Introduction Introduction
Cette méthode d’écriture s’adresse à toute personne qui désire apprendre à
écrire et à lire l’arabe de façon rapide et efficace. Elle est adaptée aux petits
comme aux grands débutants qui veulent apprendre dans le cadre scolaire,
universitaire ou bien en autonomie.
L’ouvrage a pour objectif de permettre l’acquisition des différentes formes
des lettres arabes, de manière simple et méthodique. Pour chaque lettre, le
tracé est présenté en détail, avec des remarques précises sur la manière de
procéder lors de l’écriture.
Les exercices qui accompagnent les lettres ont été conçus pour se suffire à
eux-mêmes et pour être utilisés indépendamment de tout autre support
d’apprentissage.
Des exercices spécifiques ont été conçus pour s’entraîner d’une part, à la
combinaison des formes et des graphies et, d’autre part, à la combinaison
des racines et des schèmes, qui sont à la base du système linguistique de
l’arabe. Ces exercices reprennent et approfondissent les réflexes acquis lors
de l’apprentissage du tracé des lettres.
Toutes les lettres sont présentées de manière progressive et comparative,
accompagnées de fichiers audio et de mots choisis de la langue arabe pour
illustrer leur prononciation.
La méthode allie ainsi la lettre, le son et le mot, pour un apprentissage
systématique visant la maîtrise du geste graphique, de l’écriture et de la
lecture.
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LaLANGUE
LA langue arabe
ARABE
L’arabe est l’une des six langues de travail au sein de l’Organisation des
Nations Unies (ONU). Elle est également la langue officielle de bon nombre
d’organisations régionales et internationales.
Elle est parlée aujourd’hui par plus de 400 millions d’habitants dans une
vingtaine de pays qui s’étendent du Golfe persique (ex. Oman) à l’Océan
atlantique (ex. Maroc). Pourtant, à l’origine, c’est la langue des anciens
Arabes, ensemble de tribus bédouines originaires de la Péninsule arabique
et vivant pour la plupart dans le désert.
1. Une
1. Unelangue
languesémitique
sémitique
C’est une une langue sémitique de la même famille que le syriaque,
l’araméen et l’hébreu. Elle offre d’ailleurs un certain nombre de points
communs avec ces langues anciennes.
Le destin exceptionnel de l’arabe est dû essentiellement au fait qu’elle est
aussi la langue du Coran, livre sacré des Musulmans, qui se qualifie lui-
même de « Livre arabe clair » et qui fut recensé et fixé officiellement au VIIe
siècle ap. J.-C.
Au fil du temps, l’arabe s’est donc affirmé à la fois comme une langue
liturgique servant à l’exercice du culte (lecture du Coran, prières, etc.) et
comme une langue de culture servant à la diffusion de la poésie, des arts et
des lettres arabes (ex. Adab).
2. Une
2. Unelangue
langueavec
avec des
des dialectes
dialectes
C’est pourquoi, la langue arabe se caractérise aujourd’hui par la coexistence
d’une diversité remarquable de registres.
Il y a tout d’abord, l’arabe littéral ou littéraire ou classique (dit fusḥâ) qui
renvoie aux textes anciens et aux usages linguistiques de l’époque médiévale
et qui continue d’être étudié dans les universités du monde arabe.
Il y a ensuite, l’arabe dialectal ou courant (dit dârija), en usage dans la vie
de tous les jours et dans la conversation quotidienne, mais qui diffère
notablement d’un pays à l’autre, voire d’une région à l’autre à l’intérieur
d’un même pays : arabe marocain, algérien, tunisien, égyptien, libanais,
irakien, etc.
Il y a enfin l’arabe moderne, standard ou médian (dit wustâ), variante
simplifiée de l’arabe littéral. Il est en usage dans la presse et les médias
(télévision, radio, journaux, Internet) de tous les pays arabes, formant une
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sorte de langue commune, accessible et compréhensible pour la majorité des
arabophones. C’est cet arabe moderne qui est présenté ici.
Il est à noter cependant que le débat fait régulièrement rage dans les pays
arabes entre les tenants de l’arabe littéral (fushâ) et les défenseurs du
dialectal (dârija). Les uns poussent toujours à une « arabisation » plus
grande de l’enseignement et de la société ; les autres militent pour une
adoption du dialectal comme langue nationale, à l’instar de ce qui s’est passé
en Europe de la Renaissance où les langues issues du latin ont
progressivement pris leur autonomie par rapport à ce dernier même si le latin
s’est longtemps maintenu comme une langue liturgique au sein de l’Église.
3. Une
3. Unelangue
languequi qui évolue
évolue
Contrairement à ce que pourrait laisser le maintien d’un certain usage
archaïsant de l’arabe liturgique, la langue arabe a considérablement évolué
au fil des siècles. Elle a d’abord intégré des mots issus des langues de son
temps tels que le grec et le persan ou encore l’hébreu et le syriaque.
Elle s’est également adaptée aux différentes contrées conquises par les
Arabes au Moyen-Orient et au Maghreb où dominait le Berbère, mais aussi
en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est, comme en atteste la simple
différence de prononciation des prénoms aussi fréquents que Mohamed
(nom du Prophète) ou de Fatima (sa fille) : Muhammad, Mohammed,
Mehmet, Mamet, Fatima, Fatma, Fatoumata, etc.
À partir du début du XIXe siècle, cette évolution s’est faite au contact des
langues européennes, en particulier du français, de l’anglais et de l’italien,
dont on retrouve les traces et l’influence dans le vocabulaire commun et
spécialisé et même dans les expressions de la vie courante en arabe dialectal.
Enfin, une évolution majeure s’est enclenchée à la fin du vingtième siècle
sous l’effet des médias transfrontaliers (télévisions par satellite) puis sous
l’impact des nouvelles technologies de l’information et de la communication
qui ont réduit les frontières et permis une pénétration en profondeur des
modes d’expression, d’écriture et même de prononciation propres aux
langues occidentales, en particulier de l’anglais.
Dans cette évolution en cours, l’internet les réseaux sociaux jouent
désormais un rôle central et modifient la façon même de penser, d’écrire et
de s’exprimer des locuteurs arabophones.
C’est pourquoi, l’apprenant francophone de l’arabe ne sera pas étonné de
retrouver des mots et des habitudes langagières qui lui sont familières.
Même si la langue est transcrite avec un alphabet différent, il ne manquera
pas de reconnaître des sons et des sens habituels.
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L’alphabet arabe
L’ALPHABET ARABE
L’alphabet arabe comporte vingt-huit lettres qui sont des consonnes, comme
le veut la structure des langues sémitiques, mais il possède également trois
voyelles (a, u, i) qui sont rarement notées dans l’écriture.
1. L’ordre de l’alphabet
1. L’ordre de l’alphabet
Les vingt-huit lettres ont été d’abord rangées selon l’ordre traditionnel des
alphabets sémitiques (a, b, j, d, h, w, z, h, t, y…), mais très rapidement un
nouvel ordre mnémotechnique a été adopté et continue d’être utilisé encore
de nos jours.
L’ordre actuel de l’alphabet est fondé sur le regroupement des lettres
proches par leurs formes. Ainsi par exemple, les lettres « b, t, th » et « j, ḥ,
kh » se suivent et se ressemblent. La seule différence entre elles réside dans
les points (dits diacritiques) qui sont placés au-dessus ou bien au-dessous
de la lettre.
Ci-après l’ordre traditionnel de l’alphabet arabe qui fait apparaître
visuellement les séries de formes proches, ainsi que les points diacritiques
qui permettent de les distinguer :
ط/ص ض/س ش/ر ز/د ذ/ج ح خ/ب ت ث/ا
ي/و/ه/ن/م/ك ل/ف ق/ع غ/ظ
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Comme on peut le voir, les points placés au-dessus ou au-dessous des lettres
permettent de les distinguer. Exemples :
ب [ba] / ت [ta] / ث [tha]
ج [jim] / ح [ḥa] / خ [kha]
Mais certaines lettres ne comportent pas de points diacritiques et sont
aisément reconnaissables à leur forme propre, comme par exemple la
sucession finale ( )ك ل م نqui rappelle l’ordre alphabétique français (k, l, m,
n).
Enfin, les lettres de l’alphabet arabe ont des formes différentes selon leur
position dans le mot (au début, au milieu, ou à la fin) et peuvent changer de
forme en fonction du fait qu’elles sont ou non attachées à la lettre qui
précède ou qui suit. Ainsi par exemple, la lettre « b » peut prendre les quatre
formes suivantes selon sa position dans le mot :
Au début du mot Au milieu du mot À la fin du mot Lettre isolée
ﺒـــــــــــ ــــــــــــﺒـــــــــ ب/ ـــــــب ب
7
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2. Tableau
2. Tableau de l’alphabet
de l’alphabet
Lettres Formes possibles Transcriptions
(hamza) ھﻤﺰة ؤ/ ئ/ ـﺌـ/ أ/ إ/ ء ’ ’
(alif) أﻟﻒ ى/ ـﺎ/ ا a A
(bâ’) ﺑﺎء ـﺐ/ ـﺒـ/ ﺑـ/ ب b B
(tâ’) ﺗﺎء ة/ ـﺔ/ ـﺖ/ ـﺘـ/ ﺗـ/ ت t T
(tâ’) ﺛﺎء ـﺚ/ ـﺜـ/ ﺛـ/ ث th Th
(jîm) ﺟﯿﻢ ـﺞ/ ـﺠـ/ ﺟـ/ ج j dj
(ḥâ’) ﺣﺎء ـﺢ/ ـﺤـ/ ﺣـ/ ح h ḥ
(khâ’) ﺧﺎء خ/ ـﺨـ/ ﺧـ/ خ kh H
(dâl) دال ـﺪ/ د d D
(dhâl) ذال ـﺬ/ ذ dh Dh
(râ’) راء ـﺮ/ ر r R
(zây) زاي ـﺰ/ ز z Z
(sân) ﺳﯿﻦ ـﺲ/ ـﺴـ/ ﺳـ/ س s S
(chîn) ﺷﯿﻦ ـﺶ/ ـﺸـ/ ﺷـ/ ش ch / š sh
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ﺻﺎد )(çâd ص /ﺻـ /ـﺼـ /ـﺺ ç Ṣ
ﺿﺎد )(ḍâd ض /ﺿـ /ـﻀـ /ـﺾ ḍ Ḍ
طﺎء )’(ṭâ ط /طـ /ـﻄـ /ـﻂ ṭ T
ظﺎء )’(ẓâ ظ /ظـ /ـﻈـ /ـﻆ ẓ Zh
َﻋﯿﻦ )(‘ayn ع /ﻋـ /ـﻌـ /ـﻊ ‘a ‘
ﻏَﯿﻦ )(ghayn غ /ﻏـ /ـﻐـ /ـﻎ gh G
ﻓﺎء )’(fâ ف /ﻓـ /ـﻔـ /ـﻒ f F
ﻗﺎف )(qâf ق /ﻗـ /ـﻘـ /ـﻖ q Q
ﻛﺎف )(kâf ك /ﻛـ /ـﻜـ /ـﻚ k K
ﻻم )(lâm ل /ﻟـ /ـﻠـ /ـﻞ l L
ﻣﯿﻢ )(mîm م /ﻣـ /ـﻤـ /ـﻢ m M
ﻧﻮن )(nûn ن /ﻧـ /ـﻨـ /ـﻦ n N
ھﺎء )’(hâ ه /ھـ /ـﮭـ /ـﮫ h H
واو )(wâw و /ـﻮ w/û/ū W/û/ū
ﯾﺎء )’(yâ ي /ﯾـ /ـﯿـ /ـﻲ y/î/ī Y/î/ī
Voyelles ــــِــــ /ــــُـــــ /ــــَــــ a/u/i A/U/I
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L’écriture arabe
L’ÉCRITURE ARABE
1. Le
[Link] de l’écriture
Le sens de l’écriture
L’arabe s’écrit et se lit en partant de la droite et en allant vers la gauche.
Même les réalisations calligraphiques et esthétiques n’échappent pas à cette
règle.
Pour écrire, on commence donc à droite de la page :
ّ ﻛﺎن ﯾﺎ ﻣﺎ ﻛﺎن ﻓﻲ ﻗﺪﯾﻢ
(Il était une fois...) ...اﻟﺰﻣﺎن
Dans cet exemple, l’écriture en commençant à droite fait que le premier mot
de la phrase est ( )ﻛﺎنet la première lettre de ce mot est ()ﻛـ.
Les lettres elles-mêmes sont formées, lors de l’écriture, en commençant à
droite. Par exemple, dans la lettre ()ﺳــ, on commence par former les trois
« dents » en partant de la droite, avant de faire le prolongement. En aucun
cas, on ne commence par la fin de la lettre c’est-à-dire par le petit trait ()ﺳــ.
Comme l’écriture arabe est une écriture cursive où les lettres sont
généralement attachées entre elles par le biais d’un trait horizontal, les
lettres s’enchaînent l’une à la suite de l’autre pour former le mot, toujours
de droite à gauche. Mais cet enchaînement peut, dans certains cas, modifier
la forme originale de la lettre.
Cette modification peut être majeure ou mineure, en ce sens que la lettre
reste reconnaissable ou non. Cela signifie qu’il faut apprendre à écrire et à
reconnaître les différentes formes de chaque lettre (voir tableau plus haut).
2. Les formes
2. Les des lettres
formes des lettres
Il existe des lettres qui s’écrivent entièrement sur la ligne horizontale et
d’autres qui descedent partiellement sous la ligne d’écriture.
Voici les lettres qui sont tracées sur la ligne d’écriture :
ه/ك/ط ظ/ ف/د ذ/بتث/ا
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