Expression écrite
Texte :
Notre navire avait jeté l’ancre sur la côte d'Afrique. La journée était belle,
une brise fraîche venait de la mer. Mais vers le soir, le temps changea ; on
étouffait, un air chaud soufflait du Sahara. Avant le coucher du soleil, le capitaine
monta sur le pont et ordonna à l'équipage de se baigner. II y avait avec nous deux jeunes
garçons
; ils sautèrent dans l'eau les premiers, ils filèrent au large et se mirent à la course.
L'un d'eux prit d'abord de l'avance sur son camarade, mais se laissa bientôt
devancer, le père de l'enfant, un vieil artilleur*, était sur le pont et admirait son fils. Le
gamin ayant ralenti sa marche, le père lui cria : « Ne te laisse pas devancer. Fait
encore un effort. »
Tout à coup, sur le pont, quelqu'un s'écria : « Un requin ! » Et tous, nous
aperçûmes sûr l'eau le dos du monstre. Il nageait droit sur l'enfant. « - Arrière !
Arrière ! Un requin ! » Criait l'artilleur. Mais ils ne l'entendirent point ; ils riaient,
s'amusaient, nageaient plus loin et riaient encore plus fort. L’artilleur, pâle,
immobile, ne quittait pas les enfants des yeux. Les matelots détachèrent vivement
une barque dans laquelle ils se jetèrent et, ramant à briser les avirons, ils volèrent au
secours des enfants, Mais ils étaient encore loin d’eux, tandis que le requin était
près. Les enfants n'avaient rien vu ni entendu, mais soudain, l'un d'eux se retourna.
Nous entendîmes un cri d'épouvante, puis ils se séparèrent. Ce cri tira l'artilleur de sa
torpeur. Il courut, ajusta, visa et prit la mèche. Noirs tous restions pétrifiés
d’horreur. Le coup retentit, et nous vîmes le père retomber auprès de son canon*,
en se cachant le visage de ses mains.
Pendant un moment, la fumée nous empêcha de voir ce qu'étaient
devenus les enfants et le requin. Mais lorsque la fumée se dissipa, nous entendîmes un
doux murmure, qui se changea bientôt en un cri de joie générale. Le vieil artilleur
découvrit son visage, se leva et regarda la mer. Le ventre jaune du requin flottait
sur les vagues et, un instant après, la barque ramenait les deux enfants à bord du navire.
D’après Léon Tolstoï
Consigne : Lisez le texte attentivement, puis imaginez une autre fin à cette histoire.