Maxence Calandri
ISE
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Le texte que j'ai choisi de lire se nomme Enseigner la musique au collège, cultures juvéniles
et culture scolaire, écrit par Florence Eloy. Ce texte traite de l'éducation musicale faite au collège, et
des méthodes employées par les professeurs. Il est séparé en trois parties, et nous nous intéresserons
ici à la deuxième partie, qui porte sur le conflit qu'il y a entre la culture musicale des élèves et la
culture musicale que le système éducatif tente de leur inculquer. Je commencerai par expliquer la
méthodologie employée par l'enquête ; ensuite nous distinguerons les deux méthodes citées par
l'auteur utilisées par les enseignants pour faire apprendre la culture musicale scolaire aux élèves, à
savoir l'esthétisation du populaire et la popularisation de la musique savante.
Premièrement, la méthodologie employée par l'enquête est un ensemble d'entretiens avec les
enseignants de musique et les élèves, ainsi que de l'observation directe de cours. Les milieux étudiés
sont en Île-de-France, mais contiennent un collège en zone d'enseignement prioritaire (ZEP) et
proche d'une zone d'habitation scolairement et socialement défavorisée et cinq collèges dans des
milieux sociaux hétérogènes, dont trois en ZEP. Il y a aussi un collège venant d'un milieu favorisé
scolairement mais peuplé d'individus d'origine sociale variée, et deux établissements venant de
milieux socialement favorisés. Il y a enfin un collège très sélectif dont les élèves viennent de
milieux à fort capital culturel. Ces lieux d'étude variés avaient pour but de vérifier si il existait une
influence de la famille et des pairs sur l'apprentissage de la musique.
Les méthodologies employées lors des entretiens dépendent de l'individu interrogé : les enseignants
étaient principalement questionnés sur leur rapport aux élèves et à leurs choix pédagogiques, alors
que les élèves recevaient des questions sur leur attitude concernant les cours de musique, mais aussi
leurs habitudes musicales : les supports et contextes d'écoute, mais aussi le style de musique écouté
et leurs artistes favoris, parfois en accédant directement à leurs lecteurs mp3. Ces questions sur le
rapport personnel avaient un but double : premièrement de cerner les pratiques musicales des élèves
indépendamment des cours de musique, mais aussi voir les différentes stratégies de présentation de
soi utilisées par les élèves pour se mettre en avant.
Deuxièmement, la première méthode citée dans le texte comme étant utilisée par les
professeurs est l'esthétisation du populaire. Cela est le nom donné par l'auteur au fait d'aborder la
musique que les élèves écoutent et de l'utiliser comme appui pour comprendre la méthode scolaire
d'analyse de la musique. Cela peut prendre un grand nombre de formes différentes : l'enseignant
peut expliquer comment certaines formes musicales classiques se retrouvent dans les musiques
contemporaines, mais aussi simplement de l'analyse scolaire d'une mélodie proche des élèves. Le
but de cette méthode est de capturer l'attention des élèves en passant de la musique que les élèves
apprécieront plus facilement. Mais cela permet aussi de montrer que l'enseignement musical est
important et utile, précision nécessaire car, la musique étant une matière qui ne compte presque pas
lors des examens finaux du collège, un grand nombre d'élèves la considèrent inutile.
Cependant, cette méthode à plusieurs failles : premièrement, les professeurs utilisent ce qu'ils
pensent être la culture populaire, malgré qu'ils ne soient peu ou pas en contact avec celle-ci. Cela
fait que certains passent des musiques qu'ils pensent être proches des élèves, mais que les élèves
considèrent dépassées. L'autre faille est l'hésitation des professeurs à choisir des musiques loin de la
culture scolaire et légitime. En effet, les morceaux passés en classe seront des styles plus
traditionnels, dénigrant un grand pan de la musique populaire. Un bon exemple de ces deux failles
est le choix d'un grand nombre d'enseignants d'utiliser la musique slam, et plus précisément Abd al
Malik. Ils prennent cet auteur car ils le trouvent proche de la culture musicale légitime, comme ses
nombreuses distinctions musicales le montrent, mais il se trouve qu'il n'est pas écouté par la
majorité des élèves.
Troisièmement, l'autre méthode citée dans le texte est la popularisation du savant. Par cette
expression, l'auteur signifie que les professeurs abordent la musique dite « savante », telle que la
musique classique, et essayent de le faire d'une manière proche de celle de consommer des élèves.
Cela peut se faire de plusieurs façons différentes : il est possible de montrer que certaines œuvres,
notamment dans l'opéra, mais aussi dans des formes musicales sans parole, contiennent une histoire.
Une autre possibilité est de montrer des extraits cinématographiques contenant de la musique
classique, pour associer la musique avec les actions à l'écran. Une dernière méthode est
l'humanisation des auteurs et musiciens : citer des anecdotes sur la vie des musiciens anciens,
comme par exemple la vie étrange de Mozart, permet de diminuer l'impression de distance que les
élèves ont avec eux. Utiliser des extraits d'orchestre moins strictes, notamment d'un point de vue de
l'habillement, permet aux élèves de voir que les musiciens leur sont similaires, puisqu'ils s'habillent
similairement. Toutes ces méthodes ont pour but de faciliter l'apprentissage des élèves en diminuant
l'écart apparent entre le monde de la culture scolaire, dite « légitime », et leur culture, dite
« illégitime ».
Cependant, cette méthode aussi échoue sous certains aspects : tous les élèves ne sont pas aussi
réceptifs à cette méthode, et pour les élèves les plus proches culturellement de la culture légitime,
cela peut même être contre-productif, les élèves ayant l'impression qu'on leur montre une fausse
image de la culture musicale.
En conclusion, ce texte montre différentes méthodes utilisées par les professeurs de musique
pour enseigner leur matière. Ce que nous pouvons retirer de cela, dans le cadre de notre sujet, est
qu'il y a de fortes différences d'attitude face à la musique, à la fois en fonction du milieu social
(montré par les différentes réceptions aux méthodes d'enseignement selon le collège), mais aussi en
fonction de l'âge (la différence culturelle entre les professeurs et les élèves).