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Comprendre l'identitarisme et ses enjeux

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L’identitarisme est multiple, lié aux chocs et

crispations identitaires
23 juin 2018 Par Christian Delarue Blog : Blog alter de Christian Delarue

Ni Sallenave (qui amalgame République et catholicisme ou République et colonies), ni Bouvet (qui oublie la
République sociale en plus de la République laïque). L’identitarisme est multiple, lié aux crispations
identitaires : ni crispation identitaire de type national, ni crispation identitaire de type religieuse !

Ni Sallenave (qui amalgame République et catholicisme ou République et colonies), ni Bouvet (qui oublie la
République sociale en plus de la République laïque).

L’identitarisme est multiple, lié aux chocs et crispations identitaires : ni crispation identitaire de type national,
ni crispation identitaire de type religieuse !

XX

Identitarisme vers communautarisme ?

L’identitarisme n’est pas exactement un communautarisme bien qu'il y tende fortement car il ne s’agit pas,
très souvent, que d’une identité individuelle mais aussi et surtout d’une identité collective. Et plus cette
identité collective sera forte plus il y a aura risque de clôtures et de rejets . Pour autant il y a bien différence
entre identitarisme et communautarisme.

L’identitarisme met en avant constamment son « identité" et aussi, en arrière-plan, de façon explicite ou non,
de façon récurrente ou pas, sa « communauté" qu’elle soit religieuse ou nationale (ou régionale ou plus
rarement continentale) ou ethno-culturelle .

Il existe aussi un identitarisme sexuel qui met en avant sa particularité sexuelle quand d'autres préfèrent vivre
plus discrètement sans nécessairement se cacher. Il peut s'agit de se préserver du mépris ou des violences - je
pense à la montée de l'homophobie -, mais ce n'est pas toujours le cas. Il peut s'agir d'un choix.

L’identitarisme, comme obsession de l’identité, sous-estime les différences d’appréciation internes à propos
de la dite identité défendue, une identité collective sur-valorisée, fétichisée et surtout très homogène. Il peut y
avoir une relative diversité mais ce qui importe c'est ce qui est homogène, commun, principal. L'identitarisme
se rapproche ici d'un essentialisme comme le communantarisme se rapproche d'une forme de racisme .
L’identitarisme est militant : il fonctionne à l’étendard et au symbolisme de son identité.

L’identitarisme nie aussi les contradictions internes et les conflits d’interprétations. Du moins il les
dévalorisent comme trahison d'une nature profonde. Il penche vers l’ultra-conservatisme. On évoque alors des
contre-mouvements réactionnaires. Un contre-mouvement est très souvent réactionnaire. C’est quasiment dans
sa définition. Mais c’est mieux de le préciser, d’autant que, bien évidemment, on pourra y trouver des
éléments trompeurs, d'aspect progressistes.

Il y a aussi à évoquer - sans détailler ses différentes formes ici - un choc des identités.

Il y a des visions relativement homogènes et fermées de « l’identité nationale » qui incitent très fortement aux
exclusions - on le voit en Europe (Hongrie, Pologne, Italie, etc) notamment contre les migrants -, comme il
existe des visions homogènes et fermées de la religion fonctionnant de façon hyper-dogmatique avec de très
lourdes contraintes internes à la communauté, notamment contre les femmes, les homosexuels, les athées, les
personnes hypotextiles. On a pu évoquer ici un "intransigeantisme religieux", souvent relié à une conception
intégriste de la religion. Avec l'intransigeantisme, ce sont les intégristes religieux qui imposent leurs règles
aux lieux qu'ils fréquentent.

XX

L'exemple de l'intransigeance identitaire

La pacification entre certaines fractions sécularisées de la société et les religions ou du moins les éléments
offensifs de la religion passe par la laïcité, l’interculturel, et la fin relative de l’intransigeantisme identitaire (cf
l’affaire du voile islamique de la syndicaliste de l’UNEF) qui fait assurément obstacle à l’interculturalité voire
au simple respect d’autrui dans certains cas ou cet affichage s’impose à vous : cadre proximal et durable
imposé (ex : bureau) (1). La pacification entre la société et les religions passe plus généralement par
l’épuisement des crispations identitaires - dites aussi « identitarisme » - sources de haines diverses.

- Deux formes d'un archaïsme identitaire

En vérité l’identitarisme, contrairement à ce que dit Mme Sallenave, est multiple et s’appuie aussi bien sur les
RELIGIONS et notamment tous les intégrismes religieux - catholiques certes, mais aussi juif haredim ou
musulmans sexo-séparatistes et sexyphobiques (haine de trois signes féminins : 1 : tout bout de chair, 2 : toute
forme féminine ou jugée telle, 3 : tout vêtement trop féminin ) que sur les NATIONS c’est à dire ici, aussi
bien les régionalismes (au plan infra-national) que les nationalismes au sens strict (dont le national-
républicanisme contre les droits humains) qu’au plan supra-national avec toutes les apologies de
configurations continentales (gouvernance économique de l’Union européenne) déconnectées des processus
démocratiques et même des droits humains fondamentaux car recentrées sur des logiques marchandes et
comptables ou sur des logiques de répression des migrants (malgré les droits humains de l’ONU au-dessus en
principe des pouvoirs d'Etat).

Ces deux formes d'un archaïsme identitaire perdurent et construisent des "boucs émissaires" qui éloignent de
la convergence des forces de pluri-émancipation (pas que l'émancipation économico-sociale d'un certain
marxisme) pour la République sociale et le socialisme du XXI ème siècle avec des combats alter-
démocratiques, féministes, antiracistes et laïques à mener avec succès pour sortir du néolibéralisme, du
capitalisme financiarisé mondial. On en est loin. On "encaisse" de plus en plus de contre-réformes classistes
qui relèvent assez bien d'une pseudo République, d'une "République bourgeoise" ou d'une "République des
riches", qui réduit de plus en plus et de façon grossière les politiques publiques d'intérêt général à ce qui est
compatible avec les logiques marchandes et de profits notamment financiers ainsi qu'aux désirs du 1% d'en-
haut... mais l'identitarisme multiforme perdure néanmoins.

- Pas de cécité contre les intégrismes religieux

Eu égard au peu d'expression à propos des "campagnes d'hidjabisation" des islamistes et autres intégristes
musulmans au Maroc et ailleurs il y a lieu de s'exprimer pour s'y opposer sans amalgamer un intégriste
musulman et un musulman refusant le voilement autoritaire des femmes. Il faut répéter ici, à cette occasion,
que les intégrismes religieux ne se réduisent pas à la seule composante militariste et guerrière - production de
l'ignorance ici - à moins d'oublier la longue contribution des divers intégrismes religieux en matière de moeurs
austères et autoritaires - une spécialité historique -pour contenir l'émancipation des femmes, des homosexuels
et des lesbiennes comme des bi et transsexuelles vers plus de liberté et d'égalité. A moins d'ignorer aussi la
volonté de certains intégristes religieux de construire - "par en-haut" donc politiquement ou-et "par en-bas"
soit dans la société civile - un hyperpatriarcat contre les conquêtes féministes détestées, celles ayant abouties à
un "patriarcat réduit" (le système bicatégoriel existe toujours mais il est limité dans la mesure ou la différence
sexuée n'est pas toujours signe d'infériorité et de hiérarchie - pédagogie du "double regard" de C Delarue) que
l'on nomme aussi "seconde modernité" (cf De Singly).

S'agissant des intégrismes musulmans, on voit de plus en plus, une "police du genre" s'exercer contre de très
jeunes filles de 6 ou 7 ans voir 2 ou 4 ans par des mises sous hypertextile. Cette construction de l'aliénation
humaine est choquante et nuisible. Je ne suis pas certain qu'il faille une loi mais je suis certain qu'il faille
s'exprimer sans attendre pour discréditer pareille pratiques archaïques. La "police du genre" qui met des
gamines en tenue glamour sur des podiums n'est pas mieux mais elle est plus occasionnelle, moins
structurelle.

Christian DELARUE

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