Relation Entre La Malnutrition Et Le Paludisme Chez Les Enfants de Moins de 5 Ans À Koila Bamanan, Une Zone D'endémie Palustre Au Mali
Relation Entre La Malnutrition Et Le Paludisme Chez Les Enfants de Moins de 5 Ans À Koila Bamanan, Une Zone D'endémie Palustre Au Mali
THESE
Jury
Dr Moctar TOUNKARA
Ta générosité est sans limite, toi qui t’es privée de tout pour que nous ayons une
bonne éducation et une vie meilleure. Tu es une femme dynamique, vertueuse,
courageuse et pleine de bon sens. Mère de tous les enfants, puisse le Tout Puissant,
le Créateur, dans la santé et la longévité te laisser goutter au fruit de ce travail à nos
côtés. AMEN !!!
Père je vous dédie ce travail qui est le résultat de l’éducation que nous avons reçue
de vous. Puisse le Seigneur vous garde et vous protège afin que vous goutiez au fruit
de vos travaux.
i
Remerciements
A mes frères et sœurs : Catherine, Mathieu, Guslin, Alphonse, Augustine,
Ange-Marie et Maria
L’affection et la confiance mutuelle qui ont toujours existé entre nous m’ont donné la
foi pour achever ce travail. Que ma joie d’aujourd’hui soit aussi la vôtre. Soyons et
restons plus unis par le lien maternel pour toujours.
Au cours de certaines étapes importantes de ma vie, ton apport a été inestimable pour
moi et cela sans faille. Les mots me manquent pour apprécier tes immenses aptitudes
qui font de toi, une fierté légendaire. Merci pour l’accueil et l’accompagnement.
Merci pour les aides spirituelles, morale et matériels. Que Dieu nous garde unis.
Ce travail m'offre l'occasion de vous réitérer mon amour et c'est aussi l'occasion de
vous rappeler que le lien de parenté est sacré et qu'il ne sera que ce que nous en
ferons.
Merci de m’avoir accueilli dans votre unité, pour votre disponibilité, pour votre
humanisme et pour tous les efforts fournis pour assurer notre formation. Que Dieu
vous donne longue vie
Au Dr Konaté Drissa
Vous avez été «la cheville ouvrière» de ce travail ! Sans votre accompagnement, ce
travail ne saurait se réaliser. Que Dieu vous récompense de vos biens faits.
ii
Pour ta présence dans les bons et mauvais moments de la vie, puisse l’amour qui
nous uni puisse demeurer pour toujours.
Oumou Keita, Marie Noëlle Diawara, Fatoumata Kassé, Kadiatou Doumbia, Kadidia
Diarra, Bibata Dembele, Maïmouna Yattara, Lalla Mariam Cissé, Awa Sacko, Dev,
Bakaina, Kadi, Fayiçal, Job, Moussa Keita, Dramane Diallo, Mory Coulibaly, Merci
pour l’accompagnement et la considération à l’égard de ma personne.
Encadrer n’est pas une tâche facile, c’est l’occasion de vous adresser mes vifs
remerciements.
iii
Hommage aux membres du jury
Cher Maitre,
Nous sommes très sensibles à l’honneur que vous avez fait en acceptant de présider
ce jury. Votre bonne humeur et votre désir de vouloir toujours l’excellence font de vous
un modèle admiré de tous.
iv
A notre Maitre et juge : Dr Moctar TOUNKARA
Docteur en Médecine
Spécialiste en Epidémiologie
Maitre-assistant au Département d’Enseignement et Recherche en Santé
Publique de la Faculté de Médecine (FMOS)
Cher Maitre,
Malgré vos diverses occupations, vous nous avez accueillis en acceptant de juger ce
travail.
Votre courage et votre engagement dans toutes vos entreprises font de vous un
homme d’exception et un professionnel dévoué.
v
A notre Maitre et juge : Dr Djènèba Koumba DABITAO
Docteur en Pharmacie
Spécialiste en Biologie Moléculaire et en Immunologie
Maitre-assistant à la Faculté de Pharmacie
Chef du Laboratoire ImmunoCore du Centre Universitaire de Recherche
Clinique (UCRC)
Chère Maitre,
C’est l’occasion pour nous de vous remercier de nous avoir accueillis au sein de votre
unité pour la formation. Au cours de notre séjour nous avons apprécié votre courage
et dévouement dans la recherche, votre disponibilité à transmettre le savoir et votre
qualité de femme battante font de vous un exemple à suivre.
Mère de tous les enfants, une fois de plus veuillez accepter l’expression de notre
profond respect et de nos sincères remerciements.
vi
A notre Maitre et co-directeur : Dr Drissa KONATE
Docteur en Médecine
Titulaire d’un Master en Epidémiologie
Chercheur à la Faculté de Médecine et d’Odontostomatologie (FMOS)
Cher Maitre,
Tout au long de ce travail, nous avons apprécié vos qualités humaines et scientifiques.
Votre disponibilité constante et votre amour pour le travail bien fait font de vous un
Maitre respectable.
Permettez-nous cher Maitre de vous adresser l’expression de notre immense gratitude
et de notre sincère remerciement.
vii
A notre Maitre et Directeur de thèse : Pr Mahamadou DIAKITE
viii
Table des matières
Liste des figures .................................................................................................................................. xi
Sigles et Abréviations .........................................................................................................................xii
1. Introduction ....................................................................................................................................... 1
2. Objectifs ............................................................................................................................................ 3
2.1. Objectif général ......................................................................................................................... 3
2. 2. Objectifs spécifiques ............................................................................................................... 3
3. Généralités........................................................................................................................................ 4
3.1. Malnutrition ................................................................................................................................ 4
3.1.1. Définition ............................................................................................................................. 4
3.1. 2. Epidémiologie ................................................................................................................... 4
3.1.3. Physiopathologie de la malnutrition................................................................................ 5
3.1.4. Indices anthropométriques [10] ....................................................................................... 5
3.1.5. Formes de malnutrition [1] ............................................................................................... 6
3.1.6. Prise en charge de la malnutrition .................................................................................. 8
3.2. Paludisme ................................................................................................................................ 11
3.2.1. Epidémiologie .................................................................................................................. 11
3.2.2. Symptômes du paludisme [29] ...................................................................................... 13
3.2.3. Populations exposées au paludisme............................................................................ 14
3.2.4. Charge de morbidité du paludisme .............................................................................. 14
3.2.5. Transmission du paludisme [29] ................................................................................... 15
3.2.6. Prévention du paludisme [30] ........................................................................................ 16
3.2.7. Diagnostic et traitement du paludisme ......................................................................... 18
3.2.8. Résistance aux antipaludiques ..................................................................................... 19
3.2.9. Surveillance de la lutte antipalustre.............................................................................. 20
3.2.10. Élimination du paludisme ............................................................................................. 20
3.2.11. Vaccins antipaludiques [29]......................................................................................... 21
3.3. Relation entre la malnutrition et le paludisme .................................................................... 24
4. Méthodologie .................................................................................................................................. 27
4.1. Cadre d’étude.......................................................................................................................... 27
4.1.1. Historique et situation géographique............................................................................ 27
4.1.2. Données géographiques ................................................................................................ 28
4.2. Type et période d’étude ......................................................................................................... 29
4.3. Population et échantillonnage .............................................................................................. 30
ix
4.3.1. Critères d’inclusions ........................................................................................................ 30
4.3.2. Critères de non inclusion................................................................................................ 30
4.4. Variables mesurées ............................................................................................................... 31
4.5. Techniques de laboratoire..................................................................................................... 31
4.5.1. Détermination du taux d’hémoglobine en utilisant l’appareil Hemocue® Hb301 .. 31
4.5.2. Goutte épaisse/Frottis sanguins ................................................................................... 31
4.6. Méthode de collecte des données ....................................................................................... 31
4.7. Définitions opératoires ........................................................................................................... 32
4.8. Déroulement de l’étude ......................................................................................................... 32
4.9. Gestion et analyse des données .......................................................................................... 33
4.10. Considérations éthiques ...................................................................................................... 33
5. Résultats ......................................................................................................................................... 35
5.1. Résultats globaux ................................................................................................................... 35
5.2. Caractéristiques sociodémographiques .............................................................................. 35
5.3. Résultats descriptifs sur la malnutrition et le paludisme................................................... 38
5.4. Résultats analytiques sur la relation entre le paludisme et la malnutrition .................... 40
6. Commentaires et discussion ........................................................................................................ 45
6.1. Caractéristiques sociodémographiques .............................................................................. 45
6.2. Données descriptives............................................................................................................. 46
6.3. Relation entre paludisme et malnutrition ............................................................................ 48
6.4. Limites de l’étude.................................................................................................................... 51
7. Conclusion et recommandations ................................................................................................. 52
7.1. Conclusion ............................................................................................................................... 52
7.2. Recommandations ................................................................................................................. 52
9. Annexes .......................................................................................................................................... 61
9.1. Détermination du taux d’hémoglobine (cf. annexe1) ........................................................ 61
9.2. Technique de la goutte épaisse/frottis mince (cf. annexe 2) ........................................... 62
9.3. Questionnaire de l’enquête (cf. annexe 3).......................................................................... 66
9.4. Lettre du comité d’éthique (cf. annexe 4) ........................................................................... 75
10. Fiche signalétique........................................................................................................................ 76
SERMENT D’HIPPOCRATE...................................................................................................................... 78
x
Liste des figures
xi
Sigles et Abréviations
AL Artéméther Luméfantrine
ASAQ Artésunate-Amodiaquine
ASC Agent de Santé Communautaire
ASPE Aliments Supplémentaires Prêt à l’Emploie
ATPE Aliments Thérapeutiques Prêt à l’Emploi
CPN Consultation Prénatale
CRF Case Report Form (fiche de rapport des cas)
CSCom Centre de Santé Communautaire
CTA Combinaison Thérapeutique à base d’Artémisinine
Dl Décilitre
ENA Emergency Nutrition Assessment (Evaluation Nutritionnelle en situation
d’Urgence)
F100 Formule lactée 100
F75 Formule lactée 75
FAO Food and Agriculture Organisation (Organisation des Nations Unis pour
l’Alimentation et l’Agriculture)
FAPH Faculté de Pharmacie
FMOS Faculté de Médecine et d’Odontostomatologie
GE Goutte Epaisse
GIS Geographic Information System (système d’information géographique)
Hb Hémoglobine
HTA Hypertension Artérielle
IC Intervalle de Confiance
ICEMR International Center for Excellence in Malaria Research (Centre
International d’Excellence en Recherche sur le Paludisme)
ICER International Center for Excellence in Research (centre International
d’Excellence en Recherche)
IM Intra-Musculaire
IP Insuffisance Pondérale
IV Intra-Veineuse
Kg Kilogramme
MA Malnutrition Aigue
MAM Malnutrition Aiguë Modérée
MAS Malnutrition Aiguë Sévère
MC/RC Malnutrition Chronique/Retard de croissance
Mg Milligramme
Ml Millilitre
MRTC Malaria Research and Training Center (Centre de Recherche et de
Formation sur le Paludisme)
MUAC Mid-Upper Arm Circumference measure (Mesure du Périmètre Brachial)
xii
NIH/NIAID National Institutes of Health/National Institute of Allergies and Infectious
Diseases (Instituts Nationaux de Santé/Institut National d’Allergies et de
Maladies Infectieuses)
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OR Odds Ratio (rapport de côte)
P Plasmodium
P/A Rapport Poids-Age
P/T Rapport Poids-Taille
PH Potentiel Hydrogène
PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme
SIDA Syndrome d’Immunodéficience Acquise
SMART
Standardized Monitoring and Assessment of Relief and Transition
(Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporellement disponible)
SP Sulfadoxine-Pyriméthamine
SRO Solution de Réhydrations Orale
T/A Rapport Taille-Age
TDH Terre des Hommes
TDR Test de Diagnostic Rapide
UCRC University Clinical Research Center (Centre Universitaire de Recherche
Clinique)
UNICEF United Nations International Children’s Fund (Fonds International des
Nations Unies pour l'Enfance)
USTTB Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako
VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine
xiii
1. Introduction
La malnutrition est un état pathologique résultant d’un déséquilibre entre les apports
et les besoins de l’organisme en éléments nutritifs [1]. Elle est responsable de 45%
des causes de la mortalité infantile, surtout dans les pays où le système sanitaire est
précaire [2]. A l’échelle mondiale, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime
le nombre de cas de malnutrition chronique (MC) à 155 millions chez les enfants de
moins de 5 ans dont 39% sont enregistrés en Afrique [3]. La distribution des cas de
malnutrition varie en fonction des zones géographiques, et particulièrement en Afrique
subsaharienne où la prévalence oscille entre 18% et 51% [4]. Au Mali, les prévalences
de la malnutrition chronique (MC), de l’insuffisance pondérale (IP) et de la malnutrition
aigüe sont 24,1%, 18,6% et 10%, respectivement [5]. La distribution de la malnutrition
présente une grande variabilité en fonction des zones de résidence, allant de 28,9%
pour la forme chronique dans la région de Sikasso à 11% dans le district de Bamako
et dans la région de Kidal [5].
En dépit des efforts fournis dans le dépistage et la prise en charge des enfants
malnutris, la situation de la malnutrition reste encore mitigée en Afrique en raison de
la multitude des facteurs impliqués. Elle survient essentiellement à la suite d’un apport
alimentaire insuffisant et des maladies. D’autres facteurs favorisent aussi sa survenue
comme la faible diversité alimentaire, la mauvaise qualité des services de santé, le
manque d’hygiène, l’existence d’antécédent (ATCD) de malnutrition maternelle, le
niveau socio-économique de la famille [6-8]. Les infections à répétitions, qui se
développent le plus souvent dans des conditions environnementales déficientes sont
fréquemment associées à un mauvais état nutritionnel chez les enfants [6, 9, 10]. La
malnutrition est très souvent mentionnée aussi comme une cause sous-jacente de
près de la moitié de décès d’enfants dus aux infections à répétitions dans les pays à
faibles revenus [10, 11].
1
13]. Si le rôle des parasitoses, comme le paludisme, dans la survenue de la
malnutrition est établi chez les enfants dans les zones d’endémie palustre [9],
l’implication de la malnutrition dans la survenue du paludisme reste toujours une
controverse. Toutefois, leur coexistence constitue un sérieux problème de santé de
par la mortalité élevée qu’elle engendre dans la couche cible. Aussi, l’association entre
le paludisme et la malnutrition altère les capacités d’apprentissage et physiques de
l’enfant [10, 14].
2
2. Objectifs
2. 2. Objectifs spécifiques
3
3. Généralités
3.1. Malnutrition
3.1.1. Définition
3.1. 2. Epidémiologie
4
3.1.3. Physiopathologie de la malnutrition
5
3.1.4.2. Indice taille pour âge (T/A)
Il compare la taille de l’enfant à la taille de référence pour son âge selon l’OMS. Il
permet d’identifier les retards ou les avancés de croissance en taille. C’est un
indicateur temporel qui permet d’apprécier les répercussions des déficits sur la
croissance de la taille. Cet indice semble être le plus sensible aux variations à long
terme de l’état nutritionnel. Dans la plupart des pays en développement, la prévalence
du retard de croissance commence à augmenter à partir de 3 mois. Ensuite le
processus du retard de croissance se ralentit vers l’âge de trois ans après quoi la taille
moyenne évolue parallèlement à la courbe de référence [22]. L’indice taille/âge est
présenté comme indicateur d’un retard de croissance statural (malnutrition chronique).
Il compare le poids de l’enfant au poids de référence pour les enfants du même âge.
Il apprécie les déficits ou les excès pondéraux. Il est utilisé généralement dans les
études longitudinales car il est possible de se référer aux mesures antérieures pour
pouvoir faire les estimations. En cas d’étude transversale, un diagnostic basé
uniquement sur cet indice ne tient pas compte des disparités de taille entre individus
de même âge. L’indice poids/âge peut alors conduire à un diagnostic erroné quand il
s’agit d’une malnutrition récente ou aiguë. La baisse de cet indice traduit une
insuffisance pondérale.
Elle se traduit par un enfant ayant une taille trop petite pour son âge. Elle se détermine
par la mesure de l’indice taille/âge. La malnutrition chronique se développe lentement
6
en lien avec une ration alimentaire inadéquate dans une situation socio-sanitaire
précaire.
Elle se traduit par un faible poids rapporté à la taille d’un enfant. Elle se développe
rapidement en relation avec une situation ponctuelle de manque (période de soudure
difficile, épidémie sévère, changement soudain ou répété du régime alimentaire,
conflit). Cette forme de malnutrition se mesure par l’indice poids/taille. La malnutrition
aigüe comprend deux formes ; la malnutrition aigüe modérée (MAM) qui se caractérise
par une perte de poids modérée (indice P/T compris entre 70% et 80% de la moyenne)
et la malnutrition aiguë sévère (MAS) qui se caractérise par une perte de poids
majeure (indice P/T ˂70%).
Le marasme nutritionnel est une forme de malnutrition grave du fait d'une insuffisance
énergétique globale, accompagnée de carence en protéine. Il est souvent dû à
l'abandon précoce du lait maternel, remplacé trop tôt par un lait fortement dilué et des
céréales, chez l'enfant âgé en général de moins d’un an. Il entraîne une importante
perte de poids et un retard de croissance. Parfois, le marasme nutritionnel est lié à
une disette ou une famine, comme c'est le cas dans les pays en voie de
développement. Le marasme nutritionnel peut également survenir en cas de
prématurité et de troubles digestifs (problème d'absorption des nutriments). Il touche
principalement les jeunes enfants dans leur première année. C'est un problème de
santé publique en Afrique et dans d'autres pays en voie de développement.
7
- des maladies infectieuses de l'enfance (coqueluche, rougeole) ;
- des affections parasitaires, notamment le paludisme et les vers intestinaux ;
- des facteurs socio-économiques très défavorables (quantité journalière de lait
infantile insuffisante ou parfois dilué) ;
- la méconnaissance des besoins nutritionnels de l'enfant avec notamment un
allaitement maternel prolongé sans aliments de complément adaptés : l'apport
calorique total sera trop faible ainsi que l'apport en protéine.
Marasme Kwashiorkor
Fonte musculaire extrême survenant Œdème le plus souvent généralisé
après une fonte adipeuse
Peau amincie Dépigmentation et décoloration de la
peau et des cheveux
Cheveux fins et secs Visage bouffi
Peau des fesses plissés et pendante Peau craquelée
Envie permanent de manger Anorexie
Grande vivacité Apathie
Aspect de vieillard Hépatomégalie
8
3.1.6.1. Prise en charge de la malnutrition modérée
Les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère sont parmi les personnes les plus
vulnérables au monde. Ils sont très maigres : leur organisme a utilisé la plus grande
partie de la graisse et de la masse musculaire du corps pour rester en vie. Sa prise
en charge est basée sur l'utilisation de préparations lactées et est réalisée en 3 phases
[22] :
9
l’enfant, à corriger les troubles métaboliques, à pallier certaines carences et à
commencer à nourrir l’enfant.
La déshydratation est traitée par des solutions de réadaptation toutes prêtes comme
le ReSoMal (Rehydratation Solution for Malnutrition) ou plus classiques (SRO soit
Solutions de Réhydratation Orale) :
Le suivi de l’enfant après la sortie du centre est une étape importante dans la prise en
charge des enfants malnutris. Cette phase permet d’éviter les rechutes et d’assurer le
développement physique, mental et affectif continu de l’enfant.
10
vaccination complet de l’enfant. Cette sortie dépend aussi de la capacité de la mère
(ou personne en charge) à préparer les repas appropriés et de le faire manger, de
jouer avec l’enfant avec les jouets appropriés, de traiter à domicile la diarrhée, la
fièvre, l’infection respiratoire aiguë, et de reconnaitre les signes qui montrent qu’elle
doit faire appel à une assistance médicale. En fin la capacité de l’agent sanitaire à
assumer le suivi de l’enfant et à apporter une aide à la mère.
3.2. Paludisme
3.2.1. Epidémiologie
11
Les zones de paludisme stable, où la forte transmission entraîne une
prémunition. Celle-ci n’empêche pas les habitants d’être parasités mais limite
les manifestations pathologiques aux classes d’âges les plus jeunes alors que
les adultes sont peu touchés.
Les zones de paludisme instable, où le caractère épisodique de la transmission
ne permet pas le développement de la prémunition ; la maladie sévit alors sous
forme d’épidémie touchant toutes les classes d’âges.
12
Figure 2. Cycle de transmission du Plasmoduim falcifarum
Source : https://www.msdmanuals.com/fr/professional/maladies-
infectieuses/protozoaires-extra-intestinaux/paludisme (posté par Richard D.
Pearson en mai 2019).
Le paludisme est une affection fébrile aiguë. Chez un sujet non immunisé, les
symptômes apparaissent généralement au bout de 10 à 15 jours après la piqûre de
moustique infectante. Les premiers symptômes comme la fièvre, les céphalées et les
frissons peuvent être modérés et difficiles à attribuer au paludisme. S’il n’est pas traité
dans les 24 heures, le paludisme à P. falciparum peut évoluer vers une affection
sévère souvent mortelle.
13
Chez l’adulte, il est également courant d’observer une insuffisance polyviscérale.
Dans les zones d’endémie, les personnes peuvent parfois être partiellement
immunisées, et il peut y avoir des infections asymptomatiques.
Certains groupes de population courent un risque beaucoup plus élevé que d’autres
de contracter le paludisme et d’être gravement atteints : les nourrissons, les enfants
de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les personnes vivant avec le VIH/SIDA,
les migrants non immunisés, les populations itinérantes et les voyageurs. Les
programmes nationaux de lutte contre le paludisme doivent prendre des mesures
particulières pour protéger ces groupes contre le paludisme, en tenant compte de leur
situation.
En 2018, plus de la moitié des cas dans le monde ont été enregistrés dans six pays :
Nigéria (25 %), République démocratique du Congo (12 %), Ouganda (5 %), et Côte
d’Ivoire, Mozambique et Niger (4 % chacun).
14
Le groupe le plus exposé à la mortalité palustre est celui des enfants de moins de
cinq ans ; en 2018, ils ont représenté 67 % de l’ensemble des décès dus au paludisme
(272 000).
Dans la plupart des cas, le paludisme est transmis par les piqûres des anophèles
femelles. Il existe plus de 400 espèces différentes de moustique Anopheles, dont une
trentaine sont des vecteurs très importants dans la transmission du Plamodium.
Toutes les espèces importantes vectrices du paludisme piquent généralement entre
le crépuscule et l’aube. L’intensité de la transmission dépend de facteurs liés au
parasite, au vecteur, à l’hôte humain et à l’environnement.
Les Anopheles pondent leurs œufs dans l’eau. Ces œufs éclosent en larves puis
deviennent des moustiques adultes. Les moustiques femelles recherchent un repas
de sang pour nourrir leurs œufs. Chaque espèce a ses préférences concernant son
habitat aquatique ; certaines par exemple préfèrent de petites quantités d’eau douce
peu profondes, comme les flaques et les empreintes laissées par les sabots
d’animaux, que l’on trouve en abondance pendant la saison des pluies dans les pays
tropicaux.
La transmission est plus intense là où les espèces de moustiques ont une durée de
vie plus longue (ce qui permet au parasite d’achever son cycle de développement à
l’intérieur du moustique) et là où ils piquent plutôt les êtres humains que les animaux.
La longue durée de vie et la forte préférence pour l’homme des espèces africaines de
vecteurs expliquent qu’environ 90 % des cas de paludisme recensés dans le monde
surviennent en Afrique.
La transmission dépend aussi des conditions climatiques qui peuvent influer sur
l’abondance et la survie des moustiques, par exemple du régime de précipitations, de
la température et de l’humidité. Dans beaucoup d’endroits, la transmission est
saisonnière avec un pic pendant ou juste après la saison des pluies. Des épidémies
de paludisme peuvent survenir lorsque le climat et d’autres conditions favorisent
soudainement la transmission dans des régions où les populations sont peu ou pas
du tout immunisées. Elles peuvent aussi survenir lorsque des personnes faiblement
15
immunisées se déplacent vers des régions de transmission intense, par exemple pour
trouver du travail ou en tant que réfugiés.
L’immunité humaine est un autre facteur important, en particulier chez les adultes
dans les zones de transmission modérée à intense. Une immunité partielle se
développe après des années d’exposition et, bien qu’elle ne confère jamais une
protection totale, elle réduit le risque que l’infection palustre cause des troubles
sévères. C’est la raison pour laquelle la plupart des décès par paludisme en Afrique
surviennent chez de jeunes enfants, tandis que, dans les zones de faible transmission
et où la population est peu immunisée, tous les groupes d’âge sont exposés.
L’OMS recommande d’assurer une lutte antivectorielle efficace pour protéger toutes
les populations exposées au risque de contracter le paludisme. Deux formes de lutte
antivectorielle sont efficaces dans beaucoup de situations : les moustiquaires
imprégnées d’insecticide et la pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l’intérieur
des habitations.
Au niveau mondial, la protection par pulvérisation à effet rémanent, qui a atteint un pic
de 5 % en 2010, ne dépassait pas 2 % en 2018, un recul observé dans toutes les
Régions de l’OMS, sauf dans la Région OMS de la Méditerranée orientale. La baisse
de la couverture intervient à mesure que les pays remplacent les pyréthrinoïdes par
des insecticides plus coûteux afin d’atténuer la résistance des vecteurs aux
pyréthrinoïdes.
16
3.2.6.2. Antipaludiques [29, 31]
Les progrès de la lutte antipaludique enregistrés depuis 2000 sont dus avant tout au
meilleur accès aux interventions antivectorielles, surtout en Afrique subsaharienne.
Mais cette avancée est menacée par l’émergence d’une résistance des moustiques
Anopheles. Selon le dernier Rapport sur le paludisme dans le monde, 73 pays ont
signalé une résistance à au moins une des quatre classes d’insecticides généralement
utilisées entre 2010 et 2018, et 27 pays ont notifié une résistance à toutes les classes
d’insecticides principales [31]
17
souligne aussi que tous les pays confrontés à la transmission doivent absolument
mettre au point et appliquer des stratégies efficaces contre la résistance aux
insecticides.
L’OMS recommande que, dans tous les cas présumés, le paludisme soit confirmé par
un diagnostic basé sur la recherche des plasmodies (par microscopie ou test
diagnostique rapide) avant d’administrer un traitement. La confirmation
parasitologique peut être obtenue en 30 minutes ou moins. Un traitement sur la seule
base des symptômes ne doit être envisagé que si le diagnostic parasitologique n’est
pas possible. On trouvera des recommandations plus détaillées dans les Directives
pour le traitement du paludisme [22].
L’artésunate suppositoire est utilisée pour le pré-transfert des cas graves au niveau
supérieur pour une meilleure prise en charge. La politique nationale de lutte contre le
paludisme précis dans son document que le traitement du paludisme chez la femme
enceinte doit être fait avec la quinine injectable et comprimé au cours du premier
18
trimestre, et les CTA à partir du deuxième trimestre. Un plan national de surveillance
de la pharmacovigilance a été mis en place pour assurer la sécurité des patients [33]
En 2013, l’OMS a lancé une action d’urgence contre la résistance à l’artémisinine dans
la sous-région du Bassin du Mékong, un plan d’attaque de haut niveau pour contenir
la propagation des parasites résistants et fournir des outils de lutte salvateurs aux
populations exposées au risque de paludisme. Mais, alors même que ces travaux
étaient en cours, d’autres poches de résistance indépendantes sont apparues dans
de nouvelles zones géographiques de la sous-région. En parallèle, une résistance
accrue aux médicaments associés au CTA a été notifiée à certains endroits [34]. Une
nouvelle approche s’est avérée nécessaire pour suivre l’évolution de la situation du
paludisme.
19
3.2.9. Surveillance de la lutte antipalustre
Une surveillance efficace doit être assurée à toutes les étapes, jusqu’à l’élimination
du paludisme. Des systèmes de surveillance plus solides sont donc nécessaires
d’urgence pour permettre une riposte rapide et efficace dans les régions d’endémie,
et éviter ainsi les flambées et les résurgences, suivre les progrès, de même que mettre
les gouvernements et la communauté mondiale de la lutte antipaludique face à leurs
responsabilités.
20
général de l’OMS a ainsi certifié que 10 pays avaient éliminé le paludisme : le Maroc
(2010), le Turkménistan (2010), l’Arménie (2011), les Maldives (2015), le Sri Lanka
(2016), le Kirghizistan (2016), le Paraguay (2018), l’Ouzbékistan (2018), l’Algérie
(2019) et l’Argentine (2018). Le Cadre pour l’élimination du paludisme de l’OMS (2017)
propose un ensemble détaillé d’outils et de stratégies pour atteindre l’élimination et
maintenir ce statut [36].
21
et acceptables s'ils étaient capables d'atténuer l'évolution clinique de la maladie, par
exemple, en restreignant notablement la charge parasitaire.
Les vaccins suscitant une réponse à des antigènes situés sur la surface des
érythrocytes infectés par des parasites asexués devraient permettre la
reconnaissance et la destruction sélective de ces cellules, et de là des parasites
intracellulaires qui n'ont pas la capacité d'envahir de nouvelles cellules hôtes. Leur
effet sur l'infection serait très semblable à celui des vaccins anti-mérozoïtes.
Les vaccins dirigés contre les gamètes ne seraient pas protecteurs pour l'hôte
vertébré, car ces formes ne sont pas associées à la pathogénicité et, normalement,
ne se rencontrent pas chez le vertébré. Un tel vaccin inactiverait les gamètes mâles
qui sont formés à partir des gamétocytes mâles introduits dans l'intestin du moustique
au cours du repas sanguin. En rendant la fécondation impossible, cela empêcherait
l'infection du moustique et par là, la production de sporozoïtes. Les vaccins
antigamètes réduiraient la transmission du paludisme et seraient donc un instrument
précieux en santé publique.
Tous les vaccins mentionnés ci-dessus ont donc des indications spécifiques pour la
lutte antipaludique, mais on peut concevoir que des situations épidémiologiques
particulières exigent l'administration d'une association de vaccins.
Il serait peu réaliste d'attendre des vaccins qu'ils fournissent une réponse complète
au problème de la lutte contre le paludisme ou de son éradication. Ils devront être
utilisés en même temps que d'autres mesures antipaludiques. Dans les régions où les
indices de propagation de base du paludisme sont faibles, l'impact des vaccins seuls
sera vraisemblablement beaucoup plus grand que dans les régions où ces indices
sont extrêmement élevés, comme dans d'importantes parties de l'Afrique tropicale.
Naturellement, les résultats dépendront dans une grande mesure de l'efficacité du
vaccin considéré (qu'il soit dirigé contre les mérozoïtes, les gamètes, les sporozoïtes
ou les érythrocytes infectés) et également de la couverture vaccinale. A la différence
du cas des vaccins contre certains agents pathogènes bactériens ou viraux, il peut
être difficile de produire un vaccin <idéal>> qui susciterait, après une seule inoculation,
une immunité stérile durable contre le paludisme.
22
Les vaccins antisporozoïtaires qui produisent un état réfractaire stérile contre les
infections par des plasmodies, les vaccins antigamètes qui freinent la transmission,
les vaccins antimérozoïtes qui protègent contre les manifestations cliniques et
réduisent le réservoir de gamétocytes, auront tous leurs utilisations opérationnelles.
Néanmoins, dans des conditions de transmission très intense du paludisme, leur
impact ne suffira pas probablement, à lui seul, à entraîner une réduction importante
de la prévalence de la maladie. Cela est vrai également des méthodes existantes de
lutte antivectorielle et de chimiothérapie.
Une des difficultés majeures dans la mise au point d’un vaccin contre le Plasmodium
est, qu’au cours de sa vie, le parasite passe successivement par plusieurs stades
avec des phases d’intense multiplication asexuée chez l’homme (dans les cellules du
foie - phase hépatique - puis dans les globules rouges du sang - phase érythrocytaire
-) et une phase de reproduction sexuée suivie de multiplication, chez l’insecte. Chaque
stade se termine par la libération d’un parasite d’une forme différente, donc porteur
d’antigènes différents et induisant des réponses immunitaires différentes, ce qui
complique d’autant la recherche d’un vaccin.
Aujourd’hui, aucun vaccin n’est disponible pour lutter contre le paludisme. Au niveau
mondial, plusieurs équipes travaillent à l’élaboration de vaccins contre le paludisme et
plusieurs candidats sont à l’étude. Au Mali, les études réalisées sur les candidats
vaccins ont rapportés des résultats prometteurs [37, 38], mais restent encore
inefficace à cause de la diversité génétique du parasite du paludisme [39].
Le RTS, S/AS01 (RTS, S) est le premier, et jusqu’ici le seul, vaccin ayant démontré
une diminution significative des cas de paludisme et de paludisme grave menaçant le
pronostic vital, chez les jeunes enfants d’Afrique [40]. Il est actif contre P. falciparum,
23
le parasite du paludisme le plus meurtrier au niveau mondial, qui est aussi le plus
courant en Afrique. Son utilisation lors des essais cliniques à grande échelle chez des
enfants avec l’administration de 4 doses a permis d’éviter environ 4 cas sur 10 sur
une période de 4 ans [40].
24
La croissance staturo-pondérale d’un enfant est influencée par certains facteurs
comme le niveau socio-économique et l’accès aux soins médicaux [44-46]. Mais
l’alimentation sous ses aspects qualitatif et quantitatif, et l’exposition régulière à un
environnement pathogène sont considérées comme les principaux facteurs
susceptibles d’avoir une répercussion directe sur la croissance d’un enfant [47, 48].
Le rôle des parasitoses dans la survenue de la malnutrition a été rapporté dans les
études antérieures [7, 49, 50], surtout dans les zones d’endémicité où elles sont
considérées comme la deuxième cause dans la survenue de la malnutrition [10]. Dans
un environnement pathogène, les épisodes infectieux associés à un risque de sous-
alimentation précipitent rapidement l’enfant dans une situation de malnutrition sévère.
25
La relation entre l’infection palustre et l’état nutritionnel, notamment la malnutrition
protéino-énergétique, le retard de croissance et certains déficits en micronutriments
chez les enfants ont fait l’objet de beaucoup d’études [56]. Même si l’impact de
l’infection palustre sur le statut nutritionnel a été beaucoup évoqué par les auteurs, le
rôle de la malnutrition dans la survenue du paludisme n’est pas encore bien défini.
Les premières études ont rapportés que les sujets malnutris étaient protégés contre
le paludisme [13, 57]. Ces auteurs ont trouvé que le risque du paludisme était diminué
chez les enfants malnutris d’une part, et une association positive entre la parasitémie
et le poids pour l’âge des enfants infectés par P. falciparum d’autre part. Ces études
ont donc suggérées qu’une dénutrition, surtout la forme protéino-énergétique, serait
associée à la protection contre le paludisme [13, 58].
26
4. Méthodologie
Situé dans la commune rurale de Dioro, Koïla Bamanan fait partie de l’aire de santé
de Koïla relevant du district sanitaire de Markala dans la région de Ségou. Il est situé
à 45 km du centre de santé de référence de Markala et à 14 km de Dioro. L’aire de
santé de Koïla est composée de 7 villages à savoir : Koïla Bamanan village abritant le
27
CSCom, Koïla Markala, Marka Tintin, FakourouWèrè, Kolomy, Karabougou, et
KontomoWèrè. Elle est limitée au nord par l’aire de santé de Dioro, au sud-ouest par
l’aire de santé de Tibi, au sud-est par l’aire de santé de Yolo et à l’est par l’aire de
santé de Babougou.
Le village fût fondé il y a environ 400 ans (vers 1613) par les frères Bouaré.
Préalablement installé à Tiendéguétomo, entre Koïla actuel et Sama (village dans
l’aire de santé de Babougou), les frères jumeaux Tientégué Bouaré et Yari Bouaré
découvrirent un espace au cours d’une partie de chasse qui selon eux était propice
pour y vivre. C’est ainsi qu’ils décidèrent d’y déménager. Certains habitants, comme
les Konaté, qui se trouvaient un peu au sud-ouest décident eux aussi de venir
s’associer aux Bouaré. C’est suite à leur pouvoir de vaincre pour un si nouveau village,
que les habitants des villages environnants martelaient en bambara «Ni ye koye yan»
qui signifie qu’on a du pain sur la planche d’où est venu le nom Koïla.
Le village de Koïla Bamanan à une population estimée à 2.944 habitants dont 312
enfants de moins de 5 ans (source : recensement GIS/UCRC, 2017). Le projet de
recherche sur le paludisme du Centre International d’Excellence en Recherche sur le
Paludisme est basé sur une cohorte d’étude de 1400 participants.
28
4.1.2.3. Organisation sociale et économique
L’aire de santé de Koïla est composée de 7 villages avec une population de 12302
habitants majoritairement bambaras et peulhs (source CSCom de Koïla). Le village
possède une école fondamentale 1er cycle. Les sociétés secrètes (Komo, N’ya,
N’tomo) qui existaient jadis ont disparu de nos jour, mais cela n’empêche pas la
traditionnelle fête de l’année qui a lieu après la campagne de riziculture. L’économie
locale repose sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. L’élevage des ovins, des caprins
et des bovins y est pratiqué comme une activité économique secondaire. On y
retrouve aussi quelques équidés (ânes et chevaux) utilisés comme animaux de trait.
La plupart des villageois épargnent leurs revenus dans l’élevage et dans les cultures
industrielles. Une foire hebdomadaire a lieu chaque jeudi à laquelle les habitants des
villages environnants participent. Elle facilite les échanges commerciaux et booste
ainsi l’économie locale.
Le village dispose d’un centre de santé communautaire (CSCom) depuis 2008 mise
en œuvre par le projet village du millénaire, dont le projet a pris fin en 2014. Il est
composé de deux blocs à savoir un dispensaire et une maternité. D’autres
organisations associatives comme le groupement des jeunes et des femmes
s’exercent aussi. L’islam demeure la religion dominante à Koïla.
Il s’agissait d’une étude transversale qui consistait à collecter les données sur le
paludisme et la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans lors du grand passage
transversal du projet ICEMR au mois de novembre 2019 à Koila.
29
4.3. Population et échantillonnage
La population était constituée par tous les enfants de moins de 5 ans résidant à Koïla
Bamanan pendant la période de l’étude. L’échantillonnage était exhaustif à partir du
fichier de recensement de la population, et qui nous a permis d’obtenir un échantillon
de 233 enfants chez qui les données ont été collectées.
n = (z) 2 p (1 – p) / d2
n = taille de l’échantillon
z = niveau de confiance selon la loi normale centrée réduite (pour un niveau de
confiance de 95%, z = 1,96).
p = la prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans dans le cercle
de Markala, soit 15% [65].
d = marge d’erreur tolérée (par exemple on veut connaître la proportion réelle à 5%
près).
Cette formule nous a permis d’avoir une taille minimale de 216 enfants de moins de 5
ans. Mais l’étude a porté sur tous les enfants inscrits sur la liste de recensement et
disponibles durant la période d’étude.
Les enfants répondant aux critères suivants ont été inclus dans notre étude.
Les enfants dont nous n’avons pas obtenu le consentement des parents/tuteurs ou
qui n’ont pas passé la saison de transmission à Koïla n’ont pas été inclus dans notre
étude;
30
4.4. Variables mesurées
Variables sociodémographiques :
o Pour l’enfant : l’âge, le sexe,
o Pour la mère : l’âge, régime du mariage, l’activité professionnelle, niveau
d’instruction ;
Variables cliniques : la température, le poids et la taille ;
Variable Parasitologique : la parasitémie ;
Variable biologique : le taux d’hémoglobine (Hb).
C’est une technique qui permet de doser le taux d’Hb. Son principe est basé sur une
réaction modifiée de formation d’azoture de méthémoglobine. Les érythrocytes sont
hémolysé pour libérer l’hémoglobine qui réagit avec azoture pour donner de la
méthémoglobine dont l’absorbance est mesurée dans l’analyseur. Cette absorbance
est directement proportionnelle à la concentration de l’Hb. La lecture se fait
directement sur l’appareil Hemocue® (cf. annexe 1).
Les données ont été collectées à l’aide d’un questionnaire élaboré et préétabli dans
les tablettes pour recueillir les informations nécessaires (cf. annexe 3).
31
La température a été mesurée en utilisant un thermomètre axillaire.
Le taux d’Hb a été déterminé en utilisant l’appareil Hemocue® 301 et la
parasitémie par la technique de la goutte épaisse.
32
les boxes de l’OMS. Les investigateurs ont travaillé selon les bonnes pratiques
cliniques et de laboratoires telles que recommandées par le comité international
d’harmonisation en recherche. Un contrôle interne était fait à la fin de chaque journée
pour vérifier et corriger les incohérences.
Au terme de l’étude, une restitution des résultats sera faite auprès des autorités
sanitaires et villageoises, et aux partenaires qui interviennent dans la localité sur la
malnutrition et la sécurité alimentaire de façon générale. Les résultats seront
présentés lors des conférences scientifiques et feront l’objet d’une publication.
Cette étude découle du projet ICEMR dont le protocole a déjà été soumis et approuvé
par le comité d’éthique de la FMOS/FAPH de l’Université des Sciences, des
Techniques et des Technologies de Bamako ainsi qu’aux Instituts Nationaux de santé
des Etats-Unis d’Amérique (cf. Annexes 4). L’autorisation communautaire a été
33
obtenue auprès des notabilités coutumières (chef du village, conseillers) et des
autorités administratives et sanitaires. Le consentement volontaire, libre et éclairé a
été obtenu des parents ou tuteurs des enfants avant l’inclusion dans l’étude. Tous les
enfants malades ont bénéficié d’un traitement gratuit. Les données biologiques ont été
obtenues en utilisant du matériel médical à usage unique. Tous les investigateurs ont
été formés sur les bonnes pratiques cliniques et de laboratoires. La confidentialité et
la sécurité des données ont été assurées par les investigateurs, un identifiant unique
a été attribué à chaque enfants qui servait le lien lors du passage. Seuls les
gestionnaires des données désignés à cet effet avaient l’accès aux informations.
34
5. Résultats
Au total, 233 enfants de moins de 5 ans ont été inclus dans cette étude. La classe
d’âge 24-59 mois était majoritaire avec 72,1% et le sex-ratio était de 1,1 en faveur du
sexe masculin. Les prévalences de l’insuffisance pondérale, de la malnutrition
chronique et de la malnutrition aigüe étaient 14,6%, 40,8% et 10,7%, respectivement.
La prévalence de l’infection palustre était de 12,5% et la majorité des enfants ont fait
au moins un épisode palustre durant la saison de transmission (57,9%) ou était
anémique (52,8%).
Après ajustement sur les autres variables, l’anémie étaient associés à la survenue de
l’insuffisance pondérale et de la malnutrition chronique. Par contre, le risque était
réduit avec la polygamie, l’âge avancé des enfants et des mères et le niveau
d’éducation. Nous n’avons pas trouvé une corrélation entre la charge parasitaire et les
indices du statut nutritionnel des enfants, notamment l’insuffisance pondérale
(r=0,2512 ; p=0,18), la malnutrition chronique (r=0,2734 ; p=0,15) et la malnutrition
aigüe (r= -0,0607 ; p=0,7).
Tableau 2. Répartition des enfants en fonction des classes d’âge et du sexe à Koïla
Bamanan au mois de novembre 2019
La classe d’âge 24-59 mois était majoritaire avec 72,1%. Le sex-ratio était de 1,1 en
faveur du sexe masculin.
35
Figure 4. Répartition des mères d’enfants selon les classes d’âge à Koïla Bamanan
au mois de novembre 2019
Les mères d’enfants entre 25 et 34 ans étaient majoritaires avec 55,8%, et 16,7% pour
celles âgées de 35 à 44 ans minoritaires.
Figure 5. Répartition des mères d’enfants selon leur activité à Koïla Bamanan au mois
de novembre 2019
36
Figure 6. Répartition des mères d’enfants en fonction du régime de mariage à Koïla
Bamanan au mois de novembre 2019
Plus de la moitié des mères d’enfants étaient dans un régime de polygamie (53,2%)
contre 46,8% de monogamie.
La grande majorité des mères des enfants n’était pas scolarisée, soit 90,6%.
37
5.3. Résultats descriptifs sur la malnutrition et le paludisme
Tableau 3. Types de malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans à Koïla Bamanan
au mois de novembre 2019
38
Parmi les enfants présentant les différents types de malnutrition, la forme modérée de
l’insuffisance pondérale et de la malnutrition aigüe était plus retrouvé avec 10,7% et
7,7% respectivement. Par contre, la forme sévère de la malnutrition chronique était
plus dominante avec 30,9%.
39
5.4. Résultats analytiques sur la relation entre le paludisme et la malnutrition
40
Tableau 6. Relation entre l’insuffisance pondérale et les variables explicatives chez
les enfants et mères à Koïla Bamanan au mois de novembre 2019
Après ajustement sur les autres variables, l’anémie (OR = 6,91 ; 95%IC [2,41-19,73])
était associée significativement à la survenue de l’insuffisance pondérale. Par contre,
la polygamie était associée à une réduction du risque de la survenue de l’IP (OR =
0,36, 95%IC [0,15-0,84]).
41
Tableau 7. Relation entre la malnutrition chronique et les variables explicatives chez
les enfants et mères à Koïla Bamanan au mois de novembre 2019
Après ajustement sur les autres variables, l’anémie (OR=3,28, 95%IC [1,68-6,24])
était significativement associée à la survenue de la malnutrition chronique. En
revanche, la polygamie, l’augmentation de l’âge des enfants et les mères (35-44 ans)
des enfants étaient associées à une diminution de cas de malnutrition chronique
42
Tableau 8. Relation entre la malnutrition aigüe et les variables explicatives chez les
enfants et mères à Koïla au mois de novembre 2019
Après ajustement sur les autres variables, l’infection palustre et le nombre d’épisode
palustre n’étaient pas associés à la survenue de la malnutrition aigüe. A l’opposé,
l’augmentation de l’âge des enfants était associée à une augmentation du risque de
la malnutrition aigüe (OR = 8,37 ; 95%IC [1,06-65,68]).
43
Figure 9. Corrélation entre la parasitémie et les indices du statut nutritionnel des enfants de moins de 5 ans à Koïla Bamanan au
moi de novembre 2019
Nous n’avons pas trouvé une corrélation entre la charge parasitaire et les indices du statut nutritionnel des enfants. Mais, nous avons
tendance à observer moins de charge parasitaire chez les enfants ayant une insuffisance pondérale (r=0,2512 ; p=0,18) ou la
malnutrition chronique (r=0,2734 ; p=0,15), contrairement à ceux ayant la malnutrition aigüe (r= -0,0607 ; p=0,7).
44
6. Commentaires et discussion
Cette étude, qui avait pour but d’étudier la relation entre la malnutrition et le
paludisme chez les enfants de moins de 5 ans, s’inscrit dans le cadre d’un projet
de recherche de l’ICER-Mali sur le paludisme.
Elle s’est déroulée dans le village de Koïla Bamanan, dans le district sanitaire de
Markala dans la région de Ségou au Mali. Le choix de Koïla Bamanan se justifie
par la prévalence élevée de l’anémie dans nos études antérieures non publiées
dans la même localité. En outre, le village est une zone de riziculture irriguée par
le barrage hydraulique de Markala. Il a été rapporté que les aménagements
hydrauliques ont des conséquences néfastes sur la santé de la population par le
biais de la prolifération des maladies parasitaires [66] L’implication des
parasitoses dans la survenue de la malnutrition chez les enfants de moins de 5
ans a été déjà signalée dans les études antérieures [7, 50, 67].
La classe d’âge 24-59 mois était majoritaire avec 72,1% et le sex ratio était 1,1 en
faveur du sexe masculin (Tableau 2). La même observation sur le sex ratio en faveur
du sexe masculin avait été observée par Mariko et coll. [68] ainsi que par Traoré et
coll. au Mali [69], et par Deribew et coll. en Ethiopie [70]. La proportion des classes
d’âge variait en fonction des études. Certains auteurs rapportèrent une prédominance
des enfants âgés de 24 mois et plus [67, 70, 71], et d’autres ceux âgés de moins de
24 mois [5, 72]. Cette variabilité des classes d’âge pourrait être due à celle de la
population des enfants de moins de 5 ans dans les zones d’étude, mais aussi à la
population cible de chaque étude.
Les mères âgées de 25 à 34 ans étaient majoritaires (55,8%) alors que celle de 35-
44 ans étaient minoritaires (16,7% ; Figure 3). La principale activité des mères était le
ménage avec 94% (Figure 4). Les études menées sur la malnutrition au Mali et en
Afrique de façon générale ont fait le même constat sur la représentativité des mères
d’enfant de moins de 35 ans ; ils ont également rapporté que l’activité principale de
ces mères d’enfants était le ménage [67, 73]. Cette prédominance des femmes jeunes
et des ménagères s’expliquerait par la composition générale de la population qui est
jeune en Afrique et particulièrement au Mali [5]. Elle s’expliquerait aussi par le taux de
fécondité plus élevé dans la tranche d’âge puisqu’elle correspond à l’âge de la
procréation [74, 75]. Parmi les mères inclues dans l’étude, 53,2% vivaient dans un
régime de polygamie comme rapporté précédemment [5, 76] (Figure 5). Ce constat
reflète la situation du régime polygamique prédominant en milieu rural au Mali [77]. La
grande majorité des mères n’étaient pas scolarisées (90,6%) à l’image de la
population générale du Mali [75].
Parmi les différents types de malnutrition, la forme chronique était plus fréquente
(40,8%), suivie par l’insuffisance pondérale (14,6%) et la malnutrition aigüe (10,7%)
(Tableau 3). Cette tendance suit celle de l’enquête réalisée sur le plan national dont
les seuils sont inférieurs à nos résultats [5]. Cette observation montre que la situation
nutritionnelle représente un sérieux problème de santé publique dans cette localité
selon les critères de l’OMS. Nous avons observé une variation des différents types de
la malnutrition en fonction des groupes d’âge. Les enfants âgés de 6 à 23 mois étaient
plus touchés par la forme chronique de la malnutrition que les autres (p = 0,001). Par
contre, les enfants âgés de 24 à 59 mois étaient plus atteints par la forme aigue (p =
0,008). Cependant, aucune variation significative de la prévalence de l’insuffisance
pondérale n’a pas été observée entre les classes d’âge (p = 0,2 ; tableau 3). Des
prévalences élevées des formes de la malnutrition ont été rapportées dans certaines
zones de l’Afrique où le paludisme reste endémique [70, 78, 79]. Ces études ont trouvé
une association entre le paludisme et la malnutrition, et ont conclus que le paludisme
constitue un facteur favorisant la survenue de la malnutrition chez les enfants [78-80].
Dans les études antérieures, les petits enfants (moins de 24 mois) étaient plus touchés
par la forme aigue de la malnutrition comparés aux enfants plus âgés qui étaient
atteints par la forme chronique [10, 70]. Contrairement à ces études, nos participants
âgés de moins de 24 mois étaient plus atteints par la forme chronique que les autres.
Cette observation pourrait être due à la prévalence élevée de l’anémie dans la même
tranche d’âge dans notre étude, mais aussi, à la prévalence élevée de l’infection
palustre au cours de la grossesse comme rapporté par Coulibaly et coll. en 2017 dans
la même localité [81]. Le paludisme au cours de la grossesse et le mauvais état
nutritionnel de la femme enceinte sont positivement associés au faible poids de
46
naissance de l’enfant [82-84], qui semble accélérer la survenue de la malnutrition chez
les enfants [85, 86].
La forme sévère de la malnutrition chronique était la plus élevée (30,9%) alors que la
forme modérée de la malnutrition aigüe et de l’insuffisance pondérale était observée
(7,7% et 10,7% ; Figure 8). Cette même observation avait été faite par Musimwa et
coll. dans leur étude chez les enfants dans une zone minière de Lubumbashi au
Congo-Kinshasa [87]. A l’exception de la prévalence élevée de la forme sévère de la
malnutrition chronique, nos résultats suivent les mêmes tendances que celles
observées dans l’enquête nationale sur la malnutrition au Mali et d’autres études en
Afrique [70, 79]. Nous avons observé également une prévalence élevée de l’anémie
dans la même tranche d’âge. Les facteurs associés à la prévalence élevée de la
malnutrition chronique sévère dans cette localité doivent être étudiés en raison du fait
que c’est une zone d’irrigation où les parasitoses sont fréquemment rencontrées
comme le paludisme, la schistosomiase et l’ankylostomiase [88]. Le rôle des
parasitoses dans la survenue de la dénutrition chez les enfants dans les zones
d’endémie palustres a été observé au cours des études précédentes [70, 78, 79].
La majorité des enfants avaient l’anémie (52,8%), surtout ceux âgés de moins de 24
mois (p=0,04) (Tableau 4). Les résultats similaires ont été rapportés au Mali sur la
prévalence parasitaire élevée chez les grands enfants (plus de 24 mois) et celle de
l’anémie chez les petits enfants (moins de 24 mois) [17, 89]. Cette tendance a été
aussi rapportée par Domechele et Wanzira dans leurs études sur le paludisme en
Uganda et au Ghana [90, 91].
La prévalence de l’infection palustre semble être élevée chez les enfants mal nourris.
Les enfants souffrants de malnutrition chronique ont fait moins d’épisodes palustres
que les autres (p = 0,01). La prévalence de l’anémie était plus élevée chez les enfants
souffrants d’insuffisance pondérale (85,3% vs 47,2% ; p = 0,01) et de la malnutrition
chronique (70,5% vs 40,6% ; p = 0,01) contrairement à la forme aigue (p > 0,05). Les
47
études sur la relation entre le paludisme et la malnutrition ont rapporté des résultats
conflictuels. Certains auteurs ont conclus à une association entre le paludisme et la
malnutrition [71, 92]. Par contre, d’autres ont trouvé une association significative entre
ces deux pathologies et évoquent le paludisme comme facteur favorisant de la
malnutrition chez les enfants [67, 78, 93]. Ce constat a été fait aussi entre l’anémie et
la malnutrition chez les enfants dans un environnement propice au développement
des infections parasitaires [78, 79]. Dans les zones d’endémie palustre, l’anémie est
fréquemment associée au paludisme surtout chez les enfants où elle constitue le
principal phénotype clinique.
Il existe une grande hétérogénéité des données de différentes études. Les ensembles
de données diffèrent significativement en ce qui concerne les définitions du paludisme,
les caractéristiques de la population étudiée, la mesure de l’état nutritionnel et les
critères d’évaluation mesurés. En conséquence, il n’y a aucune association cohérente
entre le risque d’infection palustre et la sous-alimentation durant l’enfance. De plus, la
relation temporelle entre la malnutrition et le risque de paludisme a été difficile
d’analyser depuis la somme des résultats extraient de la littérature.
48
risque de faible poids à la naissance et augmenter la taille du nourrisson à 4 semaines
[95-97]. Des épisodes répétés de paludisme clinique chez les enfants peuvent
également entraîner une insuffisance pondérale ou un retard de croissance, qui
peuvent être évités par des mesures visant à réduire la transmission du paludisme
[98, 99]. D'autre part, l'impact de la malnutrition sur le résultat de l'infection par le
paludisme a fait l'objet d'une controverse considérable. Malheureusement, la plupart
des études n'ont pas été conçues pour déterminer la causalité [100]. Des études de
cohortes prospectives ont révélé une augmentation insignifiante de l'incidence du
paludisme chez les enfants souffrant de dénutrition modérée à sévère [101].
Après ajustement des autres variables, l’anémie (OR = 6,91 ; 95%IC [2,41-19,73])
était significativement associée à la survenue de l’insuffisance pondérale. Par contre,
la polygamie était associée a une réduction du risque de l’IP (OR = 0,36 ; 95%IC [0,15-
0,84]). Mais, l’infection palustre, le nombre d’épisode palustre, le niveau d’instruction,
la fonction de vendeuse et l’âge avancé de la mère n’étaient pas associés à une
réduction significative du risque de malnutrition chez les enfants (Tableau 6). L’anémie
était associées à la survenue de la forme chronique de la malnutrition (OR = 3,28 ;
95%IC [1,68-6,24]). En revanche, l’âge avancé des enfants (OR = 0,16 ; 95%IC [0,07-
0,34]) et des mères (OR = 0,25 ; 95%IC [0,08-0,73]) et la polygamie (OR = 0,45 ;
95%IC [0,23-0,87]) étaient associés à une diminution du risque de la malnutrition dans
notre étude. Le nombre d’épisode et l’infection palustres, l’instruction et l’activité
professionnelle des mères d’enfants n’étaient pas associés significativement à la
survenue de la malnutrition chronique (Tableau 7). Le risque de la malnutrition aigüe
était significativement élevé seulement chez les enfants plus âgés (OR = 8,37 ; 95%IC
[1,06-65,68]) (Tableau 8).
49
ces risques relatifs et des données de prévalence, les fractions des épisodes de
paludisme clinique et des décès dus au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans
qui étaient attribuables à la malnutrition (insuffisance pondérale, carence en zinc ou
en vitamine A) étaient substantielles [101].
50
La charge parasitaire était comparable en fonction des indices du statut nutritionnel,
notamment l’insuffisance pondérale (r = 0,2512 ; p = 0,18), la malnutrition chronique
(r = 0,2734 ; p = 0,15) et la malnutrition aigüe (r = -0,0607 ; p = 0,7). La variation de la
parasitémie a déjà été rapportée par certains auteurs chez les enfants dans les zones
d’endémie palustre [108, 109]. Les enfants souffrants de la malnutrition chronique sont
fréquemment infectés par le Plasmodium mais ont moins de charge parasitaire élevée.
L’insuffisance pondérale et la malnutrition chronique sont fréquemment associées à
l’anémie [71], alors que les études ont démontré que les enfants anémiques ont de
faible charge parasitaire comparés aux enfants non-anémiques [110].
Cette étude avait pour but de déterminer la prévalence des différentes formes de
malnutrition et leur association avec le paludisme chez les enfants dans le village de
Koïla Bamanan. Les informations sur certains éléments comme le revenu des parents,
la sécurité alimentaire, l’alimentation des enfants et de la famille de façon générale,
l’antécédent maternel de malnutrition ou la malnutrition au cours de la grossesse,
l’antécédent de paludisme au cours de la grossesse, la participation de l’enfant à la
dernière campagne de la chimioprévention du paludisme saisonnier et les parasitoses
intestinales. La prise en compte des paramètres biologiques permettra de fournir des
informations utiles sur le bilan nutritionnel des enfants dans cette localité afin d’orienter
sur les causes de la malnutrition. L’étude de prévalence ne permet pas aussi de
déterminer la relation linéaire entre ces deux pathologies, une étude de cohorte sera
mieux indiquée pour comprendre cette relation en tenant compte du statut immunitaire
des enfants.
51
7. Conclusion et recommandations
7.1. Conclusion
Notre étude n’a pas mis en évidence une association significative entre le paludisme
et la malnutrition. Par contre, l’anémie était associée à la malnutrition chez les enfants
dans cette localité. L’âge avancé des mères des enfants et la polygamie étaient
prédicteurs d’un bon état nutritionnel des enfants.
7.2. Recommandations
Aux chercheurs
mener des études plus approfondies en prenant en compte des autres facteurs
impliqués dans la malnutrition chez les enfants telles que le régime alimentaire,
les carences ferriprives, les déficits en oligoéléments et en vitamines, et
d’autres parasitoses (vers intestinaux et les bilharzioses) ;
mener des études immunogénétiques chez les enfants malnutris pour mieux
comprendre le rôle du paludisme dans la survenue de la malnutrition dans ces
zones ;
mener des activités de recherche sur la relation entre les indicateurs
nutritionnels et l'efficacité des antipaludiques chez les enfants vivant dans
différentes zones éco-climatiques.
A la population
52
amener les enfants aux centres de santé en cas de suspicion de signes de
malnutrition pour assurer une bonne prise en charge et éviter les
complications ;
participer massivement par volontariat aux activités de recherche sur la
malnutrition et le paludisme afin de trouver une stratégie prenant en compte les
aspects préventifs et curatifs de ces deux fléaux.
53
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Indian Journal of Pediatrics, 1985. 52(3): p. 285-287.
109. Saka, A.O., et al., Malaria Parasitaemia in Children With Protein Energy Malnutrition
In North Central Nigeria: A Case Control Study. IOSR Journal of Pharmacy and Biological
Sciences, 2012. 1(3): p. 49-53.
110. Birhanu, Z., et al., Relationship between exposure to malaria and haemoglobin level of
children 2-9 years old in low malaria transmission settings. Acta Trop, 2017. 173: p. 1-
10.
60
9. Annexes
Source : https://sdwic.org/wp-content/uploads/2.15DAppendixCHb301Manual.pdf
(consulté le 16/04/2020)
Principe de la méthode
La réaction dans la microcuvette repose sur une réaction modifiée de formation
d’azoture de méthémoglobine. Les érythrocytes sont hémolysés pour libérer
l’hémoglobine. L’hémoglobine est convertie en méthémoglobine, laquelle réagit avec
de l’azoture pour donner de l’azoture de méthémoglobine dont l’absorbance est
mesurée dans l’analyseur. Cette absorbance est directement proportionnelle à la
concentration de l’Hb.
Matériel et réactifs
o Appareil analyseur
o Microcuvette HemoCue
o Lancette
o Alcool 70ºC
61
o Coton
Technique
- piquer en un coup sec avec une lancette ; nettoyer la première goutte de sang,
presser le bout du doigt pour avoir une deuxième goutte ;
Principe
Matériel
Deux (2) lames porte-objet propres et bien dégraissées, vaccinostyle stérile, alcool
70°, colorant de Giemsa pur, coton hydrophile sec, eau tamponnée (PH=7,2), boite à
lames, chiffon de coton propre, crayon noir à mine grasse ou marqueur indélébile,
stylo à bille, bacs de coloration, éprouvette graduées, râtelier, chronomètre, huile
d’immersion, registre ou formulaire de notification, un compteur manuel et gant.
Lieu du prélèvement
Face latérale à l’extrémité d’un doigt (en général gauche, 3e doigt après le pouce), sur
le lobe de l’oreille après avoir réchauffé avec les doigts, au niveau du talon ou gros
orteil chez le nourrisson.
Après avoir noté les renseignements relatifs au patient sur le formulaire ou dans le
registre approprié, ainsi que son identité sur la lame, réaliser la goutte comme suite :
62
- En tenant la main gauche du malade la paume tournée vers le haut, choisir le
troisième doigt après le pouce (le gros orteil peut être utilisé chez les
nourrissons. Le pouce ne doit jamais être utilisé chez les adultes ou les
enfants) ;
- Avec un tampon de coton légèrement imbibé d’alcool, nettoyer le doigt en
appuyant fermement pour enlever la saleté et la graisse du bout du doigt ;
- Avec le chiffon de coton propre, essuyer le doigt en appuyant fermement pour
stimuler la circulation du sang ;
- Avec un vaccinostyle stérile, piquer le bout du doigt d’un seul geste ;
- Essuyer la première goutte de sang avec du coton sec. S’assurer qu’il ne reste
pas de fibres de coton sur le doigt, qui pourraient se mélanger au sang ;
- Appuyer doucement sur le doigt et recueillir une petite goutte de sang au milieu
de la lame (cf. figure 6(a)) ;
- Essuyer le sang restant sur le bout du doigt avec un tampon de coton ;
- Tenir la lame supérieure par les bords ;
- Placer le coin de l’autre lame au centre de la goutte de sang ;
- Etendre légèrement la surface de la goutte par des mouvements spiralés
appuyés de la lame (cf. figure 6(b)) ;
- Assurer cette défibrination mécanique pendant quelques secondes et étendre
la goutte sur environ 1 cm de diamètre ;
- Laisser la préparation à plat, à l’abri de la poussière, de la chaleur et des
mouches pendant deux heures en zone sahélienne. Respecter ce long temps
de séchage sinon il y a risque de décollement de la préparation lors de la
coloration (cf. figure 6).
63
Figure 11. Technique de la goutte épaisse
Source :
https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/164472/9789242547825_fre.pdf
?sequence=1&isAllowed=y (consulté le 16/04/2020)
Coloration au Giemsa
C’est une méthode de coloration classique employée en routine pour la coloration des
étalements sanguins et pour le diagnostic du paludisme.
Toujours maintenir la bouteille bien fermée dans un endroit frais, à l’abri de la lumière
solaire directe. Les bouteilles en verre blanc peuvent être recouvertes d’une
enveloppe de papier noir épais pour les protéger de la lumière.
64
- Fixer le frottis mince en le tapotant doucement avec un tampon de coton imbibé
de méthanol, ou en le trempant dans un récipient de méthanol pendant
quelques secondes.
- Préparer la solution de Giemsa à 10% dans l’eau tamponnée (ph 7,2) et bien
mélanger le colorant ;
- Verser doucement le colorant dans la bague jusqu’à ce que la lame soit
entièrement recouverte ;
- Laisser colorer pendant 15mn pour 10% à l’abri de la lumière solaire et de la
poussière ;
- Les lames sont ensuite rincées et séchées sur un râtelier.
Aspects
65
1. Un compteur manuel à 4 chiffres est nécessaire pour dénombrer séparément les
parasites et les leucocytes.
2. a) Si, après avoir compté 300 leucocytes, on a identifié 10 parasites ou plus, noter
les résultats sur le formulaire de notification, en indiquant le nombre de parasites par
300 leucocytes.
b) Si, après avoir compté 300 leucocytes, on a identifié neuf parasites ou moins,
continuer de compter jusqu’à 500 leucocytes et noter le nombre de parasites par 500
leucocytes.
Census ID :
Date ________/____/2019 Age __________ (en mois) Sexe |___| 1=M 2=F
Combien enfant moins de 5 ans avez-vous ? |___| Est-il le combientième enfant de
moins de 5 ans |_____|
La grossesse est-il arrivés à terme ? |____| 1=oui 2=non
L’enfant a-t-il été vacciné ? |_____| 1=oui 2=non
Si oui, la vaccination a-t-elle été correctement faite ? |_____| 1=oui 2=non
Régime alimentaire de l’enfant
a- Type d’allaitement : maternel exclusif |__| biberon |___| Mixte |___|
b- A quel âge l’enfant a commencé à prendre autres aliments?_____________
c- Préciser ce type d’aliment_____________________________________
Etat sanitaire de l’enfant
L’enfant a-t-il fait le paludisme durant cette période de transmission |_____| 1=oui
2=non Si oui, combien de fois |____|
L’enfant fait-il des infections à répétition :
66
Fièvre |_____| 1=oui 2=non Diarrhée |_____| 1=oui 2=non Bronchite |_____| 1=oui
2=non
Mère
Age______ Activité _____________________ Gestité_________
ethnie______________ religion__________
Niveau d’instruction : analphabète |__| primaire |__| secondaire|__| lycée |__| école
coranique |__| autres à préciser________________________________
Régime du mariage : polygamie |___| monogamie |___|
Si polygamie, combientième rang ? |_____|
Avez-vous faits les CPN lors de cette grossesse |_____| 1=oui 2=non ; si oui combien
de fois |____|
Si non pourquoi__________________________________________________
Avez-vous pris la SP lors de cette grossesse |_____| 1=oui 2=non si oui combien de
fois |____|
ATCD médicaux : HTA |__| Diabète |__| maladie mentale |__| autres a
préciser_________________________
Vous mangez combien de fois par jour : 1 repas |__| 2 repas |__| 3 et plus |__|
Avez-vous consulté un agent lors de la maladie de votre enfant ? |_____| 1=oui 2=non
3=NA
Si non, pourquoi ______________________________ ; si oui, préciser __
Connaissez-vous la malnutrition ? |_____| 1=oui 2=non
Si oui, citer les signes_______________________________________
|
_
_
|__|__|-|__|__|__|-|__|__|__|__| |
VISIT 1 VISIT DATE1 2: VISIT TIME3: _
VISDAT
_
|
:
|
67
_
_
|
_
_
|
V
I
S
T
I
M
ELIGIBILITY ASSESSMENT 4
Inclusion Criteria N
Criterion Description Yes
o
IETEST (IECAT=
INCLUSION)
[Adapt as per protocol]
IEORRES
IETEST
(IECAT=EXCLUSION)
[Adapt as per protocol6] IEORRES
4
The Trial Exclusion (TI) dataset will contain all the inclusion and exclusion criteria for the study, and will not be included in the subject-
level data on inclusion and exclusion criteria. The IE domain, [refer to Section 6.3 - IE Domain] contains records only for inclusion and
exclusion criteria that subjects did not meet.
5 Shaded areas are exclusion criteria
6 Date AND time of Informed Consent is expected in the DM and IC domains, hence the two annotations
68
N
Assessment of eligibility at VISIT 1 Yes
o
|__|__|:|__|
Date and time informed consent given |__|__|-|__|__|__|-|__|__|__|__| __|
Investigator statement: I have reviewed the data recorded in this CRF and confirm that the data are accurate
and complete
Investigator Investigator
Date CRF confirmed Time CRF confirmed
name signature
|__|__|-|__|__|__|-
|__|__|:|__|__|
|__|__|__|__|
DEMOGRAPHICS DM
What is the
subject’s date of
|__|__|-|__|__|__|-|__|__|__|__|
birth?8
BRTHDAT BRTHDTC
OR, if BRTHDAT
unknown, |__|__| years AGEU |__|__| months AGEU
what is the AGE AGE
9
subject’s age?
8
If the actual date is unknown use 99 or 999 as a place holder for ANY day and month
9
Only record age if DOB unknown, if child aged less than 5 years record in months, if older than 5 years record
in years
69
SEX
If other, specify
PREGNANCY STATUS11 RP
|__|__|-
If yes, date of last
|__|__|__|-
menstrual period
|__|__|__|__|
Is the subject No (LMP)RPTEST= Last
RPORRES where
pregnant? Yes UNK12 NA13 Menstrual Period Start
RPTEST=Last
RPTEST=Pregnant Date
Menstrual Period
During the Study RPTESTCD=LMPSTDTC
Start Date
RPTESTCD=PREGST RPORRES where RPTEST = Pregnant During
the Study
If pregnant,
estimate
gestational age |__|__| Weeks
RPORRES where RPTEST=Estimated RPORRESU where RPTEST=Estimated Gestational
RPTEST=Estimated
Gestational Age Age
Gestational Age
RPTESTCD=EGESTA
GE
Gestational age
If other, specify
determined by
Fundal ht
14
LMP 15 Ultrasound Other
RPMETHOD where
RPTESTCD=EGESTA NA
GE
11
If indicated
12
UNK = unknown
13
NA = not applicable
14
Ht = height
15
LMP=Last Menstrual Period
70
|__|__| If more than one
gestity, record the
Gestity (
number of live birth
Number of
gestity) |__|__|
HOUSEHOLD CHARACTERISTICS ER
EROCCUR
Has the Malaria Control Program performed Indoor Residual Insecticide Spraying
(IRS) of your home in the last 12 months? ERTERM= Indoor residual insecticide spraying; Yes N
EREVLINT=-P12M
o
Yes
Did you sleep under an insecticide treated bed-net last night? ERTERM=Sleep under an
insecticide treated bed-net; EREVINTX=LAST NIGHT N
o
SURGICAL HISTORY PR
No
Has the subject had any past surgeries? PRYN16 NOT
SUBMITTED
Yes
Procedure/surgery date
Name of past surgery PRTRT
PRSTDAT PRSTDTC
|__|__|-|__|__|__|-
|__|__|__|__|
|__|__|-|__|__|__|-
|__|__|__|__|
|__|__|-|__|__|__|-
|__|__|__|__|
16
For data management, not for inclusion in SDTM
17
For data management, not for inclusion in SDTM
71
Reaso
Vital sign n not
Results Units19 Not done
measurements18 done
VSTEST VSORRES VSORRESU VSSTAT
VSREAS
ND
Temperature20 |__|__|.|__|
TEMP_V
°C TEMP_VSORRESU SREASN
TEMP_VSTEST TEMP_VSORRES TEMP_VSSTAT D
Systolic blood
|__|__|__| SYSBP_
mmHg
pressure VSREAS
SYSBP_VSORRESU
SYSBP_VSTEST SYSBP_VSORRES SYSBP_VSSTAT ND
Diastolic blood
|__|__|__| DIABP_
mmHg
pressure VSREAS
DIABP_VSORRESU
IABP_VSTEST DIABP_VSORRES DIAPB_VSSTAT ND
Pulse |__|__|__|
PULSE_
beats/minute
VSREAS
PULSE_VSORRESU
PULSE_VSTEST PULSE_VSORRES PULSE_VSSTAT ND
Weight
|__|__|__|.|__
|
WEIGHT
kg WEIGHT_VSORRESU WEIGHT_VSSTAT _VSREA
WEIGHT_VSTEST SND
WEIGHT_VSORRES
Height
|__|__|__|.|__
| cm
HEIGHT
HEIGHT_VSSTAT _VSREA
HEIGHT_VSORRESU
HEIGHT_VSTEST SND
HEIGHT_VSORRES
18
If vital signs are not available (such as weight and height measurements), check the “not done” box and
record reason not done
19
The units of measure are an example, the protocol will specify which units the vital signs are to be recorded
in
20
The method (including site) of recording temperature will be specified in the protocol
21
If abnormalities are found at enrolment, record as medical history at the start of the study
22
For data management, not for inclusion in SDTM
72
Reason not
Results Not done
examined
Body system examined PETEST
PEORRES PESTAT PEREASND
General appearance23
Normal
GEN_PETEST Abnormal GEN_PEREASND
GEN_PESTAT
GEN_PEORRES
HEENT24
Normal
HEENT_PEREASN
HEENT_PETEST Abnormal D
HEENT_PESTAT
HEENT_PEORRES
Gastrointestinal Normal
Abnormal GI_PEREASND
GI_PETEST GI_PESTAT
GI_PEORRES
Joints Normal
JOINT_PEREASN
Abnormal D
JOINT_PETEST JOINT_PESTAT
JOINT_PEORRES
Skin Normal
Abnormal SKIN_PEREASND
SKIN_PETEST SKIN_PESTAT
SKIN_PEORRES
Respiratory Normal
Abnormal RESP_PEREASND
RESP_PETEST RESP_PESTAT
RESP_PEORRES
Cardiovascular Normal
Abnormal CV_PEREASND
CV_PETEST CV_PESTAT
CV_PEORRES
Neurological Normal
NEURO_PEREAS
Abnormal ND
NEURO_PETEST NEURO_PESTAT
NEURO_PEORRES
23
Including JACCOL (Jaundice, Anemia, Clubbing, Cyanosis, Edema, Lymphadenophy)
24
Head, eyes, ears, nose and throat
73
Other (Specify)
VISIT 1
LABORATORY RESULTS25
|__|__|-|__|__|__|-
Were haematology
|__|__|__|__| LBDAT
samples taken26 Yes No Date and time of LBDTC
NA27 sample
LBPERFYN NOT
|__|__|:|__|__| LBTIM
SUBMITTED
LBDTC
|__|__|:|__|
Hemoglobin Hb (g/dL) HGB_LBORRESU
HGB_LBORRES
VISIT 1
25
The laboratory tests and units shown above are an example, use the laboratory tests and units specified in
the protocol
26
For data management, not for inclusion in SDTM
27
NA = not applicable (not required for this study protocol)
28
The units of measure are an example, the protocol will specify which unit’s vital signs to be recorded in
74
9.4. Lettre du comité d’éthique (cf. annexe 4)
75
10. Fiche signalétique
Nom : DENOU
Prénom : LARISSA HANSOUN
Email : [email protected]
Pays d’origine : MALI
Titre de la thèse - Relation entre la malnutrition et le paludisme chez les enfants de
moins de 5 ans à Koila Bamanan, une zone d’endémie palustre au Mali
Année universitaire : 2019-2020
Ville de soutenance : Bamako
Lieu de dépôt : Bibliothèque de la FMOS/FAPH de Bamako
Source d’intérêt : Santé Publique, Parasitologie, Nutrition
Résumé
Des études plus approfondies sont nécessaires pour mieux comprendre les autres
facteurs associés à la malnutrition.
76
Abstract
Malaria and malnutrition are common in Mali and they may mutually worsen each other
especially in children under 5 years old. This study was conducted in Koïla Bamanan
to determine association between malnutrition and malaria in 233 children in
November 2019. STATA14 was used for data analysis with 5% for statistical
significance level.
The prevalence of malnutrition was 14.6%, 40.8% and 10.7% respectively for
underweight, chronic malnutrition and wasting. The prevalence of Plasmodium
infection was 12.5%, 57.9% of children had at least one episode during malaria
transmission season and 52.8% had anemia.
After adjusting to confounding variables, anemia (OR = 6.91; 95%IC [2.41-19.73]) was
associated with underweight and stunting (OR=3.28, 95%IC [1.68-6.24]). However,
the polygamy was associated with underweight (OR = 0.36; 95%IC [0.15-0.84]) and
stunting (OR=0.45 95%IC [0.23-0.87]) reduction. There was not a significant
correlation between parasitemia and the children nutritional status.
More studies are required to find other potentially factors associated with malnutrition
in area.
77
SERMENT D’HIPPOCRATE
En présence des Maîtres de cette Faculté, de mes chers condisciples, devant l’effigie
d’HIPPOCRATE, Je promets et je jure au nom de l’Etre Suprême, d’être fidèle aux lois
de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la Médecine.
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe ; ma langue
taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les
mœurs, ni à favoriser le crime.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Je le jure !
78