Analyse 22
Analyse 22
1 La transformation de Laplace 5
1.1 Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Quelques propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Equations différentielles : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2 Développements limités 19
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.1 Séries géometriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.2 Les nombres réels : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.2 Séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.1 La fonction logarithme : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.2 La fonction Arctangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.3 La fonction exponentielle : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.3 Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.4 Développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4.1 Correction des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
La transformation de Laplace
C’est une transformation integrale 1 qu’on utilise, entre autres, dans l’étude des circuits
électriques.
Dans la suite on s’intéressera seulement aux fonctions dites à temps positif. C’est à dire
qui s’annullent pour les valeurs négatives de leur argument(l’argument étant t, le temps).
Z +∞
Lf (p) = f (t)e−pt dt (1.1)
0
Exercice 1
1. Les transformations à l’aide d’une integration sont fréquntes en mathématiques. Elles permettent de
mettre à contribution toutes les valeurs que prend une fonction donnée.
5
1.1. DÉFINITION ET EXEMPLES
CHAPITRE 1. LA TRANSFORMATION DE LAPLACE
Remarques :
– Rappellons que nous avons déjà rempli ce tableau lors de séances de cours. Cet
exercice vous invite donc à refaire le travail pour une meilleure assimilation.
– Cette table n’est pas exhaustive quant aux fonctions les plus utilisées.
Exercice 2
Dans chacun des cas suivants trouver la fonction f telle que
1 2 4
1/ Lf (p) = 2/ Lf (p) = 5 ; 3/ Lf (p) = 2
p+3 p p +3
Exercice 3
– Décomposer les fractions suivantes dans R[p]
1 1 p+5
F (p) = ; G(p) = 2 ; H(p) = 3
(p − 1)(p + 2) p + 5p + 6 p + 6p2 + 11p + 6
Exercice 4
1
On pose F (p) = p2 +p+1
. Trouver f (t) (on pourra penser à un début de produit remar-
quable).
Exercice 5
1. Soit a ∈ R. Posons h(t) = eat et soit f une fonction. Montrer que L(hf )(p) =
Lf (p − a). Souvent on note cette proprieté, abusivement, de la manière suivante :
L(eat f (t))(p) = Lf (p − a)
Exercice 6
La fonction caractéristique d’un intervalle [a, b] est parfois notée U[a,b] . Elle est définie
de la manière suivante :
U[a,b] (t) = 1, si t ∈ [a, b]
U[a,b]
U[a,b] (t) = 0 si non
1. Faire la représentation graphique de cette fonction.
2. Calculer Z +∞ Z +∞
U[a,b] (t)dt et e3t U[a,b] (t)dt
−∞ −∞
1
LU (p) = (1.2)
p
L(f (n) )(p) = pn Lf (p) − pn−1 f (0) − pn−2 f 0 (0) − pn−3 f 00 (0) − . . . − f (n−1) (0)
(1.6)
f (n) désignant la dérivée d’ordre n de la fonction f .
4. Dérivation de la transformée :
– Soit f une fonction. Posons g(t) = tf (t). Montrer que (Lf )0 (p) = −Lg(p). On
pourra noter cette proprieté par : (Lf (t))0 (p) = −L(tf (t))(p).
– Moyennant une induction simple, montrez que :
f 6= g =⇒ Lf 6= Lg (1.8)
Cela signifie que la transformation de Laplace est partiellement inversible (nous pou-
vons l’inverser sur l’image de cette classe de fonctions).
C’est ce que nous avons fait dans les exercices 1 à 4
Autrement dit une translation dans l’espace des fréquences correspond à la multipli-
cation par une exponentielle dans l’espace temporel, et vice versa.
3p
Exercice : Trouver f (t) sachant que Lf (p) = ep5 .
3. Sans trop entrer dans les détails, c’est le genre de fonctions qui figurent dans le tableau de la première
section, ainsi que leurs combinaisons(linéaire, multiplication . . .)
Remarque importante : Ce théorème n’est valide que lorsque les limites existent
et sont finies. Dans l’exemple précédent, si a < 0, on a bien :
Mais si a > 0, eat tend vers +∞ lorsque t tend vers +∞, et le théorème n’est pas
valide dans ce cas.
Exercice 7 :
On rappelle que U est la fonction échelon unité (introduite dans l’exercice 6)
1. Représenter cette fonction.
2. Représenter graphiquement les fonctions f (t) = U (t − 2) et g(t) = tU (t − 3)
3. Calculer Lf (p) et Lg(p).
4. Dans un plan rapporté à un repère orthonormé direct, on considère les points A(2, 0),
B(3, 2) et C(4, 0).
On considère de même la courbe Γ =] − ∞, A] ∪ [A, B] ∪ [B, C] ∪ C, +∞[. Représenter
graphiquement cette courbe.
On considère maintenant la fonction f dont Γ est la courbe représentative.
– Exprimer f en fonction de U .
– Calculer Z +∞
f (t)dt
−∞
– Calculer Lf (p).
Exemple :
Il n’est pas difficile de deviner que l’unique fonction dont la dérivée est égale à elle
même, et qui vaut 1 en 0 est la fonction exponentielle.
En d’autres termes, l’unique solution du système :
0
f (t) − f (t) = 0
S
f (0) = 1
Remarque :
Le système précédent s’ecrit également de la manière suivante :
0
y −y = 0
S
y(0) = 1
Où la variable y représente la fonction f .
Définition :
Une équation différentielle linéaire, homogène, de premier ou de second ordre, avec
conditions initiales en 0 est une écriture de la forme :
00
ay + by 0 + cy = g
S y(0) = a
y 0 (0) = b
Où y est une fonction inconnue que l’on cherche à déterminer, g une fonction donnée, a, b
et c des réels donnés.
Résoudre le système S consiste à trouver l’unique fonction f telle que :
af 00 (x) + bf 0 (x) + cf (x) = g(x)
f (0) = a
0
f (0) = b
Exercice 8 :
Qu’elle est l’unique solution du système
00
y = 0
S y(0) = 1
0
y (0) = −2
Dans ce cas aussi il est facile de deviner que les fonctions dont la dérivée seconde est la
fonction nulle sont de la forme : y(t) = at+b. Quant aux paramètres a et b, on les determine
en utilisant les coditions initiales.
Remarque :
Mais dans le cas général, il est difficile de résoudre une équation différentielle intuitive-
ment, comme on vient de le faire.
Exercice 9 :
On se propose de résoudre le système
0
y +y = 1
S
y(0) = 1
Exercice 10 :
– Trouver les réels a, b, et c tels que :
X +1 a b c
= + +
X(X − 1)(X + 3) X X −1 X +3
– On se propose maintenant de résoudre le système :
00
y + 2y 0 − 3y = 1
S y(0) = 0
0
y (0) = 1
p+1
Soit f l’unique solution de S. Montrer que Lf (p) = p(p−1)(p+3)
. En déduire f (t).
Faire une vérification.
Exercice 11 :
On se propose de resoudre le système
00
y + y0 + y = 0
S y(0) = 0
0
y (0) = 1
1
Soit f l’unique solution de S. Montrer que Lf (p) = p2 +p+1 .
Ecrire Lf (p) sous l’une des formes qui figurent dans le tableau de la première section. En
déduire f (t) et faire une vérification.
Exercice 12
Résoudre les systèmes suivants
00 00
y − y0 + y = 1 y + y0 + y = t
S1 y(0) = 0 ; S2 y(0) = 0
0 0
y (0) = 1 y (0) = 1
Exercice 1
Considérons la fonction f (t) = ect .
– On suppose que c ∈ R. Par une integration simple nous obtenons :
1 1 1
Lf (p) = [e(c−p) ]+∞
0 = (0 − 1) =
c−p c−p p−c
Avec la condition p > c (car on a alors (c-p)(+∞)=−∞ et donc e(c−p)(+∞) = 0).
Autrement dit DLf =]c, +∞[.
– On suppose maintenant que c = b + ia avec a, b ∈ R. La même integration donne
1 1 1 p−b a
Lf (p) = [e(c−p) ]+∞
0 = = = 2 2
+ i
c−p p−c p − b − ia (p − b) + a (p − b)2 + a2
D’autre part, rappelons que :
ect = ebt cos(at) + ebt sin(at)i
Enfin, en identifiant les parties réelle et imaginaire, on obtient les transformées res-
pectives de ebt cos(at) et de ebt sin(at).
Pour obtenir la transformée de cos(at) et celle de sin(at) il suffit de remplacer b par
0.
Exercice 2
1.
f (t) = e−2t
2.
1 4! 1 4!
Lf (p) = 2( ) 4+1 =
4! p 12 p4+1
Donc
t4
f (t) =
12
3. √
1 4 3
Lf (p) = 4 √ =√ √
2
p + ( 3)2 3 p + ( 3)2
2
Donc
4 √
f (t) = √ sin( 3t)
3
Exercice 3
On procède par décomposition en éléments simples, comme en algèbre. Par exemple
a b c
H(p) = + +
p+1 p+2 p+3
p+5
a=[ ]p=−1 = 2
(p + 2)(p + 3)
p+5
b=[ ]p=−2 = −3
(p + 1)(p + 3)
p+5
c=[ ]p=−3 = 1
(p + 1)(p + 2)
D’où
h(t) = 2e−t − 3e−2t + e−3t
Exercice 4
On remarquera que
√
3
1 1 2 2
2
= 1 2 3 =√ √
p +p+1 (p + 2 ) + 4 3 (p + 21 )2 + ( 23 )2
D’où √
2 −1t 3
f (t) = √ e 2 sin( t)
3 2
Exercice 5
1. Z +∞ Z +∞
−pt
at
L(e f (t))(p) = at
e f (t)e dt = f (t)e−(p−a)t = Lf (p − a)
0 0
2. On a
4
Lg(p) =
(p − 1)3
Propriétés
– Propriété 2 :
Z +∞ Z +∞
0
Lf (p) = f 0 (t)e−pt dt = [f (t)e−pt ]+∞
0 − (−p)f (t)e−pt dt = pLf (p)−f (0)
0 | {z } 0
−pt
lim (f (t)e ) −f (0)
t→+∞
| {z }
0
2.
1 4!
Lf (p) =e−(−3p)
4! p(4+1)
1 −(−3p) 4
= e L(t )(p)
24
1
= L((t − 3)4 )(p)
24
D’où
1
f (t) = (t − 3)4
24
Exercice 6
2. Z +∞ Z b Z +∞ Z b
3t 1
U[a,b] (t) = dt = b − a; e U[a,b] (t) = e3t dt = (e3b − e3a )
−∞ a −∞ a 3
3. Si a ≥ 0,
+∞ b
e−ap − e−bp
Z Z
−pt
LU[a,b] (p) = U[a,b] (t)e dt = e−pt dt =
0 a p
Si a ≤ 0, et b ≥ 0
+∞ b
1 − e−bp
Z Z
−pt
LU[a,b] (p) = U[a,b] (t)e dt = e−pt dt =
0 0 p
Exercice 7
3. –
+∞ +∞
e−2p
Z Z
−pt
Lf (p) = L(U (t − 2))(p) = U (t − 2)e dt = e−pt dt = , p≥0
0 2 p
Car, pour 0 ≤ t ≤ 2 ona U (t − 2) = 0 et, pour t > 2, U (t − 2) = 1. Mais nous
pouvons aussi obtenir ce résultat en utilisant la propriété 8 de la manière suivante :
Lf (p) = L(U (t − 2))(p) = e−2p L(U (t))(p)
1
Et on sait que LU (p) = p
(exercice 6)
–
Lg(p) = L(tU (t − 3))(p) = −(L(U (t − 3)))0 (p) (propriété 4)
Or
e−3p
L(U (t − 3))(p) =
p
. D’où :
e−3p 0 (3p + 1)e−3p
Lg(p) = −( ) =
p p2
4. –
f (t) = (2t − 4)U[2,3] (t) + (−2t + 8)U]3,4] (t)
– Z +∞ Z 3 Z 4
f (t)dt = (2t − 4)dt + (−2t + 8)dt
−∞ 2 3
– Z 3 Z 4
−pt
Lf (p) = (2t − 4)e dt + (−2t + 8)e−pt dt
2 3
Exercice 9
– Intuitivement : On peut remarquer que la fonction constante f (t) = 1 satisfait à
toutes les coditions du système. C’est l’unique solution.
– En utilisant la transformation de Laplace :
f 0 (t) + f (t) =1
1
Lf 0 (p) + Lf (p) =
p
1
pLf (p) − f (0) + Lf (p) =
p
1
(p + 1)Lf (p) − 1 =
p
1 1
Lf (p) = +
p(p + 1) p + 1
1 1 1
Lf (p) = − +
p p+1 p+1
1
Lf (p) =
p
D’où f (t) =1
On passe de la première ligne à la deuxième par application de la transformation de
Laplace.
Exercice 10
En passant la transformation de Laplace, on obtient :
1
Lf 00 (p) + 2Lf 0 (p) − 3Lf (p) =
p
Ce qui donne :
1
p2 Lf (p) − 1 + 2pLf (p) − 3Lf (p) =
p
Et enfin :
p+1
Lf (p) =
p(p − 1)(p + 3)
Conclusion :
f (t) = a + bet + ce−3t
Où a, b et c sont les coefficients trouvés dans la question précédente.
Développements limités
2.1 Introduction
Un nombre décimal comporte une séquence finie de chiffres après la virgule. Ainsi,
les décimaux ne sont autre chose que des entiers qu’on divise par une puissance de dix
(s’ecrivent sous la forme ( 10np ). Lorsqu’un nombre rationnel ne peut pas s’écrire sous cette
forme, on dit que c’est un rationnel non décimal. Évidemment, dans un tel nombre, la suite
des chiffres après la virgule est infinie. Cependant elle possède une certaine régularité (une
période).
Considérons par exemple le nombre a = 0, 5555555555555 . . . . . . , où le chiffre ciq se répète
un nombre infini de fois. C’est un rationnel non décimal. Essayons de l’écrire sous la forme
canonique des nombres rationnels ( pq , où p et q sont des entiers sans facteurs communs).
Ou encore :
1
On reconnaı̂t la somme de termes d’une suite géometrique (de raison 10 ). Sauf que c’est la
somme de tous les termes ; donc une somme infinie.
Par conséquent, pour parvenir à terminer notre calcul, il nous faut d’abord apprendre à
calculer la somme de tous les termes d’une suite géometrique.
19
2.1. INTRODUCTION CHAPITRE 2. DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
1
On pourra appeller cette formule : Développement en série géometrique de 1−q
.
La formule de la somme de tous les termes d’une suite géometrique assure que :
1 9
d= −1
=
1 − 10 4
Eercice 1 :
1. Calculer ∞ ∞ ∞ ∞
X 1 n X −1 n X i p X 3
1/ ( ) ; 2/ ( ) ; 3/ ( ) ; 4/ (−1)k ( )k
n=0
2 n=0
3 p=0
2 k=0
5
Exercice 2 :
1. Calculer : ∞
X 1 π
( )n ein 2
n=0
4
2. En déduire : ∞
X 1 π
( )n cos(n )
n=0
4 2
3. Calculer ∞
X 1 π
(− )n cos(n )
n=0
3 2
Directement (sans passer par la fonction exponentielle). A cet éffet, on pourra décomposer
la somme en deux : une somme d’indices paires, et une somme d’indices impaires.
4. Expliciter la fonction :
∞
X π
f (x) = xn cos(n ); ∀x ∈] − 1, 1[
n=0
3
Calculer f ( 21 )
comment calculer sin(3) ou sin(17) ? On peut se poser la même question pour les fonctions
ln et exponentielle.
Le but de ce chapitre est de trouver des formules applicables et simples pour approcher
ces fonctions. Ce sont les formules qu’utilise la calculatrice.
∞
X
xn = 1 + x + x2 + x3 + x4 + . . . . . .
n=0
∞
1 X
= xn
1 − x n=0
1
Nous savons, d’autre part, que les fonctions 1−x et xn ont pour primitives respectives
n+1
(s’annullant en 0) − ln(1 − x) et xn+1 . En passant aux primitives de part et d’autre
de l’égalité précédente, on obtient
∞
X xn+1
ln(1 − x) = −
n=0
n+1
Cependant, cette manière de procéder est plustôt intuitive et, en toute rigueur, il
faudrait passer par les étapes suivantes :
– Soit r ∈] − 1, 1[, on a :
Z r ∞ Z r
1 X
dx = xn dx
0 1−x 0 0
r ∞
xn+1 r
Z
1 X
dx = [ ]0
0 1−x n=0
n + 1
Z r ∞
1 X 1
dx = (rn+1 − 0)
0 1−x n=0
n + 1
∞
X rn+1
(− ln(1 − r))r0 =
n=0
n+1
∞
X rn+1
ln(1 − r) = −
n=0
n+1
∞
X rn
ln(1 − r) = −
n=1
n
∞
X 1
ln 2 =
n=1
n2n
– Ainsi 1000
P 1
P100000 1
n=1 n2n est une valeur approchée de ln 2 et n=1 n2n
en est une autre (plus
précise). P
– Calculer 5n=1 n21n et comparer avec la valeur fournie par une calculatrice.
– Pour calculer ln 3 remarquons que ln(1 − 13 ) = ln( 23 ) = ln 2 − ln 3. Or
∞
1 X 1
ln(1 − ) = −
3 n=1
n3n
Donc ∞
X 1
ln 3 = ln 2 +
n=1
n3n
.
– Enfin, soit p ∈ N, p > 1. On a ln(1 − p1 ) = ln(p − 1) − ln(p), de sorte que, connaissant
ln(p − 1), on en déduit ln(p).
– Ou, plus simplement, on peut remarquer que :
p−1
ln(1 − ) = − ln(p)
p
Et que :
∞
p−1 X (p − 1)n
ln(1 − )=−
p n=1
npn
Ce qui donne :
∞
X (p − 1)n
ln(p) = (2.3)
n=1
npn
Ainsi nous savons calculer le logarithme de n’importe quel entier naturel. Pour un
rationnel r = pq , nous appliquerons simplement la formule classique : ln(r) = ln(p) −
ln(q).
Il existe d’autres moyens pour les nombres réels ; nous savons, par exemple, que tout
réel est la limite d’une suite de nombres rationnels.
Remarques :
– ∀x ∈] − π2 , π2 [, arctan(tan(x)) = x.
– ∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
– tan 0 = 0 =⇒ arctan 0 = 0.
– tan( π4 ) = 1 =⇒ arctan(1) = π4
– tan( π2 ) = +∞ =⇒ arctan(+∞) = π2
– tan(− π2 ) = −∞ =⇒ arctan(−∞) = − π2
√
– arctan( 3) =? √
√ 3
sin π
On a arctan( 3) = arctan( 21 ) = arctan( cos 3π ) = arctan(tan( π3 )) = π
3
2 3
Exercice 4 :
Rappelons que si f −1 est la réciproque d’une certaine fonction f , dérivable, alors la
fonction dérivée de f −1 est donnée par
1
(f −1 )0 (x) =
f 0 (f −1 (x))
On retiendra ce résultat :
1
arctan0 x = ∀x ∈ R (2.4)
1 + x2
Exercice 5 :
1
1. Ecrire le développement de 1+x2
en série géometrique sur ] − 1, 1[.
2. En integrant terme à terme le développement précédent, déduire que
∞
X (−1)n 2n+1
arctan(x) = x , ∀x ∈] − 1, 1[ (2.5)
n=0
2n + 1
3. Sachant que le développement précédent est encore valable sur les bornes -1 et 1,
montrer que
∞
X (−1)n
π=4 (2.6)
n=0
2n + 1
Exercice 6 :
Soit f une fonction n fois dérivable sur un intervalle ouvert I. On notera f (n) (x) la
dérivée d’ordre n en x de f (on dérive n fois).
Posons f (x) = xp , p ∈ N et soit n > p. Calculer f 0 (x) = f (1) (x), f 00 (x), f (p) (x) et f (n) (x),
∀x ∈ R.
Exercice 7 :
On supposera qu’il existe un développement de la fonction f (x) = ex similaire à ceux
qu’on a trouvés pour les fonctions ln et arctan respectivement.
Autrement dit nous formulons l’hypothèse de l’existence d’une suite de nombres réels an
tels que :
∞
X
f (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + a3 x3 + a4 x4 + · · · + · · · = an x n , ∀ x ∈ R (2.7)
n=0
D’où a1 = f 0 (0) = e0 = 1
– Ecrire le développment de f 00 (x) et en déduire a2
– Ecrire le développment de f 000 (x) et en déduire a3
– Ecrire le développment de f (4) (x) et en déduire a4
1
– Ecrire le développment de f (n) (x) et en déduire que an = n!
, ∀n∈N
– On retiendra que 3
∞
x
X xn
e = , ∀x ∈ R (2.8)
n=0
n!
Remarque :
La formule précédente permet d’étendre la fonction exponentielle aux nombres com-
plexes.
Soit z ∈ C, le nombre complexe ez est défini par :
∞
z
X zn
e = , ∀z ∈ C (2.9)
n=0
n!
2. Cette permutation est également sujette à certaines conditions que nous supposerons toujours satis-
faites.
3. Cette formule est due à Leonhard Euler, mathématicien suisse(18ième siècle). Elle est d’une grande
importance à la fois historique et pratique.
Exercice 8
Généralisons la procédure précédente.
Soit f une fonction infiniment dérivable sur un intervalle ouvert I de la forme ] − a, a[, où
a > 0 4 . On suppose qu’il existe une suite an de nombres réels telle que :
∞
X
f (x) = an xn , ∀x ∈ I (2.10)
n=0
f (n) (0)
an = (2.11)
n!
Définition :
L’expression (2.10) est appelée Développement en série entière de la fonction f sur I.
Lorsque la suite an existe, on dit que :f est développable en série entière sur I
Remarque :
Lorsqu’il existe, le développement d’une fonction f en série entière sur un ouvert I est
unique.
Exercice 9
– Préciser la suite an dans le développement de la fonction arctan trouvé dans l’exercice
5.
2
– Posons f (x) = e−x . Trouver les coefficients de son développement en série entière
sur R.
Exercice 10
Soient les fonctions f (x) = cos x et g(x) = sin x. En écrivant f (x) = R(eix ) et g(x) =
Im(eix ) où, rappelons le, R(z) désigne la partie réelle et Im(z) celle imaginaire d’un nombre
complexe z, et en développant eix en série entière, montrer que :
∞ ∞
X (−1)n 2n+1 X (−1)n 2n
sin(x) = x ; cos(x) = x ; ∀x ∈ R (2.12)
0
(2n + 1)! 0
(2n)!
Exercice 11
Dans cet exercice on se propose de démontrer la formule précédente (2.13).
Posons f (x) = sin(x), ∀x ∈ R.
– Calculer f (n) (0) en fonction de n (on envisagera les cas pair et impair). En déduire
le développement en série entière de la fonction f sur R.
– En déduire le développement de cos(x) en série entière sur R.
– Ecrire le développement de eix et conclure. 5
Exercice 12
x −x x −x
Ecrire les développements respectifs de f (x) = e +e
2
et g(x) = e −e
2
en série entière
sur R
– En utilisant le développement de ex .
– En calculant f (n) (0) et g (n) (0).
La fonction f s’appelle cosinus hyperbolique et est notée cosh. La fonction 6 g s’appelle
sinus hyperbolique et est notée sinh.
Exercice 13
Soit n ∈ N. Calculer arctan(2n) (0) et arctan(2n+1) (0)
Exercice 14
Soit x ∈] − 1, 1[. Calculer
∞ ∞ ∞ ∞
X X X X xn
nxn ; n(n − 1)xn ; n2 xn ;
n=0 n=0 n=0 n=1
(n − 1)!
Exercice 15
Soit f (x) = (1 + x)3 . Ecrire son développement en série entière sur R.
Exercice 16
Soit α ∈ R. Posons f (x) = (1 + x)α .
1. Calculer f 0 (x), f 00 (x), f 000 (x) et enfin f (n) (x).
2. Montrer que :
α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2) . . . . . . (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x +. . . x +· · ·+. . .
2 n!
5. On voit comment l’extension de la fonction exponentielle aux nombres complexes exhibe un lien
inattendu entre cette fonction et les fonctions circulaires.
6. Ces dénominations sont justifiées par une analogie remarquable entre ces fonctions et leurs homo-
logues circulaires
Ou encore :
∞
α
X α(α − 1)(α − 2) . . . . . . (α − n + 1) n
(1 + x) = 1 + x (2.14)
n=1
n!
3. En déduire que :
∞
α
X α(α − 1)(α − 2) . . . . . . (α − n + 1) n
(1 − x) = 1 + (−1)n x (2.15)
n=1
n!
Exercice 17
La fonction sin est inversible sur ] − π2 , π2 [. On s’intéresse à sa bijection réciproque, la
fonction arcsin.
1. Montrer, comme pour la fonction arctan, que :
1
arcsin0 (x) = √ ; ∀x ∈] − 1, 1[ (2.16)
1 − x2
∞
X 1.3.5. . . . (2n − 1) x2n+1
arcsin(x) = x + ; ∀x ∈] − 1, 1[ (2.17)
n=1
2.4.6. . . . (2n) 2n + 1
Au voisinage de x0 :
La notion de séries entières est une notion locale. Elle décrit avec un maximum de
détails le comportement d’une fonction au voisinage d’un point x0 . Jusque là nous avons
travaillé avec le point x0 = 0.
Il n’est pas difficile de se convaincre que l’homologue de la formule (2.10) au voisinage d’un
point x0 quelconque est la formule :
∞
X
2
f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 ) + · · · + · · · = an (x − x0 )n (2.20)
n=0
f (n) (x0 )
an = (2.21)
n!
Exercice 2
Remarquons d’abord que
0
π π
ein 2 = (ei 2 )n = in
D’où :
1 ∞ ∞
X 1 π
X i 1 16 4
( )n ein 2 = ( )n = i = + i
n=0
4 n=0
4 1− 4
17 17
D’autre part :
2
∞ ∞ ∞ ∞
X 1 n in π X 1 n π π X 1 n π X 1 π
( ) e 2 = ( ) (cos(n )+(sin(n )i) = ( ) cos(n )+( ( )n sin(n ))i
n=0
4 n=0
4 2 2 n=0
4 2 n=0
4 2
Donc : ∞ ∞
X 1 π X 1 1 9
(− )n cos(n ) = (− )n = 1 =
n=0
3 2 n=0
9 1+ 9
10
Nous avons utilisé, entre autres, le fait que le cosinus d’un multiple impair de π2 est
toujours nul ; et le fait que le cosinus d’un multiple de π vaut 1 ou −1, selon la parité.
4 On désignera par R(z) la partie réelle d’un nombre complexe z. On a :
∞ ∞
X π
X π 1
f (x) = R( xn ein 3 ) = R( (xei 3 )n ) = R( π )
n=0 n=0
1 − xei 3
Remarquons que :
π π
1 − xei 3 = 1 − xe−i 3
Exercice 5 :
∞ ∞
1 1 X
2 n
X
2
= 2
= (−x ) = (−1)n x2n
1+x 1 − (−x ) n=0 n=0
1 x 2n+1
Rappelons que arctan(x) est la primitive de 1+x 2 qui s’annulle en 0, et que 2n+1 est celle de
2n
x . D’où, en integrant terme à terme, comme avec la fonction logarithme, nous obtenons :
∞
X (−1)n 2n
arctan(x) = x
n=0
2n + 1
Exercice 6 :
Exercice 9 :
– ∞ ∞ ∞ ∞
X (−1)n 2n+1 X n
X
2n
X
x = an x = a2n x + a2n+1 x2n+1
2n + 1
n=0 | {z } n=0 n=0 n=0
a2n+1
– ∞ ∞
X (−x2 )n X (−1)n
= x2n
n=0
n! n=0
n!
On voit bien que seules les puissances paires de x figurent dans ce développement,
d’où :
a2n+1 = 0
(−1)n
a2n = n!
Exercice 10 :
Rappelons d’abord que : i2n = (i2 )n = (−1)n . Cela dit, nous avons :
∞ n n
ix
X i x
e =
n=0
n!
∞ ∞
X i2n 2n X i2n+1
= x + x2n+1
n=0
(2n)! n=0
(2n + 1)!
∞ ∞
X (−1)n 2n X (−1)n i 2n+1
= x + x
n=0
(2n)! n=0
(2n + 1)!
∞ ∞
X (−1)n 2n
X (−1)n 2n+1
= x +( x )i
n=0
(2n)! n=0
(2n + 1)!
Exercice 11
Nous allons d’bord établir les développements respectifs des fonctions cos et sin, puis
nous comparerons avec le développement de eix - trouvé dans l’exercice précédent - pour
établir la formule (que nous avons utilisée jusqu’ici sans la justifier)
Posons :
∞
X
sin(x) = an x n
n=0
(−1)n P∞ (−1)n 2n+1
Il est clair que a2n = 0 et a2n+1 = (2n+1)!
. Ce qui donne : sin(x) = n=0 (2n+1)! x
(−1)n 2n
– La dérivation 8 terme à terme de l’expression précédente donne cos(x) = ∞
P
n=0 (2n)! x .
En comparant avec le développement de eix touvé dans l’exercice précédent, on voit
bien que eix = cos(x) + sin(x)i.
8. Rappelons que la dérivation d’une somme infinie est, comme l’integration, sujette à certaines condi-
tions que nous supposerons toujours satisfaites dans les situations similaires. Une somme infinie n’est pas
vraiment une somme ; c’est plustôt une limite.
Exercice 12 :
–
∞
x
X xn
e =
n=0
n!
∞ ∞
x
X x2n X x2n+1
e = +
n=0
(2n)! n=0 (2n + 1)!
∞
X (−1)n xn
e−x =
n=0
n!
∞ ∞
X x2n X x2n+1
e−x = −
n=0
(2n)! n=0 (2n + 1)!
x −x ∞
e −e X x2n+1
=
2 n=0
(2n + 1)!
Ainsi
∞
X x2n+1
sinh(x) = , ∀x ∈ R (2.22)
n=0
(2n + 1)!
∞
X x2n
cosh(x) = , ∀x ∈ R (2.23)
n=0
(2n)!
ex + (−1)n e−x
cosh(n) (x) =
2
D’où
cosh(2n+1) (0) = 0 ; cosh(2n) (0) = 1
Et on conclut en appliquant la formule (2.11).
Exercice 13 :
Dans le développement de la fonction arctan (voir l’identité 2.5) seules figurent les
n
puissances impaires de x. Il vient que : a2n = 0 et a2n+1 = (−1)
2n+1
. D’où, par la formule
(2.11), ona :
(−1)n
arctan(2n) (0) = 0 et arctan(2n+1) (0) = (2n + 1)! = (−1)n (2n)!
2n + 1
Exercice 14 :
– On a : ∞
X 1
xn =
n=0
1−x
En dérivant terme à terme on obtient :
∞
X 1
nxn−1 = (∗)
n=1
(x − 1)2
Ou encore : ∞
X x
nxn =
n=0
(x − 1)2
– En dérivant l’expression (∗), on obtient :
∞
X −2
n(n − 1)xn−2 =
n=2
(x − 1)3
Ou encore : ∞
X −2x2
n(n − 1)xn =
n=0
(x − 1)2
– Il suffit d’écrire que :
∞
X −2x2
n(n − 1)xn =
n=0
(x − 1)3
∞ ∞
X X −2x2
n 2 xn − nxn =
n=0 n=0
(x − 1)3
– En dérivant terme è terme l’expression (2.8), on obtient
∞
X xn−1
= ex
n=1
(n − 1)!
D’où : ∞
X xn
= xex
n=1
(n − 1)!
Exercice 15 :
∞
X
3 2 3
(x + 1) = 1 + 3x + 3x + x = an x n
n=0
D’où, d’après l’unicité du développement en série entière, nous avons :
a0 = 1 ; a1 = 3 ; a2 = 3 ; a3 = 1 ; et an = 0 ∀n ≥ 4
Exercice 16 :
1.
f (n) (x) = α(α − 1) . . . . . . (α − n + 1)(1 + x)α−n
2. De la formule précédente on tire que :
Puis on utilise la formule (2.11) qui pose un lien entre les dérivées d’ordre n d’une
fonction f et les coefficients de son développement en série entière.
3. On remplace x par −x.
Exercice 17
1. On utilise la formule de la dérivation de la réciproque d’une fonction (vue dans
l’exercice 4)
2. On a :
1 1
√ = (1 − x2 )− 2
1−x 2
f (x)
lim =0
x→x0 g(x)
f = o(g) (2.24)
Revenons à la première section de ce chapitre. Plus précisément au moment où nous avons
parlé des nombres d = 1, 1, e = 1, 11 et f = 1, 111. e et f sont des approximations décimales
du nombre d, qui n’est pas décimal. Nous avons exprimé ce fait (après avoir posé x = 10−1 )
par :
d ≈ 1 + x + x2 ; d ≈ 1 + x + x2 + x3
Dans ce paragraphe nous allons faire une chose similaire avec les fonctions.
Les nombres non décimaux (rationnels ou réels irrationnels) ne peuvent être exprimés
par des opérations élémentaires 9 effectuées sur des nombres décimaux, mais nous obligent
de recourir à la notion de limite, qui est plus difficile à manipuler. Il en est de même
de la pluspart des fonctions auxquelles nous avons habituellement affaire, comme nous
l’avons dèjà vu dans la deuxième section. Les fonctions élémentaires (qui n’engagent que
des opérations d’addition et de multiplication effectuées sur la variable) sont, évidemment,
les polyômes. Ces derniers seront les particules élémentaires par lesquelles nous chercheront
à approximer les fonctions transcendantes (circulaires, logarithmes, exponentielles . . .. . .).
Par exemple,
dans le cas de fonctions développables en série entière (ici au voisinage de 0),
et seulement dans ce cas, 10 un dévelopement limité n’est autre chose qu’une troncation
de série entière (la somme infinie est interrompue à un certain rang - appelé ordre du
développement).
R(x)
lim =0
x→0 xn
9. Addition et multiplication
10. Dans le cadre restreint de ce cours nous n’aurons affaire qu’à ce genre de fonctions
Cette équation devant être satisfaite dans un voisinage de 0. Cela peut se faire, comme nous
l’avons suggéré, en passant par le développement en série entière. Mais ce n’est pas le seul
moyen. D’ailleurs il existe des fonctions qui ne sont pas développables en série
entière, mais qui admettent des développements limités à différents ordres.
Au voisinage de x0 :
On dit qu’une fonction f admet un développement limité à l’ordre n au voisinage
d’un point x0 s’il existe une suite de coefficients a0 , a1 , . . .an , un voisinage de x0 (un
intervalle ouvert I centré en x0 ), et une fonction négligeable devant (x − x0 )n (elle sera
notée o(x − x0 )n ) au voisinage de x0 tels que :
Remarques :
– Le développement limité est unique : si une fonction f admet un développement
limité à l’ordre n au voisinage d’un point x0 , alors ce développement est unique.
– Même si la fonction f n’est pas développable en série entière au voisinage de 0, les
cefficients ak , 0 ≤ k ≤ n des formules (2.25) et (2.26) se calculent par les formules
(2.11) et (2.21) respectivement, avec la condition que f soit n fois dérivable en 0
(respectivement en x0 ).
Définition :
On dit qu’une fonction f est de classe C n au voisinage d’un point x0 , si elle est n fois
continuement dérivable en ce point.
On admetra qu’une telle fonction possède un développement limité à l’ordre n
en ce point. Cependant, la continuité de la dérivée nième n’est pas nécessaire à cet effet.
Exemples :
– Rappellons que
∞
x
X xn
e = , ∀x ∈ R
n=0
n!
Il est clair que cette fonction peut être développée à n’importe quel ordre au voisinage
de 0. Par exemple, à l’ordre 5 nous avons :
x2 x3 x4 x5
ex = 1 + x + + + + + o(x5 )
2 6 24 120
Intuitivement cela signifie que nous négligeons (dans cet exemple) les puissances de x
supérieures à 5. En d’autres termes nous sommes satisfaits d’une approximation à cinq
Exercice 18 :
1. On considère une fonction f dérivable en 0 jusqu’à l’ordre 3 telle que : f (0) = 3,
f 0 (0) = 0, f 00 (0) = −1, f 000 (0) = 2.
– Ecrire son développement limité à l’ordre 3 au voisinage de 0.
– Ecrire son développement à l’ordre 2.
– Quelle est la direction de la tangente à sa courbe représentative au point 0 ?
2. On considère une fonction g indéfiniment dérivable au point -1 telle que : g (2n) (−1) =
0 et g (2n+1) (−1) = 3n, ∀n ∈ N. Ecrire son développement limité à l’ordre 7 au
voisinage de -1.
3. Ecrire les développements limités aux ordres 8, 5, 3 et 1 respectivement de sin(x) au
voisinage de 0.
1
4. On pose f (x) = (1+x2 ) 3 . Calculer f (k) (0) pour 0 ≤ k ≤ 3, puis écrire le développement
limité de cette fonction à l’ordre 3 au voisinage de 0.
5. Une fonction possède le développement limité suivant au voisinage de 0 :
Exercice 19 :
1. Ecrire le développement limité à l’ordre 4 au voisinage de 0 des fonctions suivantes
1 1 1 1
f (x) = 1−x , g(x) = 1+x , h(x) = 3+x et k(x) = 1+x 2.
11. Attention, cette explication est purement intuitive ; d’abord parce que x n’est pas fixé à 0,1, ensuite
parce que les puissances de x sont multipliées par des coefficients.
12. L’existence du développement limité ne garantit pas la dérivabilité
Exercice 20 :
Utilisez les développements limités pour calculer les limites suivantes :
1.
sin(x) ex − 1 1 − cos(x)
lim ; lim ; lim
x→0 x x→0 x x→0 x2
2. 2 √
ex − cos(x) cos(x) − 1 − x2
lim ; lim
x→ 0 x2 x→0 x4
Exercice 21 :
1. Ecrire le développement limité à l’ordre 3 au voisinage de 1 de la fonction ex .
1
2. Ecrire le développement limité de la fonction ln(x) à l’ordre 3 au voisinage de 2
de
deux manières différentes :
– En utilisant la formule (2.21).
– En opérant un changement de variable dans l’identité (2.2).
3. Écrire le développement limité à l’ordre 4 de sin(x) au voisinage de π4 .
x3 x5 x7 x3 x5 x3
sin(x) = x − + − + o(x8 ) = x − + + o(x5 ) = x − + o(x3 )
6 120 5040 6 120 6
De même on a :
4. – f 000 (0) = 4.3! = 24, f (4) (0) = 0, f (5) (0) = −2.5! = −240.
– Oui, il y a changement de courbure, car f 00 (0) = 0 et la fonction f 00 change de signe
au point 0 (la double dérivation du développement de f permet de s’en assurer 13 ).
Exercice 19 :
1. L’dentité (2.1) permet d’écrire :
1
= 1 + x + x2 + x3 + x4 + o(x4 )
1−x
En remplaçant x par −x, il vient que :
1
= 1 − x + x2 − x3 + x4 + o(x4 )
1+x
En remplaçant x par x2 , on obtient :
1
= 1 − x2 + x4 + o(x4 )
1 + x2
Remarquons qu’en écrivant le dernier développement nous n’avons conservé que les
puissances inférieures ou égales à quatre ; les autres passent automatiquement dans
le paquet o(x4 ) ((x2 )3 = x6 et x8 font partie du reste o(x4 )).
x x2 x3 x4
1 1 1 1
= = (1 − + − + + o(x4 ))
3+x 3 1 + x3 3 3 9 27 81
1 x x2 x3 x4
= − + − + + o(x4 )
3 9 27 81 243
2.
x2
cos(x) sin(x) =(1 − + o(x2 ))(x + o(x2 ))
2
2 x3 x 2
=x + o(x ) − − o(x2 ) + xo(x2 ) + o(x2 )o(x2 )
2 2
=x + o(x2 )
13. f 00 (x) = 24x − 40x3 + o(x3 )
3. –
x2 x4 x3
cos(x) = 1 − + + o(x4 ) ; arctan(x) = x − + o(x4 )
2 24 3
x2 x4 x3
cos(x) arctan(x) =(1 − + + o(x4 ))(x − + o(x4 ))
2 24 3
x3 x3 x5 x5 x7
=x − − + + − + o(x4 )
3 2 |6 24 {z72 }
o(x4 )
5
=x − x3 + o(x4 )
6
En développant le produit précédent nous n’avons gardé que les monômes dont
la puissance est inférieure ou égale à quatre. Les autres sont rangés dans le bloc
o(x4 ).
Concernant les développements précédents (questions 2 et 3), ajuotons
les précisions suivantes :
– La notation o(x4 ) ne renvoie pas à une fonction spécifique, mais signifie : une
fonction négligeable (au sens défini plus haut) devant x4 (au voisinage de 0).
– L’écriture o(x4 ) + o(x4 ) = o(x4 ) → veut dire que la somme de deux fonctions
négligeables devant x4 est encore une fonction négligeable devant x4 .
– L’écriture o(x4 ).o(x4 ) = o(x4 ) → veut dire que le produit de deux fonctions
négligeables devant x4 est encore une fonction négligeable devant x4 .
– L’écriture xn .o(x4 ) = o(x4 ) → veut dire que le produit par xn d’une fonction
négligeable devant x4 est encore une fonction négligeable devant x4 .
x3
sin(x) = x − + o(x4 )
6
Car, lorsque x st voisin de 0, il en est de même de sin(x). D’autre part :
1
= 1 − x + x2 − x3 + x4 + o(x4 )
1+x
1 x3 x3 x3 x3
= 1−(x− +o(x4 ))+(x− +o(x4 ))2 −(x− +o(x4 ))3 +(x− +o(x4 ))4 +o(x4 )
1 + sin(x) 6 6 6 6
1 x3 2x.x3
=1 − x + + x2 − − x3 + x4 + o(x4 )
1 + sin(x) 6 6
5 2
=1 − x + x2 − x3 + x4 + o(x4 )
6 3
– On a
1 1 1
= x2 x4
= 2 x4
cos(x) 1− 2
+ 24
+ o(x4 ) 1− ( x2 − 24
− o(x4 ))
1 1
En procédant d’une manière analogue (cette fois on utlisera 1−x
au lieu de 1+x
),
on trouvera :
1 x2 5
=1+ + x4 + o(x4 )
cos(x) 2 24
– g (3) (0) = 3!.(− 65 ) = −5, h(4) (0) = 5
24
.4! = 5.
5.
1
tan(x) = sin(x).
cos(x)
x3 x2 5
=(x − + o(x4 ))(1 + + x4 + o(x4 ))
6 2 24
1 3
=x + x + o(x4 )
3
On retrouve le même résultat en calculant les dérivées succéssives de tan(x) en 0 et
en utilisant la formule (2.11).
Remarques à retenir :
Dans l’exercice précédent nous avons utilisé implicitement les faits suivants :
1. Soient f et g deux fonctions qui admettent chacune un développement limité à l’ordre
n au voisinage de 0. Si, de plus, g(0) = 0 alors la fonction composée f ◦ g admet
un développement limité à l’ordre n au voisinage de 0. On obtient ce dernier en
remplaçant la variable x dans le développement de f par le développement limité de
g, et en ne gardant que les puissances de x qui sont inférieures ou égales à n.
2. Le point précédent se généralise en remplaçant 0 par un nombre x0 quelconque. On
exige alors de f d’être développable en y0 = g(x0 ).
3. Si f admet un développement limité à l’ordre n au voisinage de x0 , et si elle est n
fois dérivable en ce point, alors ∀p ≤ n nous avons :
Exercice 20 :
1. –
sin(x) x + o(x)
= = 1 + o(1)
x x
Rappelons que o(1) est une fonction qui tend vers 0 avec x. Il est clair alors que la
limite recherchée vaut 1.
Remarquons par ailleurs que pour calculer cette limite il nous a suffi de prendre le
développement limité de sin(x) à l’ordre 1.
–
ex − 1 1 + x + o(x) − 1
= = 1 + o(1)
x x
Encore une fois la limite rechercée vaut 1.
–
x2 x2
1 − cos(x) 1 − (1 − 2
+ o(x2 )) + o(x2 ) 2
+ o(x2 ) 1
= = = + o(1)
x2 x2 x 2 2
D’où :
1 − cos(x) 1
lim 2
=
x→0 x 2
2. –
2 x2
ex − cos(x) 1 + x2 + o(x2 ) − (1 − 2
+ o(x2 )
= )
x2 x2
3 2
x + o(x2 )
=2
x2
3
= + o(1)
2
x2
e − cos(x) 3
lim =
x→0 x2 2
Exercice 21 :
1. Lorsque x est proche de 1, x − 1 est proche de 0.
En posant h = x − 1, le développement de la fonction ex au voisinage de zéro permet
d’écrire :
h2 h3
eh = 1 + h + + + o(h3 )
2 6
Le remplacement de h par x − 1 donne :
1 1
e(x−1) =1 + (x − 1) + (x − 1)2 + (x − 1)3 + o((x − 1)3 )
2 6
e e
e =e + e(x − 1) + (x − 1) + (x − 1)3 + o((x − 1)3 )
x 2
2 6
1 1 8 1 1
ln(x) = − ln(2) + 2(x − ) − 2(x − )2 + (x − )3 + o((x − )3 )
2 2 3 2 2
– La formule (2.2) permet d’écrire le développement limité à l’ordre 3 au voisinage
de 0 de la fonction ln(1 − y) :
y2 y3
ln(1 − y) = −(1 + y + + + o(y 3 ))
2 3
Posons y = x − 21 . Lorsque x est proche de 12 , y est proche de 0. On a alors :
1
ln(x) = ln( + y)
2
1
= ln( − (−y))
2
1
= ln( (1 − (−2y))
2
1
= ln( ) + ln(1 − (−2y))
2
(−2y)2 (−2y)3
= − ln(2) − ((−2y) + ( )+ ) + o(y 3 ))
2 3
8
= − ln(2) + 2y − 2y 2 + y 3 + o(y 3 )
3
1 1 8 1 1
= − ln(2) + 2(x − ) − 2(x − )2 + (x − )3 + o((x − )3 )
2 2 3 2 2
3.
π π
sin(x) = sin(x − + )
4 4
π π π π
= sin(x − ) cos( ) + cos(x − ) sin( )
√ 4 4 4 4
2 π π
= sin(x − ) + cos(x − )
2
√ 4 4
2 π 1 π 2 1 π 3 1 π 4 π 4
= 1 + (x − ) − (x − ) − (x − ) + (x − ) + o((x − ) ))
2 4 2 4 6 4 24 4 4