Article PCTenCC ABC2012
Article PCTenCC ABC2012
Samy Kallel1 Résumé. La chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle (CEC) peut
Mohamed Abid1 induire un syndrome inflammatoire à réponse systémique (SIRS) rendant diffi-
Anouar Jarraya1 cile l’interprétation des marqueurs de l’inflammation. La procalcitonine (PCT)
est un marqueur de l’inflammation qui semble être un bon marqueur précoce
Mohamed Abdenadher3
des infections après chirurgie cardiaque. Nous avons cherché à étudier la ciné-
Emna Mnif2 tique de la PCT après chirurgie cardiaque avec CEC afin de déterminer sa
Imed Frikha3 valeur diagnostique et pronostique. C’est une étude prospective observationnelle
Fatma Ayadi2 incluant 40 patients adultes, opérés consécutivement d’une chirurgie valvulaire
Abdelhamid Karoui1 ou coronaire avec CEC, de façon programmée ou semi-urgente. Le protocole
1 Service d’anesthésie réanimation anesthésique a été standardisé pour tous les patients. Un dosage de la PCT et
chirurgicale, de la CRP a été effectué avant la CEC, à l’arrêt de la CEC (H0), 4 heures après
<[email protected]> (H4) puis à H24, H48, H72 et H96. Les concentrations de PCT et de CRP ont
2 Service de biochimie, augmenté de façon significative à partir de H4 et jusqu’à J4 postopératoire en
3Service de chirurgie cardiovasculaire, comparaison aux valeurs de base (p < 0,05). La concentration de PCT a aug-
CHU Habib Bourguiba, Sfax, Tunisie menté dès la fin de la CEC pour atteindre son pic à J1 (0,96 ± 1,00 ng/mL),
puis a diminué rapidement à J2, J3 et J4 postopératoires. La CRP a montré une
cinétique plus lente avec un pic à J2 (204 ± 81 mg/L) et une diminution plus
lente. Les concentrations de PCT n’ont pas montré de variation significative en
fonction du type de chirurgie et ils ont été significativement plus augmentés en
cas de SIRS sévère, d’infection postopératoire tardive et d’insuffisance rénale
postopératoire. Cependant, les concentrations de CRP n’ont pas été corrélées
avec ces complications. D’après l’analyse des courbes ROC, une valeur seuil
de 0,958 ng/mL de PCT mesurée à J1 postopératoire a une sensibilité de 85 %
et une spécificité de 95 % pour la prédiction de SIRS sévère avec dysfonction
d’organe. Pour une valeur seuil de 1,2 ng/mL mesurée à J1 postopératoire, la
PCT a une sensibilité de 100 % et une spécificité de 96 % pour la prédiction
d’infection. Pour une valeur seuil de 0,475 ng/mL mesurée à l’arrêt de la CEC,
la PCT a une sensibilité de 80 % et une spécificité de 69 % pour la prédiction
d’Irapo (insuffisance rénale aiguë postopératoire). Les concentrations postopé-
ratoires de PCT ont été corrélées aux scores de gravité. Elles ont été également
corrélées à la durée de séjour en réanimation. D’après l’analyse de la courbe
ROC, pour une valeur seuil de 0,737 ng/mL mesurée à J1 postopératoire, la
PCT a une sensibilité de 76 % et une spécificité de 91 % pour la prédiction
d’un séjour en réanimation de plus de 3 jours avec AUC = 0,818. La PCT est un
marqueur qui a une cinétique rapide et permet de prédire précocement le SIRS
sévère, l’infection postopératoire tardive et l’Irapo.
doi:10.1684/abc.2012.0745
Pour citer cet article : Kallel S, Abid M, Jarraya A, Abdenadher M, Mnif E, Frikha I, Ayadi F, Karoui A. Cinétique et intérêt diagnostique et pronostique de la procalcitonine
après chirurgie cardiaque. Ann Biol Clin 2012 ; 70(5) : 567-80 doi:10.1684/abc.2012.0745 567
Article original
La chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle comporte comme un marqueur de l’inflammation à réponse
(CEC) peut induire une inflammation aiguë généralisée rapide et semble être un bon marqueur précoce des compli-
non spécifique [1]. Cette réponse inflammatoire systémique cations après chirurgie cardiaque.
(SIRS) est secondaire à l’intrication de plusieurs facteurs Cependant, seule l’étude de la cinétique d’évolution de la
comme le traumatisme chirurgical, l’ischémie-reperfusion PCT pouvait expliquer son intérêt potentiel à différencier
myocardique, l’exposition du sang à une surface non infection et inflammation. Son dosage est simple et rapide-
physiologique, la transfusion et les changements de la tem- ment disponible.
pérature corporelle [2]. Le but de cette étude est d’étudier la cinétique de la PCT,
Ce SIRS postopératoire entraîne un état fébrile avec déterminer sa valeur diagnostique de l’infection et sa valeur
augmentation tardive des marqueurs inflammatoires, pronostique après chirurgie cardiaque avec CEC.
notamment la protéine C-réactive (CRP) et les globules
blancs (GB). Dans ce contexte, le diagnostic d’infection
postopératoire devient difficile surtout que la CRP a une Matériel et méthodes
cinétique d’évolution lente et a montré une faible spécifi-
cité pour le diagnostic d’infection postopératoire [3] et une C’est une étude prospective observationnelle. Elle a
faible valeur pronostique [4]. concerné des patients proposés de façon programmée
En revanche, la procalcitonine (PCT) est actuellement un ou semi-urgente pour chirurgie cardiaque avec CEC
marqueur biochimique spécifique de la réaction inflam- normo-thermique. Elle a été réalisée au centre hospitalo-
matoire infectieuse, en particulier bactérienne [5]. Elle se universitaire (CHU) Habib Bourguiba de Sfax durant une
période de 7 mois. Nous avons inclus les patients d’âge sérum physiologique est remplacé par deux poches de sang
supérieur à 18 ans proposés pour une chirurgie cardiaque isogroupe et isorhésus. Durant la CEC, le débit de pompe
programmée ou semi-urgente : pontage aorto-coronarien a été de l’ordre de 2,4 L/min/m2 et la pression artérielle
(PAC) ou remplacement valvulaire (RV) avec clampage moyenne est maintenue entre 60 et 80 mmHg. La protec-
aortique (CA) et circulation extracorporelle (CEC). Nous tion myocardique a été assurée par 0,5 L de solution de
n’avons pas inclus les patients ayant présenté un infarc- cardioplégie cristalloïde froide.
tus du myocarde (IDM) récent datant de moins de 7 En postopératoire, les patients ont bénéficié d’un monito-
jours, ainsi que les interventions en urgence, les insuf- rage de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque et
fisants rénaux ou hépatiques sévères préopératoires, le de la saturation en oxygène.
syndrome infectieux préopératoire cliniquement décelable Un bilan paraclinique a été réalisé tous les jours comportant
(foyer infectieux évident, température > 38 ◦ C, CRP un électrocardiogramme, une radiographie du thorax et un
> 5 mg/L, globules blancs > 12 × 109 éléments/L) ou bilan biologique (hémogramme, bilan d’hémostase et bilan
endocardite non refroidie et l’atteinte par une maladie de métabolique et enzymatique).
système ou traitement par les corticoïdes pendant les 7 jours Après le réchauffement du patient et l’obtention des
précédant l’intervention. Nous avons exclu les reprises chi- résultats du bilan postopératoire immédiat, l’extubation
rurgicales et le décès per opératoire ou pendant les quatre trachéale est envisagée dès que les critères prédéfinis de
jours suivant l’intervention ne permettant pas de suivre la l’extubation ont été réunis. Le saignement postopératoire a
cinétique des marqueurs. été évalué par la mesure du volume total des drainages tho-
Le protocole anesthésique a été standardisé pour tous les raciques. En l’absence de complications postopératoires et
patients inclus. Une prémédication anxiolytique par voie devant une stabilité hémodynamique, le patient a été rapi-
orale à base d’hydroxyzine a été administrée la veille dement déchargé de la voie veineuse centrale et du cathéter
et 2 heures avant l’intervention. L’induction anesthésique artériel permettant sa mise au fauteuil et sa déambulation
a été réalisée par midazolam (0,1 mg/kg), rémifentanyl précoce.
(1,5 g/kg sur une minute) et cisatracurium (0,2 mg/kg). Les données préopératoires recueillies ont été : les carac-
Après intubation orotrachéale, les patients ont été venti- téristiques démographiques, les antécédents médicaux et
lés en mode contrôlé avec un mélange d’oxygène et d’air chirurgicaux, les traitements en cours, les données de
à 50 %, un volume courant de 8 à 10 mL/kg et une fré- l’échographie cardiaque, les données de la coronarogra-
quence respiratoire pour maintenir une PaCO2 entre 35 phie et l’évaluation du risque chirurgical par le score de
et 40 mmHg. L’entretien de l’anesthésie a été assuré par Parsonnet et l’EuroScore.
l’association du midazolam (0,05 mg/kg/h), du rémifenta- En per-opératoire nous avons noté le type de la chirur-
nyl (0,2 à 0,4 g/kg/min) et de cisatracurium (0,1 mg/kg/h). gie, la durée de la CEC et la survenue de complications
Le sévoflurane a été utilisé pour le préconditionnement per-opératoires comme l’instabilité hémodynamique, le
myocardique en cas de PAC. La surveillance per opéra- saignement ou la survenue de troubles de rythme et de
toire a été assurée par un électrocardiogramme avec 5 conduction.
dérivations, une saturation pulsatile en oxygène, un cap- En postopératoire, le syndrome de réaction inflamma-
nogramme, une pression artérielle invasive, une pression toire systémique (SIRS) a été défini selon les critères de
veineuse centrale et une diurèse. l’American college of chest physicians society of critical
Tous les patients ont reçu une antibiothérapie prophylac- care medecine consensus conference 1992. Le diagnostic
tique à base de céfazoline 2 g à l’induction (1 heure avant de SIRS a été retenu devant l’association de deux critères
l’incision) puis une réinjection toutes les 4 heures durant parmi les suivants : température > 38 ◦ C ou < 36 ◦ C ;
l’intervention chirurgicale, puis toutes les 8 heures pendant globules blancs > 12 × 109 /L ou < 4 × 109 /L ; polypnée
24 heures en cas de PAC et 48 heures en cas de RV. La > 20 cycles/min ou une hypocapnie < 32 mmHg et une
vancomycine 1 g à l’induction puis 1 g toutes les 12 heures tachycardie > 90 battements/min.
a été utilisé en cas d’allergie à la céfazoline ou malade à Le SIRS sévère a été défini par un SIRS avec au moins une
haut risque d’être colonisé par le Staphylococcus aureus dysfonction d’organe selon les critères de Fagon. Le SIRS
multi-résistant. et le SIRS sévère ont été recherchés pour tous les patients
Le protocole de la CEC a été standardisé pour tous les le matin du premier jour postopératoire. Pour les patients
patients. Après administration intraveineuse d’héparine restant plus longtemps en réanimation, la classification a
(300 UI/kg) pour atteindre un temps de coagulation activé été réévaluée quotidiennement. Nous avons aussi noté les
supérieur à 400 secondes et une hypothermie modérée (34- différentes complications postopératoires d’ordre cardio-
36 ◦ C), la CEC a été amorcée par 0,5 L de mannitol à 10 %, vasculaire, respiratoire, infectieuse et rénale et nous avons
0,5 L de bicarbonates à 14 ‰ et 0,5 L de sérum physio- défini l’insuffisance rénale aiguë postopératoire (Irapo) par
logique. Si le taux d’hématocrite est inférieur à 30 %, le une augmentation des chiffres de créatinine sanguine de
plus de 20 % dans les trois premiers jours postopéra- pas respectée (distribution non gaussienne) ou que la taille
toires par rapport aux chiffres pré-opératoires. Nous avons de l’un des groupes est faible (< 10). Les variables qualita-
aussi noté la durée de séjour en réanimation, la durée tives ont été analysées par le test Chi2 ou par le test exact de
d’hospitalisation et la mortalité dans les 30 jours postopé- Fisher chaque fois que l’un des effectifs était faible (< 5).
ratoires. Les différences entre les résultats ont été considérées signi-
Concernant les explorations biologiques, le premier prélè- ficatives pour une valeur de p < 0,05. Pour les comparaisons
vement sanguin de la PCT, la CRP et les globules blancs multiples nous avons utilisé la correction de Bonferroni.
(GB) a été effectué après l’induction de l’anesthésie et avant Pour déterminer les différentes valeurs seuils, nous avons
la CEC. Les prélèvements suivants ont été réalisés à l’arrêt utilisé les courbes ROC. La meilleure valeur seuil est la
de la CEC (H0), 4 heures après (H4) puis tous les jours les valeur ayant le meilleur rapport sensibilité/spécificité. Pour
4 premiers jours (H24, H48, H72 et H96). l’étude multivariée nous avons utilisé la régression logis-
Le dosage de la PCT est réalisé par électro- tique binaire. Dans le but de voir le pouvoir des différents
chimiluminescence « Eclia ». C’est une méthode marqueurs biologiques dans la prédiction du séjour en
immunoenzymatique type « sandwich » avec détection réanimation, nous avons utilisé la régression linéaire pour
finale de luminescence par un photomultiplicateur automa- calculer le séjour prédit par chaque marqueur seul, puis
tisée sur Elecsys 2010 de Roche® . Selon le fournisseur, les associé à d’autres marqueurs, et nous avons comparé les
patients ayant des valeurs de PCT < 0,5 ng/mL présentent séjours prédits avec le séjour observé.
un faible risque de sepsis sévère ou de choc septique. Les
patients ayant des valeurs de PCT > 2 ng/mL présentent
un risque élevé de sepsis sévère ou de choc septique.
Le dosage de la CRP a été réalisé par méthode immunotur- Résultats
bidimétrique automatisée sur Cobas Integra 400 de Roche® .
Le domaine de mesure du coffret s’étend de 0,7 à 182 mg/L Au total 42 patients ont été retenus. Deux patients ont été
et le seuil décisionnel recommandé par le fournisseur pour exclus suite à leurs décès au premier jour postopératoire.
l’adulte : 5 mg/L. Les 40 patients inclus ont été répartis en 23 PAC, 17 RV.
L’analyse statistique a été réalisée avec le logiciel : Sta- Les caractéristiques démographiques et les comorbidités
tistical Package for Social Sciences (SPSS) de Windows sont résumées dans le tableau 1.
(version11.0). Pour la comparaison des moyennes, nous En per-opératoire, la durée moyenne de la chirurgie a été
avons utilisé le test de Student ou le test U de Mann et de 268 ± 54,6 min, celle de la CEC de 97 ± 30,6 min sans
Whitney chaque fois que la normalité des distributions n’est différence significative en fonction du type de chirurgie. La
* : différence significative ; IMC : indice de masse corporelle ; HTA : hypertension artérielle ; BPCO : broncho-pneumopathie chronique obstructive ; FEVG :
fraction d’éjection du ventricule gauche ; ACFA préop : arythmie complète par fibrillation auriculaire préopératoire ; IDM : infarctus du myocarde.
Tableau 2. Les moyennes des durées de la chirurgie, de la CEC, du clampage aortique et de l’assistance en fonction du type de la
chirurgie.
* : différence significative. Les variables sont exprimées en moyenne (écart type). IMC : indice de masse corporelle ; CEC : circulation extracorporelle corporelle ;
CA : clampage aortique ; VNI : ventilation non invasive.
durée du CA a été plus prolongée en cas de RV, alors que et J4 postopératoires. La CRP a montré une cinétique plus
la durée d’assistance a été plus basse (tableau 2). lente avec un pic à 48 heures et une diminution plus lente.
En postopératoire, parmi les 40 patients étudiés, cinq Le pic des GB a été atteint à J1 (figure 1). Les concentra-
patients n’ont pas développé de SIRS. Le SIRS a été simple tions de PCT, ainsi que celles de la CRP et des GB, n’ont
chez 18 patients (45 %) et a été sévère avec dysfonctions montré aucune différence significative en fonction du type
d’organes chez 17 patients (42,5 %). Les défaillances vis- de chirurgie.
cérales ont été réparties en 10 défaillances respiratoires, Les patients qui ont développé une infection postopératoire
6 défaillances cardiovasculaires et une défaillance neu- tardive ont présenté des chiffres de PCT significative-
rologique. Les patients ayant présenté un SIRS sévère ment plus augmentés à partir de la 4e heure postopératoire
avaient des durées de CEC, de CA et de chirurgie signi- (figure 2), alors que l’élévation de CRP a été significative
ficativement plus prolongées. Ils ont également nécessité plus tardivement à H48, H72 et H96 (figure 3). Les concen-
plus de catécholamines (tableau 3). Aucun patient n’a pré- trations de GB n’ont montré aucune différence significative
senté une infection postopératoire précoce (avant le 5e jour en fonction de la présence ou non d’infection postopératoire
postopératoire). Huit patients ont présenté des infections tardive.
postopératoires tardives. L’étude de la cinétique en fonction de la présence et de la
L’évolution des paramètres biologiques a montré que les sévérité du SIRS a montré que les concentrations de PCT
concentrations de PCT, CRP et GB ont augmenté de ont été significativement plus augmentées chez les patients
façon significative à partir de H4 et jusqu’à J4 postopé- avec dysfonctions d’organes à partir de la 4e heure et jusqu’à
ratoire comparativement aux valeurs basales (p < 0,05). La J4 postopératoire avec un pic de 1,7 ± 1,02 ng/mL à J1.
concentration de PCT a augmenté dès la fin de la CEC pour Chez les patients sans SIRS, les concentrations de PCT
atteindre son pic à J1, puis a diminué rapidement à J2, J3 n’ont pas dépassé 0,5 ng/mL (figure 4). Les concentrations
CRP (mg/L)
concentrations postopératoires de PCT ont été corrélées aux ∗
150
100
100
∗ 50
∗ ∗
10
Concentration
0
Av CEC H0 H4 H24 H48 H72 H96
1 Temps
∗ *différence significative
Infection- Infection+
0,1
*
PCT (ng/mL)
1,5
Figure 1. Cinétiques de la procalcitonine, de la protéine C-réactive *
et des globules blancs après chirurgie cardiaque avec CEC repré-
sentées sur une échelle semi-logarithmique. 1,0
*
*
*
0,5
3
∗
0,0
Av CEC H0 H4 H24 H48 H72 H96
2,5
*différence significative Temps
(r = 0,617 ; p < 0,0001) et H96 (r = 0,590 ; p < 0,0001). les concentrations de PCT à H24 et H48 ont les meilleures
Les concentrations de PCT ont été significativement plus aires sous la courbe (AUC) (figure 7). Pour une valeur seuil
augmentées en cas d’extubation tardive au-delà de 6e heure de 0,958 ng/mL mesurée à J1 postopératoire, la PCT a une
postopératoire de J1 à J3 postopératoires. sensibilité de 85 % et une spécificité de 95 % pour la pré-
Pour la prédiction de SIRS sévère, l’analyse des courbes diction de dysfonction d’organe avec une AUC = 0,925
ROC de la PCT aux différents temps étudiés a montré que (tableau 5). Aucun malade n’a présenté une infection pré-
coce confirmée bactériologiquement. Ceci n’a pas permis
d’étudier la valeur diagnostique de la PCT pour l’infection.
6 Selon le test de Spearman, la durée de séjour en réanimation
a été corrélée aux concentrations de PCT à H4 (r = 0,337 ;
p = 0,03), à H24 (r = 0,543 ; p < 0,0001), H48 (r = 0,598 ;
5
p < 0,0001), H72 (r = 0,532 ; p < 0,0001), et H96 (r = 0,423 ;
p = 0,01). Les concentrations de CRP n’ont pas été cor-
rélées à la durée de séjour en réanimation. L’analyse des
PCT à H 24 (ng/mL)
4
courbes ROC de la PCT aux différents temps étudiés pour
la prédiction d’un séjour en réanimation de plus de 3 jours
3
a montré que les concentrations de PCT à H24 et H48 ont
les meilleures AUC (figure 8). Pour une valeur seuil de
2 0,737 ng/mL mesurée à J1 postopératoire, la PCT a une
sensibilité de 76 % et une spécificité de 91 % pour la pré-
diction d’un séjour en réanimation de plus de 3 jours avec
1
AUC = 0,818. Pour une valeur seuil de 0,431 ng/mL mesu-
rée à J2 postopératoire, la PCT a une sensibilité de 81 % et
0 une spécificité de 82 % (tableau 6).
0 10 20 Pour la prédiction d’infection tardive, l’analyse des courbes
Score de Parsonnet
ROC de la PCT aux différents temps étudiés a montré que
les concentrations de PCT à H24 et H48 ont les meilleures
Figure 5. Corrélation entre le score de Parsonnet et la procalcito- AUC (figure 9). Pour une valeur seuil de 1,2 ng/mL
nine à H24(p = 0,01). mesurée à J1 postopératoire, la PCT a une sensibilité
de 100 % et une spécificité de 96 % pour la prédiction
d’infection avec AUC = 0,995. En revanche, l’analyse des
6 courbes ROC de la CRP aux différents temps étudiés pour
la prédiction d’infection (figure 10) a montré que pour un
seuil de 187 mg/L à H48, la CRP a une sensibilité de 75 %
5
et une spécificité de 69 % pour la prédiction d’infection
postopératoire (tableau 7).
L’insuffisance rénale aiguë postopératoire (Irapo) a été ren-
PCT à H 24 (ng/mL)
4
contrée chez 16 (40 %) patients. Aucun patient n’a nécessité
la dialyse. Les patients qui ont développé une Irapo ont
3
eu des concentrations de PCT significativement plus aug-
mentées aux différents temps d’étude excepté J1 (tableau
2 8). Les concentrations de CRP n’ont pas montré de diffé-
rence en fonction de la présence ou non d’Irapo. L’analyse
des courbes ROC de la PCT aux différents temps étudiés
1 pour la prédiction d’insuffisance rénale aiguë postopéra-
toire a montré que les concentrations de PCT à H0 ont la
0
meilleure AUC (figure 11). Pour une valeur seuil de 0,475
0 2 4 6 8 10 ng/mL mesurée à l’arrêt de la CEC, la PCT a une sensibi-
Euroscore lité de 80 % et une spécificité de 69 % pour la prédiction
d’Irapo avec AUC = 0,807 (tableau 9).
Figure 6. Corrélation entre l’EuroScore et la procalcitonine à H24 L’étude de mortalité n’a pas été possible vu le faible taux
(p = 0,02). de décès lors de cette étude.
NS : corrélation non significative ; r : coefficient de corrélation ; PCT : procalcitonine ; CEC : circulation extracorporelle.
Tableau 5. Sensibilités, spécificités pour les valeurs seuils de procalcitonine et aires sous la courbe (AUC) pour le développement de SIRS
sévère postopératoire aux différents temps étudiés.
Tableau 6. Sensibilités, spécificités pour les valeurs seuils de procalcitonine et aires sous la courbe (AUC) pour la prédiction d’un séjour
en réanimation > 3 jours aux différents temps étudiés.
Tableau 7. Sensibilités, spécificités pour les valeurs seuils de la protéine C-réactive et aires sous la courbe (AUC) pour la prédiction
d’infection postopératoire aux différents temps étudiés.
Tableau 8. Comparaison des moyennes de la procalcitonine en fonction de la présence ou non d’insuffisance rénale aiguë postopératoire.
Les variables sont exprimées en moyenne (écart type) ; Irapo : insuffisance rénale aiguë postopératoire.
Tableau 9. Sensibilités, spécificités pour les valeurs seuils de procalcitonine et aires sous courbe (AUC) pour la prédiction d’insuffisance
rénale aiguë aux différents temps étudiés.
1,0 1,0
0,8 0,8
Sensibilité
Sensibilité
0,5 0,5
0,3 0,3
0,0 0,0
0,0 0,3 0,5 0,8 1,0 0,0 0,3 0,5 0,8 1,0
1- Spécificité 1- Spécificité
Figure 7. Courbes ROC de PCT aux différents temps étudiés pour Figure 8. Courbes ROC de PCT aux différents temps étudiés pour
la prédiction du SIRS sévère. la prédiction d’une durée de séjour en réanimation > 3 jours.
code pour la PCT [5]. Dans les conditions physiologiques, la PCT est en grande partie d’origine hépatique [6]. Cela
l’expression du gène CALC-I est limitée aux cellules C de a été confirmé par Nijsten et al. [7] qui ont démontré que
la thyroïde et aux cellules K neuroendocriennes du pou- le tissu hépatique humain produit des taux importants de
mon. Au cours d’infection bactérienne, il a été prouvé que PCT après stimulation par le tumor necrosis factor (TNF)
0,5 gie dans ce cas), atteint un pic dans les 24 heures et retourne
à la normale en quelques jours en absence de complica-
tions [10]. Lors de notre étude, nous n’avons pas trouvé
de différences entre les concentrations postopératoires de
0,3 PCT selon le type de chirurgie (PAC et RV). Ces résultats
rejoignent ceux de Aouifi et al. [2] qui n’ont pas trouvé
de différences entre les concentrations postopératoires de
PCT en comparant la chirurgie coronaire avec ou sans CEC
0,0
0,0 0,3 0,5 0,8 1,0
à la chirurgie valvulaire. Ceci justifie le groupement de ces
1- Spécificité deux populations en une seule lors de l’étude pronostique.
Le mécanisme de l’élévation de la PCT en postopératoire
Ligne de référence Procalcitonine H72
immédiat de chirurgie cardiaque n’est pas encore bien élu-
Procalcitonine postCEC Procalcitonine H4
cidé. En général, l’infection est le stimulus majeur de la
Procalcitonine préCEC Procalcitonine H48
libération de PCT [10]. Cependant, étant donné que la chi-
Procalcitonine H96 Procalcitonine H24
rurgie cardiaque est une chirurgie propre, il est difficile
d’accorder l’élévation de la PCT à l’infection uniquement.
Figure 9. Courbes ROC de PCT aux différents temps étudiés pour Meisner et al. [11] ont montré que la synthèse de PCT est
la prédiction d’infection. induite par différents stimuli tels que le traumatisme chirur-
gical et les lésions tissulaires qui entraînent une stimulation
non spécifique et non infectieuse de la PCT. Kilger et al.
[12] et Franke et al. [13] ont conclu que les concentrations
postopératoires de PCT sont plus élevées en cas de CEC.
1,0 En plus, il a été montré que certains facteurs per-opératoires
peuvent influencer l’évolution postopératoire de la PCT tels
que la durée de la CEC [14, 15], du CA [16, 17] et de la
0,8 chirurgie. Dans notre étude, les concentrations de PCT post-
opératoires ont été corrélées à la durée de la CEC, du CA
et de la chirurgie. Toutefois, une étude chez les patients
Sensibilité
absence de complications, les concentrations de PCT n’ont sepsis sévère [18, 19]. L’incidence de SIRS sévère a été
pas dépassé 1 ng/mL durant les quatre premiers jours post- de 42,5 % dans notre étude, de 22 % dans l’étude de Hensel
opératoires. Les concentrations moyennes de PCT ont été et al. et 11 % dans l’étude de Kerbaul et al. [18]. Cette varia-
aussi moins élevées que celles de la littérature. Ceci peut bilité pourrait s’expliquer par le terrain des patients inclus,
être expliqué par la différence de sensibilités analytique et le protocole anesthésique et de la CEC et l’utilisation de
fonctionnelle (définie comme la concentration la plus faible matériel non biocompatible. L’utilisation de doses élevées
donnant un coefficient de variation inter-série inférieur à d’aprotinine pour réduire le saignement pourrait expliquer
10 %) [20]. En effet, la majorité des études publiées a utilisé la faible incidence de SIRS sévère retrouvée dans l’étude
la technique immunoluminométrique dont les sensibilités de Kerbaul et al. [18]. En effet, les inhibiteurs de protéases,
analytique (environ 0,1 ng/mL) et fonctionnelle (environ tels que l’aprotinine, entraînent une diminution de la libé-
0,3 ng/mL) sont cinq fois moindres que celles de notre ration des cytokines pro-inflammatoires par inhibition de
technique de dosage (0,02 ng/mL et 0,06 ng/mL respec- l’activation du complément et de la sérine protéase [18].
tivement). L’amélioration de la sensibilité des techniques Les concentrations de PCT ont été significativement plus
récentes a amené les auteurs à revoir les seuils décisionnels augmentées chez les patients avec SIRS sévère à partir
[20]. de la 4e heure et jusqu’à J4 postopératoire en compa-
Dans notre étude, les concentrations de PCT ont été signifi- raison avec les malades sans SIRS ou avec SIRS sans
cativement plus augmentées chez les patients ayant présenté dysfonctions d’organes. La PCT paraît augmenter préco-
des complications postopératoires pour une valeur seuil cement en cas de défaillance viscérale associée au SIRS
de ≈ 1 ng/mL mesurée à J1 postopératoire. La PCT a (dès la 4e heure postopératoire). Ceci conforte l’hypothèse
une sensibilité de 85 % et une spécificité de 95 % pour selon laquelle la PCT serait un marqueur approprié pour
la prédiction de dysfonction d’organe. Adamik et al. [21] mettre en évidence un SIRS sévère à un stade précoce
ont rapporté qu’après chirurgie cardiaque, les concentra- en comparaison avec la CRP [18, 19]. En effet, dans la
tions de PCT n’ont pas varié chez les patients dont les présente étude, les concentrations de CRP n’ont montré
suites opératoires ont été simples, alors que ces concen- aucune différence en fonction de la présence et la sévé-
trations ont augmenté de façon significative chez ceux qui rité du SIRS. Ceci est aligné avec les résultats de Kerbaul
ont présenté des complications. Leur valeur seuil a été de et al. [18].
2 ng/mL avec une valeur prédictive positive de 100 % et
une valeur prédictive négative de 93 % [21]. Selon Meis-
ner et al. [16], après chirurgie cardiaque, les patients ayant
des concentrations de PCT > 2 ng/mL à J1 ou J2 post- 1,0
La survenue d’infection après une chirurgie cardiaque est Les concentrations de PCT ont été significativement plus
une complication redoutable associée à une morbi-mortalité augmentées en cas d’Irapo. Pour une valeur seuil de
et à un coût élevés [25, 26]. Son diagnostic n’est pas évident 0,475 ng/mL mesurée à l’arrêt de la CEC, la PCT a une
dans le contexte de SIRS postopératoire. La PCT s’élève sensibilité de 80 % et une spécificité de 69 % pour la pré-
considérablement et rapidement au cours des infections diction de cette complication. Comme son épuration rénale
[5, 27]. Certains auteurs la considèrent comme marqueur n’est pas un mécanisme majeur, la PCT garde sa valeur
spécifique d’infection, notamment bactérienne [28]. Cepen- diagnostique dans ce contexte [37].
dant, une augmentation de la PCT a été notée en cas de Dans l’étude « Proheart » incluant 722 patients bénéficiant
traumatisme sévère [29], de brûlure [30], de coup de cha- de chirurgie cardiaque avec CEC, Loebe et al. [38] ont
leur [31] et en postopératoire de chirurgie cardiaque en rapporté qu’une concentration de PCT > 1 ng/mL à J1 post-
l’absence de toute infection [10, 16]. Le point commun opératoire est associée à une mortalité élevée (p < 0,03) et
entre toutes ces affections est la réaction inflammatoire. que cette mortalité est plus importante lorsque la concentra-
Au cours de notre étude, toutes les infections sont surve- tion de PCT est supérieure à 5 ng/mL (p < 0,002). Dörge et
nues au-delà du 4e jour postopératoire, ne permettant pas al. [34] ont trouvé qu’un seuil de PCT à 10 ng/mL mesuré
ainsi d’étudier la valeur diagnostique d’infection précoce à J1 postopératoire prédit la mortalité après CEC avec une
de la PCT. Cependant, les patients qui ont développé une bonne sensibilité (72 %) et une faible spécificité (51,3 %).
infection ultérieurement ont eu des concentrations signifi- Cependant, selon Fritz et al. [39] le seuil de PCT pour la
cativement plus élevées que ceux sans infection. Une valeur prédiction de mortalité à 28 jours a été de 2,8 ng/mL. Dans
seuil de 1,2 ng/mL mesurée à J1 postopératoire, a permis notre étude, nous n’avons pas pu étudier ce point en raison
la prédiction d’infection avec une sensibilité de 100 % et de la faible incidence de décès (2,5 %).
une spécificité de 96 %. La sensibilité et la spécificité de la
CRP ont été moindres (75 % et 59 % respectivement pour
un seuil de 187 mg/L) avec des délais plus retardés. En
effet, plusieurs études ont rapporté que les concentrations
Conclusion
de PCT après chirurgie cardiaque sont significativement
La chirurgie cardiaque avec CEC est une chirurgie lourde
plus augmentées en cas d’infection [32, 33]. En plus, il a
associée à une morbi-mortalité importante. Elle induit
été montré qu’en cas d’infection postopératoire, les concen-
une inflammation aiguë généralisée non spécifique ou
trations de PCT persistent augmentées durant la première
SIRS. La complication la plus redoutée de cette réac-
semaine [32, 33]. Le seuil ou « cutoff » de PCT pour le
tion inflammatoire est la défaillance multiviscérale qui
diagnostic d’infection après chirurgie cardiaque reste mal
aggrave le pronostic. La PCT est un marqueur biologique
défini et variable selon les études [32]. Aouifi et al. [2] ont
de l’inflammation ayant une cinétique rapide et qui permet
retenu un « cutoff » de 1 ng/mL avec une sensibilité de 95 %
de prédire précocement le SIRS sévère et les morbidités
et une spécificité de 85 % pour le diagnostic d’infection sur-
encourues par les patients.
venant après J2 postopératoire. Pour Dörge et al. [34], ce
« cutoff » a été de 5 ng/mL avec une sensibilité de 82 % et
Conflits d’intérêts : aucun.
une spécificité de 45 %. Pour Meisner et al. [16], le seuil
de PCT pour la prédiction d’infection après chirurgie car-
diaque a été de 2 ng/mL avec une sensibilité de 83 % et
Références
une spécificité de 75 %. Pour Sinha et al. [28], le seuil
de PCT pour la prédiction d’infection après chirurgie car- 1. Delannoy B, Guye M, Slaiman D, Lehot JJ, Cannesson M. Effect of
diaque a été de 2 ng/mL avec une sensibilité de 86 % et une cardiopulmonary bypass on activated partial thromboplastin time wave-
form analysis, serum procalcitonin and C-reactive protein concentrations.
spécificité de 95 %. Pour la majorité des études sus-citées, Crit Care 2009 ; 13 : R180.
le délai de diagnostic d’infection n’a pas été bien précisé,
mais, souvent au-delà du 2e jour postopératoire. Aouifi [3] 2. Aouifi A, Piriou V, Blanc P, Bouvier H, Bastien O, Chiari P, et al.
Effect of cardiopulmonary bypass on serum procalcitonin and C-reactive
a montré dans une étude prospective évaluant la PCT et protein concentrations. Br J Anaesth 1999 ; 83 : 602-7.
la CRP pour le diagnostic d’infection après chirurgie car-
diaque, que la PCT est restée basse < 1 ng/mL dans 5 des 3. Aouifi A, Piriou V, Bastien O, Blanc P, Bouvier H, Evans R, et al.
Usefulness of procalcitonin for diagnosis of infection in cardiac surgical
9 médiastinites et les concentrations de CRP ont persisté patients. Crit Care Med 2000 ; 28 : 3171-6.
élevées sans différence significative. Dans le même ordre,
Giamarellos-Bourboulis [35, 36] n’a pas trouvé de relation 4. Corral L, Carrió M, Josep L, Torrado H, Javierre C, Rodriguez-Castro
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