le tournesol le tournesol
Le tournesol valorise le Une autre culture de
matériel existant sur printemps peu couvrante
l’exploitation maïsicole. Il qui nécessite une
est un peu plus tolérant aux couverture du sol en hiver
conditions sèches. et ne coupe pas le cycle
des adventices.
Place dans la rotation
Le tournesol est un bon précédent pour les céréales à paille car il libère le
sol suffisamment tôt pour une implantation dans les meilleures
conditions.
Il introduit une rupture dans le cycle des maladies du maïs (fusarium).
L’implantation éventuelle d’une Culture Intermédiaire Piège à Nitrates
(CIPAN) est également facilitée par la libération précoce des terres
laissant davantage de choix dans les espèces possibles.
Attention, des maladies similaires à celles du colza (phoma et sclérotinia)
engendrent des risques en cas de mise en place consécutive de ces deux
cultures.
Préparation du sol et semis
Travail du sol
Le tournesol est sensible aux zones de compaction ; tout obstacle au
développement de sa racine pivotante peut faire perdre plus de 5 q/ha et
dégrader sa teneur en huile. Un travail profond est donc préférable, sur
sol ressuyé, à des façons superficielles qui seront réservées aux sols bien
structurés. Les outils à dents non animés sont à privilégier pour assurer
une fissuration sur 20-30 cm et assurer un bon enracinement.
En cas de travail simplifié, le semoir doit permettre de bien dégager les
résidus de cultures pour positionner les graines à une profondeur
régulière et les recouvrir de terre fine avec un « rappuyage » minimum.
Le travail du sol superficiel de moins de 5 cm et le semis direct sont des
pratiques risquées en tournesol car ils ne permettent pas d’obtenir une
densité de levée ni une qualité d’enracinement optimales.
Date de semis
Dans les conditions de ressuyage et de températures recommandés (8°C
à 5 cm), le semis peut être réalisé dès le 20 mars. Une levée rapide et
régulière exposera moins le tournesol aux dégâts d’oiseaux et limaces.
Au-delà du 15 mai, les conditions de réussite seront plus aléatoires. En
cas de double culture après une orge, l’appui de l’irrigation est
indispensable, au minimum, pour garantir une bonne levée.
La date de semis est à adapter selon la précocité de la variété.
20-31 mars 1-15 avril 16-30 avril 1-15 mai
Possible, non
Semis recommandé recommandé possible
conseillé
Précocité mi-précoce, mi-précoce, Précoce,
précoce
variétale précoce précoce très précoce
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le tournesol
Densité – écartement - profondeur
Pour espérer une densité de levée de 50 à 60 000 pieds/ha, il faut semer 65 à 75 000 graines/ha, la perte à la
levée est en général de 75 %.
En conditions très contraintes en eau semer 65 000 graines/ha.
En conditions très favorables (sol profond irrigué) semer entre 70 000 graines pour un écartement large et
80 000 graines pour un écartement < 60cm.
L’écartement idéal est de 40 à 60 cm, néanmoins, un semis 80 cm permet d’utiliser le matériel existant sur
l’exploitation, notamment pour le binage.
La profondeur de semis à privilégier se situe à 2-3 cm en sol frais, et 4-5 cm en sol sec en surface.
Pour obtenir un positionnement régulier de la graine il est préférable de semer aux alentours de 5 km/heure
avec un semoir monograine classique.
Variétés
L’objectif est de combiner la précocité pour assurer une récolte dans des conditions sèches et limiter les
maladies de fin de cycle, la tolérance aux maladies (sclerotinia, phomopsis) et le rendement.
Il existe également des variétés tolérantes aux herbicides : Clearfield® ou Express Sun® à réserver aux
parcelles à flore difficile de type datura, ambroisie, lampourde ou liseron des haies, car leur potentiel est plus
limité. Pour faciliter votre choix, consulter le site internet de Terres Inovia avec l’application Myvar.
Une sélection des variétés recommandées par Terres Inovia et adaptées à notre région sont consultables sur le
guide de culture Tournesol de Terres Inovia, en cliquant ici.
Source FDGEDA 4 saisons n° 69 Chambre d’agriculture des Landes
Fertilisation
Azote
Les besoins du tournesol sont modérés et son enracinement profond permet de valoriser les reliquats azotés et la
minéralisation du sol pour 50% de ses besoins.
Les apports à réaliser varieront donc en fonction de l’objectif de rendement :
Objectif de rendement
25 q/ha 35 q/ha
(sol superficiel) (sol profond)
Reliquats d’azote Faible (30 u) 40 à 80 u 80 u à 100 u
minéral dans le Moyen (60 u) <40 u 40 à 80 u
sol au semis Elevé (90 u) 0 <40 u
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le tournesol
L’excès d’azote favorise le développement foliaire et donc les maladies du feuillage. Il fait également diminuer le
taux d’huile.
Privilégier les apports en cours de végétation entre 6 et 14 feuilles, sous forme solide (ammonitrate ou urée). La
localisation au semis est à réserver aux semis tardifs afin de limiter les risques de non assimilation de l’azote sous
forme solide, en cas de période sèche.
Terres Inovia a mis au point la technique Heliotest, basée sur l’observation ou non d’une différence visuelle entre
une bande témoin fertilisée au semis et le reste de la parcelle.
Phosphore et Potasse
Le tournesol est une plante peu exigeante. 40 à 60 kg/ha de P2O5 et de K2O suffisent en sol moyennement pourvu
(vérifier avec une analyse de sol régulière).
Bore
Le bore est un élément indispensable à la culture ; sa carence entraîne une
grillure des feuilles supérieures des plantes et des cassures à la base du capitule.
Certaines situations présentent des risques de carence :
• sols superficiels ou peu profonds comme les coteaux ou les plateaux argilo-
calcaires, les limons, les boulbènes… Dans les sables, l’apport doit être
systématique.
• mauvais enracinement
• parcelle en rotation tournesol courte
En cas de risque, réaliser un apport préventif (le curatif est inutile), de préférence
en végétation sous forme liquide entre 10 feuilles et le stade passage limite du
tracteur (300 à 500 g/ha).
Carence en bore
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le tournesol
Protection de la culture
Désherbage
La gestion de l’enherbement est un des éléments-clé de la conduite du tournesol. En dehors de l’utilisation de
variétés résistantes au Pulsar 40, Passat Plus ou Exress SX, il n’existe pas de solution chimique en post-levée.
Un binage doit alors compléter le désherbage anti-dicotylédones au stade 6-8 feuilles.
Les faux semis présentent de bons résultats contre les adventices envahissantes.
En cas d’utilisation de la post levée sur variétés résistantes, respecter les conditions d’application (4 feuilles du
tournesol et 4 feuilles maxi pour les adventices difficiles). Au-delà l’efficacité décroche rapidement.
En cas de présence modérée en graminées, certains produits peuvent être utilisés seuls : Atic Aqua, Challenge
600, Dakota.
En cas de plus forte pression en graminées et renouées, préférez une association à base de pendiméthaline
(Atic-Aqua, Dakota-P), de Mercantor Gold, ou de Novall avec des produits ciblés dicotylédones (Challenge).
Attention Racer ME n’est plus mélangeable.
Pour connaître tous les produits autorisés et expérimentés, consulter le site internet de Terres-Inovia.
Ravageurs
Pour éviter les limaces, la préparation du sol doit limiter les sols creux, motteux avec résidus de récolte en
surface. En curatif plusieurs substances actives sont disponibles : métaldéhyde (type METAREX, Lentilles
antilimace, et nombreuses autres spécialités), ou phosphate ferrique (SLUXX, Iron max…).
Pour les taupins, il faudra être vigilant uniquement dans les situations à risque (présence avérée sur des
parcelles, précédents d’attaques sur maïs, précédents friches, prairies cultures fourragères). Dans ces cas
rechercher une levée rapide et augmentez légèrement la densité de semis. Dans le pire des cas des solutions
chimiques existent en microgranulés dans la raie de semis (Belem, Daxol, Karaté, Trika lambda…)
Les dégâts d’oiseaux et de gibiers seront diminués si la levée est rapide et homogène. D’où l’importance de
semer dans un sol réchauffé en cas de risque. Les répulsifs ont peu d’efficacité. Certains oiseaux peuvent être
chassés sous conditions réglementaires encadrées, se renseigner auprès de la préfecture ou de la DDTM.
En fin de cycle, seule une récolte rapide dès la maturité limitera les pertes.
Pucerons : dans la majorité des cas aucun traitement n’est nécessaire, les auxiliaires maintiennent les
populations en dessous des seuils de nuisibilités.
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le tournesol
Maladies Mildiou
Les rotations courtes de tournesol (<3 ans) sont
Phomopsis déconseillées en raison du risque Mildiou.
Dans les Landes, seules les variétés résistantes Choisissez des variétés résistantes en alternant les
doivent être semées. profils.
Risques supérieurs en sols plutôt profonds avec un Pour éviter la contamination, il convient de détruire
peuplement supérieur à 60 000 pieds/ha, ou des les repousses, de soigner le désherbage de
semis d’avant le 15 avril ou un excédent d’azote. Des l’ambroisie, bident, lampourde et centaurée qui
taches brun-rouge apparaissent aux aisselles et sur peuvent héberger cette maladie, et d’utiliser des
les feuilles au niveau de la nervure centrale. Un semences certifiées.
traitement peut être fait selon le risque régional, la En cas de risque il est possible d’avoir recours au
variété choisie, la situation de la parcelle et les traitement de semence (APRON XL). Il est préférable
bulletins de santé du végétal. également de décaler les semis si de fortes
précipitations sont annoncées dans les 5 jours pour
Phoma esquiver les conditions favorables à l’infection.
Il engendre un desséchement précoce de la plante, à
cause de taches noires se développant à l’insertion Sclérotinia
des feuilles sur la tige et pouvant toucher le collet. Existe au niveau du collet ou des capitules. Choisir
Situation à risque : fortes attaques observées au cours des variétés résistantes ou peu sensibles.
des années précédentes, excès d’azote, stress hydrique
post-floraison. En cas de traitement, l’intervention doit
être couplée à celle du phomopsis qui est le plus
nuisible ou réalisée avec l’apport de bore (Ortiva top,
Amistar Top, Amistar gold, Filan SC, Jetset).
Sclerotinia sur feuille de tournesol
Irrigation
Le tournesol est une des cultures de printemps qui résiste le mieux aux conditions sèches. Son système racinaire
exploite les ressources hydriques jusqu’à 2 m de profondeur. Cependant, il valorise très bien une irrigation, même
modérée. Juste avant la floraison jusqu’à la fin du remplissage de la graine, le tournesol doit consommer 230 mm
d’eau pour assurer un rendement de 30 q/ha. Le gain est estimé entre 4 et 8 q/ha pour 2 tours d’eau (50 à 60 mm).
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le tournesol
Récolte
L’humidité aux normes est de 9 %.
Le stade optimal de récolte est atteint quand la majorité de la parcelle présente les caractéristiques suivantes : le
dos du capitule vire du jaune au brun ; les feuilles de la base et du milieu de la tige sont sèches ; les fleurons
tombent d’eux-mêmes ; la tige est passée du vert au beige clair ; l’humidité de la graine est entre 9 et 11 %
d’humidité.
Ne pas chercher à atteindre cette maturité sur la totalité de la parcelle, car certaines plantes seront alors en sur-
maturité, entraînant des pertes de graines.
Résultats technico-économiques
Marge brute (€/ha)
2015 2016 2017 2018 2019 Moyenne 5 ans
Produit brut 1012 856 893 801 856 884
Charges opérationnelles 531 566 478 475 450 500
Marge brute/ha 481 290 415 326 405 383
Source FDGEDA 4Saisons n°69 Chambre d’agriculture des Landes
Charges de mécanisation
Sur la base d’un déchaumage, d’un labour, d’un passage de herse rotative, le semis, un traitement anti limace, un
désherbage, un binage et la fertilisation, les charges de mécanisation s’élèvent à 200 €/ha.
Source : Terres-Inovia
Crédit photos : Terres-Inovia
La Chambre d’agriculture des Landes est agréée par la DRAAF n°AQ01552
pour exercer une activité de conseil indépendant à l’utilisation des produits phytosanitaires.
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