ECOLE NATIONALE DE BURKINA FASO
FORMATION AGRICOLE Unité - Progrès – Justice
DE MATOURKOU
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DIRECTION GENERALE
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SECRETARIAT GENERALE
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DIRECTION DE LA FORMATION
INITIALE ET DE LA SCOLARITE
CULTURE MARAÎCHÈRE
Agents techniques en agriculture
Année académique : 2022-2023
56ème promotion
CURCUMA
Formateur : M. J. SAMBA
GROUPE 2
Sujet : élaboration de la fiche technique du curcuma.
N° Nom Prénom
01 BASONO Isidore
02 BILA Abdoul-Karim
03 BONSA Banwéré Oumou Djamilatou
04 BOUGOUM Ragyangnèwendé Rachel
05 DEMBELE Josiane
06 TONDE Zénabo
07 TRAORE Sy Etienne
08 ZABRE Abdoul-Aziz
09 ZERBO Brahima
10 ZINABA Abdourahim
NOTE OBSERVATION
Responsable du groupe : M. Abdoul-Karim BILA
PLAN DE L’EXPOSE
I. Classification
II. Description
III. Exigences écologies
3. 1- Le climat
3. 2- Le sol
IV. Quelques variétés existantes du curcuma
V. Les techniques culturales
5. 1- Préparation du sol
5. 2- Multiplication
5. 3- Plantation
5. 4- Fertilisation
5. 5- Entretien
5. 6- Maladies et ennemis
5. 7- Récolte
5. 8- Rendement
I. CLASSIFICATION
Curcuma
Classification
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Liliopsida
Ordre Zingiberales
Famille Zingiberaceae
Genre Curcuma
Espèce
Curcuma longa
L.,1753
Classification phylogénétique
Ordre Zingiberales
Famille Zingiberaceae
II. DESCRIPTION.
Le Curcuma (Curcuma longa) est une espèce de plantes herbacées
rhizomateuses vivaces du genre Curcuma appartenant à la famille des
zingibéracées (Zingiberacea) originaire du sud ou sud-est asiatique. Elle possède
de nombreux rhizomes aromatiques, ellipsoïdes ou cylindriques, de couleur
jaune à rouge à l’intérieur et de courtes tiges qui peut atteindre une taille d’un
mètre à l’extérieur. C’est ce rhizome que l’on consomme une fois réduit en
poudre.
Ses larges feuilles, oblongues ou elliptiques, lancéolées, sont alternées et
réparties en deux rangées. Elles sont uniformément vertes, jusqu’à 50 cm de
long et large de 7 à 25 cm.
Ses épis peuvent mesurer jusqu’à 20 cm. Ses fleurs sont stériles, mais le
bouturage spontané des rhizomes permet la propagation.
III. EXIGENCES ECOLOGIQUES
Tout comme diverses cultures, le curcuma requiert un certain nombre de besoins
pour sa bonne germination, sa bonne croissance et pour son bon développement.
Ces besoins peuvent être énumérer comme suite on a :
3. 1- Le climat
Le curcuma demande un climat humide et chaud. Il peut être cultivé dans la
plupart des régions tropicales et subtropicales pourvu que les précipitations
soient suffisantes (1 000 - 2 000 mm) ou que l’on puisse irriguer. Des
précipitations de 1 200 – 1 400 mm bien réparties sur 100 – 120 jours sont
idéales. Le curcuma est cultivé jusqu’à 1 200 m d’altitude sur les contreforts de
l’Himalaya mais il pousse mieux à 450 – 900 m. Les températures optimales
sont de 30 – 35°C pendant le démarrage, de 25 – 30°C pendant le tallage, de 20
– 25°C pendant l’initiation des rhizomes et de 18 – 20°C pendant leur
développement.
3. 2- Le sol
Le curcuma pousse sur divers types de sol, mais préfère des limons fertiles ou
argileux, bien drainés, meubles et friables riches en matières organiques avec un
pH compris entre 5 – 7,5. Il ne supporte pas l’asphyxie racinaire ou les sols
alcalins. Des sols graveleux, pierreux et lourds ne conviennent pas au
développement des rhizomes. En tant que plante affectionnant l’ombre, il vient
bien à mi- ombre et peut être cultivé sous des arbres fruitiers.
IV. QUELQUES VARIETES EXISTANTES DU CURCUMA
Il existe une quarantaine d’espèces de curcuma dont certaines exclusivement
ornementales. Mais on trouve une grande quantité de curcuma que nous pouvons
citer les plus courants donc on a :
Curcuma zedoaria
Curcuma alismatifolia
Curcuma amada
Curcuma elata
Curcuma petiolata
V. LES TECHNIQUES CULTURALES.
5.1- Préparation du sol
Cette préparation du sol commence avec les premières pluies. Elle a une grande
importance et doit être faite avec soin car la partie utile de la plante est
souterraine. Donc pour ce faire le champ doit être bien préparé par labour ou
bêchage, en retournant la terre jusqu’à environ 30 cm de profondeur, afin
d’obtenir une couche arable. Il est donc indispensable de pulvériser finement le
sol pour ne pas gêner le développement des rhizomes. On prépare des planches
de 3 m de long et 0,90 m de large séparées par des sentiers de 25 à 30 cm de
large.
5.2- Multiplication
La multiplication du curcuma se fait de façon végétative par rhizome. On utilise
généralement des rhizomes mères, entiers ou coupés en morceau, et des
rhizomes filles (les doigts). En tant que matériel de reproduction, les rhizomes
mères sont meilleurs que les filles. Néanmoins, il a aussi été établi que les
rhizomes filles de grande taille germaient mieux et avaient des rendements
supérieurs à ceux des mères. Les doigts se stockent plus facilement, tolèrent
mieux les sols humides et peuvent être plantés à une densité inférieure. Il faut
entreposer les rhizomes 2 – 3 mois entre la récolte et la plantation. Pour cela, on
les étale en couche fine sous une couverture de feuilles de curcuma ou bien les
entreposés en tas sous une couche de paille et de terre. L’opération de recouvrir
permet d’éviter la dessiccation. La quantité de semence employée varie de 900 à
1.350 kg à l'hectare. Une méthode de multiplication accélérée du curcuma a été
signalée, en utilisant la culture in vitro de jeunes bourgeons végétatifs prélevés
sur des rhizomes en cours de germination. La formation des jeunes plantes s’est
faite tout au long de l’année sans que se manifeste la période de dormance
habituelle chez les plantes au champ.
5.3- Plantation
On utilise des éclats de rhizomes frais qui doivent porter chacun de 3 à 5 yeux.
Ils seront prélevés et coupés à l'aide d'un couteau bien tranchant d'environ 2,5
cm de longueur. Il faut noter qu’il y a en général deux (02) façons de planter le
curcuma : à plat ou sur billons.
La culture à plat est normalement meilleure, mais aux endroits trop ou pas assez
humides, la culture sur billon s’avère supérieure, car elle facilite le drainage et
l’irrigation.
Les billons doivent avoir 20 – 25 cm de haut et 45 – 50 cm de large et les
rhizomes doivent être plantés à une distance de 30 – 40 cm et à une profondeur
de 7,5 cm.
Le meilleur espacement en culture à plat est de 25 cm x 25 cm. Toutefois, de
bons résultats ont été obtenus avec des espacements de 30 cm x 15 cm ou de 15
cm x 15 cm. Le moment de la plantation dépend du cultivar, du matériel de
reproduction ainsi que des conditions agro climatiques. Les germes peuvent
apparaître avant la plantation. Les jeunes pousses apparaissent vers le 10ème au
15ème jour qui suit la plantation. A la mise en place de la culture, la germination
des plants de curcuma est achevée en 2 – 4 semaines ; après quoi intervient une
période de croissance végétative active. La floraison et le développement des
rhizomes débutent environ 5 mois après la plantation. Les rhizomes continuent
de se développer activement pendant à peu près 7 – 10 mois, en fonction du
cultivar et des conditions climatiques ; puis les feuilles inférieures jaunissent et
la récolte est prête à être arrachée.
Il est important de noter que le curcuma est une plante tropicale qui peut être
cultivée en pleine terre ainsi comme en pot. Dans ce cas (en pot) n’oubliez pas
que le curcuma prospère dans un sol neutre et bien drainé. Il doit être exempt de
grosses mottes ou de roches, et assez riche en matières organiques ou encore un
bon terreau additionné d’un peu de sable. Il est donc important de garder le sol
humide, mais détrempé. De plus, vaporisez les feuilles une ou deux fois par jour
avec de l’eau pour maintenir l’humidité. Des températures entre 30 et 35 degrés
sont parfaites pour le curcuma en pot.
5.4- Fertilisation
Le curcuma étant une plante qui épuise la terre, il a de gros besoin en fumure
pour fournir des rendements élevés. En culture pluviale, un apport de sulfate
d’ammonium à raison de 100 kg/ha augmenterait le rendement de presque
100%. La réponse au phosphore à des doses jusqu’à 175 kg/ha, seul ou combiné
à d’autres nutriments, a également été signalée. Un apport de potassium
augmente considérablement la taille de la plante, le nombre de talles, de feuilles
et de rhizomes mères et filles. Parmi les oligo-éléments, des réactions au fer et
au zinc ont été signalées (50 kg de FeSO 4 et autant de ZnSO4). Cependant, les
recommandations concernant l’apport d’engrais diffèrent énormément d’un
endroit à l’autre.
D’importantes quantités d’engrais organique (fumier de ferme, tourteau
d’oléagineux, feuilles vertes) sont généralement appliquées. L’optimum serait
d’environ 25 t/ha de fumier ou de compost et 65 kg/ha de N venant du tourteau.
Étant donné que ce sont des plantes épuisantes. Mettre dans chaque trou quatre
ou cinq poignées de fumier ou d'un mélange de fumier et de cendre, ce qui
représente une fumure de base de 20 à 25 tonnes et de plus de 2 tonnes de
cendre à l'hectare.
Le curcuma peut être nourrit avec un engrais liquide pour géraniums ou rosiers.
Pour ce faire l’arrosage doit être adapté à la saison : 2 fois par semaine d’octobre
à janvier, période de floraison, 1 fois par semaine le reste de l’année. Une fois
par mois, durant la période de croissance.
5.5- Entretien
Après la plantation, il est bénéfique de pallier avec ce dont on dispose
localement, feuilles, paille ou bagasse. Cette pratique améliore l’implantation
des rhizomes, supprime les adventices et augmente la taille de la plante ainsi que
le rendement des rhizomes. Il est recommandé d’appliquer un paillis de feuilles
vertes à raison de 15 t/ha à deux reprises, à la plantation et 60 jours après. Les
soins après la plantation consistent à désherber, à irriguer, à protéger contre les
maladies et ravageurs, et à effectuer des apports d’engrais. Un désherbage
précoce peut être évité par l’emploi de 2,4-D comme herbicide de prélevée.
Trois à quatre binages suivis d’un désherbage à intervalles réguliers sont
souhaitables. Un buttage peut s’avérer nécessaire environ 8 semaines après la
plantation.
Un bon arrosage du champ à la plantation est bénéfique, suivi d’une irrigation
hebdomadaire jusqu’à ce que la germination soit terminée, après quoi on peut
arroser moins fréquemment.
5.6- Maladies et ravageurs.
5.6.1- Les maladies
La maladie des tâches foliaires, ainsi que la pourriture du rhizome sont les
principales maladies du curcuma.
La maladie des tâches foliaires, provoquée par Taphrina malucans, se
caractérise par l’apparition de tâches sur les deux côtés des feuilles, de 1 – 2 mm
de diamètre, qui fusionnent largement. Les feuilles infectées se tordent, prennent
un aspect brun rougeâtre et ne tardent pas à jaunir.
On peut lutter raisonnablement contre cette maladie en appliquant de la bouillie
bordelaise, de l’éthion et du zinèbe. En plus de cela il existe des cultivars
résistant à cette maladie.
Une autre maladie des tâches foliaires est causée par Colletotrichum capsici, qui
provoque des tâches de taille variable, pouvant atteindre 4 – 5 cm x 3 cm, qui
envahissent souvent presque toute la feuille, laquelle finit par se dessécher. En
cas d’infestation très grave, la plupart des feuilles se dessèchent et prennent un
aspect roussi, ce qui se traduit par une perte de rendement supérieure à 50%.
On peut tenir la maladie en échec en faisant une pulvérisation unique de bouillie
bordelaise avant l’apparition des symptômes. Le captane et le zinèbe, appliqués
tous les mois, sont un bon moyen d’endiguer la maladie. Le matériel de
reproduction doit être choisi dans des régions sans maladies et traité avec un
fongicide homologué avant la plantation. Un excès d’ombre et la culture
associée favorisent la maladie.
La pourriture du rhizome provoquée par Pythium aphanidermatum entraine un
dessèchement progressif des feuilles sur les plantes contaminées. La base des
pousses aériennes montre de molles lésions imbibées d’eau. La maladie
progressant, l’infection se transmet peu à peu aux rhizomes, qui commencent à
pourrir et à devenir mous. D’orange vif, les rhizomes deviennent marron. La
maladie peut se limiter à quelques plantes isolées ou bien s’étendre en plages
dans le champ. En cas d’attaque grave, le rendement est sérieusement limité.
L’une des méthodes efficaces pour venir à bout est d’éliminer les plantes
infectées et de les brûler. Pour les cas sérieux, il est judicieux de désinfecter le
sol avec un fongicide autorisé (par ex. le métalaxyl ou le mancozèbe). Traiter le
matériel de plantation au fongicide permet de prévenir la maladie. Certains
cultivars (comme ¨ Suvarna¨ en Inde) ont montré une tolérance au champ.
5.6.2- Les ravageurs
Parmi les ravageurs du curcuma on trouve les foreurs des pousses, les insectes
mangeurs de feuilles, les insectes suceurs et les nématodes. En Asie, les
chenilles du foreur des pousses Conogethes punctiferalis attaquent la pousse
centrale et la font mourir (¨cœur mort¨).
Lutte : une pulvérisation mensuelle de malathion vient à bout de ces insectes.
En Afrique et dans le Pacifique du Sud, la cochenille Aspidiella hartii est un
insecte suceur qui infecte les rhizomes encore au champ. Elle se multiplie sur les
rhizomes frais stockés pour la plantation. Les rhizomes infestés finissent par se
dessécher.
On parvient à lutter contre ce phénomène en plongeant les rhizomes de semence
dans du phosalone, du monocrotophos ou du quinalphos. Le Stephanitis typica
entraîne la décoloration des feuilles en suçant la sève. Les thrips aussi sucent les
feuilles. Parmi les nématodes répertoriés s’attaquent au curcuma figurent le
nématode à galles (Meloidogyne incognita) et le nématode foreur des racines
(Radopholus similis)
5.7- Récolte
Le curcuma est prêt à être récolté 7 – 10(- 12) mois après la plantation, lorsque
les feuilles inférieures jaunissent. La récolte se fait en retournant la terre à l’aide
bêche ou d’une fourche. Il faut faire attention de ne pas abîmer les rhizomes et
s’assurer que l’on arrache toute la touffe en même temps que la plante sèche. On
coupe les sommités feuillées, on retire les racines et la terre qui y est attachée,
puis on lave soigneusement les rhizomes. Les doigts sont séparés du rhizome
mère. Quelques rhizomes peuvent être utilisés frais et, à l’exception de ceux qui
sont nécessaires à la plantation, le reste est séché.
5.8- Rendement
Le rendement moyen en rhizomes frais du curcuma est de 17 – 23 t/ha si la
culture est irriguée, et de 6,5 – 9 t/ha en culture pluviale. Toutefois, les
rendements dépendent en grande partie du cultivar. Certains d’entre eux peuvent
produire 30 – 35 t/ha de rhizomes frais.