0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
54 vues109 pages

Cours LSVT

Transféré par

maktoum2024
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
54 vues109 pages

Cours LSVT

Transféré par

maktoum2024
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UCAD_FST_GEOLOGIE

L3SVT 2021 / 2022

1
UCAD_FST_GEOLOGIE
L3SVT 2021 / 2022 2
LICENCE SVT

EC365 : UE 3653

ELEMENTS D’HYDROLOGIE ET
D’HYDROGEOLOGIE
Pr Moctar DIAW
Enseignant-Chercheur spécialisé :
Hydrogéologie/Géochimie isotopique
Département de Géologie/Faculté des Sciences et
Techniques/UCAD de Dakar
3
Plan du cours
• Généralités
• Cycle de l’eau
I. Introduction à l’hydrologie de • Analyse des composantes du
surface cycle hydrologique
• Bilan hydrologique

• Introduction et généralités
• Différents types de milieu et d’unités
hydrogéologiques
II. Notion de base en • Types de nappes et d’aquifères
hydrogéologie • Notions de base sur les
caractéristiques de l’aquifère
• La loi de DARCY
• Généralisation de la loi de Darcy 4
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE

I-1 Introduction et généralités


I-1-1 Introduction
L’eau est source de vie!!!!!
 La vie dans sous toutes ses formes est fondamentalement liée à l’eau :
L’homme, La faune et la flore, la structure du sol;
 L’eau, est une ressource naturelle primordiale dont la connaissance est devenue
un impératif majeur pour les êtres vivants dans leur ensemble en particulier pour
les hommes surtout dans l’élaboration des projets de développement socio-
économique des sociétés, etc...
 Donc, actuellement avec les défis majeurs liés aux changements climatiques, à la
rareté de la ressource, à l’explosion démographique de la planète, entre autres, la
question de disponibilité et d’accès à l’eau devient un enjeu majeur auquel
l’humanité devra faire face.
Dans ce contexte, la mesure qualitative et quantitative des éléments du cycle de
l’eau ainsi que la mesure des autres caractéristiques de l’environnement qui
influent sur l’eau constitue une base essentielle pour une gestion efficace de
l’eau (déclaration de Dublin 1992).

De ce fait, l’analyse et la compréhension du cycle hydrologique de l’eau constitue


la base de toutes études et réflexions sur la gestion des eaux. 5
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
I-1-2 Généralités
-Définition de l’hydrologie :
L’hydrologie est la science de l’eau ou plus précisément, l’étude de l’eau dans la
nature ou dans un milieu.
Cependant, la difficulté liée à la présence de l’eau dans presque toutes les
composantes de l’environnement en particulier dans la majorité des phénomènes
ou des processus terrestres (continental, souterrain, ect) a favorisé son
fractionnement pour la plupart dans de nombreuses disciplines conduisant à parler
souvent de sciences hydrologiques en lieu et place de l’hydrologie.

Il existe ainsi plusieurs définitions cherchant à préciser, du mieux que cela soit
possible, l’objet de cette science.
L’hydrologie permet de décrire et, si possible, expliquer :
 les variations spatio-temporelles du contenu en eau des trois réservoirs :
Continental, Océanique et Atmosphérique ;
 les mouvements des flux intéressants la surface terrestre et les processus
physiques, chimiques et biologiques qui les accompagnent.
6
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
I-1-2 Généralités
L’hydrologie a deux principaux objectifs :
 Le cycle hydrologique global : mécanisme de transfert de l’eau entre Terre –
Océan – Atmosphère;

 La phase terrestre du cycle hydrologique : qui étudie les eaux terrestres, leur
origine, leur mouvement et leur répartition sur notre planète, leurs propriétés
physiques et chimiques, leurs interactions avec l’environnement physique et
biologique et leur influence sur les activités humaines (Anctill et al 2005). 7
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE

I-1-2 Généralités

Quantité d’eau existant sur le globe


terrestre:
La quantité d’eau totale du globe terrestre
serait de 1 304 068 550 109m3.

% volume d’eau des océans % volume d’eau douce

97% du volume total 3% du volume total


- Atmosphère = 0,035%
- Rivières = 0,03%
- Lacs = 0,30%
- Glaces et glaciers = 75%
- Humidité des sols = 0,06%
- Eaux souterraines = 10% ˂ 700 m
- Eaux souterraines = 13-14% ˃ 700m
8
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE

Dans la phase terrestre : l’hydrologie continentale a été


sériée en plusieurs sous domaines parmi les quelles l’on peut
citer :
 Hydrologie fluviale ou potamologie qui étudie les cours d’eau;
 L’hydrologie lacustre ou limnologie pour l’étude des lacs;
 La cryologie qui étudie le froid et les basses températures en
particulier les mécanismes de formation de la neige, de la glace
etc…;
 L’hydrologie souterraine ou l’hydrogéologie pour l’étude des
eaux souterraines en particulier leur captage, leur protection et
leur renouvellement.
 L’hydrométéorologie : carrefour entre météorologie et
hydrologie, en d’autre terme, elle étudie les phases
atmosphérique et terrestre du cycle hydrologique, en mettant
l'accent sur leur interaction.
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
 I-1-2 Généralités
Utilités et domaines d’application de l’hydrologie de surface
Utilités :
1. Mieux appréhender les défis liés à l'eau en vue d'améliorer l'utilisation de cette
ressource
2. fournir tous les éléments de connaissance nécessaires pour étudier les
phénomènes hydrologiques
La bonne connaissance de la provenance et du cheminement des eaux et de
leur renouvellement permet de raisonner sa consommation, de procéder à des
économies et de réduire le stress hydrique auquel les sociétés sont soumises
Domaines d’application
Les études hydrologiques sont souvent réalisées pour comprendre les
phénomènes naturelles ou pour résoudre les problèmes liée à l’eau
comme par exemple dans le cas de l’élaboration des projets d’aménagements
des territoires comme :
• l’identification des axes de drainage ou des zones non edificandi
• L'évaluation de l'humidité du sol,
 La cartographique et la surveillance des inondations, entre autres
10
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
I-1-2 Généralités
Utilités et domaines d’application de l’hydrologie de surface (suite)

Ou par exemple dans le cas de l’élaboration des projets d’aménagements


des ressource en eau, comme:
 L’alimentation en eau potable,
 Les barrages : production de l'énergie hydroélectrique, irrigation etc
 L’assainissement des eaux pluviales,
 La protection contre les crues, sécurité des personnes et des biens,
 La navigabilité sur les axes hydrauliques (fleuve, lac etc),
 L’analyse et la prévision de la qualité et de la dynamique des eaux de
surface et souterraines,
• la cartographie et la surveillance des axes hydrauliques (marécages,
fleuve, lac, rivière etc.)
• La surveillance et la cartographie de l'étendue d'une surface de neige et
la mesure de l'épaisseur de la neige.
• Etc…… 11
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
I-1-2 Généralités Notion de Système hydrologique
Notion de Bassin hydrologique
BH: est délimité par les lignes de crêtes topographiques
isolant le bassin versant d'un cours d'eau et de ses affluents.
BH: unité géographique sur la quelle se base l’analyse du
cycle hydrologique et de ses effets

Notion de Bassin hydrogéologique


Le bassin hydrogéologique correspond
à la partie souterraine du bassin
hydrologique.

FigureI : Domaines d’espace identifiant trois système hydrologique emboîtés de grandeurs décroissantes : Bassin hydrologique,
Bassin hydrogéologique et Aquifère. (Symbole : P, précipitation ; ETR, évapotranspiration ; PE, pluie efficace ;
QT, débit d’écoulement total mesuré à la station de jaugeage de l’exutoire du bassin hydrologique ; QS, débit de l’écoulement de
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
Caractéristiques morphologiques des sites (BV)

BV : peut être considéré comme un système /surface élémentaire hydrologiquement close, c.-à-d. ayant aucun
écoulement qui y pénètre de l’extérieur et que tous les excédents des précipitations s’évaporent ou s'écoulent
par une seule section à l’exutoire

BV : Ensemble d’une région ayant un exutoire commun pour ses écoulements de surface.
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
Caractéristiques morphologiques des sites (BV)

La Réponse hydrologique, et notamment le régime des écoulements du BV est fortement influencée par ces caractéristiques physiographiques
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
Caractéristiques morphologiques des sites (BV) et l’état des sols

• Caractéristiques physiographiques d'un BV :

- Diverses caractéristiques morphologiques : en


premier lieu, la taille du bassin (sa surface), sa
forme, son élévation, sa pente et son orientation.

A ces facteurs s'ajoutent encore :

-Type de sol (infiltration /ruissellement),

- Couvert végétal,

- Caractéristiques du réseau hydrographique.


Ces facteurs, d'ordre purement géométrique ou physique,
s'estiment aisément à partir de cartes adéquates ou en
recourant à des techniques digitales et à des modèles
Vitesse et l'intensité de la réaction du BV
numériques.
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
Caractéristiques morphologiques des sites (BV) et l’état des sols

L'étude de la réaction hydrologique du


bassin face à une sollicitation (la
précipitation) permet de faire une analyse du
comportement hydrologique d'un bassin
versant (système hydrologique),

Cette réaction est mesurée par


l'observation de la quantité d'eau qui
s'écoule à l'exutoire du système
(Hydrogramme/Hyétogramme ou
limnigramme/Hyétogramme) étudié par
l’hydrométrie.

BV: Entité géographique globale et cohérente pour une gestion de la ressource en eau
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE

Définitions de l’hydrométrie

Hydrométrie : ensemble des techniques de mesure des différents


paramètres caractérisant les écoulements dans les cours d’eau
naturels et artificiels.

Deux variables principales sont mesurées:


 La cote de la surface libre, notée H et exprimée en m. Sa
mesure concerne la limnimétrie.

 Le débit du cours d’eau, noté Q et exprimé en m3/s ou l/s,


représente le volume d’eau qui s’écoule à travers une section
droite d’un cours pendant l’unité de temps considérée. Sa
mesure est du ressort de la débimétrie.

17
Hydrométrie - limnimétrie

Echelle limnimétrique : règle Le limnimètre est


graduée en cm, décimètre et l’élément de base des
mètre : dispositifs de lecture et
d’enregistrement
Lecture effectuée par du niveau de l’eau : il est
un observateur à constitué le plus souvent
heure fixe par une échelle
limnimétrique.
Limnigraphe : enregistreur
Une règle ou une tige
sur papier des variations de graduée en métal placée
hauteurs d’un plan d’eau verticalement ou inclinée et
Durée permettant la lecture directe
de la hauteur d’eau à la
d’enregistrement station.
variable : jour,
semaine, mois
Figure 20 : échelle limnimétrique inclinée et verticale

18
Hydrométrie - limnimétrie
Lecture
•lorsque l’échelle est inclinée, la graduation
est corrigée en fonction
de l’angle d’inclinaison avec la verticale.

• la lecture de l’échelle se fait généralement


au demi centimètre près.

•Le zéro de l’échelle doit être placé en


dessous des plus basses eaux possibles dans
des conditions de creusement maximum du
lit du cours d’eau dans la section de contrôle
et ceci pour ne pas avoir des côtes
négatives. Figure 20 : échelle limnimétrique inclinée et verticale

19
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE

Définitions de l’hydrométrie
Il n’ ya pas de mesure directe et continue du débit d’un cours d’eau
mais un enregistrement de la hauteur d’eau en une section donnée :
station hydrométrique.

Limnigramme : courbe de variation des hauteurs d’eau en


fonction du temps:
H=f(t)
Hydrogramme : courbe de variation des débits en fonction du
temps:
Q=f(t)
Le passage de l’un à l’autre exige l'établissement d'une courbe de
tarage
Q=f(H)

20
I-INTRODUCTION A L’HYDROLOGIE DE SURFACE
Limnigramme –Tarage - Hydrogramme

Figure 19 : schématisation du passage du limnigramme (H = f(t)) à l’hydrogramme (Q = f(t)) par


l’intermédiaire d’une courbe de tarage.
21
I-2 Le Cycle hydrologique

I-2-1 Introduction
 L' eau est la source
principale et originelle de
toute vie. Elle se présente,
dans la nature, sous trois
états :
 Solide : neige et glace.
 Liquide : eau chimiquement
pure ou chargée en solutés.
 Gazeux : à différents degrés
de pression et de saturation.

Figure 1 : Diagramme de phase de l’eau (Musy et Souter, 1991)


22
I-2-2 Le cycle de l’eau
Décrit la série de processus et d’état affectant l’eau dans son cheminement naturel en
d’autre terme il décrit les parcours et transformation subit par l’eau à partir d’un point
de départ qui est souvent pris comme la pluie ‘P’ qui tombe à la surface d’un domaine ‘D’
pendant un intervalle de temps ‘t’

Figure 2 : Représentation du cycle de l’eau (Wikipédia) 23


I-2-2 Le cycle de l’eau

Formation de Nuages

Atmosphère

Retour à l’atmosphère

Surface du sol,
Des plans d’eau libre Des océans
des végétaux

Figure 3 : phase évaporatoire du cycle


24
I-2-2 Le cycle de l’eau

Figure 4: phase précipitation du cycle hydrologique


25
I-2-2 le cycle de l’eau

Figure 5 : phase écoulement superficielle et souterrain du cycle hydrologique


26
I-2-3 Approche synthétique du cycle hydologique

Figure 6: le cycle hydrologique


27
I-2-3 Approche synthétique du cycle hydrologique
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique

Le cycle de l'eau est donc sujet à des processus complexes et variés


parmi lesquels interviennent:
 les précipitations,
 l'évaporation,
 la transpiration (des végétaux),
 l'interception,
 le ruissellement,
 l'infiltration,
 la percolation,
 l'emmagasinement
 et les écoulements souterrains

Ces processus constituent les principaux thèmes de l'hydrologie de


surface. Ils sont rendus possibles par un élément moteur, le soleil,
organe vital du cycle hydrologique.

29
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-1 Les précipitations
Sont dénommées précipitations toutes les eaux météoriques qui
tombent sur la surface de la terre, tant sous forme:
 Liquide:
 brume,
 pluie,
 averse
 Solide
 neige,
 grêle …
 Ou Déposées
 rosée,
 gelée blanche,
 givre,
Elles sont provoquées par un changement de température ou de
pression

30
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-1 Les précipitations

 La vapeur d'eau de l'atmosphère se transforme en liquide lorsqu'elle


atteint le point de rosée par refroidissement ou augmentation de
pression.
 Pour produire cette condensation, il faut également la présence de
certains noyaux microscopiques, autour desquels se forment des
gouttes d'eau condensées.
 La source de ces noyaux peut être
 Océanique:
 Chlorides, en particulier NaCl produit par l'évaporation de
la mer,
 continentale:
 poussières,
 Fumée
 autres particules entraînées par des courants d'air
ascendants
 ou cosmiques
 poussières météoriques.
31
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-1 Les précipitations

Figure 7: Genres de nuages selon leur forme et leur étage altimétrique


32
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-1 Les précipitations

o Le déclenchement des précipitations est favorisé par


 la coalescence des gouttes d'eau,
 La condensation de vapeur d’eau
 L'accroissement de leur poids qui leur confère une force de gravité
suffisante pour vaincre les courants ascendants et la turbulence de
l'air et atteindre le sol.

o Le parcours des gouttes d'eau doit être assez court pour éviter l'évaporation
totale de la masse d’eau en chute.
Rapport de la quantité d'eau précipitée à la surface concernée.

o Différents types de précipitation:


• Précipitations de convection
• Précipitations orographiques
• Précipitations cycloniques

33
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-1 Les précipitations

Figure 8 : Principaux types de précipitations: convective, orographique et frontale


[Link]/e-drologie/chapitres/chapitre3/
34
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-2 L'évaporation/l'évapotranspiration

Figure 9 : Evaporation et évapotranspiration potentielle et réelle.


35
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-2 l’évaporation /l’évapotranspiration
Le retour de l’eau à l’atmosphère peut se faire de différentes manières :
- Soit directement par évaporation à partir d’une surface d’eau libre (mer, lac, cours
d’eau, etc…) ;
- Soit à partir d’un sol ou par l’intermédiaire des végétaux. On parle alors,
d’évapotranspiration.

Evaporation est la quantité d’eau soustraite par vapeur d’eau. Elle est exprimée par
: Quantité d’eau évaporée /Surface, (m3/m2 exprimée en m ou en mm) . Elle
dépend uniquement des paramètres physiques tels que la température de l’air, de l’eau,
de la vitesse du vent, du degré hygrométrique, de l’ensoleillement etc…
La Transpiration par les plantes: il s’agit de la part de l’eau de l’atmosphère, du sol
ou du sous sol qui est consommée par les plantes. Elle dépend, en plus de cela, de
l’état du couvert végétal et de son stade de développement; sa mesure devient ainsi plus
délicate.

L’ensemble de ces paramètres constituent les facteurs conditionnels de l’évaporation et


de l’évapotranspiration qu’il convient de mesurer au préalable afin d’estimer
correctement l’évaporation.
36
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique

I-3-2 L'évaporation/l'évapotranspiration

Facteurs fondamentaux de l’évaporation


Les facteurs qui conditionnent l’évaporation peuvent être
groupés en deux catégories:
 Les paramètres caractérisant l’état de l’atmosphère au
voisinage de la surface évaporante et son aptitude à
provoquer l’évaporation; ces paramètres régissent le
pouvoir évaporant de l’atmosphère

 Les paramètres caractérisant la nature et l’état de la


surface évaporante ainsi que son aptitude à alimenter
l’évaporation et à répondre plus ou moins rapidement aux
variations du pouvoir évaporant de l’atmosphère.
37
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique

I-3-2 L'évaporation/l'évapotranspiration
 Le terme évapotranspiration englobe l'évaporation et la transpiration
des plantes (E). Le terme E de l’ équation correspond à la quantité d’eau
réellement évapo-transpirée et dépend de la quantité d’eau disponible
(Apport + réserve du sol) pendant la période de temps considéré et des
conditions climatiques du domaine.
On distingue :
 l'évapotranspiration réelle (ETR) : somme des quantités d'eau évaporées
par le sol, les plantes et les surfaces libres d’un bassin versant (cas
déficitaire ou domaine aride).
 l'évapotranspiration potentielle : (ETP) évapotranspiration potentielle
est la quantité qui serait évapotranspirée à partir d’un bassin versant si
l’eau disponible pour l’évapotranspiration ne serait pas un facteur
limitant (cas excédentaire ou domaine humide).
 L’évapotranspiration est exprimée en mm.
38
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-2 l’évaporation / l’évapotranspiration

Les mesures des paramètres physiques conditionnant


l’évaporation sont généralement faites par les services
météorologiques (ex: ANACIM). Cependant, dans le cadre
d’études particulières, ces données ne sont pas souvent
disponibles, dans ce cas l’hydrologue est obligé d’installer des
stations climatologiques plus ou moins complète.

Il s’agit dans ce cas, de stations secondaires ou tertiaires ne


nécessitant pas de gros moyens ni de personnel très compétent
comme pour les stations synoptiques. Cependant, il faudra
insister sur la robustesse des infrastructures et leur autonomie,
car elles sont le plus souvent abandonnées pendant des périodes
plus ou moins longues, en fonctions des moyens disponibles.
39
I-3-2 L'évaporation/l'évapotranspiration

Fig. 12 station météorologique


40
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique

I-3-3 L'interception et le stockage dans les dépressions


 La pluie (ou dans certains cas la neige) peut être retenue
par la végétation, puis redistribuée en une partie qui
parvient au sol et en une autre qui s'évapore. La partie
n'atteignant jamais le sol forme l'interception. Son
importance est difficile à évaluer, donc souvent
négligée dans la pratique.

 Le stockage dans les dépressions est, tout comme


l'interception, souvent associé aux pertes. On définit l'eau
de stockage comme l'eau retenue dans les creux et les
dépressions du sol pendant et après une averse

41
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-4 L'infiltration et la percolation
 L'infiltration désigne le mouvement de l'eau pénétrant dans les couches
superficielles du sol et l'écoulement de cette eau dans le sol et le sous-sol,
sous l'action de la gravité et des effets de pression.

 L'infiltrabilité ou taux d'infiltration i(t); est la tranche d'eau maximale qui


peut s'infiltrer par unité de temps dans le sol et dans des conditions données.

 L’infiltration cumulative I(t)


est le volume total d’eau infiltré
pendant une période donnée,
elle est égale à l’intégrale dans
le temps du régime d’infiltration.

Figure 16 : Evolution du régime d’infiltration et de


l’infiltration cumulative au cours du temps (Ks =
conductivité hydraulique à saturation) (Musy et al
2013).
42
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-4 L'infiltration et la percolation
Méthode de calcul de l’infiltration

• Formule empirique de Horton :

Avec:
i(t) (mm/h) : la capacité d’infiltration au temps t(h) ; i0 la capacité infiltration
initiale d’infiltration dépendant du sol (min-1) ;
-1

• La formule de l’IATE :

où i(t) est la capacité d’infiltration au temps t (mm/h), if la capacité d’infiltration


finale (mm/h) a et b sont des coefficients d’ajustement.

43
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-4 L'infiltration et la percolation

• La conductivité hydraulique à saturation ks : c’est un paramètre


essentiel de l’infiltration. Il représente la valeur limite de
l’infiltration si le sol est saturé et homogène.

• La capacité d’infiltration ou capacité d’absorption d’un sol :


c’est le flux d’eau maximal que le sol peut absorber à travers sa
surface s’il reçoit une pluie efficace

• La percolation représente l’écoulement vertical à travers le sol.


Il s’agit de l’infiltration profonde dans le sous sol, sous
l’influence prépondérante de la gravité ; elle alimente les
nappes phréatiques.

44
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-4 L'infiltration et la percolation

45
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-5 Les écoulements
Quand l’eau de pluie atteint la surface du sol, elle suit plusieurs chemin.
On parle alors d’écoulement. Il y a plusieurs types répartis en deux
groupes:
 les écoulements rapides,
 écoulements lents,

 Les écoulements rapides sont celles qui gagnent rapidement les


exutoires pour constituer les crues. Ils se composent en trois types:
 Le ruissellement : mouvement de l'eau sur la surface du sol,
 L’ écoulement de sub-surface ou hypodermique: mouvement de l'eau
dans les premiers horizons du sol).
 les écoulements en canaux ou rivières qui font appel à des notions plus
hydrauliques qu'hydrologiques (à l'exception des méthodes de
mesures).

 Les écoulements lents ou écoulement de base: eau qui rejoint les


exutoires après avoir transité par les nappes souterraines.

46
I-3 Analyse des composantes du cycle hydrologique
I-3-5 Les écoulements

Composantes du débit observé à l’exutoire d’un bassin versant


47
I-4 Le bilan hydrologique

Définitions liminaires :
 Réservoir : c’est un bassin ou un récipient permettant de stocker de la
matière ou de l’énergie présentant des propriétés biologiques, chimiques
et physiques particulières. Le contenu du réservoir, sous certaines
conditions particulières, peut être considéré comme homogène ;
 Flux : un flux est une quantité de matière ou d’énergie transféré d’un
réservoir à un autre par unité de temps.
 Temps de renouvellement : c’est la durée nécessaire pour que toute
l’eau d’un réservoir soit remplacée, il est défini comme le rapport entre la
capacité S du réservoir et son taux de vidange O.
 Temps de résidence tr : c’est le temps passé par un atome, une molécule
ou une entité élémentaire au sein du réservoir. Si le réservoir ne constitue
qu’une étape intermédiaire dans un processus physique, ce temps peut
aussi être appelé temps de transit.

48
Bilan du cycle hydrologique global de l’eau
Définition
Le bilan du cycle correspond au recensement quantitatif de toutes les composantes du
cycle de l’eau et les variations de réserves d’eau dans un domaine d’espace donne
pendant une durée déterminée. Faire le bilan c’est quantifier les différents termes du
cycle.

Entrées = Sorties +/-Variation de stock


Inflow = Outflow +/- storage variation

Pourquoi faire un bilan hydrologique ?


•Moyen de contrôle de la cohérence des données relatives à l’alimentation et aux
écoulements du système.
• Idée sur l’équilibre hydrologique du système
I-4 Le bilan hydrologique

 L'équation du bilan hydrologique se fonde sur l'équation


de continuité et peut s'exprimer comme suit, pour une
période et un bassin donnés.

 P : précipitations (liquide et solide) [mm],


 S : ressources accumulées au cours de la période précédente
(eaux souterraines, humidité du sol, neige, glace) [mm],
 R : ruissellement de surface et écoulements souterrains [mm],
 E : évaporation (y compris la transpiration c’est-à-dire
l’évapotranspiration) [mm],
 S + DS : ressources accumulées à la fin de la période [mm].

50
Bilan du cycle hydrologique global de l’eau
• Etude du bilan doit toujours se rapporter à l’échelle spatiale et temporelle
Echelle d’espace : le bassin versant, espace géographique unité
Echelle de temps : l’année hydrologique (mais on peut faire des bilans à un pas de
temps plus petit)
• Etude du bilan doit être réalisée sur un ensemble/système fermé ou alors tenir
compte des flux entrant et sortant sur les frontières latérales

P = ET+ R+I +ΔS avec ΔS= (S+ -S-)


Présentée sous cette forme l’ équation du bilan est valable pour un intervalle de temps
relativement court (mois et année).
Sur un intervalle de temps relativement long S+ et S- se compensent d telles sorte que les
∂S peuvent être négligées ainsi : P-ET = R+I

En régime permanent naturel, cette formulation simplifiée de l’équation du bilan permet


de faire une différentiation climatique entre :
Région humide, P-E >0 et E= ETP
Région aride, P-E <0 et E= ETR

En régime influencé, l’expression du bilan devient :


P+ Qentrant= R+ I + ET+ Qsortant+/- ΔS
Bilan du cycle hydrologique global de l’eau

 Bilan du bassin
hydrologique/hydrographique
:

 Système fermé :
 P-ET = R+/- DR
 Système non fermé
 P-ET + Qin = Qex+R+/- DR

 Bilan du bassin
hydrogéologique :
 I-ET= Qw +/-DR

 Bilan d’un aquifère :


 IE =Qw + QExtérieur
I-4 Le bilan hydrologique
Bassin versant : Les pertes dues à l'évaporation peut s’exprimer:
On exprime généralement les
termes du bilan hydrologique en
hauteur d'eau (mm par exemple),
on parle alors de lame d'eau
(précipitée, écoulée, évaporée,  E : évaporation [mm] ou
stockée, etc.).
[m3],
Ce concept appelée Déficit  I : volume entrant [mm] ou
d’écoulement signifie la différence
entre le débit d'eau entrant et le [m3],
débit d'eau sortant d'un volume  O : volume sortant [mm]
donné (par exemple un bassin
versant) au cours d'une période ou [m3],
déterminée qui correspond en
quelles sortes la variation du  DS : variation de stockage
volume d'eau emmagasinée au [mm] ou [m3].
cours de la dite période.
Il peut s'écrire encore sous la forme
simplifiée suivante :
53
I-4 Le bilan hydrologique

D: déficit d'écoulement

Ce déficit d'écoulement
représente essentiellement les  I : volume entrant [mm]
pertes dues à l'évaporation. Si le
bassin versant naturel est ou [m3],
relativement imperméable, la  O : volume sortant [mm]
variation de stock sur une ou [m3],
période donnée peut être
considérée comme nulle (DS=0).  D : le déficit
Dès lors, on peut introduire la d'écoulement
notion de déficit d'écoulement
D dans l'équation qui s'écrit

54
I-4 Le bilan hydrologique
 Ce déficit d'écoulement peut être estimé à l'aide de
mesures ou de méthodes de calcul. A titre illustratif, les
formules de Turc et Coutagne sont les suivantes :

1) La formule de Turc 2) La formule de Coutagne

D : déficit d'écoulement [mm],


D : déficit d'écoulement [mm], P : pluie annuelle [mm],
P : pluie annuelle m= 1/(0.8 + 0.16 T) : coefficient
T : température moyenne annuelle [°C]. régional.
L = 300 + 25 T + 0.05 T3.

55
I-4 Le bilan hydrologique
La connaissance du déficit d'écoulement permet d'évaluer le
comportement du système ou la fiabilité des données sensées
le décrire, par comparaison des valeurs du déficit calculées
directement et les valeurs estimées dans un bassin versant plus
grand.
L’estimation du bilan hydrologique peut être envisagée à l’échelle
de l’ensemble de la planète mais cette étude ne présentera pas un
grand intérêt pratique, par conséquent, il est généralement
nécessaire de le faire à une échelle d’espace et de temps compatible
avec le problème posé.
Echelle spatiale,
Echelle temporelle.

56
Conclusion

 L’hydrologie est une science physique pour laquelle la


connaissance du milieu est limitée.
 L’utilisation de la méthode expérimentale n’est jamais
possible car on ne maîtrise pas l’ensemble des paramètres
du cycle de l’eau et ce quelque soit l’échelle même très
fine. BVRE tout petit bassin versant équipés où sont
effectuées les recherches en hydrologie.
 En hydrologie on utilise des modèles simplifiés ou des
concepts ; le bilan hydrologique est un de ces modèles
simplifiés de la conservation de la masse pour un système
donné.
57
II Notions de base en hydrogéologie

58
II-1 Introduction et généralités

C’est une science qui étudie les modalités de stockage et d’écoulement des eaux
souterraines. Elle s’applique les principes généraux de plusieurs disciplines notamment la
géologie, ; la géochimie ; l’hydroclimatologie, la mécanique des fluides et les sciences de
l’ingénierie, a l’étude et a la recherche des eaux en vue de leur utilisation.

Mécanique des fluides


Hydro climatologie
-Equation d’écoulement
-Précipitation
Géologie opérationnelle
-Hydrologie
-Identification des formations -Lois de transfert
-Hydrométrie
(Nature, répartition et morphologie) -Processus de dissipation
-Géométrie des formations (épaisseur
et dimension)

HYDROGEOLOGIE
Informatique
-Programme Ingénierie
- Logiciels -Mode d’exploitation des nappes
-prospection par usage de
géophysique(condition de gisement des
eaux souterraines)
-Intervention dans une nappe (Stockage,
Télédétection Géochimie travaux, dépollution)
-Image -Qualité des eaux (chimie et
- cartographie bactériologie)
-Interactions eaux/roches
-Devenir des pollutions
II-1 Introduction et généralités
DEFINITION de L’HYDROGEOLOGIE
L’hydrogéologie est la science qui étudie les eaux souterraines tant du point
de vue de leur origine que de leur mouvement a travers les formations
géologiques, de leur composition et éventuellement de leur utilisation.

BUT DE L ’HYDROGEOLOGIE

Le but de l’hydrogéologie est l’utilisation optimale des ressources en eaux


souterraines et pour cela, il faut une délimitation précise du milieu naturel
(géologie, géophysique), une étude des quantités d’eau en présence
(hydrologie), une connaissance des lois régissant l’écoulement
(hydrodynamique), une appréhension de la qualité de l’eau (hydrochimie) et
une maitrise des méthodes de captage.

Le but ultime est l’utilisation de l’eau par l’homme donc il faut envisager les
aspects quantitatifs (hydrodynamique) et qualitatifs (hydrochimie et
pollution).
II-1 Introduction et généralités

Géologie : la connaissance de la nature des terrains est capitale dans la recherche de


l’eau souterraine puisque toutes les formations géologiques ne sont pas aquifères ;

Géophysique : les méthodes géophysiques sont indispensables dans la prospection,


la délimitation des aquifères et le captage des zones productrices lors de la réalisation
d’un forage d’eau ;

Hydrodynamique : permet d’obtenir des indications sur les propriétés des


formations aquifères et d’envisager les conditions optimales de leur exploitation que
ce soit dans le cadre d’un écoulement naturel ou artificiel provoqué par un pompage ;

Hydrochimie : permet de préciser les relations entre contenant (Roche) et contenu


(Eau) en fonction de la vitesse de circulation de la distance parcourue dans le sous-
sol et de la nature des roches traversées ;

Pollution : permet d’étudier toute détérioration de la qualité de l’eau d’origine


anthropique c’est-à-dire induit par l’Homme.

61
II-2 Différents types de milieu et d’unités hydrogéologiques

Le bassin hydrologique : bassin


hydrographique.

Le bassin hydrogéologique
correspond à la partie
souterraine du bassin
hydrologique.

Figure 1 : bassin hydrologique – bassin hydrogéologique d’après Castany (1982).


P, précipitation ; ETR, évapotranspiration ; PE, pluie efficace ;
QT, débit d’écoulement total mesuré à la station de jaugeage de l’exutoire du bassin
hydrologique ; QS, débit de l’écoulement de surface ;
I, infiltration ; IE, infiltration efficace ; QW, débit de l’écoulement souterrain)
62
II-2 Différents types de milieu et d’unités hydrogéologiques
Aquifère
II-2 Différents types de milieux et d’unités hydrogéologiques
Zonalité de l’aquifère
Profil hydrique des sols
Une coupe depuis la surface du sol
montre :
La zone non saturée, ou zone
d’aération, peut être subdivisée en
fonction des teneurs en eau qui croissent
vers le bas en trois sous-zones :
 La zone d’évapotranspiration à la
surface; cette partie est soumise à
d’importantes variations des teneurs
en eau provoquées par l’infiltration
et l’évapotranspiration. Sa
profondeur est fonction de la nature
du type de sol et du climat.
 La zone de transition où la teneur en
eau est voisine de la capacité de
rétention ;
 Au dessus de la nappe se trouve une
zone pratiquement saturée à 100%
ou la pression de l’eau est inférieure
à la pression atmosphérique. La
saturation du terrain se fait par
ascension capillaire. Cette zone est
appelée frange capillaire. Il peut y
avoir une certaine quantité d’air Figure 9 : zonalité de l’eau dans un aquifère à nappe libre (adapté de G. CASTANY, 1982).
piégée, la saturation est alors (1) eau de rétention; (2) eau gravitaire; (3) remontée capillaires; (4) surface piézométrique;
légèrement inférieure à 100% (5) surface de la nappe.
La zone saturée ou nappe dont le
niveau peut être mesuré par un tube
piézométrique.
64
II-2 Différents types de milieux et d’unités hydrogéologiques

Les aquifères présentent des particularités liées à la nature géologique et à la géométrie des
formations rocheuses qui les constituent, mais aussi à leur caractère libre ou captif et autres milieux
hydriques avec lesquels ils échangent.

On distingue trois grands types de famille d’aquifères:

 Les aquifères de roches sédimentaires composés de calcaires, sables, grès, craie. Ils
caractérisent les dépôts en couche dans les grands bassins sédimentaire : bassin sénégalo-
mauritanien ;

 Les aquifères alluviaux constitués de matériaux déposés par les cours d’eau dans leur vallée :
sables et graviers, intercalés dans des limons fins. Vulnérables, ces nappes en relation avec les
eaux de surface servent souvent de relais aux grandes nappes libres qui s’écoulent naturellement
vers les points bas que sont les vallées;

 Les aquifères des roches cristallines (granite, gneiss …) et volcaniques (laves, cendres)
stockent l’eau dans les fissures et les zones altérées (arènes). Ils abritent de petites nappes, on
les rencontre au Sénégal oriental.

65
II-2 Différents types de milieu et d’unités hydrogéologiques
Tableau 8 : Principaux aquifères du Sénégal (Gaye, 1990)
Aquifères Localisation Réservoir Perméabilité Débits spéc. Qualité eau
Nappes alluviales Deltas du Sénégal et du Sine Saloum Alluvions +/- sableux, sables, Médiocre à faible Médiocre à faible Souvent salée à
latérites fortement salée

Nappes des sables Cap -Vert ,Cayar, Sables infrabasaltiques, sables Très bonne Moyen à bon Peu chargé avec fer à
quaternaires dunaires Thiaroye

Nappes du Continental Ferlo, Thiès- Tivaouane, Sine Gambie Sables et grès +/- argileux Assez bonne à bonne Moyen à bon Douce à très douce
Terminal

Nappe de L’Oligo-miocène Koungheul- Tamba, Casamance Sables faiblement argileux bonne Moyen Peu chargé

Nappes des calcaires lutétiens Ferlo, Louga-Coki, Thies-Tivaouane, Calcaires karstifiés bonne Bon Douce pouvant être
khombole- Bambey-Diourbel chargée à certains
endroits

Nappes des calcaires Sébikhotane-Pout, Mbour Calcaires karstifiés bonne Bon Peu chargée + apport
paléocène localisé d’eau saumâtre

Nappe supérieur du Horst de Ndiass Sables, grès Très bonne Bon Peu chargée
Maastrichtien

Nappe profonde du Ensemble bassin sauf extrême ouest Sables , grès sables argileux Moyen à bonne Peuvent être importante Très peu chargée
Maastrichtien /saumâtre

66
II-2 Différents types de milieux et d’unités hydrogéologiques
On distingue trois principaux types de terrains selon leur capacité à laisser passer l’eau :
 Les terrains perméables où l’eau circule librement : les matériaux qui ont la propriété de se laisser traverser par
l’eau à des vitesses appréciables sous l’impulsion de différences d’altitudes ou pente de la nappe appelées gradients
sont dits perméables. Ces terrains constituent les formations hydrogéologiques perméables, origine exclusive des
gisements d’eau souterraine ou aquifères. Ce sont les graviers, les alluvions, les sables gros et moyens, les calcaires
fissurés, les roches volcaniques fissurées etc...

 Les terrains semi-perméables


où l’eau circule lentement : c’est
le cas de certains matériaux
comme les sables très fins, les
sables argileux permettent dans
des conditions hydrodynamiques
favorables les échanges verticaux
entre aquifères superposés.
 Les terrains imperméables où
l’eau ne peut circuler imposent
les limites géologiques des
aquifères. Ces formations peuvent Figure 2 : trois types de formations hydrogéologiques ( Castany, 1982 )

contenir de grandes quantités


d’eau qui ne peuvent cependant,
être exploitées 67
II-2 Différents types de milieux et d’unités hydrogéologiques
Colonne hydrogéologique

La localisation en profondeur
des aquifères est déterminée par la
succession verticale en alternance des
formations géologiques perméables,
imperméables et semi-perméables.

La représentation graphique des formations


recoupées successivement par un sondage
ou reconstituée par les études géologiques,
accompagnées d’informations sur l’eau
souterraine, est la colonne hydrogéologique.

Il comporte essentiellement : la lithologie


des formations, leur localisation en
profondeur, les niveaux piézométriques, les
paramètres hydrodynamiques et les Figure 3 : localisation des aquifères, en profondeur, est imposée par la
succession des formations lithostratigraphiques, identifiant le type de
caractéristiques géochimiques des roches formation hydrogéologique (Castany, 1982).
réservoirs et de l’eau. 1 : aquifère à nappe libre (premier aquifère); 2 et 3 : aquifère à nappe
captive ; 4 : aquifère multicouche 68
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère

 L’aquifère est un système dynamique caractérisé par sa


configuration et sa structure, les fonctions de son réservoir et ses
comportements.
 La configuration et la structure d’un aquifère permettent de
distinguer trois types hydrodynamiques à nappe libre, à nappe
captive et à nappe semi-captive.
 L’aquifère est constitué de deux phases principales en
interactions : le réservoir et l’eau souterraine.
 L’aquifère par sa structure remplit trois fonctions vis-à-vis de
l’eau souterraine : réservoir, conduite et milieu d’échanges
géochimiques.
 L’aquifère présente, en réponse à des incitations extérieures, trois
comportements : hydrodynamique, hydrochimique et
hydrobiologique.
69
II-2 Différents types de milieux et d’unités hydrogéologiques

1. Un réservoir est un système


dynamique : configuration et
structure

2. réservoir remplit trois


fonctions: stockage conduite et
échange géochimique

3. réservoir pourrait être


caractérisé par une variabilité
dans le temps et dans l’espace.

4. une séquence du cycle global


de l’eau
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
La configuration ou enveloppe de l’aquifère porte sur ses
dimensions et les caractéristiques de ses limites
géologiques et hydrodynamiques ou conditions aux limites.
La base de l’aquifère, appelée substratum, est constituée
par une formation hydrogéologique imperméable. Par
contre sa limite supérieure est de trois types :

 Hydrodynamique avec fluctuations libres : aquifère à


nappe libre;

 Géologie imperméable : aquifère à nappe captive;

 Géologie semi-perméable: aquifère à nappe semi-


captive.
71
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-1 Aquifère à nappe libre

Lorsqu’un matériau perméable n’est pas


recouvert par du matériau imperméable,
il peut contenir une nappe dont le niveau
dont le niveau supérieur de l’eau est en
relation avec l’atmosphère. Cette nappe
est appelée nappe libre, elle est limitée au
dessus par une surface libre qui
correspond à son toit.
Le niveau supérieur d’une nappe libre
(toit) fluctue dans le temps du fait de la
recharge/décharge et de son écoulement.

Figure 4 : aquifère à nappe libre

72
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-1 Aquifère à nappe libre
Exemples de nappe libre

Nappe de vallée en pays tempéré : elle constitue la première nappe


atteinte par les puits ; c’est la nappe phréatique. Lorsque le sol est
uniformément poreux et perméable, l'eau de pluie s'infiltre jusqu'à une
couche imperméable et sature la roche jusqu'à un certain niveau appelé
surface libre de la nappe. Dans la nappe, l'eau circule jusqu'à des
exutoires qui sont situés dans les points bas de la topographie.

Figure 5-1 : nappe libre des sables de Fontainebleau

Nappe alluviale : l’aquifère est constitué par les alluvions


d’une rivière. L'eau de la nappe est en équilibre avec celle
de la rivière et les échanges se font dans les deux sens. Les
alluvions sont très perméables ; elles peuvent avoir des
épaisseurs importantes (une centaine de mètres) et
constituer un réservoir très important servant à
l'alimentation en eau des villes situées le long de la
rivière.

Figure 5-2 : nappe alluviale


73
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-2 Aquifère à nappe captive
Les nappes captives peuvent être physiquement
représentées comme des conduites d’eau sous
pression. La nappe est confinée car elle est
surmontée par une formation peu ou pas perméable;
l'eau est comprimée à une pression supérieure à la
pression atmosphérique. A la suite d'un forage au
travers du toit imperméable, l'eau remonte et peut
jaillir: la nappe est artésienne. Le jaillissement peut
disparaître par la suite si la nappe est exploitée au
point de diminuer sa pression

Figure 6 : Nappe captive

Remarque: le niveau piézométrique d’une nappe


captive est toujours supérieur au toit de la nappe. 74
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-2 Aquifère à nappe captive
Exemple de nappe captive

La nappe est captive à l’Ouest


sous la couverture basaltique et
libre à l’Est là où elle est en
contact avec les sables coquillers
et les alluvions graveleuses qui
sont perméables.

Figure 7 : Coupe géologique Ouest-Est montrant la structure de la nappe


infrabasaltique de la Presqu’Île du Cap Vert

75
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère

II-3-2 Aquifère à nappe captive

Puits jaillissant et puits de surface


Un puits est dit artésien jaillissant lorsque le niveau piézométrique est plus élevé que la surface
du sol.

76
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-3 Aquifère à nappe semi-captive
Lorsque l’éponte supérieure de l’aquifère ne peut être
considérée comme imperméable, bien que nettement
moins perméable que l’aquifère lui-même, alors un
échange peut avoir lieu entre cet aquifère et son
éponte, une telle nappe est dite semi-captive.

Figure 8 : Nappe semi-captive

77
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-4 Piézométrie
En reliant tous les niveaux piézométriques mesurés sur un territoire on obtient la surface
piézométrique. La mesure du niveau piézométrique se fait avec une sonde piézométrique.

Figure : Niveau piézométrique et courbes isopièzes

78
II-3 Identification hydrodynamique de l’aquifère
II-3-5 Mobilité de l’eau dans le sol
Eau liée, eau libre
Seule une partie de l’eau contenue dans une
roche est mobilisable.
Eau gravitaire : fraction d’eau souterraine
soumise à la seule force de gravité: eau libre.
Son volume est proportionnel à la
granulométrie.
Eau de rétention : fraction d’eau maintenue
dans les vides et la surface des grains par des
forces supérieures à celle de la gravité. Elle
comprend :
- l’eau adsorbée qui forme un
mince film autour des grains, elle est
inversement proportionnelle à la granulométrie.
- l’eau pelliculaire qui forme une
couche très mince de l’ordre du micron, qui
peut se déplacer à la surface des grains sous
l’attraction des molécules d’eau voisines. Elle
est fortement liée. Figure 14 : différents types d’eau au voisinage d’un grain
dans un aquifère (Polubrina-Kochina 1962 in Castany,
1982) 79
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimique du
réservoir.
La structure de l’aquifère, l’aquifère est un complexe physico-chimique unique de
deux constituants essentiels, ou phases, étroitement liés et en interactions. Parfois il
existe une troisième phase constituée le gaz et particulièrement l’air.

Le réservoir poreux ou fissuré constitue la trame de la structure solide ou matrice. Ex


: grains de sables d’une formation sableuse, roche fissurée de la craie etc…

L’eau souterraine phase liquide, dont la fraction mobilisable (eau gravitaire)


constitue la nappe d’eau souterraine alimentant les sources, rivières et captages.

Les interactions hydrodynamiques, hydrobiologiques et hydrochimiques entre les


deux phases, roche et eau sont à l’origine des fonctions du réservoir et des
comportements de l’aquifère. Elles provoquent la régulation des débits de l’eau
souterraine et déterminent sa qualité.

80
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimique du
réservoir.
Fonctions du réservoir : le réservoir de l’aquifère, alimenté par l’infiltration efficace
ou par des nappes voisins affluentes, remplit trois fonctions vis-à-vis de l’eau
souterraine qui le traverse.

 Fonction réservoir ou capacitive : emmagasinement de l’eau (stockage ou


libération) variation de stock. Cette fonction est associée au concept de réserve;

 Fonction conductrice : conduite libre dans les aquifères à nappe libre et forcée
dans ceux à nappe captive ;

 Fonctions d’échanges ou d’interactions physico-chimiques permanentes entre le


réservoir et l’eau souterraine (interaction eau/roche : chaleur, dissolution ou
précipitation de sels, échanges d’ions etc…

 Le réservoir peut également remplir un rôle hydrobiologique par le pouvoir auto-


épurateur des sols. Cette fonction d’échange est associée au concept de qualité de
l’eau souterraine.
81
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimique du
réservoir
II-4-1 Notion de porosité
L’ensemble des vides (pores) d’une roche pouvant être occupés par un liquide, un
fluide, un gaz est appelée la porosité.

Figure 10 : Porosité inter-granulaire

82
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
1I-4-1 Notion de porosité
Indice des vides = e = volume des vides /volume du solide

Vv Vv = volume des vides


e Vs = volume du solide
Vs Vt = volume totale de la roche

On peut relier la porosité totale n à l’indice des vides utilisé en mécanique des sols

Vt Vs Vv e
n x100 n n 
Vt Vs  Vv 1 e
 Teneur en eau massique  Teneur en eau volumique

MW
W %  100
MS
 Degré de saturation

83
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimique du
réservoir
II-4-1 Notion de porosité
La porosité totale est déterminée par la mesure au moins de deux de ces
paramètres suivants :
• Le volume total de roche
• Le volume des vides
• Le volume solide.

On peut mesurer le volume total de l’échantillon soit à partir des ses


dimensions, soit par le volume de liquide qu’il déplace par immersion après
que sa surface ait été imperméabilisée (paraffine).
La mesure du volume de solide est obtenue par pesée de l’échantillon sec et de
la densité des éléments solides au pycnomètre (voir cours de mécaniques des
sols).
On peut remplacer la mesure du volume des solides par celle des vides,
obtenue par différence de poids entre l’échantillon saturée d’eau et
l’échantillon sec.
84
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-1 Notion de porosité : différents types de porosité
Porosité primaire : c’est la porosité de la roche au
moment où elle a pris naissance, soit le pourcentage en
volume des vides du squelette.

 Porosité de vacuole bulles: dues à des cavités


complètement closes, elle ne s’accompagne pas de
perméabilité. Du fait de la fermeture des pores, l’eau ne
peut pas circuler d’un pore à l’autre. Porosité de vacuoles

 Porosité d’interstices : elle correspond


aux vides existants entre les divers
éléments d’une roche (la porosité d’un
sable). C’est presque toujours une
porosité ouverte (30%).

Figure 11 a : Types de porosité


85
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-1 Notion de porosité : différents types de porosité
Porosité secondaire : peut intervenir au cours de la vie
d’une roche suite à des phénomènes physiques
(fracturation) ou chimique (dissolution) de la roche.
Elle peut prendre plusieurs formes:

 Porosité de fissures : milieu fissuré


Roches compactes, les fissures peuvent être des joints de Porosité de fissures Porosité de fissures isolées
stratification, diaclases, failles, fissures de retrait (roche connectées
magmatique, schistosité)

 Porosité d’altération ou de dissolution des minéraux de la


roche (chenaux)
Roche soluble (calcaire, gypse) dans la quelle l’eau dissout une
partie de la roche, créant ainsi des Chenaux de circulation d’eau.

Figure 11 b : Types de porosité


86
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-1 Notion de porosité : différents types de porosité

Trois types de roches peuvent être identifiés :

Roches poreuses mais imperméables : essentiellement roches argileuses ;

Roches poreuses perméables en petit : roches cohérentes (calcaire, grès ), pouvant


présenter en plus , une perméabilité de fissure (perméabilité en grand), ou roches
meubles (sables, graviers, …) ;

Roches non poreuses perméables en grand.

87
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimique
du réservoir
II-4-1 Notion de porosité : différents types de porosité

Porosité efficace : elle correspond au


rapport du volume d’eau gravitaire Ve, que
le réservoir peut contenir à l’état saturé puis
libérer sous l’effet d’un égouttage complet
à son volume total.
Elle correspond à la part de la porosité due
à l’eau libre. Elle est aussi appelée porosité
de drainage ou porosité cinématique. Elle
se définit comme suit :

Exemple : un échantillon de sable, saturé à


1000cm3 libère par égouttage de 24 heures
en laboratoire un volume d’eau gravitaire de
200 cm3. Sa porosité efficace est de :
200/1000 = 20%. 88
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-1 Notion de porosité : différents types de porosité

La porosité efficace
Les trois principaux facteurs de la porosité efficace sont :

- Diamètre des grains

- Arrangement des grains

- Etat de surface

Figure 12 : valeurs relatives de ma porosité efficace et totale


en fonction du diamètre des grains

89
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-1 Notion de porosité : différents types de porosité

Ordres de grandeurs des vitesses d’écoulement selon


le type de porosité

Dans les terrains formés de


roches meubles (sables,
graviers…) les eaux
souterraines circulent à
travers les vides de façon
lente et régulière.
Dans les roches compactes
présentant de larges fissures
(calcaires, granites…) les
circulations des eaux
souterraines sont plus rapides
et désordonnées. Figure 13 : vitesse d’écoulement en fonction de la porosité (Guillemin et
Roux, 1992)
90
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir

91
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-2 Notion de perméabilité / conductivité hydraulique (m/s)
capacité d’un milieu à se laisser traverser par un fluide (liquide ou gaz).

L’eau ne circule pas en ligne droite au sein d’une roche pour


aller d’un point A à un point B, elle emprunte plusieurs
chemins; donc calculer la vitesse de déplacement de l’eau en
ne tenant compte que de la distance entre A et B ne reflètera
pas la réalité. Il faudra tenir compte de la porosité efficace de
la roche.
La notion de perméabilité permet d’appréhender la vitesse de
circulation des eaux souterraines en tenant compte de la
porosité efficace c’est-à-dire de l’existence de vides
interconnectés.
Selon le type de porosité il existe une perméabilité « en
petit » (circulation dans les pores) et une perméabilité « en
grand » (circulation dans les fissure, fractures, karsts).
La conductivité hydraulique est une grandeur qui dépend à la Figure 16 : écoulement de l’eau à travers les vides
fois des propriétés du milieu poreux où l’écoulement a lieu
(granulométrie, forme des grains, répartition et forme des
pores, porosité inter-granulaire), des propriétés du fluide qui
s’écoule (viscosité, densité) et du degré de saturation du
milieu poreux.

92
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-2 Notion de perméabilité / conductivité hydraulique (m/s)

Mesure de la perméabilité : formule empirique


La plus utilisée est la formule approchée établie par
HAZEN pour estimer le coefficient de perméabilité K
à partir du diamètre efficace du matériau, calculé à
partir de l’analyse granulométrique. Cette formule est
surtout valable pour les sables.

Diamètre efficace : diamètre correspondant à 10% de la


courbe c’est-à-dire le diamètre du tamis retenant 90% de
l’échantillon. Ce diamètre est noté d10.
On admet que ce d10 est le paramètre qui conditionne le
plus, les propriétés de perméabilité du milieu poreux.
Figure 17 : exemple d’une courbe granulométrique cumulative

93
II-4Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-2 Notion de perméabilité / conductivité hydraulique (m/s) - Ecoulement des roches stratifiées
De nombreux sols sédimentaires sont constitués par des couches superposées de granulométries et donc de perméabilités
variables. La perméabilité est parmi les propriétés des sols les plus sensibles à l’anisotropie. Soit un terrain stratifié
d’épaisseur d constitué de n couches horizontales d’épaisseurs di et de perméabilité ki, on peut définir la perméabilité :

- Dans le cas d’un écoulement parallèle au plan de stratification


Condition d’écoulement naturel des nappes

- Dans le cas d’un écoulement perpendiculaire au plan de stratification


di = épaisseur de chaque couche, d = épaisseur totale des couches

Figure 18 : écoulement par rapport au plan de stratification de la roche


94
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
II-4-2 Notion de perméabilité / conductivité hydraulique (m/s)
- Ecoulement des roches stratifiées

Figure 19 : Plusieurs types de porosité peuvent exister au sein d’une même roche:
- Grès : possibilité d’une porosité d’interstices et de fissures;
- Calcaires: possibilité d’une porosité d’interstices, de fissures et de chenaux
95
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
Perméabilité des Roches les plus courantes

 Sables et graviers alluvionnaires 1000 m à 10 m/j

 Sables fins, limons 100 m à 10 cm/j

 Arènes granitiques, sables argileux 1 m à 1 mm/j

 Argiles 1 cm à 0.01mm/j

 Calcaires, dolomies 1000 m à 10 cm/j

 Craie 100 m à 1 m/j

 Grès, conglomérats 1000 m à 10 cm/j

 Schistes 1 cm à 0.01 mm/j

 Granites et roches cristallines 1 m à 0.01 mm/j

96
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
Transmissivité (T)

•Pour un aquifère multicouche

T  Ti
II-4 Notions de base sur les caractéristiques physico-chimiques
du réservoir
Diffusivité

C’est le rapport de la transmissivité sur le coefficient


d’emmagasinement ; elle caractérise la vitesse de réaction d’un
aquifère face à une perturbation.

D = T/S (m2/s)

 T = Transmissivité (m2/s)
 S = Coefficient d’emmagasinement
II-5 La loi de Darcy

C’est une loi physique qui exprime le débit d’un fluide incompressible traversant un
milieu poreux. La circulation de ce fluide entre deux points est déterminée par la
conductivité ou le coefficient de perméabilité du substrat et par le gradient de pression
du fluide. Dans le cas d’un cours d’eau ou d’un réservoir alimentant une nappe, ce
gradient est lié à la hauteur de l’eau.

Avec : Q : le débit volumique (m3/s) filtrant


K : la conductivité hydraulique (ou coefficient de
perméabilité ) du milieux poreux, qui dépend à la fois
du milieu poreux et de la viscosité du fluide
A : la surface de la section étudiée en (m2)

le gradient hydraulique, où ΔH est la

différence des hauteurs piézométriques en amont et en aval de


l'échantillon, L est la longueur de l'échantillon.

99
II-5 La loi de Darcy
Généralisation de la Loi de DARCY
Cette formule n’est applicable que dans des
conditions bien précises notamment
lorsqu’on a affaire à des milieux continus,
homogènes et isotropes où le flux d’eau est
laminaire.

La loi de DARCY s’énonce donc ainsi ; l’écoulement


interne de l’eau dans un milieu poreux saturé, isotrope, et
homogène se traduit par des vitesses apparentes
proportionnelles en tout point au gradient hydraulique. La
loi de Darcy généralisée exprime que le vecteur de vitesse de décharge et le
gradient hydraulique sont proportionnels.

Le coefficient K de proportionnalité est appelé le


coefficient de perméabilité de DARCY et dépend du
milieu poreux .
V=Q/A V= K i (avec i =h/L)
II-5 La loi de Darcy
Vitesse apparente ou debit specifique
V= Ki ou K (dh/L) : Cette vitesse dite apparente V d’écoulement de l’eau (débit par unité de surface)
est proportionnelle à la perte de charge et inversement proportionnelle à la hauteur de la conduite.
C’est ainsi que le nombre de Reynolds est introduit pour définir les deux types de flux.
On rappelle Nombre de Reynolds : vd
e 
vr
avec v: vitesse du flux de Darcy ; d: diamètre moyen des grains ; vr : viscosité cinématique
= 
 e  1  10 
Écoulement est laminaire dans les eaux souterraines lors que le nombre de Reynolds est
inferieur à 2000 ie l’écoulement reste laminaire tant que la vitesse n’excède pas 1.7 10-4
m/s (Vitesse critique). La vitesse critique est la vitesse au-delà de la quelle, l’écoulement
devient turbulent, elle peut être approchée par la formule empirique de Sichardt :
K
Vc 
15
Vitesse réelle ou Vitesse effective
Pour trouver la vitesse réelle de passage du fluide à travers les pores du milieu, on a :
Q
V
ne A
neA : section efficace (ne = porosité efficace, A= section)
V : vitesse effective (vitesse réelle).
II-5 La loi de Darcy
Exemple D’ écoulement en régime permanent d’une nappe captive

Le débit par unité de largeur


Q q’ ou débit unitaire peut être déterminé à partir de la loi de Darcy :
q 
' dh
l
q '
  Kb
dL
On connaît h1 et h2 ; nous pouvons calculer la charge en tout point entre P1 et P2 c'est-à-dire donc
en A avec l’écoulement sea faisant de P1 vers
h P 2.
Pour cela, on intègre :

0

q ' dL   Kb dh
h1
Equation de Dupuits

q' avec (a) la distance entre le puit 1 et le point de mesure de h


h  h1  a
Kb
II-5 La loi de Darcy
Ecoulement en régime permanent d’une nappe libre

On suppose qu’il n’y a pas de décharge par


évaporation ou bien de recharge par l’eau de pluie.
Cela veut dire que tout ce qui entre au point P1 sort
par écoulement latéral au point P2.
dh
q   Kh
'

dL
Les conditions aux limites de ce système sont :
- à P1 : x = 0 h = h1
- à P2 : x = L h = h2

En intégrant l’équation du débit unitaire

dh L h2
q   Kh
'
 d x  K  hdh
q '

dx 0 h1

h2
h   h 2
h 2

q x K
2
L
'
0  K   q 
'

2
 
1

 2  h1 L 2 2

Equation de Dupuits
II-5 La loi de Darcy
Potentiel de l’eau, charge de potentiel et charge
d’élévation

Le contenu en eau susceptible d’être observé en un


point du sol est relié à certaines propriétés et
caractéristiques du matériau constituant ce sol.
Le potentiel correspond au travail pour déplacer une
unité de masse de cette eau d’un point à un autre.

C’est une grandeur physique exprimant l’énergie par


unité de masse (notée φ, unité m2/s2), par unité de
volume (équivalent à une pression, noté P, unité
kg/m/s2) ou par unité de poids (noté H, d’unité m).

Pour une masse m d’un fluide incompressible, ce


travail s’exprime mathématiquement comme suit :

W = mg (z1 - z2) + m (p1 - p2)/ρ + m (v21 – v22) / 2

Le potentiel de pression de l’eau peut être déduit par :


Φ = gz + P/ρ + v2/2 (Equation de BERNOUILLI)

C’est la somme de trois termes : énergie potentielle (altitude), énergie élastique, énergie cinétique
(négligeable car l’eau circule lentement).
II-5 La loi de Darcy
V~ 0 ce qui entraine que : Φ= gz + P/ρ avec P =Pa+Ph
Ph = ghp = pression hydraulique en zone saturée
Pa = pression atmosphérique (négligeable)
Φ =Le potentiel de l’eau exprimé en énergie par unité de poids ou charge hydraulique
est aussi appelée hauteur piézométrique
Charge hydraulique
Correspond à la hauteur d’équilibre en un sol

point donné de l’espace, c'est-à-dire à la


hauteur à laquelle s’élèverait et se
stabiliserait l’eau pour se mettre en surface eau

équilibre avec la pression atmosphérique : h


H
H = Φ/g = z+hp z
0 IGN

z= charge altimétrique Charge de potentiel et charge d’élévation


hp=charge de pression

Q = Cd102 (g/µ)* A /L *d(Φ/g) : Loi DARCY


II-5 La loi de Darcy
II-5 La loi de Darcy
Bibliographie

Anctil et al: 2005


Musy et Souter, 1991
Musy et al : 2013
Wikipedia
[Link]/e-drologie/chapitres/chapitre3/

108
Merci pour votre attention

109

Vous aimerez peut-être aussi