Syst Diff 1
Syst Diff 1
Systèmes différentiels
Math pour Ingénieurs – S5/1A NRJ ; ISN
Octobre 2023
Introduction
X ′ (t) = AX (t).
remarque
Système diagonal
Si A est une matrice diagonale à coefficients réels, alors le système
s’écrit X ′ = AX avec
( +
λ1 0 · · · 0 $ ′
) , %
% x (t) = λ1 x1 (t)
) 0 ...
..
, & 1
. , ..
A=) ) .. .. , , c’est-à-dire % .
* . . 0 - %
' ′
xn (t) = λn xn (t)
0 · · · 0 λn
Système triangulaire
X : R −→ Rn
t $−→ e λ t v
exemple
" #
3 1
Soit A = . On a χA (X ) = (X − 2)2 , la seule valeur
−1 1
propre de A est donc λ = 2. " #
x
Déterminons un vecteur propre : soit V = ∈ R2 tel que
y
" #
1
A · V = 2V ; on a alors x + y = 0, et le vecteur V = est
−1
un vecteur propre de A. " # " 2t #
2t 1 e
Ainsi l’application X (t) = e = est une
−1 −e 2t
solution du système X ′ = AX , ce que l’on vérifie aussi à la main.
Théorème
Soit A ∈ Mn (R) une matrice diagonalisable sur R. Notons
(v1 , . . . , vn ) une base de vecteurs propres et λ1 , . . . , λn les valeurs
propres correspondantes. Alors les fonctions
Xi (t) = e λi t vi (1 ! i ! n)
exemple
- Condition initiale :
On cherche quelle solution vérifie en plus X (0) = X0 . Or
( +
α +γ
X (0) = αX1 (0)+β X2 (0)+γX3 (0) = αV1 +β V2 +γV3 = * α + β + γ - .
α +β
Exponentielle de matrices
Avant de définir l’exponentielle de matrices, voici quelques petits
rappels sur l’exponentielle réelle ou complexe. Tout d’abord, pour
z ∈ C, l’exponentielle peut être définie par une série :
+∞
zk
e z = exp(z) = ∑ .
k=0 k!
Théorème
k
Pour toute matrice A ∈ Mn (K), la série ∑k"0 Ak! converge dans
Mn (K). On note
+∞ k
A
exp(A) = ∑
k=0 k!
et donc ( +
e λ1 0 ··· 0
) .. .. ,
) 0 . . ,
exp(A) = )
) .. ..
,.
,
* . . 0 -
0 · · · 0 e λn
exemple
Donc
" # " #
tA tD −1 e it 0 −1 cos t − sin t
e = Pe P =P P =
0 e −it sin t cos t
Méthode de trigonalisation
Exemple
Soit A la matrice ( +
1 1 0
A = * 0 2 −1 -
−1 1 3
- Décomposition de Dunford. La décomposition de Dunford est
A = D + N avec
( + ( +
2 0 0 −1 1 0
D = * 0 2 0 - et N = * 0 0 −1 - .
0 0 2 −1 1 1
Ici D est déjà une matrice diagonale puisque D = 2I3 , ce qui va
simplifier les calculs.
- La matrice diagonale.
( 2 +
e 0 0
exp(D) = * 0 e 2 0 - = e 2 I
0 0 e2
Mathématiques pour ingénieur 24
Systèmes différentiels
- La matrice nilpotente.
La matrice N est nilpotente :
( +
1 −1 −1
2
N = * 1 −1 −1 - et N 3 = 0
0 0 0
Ainsi ( +
1 1
2 − 12 2
1 2 *
exp(N) = I + N + N = 1
2 − 32 -
1
2
2!
−1 1 2
- Exponentielle de A.
( +( 1 1
+
e2 0 0 2 − 122
exp(A) = exp(D) exp(N) = * 0 e2 0 -* 1
− 32 -
1
2 2
0 0 e2 −1 1 2
( 1 2 1 2 +
2e 2e − 12 e 2
= * 12 e 2 12 e 2 − 32 e 2 -
−e 2 e 2 2e 2
Mathématiques pour ingénieur 25
Systèmes différentiels
Si A(t) est une matrice dont les coefficients aij (t) sont des
fonctions dérivables de la variable t, alors la dérivée de A(t) est la
matrice A′ (t) dont les coefficients sont les dérivées aij′ (t). La
dérivée d’une matrice vérifie les propriétés usuelles des dérivées. En
particulier, elle vérifie que, si les matrices M(t) et N(t) sont
dérivables, alors le produit aussi et on a (attention à l’ordre des
produits !) :
(MN)′ (t) = M ′ (t)N(t) + M(t)N ′ (t).
Proposition
Soit A ∈ Mn (R). Lapplication de R dans Mn (R) définie par
t $→ exp(tA) est dérivable et on a
d
(exp(tA)) = A exp(tA)
dt
Comme les matrices A et exp(tA) commutent, alors on a aussi
d
dt exp(tA) = exp(tA)A.
Mathématiques pour ingénieur 26
Systèmes différentiels
Exemple
Nous avons déjà montrer que pour tout réel t
" " ## " #
0 −1 cos t − sin t
exp t = .
1 0 sin t cos t
Donc
" " ## " #
d 0 −1 − sin t − cos t
exp t = .
dt 1 0 cos t − sin t
D’autre part
" # " " ## " #" #
0 −1 0 −1 0 −1 cos t − sin t
exp t =
1 0 1 0 1 0 sin t cos t
" #
− sin t − cos t
=
cos t − sin t
Théorème
Soit A ∈ Mn (R). Les solutions du système différentiel homogène
X ′ = AX sont les fonctions X : R −→ Rn définies par
X (t) = exp(tA) · X0
Théorème
Soit A ∈ Mn (R). Les solutions du système différentiel homogène
X ′ = AX sont les fonctions X : R −→ Rn définies par
X (t) = exp(tA) · X0
χA (λ ) = det(A − λ I3 ) = (2 − λ )(3 − λ )2
Donc 2 est une valeur propre simple et 3 est une valeur propre
double.
Mathématiques pour ingénieur 30
Systèmes différentiels
où ( + ( + ( +
1 1 1
v1 = *1- , v2 = *1- , v3 = *0-
1 0 1
La matrice A est diagonalisable car dim EA (2) + dim EA (3) = dim R3
(3) Une solution générale du système (Σ) est donnée par
X (t) = αe 2t v1 + β e 3t v2 + γe 3t v3
Exemple
et le système différentiel X ′ = AX .
Calculer exp(At).
Le polynôme caractéristique de A est P(λ ) = (λ − 4)2 (λ − 6)
0 1⊤
On résout (A − 6Id)x = 0 et on trouve v6 = 1 1 0 .
Le sous espace spectral Ker(A − 6Id) est donc engendré par v6 .
Puis on résout (A − 4Id)x = 0, on trouve un seul vecteur v4 =
0 1⊤
1 0 1
Le sous espace spectral Ker(A − 4Id) est donc engendré par v4 .
d’où
(2 4 + (2 4 +
0 0 0 6 0 0
exp(tT ) = exp *3 0 0 1 5 t - exp *3 0 4 0 5 t-
0 0 0 0 0 4
2 4 2 6t 4
1 0 0 e 0 0
= 3 0 1 t 5 3 0 e 4t 0 5
0 0 1 0 0 e 4t
2 6t 4
e 0 0
= 3 0 e 4t te 4t 5
0 0 e 4t
Au final,
2 4
e 6t 0 0
exp(At) = P −1 3 0 e 4t te 4t 5 P
0 0 e 4t
2 1 4t 1 6t
4
4t
2 e − te + 2 e te 4t − 12 e 4t + 12 e 6t te 4t + 12 e 4t − 12 e 6t
= 3 − 2 e 4t + 2 e 6t
1 1 1 6t
2e + 2e
1 4t 1 4t
2e − 2e
1 6t 5
−te 4t te 4t 4t
te + e 4t
X (t) =
( +( +
1 4t
2e − te 4t + 12 e 6t te 4t − 12 e 4t + 12 e 6t te 4t + 12 e 4t − 12 e 6t α
* − 12 e 4t + 12 e 6t 1 6t 1 4t 1 4t 1 6t -* β -
2e + 2e 2e − 2e
−te 4t te 4t 4t
te + e 4t γ
et ( +
0 1 ··· 0
) 0 0 ··· 0 ,
) ,
A=) .. .. ,
* . . 1 -
−an −an−1 · · · −a1
Corollaire
L’ensemble des solutions de l’équation différentielle (E) est un
espace vectoriel de dimension n.
Exemple
On considère l’équation différentielle suivante
y ′′′ (t) − y ′′ (t) − 4y ′ (t) + 4y (t) = 0. (E1)
On pose ( +
y (t)
X (t) = * y ′ (t) - .
y ′′ (t)
Montrer que l’équation (E1) est équivalente à un système
différentiel homogène de la forme
X ′ (t) = AX (t) (E2)
où A est une matrice
( +
0 1 0
A = * 0 0 1-
−4 4 1
1 4 4
( +
αe + β e + γe
t 2t −2t
= * αe t + 2β e 2t − 2γe −2t -
αe t + 4β e 2t + 4γe −2t
(5) On en déduit que la solution générale de l’équation (E1) est
y (t) = αe t + β e 2t + γe −2t avec α, β , γ ∈ R.
Mathématiques pour ingénieur 43
Systèmes différentiels
Rédoudre sur ] − 1, 1[
(1 − t 2 )y ′′ − 4ty ′ − 2y = 0, (2)
Analyse :
et
+∞ +∞
y ′′ (t) = ∑ n(n − 1)an t n−2 = ∑ (n + 2)(n + 1)an+2 t n
n=2 n=0
ce qui donne
+∞
0 = (1 − t 2 )y ′′ − 4ty ′ − 2y = ∑ (n + 2)(n + 1)(an+2 − an )t n .
n=0
Par unicité des coefficients d’un développement en série entière, on
a trouve
∀n ∈ N, (n + 2)(n + 1)(an+2 − an ) = 0.
Ainsi y est solution de (2) sur ] − R, R[ si, et seulement si,
∀n ∈ N, an+2 = an
On a alors pour tout p ∈ N, a2p = a0 et a2p+1 = a1 , puis
+∞ +∞ +∞ +∞
y (t) = ∑ a2p t 2p + ∑ a2p+1 t 2p+1 = ∑ a0 t 2p + ∑ a1 t 2p+1
p=0 p=0 p=0 p=0
ce qui donne
1 t
y (t) = a0 2
+ a1
1−t 1 − t2
pour tout t ∈] − R, R[ avec nécessairement R ≤ 1.
Mathématiques pour ingénieur 46
Systèmes différentiels
Synthèse :
Soit
1 t
ϕ(t) = 2
et ψ(t) =
1−t 1 − t2
ϕ est développable en série entière sur ] − 1, 1[ et par le calcul
précédent est solution de l’équation (2) sur ] − 1, 1[. Il en est de
même pour ψ. Les fonctions ϕ et ψ sont deux solutions
indépendantes, elles forment donc un système fondamental de
solutions de (2).
Conclusion : La solution générale de (2) est
λ + µt
y (t) = , λ,µ ∈ R .
1 − t2