0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
16 vues264 pages

L'incinération Des Déchets en Île-de-France:: Considérations Environnementales Et Sanitaires

Transféré par

Jenny Fernande
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
16 vues264 pages

L'incinération Des Déchets en Île-de-France:: Considérations Environnementales Et Sanitaires

Transféré par

Jenny Fernande
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’incinération des déchets

en Île-de-France :
Considérations
environnementales et sanitaires
Décembre 2005

Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région d’Île-de-France


15, rue Falguière
75740 paris cedex 15
Tel : 01 53 85 75 60 – Fax : 01 53 85 75 82 – http.www.iaurif.org
Directeur général : François DUGENY

Observatoire Régional de la Santé d’Île-de-France


21-23, rue Miollis
75015 Paris
Tel : 01 44 42 64 68 – Fax : 0144 42 64 71
Directrice : Isabelle GREMY

Etude réalisée par Jean-Philippe CAMARD (ORS) et Antoine FRANCONI (Deur, IAURIF)
© IAURIF, décembre 2005
Sommaire

Contexte de l’étude 11
Objectifs, déroulement de l’étude 13

Première partie : caractères et contexte de l’incinération en Île-de-France 19

Généralités sur l’incinération 21


Part de l’incinération en France …. et en Île-de-France 23
La contribution des incinérateurs à la pollution ambiante 23
Les mécanismes et les voies de libération de la pollution 25
Une épuration des fumées encadrées par des normes sévères 27
Un impact sur les milieux à relativiser 33
Les rejets de l’incinération des déchets en Île-de-France 35
Les déchets concernés par l’incinération 37
Les déchets ménagers 37
Production 37
Composition 39
Les déchets ménagers spéciaux 39
Les déchets industriels banals 40
Les déchets industriels spéciaux 40
Les boues d’épuration 41
Les déchets d’activités de soins 41
Les incinérateurs franciliens et la réglementation 43
Une mise au normes à compléter 47
Un potentiel de pollution important 51
La pollution confinée : REFIOM et effluents de lavage des fumées 55
La pollution rejetée : émissions atmosphériques et mâchefers 57
Les émissions atmosphériques 57
Les particules 57
Les métaux lourds 57
Les dioxines et furannes 63
Le dioxyde de soufre 69
Les oxydes d’azote 69
Les mâchefers 69
Mâchefers et métaux lourds 71
Mâchefers et PCDD/F 75
Transfert des dioxines des mâchefers vers le sol 75
L’impact sur l’environnement de la valorisation des mâchefers 77

3
Incinération et santé

Deuxième partie : la part de l’incinération à la pollution de l’écosystème francilien 79

La pollution historique 81
Les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères 82
Les REFIOM 82
Le cas des dioxines et furannes 83
L’impact des émissions et des retombées atmosphériques 84
L’impact dans les sols 89
Conclusion 91

Troisième partie : Incinération et santé 93

Evaluation de l’exposition 97
Les différentes voies d’exposition 97
Influence des polluants sur l’importance de l’exposition 98
Connaissance de l’exposition des populations 98
Existence de populations sensibles 101
L’impact de l’incinération sur les voies d’exposition aux polluants 103
La part de l’incinération dans la pollution de l’air 103
La part de l’incinération dans la pollution des sols 111
La part de l’incinération dans la pollution de la chaîne alimentaire 117
Données sur la contamination de l’Homme 133
Les métaux 133
Les dioxines 135
Les effets sanitaires de l’incinération 143
L’impact de l’incinération sur les maladies respiratoires 145
L’impact de l’incinération sur la reproduction et le développement 147
L’impact de l’incinération sur les cancers 150
Conclusions 153

Quatrième partie : les incinérateurs franciliens et leur environnement 155

Conclusion :
bilan de l’incinération en Île-de-France : propositions, recommandations 203

Bibliographie 211

Annexes 227

4
Liste des tableaux

Tab. 1 : Quelque uns des avantages et inconvénients de l’incinération 22


Tab. 2 : Production des déchets des ménages et des entreprises 22
Tab. 3 : Incinération des ordures ménagères et des déchets banals
en France en 2000 et 2002 22
Tab. 4 : Le traitement des déchets ménagers en Île-de-France (2002), en tonnes 24
Tab. 5 : Source principale des métaux et des composés de gaz acides dans
les déchets ménagers 24
Tab. 6 : Teneur moyenne des métaux lourds des ordures ménagères (en mg/kg de MS) 24
Tab. 7 : Procédés d’incinération et résidus incombustibles 30
Tab. 8 : Principales réglementations de l’incinération et valeurs seuils 31
Tab. 9 : Emission de métaux lourds par secteurs d’activité 32
Tab. 10 : Emission de POPs par secteurs d’activité 32
Tab. 11 : Production d’ordures ménagères en 1999 36
Tab. 12 : L’incinération des déchets en Île-de-France 42
Tab. 13 : La mise aux normes des incinérateurs franciliens 46
Tab. 14 : Programme de modernisation des incinérateurs franciliens 50
Tab. 15 : Estimation des quantités en tonnes de polluants, sauf pour
PCDD/F (en grammes) libérées en l’absence de dépollution 52
Tab. 16 : Estimation des quantités de polluants contenus dans les
cendres volantes en l’absence de dépollution 52
Tab. 17 : Composition des REFIOM 54
Tab. 18 : Production annuelle de REFIOM en Île-de-France et flux de métaux lourds 54
Tab. 19 : Métaux lourds rejetés dans l’atmosphère par les incinérateurs franciliens 56
Tab. 20 : Emissions de dioxine en France, en 2002, et principales sources 62
Tab. 21 : Flux de PCDD/F, en grammes par an 64
Tab. 22 : Composition des mâchefers d’UIOM 70
Tab. 23 : Moyenne des analyses en ETM et POPs dans les MIOM et MIDIS 70
Tab. 24 : Potentiel en métaux lourds des mâchefers franciliens 70
Tab. 25 : Potentiel de relargage des métaux contenus dans les mâchefers 72
Tab. 26 : Production de mâchefers 72
Tab. 27 : Valeurs moyennes de PCDD/F dans les mâchefers (En ng I – TEQ/kg de MS) 74
Tab. 28 : Teneurs en PCDD/F dans différents matériaux (en ng I-TEQ/kg) 74
Tab. 29 : Hypothèses sur le devenir des mâchefers en Île-de-France 76

5
Incinération et santé

Tab. 30 : Part des principaux polluants issus des émissions atmosphériques


imputable à l’incinération 80
Tab. 31 : Retombées atmosphériques pour quelques métaux 88
Tab. 32 : Apport de métaux lourds dans les sols 88
Tab. 33 : Potentiel polluant des mâchefers et des REFIOM 90
Tab. 34 : Concentration dans l’air de quelques polluants en fonction
de différentes situations 104
3
Tab. 35 : Teneurs en dioxines dans l’air mesurées en Europe (en fg/m ) 106
Tab. 36 : Eléments traces métalliques dans les sols (en mg/kg de terre fine) 110
Tab. 37 : Normes de contamination des ETM (en mg/kg de matière sèche) 110
Tab. 38 : Concentration en PCDD/F (en pg I-TEQ/g de sol) dans les sols de
quelques pays européens 112
Tab. 39 : Concentrations de fond en PCDD/F (en pg I-TEQ/g de sol) relevées
dans la littérature 112
Tab. 40 : Teneurs en dioxines dans le sol à proximité d’incinérateurs 114
Tab. 41 : Concentrations en Pb, Cd et Hg dans quelques aliments 118
Tab. 42 : Concentrations médianes et maximales en Cd, Pb et Zn dans
quelques légumes cultivés dans des jardins témoins et contaminés
par les retombées atmosphériques d’un site métallurgique et pourcentage
d’analyses dépassant la valeur réglementaire (En mg/kg de MS) 120
Tab. 43 : Teneurs en dioxines mesurées dans des végétaux cultivés autour d’incinérateurs 121
Tab. 44 : Teneurs de fond en Pb, Cd et Hg mesurées dans certains produits carnés,
le lait et les œufs 124
Tab. 45 : Valeurs réglementaires dioxine pour quelques aliments (afssa) 126
Tab. 46 : Valeurs guides pour le lait et les produits laitiers (SFSP, 1998) 128
Tab. 47 : Concentrations moyennes en dioxines dans le sang 138

6
Liste des figures

Figure 1 : schéma simplifié de l’incinération des déchets ménagers 28


Figure 2 : Evolution de la production des déchets (en tonnes) 36
Figure 3 : Composition des déchets franciliens 38
Figure 4 : Le parc des incinérateurs des déchets d’Île-de-France 42
Figure 5 : Chronologie des incinérateurs en Île-de-France 44
Figure 6a et 6b : Emissions de métaux en 2002 48
Figure 7 : Teneurs de PCDD/F émises par les incinérateurs franciliens 50
Figure. 8 : Emission de PM, en tonnes, liée à l’incinération 56
Figure 9 : Flux des émissions atmosphériques de métaux lourds des UIOM
franciliennes en 2002 et 2003 58
Figure 10 : Répartition par département des émissions de métaux lourds
issus de l’incinération en 2002 58
Figure 11 : Emission de métaux, en kg, par 1000 tonnes de déchets incinérés 60
Figure 12 : Variation des émissions de métaux lourds 60
Figure 13: Variation des émissions de métaux lourds (suite) 60
Figure 14 : Corrélation entre la capacité d’incinération et les émissions de PCDD/F 62
Figure 15 : Emissions atmosphériques de PCDD/F imputables à
l’incinération en Île-de-France 66
Figure 16 : Flux de PCDD/F dans les rejets atmosphériques des
UIOM franciliennes (valeurs 2003, en mg par 10 000 tonnes
de déchets incinérée) 66
Figure 17 : Emissions (en tonnes) de SO2, en Île-de-France, liées
à l’incinération des déchets 68
Figure 18 : Emissions (en tonnes) de NOx, en Île-de-France, liées
à l’incinération des déchets 68
Figure 19 : Moyenne des concentrations de métaux lourds dans les mâchefers 70
Figure 20 : Utilisation des mâchefers par département 74
Figure 21 : Carte des principaux émetteurs de PCDD/F en Île-de-France 86
Figure 22 : Sources des retombées atmosphériques pour les métaux 88
Figure 23 : Voies d’exposition aux émissions des incinérateurs 96
Figure 24 : Résultats des mesures de dioxines dans le lait recueilli à une distance de
moins de 5 km autour d’usines d’incinération d’ordures ménagères
françaises en fonctionnement en 2003. 130

7
Incinération et santé

Figure 25 : Résultats des mesures de dioxines dans le lait recueilli à


une distance entre 5 et 10 km autour d’usines d’incinération
d’ordures ménagères françaises en fonctionnement en 2003. 130
Figure 26 : Teneur en PCDD/F dans le lait maternel (données regroupées)
dans différents pays 136
Figure 27 : Concentration moyenne de PCDD/F dans le plasma d’espagnols
(en pg I-TEQ/g de MG) 140
Figure 28 : Concentration moyenne de dioxines et de PCB chez des individus
potentiellement exposés et d’autres sans exposition particulière
(en pg I-TEQOMS/g de MG) 140

8
Sigles

ADEME : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie


AFSSA : Agence française de sécurité sanitaire des aliments
AFSSE : Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement
ASTEE : Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement
ATSDR : Agency for toxic substances and disease registry
CET : Centre d’enfouissement technique
CIT : Centre intégré de traitement (des déchets ménagers)
CITEPA : Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique
COT : Composés traces organiques
COVNM : Composés volatils non méthanisables
CPP : Comité de la prévention et de la précaution
CSHP : Conseil supérieur d’hygiène publique
DIB: Déchets industriels banals
DIS : Déchets industriels spéciaux
DMS: Déchets ménagers spéciaux
DRIRE : Direction régionale de l’industrie et de la recherche
HAP : Hydrocarbures aromatiques polycycliques
INERIS : Institut national de l’environnement industriel et des risques
INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale
InVS: Institut de veille sanitaire
ITOM : Installation de traitement des ordures ménagères
LMNH : Lymphome mou non hodgkinien
MATE : Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement (remplacé par MEDD)
MEDD : Ministère de l’environnement et du développement durable
MIDIS : Mâchefers d’incinération de déchets industriels spéciaux
MIOM : Mâchefers d’incinération d’ordures ménagères
MODECOM : Méthode de caractérisation des ordures ménagères
OMS : Organisation mondiale de la santé
ORDIF: Observatoire régional des déchets d’Île-de-France
PCB : Poly-chloro-biphényles
PCDD/F : Poly-chloro-dibenzo-dioxines/furannes
PM : Particulate matter
POLDEN : Pollution – Déchets – Environnement

9
Incinération et santé

POPs : Polluants organiques persistants


PVC : Poly-chlorure de vinyle
REFIOM : Refus des fumées d’incinération d’ordures ménagères
SFSP: Société française de santé publique
SIOM : Syndicat d’incinération des ordures ménagères de Villejust
SMITOM : Syndicat mixte de traitement des ordures ménagères
SYCTOM : Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l’agglomération
parisienne
TEF : Toxic equivalent factor
TEQ : Toxic equivalent quantity
TOM : Tonne d’ordures ménagères
UIOM : Usine d’incinération des ordures ménagères
VCI : Valeur de constat d’impact

10
Contexte

Contexte de l’étude

L’incinération est le mode de traitement des déchets qui mobilise le plus l’attention et suscite le
plus d’inquiétude, à tout le moins d’interrogations, sur des possibles effets sur la santé humaine.
Ces effets ont en particulier été mis en avant dans les études consacrées à l’émission de
polluants organiques persistants (POPs), notamment les dioxines, lors de la combustion des
déchets.

Au cours des dernières années, de nombreuses institutions, qu’elles soient internationales ou


nationales, ont rédigé des rapports d’expertise et émis des recommandations traitant des dangers
de l’incinération en général, ou plus spécifiquement des dioxines et furannes. Les principaux
rapports et recommandations produits en France sont :
• la recommandation « Dioxines » du Comité de la prévention et de la précaution (CPP)
de 1998 ;
• le rapport de la Société française de santé publique (SFSP), publié en 1999, sur
l’évaluation des risques sanitaires encourus par les populations exposées aux effluents
des incinérateurs ;
• l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale
(INSERM) intitulé « Dioxines dans l’environnement, quels risques pour la santé ? » ;
• le rapport « Incinérateurs et santé, exposition aux dioxines de la population vivant à
proximité des UIOM, état des connaissances et protocole d’une étude d’exposition »,
réalisé par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et par l’Agence Française de Sécurité
Sanitaire des Aliments (AFSSA) en 2003 ;
• la recommandation du CPP de 2004 relative aux incinérateurs d’ordures ménagères.

Les avis et recommandations émis par ces documents concernent plus particulièrement :
- l’amélioration de la connaissance des émissions (identification des principales sources,
mesures fréquentes et en continu, choix de polluants traceurs),
- l’amélioration des connaissances sur l’exposition des individus (développement d’outils de
modélisation notamment),
- la mise en place d’une surveillance sanitaire des populations riveraines de sites émetteurs de
pollution (développement d’études épidémiologiques, estimation du niveau d’imprégnation
des populations exposées, évaluation du risque encouru par des populations particulièrement
sensibles (enfants, femmes enceintes).

11
Incinération et santé

Travaux en cours
En 2004, l’InVS a mis en place une démarche nationale d’expertise sur l’exposition de la
population aux dioxines. Parmi les missions que s’est fixée l’expertise figurent :
• la faisabilité d’une étude d’exposition aux dioxines à travers le dosage dans les liquides
biologiques ;
• la proposition d’axes de recherche, notamment épidémiologiques, sur les impacts
sanitaires pour les populations résidant à proximité des incinérateurs.

La relation entre l’incidence des cancers à proximité des incinérateurs de douze départements
français sera étudiée grâce à l’existence de registres des cancers dans ces départements. Bien
que l’Île-de-France ne dispose pas de registres des cancers, le cas de l’ancien incinérateur de
Vaux le Pénil, en Seine-et-Marne, sera pris en compte dans cette expertise dans la mesure où
cette installation a rejeté avant sa fermeture des quantités importantes de dioxine (voir plus loin
dans le rapport).

Avertissement concernant les données présentées dans le rapport

Les données relatives aux valeurs d’émissions et à la mise aux normes des incinérateurs
sont celles qui concernent l’année 2004. En conséquence, certaines d’entre-elles risquent
d’être obsolètes et dépassées à la date de publication du document, eu égard à
l’avancement des travaux de modernisation, en cours, sur certaines installations.

12
Introduction

« Les déchets considérés comme dangereux, ceux


auxquels sont associés des risques sanitaires, sont ceux
qui défient les limites du naturel (par ses composants non
biodégradables, par un excès qui perturbe
l’autorégulation d’un équilibre naturel), du
technologique (la pollution, ce qui s’échappe des
installations industrielles – fumées, poussières, eaux
usées – sont des déchets, résidus nuisibles des processus
de production), qui créent des espaces sociaux nuisibles
(l’anxiété émerge quand la distinction entre les espaces
habités et espaces contaminés-pollués n’est plus
préservée) »
Déchets et santé. Représentation des risques sanitaires liés aux
déchets et à leur mode de traitement. Lhuilier et Cochin, ADEME,
1999.

13
14
Introduction

Définition du cadre de l’étude

Les déchets ménagers génèrent des pollutions et sont à l’origine de risques sanitaires pouvant
provenir de deux sources :

Le déchet en lui-même, source de danger lors de sa manipulation, ou lorsqu’il est livré à


l’espace urbain collectif (celui qui ne va pas dans les poubelles, qui n’est pas ramassé), cause de
malpropreté, source possible d’insalubrité avec, dans des cas extrêmes, dégradation des
conditions sanitaires. En milieu rural, cette situation se concrétise surtout par des dépôts
sauvages, plus susceptibles d’affecter le milieu que l’Homme directement.

Le traitement du déchet en vue de son élimination par les procédés que sont :
- l’incinération, source d’émissions atmosphériques (poussières et gaz), de résidus solides
(REFIOM1, mâchefers) et de rejets liquides, associée dans l’esprit du public à une pollution
toxique,
- la mise en décharge, source d’une contamination possible du sol et des eaux souterraines et
de nuisances pour les riverains,
- le compostage, qui produit un matériau fertilisant utilisable en agriculture mais qui peut
aussi contribuer à contaminer les sols et induire des risques pour les personnels des usines
de compostage et, dans une moindre mesure, pour les populations environnantes de ces
sites.

Dans cette étude, il ne sera pas fait mention du risque associé au déchet comme tel, puisqu’il
concerne surtout les professionnels appelés à le manipuler (éboueurs ou trieurs par exemple).
Dans ce domaine, une réglementation particulière et des moyens de protection adaptés au
personnel sont mis en oeuvre. S’agissant du traitement des déchets, seul le risque associé à
l’incinération sera traité ici. Les possibles effets du compostage sur la santé humaine ont été
abordés dans une précédente étude (IAURIF, ORS, 2004), et fait l’objet récemment d’une note
synthétique (IAURIF, ORS, 2005), de même sue les risques sanitaires liés à l’enfouissement des
déchets (IAURIF, ORS, 2005 à paraître).

1
Résidus de l’épuration des fumées de l’incinération des ordures ménagères.

15
Incinération et santé

Objectif de l’étude

L’objectif de ce document est de réunir les éléments d’information disponibles afin de tenter
d’apporter des réponses aux interrogations suivantes :
- Quels sont les polluants émis par l’incinération ?
- Que sait-on aujourd’hui de leurs effets sur la santé ?
- Quelle est la situation de l’incinération en Île-de-France au regard, notamment, du risque
sanitaire qu’elle est susceptible de faire courir à la population ?

Une analyse des données disponibles dans la littérature permettra d’identifier l’ensemble des
substances dangereuses pour l’homme issues de l’incinération des déchets ; de quantifier, autant
que le permettent les sources bibliographiques, les flux de polluants émis par les incinérateurs
franciliens ; de qualifier l’environnement autour de chaque incinérateur, en terme de population
et d’occupation du sol.
En revanche, cette démarche n’a l’objectif ni de quantifier l’exposition, ni d’évaluer, à fortiori,
le risque sanitaire pour les populations vivant à proximité ou directement sous le panache des
incinérateurs. Son objectif est avant tout d’attirer l’attention des pouvoirs publics et des
décideurs sur la place de l’incinération des déchets en Île-de-France, l’état de son parc au regard
de la réglementation, les flux de polluants émis et les enjeux sanitaires qu’ils représentent pour
les populations et les activités humaines potentiellement exposées aux retombées
atmosphériques générées par cette activité.
Si elle n’évalue pas le risque, la démarche engagée devrait cependant permettre de vérifier la
plausibilité d’une exposition (en fonction des usages des milieux contaminés ou susceptibles de
l’être, de l’existence de voies d’exposition potentielles). Elle permettrait également de
caractériser les populations concernées pour orienter les éventuels choix en matière d’évaluation
des risques et/ou d’études épidémiologiques et d’identifier les milieux (air, eau, sol, végétaux et
animaux) pour lesquels il serait nécessaire de disposer d’information sur leur contamination.

L’étude comprend quatre parties :


- la première partie traite de l’incinération dans ses principes techniques et procédures
juridiques, sa contribution à la pollution générale de l’environnement,
- la deuxième partie se focalise sur l’incinération en Île-de-France : les caractéristiques des
déchets incinérés, l’évolution du parc des incinérateurs et les capacités disponibles ; l’état

16
Introduction

du parc au regard de la réglementation ; la pollution imputable à l’incinération depuis


l’utilisation de ce mode d’élimination des déchets et un bilan général de la pollution
engendrée,
- la troisième partie, réalisée à partir d’une revue de la bibliographie, traite des effets
sanitaires de l’incinération sur les populations vivant à proximité d’une installation de
traitement,
- enfin, dans une dernière partie, seront présentés les incinérateurs franciliens et décrites les
zones d’exposition probables aux polluants autour des principales unités.

Le présent document souhaite attirer l’attention sur l’importance de l’incinération en Île-


de-France, la réalité des effets sanitaires aujourd’hui démontrés de certains de ses
polluants, la nécessité d’une gestion rigoureuse, dans les règles de l’art, de ce procédé de
traitement. Il constitue la première étape d’une démarche qui vise à préciser l’exposition
de la population aux polluants, notamment des dioxines, et à sensibiliser l’opinion et les
responsables sur les risques humains et économiques encourus.

17
18
Première partie :

Caractères et contexte de
l’incinération en Île-de-France

19
20
Généralités sur l’incinération

21
Incinération et santé

Tab. 1 : Quelques-uns des avantages et inconvénients de l’incinération


Avantages Inconvénients
Réduction des volumes de déchets de 90% Formation de cendres, de résidus polluants

Rapidité de traitement Problème des seuils de rentabilité pour les petites


unités
Pas de prétraitement (dans le cas des Production d’énergie électrique peu efficace dans
incinérateurs équipés de fours à grilles) la plupart des cas

Adaptation aux gros gisements Investissements élevés


Coûts de fonctionnement en forte croissance
Possibilité de récupérer et valoriser l’énergie Empêche toute inflexion de la politique des
déchets
Possibilité de récupérer les métaux Oppositions sociales croissantes
Garantie de long terme
Source : Miquel et Poignant, 1999

Tab. 2 : Production des déchets des ménages et des entreprises


MENAGES ENTREPRISES
31,4 Mt 98,5Mt 94 Mt
DECHETS DES MENAGES DECHETS BANALS DES ACTIVITES
ECONOMIQUES E TERTIAIRES
- Déchets des industries
agroalimentaires : 43 Mt
Déchets encombrants Ordures ménagères Déchets des artisans et - Déchets de
des ménages : 9,5 Mt (OM) au sens strict : petits commerçants construction : 9Mt
21,9 Mt collectés avec les OM : - Entreprises, 10 salariés
4,5 Mt et plus : 23 Mt
ORDURES MENAGERES au sens large : - Entreprises, moins de
26,4 Mt 10 salariés : 6 Mt
- Autres secteurs : 14 Mt

Source : ADEME, 2005

Tab. 3 : Incinération des ordures ménagères et des DIB2 en France, en 2000 et 2002
Quantités incinérées (en Kt) Part de l’incinération dans le traitement
Années 2000 2002 2000 2002
Ordures ménagères 10 186 10 789 42,2% 44,4%
Déchets des entreprises 826 982 7,6% 9,1%
Sources : ADEME, ITOM, 2002

2
Déchets industriels banals

22
Généralités sur l’incinération

L’incinération est un mode de traitement des déchets qui consiste à les brûler à haute
température (entre 850 et 1000°C). Elle est également appelée traitement thermique. Elle se
différencie selon qu’il y ait ou non, lors de la combustion, récupération d’énergie. Aujourd’hui
les incinérateurs modernes valorisent l’énergie produite sous forme de chaleur et/ou
d’électricité.
Le traitement thermique des déchets permet de réduire de 70% leur masse et de 90% leur
volume (tableau 1).

Les informations les plus récentes présentées ici sur le parc des incinérateurs franciliens
concernent les années 2002, 2003 et 2004. Comme mentionné précédemment, certaines sont
susceptibles de ne plus être valides au moment de la diffusion du rapport. C’est le cas
notamment de la mise aux normes en cours d’un certain nombre d’unités, ainsi que des valeurs
d’émissions des polluants dont il est à prévoir une réduction consécutive à l’amélioration des
performances de l’ensemble du parc.

La part de l’incinération en France …

Selon l’Agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME, 2005), la France a


produit en 2002 plus de 26 millions de tonnes de déchets ménagers. Près de la moitié de ces
déchets (44,4%) a été incinérée avec une légère progression par rapport à 2000 (tableaux 2 et 3).

… et en Île-de-France

En Île-de-France, le principal mode de traitement utilisé pour les déchets ménagers est
l’incinération (66%). Par ailleurs, plus de 70% des déchets ménagers collectés à Paris et en
petite couronne sont incinérés (Tableau 4).

La contribution des incinérateurs à la pollution ambiante

L’impact de l’incinération des déchets sur la santé est un débat d’actualité. C’est un sujet
sensible en France, notamment en région capitale, compte tenu de l’importance du parc des
incinérateurs et de la vétusté d’un certain nombre d’entre eux. Le débat s’est amplifié
récemment à la suite de la fermeture de l’incinérateur de Gilly-sur-Isère (département de la

23
Incinération et santé

Tab. 4 : Le traitement des déchets ménagers en Île-de-France (2002), en tonnes


Incinération Enfouissement Tri des Valorisation Total
emballages organique

Paris–petite 2 220 738 72,3% 615 168 20% 203 192 6,6% 34 126 1,1% 3 073 224
couronne
Seine et Marne 220 705 39,7% 172 518 31,1% 64 408 11,6% 97 661 17,6% 555 292

Yvelines 444 414 72,4% 35 913 5,6% 70 657 11,5% 62 455 10,2% 613 439

Essonne 324 777 58,6% 63 720 11,5% 65 742 11,9% 99 557 18 553 796

Val d’Oise 302 524 58,9% 128 097 24,9% 43 387 8,4% 39 840 7,8% 513 848

Total 3 513 157 66,2% 1 015 416 19,1% 447 385 8,4% 333 637 6,3% 5 309 595

Source : ORDIF, 2004

Tab.5 : Source principale des métaux et des composés de gaz acides dans les déchets
ménagers
Plastiques Cartons Putrescibles Métaux Papiers Verre Incombustibles DMS3
Bore X X X
Cadmium X X X
Chrome X X X X
Cobalt X X X
Cuivre X X X
Manganèse X X X X
Mercure X X X
Nickel X X X
Plomb X X X
Zinc X X X
Chlore X X X
Soufre X X X X X
Fluor X X X X X
Source : SFSP, d’après POLDEN 1995

Tab. 6 :Teneur moyenne des métaux lourds des ordures ménagères (En mg/kg de MS)
Pb Cd Hg Cr Cu Ni Zn Bo Co Mn As Mo Se
795 4,3 2,9 183 1 048 48 1 000 14 113 412 5,1 1,0 0,02
Source : POLDEN, 1995

3
Déchets ménagers spéciaux

24
Généralités sur l’incinération

Savoie) 4 ; il a pris un relief particulier en Île-de-France, suite à la découverte de taux élevés de


dioxines et furannes (PCDD/F) alentours de l’ancien incinérateur de Vaux-le-Pénil, et dont les
médias s’en sont fait l’écho.

Les mécanismes et les voies de libération de la pollution

Les constituants des déchets contiennent des micropolluants reconnus pour leur toxicité. Grâce à
la multiplication des analyses destinées à caractériser les déchets ménagers pour les besoins des
collectes sélectives, leur composition chimique est aujourd’hui mieux connue, notamment les
teneurs en métaux lourds, éléments traces organiques et constituants des gaz acides (ADEME,
1997). Les déchets ménagers spéciaux (DMS) qui concentrent tous les déchets toxiques rejetés
par les ménages (piles, médicaments, huile de vidange, batteries…), ne contribuent
majoritairement qu’aux teneurs en manganèse, mercure et zinc et, de façon insignifiante, pour
les autres métaux dans la mesure où ils ne représentent qu’une faible proportion des ordures
ménagères.

Le tableau 5 liste les constituants des déchets ménagers dans lesquels la présence des
micropolluants métalliques, de chlore, de fluor et de soufre a été détectée (d’après les résultats
de la campagne nationale sur la caractérisation des déchets lancée par l’Ademe en 19935) ; le
tableau 6 fournit les teneurs moyennes en métaux lourds des déchets.
Les plastiques et les métaux (comme il fallait s’y attendre pour ces derniers) en sont la source
principale. Le verre contient du chrome, du manganèse et du plomb issus des colorants
essentiellement (SFSP, 1999). Le chlore provient des plastiques (entre 50 et 75%, issu
principalement du PVC), le soufre des incombustibles non classés, le fluor des papiers et
cartons pour plus de la moitié des quantités présentes.

La combustion des ordures ménagères en présence d’air dans les incinérateurs les transforme en
gaz, tandis que les éléments incombustibles (métaux, minéraux, verre) et les fractions imbrûlées

4
Les émissions de dioxines excédaient fortement les normes réglementaires ; elles ont conduit à des
mesures aussi radicales que la destruction de cheptel et de plantes fourragères dans l’environnement de
l’usine (voir plus loin).
5
MODECOM : Méthode de caractérisation des ordures ménagères (Ademe, 1993).

25
Incinération et santé

des déchets (consécutives à l’état de fonctionnement des fours) subsistent sous la forme de
résidus solides. Ainsi, l’incinération d’une tonne d’ordures ménagères évacue dans l’atmosphère
entre 680 et 730 kg de gaz contenant 65 à 70% d’azote, 5 à 10% d’oxygène, 5 à 10% de dioxyde
de carbone issu de la combustion des déchets organiques et des plastiques, 10 à 20 % de vapeur
d’eau, des poussières, du fluor, du chlore, du monoxyde de carbone, des métaux lourds, des
oxydes d’azote. Il reste 250 à 350 kg de résidus incombustibles, une fraction immobilisée dans
les fours (mâchefers), l’autre piégée dans les systèmes d’épuration des fumées (cendres
volantes, cendres sous-chaudière, gâteau de filtration).6

L’incinération réduit le volume des déchets mais ne détruit pas totalement ses polluants
7
(micropolluants métalliques et organiques , gaz acides). Au contraire, elle les concentre dans les
gaz de combustion (fumées) et, dans une moindre mesure, dans les résidus incombustibles de
fond de four (mâchefers).
Les fumées (ou gaz) issues de la combustion véhiculent une grande partie des polluants
contenus initialement dans les déchets (tableaux 5 et 6). En l’absence d’épuration avant leur
évacuation à l’air libre, les gaz contiendraient (ADEME, 1997 ; Bicocchi, 1998) entre :
8
- 1 500 et 5 000 mg/Nm3 de poussières (également dénommées particules dans lesquelles se
concentrent la plus grande partie des métaux et les polluants organiques persistants (POPs),
- 1 000 mg/Nm3 d’acide chlorhydrique (HCl) en moyenne,
- 50 à 250 mg/Nm3 de soufre (SO2)
- 300 mg/Nm3 de NOx,
- 2,10-6 à 10-4 mg/Nm3 de Poly-chloro-dibenzo-dioxine/furannes (PCDD/F),
- 10 à 20 mg/Nm3 de plomb (Pb),
- 1,2 mg/Nm3de cadmium (Cd),
- 0 à 200 mg/Nm3 d’Hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP),
- 0,8 à 1,5 mg/Nm3 de mercure (Hg).

6
La combustion des déchets dans les fours s’effectue à une température comprise entre 800 et 1000° C. La turbulence
des gaz qui s’échappent de la masse incandescente des déchets entraîne des particules solides sous la forme de
poussières, aussi dénommées cendres volantes, représentant entre 5 et 12% des résidus incombustibles.
7
Sauf les PCDD/F, détruits en grande partie par des températures de combustion supérieures à 850°C maintenues au
moins pendant 2 secondes
8
Nm3 : Débit volumétrique des gaz rapporté à des conditions normalisées de température (0°C) et de pression (1,013
bar).

26
Généralités sur l’incinération

Sachant que l’incinération d’une tonne de déchets induit un flux de 5 800 Nm3 de gaz de
combustion, les quantités moyennes émises par tonne de déchets incinérés seraient de :
- 19 kg de poussières,
- 5,8 kg d’HCl,
- 2 kg de SO2,
- 2,6 kg de NOx,
- 480 g de Pb,
- 36,5 g de Hg,
- 0,29 mg de PCDD/F.

En fond de four, les produits imbrûlés (mâchefers) représentent 240 kg par tonne de déchets
incinérés en moyenne, dans lesquels se concentre également une fraction des métaux lourds ;
leur impact sur le milieu ne sera effectif que dans le cas de leur recyclage, notamment en voirie
routière.

Une épuration des fumées encadrée par des normes sévères

La réglementation prescrit de traiter les fumées d’un incinérateur avant leur sortie dans
l’atmosphère. Le procédé consiste à récupérer les poussières, les métaux lourds sous forme
particulaire ou gazeuse, les composés organiques et les gaz acides qu’elles contiennent. Une fois
récupérés, ces éléments vont former ce qu’il est convenu d’appeler les résidus de fumées
d’incinération des ordures ménagères (REFIOM) qui regroupent des produits de neutralisation
des gaz, des mélanges de cendres volantes, gâteaux de filtration issus du lavage des fumées et
sels divers (figure 1). Tous ces résidus sont très toxiques et concentrent l’essentiel des métaux
lourds présents dans les fumées. Leur volume est fonction du procédé d’épuration mis en œuvre
(tableau 7) et des performances épuratoires des installations (selon que les incinérateurs
respectent ou non les dernières normes dans ce domaine). De part leur toxicité, les REFIOM
sont évacués en décharge de classe I après neutralisation de leurs éléments polluants
(vitrification).

27
Incinération et santé

Figure 1 : schéma simplifié de l’incinération des déchets ménagers

28
Généralités sur l’incinération

La partie des polluants qui se retrouve dans la fraction incombustible laissée en fond de four
(mâchefers) est soit neutralisée par l’enfouissement des mâchefers quand la solubilité des
métaux qu’ils contiennent est élevée, soit traitée quand leur faible lixiviation permet le
recyclage des mâchefers.

La mise en œuvre de la réglementation sur l’incinération s’est faite progressivement sur trois
décennies (tableau 6). Les principales étapes sont présentées ci-dessous.

La première limitation imposée aux émissions remonte à 1972 et a concerné les poussières
(instruction technique du 6 juin 1972 relative aux installations d’incinération de résidus
urbains, fixant les teneurs maximales admissibles de 0,15 à 1 g/ Nm3 de poussières en fonction
des capacités horaires des fours). Elle a été remplacée, une quinzaine d’années plus tard, par
l’arrêté du 9 juin 1986 qui, en même temps qu’il abaissait le seuil pour les poussières,
normalisait les émissions de HCl, des métaux lourds particulaires (la totalité) et gazeux (pour
certains seulement : Cd et Hg). L’arrêté du 25 janvier 1991 renforce encore les normes,
étendues aux effluents liquides et fixe un seuil pour le SO2. La circulaire du 24 février 1997
étend aux UIOM les dispositions de l’arrêté du 10 octobre 1996 relatif à l’incinération et à la
coincinération des déchets dangereux. Cette disposition impose pour la première fois aux
incinérateurs de déchets ménagers un seuil d’émission pour les dioxines et furannes.
La dernière réglementation en date (arrêté ministériel du 20 septembre 2002 modifié), outre
les métaux lourds, les dioxines et furannes, normalise les rejets de dioxyde d’azote et de
monoxyde de carbone dans les gaz d’émission.

L’arrêté ministériel de 2002 (applicable de facto aux nouvelles installations ; à partir du 28


décembre 2005 pour les unités anciennes) permettra un fort abattement de la pollution des
incinérateurs : 99,8% pour les poussières, 95 à 98% pour les métaux lourds, 99% pour HCl,
95% pour HF, 83% pour SO2, 50 à 60 % pour les NOx, 95 à 99,9% pour les dioxines et furannes
(SFSP, 1999). En Île-de-France, l’abattement pour les NOx sera plus important (seuil
d’émission fixé à 80 mg/m3 au lieu des 200 mg/m3 réglementaire de l’arrêté de 2002).

29
Incinération et santé

Tab. 7 :Procédés d’incinération et résidus incombustibles

Unité : kg par tonne d’ordures ménagères


Voie humide Voie semi-humide Voie sèche

Procédé Neutralisation des gaz réalisée Injection de lait de chaux dans Injection de réactif basique
après dépoussiérage en les fumées, d’où : (1) en poudre dans les fumées.
pulvérisant d’eau les fumées neutralisation des gaz acides Nécessité d’abaisser la
dans tour de lavage avec par formation de sels de température des gaz en
appoint de lait de chaux. calcium correspondants ; (2) dessous de 140°C avant
Produits de neutralisation condensation des métaux injection. Les REFIOM sont
évacués avec les eaux de lourds sur les particules des composés de poussières
lavage ; les résidus solides du sels ; (3) la captation des initiales, des produits de la
dépoussiérage constituent les particules solides issues de la réaction des acides avec le
cendres volantes. combustion (cendre) et du réactif et de réactif en excès.
traitement par un filtre
approprié.

Mâchefers 230 – 270 kg 230 – 270 kg


230 – 270 kg

Cendres 15 – 25 kg. Contiennent une 15 – 25 kg


volantes part importante de la charge
polluante des déchets.

Cendres sous Absentes 2-5 kg 2-5 kg


chaudière

Gâteau de 1-10 kg Pas de gâteau Pas de gâteau


filtration

Effluent 0,5 m3 /TOM ; contiennent des


sels de réaction

Performance Un tel procédé présente une Haut rendement de captation Utilise soit la chaux, soit la
bonne captation des composés pour les métaux lourds (Hg et soude comme réactif. Mise
halogénés, mais il en résulte Cd) ; bonne neutralisation du en œuvre simple et peu
de nombreux nouveaux rejets SO2 ; absence de rejets coûteuse ; pas de rejets
(liquides chargés en sels, et liquides et possibilité liquides. Les inconvénients
difficulté de traiter les métaux d'adjonction de charbon actif sont une consommation
lourds et les dioxines). pour améliorer les élevée de réactif, une
Rendement supérieur aux performances pour le Hg et les exploitation peu souple, peu
traitements sec ou semi-sec. dioxines. Cette voie présente adaptée aux évolutions
par contre l'inconvénient de réglementaires, une
nécessiter de grandes quantités inadaptation aux grosses
de chaux. unités.
Source : SFSP, 1999

30
Généralités sur l’incinération

Tab. 8 : Principales réglementations de l’incinération et valeurs seuils

Arrêté du Arrêté du Arrêté du Circulaire Arrêté du


6/6/72 9/6/86 25/01/91 Lepage du 20/09/02
25/2/97
Poussières
193 64 30 10 10

CO 1600 1600 100 50 50


HCl 128 50 10 10
HF 2 1 4
SO2 300 50 50
NOx 200(1)
CTO 9 20 10 10

Hg 0,05 0,05
0,38(2) 0,2(3)
Cd+Tl 0,05 0,05
6,4 5,0
Sb+As+Pb+Cr+Co
+ + 0,5 0,5(6)
+Cu+Mn+Ni+V+Sn
1,3(4) 1,0(5)
Dioxines et furannes 0,1 0,1
Métaux, COT, gaz et acides : exprimés en mg/Nm3 – Pour les dioxines : en ng/Nm3 I-TEQ
Source : SFSP, 1999

(1) Pour les installations existantes dont la capacité nominale est supérieure à 6 t/h ou pour toutes les
nouvelles installations. Cette valeur est égale à 400 mg/m3 pour les installations existantes de capacité
nominale inférieure ou égale à 6 t/h.
(2) Limite pour Hg+Cd, sans prise en compte de Tl.
(3) Même chose que pour (2).
(4) 6,4 pour Pb+Cr+Co+Cu+Ni+Sn, et de 1,3 pour As (Sb + Mn + Vn ne sont pas pris en compte).
(5) 5,0 pour Pb+Cr+Cu+Mn, et de 1,0 pour Ni+As.
(6) pour les métaux suivants : Sb+As+Pb+Cr+Co+Cu+Mn+Ni+V+Sn.

31
Incinération et santé

Tab. 9 : Emission de métaux lourds par secteurs d’activité


Données de l’année 2002, en tonnes
Elément (I) (II) (III) (IV) (V) Total Commentaires
Cd 1,9 7,2 0,4 0 0 9,6 Dans le secteur (II) impact majoritaire de
l’incinération. Baisse des teneurs entre
1990 et 2002 due au traitement des fumées
Hg 4,7 6,7 0,3 0,04 0 11,7 Les émissions de (I) et (II) proviennent
essentiellement de l’incinération
Ni 93 89 8,7 0 0,7 192 Faible impact de l’incinération des déchets
Pb 21,4 151 26,1 0,2 18,3 217 Le fort émetteur est (II) dans lequel peu
d’impact de l’incinération.
Part de l’incinération en 2001 : 9%
Zn 181 1073 84,1 0,6 0,2 1339 L’impact de l’incinération est de 2% de (II)
et de 95% de (I) soit 14.4% des émissions
de l’élément
Cu 5,5 23 9,2 0,1 85,5 178 Faible impact de l’incinération
(I) : transformation d’énergie – (II) : industrie manufacturière – (III) : résidentiel – (IV) : agriculture –
(V) : transports
Source : CITEPA, 2004.

Tab. 10 : Emission de POPs par secteurs d’activité


Données 2002. PCDD/F, en grammes ; HAP en tonnes, PCB en kilos
Elément (I) (II) (III) (IV) (V) Total Commentaires
PCDD/F 197 147 31 1,4 3,3 380 Incinération : 95% des émissions du secteur (I)
et 45% de secteur (II), soit 68% de toutes les
émissions de l’élément
PCB 7 16 14 0,1 38 Fort impact de l’incinération des OM et des
DIS qui sont en position majoritaire dans (I) et
(II)
HAP 4 54 94 17 82,4 251 Impact faible de l’incinération
(I) : transformation d’énergie – (II) : industrie manufacturière – (III) : résidentiel – (IV) : agriculture –
(V) : transports
Source : CITEPA, 2004.

32
Généralités sur l’incinération

Un impact sur les milieux à relativiser

Quelle est la contribution des incinérateurs à la pollution atmosphérique ?

S’agissant des gaz rejetés, plus particulièrement SO2, NOx (oxydes de soufre et d’azote
respectivement), les composés organiques volatils non méthanisables (COVNM), CH4, CO,
CO2, N2O, NH, la part de l’incinération des déchets excède à peine 2% du total des émissions au
plan national pour le dioxyde et l’oxyde de carbone et reste en dessous de cette valeur pour les
autres éléments (elle est nulle pour NH3).

L’apport des métaux lourds par l’incinération des déchets (avec ou sans récupération d’énergie)
est variable. Il dépend essentiellement de l’ancienneté des installations et de la nature des
déchets incinérés (selon que ces derniers aient été triés ou non). Il est élevé pour le mercure et le
cadmium, modéré pour le zinc et le plomb, négligeable pour les autres métaux.

Les travaux du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique


(CITEPA) sont la référence pour les émissions atmosphériques de polluants au plan national.
L’incinération des déchets n’y est pas individualisée comme telle mais est incluse dans les
secteurs de la transformation de l’énergie (incinération avec récupération d’énergie) et de
l’industrie manufacturière (incinération des DIS, des boues d’épuration), ce qui rend difficile
d’apprécier correctement son impact sur le total des émissions des secteurs.
Le tableau 9 reproduit les valeurs d’émission des principaux métaux lourds issus des différents
secteurs d’activité pendant l’année 2002 (dernier millésime disponible). Les commentaires du
CITEPA (2004) pour chacun des éléments concernant l’incinération permet d’évaluer son
importance.
S’agissant des polluants organiques persistants, le même tableau peut être dressé pour les
PCDD/F, les PCB, les HAP (tableau 10).

Selon les chiffres de cet organisme, l’impact de l’incinération serait prédominant dans la
production de PCDD/F (68% des émissions), dans celle des PCB, notamment à cause de
l’incinération des DIS, et insignifiant pour les HAP.

33
Incinération et santé

S’agissant des émissions de particules (TSP, PM10, PM2,5) l’incinération y contribuerait de


manière insignifiante.
Il convient, en conséquence, de relativiser la contribution de l’incinération à la pollution de
l’atmosphère. Selon la SFSP (1999) les incinérateurs modernes, qui offrent toutes les garanties
du contrôle de leurs émissions, ne participeraient que faiblement à l’inhalation de particules par
les populations riveraines.
S’agissant de la pollution des sols, le même document mentionne qu’aucune étude ne permet
aujourd’hui d’y mettre en évidence l’influence de l’incinération, même dans le cas de
comparaisons de sols avant et après la construction d’un incinérateur. De la même façon, les
teneurs en PCDD/F dans le sang et le lait maternel et la proximité d’incinérateurs n’ont pas été,
à ce jour, corrélées de façon formelle. Concernant ces composés, plusieurs études (Nominé,
1999, p. 30 ; Durif, 2001, p. 23 ; Institut universitaire d’hygiène et de santé publique9, 2001, p.
2) soulignent l’efficacité du seuil de 0,1 ng/m3 imposé par l’arrêté ministériel de 2002 qui
garantirait l’innocuité des émissions.

L’impact sur l’homme et les milieux sera développé plus en détail dans les 2ème et 3ème parties.

Limiter l’impact des incinérateurs revient donc à intervenir sur cinq éléments :
- le tri à la source des déchets et leur contrôle à l’entrée des incinérateurs,
- les émissions gazeuses, en les épurant conformément aux dernières spécifications
réglementaires, notamment pour les dioxines et furannes ;
- les REFIOM (cendres volantes, cendres sous chaudières, sels de neutralisation des acides
contenus dans les fumées), en les collectant et en évitant leur mélange avec les mâchefers,
en les éliminant en décharge de classe I après leur inertage ;
- les effluents issus du lavage des fumées, en cas de traitement par voie humide, en les
épurant avant leur rejet dans le milieu ;
- les mâchefers, en appliquant strictement la réglementation de leur éventuel recyclage en
technique routière (en substitution aux granulats).
En amont de l’incinération, la qualité des déchets entrant dans les fours va également influer sur
la nature et le volume des émissions polluantes selon qu’ils ont été triés ou non, débarrassés ou
non des fractions toxiques représentées notamment par les déchets ménagers spéciaux.

9 Voici ce qui est écrit en conclusion de ce rapport : « les nouvelles valeurs limites d’émissions atmosphériques

des UIOM que vient d’adopter l’UE (la directive de décembre 2000), permettent d’atteindre des niveaux de
risque très faibles. Il importe d’autant plus dans ces conditions, que les quelques installations de grande
capacité supérieures à 6 t/h, qui n’ont pas respecté à temps [ … ] l’arrêté ministériel du 25/01/91 se mettent
en conformité dans les plus brefs délais … »

34
Les rejets de l’incinération
des déchets en Île-de-France

35
Incinération et santé

Tab. 11 : Production d’ordures ménagères en 1999

OM résiduelles Encombrants Tri Total

France IDF France IDF France IDF France IDF

Tonnage (X1000 t) 18,5 4,4 4,5 0,4 1,5 0,5 24,5 5,3

Ratio (kg/an/hab) 316 398 76 33 25,6 50 418 481


Sources: ORDIF pour l’Île-de-France et IFEN pour France entière

Figure 2 : Evolution de la production des déchets ménagers en Île-de-France (en tonnes)


Tonnes

6000000

5000000

4000000

3000000

2000000

1000000

0
1994 1996 1998 2000 2002 Année

OM Collectes Déchets (OM + CS)

sélectives

Source : enquêtes bisannuelles de l’ORDIF

36
Les rejets de l’incinération des déchets en Ile-de-France

Les déchets concernés par l’incinération

Déchets ménagers

Production
En 2002, 66% des déchets ménagers étaient voués à l’incinération en Île-de-France. Depuis une
décennie, ce taux est en légère mais constante augmentation, concomitante de la réduction de la
mise en décharge, qui a chuté de moitié pendant la même période, passant de 40 à 19 %
(ORDIF, 2004).

En Île-de-France, la production de déchets ménagers et assimilés par habitant est supérieure à la


moyenne nationale (tableau 11). Entre 1994 et 2002, la production annuelle a fluctué aux
alentours de 5 millions de tonnes (figure 2). Paris a le plus fort taux de croissance par rapport
aux autres départements, ce qui s’explique, en partie, par l’importance des déchets issus de
l’activité économique de proximité (commerces et services), collectés avec les déchets
ménagers.
Si pendant cette période la masse des déchets a crû de façon modérée (environ 1% par an en
moyenne à l’échelle régionale), celle des ordures ménagères résiduelles a baissé grâce au
développement des collectes sélectives.

Sur le total des ordures ménagères résiduelles (qui n’ont pas été recyclées), incluant la grande
majorité des déchets encombrants, plus des trois quarts sont incinérés.

37
Incinération et santé

Figure 3 : Composition des déchets franciliens (valeurs moyennes)

Déchets ménagers "urbains"

Non classé
6%

Fermentescible et
assimilé
30%

Recyclables sec
64%

Déchets ménagers "ruraux"

Non classé
4%

Fermentescible et
assimilé
38%

Recyclable sec
58%

38
Les rejets de l’incinération des déchets en Ile-de-France

Composition
La composition des déchets ménagers est éminemment variable : elle dépend du mode de vie
des individus, des catégories socio-professionnelles, du contexte (urbain, suburbain, rural).
D’une façon générale, les déchets ménagers franciliens sont riches en matériaux d’emballages
(recyclables secs), notamment en zone agglomérée centrale (figure 3).

Les déchets ménagers spéciaux (DMS)


Partie intégrante des ordures ménagères, ils représentent 0,5 à 2 % de leur total. Ils sont issus de
la consommation des ménages pour leurs besoins d’hygiène et d’entretien et « se distinguent des
ordures ménagères banales en raison de leur toxicité, de leur pouvoir corrosif ou de leur
caractère explosif. Ils ne peuvent pas être éliminés par les mêmes voies sans créer de risques
pour les personnes et l'environnement lors de la collecte et du traitement » (Arrault, 1995). La
liste non exhaustive de ces déchets est présentée ci-dessous :

A: amiante, aérosol, acide, antirouille, antiparasite


B: base, batterie automobile
C: colles, cosmétiques, cires, chlorofluorocarbones
D: détachant, diluant, décape-four, désherbant, débouche-évier
E: engrais pour végétaux, essence de térébenthine
G: gaz propulseurs (aérosols)
H: huiles minérales (moteur) et de vidange
I: insecticides
J: eau de Javel
K: produits détachants
L: laques, lubrifiant
M: mercure (piles), médicaments
N: néon (tubes), nettoyage (produits de)
O: oxydes de métaux lourds
P: peintures, plomb, piles, produits de traitement
R: révélateur photo
S: soude caustique, solvants, sanitaires (nettoyants)
T: trichloréthylène, toluène, thermomètres (au mercure)
V: vernis
W: w.c. (nettoyants), white-spirit
X: xylophène (traitement du bois)
Z: zinc (piles zinc-air, zinc-carbone)
Le tri des DMS réalisé depuis un décennie permet d’en détourner une partie de l’incinération.

39
Incinération et santé

Les déchets industriels banals (DIB)


Ce sont les déchets non toxiques de l’industrie. La difficulté à les inventorier à plusieurs
causes : l’absence de suivi réglementaire, la multiplicité des producteurs non tenus de déclarer
leurs productions, la variabilité de leur composition. Un récent inventaire (ORDIF, 2004) estime
le gisement annuel francilien entre 5,2 et 7,8 millions de tonnes.

Une fraction des DIB est incinérée dans certaines UIOM de la région. Les quantités sont faibles,
mais difficiles à estimer précisément. L’ORDIF (2003), suite à une enquête auprès des
exploitants d’UIOM, les évaluaient à quelques 300 000 tonnes, soit 8,5% du total des déchets
incinérés cette année là. L’enquête sur les installations de traitement des ordures ménagères
(ITOM) de l’ADEME pour l’année 2000 (Ademe, 2002) indiquait onze UIOM franciliennes qui
recevaient entre 1 et 29% de DIB ; l’unité de Rungis, quant à elle, traitait 40% de DIB produits
par le Marché d’intérêt national de Rungis.

La très grande partie des DIB non recyclés aboutit en décharge ; leur contribution à la pollution
atmosphérique par le biais de l’incinération est donc négligeable.

Les déchets industriels spéciaux (DIS)


Ils sont produits par les industries chimiques et pharmaceutiques, métallurgiques, mécaniques et
autres. Ils sont toxiques et se caractérisent par une grande variabilité de composition et de
présentation : cendres, solvants, solutions diverses, boues, huiles, matières souillées, scories,
etc.

L’Île-de-France en produit annuellement autour de 600 000 tonnes. Tous ne sont pas éliminés
dans la région qui en reçoit et détruit elle-même une fraction en provenance du reste de la
France.
En 2000, environ 150 000 tonnes de DIS étaient incinérées en Île-de-France dans deux unités
qui leur sont spécialement dédiées (à Compans et Limay).
Les mâchefers de DIS présentent une toxicité plus élevée que les mâchefers d’ordures
ménagères (voir plus loin les tableaux 22 et 23 et la figure 19) qui requiert, comme pour les
REFIOM, leur stockage en décharge de classe I.

40
Les rejets de l’incinération des déchets en Ile-de-France

Les boues d’épuration


En 2001/2002, quelques 36 000 tonnes de boues d’épuration ont été incinérées en Île-de-France
sur une production totale de 150 000 tonnes environ. Ce mode d’élimination reste en grande
partie confiné dans les stations d’épuration de Colombes - qui incinère l’intégralité de sa
production sur le site – et Rosny sur Seine.

Les déchets d’activités de soins (DAS)


Seuls sont considérés les déchets à risques infectieux (car il existe des déchets d’activités de
soins assimilables aux ordures ménagères produits dans les établissements hospitaliers). Ils
représentent annuellement 25 000 tonnes et sont incinérés dans l’UIOM de Créteil, dans
laquelle un four de 2,5 t/heure leur est spécialement dédié et dans l’incinérateur de Saint-Ouen-
l’Aumône (10 % des capacités de l’usine dédiés aux DAS).

41
Incinération et santé

Tab. 12 : L’incinération des déchets en Île-de-France

Catégorie Nbre d’unités Tonnage incinéré/an

Déchets ménagers 19 3 749 897*

Déchets industriels spéciaux 2 146 903**

Boues d’épuration 2 36 000***

Déchets d’activités de soins à risques infectieux 1 26 000****


* Données ORDIF, 2004 - ** incinération déclarée (données 1999) - *** données 2000/2001 (IAURIF,
ORS, 2004) - **** données 2002 (ENSP, 2003).

Figure 4 : Le parc des incinérateurs des déchets d’Île-de-France

Source : IAURIF

42
Les rejets de l’incinération des déchets en Ile-de-France

Les incinérateurs franciliens et la réglementation

Annuellement, la région incinère quelques 3,8 millions de tonnes de déchets (tableau 12), dont
une fraction marginale de déchets industriels banals. S’y ajoute, comme on l’a vu, l’incinération
des déchets industriels spéciaux, celle d’une fraction des boues d’épuration et des déchets
d’activité de soins à risques.

Fin 2005, l’Île-de-France disposait, sur son territoire, de dix neuf usines d’incinération
d’ordures ménagères (figure 4) totalisant 562,1 tonnes/heure/an de capacité nominale,
représentant 15% du total des unités du parc national d’incinérateurs et le cinquième de ses
capacités totales d’incinération. En Île-de-France, l’incinération est une activité étroitement
insérée dans le tissu urbain (à l’exception de quelques incinérateurs situés en zone plus rurale ou
suburbaine). Leur nombre et leur localisation font qu’une part importante de la population
francilienne se trouve située dans leur voisinage ainsi que certaines activités agricoles, telles les
cultures vivrières, la grande culture et l’élevage.

43
Incinération et santé

Figure 5

44
Les rejets de l’incinération des déchets en Ile-de-France

Les premières usines ont été construites au cours des décennies 50 et 60 (figure 5), destinées à
l’incinération des ordures ménagères de l’agglomération centrale (les usines de Saint Ouen, Issy
les Moulineaux et Ivry, qui totalisent près de 60% de la capacité totale actuelle10). C’est pendant
les deux décennies qui suivent que seront construits la plupart des incinérateurs franciliens,
essentiellement en petite couronne, avec deux exceptions que sont l’usine du SIDOMPE à
Thiverval-Grignon et celle de Montereau. Les dernières unités à être construites l’ont été entre
1995 et 2003, toutes en grande couronne ; deux usines ont été reconstruites, celles de Créteil et
de Vaux-le-Pénil ; d’autres usines ont eu leurs capacités de traitement augmentées par
l’adjonction de lignes de four supplémentaires, notamment celles d’Argenteuil, Thiverval-
Grignon, Saint Thibault des Vignes ; enfin, les unités de compostage et d’incinération de
Sammoreau, Ozoir la Ferrière et Coulommiers ont, quant à elles, été arrêtées compte tenu de
leur vétusté.

10
A la fin du XIXème siècle, les unités d’Issy-les-Moulineaux, de Saint Ouen et de Romainville, broyaient
les ordures. En 1912, elles furent converties en UIOM. L’unité actuelle d’Issy-les-Moulineaux date de
1965, celle d’Ivry de 1969. L’usine de saint Ouen actuelle a remplacé en 1990 l’unité mise en service en
1954. L’unité de Romainville a été transformée en centre de tri et de transfert des déchets.

45
Tab. 13. Etat de la mise au norme des incinérateurs franciliens en 2004

Situation par rapport à la réglementation qui sera


opposable le 28 12 2005
usine Capacité en PCDD/F
Mise en service Poussières et métaux lourd
(t/h)
Rungis 8,5 1984
8,5 1984
Carrières/Poissy 7,5 1998
7,5 1998
L’Aumône 10,5 1995
10,5 1995
Monthyon 7 1998
7 1998
4 1998
Carrières/Seine 9,5 1977
9,5 1988
2,5 1973
St-Thibault 8 1985
12 1995
Vaux le Pénil 16 2002
15 2000
Créteil 15 2000
2
Villejust 6 1972
8 1984
Vt-le-Grand 14 1998
14 1998
Montereau 4.2 1993
10,1 1975
Thiverval 10,1 1975
14,7 1994
4 1998
Guerville 4 1998
4 1998
Massy 5,5 1986
5,5 1987
19 1965
Issy 19 1965
19 1965
19 1965
28 1990
St-Ouen 28 1990
28 1990
Ivry 50 1969
50 1969
7,5 1974
Argenteuil 7,5 1974
9 1997
Sarcelles 10 1978
Chaque ligne représente un four. Par exemple, l’usine de Rungis comprend 2 lignes de fours de 8,5 tonnes
heures de capacité.

Hors normes Normes respectées

46
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Toutes les usines sont équipées de fours classiques à grille, à l’exception de celles de Guerville
et de Monthyon qui utilisent la technologie du lit fluidisé (dans cette dernière unité sur un seul
four de 4t/h). Le traitement des fumées se fait pour 78% des capacités par voie humide, 17% par
voie semi-humide et 5% par voie sèche. Toutes les usines valorisent la chaleur produite, à
l’exception de celle de Montereau.

Une mise aux normes à compléter


Si tous les incinérateurs franciliens respectent aujourd’hui les prescriptions de l’arrêté du 25
janvier 199111 (ceux-ci avaient jusqu’au 1/12/96 pour s’y conformer), celles des normes les plus
récentes ne se fait que progressivement. Un bilan établi en 1999 de l’état du parc au regard de la
réglementation, indiquait que 56% des capacités respectaient les prescriptions de la directive
Lepage pour l’émission des poussières et des métaux lourds, 29% pour les gaz acides, 14%
égalaient ou s’établissaient sous le seuil de 0,1 ng/m3 de PCDD/F.

En 2002, la mesure des émissions de Pb, Cr, Cu, Mn, Ni, As réalisée dans le cadre du suivi
initié par le Ministère de l’environnement et du développement durable (MEDD) a montré des
dépassements de la norme (fixée à 0,5 mg/m3 selon l’arrêté ministériel de septembre 2002, qui
sera opposable à partir du 28 12 2005) sur les incinérateurs de Saint Thibault (un four de 8t/h),
Guerville (un four), Massy (un four), et Ivry (les deux fours), totalisant 117, 5 t/h, soit 21,6%
des capacités de l’époque. Les autres installations émettaient moins de 0,35 mg/m3 de ces
éléments. S’agissant de Hg et Cd, aucun dépassement n’avait été enregistré cette année là
(figure 6).

11
Début 93, les incinérateurs aux normes en Ile-de-France desservaient 50% de la population ; fin 94 ils
en desservaient 63% et 90% au 30 juin 1996. Généralement, le respect de cet arrêté permet de limiter les
émissions de PCDD/F entre 1 et 15 ng/m3 (Incinération et santé – Exposition aux dioxines de la
population vivant à proximité des incinérateurs ; AFSSA, InVS, p. 26).

47
Incinération et santé

Figure 6a : Somme des émissions de Pb, Cu, Cr, Mn, Ni, As en sortie de cheminée des
UIOM franciliennes (valeurs 2002, en mg/NM3)
mg 4,8

0,9
0,8
0,8

0,7 0,6
0,6
0,6 0,6
Seuil réglementaire opposable en 2005
0,5 0,5 0,5
0,4 0,4
0,4 0,3
0,3
0,3 0,3
0,3 0,3 0,3
0,2
0,2 0,2 0,2 0,2
0,2 0,1 0,1 0,1 0,1
0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
0,1 0,1 0,1
0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1
0,0 0,0
0
lle

l
n

on

rd
s

is

s
ne

sy

y
sy
y

ui
us
ne

lle
yo

ue

r
ss

ng
eG

Iv
Is
vi

as
ei

i-G

rte
ilj
V

/P

e
O
th

/S

Ru
r

rc
V

rtl
ue
b/

A
St
r
M

Th
r

Ca

Sa
hi

Ca

V
G
/T
St

Figure 6b : Somme des émissions de mercure et de cadmium en sortie de cheminée des


UIOM franciliennes (valeurs 2002 en mg/NM3)

0,12
mg

0,10
0,10

0,08

0,08

0,07
0,06

0,06 0,06
0,05
0,05 0,05
0,04
0,04 0,04 0,04 0,04
0,04 0,04 0,04 0,03 0,03 0,03
0,03 0,03 0,03 0,03
0,03
0,02 0,02 0,02 0,02
0,02 0,02 0,02 0,02
0,02 0,02
0,01
0,01
0,01 0,01
0,01 0,01 0,01
0,00
0,00
0,00
e*
on

ry
n

rd
s

s
y
ne

sy

l
sy

is
t

ui
us
ne

le
yo

ss

ue

ng

Iv
eG
ill

Is
as
ei

i-G

rte

el
ilj
r/P
V

th

O
r/S

rv

Ru
M

rc
rtl
b/

A
St
M

Th
Ca

ue

Sa
hi

Ca

V
G
/T
St

Pour chacun de ces éléments, le seuil réglementaire est de 0,05 mg/NM3

48
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Les mesures réalisées en 2003 indiquent des dépassements de seuils pour le plomb, le chrome,
le cuivre, le manganèse, le nickel et l’arsenic pour les incinérateurs de Montereau, de Massy et
de Sarcelles ; des dépassements de seuils de Hg+Cd pour Massy, Créteil et Monthyon.

En 2003, La mesure des teneurs de PCDD/F en sortie de cheminée a porté sur 17 incinérateurs
(n’ont pas été mesurés Guerville et Vaux le pénil, de même que le four de 9 t/h d’Argenteuil),
soit une capacité de 525 t/h reparties en 38 lignes de fours. Sur ce total, des dépassements du
seuil de 0,1 ng/m3 ont été constatés sur sept incinérateurs (plus un four de l’unité de Saint-Ouen
l’Aumône ; figure 7), totalisant 66,9% de la capacité de traitement mesurée. Les concentrations
les plus élevées provenaient de l’incinérateur d’Argenteuil, notamment sa ligne la plus ancienne,
qui a affiché des valeurs de 11,4 ng/m3, des unités du SYCTOM et de l’usine de Massy
(figure 7).

49
Incinération et santé

Figure 7 : Teneurs de PCDD/F émises en 2003 par les incinérateurs franciliens


2,2 1,7 2,8 2,6 2,1 11,4 3,4
1,5

1,4
1,3 1,3

Seuil
1,2
réglementaire 1,1 1,1

opposable en 1
1
2005
0,8
0,8
0,7
ng/m3

0,6
0,5 0,5

0,4
0,3

0,2 0,2
0,2
0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1

0
Villejust

Vaux le Pénil
Guerville

St Ouen l'Aumône
Argenteuil
Car/Poissy

Rungis

Sarcelles
St/Thib/Vnes

Massy
Car/Seine

Thiv-Gon

Créteil
Monthyon

Issy

Ivry
das
St Ouen
Vert le Grd
Montereau

Tab. 14 : Programme de modernisation des incinérateurs franciliens


Unité Travaux Début Fin Détail Capacité Remarque
à réaliser (t/h)
Argenteuil Traitement des 2004 2006 Reconstruction des lignes anciennes Contrôle en continu des teneurs
fumées et remplacement par une ligne de 15 en PCDD/F
24
tonnes ; améliorations sur le four le
plus récent
Issy les Moulineaux Démolition et 2007 Entre autre, mise aux normes des La nouvelle unité aura une
reconstruction installations 76 capacité inférieure à l’ancienne
d’un autre unité
Ivry Traitement des 2002 Fin Captation des PCDD/F ;
fumées 2005 amélioration de la captation de SOx,
NOx poussières, ML, HCl ; 100
traitement des eaux de lavage des
fumées
Rungis Traitement des 2004 2005
NOx et autres
polluants des
fumées
Villejust Contrôle en
continu des
PCDD/F
Vaux le Pénil Contrôle en
continu des
PCDD/F

50
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

L’obligation de se conformer d’ici décembre 2005 au respect des normes de l’arrêté de


septembre 2002, entraîne un programme de modernisation de certains incinérateurs dont le
contenu est détaillé pour chaque unité dans le tableau 14.

A terme, devront être améliorées les performances des incinérateurs de Sarcelles, Massy,
Guerville, Thiverval-Grignon et les trois unités du Syctom.

Un potentiel de pollution important


On suppose que la totalité des capacités disponibles d’incinération est utilisée en Île-de-France.
Le tonnage des déchets ménagers incinérés annuellement peu alors être évalué de la façon
suivante :

Capacité d’incinération horaire totale X 7 500 heures*

* : durée annuelle de fonctionnement d’un incinérateur

Soit : 560 X 7 500 = 4 200 000 tonnes de déchets incinérés/an. En réalité, selon les enquêtes
réalisées auprès des maîtres d’ouvrage, la quantité totale incinérée est moindre, et ce pour de
multiples causes : variabilité du pouvoir calorifique inférieur (PCI) des déchets, surcapacité de
certaines unités au regard des productions de déchets, arrêts techniques ou dysfonctionnement
des fours.

Pour la simplicité de l’exercice, c’est la capacité nominale des incinérateurs qui sera considérée
pour les différentes estimations présentées dans les pages qui suivent. Cette capacité équivaut à
la production 2 436.107 de m3 (un peu plus de 24 milliards de m3 ) de gaz de combustion par an,
si l’on additionne les volumes de gaz rejetés par toutes les cheminées des incinérateurs en
opération en Île-de-France.

51
Incinération et santé

Tab. 15 : Estimation des quantités de polluants libérées en l’absence de dépollution (en


tonnes, sauf pour les PCDD/F exprimées en grammes)
Teneurs en mg/m3 – Volume en m3 – Quantité en tonnes

Eléments Teneurs minimales Teneurs maximales Volume des gaz émis Quantité min. Quantité max.

Poussières 1500 5000 2 436.107 36 540 121 800

HCl 800 1200 2 436.107 19 488 29 232

SO2 300 400 2 436.107 7 308 9 744

Nox 400 500 2 436.107 9 744 12 180

Pb 15 20 2 436.107 365,4 487,2

Cd 1,2 2 436.107 29,232

Hg 0,8 1,5 2 436.107 19,488 36,54

PCDD/F 0,0000002 0,00001 2 436.107 48,72 2 436,0

Tab. 16 : Estimation des quantités totales de polluants contenus dans les cendres volantes
produites par les incinérateurs franciliens

Zn Pb Cu Sn Mn Cd Cr Ni As Hg Total PCDD/F

Teneur (mg/kg)* 20385 6626 1002 592 475 317 263 64 20 28 29 772 4,3.10-8

Quantité 759,2 246,78 37,32 22,05 17,69 11,81 9,8 2,38 0,74 1,04 1 108,84 160,19
minimale émise

Quantité 2530,8 822,61 124,4 73,5 58,97 39,36 32,65 7,95 2,48 3,48 3 696,18 533,96
maximale émise
* Selon, POLDEN (1998), in « l’incinération des déchets et la santé publique », SFSP, p.235
Quantités de métaux en tonnes ; quantités de PCDD/F en grammes
Les quantités minimales et maximales de métaux lourds sont calculées à partir des quantités minimales et
maximales de cendres émises figurant dans le tableau précédent (colonnes 5 et 6, première ligne).

52
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Si les incinérateurs franciliens laissaient librement échapper leurs gaz sans dépollution, les
quantités de polluants libérés seraient assez conséquentes (tableau 15).
Les métaux lourds libérés sont pour l’essentiel concentrés dans les poussières, qui retiennent
également des PCDD/F. Une estimation des quantités des différents métaux libérés et de
PCDD/F peut-être réalisée à partir de la composition moyenne des cendres volantes récupérées
par le lavage des fumées (SFSP, 1999).
Ainsi, calculé sur la base de la composition des cendres volantes, la totalité des incinérateurs
franciliens auraient rejeté dans le milieu, en l’absence d’une épuration préalable des fumées,
entre 1 100 et 3 600 tonnes de métaux lourds et entre 160 et 530 grammes de PCDD/F (tableau
16).
Le même calcul, fait sur la base des quantités de cendres volantes produites par l’incinération
d’une tonne de déchet12, aboutit à un chiffrage sensiblement différent. Les quantités minimales
et maximales annuelles de métaux lourds seraient d’environ 1 700 et 3 100 tonnes,
respectivement; celles de PCDD/F de 256 et 451 grammes, respectivement. Ces chiffres doivent
cependant être regardés comme des ordres de grandeur.

Le lavage et le dépoussiérage des fumées permettent de piéger une grande partie de cette
pollution sous forme solide (cendres) ou liquide (effluents résultant du lavage des fumées
contenant des acides en solution, des métaux lourds, des sels) et sa neutralisation ultérieure
(enfouissement en décharge de classe I pour les cendres, épuration des eaux de lavage avant leur
rejet dans le milieu), une condition nécessaire pour éviter son transfert dans l’environnement.

Mais en dépit d’un taux d’abattement important de la pollution, l’incinération en rejète une
partie, si minime soit-elle, dans l’atmosphère, qui va s’ajouter aux polluants des émissions
industrielles, routières et mêmes agricoles dans le cas de dispersion des pesticides. «La présence
de divers polluants dans le milieu atmosphérique [ … ] résulte de processus naturels (remise en
suspension de particules par le vent, activité volcanique …) et anthropiques (industries diverses,
trafic automobile, usines d’incinération, chauffage domestique) [ … ] En milieu urbain, l’étude
physico-chimique des retombées atmosphériques est particulièrement intéressante car les
sources locales et fixes jouent un rôle prépondérant dans les apports de métaux traces à
l’atmosphère » (Azimi et al, conférence AERMC – MATE, Lyon, 2001).

12
A raison de 17 à 30 kg de cendres produites par tonne de déchet incinérée, on aboutit pour l’Ile-de-
France à une fourchette pour ce matériau comprise entre 59 500 et 105 000 tonnes/an.

53
Incinération et santé

Tab. 17 : Composition des REFIOM

Ana. Pb Zn Cu Hg Cr Ni Cd As Sn Mn Ba V Sb Tl (A) (B) PCDD/F(3)

Cendres
47 4110 12618,6 762,6 40,66 205,3 83 221 16 571,3 463,3 551 27 3,53 12 1,045 3,11 1718
volantes (1)

Cendres ss
23 828,2 5296,6 2200 1,795 223,5 60 35 9,49 249,5 656,7 837 43 0,44 20,7 1,955 2,30 256.,8
chaudière (1)

« Gâteau » (1) 36 4168 13271,76 1368 378 222,87 81 210 15,8 618,5 845,1 507 57 2,14 13,1 1,681 6,05 17768,0

Cendres
15 à 28 6626 20385 1002 28 263 64 317 20 592 475 4301
volantes (2)

"Gâteau"(2) 8 à 13 9039 18750 1145 119 344 142 425 29 1140 1411 17769

Ana : nombre d’analyses – (A) : COT, en % - (B) : imbrûlés, en % Métaux lourds, en mg/kg de matière sèche –
PCDD/F, en ng/kg de MS
Sources : (1), MATE/TIRU (1997) – (2), POLDEN, 1998, in « l’incinération des déchets et la santé publique »,
SFSP, 1999, p.235 – (3) une seules analyse par catégorie

Tab. 18 : Production annuelle de REFIOM en Île-de-France et flux de métaux lourds

Sous-produit Procédé Total Ratio sous- Total sous Teneur métaux Cd, Total
incinéré produit produit Cr, Cu, Hg, Ni, Pb, Zn métaux
(tonne) (kg/t)) (tonne) (mg/kg) (tonne)

Cendres volantes humide 3 274 500,00 20,00 65 490,00 27 783,00 1 819,51


Cendres volantes semi-humide 825 500,00 30,00 24 765,00 27 783,00 688,05
Gâteau humide 3 2745 00,00 5,00 16 372,50 30 964,00 506,96
Total 106 227,5 3 014,52

54
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Les déchets ménagers détruits par incinération le sont généralement à proximité ou à l’intérieur
du tissu urbain, ce qui permet de récupérer l’énergie produite, et justifie ce mode d’élimination
en zone agglomérée. C’est le cas de l’Île-de-France, où les incinérateurs des première et
deuxième générations se situent dans un contexte fortement urbanisé.

La pollution confinée : REFIOM et effluents de lavage des


fumées

L’épuration des fumées retient la majeure partie de la pollution dans les rejets solides que sont
les REFIOM et les effluent de lavage des fumées (dans le cas du procédé de traitement par
voie humide). Les mâchefers, qui représentent la fraction incombustible des déchets, retiennent
également une partie des polluants.
L’inertage des REFIOM et leur confinement en CET de classe I séquestre cette pollution dans
des conditions qui évitent son transfert dans le milieu. Les mâchefers, produits en plus grande
quantité, ont une charge polluante moindre et peuvent faire l’objet d’un recyclage en technique
routière.
On peut tenter d’évaluer pour l’Île-de-France, les quantités de métaux lourds et de PCDD/F
piégées annuellement dans les REFIOM. Partant des concentrations de ces éléments (tableau
17) et des données suivantes :
- tonnage/an incinéré d’ordures ménagères (et de DIB) : 4 100 000 (égal à la capacité
nominale totale d’incinération du parc francilien (ORDIF, 2003)13,
- estimation de la quantité moyenne de mâchefers produite par tonne de déchets incinérés :
240 kg, (SFSP 1999, p. 43),
- quantité d’OM incinérées par voie humide : 3 274 500 tonnes,
- quantité d’OM incinérées par voie semi-humide et sèche : 825 500 tonnes,
- estimation de la quantité moyenne de REFIOM/tonne produite par voie humide : 25 kg (20
kg de cendres volantes + 5 kg de « gâteau », SFSP, 1999, p. 44),
- estimation de la quantité moyenne de REFIOM/tonne produite par voie semi-humide et
sèche : 30 kg (25 kg de cendres volantes + 5 kg de cendres sous chaudière),
on obtient une production annuelle pour l’Île-de-France de 106 227 tonnes de REFIOM (tableau
18).

13
Dans un récent rapport, l’ORDIF (2005) évalue à 4 089 000 tonnes les capacités techniques
d’incinération des unités franciliennes (p. 29), dont 95% réellement utilisées (p. 37).

55
Incinération et santé

Figure. 8 : Emission de PM en tonnes liée à l’incinération

100

90

80

70

60
En tonnes

50

40

30

20

10

0
Paris Seine-et- Yvelines Essonne Hauts-de- Seine-St- Val-de- Val-d'Oise
Marne Seine Denis Marne

Source : DRIRE Île-de-France/AIRPARIF. Inventaire des émissions, année 2000

Tab. 19 : Métaux lourds rejetés dans l’atmosphère par les incinérateurs franciliens (en
tonnes)

Total Pb+Cr+Cu+Mn Total Ni+As Total Hg+Cd Total


Valeur 2000 5,55 1,3 0,92 7,77
Valeur 2002 7,01 0,821 0,84 8,67
Valeur 2003 6,34 0,745 0,88 7,97
Valeur 2004 5,84 0,32 0,75 6,90
Remarques : Pas de mesures pour Montereau en 2000 et 2002 ; pas de mesure pour Vaux le Pénil en
2000, 2002 et 2003.
Pas de mesures sur le four DAS de Créteil en 2000. La même année, les mesures de Tl, Co, Sb, V, Sn
pour Guerville ont été ajoutées
En 2002 et 2003 pour Créteil : pas de mesure de Cd sur les deux fours de 15 t mais mesure en plus de Sb,
Co, V.
Les valeurs 2001 n’ont pas été prises en compte car il n’y a pas eut de mesures sur Saint Thibault,
Monthyon, Issy, Créteil, Ivry.

56
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Les REFIOM (cendres et gâteau) ne représentent que 2,6% des déchets mais séquestrent ou
immobilisent quelques 3 000 tonnes de métaux lourds évacués en décharge de classe I.

La pollution rejetée : émissions atmosphériques et mâchefers

Les émissions atmosphériques

Le Ministère de l’environnement et du développement durable (MEDD) a mis en place, à partir


de 1997, un contrôle annuel à l’échelle nationale des émissions des incinérateurs pour les
métaux lourds suivants : Pb, Cr, Cu, Mn, Ni, As, Cd, Hg ainsi que pour les PCDD/F (une
mesure de 6 heures/an). Les dernières données disponibles pour ces deux séries d’éléments
remontent à 2004.

Des données sur les polluants gazeux (dioxyde de soufre, oxydes d’azote) et les particules
proviennent de l’inventaire des émissions réalisé en 2000 par Airparif pour le compte de la
DRIRE dans le cadre du Plan de protection de l’atmosphère (PPA).

Les particules
Les émissions de particules, toutes sources confondues, s’élèvent à un peu plus de vingt mille
tonnes en Île-de-France (DRIRE Île-de-France/AIRPARIF, 2000). Ce sont les secteurs des
transports routiers et des procédés de production qui en sont les principaux émetteurs.

L’incinération des déchets émet 292 tonnes de particules en Île-de-France (figure 8), ce qui
représente un peu moins de 2 % des émissions totales.

Métaux lourds
Les valeurs extraites des données du Ministère de l’environnement et du développement durable
(MEDD) pour les incinérateurs franciliens donnent les tonnages sortis des cheminées en 2000,
2002, 2003 et 2004 (tableau 19). Globalement, on constate une légère décroissances des
quantités rejetées en l’espace de quatre ans.
A eux seuls, les trois unités du Syctom rejettent 57% des métaux lourds émis par les
incinérateurs de la région.

57
Incinération et santé

Figure 9 : Flux des émissions atmosphériques de métaux lourds des UIOM


franciliennes en 2002 et 2003

Tonnes 3,2
2,2
2,0

1,5
1,5
1,3 1,3

1,0

1,0
0,8

0,6
0,5 0,5
0,5 0,4 0,4
0,3 0,3 0,3
0,2 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1 0,2 0,2 0,2
0,1 0,1 0,1 0,1
0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1

0,0
y

ry
sy
sy
s

on
is

ne

rd

n
au
t

s
ui

us
ne

le
ss
ill

yo

ue
ng

Iv
eG

Is
as
ei

re

i-G
rte

el
ilj
r/P
rv

O
th
Ru

r/S

M
te

rc
rtl
V
b/
ue

St
M

Th
Ca

on

Sa
hi

Ca

V
G

M
/T
St

valeurs 2002 valeurs 2003

Source : MEDD, 2002 – 2003. In mesures annuelles nationales d’émissions des UIOM

Figure 10 : Répartition par département des émissions de métaux lourds issus de


l’incinération en 2002

4000

3500

3000

2500
En kg

2000

1500

1000

500

0
Paris Seine-et- Yvelines Essonne Hauts-de- Seine-St- Val-de- Val-d'Oise
Marne Seine Denis Marne

Source : MEDD, 2002

58
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Cette quantité représente un peu plus de la moitié de celle qui serait rejetée selon les seuils de
l’arrêté 2002 (soit 14,5 tonnes14). L’utilisation des meilleures technologies disponibles (que
préconise la réglementation) permet un abaissement des seuils d’émission en deçà de ceux fixés
par les textes (en dépit de quelques dépassements de norme, comme on l’a vu).

Par incinérateur, les quantités émises sont représentées dans la figure 9 pour les années 2002 et
2003.
Si l’on confronte les émissions de métaux lourds par les incinérateurs en 2002 avec le total des
émissions de métaux lourds en Île-de-France, toutes sources confondues mesurées par le
CITEPA (2004), on constate qu’elles représentent, pour le total de Pb+Cr+Cu+Ni+As+Hg+Cd,
9% des quantités émises, mais près de 40% des émissions de mercure et de cadmium.

En conclusion, en terme d’exposition des populations et pour les métaux lourds, l’impact des
incinérateurs modernes apparaît comme faible.
Une comparaison régionale de la répartition des émissions fait ressortir le poids des
départements du Val de Marne, des Hauts de Seine et de l’Essonne (figure 10) où sont localisées
les plus importantes UIOM de la région.

14
Seuils de l’arrêté de 2002 pour les métaux lourds : Cd = 0,05 mg/Nm3, Hg = 0,05 mg/Nm3 ; total autres métaux
lourds = 0,5 mg/ Nm3 - Total des déchets incinérés : 4,1 millions de tonnes/an. Volume de fumées émises = 2378.107.
Total cadmium+ mercure émis = 2,4 t/an. Total autres métaux lourds = environ 12 t/an

59
Incinération et santé

Fig 11 : Rejets atmosphériques de métaux lourds en kg par 1000 tonnes incinérées


Kg 15,4

8 7,18
8
7
7
6 5,14
6
5 4,2
5
4 3,34
4 2,91
2,58 2,5
3 2,1 2,03
3 1,9 1,9 2,01 1,8
2 1,4 1,35 1,37 1,49 1,5
1,12 1,2
2 0,92 0,8 0,8
0,5 0,6 0,66 0,6 0,6
1 0,2 0,09 0,14 0,21 0,29 0,31
1
0

ry
y

on

sy
s

y
l

t
e

on

rd

s
is

u
n
ui

us
ne

lle
ill

ss

s
ea
ue
ng

Iv
eG

Is

as
y
ei

i-G
rte

ilj
r/P
rv

/V

er
th

O
Ru

r/S

M
rc
V
rtl
A
ue

t
St
M
ib

Th
Ca

on
Sa
Ca

V
G

M
/T
St

valeurs 2002 valeurs 2003

Fig 12 et 13 : Variation des émissions de métaux lourds

800

700

600

500

400

300

200

100

0
total métaux 2000 (kg) total métaux 2001 (kg) total métaux 2002 (kg)

Rungis Carrières/Poissy ST Ouen l'Aumône Carrière/Seine

5,00 Variation kg/1000T incinérées

4,00

3,00

2,00

1,00

0,00
2000 2001 2002 2003
Guerville Arteuil St/Thib/Vnes Viljust

Source : MEDD In mesures annuelles nationales d’émissions des UIOM

60
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

La pollution émise par incinérateur, rapportée à 1000 tonnes de déchets incinérés, qui reflète le
taux d’épuration des fumées, est représentée dans la figure 11 ci-contre.

On rappelle, selon les mesures de 2002, qu’il y a eu dépassement de la norme pour Pb, Cr, Cu,
Mn, Ni, As, pour les incinérateurs de Massy (l’un de ses fours), Ivry (les deux fours), Guerville
(un four) et Saint Thibault (un four), alors qu’aucun dépassement n’était constaté pour le
mercure et le cadmium.

Les variations du total des émissions depuis 2000 montrent pour un certain nombre
d’incinérateurs des baisses des quantités de métaux lourds émises (figure 12). Une variation
importante est constatée pour l’incinérateur de Carrières-sur-Seine qui a divisé par un facteur de
5 ses émissions.

Un autre groupe d’incinérateurs montre une variation des émissions en dent de scie, mais
cependant en baisse entre 2000 et 2003 (figure 13).

61
Incinération et santé

Tab. 20 : Emissions de dioxine en France, en 2002 et principales sources


Secteurs Emissions en 2002 en g ITEQ15 %

UIOM 212,2 55,8%


Agglomération de minerai 55,7 14,7%
Brûlage de câbles 40,0 10,5%

Combustion de bois dans le résidentiel 28,7 7,6%

Aciérie électrique 13,6 3,6%

Aluminium de 2nd fusion 6,0 1,6%

Incinération des boues de STEP 5,8 1,5%

Incinération des DIS 3,4 0,9%

Sources diverses 14,5 3,8%

Total France 380,0 100,0%

Source : Berthier, F. et Vanlaer, H., d’après les données du CITEPA/UNECE, déc. 2003

Figure 14 : Corrélation entre la capacité d’incinération et les émissions de PCDD/F en Île-


de-France

160
Capacité d'incinération (t/h)

140
120
100
80
60
40
20
0
0 5 10 15 20 25
Emission de PCDDF (gr)

15
Voir annexe 4

62
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Dioxines et furannes (PCDD/F)


Les dioxines et furannes entrent dans la catégorie des Polluants organiques persistants (POPs).
Ce sont des molécules complexes qui, contrairement aux autres polluants atmosphériques, ne
sont pas définies en fonction de leur nature chimique mais à partir de quatre propriétés qui sont :

- la toxicité : elles présentent un ou plusieurs impacts prouvés sur la santé humaine ;


- la persistance dans l’environnement : ce sont des molécules résistantes aux dégradations
biologiques naturelles. Elles se dégradent de 50% sur une durée de 7 à 8 ans ;
- la bioaccumulation : ce sont des molécules qui s’accumulent dans les tissus vivants, avec
des concentrations qui augmentent le long de la chaîne alimentaire (bioamplification) ;
- le transport longue distance : de par leur propriétés de persistance et de bioaccumulation, les
POPs peuvent se déplacer sur de très longues distances et se déposer loin des lieux
d’émission, typiquement des milieux chauds et tempérés (à forte activité humaine) vers les
milieux froids (en particulier les régions arctiques).

L’incinération des déchets ménagers représenterait la principale source de production de


dioxines, avec près de 60% du total des émissions au plan national (tableau 20).
Les émissions liées à l’incinération diminuent cependant depuis le milieu des années 1990,
notamment grâce l’arrêté du 25 janvier 1991 qui obligeait de porter les gaz issus de la
combustion à 850°C pendant 2 secondes afin de détruire les dioxines formées à des
températures plus basses. Les usines existantes devaient se mettre en conformité au plus tard le
1er décembre 1996 pour celles dont la capacité était égale ou supérieure à 6 tonnes par heure, et
au 1er décembre 2000 pour celles de capacité inférieure. L’arrêté ministériel de septembre 2002
qui fixe le seuil d’émission à 0,1 ng/m3 va contribuer de nouveau à abaisser les rejets de
PCDD/F issus de l’incinération.

63
Tab. 21 : Flux de PCDD/F des UIOM franciliennes, en grammes par an
respect respect
Commune C/T/h 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 norme 2003 norme 2004

St/Thib/Vnes 8 1,11 0,59 NIL 1,81 0,63 0,035 0,035 Oui Oui
12 2,82 2,45 NIL 1,98 2,03 0,05 0,05 Oui Oui
Monthyon 7 0,03 0,03 0,03 0,09 0,03 0,03 0,06 Oui Non
7 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,06 Oui Non
4 1,11 10,09 2,63 0,89 3,04 Non Non
Montereau 4,2 0,01 Oui Oui
Carrières/Seine 9,5 0,33 0,04 0,04 0,12 0,04 0,04 0,04 Oui Oui
9,5 0,95 0,04 0,25 0,04 0,04 0,04 0,04 Oui Oui
Carrières/Pssy 7,5 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 Oui Oui
7,5 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 Oui Oui
Thiverval- 10,1 0,44 0,09 0,09 0,18 0,18 0,35 0,26 Non Non
Grignon 10,1 0,18 0,31 0,18 0,31 0,18 0,22 0,22 Non Non
0,06 Oui
14,7 0,13 0,13 0,13 0,06 0,06 0,19 Non
Guerville 4 0,35 0,035 0,087 0,05 0,02 Non Oui
4 0,26 0,035 0,26 0,035 0,035 Non Non
4 1,25 0,05 0,05 0,02 Non Oui
Massy 5,5 1,87 1,77 0,31 0,53 1,65 Non Non
5,5 1,1 1,51 0,31 0,07 Non Non
Villejust 6 3,05 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 0,03 Oui Oui
8 0,035 0,035 0,035 0,035 0,03 0,035 Oui Oui
Vert le Grand 14 0,06 0,06 0,06 0,06 0,06 0,06 Oui Oui
14 0,06 0,06 0,06 0,06 0,06 0,06 Oui Oui
Issy 19 3,8 1,9 1,07 1,15 1,9 1,4 0,41 Non Non
19 0,33 1,32 0,99 2,81 1,07 4,3 Non Non
19 0,91 1,07 1,24 1,4 1,82 2,31 2,4 Non Non
19 1,32 1,57 1,49 1,15 4,79 2,15 3,3 Non Non
St Ouen 28 2,07 1,46 1,7 1,95 2,07 1,22 2,19 Non Non
28 1,7 2,44 1,46 1,7 1,95 2,56 3,65 Non Non
28 2,31 1,83 1,34 1,34 1,34 1,34 1,46 Non Non
Créteil 15 0,42 0,065 0,065 0,065 0,065 Oui Oui
15 0,42 0,065 0,065 0,065 0,065 Oui Oui
2 0,38 0,009 Oui ?
Rungis 8,5 1,03 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 0,04 Oui Oui
8,5 0,37* 1,51 0,04 0,04 0,04 0,04 Oui Oui
Ivry 50 3,91 9,79 3,48 3,04 3,26 2,39 5,22 Non Non
50 4,57 3,7 4,57 3,48 4,35 3,26 4,13 Non Non
Argenteuil 7,5 2,93 1,47 0,26 1,4 1,99 1,1 0,23 Non Non
7,5 1,7 1,83 0,81 0,65 1,89 3,7 0,95 Non Non
9 0,39 0,27 0,23 0,27 0,23 Non Non
Sarcelles 10 0,43 2,22 0,7 0,7 0,3 0,22 0,35 Non Non
10 1,22 0,43 1,13 0,96 0,78 0,09 0,39 Non Non
St Ouen 0,09 Non
l’Aumône 10,5 0,27 0,55 0,09 0,068 0,5 0,05 Oui
10,5 0,14 0,09 0,14 0,045 0,18 0,09 0,09 Non Non
Vaux le Pénil 16 0,035 Oui Oui
562,1 42,245 36,645 25,152 26,838 34,665 25,244 35,5
Non encore construit ou non opérationnel Pas de mesure

64
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Les émissions atmosphériques de PCDD/F pour l’année 2000 en Île-de-France, toutes sources
confondues, représentaient 101,27g (CITEPA, 2004). Si l’on met en perspective cette valeur
avec les quantités de dioxines émises cette même année par l’ensemble des incinérateurs
franciliens et mesurées dans le cadre du suivi instauré par le MEDD, la part de l’incinération
serait de 24,6%. Il existe une bonne corrélation entre la capacité d’incinération des départements
et les émissions départementales de PCDD/F, comme l’indique la figure 14.

Les valeurs des émissions de PCDD/F par les incinérateurs franciliens depuis 1998 figurent
dans le tableau 21.
En l’espace de six ans, on constate une réduction d’un peu plus une fois et demi du flux total de
PCDD/F (figure 15). La comparaison des valeurs totales annuelles entre elles n’est pas
significative dans la mesure où, dans la période considérée, les points d’émissions (les UIOM en
l’occurrence) ne sont pas constants (début de fonctionnement de Carrières sous Poissy et Vert le
Grand en 1999 ; début de Créteil en 2000). En outre, certaines années, des incinérateurs n’ont
pas fait l’objet de mesures.

La variation du flux observée sur les lignes de fours ayant fait l’objet de mesures annuelles
régulières, soit un total de capacités d’incinération de 388 t/h, montre une augmentation du flux
en 2003 avec un total, cette année là, supérieur au total de l’année 2000.

La décroissance globale des émissions, constatée entre 1998 et 2003, est la conséquence logique
de la mise aux normes progressive des incinérateurs. On rappellera que sans épuration des
fumées, les incinérateurs franciliens émettraient entre 160 et 530 grammes/an de PCDD/F.

Une fois la totalité des incinérateurs aux normes, le flux annuel de PCDD/F en Île-de-France
issu de l’incinération des déchets ne devrait pas excéder 2,4 grammes. Cette valeur devra être
atteinte à compter du 28 décembre 2005, date limite fixée par la loi pour le respect de la norme
des 0,1 ng par tous les incinérateurs.

65
Incinération et santé

Figure 15 : Emissions atmosphériques de PCDD/F imputables à l’incinération en Île-de-


France

Grammes
45

40

35

30

25

20

15
Flux 1998 Flux 1999 Flux 2000 Flux 2001 Flux 2002 Flux 2003

Source : MEDD, In mesures annuelles nationales d’émissions des UIOM

Figure 16 : Flux de PCDD/F dans les rejets atmosphériques des UIOM franciliennes
(valeurs 2003, en mg par 10 000 tonnes de déchets incinérés)

mg
300
266,7

250

200

150
121,6
101,8
100 75,3 81,3

50 29,0
20,7
2,9 3,2 5,3 5,6 5,7 5,7 5,7 5,8 6,3 8,9

0
n

is

on

l
s

ry

n
ne
au
rd

sy
y

ui
us
ne

le
yo

ue
ss

s
ng

Iv
eG

Is
as
ei
re

i-G

rte
el
ilj
r/P

O
th

Ru
r/S
te

M
rc
V
rtl

b/

A
St
M

Th
on

Ca

Sa
hi
Ca
V

/T
St

Source
: MEDD, In mesures annuelles nationales d’émissions des UIOM

66
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Les concentrations en ng/m3 émises en 2003 par les incinérateurs figurent dans la partie du
rapport traitant de la réglementation (voir ci-avant).

Le flux de PCDD/F émis par unité de déchets incinérés (figure 16), permet d’identifier ceux des
incinérateurs dans lesquels l’abattement des rejets de dioxines est le moins performant. En 2003,
l’incinérateur d’Argenteuil a rejeté le plus de dioxines par 10 000 tonnes incinérées (267 mg),
suivi des incinérateurs d’Issy, Massy, Saint-Ouen, Ivry, Thiverval-Grignon, Sarcelles.

Le MEDD vient de rendre disponible les valeurs d’émissions de dioxines pour l’année 2004 des
IUOM au plan national. S’agissant des incinérateurs franciliens, 20 lignes de four, totalisant
185,9 t/h (soit 32,9% de la capacité totale d’incinération de la région), ont émis des dioxines à
des concentrations inférieures ou égales à la norme de 0,1 ng. Huit incinérateurs ne respectent
pas encore la norme, dont les incinérateurs du SYCTOM.
Les résultats des mesures incluent également celles du four de 4 t/h de l’incinérateur de
Monthyon, réalisées depuis 2000 (ces résultats n’étaient disponibles antérieurement). Celles-ci
affichent des valeurs élevées : 6,4 et 27,2 ng en 2000, 58 ng en 2001, 15,1 ng en 2002, 5,1 en
2003, 17,5 et 13,3 ng en 2004.

Les premières analyses disponibles pour la nouvelle usine de Vaux-le-Penil indiquent que cette
dernière respecte la norme de 0,1 ng/m3.

Le total des dioxines émises pour les UIOM franciliennes s’élevait à 35,96 grammes contre
25,24 grammes en 2003, pour une capacité d’incinération aux normes sensiblement identique.

67
Incinération et santé

Figure 17 : Emissions (en tonnes) de SO2 en Île-de-France liées à l’incinération des déchets

500

450

400

350

300

250

200

150

100

50

0
Paris Seine-et-Marne Yvelines Essonne Hauts-de-Seine Seine-St-Denis Val-de-Marne Val-d'Oise

Source : DRIRE Île-de-France/AIRPARIF. Inventaire des émissions, année 2000

Figure 18 : Emissions (en tonnes) de NOx en Île-de-France liées à l’incinération des


déchets

2500

2000

1500

1000

500

0
Paris Seine-et- Yvelines Essonne Hauts-de- Seine-St- Val-de-Marne Val-d'Oise
Marne Seine Denis

Source : DRIRE Île-de-France/AIRPARIF. Inventaire des émissions, année 2000

68
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Le dioxyde de soufre (SO2)


Les émissions de dioxyde de soufre, toutes sources confondues, s’élèvent pour l’année 2003 à
plus de 80 000 tonnes en Île-de-France.
L’incinération des déchets émet pour sa part 1 522 tonnes de SO2 soit un peu moins de 2 % des
émissions totales (figure 17).

Les oxydes d’azote (NOx)


Les émissions d’oxydes d’azote, toutes sources confondues, s’élèvent pour l’année 2003 à plus
de 164 610 tonnes en Île-de-France.
L’incinération des déchets émet pour sa part 7 030 tonnes de NOx soit un peu plus de 4 % des
émissions totales (figure 18).

Les mâchefers (MIOM et MIDIS 16)

Dans le cas des mâchefers, on ne peut pas parler de pollution « rejetée » dans le milieu au même
titre que les émissions atmosphériques. En effet, c’est à l’occasion de leur valorisation en
technique routière qu’il existe une possibilité de contamination des sols. On parlera plus ici de
risque de transfert de pollution (à la suite du recyclage du matériau) que de rejet de pollution
comme tel.

Comme pour le REFIOM, une fraction de la pollution des déchets se concentre dans les
mâchefers ainsi que l’indique leur composition chimique (tableau 22 et 23).

16
MIOM :Mâchefers d’Incinération d’Ordures Ménagères
MIDIS : Mâchefers d’Incinération des déchets Industriels Spéciaux

69
Incinération et santé

Tab. 22 Composition des mâchefers d’UIOM


Métaux : En mg/kg de MS – PCDD/F : en ng/kg de MS
Zn Pb Cu Mn Cr Sn Ni Cd As Hg PCDD/F
Minimum 1 250 431 910 630 165 <20 65 <2 <5 <0,05 4
Médiane 2 058 1 493 1327 800 446 156 104 11 7 1,03 7,3
Maximum 3 570 3 763 3 000 2 127 800 600 250 37 22 111 21
Moyenne 2 195 1 731 1 423 944 433 173 123 15 10 13 9,2
Nombre d’an. 18 21 18 18 18 16 18 19 11 18 5
Source : SFSP, 1999

Tab. 23. Moyenne des analyses en ETM et POP dans les MIOM et MIDIS
Pb Zn Cu Hg Cr Ni Cd As Sn Mn Ba V Sb Tl COT(A) (B)
(1) 2015,96 2117,58 1244,7928,84 457,08 105,75 16,5411,69150,33 1007,38 985,2931,671,0216,27 2,22 2,42 9,18
(2)3501,50 11726,00 7875,003,00 1263,00 4245,0084,0031,00499,50 1420,00 338,0046,500,1210,50 2,25 1,97 313,15
(1) Mâchefers d’OM – (2) Mâchefers de DIS – (A) Imbrûlés à 500°C – (B) PCDD/F, en ng/kg de MS
Données en mg/kg de MS, sauf pour PCDD/F. Source : MATE/TIRU, 1997

Figure 19 : Moyenne des concentrations de métaux lourds dans les mâchefers


3502 11726 7875 4245
3000
2016 2118
2000 1245 1420
1263
mg

1007 985
1000 457 338
106
0
Pb Zn Cu Cr Ni Mn Ba

150 500
100
84
80

60 47
mg

40 29 31 32
17 16
20 12 11
3 1 0 2 2
0
Hg Cd As Sn V Sb Tl COT

Mâchefer d'OM Mâchefer de DIS

Tab. 24 : Potentiel en métaux lourds des mâchefers franciliens


Total Ratio sous- Total sous Teneur métaux Cd, Cr, Cu, Total
Sous-produit incinéré* produit** produit* Hg, Ni, Pb, Zn*** métaux*
Mâchefers 4 100 000 240 984 000 5 986 5 890
* en tonnes - ** en kg/t - *** en mg/kg

70
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Des analyses de MIOM et MIDIS en provenance de huit incinérateurs dont les trois unités du
SYCTOM (46 analyses au total) ont été réalisées à la demande du MEDD (MATE/TIRU,
1997). Les valeurs moyennes figurent dans le tableau 23.
La figure 19, qui en est issue, indique des teneurs beaucoup plus élevées pour la majorité des
éléments dans les MIDIS, notamment pour le zinc, le cuivre et le nickel.

Mâchefers et métaux lourds


Si l’on reprend l’estimation de 4 100 000 tonnes incinérées en Île-de-France et la production
moyenne de 240 kg de mâchefers par tonne incinérée, on aboutit à une production annuelle de
mâchefers pour l’Île-de-France de 984 000 tonnes. La quantité de métaux lourds contenue dans
ces mâchefers peut alors être évaluée (Tableau 24).

Bien que moins chargés en éléments polluants que les REFIOM par unité de poids, les
mâchefers d’incinération d’ordures ménagères produits en Île-de-France représentent près de
6 000 tonnes de métaux lourds.

De par leurs propriétés mécaniques et leur texture, les mâchefers sont largement utilisés dans les
travaux publics après traitement préalable. Ceux classés maturables et valorisables (classes M et
V définies par l’arrêté de 1994) peuvent être recyclés en technique routière pour la réalisation
des sous-couches et des talus selon certaines conditions et prescriptions. Ils sont susceptibles, de
ce fait, de transférer une partie de leur pollution métallique dans le milieu.

71
Incinération et santé

Tab. 25 : Potentiel de relargage des métaux contenus dans les mâchefers


Valeurs en mg/kg
Classe imbrûlés soluble Hg Pb Cd As Cr6- SO42- COT

Valorisable <5% <5% <0,2 <10 <1 <2 <1,5 <10 000 <1 500
Mâturable <5% <10% <0,4 <50 <2 <4 <3 <15 000 <2 000
Stockable >5% >10% >0,4 >50 >2 >4 >3 >15 000 >2 000

Tab. 26 : Production de mâchefers


Triel Argenteuil Massy Isles les mel. ST Ouen Grand
(20000 – 2003) (2000-2002* (1997-2002**) (1998-2002) (97-2002***) total
Seine Saint Denis 100 457 509 124 057,66 74 835 199 958,66
yvelines 24 450 8 517 6 031 5 370,16 18 1671 226 039,16
Essonne 2 721 5 537 126 670 26 492,27 16 506 177 926,27
Val de marne 2 275 10 948 15 993 33 732,6 13 652 76 600,6
Val d'Oise 7 962 27 425 67 992,83 300 964 404 343,83
hauts de Seine 7 649 12 336 7 811 3 809,48 22 303 53 908,48
Paris 355 1 205 5 740,52 1 700 9 000,52
Seine et Marne 3 700 14 274 640 459,09 29 374 687 807,09

Oise 23 434,49 23 434,49


Aisne 47 858,62 47 858,62
Marne 3 131,04 3 131,04
Eure 4 296 4 296
Eure et Loir 16 021 1 6021
Non déterminé 10 261 13 923 0 26 624 50 808
Total 69 529 76 686 185 211 982 078,76 667 629 1 981 133,8

Sortie réelle 81 125 218 324 982078,76 1020034 2301561,8


* chantiers >150 t ** chantiers >200 t *** chantiers > 600 et 1000 t

72
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

L'appartenance d'un lot de mâchefers à l'une ou l'autre des catégories « Valorisable »,


« Maturable » ou « Stockable » est fixée sur la base d'un test de lixiviation appliqué à un
échantillon représentatif du lot considéré, réalisé en laboratoire, et qui consiste à évaluer son
potentiel de relargage pour divers constituants (exprimé en mg/kg dans le tableau 25).

La dernière classe mentionnée, dite mâchefers « S » (stockables), est directement évacuée en


décharge. Inversement, les mâchefers « M » (maturables) et « V » (valorisables) peuvent être
recyclés.

La préparation des mâchefers avant leur recyclage consiste à retirer les fractions imbrûlées des
déchets et les fractions métalliques ferreuses et non ferreuses grossières qu’ils contiennent et qui
représentent 0,5% du tonnage ; à les conditionner mécaniquement et à les soumettre (pour les
mâchefers « M ») à une lixiviation de trois à six mois sur des aires appropriées (aires de
maturation des mâchefers).
l’Île-de-France dispose de 6 plates-formes de maturation totalisant 710 000 tonnes de
capacité/an (ADEME, 2002).

S’agissant des plates-formes de Triel, Argenteuil, Massy, Isles-les-Meldeuses et Saint-Ouen


l’Aumône, le total des mâchefers sortis de ces sites de 1997 à 2002 s’élève à environ 2,3
millions de tonnes, dont environ 1,8 millions de tonnes recyclées en Île-de-France et 145 500
tonnes exportées hors région (tableau 26).

La Seine et Marne et le Val d’Oise sont les départements les plus gros consommateurs de
mâchefers comme l’indique la figure 20.

73
Incinération et santé

Figure 20 : Utilisation des mâchefers par département

Seine Saint Denis


11%

Seine et Marne
38% Yvelines
12%

Essonne
Paris 10%
0% Val de marne
4%

hauts de Seine Val d'Oise


3% 22%

Tab. 27 : Valeurs moyennes de PCDD/F dans les mâchefers (En ng I – TEQ/kg de MS)
France France Japon
Nombre d’échantillons 5 5 39
Minimum 4,0 4,66 0,7
Maximum 20,6 11,3 1 500
Moyenne 9,2 7,64 200
Source : Bartet, 2001

Tab. 28 : Teneurs en PCCCF dans différents matériaux (en ng I-TEQ/kg)


Boues de Sol forêt Sol industriel compost Sol agricole MIOM Suie de bois
STEP
PCDD/F 63,3 26,6 18 14,85 9,9 8,25 111,55
Source : Bartet, 2001

74
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

Mâchefers et dioxines
Dans le tableau 27, il apparaît que les valeurs des mesures sur les mâchefers réalisées en France
et au Japon sont discordantes. On suppose que les fortes valeurs des mâchefers du Japon sont
dues à un mélange de ces derniers avec des cendres sous chaudière.
On notera que les valeurs moyennes présentées dans les tableaux 22 et 23 sont du même ordre
de grandeur que celles du tableau 27 : 9 ngI-Teq/kg de MS.

Globalement, les teneurs en PCCD/F des mâchefers sont faibles comparées aux émissions
solides de l’incinération (cendres volantes, cendres sous chaudière, « gâteau » de filtration dans
le cas de traitement par voie humide). Elles le sont également par rapport à d’autres types de
matériaux (tableau 28). Les PCDD/F issues de l’incinération des déchets se concentreraient
surtout dans les cendres volantes (85%) ; les fumées en retiendraient 10%, les mâchefers 5%
(INSERM, 2000).

On notera la relative forte charge des boues d’épuration et les teneurs plus élevées dans les sols
forestiers comparées aux sols industriels. La même source indique pour des sols urbains des
teneurs pouvant aller de 1000 à 100 000 ng I-TEQ/Kg de sol selon que l’on se trouve
respectivement à proximité d’incinérateurs ou dans un site industriel.

Transfert des dioxines des mâchefers vers le sol


Qu’en est-il des mâchefers recyclés en technique routière ? S’agissant des teneurs observées
dans des chaussées construites à différentes époques, celles ci sont nettement plus élevées dans
les mâchefers de chaussées anciennes (construites antérieurement à la circulaire du 8 mai 1994)
que dans ceux des chaussées plus récentes, de construction postérieure à cette date (Baddredine
et al, 2003). Cette différence est imputable à la fois à l’entrée en vigueur de la circulaire précitée
et à une meilleure gestion des mâchefers sur le site des usines, qui évite le mélange avec les
cendres volantes aux fortes concentrations en dioxines.
S’agissant du transfert de dioxines depuis les mâchefers vers les sols encaissants, celui-ci serait
faible. Des essais en laboratoire sur percolats de mâchefers montrent que le transfert ne
s’effectue pas par dissolution mais par diffusion particulaire sur des éléments de diamètre
supérieur à 0,45 µm, ce qui en limite la migration dans le sol et à fortiori dans les nappes
souterraines (Bartet, 2001, Baddredine, op. cit.).

75
Incinération et santé

Tab. 29 : Hypothèses sur le devenir des mâchefers en Île-de-France


Tonnage Linéaire annuel équivalent (en km)
Mâchefers annuels 1 000 000
refus (15%) 150 000
mâchefers recyclés 850 000
exportation (3%) 25 500
Mâchefers recyclés IDF annuellement 824 500

50% de remblais 412 250


25% de couche de forme 206 125
25% de couche de fond 206 125

1 km de remblais équivaut à 27 000 15


1 km de couche de forme équivaut à 9 000 22
1 km de couche de forme équivaut à 5 500 37
Source : ORDIF, 1996, p. 70

76
Les rejets de l’incinération en Ile-de-France

L’impact sur l’environnement de la valorisation des mâchefers


L’incinération en Île-de-France produit annuellement un peu moins d’un million de tonnes de
mâchefers, dont une faible fraction exportée hors région (aux alentours de 2 à 3%). On suppose
que la grande majorité de ces mâchefers est recyclée en technique routière.

Si l’on reprend les éléments techniques de la simulation de consommation de mâchefers


formulée par ORDIF (1996, p.70), et notamment les utilisations prévisibles suivantes : 50% en
remblais, 25% en couche de forme, 25% en couche de fond, on aboutirait à la construction
annuelle de 15 km de remblais, de 22 et 37 km de couche de forme et de fond respectivement
(tableau 29).

S’agissant des PCDD/F, et au regard des expérimentations réalisées, l’impact sur le milieu serait
limité. Quand aux métaux lourds, des observations pluriannuelles sur chaussées expérimentales
réalisées à Hérouville, dans le Val d’Oise (Drouadaine et Badreddine, 2003), indiquent un
relargage rapide des métaux lourds inférieur au potentiel mesuré lors des test de lixiviation en
laboratoire, et une stabilisation au bout de trois années. Les expérimentations ont également fait
ressortir une meilleure rétention des métaux dans la matrice des mâchefers quand ceux-ci
avaient subi un traitement aux liants hydrauliques ou hydrocarbonés.

Conclusions

L’élimination des déchets ménagers en Île de France dépend pour les deux tiers de
l’incinération. Cette situation, si elle a permis de maîtriser la gestion d’une production de
déchets élevée, a contribué à figer quelque peu la diversification des filières de traitement. En
effet, si la mise en décharge a été réduite ces dernières années, c’est essentiellement en faveur
de l’incinération, cependant que le tri et le compostage croissaient modérément.

Un effort pour la construction de nouvelles d’UIOM et de rénovation d’anciennes unités a été


fait à partir de 1995. Si les dix-neuf incinérateurs respectaient tous les seuils d’émission des
métaux lourds en 2004, il n’en était pas de même pour les dioxines et furannes émises au delà
du seuil de 0,1 ng/m3 par huit incinérateurs, totalisant les deux-tiers des capacités
d’incinération. Bien qu’un programme de mise aux normes soit en cours, notamment sur les

77
Incinération et santé

unités du SYCTOM qui représentent à elles seules 45% des capacités, le respect de l’échéance
du 28 décembre 2005 pour l’émission de dioxines en deçà du seuil apparaît problématique pour
certaines unités.

L’incinération a été un facteur de pollution en Île-de-France de par son ancienneté. Aujourd’hui


des normes plus sévères ont réduit les rejets atmosphériques, bien que des progrès restent à faire
pour certaines substances, telles les dioxines et le dioxyde d’azote. S’agissant des rejets solides,
la gestion séparées des REFIOM et des mâchefers s’impose aujourd’hui eu égard à la toxicité
des premiers, dont l’unique exutoire est la décharge de classe I, et le recyclage en technique
routière pour les seconds. Les tests chez ces derniers indiquent des transferts faibles dans le sol
pour les dioxines et les métaux lourds.

78
Deuxième partie

La part de l’incinération dans la


pollution de l’écosystème francilien

79
Incinération et santé

Tab. 30 : Part des principaux polluants issus des émissions atmosphériques imputable à
l’incinération

Eléments Emissions totales IDF Part incinération (%) Remarques

Particules 21 240,00 292,00 1,37


Pb+Cr+Cu+Ni
96,30 7,70 8,00
+As+Hg+Cd
Ni+As 28,80 1,30 4,51
Hg+Cd 2,40 0,92 38,33
PCDD/F 101,27 25,15 24,83

Selon le CITEPA,
fort impact de
PCB 4,67 Pas de données
l’incinération des
DIS dans la
production de PCB
Selon le CITEPA,
HAP 16,40 Pas de données peu d’impact de
l’incinération
SO2 80 000,00 1 500,00 1,88
NOx 164 610,00 7 030,00 4,27
Métaux lourds, HAP, SO2, NOx : valeurs en tonnes
PCDD/F et PCB : valeurs en grammes. Valeurs de l’année 2000 pour les métaux lourds, PCDD/F, PCB et
HAP. Valeurs 2003 pour NOx et SO2. Pour métaux lourds et POP, les valeurs IDF proviennent du
CITEPA (inventaire départementalisé des émissions de polluants atmosphériques en France en 2000,
avril 2004) ; les valeurs de l’incinération pour métaux lourds proviennent des analyses d’émissions des
incinérateur du MEDD.

80
Bilan de l’impact de l’incinération des déchets

Ce bilan concerne les compartiments Air et Sol. Pour l’air, il consiste à mettre en perspective la
pollution totale engendrée par l’activité industrielle avec la contribution de l’incinération à cette
pollution. Pour ce compartiment, l’on ne dispose pas de valeurs historiques des émissions
imputables à l’incinération dans la mesure où les flux de métaux lourds et de PCDD/F émis par
cette activité font l’objet de contrôles annuels depuis seulement 1997.

S’agissant du compartiment Sol, il a été comparé l’apport des mâchefers en métaux (qui
correspond à l’apport de l’incinération, sachant que les REFIOM aboutissent en décharges de
classe I, dans lesquelles les éléments toxiques sont normalement neutralisés ) aux autres apports
(apports agricoles ; retombées atmosphériques, dont un dixième provient de l’incinération).
Pour le sol, l’estimation de la pollution historique peut-être tentée. Il est possible, par
l’utilisation de ratios et de valeurs moyennes de concentration des polluants, d’estimer les
quantités recyclées des sous-produits issus de l’incinération avant 2004 et partant, d’évaluer
celles de leurs éléments toxiques.

La pollution historique : l’impact de l’incinération en Île-de-


France

En Île-de-France, les premiers incinérateurs ont été construits au tout début des années soixante.
Le parc s’est ensuite progressivement étoffé avec la construction de nouvelles unités et
modernisé. Les étapes de cette aventure industrielle ont été brièvement décrites dans la première
partie et représentées graphiquement dans la figure 5.

Depuis le fonctionnement de la première usine on peut tenter d’évaluer les quantités de déchets
qui ont alimenté les fours et le tonnage des sous produits qui en est sorti.

Ainsi, en supposant que les fours ont fonctionné à saturation de leurs capacités nominale (ce qui
semble plausible), 90,5 à 100 millions de tonnes d’ordures ménagères auraient été incinérées de
1965 à 2004 en Île-de-France. La production de mâchefers qui en a résulté correspondrait à une
vingtaine de millions de tonnes ; celle des REFIOM à environ 3,5 millions de tonnes.

La réalité du tonnage des REFIOM produits est plus difficile à appréhender, dans la mesure où
la quantité de cendres volantes et ou de résidus de lavage des fumées dépend de l’imposition des

81
Incinération et santé

procédés de dépoussiérage des fumées par les réglementations successives (on peut supposer
que ces quantités étaient moins importantes après l’introduction de l’arrêté de janvier 1991).
Dans le cas présent, le taux de REFIOM a été pris égal 0,4% par tonne de déchets incinérée pour
toute la période considérée.

Destination des matériaux

Les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères (MIOM)


Avant la circulaire de mai 1994, aucune prescription ne réglementait les modalités de leur
valorisation, aucune traçabilité n’était exigée des utilisateurs. Les mâchefers étaient très
probablement utilisés dans les travaux publics comme matériaux de remblaiement ou comme
sous couches de voirie routière.
Si l’on se base sur les hypothèses formulées tableau 29, on aboutit pour l’ensemble de la
production de mâchefers destinés au recyclage (estimée à 17 millions de tonnes : 20 MT moins
3 MT de refus) à la construction de 370 km de remblai, 555 km de couche de forme, 900 km de
couche de fondation.
Ces chiffres sont impressionnants. Mais il n’est pas sûr que tous les mâchefers aient abouti dans
les chantiers routiers, une partie ayant pu tout simplement être utilisée comme matériau de
comblement ou de terrassement dans différentes opérations de travaux publics ou de
réaménagement de sites. Quoiqu’il en soit, on ne saura jamais leur destination avant la circulaire
de 1994. S’agissant de leur teneur en dioxines, on rappellera qu’une campagne d’auscultation
des chaussées réalisée dans le cadre de l’étude pour le ministère de l’Environnement
(Baddredine, 2003) a fait ressortir des plus fortes teneurs dans les mâchefers antérieurs à 1994
(jusqu’à 721 ng/I-TEQ/kg), par rapport aux mâchefers « post circulaire ». On retiendra donc le
potentiel polluant que ces sous-produits représentent dans les sols franciliens.

Les REFIOM
De par leur toxicité et leur forte solubilité, ces sous-produits sont classés comme des DIS. Ils
aboutissent logiquement en décharge de classe I. Logiquement, car ici encore des écarts à une
gestion dans les règles de l’art de ces matériaux peuvent avoir eu lieu, notamment leur mélange

82
Bilan de l’impact de l’incinération des déchets

avec les mâchefers et leur enlèvement avec ces derniers, ou leur stockage « temporaire » sur le
site des incinérateurs17.

Le calcul du total des émissions de métaux lourds et de dioxines émises est moins évident dans
la mesure où l’importance des flux rejetés a varié en fonction des dispositions réglementaires
successives : celles des arrêtés du 6 juin 1972 et du 9 juin 1986, et surtout l’arrêté du 25 janvier
1991, de la circulaire Lepage (25 février 1997), de l’arrêté du 20 septembre 2002.

Le cas des dioxines et furannes


Les incinérateurs franciliens ont émis et continuent pour un certain nombre d’entre eux à
émettre des dioxines à des teneurs supérieures à celles qu’imposera la réglementation (soit,
rappelons-le, 0,1 ng/m3 opposable au 28 décembre 2005).

On rappellera également que la réglementation actuelle permet d’abattre, à hauteur de 99,9%, la


quantité de PCDD/F sortant des fours d’incinération. Celle-ci, hors épuration, est évaluée entre
2 et 100.10-6 mg/m3 (document SFSP, p.30, tableau II). Ce taux d’abattement a été rendu
possible par le seuil d’émission fixé dans la circulaire Lepage de 1997, repris par l’arrêté
ministériel de septembre 2002 (transposant la directive européenne de décembre 2000), dans
lequel sont également abaissés les seuils d’émission des NOx et du CO. Les incinérateurs
existants ont jusqu’au 28 décembre 2005 pour se conformer aux nouvelles dispositions18. En
2004 en Île-de-France, à la date de la rédaction du présent rapport, près de 70% des capacités du
parc restaient encore à mettre aux normes s’agissant des PCDD/F (cf. supra et la 4ème partie ).

Depuis leur entrée en fonction, les incinérateurs franciliens ont rejeté dans les airs des quantités
de PCDD/F qu’il est impossible d’évaluer faute de suivi des émissions. Ce suivi, on l’a vu, a
débuté en 1997 à une fréquence annuelle (6 heures/an) sur tous les incinérateurs en
fonctionnement sur le territoire national et concerne également, rappelons-le, les métaux lourds.

17 bien que l’arrêté ministériel du 9/06/86 stipule que tout mélange de mâchefers et de cendres soit traité en
décharge, une enquête de la DRIRE en 1987 indiquait que dans la plupart des incinérateurs, cendres et
mâchefers étaient mélangés au niveau de la fosse d’extinction des mâchefers, valorisés en technique routière
ou mis en décharge (« L’épuration des fumées et l’élimination des résidus » ; exposé de Melle Perrier-Rosset. Journées
d’étude, traitement et élimination des déchets ; ENPC, 9 et 10 octobre 1990)
18 Une note récente du MEDD (avril 2005) mentionne qu’un certain nombre d’incinérateurs ne pourra pas

respecter cette échéance

83
Incinération et santé

En 2003, la totalité des incinérateurs d’Île-de-France a rejeté 25 grammes de PCDD/F. En 1998,


les rejets étaient presque deux fois plus élevés (figure 15). Si pour l’ensemble de la période de
fonctionnement des UIOM antérieure à 2003 on applique le ratio moyen de 0,1g de rejet de
PCDD/F par 10 000 tonnes incinérées (voir le graphe des ratios par incinérateur), le flux émis
annuellement représenterait une quarantaine de gramme. Sur trente ans de fonctionnement, cela
correspondrait à une quantité totale émise de 1,2 kilos, chiffre à considérer avec prudence.

La généralisation au plan national des mesures de concentration des PCDD/F en sortie de four
confirme, en 2003, les rejets encore élevés de certains incinérateurs franciliens (figure 16). Les
incinérateurs d’Argenteuil, d’Issy-les-Moulineaux, de Massy et de Saint-Ouen sont ceux qui
émettent les plus forts taux par 10 000 tonnes incinérées (par ordre décroissant). En quantités
totales émises, les unités qui excèdent un gramme annuel sont par ordre croissant Argenteuil
(4,8 g), Saint-Ouen (5,12g), Ivry (5,65g), Issy-les-Moulineaux (6,93g).
Au regard des concentrations, les dépassement de la norme ont concerné 19 lignes de four sur
38 mesurées (totalisant, on l’a vu, 66,9% des capacités mesurées en 2003). Les valeurs trouvées
s’établissent entre 0,8 et 11,4 ng/m3 (Moyenne : 1,89 ; Médiane : 1,3 ; Ecart type : 2,47), sans
commune mesure avec les émissions des incinérateurs aujourd’hui arrêtés de Vaux le pénil ou
de Gilly sur Isère (voir ci-après). En tout état de cause, les unités dépassant les normes devront
se conformer, comme l’ensemble des incinérateurs français, à l’arrêté ministériel de septembre
2002, et ce avant le 28 décembre 2005, sous peine d’un arrêt de leur fonctionnement passé cette
échéance.

L’impact des émissions et des retombées atmosphériques

Le tableau 30 indique la part des principaux polluants issus des émissions atmosphériques
imputable à l’incinération en Île-de-France.

L’incinération des déchets représente moins du dixième du total des émissions atmosphériques
de plomb, de chrome, de cuivre, de nickel, d’arsenic, de mercure et de cadmium. Elle participe
de manière insignifiante aux émissions de particules et d’HAP et contribue relativement peu à
celles des oxydes d’azote.

84
Bilan de l’impact de l’incinération des déchets

L’impact est fort pour le cadmium et le mercure, pour lesquels l’incinération fournit près de
40% des émissions. La baisse d’environ de moitié des quantités depuis 1990 est en grande partie
imputable, selon le CITEPA, au tri sélectif des déchets (notamment des DMS) et aux progrès
réalisés dans le traitement des fumées. Bien que ne disposant pas de valeurs des émissions de
PCB de l’incinération, cette dernière contribuerait majoritairement, toujours selon les
observations du CITEPA, aux émissions totales de la région.

85
Incinération et santé

Figure 21 : Carte des principaux émetteurs fixes de PCDD/F en Île-de-France

86
Bilan de l’impact de l’incinération des déchets

Le flux des PCDD/F issu de l’incinération est également élevé puisque il représente près du
quart des émissions en Île-de-France. Ce constat est à l’origine du programme annuel de suivi
des émissions atmosphériques des incinérateurs, indépendamment de leurs capacités. La
réduction drastique des émissions de dioxines/furannes est une priorité des pouvoirs publics en
matière de santé environnementale compte tenu de la nocivité avérée de ces composés.

L’Île-de-France est particulièrement concernée par cette réduction. La région a généré en 2000
le cinquième des émissions nationales19 de dioxines/furannes (selon données CITEPA, 2000), et
la mise aux normes de sept de ses principaux incinérateurs qui totalisent 66% des capacités du
parc n’était pas encore réalisée fin 2004. Une fois cette mise aux normes effective, elle
permettra de ramener en dessous de 2,4 grammes par an la contribution de l’incinération à la
production de PCDD/F, et ce à compter de 2006.

Parallèlement, il conviendra de s’attaquer à la réduction des PCDD/F en provenance d’autres


sources (cf. tableau 20), certaines sur lesquelles peut s’exercer un contrôle, d’autres relevant
d’activités humaines diffuses, et donc plus difficilement localisables et quantifiables. Il s’agit
principalement :

- de l’activité sidérurgique, qui se répartit en Île-de-France sur six sites principaux, et qui
participe également à l’émission de dioxines (DRIRE, 2002) ;
- de la consommation de divers types de combustibles pour la production d’énergie (centrales
thermiques au fioul, au charbon, au bois) ;
- de l’incinération des boues de STEP et des DIS (cependant réduite en Île-de-France) ;
- de la circulation automobile ;
- de la production de fumées d’origine urbaines (cheminées), rurale (brûlage de végétaux),
humaine (tabac).

19Les émissions nationales décroissent rapidement : de 526 g en 2000 elles sont passées à 380 g en 2002 ; les
prévisions de 2003 indiquent 281 g (CITEPA, analyse sectorielle, février 2004). Pour les comparaisons, nous
nous sommes tenus à l’année 2000 faute de données totales régionales plus récentes.

87
Incinération et santé

Tab. 31 : Retombées atmosphériques pour quelques métaux en Île-de-France


En tonnes
Pb Cr Cu Ni Cd Total
Emissions 17,19 32,14 15,68 25,03 1,00 91,04
Retombées 33,00 4,3 48,00 9,35 0,55 95,2
Emissions : données CITEPA, 2000 – Retombées : Azimi et al, 2003

Tab. 32 : Apport de métaux lourds dans les sols en Île-de-France


Valeurs annuelles, en tonnes
Tonnages bruts Pb Cr Cu Ni Hg Cd Total
utilisés

Mâchefers(a) 836 400 1 686,15 382,20 1 041,14 88,45 24,12 13,83 3 235,89
Boues d'épuration(b) 41 865 6,5 2,24 17,65 1,12 0,11 0,14 27,76
(b)
Effluents d’élevage 125 271 0,65 1,47 9,72 0,95 0,11 0,04 12,94
Compost(b) 72 639 9,05 5,61 3,97 3,54 0,05 0,11 22,33
(b)
Engrais 56 951 0,11 8,66 0,35 0,58 0,01 0,86 10,57
Retombées atmosphériques© 33 4,3 48 9,35 0,55 95,2
(a) valeur extraite du tableau 24, moins 15% de refus – Le calcul des quantités de ML a été fait à partir des
valeurs moyennes MATE/TIRU (1997) du tableau 23
(b) IAURIF et ORS, 2004
(c) (c) Azimi et al, 2003

Figure 22 : Sources des retombées atmosphériques pour les métaux en Île-de-France

Boues d'épuration
16%

Effluents d’élevage
8%

Compost
13%
Retombées Engrais
atmosphériques 6%
57%

88
Bilan de l’impact de l’incinération des déchets

Les retombées atmosphériques des polluants issus de l’incinération rejoignent le sol par
gravité à plus ou moins longue distance des incinérateurs selon que les éléments sont émis en
phase gazeuse ou particulaire. La faible contribution de l’incinération à la pollution métallique
« tous éléments » conduit, en toute logique, à un impact faible sur les sols et la biomasse.

Le Piren-Seine (Azimi et al, 2003) fournit des estimations de retombées atmosphériques pour
quelques métaux. Le tableau 31 confronte les valeur émises et les retombées pour le plomb, le
chrome, le cuivre, le nickel et le cadmium.

On ne dispose pas de données générales sur les retombées atmosphériques des POPs. Des
concentrations de PCDD/F ont été mesurées ponctuellement par le SIOM de Villejust dans les
communes de Marcoussis, Villebon, Orsay, Les Ulis et Lonjumeau sur des échantillons de sol et
de végétaux. Les concentrations trouvées sur 22 prélèvements s’échelonnent de 0,1 à 9.3 ng/kg
de matière sèche. Ces valeurs sont conformes aux concentrations observées dans les sols urbains
en France, comprises entre 0,2 et 17 ng/kgMS (AFSSA/INERIS, 1999) et restent dans la limite
des valeurs mesurées autour d’incinérateurs (cf. tableau infra)

L’impact dans les sols

Hormis les retombées atmosphériques, dont il semble tout au moins pour les PCDD/F qu’elle ne
contribueraient pas à la pollution de l’environnement des UIOM, l’impact de la pollution des
sols par l’incinération des déchets provient essentiellement des REFIOM et des mâchefers. Les
premiers sont stockés en décharge de classe I, dans la perspective d’en neutraliser les éléments
polluants ; en ce qui les concerne, les risques de transfert dans le milieu peuvent être considérés
comme nuls dans la mesure où les sites d’enfouissement, qui répondent à des normes sévères,
sont exploités dans les règles de l’art. Les seconds servent dans les travaux public pour la
fabrication de sous-couches routières et de remblais avec, dans ce cas, des risques de transfert
de polluants dans le milieu.

Le tableau 32 compare le potentiel en métaux lourds des mâchefers utilisés en technique


routière en Île-de-France à celui des autres intrants. En autre, il permet de relativiser la

89
Incinération et santé

Tab. 33 : Potentiel polluant des mâchefers et des REFIOM


Tonnage Teneurs en
utilisation Transfert ML Transfert PCDD/F
estimé ML et PCDD/F
REFIOM 1,5 à 2 MT, de Envoyés en Fortes Possible dans la Possible dans la
antérieurs à 1965 à 1991 principe en mesure ou risques mesure où risques de
1991 CET de de mélange avec mélange avec
classe I mâchefers mâchefers

REFIOM 140 000 T Stockés en Fortes Nul, en principe Nul, en principe


récents environ CET de
classe I

Mâchefers 13 MT de Sous- Moyennes ? ?


antérieurs à 1965 à 1994 couches
1994 routières

Remblais,

autres

Mâchefers 984 000 T Sous- Moyennes Faible, selon les Faible


récents (voir tableau couches expérimentation
supra) routières, de l’INERIS
remblais

90
Bilan de l’impact de l’incinération des déchets

contribution des activités agricoles à la pollution des sols par rapport à celle des retombées
atmosphériques issues des activités industrielles et urbaines qui représentent près de 60% de
cette pollution (figure 22).

Le cas des mâchefers est à dissocier des autres intrants dans la mesure où leur usage, réduit à la
construction de chaussées et de remblais routiers, les confine dans des structures bien délimitées
et imperméabilisées, qui évite leur mélange avec le sol encaissant. Seuls les mâchefers
présentant un faible potentiel de relargage de leurs métaux lourds dans l’environnement sont
recyclés. Ce qui signifie, qu’en dépit des fortes teneurs affichées comparées à celles des intrants
agricoles et des retombées atmosphériques du tableau 32, les métaux lourds des mâchefers sont
peu transférés dans les sols, comme l’indique les expérimentations réalisées sur chaussées (cf.
supra), et ce transfert est encore limité par leur traitement préalable aux liants hydrauliques.

Il en en a été tout autrement de leur utilisation antérieure à l’entrée en vigueur de la circulaire de


1994, dans la mesure où des mâchefers fortement lixiviables (à fort potentiel de relargage des
métaux, équivalents des mâchefers classés S de la réglementation) ont été utilisés, associés ou
non à des cendres volantes dont la forte toxicité et la forte solubilité sont connues. Il en résulte
que cette pollution historique des sols, qui remonte au fonctionnement des premiers
incinérateurs, a très certainement été plus élevée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Le tableau 33 met
en perspectives ces deux périodes de pollution.

Conclusion

Deux éléments doivent être considérés si l’on veut apprécier l’impact des incinérateurs de
déchets sur l’environnement d’Île-de-France : l’importance du parc et sa capacité d’incinération
disponible, à la fois une concentration démographique élevée et la présence d’une agriculture
développée (mais avec une faible présence de l’élevage). Une partie importante de la population
francilienne vit dans l’environnement proche d’un incinérateur, de même que s’y développe une
activité agricole. Aux deux éléments cités on pourrait également ajouter l’état de vétusté d’une
partie des incinérateurs, une mise aux normes encore inachevée, pour les NOx, le CO2 et les
PCDD/F.

91
Incinération et santé

Si les retombées atmosphériques des métaux de l’incinération apparaissent aujourd’hui comme


relativement limitées comparativement à celles de l’activité urbaine et industrielle dans son
ensemble, celles des dioxines et furannes en constituent une part importante. Plus que tout autre
filière d’élimination des déchets l’incinération doit, pour cette raison, faire l’objet d’une
attention particulière en veillant au bon état des incinérateurs et au respect strict des normes qui
encadrent leur fonctionnement.

Des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine en Île-de-France, notamment l’arrêt
des unités de moins de 6 t/h ou leur remplacement par des unités plus modernes. Des
améliorations restent encore à effectuer, et les exemples récents de dysfonctionnement des
incinérateurs de Vaux le Pénil (aujourd’hui remplacé par une unité moderne), de Villejust
(aujourd’hui aux normes), ou encore de Gilly sur Isère viennent rappeler la nécessité d’être
vigilant.

92
Troisième partie

Incinération et santé

93
94
Impact sanitaire de l’incinération

Le traitement thermique des déchets ménagers entraîne, comme on l’a vu, le rejet
atmosphérique de nombreux composés chimiques. Tous les polluants émis ne peuvent pas être
pris en compte lors d’une évaluation du risque sanitaire. En pratique, seuls quelques polluants
appelés « traceurs » sont considérés. Ce sont les particules, les dérivés halogénés polycycliques
(dioxines, furannes et PCB), le cadmium, le mercure et le plomb (SFSP, 1999 ; ADEME, 2002).
Dans d’autres études, les auteurs examinent davantage de polluants. Il s’agit, en plus des
précédents, du nickel, de l’arsenic et du chrome (Institut Universitaire d’hygiène et de santé
Publique, 2001), de l’acide chlorhydrique, du dioxyde de soufre (Glorennec et al, 2001) et du
manganèse (ASTEE, 2003).
Ces polluants sont choisis en tant que traceurs car :
- les connaissances sur leur nocivité sont disponibles et il existe des valeurs toxicologiques de
référence les concernant (voir annexe),
- les quantités de polluants émises sont importantes,
- les polluants sont représentatifs de leur catégorie (polluants organiques ou inorganiques), de
leur voie d’exposition (inhalation ou ingestion ou les deux), de leurs effets sanitaires
(cancérogènes ou systémiques) et de leur présence sous forme particulaire ou gazeuse.

D’autres critères sont aussi avancés. Il s’agit :


- de la présence des polluants dans la liste réglementaire des polluants à contrôler, ce qui
permet de disposer de données en terme de concentration à l’émission,
- des préoccupations sociales des riverains liées à un polluant particulier (dioxine par
exemple).

Tous ces polluants ont une toxicité et des effets sur la santé humaine qui ont été établis. Le
danger propre à chacune de ces substances est décrit en annexe.
Dans cette partie sont présentés les modes d’exposition potentiels de la population aux
émissions des incinérateurs et une synthèse des connaissances disponibles, sur l’impact sur la
santé de riverains d’incinérateurs.

95
Incinération et santé

Figure 23 : Voies d’exposition aux émissions des incinérateurs

96
Impact sanitaire de l’incinération

Evaluation de l’exposition

Les différentes voies d’exposition

Les polluants issus de l’incinération des déchets se dispersent dans l’atmosphère puis se
déposent sur les sols et produits cultivés. L’exposition des personnes vivant aux alentours d’une
unité d’incinération émettant des polluants dans l’atmosphère peut se produire par inhalation ou
par ingestion de poussières (contacts mains-bouche). Il s’agit là d’une exposition directe. Elle
peut être également indirecte par l’ingestion d’aliments cultivés et consommés localement
(cultures maraîchères, potagers, jardins familiaux et ouvriers) contaminés par des retombées
atmosphériques et par le transfert de polluants depuis le sol vers les végétaux. Les animaux
peuvent également être atteints lorsqu’ils consomment les végétaux ou lorsqu’ils ingèrent de la
terre en paissant (SFSP, 1999).
La figure 23 montre les possibles voies d’exposition à la pollution engendrée par un émetteur,
en l’occurrence une usine d’incinération.

Exposition par inhalation


Son ampleur pour les populations vivant autour du site émetteur varie en fonction de leur
localisation par rapport aux vents dominants, selon l’hypothèse que si les émissions de
l’installation ont un impact sur les populations, ces effets sont plus importants sous le ou les
vents dominants et moins importants perpendiculairement à ces vents.

Exposition par ingestion


L’exposition directe fait suite à l’ingestion de poussière ou de sol contenant des polluants s’y
étant déposés. Elle concerne notamment les jeunes enfants qui mettent fréquemment les mains à
la bouche et qui peuvent ainsi ingérer des poussières. Elle concerne aussi les personnes
pratiquant des loisirs en extérieur sur des terrains où des particules de sol peuvent être mises en
suspension.
L’exposition indirecte se produit à travers la chaîne alimentaire, consommation d’animaux, de
végétaux et d’eau. Par exemple pour le mercure, l’eau des rivières locales peut être touchée par
les retombées atmosphériques. Les poissons vont stocker cet élément et contaminer ainsi leurs
prédateurs et par conséquent la chaîne alimentaire. D’autres polluants tels que les dioxines

97
Incinération et santé

contaminent les végétaux consommés localement par l’Homme ou l’animal. Les animaux ainsi
contaminés peuvent alors atteindre l’Homme, par la consommation de viande, de lait ou d’œufs.

Exposition cutanée
En population générale, l’exposition cutanée est considérée comme négligeable.

Des voies d’exposition dominantes qui diffèrent selon les polluants

L’exposition de populations vivant près d’incinérateurs d’ordures ménagères est différente selon
les polluants considérés. La plupart du temps, il semble évident que c’est l’inhalation des rejets
qui va être la principale source d’exposition. C’est le cas par exemple des particules, du dioxyde
de soufre ou encore de l’acide chlorhydrique. Dans ce cas, un impact sur les individus se
produira à chaque fois qu’il y aura une exposition à la substance, et à terme des pathologies
pourront survenir. En revanche, certains polluants tels que les dioxines, les PCB et certains
métaux lourds ont la propriété de s’accumuler dans les êtres vivants (bio-accumulation),
végétaux et animaux, et vont ainsi être transférés le long de la chaîne alimentaire (SFSP, 1999).
Dans ce cas, c’est l’alimentation et donc l’ingestion d’aliments : végétaux, animaux ou produits
issus d’animaux comme le lait ou les œufs qui va être prépondérante dans l’exposition. Par
exemple, l’exposition totale des personnes aux dioxines est à 90 – 95% due à l’alimentation.
Un autre critère à prendre en considération est la propriété physico-chimique du polluant. Les
dioxines par exemple sont lipophiles et se fixent dans les tissus adipeux. Elles peuvent ensuite
être excrétées par le lait du fait de leur affinité avec les matières grasses. Ceci explique
l’importance de la consommation de lait et produits laitiers dans l’exposition totale à ces
polluants et le rôle de l’allaitement maternel (notamment pour le premier enfant) dans
l’exposition totale des nourrissons.

Connaissance de l’exposition des populations

La mesure de l’exposition par inhalation


Les méthodes pour mesurer l’exposition aux polluants atmosphériques sont de deux types. La
première consiste à réaliser des mesures directes, soit par le dosage des polluants ou de

98
Impact sanitaire de l’incinération

biomarqueurs dans les milieux biologiques des individus (sang, urine, cheveux notamment), soit
par l’emploi de capteurs individuels portés par des sujets.
Les inconvénients de ces mesures sont que :
- peu de polluants peuvent être mesurés ;
- les appareils de mesure sont souvent encombrants et socialement assez peu acceptables, ce
qui peut entraîner une modification des activités des individus ;
- il peut être difficile de différencier l’origine des polluants dont on mesure les concentrations

La mesure de l’exposition peut aussi être indirecte, et généralement elle est réalisée soit par des
relevés ponctuels des niveaux de polluants dans l’atmosphère sur des sites fixes placés à
proximité des populations exposées - le niveau d’exposition des sujets est alors déduit des
niveaux mesurés par chaque appareil - soit par la modélisation de la dispersion des polluants
(voir annexe). Dans le premier cas, les avantages sont de pouvoir disposer de mesures en
continu de quelques indicateurs. Un inconvénient posé par ce type d’approche, est la
représentativité des niveaux relevés sur les sites de mesure par rapport à l’exposition réelle des
sujets. Cette représentativité dépend de la technique de mesure, du calibrage des appareils, de la
fréquence des relevés, du nombre et de la situation des sites, des indices pris en compte
(moyennes journalière, maxima horaires…).
La modélisation va, par l’intermédiaire d’un modèle de transport et de diffusion atmosphérique
de polluant, mettre en relation différents paramètres d’émission caractérisant la source avec des
paramètres météorologiques et géographiques locaux. Ainsi, dans un espace géographique
quadrillé et une période donnée, il permet d’estimer les concentrations moyennes de polluant en
chaque point du maillage (Guzzo, 1996).

La mesure de l’exposition par ingestion


Dans le cas de l’impact des incinérateurs sur la qualité des aliments consommés, il faut prendre
en compte :
- les aliments venant de l’extérieur de la zone d’influence de l’usine,
- les aliments provenant d’une production locale qui peut être d’origine agricole et vendue sur
les marchés locaux ou issus de jardins potagers individuels ou familiaux.
La consommation de gibier chassé, autre source d’exposition potentielle, peut être considérée
comme négligeable en Île-de-France.

99
Incinération et santé

Pour estimer l’impact des retombées atmosphériques sur les sols, sur les végétaux ou encore
estimer le passage des polluants depuis le sol vers la chaîne alimentaire, des logiciels de
modélisation multimédia sont utilisés (Bonnard, 2001). Le plus utilisé est le modèle CalTox.
Pour les ingestions directes, le modèle convertit, en fonction de divers paramètres, le dépôt à la
surface du sol en concentration des polluants dans les poussières du sol. Puis en fonction de
divers facteurs d’exposition, dont la quantité moyenne de poussières de sol ingérée, il calcule la
dose moyenne quotidienne de polluant ingérée par un sujet exposé. L’ouvrage de référence de
l’US-EPA de 1996 « Exposure factors handbook » indique une quantité moyenne de sol ingéré
par un adulte de 50 mg/j de sol soit pour une personne de 70 kg : 7,14.10-4 kg/kg de poids
corporel et par jour. Pour un enfant, cette quantité sera plus importante du fait du contact main-
bouche plus fréquent.
Sont ensuite calculées les concentrations dans les média d’exposition, soit les environnements
au contact de l’homme (sol superficiel, viande, légumes…) grâce aux données sur les
utilisations du site (mode d’alimentation du bétail, types de cultures…).
A partir de ces concentrations dans les produits locaux et des paramètres humains d’exposition
(temps passé sur le site, consommation de produits provenant de la zone d’étude…) le modèle
permet, in fine, de quantifier la dose journalière, moyennée sur la période d’étude, en mg/jour
par kilo de poids corporel.

Afin de connaître ce que consomme la population française, différentes enquêtes peuvent être
utilisées. Certaines apportent des informations sur l’autoproduction des ménages. Les
principales sont :

- L’enquête « consommation et lieux d’achat des produits alimentaires »


Menée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) depuis 1965
(Bertrand, 1993). Cette enquête porte sur l'ensemble des approvisionnements alimentaires de
plus de 6 000 ménages observés pendant sept jours consécutifs.

100
Impact sanitaire de l’incinération

- Les enquêtes budget de famille


Egalement réalisées par l’INSEE, l’objectif est de mesurer les dépenses, les consommations, et
les ressources des ménages résidant en France métropolitaine. Ces enquêtes recueillent des
éléments d'information sur les consommations qui ne donnent pas lieu à dépenses telle que
l’autoconsommation.
A ce sujet, on constate qu’il existe une grande disparité entre les ménages de la population
agricole et ceux de la population non agricole, puisque 78,3% des premiers possèdent un
potager contre 31,5% pour les autres.
Par ailleurs, dans la population non agricole, il existe une disparité en fonction de la taille des
communes. Dans les communes rurales, 61% des ménages disposent d’un potager contre 20,5%
dans les communes de plus de 100 000 habitants (sauf Paris).
S’agissant de l’Île-de-France, l’enquête indique que 15,5% des ménages disposent d’un jardin
potager contre 51,2% dans l’Ouest de la France. Pour l’élevage, les disparités sont encore plus
grandes puisque 1,2% des ménages franciliens déclaraient posséder une basse-cour en 1991
contre 16,6% dans le Sud Ouest.

Existence de populations sensibles

Le risque de développer une pathologie suite à une exposition n’est pas le même pour tous les
individus. Il existe des groupes à risque particuliers dits « sensibles », soit par excès
d’exposition, soit par susceptibilité accrue.
L’exposition accrue peut être liée :
- au lieu de résidence (habiter à proximité d’une source de pollution),
- au temps passé sur le lieu d’exposition (il y aura une différence entre des personnes dont
l’activité est éloignée de cette zone et des personnes y résidant en permanence : non actifs,
enfants pour qui le lieu de garde ou l’établissement scolaire est dans la zone, personnes à
mobilité réduite…),
- à l’activité physique et à des comportements particuliers. Par exemple, les enfants ont une
activité physique plus élevée que les adultes et respirent donc plus (à poids égal) de
polluants. Les enfants, surtout en bas âge, ont un portage main-bouche élevé et ingèrent
donc une quantité plus importante de polluants que les adultes. Cette particularité est

101
Incinération et santé

d’autant plus conséquente que les enfants passent plus de temps que les adultes au niveau du
sol,
- à un mode de consommation particulier (consommation de produits végétaux ou animaux
produits localement ou issu d’un jardin potager, consommation plus importante de lait pour
les enfant ou les adolescents, consommation de lait maternel pour les nourrissons).

La susceptibilité accrue peut être liée :


- à l’état de santé des individus. Par exemple, les asthmatiques seront plus sensibles aux
polluants présents dans l’atmosphère,
- au stade de développement et à l’âge. Le fœtus peut être exposé aux contaminants qui sont
emmagasinés chez la mère et qui peuvent traverser la barrière placentaire. Par exemple, le
plomb qui s’accumule dans les os de la mère peut être libéré au cours de la grossesse et
transféré au fœtus. Les dioxines et PCB accumulés dans les tissus adipeux sont transférés
aux nourrissons dans le lait maternel durant l’allaitement,
- à une plus grande prédisposition pour le fœtus, les nourrissons et les jeunes enfants, par
rapport aux adultes, aux effets nocifs des polluants parce que leur corps est en pleine
croissance et durant les périodes de croissance physique et mentale rapide, des troubles du
développement du système nerveux peuvent survenir,
- à un système immunitaire moins efficient. Ce dernier est affaibli chez les personnes âgées
ou déjà malades par exemple, et être la cause d’une plus grande susceptibilité vis-à-vis de
certaines maladies, respiratoires notamment,
- à un système immunitaire moins efficace, non pas parce qu’il est affaibli, mais parce qu’il
est en cours de développement, ce qui est le cas chez les enfants.

102
Impact sanitaire de l’incinération

L’impact de l’incinération sur les voies d’exposition aux


polluants (eaux, air, sol, alimentation)

Les niveaux d’exposition aux contaminants présents dans les milieux (air, eau, sol,
alimentation) et émis par l’incinération des déchets diffèrent selon que l’on se situe dans une
zone rurale, urbaine ou industrielle, du fait essentiellement de la présence d’autres émetteurs
que l’incinération : circulation automobile, industries, agriculture… Par ailleurs, on observe
également des niveaux différents selon les performances des incinérateurs.
A titre d’information, les niveaux de fond mesurés en Île-de-France, pour quelques indicateurs,
sont donnés ci-après dans la description de chaque élément.

La part de l’incinération dans la pollution de l’air

Les métaux
Les niveaux de fond
En Île-de-France, les niveaux moyens annuels en fond urbain mesurés par AIRPARIF entre
2001 et 2004 figurent dans le tableau ci-dessous

Année Plomb (µg/m3) Arsenic (pg/m3) Nickel (pg/m3) Cadmium (pg/m3)


2001 0,02 500 7700 750
2002 0,02 610 3290 510
2003 0,02 630 3100 470
2004 0,02 600 nd 360

La part de l’incinération
Rappelons que si la contribution de l’incinération dans les émissions totales de
Pb+Cr+Cu+Ni+As+Hg+Cd ne représente que 9% de la totalité de ces métaux émis dans
l’atmosphère en Île-de-France, cette part est de près de 40% pour les seuls mercure et cadmium
(cf. première partie).
Concernant l’immission (i.e la teneur du polluant dans l’air), la part de l’incinération dans la
pollution métallique de l’atmosphère est difficile à connaître notamment parce que de
nombreuses sources ponctuelles ou diffuses peuvent être présentes dans la même zone (SFSP,
1999). L’idéal serait d’avoir à disposition des mesures réalisées avant la mise en route de
l’incinérateur - ou après l’arrêt de son activité - et des mesures en routine effectuées pendant
l’exploitation afin de pouvoir faire des comparaisons.

103
Incinération et santé

Tab. 34 : Concentration dans l’air de quelques polluants en fonction de différentes situations


Indicateur de Niveau de fond rural Niveau de fond urbain Proche d’une source
pollution
Arsenic 630 pg/m3 (1) 730 pg/m3 (trafic automobile)(1)
Plomb 0,02 µg/m3 (1) 0,03 µg/m3 (trafic automobile)(1)
0,16 µg/m3 (incinérateur, zone
industrielle) (2)

Nickel 3 100 pg/m3 (1) 5 400 pg/m3 (trafic automobile) (1)*


Cadmium 470 pg/m3 (1) 540 pg/m3 (trafic automobile)(1)
18 000 pg/m3 (incinérateur, zone
industrielle) (2)

PM10 26 µg/m3 (1) 46 µg/m3 (trafic automobile) (1)


de 19 à 26 µg/m3 (3) de 19 à 28 µg/m3 (selon le type de
déchets incinérés) (3)

PM 2,5 28 µg/m3 (1) 16 µg/m3 (trafic automobile) (1)


de 15 à 21,5 µg/m3 (3) de 15 à 23 µg/m3 (selon le type de
déchets incinérés)(3)

SO2 16 µg/m3 (1) 16 µg/m3 (trafic automobile) (1)


de 5,3 à 9,5 µg/m3 (3) de 6,6 à 10,6 µg/m3 (selon le type de
déchets incinérés) (3)

PCDD/F 20-50 fg I-TEQ/m3(8) 147 fg/m3 (1) 100-400 fg I-TEQ/m3(8)


3(4) 3(4)
De 10 à 15 fg I-TEQ/m De 10 à 100 fg I-TEQ/m 1 000 fg I-TEQ/m3 (usine de
50 fg I-TEQ/m3 (6) produits chlorés en Russie)(4)
22 à 125 fg I-TEQ/m3 (incinérateur
en zone rurale)(5)
144 à 337 fg I-TEQ/m3 (incinérateur
en zone industrielle)(5)
10 à 67 fg I-TEQ/m3 (incinérateur en
zone intermédiaire)(5)
170 et 350 fg I-TEQ/m3 (6)
58 à 127 fg I-TEQ/m3 (7)
(1)
AIRPARIF, niveaux moyens annuels 2003. Pour PCDD/F campagne de mesures en 1997.
(2)
Jervis 1995, in SFSP, 1999
(3)
Hazucha, 2002, mesures en 1994 autour de trois incinérateurs (déchets médicaux, municipaux et dangereux), Caroline du Nord,
Etats-Unis
(4)
Seta, 2000
(5)
Caserini, 2004
(6)
Lorber, 1998
(7)
Cheng, 2003
(8)
Lohmann, 1998

104
Impact sanitaire de l’incinération

La SFSP (1999), cite une étude comparant des concentrations de quelques métaux, mesurées à
une distance de 3 km de la cheminée d’un incinérateur d’ordures ménagères avant et après sa
fermeture, dans laquelle ressort une diminution des teneurs en mercure (0,07 à 0,03 ng/m3), en
cadmium (0,35 à 0,28 ng/m3), en plomb (6,2 à 5,6 ng/m3) et en zinc (26 à 22 ng/m3). En
revanche, les auteurs de l’étude constatent une augmentation pour le chrome (15 à 19 ng/m3).
Par ailleurs, ces mesures apparaissent très faibles, y compris celles réalisées durant
l’exploitation, et ne correspondent pas aux valeurs enregistrées dans une autre étude, dans
laquelle des mesures autour d’une UIOM située dans une zone industrielle indiquent des
concentrations de 18 ng/m3 pour Cd, 160 ng/m3 pour Pb et 270 ng/m3 pour Zn.

Les particules
Les niveaux de fond
En Ile-de-France, les niveaux moyens annuels en fond urbain mesurés par AIRPARIF entre
2001 et 2004 sont les suivants :

Année 2001 2002 2003 2004


PM10 26 24 26 22
PM2,5 28 15 16 13
En µg/m3
La part de l’incinération
L’incinération représente, rappelons-le, environ 2% des émissions totales de particules dans
l’atmosphère en Île-de-france (cf. la première partie). Les données se rapportant à l’immission
des particules autour des incinérateurs ont été mesurées dans quelques études épidémiologiques.
Ainsi, dans des travaux évaluant l’impact de l’incinération sur les maladies respiratoires (Shy et
al, 1995 ; Hazucha et al, 2002), des mesures des niveaux de PM10 et PM2,5 ont été réalisées
autour de trois incinérateurs (jusqu’à une distance de 5 km) traitant des déchets médicaux pour
le premier, des déchets municipaux pour le deuxième et des déchets industriels pour le dernier.
Ces trois zones étaient comparées à des communes aux caractéristiques identiques mais
éloignées des sources de pollutions.
Les concentrations moyennes de PM10 les plus élevées sont mesurées autour de l’incinérateur
des déchets médicaux avec 33 µg/m3 contre 21 µg/m3 pour l’incinérateur de déchets municipaux
et 15µg/m3 pour celui de déchets industriels. Les concentrations de PM2,5 suivent cette tendance
avec des concentrations moyennes de 29µg/m3, 18µg/m3 et 13µg/m3 respectivement.

105
Incinération et santé

Tab. 35 : Teneurs en dioxines dans l’air mesurées en Europe (en fg/m3)


Zones rurales Zones urbaines Proche d’une source

Min Max Moy. Min Max Moy. Min Max Moy.

Autriche 11 110 36 9 436 De 37 à 251 selon


le point de mesure.

Belgique 86 129

Allemagne 25 70 70 350 350 1 600

Italie 48 277 85 (Rome)

Luxembourg 47 54 77

Pays-Bas 9 63 31 4 99 18 et 55 selon le 6 140 62


point de mesure
(proximité d’un incinérateur)

Suède 0,2 29 De 2 à 18 selon le


point de mesure.

Grande 1 24 6 à 12 selon 0 810 De 19 à 256 selon


Bretagne le point de le point de mesure.
mesure

Source : European Commission, 1999

106
Impact sanitaire de l’incinération

Il est intéressant de constater que les communes éloignées des sources ont des concentrations en
particules similaires à celles des communes plus proches. Autour de l’incinérateur d’ordures
municipales par exemple, les teneurs sont de 21 µg/m3 pour les PM10 et 18 µg/m3 pour les PM2,5
contre respectivement 22 µg/m3 et 18 µg/m3 dans la commune exempte d’un incinérateur.
L’analyse de la composition des particules en certains éléments métalliques et non métalliques a
permis d’estimer la contribution des incinérateurs pour la concentration de PM2,5 à moins de
3%.
Dans une étude menée en Australie autour d’un incinérateur de boues d’épuration urbaines, les
concentrations de particules mesurées autour de l’incinérateur montraient également des teneurs
comparables à celles obtenues dans une zone sans sources de pollution particulières (Gray et al,
1994).

Dioxyde de soufre( SO2)


Niveaux de fond
De 2001 à 2004, les niveaux de fond ont été les suivants (en µg/m3) :

Année 2001 2002 2003 2004


SO2 7 10 9 7

La part de l’incinération
La part des émissions de SO2 attribuable à l’incinération en Île-de-France est de 2%. Dans les
études précédemment citées (Shy, 1995 ; Hazucha et al, 2002 et Gray et al, 1994) des mesures
de SO2 indiquent des concentrations de 10,6 µg/m3, 7,1 µg/m3 et 6,6 µg/m3 respectivement
autour des incinérateurs de déchets médicaux, municipaux et industriels.
La comparaison avec les concentrations mesurées dans les villes sans incinérateur montre
qu’elles sont du même ordre de grandeur : 9,5µg/m3, 6,6µg/m3 et 5,3µg/m3 en moyenne
journalière.

Dioxines et furannes
Les niveaux de fond
Ces polluants sont rarement mesurés dans l’air où leurs concentrations sont en général très
faibles. Les résultats disponibles montrent qu’il existe une amplitude très importante entre des
teneurs mesurées en différents contextes (rural, urbain, proche d’une source émettrice), mais
également sur un même site. Ainsi, dans son article de synthèse, Seta (2000) indique des

107
Incinération et santé

concentrations dans l’air ambiant pouvant aller de 3 fg/m3 à 5 000 fg/m3. Dans le détail, des
différences apparaissent en fonction de trois situations bien spécifiques : milieu rural, milieu
urbain et milieu proche d’une source (Nominé, 1999). En Europe, des informations fournies par
la commission européenne (European Commission, 1999) indiquent des teneurs de dioxines
dans l’air allant de 1 à 110 fg/m3 en zone rurale, de 0 à 810 fg/m3 en zone urbaine et de 6 à
1 600 fg/m3 sur sites proches d’une source polluante (Tableau 35).

D’autres sources bibliographiques indiquent des valeurs moyennes inférieures à 10 fg/m3 en


milieu rural éloigné (Lohman 1998), de 10 à 50 fg/m3 en milieu rural et de 10 à 400 fg/m3 en
zone urbaine (Lohman, 1998, Seta et al, 2000).

En Île-de-France, des mesures réalisées en 2004 par AIRPARIF sur huit sites dont quatre à
proximité d’incinérateurs (Sarcelles, Massy, Saint-Ouen et Argenteuil) indiquaient chez ces
derniers des valeurs comprises entre 0,04 et 1,14 pg I TEQ/m3, assez semblables aux mesures
réalisées en 1997 dans l’air de l’agglomération parisienne.

La part de l’incinération
Les concentrations en dioxines dans l’air relevées autour d’incinérateurs ou de sources
polluantes sont cohérentes avec les valeurs citées ci-dessus. Assez paradoxalement les
incinérateurs semblent avoir, d’une manière générale, un faible impact sur les teneurs en
PCDD/F de l’atmosphère. En effet, les valeurs mesurées sont globalement du même ordre de
grandeur que celles correspondant à des zones témoins (c’est à dire sans incinérateur)
représentant les mêmes différences selon qu’il s’agisse d’un milieu rural, urbain et industriel.

Ainsi, Caserini et al (2004) rapportent des analyses effectuées en Italie autour de trois
incinérateurs (le premier situé en zone rurale, le deuxième en zone industrielle et le troisième
caractérisant une situation intermédiaire). Autour du premier site, les teneurs mesurées en
PCDD/F étaient de 22 à 125 fg I-TEQ m3, du même ordre de grandeur que les mesures réalisées
avant la construction de l’incinérateur.
Sur le second site qui comprenait un incinérateur non équipé des « meilleures techniques de
traitement des fumées », les teneurs mesurées se sont révélées les plus élevés : de 144 à 337 fg
I-TEQ m3. L’auteur précise cependant que ces niveaux sont représentatifs des sites industriels
(ce qui semble cohérent avec les résultats de Lohman).

108
Impact sanitaire de l’incinération

Quant-au troisième incinérateur, celui équipé des « meilleures techniques de traitement des
fumées ». les mesures dans son environnement ont montré des teneurs qui s’échelonnaient de 10
à 67 fg I-TEQ m3.

A Taiwan, des mesures réalisées autour d’un incinérateur indiquaient des concentrations de
PCDD/F allant de 58 à 127 fg I-TEQ m3 (Cheng et al, 2003).

Plusieurs études révèlent des niveaux de dioxines plus importants l’hiver que l’été (Hippelein et
al, 1996 ; Cheng, op. cit). Par exemple, à Taiwan, une étude réalisée autour d’un incinérateur
indiquait des concentrations de PCDD/F allant de 188 à 348 fg I-TEQ m3 l’hiver et de 56 à 166
fg I-TEQ m3 l’été (Chang, 2003).

Une étude menée aux Etats-Unis (Lorber, 1998) a évalué les teneurs dans l’air de dioxines à une
distance allant de 1,8 à 3 km autour d’un incinérateur ayant fonctionné de 1983 à 1994. Les
émissions annuelles de cet incinérateur sur la période d’activité sont estimées à 1 000 grammes,
représentant près d’un dixième de l’ensemble des dioxines émises aux Etats-Unis toutes sources
confondues ! Malgré ces fortes émissions, des concentrations mesurées à deux périodes
différentes et à 2 km sous le vent de l’incinérateur s’élevaient respectivement à 170 et 350 fg I-
TEQ m3, c’est à dire à des niveaux caractéristiques de situations industrielles. Cependant,
l’auteur signale que ces teneurs mesurées sous le vent, comparées au niveau de fond urbain
estimé à 50 fg I-TEQ m3, mettent en évidence l’impact de l’incinérateur.

Au total
Les niveaux de dioxines mesurés dans l’atmosphère autour d’incinérateurs apparaissent peu
éloignés des niveaux de fond (i.e sans incinérateur) observés dans des contextes comparables
(milieu rural, urbain). La date de construction de l’incinérateur, et par conséquent le degré de
dépollution de ses fumées, a une influence sur les concentrations dans l’air. On notera
également que les teneurs en dioxines se caractérisent par une saisonnalité marquée (niveaux
bien plus important en hiver).

109
Incinération et santé

Tab. 36 : Eléments traces métalliques dans les sols (en mg/kg de terre fine)
Sols ordinaires Anomalies modérées Fortes anomalies

Min Max Min Max Min Max


Arsenic 1 25 30 60 60 230

Cadmium 0,05 0,45 0,7 2 2 7

Chrome 10 90 90 150 150 534

Mercure 0,02 0,2 0,2 0,45 - -

Plomb 9 50 60 90 100 3 000


Source : Ifen, 1999

Tab. 37 : Teneurs limites admissibles des sols récepteur de boues d’épuration et VCI (en
mg/kg de matière sèche)
France(1) Communauté Pays Bas(3) Suède (4) VCIusage sensible (5)
Européenne(2)

A B C
Cadmium 2 3 0,8 20 12 0,4 20

Chrome 150 200 100 800 380 30 130

Mercure 1 1,5 0,3 10 10 0,3 7

Plomb 100 300 85 600 530 40 400


(1) Norme AFNOR U44-041 (1985) – Teneurs limites des sols récepteurs pour l’épandage de boues d’épuration – pH
du sol inférieur à 6
(2) Directive européenne n°86/278 CEE (1986) : Valeurs maximales pour l’épandage de boues
(3) A : risque considéré comme négligeable
B : Valeur d’intervention, décontamination urgente nécessaire
C : Proposition pour une nouvelle valeur d’intervention : risque jugé intolérable, décontamination obligatoire.
(4) Teneurs limites des sols récepteurs de boues
(5) Valeur de constat d’impact (VCI) : Valeur guide française utilisée dans le cadre de la méthode nationale
d'évaluation simplifiée des risques, permettant de constater l'impact de la pollution d'un milieu, en fonction de son
usage. Ces valeurs prennent en compte les risques chroniques pour la santé des populations liés à l'usage actuel des
sites. Elles intègrent les différentes voies d'exposition des populations (inhalation, ingestion, contact cutané) et sont
définies pour deux types d'usage, l'un sensible (résidentiel avec potager), l'autre industriel. Définition : Forum
actualités sites pollués : http://www.fasp.info/default.htm

110
Impact sanitaire de l’incinération

La part de l’incinération dans la pollution des sols

Les métaux lourds


Les niveaux de fond
Les teneurs en métaux lourds dans les sols, sans contamination due à l’activité humaine, sont
dépendantes de la composition de la roche mère sous-jacente et varient d’une région à l’autre.
Certaines teneurs, d’origine naturelle, peuvent déterminer de fortes anomalies.
Le tableau 36 indique les valeurs de fond (exprimées en mg/kg) qui peuvent être rencontrées
dans des sols naturels pour As, Cd, Cr, Hg et Pb.
Le tableau 37 mentionne les valeurs limites pour ces mêmes éléments (sauf As) de sols aptes à
recevoir des boues d’épandage selon la réglementation de pays de l’Union européenne.

La part de l’incinération
Des analyses de sols ont été réalisées autour d’incinérateurs ou de sites industriels. Collet et al
(1998) ont mesuré les concentrations en plomb et en cadmium dans une zone de 7 x 9 km autour
d’un incinérateur en Ecosse. Les niveaux s’étendent de 11 à 82 mg/kg de sol pour le plomb et de
0,03 à 0,17 mg/kg de sol pour le cadmium.
La distribution spatiale des résultats pour le plomb montre une réduction des teneurs en relation
avec l’éloignement de la source, prouvant ainsi l’impact de l’incinérateur. De plus, la
comparaison entre les résultats observés pour le plomb avec les niveaux prédits par
modélisation des contaminations dues à l’incinérateur montre une bonne corrélation, preuve
supplémentaire du rôle de l’incinérateur dans cette contamination. Cette corrélation n’a pas été
retrouvée pour le cadmium.
Dans le cadre d’une étude sur le risque de contamination des sols par les éléments traces
métalliques, Mench et Baize (2004) signalent cinq situations aboutissant à une contamination
plus marquée du sol et à un danger plus grand de contamination des végétaux cultivés (et donc,
par voie indirecte, des consommateurs de ces produits). Parmi ces situations sont citées :
- les sols à proximité d’installations polluantes telles que les incinérateurs,
- les jardins familiaux à proximité d’agglomérations ou d’un site industriel émetteur. L’auteur
indique que la contamination de ces jardins peut être importante s’ils sont anciens et
présents depuis longtemps dans l’agglomération.

111
Incinération et santé

Tab. 38 : Concentration en PCDD/F (en pg I-TEQ/g de sol) dans les sols de quelques pays
européens

Zones rurales Zones urbaines Zones avec une


source polluante
Pays-Bas 2,2 à 16 13 à 252 (incinérateurs
municipaux)

Autriche 1,6 à 14 (pâturage)


< 1 à 64 (forêts)
Allemagne 1à5 10 à 30 50 à 150
Belgique 2
France 0,02 à 1 0,2 à 17 20 à 60
Source : expertise INSERM d’après European Commission, 1999.

Tab. 39 : Concentrations de fond en PCDD/F (en pg I-TEQ/g de sol) relevées dans la littérature

rural rural urbain industriel proximité d’une


éloigné source de
pollution
Land de Bade- 0,02 à 7,6 100 à + de 1 000
Wurttenberg
Allemagne

Sud Mississipi 1,7 à 684


USA (zone agricole
adjacente à une
zone industrielle)
Luxembourg 0,1 à 9 9 à 18
usines
sidérurgiques
Nouvelle Zélande 0,52 à 6,67
Pays Bas 2 à 10 0,02 à 29,5 0,84 à 27,3 0,8 à 332
Données
compilées sur 181
échantillons
Angleterre 1,04 à 209
3 usines de
deuxième fusion
de métaux non
ferreux
Source : Nominé, 1999.

112
Impact sanitaire de l’incinération

D’autres travaux montrent des résultats contradictoires. Ainsi, un rapport de l’InVS (2003) cite
une étude réalisée en Espagne dont l’objectif était de déterminer une éventuelle variation
temporelle (entre 1996 et 1997) des niveaux de métaux dans le sol autour d’un incinérateur
ancien. Outre le fait de ne pas avoir montré d’évolution particulière, les analyses indiquent des
niveaux moyens de 9,7 mg/kg pour l’arsenic, 0,4 mg/kg pour le cadmium, 17,7 mg/kg pour le
chrome, 0,1 mg/kg pour le mercure et 54,2 mg/kg pour le plomb. Ces valeurs sont en deçà des
valeurs limites établies dans le cadre de l’épandage de boues d’épuration (Tableau 37).
Une autre comparaison des teneurs en métaux dans les sols a été réalisée par Llobet et al (2002)
autour d’un incinérateur, également en Espagne (province de Tarragone). Des premières
mesures avaient été effectuées en 1994 et 1997, avant l’adaptation de l’unité aux normes
européennes en 1997 qui a entraîné une réduction de ses émissions polluantes. De nouvelles
analyses du sol réalisées en 1999 indiquaient une réduction pour le seul cadmium (baisse de
21%) et pour le plomb (baisse de 54%). Du fait du maintien des niveaux des autres métaux, les
auteurs concluaient donc au rôle très vraisemblable d’autres sources d’émission pour ces
derniers dans la même zone.
Dans la même région, des analyses de sols ont été réalisées autour de sites industriels, en site
urbain et en site supposé non pollué (Nadal et al, 2004). Excepté les niveaux plus élevés de
chrome et de vanadium du site industriel, aucune différence n’est constatée en comparaison
avec le site non pollué.

Conclusion
De nombreuses études montrent que les teneurs en métaux dans les sols proches d’incinérateurs
sont en deçà des valeurs limites établies par la réglementation. Par ailleurs, l’influence des
incinérateurs n’y est pas mise en évidence de façon claire et systématique.

Les dioxines

Les niveaux de fond


Les données concernant les teneurs en dioxines dans les sols (selon différents contextes) sont
beaucoup plus nombreuses. En niveau de fond, les valeurs s’échelonnent entre 0,02 pg I-TEQ/g
de sol en situation rurale et 252 pg I-TEQ/g de sol proche d’une source de pollution (Tableaux
38 et 39).

113
Tableau 40 : Teneurs en dioxines dans le sol à proximité d’incinérateurs
Bibliographie Lieu Localisation Nb Année Concentration. Commentaires
prélèvements Pts mesure échantillon (ng ITQ/kgms

Schumhmacher 2000 S. Adria del 3 km autour de 24 Min : 1,22 Incinérateur ancien


Besos, Barcelone l’incinérateur 1998 Max : 34,28 Niveaux plus élevés que ceux rencontrés autour
Espagne Médiane : 9,06 d’autres incinérateurs de la Région
Moyenne : 12,22

Domingo 2000 S. Adria del 3 km autour de 24 1999 Min : 1,33 Niveaux plus élevés mais différences pour les
Besos, Barcelone l’incinérateur Max : 54,23 médianes non significatives
Espagne Médiane : 14,41
Moyenne :11,85

Domingo, 1999 Montcada, 24 1996 Min : 0,28 Pas de relation entre les niveaux de dioxines et
Barcelone Max 44,30 la direction des vents dominants
Espagne Médiane : 3,52
Moyenne :6,91

Domingo, 1999 Montcada, 24 1997 Min : 0,15


Barcelone Max : 29,27
Espagne Médiane : 2,57
Moyenne : 4,48
1998 Min : 0,06
Domingo, 2001 Montcada, 24 Augmentation des concentrations médianes
Max 127
Barcelone dans les sols constatée mais non significative.
Médiane : 4,80
Espagne
Moyenne : 9,95
Schumhmacher, Min : 0,23
Tarragone, Jusqu’à 1,5 km 24 Maximum de concentration à 1250 m
1998(a) Max 5,80
Catalogne, Pas d’impact de l’incinérateur identifiable
Médiane : 0,8
espagne
Moyenne : 1,08

114
Tableau 40 (suite)
Bibliographie Lieu Localisation Nb Année Concentration. Commentaires
prélèvements Pts mesure échantillon (ng ITQ/kgms

Jimenes, 1996
UIDAS Sur trois lignes 16 Min : 0,7 Pas d’impact de l’UIDAS
parallèles au sens du Max : 11,4
Madrid, Espagne
vent dominant, une
dans l’axe et les
autres à 1 km de part
et d’autre

Deister , 1991 UIDIS Jusqu’à 750 m 10 Min : 0,2 Pas d’impact de l’UIDIS
Max : 8,86
Allemagne

115
Incinération et santé

La part de l’incinération
D’après Nominé (1999), 80% des dioxines sorties des cheminées rejoindraient le sol.
Cependant, les résultats des nombreuses analyses de sol réalisées autour d’incinérateurs
indiquent des teneurs n’excédant pas 160 ng I-TEQ/kg de matière sèche. A titre de comparaison,
la valeur de constat d’impact (VCI) pour les sols d’usage sensible est de 1 000 ng I-TEQ/kg.
Comme pour les métaux, les conclusions des différentes études menées autour d’incinérateurs
sont contradictoires (Tableau 40). En effet, dans certains cas, un impact direct sur les
concentrations de dioxines dans les sols peut être rattaché aux émissions d’une source de
pollution (Fernandes et al, 1994 ; Sandalls et al, 1992) ou spécifiquement d’un incinérateur
(Liem et Theelen, 1997 ; Llobet et al, 1998 ; Lorber et al, 1998 ; Abbot et al, 1997) ; les
concentrations s’apparentent le plus souvent, dans ces cas là, au bruit de fond des zones
urbaines. L’exemple de l’incinérateur américain indique que même en présence d’émissions
démesurées en quantité, l’impact reste faible à proximité du site, ce qui amène à conclure que
moins de 2% seulement des dioxines tomberaient dans un rayon de 3 km, accréditant la thèse
d’une exportation à longue distance possible de la pollution.

Dans d’autres cas, aucune relation n’est identifiée y compris lorsque les mesures sont réalisées
sous les vents dominants de l’installation (Schumacher et al, 1998 ; Kurz et al, 1993 ; Deister et
Pommer, 1991 ; Jimenes et al, 1996).

Dans son analyse bibliographique (sur laquelle nous nous sommes appuyés), Nominée (1999)
apporte des indications essentielles dans le cas d’une analyse de dioxines dans le sol autour
d’une source de pollution. Parmi elles citons :
- l’effet mémoire du sol. Les dioxines étant persistantes dans les sols, il faut s’assurer que sur
le lieu de prélèvement aucune autre pollution (épandage agricoles, brûlage de déchets,
lessivage de toiture en zone urbaine…) n’ait déjà contaminé le sol,
- l’effet cumulatif sur plusieurs années implique que les dioxines ont plus de probabilité de se
déposer sous les vents dominants,
- les résultats comparant les dépôts observés et leur prévision par modélisation sont souvent
décevants. Dans le même sens, Keck (2004) indiquait lors d’un colloque sur les POP en
2004 que les modèles de dispersion et de retombées des polluants fournissent souvent des
résultats différents de ceux mesurés, notamment pour les dioxines. L’auteur cite le cas d’un

116
Impact sanitaire de l’incinération

incinérateur où les taux de dioxines mesurés dans le sol, l’herbe, les légumes et le lait de
vache sont identiques dans toute la zone en périphérie de l’installation et similaires à des
échantillons de mêmes matériaux provenant de zones non exposées. L’influence de
l’incinérateur n’est donc pas perceptible, ce qui est en contradiction avec une modélisation
réalisée auparavant.
- Les niveaux dans les sols autour d’incinérateurs n’étant pas excessivement plus élevés que
dans les zones témoins, les retombées de dioxines ne semblent pas se produire à proximité
du site mais certainement plus loin.

En Île-de-France, des analyses de sol ont été réalisés en 1998 dans un rayon de 5 km, sur une
quinzaine de sites, autour de l’incinérateur de Villejust. La concentration moyenne est de 5,2 ng
I-TEQ/kMS avec des valeurs minimales et maximales de 1,88 et 9,3 ng.
Des mesures dans les sols réalisées en 2003 et 2004 dans le voisinage des incinérateurs de
Carrières-sur-Seine et Thiverval-Grignon indiquaient des valeurs comprises entre 16,55 et 57
ng I-TEQ/kMS (DRIRE, 2004).

La part de l’incinération dans la contamination de la chaîne


alimentaire

Dans cette partie nous abordons la contamination des végétaux naturels tels que l’herbe,
pouvant être destinés au fourrage et donc être consommés par les animaux, celle des végétaux
cultivés destinés à l’alimentation humaine et des animaux ainsi que la contamination des
produits issus d’animaux tels que le lait de vache et les œufs.

La contamination des végétaux par les métaux


Niveaux de fond
Quelques publications permettent d’avoir une estimation des concentrations en métaux dans les
végétaux. Ainsi, Decloitre (1998) a évalué la part de différents aliments dans l’exposition au
plomb, au cadmium et au mercure. Concernant les végétaux, les teneurs dans les échantillons
analysés ne dépassent jamais les valeurs recommandées par le Conseil supérieur d’hygiène
publique de France (CSHPF, 1996) et une seule fois les valeurs réglementaires européennes (JO
des communautés européennes, 2001 ; tableau 41).

117
Tableau 41 : Concentrations en Pb, Cd et Hg dans quelques aliments
Produits Plomb Cadmium Mercure
Nb Teneur Valeur Valeur Nb Teneur Valeur Valeur Nb Teneur Valeur Valeur
d’échan- En µg/kg recom - règlem- d’échan- En µg/kg recom - règlem- d’échan- En µg/kg recom - règlem-
tillons mandée entaire tillons mandée entaire tillons mandée entaire

Céréales 500 200 100 100 30

Blé 429 40 200

Produits céréaliers 50 26,4

Céréales petit déjeuner 8 46,2 8 6,9 8 15,4

Pain 13 31 16 29,1 16 13,4

Légumes et fruits 300 100 et 200 30

Légumes feuilles 31 88,6 300 47,2 pour 200 31 6,75

Légumes racines 11 41,5 100 34,9 salades, 100 11 6,1

Pomme de terre 16 46,7 100 28,1 céleri et 100 16 8

Autres légumes 53 108 100 20,5 épinards 50 53 22,2


100 et 200
Fruits 15 99,9 4,3 50 15 7,6
pour baies et
petits fruits

Source : Decloitre, 1998

118
Impact sanitaire de l’incinération

En zone polluée
Mench (2004) apporte des indications concernant des analyses réalisées dans des jardins
familiaux et dans des zones agricoles subissant des retombées atmosphériques de sites polluants
alentours. Dans le cas des jardins, les concentrations relevées dans ceux situés à proximité de
sites polluants, sont bien plus importantes que dans des zones témoins non polluées. La plupart
des analyses dépassent les valeurs réglementaires notamment pour le cadmium avec 91% de
dépassements dans le cas des laitues et 93% pour les carottes (tableau 42).
La littérature ne mentionne pas de données sur la contamination en métaux de végétaux cultivés
autour d’incinérateurs.

119
Tableau 42 : Concentrations médianes et maximales en Cd, Pb et Zn dans quelques légumes cultivés dans des jardins
situés à proximité d’un site métallurgique comparées à celles de jardins témoins et pourcentage d’analyse dépassant la
valeur réglementaire (en mg/kg de MS)

Cd Pb Zn
Témoins Contaminés dépassement Témoins Contaminés Dépassement Témoins Contaminés
(% ) (% )
Concentration en mg/kg de
matière sèche
Carotte 0,18 – 0,64 2,02 – 5,4 93 0,29 – 0,76 2,37 – 5,29 26 29 - 40 53 - 146
Poireau 0,21 – 0,24 2,51 – 5,37 84 0,50 – 0,92 4,04 – 10,8 61 35 - 40 95 – 410
Radis 0,35 – 0,44 3,23 – 6,8 45 0,69 – 1,08 4,42 – 32,9 36 43 - 91 239 – 890

Concentration en mg/kg de
matière fraîche
Laitue 0,015 – 0,02 0,11 – 1,5 91 0,115 – 0,35 0,30 – 1,83 50 2,8 – 3,4 7,5 – 28

Concentration en mg/kg de
matière brute
Pomme de terre 0,07 – 0,11 0,67 – 1,4 66 <0,03 <0,03 – 0,51 40

Source : Mench, 2004

120
Tableau 43 Teneurs en dioxines mesurées dans des végétaux cultivés autour d’incinérateurs
Bibliographie Lieu Localisation Nb Année Concentration. Commentaires
prélèvements pt échantillon (ng ITQ/kgms

Schumhmacher 2000 S. Adria del 3 km autour de 24 1998 Min : 0,33


Besos, Barcelone l’incinérateur Max : 1,98
Espagne Médiane : 0,58
Moyenne : 0,70

Domingo 2000 S. Adria del 3 km autour de 24 1999 Min : 0,32


Besos, Barcelone l’incinérateur Max : 2,52
Espagne Médiane : 0,82
Moyenne : 0,97

Domingo, 1999 Montcada, 23 1996 Min : 1,07


Barcelone Max : 3,05
Espagne Médiane : 1,89
Moyenne : 1,90

Domingo, 1999 Montcada, 23 1997 Min : 0,75


Barcelone Max : 1,95
Espagne Médiane : 1,27
Moyenne : 1,30
1998 Min : 0,40
Domingo, 2001 Montcada, 23
Max 1,94
Barcelone
Médiane : 0,86
Espagne
Moyenne : 0,95
Schumhmacher, 1997 Min : 0,11
Tarragone, Jusqu’à 1,5 km 24
1998(b) Max 0,50
Catalogne,
Médiane : 0,20
espagne
Moyenne : 0,23

121
Tableau 43 (suite)
Bibliographie Lieu Localisation Nb Année Concentration. Commentaires
prélèvements pt échantillon (ng ITQ/kgms

Schuhmacher, 2002(a) 1996 Min : 0,21


Constanti, 40 Incinérateur en construction
Max : 1,22
Catalogne,
Médiane : 0,53
Espagne
Moyenne : 0,61

1998 Min : 0,14


Max : 2,01
Médiane : 0,23
Moyenne : 0,31
Schuhmacher, 2002(b) 2000 Min : 0,13
Constanti, 40 20 mois après la construction de l’incinérateur
Max : 0,65
Catalogne,
Médiane : 0,29
Espagne
Moyenne : 0,32

Deister , 1991 UIDIS Jusqu’à 750 m 15 Min : 0,7 Pas d’impact de l’UIDIS
Max : 8,8
Allemagne Les zones de dépôt maximum ne
correspondent pas aux prévisions faites au
moyen d’un modèle gaussien

122
Impact sanitaire de l’incinération

La contamination des végétaux par les dioxines


Niveaux de fond
L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a évalué la contamination par
les dioxines d’aliments régulièrement consommés par la population française. Ainsi, la
contamination moyenne est estimée à 0,010 pg/g de poids frais pour les fruits (5 échantillons),
0,055 pg/g pour les légumes feuillus (16 échantillons), 0,010 pg/g pour les légumes racines (13
échantillons et 0,032 pg/g pour les autres légumes (7 échantillons).
Remarque : les dioxines sont exprimées en TEQ (OTAN) c’est à dire que les PCB « dioxines
like » ne sont pas pris en compte, contrairement à l’OMS. L’Afssa signale que les dioxines TEQ
(OTAN) minorent de 50 % les dioxines TEQ (OMS).

Des données recueillies dans le cadre du plan de surveillance des denrées alimentaires de la
Direction générale de l’alimentation (DGAl) indiquent des concentrations dans certains fruits et
légumes pour l’année 1999. Celles-ci sont exprimées en poids de matière sèche (et non frais) et
en TEQOMS.
Les doses s’échelonnent de 0,01 ng TEQOMS/kg de matière sèche à 0,1 ng TEQOMS/kg. Pour les
salades, les concentrations sont plus élevées et vont de 0,1 à 2,97 ng TEQOMS/kg.
Excepté pour le maximum observé pour les salades, les valeurs rencontrées sont en deçà du
seuil d’alerte défini par l’OMS pour les végétaux destinés à la consommation humaine, qui est
de 0,4 ng TEQOMS/kg de matière sèche. En effet, pour les végétaux, les valeurs réglementaires
concernent uniquement ceux destinés à l’alimentation des animaux.

Valeurs mesurées autour d’incinérateurs


La contamination la plus probable des végétaux peut se réaliser selon deux manières :
- Les polluants présents dans le sol peuvent entrer par les racines puis passer dans les parties
supérieures de la plante,
- le dépôt direct des polluants sur les parties supérieures de la plante.
Une autre possibilité est le dépôt de particules de sols pollués par éclaboussure lors de pluies
intenses (INSERM, 2000).

123
Incinération et santé

Tableau 44 : Teneurs de fond en Pb, Cd et Hg mesurées dans certains produits carnés, le lait et les œufs

Produits Plomb Cadmium Mercure


Nb Teneur Valeur Valeur Nb Teneur Valeur Valeur Nb Teneur Valeur Valeur
d’échan- En µg/kg recom - règlem- d’échan- En µg/kg recom - règlem- d’échan- En µg/kg recom - règlem-
tillons mandée entaire tillons mandée entaire tillons mandée entaire

Produits carnés

Viandes(1) 59 61,9 250 100 59 12 100 50 59 8,6 50


(1)
Foies 17 110 500 500 17 133,8 1 000 500 17 8,6 100
(1)
Rognons 13 506,7 1 000 500 13 241,3 2 000 1000 13 10,6 100
(2)
Volailles 6 10

Lait(1) 12 13,5 50 20 12 3 12 3,5


(2)
Lait 6 6,1 6 1,3

Œufs(3) 279 7,9 262 1,2

Sources : (1) Source : Decloitre, 1998 ; (2) Ministère de l’agriculture, 2001 ; (3) Ministère de l’agriculture, 2002

124
Impact sanitaire de l’incinération

En ce qui concerne la contamination par dépôt, le transfert de la peau vers l’intérieur de la


plante est peu probable mais des teneurs importantes de dioxines peuvent être rencontrées sur la
plante. Le passage vers les animaux peut donc être important.
Enfin, le transfert des dioxines depuis les racines est limité, excepté pour les cucurbitacées, qui
peuvent absorber les PCDD/F à partir du sol et les transférer dans les feuilles et le fruit.
Dans certains études réalisées autour d’incinérateurs et citées précédemment, des analyses de la
concentration de dioxines dans les végétaux ont été réalisées. Les niveaux rencontrés sont
globalement plus élevés que pour les niveaux de fond. Le minimum rencontré est de 0,11 ng
TEQOMS/kg autour d’un incinérateur situé en Espagne et le maximum de 3,05 ng TEQOMS/kg
autour d’un autre incinérateur situé également en Espagne (Tableau 43).
En France, on dispose d’analyses réalisées sur des échantillons de végétaux autour de
l’incinérateur de Villejust dans le département de l’Essonne. Les mesures réalisées à l’intérieur
d’un rayon de 5 km autour de l’UIOM, pour l’herbe, des oignons et des salades indiquent des
concentrations en PCDD/F de 1,62 ng TEQOMS/kg de MS, 0,44 ng TEQOMS/kgMS, 0,17 à 1,1 ng
TEQOMS/kgMS respectivement. Ces valeurs sont du même ordre que celles fournies par la
DGAL, notamment pour les salades (voir ci-avant). Elle ne se démarquent pas des valeurs
mesurées autour d’autres incinérateurs (Tableau 43).
A proximité de l’incinérateur de Carrières-sur-Seine, des mesures réalisées en 2003 dans des
végétaux ont révélées des teneurs moindre allant de 0,03 à 0,075 ng/kgMS.

La contamination des animaux et produits animaux

Nous n’aborderons pas ici la contamination des animaux aquatiques, même si elle peut être
importante, à la fois en métaux et en dioxines.

Les métaux
Niveaux de fond
Les données issues des plans de contrôle de la Direction générale de l’alimentation ainsi que de
l’étude de Decloitre (1998) indiquent des concentrations inférieures aux valeurs réglementaires
(tableau 44).

125
Incinération et santé

Tab. 45 : Valeurs réglementaires dioxines pour quelques aliments (Afssa)


Produit Teneur maximale PCDD/F en pg I-TEQ(OMS)/g
de graisse ou de produit
Viande et produits à base de viande de :
- ruminants (bovins, ovins) 3
- volailles et gibier d’élevage 2
- viande de porc 1
Lait et produits laitiers 3
Œufs de poule et ovoproduits 3
Foie et produits dérivés 6

126
Impact sanitaire de l’incinération

Autour des incinérateurs


Les données sur la concentration en métaux lourds dans les aliments d’origine animale produits
spécifiquement autour d’incinérateurs sont rares.

Les dioxines

Les niveaux de fond


En Europe (ARET, 2004), les concentrations de dioxines dans les viandes sont en moyenne de :
- 0,26 pg I-TEQ/gramme de lipides pour le porc,
- 0,68 pg I-TEQ/gramme de lipides pour le bœuf,
- 0,52 pg I-TEQ/gramme de lipides pour la volaille,
- 0,88 pg I-TEQ/gramme de lipides dans le lait,
- 1,19 pg I-TEQ/gramme de lipides dans les œufs.

En France, les résultats des contaminations moyennes fournies par l’Afssa (2000) sont
quasiment identiques (ils sont exprimés en équivalent OTAN et doivent donc être majorés de
50%).
Les concentrations s’échelonnent de 0,16 pg TEQ(OTAN)/gramme de matière grasse pour le porc
à 0,80 pour le bœuf. Dans le lait, les teneurs sont de 0,65 pg TEQ(OTAN)/gramme de MG pour le
lait et de 1,51 dans les œufs.
Toutes ces valeurs sont inférieures aux seuils fixés par la réglementation européenne (tableau
45).

127
Incinération et santé

Tab. 46 : Valeurs guides pour le lait et les produits laitiers (SFSP, 1998)
Concentration
En pg/g de matière grasse
5 Limite maximale autorisée dans le lait et les produits laitiers
commercialisés
3 Valeur d’intervention entraînant une recherche des sources et
leur réduction rapide
<1 Objectif à atteindre pour l’ensemble du lait et des produits
laitiers de grande consommation

128
Impact sanitaire de l’incinération

Autour des incinérateurs


Autour des incinérateurs, ce sont surtout les concentrations dans le lait qui sont mesurées.
Celles-ci permettent à la fois de connaître l’état de contamination de la chaîne alimentaire et
d’avoir une estimation des retombées atmosphériques d’une source de pollution.
Les niveaux mesurés dans le lait sont différents selon qu’il s’agisse de lait issu d’un grand
mélange ou d’un lait récolté chez un producteur. Dans le premier cas, les niveaux de dioxines
sont en général faibles. En revanche, dans le second cas, les concentrations sont plus élevées
(SFSP, 1999) et la limite réglementaire européenne20 pour les PCDD/F fixée à 3pg I-TEQOMS/g
de graisse entraînant le retrait de la commercialisation et les valeurs guides de la SFSP (Tableau
46) peuvent être dépassées (autour de sources à forte émission).

Les mesures réalisées autour d’incinérateurs français indiquent des concentrations de dioxines
plus élevées lorsque le lait est recueilli à moins de 5 km de la source. Le maximum observé est
de plus de 8 pg/g de matière grasse dans un lait provenant d’un producteur situé à 2 km d’un
incinérateur. Par ailleurs, les seuils d’alerte et d’interdiction de commercialisation sont dépassés
pour plusieurs analyses (figure 24 et 25).
On constate cependant une forte disparité puisque les mesures à moins de cinq kilomètres
s’étendent de 0,11 à 8,37 pg/g de matière grasse (figure 23) contre 0,23 à 1,67 en zone plus
éloignée (5-10 km ; figure 25).
A Gilly sur Isère (voir ci-après), les concentrations ont atteint 20 pg/g de matière grasse dans la
zone la plus touchée par les retombées de l’incinérateur, dont les émissions dépassaient
largement les normes actuelles

En Île-de-France, des concentrations mesurées dans le lait en provenance de communes situées


à proximité des incinérateurs de Saint-Ouen-l’Aumône et de Sarcelles s’échelonnaient de 1 à 2,8
pg/g de matière grasse pour le premier et de 0,7 à 1,3 pg/g pour le second (DRIRE, 2004).

20
Règlement (CE) N° 2375/2001 du Conseil du 29 novembre 2001 modifiant le Règlement (CE) N°
466/2001 de la Commission portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants dans les
denrées alimentaires.

129
Incinération et santé

Figure 24 : Résultats des mesures de dioxines dans le lait recueilli (producteur, tournée) à une distance de
moins de 5 km autour d’usines d’incinération d’ordures ménagère françaises en fonctionnement en 2003.

8
En
pg/ 7
g
de 6
M
G 5
4
Seuil de retrait
3
Seuil d'alerte
2

0
Analyses

Figure 25 : Résultats des mesures de dioxines dans le lait recueilli (producteur, tournée) à une distance entre 5
et 10 km autour d’usines d’incinération d’ordures ménagère françaises en fonctionnement en 2003.

1,8

1,6

1,4

1,2
En pg/g de MG

0,8

0,6

0,4

0,2

Analyse s

Source : MEDD (seules les analyses pour lesquelles la distance était précisée ont été représentées). En cas de seuil de
retrait atteint, le producteur est indemnisé par l’exploitant de l’usine.

130
Impact sanitaire de l’incinération

Quelques cas français de contamination de la chaîne alimentaire par les dioxines

En France, des exemples de pollution massive par les PCDD/F concernent généralement des
incinérateurs de moins de 6 tonnes/heure pour lesquels la réglementation, jusque dans un passé
récent, n’était pas aussi restrictive que celle imposée aux grosses unités.

L’incinérateur de Gilly-sur-Isère en Savoie, autorisé en 1984, a vu son fonctionnement arrêté


en octobre 2001 suite aux résultats d’une campagne de mesures qui affichait des teneurs de
dioxines dans le lait de vache supérieures à la norme de 5 picogrammes/g de matière grasse
recommandée par l’OMS. Le plan d’action sanitaire lancé par le préfet du département, qui
comprenait une évaluation quantitative des risques sanitaires, faisait ressortir pour cet
incinérateur, entre 1999 et 2001, un flux annuel de dioxines de 75 g pour des concentrations de
680 ng/m3 (soit 6 800 fois supérieures à la norme actuelle). L’arrêt de l’incinérateur à été suivi
d’un plan d’abattage de 7 000 têtes de bétail touchant 365 exploitations, de la destruction de
10 000 tonnes de foin, de 2 230 tonnes de lait et de 24 tonnes de produits laitiers. Parallèlement
à cette évaluation, deux autres études furent lancées : l’une visant à identifier un éventuel excès
de cancers au voisinage de l’usine, la seconde à déterminer le degré d’imprégnation locale aux
dioxines par des mesures dans le lait maternel de femmes vivant à proximité de l’installation.
Les résultats de l’ensemble de ces études sont attendus en 2005/2006.
Des teneurs élevées en PCDD/F avaient également été constatées en 1994 dans du lait de vache
provenant d’exploitations agricoles situées à proximité de l’incinérateur d’Halluin dans le
Nord, de forte capacité (43,5 t/h). Une interdiction de commercialisation de ce lait s’en est
suivie, suite au constat de concentrations élevées de dioxines et furannes dans les fumées de
l’UIOM, précédant la fermeture de l’unité et son remplacement en 2000.

En Île-de-France, l’UIOM de Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne), d’une capacité de 4 t/h, en


fonctionnement depuis 1968, a été fermée par arrêté préfectoral le 15 juin 2002 suite à des
émissions élevées de métaux lourds et plus particulièrement de PCDD/F (jusqu’à 226 ng/m3),
relevées dans ses fumées. Le remplacement de cette usine obsolète par une unité moderne de
plus forte capacité avait été programmé par le SMITOM Centre-Ouest - un syndicat regroupant
67 communes totalisant 280 000 habitants - pour l’élimination de ses déchets. L’ancienne usine
a été démolie en mars 2003 et la nouvelle a commencé à fonctionner trois mois plus tard.

131
Incinération et santé

Suite aux fortes émissions de l’ancienne usine, des analyses de PCDD/F sur végétaux, lait,
viande et œufs de huit exploitations agricoles de communes situées dans son voisinage,
révélèrent des taux de dioxines inférieurs aux normes admises, sauf pour la viande et le lait
d’une ferme située sur la commune où était implanté l’incinérateur ; par mesure de précaution
huit communes ont été déclarées polluées et un troupeau de 80 vaches abattu. Une autre série
d’analyses provenant d’échantillons de sols, d’œufs, de sang humain réalisés dans la commune
de Maincy, sous le vent de l’incinérateur et à moins de 2 km de celui-ci a révélé des fortes
teneurs de dioxines (cf. ci-dessous, p. 194). En 2004, les évènements ont pris un tournure
judiciaire par le dépôt de plaintes de particuliers. L’implication dans ce dossier de la
municipalité de Maincy, une commune limitrophe de Vaux le Pénil, a contribué à sensibiliser
l’opinion francilienne sur l’incinération des déchets et les risques potentiels encourus.

Précédant le cas de Vaux le Penil, l’usine d’incinération de Villejust, en Essonne, avait déjà
mobilisé l’attention des médias, toujours sur la question des dioxines et furannes. En novembre
1997, une analyse sur un four de l’unité en question, réalisée dans le cadre du suivi des
émissions d’UIOM en France par le MEDD, relevait un taux de dioxines/furannes de 107,7
ng/m3, soit mille fois supérieur à la norme actuelle. Ce résultat, dont la presse s’était fait l’écho,
avait conduit le SIOM, maître d’ouvrage de l’usine, à arrêter son fonctionnement par précaution
et à préciser les conditions dans lesquelles avaient été réalisées les mesures qui, selon lui,
expliquaient ce mauvais résultat. Selon le SIOM donc, le four incriminé ne se trouvait pas en
équilibre thermique puisqu’il était arrêté depuis plusieurs jours et avait été rallumé dans le but
d’effectuer les mesures de suivi du MEDD. Des analyses réalisées en avril 1998 par l’APAVE,
diligentées par le syndicat, indiquaient sur le même four des valeurs beaucoup plus basses (11,7
ng). Pour appuyer son affirmation d’une usine non polluante s’agissant des dioxines et furannes,
le syndicat avait fait conduire une campagne de dosages de sols, de végétaux (voir ci-avant),
d’air ambiant sous vents dominants, de lait de vache et de viande dans différentes communes
proches de l’incinérateur. Les résultats se sont révélés conformes aux normes. Le four a été mis
aux normes en 1999. Les mesures annuelles effectuées depuis cette date indiquent toutes des
valeurs respectant le seuil de 0,1 ng.

132
Impact sanitaire de l’incinération

Données sur la contamination de l’homme


Il s’agit dans cette partie d’indiquer les concentrations en polluants dans le corps humain. Cette
approche permet d’avoir une estimation de l’exposition individuelle à certains polluants tels que
les métaux et les dioxines qui peut être appréciée par des dosages dans les milieux biologiques
(sang, urine, cheveux, lait maternel, tissus…).

Les métaux
Niveaux de fond
Les concentrations en plomb dans le corps humain peuvent être estimées à partir de plusieurs
milieux biologiques. Il peut s’agir du sang, et la plombémie est l’indicateur qui mesure le taux
de ce métal dans ce cas précis, des cheveux, de l’urine et des os. Dans les faits, c’est la
plombémie qui est la plus fréquemment utilisée.
La plombémie moyenne des Français a considérablement chuté au cours des dernières années,
suite à l’interdiction du plomb dans l’essence ayant entraîné un diminution de sa concentration
dans l’atmosphère. En 1995, la plombémie moyenne à Paris était de 68 µg/l de sang (Miquel,
2001). A titre de comparaison, dans le cadre de la surveillance du saturnisme infantile en
France, un niveau de plombémie inférieur à 100 est considéré comme une absence de
contamination.
En 1997, la plombémie moyenne pour l’Île-de-France était de 46 µg/l de sang pour la
population générale et de 40 µg/l de sang pour les enfants, population particulièrement sensible.
Enfin, la plombémie varie d’une région à l’autre et s’étend de 34 µg/l de sang en Alsace à
51,2 µg/l de sang pour le Centre (Miquel, 2001).

Concernant le cadmium et le mercure, les mesures de l’imprégnation de la population française


indiquent des valeurs allant de 0,33 µg/l de sang (Lorraine) à 0,51µg/l de sang (en région
PACA) pour le cadmium et des valeurs allant de 1,75µg/l de sang (Régions côtières) à 4,70 µg/l
en Poitou Charente (Miquel, 2001).

Autour des incinérateurs


Le rapport de la SFSP (1999) cite deux études menées autour d’un incinérateur espagnol. Des
mesures pour différents métaux ont été réalisées dans le sang et les cheveux d’adultes et
d’enfants vivant à proximité de l’incinérateur ou en étant éloigné.

133
Incinération et santé

Les concentrations dans les cheveux de cadmium et de mercure autour de l’incinérateur étaient
respectivement de 0,12 µg/g et 0,53µg/g. Ces niveaux sont inférieur à ceux rencontrés en
situation urbaine (0,2 pour le cadmium et 0,9 pour le mercure). Les concentrations dans le sang
étaient de 0,6 µg/l pour le cadmium, 6 µg/l pour le mercure et 29,4µg/l pour le plomb. Là
encore, l’auteur souligne des niveaux moins élevés que ceux rencontrés en situation urbaine.

La concentration de mercure dans les cheveux à également été mesurée dans l’étude de Kurttio
et al (1998). Celle-ci est doublement intéressante, car les analyses ont été réalisées avant le
démarrage d’un incinérateur en 1984 puis dix ans après (l’évolution est donc connue) et à
plusieurs distances de l’incinérateur. Les teneurs médianes étaient en 1984 de 0,5µg/g et de
0,8µg/g en 1994 (augmentation de 60%). Par ailleurs, l’auteur indiquait des augmentations de
0,35 µg/g de cheveux chez des ouvriers de l’incinérateur (n=11), de 0,16µg/g chez les individus
situés à 2km de l’incinérateur (n=45), de 0,13 µg/g entre 2 et 4 km (n=38) et seulement de 0,03
à 5km. (n=30).
Les concentrations en mercure sont donc plus importantes à proximité de l’incinérateur même si
comme le signale l’auteur, les niveaux n’impliquent pas de risque sanitaire particulier, et
décroissent avec l’éloignement de la source.
De même, une comparaison entre les niveaux de plomb et de cadmium dans le sang
d’adolescents vivant à proximité d’incinérateurs et d’adolescents vivant en zone rurale montre
des valeurs plus élevées pour les premiers (Staessen, 2001).

Les dioxines

La mesure directe de l’exposition aux PCDD/F est beaucoup plus utilisée. Les dioxines sont
liposolubles et vont donc se retrouver dans les graisses de différents tissus. Chez l’homme, les
indicateurs utilisés sont le lait maternel, le sang et d’autres tissus adipeux. Un certain nombre de
facteur influencent la concentration en polluant. Chez les femmes qui allaitent par exemple, les
concentrations seront plus faibles à partir du deuxième enfant puisque une partie des dioxines
aura été excrétée durant le premier allaitement. Ce critère devra donc être pris en compte. La
corpulence est aussi un facteur à considérer. En effet, plus la masse graisseuse est importante et
plus les dioxines sont diluées.

134
Impact sanitaire de l’incinération

Les concentrations de dioxine dans le lait maternel


Le lait maternel est une voie d’excrétion importante chez les femmes qui allaitent, entraînant
ainsi une exposition du nourrisson aux dioxines. De ce fait, de nombreuses campagnes de
mesures dans le lait maternel sont réalisées.

Niveau de fond
En Europe, une étude effectuée par l’OMS (1996) indiquait des concentrations moyennes de
dioxines dans le lait humain des Etats membres de l’Union européenne pour la période 1992-
1993 de 17,7 pg TEQ/g de matière grasse (MG) en milieu rural, 19,2 pg TEQ/g de MG en
milieu urbain et de 24 pg TEQ/g de MG en milieu industriel.

En France, une étude menée à Paris sur 15 femmes (Gonzales et al, 2000) révélait une
concentration moyenne de 20,1 pg TEQ/g de MG.
Plus récemment, dans une étude menée par l’InVS et l’ADEME en 1998-1999 sur 244
échantillons de lait, la concentration moyenne de dioxine était de 16,5 pg I-TEQ/g de MG.
Si on applique une majoration de 20% telle que l’indique le rapport d’expertise de l’INSERM
(2000) la concentration moyenne est alors de 19,8 pg I-TEQOMS/g de MG.

135
Incinération et santé

Figure 26 : Teneur en PCDD/F (en pg/g de matière grasse) dans le lait maternel
(données regroupées) dans différents pays

Egypte 22,8

France 18,8

Pays Bas 18,3

Italie 12,7

Espagne 11,9

Ukraine 10,0

Suède 9,6

Finlande 9,4

Rép. Slovaque 9,1

Russie 8,9

Roumanie 8,9

Rép. Tchèque 7,8

Norvège 7,3

Irlande 6,9

Nouvelle Zélande 6,9

Hongrie 6,8

Croatie 6,4

Bulgarie 6,1

Australie 5,7

Brésil 3,9

0 5 10 15 20 25

Source: Fréry, 2004

136
Impact sanitaire de l’incinération

Enfin, une comparaison des teneurs médianes dans plusieurs pays (Fréry, 2004) montre des
niveaux particulièrement élevés en France (figure 26).

Autour des incinérateurs


En Allemagne, des échantillons de lait de 7 femmes (dont deux allaitaient pour la seconde fois)
vivant à proximité d’un incinérateur ont été recueillis en 1993 (Deml et al, 1996). Les
concentrations de dioxines s’échelonnaient de 6,5 à 18,6 pg/g de MG avec une moyenne à 12,4
pg/g de MG. Ces valeurs identiques à celles de la population générale ne semblaient pas mettre
en évidence une augmentation des concentrations de dioxines aux alentours de l’unité.
Cependant l’échantillon est de petite taille et pour deux femmes, une partie des dioxines avait
certainement été excrétée (elles avaient déjà allaité).
En Espagne, des mesures ont été réalisées chez des femmes vivant à proximité d’un incinérateur
de déchets dangereux, avant son démarrage et trois ans après.
Les concentrations avant le démarrage s’échelonnaient de 5,9 à 17,1 pg/g de MG avec une
médiane à 11,7 pg/g de MG. Trois ans après, les concentrations allaient de 4,9 à 39,9 pg/g de
MG avec une médiane à 7,7. Pour les auteurs, la réduction observée entre les deux valeurs
médianes (34,2%) est en accord avec la baisse générale des niveaux de dioxines observée dans
le pays.

Cependant, une étude portant sur 20 échantillons de lait recueillis dans ou à proximité d’une
région industrielle de Belgique indiquaient des concentrations élevées. Les valeurs
s’échelonnaient de 16 à 52,1 pg/g de MG avec une moyenne à 29,4 pg/g de MG. Après
l’inclusion de trois PCB « dioxine-like », les teneurs se situaient entre 22,2 et 100,2 pg/g de MG
avec une moyenne à 40,8 pg/g de MG (Focant et al 2002).

137
Incinération et santé

Tableau 47 : Concentrations moyennes en dioxines dans le sang

Pays Année effectif Concentrations moyennes Références


En pg TEQ/g de matière grasse
Finlande 1989-90 14 49 Rosenberg, 1995
1993 18 43 Kontsas, 1998
Allemagne 1988 10 46,3 Päpke, 1989
1989 102 40,8 Päpke, 1992
1992 44 26 Päpke, 1993
1993 70 21,7 Päpke, 1994
1994 134 19,1 Päpke, 1996
1996 180 16,5 Päpke, 1997
1997 139 16,1 Päpke, 1998
Espagne 1997 20 27 Schumacher, 1999
(Tarragona)
Guam 10 32 Schecter,1994 (a)
Russie 68 17 Schecter,1994 (b)
Russie 8 18 Schecter,1994(a)
(Bailask)
Russie 50 17 Schecter,1994(a)
St Petersbourg
USA 100 41 Schecter,1994(a)
USA 1993 70 20,3 Anderson, 1998
Arkansas
Viêt Nam 32 12 Schecter,1994(a)
Hanoi
Sources : INSERM, 2000 et Seta et al, 2000

138
Impact sanitaire de l’incinération

Les concentrations dans le sang


Le sang est un indicateur biologique moins utilisé, notamment parce que les teneurs en graisses
y sont faibles (0,5%), nécessitant des prélèvements importants (au moins 50 ml). Il est donc
souvent difficile d’obtenir la participation d’individus.

Niveaux de fond
Seta et al (2000) indiquent des niveaux de fond de dioxines recueillies dans le sang de la
population générale de plusieurs pays et publiés dans la littérature. Pour les PCDD/F, les teneurs
moyennes s’échelonnent de 12 pg/I-TEQ/g de lipides à Hanoi (Viêt Nam) à 49 pg/I-TEQ/g de
lipides en Finlande.
L’expertise de l’INSERM (2000) fournit également des données de concentrations moyennes de
dioxines dans le sang pour les population de trois pays : la Finlande, l’Allemagne et l’Espagne.
En Allemagne, des mesures sont effectuées depuis 1988. Ce suivi permet de mettre en évidence
une diminution régulière des teneurs en dioxine au cours des années. Toutes ces données sont
résumées dans le tableau 47.

Autour des incinérateurs


Les concentrations en dioxines dans le sang ne sont pas systématiquement plus élevées chez les
individus résidant à proximité d’un incinérateur. En Espagne, des mesures ont été réalisées sur
104 personnes vivant à une distance allant de 500 mètres à 1,5 km d’un incinérateur de déchets
ménagers en construction et chez 97 personnes en vivant éloignées (de 3,5 à 4 km). Les teneurs
moyennes observées étaient basses et identiques dans les deux groupes, 13,5 et 13,4 pg I-TEQ/g
de lipides.
Deux ans après la construction de l’incinérateur, les teneurs dans le sang ont augmenté de 10%
dans les deux groupes. Les auteurs concluent donc à l’absence de relation entre les
concentrations de dioxine et la distance de l’incinérateur. Par ailleurs, l’augmentation observée
ne semble pas liée à l’unité d’incinération (Gonzales et al, 2000).
Une étude similaire (avant et après la mise en route d’un incinérateur de déchets dangereux)
menée aux Etats-Unis (Evans et al, 2000) conclut également à l’absence de l’influence de
l’installation.

139
Incinération et santé

Figure 27 : Concentration moyenne de PCDD/F dans le plasma de sujets espagnols (en pg I-TEQ/g
de MG)
28,3 28,7
29
28
27 26,4

26 25,5

25
24
23
< 1 km d'un 3-5 km d'un Habitants dans Habitants dans
incinérateur incinérateur une zone une zone
industrielle urbaine

Source : Schuhmacher et al, 1999

Figure 28 : Concentration moyenne de dioxines et de PCB chez des individus potentiellement


exposés et d’autres sans exposition particulière (en pg I-TEQOMS/g de MG)

Dioxines 37,9
40
35
30 24,1
23,9 23,8
25
20
15
10
5
0
Zone non Présence UIOM UIOM
polluée sidérurgie I d R

PCB
12 10,8
10

8 7
6,3 6,4
6
4
2
0
Zone non Présence UIOM UIOM
polluée sidérurgie I d R

Source : Fierens, 2002

140
Impact sanitaire de l’incinération

Dans l’étude de Deml et al (1996), les concentrations de dioxines ont été mesurées chez des
personnes vivant sous le vent dominant d’un incinérateur. Parmi elles, certaines consommaient
exclusivement des produits issus de leur jardin sans que pour autant soient notées de plus fortes
concentrations en dioxines.
Par ailleurs, les concentrations moyennes chez les personnes demeurant sous le vent dominant
n’étaient pas différentes de celles vivant ailleurs.
De même, Schumacher et al (1999) ne montrent pas de différence entre les concentrations en
dioxines dans le sang d’individus vivant à proximité d’un incinérateur de ceux en étant éloignés
(Figure 26).

Inversement, en Belgique, Fierens (2005) note des concentrations en dioxines et en PCB plus
élevées chez des personnes vivant à proximité d’un incinérateur situé en zone rurale par rapport
à une zone non polluée alors que pour d’autres cas d’exposition potentielle importante, les
concentration sont identiques (Figure 27). Le risque de surexposition en zone rurale est limité
aux personnes consommant des aliments d’origine animale produits sur place. Fierens indique
qu’aucune surexposition liée à la consommation de produits d’origine végétale n’est mise en
évidence.

Les concentrations dans le tissu adipeux


Les prélèvements sont réalisés au niveau des graisses abdominales ou sous-cutanées.

Les niveaux de fond


L’expertise INSERM (2000) indique des concentrations s’échelonnant de 9,8 pg TEQ/g de MG
dans des prélèvements réalisés en 1990 en Allemagne à 50 pg TEQ/g de MG, toujours en
Allemagne.
Ces valeurs sont concordantes avec celles fournies par Seta (2000) qui indique, pour plusieurs
pays, des concentrations en dioxines totales allant de 15 et 60 pg I-Teq/g de lipides.

En France, dans une étude publiée en 1990 et portant sur huit individus, la moyenne observée
est de 32 pg TEQ/g de MG.
Des concentrations en PCDD/F ont été évaluées dans et autour de la ville de Taragone
(Schumacher, 1999). Les valeurs s’échelonnaient de 13,4 à 69,4 pg TEQ/g de MG avec une

141
Incinération et santé

moyenne de 31 pg TEQ/g de MG. Les niveaux étaient plus élevés en secteur industriel que dans
le centre ville. Cependant, cette différence n’est pas significative.

Autour des incinérateurs


Les données concernant la population générale sont quasi inexistantes. Dans une étude publiée
en 2004 par Schuhmacher, des analyses ont été réalisées avant la construction d’un incinérateur
et 3 ans après.
La concentration moyenne avant l’exploitation de l’installation était de 61 pg TEQOMS/g de MG.
Trois ans après, elle est de 22 pg TEQOMS/g de MG soit 64% moindre. L’auteur conclue donc
que le fait de résider autour d’un incinérateur n’entraîne pas de risque supplémentaire
d’exposition au dioxines.

142
Effets sanitaires de l’incinération

143
144
Impact sanitaire de l’incinération

Des études ont montré que les incinérateurs, spécialement les anciennes installations, pouvaient
contribuer à la contamination locale des sols et de la végétation par des composés organiques et
inorganiques émis par les cheminées. De même, le lait de vaches provenant de fermes situées à
proximité d’incinérateurs a révélé des teneurs élevées de dioxines, parfois largement au-dessus
des limites réglementaires comme à Gilly sur Isère.
Selon les polluants, les populations vivant à proximité des incinérateurs, dans un environnement
supposé contaminé, sont potentiellement exposées par inhalation d’air et la consommation de
nourriture. Ainsi, de nombreuses études ont été menées sur les populations vivant autour des
incinérateurs. La plupart d’entre elles concernent l’impact des dioxines et furannes, notamment
sur la survenue de cancers. D’autres traitent des effets de l’incinération sur la reproduction ou
les anomalies à la naissance. Plus rarement, ce sont les pathologies respiratoires qui ont été
analysées.
Les polluants-indicateurs émis par l’incinération représentent tous des dangers, c’est à dire une
nocivité intrinsèque. Certain d’entre eux sont d’ailleurs classés par le Centre international de
recherche sur le cancer (CIRC) comme cancérogène pour l’homme (Annexes 3 et 4).
Cependant, le danger ne signifie pas pour autant qu’il y ait un risque, qui représente la
possibilité qu’apparaisse un problème de santé après l’exposition à l’agent dangereux.
Cette partie de l’étude fait une revue bibliographique, nécessairement incomplète, des risques de
l’incinération pour la santé de populations exposées aux retombées. La description des dangers
rattachés aux polluants-indicateurs figure en annexe.

L’impact de l’incinération sur les maladies respiratoires

En France, une étude de cohorte21 publiée en 1984, s’est penchée sur l’impact de la pollution
atmosphérique à proximité d’un incinérateur de déchets ménagers et industriels sur les
symptômes respiratoires (Zmirou et al, 1984). Ces derniers étaient évalués à partir de la
consommation de médicaments à visée respiratoire dans trois groupes d’individus : un groupe

21
Classiquement, ce type d’étude consiste à suivre, sur une période plus ou moins longue, un groupe de
personnes exposées à un facteur de risque et un groupe non exposé ou moins exposé (cas de la pollution
atmosphérique où une exposition nulle n’existe pas). L’apparition de symptômes ou de maladies est
ensuite comparée dans chaque groupe. Il faut que les groupes exposés et moins exposés soient les plus
comparables possibles pour les principaux facteurs de confusion (âge, sexe, catégories
socioprofessionnelles…).

145
Incinération et santé

située en zone exposée (distance moyenne de 200 mètres de l’incinérateur), un autre groupe en
situation intermédiaire (à 1 km), le dernier groupe en zone considérée comme non exposée (à 2
km et en dehors des vents dominants).
Les résultats montrent une consommation médicamenteuse plus importante chez les individus
de la zone la plus exposée. Les auteurs observent également une diminution de la consommation
en relation avec l’éloignement de la source.
Des limites de l’étude sont cependant signalées par les auteurs. Les principales sont la non
connaissance de la composition des déchets incinérés, variables tant en quantité qu’en qualité, la
non prise en compte des déplacements quotidiens des personnes habitant les différentes zones et
l’absence de connaissance des niveaux de pollution. De plus, les différences de niveaux
d’exposition ont été déterminées selon l’hypothèse de l’existence d’un gradient dépendant de la
proximité géographique de la source d’émission.
Les auteurs soulignent donc qu’il serait hasardeux de conclure à une relation causale entre
l’incinérateur et les symptômes respiratoires.
Aux Etats-Unis, la capacité pulmonaire et les symptômes respiratoires de trois groupes vivant
l’un à proximité d’un incinérateur de déchets médicaux, le deuxième au voisinage d’un
incinérateur municipal et le troisième près d’un incinérateur de déchets industriels ont été
comparés à trois groupes témoins c’est à dire « non exposés » (Shy et al, 1995). Les niveaux de
pollution particulaire (PM 2,5 et PM 10) étaient similaires dans les différents groupes.
Les résultats indiquent qu’il n’y a pas de différence significative dans les symptômes
respiratoires chroniques et aigus entre les personnes exposées et celles non exposées.
La capacité pulmonaire (capacité vitale forcée, volume d’expiration forcé en 1 sec) de cette
même cohorte a été suivie durant 3 ans (Hazucha et al, 2002). Il n’a pas été mis en évidence de
différences significatives entre les différents groupes.

Dans une étude transversale22, Gray et al (1994) ont étudié la prévalence de l’asthme et des
allergies, la fréquence des symptômes et les différents degrés de sévérité de la maladie
asthmatique parmi des enfants habitant deux régions sous l’influence d’incinérateurs de boues et

22
Il s’agit en quelque sorte d’une photographie d’une population à un instant donné. Ces études
permettent de connaître la fréquence d’une pathologie dans des groupes d’individus exposés et non
exposés à un facteur. Parfois, ces études se concentrent sur un lieu géographique bien délimité.

146
Impact sanitaire de l’incinération

parmi des enfants non exposés. Les polluants mesurés étaient les oxydes d’azote, les particules,
le dioxyde de soufre et l’ozone.
Les résultats indiquent des concentrations de polluants dans l’atmosphère identiques dans les
régions exposées et dans la zone de contrôle. Par ailleurs, il n’a pas été mis en évidence de
différences significatives pour les symptômes et pathologies étudiés.

En conclusion, les résultats des différentes études ne permettent pas actuellement d’établir un
lien de causalité entre le fait de résider près d’un incinérateur et le développement de
pathologies respiratoires aiguës ou chroniques.

Impact de l’incinération sur la reproduction et le


développement

Les effets de l’incinération sur la reproduction sont évalués, notamment, par la probabilité de
naissances multiples (de jumeaux en particulier) ou par la probabilité d’une proportion plus
élevée de naissances féminines (baisse du ratio des sexes en faveur des filles).
Concernant les naissances multiples, les résultats sont contradictoires. Une étude de cohorte,
regroupant l’ensemble des naissances des hôpitaux du centre de l’Ecosse entre 1975 et 1983,
indique une évolution des taux de naissances de jumeaux significativement plus élevés,
notamment dans deux zones sous influence d’incinérateurs (de 7,3/1000 à 16/1000 et de
12,4/1000 à 19,9/1000) (Lloyd et al, 1988).
En Suède, une augmentation de naissances de jumeaux a été observée entre 1973 et 1990. Une
étude de cohorte regroupant toutes les naissances de jumeaux pendant cette période a donc été
constituée. Puis, dans cette population, les périodes avant et après la construction de 14
incinérateurs répartis dans le pays ont été comparées. Contrairement à l’étude écossaise, les
résultats n’indiquent pas d’augmentations significatives de naissances multiples autour des
incinérateurs (Hakan 1998).
L’association entre le lieu de résidence proche d’un incinérateur et la baisse du ratio des sexes
en faveur des filles a été suggérée suite à l’observation de naissances féminines beaucoup plus
élevées dans la zone la plus polluée par les retombées de dioxines après l’accident de Seveso.

147
Incinération et santé

Le ratio des sexe à la naissance correspond aux naissances de garçons par rapport aux
naissances de filles x 100. Celui-ci est logiquement supérieur à 100 car naturellement, il y à plus
de naissances de garçons que de filles. Dans le centre de l’Ecosse, le ratio des sexes des
naissances entre 1975 et 1983 dans des zones sous l’influence de deux incinérateurs a été
analysé (même cohorte que celle citée par Lloyd et al en 1988). Des zones plus ou moins
exposées aux retombées ont été définies à l’aide d’une modélisation cartographique. Les
résultats indiquent une association significative entre des naissances plus élevées de filles et le
fait d’habiter dans la zone identifiée a priori comme probablement la plus polluée (ratio des
sexes de 89 et 90). En revanche, dans les secteurs d’exposition intermédiaire, aucune
augmentation n’a été mise en évidence (Williams et al, 1992).

Les résultats publiés concernant les effets sur le développement de l’enfant (anomalies à la
naissance, effets sur le développement neurologique, faible poids à la naissance…) ne sont pas
tous concordants et ne permettent pas d’incriminer l’incinération dans l’apparition de ces effets.
Une étude de cohorte a été menée en France dans les communes de moins de 50 000 habitants
de la Région Rhône-Alpes. Au total, les naissances de 194 communes exposées ont été
comparées avec celles de 2 678 communes « non exposées » (Cordier et al, 2004).
Sur l’ensemble des anomalies congénitales recensées, toutes n’étaient pas significativement plus
fréquentes chez les personnes exposées par rapport à celles non-exposées. Cependant, les
résultats signalent une fréquence accrue de certaines anomalies : les fentes faciales (RR=1,30
[1,06 ; 1,59])et les dysplasies rénales (RR=1,55 [1,10 ; 2,20]). Les auteurs précisent toutefois
que l’étude comporte des biais incitant à une interprétation prudente des résultats.
En Hollande, une augmentation des fentes faciales a été constatée localement après l’ouverture
d’une installation de combustion chimique. Afin de vérifier l’hypothèse suggérant la
responsabilité de l’usine, une étude de cohorte a été menée pour comparer l’évolution de
l’incidence des fentes faciales dans deux cliniques, une située dans une zone exposée à l’usine et
l’autre non, durant 10 ans (1961 à 1969). Dans la clinique exposée, entre 1963 et 1965, une
augmentation importante et significative du taux d’incidence est observée puisque ce dernier
passe de 2,4 fentes faciales pour 1000 naissances à 7,1. Un tel accroissement n’a pas été noté
dans la clinique non exposée. Les auteurs concluent en la forte possibilité de la relation entre les
fentes faciales et l’installation de combustion de produits chimiques (Ten Tusscher et al, 2000).
Dummer et al (2003) ont étudié le risque de mort fœtale tardive (à environ 28 semaines de
gestation), de néomortalité et d’anomalie congénitale létale autour d’incinérateurs et de

148
Impact sanitaire de l’incinération

crématoriums d’une région de l’Angleterre, en comparant la période 1956-1976 (avant


ouverture des incinérateurs) à la période 1977-1993. Pour les crématoriums, plusieurs périodes
de comparaisons ont été établies.
Autour des incinérateurs, les résultats indiquent des augmentations significatives du risque des
anomalies congénitales létales suivantes : spina bifida (malformation du système nerveux
central) avec un OR de 1,17 [1,07 ; 1,28] et malformations cardiaques avec un OR de 1,12
[1,03 ; 1,22].
Autour des crématoriums, des augmentations significatives des risques de mort fœtale tardive et
d’anencéphalie (malformation caractérisée par un défaut de fermeture de la partie crâniale du
système nerveux central) sont observées avec un OR de 1,05 [1 ; 1,10].
Ces résultats divergent avec ceux de Tango et al (2004) qui a comparé les cas de mort fœtale et
de néomortalité observés dans une zone de 10 km autour de 63 incinérateurs répartis sur le
territoire japonais par rapport aux cas attendus. Aucune association significative n’a été mise en
évidence jusqu’à une distance de 2 km autour des incinérateurs.
En revanche, les auteurs observent une diminution significative du « pic » de risque en relation
avec l’éloignement des incinérateurs, notamment pour les malformations congénitales pour
lesquelles un pic entre 1 et 2 km des installations est mis en évidence.

Enfin, dans l’étude de Staessen et al (2001), les enfants vivant près d’un incinérateur atteignent
la maturité sexuelle plus tard que la normale. Rappelons que cette étude, qui comparait les
niveaux de plomb et cadmium dans le sang d’adolescents vivant à proximité d’incinérateurs et
d’adolescents vivant en zone rurale, montrait des valeurs plus élevées chez les premiers.

Conclusion
Dans les études épidémiologiques concernant la reproduction et le développement, l’ensemble
des auteurs incitent à la prudence quant à l’interprétation de leurs résultats. En effets, plusieurs
critères tels que la faiblesse des données (études rares) et des estimations peu précises des
expositions ne permettent pas d’établir de causalité entre les incinérateurs et les effets décrits.
Davantage d’études dans ce domaine apparaissent donc nécessaires notamment pour
l’amélioration de la connaissance des expositions.

149
Incinération et santé

Impact de l’incinération sur les cancers

Cancer du poumon et du larynx


Les résultats de l’association entre cancer du poumon et l’exposition à des incinérateurs ou à de
multiples sources y compris des incinérateurs diffèrent selon la méthodologie utilisée.
Dans une étude de cas-témoins23 réalisée en Italie, un excès de risque significatif est mis en
relation avec le fait d’habiter à proximité d’un incinérateur (RR de 6,7 ; p=0,0098). Par ailleurs,
ce risque diminue rapidement avec l’éloignement de la source (Biggeri et al, 1996).
De même, une étude de cohorte portant sur 14 millions de Britanniques résidant autour de 72
incinérateurs montre une réduction significative du risque de cancer du poumon avec
l’éloignement de la source (Elliot et al, 1996).

A l’inverse des études précédentes, deux études de type transversal ne montrent ni augmentation
du risque de cancer du poumon à proximité d’incinérateurs ni diminution du risque en fonction
de l’éloignement de la source (Elliott et al , 1992 ; Michelozzi et al, 1998).
Dans ces deux derniers travaux, les auteurs avaient également analysé le risque de cancer du
larynx. Les résultats ne montrent aucune association avec l’incinération.

Cancer du foie
L’étude de cohorte anglaise d’Elliott et al (1996) montre une augmentation faible du risque de
cancer du foie associée au fait d’habiter dans un rayon de 1 km d’un incinérateur (RR=1,29
[1,10 ; 1,51]. Les auteurs qui signalaient la possibilité d’un défaut de classification de diagnostic
des cancers ont renouvelé l’étude qui a confirmé l’excès de risque de cancer du foie (Elliott et
al, 2000).
L’étude transversale de Michelozzi et al (1998) ne met pas en évidence de relation entre
incinération et cancer du foie.

23
Ces études comparent deux groupes : les cas, c’est à dire les sujets atteint de la maladie, et les témoins
c’est à dire des sujets indemnes. La comparaison porte sur l’importance de l’exposition au facteur de
risque.

150
Impact sanitaire de l’incinération

Cancer de l’estomac, colorectal et de la vessie


Elliott et al (1996) rapportent une association significative entre le fait d’habiter à proximité
d’un incinérateur et les cancers de l’estomac (RR=1,07 [1,02 ; 1,13], colorectal (RR=1,11
[1,07 ; 1,15]et de la vessie dans son études de cohorte.

Sarcomes des tissus mous (description en annexe 6)


En France, l’investigation d’un agrégat spatial pour les sarcomes des tissus mous (STM) autour
d’un incinérateur d’ordure ménagères localisé au sud-ouest de la ville de Besançon indiquait un
excès significatif entre 1980 et 1995 (Ratio d’Incidence Standardisé de 1,44 ; p=0,004). Les
auteurs concluaient cependant à la nécessité d’études supplémentaires afin d’attribuer l’excès de
STM aux dioxines émises par l’incinérateur (Viel et al, 2000).
Ainsi, une nouvelle étude a été menée sur la ville de Besançon uniquement. Les zones
d’exposition ont été définies par modélisation des retombées atmosphériques. Dans cette
enquête, les résultats n’indiquent pas d’excès de risque de STM parmi les personnes fortement
exposées aux dioxines par rapport aux personnes non-exposées (Floret et al, 2004).

En Italie, une étude de type cas témoin réalisée autour d’un incinérateur de déchets industriels,
montre un excès de risque significatif de STM dans un rayon de 2 km autour de l’unité avec une
diminution rapide de ce risque en fonction de l’éloignement de la source (Comba et al, 2003).

Lymphome non hodgkinien (description en annexe 7)

Dans l’étude de Viel et al (2000), une association positive significative entre lymphomes non-
hodgkinien (LNH) et l’exposition à l’incinérateur de Besançon est également mise en évidence.
De même que pour les STM, une seconde étude a été réalisée afin de vérifier l’hypothèse d’une
augmentation du risque de LNH en relation avec l’exposition aux dioxines. Une modélisation a
permis la détermination de 4 zones d’exposition plus ou moins importantes. Les résultats
indiquent un risque plus élevé de LNH dans la zone la plus affectée par les retombées par
rapport à la zone la moins exposée et prise comme référence (OR=2,3 [1,4 ; 3,8].
L’augmentation n’apparaît pas pour les expositions intermédiaires. (Floret et al, 2003).

151
Incinération et santé

En Italie, l’étude transversale de Michelozzi et al (1998) ne montre pas d’augmentation de


risque de LNH en relation avec l’incinération.

Les résultats sur Besançon publiés par Floret et al (2003) ont incité le MEDD à demander au
Comité de la prévention et de la précaution (CPP) un examen de cette publication afin d’émettre
le cas échéant, des recommandations sur la conduite à tenir pour la surveillance autour des
incinérateurs.
L’examen du document par le CPP n’apporte pas réellement de réponse. Le rapport commis à
cet effet (CPP, 2004) indique que « l’ensemble des arguments passés en revue ne permet pas de
conclure que les dioxines émises par l’UIOM de Besançon sont responsables de cet excès mais
ne permet pas non plus d’exclure formellement cette possibilité. L’explication globale de
l’excès de cas reste problématique ».
En 2003, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement (AFSSE) avait également
demandé à un expert24 d’examiner cette étude. Celui-ci soulignait la rigueur de la démarche et
que le principal résultat - une association entre une exposition plus élevée aux émissions de
dioxine et les LMNH - résistait à un examen critique.

24
Commentaire effectué à l’invitation de l’AFSSE par Tony Fletcher, Maître de Conférences en
Epidémiologie Environnementale à la « London School of Hygiene and Tropical Medicine »

152
Impact sanitaire de l’incinération

Conclusion

Cette revue des principales études épidémiologiques indique l’hétérogénéité des résultats sur
l’impact de l’incinération dans la survenue de certaines pathologies. Ces discordances sont dues
à plusieurs facteurs. Il s’agit :
1) de la difficulté de définir de manière précise des niveaux d’exposition
Cette difficulté est liée principalement à l’absence de données précises sur l’installation :
caractéristique des déchets incinérés, type de polluant et quantités émises, voies de migration
depuis la source vers les différents compartiments de l’environnement (eau, air, sol, chaîne
alimentaire).
Les caractéristiques techniques des sources d’émission sont également des variables importantes
à considérer. Or ces variables ne sont pas toujours connues.
De même, la localisation de l’installation peut influencer les résultats. En général, les
incinérateurs sont situés dans des zones industrielles proches d’autres installations ou en zone
urbaine. De ce fait, il est difficile d’établir la part de l’incinération dans l’impact sanitaire
observé par rapport aux autres sources de pollution (autres industries, circulation routière…).
Le lieu de résidence est souvent la variable utilisée pour estimer l’exposition des personnes.
Mais le plus souvent, les personnes se déplacent dans la journée et ne sont donc pas exposées
constamment à la source de pollution. De plus, les études prenant en compte le lieu de résidence
ne sont pas comparables entre elles dans la mesure où d’autres facteurs locaux interviennent :
direction du vent, topographie…

L’utilisation de mesures biologiques (sang, urine, cheveux…) permet d’avoir une meilleure
définition de l’exposition individuelle. Cependant, cette méthode présente des limites. Peu de
polluants peuvent être mesurés et les techniques sont en général coûteuses.

Enfin, le délai entre l’exposition et le diagnostic de maladies chroniques est en général long,
pouvant entraîner une mauvaise classification des expositions si une partie de la population
étudiée a quitté la zone. De même, des personnes peuvent provenir de régions beaucoup plus
polluées.

153
Incinération et santé

2) de la faible prise en compte des facteurs de confusion


Dans la plupart des études, on constate un manque de connaissance et de prise en compte de
facteurs susceptibles de fausser la relation entre l’incinération et la santé tels que le tabagisme,
les habitudes alimentaires des personnes ou l’historique du lieu d’habitation.

Bien que de nombreuses études aient été publiées sur l’incinération et la santé, les différentes
méthodologies qu’elles mettent en œuvre (analyse transversale, de cohorte, cas-témoin) et la
variabilité des pathologies étudiées les rendent difficilement comparables. De ce fait, et malgré
l’existence de résultats montrant des augmentations significatives de risques, ceux ci sont
globalement inconsistants et aucun facteur causal n’a pu être établi entre un indicateur de
pollution émis par l’incinérateur et un impact sanitaire.

154
Quatrième partie

Les incinérateurs franciliens et leur


environnement

155
156
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Dans cette partie de l’étude, il nous a paru intéressant de caractériser l’environnement proche
dans lequel se situent les incinérateurs franciliens. Si les cartes où est mentionnée leur
localisation géographique sont légion (à l’image de la figure 4 dans le présent rapport), celles
qui les montrent dans leur contexte géographique semblent ne jamais avoir été réalisées.
Les dix-neuf cartes qui suivent ont pu être effectuées grâce aux nombreuses données dont
dispose l’IAURIF sur l’environnement, l’économie, la démographie, l’occupation du sol d’Île-
de-France. Leur présentation a été jugée opportune dans la mesure où l’impact de l’incinération
sur son environnement soulève de plus en plus d’interrogations, notamment en ce qui concerne
la santé des populations vivant sous le panache des usines. Les nombreuses études sur le sujet
(cf. la 3ème partie) montrent qu’il existe une réelle préoccupation sur le lien possible entre
incinération et risque sanitaire, bien qu’aucune, comme on l’a vu, ne l’ait clairement mis en
évidence.
La présentation qui suit a un objectif plus modeste : celui de caractériser l’environnement
autour de chacun des incinérateurs franciliens dans un rayon de 5 km, en fournissant un certain
nombre d’informations qui pourront servir de base à des études épidémiologiques, à l’image de
celle menée présentement par l’InVS au plan national, qui prend en compte un incinérateur
francilien.

Les cartes et les chiffres qui figurent ci-après ne constituent que la première étape d’une
démarche qui vise à prendre en compte le bien-être et la santé des populations situées dans
l’environnement immédiat d’activités industrielles polluantes dont fait partie le traitement des
déchets, plus particulièrement l’incinération. Elle s’inscrit, comme on l’a vu, dans un contexte
qui accorde une place de plus en plus grande aux effets sanitaires des nuisances sur la
population, tant au plan alimentaire qu’environnemental (cadre de vie, exposition aux diverses
pollutions).
Les cartes qui sont présentées ont pour objet de caractériser uniquement l’environnement autour
des unités, représenté par les concentrations de population et l’occupation des sols – dont l’eau
et les surfaces agricoles.
Cette représentation ne préjuge en rien d’un possible lien de cause à effet entre l’état du milieu
et l’installation. En effet, la diffusion aérienne d’éléments particulaires et gazeux, tels ceux émis
par les UIOM, obéit à une dynamique complexe, mal connue, dans laquelle les conditions
météorologiques jouent un rôle déterminant. L’impact de cette diffusion va très certainement au
delà des périmètres considérés. Aucun lien de causalité entre cette exposition et les altérations
de l’état de santé des populations n’a été à ce jour clairement établi ; il peut être supposé sans

157
Incinération et santé

Population autour des incinérateurs dans un rayon de 5 km

1400000

1200000

1000000

800000

600000

400000

200000

0
au

l
ille

s
il

ry
il

n
sy

nd
sy

lt

st
va
u

te

gi

le

au
yo

ue

ju
Iv
te

as
Is

re

ra
rv

er
un
re

el

lle
th

ib
O
en

te

G
ue

rc
M

iv
C

Th
on

Vi
ST
on

Th
Sa
g

e
G
Ar

tl
ST
M

r
Ve

158
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

pouvoir être prouvé, comme l’indique la majorité des études épidémiologiques qui se sont
penchées sur cette question (cf. la troisième partie du rapport). En outre, il est impossible, dans
un contexte fortement industrialisé et urbanisé, de discriminer l’action spécifique de
l’incinération sur la santé de celle des autres activités (circulation automobile, autres industries
émettrices).

En Île-de-France, jusqu’au milieu des années 90, le traitement par incinération concerne
les déchets des zones urbaines…

Les cartes traduisent en chiffres ce qui en Île-de-France est une évidence : la concentration des
incinérateurs en zone agglomérée. L’incinération en milieu urbain s’explique pour plusieurs
raisons : le manque d’espace qui prohibe l’enfouissement ; relativement moins de matière
fermentescible dans les déchets (notamment la fraction issue de l’entretien des espaces verts) ce
qui rend problématique le compostage et la valorisation du compost ; des débouchés assurés de
l’énergie produite par l’incinération sous forme de chaleur ou par cogénération.
Le graphique ci-contre, qui concerne la population dans un rayon de 5 km autour des
incinérateurs, indique qu’un peu plus du quart des unités se situe en zone urbanisée très dense
avec un maximum pour les unités du SYCTOM. Toute la zone agglomérée centrale et la proche
banlieue sont desservies par un réseau d’incinérateurs dont la construction s’est échelonnée
jusque vers le milieu des années 80. Seules les unités les plus excentrées situées à Villejust
(Essonne), Thiverval-Grignon (Yvelines), Saint Thibault des Vignes (Seine et Marne) sont
situées en zone moins peuplée (moins de 120 000 habitants pour chaque incinérateur). La
plupart valorisent l’énergie, soit par cogénération, soit sous forme de chaleur. L’incinérateur de
Montereau constitue une exception. Cette unité, dont la destruction est programmée, est la plus
rurale des usines franciliennes, et de surcroît ne valorise pas l’énergie.

… puis s’étend en milieu moins densément peuplé

Les raisons qui peuvent justifier l’incinération en milieu urbain énoncées ci-avant peuvent être
invoquées pour réfuter, a contrario, l’incinération en milieu rural.
Les cinq dernières unités construites en Île-de-France depuis 1997 à Guerville, Monthyon,
Carrières sous Poissy, Vert le Grand, se situent toutes dans un contexte rural à faible densité de
population (de 80 000 habitants à moins de 10 km pour le CIT de Monthyon à 460 000 habitants

159
Incinération et santé

pour le CIT de Vert le Grand). Toutes valorisent l’énergie sous forme d’électricité, auto
consommée et vendue à EDF.

Dans les pages qui suivent est décrit, pour chaque usine d’incinération, le contexte
environnemental dans lequel elle se situe. L’espace concerné est celui délimité par un rayon de
5 km autour de l’installation.

Dans cet espace sont présentées les données concernant :

- L’occupation du sol, détaillée en onze postes (bois, cultures, eau, autre rural, urbain
ouvert, habitat individuel, habitat collectif, activités, équipements, transports, chantiers
et divers).
- La densité de population.
- Le nombre d’établissements scolaires et hospitaliers.

Les mesures relatives à la direction des vents sont fournies pour chaque usine (rose des vents).
Dans la plupart des cas, les stations de mesures sont situées en dehors du site d’implantation de
l’usine ; c’est alors la station la plus proche qui est prise en compte

Les fiches incluent également quelques éléments techniques de l’usine considérée qui
complètent ceux déjà fournis dans le rapport

N’est pas décrit dans le présent atlas l’environnement des usines d’incinération et de
compostage de Coulommiers et d’Ozoir-la-Ferrières, aujourd’hui définitivement arrêtées. Elles
étaient dotées chacune d’un four de faible capacité (moins de 6t/h) ; leur fonctionnement a duré
une trentaine d’années.

Les usines sont identifiées par les communes sur lesquelles elles sont implantées (ex : l’usine
d’incinération d’Argenteuil). La présentation des fiches est faite par ordre alphabétique (nom de
la commune d’implantation)

160
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

161
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation

Population 365 347


Effectif Nombre
Collèges 33
Lycées 14 932 22
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 263 3,3
Surfaces en herbes à caractères agricoles 14 +
Vergers, pépinières 69 1
Maraîchage 40 +
Eau 240 3
Parcs de loisirs 0,2 +
Parcs ou jardins 507 6,5
Jardins familiaux 35,5 +
Jardins de l’habitat 142 2
Terrains de sport en plein air 157 2
Habitat
Collectif 663 6
Individuel 2 788 26
Equipement d’enseignement 166 1.5
Equipement de santé 30 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1975
Constructeur des fours : ITISA VOLUND
Exploitant : Cofreth (Elyo)
Maître d’ouvrage : Syndicat AZUR
L’usine a une capacité horaire totale de 24 t/h (deux lignes de fours de 7,5 t/h, chacune construites en
1975; une troisième ligne de 9 t/h, construite en 1997), soit une capacité nominale annuelle d’incinération
de 180 000 tonnes. Fours à grille ; traitement par voie humide : dépoussiérage par électrofiltre et lavage
des fumées par solution chaulée. Travaux en cours : remplacement des lignes de 7,5 t/h par une seule
ligne de 15 t/h ; adaptation aux normes de l’arrêté de 2002 ; contrôle en continu des PCDDF

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,023 0,005 0,012 3,4
Four 2 0,019 0,004 0,026 11,4
Four 3 0,037 0,026 0,7 (valeur 2002)

163
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation

Population 127 361


Effectif Nombre
Collèges 14
Lycées 4 611 5
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 1 245 16
Surfaces en herbes à caractères agricoles 77 1
Vergers, pépinières 293 3,7
Maraîchage 70 1
Eau 488 6,2
Parcs de loisirs 1 +
Parcs ou jardins 325 4
Jardins familiaux 18 +
Jardins de l’habitat 243 3
Terrains de sport en plein air 83 1
Habitat
Collectif 222 2,3
Individuel 1 389 15
Equipement d’enseignement 73 1
Equipement de santé 9 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1999
Constructeur des fours :
Exploitant : Novergie
Maître d’ouvrage : SIDRU de Saint-Germain-en-Laye
L’usine a une capacité horaire totale de 15 t/h (deux lignes de fours de 7,5 t/h chacune) , soit une capacité
nominale annuelle d’incinération de 112 500 tonnes. Fours à grille ; traitement par voie humide sans
rejets liquides : dépoussiérage par électrofiltre, laveur acide et traitement catalytique des NOx et PCDD/F.

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,01 0,004 0,032 0,1
Four 2 0,009 0,003 0,014 0,1

165
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation

Population 365 142


Effectif Nombre
Collèges 35
Lycées 12 840 18
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 373 5
Surfaces en herbes à caractères agricoles 47 +
Vergers, pépinières 16 +
Maraîchage 55 +
Eau 396 5
Parcs de loisirs 1 +
Parcs ou jardins 587 7,5
Jardins familiaux 19 +
Jardins de l’habitat 146 2
Terrains de sport en plein air 181 2
Habitat
Collectif 775 7
Individuel 2 510 24
Equipement d’enseignement 173 2
Equipement de santé 48 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1978
Constructeur des fours : Luchaire (Itisa Volund, pour le deuxième four)
Exploitant : (Ouest OM Energie (Novergie)
Maître d’ouvrage : SITRU de la Boucle de la Seine
L’usine a une capacité horaire totale de 18 t/h (deux lignes de fours de 9 t/h chacune, l’une construite en
1978, l’autre en 1987), soit une capacité nominale annuelle d’incinération de 135 000 tonnes. Fours à
grille ; traitement par voie semi-humide. En 2002, les deux fours ont faits l’objet d’une amélioration du
traitement des fumées, notamment le traitement des PCDD/F, par l’injection de chaux HSS et de charbon
Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)
Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,017 0,054 0,09 0,1
Four 2 0,016 0,009 0,134 0,1

167
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation

Population 483 110


Effectif Nombre
Collèges 52
Lycées 2 0154 28
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 43 +
Surfaces en herbes à caractères agricoles 4 +
Vergers, pépinières 15 +
Maraîchage 4 +
Eau 382 5
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 617 8
Jardins familiaux 59 1
Jardins de l’habitat 78 1
Terrains de sport en plein air 179 2
Habitat
Collectif 1 029 10
Individuel 1 815 19
Equipement d’enseignement 234 2
Equipement de santé 84 1

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1979
Constructeur des fours : 4B.B (les fours de 15 t/h)
Exploitant : Creteil Incinération Energie
Maître d’ouvrage : SITDU du Val de Marne
L’usine actuelle comprend deux fours à grille de 15 t/h chacun et d’un four de 2 t/h, à grille, dédié aux
DAS ; capacité nominale annuelle : 240 000 tonnes. Elle remplace, depuis 2000, l’ancienne unité
construite en 1979, composée de deux fours à pyrofusion de 6,25 t/h chacun et du four de 2 t/h (conservé
sur la nouvelle unité). Traitement des fumées par voie humide ; électrofiltre ; lavage des fumées ;
injection d’ammoniaque et passage dans réacteur catalytique.
Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)
Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3)* Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,1 - 0,31 0,1
Four 2 0,009 - 0,1 0,1
Four 3 0,0243 - 0,1 0,1
* mesurés avec les autres métaux

169
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation

Population 70 100
Effectif Nombre
Collèges 8
Lycées 2 777 4
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 2 804 36
Surfaces en herbes à caractères agricoles 223 3
Vergers, pépinières 41 +
Maraîchage 3 +
Eau 258 3
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 210 3
Jardins familiaux 26 +
Jardins de l’habitat 260 3
Terrains de sport en plein air 45 +
Habitat
Collectif 141 2
Individuel 940 11
Equipement d’enseignement 34 +
Equipement de santé 2,4 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1997
Constructeur des fours :
Exploitant : VALENE
Maître d’ouvrage : CAMY
Comprend trois fours de 4 t/h chacun pour une capacité nominale annuelle de 90 000 tonnes. Procédé : lit
fluidisé dense. Traitement des fumées par voie humide, à condensation, sans rejets liquides : filtre à
manche ; injection d’urée, de bicarbonate de sodium et de charbon actif.

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,011 0,002 0,08 0,3
Four 2 0,031 0,001 0,003 0,2 (valeur 2002)
Four 3 0,063 0,003 0,07 0,3 (valeur 2002)

171
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 959 717
Effectif Nombre
Collèges 80
Lycées 31 837 60
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 0 0
Surfaces en herbes à caractères agricoles 5 +
Vergers, pépinières 1 +
Maraîchage 3 +
Eau 214 3
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 866 11
Jardins familiaux 11 +
Jardins de l’habitat 37 +
Terrains de sport en plein air 198 +
Habitat
Collectif 2 065 21
Individuel 1 008 9
Equipement d’enseignement 239 2
Equipement de santé 92 1

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1965
Constructeur des fours : CNIM
Exploitant : TIRU
Maître d’ouvrage : SYCTOM
Comprend quatre fours de 19 t/h chacun pour une capacité nominale annuelle de 570 000 tonnes.
Procédé : Grille mobile. Traitement des fumées par voie humide. L’usine sera entièrement remplacée par
une unité de 460 000 tonnes annuelles avec traitement des fumées par voie sèche (Constructeur des fours,
INOVA VON ROLL), utilisation de bicarbonate de sodium, destruction catalytique des NOx et PCDD/F
et dispositif anti-panache. Elle est prévue voir le jour en 2007

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,048 0,037 0,365 1,7
Four 2 0,048 0,037 0,365 1,3
Four 3 0,048 0,037 0,365 2,3
Four 4 0,048 0,037 0,365 2,6

173
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 1 182 246
Effectif Nombre
Collèges 109
Lycées 60 244 97
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 20 +
Surfaces en herbes à caractères agricoles 0 0
Vergers, pépinières 7 +
Maraîchage 2 +
Eau 202 3
Parcs de loisirs 26 +
Parcs ou jardins 730 9
Jardins familiaux 22 +
Jardins de l’habitat 26 +
Terrains de sport en plein air 205 3
Habitat
Collectif 2 177 20
Individuel 892 10
Equipement d’enseignement 318 3
Equipement de santé 221 2

Informations sur l’incinérateur

Année de construction : 1969


Constructeur des fours : MARTIN (pour les fours, CNIM pour les chaudières
Exploitant : TIRU
Maître d’ouvrage : SYCTOM
Comprend deux fours de 50 t/h chacun pour une capacité nominale annuelle de 750 000 tonnes. Procédé :
Grille mobile. Traitement des fumées par voie humide faisant intervenir deux électrofiltres en parallèle pour
chaque ligne, deux tours de lavage au lait de chaux, deux venturi. Travaux de mise aux normes en cours
depuis 2002, qui seront totalement achevés fin 2005 : ajout de deux laveurs pour capter les PCDD/F et les
SOx (pulvérisation de charbon actif) ; amélioration de la captation des métaux lourds ; injection d’urée en
chaudière pour traiter les NOx.
L’usine est accolée à un centre de tri des emballages ménagers

Performances épuratoires
Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,0318 0,009 0,465 1,1
Four 2 0 031 0 009 0 465 15

175
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 217 873
Effectif Nombre
Collèges 25
Lycées 11 348 17
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 1 351 17
Surfaces en herbes à caractères agricoles 69 1
Vergers, pépinières 47 1
Maraîchage 11 +
Eau 34 +
Parcs de loisirs 1 +
Parcs ou jardins 494 6
Jardins familiaux 11 +
Jardins de l’habitat 191 2
Terrains de sport en plein air 138 2
Habitat
Collectif 476 6
Individuel 1 881 18
Equipement d’enseignement 160 2
Equipement de santé 16 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1985
Constructeur des fours : INOR
Exploitant : CURMA
Maître d’ouvrage : SIMACUR de Massy-anthony
Comprend deux fours de 5,5 t/h chacun pour une capacité nominale annuelle de 82 500 tonnes. Procédé :
Grille mobile. Traitement des fumées par voie humide (électrofiltre+laveur). Etude réalisée pour
améliorer le traitement des fumées (amélioration traitement des SOx ; des PCDD/F humide ou sec au
charbon actif)
L’usine est accolée à un centre de traitement des mâchefers

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,15 0,29 0,668 2,2
Four 2 0,13 0,2 0,96 1,3

177
L’usine d’incinération de Montereau-Fault-Yonne (77)
Mode d'occupation du sol dans un rayon de 5 km
autour de l'incinérateur de Montereau
Valence-en-Brie Echouboulains Montigny-Lencoup

Laval-en-Brie

Salins
Vernou-la-Celle-sur-Seine
Forges L C

Courcelles-en-Bassée
Saint-Germain-Laval

La Grande-Paroisse C

C Rose des vents (en m/s) pour


L
Montereau-Fault-Yonne la station météo de La Brosse Montceau
C
2
% Marolles-sur-Seine Source: Météo France
360
14%
L 340
12%
20

C
320 40
L 10%
>8 m/s
8% [4;8]
Varennes-sur-Seine Barbey 300 60
6% [1;4]
Cannes-Ecluse 4% [0;1]
280 2% 80

0%

260 100

Ville-Saint-Jacques Esmans La Brosse-Montceaux 240 120

Noisy-Rudignon 220 140

200 160
180
Dormelles Thoury-Férottes Montmachoux

Légende
Densité de population dans un rayon de 5 km Limite communes
autour de l'incinérateur de Montereau Limite 5 km
Valence-en-Brie Echouboulains L Lycées
Montigny-Lencoup
C Collèges
Laval-en-Brie 2
% Incinérateurs
Mos en 11 postes
Vernou-la-Celle-sur-Seine Salins BOIS
Forges
CULTURES

EAU
Courcelles-en-Bassée
Saint-Germain-Laval AUTRE RURAL

URBAIN OUVERT

HABITAT INDIVIDUEL
La Grande-Paroisse
HABITAT COLLECTIF

ACTIVITES
Montereau-Fault-Yonne
EQUIPEMENTS
2
% Marolles-sur-Seine TRANSPORTS

CHANTIERS ET DIVERS

Densité en hab/ha
- de 25
Varennes-sur-Seine Barbey 25 - 50
Cannes-Ecluse
50 - 75
75 - 100
100 - 300
> à 300

w
Ville-Saint-Jacques La Brosse-Montceaux
Esmans
Noisy-Rudignon

Dormelles Thoury-Férottes Montmachoux


0 500 1 000 2 000 Mètres
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 29 665
Effectif Nombre
Collèges 5
Lycées 3 369 4
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 3 844 49
Surfaces en herbes à caractères agricoles 96 1
Vergers, pépinières 11 +
Maraîchage 5 +
Eau 641 8
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 106 1
Jardins familiaux 28 +
Jardins de l’habitat 142 2
Terrains de sport en plein air 38 +
Habitat
Collectif 84 1
Individuel 444 5
Equipement d’enseignement 30 +
Equipement de santé 2 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1973
Constructeur des fours : SOBEA
Exploitant : SOGEA
Maître d’ouvrage : Sirmotom de Montereau
Comprend un four de 4,2t/h pour une capacité nominale annuelle de 31 500 tonnes. Procédé : Grille
mobile. L’usine a subi une mise au norme en 2003 (traitement sec des fumées au bicarbonate et charbon
actif). Sera remplacée par une unité comprenant deux lignes de 5 t/h et traitement des fumées par voie
sèche ; NOx à 80 mg

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,058 0,203 0,984 0,1

179
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 9 878
Effectif Nombre
Collèges 0
Lycées 0
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 6 341 81
Surfaces en herbes à caractères agricoles 49 1
Vergers, pépinières 3 +
Maraîchage 0 0
Eau 2 +
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 41 1
Jardins familiaux 2 +
Jardins de l’habitat 82 1
Terrains de sport en plein air 13 +
Habitat +
Collectif 1 +
Individuel 1228 3
Equipement d’enseignement 1 +
Equipement de santé 0 0

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1998
Constructeur des fours :
Exploitant : SOMOVAL
Maître d’ouvrage : SMITOM Nord Seine et Marne
Comprend deux four de 7 t/h et un four de 4 t/h pour une capacité nominale annuelle de 135 000 tonnes.
Procédé : Grille mobile pour les deux fours de 7 t/h, lit fluidisé pour le four de 4 t/h. Traitement des
fumées par voie sèche (filtre à manche, poste injection de bicarbonate)

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,08 0,035 0,131 0,1
Four 2 0,107 0,035 0,124 0,1
Four 3 ? ? ? 5,1

181
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 371 767
Effectif Nombre
Collèges 42
Lycées 14 517 21
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 605 8
Surfaces en herbes à caractères agricoles 19 +
Vergers, pépinières 43 1
Maraîchage 12 +
Eau 51 1
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 568 7
Jardins familiaux 56 1
Jardins de l’habitat 70 1
Terrains de sport en plein air 136 2
Habitat
Collectif 697 7
Individuel 1 865 19
Equipement d’enseignement 187 2
Equipement de santé 61 1

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1985
Constructeur des fours : CNIM
Exploitant : SOTRIS
Maître d’ouvrage : SIEVD de Rungis
Comprend deux four de 8,5 t/h pour une capacité nominale annuelle de 127 500 tonnes. Procédé : Grille
mobile. Traitement des fumées par voie sèche (électrofiltre, , injection de bicarbonate ou de chaux ;
injection de coke de lignite, filtre à manche). En 2006, devrait s’achever la mise en œuvre d’un process
pour le traitement des NOx.

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,08 0,02 0,07 0,1
Four 2 0,006 0,002 0,007 0,1

183
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 262 763
Effectif Nombre
Collèges 32
Lycées 9 930 14
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 1 956 25
Surfaces en herbes à caractères agricoles 141 2
Vergers, pépinières 458 6
Maraîchage 15 +
Eau 8 +
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 466 6
Jardins familiaux 83 1
Jardins de l’habitat 185 2
Terrains de sport en plein air 135 2
Habitat
Collectif 496 5
Individuel 1 542 16
Equipement d’enseignement 164 2
Equipement de santé 28 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1978
Constructeur des fours : STEIN+rénovation ITISA
Exploitant : SAREN
Maître d’ouvrage : SIGIDUR de Sarcelles
Comprend deux four de 10 t/h pour une capacité nominale annuelle de 150 000 tonnes. Procédé : Grille
mobile. Traitement des fumées par voie semi-humide (tour à atomisation et électrofiltre)

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,041 0,042 0,657 0,5
Four 2 0,022 0,04 0,356 0,2

185
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 124 674
Effectif Nombre
Collèges 16
Lycées 9 336 11
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 1 430 18
Surfaces en herbes à caractères agricoles 215 3
Vergers, pépinières 21 +
Maraîchage 2 +
Eau 296 +
Parcs de loisirs 1 +
Parcs ou jardins 489 6
Jardins familiaux 7 +
Jardins de l’habitat 202 3
Terrains de sport en plein air 92 1
Habitat
Collectif 233 2
Individuel 1 468 16
Equipement d’enseignement 95 1
Equipement de santé 12 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1985
Constructeur des fours : TUNZINI
Exploitant : Cofreth (ELYO)
Maître d’ouvrage : SIETREM de Lagny-sur-Marne
L’usine a été agrandie en 1996 par l’adjonction d’un four de 10 t/h au four existant de 8 t/h. Capacité
nominale annuelle : 150 000 tonnes. Procédé : rouleaux pour les deux fours. Traitement des fumées par
voie semi-sèche (injection de chaux ou de bicarbonate de sodium, de charbon actif ; filtre à manche ;
ventilateur de tirage ; traitement des NOx)).

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,021 0,001 0,056 0,1
Four 2 0,011 0,002 0,126 0,1

187
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 124 773
Effectif Nombre
Collèges 16
Lycées 8 447 10
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 2 242 29
Surfaces en herbes à caractères agricoles 59 1
Vergers, pépinières 16 +
Maraîchage 62 1
Eau 122 2
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 262 3
Jardins familiaux 24 +
Jardins de l’habitat 195 2
Terrains de sport en plein air 82 1
Habitat
Collectif 203 2
Individuel 1 570 17
Equipement d’enseignement 118 1
Equipement de santé 13 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1994
Constructeur des fours : CNIM
Exploitant : CGECP
Maître d’ouvrage : SAN de Cergy-Pontoise
Deux lignes de four de 10,5 t/h chacune ; capacité nominale annuelle : 157 500 tonnes. Grille mobile.
Traitement par voie humide : filtre à manche puis passage des fumées dans laveur acide et basique.

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,011 0,01 0,029 0,1
Four 2 0,007 0,012 0,038 0,2
L’incinération est associée à un centre de tri des emballages ménagers et au compostage des déchets
organiques

189
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 1 113 371
Effectif Nombre
Collèges 99
Lycées 44 513 68
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 4 +
Surfaces en herbes à caractères agricoles 0,2 +
Vergers, pépinières 0 0
Maraîchage 0 0
Eau 306 4
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 443 7
Jardins familiaux 11 +
Jardins de l’habitat 10 +
Terrains de sport en plein air 146 2
Habitat
Collectif 2 334 22
Individuel 432 5
Equipement d’enseignement 296 3
Equipement de santé 62 1

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1990
Constructeur des fours : STEIN/TIRU
Exploitant : TIRU
Maître d’ouvrage : SYCTOM
Remplace une unité qui fonctionnait sur le même site depuis 1954. Trois lignes de four de 28 t/h
chacune ; capacité nominale annuelle : 630 000 tonnes. Grille mobile SITY 2000. Traitement par voie
humide : dépoussiéreur électrostatique, tour de lavage à injection de lait de chaux, ventilateur de tirage.
Travaux en cours destinés à améliorer l’épuration des fumées : laveur basique pour le traitement des SOx,
réacteur catalytique pour oxyde d’azote et PCDD/F. Fin des travaux prevue en 2005.
Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)
Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,04 0,061 0,248 1,0
Four 2 0,04 0,061 0,248 2,1
Four 3 0,04 0,061 0,248 1,1

191
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 71 884
Effectif Nombre
Collèges 6
Lycées 2 368 3
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 3 544 45
Surfaces en herbes à caractères agricoles 205 3
Vergers, pépinières 63 1
Maraîchage 4 +
Eau 26 +
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 228 3
Jardins familiaux 6 +
Jardins de l’habitat 197 3
Terrains de sport en plein air 52 1
Habitat
Collectif 129 1
Individuel 880 10
Equipement d’enseignement 59 1
Equipement de santé 23 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1975
Constructeur des fours : CNIM/MARTIN
Exploitant : CNIM
Maître d’ouvrage : SIDOMPE de Plaisir
Trois lignes de four de 10,1, 10,2, 14,7 t/h construites respectivement en 1975, 1985, 1994 ; capacité
nominale annuelle : 262 500 tonnes. Grille mobile. Traitement par voie humide sans rejets liquides : tour
à évaporation, électrofiltre sur les ligne 1 et 2 et filtre à manche sur ligne 3, laveurs acides et basiques ; un
poste à injection de charbon actif. Projets pour amélioration des émissions et captation des NOx.
Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)
Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,067 0,02 0,154 0,8
Four 2 0,054 0,046 0,154 0,5
Four 3 0,029 0,011 0,036 0,3

193
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 92 897
Effectif Nombre
Collèges 12
Lycées 7 451 7
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 2 803 36
Surfaces en herbes à caractères agricoles 128 2
Vergers, pépinières 0 0
Maraîchage 2 +
Eau 204 3
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 307 4
Jardins familiaux 17 +
Jardins de l’habitat 150 2
Terrains de sport en plein air 47 +
Habitat
Collectif 223 3
Individuel 86 10
Equipement d’enseignement 69 1
Equipement de santé 15 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 2002
Constructeur des fours : ABB
Exploitant : Véolia Propreté
Maître d’ouvrage : SMITOM Centre Ouest seine et marnais
Deux lignes de four de 8t/h ; capacité nominale annuelle : 120 000 tonnes. Grille mobile. Traitement par
voie semi-humide à la chaux vive.
Par ligne de four : injection d’eau ammoniacale dans le four ; tour de réaction ou absorbeur au lait de
chaux ; poste d’injection de charbon actif, filtre à manche ; ventilation de tirage.

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2004)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,004 0,012 0,03 0,1
Four 2 0,008 0,029 0,073 0,1

195
Incinération et santé

Mesures de dioxines et de furannes réalisées dans la commune de Maincy

n° de site 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10* Médiane


Distance de l'UIOM (en m) 1 500 1 250 1 250 1 500 1 000 1 000 2 250 1 300 1 250 1 500
Valeur sol (en pg/g de MS) 13,4 11,1 12,8 19,9 59,00 11,6 12,2 37,2 3,3 13,1
Valeur œuf (en pg/g de graisse) 71,4 121,6 24,3 95,4 86,2 6,3 5,1 25,7 14,5 10,7 25,7
* site au nord de l’UIOM, en dehors de la direction du panache. Tous les autres sites sont dans le vent de l’incinérateur (en direction NE)
Source : Pirard et al, 2005
Mesures de dioxines autour de l’incinérateur de Vaux le Pénil

- Neuf prélèvements d’échantillons de sol et d’œufs 340 12%


360
20
>8 m/s

de poule réalisés en direction du NE (vers Maincy), 320 10% 40 [5-8 m/s]


8%
entre 1000 et 1500 m (un prélèvement à 2 250m) à 300 6% 60
[2-4 m/s]
[0;2 m/s]
4%
partir de l’UIOM. 280 2% 80
0%
260 100
- Echantillons témoins : 2 échantillons à 1 500m au
Nord et au Sud de l’UIOM : 4 échantillons au Nord 240 120

et au NE à des distances situées entre 4 700 et 8 220


200 160
140

500 m. 180

Rose des vents (en m/s) pour la station météo de


Melun
Source : Météo France

196
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

L’ancienne usine de compostage et d’incinération de Vaux-le-Pénil


Le nouvel incinérateur de Vaux-le-Pénil remplace, sur le même site, une unité de compostage et
d’incinération, aujourd’hui déconstruite, qui a fonctionné de 1968 à 2002.
Cette unité disposait d’un four de 4,4 t/h, ne récupérait pas l’énergie, était équipée d’un
électrofiltre pour le traitement des fumées. Son remplacement était programmé par le SMITOM
Centre Ouest seine et marnais qui souhaitait se doter d’une installation moderne, capable de
prendre en charge les déchets de ses 280 000 habitants.
En 2002, une concentration de 225 ng/m3 de PCDD/F était mesurée en sortie de cheminée qui
allait précipiter la fermeture de l’usine.
Des mesures des concentrations de dioxine (essentiellement sur la viande, des légumes et
produits laitiers) ont été décidées par les autorités dans des communes situées aux alentours de
l’usine. Il a été fait mention de cette campagne page 132 du présent rapport.

Sur la page précédente sont présentés les résultats d’une autre série de mesures de dioxines et de
furannes réalisées toutes dans la commune de Maincy sur des échantillons de sols et d’œufs de
poule, prélevés sous le vent et à l’intérieur d’un rayon de 2 km de l’incinérateur.
L’imprégnation sanguine en dioxines a été également mesurée chez dix volontaires résidant
depuis au moins 25 ans à moins de 2 km de l’incinérateur (Pirard et al, 2005).
Des concentrations témoins en provenance de sites plus éloignés (entre 5 et 8 km) ou situés hors
du panache, ont fourni des valeurs plus basses (médiane de 6 valeurs de 3 et de 7,7 pg
respectivement pour les sols et les œufs ), caractéristiques de sols ruraux (forêts, pâturages).
Les résultats des mesures montrent clairement l’impact de l’orientation du panache dans les
concentrations mesurées (plus fortes concentrations dans la direction du vent, soit au NE de
l’incinérateur, vers Maincy). Pour les sols, selon les auteurs, les concentrations se situent toutes,
à l’exception d’une, sous la limite des 40 pg/MS qui autoriserait une utilisation agricole des
terres sauf de l’élevage, notamment l’aviculture, qui est déconseillée aux résidents de Maincy.
Aucune corrélation avec le type de chauffage domestique pratiqué dans le secteur (chauffage au
bois, au gaz naturel ou à l’électricité) n’a été mise en évidence avec les concentrations de
dioxines mesurées.
S’agissant des œufs, ceux récoltés à moins de 2 km de l’incinérateur présentent des teneurs
significativement plus élevées en dioxines que les œufs des sites témoins avec, comme le notent
les auteurs, une assez bonne corrélation avec les valeurs de dioxines des sols.

Quant à l’imprégnation sanguine de l’échantillon de population, celle de Maincy se compare à


celle d’autres résidents vivant proches d’anciens incinérateurs ailleurs dans le monde.
S’agissant des concentrations de PCB, les résultats indiquent le faible impact de l’incinération
par rapport aux sources d’émissions traditionnelles de ces composés.

197
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 112 295
Effectif Nombre
Collèges 16
Lycées 5 310 11
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 2 264 29
Surfaces en herbes à caractères agricoles 56 1
Vergers, pépinières 31 +
Maraîchage 8 +
Eau 38 +
Parcs de loisirs 1 +
Parcs ou jardins 471 6
Jardins familiaux 12 +
Jardins de l’habitat 213 3
Terrains de sport en plein air 87 +
Habitat
Collectif 224 2
Individuel 1 305 14
Equipement d’enseignement 165 2
Equipement de santé 8 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1972
Constructeur des fours : CNIM
Exploitant : CNIM
Maître d’ouvrage : SIOM de la Vallée de Chevreuse
Deux lignes de four de 6,5 t/h chacune construite respectivement en 1972 et 1986 ; capacité nominale
annuelle : 97 500 tonnes. Grille mobile. Traitement par voie semi-humide : tour à atomisation, poste
d’injection de charbon actif, filtre à manche sur ligne 1 et électrofiltre sur ligne 2. Il est prévu la mise en
place d’un contrôle continu des PCDD/F.

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,034 0,058 0,181 0,1
Four 2 0,015 0,026 0,171 0,1

199
Les incinérateurs franciliens et leur environnement

Données sur la population et l’occupation du sol (MOS) dans un rayon de 5 km autour de


l’installation
Population 65 134
Effectif Nombre
Collèges 0
Lycées 3 612 4
Répartition du MOS En Ha En %
Terres labourées 3 417 44
Surfaces en herbes à caractères agricoles 94 1
Vergers, pépinières 15 +
Maraîchage 10 +
Eau 170 2
Parcs de loisirs 0 0
Parcs ou jardins 356 5
Jardins familiaux 2 +
Jardins de l’habitat 47 +
Terrains de sport en plein air 87 1
Habitat
Collectif 81 1
Individuel 593 7
Equipement d’enseignement 42 1
Equipement de santé 16 +

Informations sur l’incinérateur


Année de construction : 1999
Constructeur des fours : IVRF
Exploitant : SEMMARDEL
Maître d’ouvrage : SIREDOM
Deux lignes de four de 14 t/h ; capacité nominale annuelle : 210 000 tonnes. Grille mobile. Traitement par
voie semi-humide : électrofiltre à deux champs, tour à atomisation, filtres à manche, injection de charbon
actif (PCDD/F).

Performances épuratoires ( données les plus récentes : 2003)


Hg+Cd (mg/m3) As+Ni (mg/ m3) Pb+Cr+Cu+Mn (mg/ m3)) PCDD/F (ng/ m3))
Four 1 0,033 0,029 0,251 0,1
Four 2 0,028 0,031 0,097 0,1
Incinération associée à un centre de tri des emballages ménagers, à un centre d’enfouissement technique,
un CTM, une plate-forme de compostage

201
202
Conclusion

203
204
Conclusion

Bilan de l’incinération en Île-de-France

Propositions, recommandations

I. Au terme de cette étude, un constat peut être dressé qui résume la situation de
l’incinération en Île-de-France, le contexte urbain dans lequel elle se situe, son impact
environnemental passé et actuel. De ce constat, il sera dégagé quelques idées-forces
sous forme de recommandations vers lesquelles devrait s’orienter ce mode de traitement
des déchets.

La place de l’incinération en Île-de-France, l’état de son parc, l’impact de ses rejets sur
l’environnement permet les constats suivants :

La prééminence de l’incinération comme mode de traitement des déchets, qui représente


20% des capacités disponibles en France et 15% de son parc. Alors que dans la décennie
quatre vingt l’élimination des déchets était partagée à parts quasi égales entre
l’incinération et la mise en décharge, la première ne cesse d’augmenter au détriment de
la seconde, à la suite de l’instauration de la loi du 13 juillet 1992 - qui limitait
l’enfouissement des déchets bruts - et de la stagnation du compostage. Selon l’ORDIF
(2004), en 2002, les deux tiers des ordures ménagères étaient incinérées avec
récupération d’énergie, contre un peu moins du cinquième destinées à l’enfouissement.

II. Compte tenu du contexte francilien, la pérennité de l’incinération semble assurée à long
terme, du moins aussi longtemps que la mise en œuvre de politiques de réduction des
déchets se fera attendre et que le tri (notamment celui des déchets organiques) ne se
développe réellement et ne gagne en efficacité. Le parc des incinérateurs franciliens,
vieillissant, a entamé sa modernisation dans le courant des années 90 en parachevant sa
mise en conformité avec l’arrêté du 25 janvier 1991, en remplaçant les unités obsolètes

205
Incinération et santé

(ancienne usine de Saint-Ouen dont la construction remontait à 1954), en en bâtissant de


nouvelles. Le début de la présente décennie a vu la suppression des usines
d’incinération et de compostage de moins de 6 t/h de capacité et le remplacement de
l’une d’entre elles, le début de la mise en conformité avec l’arrêté du 20 septembre 2002
(détermination de seuils d’émissions pour les PCDD/F, les NOx et le CO). En 2004, un
tiers des capacités respectaient les normes applicables au 28/12/2005 pour ces trois
éléments, sachant que la totalité du parc devra l’être, selon l’arrêté, avant la fin de 2005.

III. Cet effort a conduit a une nette réduction de la pollution générée par les incinérateurs
comme l’atteste, s’agissant des émissions particulaires, les données communiquées
annuellement par le MEDD. Bien que la part des émissions de mercure et de cadmium
de l’incinération soit loin d’être négligeable (elle représenterait 40% de toutes les
émissions), elle est insignifiante pour les métaux pris dans leur totalité, de même que
pour les émissions gazeuses : SO2, NOx, les composés organiques volatils non
méthanisables, CH4, CO, CO2. Les huit tonnes de Pb+Cr+Cu+Mn+Ni+As+Hg+Cd
émises en 2002 par les incinérateurs franciliens représenteraient un peu moins du
dixième de toutes les émissions métalliques, selon les chiffres produits par le CITEPA
(2004), la même année.
Si l’incinération contribue de manière significative aux émissions de dioxines, elle n’en
représente pas la source principale. Si l’on confronte les émissions totales de ces
composés en Île-de-France (CITEPA, op. cit.) à celles des seuls incinérateurs, selon les
analyses annuelles communiquées par le MEDD, celles-ci n’y contribueraient qu’à
hauteur de 25% en 2003. A côté des incinérateurs, d’autres sources fixes et diffuses
rejettent des PCDD/F en Île-de-France : usines sidérurgiques, raffineries, centrales
thermiques, diverses combustions (combustion de bois, brûlage de câbles …).
S’agissant des HAP et des PCB, l’importance des émissions serait insignifiante pour les
premiers et légèrement plus marquée pour les seconds eu égard à l’incinération des DIS
(cependant assez marginale en Île-de-France).

IV. A court terme, les rejets atmosphériques particulaires des incinérateurs seront encore
réduits (par l’entrée en application, fin 2005, à tous les incinérateurs de l’arrêté de
septembre 2002). Cette diminution des émissions conduit à leur concentration dans les
REFIOM, stockés dans les centres d’enfouissement techniques de classe I de

206
Conclusion

Guitrancourt et de Villeparisis. Quant aux mâchefers (environ 900 000 tonnes


annuelles), ils sont pour l’essentiel recyclés en technique routière. Chez ces derniers, les
expérimentations ont montré un risque faible de diffusion des métaux et des PCDD/F
dans les sols.

V. Le volume des REFIOM augmente avec l’imposition de normes d’émission de plus en


plus sévères. Ce volume semble appelé à se stabiliser dans la mesure où les taux
d’épuration des fumées atteignent aujourd’hui, selon les éléments particulaires
considérés, de 95% à près de 100%. L’impossibilité de réduire les quantités de
REFIOM (si les quantités de déchets incinérés demeuraient inchangées) nécessite le
maintien, en Île-de-France, des capacités actuelles pour leur stockage. Leur réduction ne
pourrait être envisagée que dans deux cas de figure : (i) une réduction de l’incinération
compensée par l’appel à d’autres filières de traitement ; (ii) la réduction à la source des
déchets ménagers et assimilés et une amélioration qualitative de leurs constituants. Dans
ce dernier cas, la réduction ne se fera sentir que sur le très long terme ; son succès est
tributaire de celui de la politique engagée par les pouvoirs publics dans le domaine des
écoproduits et de la limitation de la production des déchets.

L’exposition des Franciliens


L’ampleur de l’exposition des Franciliens aux polluants émis par les incinérateurs dépend de
nombreux facteurs :
- le type de polluant : les polluants particulaires et gazeux entraînent une exposition par
inhalation. Dans ce cas, la localisation des personnes par rapport à la direction des vents
dominants est importante. De même, les caractéristiques d’urbanisation (type d’habitat,
parcs ou terrains de sport en plein air, lieux sensibles tels que les écoles) jouent un rôle
dans les quantités inhalées.
Pour les métaux lourds, mais surtout les dioxines, la voie d’exposition principale est
l’ingestion, qu’elle soit directe ou indirecte par la consommation d’aliments contaminés.
Dans ce cas, si la direction des vents dominants doit être prise en compte, l’existence à
proximité de l’incinérateur d’une activité agricole (élevage, maraîchage…) et de jardins
liés à l’habitat (pouvant suggérer une autoconsommation) est un facteur d’exposition
important (fierens et al, 2005).

207
Incinération et santé

- L’ancienneté de l’incinérateur : en Île-de-France, il existe un nombre important


d’installations (19) dont l’exploitation est ancienne pour nombre d’entre elles.
L’historique des émissions des différentes usines est donc un élément essentiel pour
estimer l’importance de la contamination du milieu et l’exposition sur le long terme des
populations environnantes,
- La localisation de l’incinérateur : En Île-de-France, on peut distinguer deux
principales localisations des incinérateurs. Ceux présents en milieu urbain et ceux en
milieu rural.
Dans le premier cas, l’exposition aux émissions atmosphériques le sera essentiellement
par inhalation. Les indicateurs de pollution concernés seront notamment les particules,
le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre. Or on a vu que la part de l’incinération est
faible dans ce domaine. Mais les densités de population sont très élevées et le nombre
d’individus potentiellement exposé est important. L’absence d’activité agricole et de
jardin suggère une exposition par voie alimentaire nulle (en dehors de la consommation
d’aliments contaminés venant de l’extérieur).
Dans le deuxième cas, la situation est inverse. Certes le nombre de personnes
potentiellement exposé est faible, mais la présence d’activités agricoles et de jardin
indique une consommation de produits locaux, donc potentiellement contaminés par des
polluants de type dioxines et métaux (Fierens, op cit).

Dans ce document, nous avons tenté, à l’aide d’un système d’information géographique,
d’établir une description de la zone d’influence des incinérateurs (rose des vents la plus proche
du site, type d’habitat, mode d’occupation du sol, densité de population). Cette zone d’un rayon
de 5 km a été choisie après une revue de la littérature indiquant des dépôts de polluants
négligeables au delà de cette distance.
Cet exercice présente de nombreuses limites :
- nous n’avons pas utilisé de modélisation afin de déterminer précisément la zone de
retombée des polluants émis. Cependant, quelques publications font état d’une
discordance entre des teneurs en polluants estimée par modélisation et les niveaux
réellement mesurés sur le terrain. Par ailleurs, on peut douter de la précision d’une
modélisation de retombée de cheminée en milieu urbain dense, influencée par de
nombreux facteurs.

208
Conclusion

- nous n’avons pas d’information concernant la mobilité des personnes. L’indication de la


densité de population n’est qu’informative car il est évident que les individus résidant
dans la zone des 5 km ne s’y trouvent pas en permanence.
- nous n’avons aucune information concernant la contamination des milieux par les
retombées des incinérateurs et notamment par les dioxines.

Recommandations

Elles se résument ainsi :

• Limiter l’augmentation des capacités d’incinération en Île-de-France ; envisager, à


moyen terme, leur réduction (à l’image de la nouvelle unité d’Issy-les-Moulineaux) ;
rechercher des filières alternatives de traitement, plus « écologiques ». Cette modération
de l’incinération est motivée pour deux raisons principales : (i) sa cherté, imputable
pour un tiers des coûts aux équipements de dépollution, responsables en partie de
l’augmentation des coûts de gestion des déchets ménagers ces dernières années en Île-
de-France ; (ii) l’incertitude qui pèse sur son impact sanitaire, notamment celui des
PCDD/F dont certains composés sont reconnus cancérogènes, mais dont il n’a pas été
mis en évidence, jusqu’à présent, une relation causale avec cette pathologie, chez les
populations vivant à proximité des incinérateurs.
• Achever la modernisation des incinérateurs franciliens,
• Garantir les actuelles capacités d’enfouissement des REFIOM ; veiller à leur gestion
séparée d’avec les mâchefers ; pour ces derniers, tenir à jour une cartographie annuelle
de leurs utilisation en technique routière et la porter à connaissance.

D’un point de vue sanitaire, il ne s’agit pas ici d’émettre des recommandations déjà diffusées
par de nombreuses institutions (CPP, INSERM notamment).
Cependant compte tenu des constats réalisés dans cette étude : ancienneté de quelques
incinérateurs dont certains ne sont pas encore aux normes, localisation d’installations en milieu
rural (auto-consommation de produits alimentaires)…, il apparaît aujourd’hui nécessaire d’avoir
une meilleure connaissance des risques sanitaires encourus par les Franciliens.

209
Incinération et santé

Les risques se rattachent à une exploitation passée. Des effets sanitaires sont donc susceptibles
d’apparaître aujourd’hui. C’est pourquoi, la mise en œuvre d’une campagne de caractérisation
des sols, des produits agricoles (cultures et produits de l’élevage) autour des incinérateurs pour
les métaux lourds et les POPs devrait être lancée.
Mais les risques sont également induits par le fonctionnement actuel et futur des incinérateurs.
Des effets sanitaires pourraient alors apparaître sur le long terme. Pour cette raison, les mesures
réalisées dans les sols et les produits agricoles autour des UIOM devraient être régulières et
pérennes. Enfin, une surveillance sanitaire de la population vivant autour des incinérateurs
pourrait être envisagée notamment grâce à la mise en place d’un registre des cancers en Île-de-
France, projet actuellement en cours.

210
Bibliographie

211
Incinération et santé

212
Bibliographie

Abbot JA, Baker SJ, Coleman PJ, Dyke PH, Fernandes AR. A study of dioxins and trace metals
in soils around four municipal waste incinerators in Hampshire. Part 1:PCDDs and PCDD/Fs.
Watterson JD. Environment Agency Report HO 7/97 160 C AZLM, UK, 1997.

ADEME. Des mots et des chiffres ; chiffres-clés de 2002 ; WWW.ademe.fr, 2005

ADEME. MODECOM ; méthode de caractéisation des ordures ménagères ; collection,


connaître pour agir, 1997

ADEME. Le traitement des déchets ménagers et assimilés en centres collectifs en 1995. 1997 ;
Paris

ADEME. Le traitement des déchets ménagers et assimilés en France en 2000. Enquête ITOM,
2002

ADEME. Plate-formes de traitement et de maturation des mâchefers. Bilan de 32 opérations


françaises aidées par l’ADEME. Direction des déchets municipaux, mars 2002.

AFSSA/INERIS. Exposition aux dioxines de la population vivant à proximité des incinérateurs.


Etat des connaissances et protocole d’une étude d’exposition. Rapport d’étude : 198 p.

AIRPARIF, Airparif Actualité, n°22 – Mars 2004.

Apostoli P, Bellini A, Porru S, Bisanti L. International Conference on lead exposure,


reproductive toxicity and carcinogenicity. The effect of lead on male fertility; a time to
pregnancy (TTp) study. American Journal of Industrial Medicine 2000; 38(3): 310-315.

Arrault O. Les déchets ménagers spéciaux (DMS). Typologie et quantification du gisement.


Bilan des actions de collecte et de traitement en Île-de-France. IAURIF, 1995, Paris

ARET Association pour la recherche en toxicologie. La toxicologie des dioxines. La lettre de


l’ARET 2004, 43 :8p.

ASTEE ( Association scientifique et technique de l’eau et de l’environnement). Guide pour


l’évaluation du risque sanitaire dans le cadre de l’étude d’impact d’une UIOM. Novembre 2003,
60p.

Atkinson RW, Anderson HR, Sunyer J, Ayres J, Baccini M, Vonk JM, Boumghar A, Forastiere
F, Forsberg B, Touloumi G, Schwartz J, Katsouyanni K. Acute effects of particulate air
pollution on respiratory admissions: results from APHEA2 project. Am. J. Respir. Crit. Care
Med., 2001, 12: 521-531.

Azimi S., Rocher V., Beuvin L. Varrault G., Thévenot D.R.. Evaluation des flux de retombées
atmosphériques d’éléments inorganiques et de mercure sur le bassin de la Seine et détermination
de leurs origines. Rapport PIREN-Seine, 2003.

213
Incinération et santé

Baddredine R., Bartet B., François D., Pepin G. Impact sur les sols des dioxines de MIOM
utilisés en technique routière. Revue francophone d’écologie industrielle, N° 29, 1er trimestre
2003.

Bartet B. Caractérisation des mâchefers d’incinération d’ordures ménagères. Possibilité de


transfert des dioxines dans l’environnement ; rapport intermédiaire. MATE-DPPR-SDPD, juillet
2001.

Becher H, Steindorf K, Flesch-Janys D. Quantitative Cancer Risk Assessment for Dioxins


Using an Occupational Cohort Environmental Health Perspectives Supplements 1998, 106, S2,
663-670.

Bernard A, Broeckaert F, De Poorter G, de Cock A, Hermans C, Saegerman C, Houins G. The


Belgian PCB/dioxin incident: analysis of the food chain contamination and health risk
evaluation. Environmental Research 2002, 88(1), 1-18.

Bertazzi PA, Consonni D, Rubagotti M, Baccarelli A, Zocchetti C, Petori AC. Health effects of
dioxin exposure : a 20-year mortality study. Am J Epidemiol 2001, 153, 11, 1031-44.

Bertrand M. Consommation et lieux d’achat des produits alimentaires en 1991. Rapport


INSEE, 1993 : 300 pages.

Bicocchi S. Les polluants et les techniques d’épuration des fumées. Cas des unités de
destruction thermiques des déchets. Association RECORD 1998 ; 185p, Ed. Lavoisier Paris.

Biggeri A, Barbone F, Lagazio C, Bovenzi M, Stanta G. Air pollution and lung cancer in
Trieste, Italiy: Spatial analysis of risk as a function of distance from sources. Environmental
health perspectives, 1996;104(7):750-754.

Bonde JP, Joffe M, Apostoli P, Dale A, Kiss P, Spano M, Caruso F, Giwercman A, Bisanti L,
Porru S, Vanhoorne M Comhaire F, Zschiesche W. Sperm count and chromatin structure in men
exposed to inorganic lead : lowest adverse effect levels. Occupational and environment
medicine 2002; 59(4): 234-242.

Bonnard R. Etude d’intercomparaison de modèles multimedia d’exposition. INERIS, Rapport


intermédiaire ; décembre 2003 : 43 pages.

Caserrini S, Cernuschi S, Giugliano M, Grosso M, Lonati G, Mattaini P. Air and soil dioxine
levels at three site in proximity to MSW incineration plants. Chemosphere 2004;54(9):1279-
1287.

Chang MB, Weng YM, Lee TY, Chen YW, Chang SH, Chi KH. Sampling and analysis of
ambient dioxins in northern Taiwan. Chemosphere 2003;51(10):1103-1110.

214
Bibliographie

Cheng PS, Hsu MS, Ma U, Ling YC. Levels of PCDD/Fs in ambient air and soil in the vicinity
of a municipal solid waste incinerator in Hsinchu. Chemosphere 2003;52(9):1389-96.

CITEPA. Inventaire des émissions de polluants atmosphériques ne France. Séries sectorielles et


analyses étendues. SECTEN ; rapport d’inventaire national, février 2004

Clancy L, Goodman P, Sinclair H, Dockery DW. Effect of air pollution control on death rates
in Dublin, Ireland: an intervention study. The Lancet, 2002, 360: 1210-1214.

Cole P, Trichopoulos D, Pastides H, Starr T, Mandel JS. Dioxin and cancer : a critical review.
Regulatory Toxicology and Pharmacology 2003, 38(3), 378-388.

Collet RS, Oduyemi K, Lill DE. An investigation of environmental levels of cadmium and lead
in airborne matter and surface soils within the locality of a municipal waste incinerator. The
Science of the Total Environment 1998;209(2-3):157-167.

Comba P, Ascoli V, Belli S, Benedetti M, Gatti L, Ricci P, Tieghi, A. Risk of soft tissue
sarcomas and residence in the neighbourhood of an incinerator of industrial wastes. Occup
Environ Med 2003;60:680-683.

Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF). Plomb, cadmium et mercure dans
l’alimentation, évaluation et gestion du risque. Ed Tec&Doc 1996 :237p.

CPP (Comité de la prévention et de la précaution). Les incinérateurs d’ordures ménagères :


Quels risques ? Quelles politiques. MEDD, 2004.

Cordier S, Chevrier C, Robert-Gnansia E, Lorente C, Brula P, Hours M. Risk of congenital


anomalies in the vicinity of municipal solid waste incinerators. Occup Environ Med 2004; 61 :
8-15.

Daniels MJ, Dominici F, Samet JM, Zeger SL. Estimating partiuclate matter-mortality doser-
response curves and threshold levels: an analysis of daily time-series for the 20 largest US
cities. American Journal of Epidemiology, 2000, 152: 397-406.

Decloitre F. La part des différents aliments dans l’exposition au plomb, au cadmium et au


mercure, en France. Cah. Nut. Diét. 1998;33(3):167-175.

Deister U, Pommer R. Distribution of PCDD/F in the vicinity of the hazardous waste


incinerator at Schwabach. Chemosphere 1991;23(11-12):1643-1651.

Deml E, Mangelsdorf I, Greim H. Chlorinated dibenzodioxins and dibenzofurans (PCDD/F) in


blood and human milk of non occupationally exposed persons living in the vicinity of a
municipal waste incinerator. Chemosphere 1996;33(10):1941-1950.

215
Incinération et santé

Deschamps F-J, Guillaumot M, Raux S. Neurological effects in workers exposed to


manganese. Journal of Occupational and Environmental Medicine 2001;43(2):127-132.

Desqueyroux H, Momas I. Pollution atmosphérique et santé: une synthèse des etudes


longitudinales de panel publiées de 1987 à 1998. Revue d’Epidémiologie et de Santé Publique,
1999, 47:361-375.

Dimich-Ward H, Hertzman C, Teschk K, Hershler R, Marion SA, Ostry A, Kelly S.


Reproductive effects of paternal exposure to chlorophenate wood preservatives in the sawmill
industry. Scandinavian Journal of Work, Environment and Health 1996, 22(4), 267-273.

Dockery DW, Pope CA, Xu X. et al. An association between air pollution and mortality in six
U.S. cities. New Engl. J. Med., 1993, 329, 1753-1759.

Dockery DW. Epidemiologic evidence of cardiovascular effects of particulate air pollution.


Environ. Health Perspect. 2001, 109:483-486.

Domingo JL, Schuhmacher M, Granero S, Llobet JM, De Kok HA. PCDD/F levels in the
vicinity of an old municipal solid waste incinerator: temporal variation in soils. Arch. Environ.
Cotam. Toxicol. 1999(a);36(4):377-383.

Domingo JL, Schuhmacher M, Meneses M, Granero S, Llobet JM, De Kok HA. Monitoring
dioxins and furans near an old municipal solid waste incinerator:Temporal variation in
vegetation. J. Environ. Sci. Health 1999(b);A34:165-181.

Domingo JL, Schuhmacher M, Muller M, Rivera J, Granero S, Llobet JM. Evaluating the
environmental impact of an old municipal waste incinerator : PCDD/F levels in soil and
vegetation samples. J Hazard Mater 2000;76(1):1-12.

Domingo JL, Schuhmacher M, Granero S, De Kok HA. Temporal variation of PCDD/PCDF


levels in environmental samples collected near an old municipal waste incinerator.
Environmental monitoring and assessment 2001;69:175-193.

Domingo JL. Human health risks of dioxins for populations living near modern municipal solid
waste incinerators. Rev Environ Health 2002, 17(2), 135-47.

DRIRE Ile-de-France. L’environnement industriel en Île-de-France. Edition 2002, 2003, 2004.

Dummer TJB, Dickinson HO, Parker L. Adverse pregnancy outcomes around incinerators and
crematoriums in Cumbria, north west England, 1956-93. J Epidemiol Community Health
2003;57:456-461.

Durif M. Méthode de surveillance des dioxins et furans autour d’une UIOM. INERIS 2001 ;
26p.

216
Bibliographie

Elliott P, Hills M, Beresford J, Kleinschmidt I, Jolley D, Pattenden S, Rodrigues L, Westlake


A, Rose G. Incidence of cancers of the larynx and lung near incinerators of waste solvents and
oils in Great Britain. Lancet 1992;339(8797):854-858.

Elliott P, Shaddick G, Kleinschmidt I, Jolley D, walls P, Beresford J, Grundy C. Cancer


incidence near municipal solid waste incinerators in Great Britain. Br. J. Cancer 1996;73:702-
710.

Elliott P, eaton N, Shaddick G, Carter R. Cancer incidence near municipal solid waste
incinerators in great Britain. Part 2: Histopathological and case-note review of primary liver
cancer cases. Br J Cancer 2000;82(5):1103-1106.

ENSP. Elimination des déchets d’activités de soins en Île-de-France. Etat des lieux. Rapport de
stage par Bonilla, P, 2003

European Commission DG Environnement. Compilation of EU dioxin exposure and health


data. October 1999.

Evans RG, Shadel BN, Roberts DW, Clardy S, Jordan-Izaguirre D, Patterson DG, Needham
LL. Dioxin incinerator emissions exposure study Times Beach, Missouri. Chemosphere
2000;40(9-11):1063-1074.

Fabries JF, Leprince A. Collecte et recyclage des déchets. Exposition aux agents biologiques et
problème de santé. INRS, Documents pour le médecin du travail n° 71, 1997.

Fernandes AR, Timmis R, dawes C. An investigation of terrestrial dioxin distributions with


respect to secondary non-ferrous refiners. Chemosphere 1994;29(9-11):2147-2156.

Fierens S; Mairesse H; Focant J-F; Eppe G; De Pauw E; Bernard A. PCDD/F and non-
ortho PCB body burden of the general population in Wallonia, Belgium: Impact of different
sources of environmental pollution. Communication au congrès “dioxins 2002” Barcelone.

Fierens S; Focant J-F; Eppe G; De Pauw E; Bernard A. Evaluation de la charge corporelle


en dioxines des riverains d’incinérateurs et de la sidérurgie: résultats d’une étude réalisée en
Belgique. Environnement Risque et Santé 2005 ;4(1).

Floret N, Mauny F, Challier B, Arveux P. Dioxin emissions from a solid waste incinerator and
risk of non-Hodgkin lymphoma. Epidemiology 2003;14(4):39-398.

Floret N, Mauny F, Challier B, Cahn JY, Tourneux F, Viel JF. Emission de dioxins et sarcomas
des tissus mous : étude cas-témoins en population. Rev Epidémiol Santé Publique
2004 ;52 :213-220.

Focant JF, Pirard C, Thielen C, de Pauw E. Levels and profiles of PCDDs, PCDFs ans cPCBs
in Belgian breast milk. Estimation of infant intake. Chemosphere 2002;48(8):763-770.

217
Incinération et santé

Fréry N. Exposition des populations aux dioxines. Dioxines et polluants organiques persistants,
Journées techniques nationales, Paris, 10 et 11 mars 2004 ; Recueil des interventions.

Glorennec P ; Zmirou D ; Peigner P. Impact sanitaire passé et actuel de l’usine d’incinération


d’Angers. Cellule inter régionale d’épidémiologie Ouest. Rapport 52 pages + annexes. Rennes,
2001.

Gonzales MJ, Jimenez B, Hernandez LM, Gonnord MF. Levels of PCDDs and PCDFs in
human milk from populations in Madrid and Paris. Bulletin of Environmental Contamination
and Toxicology 1996;56:197-204.

Gonzales CA, Kogevinas M, Gadea E, Huici A, Bosch A, Bleda MJ, Päpke O. Biomonitoring
study of people living near or working at a municipal solid waste incinerator befor and after two
years of operation. Arch Environ Health 2000;55(4):259-267.

Gray EJ, Peat JK, Mellis CM, Harrington J, Woolcock AJ. Asthma severity and morbidity in a
population sample of Sydney school children: Part I – Prevalence and effect of air pollutants in
coastal regions. Aust N Z J Med; 1994;24(2):168-175.

Grimsrud TK, BERGE SR, Haldorsen T, Andersen A. Exposure to different forms of nickel
and risk of lung cancer. American Journal of Epidemiology 2002;156(12):1123-1132.

Guzzo J-C. Etude des effets à court terme sur la santé d’une source locale de pollution
atmosphérique. Réseau National de Santé Publique, Paris, Octobre 1996, 49 p.

Hakan R. No obvious spatial clustering of twin births in Sweden between 1973 and 1990.
Environmental research, 1998;76(1):27-31.

Hamm JT, Chen CY, Birnbaum LS. A mixture of dioxins, furans, and non-ortho PCBs based
upon consensus toxic equivalency factors produces dioxin-like reproductive effects. Toxicol Sci.
2003, 74(1), 182-91.

Hazucha MJ, Rhodes V, Boehlecke BA, Southwick K, Degnan D, Shy CM. Characterization
of spirometric Function in residents of three comparison communities and of three communities
located near waste incinerators in north Carolina. Archives of environmental health
2002;57(2):103-112.

Heacock H Hogg R, Marion SA, Hershler R, Teschke K, Dimich-Ward H, Demers P, Kelly S,


Ostry A, Hertzman C. Fertility among a cohort of male sawmill workers exposed to
chlorophenate fungicides. Epidemiology. 1998 Jan;9(1):56-60.

HEI, Heakth Effect Institute. Understanding the effects of components of the particulate matter
mix : progress and next steps. HEI Perspectives, Boston, 2002, 20 pages.

218
Bibliographie

Hellstrom L, Elinder C.G, Dahlberg B, Lunberg M, Jarup L, Persson B, Axelson O. Cadmium


exposure and end-stage renal disease. American Journal of Kidney Disease 2001;38(5):1001-
1008.

Hippelein M, Kaupp H, Dörr G, McLachlan M, Hutzinger O. Baseline contamination


assessment for a new ressource recovery facility in Germany part II: atmospheric concentration
of PCDD/F. Chemosphere 1996;32(8):1605-1616.

Hotz P, Buchet JP, Bernard A, Lison D, Lauwerys R. Renal effects of low-level environmental
cadmium exposure: 5-year follow-up of a subcohort from the Cadmibel study. The Lancet
1999;354(9189):1508-1513.

IAURIF/ORS. Les apports de matières fertilisantes et pesticides dans les sols franciliens.
Impact sanitaire et environnemental. Rapport d’étude, juillet 2004

IAURIF/ORS. Le compostage en Île-de-France : existe-t-il un risque sanitaire pour les


Franciliens. Note rapide sur l’Environnement et la Santé n°399, octobre 2005.

IAURIF/ORS. Les décharges de déchets en Île-de-France : problématique environnementale et


sanitaire. Note rapide sur l’Environnement et la Santé, à paraître.

IFEN. L’Environnement en France. Ed 1999.

INSERM (Institut national de la santé et de la recherché médicale). Dioxines dans


l’environnement : Quels risques pour la santé. Ed INSERM, 2000 : 406p.

Institut d’Hygiène et de Santé publique. Evaluation du risque pour la santé lié aux émissions
atmosphériques des incinérateurs soumis aux nouvelles valeurs limites de l’UE. Rapport final,
septembre 2001 : 23 p.

InVS (Institut de veille sanitaire). Incinération et santé, guide pour la conduite à tenir lors
d’une demande locale d’investigations sanitaires autour d’un incinérateur d’ordures ménagères.
InVS 2003 :104 pages.

Jarup L, Hellstrom L, Alfven T, Carlsson M-D, Grubb A, Persson B, Pettersson C, Spang G,


Schutz A, Elinder C-G. Low level exposure to cadmium and early kidney damage: the OSCAR
study. Occupational and environmental medicine 2000;57(10):668-672.

Jarup L. Hazards of heavy metal contamination. Br Med Bull. 2003;68:167-82.

Jimenez B, Eljarrat E, Hernadez LM, Rivera J, Gonzales MJ. Polychlorinated dibenzo-p-


dioxins and dibezofurans in soils near a clinical waste incinerator in Madrid, Spain.
Chemosphere 1996;32(7):1327-1348.

219
Incinération et santé

Joffe M, Bisanti L, Apostoli P, Kiss P, Dale A, Roeleveld N, Lindbohm ML, Sallmen M,


Vanhoorne M, Bonde JP; Asclepios. Time To Pregnancy and occupational lead exposure.
Occup Environ Med. 2003 ;60(10):752-8.

Journal officiel des Communautés européennes. Règlement (CE) n°466/2001 de la


Commission du 8 mars 2001 portant fixation de teneurs maximales pour certains contaminants
dans les denrées alimentaires. 16 mars 2001.

Katsouyanni K, Touloumi G, Samoli E, Gryparis A, Le Tertre A, Monopolis Y, Rosi G,


Zmirou D, Ballester F, Boumghar A, Anderson HR, Wojtyniak B, Braunstein R, Pekkanen J,
Schindler C, Schwartz J. Counfounding and effect modification in the short-term effects of
ambient particles on total mortality: results fro 29 European cities within the APHEA2 project
Epidemiology, 2001, 12(5): 521-531.

Keck G. Evaluer les impacts autour d’une source d’émission: méthodologie et resultants.
Journées techniques nationales, Paris, 10 et 11 mars 2004 ; Recueil des interventions.

Kondakis XG, Makris N, Leotsinidis M, Prinou M, Papapetropoulos T. Possible health effects


of high manganese concentration in drinking water. Arch Environ Health. 1989;44(3):175-8.

Kontsas H, Rosenberg C, Tornaeus J, Mutanen P, Jappinen P. Exposure of workers to 2,3,7,8


substituted polychlorinated dibenzo-p-dioxin (PCDD) and dibenzofuran (PCDF) compounds in
sawmills previously using chlorophenol-containing antistain agents. Arch Environ Health
1998;53:99-108

Koopman-Esseboom C, Weisglas-Kuperus N, de Ridder MA, Van der Paauw CG, Tuinstra


LG, Sauer PJ. Effects of polychlorinated biphenyl/dioxin exposure and feeding type on infants'
mental and psychomotor development. Pediatrics. 1996 May;97(5):700-6.

Kramárová E, Kogevinas M, Anh CT, Cau HD, Dai LC, Stellman SD, Parkin DM. Exposure
to Agent Orange and Occurrence of Soft-Tissue Sarcomas or Non-Hodgkin Lymphomas: An
Ongoing Study in Vietnam. Environmental Health Perspectives Supplements 1998, 106, S2,
671-678.

Kurttio P; pekkanen J; Alfthan G; Paunio M; Jaakkola JJ; Heinonnen OP. Increased


mercury exposure in inhabitants living in the vicinity of a hazardous waste incinerator: a 10-
year follow-up. Arch Environ Health 1998;53(2):129-137.

Kurz R; Boeske J; Lahl U. polychlorinated dibenzodioxins and dibenzofurans in soil,


deposition and airborne particultate matter in the vicinity of a municipal solid waste incinerator.
Organo-halogen compounds 1993; 39:151-154.

Lafon D. Hygiène et santé dans la filière déchets. INRS, Documents pour le médecin du travail
n° 84, 2000.

220
Bibliographie

Le Tertre A, Medina S, Samoli E, Forsberg B, Michelozzi P, Boumghar A, Vonk JM, Bellini


A, Atkinson R, Ayres JG, Sunyer J, Schwartz J, Katsouyanni K. Short-term effects of
particulate air pollution on cardiovascular diseases in eight European cities. Journal of
Epidemiology and Community Health, 2002, 56:773-779.

Liem AKD, Theelen RMC. Dioxins: chemical analysis, exposure and risk assessment, Doctoral
dissertation, University of Utrecht, 1997.

Llobet JM, Domingo JL, Schuhmacher M, Graneros S, Montserrat M, De Kok H. Soil


monitoring in the vicinity of an old municipal solid waste incinerator : PCDD/F concentrations.
Organo halogen compounds 1998;36:297-300.

Llobet JM, Schuhmacher M, Domingo JL. Spatial distribution and temporal variation of metals
in the vicinity of a municipal solid waste incinerator after a modernization of the flue gas
cleaning systems of the facility. Science of the Total Environment 2002;284(1-3):205-214.

Lloyd OL, Lloyd MM, Williams FL, Lawson A. Twining in human populations and cattle
exposed to air pollution from incinerators. Br J Ind Med 1988;45(8):556-560.

Lohmann R; Jones KC. Dioxins and furans and deposition: a review of levels, behaviour and
processes. The Science of the total Environment 1998; 219:53-81.

Lorber M, Pinsky P, Gehring P, Braverman C, Winters D, Sovocool W. Relationships between


dioxins in soil, air, ash, and emissions from a municipal waste incinerator emitting large
amounts of dioxins. Chemosphere 1988:37(9-12):2173-2197.

Lynge E. cancer incidence in Danish phenoxy herbicide workers, 1947-1993. Environmental


Health Perspectives Supplements 1998, 106, S2, 683-687.

Ma HW, Lai YL, Chan CC. Transfer of dioxin risk between nine major municipal waste
incinerators in Taiwan. Environ Int. 2002, 28(1-2), 103-10.

MATE/TIRU. Etude des caractéristiques intrinsèques de certains déchets des usines


d’incinération d’ordures ménagères et de déchets industriels spéciaux. DPPR ; rapport d’étude,

McGowan JA, Hider RN, Chacko E, Town GI. Particulate air pollution and hospital admissions
in Christchurch, New Zealand. Australian and New Zealand Journal of Public Health, 2002,
26:23-29.

Mench M, Baize D. Contamination des sols et de nos aliments d’origine véégtale par les
éléments en traces. Mesure pour réduire l’exposition. Courrier de l’environnement 2004 ;52 :31-
56.

221
Incinération et santé

Meneses M, Schuhmacher M, Domingo JL. Health risk assessment of emissions of dioxins and
furans from a municipal waste incinerator: comparison with other emission sources. Environ Int
2004, 30(4), 481-9.

Michelozzi P, Fusco D, Forastière F, Ancona C, Dell’Orco V, perucci CA. Small area study of
mortality among people living near multiple sources of air pollution. Occup Environ Med
1998;55:611-615.
Min YI, Correa-Villasenor A, Stewart PA. Parental occupational lead exposure and low birth
weight. American Journal of Industrial Medicine 1996; 30(5): 569-578.

Ministère de l’agriculture et de la pêche. Notre Alimentation n°37 ;juin-juillet 2001.

Ministère de l’agriculture et de la pêche. Notre Alimentation n°42 ;février 2002.

Miquel G. Les effets des métaux lourds sur l’environnement et la santé. rapport du Sénat n° 261
(2001) - office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Miquel G., Poignant, S.. Recyclage et valorisation des déchets ménagers rapport 415 (98-99) -
office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Miquel, G., Poignant, S. Les nouvelles techniques de recyclage et de valorisation des déchets
ménagers et des déchets industriels banals. Rapport du sénat, 1999, France

Myers GJ, Davidson PW, Shamlaye CF, Axtell CD, Cernichiari E, Choisy O, Choi A, Cox C,
Clarkson TW. Effects of prenatal methylmercury exposure from a high fish diet on
developmental milestones in the Seychelles child development study. Neurotoxicology 1997;
18(3): 819-830.

Myers J-E, Tewaternaude J, Fourie M, Zogue H, Naik I, Theodorou P, Tassel H, Daya A,


Thompson M-L. Nervous system effects of occupational manganese exposure on South African
manganese mineworkers. Neurotoxicology 2003;24(4-5):649-656.

Nadal M, Schuhmacher M, Domingo JL. Metal pollution of soils and vegetation in an area with
petrochemical industry. Science of the Total Environment 2004;321(1-3):59-69.

Ng JC, Wang J, Shraim A. A global health problem caused by arsenic from natural sources.
Chemosphere. 2003;52(9):1353-9.

Nominé M. Méthodologie pour l’évaluation de la contamination par les dioxins au voisinage


d’une source fixe. INERIS, 1999 : 44pages plus annexes.

NRC (National Research Council). Environmental Epidemiology ; vol 1, Public Health and
Hazardeous Wastes. Washington DC : National Academic Press, 1991

222
Bibliographie

OMS (organisation mondiale de la santé) Levels of PCB, PCDD and PCDF in breast milk :
results of WHO-coordinated exposure studies. Environmental health series 1996, n°3.

ORDIF. Tableau de bord regional bisannuel. Etat de la gestion des déchets ménagers en Île-de-
France. Chiffre clés de 2002. Mai 2004.

ORDIF. Détermination du gisement incinérable en Île-de-France et ajustement des capacités.


Rapport d’étude, 2003, Paris.

ORDIF. Les capacités de traitement des déchets ménagers et assimilés en Île-de-France. Série
« Enquêtes », 2005.

ORDIF. Les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères en Île-de-France. Série : « Etudes »,


1996
Päpke O, Ball M, Lis ZA, Scheunert K. PCDD/PCDF in whole blood samples of unexposed
persons. Chemosphere 1989;19:941-948.

Päpke O, Ball M, Lis ZA. Various PCDD/PCDF patterns in human blood resulting from
different occupational exposures. Chemosphere 1992;25:1101-1108.

Päpke O, Ball M, Lis ZA. PCDD/PCDF in humans – an update of background data


Organohalogen Compounds 1993;13:81-84.

Päpke O, Ball M, Lis ZA. PCDD/PCDF in humans – an update of background data


Chemosphere 1994;29:2355-2360.

Päpke O, Ball M, Lis ZA, Wuthe J. PCDD/PCDF in humans, follow-up of background data fot
Germany, 1996. Organohalogen Compounds 1997;33:530-534.

Päpke O. PCDD/PCDF: Human background data for Germany, a 10-year experience. Environ
Health Perspect 1998;106:723-731.

Pirard, C., Eppe, G., Massart, A.C., Fierens, S., De Paw, E., Focand, JF., -
Environmental and Human Impact of an Old-Timer Incinerator in Terms of Dioxin an
PCB Level : A Case Study. Environ.Sci. Technol., 2005, 39, 4721 - 4728

POLDEN. Du produit au déchet : comprendre l’origine des métaux lourds sans les ordures
ménagères. 1995, Villeurbanne

Pope CA, Thun MJ, Naboodiri MM et al. Particulate pollution as a predictor of mortality in a
prospective study of US adults. Am. J. Respir. Crit. Care Med., 1995, 51, 669-674.

223
Incinération et santé

Revich B, Aksel E, Ushakova T, Ivanova I, Zhuchenko N, Klyuev N, Brodsky B, Sotskov Y,


Birnbaum L.S. Halogenated organic pollutants and pops – Dioxin’99. Dioxin exposure and
public health in Chapaevsk, Russia. Chemosphere 2001, 43-4-7), 951-966.

Rosenberg C, Kintsas H, Tornseus J, Mutanen P, Jappinen P, Vainio H, Patterson DG,


Needham LL. PCDD/PCDF levels in the blood of workers at a pulp and paper mill.
Chemosphere 1995;31(8):3933-3944.

Rylander L, Stromberg U, Hagmar L, Birnbaum L.S. Halogenated environmental organis


polluatants – Dioxin’98. Lowered birth weight among infants born to women with a high intake
of fish contaminated with persistent rorganochlorine compounds. Chemosphere 2000, 40(9-11),
1255-1262.

Sallmen M, Anttila A, Lindbohm ML, Kyyronen P, Taskinen H, Hemminki K. Time to


pregnancy among women occupationally exposed to lead. J Occup Environ Med. 1995
;37(8):931-4.

Sallmen M, Lindbohm ML, Anttila A, Taskinen H, Hemminki K. Time to pregnancy among


the wives of men occupationally exposed to lead. Epidemiology 2000 ;11(2):141-7.
Sandalls FJ et al. A survey of dioxins and furans in surface soil in the vicinity of the Coalite
works near Bolsover, Derbyshire. UK Environment Agency 1992

Sanin LH, Gonzalez-Cossio T, Romieu I, Peterson KE, Ruiz S, Palazuelos E, Hernandez-Avila


M, Hu H. Effect of maternal lead burden on infant weight and weight gain at one month of age
among breastfed infants. Pediatrics. 2001;107(5):1016-23.

Schecter A, Fürst P, Fürst C et al. Chlorinated dioxins and dibenzofurans in human tissue from
general population: a selective review. Environ Health Perspect 1994(a);102:159-171.

Schecter A, Ryan J, Päpke O. Elevated dioxin blood levels in Russian chemical workers and
their children following maternal exposure. Chemosphere 1994(b);29:2361-2370.

Schuhmacher M, Granero S, Xifro A, Domingo JL. Rivera J, Eljarrat E. Levels of PCDD/Fs in


soil samples in the vicinity of a municipal solid waste incinerator. Chemosphere 1998(a);37(9-
12):2127-2137.

Schuhmacher M, Domingo JL, Llobet JM, Sunderhauf W, Mulelr L. Temporal variation of


PCDD/F concentrations in vegetation samples collected in the vicinity of a municipal waste
incinerator (1996-1997). Sci total Environ. 1998(b) ;218(2-3) :175-183.

Schuhmacher M, Domingo JL, Llobet JM, Kirivanta H, Vartiainen T. Dioxin and dibenzofuran
concentrations in blood of a general population from Tarragona, Spain. Chemosphere
1999;38(5):1123-1133.

224
Bibliographie

Schuhmacher M, Domingo JL, Llobet JM, Lindstrom G, .Wingfors H. Dioxin ans


dibenzofuran concentrations in adipose tissue of a general population from Tarragona, Spain.
Chemosphere 1999;38(11):2475-2487.

Schuhmacher M, Granero S, Rivera J, Muller M, Llobet JM, Domingo JL. Atmospheric


deposition of PCDD/Fs near an old municipal solid waste incinerator:levels in soil and
vegetation. Chemosphere 2000;40(6):593-600.

Schuhmacher M, Domingo JL, Hagberg J, Lindstrom G. PCDD/F and non-ortho PCB


concentrations in adipose tissue of individuals living in the vicinity of a hazardous waste
incinerator. Chemosphere 2004;57(5):357-364.

Seta ., Arfi C, Momas I. Exposition de la population générale aux dioxines, contaminants


ubiquitaires. Rev Epidém. et Santé Publ. 2000, 48, 281-293.

Shao Lin, Hwang SA, Marshall EG, Marion D. Does paternal occupational lead exposure
increase the risks of low birth and prematurity? American Journal of Epidemiology 1998;
148(2): 173-181.

Shy CM, Degman D, Fox DL, Mukerjee S, Hazucha MJ, Boehlecke BA, Rothenbacher D,
Briggs PM, Devlin RB, Wallace DD, Stevens RK, BrombergPA. Do waste incinerators induce
adverse respiratory effects ? An air quality and epidemiological study of six communities.
Environmental health perspectives 1995;103:714-724.

Société française de Santé publique (SFSP). L’incinération des déchets et la santé publique :
bilan des connaissances récentes et évaluation du risque. Collection Santé et Société, 1999, Paris

Sorahan T, Esmen NA. Lung cancer mortality in UK nickel-cadmium battery workers, 1947-
2000. Occup Environ Med. 2004;61(2):108-16.

Sorahan T. lung cancer mortality in a cohort of workers employed at a cadmium recovery plant
in the United States: an analysis with detailes job histories. Occupational and environmental
medicine 1997;54(3):194-201.
Staessen JA, Nawrot T, Den Hond N, Thijs L, Fagard R

Staessen JA. et al. Renal function, cytogenetic measurements, and sexual development in
adolescents in relation to environmental pollutants: a feasibility study of biomarkers. The Lancet
2001 357;1660-1669.

Steenland K, Deddens J, Piacitelli L. Risk assessment for 2,3,7,8-Tetrachlorodibenzo-p-dioxin


(TCDD) based on an epidemiologic study. Am J Epidemiol 2001, 154, 5, 451-458

Tango T, Fujita T, Tanihata M, Doi Y, Kato N, Kunikane S, Uchiyama I, Tanaka M, Uehata T.


Risk of adverse reproductive outcomes associated with proximity to municipal solid waste
incinerators with high dioxin emission levels in Japan. J Epidemiol. 2004;14(3):83-93.

225
Incinération et santé

Tchounwou PB, Ayensu WK, Ninashvili N, Sutton D. Environmental exposure to mercury and
its toxicopathologic implications for public health. Environmental toxicology 2003; 18(3): 149-
175.

Ten Tusscher GW, Stam GA, Koppe JG. Open chemical combustions resulting in a local
increased incidence of orofacial clefts. Chemosphere 2000;40(9-11):1263-1270.

Van den Berg M, Birnbaum L, Bosveld A, Brunström B, Cook P, Feeley M, Giesy JP, Hanberg
A, Hasegawa R, Kennedy SW, Kubiak T, Larsen JC, van Leeuwen R, Liem D, Nolt C, Peterson
RE, Poellinger L, Safe S, Schrenk D, Tillitt D, Tysklind M, Younes M, Wærn F, Zacharewski
T. Toxic Equivalency Factors (TEFs) for PCBs, PCDDs, PCDFs for Humans and Wildlife
Environmental. Health Perspectives, 1998, 106, 12, 775-792.

Verougstraete V, Lison D, Hotz P. Cadmium, lung and prostate cancer: a systematic review of
recent epidemiological data. J Toxicol Environ Health B Crit Rev 2003;6(3):227-255.

Viel J-F, Arveux P, Baverel J, Cahn J-H. Soft-tissue sarcoma and non-Hodgkin’s clusters
around a municipal solid waste incinerator with high dioxin emission levels. American Journal
of Epidemiology 2000, 152, 1, 13-19.

Vieregge P, Heinzow B, Korf G, Teichert HM, Schleifenbaum P, Mosinger HU. Long term
exposure to manganese in rural well water has no neurological effects. Can J Neurol Sci.
1995;22(4):286-9.

Vreugdenhil HJ, Lanting CI, Mulder PG, Boersma ER, Weisglas-Kuperus N. Effects of
prenatal PCB and dioxin background exposure on cognitive and motor abilities in Dutch
children at school age. J Pediatr. 2002 Jan;140(1):48-56.

Williams FL, Lawson AB, Lloyd Ol. Low sex ratios of births in areas at risk from air pollution
from incinerators, as shown by geographical analysis and 3-dimensional mapping. Int J
Epidemiol,1992 ;21(2):311-319.

Wu MM, Kuo TL, Hwang YH, Chen CJ. Dose-response relation between arsenic concentration
in well water and mortality from cancers and vascular diseases. Am J Epidemiol.
1989;130(6):1123-32.

Yoon BI, Inoue T, Kaneko T. Teratological effect of 2,3,7,8-tetrachlorodibenzo-p-dioxin


(TCDD): induction of cleft palate in the ddY and C57BL/6 mouse. J Vet Sci. 2000, 1(2), 113-9.

Yu HS, Lee CH, Chen GS. Peripheral vascular diseases resulting from chronic arsenical
poisoning. J Dermatol. 2002;29(3):123-30.

Zmirou D, Parent B, Potelon J-L. Etude épidémiologique des effets sur la santé des rejets
atmosphériques d’une usine d’incinération de déchets industriels et ménagers. Rev Epidem et
Santé Publ 1984, 32, 391-397.

226
Annexe

227
Annexe 1 : Liste des incinérateurs franciliens p. 227
Annexe 2 : Les valeurs toxicologiques de référence p. 229
Annexe 3 : Classifications internationales des substances
vis à vis du risque cancérigène p. 237
Annexe 4 : Dangers associés aux principaux polluants
émis par l’incinération p. 239
Annexe 5 : La modélisation p. 255
Annexe 6 : Unités de masse p. 257
Annexe 7 : Sarcome des tissus mous p. 259
Annexe 8 : Lymphome non hodgkinien p. 261

228
Annexe 1

Commune Maître Capacité Mise en Type de Procédé


INSEE Tonnes/an
d’implantation d’ouvrage (t/h) service traitement
Humide ;
8 60 000 1985 électrofiltre Four à grille
St-Thibault SIETREM
12 90 000 1995

SMITOM Nord 7 50 000 1998


Monthyon Sec ; filtres à manche Four à grille
Seine et Marne 7 50 000 1998
4.2 30 000 1993 Sec ; bicarbonate et
Montereau SIRMOTOM Four à grille
charbon actif
9,5 70 000 1977
Semi-humide ; Four à grille
Carrières/Seine SITRU
70 000 élctrofiltres
9,5 1988
7,5 55 000 1998 Humide, sans rejets
7,5 55 000 1998 liquides ; traitement
Carrières/Poissy SIDRU Four à grille
catalytique des NOx
et dioxinres/furanes
10,1 75 000 1975 Humide, sans rejets
Thiverval SIDOMPE 10,1 75 000 1975 liqudes ; Four à grille
14,7 110 000 1994 électrofiltres ; filtres
4 30 000 1998 à manches s r fo r
Guerville CAMY 4 30 000 1998 Humide ; filtres à Four à grille
4 30 000 1998 manches
5,5 40 000 1986
Massy SIMACUR Humide Four à grille
5,5 40 000 1987
6 45 000 1972 Semi-humide ; filtre
SIIOM vallée de 8 60 000 1984 à manches ; charbon
Villejust Four à grille
Chevreuse actif ; électrofiltres
sur le four de 8 t/h
14 105 000 1998 Semi humide ;
14 105 000 1998 électrofiltre ; filtres à
Vt-le-Grand SIREDOM manche ; traitement Four à grille
pour captage
dioxines et furanes
19 140 000 1965
19 140 000 1965
Issy SYCTOM Humide Four à grille
19 140 000 1965
19 140 000 1965
28 210 000 1990
Humide ;
St-Ouen SYCTOM 28 210 000 1990 Four à grille
électrofiltre
28 210 000 1990
15 110 000 2000
Humide ;
Créteil SIDTUVM 15 110 000 2000 Four à grille
électrofiltre
(DAS) 2 15 000 2000
8,5 65 000 1984
Rungis SIEVD Sec Four à grille
8,5 65 000 1984
50 375 000 1969 Humide ;
Ivry SYCTOM 50 375000 1969 Four à grille
électrofiltre
7,5 55 000 1974
7,5 55 000 1974 Humide ; Four à grille
Argenteuil AZUR
électrofiltre
9 65 000 1997
10 75 000 1978
Sarcelles SIGIDURS 10 75 000 1978 Humide Four à grille
Saint Ouen 10,5 80 000 1995 Humide ; filtres à
SAN de Cergy Four à grille
l’Aumône 10,5 80 000 1995 manche
Semi-humide ; filtres
SMITOM ouest
Vaux le Pénil 16 120 000 2003 à manche ; injection Four à grille
Seine et Marne
de charbon actif
562,1 4 185 000

229
230
Annexe 2

Les Valeurs toxicologiques de référence (VTR)

Principes

Dans le processus d’évaluation des risques, il est déterminé la relation dose-effet qui indique la
gravité des effets liés aux produits toxiques incriminés.
Il existe deux catégories bien distinctes de relation dose-effet selon que l’effet est
« déterministe », comportant un seuil ou de type « probabiliste », sans effet de seuil. Dans ce
cas, en effet, il existe une probabilité minime mais non nulle, qu’un effet se produise si une
seule molécule pénètre dans le corps humain.
Dans le cas des effets déterministes, il s’agit d’effets aigus ou chroniques, non cancérigènes,
non génotoxiques, non mutagènes, qui vont apparaître lorsqu’une certaine dose de contaminant
est atteinte. Afin de déterminer le seuil en deçà duquel il n’y a pas d’effets nocifs chez l’homme,
on utilise des données expérimentales obtenues chez l’animal. Ces expérimentations permettent
de déterminer une dose sans effet nocif observé, la DSENO25. Elle représente le plus fort niveau
d’exposition n’ayant pas entraîné d’effets pathogènes observables.
Par précaution, la valeur de la DSENO est pondérée par un coefficient de sécurité
(habituellement égal à cent) afin de prendre en compte les facteurs d’incertitudes induits par
l’extrapolation de l’animal à l’homme, les différences de susceptibilités au sein de l’espèce
humaine, l’inadéquation de la durée de l’étude et de la voie d’exposition.
Le calcul effectué permet de déterminer des valeurs toxicologiques de références (VTR) établies
par des instances qui peuvent être internationales ou nationales. Les principales sont, par
exemple, pour l’Europe : l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Institut national de
Santé publique et d’Environnement des Pays Bas (RIVM) ; pour l’Amérique du Nord, l’US
EPA (Agence américaine pour la protection de l’Environnement), l’Agency for Toxic
Substances and Disease Registry (ATSDR), ou encore Health Canada. A ces instances sont
associées des agences spécialisées telles que le Centre International de Recherche sur les
Cancers (CIRC) et l’International Programme on Chemical Safety (IPCS).

En France, comme en Europe en général, lorsque l’exposition est par voie orale (exposition par
ingestion), la valeur toxicologique de référence est dénommée « dose journalière admissible »

25
Traduction de NOAEL (Non Observed Adverse Effect Level)

231
Incinération et santé

ou DJA (en Anglais : Acceptable daily intake ou ADI) ou « dose journalière tolérable » (DJT).
En Amérique du Nord, on parlera de « Reference dose » (RfD) et de « Minimal Risk Level »
(MRL).
Les valeurs toxicologiques de référence (VTR) sont exprimées en masse de substance par
kilogramme et de poids corporel. Elles représentent l’estimation de la quantité de substance
qu’un individu peut ingérer sans effet néfaste.
Lorsque l’exposition est par voie respiratoire (par inhalation), l’OMS parle de « Concentration
admissible dans l’air » ou CMA. L’US EPA établit des « Reference Concentrations » ou RFC et
l’Agence for Toxic Substances and Diseases Registry des MRL.
L’ATSDR propose des VTR pour des durées d’exposition différentes : aiguë (1 à 14 jours),
subchronique (15 à 364 jours) et chronique (365 jours et plus).

Dénomination des valeurs toxicologiques de référence


Instance ingestion Inhalation
France et Europe. DJA ou DJT CMA
US EPA RfD RfC
ATSDR MRL MRL

Pour les substances sans effet de seuil (substances cancérigènes par exemple), on détermine un
excès de risque unitaire (ERU). Il peut être pour la voie orale (ERUO), cutanée (ERUc)ou par
inhalation (ERUi). Il correspond à l’excès de décès par cancer attendu dans une population
donnée à la suite d’une exposition d’une unité de d’agent toxique pendant une vie entière
(estimée à 70 ans). Pour une exposition orale ou cutanée, l’ERU s’exprime en mg/kg/j, c’est à
dire la probabilité pour un individu de contracter un cancer s’il est exposé chaque jour, pendant
70 ans, à 1mg/kg de poids corporel de produit toxique. Pour une exposition respiratoire, l’ERU
s’exprime pour une concentration de 1 µg d’agent toxique dans 1 m3 d’air respiré. Par exemple,
un ERU de 2x10-6 / (µg/m3) signifie qu’une exposition d’un million de personnes pendant 70
ans à une concentration de 1µg/m3 d’un polluant x est susceptible d’entraîner deux cas de décès
par cancer pendant cette période.
Les excès de risque unitaire sont calculés à partir d’études expérimentales sur animaux exposés
à des doses élevées d’agents toxiques. Différents modèles sont utilisés pour extrapoler les
résultats obtenus à fortes, faibles ou très faibles doses. Les modèles sont choisis pour intégrer un
facteur de sécurité maximale pour la santé humaine.

232
Annexe 2

Les agents toxiques reconnus comme cancérigène devraient être, en toute logique, bannis, ce qui
paraît impossible. Le risque nul n’existant pas, les calculs vont déterminer un risque acceptable
correspondant à une valeur limite de l’agent toxique dans l’environnement.

233
Substances Teneurs maximales VTR pour des effets avec seuil VTR pour des effets sans seuil Classification risque
autorisées dans les aliments cancérigène
et l’eau (Union européenne) Ingestion Inhalation Ingestion Inhalation
• •
-3 -1
Arsenic Eau potable : 50 µg/l MRL aiguë = 5.10 - ERUo = 1,5 (mg/kg/j) ERUi = 4,3.10-3(µg/m3)-1 Classe A (EPA, 1998)
inorganique mg/kg/j (ATSDR, 2000) (US EPA, 1998) (US EPA, 1998) Groupe 1 (CIRC, 1987)
• MRL = 3.10-4 mg/kg/j • ERUi = 1,5.10-3(µg/m3)-1
(ATSDR, 2000) (OMS, 1999)
• RfD = 3.10-4 mg/kg/j
(US EPA, 1993)
• DHTP = 15µg/kg
(OMS, 1994)

Cadmium Eau potable : 5 µg/l • MRL = 2.10-4 mg/kg/j - - ERUi = 1,8.10-3(µg/m3)-1 Classe B1 (EPA, 1992)
• Chair de poisson : entre (ATSDR, 1999) (EPA, 1999) Groupe 1 (CIRC, 1993)
0,05 et 0,1 mg/kg de poids à • RfD (eau) = 5.10-4
l’état frais, selon l’espèce * mg/kg/j (EPA, 1994)
• Crustacés : 0,5 mg/kg de • RfD
poids à l’état frais * (alimentation) = 1.10-3
mg/kg/j (EPA, 1994)
• DHTP = 7.10-3 mg/kg
(OMS, 1996)

Chrome Eau potable : 50 µg/l • RfD = 3.10-3 mg/kg/j • MRL = 1.10-3 mg/m3 Cr VI : ERUi = 1,2.10- Composés du chrome VI :
2
pour le chrome VI (EPA, pour le Cr VI en aérosol (µg/m3)-1 (EPA, 1998) groupe 1 (CIRC, 1990).
1998) (ATSDR, 2000) Cr VI : ERUi = 4.10-2(µg/m3)-1 Composés du chrome III :
• RfD = 1,5 mg/kg/j pour • MRL = 5.10-6 mg/m3 (OMS, 2000)) groupe 3 (CIRC, 1990).
le chrome III (EPA, 1998) pour le Cr VI particulaire Composés du chrome VI
(ATSDR, 2000) (inhalation) : groupe A (EPA,
• RfC = 8.10-6 mg/m3 1998)
pour le Cr VI en aérosol Composés du chrome VI
(EPA, 1998) (orale) : groupe D (EPA,
• RfC = 1.10-4 mg/m3 1998)
pour le Cr VI particulaire Composés du chrome III :
(EPA, 1998) groupe D (EPA, 1998)

234
Substances Teneurs maximales VTR pour des effets avec seuil VTR pour des effets sans seuil Classification risque
autorisées dans les aliments cancérigène
et l’eau de boisson (Union Ingestion Inhalation Ingestion Inhalation
européenne)
Dioxine • Lait de vache et produits • DJT = 1 à 4 pg TEQ/kg/j - 2,3,7,8-TCDD - 2,3,7,8-TCDD :
laitiers : 3 pg PCDD/F-TEQ/g de (OMS) RUo = 5.10-3 (pg Classe B2 (EPA)
graisse • MRL aiguë = 200 pg TEQ/kg/j)-1 (EPA, 2000) Classe 1 (CIRC)
• Viandes et produits à base TEQ/kg/j (ATSDR, 1999)
de viandes, huiles et graisses de • MRL subchronique = 20
ruminants (bovins et ovins) : 3 pg TEQ/kg/j (ATSDR, 1999)
pg PCDD/F-TEQ/g de graisse
• MRL chronique = 1 pg
• Viandes et produits à base TEQ/kg/j (ATSDR, 1999)
de viandes, huiles et graisses de
volailles et de gibier d’élevage : • Absorption quotidienne
2 pg PCDD/F-TEQ/g de graisse admissible = 0,006 pg/kg/j
• Viandes et produits à base
de viandes, huiles et graisses de
porcs : 1 pg PCDD/F-TEQ/g de
graisse
• Foie et produits dérivés : 6
pg PCDD/F-TEQ/g de graisse
• Chair de poisson et produits
de la pêche et produits dérivés :
4 pg PCDD/F-TEQ/g de graisse
• Œufs de poules et
ovoproduits : 3 pg PCDD/F-
TEQ/g de graisse
• Huile végétale : 0,75 pg
PCDD/F-TEQ/g de graisse
• Huile de poisson destinée à
l’alimentation humaine : 2pg
PCDD/F-TEQ/g de graisse **
Acide - RfC = 2.10-2 mg/m3 (EPA, - - -
chlorhydrique 1995)

235
Substances Teneurs maximales VTR pour des effets avec seuil VTR pour des effets sans seuil Classification risque
autorisées dans les cancérigène
aliments et l’eau (Union Ingestion Inhalation Ingestion Inhalation
européenne)
Manganèse Eau potable : 50 µg/l RfD = 1,4.10-1 mg/kg/j • MRL = 4.10-5 mg/m3 - - Classe D (EPA)
(EPA, 1996) (ATSDR, 1997)
• RfC = 5.10-5 mg/m3 (EPA,
1993)
• VG: 0,15 µg/m3 (OMS,
1999)
Mercure • Eau potable : 1 µg/l Hg et composés Hg et composés inorganiques - - • Mercure et composés
inorganiques : • VG = 1 µg/m3 (OMS, 1999) inorganiques : groupe 3
• Poisson* : 0,1 mg/kg de DJT = 6.10-4 mg/kg.j (OMS,
poids à l’état frais * 1989) • MRL = 0,2 µg/m3 (ATSDR, • Méthylmercure :
1999) groupe 2B (IARC, 1993)
Chlorure mercurique :
• RfC = 3.10-4 mg/m3 (EPA, • Méthylmercure :
• MRL = 2.10-3 mg/kg.j 1995) classe C (US EPA 1995).
(ATSDR, 1999)
• RfD = 3.10-4 mg/kg.j
(EPA, 1995)
Méthylmercure :
• RfD = 10-4 mg/kg.j
(EPA, 1995)
• MRL = 3.10-4 mg/kg.j
ATSDR, 1999)
• DJT = 4.10-4 mg/kg.j
(OMS, 1989)
Acétate de phénylmercure :
• RfD = 8.10-5 mg/kg.j
(EPA, 1996)

Nickel Eau potable : 50 µg/l • RfD = 2.10-2 mg/kg.j • MRL = 2.10-4 mg/m3 • Métal (OMS, 1999) : • Sulfure de Ni :
Composés solubles (EPA, (ATSDR, 1997) RUi = 3,8.10-4 (µg/m3)-1 Classe A (EPA)
1991) • Sulfure de Ni (EPA, 1991) : • Poussière de
raffinerie Classe A
RUi = 4,8.10-1 (mg/m3)-1 (EPA)
• Poussière de raffinerie • Ni carbonyl : Classe
(EPA, 1991) : B2 (EPA)
236 RUi = 2,4.10-1 (mg/m3)-1
Substances Teneurs maximales VTR pour des effets avec seuil VTR pour des effets sans seuil Classification risque
autorisées dans les cancérigène
aliments et l’eau (Union Ingestion Inhalation Ingestion Inhalation
européenne)
Plomb • Eau potable : 25 µg/l (10 • DHT = 25 µg/kg par • VG = 0,5 µg/m3 (OMS, - - • plomb et ses dérivés
µg/l à partir du 25 décembre semaine (OMS, 1993) 1999) inorganiques Groupe 2B
2013) (EPA)
• RfD : 10-7 mg/kg/j
• Chair de poisson : entre (EPA, 1991) • Groupe B2 (OMS)
0,2 et 0,4 mg/kg de poids à
l’état frais, selon l’espèce *
• Mollusques bivalves : 1,5
mg/kg
Dioxyde de • VG = 50 µg/m3 (OMS,
1999)
soufre

Particules • VL : 40 µg/m3 PM10

* Règlement CE N° 221/2002 de la Commission du 6 février 2002 modifiant le règlement CE n°466/2001 portant fixation des teneurs maximales pour certains contaminants
dans les denrées alimentaires.
** Règlement CE N° 2375/2001 de la Commission du 29 novembre 2001 modifiant le règlement CE n°466/2001 portant fixation des teneurs maximales pour certains
contaminants dans les denrées alimentaires.

237
238
Annexe 3

Classifications internationales des substances vis à vis du


risque cancérigène

Classification de l’Union Européenne :

Première catégorie : substances que l’on sait être cancérogènes pour l’homme. On dispose de
suffisamment d’éléments pour établir l’existence d’une relation de cause à effet entre
l’exposition de l’homme à de telles substances et l’apparition d’un cancer.
Deuxième catégorie : substances devant être assimilées à des substances cancérogènes pour
l’homme. On dispose de suffisamment d’éléments pour justifier une forte présomption que
l’exposition de l’homme à de telles substances peut provoquer un cancer. Cette présomption est
généralement fondée, 1) sur des études appropriées à long terme sur l’animal, 2) sur d’autres
informations appropriées.
Troisième catégorie : substances préoccupantes pour l’homme en raison d’effets cancérogènes
possibles mais pour lesquelles les informations disponibles ne permettent pas une évaluation
satisfaisante. Il existe des informations issues d’études adéquates sur les animaux, mais elles
sont insuffisantes pour classer la substance dans la deuxième catégorie.

Classification du Centre International de Recherche sur le Cancer

Groupe 1 : l’agent (ou le mélange) est cancérigène pour l’homme.


Groupe 2A : l’agent (ou le mélange) est probablement cancérigène pour l’homme. Il existe des
indices limités de cancérogénicité chez l’homme et des indices suffisants de cancérogénicité
pour l’animal de laboratoire.
Groupe 2B : l’agent (ou le mélange) pourrait être cancérigène pour l’homme.
Groupe 3 : l’agent (ou le mélange) ne peut être classé pour sa cancérogénicité pour l’homme.
Groupe 4 : l’agent (ou le mélange) n’est probablement pas cancérigène pour l’homme.

239
Incinération et santé

Classification de l’Agence américaine de Protection de l’Environnement


(US-EPA) :

Classe A : substance cancérigène pour l'homme.


Classe B1 : substance probablement cancérigène pour l'homme. Des données limitées chez
l'homme sont disponibles.
Classe B2 : substance probablement cancérigène pour l'homme. Il existe des preuves suffisantes
chez l'animal et des preuves non adéquates ou pas de preuve chez l'homme.
Classe C : cancérigène possible pour l'homme.
Classe D : substance non classifiable quant à sa cancérogénicité pour l'homme.
Classe E : substance pour laquelle il existe des preuves de non cancérogénicité pour l'homme.

240
Annexe 4

Dangers associés aux principaux polluants émis par


l’incinération

Les particules

Les particules en suspension constituent un ensemble très hétérogène dont la qualité –


composition chimique et granulométrique – est très variable d’une source à l’autre. Les
méthodes employées pour caractériser la composante particulaire de l’atmosphère est différente
d’un pays à l’autre (indice de fumée noire, sulfates particulaires, méthodes gravimétriques ou
radiométriques). Les prélèvements effectués pour la caractérisation des particules peuvent aussi
être divers. Ils peuvent concerner les particules totales (TSP) ou des fractions granulométriques
plus fines telles que les particules dont le diamètre médian est inférieur à 13µm (PM13)
mesurées en Île-de-France durant dix ans (1987-1997), à 10 µm (PM10) mesurées en Île-de-
France depuis 1997 ou à 2,5 µm (PM2,5) mesurées en Île-de-France depuis 1999. Au niveau
international, un consensus s’établit pour proposer une coupure à la fraction « thoracique » des
particules inhalables. Ce choix se justifie du fait que la nocivité des particules dépend de leur
granulométrie puisque les plus fines sont capables d’atteindre les voies respiratoires les plus
profondes et même d’entrer dans la circulation sanguine. Or, les systèmes de dépoussiérage
performants qui équipent les usines d’incinération ne laissent passer que les poussières très fines
(< à 10µm) [SFSP, 1999].

Impact sanitaire des particules

D’un point de vue biologique et sanitaire, les particules ultra-fines sont sans doute les plus
préoccupantes du fait que leur petite taille leur confère une aptitude particulière à pénétrer
profondément dans l’arbre respiratoire (figure…). Des effets à court terme sur les appareils
respiratoire et circulatoire ont été mis en évidence lors d’études expérimentales récentes :
modifications du rythme cardiaque (exposition contrôlée de chiens, Godleski et al. 2000), de la

241
Incinération et santé

Appareil respiratoire et pénétration des particules

Source : La pollution de l’air, APPA, 1998

242
Annexe 4

thrombose (exposition contrôlée de hamsters, Nemmar et al. 2002), vasoconstriction (exposition


humaine contrôlée aux particules associées à l’ozone , Brook et al. 2002), inflammation de
l’appareil respiratoire (exposition contrôlée de rats aux particules associées à l’ozone, Cassee et
al. 2002).

De nombreuses études épidémiologiques révèlent une relation entre l’exposition aux particules
et la morbidité respiratoire mais aussi avec la mortalité quotidienne totale, pour cause
respiratoire et cardiovasculaire (Dockery 2001). De tels liens sont par exemple retrouvés dans
des études menées en Europe (Katsouyanni et al. 2001, Atkinson et al. 2001, Le Tertre et al.
2002), en Nouvelle-Zélande (McGowan et al. 2002) et en Amérique du Nord (Daniels et al.
2000).
A plus long terme (plusieurs années d’exposition) les études sont plus rares. Certaines suggèrent
cependant une association entre une exposition à des teneurs relativement modérées de
particules et une augmentation de la morbidité cardiorespiratoire et par cancer du poumon.
(Dockery, 1993 et Pope 1995).

les dérivés halogénés polycycliques (dioxines furannes et PCB)

On regroupe sous cette appellation, des milliers de composés organiques dont la structure est
voisine. Les principales sont donc les polychlorodibenzo-p-dioxines (PCDD), les
polychlorodibenzofuranes (PCDF) et les PCB. Il existe 75 PCDD et 135 PCDF. Sur ces 210
molécules, 17 présentent une toxicité avérée (7 PCDD et 10 PCDF) et sur ces 17, la plus toxique
est la Tétrachloro-2,3,7,8 dibenzo-para-dioxine.
Dans les milieux, les différentes molécules toxiques sont en mélange et chacune d’entre elles ne
représente pas la même toxicité. Afin de déterminer la charge toxique d’un mélange, un
indicateur a été développé au niveau international, c’est « l’équivalent toxique » ou TEQ. Sa
construction est la suivante. En premier lieu, il est estimé pour chacun des congénères un
coefficient de toxicité, le TEF (Toxicity Equivalence Factor). Celui-ci a été développé à partir
de 1977 et représente une fraction de la toxicité de la molécule de référence, la Tétrachloro-
2,3,7,8 dibenzo-para-dioxine, appelée également dioxine de SEVESO à laquelle est attribuée la
valeur 1.

243
TEF (Toxicity Equivalence Factor) définis par l’OMS pour les Hommes et les
mammifères
Congénère TEF
Dioxines
2,3,7,8-TCDD (Seveso) 1
1,2,3,7,8-PentaCDD 1
1,2,3,4,7,8-HexaCDD 0,1
1,2,3,6,7,8- HexaCDD 0,1
1,2,3,7,8,9- HexaCDD 0,1
1,2,3,4,6,7,8-HeptaCDD 0,01
OctoCDD 0,0001

Furannes
2,3,7,8-TetraCDF 0,1
1,2,3,7,8-PentaCDF 0,05
2,3,4,7,8-PentaCDF 0,5
1,2,3,4,7,8-HexaCDF 0,1
1,2,3,6,7,8-HexaCDF 0,1
1,2,3,7,8,9-HexaCDF 0,1
2,3,4,6,7,8-HexaCDF 0,1
1,2,3,4,6,7,8-HeptaCDF 0,01
111,2,3,4,7,8,9-HeptaCDF 0,01
OctaCDF 0,0001

PCB
3,4,4’,5-TetraCB (81) 0,0001
3,3’,4,4’-TetraCB (77) 0,0001
3,3’,4,4’,5-PentaCB (126) 0,1
3,3’,4,4’,5,5’-HexaCB (169) 0,01
2,3,3’,4,4’-PentaCB (105) 0,0001
2,3,4,4’,5-PentaCB (114) 0,0005
2,3’,4,4’,5-PentaCB (118) 0,0001
2,3,4,4’,5-PentaCB (123) 0,0001
2,3,3’,4,4’,5-HexaCB (156) 0,0005
2,3,3’,4,4’,5-HexaCB (157) 0,0005
2,3’,4,4’,5,5’-HexaCB (167) 0,00001
2,3,3’,4,4’,5,5’-HeptaCB 0,0001
(189)
Source: Martin Van den Berg, 1998

244
Annexe 4

Ainsi, le TEF se définit de la façon suivante [INSERM, 2000] :


potentialité toxique d’un composé individuel
TEF =
Potentialité toxique de la 2,3,7,8 PCDD

Les TEF varient de 0,001 à 1. Le coefficient 1 correspond à la plus forte toxicité (dioxine de
Seveso).
En 1978, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a réévalué les TEF en ajoutant 12 PCB
nommés PCB « dioxin-like ».

En second lieu, on définit, grâce aux coefficients, des quantités d’équivalent toxiques (TEQ :
Toxic Equivalent Quantity). Elles sont calculées en faisant la somme des quantités des 17
composés contenus dans le mélange multipliées par leurs coefficients de toxicité respectifs.

Impact sanitaire
Les dioxines et les furannes sont solubles dans les matières grasses. Ils peuvent donc
s’accumuler dans les tissus des organismes vivants, y compris les humains (notamment dans les
graisses et le lait).
La chloracné ou acné chlorique qui est une affection dermatologique est l’effet le plus souvent
observé en milieu professionnel mais aussi à Seveso chez les personnes situées dans la zone la
plus fortement atteinte. Les autres effets comprennent des modifications sensorielles, des
nausées, des céphalées, une perte de l’ouïe, des troubles du sommeil, une fatigue…

Effet cancérigène
Les nombreuses études épidémiologiques menées dans ce domaine ont essentiellement concerné
des populations exposées à des niveaux de dioxines très élevés que ce soit accidentellement
(Bernard, 2002 ; Bertazzi, 2001) ou professionnellement (fabrication de pesticides) (Becher,
1998 ; Steenland, 2001 ; Lynge, 1998).
Les vétérans de la guerre du Viêtnam ayant été exposé à « l’agent orange », un mélange utilisé
comme défoliant et contaminé par les dioxines ont également fait l’objet de nombreuses études
(Akhtar, 2004 ; Kramárová, 1998).
Enfin des études épidémiologiques ont aussi porté sur les population vivant à proximité
d’incinérateurs de déchets ménagers (Menese, 2004 ; Ma, 2002 ; Domingo, 2002 ; Viel, 2000 ;
Zmirou, 1984).

245
Incinération et santé

Dans la majorité des études, des excès de risque sont observés pour tous cancers confondus
(INSERM, 2000). Un accroissement de certains type de cancers (foie, brocho-pulmonaire, le
sarcome des tissus mous et les lymphomes non hodgkinien) est cependant plus souvent
retrouvé.
La Tétrachloro-2,3,7,8 dibenzo-para-dioxine est classée "cancérogène certain" par le Centre
International de Recherche sur le Cancer (CIRC) depuis 1997 (voir annexe 1).
Cependant, il convient de préciser que les résultats des études ne sont pas tous concordants et
que leur interprétation est rendue difficiles par l’intervention de nombreux autres facteurs. Par
exemple, pour les professionnels, ces derniers ne sont pas exposés uniquement aux dioxines
mais à d’autres produits chimiques pouvant être également responsables de la survenue de
cancer. De plus les augmentations de risque trouvées sont en général faibles, de l’ordre de 1,4,
c’est-à-dire qu’une personne subissant une forte exposition (dans ces études, les niveaux
d’exposition sont de 100 à 1 000 fois plus élevés que pour la population générale) voit sa
probabilité d’avoir un cancer augmentée de 40%.

Concernant les autres formes de dioxines, elles sont toutes classées dans le groupe 3 du CIRC
(substances inclassables pour ce qui concerne leur cancérogénicité).

Au niveau international, deux approches existent pour estimer le risque des dioxines en fonction
de leur dose.
Pour l’OMS, les substances ne sont pas des cancérogènes complets c’est-à-dire génotoxiques
mais des promoteurs. Cela signifie qu’elles favorisent le développement de cancers. Les
dioxines et furannes n’ont donc pas une action directe mais, en favorisant la multiplication
cellulaire, elles contribuent à accélérer l’action d’autres substances cancérigènes.
Partant de ce principe, l’OMS considère donc qu’il existe un seuil en dessous duquel la
population générale et notamment les individus sensibles sont protégés. Ce seuil est déterminé à
partir de résultats obtenus lors d’études expérimentales auxquels sont appliqués des facteurs de
sécurité pour être appliquée à l’Homme. Ces facteurs de sécurité entraînent en générale la
division par 1 000 de la dose obtenue en expérimentation animale.

L’Agence américaine de protection de l’Environnement (EPA) adopte une démarche contraire


qui a des conséquences non négligeables en terme d’estimation du risque puisqu’elle considère
que les Hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés (HAPC) sont des cancérogènes

246
Annexe 4

complets c’est-à-dire qu’ils agissent en tant qu’initiateur et donc provoque l’apparition de


cancers. Par conséquent l’action des substances est sans seuil. L’EPA détermine donc un excès
de risque unitaire (ERU) pour les dioxines.

Effets sur la reproduction et le développement


Expérimentalement, les HAPC ont un effet important sur le cycle de reproduction des animaux
et le développement (Hamm, 2003 ; INSERM, 2000 ; Yoon, 2000). Cela se manifeste par
exemple par des malformations telles que des fentes palatines. Elles sont aussi foetotoxiques et
entraînent des fausses couches plus nombreuses.
Cette exposition entraîne aussi une modification de la proportion entre fille et garçon à la
naissance (davantage de naissance de filles).

Les études épidémiologiques montrent des résultats parfois non concordants et sont donc sujets
à discussion. Comme dans le cas des cancers, de nombreux problèmes d’ordre méthodologique
apparaissent (expositions de la population à des polluants multiples, doses d’exposition faible,
manifestations pathologiques non spécifiques aux dioxines et donc causalité difficile à
démontrer).
Les résultats indiquent des relations positives pour des populations exposées à des niveaux de
HAPC élevés liés à l’activité professionnelle (Dimich-Ward, 1996) ou à une contamination
importante de l’environnement et de la chaîne alimentaire suite à une activité industrielle
(Revich, 2001 ; Rylander, 2000). Dans ces études, les auteurs observent des taux plus élevés
d’avortements spontanés et d’accouchements prématurés pour les populations fortement
exposées (Revich, 2001). Une association avec un poids à la naissance plus faible est rarement
retrouvée (Revich, 2001 ; Dimich-Ward, 1996) au contraire de Rylander (2000) qui montre dans
une étude suédoise ce type d’effet même si c’est l’exposition aux POPs en général qui était
considérée.
L’étude de Dimich-Ward (1996) montre des risques plus élevés de développer des anomalies
congénitales pour les descendants des travailleurs d’une scierie où le bois était traité au
chlorophényl. Cordier et al. (2004) ne mettent pas en évidence d’effets sur les anomalies
congénitales « en général » chez des populations vivant alentours de centres d’incinération
d’ordures ménagères. En revanche, une relation significative est retrouvée pour les becs de
lièvre et les dysplasies rénales.

247
Incinération et santé

Concernant la diminution de la fertilité, les risques mis en évidence sont très faibles et d’autres
facteurs non pris en compte pourraient intervenir dans la relation (Heacock, 1998).
Enfin, concernant les effets sur le développement, plusieurs études ont été menées chez des
nourrissons et en milieu scolaire (Vreugdenhil, 2004 et 2003 ; Koopman-Esseboom, 1996). Les
résultats indiquent un effet des PCB et dioxines sur le développement des nourrissons. Mais
l’âge joue un rôle important et, à partir de 18 mois, il semble que les PCB et les dioxines n’aient
aucune influence. L’allaitement, et donc la possibilité du transfert de dioxines vers le
nourrisson, est aussi un facteur associé à un moindre développement intellectuel.

Plomb, mercure et cadmium

Le plomb, le cadmium et le mercure ont une toxicité pour l’homme reconnue. Ils sont mal
éliminés par notre organisme et ont un effet cumulatif. Des effets nocifs sur la santé peuvent
donc survenir plusieurs années après le début de l’exposition.
Après avoir été absorbés, ils sont distribués dans le corps par la voie sanguine. Certains organes
comme le foie et le rein sont, de par leur forte irrigation sanguine et leur bonne perméabilité, des
sites d’accumulation et de concentration. Les os et les dents sont également des sites de
stockage. Certains composés métalliques comme le methylmercure ont la capacité de traverser
la barrière hémato-encéphalique, filtre chargé de protéger le cerveau des toxines que transporte
le sang. Le système nerveux devient alors un organe cible de concentration de ces composés
toxiques. Cette barrière hémato-encéphalique n’est pas complètement développée à la naissance.
C’est pourquoi les nouveau-nés et les enfants sont des populations plus à risque.

Le plomb
Les sources d’exposition au plomb sont multiples : air, eau, sol et alimentation. Pour les adultes,
l’eau et les aliments fournissent l’essentiel des apports alors que pour les enfants, l’ingestion de
poussières et sols contenant du plomb sont aussi une source importante. Le plomb ingéré est
transporté dans l’organisme par le sang. Il se diffuse alors dans de nombreux organes : cerveau,
foie, poumon, rate, reins et moelle osseuse et dans les os.

248
Annexe 4

Les cancers
La dangerosité du plomb vis-à-vis des cancers n’est pas clairement démontrée. Le CIRC le
classe dans le groupe 2B c’est-à-dire « potentiellement cancérogène pour l’homme ».

Impact sur le système nerveux central


L’effet du plomb (pour des plombémies supérieures à 300µg/l) sur le système nerveux central
est largement documenté. Les enfants sont particulièrement sensibles et on observe chez eux un
effet du plomb sur le développement cérébral et les fonction cognitives (INSERM,1999). Cela
ce traduit notamment par une moindre dextérité motrice, une diminution des performances
intellectuelles et une difficulté accrue pour l’apprentissage.

Effets sur la reproduction et le développement


Une analyse de la littérature réalisée par l’ATSDR indique une relation entre une exposition à
des niveaux élevés de plomb et des effets néfastes sur les fonctions reproductives de l’homme et
de la femme. Pour l’homme, l’exposition prolongée à des concentrations élevées de plomb
(400µg/l et plus) entraîne une réduction de la production de spermatozoïdes (ATSDR, 2000 ;
Apostoli, 2000). De tels effets ont surtout été étudiés soit en milieu professionnel (Bonde, 200 ;
Apostoli, 2000), soit chez des personnes vivant dans des zones fortement polluées. La baisse de
fertilité des hommes est aussi évaluée par le temps nécessaire à une femme pour être enceinte.
Les résultats de ces études ne plaident pas en faveur du rôle du plomb dans la réduction de la
fertilité masculine (Sallmen, 1995 et 2000 ; Joffe, 2003)
Concernant la population générale exposée à des niveaux faibles de plomb, les connaissances
sont peu nombreuses.
L’exposition au plomb est également associée, dans certaines études, à une augmentation des
naissances prématurées, à une altération du poids à la naissance et de la croissance des nouveau-
nés (Sanin, 2001) Ces associations sont observées pour des expositions importantes et pendant
plusieurs années (supérieures à 5 ans) (Shao Lin, 1998 ; Min, 1996).

Saturnisme
La quantité de plomb non éliminée par l’organisme peut provoquer une intoxication (aiguë ou
chronique) appelée saturnisme. Le saturnisme aigu est rare mais peut se produire dans le cas
d’une intoxication accidentelle. Les symptômes sont une violente douleur intestinale avec
constipation et des troubles neuropsychiques. Les symptômes liés au saturnisme chronique sont

249
Incinération et santé

nombreux et il n’existe pas réellement de signes spécifiques. Pour évaluer le degré


d’intoxication, il faut donc recourir à des marqueurs biologiques : la plombémie, indice de la
quantité de plomb dans le sang et la plomburie, indice de la quantité de plomb rejetée dans les
urines.
Dans la population française, le taux moyen de plomb dans le sang est d’environ 65 µg/l.
En Île-de-France, en 1997, la plombémie moyenne de la population était de 46 µg/l et de 40
µg/l. pour les enfants [SENAT].
Les premiers effets du plomb apparaissent à partir d’une plombémie de 100 µg/l chez l’enfant et
150 µg/l chez l’adulte.
A partir de 100 µg de plomb par litre de sang, on observe chez les enfants, jusqu’à un âge
scolaire, des troubles du développement psychomoteur ou intellectuel et du comportement
(hyperactivité, inattention, impulsivité). Pour des plombémies supérieures à 200 µg/l, des effets
cardio-vasculaires (augmentation de la tension artérielle) apparaissent. Au-delà de 300 µg/l il
s’agit d’atteintes du système nerveux central et d’une diminution de la vitesse de conduction
nerveuse. Des effets hématologiques caractérisés par une anémie surviennent à partir d’une
plombémie supérieure à 400 µg/l. A partir de 500 µg/L l’appareil digestif subi des atteintes avec
des douleurs abdominales, constipation, anorexies et parfois des vomissements. Pour des
plombémies supérieures à 700 µg/l (et jamais en dessous), on peut observer chez l’enfant une
encéphalopathie convulsivante pouvant aller jusqu’au coma et au décès. Enfin pour des niveaux
très important, supérieurs à 1200 µg/l, des effets sur le système nerveux périphérique avec
paralysies (très rares) peuvent apparaître.

En France, le dépistage du saturnisme infantile est recommandé chez les enfants entre 6 mois et
6 ans vivant dans des habitats anciens, ayant des proches exposés professionnellement ou pour
leurs loisirs, vivant à proximité d’entreprises sources ou vivant dans des zones alimentées par
des eaux acides.
Au-delà de 0,1 mg/l et selon la valeur de la plombémie, des procédures d’enquête
environnementale, de diagnostic et de traitement sont recommandés.

250
Annexe 4

Le mercure

Impact sanitaire
Le mercure est un élément dont la toxicité est variable suivant sa forme chimique :
• mercure élémentaire Hg0,
• mercure minéral ou inorganique
• mercure organique dont le méthylmercure

Le méthylmercure est très toxique et agit essentiellement sur le système nerveux (troubles
sensoriels, troubles nerveux). Chez la femme enceinte, il passe la barrière placentaire et entre
dans le système circulatoire du fœtus. Pour la population générale, la concentration moyenne de
mercure dans le sang est de 3 µg/l (Miquel). Les risques commenceraient à partir de 10 ou 20
µg/L. L’exposition au mercure repose en grande partie sur l’alimentation et sur les produits de
la mer en particulier (Jarup, 2003). Des accidents se sont produits dans différents pays : au
Japon où 20 000 personnes vivant autour de la baie de Minamata ont été contaminées entre
1956 et 1967 par du mercure organique concentré dans les poissons et coquillages péchés sur
place, en Iraq (1971-1972) par la consommation de semences contaminées sous forme de pain,
au Ghana, dans les îles Seychelles (Myers, 1997) et dans les îles Faroe (Rice, 2000)
(Tchounwou, 2003).

Les cancers
Le méthylmercure est classé dans le groupe 2B (cancérogène possible pour l’homme) par le
CIRC.
Le mercure métallique et les composés inorganiques ont été classés dans le groupe 3 (non
classable quant à sa cancérogénicité pour l’homme).

Impact sur le système nerveux


Le système nerveux est très sensible aux formes de mercure métalliques et organiques
(méthylmercure). Les effets d’une inhalation chronique se manifestent par des tremblements de
la tête, une défaillance de la coordination musculaire, une irritabilité, des troubles du
comportement…

251
Incinération et santé

De tels effets ont été observés en milieu professionnel, suite notamment à l’inhalation de
mercure métallique (très volatil) et chez des populations exposées à des teneurs importantes de
mercure organique suite à la consommation d’aliments contaminés.
L’exposition prénatale (in utero) au méthylmercure a également des effets sur le développement
neuro-moteur de l’enfant, et entraîne un retard psychomoteur (Myers, 1997 et 2003).

Effets rénaux
Avec les troubles neurologiques, les troubles rénaux sont le principal effet d’une exposition au
mercure. Dans ce cas, c’est le mercure inorganique qui est en cause.
La plupart des données disponibles se rapportent à des études menées soit en milieu
professionnel, soit lors d’accidents soit sur des populations localisées en des lieux où la
contamination environnementale est importante ou qui ont des comportements (consommation
importante de poisson) les conduisant à une ingestion importante de mercure. Les données se
rapportant à une exposition de la population générale et à des doses faibles sont lacunaires.

Le cadmium

Impact sanitaire
L’absorption d’une faible quantité de cadmium est suivie de troubles gastro-intestinaux
(nausées, vomissements, diarrhées). Ces troubles peuvent, dans les cas sévères, se compliquer
d’une déshydratation grave. Le cadmium s’accumule principalement dans les reins. Il ne peut
pas franchir la barrière placentaire. Comme pour le mercure, c’est l’alimentation et surtout les
fruits de mer qui est la principale source de contamination.
Les reins sont l’organe cible du cadmium et les maladies rénales sont donc un des principaux
effets d’une exposition au cadmium. A long terme, elle entraîne l’apparition d’une néphropathie
irréversible pouvant évoluer vers une insuffisance rénale. Ces résultats sont observés en milieu
professionnel mais aussi pour des expositions environnementales pour des populations vivantes
à proximité de sites émetteurs telle que la fabrication de batterie (Hellstrom 2001 ; Jarup 2000).
Pour des niveaux d’exposition faibles, les effets rénaux semblent faibles et réversibles (Hotz
1999).
L’atteinte rénale causée par le cadmium permet (par des mécanismes non clairement identifiés)
une fuite de calcium et de phosphore par les urines. Les conséquences sont l’apparition

252
Annexe 4

d’atteintes osseuses (ostéoporose, ostéomalacie). Celles-ci furent observées pour la première


fois au Japon chez des individus ayant consommés du riz contaminé par le cadmium apporté par
des eaux d’irrigation polluées (rivière Jinzu). Les femmes enceintes, qui allaitent ou
ménopausées sont beaucoup plus sensibles à ce phénomène.

Les cancers
Le CIRC a classé en 1993 le cadmium comme cancérogène chez l’homme (groupe 1). Des
études épidémiologiques menées en milieu professionnel ont notamment montré une
augmentation des cancers pulmonaires en relation avec l’inhalation de cadmium (Sorahan,
1997). Une augmentation des cancers de la prostate a également été mise en évidence chez des
professionnels bien que pour ce type de cancer, les résultats semblent plus contradictoires
(Sorahan, 2004 ; Verougstraete, 2003).

Effets sur la reproduction


Les études épidémiologiques menées sur ce thème n’indiquent pas de relation avec une
exposition au cadmium.

Le nickel

Impact sanitaire
Le nickel peut provoquer par contact cutané une réaction allergique (eczéma). Celle-ci a été
constatée pour des contacts quotidiens d’objets usuels tels que des bijoux, pièces de monnaies et
ustensiles divers. Un contact au sel de nickel peut provoquer une dermite : la gale du nickel.
Lors de l’inhalation de fortes doses et sur de longues périodes, on observe des l’apparition de
pathologies respiratoires.

Les cancers
Un risque plus élevé de cancers respiratoires a été constaté chez des ouvriers travaillant dans des
usines de production de nickel. Il semble que seuls certains composés soient cancérigènes. Le
CIRC a d’ailleurs classé le nickel comme cancérigène possible (groupe 2B) sans pouvoir pour
autant dire quelle forme pose un risque. Dans une étude menée chez des ouvriers norvégiens,

253
Incinération et santé

quatre formes de nickel ont été étudiées. Les résultats indiquent une relation entre cancer et le
nickel sous sa forme hydrosoluble (Grimsrud 2002).
Le rôle causal du nickel dans la survenue de cancers est d’autant plus difficile a identifier que le
nickel n’est jamais pur et qu’il contient d’autres composés tels que l’arsenic qui est lui même
cancérigène.

L’arsenic

Impact sanitaire
L’organe cible de l’arsenic est la peau et les principaux effets observés sont une hyper-kératose
et hyper-pigmentation. Des atteintes cardiovasculaires ont également été observées
fréquemment en milieu professionnel et chez des populations ayant ingérées de l’arsenic présent
dans l’eau de boisson (Ng 2003 ; Yu 2002 ; Wu 1989).

cancers
Le rôle de l’arsenic inorganique dans la survenue des cancers pulmonaires et cutanés est bien
établi. Le CIRC le classe dans le groupe 1 (cancérigène pour l’homme).

Le chrome

Impact sanitaire
Il existe deux formes du chrome ; Le chrome trivalent et le chrome hexavalent ou chrome VI.
En milieu professionnel, on observe un impact d’une exposition aux dérivés de ces deux
éléments sur le tractus respiratoire se manifestant notamment par une irritation et des
démangeaisons nasales, une diminution de la fonction pulmonaire. Le chrome et ses dérivés
(surtout le chrome VI) peuvent avoir un effet sensibilisant et entraîner de l’asthme ou des
dermatites. Un contact cutané peut aussi impliquer de l’éczéma sur les points de contact (mains
et avant bras).
Le chrome, lorsqu’il est inhalé, entraîne des troubles gastro-intestinaux (crampes, ulcères,
gastrites…).

254
Annexe 4

cancers
L’inhalation de chrome est liée à un accroissement des cancers pulmonaires chez des ouvriers.
Dans ces études, même si le risque accru semble évident, le ou les composés en cause ne
peuvent être identifiés. En revanche, l’accroissement concernant davantage les ouvriers
occupant certaines tâches, il est fort probable que ce soit le chrome hexavalent qui soit en cause.
Ce dernier est classé comme cancérogène certain par le CIRC (groupe 1).

Manganèse

Généralités
Le manganèse est un élément essentiel à l’homme. Cependant, à des doses élevées, il induit des
effets toxiques.
En milieu professionnel, des troubles psychologiques et neurologiques ont été observés. Pour
des populations vivant à proximité d’usines émettrices ou consommant une eau fortement
contaminée, des relations entre la concentration de manganèse dans l’air et des troubles
respiratoires et neurologique ont été trouvées (Kondakis 1989). Pour des niveaux d’exposition
faibles mesurés en milieu professionnel et a fortiori pour la population générale, de tels effets,
notamment neurologiques, ne sont pas retrouvés (Myers 2003, Deschamps 2001 ; Vieregge
1995).

Acide chlorhydrique
L’acide chlorhydrique, pour des expositions chroniques, est responsable par inhalation de
l’irritation des voies respiratoires.

Le dioxyde de soufre
Le dioxyde de soufre est très soluble dans l’eau, ce qui limite sa pénétration dans les voies
respiratoires profondes. Il est en effet absorbé à 85-99% par les muqueuses du nez et du tractus
respiratoire supérieur. Une faible fraction peut néanmoins se fixer sur les particules et atteindre
les voies respiratoires inférieures.

255
Incinération et santé

Pour une exposition à des teneurs très élevées (de l’ordre du mg/m3), la réponse chez l’homme
se manifeste en quelques minutes par une diminution de la fonction respiratoire, un
accroissement de la résistance des voies aériennes et l’apparition de symptômes tels que la toux
et les sifflements.
Pour des niveaux de concentrations plus faibles (teneurs ambiantes), le SO2 est associé à une
augmentation de la morbidité et de la mortalité respiratoire et cardio-vasculaire.
Ces effets sont observés chez des personnes prédisposées telles que les asthmatiques ou
souffrant de maladies pulmonaires sous-jacentes.

256
Annexe 5

La modélisation

Il existe de nombreux modèles de dispersion atmosphériques. Ils sont soit stochastiques soit
déterministes. Les modèles stochastiques permettent de prédire les concentrations d’un polluant
dans une situation particulière. Pour cela, ils utilisent des données sur la qualité de l’air relevées
dans une situation particulière et prédisent les concentrations dans un milieu quelconque ayant
les mêmes caractéristiques que celui dans lequel les données ont été relevées. Les modèles
déterministes établissent pour chaque situation, des chaînes de cause à effet entre des données
d’émissions et de la situation météorologique et les concentrations. Il est ainsi possible de
modéliser plusieurs scénario en faisant varier les critères tels que, par exemple, la vitesse du
vent.

Dans la pratique, ce sont ces derniers modèles qui sont utilisés. Ils peuvent être regroupés en
plusieurs classes.
Ce sont les modèles gaussiens, les modèles eulériens et les modèles lagrangiens.
Les modèles gaussiens sont les plus utilisés. Ils ont été développés pour calculer la dispersion
d’un panache à partir d’une source ponctuelle [Hanna, 1982]. Ils sont dérivés de deux modèles,
celui de Pasquill et celui de Doury. Ce type de modèle permet de prédire des concentrations au
sol de rejets gazeux non réactifs ou de particules solides, pour des distances de 200 mètres à 10
kilomètres de la source. Ce modèle a pour avantage de ne nécessiter que de peu de données
d’entrée. En revanche, il a pour inconvénient de ne pas prendre en compte le relief si ce n’est
sous la forme d’un coefficient de rugosité au sol qui fera la différence par exemple entre une
zone urbanisée ou une zone de plaine. Par ailleurs le modèle Pasquill est plus adapté aux vents
forts alors que le modèle de Doury est mieux adapté aux vents faibles.
Dans beaucoup d’études traitant des émissions d’UIOM, c’est le logiciel POLAIR qui est
utilisé. Ce logiciel est dérivé du modèle de Doury.
Les différentes méthodes décrites ci-dessus ont pour objectif de déterminer une zone où il est
possible d’avoir la connaissance la plus précise possible des niveaux de polluant dans les
différents milieux afin d’estimer au mieux l’exposition des personnes résidant dans cette zone.

257
258
Annexe 6

Unités de masse

Microgramme (µg) = 10-6 gramme soit un millionième de gramme

Nanogramme (ng) = 10-9 gramme soit un milliardième de gramme

Picogramme (pg) = 10-12 gramme soit un millionième de millionième de gramme

Femtogramme (fg) = 10-15 gramme soit un milliardième de milliardième de gramme

259
260
Annexe 7

Sarcome des tissus mous

Axel Le Cesne (Institut Gustave Roussy - Villejuif) 21/07/01


http://www.france-cancer.org/netscope.php?titre=Sarcome+des+tissus+mous

Introduction
Les sarcomes des tissus mous (STM) représentent moins de 1% de l'ensemble des tumeurs
malignes de l'adulte avec 1000 nouveaux cas environ par an en France. Tous les âges sont
concernés avec un sexe ratio équilibré. Il n'existe pas de prédominance géographique ou
ethnique.
Les sarcomes des tissus mous sont définis comme les tumeurs malignes développées aux dépens
du tissu conjonctif commun extrasquelettique et de ses variétés spécialisées : tissu adipeux, tissu
musculaire strié, vaisseaux et système nerveux périphérique. En sont exclus les sarcomes des
viscères et des os qui posent des problèmes diagnostiques, thérapeutiques et évolutifs différents,
de même que les tumeurs du tissu lymphoïde et du système nerveux central.

Epidémiologie

Facteurs liés à l'hôte


Prédispositions héréditaires
Dans les limites de nos connaissances actuelles, les facteurs héréditaires n'interviennent que
dans 1% environ de l'ensemble des sarcomes des tissus mous.

Facteurs environnementaux
Radiations ionisantes
L'incidence des sarcomes des tissus mous, principalement des histio-fibrosarcomes, survenant
dans ou en bordure de champs d'irradiation, chez des patients traités pour un cancer du sein, de
l'ovaire, du testis, d'un lymphome hodgkinien ou non hodgkinien, est 8 à 50 fois supérieure à
celle des sarcomes sporadiques. Le délai médian d'apparition de ce type de sarcome de pronostic
sombre est de 8 ans (plus court de 2 à 4 ans chez les patients présentant les prédispositions

261
Incinération et santé

héréditaires précitées) et le risque semble proportionnel à la dose de radiothérapie


antérieurement reçue .
Le thorotrast (dioxyde de thorium), alpha radio-isotope utilisé comme produit de contraste
radiologique dans les années 1950 a été responsable de nombreux cas d'angiosarcomes
hépatiques dont le risque individuel pouvait atteindre 30% à 40 ans pour une dose reçue de 20
ml (0,3 Gy/an).

Agents infectieux
Si le risque de développer un sarcome de Kaposi est très élevé dans la population infectée par le
virus HIV, d'autres virus comme le herpès-virus 8 et l'Epstein-Barr virus pourraient être
impliqués dans la génèse de certains sarcomes (1).

Divers
Le développement de sarcomes des tissus mous a été rapporté sur des lésions traumatiques
(chocs, brûlures, ulcères cutanés), en regard de matériel prothétique orthopédique ou d'implants
mammaires à base de silicone. Aucune étude rétrospective sérieuse n'est venue confirmer un
lien de causalité entre ces différents éléments et la survenue de ces tumeurs mésenchymateuses.
Enfin, l'intoxication tabagique n'augmente pas le risque de développer un sarcome (1).

Diagnostic

Localisation
La répartition anatomique des sarcomes des tissus mous est très large pouvant intéresser
n'importe quelle partie de l'organisme. Toutefois ils sont plus fréquents dans les masses
musculaires des membres, au niveau de la paroi thoracique, du médiastin et du rétropéritoine.
Par ordre de fréquence décroissante, ils intéressent : les membres inférieurs (50%), les régions
profondes du tronc (médiastin et rétropéritoine) (20%), les membres supérieurs (15%), la paroi
du tronc (10%), la tête et le cou (5%). A peu près les trois quarts des sarcomes sont profonds,
situés sous l'aponévrose superficielle.

262
Annexe 8

Lymphome non hodgkinien

Agence française de sécurité sanitaire environnementale


http://www.AFSSE.fr/documents/infodioxines.pdf

Les lymphomes non hodgkiniens constituent des tumeurs cancéreuses se développant dans les
ganglions lymphatiques et parfois dans différents organes (rate, foie, etc.). On les distingue de la
maladie de Hodgkin, beaucoup moins fréquente et caractérisée par la présence de certaines
cellules anormales dans les ganglions lymphatiques (les cellules de Sternberg).

Se développant à partir d'une catégorie particulière de globules blancs (les lymphocytes, d’où le
nom de la maladie), les lymphomes non hodgkiniens présentent deux caractéristiques
principales.

La première est de correspondre à un ensemble hétérogène de sous-groupes tumoraux. La


classification des lymphomes est complexe, reposant principalement sur l'aspect de la tumeur et
sur le type (B ou T) des lymphocytes malades. La connaissance précise du sous-groupe de
lymphome est importante car la présentation clinique, le pronostic et la réponse au traitement
diffèrent selon ces entités. La seconde caractéristique est d’augmenter en fréquence plus que
tout autre cancer humain, dans tous les pays occidentaux et depuis plusieurs décennies (+ 3 à 4
% par an en moyenne). Il y a ainsi eu environ 10.000 nouveaux cas de lymphomes non
hodgkiniens en France, pour l’année 2000 [1]. Pour certains, cette augmentation constitue une
véritable « épidémie » dont la cause reste énigmatique, mais qui pourrait être d’origine
environnementale [2]. Si tel était le cas, pour pouvoir expliquer cette croissance, une telle
exposition devrait être largement répandue et associée à un risque faible. La responsabilité
potentielle des pesticides, du rayonnement ultra-violet, et des dioxines a été évoquée mais n’est
pas encore formellement démontrée [2,3].

On sait cependant que les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies (après un
traitement immunosuppresseur ou lors d’une maladie auto-immune telle que certaines
pathologies inflammatoires rhumatologiques) ont un plus fort risque de développer un
lymphome non hodgkinien. Certains virus peuvent aussi faciliter l'apparition de cette maladie

263
Incinération et santé

(le virus de l’immunodéficience humaine, le virus d’Epstein-Barr et le rétrovirus humain


HTLV1).

Le traitement des lymphomes repose essentiellement sur la chimiothérapie mais dans certains
cas une intensification thérapeutique (chimiothérapie à très fortes doses ou irradiation de
l'ensemble du corps) avec autogreffe de cellules, une radiothérapie, des injections d'interféron
ou d'anticorps monoclonaux sont proposés. Le taux de survie à 5 ans s’est considérablement
amélioré et dépasse 50 % en France [3].

Sources : 1. Remontet L, Estève J, Bouvier AM et al. Incidence et mortalité par cancer en


France de 1978 à 2000. Rev Epidemiol Santé Publique 2003;51:3-30. 2. Melbye M,
Trichopoulos D. Non-hodgkin’s lymphomas. In : Textbook of cancer epidemiology, Adami HO,
Hunter D, Trichopoulos D, ed. Oxford University Press, New York, 2002, pages 535-555. 3.
Carli PM, Maynadié M. Épidémiologie et étiologie des lymphomes non-hodgkiniens. Rev Prat
2002;52:945-50. 4. Pour en savoir plus : site Internet du Groupe d’étude des lymphomes de
l’adulte : http://www.gela.org/

264

Vous aimerez peut-être aussi