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Réformer la formation pour l'emploi en Tunisie

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L’accent a été mis sur la nécessité de mettre en œuvre un écosystème moderne à même de

garantir un meilleur rendement, d’assurer l’adéquation nécessaire entre

la formation et l’emploi et d’améliorer le degré d’employabilité des sortants du système.

Tarak Cherif, président de la CONECT, a relevé qu’en dépit des grandes difficultés qu’elle

connaît, l’économie tunisienne offre de nombreuses opportunités de création d’entreprises et

d’emplois dans les différentes régions et dans plusieurs secteurs relatifs surtout aux nouvelles

technologies, l’économie verte et la valorisation des ressources et de la production locales.

Le président de la CONECT a souligné à cet effet que l’une des plus grandes défaillances du

système actuel d’enseignement et de formation réside dans l’absence de liaison et de

coordination entre ses différentes composantes ainsi que le manque d’ouverture sur

l’environnement économique et social national et international.

M. Cherif a saisi cette occasion pour exprimer l’intérêt des entreprises à développer un

partenariat responsable et durable entre les secteurs public et privé dans ces domaines de

l’enseignement et de la formation et leur disposition à accueillir des élèves et des étudiants

ainsi que des enseignants et des formateurs pour des visites d’entreprises et des stages, et ce,

dans le cadre d’un écosystème englobant l’étape avant école, l’enseignement aux stades du

primaire, du secondaire et du supérieur, la formation professionnelle et l’emploi.

Il a aussi relevé l’importance de la maîtrise des langues et des nouvelles technologies et leur

utilisation pour dispenser certains cours ainsi que l’adoption de nouvelles méthodes basées sur

la recherche et le développement et la promotion de la culture d’entreprise et de l’esprit

d’initiative.
Le programme lancé par le ministère « L’entreprise, amie de l’école » vise à développer le

partenariat entre les milieux économiques et les établissements d’enseignement et la

contribution des entreprises aux efforts d’entretien et de mise à niveau de ces établissements.

***********************************************************

L’inadéquation entre le système de formation et les besoins de l’appareil de production a été


le fil conducteur de toutes les interventions au séminaire organisé, le mardi 20 octobre 2015,
par le Centre de jeunes dirigeants (CJD), en collaboration avec la Chambre tuniso-
allemande de l’industrie et du commerce (AHK) et la fondation Konrad Adenauer Stiftung, en
présence de Annegret Kramp-Karrenbauer, Première ministre de la Sarre.

Le capital humain est, on le sait, la principale ressource de la Tunisie, dont la population,


relativement jeune et éduquée, est un important vecteur de croissance et de développement.
Mais, pour être opérationnelle et productive, cette population a besoin d’un encadrement
éducatif et professionnel de meilleure qualité, surtout avec la prolifération du nombre de
chômeurs, environ 600.000 (15,2% de la population active), dont le tiers sont des diplômés
de l’enseignement supérieur.

Manque de profils appropriés


Malgré tous les efforts consentis par l’Etat tunisien pour développer l’éducation avec
ses trois volets (primaire, secondaire et universitaire), une lacune a toujours entaché
ce secteur qui n’a pas réussi à être compatible avec les besoins de l’appareil
économique. D’où la nécessité de le réformer, dans le sens d’une meilleure
adéquation entre éducation, formation et emploi.

Tarek Ben Salem, président du CJD Tunis, a insisté sur l’inadéquation entre les
besoins de l’entreprise et la qualité de la formation des jeunes diplômés, qui constitue
un handicap majeur pour l’économie tunisienne. «Nous voulons débattre de
cette problématique, afin de proposer des solutions alternatives
permettant de rapprocher l’offre et la demande sur le marché de
l’emploi», a-t-il précisé. Et d’ajouter : «Il s’agit de définir des solutions
pratiques pour améliorer la compétence, générer la qualité et
promouvoir l’innovation auprès d’une nouvelle génération de cadres et
de promoteurs, capables de relancer l’économie tunisienne».
L’importance que revêt le secteur de la formation en général et de la formation
professionnelle en particulier a donc été au cœur du débat.
Pour Hardy Ostry, représentant résident de la Konradd-Adenauer-Stiftung en Tunisie,
la formation est d’une importance telle qu’elle «assure l’intégration des femmes
et des hommes en leur accordant l’emploi garant de leur dignité».
Martin Henkelmann, directeur général de l’AHK Tunisie, a rappelé, de son côté, que
55% des Allemands sont diplômés de la formation professionnelle et que les diplômés
des universités ne dépassent pas 20% de la population globale. La formation
professionnelle et surtout la formation par alternance jouent ainsi un rôle
prépondérant dans la réduction du chômage en Allemagne, locomotive économique
de l’Europe. Et M. Henkelmann, qui connait bien la situation en Tunisie, grâce à ses
déplacements réguliers dans plusieurs régions tunisiennes, de déplorer les ratés de la
politique de formation professionnelle dans notre pays et dont témoignent les offres
d’emploi qui ne trouvent pas les profils professionnels appropriés.

La formation à l’international
Annegret Kramp-Karrenbauer, la première ministre de la Sarre, a insisté, elle aussi,
sur l’importance de la formation professionnelle dans le développement d’une
économie. «L’économie allemande, qui est essentiellement portée par
l’industrie, a besoin de main d’œuvre qualifiée, et elle tire sa force de
l’importance qu’elle accorde à la formation professionnelle qui facilite
l’emploi, évite l’exode et fixe les jeunes dans leurs régions», a-t-elle
expliqué.
Considérant que la Tunisie peut jouer le rôle de pont entre l’Europe et l’Afrique, la
première ministre a estimé que notre pays doit profiter de cette position stratégique
pour renforcer sa coopération avec l’Europe. Elle doit, surtout, eu égard à ses besoins
actuels en matière d’emploi, intégrer ses jeunes dans le système européen de
formation professionnelle et leur ouvrir ainsi les portes de l’emploi en Europe. Forts
d’une formation de qualité, ces derniers seront, une fois revenus au pays, mieux
outillés pour donner une valeur ajoutée aux postes qu’ils occuperont ou pour créer
des entreprises. Aussi, «le projet de création d’une université tuniso-
allemande revêt-il une certaine urgence et nécessite-t-il une réflexion
approfondie», a conclu Mme Kramp-Karrenbauer.
«L’Allemagne est pour nous une source d’inspiration», a admis le ministre
de la Formation et de l’Emploi, Zied Ladhari, tout en soulignant l’urgence des réformes
à mettre en route en vue de garantir une meilleure adéquation entre formation et
emploi et doter ainsi les jeunes diplômés de la compétence et du savoir-faire
nécessaires à leur intégration professionnelle.
Déplorant l’inflation des diplômes dans notre pays, où, paradoxalement, plus on est
diplômé moins on a une chance de trouver un emploi, le ministre a appelé à un
nouveau modèle de développement où l’Etat cessera d’être le principal employeur et
où le secteur privé jouera un rôle primordial à cet égard. Le Plan de développement
2016-2020 est, d’ailleurs, orienté vers cet objectif, a-t-il signalé dans ce contexte.

Analphabètes trilingues
Les travaux du séminaire ont ainsi porté sur le rôle des entreprises privées et des
structures d’appui dans le rapprochement entre l’offre et la demande sur le marché de
l’emploi et on a eu droit à plusieurs témoignages sur des expériences réussies dans
ce domaine. Mais plusieurs intervenants ont relevé aussi les carences structurelles
qui empêchent la Tunisie d’atteindre cet objectif.

Le directeur l’Université virtuelle, qui assure la formation continue et à distance, a


insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance des établissements universitaires,
qui sont gérés de manière archaïque, ne répondant pas aux exigences de flexibilité,
d’adaptabilité et d’efficience.

Le 2e exemple présenté est celui de l’université privée Esprit, spécialisée dans la


formation d’ingénieurs, qui compte 5000 étudiants et 250 enseignants permanents,
assurant 40 heures de cours par semaine. Cet établissement est certifié par 3 organes
internationaux et ses diplômés ne sont pas des «analphabètes trilingues»,
comme on dit de certains diplômés du supérieur dont les diplômes sont inadaptés aux
besoins du marché de l’emploi. Pour preuve : ils sont, la plupart du temps, recrutés
dès la fin de leur cursus et 40% à l’international. Secret de cette réussite: la qualité de
l’enseignement, bien sûr, mais aussi la proximité avec le monde de
l’entreprise. «C’est l’entreprise qui nous passe commande», précise son
directeur, sans ironie aucune.

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