, on a la majoration suivante pour l’erreur commise E :
Z
VΩ (f ) = supx∈Ω f (x) − inf y∈Ω f (y)
E= f (x) dx − J(f ) 6 VΩ (f ) · Vol(Ω) où
Ω est l’écart maximal de f sur Ω
Preuve du théorème 1
Z PN Z N
X
k=1 wk
On a : E = f (x) dx − J(f ) = f (x) dx − wk f (ak )
Ω Vol(Ω) Ω k=1
N
X Z N
X Z
wk wk
= f (x) dx − f (ak ) dx
k=1
Vol(Ω) Ω k=1
Vol(Ω) Ω
N
X Z N
X Z
wk wk
= f (x) − f (ak ) dx 6 |f (x) − f (ak )| dx
k=1
Vol(Ω) Ω i=1
Vol(Ω) Ω
La dernière majoration provient de l’inégalité triangulaire et du fait que les poids wk sont
positifs ou nuls.
Or, par définition de VΩ (f ), on a |f (x) − f (ak )| 6 VΩ (f ). Donc :
N
X Z Z
wk
E 6 VΩ (f ) dx = VΩ (f ) dx = VΩ (f ) · Vol(Ω)
Vol(Ω) Ω Ω
k=1
✷
S. Perret page 156 Version 3.600
Cours de Mathématiques Lycée cantonal de Porrentruy
Mathématiques : cours OS
La technique de la partition
On peut aussi faire une partition du domaine Ω en M domaines appelés Ωi . Ces domaines
Ωi doivent alors satisfaire les conditions suivantes :
S
M
a) Ωi = Ω b) Les Ωi sont d’intérieurs disjoints
i=1
Pour chaque domaine Ωi , on choisit Ni points aik et des poids associés wki > 0 qui vérifient :
Ni
X
wki = Vol(Ωi )
k=1
M M Ni
!
X X X
J ∗ (f ) = Ji (f ) = wki f (aik )
i=1 i=1 k=1
Bien que les notations sont plus complexes, cette façon de procéder est équivalente aux
formules de quadrature décrites sur la page précédente. Il y a tout de même un subtile
avantage.
Théorème 2
Sous ces notations, on a la majoration suivante pour l’erreur commise E ∗ :
Z
∗
E = f (x) dx − J ∗ (f ) 6 max VΩi (f ) · Vol(Ω)
Ω i
Preuve du théorème 2
Z M Z
X M
X
On a : E ∗
= f (x) dx − J ∗ (f ) = f (x) dx − Ji (f )
Ω i=1 Ωi i=1
M Z
X M Z
X
= f (x) dx − Ji (f ) 6 f (x) dx − Ji (f )
i=1 Ωi i=1 Ωi
M
X M
X
Thm 1
6 VΩi (f ) · Vol(Ωi ) 6 max VΩi (f ) · Vol(Ωi )
i
i=1 i=1
M
X
= max VΩi (f ) · Vol(Ωi ) = max VΩi (f ) · Vol(Ω)
i i
|i=1 {z }
=Vol(Ω) ✷
Moralité
Plus la partition du domaine Ω est fine, plus le terme max VΩi (f ) deviendra petit, donc
i
plus l’approximation sera bonne !
En effet, la fonction f étant continue, plus les domaines Ωi seront petits, plus l’écart
maximal de f sur Ωi sera petit.
1
= 4
f ( 14 , 41 ) + f ( 34 , 14 ) + f ( 41 , 43 ) + f ( 43 , 43 )
1
1 1 1
1
1 3 9b 9b 9b
b
2 6
1
2 1
1 1 1
1 9b 9b 9b
6
1 3 5
6 6 6 1
1
b
2 2
b
1
b
36 36 36 36
Cas n = 1
1 b
1 1
b b
2
b
4 4
b
2
b
4 4 36 36 36 36
1 1 2 4 4 2
b
4 4 b b
36 b
36 36 b 36 b
1 2 2 1
b
36 b
36 36 b 36 b
1
1
n−1
n−1 X
X
i j
Tn(2) = f (0, 0) + f (1, 0) + f (0, 1) + f (1, 1) + 4 f n, n
4n2 i=1 j=1
n−1
X
+2 f nk , 0 + f nk , 1 + f 0, nk + f 1, nk
k=1
1 b b b b b b b
1 4 2 4 2 4 1
324 324 324 324 324 324 324
5 b b b b b b b
6
4 16 8 16 8 16 4
Cas n = 1 324 324 324 324 324 324 324
1 b b b b b b b b b b
1 4 1 2 8 4 8 4 8 2
36 36 36 324 324 324 324 324 324 324
1 b 4 16
b 4 b 3 b 4 b 16 b 8 16
b 8 b 16 b 4 b
2 36 36 36 6 324 324 324 324 324 324 324
1 4 1 2 8 4 8 4 8 2
36 36 36 324 324 324 324 324 324 324
b b b b b b b b b b
1 1
2
4 16 8 16 8 16 4
324 324 324 324 324 324 324
1 b b b b b b b
6
1 4 2 4 2 4 1
324 324 324 324 324 324 324
b b b b b b b
1 3 5 1
6 6 6
1
Sn(2) = f (0, 0) + f (1, 0) + f (0, 1) + f (1, 1)
36n2
n−1
X
+2 f nk , 0 + f nk , 1 + f 0, nk + f 1, nk
k=1
n
X
2k−1
2k−1
2k−1
2k−1
+4 f 2n
,0 +f 2n
,1 + f 0, 2n
+ f 1, 2n
k=1
n
n−1
XX
i 2j−1
2j−1 i
+8 f n
, 2n +f 2n
,n
i=1 j=1
n−1 X
X n−1
i j
n X
X n
2i−1 2j−1
+4 f ,
n n
+ 16 f 2n
, 2n
i=1 j=1 i=1 j=1
Cours de Mathématiques
0 1 xi−1 xi x0 x1 x2 x3 xn−1 xn
approximations b b b b b b b
à gauche 1 ∆x ∆x ∆x ∆x ∆x ∆x
P
n
f (0) Ji (f ) = ∆x · f (xi−1 ) J ∗ (f ) = ∆x · f (xi−1 )
i=1
0 1 xi−1 xi x0 x1 x2 x3 xn−1 xn
approximations b b b b b b b
à droite 1 ∆x ∆x ∆x ∆x ∆x ∆x
P
n
J ∗ (f ) = ∆x ·
Mathématiques : cours OS
f (1) Ji (f ) = ∆x · f (xi ) f (xi )
i=1
0 1
2b 1 xi−1 xi− 21 xi x0 x 12 x1 x 23 x2 x 52 x3 xn−1 xn− 21 xn
b b b b b b
page 161
point médian 1 ∆x ∆x ∆x ∆x ∆x
P
n
f ( 12 ) Ji (f ) = ∆x · f (xi− 1 ) J ∗ (f ) = ∆x · f (xi− 1 )
2 2
i=1
0 1 xi−1 xi x0 x1 x2 x3 xn−1 xn
b b b b b b b b b b
des trapèzes 1
2
1
2
∆x
2
∆x
2
∆x
2 ∆x ∆x ∆x ∆x ∆x
2
0 1
1 xi−1 xi− 21 xi x0 x 12 x1 x 23 x2 x 25 x3 xn−1 xn− 12 xn
b
2b b b b b b b b b b b b b b b b
de Simpson 1
6
4
6
1
6
∆x
6
4∆x
6
∆x
6
∆x
6
4∆x
6
2∆x
6
4∆x
6
2∆x
6
4∆x
6
2∆x
6
2∆x
6
4∆x
6
∆x
6
f (0) f ( 12 ) f (1) ∆x ∆x
P
n P
n−1
6 + 6 + 6 Ji (f ) = 6 f (xi−1 ) + 4f (xi− 21 ) + f (xi ) J (f ) =
∗
6 f (x0 ) + 4 f (xi− 21 ) + 2 f (xi ) + f (xn )
S. Perret
i=1 i=1