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Expressionnisme

L’expressionnisme est un courant artistique figuratif apparu au début du xxe siècle,


en Europe du Nord, particulièrement en Allemagne. L'expressionnisme a touché de
multiples domaines artistiques : la peinture, l'architecture, la littérature, le théâtre, le
cinéma, la musique, la danse, etc. L'expressionnisme fut condamné par le régime
nazi qui le considérait comme un « art dégénéré ».

Description
L'expressionnisme est la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité
pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont
souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour
atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision
pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la
Première Guerre mondiale mais aussi, plus précisément, celui de la crise sociale et
spirituelle entre 1880 et 1900 en Allemagne qui passe brutalement d’un statut de
1
pays agraire à un pays industriel . Les œuvres expressionnistes mettent souvent en
scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du Ernst Ludwig Kirchner, Berliner
symbolisme. Straßenszene (Scène de rue à Berlin),
1913, huile sur toile (121 × 95 cm), Neue
Au début du xxe siècle, ce mouvement profondément ancré dans l'Europe du Nord Galerie, New York.
(en particulier l'Allemagne) a poussé à l’extrême l’idée que la modernité creuse sa
propre tombe et provoque son propre suicide. Dans une fascination et horreur de
cette modernité, les expressionnistes souhaitent un renversement apocalyptique et
une destruction du confort bourgeois, avec violence s’il le faut. Ce nihilisme des
expressionnistes s’accompagne de renouveau esthétique qui les font tendre à
s’émanciper du sujet, n’étant qu’un moyen de transpercer le réel et de le disséquer.
Ainsi, l’expressionnisme se défait de la mimèsis aristotélicienne qui se traduisait à
2
cette époque par le naturalisme et la peinture impressionniste . Alors que
l'impressionnisme en est encore à décrire la réalité physique, l'expressionnisme
allemand, lui, ne s'attache plus à une réalité violente et la soumet aux états d'âme de Franz Marc, Die großen blauen Pferde
l'artiste. (1911).

L'expressionnisme rompt aussi avec l'impressionnisme à travers une forme très


agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s'inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s'épuiser et
dont les principaux représentants s'éloignent plus ou moins brutalement : Matisse, Marquet, Van Dongen, Braque, Derain, Friesz
et Vlaminck. Pour autant, l'expressionnisme n'est pas vraiment un mouvement ou une école, mais davantage une réaction contre
l'académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés.

Le Cri, du peintre Edvard Munch, ou Les Grands chevaux bleus (en) de Franz Marc sont représentatifs du genre expressionniste
en peinture. En musique, les symphonies de Dmitri Chostakovitch sont d'esprit expressionniste à partir de la fin des années 1920.

Origines
On peut rattacher les peintres des xve et xvie siècles, Matthias Grünewald et Le Greco, à la tendance expressionniste, mais en
pratique le terme s'applique essentiellement aux œuvres du xxe siècle.

Les premiers éléments annonciateurs de l'expressionnisme apparaissent à la fin du xixe siècle, en particulier dans la série d'Edvard
4 5
Munch intitulée Le Cri , ainsi que dans l'évolution des travaux de Van Gogh et de James Ensor . Le critique d’art Wilhelm
Worringer, en 1908, est le premier à parler d’« expressionnisme ».
L'expressionnisme éclot par ailleurs alors que la technique photographique se perfectionne
et que le rapport de l'art à la réalité s'en trouve profondément modifié. L'art pictural perd
sa fonction de moyen privilégié de reproduction de la réalité objective ce qui renforce sa
composante subjective et lui permet progressivement de s'affranchir des normes.

Filiations
Plusieurs groupes peuvent être rattachés à l'expressionnisme, tels que la Nouvelle
Association des artistes munichois (NKVM) et la Sécession de Berlin dont sont issus par
rupture, respectivement Der blaue Reiter (Le Cavalier bleu) et Die Brücke (Le Pont). En
1918, la Novembergruppe en cristallise la portée politique. Après 1933, le mouvement,
dans sa dimension formelle, a influencé nombre d'autres artistes, comme les La Vue de Tolède du Greco (1595-
expressionnistes abstraits aux États-Unis. 1610) entre rétrospectivement en
résonance avec les œuvres
expressionnistes du xxe siècle.
Die Brücke (Le Pont)
Die Brücke est fondé en 1905 par Ernst Ludwig Kirchner, Fritz Bleyl, Erich Heckel et
Karl Schmidt-Rottluff à Dresde. Max Pechstein et Emil Nolde en 1906, Otto Müller en
1910, et Cuno Amiet les rejoignent. Le fauviste Van Dongen se joignit aussi à eux et fut
l’intermédiaire avec ses compagnons français. L’intention du groupe était d’attirer tout
élément révolutionnaire qui voudrait s’unir à eux, c’est ainsi qu’ils l’exprimèrent dans une
lettre adressée à Nolde. Leur plus grand intérêt était de détruire les vieilles conventions, à
l’identique de ce qui se passait en France.

Selon Kirchner, ils ne pouvaient s’imposer de règles et l’inspiration devait couler libre et
donner expression immédiate aux pressions émotionnelles de l’artiste ; ils se préoccupent
moins des aspects formels, position qui les séparait du fauvisme de Matisse et Braque
avec des scènes très brutales et sanglantes.

Pour les Allemands, le contenu est plus important que la forme. La charge de critique
sociale qu’ils imprimèrent à l’œuvre leur valut d'être blamés par les conservateurs qui les
accusaient d’être un danger pour la jeunesse allemande.

Kirchner fut considéré comme le plus authentique représentant de Die Brücke. Il fut un Ernst Ludwig Kirchner. Gravure sur
artiste hypersensible qui peignait les rues et la vie urbaine de Berlin de manière nouvelle bois (graveur Erich Heckel), 1910,
et originale. Ses formes décharnées et pointues, aux couleurs acides, sont caractéristiques, couverture du catalogue: exposition
3
dans des œuvres comme L’École de danse de 1914. Die Brücke, Galerie Arnold, Dresde

Emil Nolde, même s’il quitta le groupe à la fin de l’année 1907, a aussi été considéré
comme un des plus importants représentants du groupe. Influencé par le Belge Ensor et par Van Gogh, il se sentit fortement attiré
par le primitivisme noir et par le mythe du sauvage. Sa recherche du paradis se centra plus sur la concrétion du primordial que sur
les attitudes escapistes, façonnant son sentiment tragique de la nature et son inspiration de caractère psychologique et instinctif,
éléments qui ont fait de lui le peintre expressionniste par excellence. Vers 1909, et après une grave maladie, il commença à
peindre des tableaux à thème religieux, dans lesquels il exprima son inspiration mystique.

Edvard Munch, bien qu’il ne soit pas lié avec Die Brücke, est considéré comme le père de l’expressionnisme. Il était norvégien
et, jusqu’en 1885, s'intéressa à l'impressionnisme et au symbolisme. À partir de 1892, son style est pleinement formé, courbes
sinueuses, coloris arbitraires, obsession pour l’infirmité et la mort, êtres inquiétants qui fuient d’une masse de couleur, comme on
l’observe dans son tableau le plus célèbre, Le Cri. Son séjour en Allemagne jusqu’en 1908 explique son influence au sein de Die
Brücke. En 1913 se produisit la dissolution du groupe, conséquence des différences évidentes entre les composants du groupe et
l’établissement d’un marché qui pour eux compliquait les exigences d’un front commun.

Der blaue Reiter (Le Cavalier bleu)


En 1912, un autre groupe d'artistes dont Wassily Kandinsky, Franz Marc, August Macke, Alexeï Jawlensky, Gabriele Münter et
Marianne von Werefkin se rassemblent à Murnau, à côté de Munich, sous la dénomination de Der blaue Reiter. À la différence de
Die Brücke, les artistes de Der blaue Reiter ressentaient le besoin de créer un langage plus contrôlé pour promouvoir leurs
messages. Ils publièrent des livres et organisèrent des expositions. Ils développèrent un art spirituel dans lequel ils réduisirent le
naturalisme au point d'arriver à l'abstraction. Ils partagèrent certaines idées avec les expressionnistes de Die Brücke, mais ils
possédaient une purification plus importante des instincts et ils voulaient également capter l'essence spirituelle de la réalité. Sur
ce point, leurs idées étaient plus recherchées et spéculatives. Les plus grands représentants étaient Kandinsky et Franz Marc,
accompagnés de Macke, Jawlensky et Klee.

Kandinsky, originaire de Moscou, arriva à Munich en 1896. En 1909, il fonde la Nouvelle Association d'artistes de Munich et
organisa les expositions de 1909 et 1910 pour présenter le travail des fauvistes et des premiers cubistes. Dans le catalogue réalisé
lors de la seconde exposition, il commença à introduire sa théorie de l'art qui s'acheva, deux ans plus tard, lors de la publication
de son livre Du spirituel dans l'art. En 1912, après avoir donné sa démission de l'association, il fonda avec Franz Marc Der blaue
Reiter. Ce nom dérive de l'amour de Kandinsky pour les cavaliers et de celui de Franz Marc pour les chevaux. Le groupe se
dispersa avec la guerre à laquelle Macke et Marc moururent. Les deux premières expositions de Der blaue Reiter montraient des
œuvres graphiques et des dessins.

En 1913, ils seront invités à participer à une exposition internationale à Berlin


nommée « Le Salon d'automne berlinois ». Sa poétique se définissait comme un
expressionnisme lyrique dans lequel l'échappatoire tendait non pas vers le monde
sauvage mais vers la spiritualité de la nature et du monde intérieur. Pour Kandinsky,
la peinture devait s'étendre de la pesante réalité matérielle jusqu'à l'abstraction de la
vision pure, avec la couleur comme moyen, d'où le développement d'une théorie
complexe de la couleur. Dans La Peinture comme art pur, livre de 1913, il soutient
que la peinture est déjà une réalité séparée, un monde en soi, une nouvelle forme
d'être, qui agit sur le spectateur à travers la vue et qui provoque en lui de profondes
expériences spirituelles. Auparavant, en 1910, Kandinsky avait réalisé les premières
aquarelles abstraites.

Pour Klee, l'artiste devait se mêler aux forces de la nature et agir comme milieu afin
que ses créations soient acceptées de la même manière que l'on accepte les August Macke, Dame in grüner Jacke
phénomènes naturels. À la différence de Kandinsky, Klee était convaincu que l'art (Femme à la veste verte, 1913), musée
pouvait capter le sens créatif de la nature et c'est pour cela qu'il rejetait l'abstraction Ludwig, Cologne.
absolue. Concrètement, Klee se laissa influencer au début, comme Macke, par le
simultanéisme des Delaunay. En même temps, il fut le premier artiste à pénétrer
dans les domaines de l'inconscient alors que Freud et Jung commençaient à les
étudier.

Après la dissolution du groupe en 1919, Walter Gropius fonde le Bauhaus à Weimar,


école de dessin et d'architecture, dont les professeurs étaient les plus grands maîtres
de l'expressionnisme constructif, et qui réunit des hommes comme Feininger, Klee
ou Kandinsky.

En Allemagne, après la Première Guerre mondiale, le « réalisme expressionniste »


apparut, mouvement dans lequel les artistes se séparèrent de l'abstraction,
réfléchissant sur l'art figuratif et rejetant toute activité qui ne s'occupait pas des
problèmes de l'urgente réalité de l'après-guerre. Ce mouvement regroupa Otto Dix,
George Grosz, Max Beckmann et le sculpteur Barlach.
Vassily Kandinsky, Fugue (1914), fondation
Beyeler, Riehen. Cette œuvre peut être
considérée comme de tendance
Extensions expressionniste abstraite.

Parmi les principaux peintres, au début du xxe siècle, ayant eu au moins une période
expressionniste :

Allemagne : Ernst Barlach, Max Beckmann, Fritz Bleyl, Heinrich Campendonk, Otto Dix, Conrad Felixmüller,
Willi Geiger, George Grosz, Erich Heckel, Karl Hofer, Otto Lange, Elfriede Lauckner, Max Kaus, Ernst Ludwig
Kirchner, Käthe Kollwitz, Wilhelm Lehmbruck, Elfriede Lohse-Wächtler, August Macke, Franz Marc, Ludwig
Meidner, Paula Modersohn-Becker, Otto Mueller, Gabriele Münter, Rolf Nesch, Emil Nolde, Max Pechstein, Kurt
Pinthus, Karl Schmidt-Rottluff, Franz von Stuck, Werner Scholz, Paul Thesing.
Australie : Sidney Nolan, Charles Blackman, John Perceval, Albert Tucker, Joy Hester.
Autriche : Richard Gerstl, Egon Schiele, Oskar Kokoschka, Alfred Kubin, Max Oppenheimer.
Belgique : Constant Permeke, Gustave de Smet, Frits van den Berghe,
James Ensor, Albert Servaes, Floris Jespers, Albert Droesbeke, Pierre
Alechinsky.
Brésil : Anita Malfatti, Candido Portinari, Di Cavalcanti, Lasar Segall.
Espagne : Isidre Nonell, José Luis Gutiérrez Solana, Carlos Valenti.
Estonie : Konrad Mägi, Eduard Wiiralt.
Équateur : Oswaldo Guayasamín.
États-Unis : Ivan Albright, Milton Clark Avery, George Biddle, Hyman
Bloom (en), Peter Blume (en), David Bourliouk, Charles E. Burchfield, Stuart
Davis, Elaine de Kooning, Willem de Kooning, Beauford Delaney, Arthur Alvar Cawén, Sokea soittoniekka
Dove, Norris Embry, Philip Evergood, Gibran Khalil Gibran, William Gropper,
(Le Musicien aveugle, 1922).
Philip Guston, Marsden Hartley, Albert Kotin (en), Yasuo Kuniyoshi, Rico
Lebrun, Jack Levine, Alfred Henry Maurer (en), Alice Neel, Abraham Rattner,
Ben Shahn, Harry Shoulberg (en), Joseph Stella, Harry Sternberg (en),
Henry Ossawa Tanner, Dorothea Tanning, Max Weber (peintre), Hale
Woodruff (en), Karl Zerbe (en).
6
Finlande : Tyko Sallinen , Alvar Cawén, Juho Mäkelä, Wäinö Aaltonen.
France : Frédéric Fiebig, Georges Rouault, Georges Gimel, Eugène Paul,
Maurice Rocher, Chaïm Soutine, Antoon Kruysen, Vasyl Khmeluk, Marie-
Thérèse Auffray, Bernard Buffet.
7
Grande-Bretagne: Francis Bacon, Leon Kossoff Rolf Nesch, Elbe Bridge I (1932).
Grèce : Georges Bouzianis.
Hongrie : Tivadar Kosztka Csontváry, Livia Vajda.
Indonésie : Affandi.
Irlande : Jack B. Yeats.
Islande : Einar Hákonarson (de).
Israël : Alexandre Frenel
Italie : Emilio Giuseppe Dossena.
Liban : Rafic Charaf
Mexique : Mathias Goeritz (allemand émigré), Rufino Tamayo.
Norvège : Edvard Munch, Kai Fjell.
Pays-Bas: Charles Eyck, Willem Hofhuizen, Jaap Min (nl), Jan Sluijters, Vincent van Gogh, Jan Wiegers,
Hendrik Werkman (nl).
Pologne : Henryk Gotlib, Magdalena Abakanowicz.
Portugal : Mário Eloy, Amadeo de Souza-Cardoso.
Russie : Vassily Kandinsky, Marc Chagall, Alexej von Jawlensky, Nathalie Gontcharova, Mstislav Doboujinski, et
Marianne von Werefkin (Russe devenue Suisse).
Suisse : Carl Eugen Keel (de), Cuno Amiet, Paul Klee.
Syrie : Mamdouh Kashlan
Suède : Ester Almqvist

Architecture
Le travail de Erich Mendelsohn est expressionniste. Voir par exemple la tour Einstein à Potsdam, en Allemagne.

Littérature
On distingue généralement trois temps de l'expressionnisme en littérature :

Le premier expressionnisme (Frühexpressionismus), jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale.


L'expressionnisme de la Première Guerre mondiale jusqu'en 1925.
L'expressionnisme tardif et sa disparition sous le régime nazi.

Contours flous du mouvement expressionniste en littérature


On cite généralement le nom des poètes Hugo Ball, Gottfried Benn, Yvan Goll ou Georg Trakl, mais on rattache également à
l'expressionnisme les romans de Franz Kafka, ainsi que plusieurs auteurs dramatiques allemands du début du xxe siècle, tels que
Georg Kaiser ou Ernst Toller. En France, où le terme est peu couramment employé en littérature, on a parlé d'expressionnisme à
propos du roman d'Octave Mirbeau, Dans le ciel, qu'il a rédigé sous le coup de la révélation de Van Gogh, ou à propos de ses
Farces et Moralités.

Revues
Die Fackel (de) (1899-1936)
Der Sturm (1910-1932)
Die Aktion (1911-1932)
Der jüngste Tag (1913-1921)

Poésie expressionniste allemande


Le poète Pierre Garnier, qui a consacré plusieurs livres à Gottfried Benn, a publié avec sa femme,
Ilse, le premier livre en France sur l'expressionnisme en 1962.

La poésie expressionniste allemande est encore très peu connue et traduite en France : il manque
notamment à l'adresse du grand public la traduction en français de Menschheitsdämmerung
(« Crépuscule [ou : aube] de l'humanité »), l'importante anthologie et ses introductions successives Menschheitsdämmerung
(1919, 1922, New York, été 1959) de Kurt Pinthus, dans ses nombreuses rééditions en Allemagne . Symphonie jüngster
depuis la première au Rowohlt Verlag, en 1920 (35e tirage en 2009, livre de poche Rowohlts rororo Dichtung, Rowohlt, 1920
Klassiker).

Théâtre
August Strindberg et Frank Wedekind sont généralement considérés parmi les précurseurs du théâtre expressionniste. Le premier
dramaturge qualifié ouvertement d'expressionniste fut August Stramm.

L’influence du cinéma sur le théâtre expressionniste fut évidente dès les premiers moments, utilisant aussi le décor et les
costumes des acteurs comme instruments au service d’œuvres dramatiques dépassant le conformisme des représentations
théâtrales conventionnelles. L’auteur, l’acteur et le public doivent partager la vision intérieure du premier, en arrivant à un ton
mystique qui accentue la mimique. Le représentant le plus emblématique apparaît après la Première Guerre mondiale : Ernst
Toller. Par la suite, d’autres auteurs, tels que Bertolt Brecht, seront influencés par ce mouvement.

Cinéma
Avec la sortie du film Le Cabinet du docteur Caligari en 1920, Robert Wiene apparaît comme un des premiers metteurs en scène
à introduire des éléments expressionnistes dans le cinéma. Par ce moyen, on arrive au symbolisme grâce aux décors, aux
lumières, aux costumes et à l'interprétation des personnages, éléments qui aspirent à montrer, à travers le grand écran, une optique
déformée de la réalité.

Le cinéma muet allemand est resté symboliquement associé à l'expressionnisme, avec des metteurs en scène comme Friedrich
Wilhelm Murnau, Fritz Lang et Paul Wegener. Les œuvres les plus représentatives de cette période sont Nosferatu et Faust, une
légende allemande de Murnau, Les Trois Lumières et la série des Docteur Mabuse de Lang. La démesure est le trait principal d'un
genre de cinéma se situant entre l'horreur et le fantastique. Quelques films postérieurs seront réalisés dans le même style lors du
passage au cinéma sonore, comme M le maudit de Fritz Lang.

Plus tard, d'autres cinéastes utiliseront des éléments de l'expressionnisme cinématographique comme Alfred Hitchcock, Orson
Welles, Carol Reed ou Andrzej Wajda, tout en adoptant une esthétique beaucoup plus mûre et éloignée de l'excès théâtral.

Musique
Der blaue Reiter publia dans son premier almanach l’œuvre de trois compositeurs : Arnold Schönberg (qui s'exerça aussi à la
peinture expressionniste), Alban Berg et Anton Webern, trio que formait la dénommée seconde école de Vienne. Dans la
trajectoire de ces musiciens, nous trouvons la présence pleinement expressionniste dans les opéras Lulu et Wozzeck de Berg et
dans les drames Die Erwartung et Die Glückliche Hand de Schönberg.

Danse
Les représentants principaux en sont Kurt Jooss et Mary Wigman ou encore Harald Kreutzberg.

Notes et références
1. Geneviève Nevejan, « Sur l'expressionnisme », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 37, no 1,‎1993, p. 150–152
(DOI 10.3406/xxs.1993.2655 ([Link] lire en ligne ([Link]
s_0294-1759_1993_num_37_1_2655), consulté le 31 mars 2022)
2. « Shibboleth Authentication Request ([Link]
m%2fencyclopedie%2fexpressionnisme%2f) », sur [Link] (consulté le 31 mars 2022)
3. Wolf-Dieter Dube, 1983, p. 23
4. Il existe plusieurs versions.
5. Il convient de citer encore Maurice Dumont, Gustave van de Woestijne, Katharine Schäffner…
6. Ian Chilvers, The Oxford Dictionary of Art, vol. 2004, Oxford University Press, p. 506 (ISBN 0-19-860476-9).
7. Philippe Piguet, « En galerie - Leon Kossoff ([Link]
9303) », sur [Link], 23 septembre 2013 (consulté le 2021)

Voir aussi

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expressionnisme, sur le Wiktionnaire

Une catégorie est consacrée à ce sujet :


Bibliographie Expressionnisme.
Djordje Alfirevic, Expressionism as The Radical Creative
Tendency in Architecture ([Link]
df/0354-6055/2012/[Link]), Arhitektura i urbanizam, 2012, no 34, p. 14-27.
Dr Tayfun Belgin, Pr Ralph Melcher, Jacqueline Munck, Andrei Nakov, Marc Restellini, Pr Raimund Stecker,
Denise Wendel-Poray, Detmar Westhoff, Dr Roman Zieglgänsberger, Expressionismus & Expressionismi - Der
Blaue Reiter vs Brücke - Berlin-Munich 1905-1920, catalogue de l'exposition de la Pinacothèque de Paris, 2011,
376 p. (ISBN 9782358670241)
Jérôme BINDÉ, Lotte H. EISNER, Lionel RICHARD, « Expressionnisme ([Link]
e/expressionnisme/) », sur [Link] (consulté le 8 octobre 2022)
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(ISBN 2-605-00026-5)
Dietmar Elger, L'Expressionnisme. Une révolution artistique allemande, traduction française: Françoise Laugier,
Cologne, Taschen, 2002, (ISBN 3822820415)
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pour les poèmes), André Silvaire, coll. « Connaissez-vous ? », 1962 ; rééd. 1979.
Maurice Godé, L'Expressionnisme, Paris, PUF, coll. « Perspectives germaniques », 1999, 368 p.
(ISBN 978-2130501442).
Article « Expressionnisme » par Maurice Godé (1-4) et Olivier Agard (5, Art cinématographique) dans le
Dictionnaire du monde germanique, Élisabeth Décultot (dir.), Michel Espagne et Jacques Le Rider, Paris,
Bayard, 2007, p. 340-346 (ISBN 9782227476523).
Maurice Lemaître, Le Théâtre expressionniste allemand (Centre de Créativité, Paris, 1967), Fondation Bismuth-
Lemaître, 13, rue de Mulhouse, 75002 Paris, France.
Jean-Michel Palmier,
L'Expressionnisme comme révolte. Contribution à l'étude de la vie artistique sous la République de
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L'Expressionnisme et les arts, 1. « Portrait d'une génération », 2. « Peinture — Théâtre — Cinéma »,
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Alain Poirier, L'Expressionnisme et la musique, Fayard, coll. « Les chemins de la musique », Paris, 1995, 311 p.
(ISBN 9782213592435).
Lionel Richard,
L'Expressionnisme, Collection Petite encyclopédie, Somogy, 1993.
Comprendre l'Expressionnisme, Infolio, Gollion, 2012.
Expressionnistes allemands. Panorama bilingue d'une génération, Maspéro, 1974, rééd. La
Découverte/Maspéro, coll. « Voix », 1983, rééd. Complexe, 2001.
Serge Fauchereau (1939-), Avant-gardes du xxe siècle, arts et littérature, 1905-1930, Paris, Flammarion, 2016,
(ISBN 978-2-0813-9041-6) (pp. 17-89)

Articles connexes
Architecture expressionniste
Théâtre expressionniste (ca)
(de) Danse expressionniste
Cinéma expressionniste
Expressionnisme abstrait
Primitivisme
(de) Liste appréciable de peintres et artistes expressionnistes
(de) Commons allemand... ([Link]
(de) Littérature expressionniste allemande...

Menschheitsdämmerung — Un document de l'expressionnisme


Musique expressionniste ((de) de:Expressionismus (Musik), (en) en:Expressionist music)
(de) Peinture expressionniste d'édifices religieux
Nouvelle objectivité (qui succède à l’expressionnisme, 1918-1933)
Art dégénéré, Gottbegnadeten-Liste, Art officiel

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