MICROÉCONOMIE DU
PRODUCTEUR
UCO, Angers
Année Universitaire : 2021/2022
Arnaud Herault
LES COÛTS DE PRODUCTION
1. La typologie des coûts
2. Les coûts de court terme
3. Les coûts de long terme
4. Représentation des coûts
I. LA TYPOLOGIE DES COÛTS
TYPOLOGIE DES COÛTS
• Objectif des firmes :
• Maximiser leur revenu tout en minimisant les coûts
• Quels sont les différents types de coûts ?
• Les coûts comprennent les salaires versés aux employés, le loyer pour les bureaux, les
machines…
• Existe-t-il une différence de coûts entre les firmes possédant leur propre matériel,
locaux et les entreprises louant ces biens ?
• Coûts comptables et coûts économiques :
• Coûts comptables : ces coûts incluent les dépenses effectives
auxquelles s’ajoutent les coûts d’amortissement de l’équipement
(déterminés par des règles fiscales)
• Coûts économiques : ces coûts incluent les coûts d’utilisation des
ressources dans la production qui ne sont pas toujours visibles et
excluent certains coûts auxquels il est impossible de renoncer
• Les coûts d’opportunité :
• Coûts d’opportunité (= coûts de renoncement) : mesurent la
perte des biens auxquels on renonce en affectant les ressources
disponibles à un autre usage
• Ces coûts ne sont pas toujours visibles et n’ont pas toujours de
traduction comptable.
• Les coûts d’opportunité :
• Exemple :
• Une firme est propriétaire d’un bien immobilier. Elle occupe ce
bien et ne paie donc pas de loyers.
• Le coût d’opportunité représente le loyer auquel renonce la firme
en décidant d’occuper ses bureaux. Ils sont inclus dans les coûts
économiques (pas comptables)
• Choix d’être salariés ou entrepreneur ?
• Quels sont les coûts d’opportunités d’un entrepreneur ?
• Les coûts irrécupérables :
• Ils représentent les coûts déjà avancés par la firme. Ces coûts ne
peuvent être remboursés, sont spécifiques à un usage particulier et
ne peuvent être récupérés
• Le coût d’opportunité est de 0 car il n’y a pas d’usage alternative
possible
• Coûts fixes et coûts variables :
• Relativement au niveau de production, il existe deux types de coûts.
Ces deux coûts représentent le coût total :
• Coûts fixes : quelque soit le niveau de production, ce coût ne
varie pas. L’arrêt de la production est la seule condition
permettant d’éliminer ce coût
• Coûts variables : ce coût varie en fonction du niveau de
production
• Coûts fixes et coûts variables :
• Relativement au niveau de production, il existe deux types de coûts.
Ces deux coûts représentent le coût total :
• Coûts fixes : quelque soit le niveau de production, ce coût ne
varie pas. L’arrêt de la production est la seule condition
permettant d’éliminer ce coût
• Coûts variables : ce coût varie en fonction du niveau de
production
• Coûts fixes et coûts variables :
• La production totale est une fonction des facteurs de production
fixes et variables
• Le coût total de production est donc égal à la somme du coût fixe
(i.e. le coût des facteurs de production fixes) et du coût variable (i.e.
le coût des facteurs de production variables) :
CT = CV + CF
• Coûts fixes et coûts variables :
• A CT, la plupart des coûts sont fixes
• A LT, la plupart des coûts sont variables
• Pour différencier les coûts fixes et variables sur une période, il faut
déterminer la manière dont les variations de production vont
affecter les coûts :
CT(q) = CV(q) + CF
• Coûts fixes et coûts irrécupérables :
• Les coûts fixes sont des coûts payés par la firme présente sur le
marché, quelque soit son niveau de production. Cependant, lorsque
celle-ci stoppe son activité, ces coûts pourront être récupérés
• Les coûts irrécupérables sont les coûts qui ont été encourus par
l’entreprise et qui ne peuvent pas être récupérés
• Coûts marginaux et moyens :
• Le coût marginal (Cm) est l’accroissement du coût correspondant à
la production d’une unité supplémentaire
• Les coûts fixes n’ont pas d’effet sur Cm
𝑑𝐶𝑇 𝑑𝐶𝑉 Δ𝐶𝑇 Δ𝐶𝑉
Cm = = ≈ =
𝑑𝑞 𝑑𝑞 Δ𝑞 Δ𝑞
• Coûts marginaux et moyens :
• Le coût moyen total (CTM) est le coût total par unité de production.
Le CTM est égal à la somme du coût fixe moyen (CFM) et du coût
variable moyen (CVM) :
𝐶𝑇 𝐶𝐹 𝐶𝑉
CTM = = + = 𝐶𝐹𝑀 + 𝐶𝑉𝑀
𝑞 𝑞 𝑞
• Court terme VS Long terme
• Les coûts fixes dans le court terme peuvent ne plus être fixes dans
le long terme. Comme pour les facteurs de production, la plupart
des coûts deviennent variables dans le long terme
LES COÛTS DE COURT TERME
Niveau
de CF CV CT Cm CFM CVM CTM
production
0 50 0 50 - - - -
1 50 50 100 50 50,00 50,00 100,00
2 50 78 128 28 25,00 39,00 64,00
3 50 98 148 20 16,67 32,67 49,33
4 50 112 162 14 12,50 28,00 40,50
5 50 130 180 18 10,00 26,00 36,00
6 50 150 200 20 8,33 25,00 33,33
7 50 175 225 25 7,14 25,00 32,14
8 50 204 254 29 6,25 25,50 31,75
9 50 242 292 38 5,56 26,89 32,44
10 50 300 350 58 5,00 30,00 35,00
11 50 385 435 85 4,55 35,00 39,55
LES COÛTS DE COURT TERME
LES COÛTS DE COURT TERME
LES COÛTS DE COURT TERME
• Le segment reliant l’origine à tout point de la courbe de coût variable (CV) a
une pente égale à CVM
• La pente en tout point de CT ou de CV est égale à Cm
LES COÛTS DE COURT TERME
• Quand Cm < CVM, alors CVM baisse
• Quand Cm > CVM, alors CVM augmente
• Quand Cm < CTM, alors CTM baisse
• Quand Cm > CTM, alors CTM augmente
• Cm coupe CVM et CTM à leur minimum
LES COÛTS DE COURT TERME
• Les déterminants :
• Le rythme d’augmentation des coûts dépend de la nature du processus de production
• Par exemple, le fait que la production induise des rendements marginaux variables pour les facteurs
variables
• Les rendements marginaux décroissants du travail correspondent à une productivité marginale
décroissante du travail
• Il existe donc une relation entre la productivité marginale et le coût marginal
LES COÛTS DE COURT TERME
• Exemple :
• Considérons un cas où les coûts variables sont uniquement composés de salaires et que le taux de
salaire soit fixe (indépendamment du nombre de salariés)
• Les coûts variables sont égaux au salaire wL. Le Cm est donc égal à :
𝑑𝐶𝑉 𝑤𝑑𝐿
𝐶𝑚 = =
𝑑𝑞 𝑑𝑞
• Or, dK = 0, donc dq = 𝐹𝐿 𝑑L
• On peut conclure que la productivité marginale du travail 𝐹𝐿 et le coût marginal Cm varient en sens
inverse :
𝑤
𝐶𝑚 =
𝐹𝐿
LES COÛTS DE COURT TERME
• La forme en U de la courbe de coût marginal dépend donc des rendements marginaux (rendement marginal
du travail si l’on se réfère à l’exemple précédent)
• Dans un premier temps, le rendement marginal du travail est croissant, donc le coût marginal est décroissant
• Puis, le rendement marginal est décroissant et donc le coût marginal est croissant.
LES COÛTS DE LONG TERME
LES COÛTS DE LONG TERME
• A LT, tous les facteurs de production peuvent varier
• L’objectif de l’entreprise est de minimiser ses coûts pour un niveau de production
donné
• Exemple : une compagnie aérienne souhaite acheter un nouvel avion pour 150
millions d’€
• Durée de vie de l’avion : 30 ans
• Coût d’amortissement : 5 millions d’€ par an
• La compagnie doit comparer ses revenus et ses coûts annuels :
• Si elle n’avait pas acheté l’avion : elle aurait reçu des intérêts sur les 150
millions d’€
• Comment peut-on caractériser ce type de coût ?
LES COÛTS DE LONG TERME
• Le coût d’usage du capital
• Somme de la dépréciation économique et des intérêts qui auraient pu être
perçus si l’argent avait été investi ailleurs
• Coût d’usage du capital = Dépréciation économique + (taux d’intérêt x valeur
du capital)
• Coût d’usage du capital = 5m€ + 0,1 x (150m€ - dépréciation)
• Coût d’usage du capital (Année 1) = 5m€ + (0,1 x 150m€) = 20m€
• Coût d’usage du capital (Année 10) = 5m€ + (0,1 x 100m€) = 15m€
LES COÛTS DE LONG TERME
• Le coût d’usage du capital
• Peut être calculé comme un taux r par unité de capital :
• r=d+i
• Avec d, le taux de dépréciation, i le taux d’intérêt
1
• Appliqué à l’exemple précédent, nous avons d = = 0,033 et i = 0,1
30
• r = d + i = 0,033 + 0,1 = 0,133
LES COÛTS DE LONG TERME
• Le choix des facteurs et la minimisation des coûts
• Comment sélectionner les facteurs de production pour produire à un niveau
donné en minimisant les coûts ?
• Par hypothèse, on a :
• Deux facteurs de production : le travail (L) et le capital (K)
• Le prix du travail correspondant au taux de salaire w
• Un prix du capital correspondant au coût d’usage du capital : r = d+i
• NB : il peut y avoir des coûts de location si le capital est loué. Cela
suppose que les marchés de location et de vente sont concurrentiels
LES COÛTS DE LONG TERME
• La droite d’isocoût
• Cette droite indique toutes les combinaisons de capital K et de travail L qui
peuvent être achetées pour un coût donné
• Le coût total de production est la somme du coût du travail wL et du coût du
capital rK
𝐶 = 𝑤𝐿 + 𝑟𝐾
𝐾 = 𝐶ൗ𝑟 − 𝑤Τ𝑟 𝐿
• La pente de la droite d’isocoût est donc : − 𝑤Τ𝑟 , correspondant au rapport
du taux de salaire au coût d’usage du capital. Ce ratio indique le taux de
substitution du travail au capital, SANS VARIATION DE COÛT
LES COÛTS DE LONG TERME
• Le choix des facteurs et la minimisation des coûts
• Le choix des facteurs en minimisant les coûts pour un niveau de production
donné est obtenu grâce aux isoquantes et aux droites d’isocoût
• Isoquante : représentation de la quantité que l’on désire produire
• Droite d’isocoût : représentation de la combinaison de K et L qui donne
un coût donné
LES COÛTS DE LONG TERME
LES COÛTS DE LONG TERME
• La substitution des facteurs
de productions
• Si le prix du travail w varie,
alors la pente des droites
d’isocoûts (-w/r) varie aussi
• L’entreprise minimise ses
coûts de production en
substituant du capital au
travail
LES COÛTS DE LONG TERME
𝐹𝐿
• TMST =
𝐹𝐾
• Pente de la droite d’isocoût = − 𝑤Τ𝑟
• Si les coûts sont minimisés, nous avons donc :
𝐹𝐿 𝑤
= Τ𝑟
𝐹𝐾
• La combinaison qui minimise les coûts est telle que :
𝐹𝐿 𝐹𝐾
=
𝑤 𝑟
• Chaque dernière unité monétaire alloué aux facteurs de production doit induire
le même supplément de production
LES COÛTS DE LONG TERME
• Le sentier d’expansion
• Décrit les combinaisons de
capital et de travail choisies
par l’entreprise pour
minimiser ses coûts à
chaque niveau de
production
LES COÛTS DE LONG TERME
• Le sentier d’expansion de la firme contient des informations similaires à la courbe
de long terme C(q)
• Pour déterminer la courbe de coût de long terme à partir du chemin d’expansion,
il faut :
1. Choisir le niveau de production représenté par une isoquante
2. Trouver le point de tangence avec une droite d’isocoût
3. Déterminer le coût correspondant
4. Tracer la combinaison production/coût
LES COÛTS DE LONG TERME
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• A CT, certains coûts sont fixes
• A LT, l’entreprise peut modifier
tous les facteurs. Les coûts
moyens peuvent être inférieurs à
LT qu’à CT s’il y a une
restructuration de la firme
• La quantité de capital peut donc
être fixe à CT mais flexible à LT
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts moyens de long terme (CMLT) :
• Relation entre l’échelle à laquelle l’entreprise opère et les quantités de
facteurs qui minimisent ses coûts (déterminent la forme des courbes de coût
moyen et marginal de long terme)
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts de long terme :
1. Rendements d’échelle constants
• Lorsque les facteurs sont doublés, la production double
• Le CMLT est constant à tout niveau de production
2. Rendements d’échelle croissants
• Lorsque les facteurs sont doublés, la production fait plus que doubler
• Le CMLT décroît avec le niveau de production
3. Rendements d’échelle décroissants
• Lorsque les facteurs sont doublés, la production fait moins que doubler
• Le CMLT augmente avec le niveau de production
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts de long terme :
• Les rendements d’échelle
sont d’abord croissants, puis
décroissants. La courbe de
CMLT a une forme en U
• La courbe de CmLT a aussi
une forme en U, expliqué par
les productivités marginales
croissantes puis décroissantes
des facteurs de production
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts de long terme :
• Si CmLT < CMLT, alors CMLT baisse
• Si CmLT > CMLT, alors CMLT augmente
• Si CmLT = CMLT, alors CMLT est à son minimum
• Si CMLT est constant, alors CmLT = CMLT
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts de long terme :
• Lorsque la production augmente, le CMLT va – normalement – diminuer
jusqu’à un certain point (partie décroissante de la courbe) :
1. Si l’entreprise opère à une plus grande échelle, les travailleurs vont se
spécialiser dans les activités dans lesquelles ils sont les plus productifs
(division du travail)
2. L’échelle de production peut amener de la flexibilité. Les entreprises
sont plus efficaces dans l’organisation de leur processus de production
3. L’entreprise peut acquérir certains facteurs de production à un coût
plus faible (poids sur le marché, augmentation des volumes, diminution
du coût)
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts de long terme :
• A partir d’un certain point, le CMLT peut augmenter car (partie croissante
de la courbe :
1. L’organisation du travail et des équipes peut diminuer par manque
d’espace
2. La gestion d’une grande entreprise devient plus complexe lorsque le
nombre de tâches augmente
3. Les avantages de l’achat en gros peuvent disparaitre du fait des stocks de
certains facteurs pouvant être limités
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les coûts de long terme :
• Si les combinaisons des facteurs
changent, le chemin d’expansion ne
sera plus une ligne droite
• Le concept de rendements
d’échelle n’est plus applicable
• Une entreprise réalise des
économies d’échelle quand elle
peut doubler sa production en faisant
moins que doubler ses coûts
REPRÉSENTATION DES COÛTS
• Les économies d’échelle :
𝑑𝐶ൗ 𝑑𝐶ൗ
• Mesurées à partir de l’élasticité coût-production 𝐸𝑐 = 𝐶
൘𝑑𝑄ൗ =
𝑑𝑄
൘𝐶ൗ =
𝑄 𝑄
∆𝐶ൗ
𝐶𝑚Τ ≈ 𝐶
𝐶𝑀 ൘∆𝑄ൗ
𝑄
• Si 𝐸𝑐 = 1, 𝐼𝐸𝐸 = 0, alors Cm=CM
Indice d’économie
• Les coûts augmentent proportionnellement avec Q d’échelle (IEE) :
• Il n’y a pas d’économie d’échelle IEE = 1 - 𝐸𝑐
• Si 𝐸𝑐 < 1, IEE > 0, alors Cm < CM
• Les coûts augmentent proportionnellement moins que Q
• Economies d’échelle // CM diminue
• Si 𝐸𝑐 > 1, IEE < 0, alors Cm > CM
• Les coûts augmentent proportionnellement plus que Q
• Déséconomies d’échelle // CM augmente