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Professions Judiciaires

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Centre National de Documen

Centre
CentreNational
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DocumentationJuridique
Juridique

PROFESSIONS JUDICIAIRES

Cocody II Plateaux Vallon, derrière la Pharmacie Sainte Cécile


01 B.P. 2757 ABIDJAN 01 . 27-22-41-44-61/95 Fax. 27-22-41-45-17
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Email : cndjci225@[Link]

1
Centre National de Documentation Juridique

PROFESSIONS JUDICIAIRES

ED. 2022

Cocody II Plateaux Vallon, derrière la Pharmacie Sainte Cécile


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CODES C.N.D.J
EDITIONS PERIODIQUES
- Constitution de la République de Côte d'Ivoire
- Code Electoral
- Code de la Nationalité
- Code de Prévoyance Sociale
- Code Général des Impôts
- Code des Douanes
- Code de l'Urbanisme
- Code de l'Environnement
- Code Minier
- Code Pétrolier
- Code des Investissements
- Code des Marchés Publics
- Code des Assurances - CIMA
- Code de la Propriété Intellectuelle
- Traité et Actes OHADA
- Droits de l'enfant
- Presse en Côte d'Ivoire
- Droit des Partis et Groupements Politiques
- Domaine foncier rural
Cocody II Plateaux Vallon, derrière la Pharmacie Sainte Cécile
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CODES C.N.D.J
EDITIONS ANNUELLES
- Code Civil (Code de la Famille)
- Code de Procédure Civile, Commerciale et
Administrative
- Code Pénal
- Code de Procédure Pénale
- Code du Travail
- Code de la Fonction Militaire
- Code de Procédure Militaire
- Code Communal
- Code des loyers

EDITIONS TRIMESTRIELLES :
RECUEILS DE JURISPRUDENCE IVOIRIENNE

- Cour Suprême
- Cours d'Appel et Tribunaux

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CODES ET RECUEILS
C.N.D.J SUR CD-ROM
- Le Droit Communautaire

- La Législation Civile

- La Législation Pénale

- Les Collectivités Territoriales et Marchés Publics

- Les Institutions, Partis Politiques et Presse

- La Législation Sociale

- La Législation Civile & Pénale

- Les Institutions & Collectivités Territoriales

- La Jurisprudence Ivoirienne
EDITION SUR COMMANDE

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AVERTISSEMENT

Dans le cadre de sa mission de diffusion de


l’information juridique, le Centre National de Documentation
Juridique publie le Code intitulé « Professions judiciaires »,
dont l’objectif visé est de rassembler les textes spécifiques
régissant lesdites professions notamment celles des Magistrats
avec la loi n°2022-194 du 11 mars 2022 portant statut de la
Magistrature, des Greffiers, des Avocats, des Notaires,
des Commissaires de justice, des Conseils juridiques, des
Agents d’affaires.

Pour la Magistrature, au titre du Conseil supérieur de la


Magistrature, il sied de noter que conformément à l’article 145
de la Constitution de la République de Côte d’Ivoire, le Conseil
supérieur de la Magistrature est présidé par une personnalité
nommée par le Président de la République parmi les Hauts
magistrats en fonction ou à la retraite.

Dans ce Code figure également le décret n° 2016-48 du


10 février 2016 portant création, attribution, organisation et
fonctionnement de la Commission nationale de contrôle des
mandataires judiciaires.

Abidjan, avril 2022

La Direction

6
I-
MAGISTRATURE

7
1-
LOI N° 61-202 DU 2 JUIN 1961, DETERMINANT LA
COMPOSITION, L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DU
CONSEIL SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE1, MODIFIEE PAR
LES LOIS N°S.68-345 DU 29 JUILLET 1968, 94-441 DU
16 AOUT 1994, 99-434 DU 06 JUILLET 1999 ET
L’ORDONNANCE N° 2000-39 DU
1ER FEVRIER 2000.

1
Voir les articles 145 et 146 de la Loi n° 2016-886 du 8 novembre 2016 portant
Constitution de la République de Côte d’Ivoire.
8
TITRE PREMIER - COMPOSITION
ARTICLE PREMIER nouveau
(Ordonnance n°2000-39 du 1er février 2000)
Le Conseil supérieur de la Magistrature est présidé par le
Président de la République.
Il est composé :
- du Président de la Cour Suprême, Vice- Président de
droit ;
- du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ;
- du Président de la Chambre Judiciaire de la Cour
Suprême ;
- du Président de la Chambre Administrative de la Cour
Suprême ;
- du Président de la Chambre des Comptes de la Cour
Suprême ;
- de deux personnalités extérieures à la Magistrature
connues pour leur compétence en matière juridique ou
administrative, choisies et nommées par le Président de
la République ;
- de quatre Magistrats du siège dont deux titulaires et
deux suppléants désignés pour deux ans par le
Président de la République sur proposition du Garde
des Sceaux, Ministre de la Justice.
Les magistrats ainsi désignés ne peuvent participer
aux délibérations lorsqu'ils sont concernés par la demande
soumise au Conseil.
Leur mandat n'est renouvelable qu'une fois.
Les suppléants ne sont appelés à siéger, dans l'ordre des
nominations qu'en cas d'empêchement des titulaires.
En cas de décès, empêchement ou démission, il est pourvu,
dans les mêmes conditions, au remplacement desdites personnalités
dans un délai n'excédant pas trois mois à compter de la date du
décès, de l'empêchement absolu ou de la démission.

9
ARTICLE 2

Les membres du conseil perçoivent une indemnité de


vacations, ainsi que, s'il y a lieu, une indemnité de déplacement
fixées par décret.

ARTICLE 3

Le président peut inviter à assister aux travaux du conseil les


personnes dont la présence lui parait nécessaire.

ARTICLE 4

Les membres du Conseil Supérieur, ainsi que les personnes


qui, à un titre quelconque, assistent aux délibérations, sont tenus au
secret professionnel.

ARTICLE 5

Le Conseil Supérieur se réunit sur la convocation de son


président qui a voix prépondérante en cas de partage.

ARTICLE 6

Les propositions, avis ou décisions du Conseil Supérieur


sont formulés à la majorité des voix.

ARTICLE 7

L'ordre du jour des séances est arrêté par le président et


une copie en est annexée à la convocation adressée aux
membres du conseil.

ARTICLE 8

Le secrétariat du conseil est assuré par le secrétaire général


de la Cour suprême qui signe avec le président le procès-verbal
de chaque séance.

10
ARTICLE 9

Les crédits nécessaires au fonctionnement du Conseil


Supérieur sont inscrits au budget de la Cour Suprême.

TITRE II NOUVEAU - ATTRIBUTIONS


(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

CHAPITRE PREMIER - NOMINATIONS DES VICE-PRESIDENTS


ET DES CONSEILLERS A LA COUR SUPREME

ARTICLE 10

Les vice-présidents et les conseillers à la Cour Suprême


sont nommés par le Président de la République sur proposition du
Conseil Supérieur de la Magistrature.

ARTICLE 11

Le conseil donne son avis sur l'attribution des distinctions


honorifiques aux magistrats de la Cour Suprême sur les propositions
du président de la Cour Suprême.

ARTICLE 12

Le conseil se réunit à la présidence de la République.

CHAPITRE 2 - NOMINATION DES MAGISTRATS DU SIEGE

ARTICLE 13

L'avis du Conseil Supérieur de la Magistrature est donné sur


la proposition du garde des Sceaux, Ministre de la Justice, et après
un rapport fait par un membre du conseil.

Le conseiller rapporteur prend connaissance, au préalable,


au ministère de la Justice, des dossiers des magistrats intéressés.

11
ARTICLE 14

Le conseil donne son avis sur l'attribution des distinctions


honorifiques aux magistrats du siège, sur les propositions du
Garde des Sceaux.

Il peut déléguer un de ses membres pour prendre


connaissance au Ministère de la Justice des dossiers des
Magistrats intéressés.

ARTICLE 15

Le conseil peut être consulté par le Président de la


République sur toutes les questions concernant l’indépendance
de la magistrature.

ARTICLE 16

Le conseil se réunit à la Présidence de la République.

CHAPITRE 3 - DISCIPLINE DES MAGISTRATS DU SIEGE

ARTICLE 17

Lorsqu'il statue comme conseil de discipline des magistrats


du siège, le Conseil Supérieur se réunit sous la présidence
du président de la Cour Suprême. L'ordre du jour des séances
est communiqué au Président de la République et au
Ministre de la Justice.

ARTICLE 18

La détermination des sanctions applicables ainsi que la


procédure disciplinaire, sont fixées par la loi portant statut de la
Magistrature.

ARTICLE 19

Le conseil se réunit à la Cour Suprême.

12
CHAPITRE 4 - SUPERVISION ET CONTROLE DU
FONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE

ARTICLE 20 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Le Conseil supérieur de la Magistrature assure la


supervision et le contrôle du fonctionnement de la Justice.

A ce titre, il veille à la bonne marche du service public de la


Justice, examine les situations ou comportements susceptibles de
compromettre l'ordre public ou d'affecter gravement et injustement
les libertés individuelles ou publiques, le patrimoine des personnes
physiques ou morales ou l'image de marque de la Nation ainsi que
tous autres cas apparaissant comme des dysfonctionnements de
l'institution judiciaire.

ARTICLE 21 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Lorsqu'il siège comme organe de supervision et de contrôle


du fonctionnement de la Justice, le Conseil est élargi :

- aux membres du Conseil de discipline des magistrats du


siège, sauf si le magistrat en cause relève du siège ;
- aux membres de la Commission de discipline des
magistrats du parquet, sauf si le magistrat en cause
relève du parquet ;
- à un représentant de chacune des associations
professionnelles de magistrats.

ARTICLE 22 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Aux fins indiquées à l'article précédent, le Conseil, sur


convocation de son Président, se réunit d'office ou sur plainte des
usagers du service public de la Justice, dans les conditions prévues
aux articles 5 à 9 et 12 ci-dessus.

13
ARTICLE 23 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Le Conseil examine les pièces produites ou procède à


l'audition de l'auteur présumé du dysfonctionnement constaté ainsi
que du plaignant et des témoins éventuels, et émet les observations
et avis propres à y remédier.

Le Conseil peut également ordonner, à titre complémentaire,


une expertise judiciaire indépendante, s'il l'estime nécessaire.

ARTICLE 24 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Lorsque le Conseil estime que la plainte ou la dénonciation


n'entre pas dans ses attributions ou n'est pas fondée, il la classe
sans suite et en informe le plaignant et le mis en cause.

ARTICLE 25 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Lorsqu'après délibération un dysfonctionnement judiciaire se


confirme et s'avère imputable à faute à un magistrat, le Conseil
saisit, séance tenante, l'organe disciplinaire dont il relève
conformément à la procédure disciplinaire prévue par la loi portant
statut de la Magistrature.

Si le dysfonctionnement est d'origine administrative ou


structurelle, le Conseil propose les solutions propres à y remédier.

ARTICLE 26 nouveau
(Loi n°99-434 du 06 juillet 1999)

Toutes les décisions du Conseil sont communiquées au


Président de la Cour de Cassation ou au Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice, pour classement au dossier du magistrat
concerné, ainsi qu'à la Commission d'avancement.

14
ARTICLE 27 nouveau

Abrogé
(Ordonnance n° 2000-39 du 19 février 2000)

ARTICLE 28

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d'Ivoire et exécutée comme loi de l'Etat.

15
2-
LOI N° 2022-194 DU 11 MARS 2022
PORTANT STATUT DE LA MAGISTRATURE

16
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Le corps judiciaire comprend les magistrats du siège de la


Cour de cassation, du Conseil d’Etat, de la Cour des comptes, des
cours d’appel, des cours d’appel de commerce, des cours
administratives d’appel, des tribunaux de première instance, des
tribunaux de commerce, des tribunaux administratifs, des Chambres
régionales des comptes, du ministère public près lesdites juridictions
et de l’Administration centrale du ministère de la Justice.

Il comprend en outre les auditeurs de Justice.

ARTICLE 2

La hiérarchie du corps judiciaire comprend deux grades


comportant chacun deux groupes. A l’intérieur de chacun des
groupes sont établis des échelons d’ancienneté.

Le passage du second au premier grade est subordonné à


l’inscription au tableau d’avancement.

Le passage du second au premier groupe à l’intérieur du


même grade est subordonné à l’inscription sur une liste d’aptitude.

Le classement des emplois dans l’un et l’autre groupe de


chaque grade ainsi que la détermination des échelons d’ancienneté
sont organisés par décret.

ARTICLE 3

Les fonctions exercées par les magistrats de chaque grade


sont définies par le décret qui les nomme.

Tout magistrat a vocation à être nommé au cours de sa


carrière à des fonctions du siège, du parquet ou de [Administration
centrale du ministère de la Justice.

17
ARTICLE 4

Le magistrat du siège n’est soumis dans l’exercice de ses


fonctions qu’à [autorité de la loi.

Le magistrat du siège est indépendant. A cet égard, il règle


les affaires dont il est saisi conformément à la loi.

Il ne doit céder à aucune influence, incitation, pression,


menace ou intervention, directe ou indirecte. Lorsqu’il estime que
son indépendance est menacée, le magistrat du siège a le droit de
saisir le Conseil supérieur de la Magistrature.

ARTICLE 5

Les magistrats du siège sont inamovibles. Ils ne peuvent


recevoir, sans leur consentement, une affectation nouvelle, même en
promotion, sauf lorsque les nécessités du service public de la justice
l’exigent.

ARTICLE 6

Les magistrats sont tenus au secret professionnel.

Les magistrats du siège sont, en outre, tenus au secret des


délibérations.

ARTICLE 7

Les magistrats du ministère public et de l’Administration


centrale du ministère de la Justice sont soumis au principe de la
subordination hiérarchique et sont placés sous l’autorité du ministre
de la Justice.

Les magistrats du ministère public sont tenus de saisir la


juridiction compétente de telles réquisitions ou conclusions
conformément aux instructions écrites reçues de leurs supérieurs
hiérarchiques. Toutefois, ils développent librement à l’audience les
observations orales qu’ils croient convenables au bien de la justice.

18
ARTICLE 8

Tout magistrat, lors de sa nomination à son premier poste et


avant d’entrer en fonction, prête serment en ces termes : « Je jure
de bien et fidèlement remplir mes fonctions et de me conduire en
tout comme un digne et loyal magistrat »

Il ne peut en aucun cas être relevé de ce serment.

Le serment est prêté en audience solennelle devant les


cours d’appel ou les cours d’appel de commerce pour les magistrats
nommés pour la première fois dans une juridiction de l’ordre
judiciaire et devant les cours administratives d’appel pour les
magistrats nommés pour la première fois dans une juridiction de
l’ordre administratif.

Les magistrats nommés directement à la Chambre régionale


des comptes prêtent serment devant la Cour des comptes.

Les magistrats nommés directement à l’Administration


centrale du ministère de la Justice prêtent serment devant la cour
d’appel du siège du ministère de la Justice.

Les magistrats directement nommés dans les juridictions


suprêmes prêtent serment devant ces juridictions.

L’ancien magistrat prête à nouveau serment lorsqu’il est


réintégré.

En cas de nécessité, le magistrat prête provisoirement


serment par écrit. Ce serment doit être renouvelé au cours d’une
audience solennelle.

ARTICLE 9

Les magistrats sont installés dans leurs fonctions en


audience solennelle de la juridiction au sein de laquelle ils sont
nommés.

En cas de nécessité, le supérieur hiérarchique du magistrat


lui délivre un certificat de prise de service qui vaut installation
provisoire.
19
ARTICLE 10

Les magistrats sont libres de se constituer en organisations


syndicales et de s’y affilier pour la défense de leurs intérêts et pour
la protection de l’indépendance de la Magistrature.

ARTICLE 11

Indépendamment des règles fixées par le Code pénal et les


lois spéciales, le magistrat est protégé contre les menaces et
attaques de quelque nature qu’elles soient, dont il peut être l’objet
dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions. Cette
protection s’étend également aux membres de la famille du
magistrat. L’Etat doit réparer le préjudice moral, corporel ou matériel
direct qui en résulte dans tous les cas non prévus par la législation
des pensions.

En cas de décès du magistrat dans l’exercice de ses


fonctions résultant soit de voies de fait, soit d’actes terroristes ou de
circonstances liées à des conflits armés, ses ayants droit bénéficient,
en plus de leur pension, d’une indemnité forfaitaire compensatrice et
sont déclarés pupilles de la Nation. Cette indemnité forfaitaire est
allouée au magistrat dont un membre de la famille est décédé dans
les mêmes circonstances, en raison de sa fonction.

ARTICLE 12

Le magistrat n’est civilement responsable que de ses fautes


personnelles.

Les condamnations prononcées contre le magistrat qui a


commis une faute personnelle se rattachant au service public de la
justice sont garanties par l’Etat qui dispose du droit d’exercer contre
lui l’action récursoire. Cette action récursoire est exercée devant le
Conseil d’Etat.

En cas de poursuite pénale contre le magistrat, il est


procédé conformément aux dispositions du Code de procédure
pénale relatives aux crimes et délits commis par les magistrats.

20
ARTICLE 13

Les magistrats sont astreints à résider au siège de la


juridiction à laquelle ils appartiennent ou sont rattachés. Toutefois,
des dérogations à caractère individuel peuvent être accordées par
les chefs des cours et des parquets.

Les magistrats ne peuvent s’absenter de leur lieu de


résidence sans congé ou permission si ce n’est pour cause de
service.

ARTICLE 14

Les magistrats ne peuvent, en dehors de leurs fonctions,


être requis pour d’autres services publics.

ARTICLE 15

Les magistrats sont astreints au port du costume lors des


audiences et des cérémonies publiques. La liste des cérémonies
publiques concernées est déterminée par arrêté du ministre de la
Justice.

Le costume est fourni par l’Etat.

Les caractéristiques du costume sont définies par décret, sur


proposition du Conseil supérieur de la Magistrature.

ARTICLE 16

Lorsque le nombre des magistrats en fonction dans une


juridiction est insuffisant pour assurer la continuité du service public,
il peut y être exceptionnellement remédié par la nomination à titre
intérimaire, dans les conditions fixées par décret, pour une durée
n’excédant pas deux années judiciaires, de magistrats titulaires
d’autres fonctions.

En aucun cas, le magistrat intérimaire ne peut se voir confier


des fonctions lui donnant autorité sur les magistrats appartenant à
un grade supérieur au sien ou plus anciens dans le grade.

21
CHAPITRE 2 - RECRUTEMENT

ARTICLE 17

Sous réserve des dispositions de l’article 21 et des


dispositions particulières applicables aux magistrats de la Cour des
comptes, nul ne peut être nommé magistrat s’il n’a accompli
préalablement un stage de formation professionnelle assuré par la
structure chargée de la formation des magistrats et satisfait aux
examens de fin de stage.

L’admission au stage a lieu par voie de concours ou sur titre


dans les conditions fixées à l’article 20.

ARTICLE 18

Les candidats au concours doivent :

1° être titulaires de la maîtrise en droit ou du master en droit;

2° être de nationalité ivoirienne ;

3° jouir de leurs droits civiques et être de bonne moralité ;

4° remplir les conditions d’aptitude physique nécessaires à


l’exercice de leurs fonctions, et être reconnus indemnes ou
définitivement guéris de toute affection donnant droit à un congé de
longue durée ;

5° être majeurs et avoir 40 ans au plus au 31 décembre de


l’année du concours ; les dispositions législatives portant recul de la
limite d’âge pour l’accès par voie de concours aux emplois publics
sont applicables dans les mêmes conditions à l’accès par voie de
concours à la Magistrature ;

6° avoir été autorisés à subir les épreuves du concours.

22
ARTICLE 19
Les candidats admis au stage prévu à l’article 17 sont
nommés auditeurs de Justice par arrêté du ministre de la Justice et
perçoivent un traitement dans les conditions prévues au chapitre VII
Les auditeurs de Justice peuvent être affectés, en cette
qualité dans les juridictions et à l'Administration centrale du ministère
de la Justice pour y effectuer des stages pratiques.
Ils participent, sous la responsabilité des magistrats, à
l’activité juridictionnelle, sans pouvoir toutefois recevoir délégation de
signature.
Ils peuvent notamment :
1° assister le juge d’instruction dans tous les actes
d’information ;
2° assister les magistrats du ministère public dans l’exercice
de l’action publique ;
3° siéger en surnombre et participer avec voix consultative
aux délibérés des juridictions civiles, commerciales, criminelles,
correctionnelles et administratives ;
4° présenter oralement devant celles-ci des réquisitions ou
des conclusions.
Ils sont astreints au secret professionnel.
Préalablement à toute activité, ils prêtent serment devant la
cour d’appel, en ces termes : « Je jure de garder religieusement le
secret professionnel et de me conduire en tout, comme un digne et
loyal auditeur de Justice ».
ARTICLE 20
Peuvent être nommés directement auditeurs de Justice, s’ils
remplissent les conditions fixées à l’article 18 sous les numéros 1 à
5, les docteurs en droit ayant au moins trois ans de pratique
professionnelle en cette qualité que leur compétence et leur activité
dans le domaine juridique ou administratif qualifient pour les
fonctions judiciaires.

23
Peuvent être également nommés directement auditeurs de
Justice, s’ils remplissent les conditions fixées à l’article 18 sous les
numéros 1 à 5, les agents publics de catégorie A4 au minimum
ayant au moins cinq ans de pratique professionnelle en cette qualité,
que leur compétence et leur activité dans le domaine juridique ou
administratif qualifient pour les fonctions judiciaires.

Le nombre des auditeurs de Justice nommés au titre du


présent article ne peut dépasser le dixième du nombre des auditeurs
issus du concours prévu à l’article 17.

ARTICLE 21

Peuvent être nommés directement magistrats aux fonctions


du deuxième grade de la hiérarchie judiciaire s’ils remplissent les
conditions prévues à l’article 18 sous les numéros 1 à 4 :

1° les avocats ayant au moins dix ans d’exercice de leur


profession ;

2° les maîtres de conférences des facultés de droit ayant au


moins trois ans de pratique professionnelle en cette qualité ;

3° les agents publics de la catégorie A6 au minimum, ayant


au moins trois ans de pratique professionnelle en cette qualité que
leur compétence et leur activité dans le domaine juridique ou
administratif qualifient pour les fonctions judiciaires.

Peut être nommé directement magistrat au grade qu’il


occupait au moment de son départ de la magistrature, l’ancien
magistrat.

Le nombre des magistrats nommés au titre du présent article


ne peut dépasser le dixième des vacances constatées dans chacun
des groupes du deuxième grade.

24
ARTICLE 22

Les nominations au titre de l’article 21 ne peuvent intervenir


que sur l’avis conforme du Conseil supérieur de la Magistrature qui
détermine les fonctions auxquelles les candidats peuvent être
nommés.

Avant de se prononcer, le Conseil supérieur de la


Magistrature peut décider de subordonner la nomination du candidat
à l’accomplissement d’un stage probatoire en juridiction organisé par
la structure chargée de la formation des magistrats, selon les
modalités et conditions prévues à l’article 17. Il prête serment en ces
termes devant la cour d’appel : « Je jure de conserver le secret des
actes du parquet, des juridictions d’instruction et de jugement dont
j’aurai eu connaissance au cours de mon stage ».

Le responsable de la structure chargée de la formation des


magistrats établit, sous la forme d’un rapport, le bilan du stage
probatoire de chaque candidat qu’il transmet au Conseil supérieur de
la Magistrature.

CHAPITRE 3 - FORMATION PROFESSIONNELLE DES


MAGISTRATS

ARTICLE 23

Les auditeurs de Justice reçoivent une formation organisée


par la structure chargée de la formation des magistrats. Cette
formation comprend un stage théorique et des stages pratiques
accomplis dans les conditions prévues à l’article 19.

ARTICLE 24

Le droit à la formation continue est reconnu au magistrat. Il


bénéficie à cet égard d’un programme de formation continue établi et
exécuté par la structure chargée de la formation des magistrats.

Les Présidents des juridictions suprêmes peuvent également


organiser, pour les magistrats de ces juridictions, des formations
continues, sans préjudice des programmes conduits par la structure
chargée de la formation des magistrats.

25
Lorsque le magistrat le demande, il peut être autorisé par le
ministre de la Justice ou par le Président de la juridiction suprême
dont il relève, à suivre une formation spécialisée dans une discipline
de son choix. L’autorité ayant autorisé la formation en informe
aussitôt le Conseil supérieur de la Magistrature.
ARTICLE 25
La structure chargée de la formation des magistrats est
dirigée par des personnalités nommées par décret, après avis du
Conseil supérieur de la Magistrature.
CHAPITRE 4 - CARRIERE DES MAGISTRATS
Section première - Nominations
ARTICLE 26
Les auditeurs de Justice ayant satisfait aux épreuves de fin
du stage et reconnus aptes aux fonctions judiciaires sont nommés
dans les emplois du second groupe du second grade de la hiérarchie
judiciaire.
Le ministre de la Justice saisit, pour avis conforme, le
Conseil supérieur de la Magistrature, en ce qui concerne les
auditeurs de Justice proposés à la nomination comme magistrats du
siège.
ARTICLE 27
Les nominations aux divers emplois des deux grades de la
hiérarchie judiciaire sont faites par décret sur proposition du ministre
de la Justice, après avis conforme du Conseil supérieur de la
Magistrature, en ce qui concerne les 6 magistrats du siège. En cas
d’avis défavorable du Conseil supérieur de la Magistrature,
l’intéressé est nommé aux fonctions du ministère public.
Le Conseil supérieur de la Magistrature fait des propositions
pour la nomination aux fonctions de premier président d’une cour
d’appel, d’une cour d’appel de commerce et d’une cour
administrative d’appel, de président de tribunal de première instance,
de tribunal de commerce, de tribunal administratif et de président de
Chambre régionale des comptes.

26
Section 2 - Avancement

ARTICLE 28

Il est institué une Commission d’avancement chargée de


dresser et d’arrêter le tableau d’avancement et les listes d’aptitude.
Cette commission est commune aux magistrats du siège, du
parquet, de l’Administration centrale du ministère de la Justice et aux
magistrats en position de détachement.

ARTICLE 29

La Commission d’avancement notifie à chaque magistrat


dont l’inscription a été refusée sur la liste d’aptitude ou au tableau
d’avancement le résultat motivé de ses délibérations en ce qui le
concerne.

Les délibérations de la Commission d’avancement sont


susceptibles de recours devant le Conseil d’Etat.

ARTICLE 30

La Commission d’avancement est composée de membres


de droit et de membres élus.

La composition de la Commission d’avancement, les


modalités de l’élection des membres élus et les modalités de
fonctionnement de la Commission d’avancement sont déterminées
par décret.

ARTICLE 31

Le tableau d’avancement et les listes d’aptitude sont établis


annuellement. Ils sont affichés dans toutes les juridictions.

L’inscription sur le tableau d’avancement et les listes


d’aptitude est définitive, sauf radiation décidée dans les mêmes
formes que l’inscription.

27
Les conditions exigées pour figurer au tableau d’avancement
ou sur les listes d’aptitude, ainsi que les modalités d’élaboration et
d’établissement du tableau annuel, des tableaux supplémentaires
éventuels, des listes d’aptitude sont fixées par décret.

ARTICLE 32

Les promotions de grade ainsi que les promotions de groupe


dans chaque grade interviennent par décret.

Section 3 - Magistrats hors hiérarchie

ARTICLE 33

Les dispositions relatives à l’avancement ne s’appliquent pas


aux nominations de magistrats hors hiérarchie.

ARTICLE 34

Sont élevés au rang de magistrat hors hiérarchie :

1° les magistrats de la Cour de cassation, du Conseil d’Etat


et de la Cour des comptes, à l’exception des conseillers
référendaires et des auditeurs ;

2° les premiers présidents des cours d’appel, des cours


d’appel de commerce et des cours administratives d’appel.

Les magistrats mentionnés à l’alinéa 1 du présent article


sont nommés hors hiérarchie par décret, sur proposition du Conseil
supérieur de la Magistrature.

Sont également élevés au rang de magistrat hors hiérarchie,


par décret sur proposition du ministre de la Justice :

1° les magistrats des parquets généraux près la Cour de


cassation, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes, à l’exception des
avocats généraux référendaires ;

28
2° les procureurs généraux près les cours d’appel, les cours
administratives d’appel et les procureurs généraux à l’Administration
centrale du ministère de la Justice ;

Peuvent être nommés hors hiérarchie, sur proposition du


ministre de la Justice, les magistrats appartenant depuis dix ans au
moins au premier grade, premier groupe, après avis conforme du
Conseil supérieur de la Magistrature pour ce qui concerne les
magistrats du siège.

Section 4 - Magistrats à l’Administration centrale du Ministère


de la Justice

ARTICLE 35

Les différents emplois des magistrats en service à


l’Administration centrale du ministère de la Justice sont prévus par
décret.

Section 5 - Magistrats à l’inspection générale des Services


judiciaires et pénitentiaires

ARTICLE 36

Les magistrats de l’inspection générale des Services


judiciaires et pénitentiaires sont choisis parmi les magistrats hors
hiérarchie et les magistrats du premier grade, premier groupe
reconnus pour leur compétence.

Section 6 - Magistrats honoraires

ARTICLE 37

Les magistrats admis à la retraite peuvent, à leur demande,


se voir conférer l’honorariat de leur fonction par l’autorité investie du
pouvoir de nomination.

A titre exceptionnel, ils peuvent se voir conférer l’honorariat


d’une fonction ou d’un grade immédiatement supérieur.

29
ARTICLE 38

Les magistrats honoraires demeurent attachés, en cette


qualité, à la juridiction à laquelle ils appartiennent.

Ils continuent à jouir des honneurs et privilèges attachés à


leur état, et peuvent assister, en costume d’audience, aux
cérémonies solennelles de leur juridiction.

Ils prennent rang à la suite des magistrats de leur grade.

ARTICLE 39

Les magistrats honoraires sont tenus à la réserve qui


s’impose à leur condition.

L’honorariat ne peut leur être retiré que dans les formes


prévues au chapitre relatif à la discipline.

CHAPITRE 5 - POSITION DU MAGISTRAT

ARTICLE 40

Le magistrat est placé dans l’une des positions suivantes :

1° en activité ;

2° en détachement ;

3° en disponibilité ;

ARTICLE 41

L’activité est la position du magistrat qui occupe


effectivement un emploi.

Est également considéré comme étant en activité, le


magistrat en congé ou en stage de formation ou bénéficiant d’une
autorisation d’absence avec traitement.

30
ARTICLE 42

Le détachement est la position du magistrat autorisé à


interrompre temporairement ses fonctions pour exercer un emploi ou
un mandat public national ou international ou exercer une fonction
ministérielle.

Dans cette position, le magistrat continue de bénéficier de


ses droits à l’avancement et à la retraite.

Le détachement est prononcé soit à la demande du


magistrat, soit d’office pour servir dans une institution de la
République. Il est révocable.

Le magistrat détaché est soumis aux règles régissant


l’emploi pour lequel il a été détaché.

Le magistrat détaché demeure également soumis aux


obligations résultant du présent statut, sauf lorsqu’il exerce des
fonctions ministérielles ou assimilées.

Aucun magistrat ne peut être placé en position de


détachement s’il n’a atteint au moins le deuxième groupe du premier
grade dans la hiérarchie du corps judiciaire, sauf en cas de
détachement d’office.

ARTICLE 43

Le pouvoir disciplinaire à l’égard du magistrat détaché est


exercé par le Conseil supérieur de la Magistrature dans les
conditions prévues par le présent statut.

L’organisme auprès duquel il est détaché est tenu de saisir,


à cet effet, le ministre de la Justice, d’un rapport circonstancié sur les
faits reprochés au magistrat.

ARTICLE 44

Le nombre total des magistrats placés en position de


détachement ne peut dépasser 10% de l’effectif du corps judiciaire.

31
La durée du détachement est de deux ans renouvelables
une fois, sauf en cas de détachement d’office.

Le renouvellement se fait d’office sauf lorsqu’il est mis fin au


détachement soit à la demande de l’Administration ou de l’organisme
d’accueil, soit à la demande de l’intéressé.

En cas de non renouvellement du détachement, le magistrat


est réintégré d’office et nommé dans les conditions prévues à l’article
27.

La durée du détachement d’office est égale à celle des


fonctions ou du mandat pour l’exercice duquel le magistrat a été
détaché d’office.

ARTICLE 45

Le magistrat détaché ne peut, sauf le cas où le détachement


a été prononcé auprès d’organismes internationaux ou pour exercer
une fonction ministérielle, être affilié au régime de retraite dont
relève l’organisme auprès duquel il est détaché, ni acquérir à ce titre,
de droit quelconque à pension ou allocation, sous peine de
suspension de la pension de l’Etat.

ARTICLE 46

A l’expiration de la période de détachement ou avant terme,


le magistrat remis à la disposition du ministère de la Justice est
réintégré dans les formes prévues à l’article 27, dans le délai de
deux mois à compter de la réception de la demande.

ARTICLE 47

La disponibilité est la position du magistrat dont l’activité est


suspendue temporairement, à sa demande, dans les cas suivants :

1° accident ou maladie grave du conjoint ou d’un enfant;

2° pour suivre un conjoint fonctionnaire en service ou affecté


à l’étranger ;

32
3° pour suivre un conjoint non fonctionnaire résidant hors du
lieu d’affectation du magistrat ;

4° pour convenances personnelles.

Sous réserve des dispositions des lois spéciales, la durée de


la disponibilité est d’un an renouvelable une fois, à la demande
motivée de l’intéressé et, dans l’hypothèse prévue au 1er de l’alinéa 1
du présent article, après avis du Conseil de santé.

ARTICLE 48

Le magistrat en disponibilité n’a droit à aucune


rémunération. Il cesse également de bénéficier de ses droits à
l’avancement et à la retraite.

Toutefois, le magistrat placé en disponibilité pour accident


ou maladie grave du conjoint ou d’un enfant perçoit la totalité de son
traitement et bénéficie de ses droits à la retraite.

ARTICLE 49

A l’expiration de la période de disponibilité, le magistrat


adresse une demande de réintégration au ministre de la Justice qui
procède comme prévu à l’article 27, dans le délai de deux mois à
compter de la réception de la demande.

Il est réintégré dans un emploi de son grade.

Le magistrat qui refuse la fonction proposée dans les


conditions précitées est nommé d’office à un autre emploi de son
grade. S’il refuse celui-ci, il est admis à faire valoir ses droits à la
retraite.

Si à la fin de sa période de disponibilité, le magistrat ne


formule pas de demande de réintégration, il est nommé d’office dans
un emploi de son grade. S’il refuse, il est admis à faire valoir ses
droits à la retraite.

33
ARTICLE 50

La mise en position de détachement ou de disponibilité et la


réintégration consécutive sont prononcées dans les formes et
modalités prévues pour les nominations.

CHAPITRE 6 - CESSATION DE FONCTION

ARTICLE 51

La cessation définitive des fonctions entraînant radiation des


effectifs et perte de la qualité de magistrat résulte:

1° de la démission régulièrement acceptée ;

2° de la mise à la retraite d’office ou de l’admission à cesser


ses fonctions lorsque le magistrat n’a pas droit à une pension ;

3° de la révocation ;

4° de la mise à la retraite ;

5° de la perte de la nationalité ;

6° du décès du magistrat.

ARTICLE 52

La démission ne peut résulter que d’une demande expresse


et écrite de l’intéressé. Elle ne vaut qu’après acceptation par
l’autorité investie du pouvoir de nomination et prend effet à la date
fixée par cette autorité.

L’acceptation de la demande la rend irrévocable. Elle ne fait


pas obstacle, le cas échéant, à l’exercice de l’action disciplinaire, en
raison de faits qui n’auraient été révélés qu’après cette acceptation.

34
ARTICLE 53

L’âge de départ à la retraite des magistrats est fixé à


soixante-cinq ans.

Toutefois, la limite d’âge est portée à soixante-sept ans


lorsque le magistrat concerné a été élevé au rang de magistrat hors
hiérarchie, et à soixante-huit ans pour le magistrat hors hiérarchie
nommé au groupe A.

CHAPITRE 7 - REMUNERATION

ARTICLE 54

En rétribution de leurs services et afin de leur permettre de


s’acquitter convenablement de leurs fonctions, les membres du
corps judiciaire ont droit à une rémunération suffisante qui comprend
:

- le traitement soumis à retenue pour pension ;


- les primes et indemnités.

Les indices de traitement applicables aux magistrats hors


hiérarchie, aux magistrats de chacun des grades, groupes et
échelons du corps judiciaire et aux auditeurs de Justice ainsi que la
détermination et les taux des primes et indemnités sont fixés par
décret.

ARTICLE 55

Les magistrats ont droit à divers avantages liés aux fonctions


qu’ils exercent.

Les magistrats ont en outre droit aux avantages consentis


aux fonctionnaires régis par le Statut général de la Fonction
publique.

35
ARTICLE 56

Les magistrats de la Cour de cassation, du Conseil d'Etat, de


la Cour des comptes, des Parquets généraux près la Cour de
cassation, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes, ainsi que les
magistrats hors hiérarchie de l’Administration centrale du Ministère
de la Justice et de l’inspection générale des services judiciaires et
pénitentiaires cessent leurs fonctions avec jouissance de tous les
droits et avantages liés à la dernière fonction exercée.

Les autres magistrats à la retraite ont droit à une pension en


rapport avec leur catégorie professionnelle et aux avantages liés à
leurs dernières fonctions.

ARTICLE 57

Les modalités d’application du présent chapitre sont


précisées par décret.

CHAPITRE 8 - DEONTOLOGIE DU MAGISTRAT

Section première - Devoirs généraux

ARTICLE 58

La mission du magistrat est de rendre la justice


conformément à la loi. Il doit remplir cette mission avec honneur,
droiture, dignité et intégrité.

Le magistrat doit être impartial et objectif.

ARTICLE 59

Le juge est tenu de rendre une décision dans toutes les


affaires dont il est saisi, même en cas de silence ou d’obscurité de la
loi, sous peine de poursuite pour déni de justice.

ARTICLE 60

Le juge a l’obligation de motiver ses décisions.

36
ARTICLE 61

Le juge doit s’abstenir de porter des modifications à une


décision après son prononcé, sauf dans les cas prévus par la loi.

ARTICLE 62

Le magistrat doit, en toutes circonstances, préserver son


intégrité morale et défendre l’indépendance de la Magistrature dans
l’intérêt supérieur de la justice et de la société.

Le magistrat doit respecter et se conformer à la loi. Il doit


agir en toutes circonstances, de manière à promouvoir la confiance
de l’opinion publique en l’intégrité et en l’impartialité de la justice.

ARTICLE 63

Le magistrat doit veiller au respect du principe de la


séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Le magistrat doit s’abstenir de rendre des décisions à


caractère général et réglementaire. Il doit éviter de se substituer à
l’Administration et de défendre aux administrés d’exécuter les ordres
de l’Administration.

Section 2 - Devoirs du magistrat dans l’exercice de ses


fonctions

ARTICLE 64

Le magistrat doit faire preuve d’une haute conscience


professionnelle. Il doit remplir utilement et avec diligence les devoirs
qu’impose sa fonction et s’y consacrer entièrement.

Le magistrat doit s’astreindre à la ponctualité dans la


conduite des dossiers, au respect des horaires fixés pour les
audiences, convocations et auditions.

37
ARTICLE 65

Le magistrat doit faire preuve de compétence


professionnelle dans l’exercice de ses fonctions qu’il veille à
maintenir par une formation continue. A cet effet, l’Etat assure au
magistrat les moyens appropriés, l’équipement et l’assistance
nécessaires pour le bon accomplissement de sa mission.

ARTICLE 66

Le magistrat ne doit pas se déterminer en fonction de


considérations étrangères à l’application des règles de droit. Il doit
notamment :

1° S’acquitter de ses fonctions sans favoritisme, ni


manifestation de préjugés ;

2° éviter que ses relations familiales, sociales,


professionnelles ou autres, n’influencent la conduite des affaires
dont il est saisi ;

3° éviter de fonder ses décisions sur des informations reçues


en dehors du dossier et des débats.

ARTICLE 67

Le magistrat doit exercer ses fonctions dans le respect de


l’égalité de traitement entre les parties et du principe du
contradictoire. Il doit veiller à ce que les débats se déroulent dans le
respect des droits des parties. Il doit faire preuve à leur égard de
patience, de respect, de courtoisie et de disponibilité.

Le magistrat doit s’abstenir à l’audience et dans ses


décisions, de faire des observations injurieuses à l’égard des parties.

ARTICLE 68

Le magistrat doit éviter de faire des observations ou


remarques publiques désobligeantes à ses collègues. Cette même
obligation s’impose à l’égard des auxiliaires de justice et des
justiciables.
38
ARTICLE 69

Le magistrat doit s’abstenir d’interférer dans les affaires


relevant de la compétence d’autres magistrats en vue d’en influencer
l’issue. Tout magistrat a l’obligation de dénoncer au Conseil
supérieur de la Magistrature, de telles interférences.

ARTICLE 70

Le magistrat doit éviter tous commentaires injustifiés sur les


dossiers dont il a la charge. Il doit protéger la procédure judiciaire
contre toute influence extérieure.

Dans les cas où il n’est pas tenu au secret professionnel, le


magistrat du ministère public peut donner des informations dans le
respect de l’honneur et de la dignité des parties qu’elle concerne.

Section 3 - Devoirs du magistrat en dehors de l’exercice de ses


fonctions

ARTICLE 71

Le magistrat doit faire preuve de réserve dans ses relations.


Il doit préserver son indépendance et son impartialité en s’abstenant
de toute exploitation personnelle de ses relations.

ARTICLE 72

Le magistrat doit s’abstenir de solliciter ou d’accepter une


rétribution de quelque nature que ce soit pour lui-même ou pour un
tiers, en rémunération d’un acte de sa fonction déjà accompli ou à
accomplir.

ARTICLE 73

Le magistrat doit s’abstenir de solliciter ou de recevoir des


dons, legs, faveurs de quelque nature que ce soit de personnes
engagées dans un procès ou intéressées de quelque façon que ce
soit audit procès.

39
ARTICLE 74

Le magistrat doit veiller, dans sa conduite et dans sa tenue,


à la sauvegarde du prestige de la Magistrature.

ARTICLE 75

Le magistrat doit éviter d’utiliser le prestige de la


Magistrature pour faire prévaloir ses intérêts.

Section 4 - Incompatibilités

ARTICLE 76

L’exercice des fonctions de magistrat est incompatible avec


toute fonction publique, toute profession civile, commerciale ou
salariée.

Le magistrat doit notamment s’abstenir :

1° de participer à la gestion ou à l’administration


d’entreprises commerciales et civiles soit directement, soit par
personne interposée ;

2° de donner des consultations juridiques rémunérées ou


non à des tiers.

ARTICLE 77

Le ministre de la Justice autorise la participation des


magistrats aux travaux d’organismes, de commissions extra
judiciaires ou l’exercice des fonctions ou activités qui ne seraient pas
de nature à porter atteinte à la dignité du magistrat et à son
indépendance, sous réserve des cas prévus par les dispositions
législatives et réglementaires en vigueur.

L’autorisation mentionnée à l’alinéa précédent est donnée,


en ce qui concerne les magistrats des juridictions suprêmes, par les
Présidents de ces juridictions.

40
Les dérogations individuelles sont accordées, en ce qui
concerne les magistrats en détachement, par le ministre de la
Justice.

Toutefois, les magistrats peuvent, sans autorisation


préalable, donner des enseignements ressortissants à leur
compétence, se livrer à des travaux scientifiques, littéraires ou
artistiques.

ARTICLE 78

Dans tous les cas, le magistrat doit, dans l’exercice des


activités extra professionnelles, prévenir tout conflit d’intérêt.

Le magistrat doit éviter de se placer dans une situation telle


qu’il ne peut remplir utilement et promptement ses fonctions,
notamment la disponibilité requise pour traiter avec attention et dans
un délai raisonnable les affaires qui lui sont soumises.

Le magistrat doit s’abstenir de toute activité de nature à


entraver son indépendance et porter atteinte à son impartialité.

ARTICLE 79

L’exercice des fonctions de magistrat est incompatible avec


l’exercice de toute fonction élective sauf dispositions particulières de
la loi.

Nul ne peut être nommé magistrat, ni le demeurer dans une


juridiction dans le ressort de laquelle il aura exercé depuis moins de
cinq ans, une fonction publique élective ou fait acte de candidature à
l’un de ces mandats.

Les dispositions de l’alinéa précédent ne s’appliquent pas


aux magistrats des juridictions suprêmes.

ARTICLE 80

Les parents et alliés jusqu’au quatrième degré


inclusivement, ne peuvent simultanément siéger à la même
audience d’une juridiction soit comme magistrats du siège, soit
comme magistrats du ministère public.
41
ARTICLE 81

Nul magistrat ne peut, à peine de nullité de la procédure,


connaître d’une affaire dans laquelle l’une des parties est
représentée par un avocat ou mandataire, conjoint du magistrat,
parent ou allié dudit magistrat jusqu’au quatrième degré,
inclusivement.

La disposition de l’alinéa précédent s’applique lorsqu’il s’agit


d’un cabinet d’avocats dont l’un des membres est conjoint du
magistrat, parent ou allié dudit magistrat jusqu’au quatrième degré
inclusivement.

ARTICLE 82

Nul magistrat ne peut, à peine de nullité des actes


intervenus, se rendre acquéreur ou cessionnaire, soit par lui-même,
soit par personne interposée, des droits litigieux qui sont de la
compétence des juridictions dans le ressort desquelles il exerce ses
fonctions, ou des biens, droits et créances dont il doit poursuivre ou
autoriser la vente. Il ne peut, en outre, ni prendre lesdits biens en
louage ni les recevoir en nantissement.

ARTICLE 83

Aucun magistrat ne peut procéder à un acte juridictionnel


relevant de ses fonctions :

1° lorsqu’il s’agit de ses propres intérêts, de ceux de son


conjoint, de ses enfants ou alliés en ligne directe ou en ligne
collatérale, jusqu’au quatrième degré inclusivement ;

2° lorsqu’il s’agit des intérêts d’une personne dont il est le


représentant légal ou le mandataire, de son concubin ou de toute
personne ayant un lien de dépendance avec lui.

42
Section 5 - Interdictions

ARTICLE 84

Toute activité politique est interdite au magistrat. Il lui est


notamment fait défense :

1° de militer dans une organisation politique ;

2° d’agir en qualité de leader ou d’occuper un poste dans


une organisation politique ;

3° de faire ou de prononcer des discours pour une


organisation ou un candidat à un poste politique ;

4° de soutenir ou de s’opposer publiquement à un candidat à


un poste politique ;

5° de solliciter des fonds ou de faire une contribution de


quelque nature que ce soit pour une organisation politique ou un
candidat à un poste politique ;

6° d’assister à des rassemblements ou de participer à des


manifestations politiques ;

7° d’organiser ou de participer à toute action ou


rassemblement à caractère politique.

Le magistrat doit également s’abstenir de toute prise de


position publique sur un sujet d’ordre politique.

ARTICLE 85

Il est interdit au magistrat d’organiser ou de participer à toute


manifestation d’hostilité au principe ou à la forme du Gouvernement
de la République.

Est également interdite, toute action concertée de nature à


arrêter ou entraver le fonctionnement des juridictions

43
ARTICLE 86

Le magistrat ne doit pas appartenir à une association


interdite par la loi ou faire partie d’une organisation dont les activités
sont susceptibles de jeter le discrédit sur la Justice.

CHAPITRE 9 - DISCIPLINE

ARTICLE 87

Le pouvoir disciplinaire est exercé, tant à l’égard des


magistrats du siège qu’à l’égard des magistrats du parquet, par le
Conseil supérieur de la Magistrature, en sa formation disciplinaire.

ARTICLE 88

Tout manquement par un magistrat aux règles


déontologiques et plus généralement aux convenances de son état,
à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité, constitue une faute
disciplinaire.

ARTICLE 89

En dehors de toute action disciplinaire, le ministre de la


Justice, les présidents des juridictions suprêmes, les procureurs
généraux près les juridictions suprêmes, l’inspecteur général des
services judiciaires, les premiers présidents, les procureurs
généraux et les directeurs à l'Administration centrale du ministère de
la Justice ont le pouvoir de donner un avertissement aux magistrats
placés sous leur autorité.

ARTICLE 90

Les sanctions disciplinaires applicables aux magistrats sont :

1° la réprimande avec inscription au dossier ;

2° le déplacement d’office ;

3° la radiation du tableau d’avancement ;

44
4° le retrait de certaines fonctions ;

5° l’abaissement d’un ou de plusieurs échelons ;

6° l’abaissement de groupe ;

7° la rétrogradation ;

8° la mise à la retraite d’office ou l’admission à cesser ses


fonctions lorsque le magistrat n’a pas droit à une pension de retraite;

9° la révocation avec ou sans suspension des droits à


pension.

ARTICLE 91

Si un magistrat est poursuivi en même temps pour plusieurs


faits, il ne peut être prononcé contre lui que l’une des sanctions
prévues à l’article précédent.

Une faute disciplinaire ne peut donner lieu qu’à une seule


desdites sanctions.

Toutefois, les sanctions prévues aux 6° et 7° de l’article


précédent, peuvent être assorties du déplacement d’office.

ARTICLE 92

Le ministre de la Justice saisi d’une plainte ou informé de


faits paraissant de nature à entraîner des poursuites disciplinaires
contre un magistrat peut, s’il y a urgence, et sur proposition des
chefs hiérarchiques, suspendre, par arrêté, le magistrat mis en
cause, de l’exercice de ses fonctions jusqu’à décision définitive sur
l’action disciplinaire. La suspension ne comporte pas privation du
droit au traitement.

Cette décision prise dans l’intérêt du service ne peut


intervenir qu’après avis du Conseil supérieur de la Magistrature. Elle
ne peut être rendue publique.

45
Pendant la durée de la suspension, le magistrat ne peut être
remplacé à son poste. Seul son intérim est organisé.
Si à l’expiration du délai d’un mois, le Conseil supérieur de la
Magistrature n’a pas été saisi de l’action disciplinaire, la suspension
cesse de plein droit de produire ses effets et l’intéressé reprend ses
fonctions sans aucune formalité.
ARTICLE 93
A la demande du ministre de la Justice, l’inspecteur général
des Services judiciaires dénonce, après enquête, au Conseil
supérieur de la Magistrature, les faits motivant une poursuite
disciplinaire. L’enquête ne peut excéder une durée de six mois à
compter du jour où les faits ont été portés à la connaissance du
ministre de la Justice, sous peine de forclusion de l’action
disciplinaire.
Les faits susceptibles de motiver des poursuites
disciplinaires à l’encontre d’un magistrat relevant d’une juridiction
suprême sont dénoncés au Conseil supérieur de la Magistrature, par
le Président de ladite juridiction.
ARTICLE 94
Dès la saisine de la formation disciplinaire du Conseil
supérieur de la Magistrature, le magistrat a droit à la communication
de son dossier et des pièces de l’enquête. Il peut se faire assister et,
en cas de maladie ou d’empêchements reconnus justifiés, se faire
représenter, par l’un de ses pairs ou par un avocat inscrit au
barreau.
Le Président de la formation disciplinaire du Conseil
supérieur de la Magistrature, désigne un rapporteur parmi les
membres de ladite formation.
Il le charge, s’il y a lieu, de procéder à une enquête
complémentaire.
La formation disciplinaire du Conseil supérieur de la
Magistrature peut, par décision motivée, suspendre le magistrat mis
en cause, de l’exercice de ses fonctions jusqu’à décision définitive.
Cette suspension ne comporte pas privation du droit au traitement et
la décision ne peut être rendue publique.
46
Dans le cas prévu à l’alinéa précédent ou lorsque la
formation disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature est
régulièrement saisie à la suite de la suspension prononcée par le
ministre de la Justice, comme il est dit à l’article 92, la situation du
magistrat concerné doit être définitivement réglée dans un délai de
trois mois à compter du jour où la décision de suspension a pris
effet. Lorsqu’aucune décision n’est intervenue au terme du délai de
trois mois, la décision de suspension cesse de produire ses effets et
le magistrat est rétabli de plein droit dans ses fonctions.

ARTICLE 95

Au cours de l’enquête, le rapporteur entend ou fait entendre


l’intéressé par un magistrat d'un rang égal ou supérieur à celui de ce
dernier et, s’il y a lieu, le plaignant et les témoins. Il accomplit tous
actes d’investigation utiles.

La procédure doit être mise à la disposition de l’intéressé et


de son conseil soixante-douze heures au moins avant chaque
audition.

ARTICLES 96

Lorsqu’une enquête complémentaire n’a pas été jugée


nécessaire ou lorsque l’enquête est complète, le magistrat est cité à
comparaître en la forme administrative devant la formation
disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature.

ARTICLE 97

Le magistrat cité a droit à la communication de son dossier,


de toutes les pièces de l’enquête et du rapport établi par le
rapporteur. Son conseil a droit à la communication des mêmes
documents.

ARTICLE 98

Au jour fixé par la citation, et après lecture du rapport, le


magistrat mis en cause est invité à fournir ses explications et
moyens de défense sur les faits qui lui sont reprochés.

47
ARTICLE 99

La formation disciplinaire du Conseil supérieur de la


Magistrature statue à huis clos dans un délai maximal de six mois à
compter de sa saisine. Sa décision doit être motivée. Si le magistrat
cité, hors les cas de maladie ou d’empêchement reconnus justifiés,
ne comparaît pas, il peut néanmoins être statué et la décision est
réputée contradictoire.
ARTICLE 100

La décision rendue est notifiée au magistrat intéressé en la


forme administrative par la formation disciplinaire du Conseil
supérieur de la Magistrature.

La décision de la formation disciplinaire du Conseil supérieur


de la Magistrature est susceptible de recours devant le Conseil
supérieur de la Magistrature, dans le délai de quinze jours à compter
de sa notification au magistrat concerné.

Le recours est suspensif.

Les membres de la formation disciplinaire du Conseil


supérieur de la Magistrature ne peuvent, à peine de nullité de la
procédure, participer au jugement du recours formé contre les
décisions qu’ils ont rendues.

ARTICLE 101

L’exécution des décisions du Conseil supérieur de la


Magistrature incombe aux chefs des juridictions suprêmes s’agissant
des magistrats desdites juridictions et au ministre de la Justice
s’agissant des autres magistrats.

CHAPITRE 10 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

ARTICLE 102

Les dispositions du Statut général de la Fonction publique,


notamment celles relatives au régime des congés et des pensions
s’appliquent aux magistrats, en ce qu’elles n’ont rien de contraire au
présent statut.
48
ARTICLE 103

Un décret pris en Conseil des ministres détermine les


modalités d’application de la présente loi.

ARTICLE 104

La loi n°78-662 du 4 août 1978 portant statut de la


Magistrature, modifiée par les lois n°94-437 du 16 août 1994 et n°94-
498 du 6 septembre 1994, est abrogée.

ARTICLE 105

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

49
3-
DECRET N° 78-697 DU 24 AOUT 1978, PRIS POUR
L’APPLICATION DE LA LOI N° 78-662 DU 4 AOUT 1978,
PORTANT STATUT DE LA MAGISTRATURE, MODIFIE PAR LES
DECRETS N° 80-1196 DU 28 OCTOBRE 1980, 85-1092 DU
16 OCTOBRE 1985, 94-525 DU 21 SEPTEMBRE 1994,
94-665 DU 21 DECEMBRE 1994 ET 97-580
DU 08 OCTOBRE 1997

50
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice :

1° accorde les dérogations et autorisations prévues par les


articles 10, alinéa 2 et 21, alinéa 7 de la loi portant statut de
la Magistrature ;

2° procède, par arrêté publié au Journal Officiel, à la


nomination :

- des Magistrats chargés de remplir, à titre intérimaire,


des fonctions autres que celles dont ils sont titulaires ;
- des Magistrats devant siéger à la commission
d’avancement et à la commission de discipline du
Parquet ;
- des Auditeurs de Justice.

CHAPITRE 2 - CLASSIFICATIONS DES EMPLOIS

ARTICLE 2 nouveau
(Décret n° 2008-109 du 05/03/2008)

Les Magistrats sont appelés à exercer les fonctions classées


dans les grades et groupes ci-après :

1° Hors hiérarchie

Groupe A :

- Président de Chambre à la Cour suprême ;


- Premier Avocat général près la Cour suprême ;
- Magistrats hors hiérarchie groupe B après 3 ans,
membres de la Cour suprême, élevés à titre
exceptionnel au groupe A, compte tenu de leur état
de services et ayant rang de Président de Chambre
à la Cour suprême, ou de premier Avocat général
près ladite Cour sans que leur nombre ne puisse
excéder celui des Présidents de Chambre à la
Cour suprême ou des premiers Avocats généraux près
ladite Cour, en fonction.
51
Groupe B :

- conseiller à la Cour Suprême et Avocat général près


ladite Cour ;
- premier Président de la Cour d’Appel et Procureur
général près les Cour d’Appel et à l’Administration
centrale.

2° Premier grade :

a) Premier groupe :

- avocat général à l’Administration central ;


- président de Chambre et Avocat général de Cour
d’Appel ;
- président du Tribunal d’Abidjan et Procureur de la
République près cette juridiction.

b) Deuxième groupe :

- substitut général à l’Administration centrale ;


- conseiller et substitut général de Cour d’Appel ;
- président de Tribunal et Procureur de la République
près cette juridiction ;
- vice-Président du Tribunal d’Abidjan ;
- procureur de la République adjoint près le Tribunal
d’Abidjan.

3° Deuxième grade :

a) Premier groupe :

- substitut à l’Administration centrale


- juge et Juge d’Instruction de 1ère classe ;
- juge de Section ;
- substitut du Procureur de la République de 1ère classe

52
b) Deuxième groupe :

- juge et Juge d’Instruction de 2ère classe ;


- juge de Section adjoint ;
- substitut du procureur de la République 2ère classe.

ARTICLE 3

Sont prévus, dans les groupes d’emplois énumérés à


l’article précédent et pour les Auditeurs de Justice, les échelons
de solde ci-après :

- groupe A, hors hiérarchie, un échelon unique ;


- groupe B, hors hiérarchie, deux échelons, l’un avant,
l’autre après trois ans ;
- premier groupe du premier grade, trois échelons ;
- deuxième groupe du premier grade, trois échelons ;
- premier groupe du second grade, trois échelons ;
- deuxième groupe du second grade, quatre échelons ;
- auditeurs de Justice, un échelon unique.

CHAPITRE 3 - AVANCEMENT - NOTATION

PARAGRAPHE PREMIER - AVANCEMENT D’ECHELON

ARTICLE 4

Le temps à passer dans les différents échelons de chacun


des groupes des deux grades de la hiérarchie judiciaire pour
accéder à l’échelon immédiatement supérieur est de deux ans.

53
PARAGRAPHE 2 NOUVEAU - NOTATION ET APPRECIATION
(Décret n° 94-525 du 21 septembre 1994)

ARTICLE 5 nouveau

Chaque année, avant le 1er Juillet, le Premier Président et le


Procureur Général près la Cour d’Appel adressent au Ministère de la
Justice, pour chaque Magistrat de leur ressort, une feuille de
notation qu’ils établissent après avoir recueilli, pour les Magistrats
d’instance, l’avis circonstancié des chefs de la juridiction à laquelle
ces Magistrats appartiennent.

La feuille de notation doit contenir des renseignements


précis et détaillés sur les titres et la valeur du Magistrat.

En outre, elle devra être accompagnée d'un rapport


circonstancié de l'Inspection des Services judiciaires comportant
les éléments d'appréciation définis aux articles 6, 7, 8 et 9
du présent décret.

ARTICLE 6 nouveau

Toute note chiffrée supérieure à 15 devra être justifiée et


soumise à l'avis du Conseil supérieur de la Magistrature en ce qui
concerne les Magistrats du siège et à celui du Garde des Sceaux en
ce qui concerne les Magistrats du Parquet, avant leur transmission à
la commission d'avancement.

ARTICLE 7 nouveau

Les Juges d’Instruction feront l'objet d'un rapport


comportant :

- le pourcentage des dossiers définitivement instruits ;


- les justifications du retard accusé par le Juge
d'instruction dans le règlement des procédures ;
- des indications relatives à la durée et au renouvellement
des détentions préventives.

54
Seront également annexés à ce rapport des notices
obligatoirement établies par les Présidents des Cours d'Assises, de
la Chambre des Appels correctionnels et par le Président de la
Chambre d'Accusation qui ont connu des instructions effectuées par
les Magistrats présentés.
ARTICLE 8 nouveau
Les Juges du siège autres que les Juges d'instruction feront
l'objet d'un rapport indiquant :
- le nombre de décisions rendues par le Magistrat sur la
totalité des procédures pendantes devant sa Chambre ;
- la durée s'étant écoulée entre la première évocation des
procédures et le prononcé de la décision ;
- le respect des exigences imposées par les procédures
d'urgence ;
- le pourcentage des décisions rédigées eu égard au
nombre des décisions rendues ;
- le nombre de décisions et arrêts infirmés ou cassés par
la Cour d'Appel et la Cour suprême ;
- les diligences effectuées par le Magistrat pour
l'exécution des mises en état ordonnées.
Un rapport identique sera établi dans les mêmes conditions
et aux mêmes fins pour les Juges de section par un Inspecteur des
Services judiciaires et pénitentiaires ;
ARTICLE 9
Les Magistrats du Parquet devront faire l'objet d'un rapport
démontrant l'effectivité du respect des instructions données par le
supérieur hiérarchique.
La notation et l'appréciation des Magistrats exerçant leurs
fonctions à l'Administration centrale du Ministère de la Justice est
assurée par le Ministère de la Justice.
La notation et l'appréciation des Magistrats placés en
position de détachement est assurée par l'autorité auprès de laquelle
ils sont détachés.

55
ARTICLE 10 nouveau
(Décret n° 94-525 du 21 septembre1994)

Tout changement de grade ou de groupe exige de la part du


postulant une étude approfondie sur une question de droit de fond
ou de forme, processuelle ou judiciaire ou relative au fonctionnement
des Services judiciaires ou pénitentiaires.

Cette étude fera l'objet d'une note chiffrée par un jury


désigné après avis de la Commission d'Avancement par le Garde
des Sceaux, Ministre de la Justice. Cette note intervient à
concurrence d'un tiers dans la moyenne générale.

ARTICLE 11 nouveau
(Décret n° 94-525 du 21 septembre 1994)

Les chefs de Cours et de juridiction qui ne sont soumis à


aucune notation chiffrée, devront faire l'objet d'un rapport établi par
l'inspecteur général des Services judiciaires, à l'effet d'apprécier :

- la gestion administrative et judiciaire des juridictions ;


- la qualité des relations entretenues entre les chefs de
juridictions avec les autres Magistrats d'une part et avec
le personnel d'exécution et les justiciables d'autre part.

ARTICLE 12 nouveau
(Décret n° 94-525 du 21 septembre1994)

Les procédures évoquées pour la première fois, trois mois


au moins avant le début des vacances judiciaires, devront donner
lieu au prononcé d'une décision sur le fond, avant ladite période.

ARTICLE 13 nouveau
(Décret n° 94-525 du 21 septembre1994)

Les rapports défavorables mettant en relief l'inobservation


des présentes prescriptions accompagnés par une note chiffrée
inférieure à 12/20 par les Magistrats, permettront au président de la
Commission d'Avancement, après avis du Conseil supérieur de la
Magistrature en ce qui concerne les Magistrats du siège, et celui du
Garde des Sceaux, en ce qui concerne les Magistrats du Parquet
d'écarter d'office le postulant.
56
PARAGRAPHE 3 - AVANCEMENT DE GRADE

ARTICLE 14

Chaque année, avant le 1er Juillet, les autorités chargées


de la notation adressent au Ministre de la Justice leurs présentations
en vue de l’inscription au tableau d’avancement et sur les
listes d’aptitude.

Ces présentations indiquent, par ordre de mérite, les


Magistrats jugés dignes d’obtenir un avancement de grade
ou de groupe.

Chaque présentation est accompagnée de la feuille de


notation prévue à l’article 5 ci-dessus et d’une fiche de désiderata
dans laquelle le Magistrat a indiqué des postes auxquels il
accepterait d’être nommé en cas d’inscription au tableau
d’avancement ou sur la liste d’aptitude.

Les présentations concernant les Magistrats exerçant leurs


fonctions à l’Administration centrale du Ministère de la Justice sont
établies par le Ministre de la Justice.

Celles concernant les Magistrats en service détaché le sont


par l’autorité auprès de laquelle ils sont détachés.

ARTICLE 15 nouveau
(Décret n° 80-1196 du 28 octobre 1980)

Nul ne peut figurer :

1° au tableau d’avancement, s’il ne totalise au 1er Janvier


de l’année pour laquelle il est établi, au moins trois années de
services effectifs dans le premier groupe du second grade ;

2° sur la liste d’aptitude à un emploi du premier groupe du


second grade, si, au 1er Janvier de l’année pour laquelle elle est
établie, il n’a atteint le troisième échelon dans le deuxième groupe
du même grade et s’il ne totalise, dans ce groupe, au moins cinq
années de services effectifs ;

57
3° sur la liste d’aptitude à un emploi du premier groupe du
premier grade, s’il ne totalise au 1er Janvier de l’année pour laquelle
elle est établie, au moins trois années de services effectifs dans le
second groupe de ce grade.

Nul ne peut être nommé à un emploi de l’Administration


centrale s’il n’a accompli quatre années de services effectifs dans les
juridictions et s’il n’est inscrit sur une liste d’aptitude spéciale.

La commission, lorsqu’elle arrête le tableau d’avancement et


la liste d’aptitude communs à l’ensemble des Magistrats, dresse par
ordre de mérite, une liste séparée des Magistrats jugés aptes à
remplir les fonctions de Magistrats à l’Administration centrale.

Les services effectifs s’entendent des services accomplis en


position d’activité ou de détachement.

ARTICLE 16

Les noms des Magistrats présentés sont portés par ordre


alphabétique, sur des listes qui sont tenues du 1er au 15 Juillet, à la
disposition des Magistrats, au Ministère de la Justice, au Parquet
général de la Cour d’Appel, au Parquet de chaque Tribunal de
Première Instance et au siège des Sections.

Avant le 15 Août, sous peine de forclusion, les Magistrats


non compris dans les présentations peuvent, par l’intermédiaire des
autorités chargées de la notation, adresser au Ministre de la Justice,
des demandes tendant à obtenir leur inscription au tableau
d’avancement ou sur les listes d’aptitude, accompagnées de la fiche
prévue au 3è alinéa de l’article 6. Les autorités chargées de la
notation transmettent ces demandes, avec les fiches et, s’il y a lieu,
les mémoires annexés, au Ministre de la Justice, en exprimant
leur avis motivé.

ARTICLE 17

Toutes les pièces concernant les présentations et demandes


adressées au Ministre de la Justice, en vertu des articles 6 et 8, sont
transmises par ses soins au secrétariat de la commission chargée
de préparer le tableau d’avancement et les listes d’aptitude.
58
ARTICLE 18

La liste des membres de la commission est publiée au


Journal Officiel avant le 1er novembre.

La commission se réunit au Ministère de la Justice


dans la première quinzaine de novembre, sur la convocation
de son président.

ARTICLE 19

Le tableau d’avancement et les listes d’aptitude sont arrêtés


par la commission avant le 1er janvier de l’année au cours de
laquelle ils doivent être appliqués.

Le tableau et les listes d’aptitude sont publiés


au Journal officiel.

ARTICLE 20

Le nombre des Magistrats à inscrire au tableau


d’avancement ne peut excéder le double des vacances
constatées au 1er novembre de l’année en cours, au moment
de l’établissement du tableau.

ARTICLE 21

Les Magistrats jugés dignes d’obtenir un avancement de


grade ou de groupe sont inscrits par ordre alphabétique.

Les Magistrats de l’Administration centrale appartenant au


1er groupe du 2è grade ont seuls accès par voie de promotion aux
postes de Magistrats du 1er grade de l’Administration centrale.

Dans la limite des vacances constatées, des Magistrats des


Cours et Tribunaux peuvent être affectés sur leur demande à des
postes réservés aux Magistrats de l’Administration centrale.

59
Les Magistrats de l’Administration centrale appartenant aux
deux grades peuvent être nommés sur leur demande à un poste de
leur grade dans les Cours et Tribunaux.

Les emplois judiciaires prévus à l’Administration centrale


sont déterminés par le tableau constituant l’annexe I du
présent décret.

PARAGRAPHE 4 - DISPOSITIONS COMMUNES AUX


AVANCEMENTS D’ECHELONS ET DE GRADE

ARTICLE 22

Les Magistrats qui accèdent au groupe B hors hiérarchie, au


deuxième groupe du premier grade ou aux fonctions du groupe
supérieur de chaque grade bénéficient du premier échelon de
ces groupes, quel que soit l’échelon qui était le leur dans les
groupes supérieurs ou inférieurs des deux grades auxquels ils
appartenaient précédemment.

Les auditeurs de Justice nommés Magistrats du


second grade accèdent au premier échelon du deuxième
groupe de ce grade.

Le temps à passer dans les échelons ainsi acquis est, dans


tous les cas, celui prévu à l’article 4.

ARTICLE 23

Les règles suivant lesquelles les services militaires sont pris


en compte pour l’avancement d’échelon et pour la détermination du
temps de service exigé pour pouvoir figurer au tableau
d’avancement et sur les listes d’aptitude sont celles prévues par le
statut de la Fonction publique.

Pour être pris en compte, ces services doivent avoir


été validés au préalable, par arrêté du Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice.

60
CHAPITRE 4 - REMUNERATION

ARTICLE 24

Les indices de traitements applicables aux Magistrats et aux


Auditeurs de Justice sont ceux prévus au tableau constituant
l’annexe II du présent décret.
Les Magistrats du second groupe du deuxième grade de
l’ancienne hiérarchie judiciaire sont reclassés dans les nouveaux
échelons de ce groupe conformément au tableau de correspondance
constituant l’annexe III du présent décret, par arrêté du Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice.

ARTICLE 25

Les Magistrats provenant d’un corps de fonctionnaires régis


par le statut général de la Fonction publique, nommés dans l’un
quelconque des groupes des deux grades de la hiérarchie judiciaire,
à un échelon comportant un indice de traitement inférieur à celui
affecté au grade, et à l’échelon qu’ils détenaient dans leur corps
d’origine, conservent, à titre personnel, le bénéfice du traitement
qu’ils percevaient antérieurement, jusqu’à ce que par le jeu de
l’avancement, ils aient atteint dans leur nouveau corps, un échelon
comportant un traitement équivalent.

CHAPITRE 5 - COSTUME

ARTICLE 26

Les Magistrats des Tribunaux de Première Instance portent,


aux audiences ordinaires la toge noire à grandes manches avec
simarre noire et ceinture noire, toque noire, bordée de velours noir,
ornée d’un galon d’argent, cravate tombante de baptiste blanche
plissée et une épitoge de fourrure branche.
Aux audiences solennelles et aux cérémonies publiques, ils
portent, en outre, la ceinture de soie aux couleurs ivoiriennes
à franges de soie.

Les Présidents des Tribunaux et les Procureurs de la


République portent une toque à double galon d’argent.

61
Les Magistrats des Cours d’Appel portent aux audiences
ordinaires la toge noire à grande manches, avec simarre noire,
ceinture noire à franges, toque de soie bordée au bas d’un galon de
soie liseré d’or et cravate tombante de baptiste blanche plissée.

Aux audiences solennelles et aux cérémonies publiques, ils


portent la toge rouge avec simarre de soie noire, ceinture de
soie aux couleurs ivoiriennes à franges de soie et une toque
de velours noir.

Le Premier Président et le Procureur général ont un double


galon à la toque. Le revers de leur robe est doublé d’hermine.

Le revers de la robe rouge des Présidents de Chambre et


des Avocats généraux est également doublé d’hermine.

Le costume des Auditeurs de Justice est identique à celui


des Magistrats des Tribunaux de Première Instance en audience
ordinaire mais ne comporte pas d’épitoge.

CHAPITRE 6 - DISPOSITIONS PARTICULIERES

ARTICLE 27

Les Magistrats en fonction dans un emploi judiciaire sont


munis d’une carte professionnelle dont le modèle et les conditions de
délivrance, d’usage et de retrait sont définis par arrêté du Garde des
Sceaux, Ministre de la Justice.

ARTICLE 28

Les contrats d’engagement prévus à l’article 67 de la


loi portant statut de la Magistrature sont passés au nom
du Gouvernement ivoirien, par le Garde des Sceaux, Ministre
de la Justice.

ARTICLE 29

Sont abrogés les décrets n°65-398 du 24 novembre 1965,


76-77 du 30 janvier 1976 et 76-789 du 12 novembre 1976.

62
ARTICLE 30

Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et le Ministre de


l’Economie, des Finances et du Plan, sont chargés, chacun en ce qui
le concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au
Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire.

63
ANNEXES AU DECRET N° 78-697 DU 24 AOUT 1978,
PRIS POUR L’APPLICATION DE LA LOI N° 78-662 DU
4 AOUT 1978, PORTANT STATUT DE LA MAGISTRATURE,
MODIFIE PAR LES DECRETS N° 80-1196 DU 28 OCTOBRE
1980, 85-1092 DU 16 OCTOBRE 1985, 94-525 DU
21 SEPTEMBRE 1994, 94-665 DU 21 DECEMBRE 1994
ET 97-580 DU 08 OCTOBRE 1997

64
TABLEAU B
(Décret n° 85-1092 du 16 octobre 1985)

Emplois prévus dans les juridictions


Hors
Premier grade Deuxième grade
Cours d’Appel hiérarchie TOTAL

Groupe 1er
2eme groupe 1er groupe 2eme groupe
B groupe

P.P P G P C A G C SG
Abidjan………

Bouaké……… 1 1 8 5 16 10 41

1 1 6 4 12 8 32

Tribunaux P PR P VP PR PRA J JI JS S J J I JSA S


1ère cl 1ère cl 1ère cl 1ère Cl 2e Cl 2e Cl 2e Cl

Abidjan……… 1 1 5 4 15 10 8 6 15 2 8 6 81
Abengourou… 1 1 1 1 1 1 2 1 2 1 2 1 15
Bouaké…… 1 2 1 2 2 2 13 2 4 4 13 4 48
Daloa………… 1 1 1 1 1 1 3 1 2 2 3 1 18
Korhogo……. 1 1 1 1 1 1 4 1 2 2 4 2 21
Man………….. 1 1 1 1 1 1 6 1 2 2 6 2 25
San-Pédro….. 1 1 1 1 1 1 3 1 2 1 3 1 17

4 25 81 91 97 298

PP :Premier Président ; S G : Substitut général J : Juge


P G :Procureur général ; P : Président J I : Juge d’Instruction
P C : Président de Chambre ; S : Substitut JS : Juge de Section
A G: Avocat général ; P R : Procureur de la République J S A : Juge de Section Adjoint.
C : Conseiller ; V P: Vice-Président ; P R A : Procureur de la République Adjoint

65
ANNEXE I
(Décret n° 94-665 du 21 octobre 1994)

Hors hiérarchie Groupe B

Procureur général à l'Administration centrale………. 16

Premier grade 1er groupe

Avocat général à l'Administration centrale…………… 20

Premier grade 2e groupe

Substitut général à l'Administration centrale………….. 8

Deuxième grade 1er groupe

Substitut à l'Administration centrale………………….. 10

66
ANNEXE II
Echelons de solde applicables aux corps judiciaires
Grades Echelons Indices

Hors hiérarchie
Unique 2750
Groupe A…………………………………….
Après 3 ans 2650
Groupe B…………………………………… Avant 3 ans 2550

Magistrat du premier grade

Premier groupe………………………… 3e échelon 2450


2e échelon 2350
1er échelon 2200

Second groupe…………………………… 3e échelon 2200


2e échelon 2050
1er échelon 1900

Magistrat du deuxième grade

Premier groupe……………………… 3e échelon 1900


2e échelon 1700
1er échelon 1500

Second groupe…………………………… 4e échelon 1500


3e échelon 1300
2e échelon 1100
1er échelon 900

Auditeurs de Justice…………………… Unique 500

67
ANNEXE III

Reclassement des magistrats du second grade, second groupe

Situation avant Situation après reclassement


reclassement
Echelons Echelons Ancienneté dans l’échelon

7e échelon 4e échelon Ancienneté conservée


6e échelon 4e échelon Aucune ancienneté conservée
5e échelon 3e échelon Ancienneté conservée
4e échelon 3e échelon Aucune ancienneté conservée
3e échelon 2e échelon Ancienneté conservée
2e échelon 2e échelon Aucune ancienneté conservée
1er échelon 1er échelon Ancienneté conservée

INCIDENCE BUDGETAIRE DE L’AUGMENTATION DES EMPLOIS

Grade Indemnité de sujétion Total Total


mensuel annuel
Groupe Montant

Hors hiérarchie 3 II 125.000 375.000 4.500.000


1er grade

Administration centrale 4 III 100.000 400.000 4.800.000

Tribunaux judiciaires 66 III 100.000 6.600.000 79.200.00


0

88.500.000

68
4-
DECRET N° 97-194 DU 27 MARS 1997
INSTITUANT EN FAVEUR DES MAGISTRATS DE L'ORDRE
JUDICIAIRE, DES PERSONNELS DES GREFFES ET PARQUETS
ET DE L'ADMINISTRATION PENITENTIAIRE, UNE INDEMNITE
DE JUDICATURE, DE PARTICIPATION A LA JUDICATURE
ET DE RISQUE, MODIFIE PAR LE DECRET
N° 2000-507 DU 26 JUILLET 2000

69
ARTICLE PREMIER Nouveau
(Décret n° 2000-507 du 26 juillet 2000)

Il est institué :

- une indemnité de judicature au profit des magistrats de


l’Ordre judiciaire ;
- une indemnité de participation à la judicature au profit
des personnels administratif et judiciaire ;
- une indemnité de risque au profit des personnels
de l’Administration pénitentiaire et de l’Education
surveillée.

ARTICLE 2 nouveau
(Décret n° 2000-507 du 26 juillet 2000)

Le montant mensuel des indemnités prévues à l’article


précédent est fixé comme suit :

a) Indemnité de judicature

1° Magistrat hors hiérarchie.........................200.000 francs

2° Magistrat du premier grade.....................150.000 francs

3° Magistrat du second grade......................100.000 francs

b) Indemnité de participation à la judicature

1° le personnel de catégorie A7 à A4……….100 000 francs

2° le personnel de catégorieA3 à A1………… 75 000 francs

3° le personnel de catégorie B 3………………50 000 francs

4° le personnel de catégorie B2……………….40 000 francs

5° le personnel de catégorie B1……………….30 000 francs

6° le personnel de catégorie C3……………….25 000 francs

7° le personnel de catégorie C2………….……20 000 francs


70
8° le personnel de catégorie C1………………...20 000 francs

9° le personnel de catégorie D3………………...15 000 francs

10° le personnel de catégorie D2……………….15 000 francs

11° le personnel de catégorie D1……………….10 000 francs

ARTICLE 3

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, le ministre de


l'Economie et des Finances et le ministre de l’Emploi et de la
Fonction publique sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
l'exécution du présent décret qui prend effet à compter du
1er janvier 2000 et qui sera publié au Journal officiel de la
République de Côte d'Ivoire.

71
5-
DECRET N° 2000-860 DU 13 DECEMBRE 2000
PORTANT FIXATION DU TAUX DE L'INDEMNITE DE VACATION
ET DES FRAIS DE VACATION ET DES FRAIS DE
DEPLACEMENT DES MEMBRES DU CONSEIL
SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE.

72
ARTICLE PREMIER

Les membres du Conseil supérieur de la Magistrature


perçoivent une indemnité de vacation de 100.000 francs
ainsi que, s'il y a lieu, une indemnité de déplacement d'un
montant de 50.000 francs.

L’indemnité de déplacement prévue à l'alinéa précédent est


exclusive de l'indemnité de déplacement prévue par la
réglementation en vigueur en matière de déplacement de
fonctionnaires et agents de l'Etat.

Les dispositions ci-dessus sont applicables au secrétaire


général de la Cour Suprême qui assure le secrétariat du Conseil.

ARTICLE 2

Le Président de la Cour suprême, Vice-Président du Conseil


supérieur de la Magistrature et le ministre de l'Economie et des
Finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution
du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la
République de Côte d'Ivoire.

73
6-
DECRET N° 2008-15 DU 11 FÉVRIER 2008,
DÉTERMINANT LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS
ET AVANTAGES DE TOUTES NATURES RECONNUS
AUX MAGISTRATS EN FONCTION ET À LA RETRAITE

74
ARTICLE PREMIER
Le présent décret fixe les traitements, les indemnités et les
avantages de toutes natures alloués aux Magistrats, exerçant dans
les Juridictions de première Instance et d’Appel, à l’Administration
centrale et dans les services et administrations rattachées ou
relevant du ministère de la Justice, et aux auditeurs de Justice, en
fonction de leurs grades, de leurs groupes et de leurs positions
administratives, pendant l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de
leurs fonctions ainsi que pendant leur retraite.
Lorsqu’ils sont en position de détachement, ils ont droit, sans
préjudice de restriction prévue à l’article 9, à tous les avantages et
autres indemnités pour prestations diverses instituées par les textes
législatifs et réglementaires en vigueur. Ces avantages et
indemnités, lorsqu’ils sont identiques aux droits énumérés par le
présent décret ne sont pas cumulables.
Dans tous les cas, seul l’avantage ou l’indemnité le plus
élevé est octroyé.
Section première - Du traitement soumis à retenues
pour pension et fiscalités.
ARTICLE 2
Le traitement soumis à retenues pour pension et fiscalités
servi aux Magistrats énumérés à l’article précédent est
constitué par :
- le salaire de base, ou salaire indiciaire ;
- l’indemnité de résidence, déterminée par référence au
salaire de base ;
- la prime prévue à l’article 11.
Le traitement des auditeurs de Justice est constitué par le
salaire de base et l’indemnité de résidence.
Les niveaux des indices applicables aux Magistrats en
fonction du grade et du groupe, et aux Auditeurs de Justice sont
prévus au tableau constituant l’annexe 1 du présent décret.
Ces indices subissent les variations à la hausse qui peuvent
affecter les salaires des fonctionnaires et agents de l’État.

75
ARTICLE 3

La valeur du point de l’indice de traitement est celui


harmonisé et retenu pour tous les fonctionnaires et agents de l’État,
telle que spécifiée et déterminée dans la nomenclature des services
financiers de l’État chargés de la Solde.

Section 3 - Des avantages en nature

ARTICLE 4

Les Magistrats sont logés par les soins de l’État, avec prise
en charge des frais d’eau et d’électricité.

Lorsque les logements administratifs ne sont pas


disponibles, il est alloué aux Magistrats, relativement à leurs grades
ou positions administratives, une indemnité contributive de leurs
charges locatives, dite indemnité de logement.

Les auditeurs de Justice perçoivent une indemnité de


logement.

ARTICLE 5

L’État met à la disposition des Magistrats, en tenant compte


des emplois et fonctions exercées, des moyens de locomotion dits
véhicules de fonction ou de service, qu’ils utilisent dans l’exercice ou
à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.

Il est précisé à l’annexe 2 du présent décret, la liste des


fonctions ouvrant droites aux différentes catégories de véhicules,
ainsi que les puissances fiscales desdits véhicules.

ARTICLE 6

Les Magistrats exerçant des fonctions non comprises dans


l’énumération prévue dans l’annexe annoncée à l'article précédent
perçoivent une indemnité de déplacement.

76
Il en est de même pour les Auditeurs de Justice.

Cette indemnité est également servie aux magistrats


exerçant les fonctions visées dans l’annexe prévue à l’article
précédent, s’il n’y a pas de véhicule disponible.

ARTICLE 7

Les premiers Présidents des Juridictions de second Degré et


les procureurs généraux près lesdites Juridictions, les Présidents
des Juridictions de premier Degré et les procureurs de la République
près lesdites Juridictions, ainsi que les Directeurs à l’Administration
centrale du ministère de la Justice, l’inspecteur général et les
inspecteurs généraux délégués, ont droit à la charge de l’Etat, au
téléphone fixe à leur hôtel de fonction ou à leur domicile ou
résidence.

Section 4 - Des indemnités.

ARTICLE 8

Outre le traitement et les avantages en nature ci-dessus


énumérés, les Magistrats perçoivent les indemnités ci-après :

- indemnité de judicature ;
- l’indemnité de sujétion.

ARTICLE 9

Il est en outre alloué :

- d’une part aux Magistrats hors hiérarchie nommés en


application des alinéas 1er et 2 de l’article 4 du statut de
la magistrature, exerçant effectivement à
l’Administration centrale et dans les services rattachés
ou relevant du ministère de la Justice, dans les Cours
d’Appel et les Tribunaux de première Instance ;
- Et d’autre part aux Magistrats des deux grades
exerçant effectivement des fonctions de chef de
Juridiction dans les Tribunaux de première Instance et
leurs sections détachées.
77
Une indemnité dite indemnité spécifique de chef de
Juridiction.

Cette indemnité, strictement rattachée au Grade et à la


fonction, cesse d’être perçue lorsque le Magistrat est en position de
détachement, ou n’assume plus les fonctions ouvrant droit, telles
que spécifiées dans l’annexe 3 prévu à l’article 10 ci-dessous.

ARTICLE 10

Les différents montants mensuels des indemnités, qui


tiennent compte du grade, du groupe et de la position administrative
du Magistrat, sont précisés au tableau constituant l’annexe 3 du
présent décret.

ARTICLE 11

Les Magistrats ont droit à une prime mensuelle dite prime


d’investigation, calculée par référence au salaire de base et à
l’indemnité de résidence cumulées, pour compléter leurs revenus et
compenser les contraintes spécifiques liées à leur fonction exclusive
de toute autre activité rémunérée.

S’agissant des Magistrats hors hiérarchie, le taux varie selon


qu’ils ont accédé à cette position en application de l’alinéa 1er ou de
l’alinéa 2 de l’article 4 du statut de la magistrature.

Les taux gradués de ces primes s’établissent selon les


distinctions ci-après :

A - Magistrats hors hiérarchie.

1- Pour ceux nommés en application de l’alinéa 1er de la


l'article 4 du statut de la magistrature, ou Magistrat n° 1 = 100%

2- Pour ceux nommés en application de l’alinéa 2 de


l’article 4 susvisé, ou Magistrat hors hiérarchie n° 2 - 85%

B - Magistrat du 1er grade — taux uniforme — 75%.

C - Magistrat du 2nd grade — taux uniforme — 60%.


78
Section 5 - Des autres avantages reconnus
aux Magistrats.
ARTICLE 12
Il est délivré aux Magistrats placés en position hors
hiérarchie ainsi qu’à leurs conjoints et à leurs enfants jusqu’à l’âge
de vingt-cinq ans, un passeport diplomatique
Il est délivré aux Magistrats des deux grades, des
passeports de service.
Section 6 - De la pension de retraite et de l’allocation
viagère des Magistrats.
ARTICLE 13
Nonobstant les dispositions régissant la Caisse Générale de
Retraite des Agents de l’État, l’assiette de calcul de la pension de
retraite et de l’allocation viagère du Magistrat, de son conjoint
survivant et des ayant-droits survivants est constituée par la somme
des éléments composant le traitement prévu à l’article 2.
ARTICLE 14
Pendant sa retraite, le Magistrat, qui reste disponible pour la
judicature, conserve, eu égard à sa dernière fonction, le bénéfice de
l’indemnité de judicature.
ARTICLE 15
Les avantages prévus à l’article 14 ci-dessus ne sont pas
réversibles si le Magistrat prédécédé à son conjoint et autres ayant-
droits.
ARTICLE 16
Pour le bénéfice de l’indemnité prévue à l’article 14, le
Magistrat à la retraite doit joindre au dossier de pension, une
déclaration sur l’honneur légalisée avec le paraphe du Garde des
Sceaux, ministre de la Justice, par laquelle il se met sans restriction
à la disposition de la judicature et qu'il ne s’adonnera à aucune
activité de nature à contrarier la déontologie de la profession qu’il a
antérieurement exercée, et qu’il respectera cet engagement jusqu’à
la fin de sa vie.

79
Section 7 - Dispositions diverses et finales.

ARTICLE 17

A titre exceptionnel, l’allocation viagère du Magistrat ayant


exercé dans les Juridictions de première Instance et d’Appel, ainsi
que celle du Magistrat ayant exercé à l’Administration centrale et
dans les services rattachés ou relevant du ministère de la Justice,
déjà à la retraite, sera revalorisée eu égard à la dernière fonction
qu’il occupait au moment de son départ à la retraite, conformément
aux dispositions des articles 13, 14 et 16 ci-dessus.

ARTICLE 18

Le présent décret, qui abroge toutes dispositions antérieures


contraires concernant les indemnités dues aux Magistrats, entrera
en vigueur selon les modalités ci-après :

A compter du 1er janvier 2008 pour :

- l’indemnité de logement ;
- l’indemnité spécifique de chef de juridiction ;
- l’indemnité de judicature ;
- et 70% de la prime d’investigation.
- A compter du 1er janvier 2009 pour :
- l’indemnité de sujétion ;
- l'indemnité de déplacement, selon les montants prévus
à l’annexe 3 du présent décret.
-et les 30% restants de la prime d’investigation.

ARTICLE 19

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme, le ministre de l’Économie et des Finances, le ministre de la
Fonction publique et de l’Emploi et le ministre des Affaires
étrangères sont chargés chacun en ce qui le concerne de l’exécution
du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la République
de Côte d’Ivoire

80
ANNEXE N° 1 AU DÉCRET N°2008-15 DU 11 FÉVRIER 2008
DÉTERMI NANT LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS ET
AVANTAGES DE TOUTES NATURES RECONNUS AUX
MAGISTRATS EN FONCTION ET À LA RETRAITE

PRESENTATION DES GRADES, GROUPES, ECHELONS


ET INDICES DES MAGISTRATS

Grade Groupe Echelon Indices

Groupe B Après 3 ans 3 450


Hors hiérarchie
Groupe B Avant 3 ans 3 450

3e échelon 3 165
Premier groupe 2e échelon 2 995
1er grade 1er échelon 2 820
3e échelon 2 820
Deuxième groupe 2e échelon 2 645
1er échelon 2 475
3e échelon 2 475
Premier groupe 2e échelon 2 305
1er échelon 2 130
Deuxième groupe
2e grade 4e échelon 2 130
3e échelon 1 910
2e échelon 1 680
1er échelon 1445
Auditeurs de Justice Unique 745

NB:

Salaire de base = salaire indiciaire = s b ;

Indemnité de résidence = IR ;

Prime d'investigation = PI.

Taux gradués des primes d’investigation.

81
I - Magistrat hors hiérarchie

a) Numéro 1 —> PI (IR + sb ) x 100


100

b) Numéro 2 —> PI (IR + sb) x 85


100

II — Magistrat du 1er grade —> PI (IR + sb) x 75


100

III. — Magistrat du 2e grade —> PI (IR + sb) x 60


100

82
ANNEXE N° 2 AU DÉCRET N°2008-15 DU 11 FÉVRIER
2008DÉTERMI NANT LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS ET
AVANTAGES DE TOUTES NATURES RECONNUS AUX
MAGISTRATS EN FONCTION ET À LA RETRAITE

Liste des fonctions ouvrant droit aux différentes catégories de


véhicules ainsi que les puissances fiscales desdits véhicules.

FONCTION CATEGORIE VEHICULE

Inspecteur des Services judiciaires Véhicule de fonction : 11 cv

Directeur à l’Administration centrale


du ministère de la Justice
Véhicule de fonction : 11 cv
Premier Président de Juridiction
de second Degré
Véhicule de fonction : 11 cv

Procureur général près une


Juridiction de Premier Degré
Véhicule de fonction : 11 cv

Président de Juridiction de Premier


Degré
Véhicule de fonction : 10 cv

Procureur de la République près une


Véhicule de fonction : 10 cv
Juridiction de Premier Degré

Directeur de service rattaché


Véhicule de fonction : 10 cv
au ministère de la Justice

83
ANNEXE N° 3 AU DÉCRET N° 2008-15 DU 11 FÉVRIER 2008
DÉTERMINANT LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS ET
AVANTAGES DE TOUTES NATURES RECONNUS AUX
MAGISTRATS EN FONCTION ET À LA RETRAITE

TABLEAU DES INDEMNITES DES MAGISTRATS

Grades Désignation des montants

Indemnité
Indemnité de
Judicature Logement Déplacement spécifique de chef
Hors hiérarchie sujétion
de juridiction
a) Numéro 1
250.000 250.000 250.000 250.000 200.000

a) Numéro 2 200.000 200.000 200.000 200.000 175.000

Chef de
Juridiction classé 175.000 175.000 175.000 175.000 125.000
au 1er grade

1er grade 175.000 175.000 175.000 175.000

Chef de
Juridiction classé 150.000 150.000 150.000 150000 100.000
au 2e grade

2e grade 150.000 150.000 150 000 150.000

Auditeurs de
50.000 50000
Justice

NB :
L’indemnité de logement n’est pas perçue lorsque le Magistrat
dispose d’un logement administratif

L’indemnité de déplacement n’est pas perçue lorsque le Magistrat


dispose d’un véhicule de fonction octroyé par l’Etat.

84
II-
GREFFIERS

85
1-
LOI N° 2015-492 DU 7 JUILLET 2015
PORTANT STATUT DES GREFFIERS.

86
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Les greffiers sont des auxiliaires de Justice, Le corps des


greffiers comprend ;

- les administrateurs des greffes et parquets ;


- les attachés des greffes et parquets ;
- les secrétaires des greffes et parquets.

ARTICLE 2

La catégorie des administrateurs des greffes et parquets


comprend quatre grades :

- le hors-grade ;
- le grade principal ;
- le premier grade ;
- le deuxième grade.

Dans la catégorie des administrateurs, des greffes et


parquets :

- le hors-grade comporte deux échelons ;


- le grade principal et le premier grade comportent
chacun trois échelons ;
- le deuxième grade comporte quatre échelons.

Les catégories des attachés et des secrétaires des greffes et


parquets comprennent chacune quatre classes :

- la classe exceptionnelle ;
- la classe principale ;
- la première classe ;
- la deuxième classe.

87
Dans les catégories des attachés et des secrétaires des
greffes et parquets :

- la classe exceptionnelle comporte deux échelons ;


- la classe principale et la première classe comportent
chacune trois échelons ;
- la deuxième classe comporte quatre échelons.

La durée du temps passé dans chacun des échelons est


de deux années.

ARTICLE 3

Le classement des emplois de chaque catégorie est


déterminé par décret.

ARTICLE 4

Les administrateurs, les attachés et les secrétaires des


greffes et parquets exercent leurs fonctions dans les juridictions, à
l’administration centrale du ministère en charge de la Justice et dans
les établissements sous tutelle du ministère en charge de la Justice.

ARTICLE 5

Dans les juridictions, les greffiers exercent les attributions


qui leur sont dévolues par la législation en vigueur, sous la
supervision du greffier en chef et sous l’autorité et le contrôle
des chefs de juridiction. Ils assistent les magistrats dans tous les
cas prévus par la loi.

Les greffiers prennent rang après les magistrats du parquet.


Ce rang est déterminé, à la suite du greffier en chef de la juridiction,
par l’ordre de catégorie, de grade et d’ancienneté dans le grade.

A l’administration centrale et dans les établissements sous


tutelle du ministère en charge de la Justice, ils exercent les fonctions
prévues par les textes en vigueur.

88
CHAPITRE 2 - RECRUTEMENT ET FORMATION

Section première - Recrutement

ARTICLE 6
Nul ne peut être nommé greffier s’il n’a accompli,
préalablement, un stage de formation professionnelle et
satisfait aux épreuves de fin de stage. L'admission au stage
a lieu par voie de concours.
ARTICLE 7
Les greffiers sont recrutés :
1°) par concours direct dans les conditions ci-après :
- parmi les titulaires de la maîtrise ou de tout diplôme
équivalent, pour la catégorie des administrateurs des
greffes et parquets ;
- parmi les titulaires du diplôme d’études universitaires
générales (D.E.U.G) ou de tout diplôme équivalent,
pour la catégorie des attachés des greffes et parquets ;
- parmi les titulaires du baccalauréat, pour la catégorie
des secrétaires des greffes et parquets ;
2°) par concours professionnel dans les conditions
ci-après :
- parmi les attachés des greffes et parquets âgés de 45
ans au plus et justifiant d’une ancienneté d’au moins
trois ans, pour la catégorie des administrateurs des
greffes et parquets ;
- parmi les secrétaires des greffes et parquets âgés de 42
ans au plus et justifiant d’une ancienneté d’au moins
trois ans, pour la catégorie des attachés des greffes et
parquets ;
3°) par concours spécial dans les conditions définies par
décret pris en Conseil des ministres ;
4°) sur titre, dans les conditions définies par décret pris en
Conseil des ministres.
89
ARTICLE 8

Les candidats au concours direct des administrateurs, des


attachés et des secrétaires des greffes et parquets doivent :

- être de nationalité ivoirienne ;


- jouir de leurs droits civiques et être de bonne moralité ;
- remplir les conditions d’aptitude physique, nécessaires,
à l’exercice de leurs fonctions et être reconnus
indemnes ou définitivement guéris de toute affection
donnant droit à un congé de longue durée ;
- justifier qu’ils se trouvent en position régulière au regard
des lois sur le recrutement dans l’armée ;
- être majeurs et avoir 40 ans au plus au 1er janvier de
l’année du concours ;
- avoir été autorisés à subir les épreuves du concours.

Les dispositions législatives portant recul de l’âge limite


pour l’accès par voie de concours aux emplois publics sont
applicables dans les mêmes conditions à l’accès par voie de
concours au corps des greffiers.

Les modalités d’application du présent article sont précisées


par décret pris en Conseil des ministres.

Section 2 - Formation

ARTICLE 9

La formation professionnelle des greffiers est assurée par la


structure en charge de la formation judiciaire.

Les élèves greffiers perçoivent, pendant la période de


formation, une rémunération dont le montant est fixé par décret.

90
ARTICLE 10

Les élèves greffiers sont, à la fin de la formation théorique,


astreints à un stage pratique.

Préalablement au stage pratique, les élèves greffiers prêtent


serment, devant le tribunal de première instance du siège de la
structure en charge de la formation judiciaire, dans les termes
suivants : « Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions et de
ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance à
l'occasion de leur exercice. »

ARTICLE 11

Les greffiers bénéficient d’une formation continue assurée


par la structure en charge de la formation judiciaire.

CHAPITRE 3 - CARRIERE

Section première - Nomination et affectation

ARTICLE 12

La nomination des greffiers dans la catégorie des


administrateurs des greffes et parquets est faite par décret.

La nomination des greffiers dans les catégories des attachés


et des secrétaires des greffes et parquets est faite par arrêté du
ministre chargé de la Justice.

ARTICLE 13

Les administrateurs, les attachés et les secrétaires des


greffes et parquets sont affectés par arrêté du ministre chargé
de la Justice.

91
Section 2 - Serment

ARTICLE 14

Les greffiers, lors de leur nomination à leur premier poste et


avant d’entrer en fonction, prêtent serment, en audience solennelle
de la juridiction où ils sont affectés, en ces termes : « Je jure de bien
et loyalement remplir mes fonctions et d'observer, en tout, les
devoirs qu'elles m'imposent ».

En cas de nécessité, ils prêtent serment par écrit.

ARTICLE 15

Les attachés et les secrétaires des greffes et parquets,


accédant à une catégorie supérieure, ne sont pas astreints au
renouvellement de leur serment.

Section 3 - Notation et avancement

ARTICLE 16

Il est attribué, chaque année, à tout greffier en activité ou en


position de détachement une note chiffrée suivie d’une appréciation
générale exprimant sa valeur professionnelle.

ARTICLE 17

Il est institué au ministère en charge de la Justice


une commission d’avancement, pour toutes les catégories
définies à l’article 1 de la présente loi, dénommée commission
administrative paritaire.

Chaque année, les listes des greffiers en vue d’une


inscription au tableau d’avancement sont adressées au ministre
chargé de la Justice par la direction des Services judiciaires.

La direction des Services judiciaires notifie aux greffiers


inscrits au tableau d’avancement le résultat des délibérations
les concernant.

92
ARTICLE 18

La commission administrative paritaire est saisie, pour avis,


des questions d’ordre individuel concernant les greffiers, notamment
des nominations, positions et notations.

ARTICLE 19

La commission administrative paritaire comprend :

- l’inspecteur général des services judiciaires et


pénitentiaires ou son représentant, président ;
- le directeur en charge des services judiciaires et des
ressources humaines ;
- le directeur des affaires civiles et pénales ;
- un greffier, inspecteur des services judiciaires ;
- deux administrateurs des greffes et parquets, dont un
titulaire et un suppléant ;
- deux attachés des greffes et parquets, dont un titulaire
et un suppléant ;
- deux secrétaires des greffes et parquets, dont un
titulaire et un suppléant.

Les membres de la commission administrative paritaire sont


nommés par arrêté du ministre chargé de la Justice.

La durée du mandat des greffiers, membres de la


commission administrative paritaire, est de deux ans
non renouvelable.

Les greffiers nommés ne peuvent siéger lorsqu’ils sont


concernés par les délibérations de la commission.

ARTICLE 20

Les conditions générales exigées pour figurer au tableau


d’avancement, les modalités de notation, d’élaboration et
d’établissement du tableau annuel, de promotion de grade, de
fonctionnement de la commission administrative paritaire ainsi que
de désignation des membres de la commission sont fixées par
décret pris en Conseil des ministres.
93
CHAPITRE 4 - POSITIONS

ARTICLE 21

Le greffier est placé dans l’une des positions suivantes :

- activité ;
- détachement ;
- disponibilité ;
- sous les drapeaux.

Section première - Activité

ARTICLE 22

L’activité est la position du greffier qui, régulièrement


nommé, occupe effectivement un emploi.

Est également considéré comme en activité, le greffier en,


congé ou en stage de formation ou bénéficiant d’une autorisation
d’absence avec traitement.

Section 2 - Détachement

ARTICLE 23

Le détachement est la position du greffier autorisé à


interrompre temporairement ses fonctions pour exercer un emploi ou
un mandat public national ou international ou un mandat syndical.

Dans cette position, le greffier continue de bénéficier de ses


droits à l’avancement et à la retraite.

Le détachement est prononcé à la demande du greffier ou


d’office. Il est révocable.

La durée du détachement est de cinq ans renouvelable une


fois, sauf en cas de détachement d’office.

Le greffier détaché est soumis aux règles régissant l’emploi


pour lequel il a été détaché, à l’exception de toute disposition
législative, réglementaire ou conventionnelle, prévoyant le
versement d’indemnité de licenciement ou de fin de carrière.
94
ARTICLE 24

Le greffier détaché réintègre le ministère en charge de la


Justice si, avant terme, son détachement prend fin.

En cas de faute grave ou de faute professionnelle,


l’organisme de détachement est tenu de saisir, sans délai, le ministre
chargé de la Justice d’un rapport circonstancié.

Dans ce cas, le ministre chargé de la Justice procède ainsi


qu’il est dit à l’article 50 de la présente loi.

ARTICLE 25

Le greffier détaché ne peut, sauf dans le cas où le


détachement a été prononcé auprès d’organismes internationaux ou
pour exercer un emploi ou un mandat public, être affilié au régime de
retraite dont relève L’organisme auprès duquel il est détaché, ni
acquérir à ce titre, de droit quelconque à pension ou allocation, sous
peine de suspension de la pension de l’Etat.

ARTICLE 26

Sous réserve des dérogations fixées par décret pris en


Conseil des ministres, la collectivité ou l’organisme auprès duquel un
greffier est détaché est redevable, envers l’institution chargée de la
gestion de la retraite des agents de l’Etat, d’une contribution pour la
constitution des droits à pension de l’intéressé.

ARTICLE 27

Le nombre total des greffiers placés en position de


détachement ne peut dépasser 10% de l’effectif du corps
des greffiers.

A l’expiration de la période de détachement, le greffier est


remis à la disposition du ministère en charge de la Justice.

95
Section 3 - Disponibilité

ARTICLE 28

La disponibilité est la position du greffier dont l’activité est


suspendue temporairement, à sa demande, pour des raisons
personnelles, dans les cas suivants :

- accident ou maladie grave du conjoint ou d’un enfant ;


- pour suivre un conjoint fonctionnaire en service ou
affecté à l’étranger ;
- pour suivre un conjoint non-fonctionnaire ;
- pour convenances personnelles.

La durée de la disponibilité est d'une année renouvelable à


la demande motivée de l’intéressé et après avis du conseil de santé
dans l’hypothèse prévue au premier tiret du présent article.

ARTICLE 29

Le greffier en disponibilité n’a droit à aucune rémunération. Il


cesse également de bénéficier de ses droits à l’avancement
et à la retraite.

ARTICLE 30

Le greffier, chef de famille, placé en disponibilité


pour accident ou maladie d’un enfant, perçoit la totalité des
allocations familiales.

ARTICLE 31

A l’expiration de la période de disponibilité, le greffier


adresse une demande de réintégration au ministre chargé
de la Justice.

Il est réintégré dans un emploi de son grade.

96
Section 4 - Disposition commune au détachement
et à la disponibilité

ARTICLE 32

La mise en position de détachement ou de disponibilité et la


réintégration consécutive sont prononcées dans les formes prévues
pour les nominations.

Section 5 - Sous les drapeaux

ARTICLE 33

Le greffier incorporé dans une formation militaire, pour y


accomplir son temps de service civique, est placé dans la position
« sous les drapeaux ».

Il conserve sa rémunération.

ARTICLE 34

Le greffier qui accomplit une période d’instruction militaire


est mis en congé, avec son traitement d’activité, pour la
durée de cette période.

CHAPITRE 5 - INCAPACITES, INCOMPATIBILITES ET DEVOIRS

Section première - Incapacités et incompatibilités

ARTICLE 35

Le greffier ne peut, à peine de nullité des actes intervenus :

- siéger à l’audience de la juridiction à laquelle il


appartient lorsque celle-ci compte parmi ses membres
son conjoint, un parent ou allié en ligne directe ou en
ligne collatérale jusqu’au troisième degré inclusivement;
- assister un magistrat exerçant des attributions
juridictionnelles lorsqu’il se trouve par rapport à lui dans
les mêmes conditions de parenté ou d’alliance ;

97
- siéger à l’audience ou assister un juge lorsqu’il s’agit de
ses propres intérêts, de ceux de son conjoint, de ses
parents ou alliés en ligne directe ou en ligne collatérale
jusqu’au troisième degré inclusivement ou de ceux
d’une personne dont il est le représentant légal ou le
mandataire à un titre quelconque.

ARTICLE 36

Le greffier ne peut se porter acquéreur des droits litigieux


pendants devant la juridiction au sein de laquelle il est en service.

Section 2 - Devoirs du greffier

ARTICLE 37

Le greffier est astreint à l’obligation de réserve et


de discrétion.

Le greffier est soumis dans l’exercice de ses fonctions au


secret professionnel.

Le greffier doit remplir sa mission avec loyauté, dignité,


intégrité et dévouement.

Le greffier doit faire preuve d’une conscience


professionnelle élevée.

ARTICLE 38

Le greffier doit s'abstenir de solliciter ou d'accepter


une rétribution en espèces ou en nature pour lui-même ou pour
un tiers, en rémunération d'un acte de sa fonction déjà accompli
ou à accomplir.

ARTICLE 39

Le greffier doit s’abstenir de solliciter ou de recevoir des


dons, legs, faveurs de quelque nature que ce soit de personnes
engagées dans un procès ou intéressées de quelque façon que ce
soit audit procès.
98
ARTICLE 40

Le greffier est tenu de résider au siège de la juridiction à


laquelle il appartient.

Toutefois, des dérogations à caractère individuel peuvent


être accordées :

- pour les greffiers en chef, après avis des chefs de


juridiction et de parquet, par le ministre chargé de la
Justice ;
- pour les autres greffiers, par le greffier en chef de la
juridiction à laquelle ils appartiennent.

ARTICLE 41

Le droit de grève est reconnu aux greffiers.

Le droit de grève est exercé dans les conditions prévues par


la législation en vigueur.

En cas de grève des greffiers, un service minimum est


assuré dans les conditions prévues par décret.

L’inobservation des présentes dispositions entraîne pour


les greffiers, l’application des sanctions prévues au chapitre 6
de la présente loi.

CHAPITRE 6 - DISCIPLINE

ARTICLE 42

Le pouvoir disciplinaire est exercé à l’égard des greffiers par


le ministre chargé de la Justice.

ARTICLE 43

Il est créé auprès du ministre chargé de la Justice, un conseil


de discipline des greffiers. Aucune sanction disciplinaire ne peut être
prononcée sans l’avis dudit conseil.

99
ARTICLE 44

Le conseil de discipline des greffiers comprend :

- l’inspecteur général des services judiciaires et


pénitentiaires ou son représentant, président ;
- le directeur chargé des services judiciaires et des
ressources humaines ;
- le directeur des affaires civiles et pénales ;
- un greffier, inspecteur des services judiciaires ;
- deux administrateurs des greffes et parquets, dont un
titulaire et un suppléant ;
- deux attachés des greffes et parquets, dont un titulaire
et un suppléant ;
- deux secrétaires des greffes et parquets, dont un
titulaire et un suppléant.

Les membres du conseil de discipline des greffiers sont


nommés par arrêté du ministre chargé de la Justice.

Les modalités de fonctionnement du conseil de discipline


des greffiers sont fixées par décret.

ARTICLE 45

Tout manquement par un greffier aux devoirs de son état, à


l’honneur ou à la probité constitue une faute disciplinaire.

ARTICLE 46

En dehors de toute action disciplinaire, le ministre chargé de


la Justice, l’inspecteur général des services judiciaires et
pénitentiaires, les directeurs de l’administration centrale, les chefs de
juridiction et les greffiers en chef ont le pouvoir de donner des
avertissements aux greffiers placés sous leur autorité.

Ce pouvoir de donner des avertissements est reconnu


aux chefs de juridiction lorsque le manquement est le fait d’un
greffier en chef.

100
ARTICLE 47

En cas de faute disciplinaire commise par un greffier, le


greffier en chef, d’office ou sur instruction du chef de juridiction,
après une demande d’explication écrite adressée à l’intéressé, en
réfère par un rapport écrit, par la voie hiérarchique, au ministre
chargé de la Justice.

Si le greffier fautif n’exerce pas dans une juridiction, les


supérieurs hiérarchiques dont il relève effectuent les diligences
prévues à l'alinéa précédent.

En cas de faute disciplinaire commise par un greffier en chef,


le chef de la juridiction dont il relève effectue les diligences
ci-dessus spécifiées.

ARTICLE 48

Les sanctions disciplinaires applicables aux greffiers sont,


par ordre de gravité :

- le blâme ;
- le déplacement d’office ;
- la radiation du tableau d’avancement ;
- l’abaissement d’échelon ;
- la rétrogradation ;
- la mise à la retraite d’office ;
- la révocation avec ou sans suspension des droits à
pension.

ARTICLE 49

Le ministre chargé de la Justice, saisi d’une plainte ou


informé de faits paraissant de nature à entraîner des poursuites
disciplinaires contre un greffier, peut, s’il y a urgence, suspendre
l’intéressé de ses fonctions sur proposition :

- du chef de la juridiction après avis du greffier en chef,


s’agissant d’un greffier exerçant dans une juridiction ;

101
- du chef de juridiction, s’agissant d’un greffier en chef ;
- du directeur chargé des services judiciaires et des
ressources humaines, si l’intéressé exerce ses
fonctions à l’administration centrale du ministère en
charge de la Justice ou dans une structure sous tutelle
du ministère en charge de la Justice.

La suspension n’emporte pas privation du droit


au traitement.

Elle cesse de produire ses effets si, dans un délai de deux


mois, à compter de la suspension, aucune enquête n'est ouverte
contre le greffier ou si les faits qui lui sont reprochés ne constituent
pas une faute disciplinaire.

ARTICLE 50

Le ministre chargé de la Justice, saisi d’une plainte ou


informé de faits paraissant de nature à entraîner des poursuites
disciplinaires contre un greffier, transmet le dossier à l’inspection
générale des services judiciaires et pénitentiaires pour enquête.

A l’issue de cette enquête, les résultats lui sont remis avec


un rapport motivé.

S’il ressort du rapport qu’il existe des charges contre le


greffier pour manquement à ses obligations professionnelles, le
ministre chargé de la Justice saisit le conseil de discipline des
greffiers pour avis.

Les sanctions sont prononcées par le ministre chargé de la


Justice, après avis du conseil de discipline.

Les sanctions sont notifiées, par la voie administrative, au


greffier, par le ministre chargé de la Justice.

Elles sont susceptibles de recours devant la juridiction


administrative compétente.

102
ARTICLE 51

Lorsque les faits sont de nature à entraîner des poursuites


pénales, le procureur de la République, directement saisi, procède
par la voie de la citation directe ou de l’information.

Pour le jugement, la procédure est transmise, par les soins


du procureur de la République, au procureur général près la Cour
d’appel compétente aux fins de saisine d’une juridiction limitrophe.

CHAPITRE 7 - CESSATION DEFINITIVE DE LA FONCTION


DE GREFFIER

ARTICLE 52

La cessation définitive des fonctions de greffier résulte :

- de la démission notifiée par écrit au ministre chargé de


la Justice ;
- de la révocation ;
- de l’admission à la retraite ;
- du décès.

CHAPITRE 8 - REMUNERATION

ARTICLE 53

En rétribution de ses services et afin de lui permettre de


s’acquitter convenablement de ses fonctions, le greffier a droit à une
rémunération qui comprend :

- le traitement soumis à retenue pour pension ;


- des indemnités.

Les indices de traitement des greffiers de chacun des grades


et échelons et des élèves greffiers ainsi que les montants et les
conditions d’octroi des indemnités sont fixés par décret.

103
ARTICLE 54

Le greffier a, en outre, droit aux avantages sociaux


et prestations diverses prévus par le Statut général de
la Fonction publique.

ARTICLE 55

En cas d’admission à la retraite, le greffier a droit à


une pension dans les conditions fixées par les lois et
règlements en vigueur.
CHAPITRE 9 - COSTUME
ARTICLE 56
Les greffiers sont astreints au port d’un costume au cours
des audiences ordinaires et solennelles.
La composition de ce costume et son mode d’octroi sont
définis par décret.
CHAPITRE 10 - DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES
ET FINALES
ARTICLE 57
L’âge limite pour le départ à la retraite est fixé à 65 ans pour
les administrateurs des greffes et parquets et à 60 ans pour les
attachés et les secrétaires des greffes et parquets.
ARTICLE 58
Le corps des greffiers bénéficie d’un honorariat dans les
conditions définies par décret.
ARTICLE 59
En application de la présente loi, les assistants des greffes
et parquets en service effectif à cette date et totalisant une
ancienneté de 15 années sont nommés en qualité de secrétaires des
greffes et parquets après inscription sur une liste d’aptitude établie
par la commission administrative paritaire.

104
Les assistants des greffes et parquets ne remplissant
pas les conditions ci-dessus sont nommés en qualité de
secrétaires des greffes et parquets, après un concours exceptionnel
dont les modalités seront précisées par arrêté du ministre
chargé de la Justice.

ARTICLE 60

Les secrétaires des greffes et parquets appartenant à


l’emploi organisé par le décret n° 93-609 du 2 juillet 1993, en
position administrative régulière à la date de prise d’effet de la
présente loi sont, à compter de ladite date, reclassés dans le nouvel
emploi des secrétaires des greffes et parquets aux grades égaux à
ceux qu’ils détenaient dans l’emploi précédent.

ARTICLE 61

Les attachés des greffes et parquets appartenant à l’emploi


organisé par le décret n° 93-609 du 2 juillet 1993, en position
administrative régulière à la date de prise d’effet de la présente loi
sont, à compter de ladite date, reclassés dans le nouvel emploi des
attachés des greffés et parquets aux grades égaux à ceux qu’ils
détenaient dans l’emploi précédent.

ARTICLE 62

Les administrateurs des greffes et parquets appartenant à


l’emploi organisé par le décret n° 93-609 du 2 juillet 1993, en
position administrative régulière à la daté de prise d’effet de la
présente loi sont, à compter de ladite date, reclassés dans le nouvel
emploi des administrateurs des greffes et parquets aux grades
égaux à ceux qu’ils détenaient dans l’emploi précédent.

ARTICLE 63

Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires à la


présente loi, notamment l’ordonnance n° 2008-16 du 11 février 2008
portant Statut des greffiers.

ARTICLE 64

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.
105
2-
DECRET N° 2016-134 DU 9 MARS 2016
FIXANT LES MODALITES D'APPLICATION DE
LA LOI N° 2015-492 DU 7 JUILLET 2015
PORTANT STATUT DES GREFFIERS.

106
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Le présent décret fixe les modalités d’application de la loi


n° 2015-492 du 7 juillet 2015 portant Statut des greffiers.

ARTICLE 2

Le corps des greffiers comprend :

- les administrateurs des greffes et parquets ;


- les attachés des greffes et parquets ;
- les secrétaires des greffes et parquets.

ARTICLE 3

La catégorie des administrateurs des greffes et parquets


comprend quatre grades :

- le hors grade ;
- le grade principal ;
- le premier grade ;
- le deuxième grade.

Les catégories des attachés et des secrétaires des greffes et


parquets comprennent, chacune, quatre classes :

- la classe exceptionnelle ;
- la classe principale ;
- la première classe ;
- la deuxième classe.

Dans la catégorie des administrateurs des greffes


et parquets ;

- le hors grade comporte deux échelons ;


- le grade principal et le premier grade comportent,
chacun, trois échelons ;
- le deuxième grade comporte quatre échelons.

107
Dans les catégories des attachés et des secrétaires des
greffes et parquets :

- la classe exceptionnelle comporte deux échelons ;


- la classe principale et la première classe comportent,
chacune, trois échelons ;
- la deuxième classe comporte quatre échelons.

ARTICLE 4

Les greffiers sont munis d'une carte d'identité professionnelle


délivrée par le ministre chargé de la Justice.

Un arrêté du ministre chargé de la Justice fixe les


caractéristiques ainsi que les modalités d'attribution et de retrait de
cette carte d'identité professionnelle.

CHAPITRE 2 - RECRUTEMENT ET FORMATION

Section première - Recrutement

Sous-section première - Concours direct

ARTICLE 5

Chaque année, le concours direct d’accès aux différentes


catégories du corps des greffiers est ouvert par arrêté du
ministre chargé de la Justice, sur proposition du directeur de
l'Institut national de Formation judiciaire. Cet arrêté fixe le
nombre des places offertes.

Le concours comprend des épreuves écrites d'admissibilité


et des épreuves orales d'admission.

La détermination et le programme des épreuves, les


modalités d’organisation et la discipline du concours ainsi que les
conditions d'inscription et les listes des candidats admis à prendre
part aux épreuves sont fixés par arrêté du ministre chargé de la
Justice, sur proposition du directeur de l'Institut national de
Formation judiciaire.

108
ARTICLE 6

Un jury procède à l'évaluation des candidats au concours


d'accès au corps des greffiers, suivant les critères définis par l'arrêté
prévu au dernier alinéa de l'article précédent.

Le président et les membres du jury sont nommés par


décision du directeur de l'Institut national de Formation judiciaire. Si
un membre du jury se trouve dans l'impossibilité de poursuivre sa
mission, il est procédé à son remplacement par décision du directeur
de l'Institut national de Formation judiciaire.

ARTICLE 7

Le jury du concours direct d'accès au corps des greffiers


pour chaque catégorie est composé comme suit :

1°) Administrateurs des greffes et parquets

- un magistrat hors hiérarchie, président ;


- un greffier en chef de juridiction de second degré ;
- un administrateur civil ;
- un enseignant des Unités de Formation et de
Recherche en Sciences juridiques, politiques et
administratives ;
- un enseignant des Unités de Formation et de
Recherche en langue, littérature et civilisation ;
- un administrateur des greffes et parquets.

2°) Attachés des greffes et parquets

- un magistrat, président ;
- un greffier en chef de juridiction de premier degré ;
- un administrateur civil ;
- un enseignant des Unités de Formation et de
Recherche en Sciences juridiques, politiques et
administratives ;
- un enseignant des Unités de Formation et de
Recherche en langue, littérature et civilisation ;
- un attaché des greffes et parquets.

109
3°) Secrétaires des greffes et parquets

- un magistrat, président ;
- un greffier en chef de juridiction de premier degré ;
- un enseignant des Unités de Formation et de
Recherche en langue, littérature et civilisation ;
- un attaché des greffes et parquets ;
- un secrétaire des greffes et parquets.

ARTICLE 8

Des examinateurs spécialisés peuvent être adjoints au jury


par décision du directeur de l’Institut national de Formation judiciaire,
pour la correction des épreuves écrites.

ARTICLE 9

Le jury établit par ordre de mérite, et dans la limite des


places mises au concours, la liste des candidats admis.

Il peut ne pas pourvoir tous les postes disponibles.

ARTICLE 10

Le président du jury établit un rapport joint à la liste des


candidats admis qu’il adresse au directeur de l’Institut national de
Formation judiciaire.

Le directeur de l'Institut national de Formation judiciaire, en


présence des membres du jury, affiche au sein de son établissement
les listes de candidats admis.

Sous-section 2 - Concours professionnel

ARTICLE 11

Les dispositions des articles 5, 6, 7, 8, 9 et 10 du présent


décret sont applicables au concours professionnel.

110
Sous-section 3 - Concours spécial

ARTICLE 12

Le concours spécial est ouvert chaque année par arrêté du


ministre chargé de la Justice, sur proposition du directeur de l’Institut
national de Formation judiciaire.

L'arrêté d'ouverture du concours spécial précise les


catégories dont relèvent les greffiers pouvant être admis à concourir
et les catégories auxquelles ceux-ci peuvent avoir accès.

ARTICLE 13

Le greffier candidat au concours spécial relevant de la


catégorie précisée dans l'arrêté d'ouverture, doit :

1°) être âgé au 1er janvier de l’année du concours de :

- 46 ans au moins pour l'accès à la catégorie des


administrateurs des greffes et parquets ;
- 43 ans au moins pour l'accès à la catégorie des
attachés des greffes et parquets ;

2°) être en activité dans son emploi d'origine à la date


d'ouverture du concours et compter, à cette date, au moins dix ans
de service dans le corps des greffiers dont au moins trois années de
service effectif dans sa catégorie ;

3°) n'avoir pas encouru de sanction disciplinaire autre


que l’avertissement ou le blâme au cours des trois dernières
années de service ;

4°) présenter une demande de candidature transmise avec


avis motivé du chef de l'administration au sein de laquelle il exerce
ou, s'il exerce en juridiction, celui du greffier en chef ou du chef de la
juridiction, s'il s'agit d'un greffier en chef candidat, la demande est
agréée par le directeur chargé des Ressources humaines du
ministère en charge de la Justice ;

111
5°) avoir suivi régulièrement un cycle de formation en vue
de l'inscription au concours spécial et avoir obtenu, à l'issue de
ce cycle, une attestation constatant sa participation assidue aux
travaux du cycle. Cette attestation est délivrée par le directeur de
l'Institut national de Formation judiciaire. Pour les candidats en
poste en dehors du siège de l'Institut national de Formation
judiciaire, les cycles de formation pourront être organisés sous
forme de cours par correspondance ou de formation dispensée par
des personnes autorisées à cet effet par le directeur de l'Institut
national de Formation judiciaire.

ARTICLE 14

Le concours spécial et les cycles de formation préparatoires


prévus à l'article précédent sont organisés par l'Institut national
de Formation judiciaire.

ARTICLE 15

Les cycles de formation préparatoires au concours spécial


sont ouverts par arrêté du ministre chargé de la Justice, sur
proposition du directeur de l'Institut national de Formation judiciaire.
Cet arrêté fixe les dates de début et de fin des cycles et détermine
les modalités d'inscription auxdits cycles.

ARTICLE 16

Le programme des cycles de formation ainsi que le contenu


des enseignements sont fixés par arrêté du ministre chargé de
la Justice, sur proposition du directeur de l'Institut national
de Formation judiciaire.

ARTICLE 17

Les dispositions des articles 6, 7, 8, 9 et 10 du présent


décret relatives aux modalités d'évaluation des candidats, de
désignation des membres du jury, de composition du jury et
d'établissement de la liste des candidats admis au concours sont
applicables au concours spécial.

Les greffiers admis au concours spécial sont dispensés du


stage de formation destiné aux élèves greffiers.
112
Sous-section 4 - Recrutement sur titre

ARTICLE 18

Peuvent être nommés directement administrateurs des


greffes et parquets, s'ils remplissent les conditions fixées à
l'article 7-1er au premier tiret et à l'article 8 du 1er au 5e tiret de la loi
portant Statut des greffiers :

1°) les notaires, les huissiers de justice et les


commissaires-priseurs ayant exercé leurs fonctions pendant cinq
années au moins ;

2°) les fonctionnaires et agents publics titulaires qualifiés


pour l'exercice des fonctions judiciaires, en raison de leur
compétence et de leur activité dans le domaine juridique,
économique ou social, et justifiant d'une pratique professionnelle
d’au moins cinq ans ;

3°) peuvent être nommés directement attachés des greffes


et parquets, s'ils remplissent les conditions fixées à l'article 7-1er au
2e tiret et à l'article 8 du 1er au 5e tiret de la loi portant Statut des
greffiers, les fonctionnaires et agents publics titulaires qualifiés pour
l'exercice des fonctions judiciaires, en raison de leur compétence et
de leur activité dans le domaine juridique, économique ou social, et
justifiant d'une pratique professionnelle d'au moins cinq ans ;

4°) peuvent être nommés directement secrétaires des


greffes et parquets, s'ils remplissent les conditions fixées à article
7-1er au 3° tiret et à l’article 8 du 1er au 5e tiret de la loi portant Statut
des greffiers, Ses fonctionnaires et agents publics titulaires qualifiés
pour l’exercice des fonctions judiciaires, en raison de leur
compétence et de leur activité dans le domaine juridique,
économique ou social, et justifiant d'une pratique professionnelle
d'au moins cinq ans ;

Les dossiers de candidature sont instruits par la commission


administrative paritaire, qui procède à l'audition des candidats. La
commission transmet au ministre chargé de la Justice son rapport
contenant son avis circonstancié.

113
Les greffiers nommés au titre du présent article sont inscrits
au premier échelon du deuxième grade ou de la deuxième classe de
la catégorie concernée et sont astreints à un stage probatoire de six
mois à l’Institut national de Formation judiciaire.
Ils ne peuvent dépasser le dixième du nombre des greffiers
issus du concours direct de la catégorie concernée.
Section 2 - Formation
ARTICLE 19
Les élèves greffiers sont mis à la disposition de l’Institut
national de Formation judiciaire pour y effectuer la formation initiale.
ARTICLE 20
Les élèves greffiers sont soumis à une formation
professionnelle d'une durée de deux années.
Celle-ci comporte une formation théorique d'une durée d'un
an dispensée à l'Ecole des greffes de l'Institut national de Formation
judiciaire ainsi qu'un stage pratique d'un an dans les juridictions, à
l'administration centrale et dans les établissements ou services sous
tutelle du ministère en charge de la Justice.
ARTICLE 21
Pendant leur stage pratique, les élèves greffiers participent,
sous la responsabilité des greffiers, à l’activité juridictionnelle, sans
toutefois pouvoir recevoir délégation de signature.
Lorsque le stage se déroule à l'administration centrale et
dans les établissements ou services sous tutelle du ministère en
charge de la Justice, les élèves greffiers participent à l’activité
administrative sous la responsabilité du maître de stage.
ARTICLE 22
Au cours de leur formation, les élèves greffiers sont
évalués suivant les critères définis par l'Institut national de
Formation judiciaire.

114
ARTICLE 23

Sur la base des notes obtenues pendant le stage de


formation professionnelle, le directeur de l'Institut national de
Formation judiciaire établit, par ordre de mérite, la liste de
classement des élèves qu'il juge aptes à exercer les fonctions
de greffier.

Cette liste est transmise par le directeur de l'Institut national


de Formation judiciaire au ministre chargé de la Justice, qui établit
par arrêté la liste définitive.

ARTICLE 24

Le ministre chargé de la Justice arrête également la liste


des élèves greffiers qui sont autorisés à accomplir, à nouveau, une
année de stage. Ces élèves greffiers sont rattachés à la
promotion suivante.

CHAPITRE 3 - POSITIONS

ARTICLE 25

Le greffier est placé dans l'une des positions suivantes :

- activité ;
- détachement ;
- disponibilité ;
- sous les drapeaux.

Section première - Activité

ARTICLE 26

L'activité est la position du greffier qui, régulièrement


nommé, occupe effectivement un emploi.

Sont également considérés comme étant en activité, les


greffiers en congés, en stage de formation ou bénéficiant d'une
autorisation d'absence avec traitement.

115
Section 2 - Détachement

ARTICLE 27

Le détachement est prononcé d'office ou à la demande du


greffier par arrêté du ministre chargé de la Justice, après avis de la
commission administrative paritaire.

ARTICLE 28

Le greffier en détachement est noté par l’autorité dont il


dépend dans l’administration ou l'organisme auprès duquel il est
détaché. Son bulletin de notation est transmis au ministre chargé de
la Justice pour classement à son dossier.

ARTICLE 29

Il peut être mis fin, par arrêté du ministre chargé de la


Justice, au détachement avant le terme fixé, soit d'office soit à la
demande de l'administration ou de l’organisme d’accueil.

Lorsqu'à la demande de l'administration ou de l'organisme


d’accueil, il est mis fin au détachement avant le terme fixé, le greffier
détaché continue d’être rémunéré par l’administration ou l’organisme
de détachement jusqu’à sa réintégration.

Toutefois, cette rémunération cesse à l'expiration du terme


initialement fixé pour le détachement.

Le greffier peut également demander qu'il soit mis fin à son


détachement avant le terme fixé. Dans ce cas, il cesse d'être
rémunéré par l'administration ou l’organisme d’accueil, même s’il ne
peut être réintégré immédiatement.

ARTICLE 30

Le greffier en détachement supporte, sur la base du


traitement d'activité lié à son grade ou sa classe et dans sa
catégorie d'origine, la retenue pour pension prévue par la
réglementation en vigueur.

116
L’administration ou l'organisme auprès duquel le greffier est
détaché est redevable envers l’institution de prévoyance sociale
Caisse générale de Retraite des Agents de l'Etat, de la contribution
complémentaire pour la constitution des droits à pension fixée
conformément à la réglementation en vigueur en la matière.

Cette contribution n’est toutefois pas exigible en ce qui


concerne le greffier détaché pour exercer une fonction publique
élective ou ministérielle, ou pour remplir un mandat syndical.

ARTICLE 31

Le greffier détaché ne peut être affilié au régime de


retraite dont relève la fonction de détachement, ni acquérir à ce
titre des droits quelconques à pension ou à allocation, sous peine
de la suspension de la pension du régime auquel il est affilié en
sa qualité de greffier.

Cette disposition ne s'applique pas au cas où le


détachement a été prononcé auprès d'organismes internationaux ou
pour l’exercice d’une fonction publique élective ou ministérielle.

ARTICLE 32

Le détachement prend fin lorsque le greffier atteint l’âge


limite pour la retraite.

Au cas où l'emploi de détachement comporte une limite


d’âge inférieure à celle de l'emploi d'origine, il est mis fin au
détachement lorsque la limite d'âge du nouvel emploi est atteinte.

ARTICLE 33

A l’expiration du détachement, le greffier est remis à la


disposition du ministère en charge de la Justice. II est réintégré dans
une fonction de sa catégorie.

117
Section 3 - Disponibilité

ARTICLE 34

La mise en disponibilité est accordée de droit au greffier, à


sa demande :

1°) en cas d’accident ou de maladie grave du conjoint ou


d'un enfant ;

2°) pour suivre un conjoint fonctionnaire en service ou


affecté à l'étranger ;

3°) pour suivre un conjoint non-fonctionnaire.

ARTICLE 35

La disponibilité pour convenances personnelles ne peut être


accordée qu'en tenant compte des nécessités du service, dans le
respect des proportions visées à l'article 37 ci-après.

ARTICLE 36

La disponibilité est prononcée, par arrêté du ministre chargé


de la Justice, après avis de la commission administrative paritaire.

Le greffier placé en position de disponibilité doit solliciter sa


réintégration auprès du ministre chargé de la Justice, deux mois au
moins avant l'expiration de la période de disponibilité en cours.

Il est réintégré dans une fonction de sa catégorie à


l'expiration de la période de disponibilité.

Si le greffier n'a pas sollicité sa réintégration trois mois après


l'expiration de la période de disponibilité, il est réputé être on
situation d'abandon de poste.

Le greffier qui a formulé une demande de réintégration


anticipée peut être réintégré par arrêté du ministre chargé de la
Justice, pour nécessité de service.

118
Section 4 - Dispositions communes au détachement
et à la disponibilité

ARTICLE 37

La proportion des greffiers placés en position de


détachement ou de disponibilité ne peut excéder 10% de
l'effectif des greffiers.

Le détachement pour exercer les fonctions de membre du


Gouvernement ou une fonction publique élective, ainsi que les
mises en disponibilité pour accident ou maladie grave du conjoint
ou d'un enfant ou pour suivre un conjoint ne sont pas pris en
compte pour le calcul de la proportion de 10% mentionnée à
l'alinéa premier du présent article.

Section 5 - Position sous les drapeaux

ARTICLE 38

Le greffier incorporé dans une formation militaire pour


y accomplir son temps de service légal est placé en position
« sous les drapeaux ».

La situation du greffier rappelé ou maintenu sous


les drapeaux fait l'objet des dispositions spéciales applicables
aux fonctionnaires.

CHAPITRE 4 - CLASSEMENT DES EMPLOIS

ARTICLE 39

Les secrétaires, les attachés et les administrateurs des


greffes et parquets exercent leurs fonctions dans les juridictions de
premier et de second degré, dans les juridictions suprêmes, à
l'administration centrale et dans les établissements et services sous
tutelle du ministère de la Justice.

119
ARTICLE 40
En juridiction, les secrétaires des greffes et parquets
assurent le fonctionnement des services du greffe.
Ils assistent le juge dans tous les cas prévus par la
loi et authentifient les actes juridictionnels conformément à la
législation en vigueur.
A ce titre, ils sont nommés dans les fonctions de :
- greffier de chambre ;
- greffier d'instruction ;
- greffier du parquet.
Ils exercent également les activités nécessaires au bon
fonctionnement de la juridiction, sous la direction du greffier en chef.
Ils peuvent être délégués dans les fonctions dévolues aux
attachés des greffes et parquets, à titre intérimaire, lorsque les
besoins du service l'exigent.
Toutefois, ils ne peuvent être nommés aux fonctions de
greffier en chef.
Ils ne peuvent être affectés dans les juridictions suprêmes
que s'ils ont au moins cinq années d'ancienneté.
ARTICLE 41
A l'administration centrale, les secrétaires des greffes et
parquets exercent les fonctions administratives dévolues à leurs
services d'affectation.
ARTICLE 42
En juridiction, les attachés des greffes et parquets assurent
le fonctionnement des services du greffe.
Ils peuvent :

- exercer les fonctions de greffier en chef de section de


tribunal ;

120
- être délégués dans les fonctions dévolues aux
administrateurs des greffes et parquets, à titre
intérimaire, lorsque les besoins du service l'exigent ;
- être affectés dans les juridictions suprêmes s’ils ont au
moins cinq années d'ancienneté.

ARTICLE 43

A l'administration centrale, les attachés des greffes et


parquets exercent les fonctions d'études, de conception, de
supervision et de coordination générale.

ARTICLE 44

En juridiction, les administrateurs des greffes et parquets ont


vocation à exercer les fonctions de greffier en chef.

Ils peuvent exercer toutes les attributions dévolues aux


attachés des greffes et parquets.

ARTICLE 45

A l'administration centrale, les administrateurs des greffes et


parquets exercent les fonctions d'études générales, de conception,
de direction et de supervision.

ARTICLE 46

Dans les établissements et services sous tutelle du ministère


en charge de la Justice, les secrétaires, les attachés et les
administrateurs des greffes et parquets exercent les fonctions
administratives prévues par les textes en vigueur.

CHAPITRE 5 - SERMENT

ARTICLE 47

Les greffiers, lors de leur nomination à leur premier poste et


avant d'entrer en fonction, prêtent serment au cours d'une audience
de la juridiction dans laquelle ils sont affectés, en ces tenues :
« Je jure, de bien et loyalement, remplir mes fonctions et d'observer,
en tout, les devoirs qu'elles m'imposent ».
121
Lorsqu'ils sont affectés dans une administration autre qu'une
juridiction, ils prêtent serment devant la juridiction de premier degré
du ressort de l'administration d’affectation.

En cas de nécessité, les greffiers prêtent serment par écrit.

ARTICLE 48

Les secrétaires et les attachés des greffes et parquets


accédant à la catégorie supérieure ne sont pas astreints au
renouvellement de leur serment.

CHAPITRE 6 - COMMISSION ADMINISTRATIVE PARITAIRE

Section première - Compétences

ARTICLE 49

La commission administrative paritaire est saisie, pour avis,


des questions d'ordre individuel concernant les greffiers, notamment
les nominations, positions, concours professionnels et notations.

ARTICLE 50

En matière d'avancement, la commission administrative


paritaire :

- reçoit et analyse les résultats de l'évaluation


professionnelle des greffiers intéressés par le passage
d'un grade à un autre ou d’une classe à une autre ;
- établit la liste d'aptitude à l'avancement de grade ou de
classe des greffiers.

122
Section 2 - Fonctionnement

ARTICLE 51

La commission administrative paritaire se réunit sur


convocation de son président.

La commission ne peut valablement délibérer que si cinq au


moins de ses membres sont présents.

Les propositions ou avis de la commission sont formulés à la


majorité des voix. En cas d'égalité des voix, celle du président est
prépondérante.

ARTICLE 52

L'ordre du jour des séances est arrêté par le président, et


une copie est annexée à la convocation adressée aux membres de
la commission, au moins quinze jours avant la date de la séance.

ARTICLE 53

Le secrétariat de la commission est assuré par le directeur


chargé des Services judiciaires et des Ressources humaines. Il
signe avec le président, le procès-verbal de chaque séance.

ARTICLE 54

Les membres de la commission sont tenus au secret des


délibérations.

ARTICLE 55

Les membres de la commission ne peuvent siéger lorsqu'ils


sont concernés par les délibérations de celle-ci.

ARTICLE 56

Les membres de la commission perçoivent une indemnité de


vacation fixée par arrêté conjoint du ministre chargé de la Justice et
des ministres chargés des Finances et du Budget.
123
ARTICLE 57

Les crédits nécessaires au fonctionnement de la commission


administrative paritaire sont inscrits au budget du ministère en
charge de la Justice.

CHAPITRE 7 - NOTATION, AVANCEMENT ET PROMOTION


Section première - Notation
ARTICLE 58
Il est attribué, chaque année, entre le 1er juin et le 31 juillet,
au greffier en activité ou en détachement, une note chiffrée suivie
d'une appréciation générale exprimant sa valeur professionnelle,
inscrite dans un bulletin individuel de notation.
En juridiction, le greffier est noté conjointement par le
magistrat sous l'autorité duquel il exerce et le greffier en chef.

Le greffier en chef est noté par le chef de la juridiction.

A l'administration centrale et dans les établissements et


services sous tutelle du ministère en charge de la Justice, le greffier
est noté par l'autorité hiérarchique compétente.
ARTICLE 59
Le bulletin individuel de notation comprend :
1°) les mentions portées par le greffier relatives à son
identité, à l’évolution de sa carrière, à l'emploi, aux fonctions
exercées le cas échéant et à celles qu'il souhaite exercer ;
2°) la note chiffrée de 1 à 5 constituant la synthèse d'une
série d'appréciations détaillées portées sur le bulletin et basées,
elles également, sur une cotation, de 1 à 5 correspondant aux
appréciations suivantes :
1 = mauvais ;
2 = insuffisant ;
3 = bon ;
4 = très bon ;
5 = exceptionnel.

124
3°) l'appréciation générale destinée à exprimer la valeur
professionnelle du greffier ; elle décrit brièvement les tâches qui lui
ont été confiées au cours de la période couverte par la notation ainsi
que la manière dont il s'en est acquitté ; cette appréciation est la
traduction de la note chiffrée ; elle doit également évaluer l’aptitude
éventuelle du greffier à occuper une fonction supérieure ;

4°) une proposition relative à l'avancement d'échelon ou de


grade ; les appréciations détaillées visées au 2°du présent article
concernent :

- les connaissances et aptitudes professionnelles ;


- l'esprit d'initiative ;
- le sens des responsabilités ;
- la puissance de travail et le rendement ;
- le civisme, l’intégrité et la moralité ;
- le sens social et le sens des relations humaines ;
- l'esprit de discipline ;
- la ponctualité et l'assiduité ;
- la tenue et la présentation.

ARTICLE 60

La note attribuée an greffier doit lui être notifiée par la remise


d’une copie du bulletin individuel de notation au plus tard le 31 juillet
de l'année en cours.

Si à cette date, l’intéressé n'a pas reçu copie de son bulletin


de notation, il est fondé à introduire une réclamation écrite auprès de
son supérieur hiérarchique.

En cas de non-notification sous huitaine, l'intéressé saisit le


président de la commission administrative paritaire, qui enjoint au
supérieur hiérarchique de lui attribuer, dans un délai qu'il impartit,
une note sous peine de sanction disciplinaire.

125
ARTICLE 61

Le greffier peut, dans les huit jours de la réception du


bulletin, introduire une réclamation écrite auprès de l'autorité ayant
procédé à la notation.

A l'expiration du délai mentionné ci-dessus, le supérieur


hiérarchique adresse le bulletin individuel de notation, accompagné
éventuellement de la réclamation, au ministre chargé de la Justice.
Celui-ci saisit la commission administrative paritaire pour avis. La
notation définitive arrêtée par le ministre chargé de la Justice
ou son délégué est adressée à la commission administrative
paritaire et au greffier concerné.

ARTICLE 62

Lorsque, de son fait, un greffier n'a pu être noté dans


les délais requis, l'année considérée n'est pas prise en compte
pour son avancement.

ARTICLE 63

La procédure de notation déterminée au présent décret ne


s'applique pas au greffier placé en position de détachement pour
exercer les fonctions de membre du Gouvernement.

Section 2 - Avancement

ARTICLE 64

L'avancement comprend l’avancement d'échelon et


l’avancement de grade ou de classe qui ont lieu de façon continue
d'échelon à échelon, de classe à classe et de grade à grade, à
l'intérieur de la même catégorie.

126
ARTICLE 65

L'avancement d’échelon est acquis après deux années dans


l’échelon initial et après l’obtention d'une note d'au moins 3 sur 5
pour chacune des deux années de référence.

Après examen des notes et appréciations qui lui sont


communiquées, la commission administrative paritaire établit la liste
d'aptitude à l'avancement d'échelon des greffiers.

Cette liste est établie au plus tard le 15 décembre pour


prendre effet le 1er janvier suivant.

La liste d’aptitude à l'avancement d’échelon, publiée par


arrêté du ministre chargé de la Justice, devient le tableau
d'avancement d'échelon.

ARTICLE 66

L'avancement d'échelon des greffiers détachés pour exercer


les fonctions de membre du Gouvernement est effectué par
référence à l’ancienneté moyenne requise pour l'avancement
dans la catégorie d'origine.

Section 3 - Promotion

ARTICLE 67

La promotion est le passage du greffier d'une catégorie


inférieure de son corps à une catégorie immédiatement
supérieure dudit corps.

ARTICLE 68

L’accession à la catégorie supérieure est faite par voie de


concours professionnel ou spécial.

Le greffier qui accède à la catégorie supérieure, est classé


dans l'échelle de traitement de sa nouvelle catégorie, dans le grade
ou la classe et l'échelon dont l'indice est égal ou immédiatement
supérieur à celui qu'il avait dans son ancienne catégorie.
127
ARTICLE 69

L'avancement de grade ou de classe est le passage d’un


grade ou d’une classe au grade ou à la classe immédiatement
supérieur. Il est fonction à la fois de l’échelon et du mérite.

L'avancement de grade ou de classe concerne les greffiers


qui ont accompli les deux années du dernier échelon de leur grade
ou de leur classe, qui ont obtenu une note d'au moins 3 sur 5 pour
chacune des deux années de référence, et qui figurent de ce fait sur
la liste de présentation, dressée par la commission administrative
paritaire, en vue de l'inscription sur la liste d'aptitude à la promotion.

Cette liste est affichée dans les locaux du ministère en


charge de la Justice et de chaque juridiction.

La commission administrative paritaire, après délibération,


dresse la liste d'aptitude à la promotion en fonction des quotas fixés
pour chaque grade et classe.

Les greffiers sont inscrits sur la liste d'aptitude à la promotion


par ordre de mérite. Les candidats dont le mérite est jugé égal sont
départagés par l'ancienneté dans la catégorie.

La liste d'aptitude à la promotion dressée par la commission


administrative paritaire est transmise au ministre chargé de la
Justice, qui établit, par arrêté, le tableau de promotion.

CHAPITRE 8 - REGIME DISCIPLINAIRE

Section première - Conseil de discipline

ARTICLE 70

Les fonctions de membre du conseil de discipline sont


incompatibles avec celles de membre de la commission
administrative paritaire.

128
ARTICLE 71

Le conseil de discipline des greffiers se réunit sur


convocation de son président.

Le conseil ne peut valablement délibérer que si cinq au


moins de ses membres sont présents.

Les décisions du conseil de discipline sont prises à la


majorité des voix. En cas d'égalité des voix, celle du président
est prépondérante.

ARTICLE 72

L'ordre du jour des séances est arrêté par le président et une


copie est annexée à la convocation adressée aux membres du
conseil, au moins quinze jours avant la date de la séance.

ARTICLE 73

Le secrétariat du conseil est assuré par le directeur chargé


des Services judiciaires et des Ressources humaines. Il signe avec
le président le procès-verbal de chaque séance.

ARTICLE 74

Les membres du conseil ne peuvent siéger lorsqu'ils sont


concernés par les délibérations.

ARTICLE 75

Les membres du conseil de discipline sont tenus au secret


des délibérations.

ARTICLE 76

Les membres du conseil de discipline perçoivent une


indemnité de vacation dont le montant est fixé par arrêté conjoint
du ministre chargé de la Justice et des ministres chargés des
Finances et du Budget.

129
ARTICLE 77

Les crédits nécessaires au fonctionnement du conseil sont


inscrits au budget du ministère en charge de la Justice.

Section 2 - Procédure disciplinaire

ARTICLE 78

Le conseil de discipline est saisi du rapport d'inspection par


le ministre chargé de la Justice.

ARTICLE 79

Aussitôt qu'il est saisi, le conseil de discipline communique


au greffier mis en cause l’intégralité de son dossier.

ARTICLE 80

Le conseil de discipline cite, par voie administrative, le


greffier mis en cause à comparaître.

L’intéressé est tenu de comparaître en personne. Toutefois,


il ne peut se faire représenter qu'en cas d'extrême nécessité jugée
valable par le conseil de discipline.

Il peut présenter devant le conseil de discipline des


observations écrites ou verbales, citer des témoins et se faire
assister d'un avocat ou d'un greffier.

Le droit de citer des témoins appartient également au


conseil de discipline.

Si le greffier mis en cause, régulièrement convoqué, ne


comparaît pas sans motif valable, ou ne se fait pas représenter, le
conseil de discipline siège en son absence.

130
ARTICLE 81

Le conseil de discipline peut procéder à une enquête si les


circonstances de la cause l'exigent.

Au vu des pièces du dossier et des observations produites


devant lui et compte tenu, le cas échéant, des déclarations verbales
des témoins et éventuellement des résultats de l'enquête, le conseil
de discipline propose, s’il y a lieu, la sanction qui lui paraît
appropriée aux faits reprochés à l’intéressé.

ARTICLE 82

Les délibérations du conseil de discipline font l'objet


d’un rapport motivé, adressé au ministre chargé de la
Justice pour décision.

ARTICLE 83

La sanction disciplinaire prononcée contre le greffier par


le ministre chargé de la Justice lui est notifiée par voie
administrative. Elle est susceptible de recours devant la juridiction
administrative compétente.

CHAPITRE 9 - REMUNERATION

Section première - Généralités

ARTICLE 84

Les greffiers perçoivent un traitement soumis à retenue pour


pension ainsi que des indemnités et avantages, en fonction de leurs
grades, de leurs classes et de leurs positions administratives,
pendant l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions.

131
Section 2 - Traitement soumis à retenue pour pension

ARTICLE 85

Le traitement soumis à retenue pour pension servi aux


greffiers est constitué par le salaire de base ou salaire judiciaire.

Les niveaux des indices applicables aux greffiers en fonction


de la catégorie, du grade ou de la classe sont prévus au tableau
annexé au présent décret.

Ces indices subissent les variations à la hausse qui peuvent


intervenir sur les traitements des fonctionnaires et agents de l'Etat.

ARTICLE 86

La valeur du point de l’indice de traitement est celui


harmonisé et retenu pour tous les fonctionnaires et agents de l’Etat
telle que spécifiée et déterminée dans la nomenclature des services
financiers de l’Etat chargés de la solde.

Section 3 - Indemnités

ARTICLE 87

Outre le traitement et les avantages en nature ci-dessus


énumérés, les greffiers perçoivent les indemnités ci-après :

- l'indemnité de résidence dont le taux est fixé à 15 pour


cent du traitement soumis à retenue pour pension ;
- l'indemnité de participation à la judicature ;
- l'indemnité de sujétion ;
- l'indemnité de logement.

ARTICLE 88

Les greffiers en chef perçoivent, en outre, une indemnité


spécifique de greffier en chef dont le montant est fixé en annexe
du présent décret.

132
ARTICLE 89

Les différents montants des indemnités qui tiennent compte


de la catégorie et de la position administrative du greffier sont
précisés au tableau annexé au présent décret.

Section 4 - Avantages

ARTICLE 90

L'Etat met à la disposition des greffiers en chef des


juridictions suprêmes, ainsi que des juridictions de premier et de
second degré, des moyens de locomotion, dits véhicules de service,
qu'ils utilisent dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs
fonctions. Les puissances fiscales desdits véhicules sont précisées
en annexe du présent décret.

ARTICLE 91

Les greffiers ont, en outre, droit aux avantages sociaux et


indemnités pour prestations diverses régis par le Statut général
de la Fonction publique.

Ces avantages et indemnités, lorsqu'ils sont identiques aux


droits énumérés au présent décret, ne sont pas cumulables.

Dans ce cas, seul l’indemnité ou l'avantage le plus élevé


est octroyé.

CHAPITRE 10 - COSTUME

ARTICLE 92

Les greffiers des juridictions sont astreints aux audiences


ordinaires solennelles et aux cérémonies publiques, au port
d'un costume composé d'une toge noire sans épitoge avec
une cravate tombante de baptiste blanche plissée et d’une
toque noire sans galon.

Les élèves greffiers portent le même costume lors de leur


stage en juridiction.
133
Les greffiers en chef des juridictions de premier degré
portent le même costume que les magistrats mais sans galon
d'argent à la toque.

Les greffiers en chef des juridictions de second degré


portent le même costume que les conseillers toutefois la toque noire
est sans galon.

Les greffiers en chef des juridictions suprêmes portent


le même costume que les greffiers en chef des juridictions
de second degré.

Les costumes d'audience sont fournis aux greffiers par l’Etat.

CHAPITRE 11 - L'HONORARIAT

ARTICLE 93

Les administrateurs des greffes et parquets hors grade,


admis à la retraite, peuvent se voir conférer l'honorariat
par le Président de la République, sur proposition du ministre
chargé de la Justice.

ARTICLE 94

Le greffier honoraire est attaché, en cette qualité, à la Cour


d'appel de son lieu de résidence ou, s’il appartenait à une juridiction
suprême, à cette juridiction.

Il continue de jouir des honneurs et privilèges attachés


à son état.

Il peut assister, en costume d'audience, aux cérémonies


solennelles de la juridiction et il y prend rang après le
greffier en chef.

ARTICLE 95

Les greffiers honoraires sont tenus à la réserve qu'impose


leur dignité.

L'honorariat ne peut être retiré que dans les formes prévues


au chapitre relatif à la discipline.

134
CHAPITRE 12 - DISPOSITIONS TRANSITOIRES

ARTICLE 96

En application des dispositions de l’article 59 de la loi portant


Statut des greffiers, les assistants des greffes et parquets
appartenant à l’emploi organisé par le décret n°93-608 du 2 juillet
1993, en position administrative régulière à la date de prise d'effet du
statut des greffiers, sont reclassés dans la catégorie des secrétaires
des greffes et parquets, à la deuxième classe, à l’échelon
correspondant à celui auquel leur reclassement les portera aux
tenues des régularisations administratives d'avancement de leur
emploi d’origine.

Les assistants des greffes et parquets accédant ainsi à


la catégorie des secrétaires des greffes et parquets conservent
leur ancienneté pour le concours spécial prévu à l'article 12
du présent décret.

ARTICLE 97

Les secrétaires des greffes et parquets appartenant à


l'emploi organisé par le décret n°93-608 du 2 juillet 1993, en position
administrative régulière à la date de prise d’effet du Statut des
greffiers, sont reclassés dans le nouvel emploi des secrétaires des
greffes et parquets suivant le tableau de référence en annexe I
du présent décret.

ARTICLE 98

Les attachés des greffes et parquets appartenant à l'emploi


organisé par le décret n°93-608 du 2 juillet 1993, en position
administrative régulière à la date de prise d'effet du Statut des
greffiers, sont reclassés dans le nouvel emploi des attachés des
greffes et parquets suivant le tableau de référence en annexe I
du présent décret.

135
ARTICLE 99

Les administrateurs des greffes et parquets appartenant à


l'emploi organisé par le décret n°93-608 du 2 juillet 1993, en position
administrative régulière à la date de prise d'effet du Statut des
greffiers, sont reclassés dans le nouvel emploi des administrateurs
des greffes et parquets suivant le tableau de référence en annexe I
du présent décret.

CHAPITRE 13 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

ARTICLE 100

Les dispositions du présent décret relatives aux avantages


financiers sont applicables à compter du 1er juillet 2017.

ARTICLE 101

Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires au


présent décret, notamment le décret n°93-609 du 2 juillet 1993
portant modalités particulières d'application du Statut général de la
Fonction publique, en leurs dispositions applicables aux greffiers.

ARTICLE 102

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, le ministre


auprès du Premier Ministre, chargé de l’Economie et des Finances,
le ministre auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du
Portefeuille de l’Etat et le ministre de la Fonction publique et de la
Modernisation de l'administration assurent, chacun en ce qui le
concerne, l'exécution du présent décret qui sera publié au Journal
officiel de la République de Côte d'Ivoire.

136
ANNEXES AU DECRET N° 2016-134 DU 9 MARS 2016
FIXANT LES MODALITES D'APPLICATION DE LA
LOI N°2015-492 DU 7 JUILLET 2015
PORTANT STATUT DES GREFFIERS.

137
ANNEXE I : ECHELLE DE TRAITEMENT

A - ADMINISTRATEURS DES GREFFES ET PARQUETS

HIERARCHIE ECHELON INDICES


Hors grade 2 2580
1 2375
3 2275
Grade principal 2 2170
1 2070
3 1970
1er Grade 2 1850
1 1690
4 1555
3 1410
2e Grade
2 1275
1 1140
Elève Echelon unique 745

B - ATTACHES DES GREFFES ET PARQUETS

HIERARCHIE ECHELON INDICES


Classe 2 2200
exceptionnelle 1 2020
3 1905
Classe principale 2 1810
1 1715
3 1620
Première Classe 2 1525
1 1430
4 1335
3 1240
Deuxième Classe
2 1145
1 1050
Elève Echelon unique 680

138
C - SECRETAIRES DES GREFFES ET PARQUETS

HIERARCHIE ECHELON INDICES


Classe 2 1620
exceptionnelle 1 1480
3 1420
Classe principale 2 1360
1 1300
3 1240
Première Classe 2 1180
1 1115
4 1055
3 995
Deuxième Classe
2 935
1 875
Elève Echelon unique 545

ANNEXE II : INDEMNITES ALLOUEES AUX GREFFIERS


EN ACTIVITE

A - INDEMNITE SPECIFIQUE DE GREFFIER EN CHEF

FONCTIONS MONTANTS

Greffier en chef de Juridiction 150.000


suprême
Greffier en chef de Cour d'appel 125.000
Greffier en chef de Juridiction de 100.000
premier degré
Greffier en chef de section de 75.000
Tribunal

139
B - AUTRES INDEMNITES

Catégorie Participation à Sujétion Logement


la judicature
Administrateurs
des Greffes et 145.000 125.000 70.000
Parquets
Attachés des
Greffes et 120.000 100.000 50.000
Parquets
Secrétaires des
Greffes et 100.000 75.000 40.000
Parquets

ANNEXE III : LISTE DES FONCTIONS OUVRANT DROIT AUX


VEHICULES DE SERVICE ET PUISSANCES FISCALES
DESDITS VEHICULES

Fonctions Catégories de véhicules


Greffier en chef de Juridiction
suprême [Link]
Greffier en chef de Cour d'appel
[Link]
Greffier en chef de Juridiction de
premier degré [Link]

140
III-
AVOCATS

141
1-
REGLEMENT N°05/CM/UEMOA
RELATIF A L’HARMONISATION DES REGLES REGISSANT LA
PROFESSION D’AVOCAT DANS L'ESPACE UEMOA

142
TITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Le présent Règlement établit les règles régissant l’exercice


de la profession d’Avocat dans les Etats membres de l’UEMOA.

ARTICLE 2

La profession d’Avocat est libérale et indépendante.

L’Avocat fait partie d’un Barreau administré par un Conseil


de l’Ordre présidé par un Bâtonnier.

Les Avocats exercent des fonctions judiciaires et juridiques.


Ils sont un des acteurs principaux du service public de la justice.

Seules ont droit au titre d’Avocat ou d’Avocat stagiaire, les


personnes inscrites au tableau ou admises sur la liste du stage d’un
Barreau de l’espace UEMOA.

Les Avocats ou Avocats stagiaires doivent faire suivre leur


titre d’Avocat ou d'Avocat stagiaire de la mention du ou des
Barreaux auxquels ils appartiennent, suivi, le cas échéant, des titres
universitaires ou des distinctions professionnelles.

ARTICLE 3

Dans l’exercice des fonctions judiciaires, seuls les Avocats


ont qualité pour plaider, postuler et représenter, sans limitation
territoriale, les parties en toutes matières devant les juridictions
ou organismes juridictionnels ou disciplinaires et devant les
instances arbitrales, sauf dispositions particulières prévues par la
législation nationale.

Ils assistent également leurs clients devant toutes les


administrations publiques.

Les Avocats peuvent exercer les fonctions d’arbitre, de


médiateur et de conciliateur.

143
Ils peuvent être liquidateurs amiables ou judiciaires,
administrateurs provisoires et syndics.

Les Avocats revêtent, dans l’exercice de leur profession, un


costume professionnel dont les caractéristiques sont définies par la
législation de chaque Etat membre.

Ils sont dispensés de produire une procuration sauf


dispositions particulières.

ARTICLE 4

Les Avocats donnent des conseils et des consultations en


matière juridique, rédigent des actes sous seing privé.

Les Avocats rédigent également des actes sous seing


privé contresignés par eux et appelés « actes d’avocat ». En
contresignant un acte sous seing privé, l'Avocat atteste avoir éclairé
pleinement la ou les parties qu’il conseille sur les conséquences
juridiques de cet acte.

Les actes d’avocat font pleine foi de l’écriture et de la


signature des parties tant à leur égard qu’à celui de leurs
héritiers et ayants droit.

L'acte d’avocat est soumis à la procédure de faux.

L’acte contresigné par Avocat est, sauf disposition nationale


contraire, dispensé de toute mention manuscrite.

Les modalités d’application des dispositions du présent


article sont précisées par voie de Règlement d’exécution.

ARTICLES 5

Les Avocats assistent leurs clients dès leur interpellation,


durant l’enquête préliminaire, dans les locaux de la police, de la
gendarmerie, ou devant le parquet.

A ce stade, aucune lettre de constitution ne peut être


exigée de l’Avocat.
144
Les Avocats assistent et défendent leurs clients dès la
première comparution devant le juge d’instruction.

Le ministère d’Avocat est obligatoire devant toute juridiction


et en tout état de procédure pour les personnes morales, sauf
dispositions particulières prévues par la législation nationale.

Devant toute juridiction et en tout état de procédure, la


représentation des personnes physiques ne peut être assurée
que par les Avocats.

Toutefois, devant les juridictions de première instance, les


personnes physiques peuvent donner mandat spécial de
représentation aux conditions et modalités prévues par les
législations nationales.

Quiconque exerce des attributions relevant du ministère de


l’Avocat est passible de poursuites pénales pour exercice illégal de
la profession d’Avocat, conformément à la législation nationale.

ARTICLE 6

Les Avocats, dans l'exercice de leur profession, bénéficient


de l'immunité de parole et d’écrit.

Ils ne peuvent être entendus, arrêtés ou détenus, sans ordre


du Procureur Général près la Cour d’Appel ou du Président de la
Chambre d'Accusation, le Bâtonnier préalablement consulté.

Les cabinets d'Avocat sont inviolables. Ils ne peuvent faire


l'objet de perquisition qu'en présence du Bâtonnier en exercice
dûment appelé ou de son délégué.

ARTICLE 7

Les Avocats inscrits au Barreau d’un Etat membre de


l’UEMOA peuvent exercer leur profession dans les autres Etats
membres de l'UEMOA ou s’y établir définitivement à titre principal,
ou y créer un cabinet secondaire, conformément aux dispositions du
Règlement relatif à la libre circulation et à l’établissement des
Avocats ressortissants de l'Union au sein de l’espace UEMOA.
145
Les conventions et accords internationaux de réciprocité en
matière d’exercice de la profession d’Avocat ne produisent des effets
qu’entre les Etats signataires.

TITRE II - CREATION, ORGANISATION ET ADMINISTRATION


DES BARREAUX

ARTICLE 8

Il est créé dans chaque Etat membre de l’UEMOA un


Barreau national organisé en Ordre.

L’Ordre des Avocats est une institution dotée de la


personnalité civile et de l’autonomie financière.

Il dispose d’un patrimoine propre provenant des cotisations


de ses membres, des droits de plaidoirie ainsi que de dons et legs.

Il peut créer ou subventionner des œuvres intéressant


la profession

ARTICLE 9

Il est institué dans chaque Etat membre de l’Union, un


droit de plaidoirie.

La fixation des montants et les modalités de paiement de ce


droit de plaidoirie obligatoire sont déterminées par le Conseil de
l’Ordre de chaque Etat membre.

Sont dispensés de ce droit, uniquement les justiciables


bénéficiaires de l’aide juridictionnelle et des commissions d’office.

ARTICLE 10

Il est fait obligation à chaque Barreau de se doter d’un siège


et d'une administration autonome et permanente.

146
ARTICLE 11

Le Bâtonnier de l’Ordre est élu pour un mandat de trois (3)


ans non renouvelable, par l’assemblée générale des Avocats
au scrutin secret, parmi les Avocats inscrits au tableau depuis au
moins quinze (15) ans.

L’élection est faite à la majorité absolue des membres ayant


pris part au vote aux deux (2) premiers tours de scrutin. Au troisième
tour, la majorité relative suffit.

Les Avocats peuvent voter par procuration ou par


correspondance.

Un Avocat ne peut être détenteur de plus d’une procuration.

Le bulletin de vote par correspondance doit être adressé


sous pli fermé au Bâtonnier en exercice avant l’ouverture du scrutin.

ARTICLE 12

Un an avant la fin du mandat du Bâtonnier, un Dauphin,


appelé à lui succéder, est élu.

L’élection du Dauphin se fait dans les mêmes conditions que


celles du Bâtonnier.

Le Dauphin est membre de droit du Conseil de l'Ordre. Il n’a


pas de voix délibérative, s'il n’est pas, au moment de son élection,
déjà membre du Conseil de l’Ordre.

ARTICLE 13

Les membres du Conseil de l’Ordre sont élus parmi les


Avocats inscrits au tableau depuis au moins sept (7) ans.

Les sociétés civiles professionnelles ne peuvent être


membres du Conseil de l’Ordre.

147
ARTICLE 14

La composition du Conseil de l'Ordre est déterminée ainsi


qu'il suit :

• 3 membres, si le nombre des Avocats inscrits est de 7


à 30 ;
• 6 membres, si ce nombre est de 31 à 50 ;
• 9 membres, si ce nombre est de 51 à 100 ;
• 12 membres, si ce nombre est de 101 à 200 ;
• 15 membres, si ce nombre est de 201 à 300 ;
• [Link], au-delà de 300.

ARTICLE 15

Les membres du Conseil de l'Ordre sont élus directement


par l’assemblée générale. Leur mandat est de trois (3) ans
renouvelable.

L’élection a lieu au scrutin secret uninominal, chaque bulletin


comportant autant de noms qu’il y a de sièges à pourvoir, à la
majorité absolue des membres ayant pris part au vote aux deux (2)
premiers tours de scrutin. Au troisième tour, la majorité relative suffit.

ARTICLE 16

Les élections générales ont lieu à l’époque fixée par le


règlement intérieur de chaque Ordre.

Les élections partielles sont réalisées dans les deux (2) mois
de l'événement qui les rend nécessaires.

Toutefois, si cet événement survient pendant les vacances


judiciaires ou dans les deux mois qui précèdent, il n’est procédé aux
élections qu’à la rentrée judiciaire.

En cas de décès, de démission ou d’empêchement grave du


Bâtonnier, l'intérim est assuré par le membre du Conseil de l’Ordre
le plus ancien dans l’ordre d’inscription au tableau et les élections,
s'il y a lieu, se tiennent dans les délais précisés à l'alinéa 1er
du présent article.
148
En cas de cessation de fonctions ou démission collective du
Bâtonnier et des membres du Conseil de l'Ordre et lorsque le
nombre des anciens Bâtonniers est au moins égal à 5, ceux- ci
constituent un Collège des anciens Bâtonniers qui constate cette
cessation ou démission et qui se substitue aux organes défaillants.

Le Collège siège et délibère sous la présidence de son


membre le plus ancien suivant l’ordre d’inscription au tableau et
convoque dans le délai de soixante (60) jours de la cessation de
fonctions ou de la démission l’assemblée générale élective, pour
procéder à l’élection du Bâtonnier et à celle des membres du Conseil
de l'Ordre, sauf s’il y a un Dauphin.

Lorsque le nombre des anciens Bâtonniers est inférieur à 5,


il est fait appel aux Avocats les plus anciens dans l'ordre d'inscription
au tableau pour compléter le Collège.

A défaut de sa convocation dans le délai précité par le


Collège ou son corollaire prévu à l’alinéa précédent, la Conférence
des Barreaux, saisie par un Avocat inscrit du Barreau concerné,
convoque et organise une assemblée générale élective.

ARTICLE 17

Les Avocats inscrits au tableau peuvent déférer les


élections à la Cour d’Appel dans le délai de quinze (15) jours à
partir desdites élections.

ARTICLE 18

Le Bâtonnier représente l'Ordre dans tous les actes de la vie


civile et devant les juridictions.

Il est habilité, en cas d’urgence, à prendre toutes mesures


conservatoires que requiert l’intérêt du Barreau.

II prévient et concilie les différends d’ordre professionnel


entre les membres du Barreau, instruit et statue sur toutes les
réclamations formulées par tes tiers.

Il gère les fonds de l’assistance juridique et judiciaire.


149
Il peut déléguer temporairement tout ou partie de ses
attributions à un ou plusieurs membres du Conseil de l’Ordre.

Il peut, en outre, confier toute mission spéciale à tout Avocat


de son choix.

ARTICLE 19

Le Conseil de l'Ordre a pour attributions, notamment :

1) de statuer sur l’admission au stage des postulants ;

2) de statuer sur l'inscription au tableau, l’omission, la


réinscription et le rang ;

3) de maintenir les principes de probité, de


désintéressement, de modération, de confraternité, de dignité, de
loyauté, d’honneur et de délicatesse sur lesquels repose l’Ordre des
Avocats et d’exercer la surveillance que l'honneur et l’intérêt de
l’Ordre rendent nécessaires :

4) de veiller à ce que les Avocats soient présents aux


audiences dans le respect des règles qui régissent la profession ;

5) de traiter toute question intéressant l'exercice de la


profession, la défense des droits des Avocats et les strictes
observations de leurs devoirs ;

6) de gérer les biens de l’Ordre, d’administrer et d'utiliser


les ressources de l’Ordre pour assurer les secours, allocations ou
avantages quelconques attribués aux membres ou anciens membres
de l’Ordre, à leurs conjoints survivants ou à leurs enfants ;

7) de fixer le montant des cotisations à payer par les


membres de l’Ordre ;

8) de fixer le montant du droit de plaidoirie à payer à


l’occasion de chaque affaire ;

9) de souscrire une assurance collective pour couvrir la


responsabilité professionnelle de tous ses membres ;
150
10) d’établir le règlement intérieur de l’Ordre ou de
le modifier ;

11) d’exercer la discipline dans les conditions prévues par


le présent Règlement ;

12) de vérifier la tenue de la comptabilité des Avocats


exerçant individuellement ou en groupe et la constitution des
garanties imposées par le présent Règlement ;

13) d’autoriser le Bâtonnier à ester en justice, à accepter


les dons et les legs faits à l'Ordre, à transiger, à compromettre, à
consentir toutes aliénations ou hypothèques et à contracter
tous emprunts.

En outre, le Conseil de l'Ordre peut prononcer, en cas de


poursuites judiciaires ou disciplinaires ouvertes à l’encontre d’un
Avocat, une mesure de suspension de l'Avocat concerné dans
l'attente de la décision judiciaire ou disciplinaire. Dans ce cas, le
Conseil de l'Ordre prend les mesures nécessaires pour la
sauvegarde des droits professionnels de l'Avocat concerné et
de ses clients. La mesure de suspension n’est pas susceptible de
voie de recours.

Les décisions suivantes du Conseil de l'Ordre sont notifiées


au Procureur Général par le Bâtonnier :

a) les décisions relatives à l’admission et au refus


d'admission au stage, à l'inscription au tableau et à l'omission
du tableau ;

b) les décisions en matière disciplinaire sous réserve des


dispositions particulières contenues dans le présent Règlement.

Les délibérations et décisions du Conseil de l’Ordre


susvisées sont notifiées au Procureur Général et à l’Avocat concerné
par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, ou
remise par porteur contre décharge et ce dans le délai de quinze
(15) jours de leur date.

151
Les délibérations relatives à l’adoption ou à la modification
du règlement intérieur sont, en outre, communiquées aux
Procureurs Généraux.

Une copie du règlement intérieur et des modifications


intervenues est déposée aux greffes des Cours d'appel et tenue à la
disposition de tout intéressé.

ARTICLE 20

Le Conseil de l’Ordre statue sur tes demandes d’inscription


au tableau dans les six (6) mois de la réception de la demande. Ce
délai est suspendu par tout acte d'instruction.

La décision du Conseil de l’Ordre portant inscription au


tableau est notifiée dans les quinze (15) jours à l'intéressé et aux
Procureurs Généraux près les Cours d’appel.

Dans le délai d’un (1) mois à partir de cette notification, le


Procureur Général près la Cour d’Appel peut la déférer devant
la Cour d'Appel.

A défaut d’une notification d’une décision dans le mois qui


suit l’expiration du délai imparti au Conseil de l’Ordre pour statuer,
l’intéressé peut considérer sa demande comme rejetée et se
pourvoir devant la Cour d'Appel dans le délai d’un (1) mois.

La décision portant refus d’inscription est notifiée dans les


quinze (15) jours à l’intéressé ainsi qu’au Procureur Général près la
Cour d'Appel qui peuvent, dans le délai d’un (1) mois, la déférer
devant la Cour d’Appel.

En cas d’annulation de la décision de refus d’inscription, le


postulant est renvoyé devant le Conseil de l’Ordre pour un nouvel
examen de sa demande.

Aucun refus d’inscription ou de réinscription, ne peut être


décidée sans que l’intéressé ait été entendu ou préalablement
appelé dans un délai de quinzaine. Si la décision est prise par
défaut, l'intéressé peut, par simple déclaration au secrétariat de
l'Ordre, qui lui délivre récépissé, former opposition dans le délai de
152
quinze (15) jours à dater de la notification à personne ; si la
notification n'est pas faite à personne, l'opposition est recevable
dans le délai d’un (1) mois à compter de la date à laquelle l’intéressé
a eu connaissance de la décision.

ARTICLE 21

Le recours contre les décisions du Conseil de l'Ordre et


du Conseil de discipline est dévolu à une juridiction d’appel
paritaire composée du Premier Président de la Cour d’Appel, de
trois (3) Présidents de chambre de la Cour d’Appel et de trois (3)
Avocats autres que les membres du Conseil de l’Ordre désignés
par le Bâtonnier.

Le recours est formé par lettre recommandée avec demande


d’avis de réception adressée au secrétariat-greffe de la Cour d’Appel
ou remis contre récépissé au Greffier en chef. Il est instruit et jugé
selon les règles applicables en matière contentieuse à la procédure,
sans représentation obligatoire.

Le délai du recours est d’un mois à compter de


la notification.

La Juridiction paritaire d’appel statue en chambre du conseil,


après avoir invité le Bâtonnier ou son représentant à présenter
ses observations.

La décision de la juridiction paritaire d’appel est notifiée par


le Greffier en chef de la Cour d’Appel par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception ou remise par porteur contre décharge
au Procureur Général, au Bâtonnier et à l’intéressé. Elle est
susceptible de pourvoi en cassation dans un délai d’un mois à
compter de sa notification.

Le délai d’appel suspend l’exécution de la décision du


Conseil de l'Ordre. L’appel exercé dans ce délai est également
suspensif sauf en cas d’omission.

153
ARTICLE 22
L’assemblée générale se réunit au moins une fois par an,
sous la présidence du Bâtonnier ou du membre le plus ancien du
Conseil de l’Ordre par lui désigné, à défaut, par un ancien Bâtonnier
ou par le plus ancien des Avocats présents dans l'Ordre du tableau.
Elle ne peut examiner que les questions qui lui sont soumises dans
les conditions fixées dans le règlement intérieur.
Le Conseil délibère sur les recommandations formulées par
l’assemblée générale dans le délai de deux mois. En cas de rejet, le
Conseil motive sa décision.
Les décisions du Conseil sont portées à la connaissance de
la plus prochaine assemblée générale. Elles sont consignées sur un
registre spécial tenu à la disposition de tous les Avocats inscrits.
TITRE III - ACCES A LA PROFESSION D'AVOCAT
CHAPITRE PREMIER - STAGE ET FORMATION
PROFESSIONNELLE
Section première - Certificat d'Aptitude à la
Profession d’Avocat
ARTICLE 23
Il est institué un examen pour l’obtention du Certificat
d’Aptitude à la profession d’Avocat (C.A.P.A).
Un Règlement d’exécution précisera les modalités de
délivrance du Certificat d’Aptitude à la profession d’Avocat (C.A.P.A).
Section 2 - Admission sur la liste du stage
ARTICLE 24
Toute personne titulaire d’un Master II en droit reconnu par
le Conseil Africain et Malgache de l’enseignement Supérieur
(CAMES) ou de la Maîtrise en droit reconnu ou d’un diplôme
équivalent et du Certificat d’Aptitude à la profession d’Avocat
(C.A.P.A) reconnu dans l’espace UEMOA, peut demander son
inscription sur la liste de stage d’un Barreau dudit espace.

154
Toute personne qui demande son admission au stage
du Barreau doit être âgée de 21 ans au moins. Elle doit être
de bonne moralité.

Elle est, en outre, tenue de fournir au Conseil de l’Ordre :

1) un extrait de son acte de naissance ;

2) un extrait de son casier judiciaire datant de moins de


trois mois ;

3) les pièces établissant qu’elle possède la nationalité d’un


Etat membre de l’Union ;

4) le diplôme de Master Il en droit reconnu par le Conseil


Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) ou de la
Maîtrise en droit ou d’un diplôme reconnu équivalent ;

5) le Certificat d’Aptitude à la Profession d'Avocat


(C.A.P.A.) ;

6) l’attestation délivrée par un Avocat inscrit au tableau


ayant prêté serment depuis au moins sept (7) ans
portant engagement d’assurer dans son cabinet la formation
effective du stagiaire.

Toutefois, sont dispensés du Certificat d'Aptitude à la


Profession d'Avocat (CAPA) :

1) les magistrats ayant accompli au moins dix (10) années


de pratique professionnelle en juridiction et qui auront préalablement
démissionné de leur fonction ;

2) les professeurs agrégés des facultés de droit.

Les magistrats et les professeurs agrégés des facultés de


droit devront cependant avant la prestation de serment, suivre
des cours de déontologie et de pratique professionnelle d’Avocat
pour une période d’au moins six (6) mois suivants des modalités
définies par le Bâtonnier.

155
Les postulants doivent, avant d'être admis au stage et sur la
présentation du Bâtonnier de l’Ordre, prêter, devant la Cour d’Appel
serment en ces termes :

« Je jure, en tant qu'Avocat, d’exercer ma profession avec


honneur, indépendance, probité, délicatesse, loyauté et dignité, dans
le respect des régies de mon Ordre ».

ARTICLE 25

Le refus d’admission ne peut être prononcé sans que


l’intéressé ait été entendu ou dûment appelé au moins quinze (15)
jours avant sa comparution.

Le recours contre le refus d’admission sur la liste du stage


est soumis aux dispositions de l’article 20, sans pouvoir d’évocation.

Section 3 - Régime du stage

ARTICLE 26

Le stage comporte :

- la fréquentation obligatoire des audiences,


- le travail effectif et obligatoirement rattaché à un Cabinet
d'Avocat,
- la participation obligatoire à des travaux de la
Conférence du Stage dans les Barreaux qui l’ont
instituée ;
- l’assiduité aux cours du stage.

L’Avocat admis sur la liste du stage porte le titre d’Avocat-


stagiaire et accomplit tous les actes de la profession pour le
compte et sous la responsabilité de l’Avocat dans le Cabinet
duquel il est admis.

Le stage doit être effectué au Barreau du lieu de l'inscription


et peut, pour partie, être poursuivi auprès d'un autre Barreau de
l'espace UEMOA ou d’un Etat accordant la réciprocité
d'établissement, par périodes successives sans interruption
de plus de trois (3).
156
ARTICLE 27

Sous réserve de l’article 24 alinéa 4 du présent Règlement,


la durée du stage est de trois (3) ans effectifs. Elle peut,
exceptionnellement, être prorogée deux (2) fois d’une année sur la
demande du stagiaire ou si le Conseil de l’Ordre estime que le
stagiaire n’a pas satisfait aux obligations résultant des prescriptions
de l’article 26 du présent Règlement.

Le stagiaire doit être entendu par le Conseil de l’Ordre avant


la prorogation de son stage.

ARTICLE 28

A l’expiration du délai du stage, un certificat, qui en


constate l’accomplissement, est délivré, s’il y a lieu, au stagiaire,
par le Bâtonnier.

A l'expiration de la cinquième année, le certificat est, dans


tous les cas, délivré ou refusé.

Le refus de délivrance du certificat ne peut être prononcé


que par une décision motivée du Conseil de l’Ordre. Cette décision
peut être déférée à la Cour d’Appel par l'intéressé, suivant les
modalités prévues par l’article 20.

Section 4 - La formation

ARTICLE 29

La formation professionnelle initiale et continue est


obligatoire pour tout Avocat inscrit dans un des Barreaux de l’espace
UEMOA, suivant les conditions et modalités définies dans un acte
pris en application du présent Règlement et les règlements intérieurs
des différents Barreaux

157
CHAPITRE 2 - TABLEAU

Section première - Inscription au tableau

ARTICLE 30

Nul ne peut être inscrit au Tableau de l’Ordre des Avocats,


sous réserve des droits acquis, s’il ne remplit l’ensemble des
conditions suivantes :

- être ressortissant d'un Etat membre de l’Union ;


- être âgé de 24 ans au moins ;
- être en possession du certificat de fin de stage ;
- être de bonne moralité.

Section 2 - Honorariat

ARTICLE 31

Le titre d’Avocat honoraire peut être conféré par le Conseil


de l'Ordre aux Avocats qui ont exercé la profession pendant vingt
(20) ans au moins et qui ont donné leur démission.

Les droits et devoirs des Avocats honoraires sont déterminés


par les dispositions nationales en vigueur.

ARTICLE 32

Lorsque la participation d’un Avocat à une commission


administrative ou à un jury de concours ou d'examen est prévue par
la loi nationale ou communautaire, l’autorité chargée de la
désignation peut, avec l’accord du Bâtonnier, porter son choix sur un
Avocat honoraire acceptant cette mission.

158
TITRE IV - EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT
CHAPITRE PREMIER - INCOMPATIBILITES
ARTICLE 33
La profession d’Avocat est incompatible avec l’exercice de
toute autre profession, sous réserve des dispositions législatives ou
réglementaires particulières, et, notamment :
- avec toutes les activités de caractère commercial
qu’elles soient exercées directement ou par personne
interposée ;
- avec les fonctions d'associé dans une société en nom
collectif, d’associé commandité dans les sociétés en
commandite, de gérant d'une société à responsabilité
limitée, de président d’une société par actions
simplifiées, de président du conseil d'administration,
membre du directoire ou directeur général d'une société
anonyme, de gérant d'une société civile à moins que
celle-ci n’ait, sous le contrôle du Conseil de l’Ordre qui
peut demander tous renseignements nécessaires, pour
objet la gestion d’intérêts familiaux ou professionnels ;
- plus généralement avec l’exercice de toute autre
profession ou fonction emportant un lien de
subordination.
ARTICLE 34
L’Avocat justifiant d’au moins sept (7) ans d’exercice effectif
de la profession peut être élu aux fonctions de membre du Conseil
de surveillance d'une société commerciale ou d’administrateur de
société, après avoir sollicité préalablement l’autorisation du Conseil
de l’Ordre de son Barreau.
La demande d’autorisation est adressée par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception ou remise contre
récépissé, au Conseil de l’Ordre et comporte en annexe un
exemplaire des statuts sociaux et, lorsque la société a au moins une
année d’activité, une copie du dernier bilan.
Le Conseil de l’Ordre peut demander à l'Avocat de lui fournir
toute explication et tous documents utiles.
159
ARTICLE 35
La profession d’Avocat est compatible avec les fonctions
d’enseignant vacataire.
Les Avocats peuvent également être désignés en qualité de
suppléant de juge d’instance de membres assesseurs des tribunaux
pour enfants ou des tribunaux paritaires de baux ruraux, des
tribunaux de travail, de membre des tribunaux des affaires de
sécurité sociale, conformément aux dispositions législatives et
règlementaires en vigueur dans chaque Etat membre de l’Union.
ARTICLE 36
Les Avocats peuvent être chargés par l'Etat ou par tout
organisme international de missions temporaires, même rétribuées.
Dans ces cas, les Avocats concernés ont l'obligation d'en informer le
Bâtonnier. Celui-ci saisit, dans les meilleurs délais, le Conseil
de l'Ordre qui peut interdire auxdits Avocats d’accomplir
pendant lesdites missions, directement ou indirectement les
actes de leur profession.
Dans l'acceptation ou l’accomplissement des missions, les
Avocats sont tenus aux obligations de confidentialité, de moralité, de
probité, de loyauté et de compatibilité relevant de leur profession.
ARTICLE 37
L’Avocat investi d’un mandat parlementaire ou de tout autre
mandat électif public est soumis aux incompatibilités édictées par la
législation nationale applicable dans son Etat.
CHAPITRE 2 - MODALITES D’EXERCICE DE LA PROFESSION
ARTICLE 38
Tout Avocat inscrit à l’un des Barreaux des Etats membres
de l’UEMOA peut exercer dans les conditions précisées, par
voie de Règlement d'exécution, la profession suivant l'une des
formes ci-après ;
- l’exercice individuel ;
- l’association ;
- la collaboration ;
160
- le salariat ;
- les sociétés civiles professionnelles (SCP) ;
- les cabinets groupés ;
- les sociétés civiles de moyens ;
- le groupement d’intérêt professionnel (GIP).

CHAPITRE 3 - REGLES PROFESSIONNELLES

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 39

L’Avocat ne doit être, ni le conseil, ni le représentant, ni le


défenseur de plus d'un client dans une même affaire s’il existe un
risque sérieux de conflit d'intérêts.

Il doit s’abstenir de s'occuper des affaires de tous les clients


concernés lorsque surgit un conflit d’intérêts, lorsque le secret
professionnel risque d’être violé ou lorsque son indépendance risque
de ne plus être entière.

Il ne peut accepter l’affaire d’un nouveau client si le secret


des informations données par un ancien client risque d’être violé ou
lorsque la connaissance par l'Avocat des affaires de l’ancien client
favoriserait le nouveau client de façon injustifiée.

Lorsque des Avocats exercent en groupe, les dispositions


des alinéas qui précèdent sont applicables au groupe dans son
ensemble et à tous ses membres.

ARTICLE 40

L'Avocat doit conduire jusqu'à son terme l’affaire dont il


est chargé, sauf si son client l’en décharge ou si lui-même décide de
ne plus poursuivre sa mission, sous réserve, dans ce dernier cas,
que le client soit prévenu en temps utile pour pourvoir à la
défense de ses intérêts.

II doit observer les règles de prudence, de délicatesse


et de diligence qu’exige la sauvegarde des intérêts qui lui sont
confiés par ses clients.

161
ARTICLE 41
Lorsque l’affaire est terminée ou qu'il en est déchargé,
l'Avocat doit restituer, sans délai, les pièces dont il est dépositaire.
Les difficultés relatives à la restitution des pièces relèvent de
la compétence du Bâtonnier.
ARTICLE 42
L’Avocat a obligation, lorsqu’il plaide devant une juridiction
extérieure au ressort de son Barreau, de se présenter au Bâtonnier.
Le Bâtonnier ou un membre du Conseil de l’Ordre, par lui
désigné, le présente au Président et au Magistrat du Ministère Public
devant siéger à l’audience.
ARTICLE 43
La désignation et la commission d'office ne peuvent être
faites que par le Bâtonnier. Les Avocats sont tenus d’y déférer, sauf
motif légitime d’excuse ou d'empêchement admis par le Bâtonnier
ARTICLE 44
L’Avocat, en toute matière, ne doit commettre aucune
divulgation contrevenant au secret professionnel.
Il doit, notamment, respecter le secret de l'instruction en
matière pénale, en s'abstenant de publier des documents, pièces ou
lettres intéressant une information en cours ou de communiquer,
sauf à son client pour les besoins de la défense, des
renseignements extraits du dossier.
ARTICLE 45
A l’exclusion de la publicité fonctionnelle assurée par le
Bâtonnier, tout acte de publicité, de démarchage ou de sollicitation
est interdit à l’Avocat.
La création de sites web ou de tout autre support numérique
destiné au public est subordonnée à l'autorisation préalable du
Conseil de l’Ordre.

162
ARTICLE 46

Le règlement intérieur du Conseil de l’Ordre de chaque Etat


fixe les dispositions nécessaires pour assurer l’information du
public quant aux modalités d'exercice de la profession par les
membres du Barreau.

ARTICLE 47

Tout Avocat qui fait l'objet d’une action en justice doit en


informer sans délai le Bâtonnier.

Section 2 - Domicile professionnel

ARTICLE 48

Tout Avocat est tenu d'avoir un domicile professionnel.

Est réputé domicile professionnel de l’Avocat, le cabinet


principal, et le cas échéant, le cabinet secondaire.

ARTICLE 49

L’ouverture d'un cabinet secondaire, en dehors du ressort


territorial du Barreau d'origine, est soumise aux conditions édictées
par le Règlement relatif à la libre circulation et à l’établissement des
Avocats ressortissants de l’Union au sein de l’espace UEMOA.

Section 3 - Suppléance

ARTICLE 50

Lorsque l’Avocat est temporairement empêché d'exercer ses


fonctions, il propose un ou plusieurs suppléants, qui doivent recevoir
l’agrément du Bâtonnier.

163
ARTICLE 51

Lorsque l’Avocat empêché se trouve dans l’impossibilité


d'exercer son choix ou ne l'exerce pas, le ou les suppléants sont
désignés par le Bâtonnier.

La suppléance ne peut excéder un an. A l'issue de ce délai,


elle peut être renouvelée une fois par le Bâtonnier pour une même
durée. Passé ce nouveau délai, il est fait application des règles de
l'administration provisoire du présent Règlement.

Le suppléant assure la gestion du cabinet. Il accomplit


lui-même tous les actes professionnels dans les mêmes conditions
qu’aurait pu le faire le suppléé.

ARTICLE 52

Le Bâtonnier porte à la connaissance du Procureur Général


le nom du ou des suppléants choisis ou désignés.

Il est mis fin à la suppléance par le Bâtonnier soit d'office,


soit à la requête du suppléé, soit à la requête du suppléant.

Le Procureur Général est informé par le Bâtonnier de la fin


de la suppléance.

Section 4 - Administration provisoire et liquidation

ARTICLE 53

Lorsqu’un Avocat fait l’objet d’une décision exécutoire de


suspension provisoire, d’interdiction temporaire, le Bâtonnier
désigne un ou plusieurs administrateurs qui le remplacent
dans ses fonctions.

L’administrateur perçoit, sur les ressources générées par le


cabinet administré, une indemnité forfaitaire dont le montant est fixé
par le Bâtonnier. Il paie à concurrence de ses rémunérations les
charges afférentes au fonctionnement du cabinet.

164
Le Bâtonnier informe le Procureur Général de la désignation
du ou des administrateurs.

L’administration provisoire cesse de plein droit dès que la


suspension provisoire ou l’interdiction temporaire a pris fin.

ARTICLE 54

En cas de décès ou de radiation, le Bâtonnier désigne un


liquidateur du cabinet de l’Avocat concerné.

Il est mis fin à la mission du liquidateur par décision


du Bâtonnier.

CHAPITRE 4 - HONORAIRES ET DEBOURS

Section première - Fixation des honoraires

ARTICLE 55

Les honoraires de l’Avocat, au titre de ses prestations, sont


librement fixés par l’Avocat et son client. Ils peuvent faire l’objet
d'une convention écrite.

A défaut de convention d’honoraire entre l’Avocat et son


client, les honoraires sont fixés conformément aux règles établies
par chaque Barreau.

Section 2 - Contestation en matière d'honoraires

ARTICLE 56

Les contestations concernant le montant ou le recouvrement


des honoraires et des débours des Avocats ne peuvent être réglées
qu’en recourant à la procédure prévue par la présente section.

Toute contestation soulevée à l'expiration du délai de deux


années suivant le versement de fa provision ou de l’honoraire par le
client est irrecevable

165
ARTICLE 57

Les réclamations sont soumises au Bâtonnier par


toute partie.

Le Bâtonnier ou le membre du Conseil qu’il désigne instruit


l'affaire et rend sa décision dans le délai de deux (2) mois. A
l'expiration de ce délai, la partie la plus diligente peut saisir le
Premier Président de la Cour d’Appel.

Cette décision est notifiée, dans les quinze (15} jours de sa


date, à l'Avocat et à la partie, par le Secrétaire de l’Ordre, par tout
moyen laissant trace écrite. La notification mentionne, à peine de
nullité, le délai et les modalités du recours.

ARTICLE 58

La décision du Bâtonnier est susceptible de recours devant


le Premier Président de la Cour d’Appel.

Le Premier Président de la Cour d’Appel statue,


conformément aux textes régissant la matière telle que prévue par la
législation nationale de chaque Etat membre.

Le délai de ce recours est d'un (1) mois à compter de la date


de notification de la décision tranchant la contestation d'honoraire.

ARTICLE 59

Lorsque la décision prise par le Bâtonnier n’a fait l’objet


d’aucun recours, celle-ci est revêtue de la formule exécutoire
apposée par le Greffier en Chef de la Cour d’Appel au vu d'un
certificat de non contestation délivré par ce dernier.

ARTICLE 60

Lorsque la contestation est relative aux honoraires du


Bâtonnier, l'affaire est soumise au doyen du Conseil de l’Ordre, ou
un ancien Bâtonnier désigné par le doyen du Conseil de l’Ordre.

166
TITRE V - DISCIPLINE

CHAPITRE PREMIER - CONSEIL DE DISCIPLINE

ARTICLE 61

Il est institué, au sein de chaque Barreau, un Conseil de


discipline qui connaît des faits reprochés à un Avocat ou à un Avocat
stagiaire, de même qu’à un ancien Avocat dès lors qu’à l’époque où
les faits ont été commis, il était inscrit au tableau, sur la liste du
stage ou sur la liste des Avocats honoraires d’un Barreau.

ARTICLE 62

Le Conseil de discipline est présidé par le Bâtonnier et, en


cas d’empêchement de celui-ci, selon les règles particulières
prévues par chaque Barreau.

Lorsque, par suite d’empêchement de plusieurs membres du


Conseil de l'Ordre ou pour toutes autres causes, le quorum ne peut
être atteint, le Bâtonnier convoque, dans les plus brefs délais
l’assemblée générale de l’Ordre, qui désigne, jusqu’à concurrence
du quorum nécessaire, des remplaçants pour la durée de l’instance
ou de l'empêchement.

ARTICLE 63

Sans préjudice des poursuites pénales, tout manquement


aux règles professionnelles, à la probité, à l’honneur, à la dignité, à
la loyauté, à la modération ou à la délicatesse, même se rapportant
à des faits extraprofessionnels, expose l’Avocat qui en est l'auteur
aux sanctions disciplinaires énumérées dans le présent Règlement.

CHAPITRE 2 - MANQUEMENTS ET SANCTIONS


DISCIPLINAIRES

ARTICLE 64

Les sanctions disciplinaires sont :

1) l’avertissement ;

2) le blâme ;
167
3) l’interdiction temporaire, qui ne peut excéder
trois années ;

4) la radiation du tableau des Avocats ou de la liste du


stage, ou le retrait de l’honorariat

L’avertissement, le blâme et l’interdiction temporaire peuvent


être assortis de la privation du droit de faire partie d’un Conseil de
l’Ordre, ainsi que de celui d’être éligible au Bâtonnat pendant une
durée n'excédant pas dix (10) ans.

Les sanctions disciplinaires peuvent faire l’objet d’une


publication dans les bulletins internes et les locaux de l’Ordre.

L’interdiction temporaire et les peines complémentaires


confirmées en appel peuvent, en outre, faire l'objet d'une publication
dans un ou plusieurs journaux d’annonces légales. Cette publication
est obligatoire en cas de radiation.

ARTICLE 65

La sanction de l'interdiction temporaire peut être assortie du


sursis. La suspension de la sanction ne s’étend pas aux mesures
accessoires prises en application de l’article 64. Si, dans le délai de
cinq (5) ans à compter du prononcé de la sanction, l’Avocat commet
une nouvelle faute occasionnant le prononcé d’une seconde
sanction disciplinaire, celle-ci entraîne l'exécution de la première
sans confusion avec la seconde.

La décision prononçant les sanctions prévues à l’article 64


du présent Règlement est notifiée à tous les autres Barreaux
de l’Union.

ARTICLE 66

L'Avocat radié ne peut être, ni inscrit au tableau, ni sur la


liste du stage d'aucun autre Barreau de l’Union.

168
ARTICLE 67

L’Avocat interdit temporairement doit, dès que la décision est


passée en force de chose jugée, s'abstenir de tout acte
professionnel. Il ne peut en aucune circonstance faire état de sa
qualité d’Avocat. Il ne peut participer à l'activité des organismes
professionnels auxquels il appartient.

CHAPITRE 3 - PROCEDURE DISCIPLINAIRE

ARTICLE 68

Aucune sanction disciplinaire ne peut être prononcée sans


que l'Avocat mis en cause n'ait été entendu ou appelé, au moins
quinze (15) jours à l’avance.

ARTICLE 69

Le Bâtonnier, sur sa propre initiative, ou à la demande du


Procureur Général, ou sur la plainte de toute personne intéressée,
procède à une enquête sur le comportement de l’Avocat mis en
cause. Le cas échéant, il désigne, à cette fin, un rapporteur.

Il classe l'affaire ou prononce le renvoi devant le


Conseil de discipline.

ARTICLE 70

L’Avocat est convoqué devant le conseil de discipline par


lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou par tout
moyen laissant trace écrite.

La convocation comporte l’indication des faits imputés et leur


qualification.

L’Avocat comparait en personne. Il peut se faire assister par


un Conseil.

Les débats devant le Conseil de discipline ne sont


pas publics.

169
ARTICLE 71

Durant l’enquête disciplinaire ou lors de l’instruction à


l'audience, toute personne susceptible d’éclairer l’instruction peut
être entendue contradictoirement. Il est dressé procès-verbal de
toute audition ; le procès-verbal est signé par la personne entendue.

ARTICLE 72

Toutes les pièces constitutives du dossier disciplinaire qui


accompagnent le rapport d’instruction doivent être cotées et
paraphées. Une copie du dossier est délivrée à l’Avocat ou à son
Conseil, sur sa demande et à ses frais.

ARTICLE 73

Toute décision prise par le Conseil de discipline est notifiée


à l’Avocat intéressé, au Procureur Général et au plaignant.

La notification est faite par le secrétariat de l’Ordre dans le


mois du prononcé de la décision, par lettre recommandée avec
demande d’avis de réception ou par tout moyen laissant trace écrite.

ARTICLE 74

L’Avocat qui fait l’objet d'une sanction disciplinaire et le


Procureur Général peuvent former un recours contre la décision
rendue par le Conseil de discipline.

La juridiction paritaire d'appel est saisie dans les conditions


prévues par l'article 21 du présent Règlement. Elle statue dans le
délai de deux (2) mois à compter de sa saisine.

ARTICLE 75

Le Procureur Général assure et surveille l’exécution des


sanctions disciplinaires.

170
TITRE VI - RESPONSABILITE CIVILE ET REGLEMENT
PECUNIAIRE DES AVOCATS

CHAPITRE PREMIER - RESPONSABILITE CIVILE

ARTICLE 76

Tout Avocat doit être couvert contre les conséquences


pécuniaires de sa responsabilité civile professionnelle par un contrat
souscrit, auprès d’une entreprise d'assurances régie par le code des
assurances applicable dans les Etats membres de l'UEMOA.

Cette assurance peut être souscrite collectivement par


le Barreau.

ARTICLE 77

La responsabilité civile professionnelle de l’Avocat membre


d'une société d'Avocats ou collaborateur ou salarié d'un autre Avocat
est garantie par l’assurance de la société dont il est membre ou de
l’Avocat dont il est le collaborateur ou le salarié.

Toutefois, lorsque le collaborateur d'un Avocat exerce en


même temps la profession d'Avocat pour son propre compte, il doit
justifier d’une assurance couvrant la responsabilité civile
professionnelle qu’il peut encourir du fait de cet exercice.

CHAPITRE 2 - CAISSE AUTONOME DE REGLEMENTS


PECUNIAIRES DES AVOCATS (CARPA)

ARTICLE 78

Il est créé au sein de chaque Barreau, entre les Avocats


inscrits au tableau, une Caisse Autonome de Règlements
Pécuniaires des Avocats (CARPA) destinée à centraliser dans un
compte unique les fonds, effets ou valeurs reçus par les Avocats.

L’inscription au tableau d’un Ordre emporte d’office


souscription au compte unique dans les livres de la Caisse
Autonome de Règlements Pécuniaires des Avocats (CARPA)
de cet Ordre.
171
La Caisse Autonome de Règlements Pécuniaires des
Avocats (CARPA) reçoit également les fonds séquestres ainsi que
les consignations diverses à la requête des juridictions ou des
personnes physiques ou morales.

ARTICLE 79

Le compte dans les livres de la Caisse Autonome de


Règlements Pécuniaires des Avocats (CARPA) est insaisissable.

La Caisse Autonome de Règlements Pécuniaires des


Avocats (CARPA) est gérée par un Conseil d'administration,
conformément aux dispositions en vigueur en la matière, dans
chaque Etat Membre.

ARTICLE 80

Il peut être institué une caisse autonome régionale de


règlements pécuniaires des avocats à l'initiative de la Conférence
des Barreaux de l’UEMOA.

CHAPITRE 3 - REGLEMENT PECUNIAIRE ET COMPTABILITE


DES AVOCATS

Section première - Règlement pécuniaire

ARTICLE 81

L'Avocat est tenu, lorsqu’il représente ou assiste son client,


de procéder aux règlements pécuniaires directement liés à son
activité professionnelle, conformément aux dispositions régissant le
fonctionnement de la Caisse Autonome de Règlements Pécuniaires
des Avocats (CARPA).

ARTICLE 82

Nonobstant toutes dispositions contraires, l’Avocat ne peut


procéder aux règlements pécuniaires portant sur les fonds, effets ou
valeurs reçus à l'occasion de son activité professionnelle que par
l’intermédiaire de la Caisse Autonome de Règlements Pécuniaires
des Avocats (CARPA), sous peine de sanction disciplinaire
172
Section 2 - Règles et documents comptables
ARTICLE 83
Les opérations de chaque Avocat et ou cabinet d’Avocats
sont retracées dans des documents comptables destinés,
notamment, à constater les versements de fonds et remises d’effets
ou valeurs qui lui sont faits au titre de ses opérations
professionnelles, ainsi que les opérations portant sur ces
versements ou remises. Cette comptabilité est tenue dans les
conditions prévues, par les articles 87 et 88 du présent Règlement.
ARTICLE 84
L’Avocat est tenu de présenter sa comptabilité à toute
demande du Bâtonnier.
ARTICLE 85
Tous les versements de fonds ou remises d’effets ou valeurs
à un Avocat ou cabinet d’Avocats donnent lieu à la délivrance ou à
l’envoi d’un accusé de réception s'il n’en a pas été donné quittance.
ARTICLE 86
Le compte doit porter mention des sommes précédemment
reçues à titre de provision ou de frais.
Avant tout règlement définitif, l’Avocat ou le cabinet
d’Avocats remet à son client un compte détaillé. Ce compte doit faire
ressortir distinctement, d’une part, les frais et débours et, d’autre
part, les émoluments et les honoraires.
ARTICLE 87
Les formes dans lesquelles doit être tenue la comptabilité
des Avocats sont fixées par le Conseil de l’Ordre.
ARTICLE 88
La comptabilité des Avocats ou des cabinets d’Avocats
est régie par les règles en vigueur dans les Etats du siège de
chaque Barreau.

173
TITRE VII - DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES

ARTICLE 89

La durée des mandats du Bâtonnier et des membres du


Conseil de l'Ordre en exercice au jour de l'entrée en vigueur du
présent Règlement, demeure régie par les dispositions en vigueur au
moment de leur élection.

Les Etats membres de l’UEMOA mettront en place la


juridiction d’appel paritaire dans un délai de six (6) mois à compter
de l’entrée en vigueur du présent Règlement

ARTICLE 90

La Commission prendra les actes d'application du présent


Règlement, après avis de la Conférence des Barreaux instituée par
le Règlement relatif à la libre circulation et à l’établissement des
Avocats ressortissants de l’Union au sein de l’espace UEMOA.

ARTICLE 91

Demeurent applicables, les dispositions des législations et


règlementations nationales des Etats membres qui ne sont pas
contraires au présent Règlement.

ARTICLE 92

Le présent Règlement abroge et remplace toutes


dispositions antérieures contraires.

Le présent Règlement, qui entre en vigueur à compter du 1 er


janvier 2015, sera publié au Bulletin officiel de l’UEMOA.

174
2-
LOI N° 81-588 DU 27 JUILLET 1981,
REGLEMENTANT LA PROFESSION D'AVOCAT.

175
TITRE PREMIER - L’ORGANISATION ET L’ADMINISTRATION
DES BARREAUX

ARTICLE PREMIER

Les avocats sont des auxiliaires de justice qui, sans


limitation territoriale, assistent ou représentent les personnes
physiques et morales devant toutes les juridictions ou organismes
juridictionnels ou disciplinaires à l’effet d'assurer leur défense.

Ils sont dispensés de produire une procuration.

Ils peuvent assister ou représenter autrui devant les


administrations publiques.

Ils prêtent serment et revêtent dans l’exercice de leurs


fonctions judiciaires le costume de leur profession.

ARTICLE 2

Sous réserve des dispositions législatives ou réglementaires


y dérogeant, nul ne peut, s’il n’est avocat, assister ou représenter les
parties devant les juridictions et organismes juridictionnels ou
disciplinaires de quelque nature que ce soit.

ARTICLE 3

Nul ne peut accéder à la profession d’avocat s’il ne remplit


les conditions suivantes :

1° Etre Ivoirien ;

2° Etre majeur ;

3° Etre titulaire soit de !a licence en Droit lorsque ce


diplôme a été délivré sous le régime fixé par le décret n° 54-343 du
27 mars 1954 ou le régime antérieur, soit de la maîtrise en Droit ou
du doctorat en Droit ;

4° Etre titulaire, sous réserve des dérogations


réglementaires, du certificat d’Aptitude à la profession d'avocat ;
176
5° N’avoir pas été l’auteur de faits ayant donné lieu à
condamnation pénale pour agissements contraires à l’honneur, à la
probité et aux bonnes mœurs ;

6° N’avoir pas été l’auteur de faits de même nature ayant


donné lieu à une sanction disciplinaire ou administrative de
destitution, radiation, révocation de retrait d’agrément ou
d’autorisation ;

7° N’avoir pas été déclaré en état de faillite ou de


liquidation judiciaire.

ARTICLE 4

Les avocats établis dans le ressort d’une Cour d’Appel


forment un barreau. Le barreau comprend les avocats inscrits
au tableau, les avocats inscrits sur la liste du stage et les
avocats honoraires.

ARTICLE 5

Chaque barreau est administré par un Conseil de l’Ordre des


avocats élu au scrutin secret par tous les avocats inscrits au tableau
de ce barreau.

Le Conseil de l’Ordre est présidé par un bâtonnier élu dans


les mêmes conditions.

Les avocats empêchés peuvent voter par mandataire choisi


parmi les avocats disposant du droit de vote.

ARTICLE 6

La composition du Conseil de l’Ordre est déterminée ainsi


qu'il suit :

- 3 membres titulaires et 3 membres suppléants si le


nombre des avocats inscrits est de 6 à 15 ;
- 5 membres titulaires et 3 membres suppléants si ce
nombre est de 16 à 30 ;

177
- 7 membres titulaires et 5 membres suppléants si ce
nombre est de 31 à 50 ;
- 9 membres titulaires et 5 membres suppléants au-delà
de cinquante.

Le Conseil de l’Ordre ne siège valablement que si plus


de la moitié de ses membres sont présents. Il statue à la
majorité des voix.

ARTICLE 7

Les membres du Conseil de l’Ordre sont élus pour deux ans.


Chaque bulletin comportant autant de noms qu’il y a de siège à
pourvoir, l’élection a lieu à la majorité absolue des suffrages des
avocats présents ou représentés.

ARTICLE 8

Dans les barreaux qui comprennent plus de six avocats


inscrits au tableau, peuvent seuls être élus membres du Conseil de
l’Ordre, les avocats inscrits au tableau depuis quatre ans au moins.
S’il n’y a pas d’avocats remplissant cette condition ou s’ils sont en
nombre insuffisant le Conseil est formé ou complété par des avocats
élus quelle que soit la durée de leur inscription au tableau.

Dans les barreaux où le nombre d’avocats inscrits est


supérieur à 30, à l'expiration du deuxième de deux mandats
successifs, les membres sortants à l’exception des anciens
bâtonniers ne sont rééligibles qu’après un délai de deux ans.

ARTICLE 9

Le Conseil de l’Ordre est présidé par un bâtonnier élu pour


deux ans parmi les avocats inscrits au tableau depuis au moins six
années. Si cette condition n’est remplie par aucun avocat inscrit, il
est procédé à l’élection nonobstant toute condition d’ancienneté.

L’élection a lieu au scrutin secret, à la majorité absolue des


avocats disposant du droit de vote au premier tour, et au deuxième
tour 'à na majorité absolue des membres présents ou représentés.

178
L’élection du bâtonnier précède l’élection des membres du
Conseil de l'Ordre.

Le bâtonnier n’est pas immédiatement rééligible. Toutefois,


dans les barreaux où le nombre des avocats inscrits n’est
pas supérieur à trente, le bâtonnier peut exercer deux
mandats successifs.

ARTICLE 10

Seules les personnes physiques peuvent être élues aux


fonctions de bâtonnier et de membres du Conseil de l'Ordre.

ARTICLE 11

Les élections générales ont lieu tous les deux ans, dans les
trois mois qui précèdent la fin de l’année judiciaire, à la date fixée
par le Conseil de l’Ordre.

Les élections partielles ont lieu dans les deux mois de


l'événement qui les rend nécessaires.

Quelle que soit la date de l’élection les mandats du bâtonnier


et des membres du Conseil de l’Ordre, commencent au début
de l’année judiciaire suivante pour se terminer à la fin d’une
année judiciaire.

Lorsque pour quelque cause que ce soit, le bâtonnier ou un


membre du Conseil de l’Ordre cesse ses fonctions avant le terme
normal de son mandat, il est procédé à l’élection d’un remplaçant
pour la période restant à courir.

Toutefois, si cet événement survient pendant les vacances


judiciaires ou dans les deux mois qui les précèdent, il n’est procédé
aux élections qu’à la rentrée judiciaire.

179
ARTICLE 12

Tout membre du barreau disposant du droit de vote peut


déférer les élections à la Cour d’Appel dans le délai de dix jours à
partir desdites élections.

L’intéressé forme sa réclamation soit par déclaration au


greffe de la Cour d'Appel, soit par lettre recommandée avec
demande d’avis de réception adressée au greffier en chef. Il avise
sans délai de sa réclamation le Procureur général et le bâtonnier par
lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

Le Procureur général peut déférer les élections à la Cour


d'Appel dans le délai de quinze jours à partir de la notification du
procès-verbal des élections qui lui a été faite par le bâtonnier. Il
forme sa réclamation par déclaration au greffe de la Cour et avise,
sans délai, le bâtonnier et le cas échéant l’avocat concerné par lettre
recommandée avec demande d’avis de réception.

La Cour d’Appel statue en assemblée générale et en la


Chambre du Conseil après avoir invité le bâtonnier à présenter
ses observations et entendu s’il y a lieu l'avocat concerné
ou son Conseil.

ARTICLE 13

Le Conseil de l’Ordre a pour attribution de traiter toute


question intéressant l’exercice de la profession et de veiller à
l’observation des devoirs des avocats ainsi qu’à la protection de
leurs droits. Il a pour tâche notamment :

1° D’arrêter et, s’il y a lieu, de modifier les dispositions du


règlement intérieur, de statuer sur l’inscription au tableau des
avocats, sur l’omission dudit tableau décidée d’office ou à la
demande du Procureur général, sur l’admission au stage des
titulaires de la licence, de la maîtrise ou du doctorat en Droit sur
l’inscription au tableau des avocats stagiaires après
l'accomplissement de leur stage ainsi que sur l’inscription et sur le
rang des avocats qui, ayant déjà été inscrits au tableau et ayant
abandonné l’exercice de la profession, se présentent de nouveau
pour la reprendre ;
180
2° D’exercer la discipline dans les conditions prévues par
les articles 90 et suivants de la présente loi ;
3° De maintenir les principes de probité de
désintéressement, de modération et de confraternité sur lesquels
repose la profession et d’exercer la surveillance que l’honneur et
l’intérêt de ses membres rendent nécessaire ;
4° De veiller à ce que les avocats soient exacts aux
audiences et se comportent en loyaux auxiliaires de la Justice ;
5° De traiter toute question intéressant l’exercice de la
profession, la défense des droits des avocats et la stricte observation
de leurs devoirs ;
6° De gérer les biens de l’Ordre, de préparer le budget, de
fixer le montant des cotisations, d’administrer et d’utiliser ses
ressources pour assurer les secours, allocations ou avantages
quelconques attribués aux membres ou anciens membres du
barreau, à leurs conjoints survivants ou à leurs enfants, de répartir
les charges entre ses membres ou d’en poursuivre le recouvrement ;
7° D’autoriser le bâtonnier à ester en Justice, à accepter
tous dons et legs faits à l’Ordre, à transiger, ou à compromettre, à
contracter tous emprunts, à consentir toutes aliénations ou
hypothèques ;
8° D’organiser les services généraux de recherche et de
documentation nécessaires à l’exercice de la profession ;
9° De vérifier la tenue de la comptabilité des avocats
et la constitution des garanties imposées par les articles 83 et
84 ci-après.
ARTICLE 14
Toutes délibérations du Conseil de l’Ordre, de caractère
réglementaire, sont notifiées au Procureur général. Il en
est de même :
1° Des décisions relatives à l’inscription et au refus
d’inscription au stage et au tableau, à l’omission du tableau ;
2° Des décisions en matière disciplinaire.
181
Sous réserves des dispositions particulières contenues dans
la présente loi, les délibérations et décisions du Conseil de l’Ordre
visées à l’alinéa précédent sont notifiées au Procureur général et s’il
y a lieu à l’avocat concerné, par lettre recommandée avec demande
d’avis de réception et dans le délai de quinze jours de leur date.

Les délibérations relatives à l’établissement ou à la


modification du règlement intérieur sont, en outre, communiquées au
premier président de la Cour d’Appel aux présidents des tribunaux,
aux procureurs de la République du ressort et à chacun des avocats
inscrits au tableau ou sur la liste du stage. Une copie du règlement
intérieur et des modifications intervenues est déposée au greffe de la
Cour d’Appel et tenue à la disposition de tout intéressé.

ARTICLE 15

Toute délibération ou décision du Conseil de l’Ordre


étrangère aux attributions de ce Conseil ou contraire aux
dispositions législatives ou réglementaires est annulée par la Cour
d’Appel sur les réquisitions du Procureur général.

Peuvent également être déférées à la Cour d’Appel à la


requête de l’intéressé, les délibérations ou décisions du Conseil de
l’Ordre de nature à léser les intérêts professionnels d’un avocat.

ARTICLE 16

Les décisions du Conseil de l’Ordre relatives à l’inscription


au tableau ou sur la liste du stage et à l’omission du tableau ou au
refus d’omission peuvent être déférées à la Cour d’Appel par le
Procureur général ou par l’intéressé.

ARTICLE 17

Le Procureur général, quand il défère à la Cour d’Appel


une délibération ou une décision du Conseil de l’Ordre en donne
avis au bâtonnier par lettre recommandée avec demande
d’avis de réception.

La Cour d’Appel est saisie et statue dans les conditions


fixées par l’article 12, alinéas 3 et 4.
182
ARTICLE 18

Lorsqu’un avocat s’estimant lésé dans ses intérêts


professionnels par une délibération ou décision du Conseil de
l’Ordre entend la déférer à la Cour l’Appel conformément à
l’article 15, alinéa 2 ci-dessus, il saisit préalablement de sa
réclamation le bâtonnier par lettre recommandée avec demande
d’avis de réception.

La décision du Conseil de l’Ordre doit être notifiée à l’avocat


intéressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception
dans le délai d’un mois à compter de la réception de la lettre
recommandée prévue à l’alinéa précédent.

En cas de décision de rejet de la réclamation, l’avocat peut


dans le mois de la notification de cette décision, le déférer à la Cour
d’Appel. Si dans le délai d’un mois prévu au deuxième alinéa du
présent article aucune décision n’est notifiée, la réclamation est
considérée comme rejetée et l’avocat peut dans le mois suivant
déférer à la Cour d’Appel le rejet de sa réclamation.

La Cour d’Appel est saisie et statue dans les conditions


fixées par l’article 12, alinéas 2 et 4.

ARTICLE 19

Chaque barreau est doté de la personnalité civile.

Le bâtonnier représente le barreau dans tous les actes de la


vie civile. Il prévient ou concilie les différends d'ordre professionnel
entre les membres du barreau et instruit toute réclamation formée
par les tiers.

Le bâtonnier peut déléguer à un ou plusieurs membres du


Conseil de l’Ordre une partie de ses pouvoirs pour un temps limité.
En cas d’absence ou d’empêchement temporaire, il peut, pour la
durée de cette absence ou de cet empêchement, déléguer la totalité
de ses pouvoirs à un ou plusieurs membres du Conseil de l’Ordre.

183
ARTICLE 20

L’assemblée générale composée des avocats inscrits au


tableau et des avocats stagiaires se réunit au moins une fois par an.
L’assemblée générale est présidée par le bâtonnier, par un
membre du Conseil de l’Ordre ou à défaut par le plus ancien des
avocats présents.
L’assemblée générale ne peut examiner que les questions
qui lui sont soumises par le Conseil de l’Ordre ou par un de ses
membres à la condition qu'il en informe le Conseil de l’Ordre quinze
jours à l’avance.
Le Conseil de l’Ordre délibère dans le délai de deux mois sur
les avis et les vœux exprimés par l’assemblée générale.
En cas de rejet le Conseil motive sa décision.
Les décisions du Conseil sont portées à la connaissance des
plus prochaines réunions de l’assemblée générale. Elles sont
consignées sur un registre spécial tenu à la disposition de tous les
avocats inscrits ou stagiaires.
TITRE II - ACCES A LA PROFESSION D’AVOCAT
CHAPITRE PREMIER - DU STAGE
ARTICLE 21
Toute personne qui demande son admission au stage est
tenue de fournir au Conseil de l’Ordre :
1° Un extrait de son acte de naissance et de son casier
judiciaire ;
2° Les pièces établissant qu’elle possède la nationalité
ivoirienne et n’est pas soumise à l’incapacité prévue par l’article 43,
alinéa 3 du Code de la Nationalité ;
3° Un des diplômes prévus par l’article 3, alinéa 3
ci-dessus ;

184
4° Sous réserve de dérogations réglementaires, le certificat
d’Aptitude à la profession d'avocat.
Le Conseil de l'Ordre recueille tous renseignements sur la
moralité du postulant.
ARTICLE 22
L’admission au stage est prononcée par le Conseil de
l’Ordre dans les deux mois de la réception de la demande.
Elle peut intervenir à n’importe quelle époque de
l’année judiciaire.
Le refus d’admission ne peut être prononcé sans que
l’intéressé ait été entendu ou appelé dans un délai de huitaine.
ARTICLE 23
La décision portant admission ou refus d’admission au stage
est notifiée dans les huit jours de sa date à l’intéressé et au
Procureur général qui peuvent dans le délai d’un mois de la
notification, déférer cette décision à la Cour d’Appel.
A défaut de notification d'une décision dans le mois qui
suit l’expiration du délai imparti au Conseil de l’Ordre pour statuer,
la demande est considérée comme rejetée et l’intéressé peut
porter sa réclamation devant la Cour d’Appel dans le délai fixé
à l’alinéa précédent.
La Cour d’Appel est saisie et statue dans les conditions
fixées par l’article 12, alinéas 2 et 4 ci-dessus.
ARTICLE 24
Les postulants doivent, avant d’être admis au stage et sur la
présentation du bâtonnier de l’Ordre, prêter serment devant la Cour
d’Appel en ces termes :
Je jure, en tant qu’avocat, d'exercer la défense et le conseil
avec dignité, conscience, indépendance et humanité, dans le respect
des tribunaux et des autorités publiques et des règles de mon Ordre,
de ne rien dire, ni publier qui soit contraire aux lois, aux règlements,
aux bonnes mœurs, à la sûreté de l’Etat et à la paix publique.

185
ARTICLE 25
Les avocats stagiaires sont inscrits sur la liste du stage
d’après la date de leur admission.
Le Conseil de l’Ordre arrête la liste des stagiaires qui est
publiée chaque année avec le tableau.
ARTICLE 26
Les avocats stagiaires reçoivent une formation
professionnelle assurée par un enseignement théorique et
pratique dispensé par des centres de Formation professionnelle
organisés par décret.
ARTICLE 27
Le stage comporte nécessairement :
1° La participation aux travaux organisés par le centre de
Formation professionnelle là où il en existe ;
2° L’assiduité aux exercices du stage et à un
enseignement des règles, traditions et usages de la profession
conformément au règlement intérieur ;
3° La fréquentation des audiences ;
4° Un travail effectif qui peut avoir lieu :
a) Au cabinet d'un avocat ;
b) Dans l’étude d’un notaire ;
c) Au parquet de la Cour d’Appel ou d’un tribunal
de première instance dans les mêmes conditions que les
auditeurs de Justice.
ARTICLE 28
L’avocat stagiaire est dispensé du payement de la patente et
de toute contribution y tenant lieu.

186
ARTICLE 29

La durée du stage est fixée à deux ans à compter de la


prestation du serment.

A l’issue du stage il est délivré à l’avocat stagiaire par le


bâtonnier, s’il y a lieu, un certificat de fin de stage.

ARTICLE 30

Si le bâtonnier estime que l’avocat stagiaire n’a pas satisfait


aux obligations édictées par l’article 27 ci-dessus, il peut, après avoir
entendu l’intéressé et après avis du Conseil de l’Ordre, prolonger le
stage deux fois d’une année.

A l’expiration de la quatrième année, le certificat est délivré


ou refusé.

Le refus ne peut être prononcé que par une décision motivée


du Conseil de l’Ordre. Elle est notifiée à l’intéressé qui peut dans le
mois la déférer à la Cour d’Appel qui est saisie et statue dans les
conditions fixées par l’article 12, alinéas 2 et 4.

ARTICLE 31

Le stage peut être fait successivement auprès de plusieurs


barreaux. Il ne peut être interrompu plus de trois mois, sauf
dérogation accordée par le Conseil de l’Ordre.

ARTICLE 32

Les Conseils de l’Ordre peuvent accorder une exemption


totale ou partielle du stage aux personnes visées aux alinéas 1, 3 et
5 de l’article 36 ci-après titulaires du certificat d’Aptitude à la
profession d'avocat et qui ne peuvent justifier de l’ancienneté
professionnelle requise pour en être de droit dispensées.

187
ARTICLE 33

Il est organisé entre les avocats stagiaires, dans les


conditions fixées au règlement intérieur un concours dénommé
conférence du stage. Les lauréats de ce concours ont le titre de
secrétaire de la conférence du stage.

Ne peuvent prendre part au concours ceux qui ont été


frappés d'une peine disciplinaire.

CHAPITRE 2 - DU TABLEAU

ARTICLE 34

Pour pouvoir exercer sa profession, tout avocat doit être


inscrit sur un état dit tableau tenu à jour par le Conseil de l’Ordre des
avocats ou sur la liste du stage.

ARTICLE 35

Peuvent être inscrits au tableau d’un barreau :

1° Les avocats stagiaires possédant le certificat de fin


de stage ;

2° Les personnes dispensées du certificat d’Aptitude à la


profession d'avocat et du stage dans les conditions prévues à
l'article 36 ci-après. Ces personnes sont tenues de prêter le serment
prévu à l’article 24 ci-dessus.

ARTICLE 36

Sont dispensés du certificat d’Aptitude à la profession


d’avocat et du stage :

1° Les anciens magistrats ayant au moins trois ans


de fonction ;

2° Les agrégés de Droit chargés d’un enseignement


juridique ;

188
3° Les maîtres assistants et chargés de cours, docteurs en
Droit, justifiant de cinq années d'enseignement juridique ;

4° Les anciens avocats précédemment inscrits au tableau


d’un barreau ;

5° Les anciens notaires et greffiers en chef titulaires d’un des


diplômes visés à l’article 3, alinéa 3 ci-dessus ayant exercé leur
profession pendant cinq ans.

ARTICLE 37

La demande d’inscription au tableau est adressée au


bâtonnier ; elle est accompagnée de toutes justifications utiles.

ARTICLE 38

Le Conseil de l’Ordre statue sur la demande d’inscription


dans les deux mois à compter de la réception de la demande.

La décision du Conseil de l’Ordre portant inscription au


tableau est notifiée dans les huit jours à l’intéressé et au Procureur
général. Dans le délai de quinze jours à partir de cette notification le
Procureur général peut déférer la décision à la Cour d’Appel.

La décision portant refus d’inscription est notifiée dans les


huit jours de sa date à l’intéressé et au Procureur général qui
peuvent dans le délai d'un mois à compter de ladite notification, la
déférer à la Cour d’Appel.

A défaut de notification d’une décision dans le mois qui suit


le délai imparti au Conseil de l’Ordre pour statuer, l’intéressé peut
considérer sa demande comme rejetée et se pourvoir devant la Cour
d’Appel dans le délai fixé à l’alinéa précédent.

Dans tous les cas, la Cour d’Appel est saisie et statue dans
les conditions fixées à l’article 12 ci-dessus.

ARTICLE 39

Aucun refus d’inscription ne peut être décidé par le Conseil


de l’Ordre sans que l’intéressé ait été entendu ou appelé dans un
délai de quinzaine.

189
ARTICLE 40

Doit être omis du tableau l’avocat qui se trouve dans un des


cas d’exclusion ou d’incompatibilité prévu par la loi.

ARTICLE 41

Peut-être omis du tableau :

1° L’avocat qui du fait de son éloignement du ressort de la


Cour d’Appel où il exerce, soit par l’effet de maladie ou infirmité
grave ou permanente, soit par acceptation d’activités étrangères au
barreau. est empêché d’exercer réellement sa profession;

2° L’avocat dont le défaut d’honorabilité hormis les cas de


fautes et infractions réprimées par les articles 98 et suivants ci-après
porte manifestement atteinte à la dignité de l’Ordre ;

3° L’avocat qui, sans motifs valables, n’acquitte pas dans


les délais prescrits sa contribution aux charges de l’Ordre ;

4° L’avocat qui, sans motifs légitimes, n’exerce pas


effectivement sa profession.

Toutefois, l’avocat investi de fonctions publiques ou chargé


par l’Etat d'une mission temporaire même rémunérée, sera dès la
cessation de ses fonctions ou mission, réinscrit au tableau avec le
rang qu’il occuperait s’il avait continué à exercer.

ARTICLE 42

L’omission du tableau est décidée par le Conseil de


l’Ordre soit d'office, soit à la demande du Procureur général
ou de l'intéressé.

ARTICLE 43

La réinscription au tableau est prononcée par le Conseil de


l'Ordre. Avant d'accueillir la demande de réinscription, le Conseil de
l’Ordre vérifie que l’intéressé remplit les conditions requises pour
figurer au tableau.
190
Les décisions en matière d’omission et de réinscription sont
prises dans les mêmes formes et donnent lieu aux mêmes recours
qu'en matière d’inscription.

ARTICLE 44

Le Conseil de l'Ordre arrête le tableau et la liste du stage.


Le tableau et la liste du stage sont publiés au moins une fois par an.
Ils sont déposés au greffe de la Cour d’Appel et de chaque
juridiction du ressort.

ARTICLE 45

Les avocats sont inscrits d’après leur rang d'ancienneté.

ARTICLE 46

Le titre d’avocat honoraire peut être conféré par le Conseil


de l’Ordre aux avocats qui ont exercé leur profession pendant vingt
ans au moins et ont donné leur démission.

Les droits et les devoirs des avocats honoraires sont


déterminés par le règlement intérieur.

TITRE III - DE L’EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT

CHAPITRE PREMIER - DES INCOMPATIBILITES

ARTICLE 47

La profession d’avocat est une profession libérale et


indépendante ; elle est incompatible :

a) Avec toutes les activités de caractère commercial


qu'elles soient exercées directement ou par personnes interposées ;

b) Avec les fonctions d’associé dans une société en nom


collectif, d'associé commandité dans les sociétés en commandite
simple ou par actions, de gérant dans une société à responsabilité
limitée, de président directeur général ou d’administrateur
délégué d’une société anonyme, de gérant d’une société
civile à moins que celle-ci n’ait pour objet la gestion d’intérêts
familiaux ou professionnels.

191
ARTICLE 48

L’avocat inscrit au tableau depuis au moins cinq ans peut


être élu aux fonctions de membre du Conseil de surveillance d’une
société commerciale ou d’administrateur d’une société commerciale.

Il doit informer le Conseil de l’Ordre dont il relève dans un


délai de quinze jours à compter de la date de son élection. Il joint à
sa déclaration un exemplaire des statuts.

Si le Conseil de l’Ordre estime que l’exercice de ces


fonctions est ou devient incompatible avec la dignité et la délicatesse
imposées aux avocats par les règles du barreau, il peut à tout
moment inviter l’intéressé à se démettre de ses fonctions
immédiatement. La décision du Conseil de l’Ordre peut être déférée
à la Cour d’Appel par l’avocat intéressé dans le délai de quinze jours
à compter de sa notification. La Cour d’Appel est saisie et statue
dans les conditions fixées par l’article 12 ci-dessus.

ARTICLE 49

La profession d'avocat est incompatible avec les charges


d’officiers publics et ministériels, les fonctions de commissaire
aux comptes.

ARTICLE 50

Sous réserve de dispositions législatives ou réglementaires


particulières, la profession d’avocat est incompatible :

a) Avec le louage de service ;

b) Avec tous emplois ou fonctions publics et avec toutes


missions confiées par Justice à l’exception de celle de séquestre.

Toutefois, la profession d'avocat est compatible avec


fonctions de professeurs ou de chargés de cours de Droit
dans les facultés ou écoles, de membres assesseurs des
tribunaux pour enfants.

192
ARTICLE 51

Les avocats peuvent être chargés par l’Etat de missions


temporaires même rétribuées. L’avocat chargé de mission en avise
le bâtonnier. Celui-ci saisit le Conseil de l’Ordre qui décide si l’avocat
intéressé peut être maintenu au tableau.

ARTICLE 52

L’avocat investi d’un mandat parlementaire est soumis aux


incompatibilités édictées par la loi relative à l’élection des députés à
l’Assemblée nationale.

ARTICLE 53

L'avocat investi d'un mandat de conseiller général ne peut,


pendant la durée de ce mandat, accomplir aucun acte de la
profession directement ou indirectement, ni contre le département
dans lequel il est élu, ni contre les communes ou les établissements
publics de ce département ou de ces communes.

ARTICLE 54

L’avocat investi d’un mandat municipal ne peut accomplir


aucun acte de sa profession directement ou indirectement contre la
commune et les établissements publics communaux.

ARTICLE 55

Il est interdit aux avocats anciens fonctionnaires de l’Etat


d’accomplir, contre les administrations ressortissant au département
ministériel, auxquels ils ont appartenu, aucun acte de la
profession, pendant un délai de trois ans à dater de la
cessation de leurs fonctions.

193
CHAPITRE 2 - DES MODALITES PARTICULIERES D’EXERCICE
DE LA PROFESSION
ARTICLE 56
L’avocat peut exercer sa profession soit à titre individuel, soit
en groupe dans le cadre d’association ou au sein de sociétés civiles
professionnelles, soit en quarté de collaborateur d’un autre avocat
ou groupe d’avocats.
L'avocat qui exerce sa profession en qualité d’avocat
collaborateur ou comme membre d’une société ou d’association
d’avocats n’a pas la qualité de salarié.
ARTICLE 57
Les associations ou les sociétés civiles professionnelles
d’avocats ne peuvent être constituées qu’entre avocats inscrits au
tableau et appartenant au même barreau.
Les modalités de constitution et de fonctionnement des
société civiles professionnelles d’avocats sont fixées par décret.
ARTICLE 58
La constitution d’une association ou d’une société civile
professionnelle ne peut avoir pour effet de réduire à un nombre
inférieur à six dans un même barreau, le nombre total des sociétés
d’avocats et des avocats exerçant leur profession à titre individuel.
Section première - De l’association
ARTICLE 59
Chacun des avocats qui constituent entre eux une
association demeure responsable vis-à-vis de ses clients.
Les avocats membres de l’association ne peuvent assister ni
représenter des parties ayant des intérêts différents.
Les droits dans l’association de chacun des avocats
associés lui sont personnels.

194
ARTICLE 60

Les contrats d'association doivent faire l’objet d'une


convention écrite dont un exemplaire est remis au Conseil de
l’Ordre, qui peut dans le délai d’un mois, mettre en demeure les
avocats de modifier la convention de façon qu’elle soit en conformité
avec les règles professionnelles.

ARTICLE 61

Le Procureur général est informé par le bâtonnier de la


conclusion de chaque contrat d’association. Il peut demander la
communication du contrat.

ARTICLE 62

Les sociétés civiles d’avocats peuvent établir un bureau


secondaire dans chacun des cabinets des associés résidant
dans le ressort d’un tribunal ou d’une section de tribunal autre que
celui du siège de la société ou de l’association. Tous les associés
peuvent exercer dans les bureaux secondaires au nom de la
société ou de l’association.

Section 2 - De la collaboration

ARTICLE 63

Le contrat de collaboration par lequel un avocat inscrit au


tableau s’engage à consacrer tout ou partie de son activité au
cabinet d’un autre avocat ou d'une société civile d’avocats qui
s’oblige à lui assurer une équitable rémunération doit faire l’objet
d’un acte écrit.

ARTICLE 64

Les conditions de la collaboration sont fixées par les parties


dans le cadre qui est déterminé par le règlement intérieur du barreau
qui peut comporter un barème des rémunérations minimal.

195
ARTICLE 65

L'avocat collaborateur demeure maître de l’argumentation


qu'il développe. Lorsque cette argumentation est contraire à celle
que développerait l’avocat à qui il est lié, il est tenu avant d’agir,
d’informer ce dernier.

L’avocat collaborateur peut demander à être déchargé


d'une mission qu’il regarde comme contraire à sa conscience
ou à ses conceptions.

ARTICLE 66

L’avocat ou la société civile d’avocats est civilement


responsable des actes professionnels accomplis pour son compte
par son ou ses collaborateurs.

ARTICLE 67

Lorsqu’il exerce les activités professionnelles comme


collaborateur l’avocat indique outre son propre nom, sa qualité de
collaborateur et le nom de l’avocat ou de la société civile d’avocats
pour le compte duquel il agit.

ARTICLE 68

Le contrat de collaboration ne doit pas comporter de


stipulation tendant à limiter la liberté d’établissement du
collaborateur à l’expiration dudit contrat.

L’ancien collaborateur fixe librement sa résidence


professionnelle sous réserve de s’abstenir de toutes pratiques qui
seraient constitutives d’une concurrence déloyale.

ARTICLE 69

Dans la quinzaine de la conclusion du contrat un exemplaire


est mis au Conseil de l’Ordre qui peut dans le délai
d’un mois mettre en demeure les avocats de modifier la
convention de telle façon qu’elle soit en conformité avec les
règles professionnelles.
196
ARTICLE 70

Le Procureur général est informé par le bâtonnier de la


conclusion de chaque contrat de collaboration. Il peut demander
communication du contrat.

CHAPITRE 3 - REGLES PROFESSIONNELLES

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 71

Seules ont droit au titre d’avocat, les personnes inscrites au


tableau ou sur la liste du stage d’un barreau. Les avocats doivent
faire suivre leur titre d’avocat de la mention de ce barreau.

L’avocat inscrit sur la liste du stage ne peut prendre le titre


d’avocat qu’en le faisant suivre du mot « stagiaire ».

L’avocat peut faire mention de ses titres universitaires.

ARTICLE 72

Les parties ayant des intérêts opposés ne peuvent être ni


assistées ni représentées par un même avocat, elles ne peuvent non
plus être respectivement assistées ou représentées par des avocats
membres d’une même société civile professionnelle ou liés par un
contrat d’association ou de collaboration.

ARTICLE 73

Lorsqu’il s’agit de pièces destinées à être communiquées


ou remises aux parties ou produites devant les tribunaux, l’avocat
peut les remplacer par des photocopies certifiées par lui
conformes à l’original.

En cas de contestation la production de l’original peut


toujours être ordonnée. Toute certification d’une photocopie non
conforme est considérée comme un faux en écriture privée et est
punie comme tel.

197
ARTICLE 74

Les avocats peuvent rédiger des actes sous signature privée


constatant une promesse d’achat ou de vente d'immeubles ou de
droits immobiliers, des baux d’une durée même supérieure à trois
ans, des baux renouvelables par tacite reconduction, des quittances
ou cession d’une somme équivalent à plus d'une année des loyers
ou fermages non échus à condition de mentionner dans l’acte qu’ils
assistent l’une des parties et de signer l’acte en même temps que la
partie qu’ils assistent. Ces actes peuvent faire l’objet d’une publicité
à la Conservation foncière.

ARTICLE 75

Lorsque l’affaire dont il est chargé est terminée ou qu’il


en est déchargé, l’avocat doit restituer sans délai les pièces
dont il est dépositaire.

Les difficultés relatives à la restitution des pièces ainsi


qu’aux honoraires et provisions sont réglées conformément aux
articles 89 et suivants ci-après.

ARTICLE 76

Les avocats sont tenus de déférer aux désignations et


commissions d’office dans les cas prévus par la loi, sauf motif
légitime d’excuse ou d'empêchement admis par l’autorité qui a
procédé à la désignation ou à la commission.

ARTICLE 77

L'avocat, en toute matière, ne doit commettre aucune


divulgation contrevenant au secret professionnel. Il doit notamment
respecter le secret de l'instruction en matière pénale.

ARTICLE 78

La publicité n’est permise à l’avocat que dans la stricte


mesure où elle procure au public une nécessaire information.

Tout acte de démarchage ou de sollicitation est interdit


à l’avocat.
198
ARTICLE 79

L’avocat peut apposer à l’extérieur ou à l’intérieur d'un


immeuble une plaque indiquant ses nom et prénoms, sa qualité
d’avocat, ses titres universitaires.

ARTICLE 80

L’avocat donne sa consultation dans son cabinet personnel


ou dans le cabinet de l’avocat dont il est le collaborateur.

Si les circonstances le rendent nécessaire, l’avocat peut,


sous réserve des exigences de la dignité professionnelle, se rendre
soit au siège d'une personne morale ou d’une entreprise, soit à la
résidence d’un client, personne physique. Il peut en déplacement
recevoir son client dans le cabinet d’un confrère.

ARTICLE 81

Sous réserves de justifier d’un mandat spécial dans le cas


où il est exigé, l’avocat est autorisé, lorsqu’il représente ou assiste
autrui à procéder aux règlements pécuniaires directement liés à son
activité professionnelle, en observant les règles fixées par décret et
par le règlement intérieur.

ARTICLE 82

Tout avocat est tenu de faire ouvrir un compte de dépôt


bancaire ou postal affecté à la réception des fonds reçus à l’occasion
de l’exercice de son activité professionnelle.

L’avocat ne peut conserver pendant plus de six mois les


sommes qu’il détient pour le compte d’un tiers à quelque titre que ce
soit. Toute somme qui n’a pas été remise aux ayants droit avant
l’expiration de ce délai est versée par l’avocat dans une caisse
professionnelle créée par décret.

Sont exceptées des obligations ci-dessus les sommes


reçues à titre de provision.

199
ARTICLE 83

Tout avocat a, dans des conditions fixées par décret,


l’obligation d’assurer sa responsabilité civile professionnelle en
raison des négligences et fautes commises dans l’exercice de ses
fonctions, auprès d'une société d’assurance ou d’un assureur agréé.

ARTICLE 84

Chaque barreau doit, dans des conditions fixées par décret,


justifier d’une assurance au profit de qui il appartiendra ou d'une
garantie affectée au remboursement des fonds, effets ou valeurs
reçues par les avocats membres du barreau souscripteur.

Le bâtonnier informe le Procureur général des


garanties constituées.

ARTICLE 85

Les instances en responsabilité civile contre les avocats


suivent les règles ordinaires de procédure.

Section 2 - De la suppléance

ARTICLE 86

Lorsqu'un avocat est empêché d’exercer ses fonctions il est


provisoirement remplacé pour les actes de procédure par un ou
plusieurs suppléants qu’il choisit parmi les avocats inscrits
au même barreau.

Il en avise aussitôt le bâtonnier.

ARTICLE 87

En cas de décès ou lorsque l’avocat empêché se trouve


dans l’impossibilité d’exercer son choix ou ne l’exerce pas, le ou les
suppléants sont désignés par le bâtonnier.

Il en est de même lorsque l’empêchement résulte d’une


sanction disciplinaire ou d’une interdiction provisoire.

Le bâtonnier est saisi par le Procureur général ou par toute


personne intéressée. Il peut se saisir d'office.
200
ARTICLE 88

Il est mis fin à la suppléance par le bâtonnier soit d’office,


soit à la requête du suppléé, du suppléant ou du Procureur général.

Section 3 - Des contestations en matière d’honoraires

ARTICLE 89

Les honoraires de consultation et de plaidoirie sont fixés


librement entre l’avocat et son client.

Toutefois est interdite la fixation à l’avance d’honoraires en


fonction de résultat à intervenir. Toute convention contraire est
réputée non écrite.

ARTICLE 90

Lorsque la condamnation en principal et intérêt prononcée


au profit de l’assisté judiciaire à procurer à celui-ci des ressources
telles que si elles avaient existées au jour de la demande
d’assistance judiciaire celle-ci ne lui aurait pas été accordée, l’avocat
désigné peut demander des honoraires à son client.

Ces honoraires ne peuvent être demandés qu’après que la


condamnation sera passée en force de chose jugée et avec
l’autorisation du bâtonnier de l’Ordre auquel appartient l’avocat.

ARTICLE 91

Les contestations concernant le montant et le recouvrement


des honoraires des avocats ne peuvent être réglées qu’en recourant
à la procédure prévue aux articles suivants.

ARTICLE 92

Toute partie a la faculté de soumettre au bâtonnier du


barreau auquel appartient l’avocat ses réclamations sans
conditions de forme.

L’avocat doit saisir le bâtonnier de toute difficulté.


201
Le bâtonnier, s’il le juge utile, entend préalablement l'avocat
et la partie. Il prend sa décision dans le mois. Cette décision est
notifiée dans les quinze jours de sa date à l’avocat et à la partie. La
lettre de notification fait mention du délai ouvert pour porter la
contestation devant le tribunal de première instance ou le juge de
section du lieu où l’avocat à son cabinet.

ARTICLE 93

La partie peut saisir de la contestation le tribunal ou le juge


de section du lieu où l’avocat exerce sa profession et à son cabinet,
dans le mois de la notification de la décision du bâtonnier ou, si le
bâtonnier n’a pas pris de décision dans les deux mois de la
réclamation, sans condition de délai.

ARTICLE 94

Le tribunal est saisi par assignation. Les débats ont lieu en


Chambre du Conseil, au vu des pièces et s’il y a lieu après toutes
mesures d’instruction.

Le jugement est rendu en audience publique. Il est dispensé


d’enregistrement.

Il peut être frappé des voies de recours ordinaires ou


extraordinaires dans les conditions du droit commun.

ARTICLE 95

Si la décision prise par le bâtonnier n’a pas été déférée au


tribunal, elle peut être rendue exécutoire par ordonnance du
président du tribunal ou du juge de section visé à l’article 93 à la
requête soit de l’avocat, soit de la partie. Cette ordonnance est
susceptible d’appel dans le mois de sa signification.

ARTICLE 96

Lorsque la contestation porte sur les honoraires du bâtonnier


elle est portée directement devant le tribunal.

202
ARTICLE 97

Les avocats ne pourront poursuivre le payement des frais


relatifs à la postulation et aux actes de procédure s'appliquant à leur
activité professionnelle qu’après en avoir obtenu la taxe par le
président de la juridiction où les frais ont été faits ou à son défaut par
un magistrat qu’il désignera.

La taxe sera arrêtée conformément au tarif. L’état détaillé


des frais taxés et l’ordonnance du magistrat taxateur revêtue sur
minute de la formule exécutoire seront signifiés à la partie débitrice.
Cette signification contiendra, à peine de nullité déclaration que
l'ordonnance deviendra définitive si elle n’est pas frappée
d’opposition dans le délai d’un mois.

Dans le mois de sa signification l’ordonnance de taxe est


susceptible d’opposition de la part tant de la partie débitrice que de
la partie qui en est bénéficiaire.

L’opposition est formée par acte d’huissier comportant


citation à comparaître devant la juridiction tel qu’elle a été
déterminée en application des règles fixées à l’alinéa premier. Elle
doit être motivée. Les débats ont lieu en Chambre du Conseil et la
décision, dispensée de l’enregistrement est rendu en audience
publique. S’il s’agit d'un jugement il est susceptible d’appel dans les
conditions du droit commun.

L’exécution de l’ordonnance de taxe rendue au profit d’un


avocat distractionnaire des dépens sera suspendue. Qu’il y
est fait opposition ou si la décision sur le fond est frappée
d’opposition ou d’appel.

L’ordonnance de taxe vaut titre exécutoire ; elle emporte


hypothèque judiciaire dans les conditions fixées par l’article 319 du
Code de Procédure civile, commerciale et administrative.

203
TITRE IV - DE LA DISCIPLINE

CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 98

Le Conseil de l’Ordre siégeant comme conseil de Discipline


poursuit et réprime les infractions et fautes commises par un avocat
ou un ancien avocat dès lors qu’à l'époque où les faits ont été
commis il était inscrit au tableau, sur la liste du stage ou sur la liste
des avocats honoraires d’un barreau.

Le conseil de Discipline agit soit d’office, soit à la demande


du Procureur général, soit à l’initiative du bâtonnier.

ARTICLE 99

Le conseil de Discipline est présidé par le bâtonnier ou en


cas d'empêchement par celui des membres du Conseil qui est le
plus ancien dans l'ordre du tableau à moins qu’il n’en soit disposé
autrement par le règlement intérieur.

ARTICLE 100

Toute contravention aux lois et règlements, toute infraction


aux règles professionnelles, tout manquement à la probité, à
l’honneur ou à la délicatesse même se rapportant à des faits extra-
professionnels expose l'avocat qui en est l’auteur aux sanctions
disciplinaires énumérées à l’article 101.

ARTICLE 101

Les peines disciplinaires sont :

- l’avertissement ;
- le blâme ;
- la suspension, laquelle ne peut excéder trois années ;
- la radiation du tableau des avocats ou de la liste du
stage ou le retrait de l’honorariat.

204
L'avertissement, le blâme et la suspension peuvent
comporter la privation par la décision qui prononce la peine
disciplinaire, du droit de faire partie du Conseil de l'Ordre pendant
une durée n’excédant pas dix ans.

Le conseil de Discipline peut en outre à titre de sanction


accessoire, ordonner l'affichage dans les locaux de l’Ordre de toute
peine disciplinaire.

ARTICLE 102

En cas de manquement aux dispositions que lui impose son


serment commis à l’audience par un avocat, le tribunal dresse
séance tenante procès-verbal de l’incident.

Ce procès-verbal est transmis au Procureur général qui peut


saisir, soit le conseil de Discipline dont relève l’avocat, soit la
juridiction devant laquelle s’est produit l’incident, autrement
composée, en vue de l’application des peines disciplinaires prévues
à l’article 101 ci-dessus.

ARTICLE 103

Lorsqu’une juridiction de première instance prononce une


peine disciplinaire dans les conditions définies à l’article 102
ci-dessus, le greffier de cette juridiction notifie dans le mois
cette décision au Procureur général et à l’avocat intéressé. L’appel
est recevable jusqu’à l’expiration du délai d’un mois à compter
de cette notification.

La Cour d’Appel est saisie et statue dans les conditions


fixées par l’article 12 ci-dessus.

ARTICLE 104

L’avocat radié ne peut être inscrit au tableau ou au stage


d’aucun autre barreau.

205
ARTICLE 105
Le conseil de Discipline peut, soit d’office, soit sur les
réquisitions du Procureur général, interdire provisoirement l’exercice
de ses fonctions à l’avocat qui fait l’objet d’une poursuite pénale eu
disciplinaire. La décision est exécutoire dès sa notification.
Il peut, dans les mêmes conditions, ou à la requête de
l’intéressé, mettre fin à cette interdiction.
L’interdiction provisoire d’exercice cesse de plein droit dès
que les sanctions pénales et disciplinaires sont éteintes.
ARTICLE 106
L’avocat suspendu doit dès le moment où la décision est
devenue exécutoire, s’abstenir de tout acte professionnel et
notamment de revêtir le costume de la profession, de recevoir la
clientèle, de donner des consultations, d'assister ou de représenter
les parties devant les juridictions. Il ne peut participer à l’activité des
organismes professionnels auxquels il appartient.
CHAPITRE 2 - PROCEDURE DISCIPLINAIRE
ARTICLE 107
Aucune peine disciplinaire, aucune mesure d’interdiction
provisoire ne peut être prononcée sans que l’avocat mis en cause ait
été entendu ou appelé dans un délai d’au moins quinze jours.
ARTICLE 108
Le bâtonnier, soit de sa propre initiative, soit à la demande
du Procureur général ou sur la plainte de toute personne intéressée,
procède à une enquête sur le comportement de l’avocat
mis en cause. Il classe l'affaire ou prononce le renvoi devant le
conseil de Discipline.
S’il est saisi d’une plainte il avertit le plaignant. Si les faits lui
avaient été signalés par le Procureur général il avise ce dernier.
Lorsque le bâtonnier est empêché ou mis en cause, il est
procédé dans les conditions prévues par le règlement intérieur. A
défaut, le Conseil de l’Ordre est saisi par le membre le plus ancien.

206
ARTICLE 109

Le conseil de Discipline est saisi soit par le renvoi prononcé


par le bâtonnier, soit par le Procureur général agissant directement
à la suite d’un classement prononcé par le bâtonnier. Il peut aussi
se saisir d’office.

ARTICLE 110

Le conseil de Discipline procède à l’instruction contradictoire


de l'affaire. Il peut en charger un de ses membres.

ARTICLE 111

L'avocat est convoqué par lettre recommandée avec accusé


de réception.

L’avocat comparaît en personne, il peut se faire assister


d’un avocat.

ARTICLE 112

Toute décision prise en matière disciplinaire par le conseil de


Discipline est notifiée à l’avocat intéressé et au Procureur général.

La notification est faite dans les dix jours du prononcé de la


décision par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.

ARTICLE 113

Si la décision disciplinaire est rendue par défaut, l’avocat


frappé d’une peine disciplinaire peut former opposition par
déclaration au secrétariat du Conseil de l'Ordre ou par
lettre recommandée avec accusé de réception dans les
quinze jours de la notification.

ARTICLE 114

Le droit d'appeler des décisions rendues par les conseils de


Discipline appartient dans tous les cas à l’avocat frappé d’une peine
ou d’une mesure d’interdiction provisoire, et au Procureur général.
207
ARTICLE 115

L’appel, soit du Procureur général, soit de l’avocat n'est


recevable qu’autant qu’il a été formé avant l'expiration du délai
de quinze jours de la notification qui leur a été faite par le
bâtonnier de la décision du conseil de Discipline ; toutefois, en
cas de décision par défaut, de délai ne court qu’à compter de
l’expiration des délais d’opposition.

La Cour d’Appel est saisie et statue dans les conditions


fixées à l’article 12 ci-dessus.

ARTICLE 116

En cas d’appel de l’avocat ou du Procureur général, un délai


de quinze jours est accordé à la partie à laquelle cet appel est notifié
pour interjeter appel incident. Ce délai court du jour, de réception par
l’intéressé de la lettre l'avisant de l’appel.

ARTICLE 117

Si dans les quinze jours d’une demande d'interdiction


provisoire de la part du Procureur général ou dans les deux mois
d’une demande de poursuite du Procureur général le Conseil de
l’Ordre n’a pas statué, la demande peut être regardée comme
rejetée et le Procureur général peut interjeter appel.

ARTICLE 118

La Cour d'Appel est saisie et statue dans les conditions


fixées par l’article 12 ci-dessus.

ARTICLE 119

En matière disciplinaire le délai d’appel et l’appel sont


suspensifs. La décision interdisant provisoirement l’exercice de ses
fonctions à l’avocat qui fait l’objet d’une poursuite pénale ou
disciplinaire est exécutoire nonobstant l’appel.

208
ARTICLE 120

Dans tous les cas le Procureur général assure et surveille


l’exécution des peines disciplinaires et de l'interdiction provisoire.

ARTICLE 121

L'exercice du droit de discipline ne met point obstacle aux


poursuites que le ministère public ou les parties civiles se croient
fondées à intenter devant les tribunaux pour la répression des actes
constituant des infractions pénales.

TITRE V - DISPOSITIONS DIVERSES

ARTICLE 122

Les arrêts de la Cour d’Appel intervenant en application de


la présente loi, en matière disciplinaire d’honoraires ou de frais ou
sur recours contre toute décision du Conseil de l’Ordre sont rendus
sans frais. Ils sont susceptibles d’un pourvoi en Cassation dans les
formes et délais prévus par le Code de Procédure civile,
commerciale et administrative.

La notification de l’arrêt fait courir le délai de pourvoi même à


l’encontre de celui qui notifie.

ARTICLE 123

Tous les délais prévus par la présente loi sont francs.

Toute notification prévue par la présente loi peut toujours


être faite, soit par lettre recommandée avec accusé de réception,
soit par signification ou par remise de l’acte au destinataire contre
émargement ou récépissé.

ARTICLE 124

Lors de l’ouverture d’une Cour d’Appel et jusqu’à la


constitution du barreau, les avocats établis ou qui s'établiront dans le
ressort de cette Cour, restent inscrits au tableau ou sur la liste du
stage du barreau auquel ils appartiennent.
209
Lorsque le nombre des avocats inscrits au tableau, et
établis dans le ressort de la nouvelle Cour d’Appel est au moins
égal à huit, un barreau est constitué dans le délai d’un mois
à partir de cet événement.

Les avocats disposent du droit de vote visé à l’article 5 sont


convoqués à la diligence du Procureur général ou de tout avocat
intéressé. L’assemblée présidée par l’avocat le plus ancien procède
à l’élection du bâtonnier et des membres du Conseil de l’Ordre qui
entrent en fonction dès la proclamation du résultat.

Peuvent être élus bâtonnier ou membres du Conseil


de l’Ordre, les avocats inscrits au tableau quelle que soit
leur ancienneté.

Une copie du tableau et de la liste du stage est notifiée par


le bâtonnier nouvellement élu au bâtonnier du barreau auquel
appartenaient les avocats y figurant. Ces avocats sont considérés
comme démissionnaires du barreau auquel ils appartenaient
jusqu’alors.

ARTICLE 125

Les avocats exerçant régulièrement dans tout Etat


accordant la réciprocité pourront à charge par eux d'informer
le bâtonnier, plaider dans une affaire déterminée devant les
juridictions ivoiriennes.

ARTICLE 126

Les avocats de nationalité étrangère inscrits au tableau du


barreau de Côte d'Ivoire lors de la promulgation de la présente loi
conservent à titre personnel tous les droits acquis dont ils
bénéficiaient avant cette date.

Le transfert de leur domicile à l’étranger entraîne la perte du


bénéfice de la présente disposition.

210
ARTICLE 127

Des décrets fixeront en tant que de besoin les conditions


d’application de la présente loi relative notamment à l'assurance de
la responsabilité civile professionnelle, à la garantie financière, à la
comptabilité et aux règlements pécuniaires, aux sociétés civiles
professionnelles, au costume professionnel, au certificat d’Aptitude à
la profession d’avocat.

ARTICLE 128

Sont abrogées la loi n° 59-233 du 7 novembre 1959 et toutes


les dispositions contraires à la présente loi.

ARTICLE 129

La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat et publiée


au Journal officiel de la République de Côte d'Ivoire.

211
IV-
NOTARIAT

212
1-
LOI N° 2018-897 DU 30 NOVEMBRE 2018
PORTANT STATUT DU NOTARIAT.

213
CHAPITRE PREMIER - ATTRIBUTIONS, ORGANISATION
ET COMPETENCE

ARTICLE PREMIER

Le notaire est un auxiliaire de justice qui a la qualité d'officier


public et ministériel. Il est chargé de recevoir les actes et contrats
auxquels les parties doivent ou veulent faire donner le caractère
d’authenticité attachés aux actes de l’autorité publique, pour en
assurer la date, en conserver le dépôt, en délivrer des grosses,
expéditions, extraits et copies.

Le notaire est également chargé de :

- légaliser des signatures apposées par les particuliers


sur des documents sous-seing privé ;
- certifier la conformité de copies d’acte à leurs originaux.

ARTICLE 2

Au siège de chaque tribunal de première instance, il peut


être créé un ou plusieurs offices de notaire.

Les offices de notaire sont créés par décret, sur proposition


du ministre chargé de la Justice.

ARTICLE 3

Au siège des juridictions où il n’a pas été créé d’office, les


fonctions notariales sont exercées par les greffiers en chef des
juridictions, lesquels prennent alors le titre de greffiers- notaires.

Les fonctions notariales sont retirées aux greffiers-notaires à


compter de l’installation du titulaire d’un office au siège de ladite
juridiction auprès de laquelle il a été nommé.

214
ARTICLE 4

Le notaire exerce ses fonctions sur toute l’étendue du


territoire national.

Il est astreint à résider au siège de la juridiction à laquelle il


appartient, sous peine d’être considéré comme démissionnaire.

Le greffier-notaire exerce ses fonctions dans les limites du


ressort de la juridiction à laquelle il appartient.

ARTICLE 5

Le notaire titulaire d’un office peut employer habituellement


des collaborateurs qui concourent, sous sa direction et sa
responsabilité, à la rédaction des actes, et au règlement
des dossiers.

Ceux-ci prennent le titre de clerc de notaire dans les


conditions fixées par décret.

CHAPITRE 2 - NOMINATION ET CESSATION DE FONCTION

ARTICLE 6

Le notaire est nommé dans les conditions fixées par décret.

Nul ne peut être nommé notaire s’il ne remplit les conditions


cumulatives suivantes :

1° être de nationalité ivoirienne ;

2° être âgé de vingt-cinq ans révolus ;

3° avoir la jouissance de ses droits civiques ;

4° n’avoir pas fait l’objet de condamnation pour des faits


portant atteinte à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs ;

5° n’avoir pas été déclaré en état de faillite personnelle ou


mis en état de liquidation des biens ou d’interdiction d’exercice d’une
profession réglementée ;

215
6° ne pas être officier public révoqué ou avocat rayé
du barreau ;

7° ne pas être fonctionnaire révoqué pour faits contraires à


la probité ou aux bonnes mœurs ;

8° être titulaire de la maîtrise ou d’un master en droit ;

9° avoir accompli un stage pendant deux années au moins


en qualité de clerc de première catégorie ;

10° avoir subi avec succès l’examen professionnel


de notaire.

ARTICLE 7

Sont dispensés de l’examen professionnel de notaire, sous


réserve d’accomplir une année de stage :

1° les magistrats ayant pratiqué leur profession au moins


pendant cinq années ;

2° les enseignants docteurs en Droit ayant au moins cinq


années de pratique de leur profession ;

3° les greffiers en chef et les fonctionnaires de


l’enregistrement ayant pratiqué leur profession pendant au
moins cinq années ;

4° les avocats inscrits pendant cinq ans au moins au


barreau ivoirien ou d’un Etat lié à la Côte d’Ivoire par un
accord de réciprocité.

Les anciens notaires sont dispensés de l’examen


professionnel de notaire et du stage.

L'accomplissement du stage d’aptitude à la profession de


notaire est justifié par une attestation délivrée par la Chambre des
notaires, sur avis du notaire maître de stage.

216
ARTICLE 8

Est dispensée du stage et de l’examen professionnel, la


personne qui réunit les conditions prévues aux paragraphes 1° à 9°
de l’article 6 de la présente loi et qui remplit les conditions
cumulatives suivantes :

1° justifier de diplômes, certificats ou autres titres


permettant l'exercice de la profession de notaire dans un Etat tiers ;

2° fournir une attestation émanant de l'autorité compétente


de cet Etat qui a reconnu les diplômes, certificats ou autres titres,
certifiant que leur titulaire a une expérience professionnelle de
notariat de trois ans au moins dans cet Etat.

ARTICLE 9

Le notaire titulaire d’office n’a le droit de céder ledit office


que dans les conditions déterminées par décret.

ARTICLE 10

Le notaire titulaire d’office est assujetti au versement d’un


cautionnement constitué en espèces spécialement affecté à la
garantie des condamnations susceptibles d’être prononcées
contre lui à l’occasion des fautes de toute nature commises dans
l’exercice de sa fonction.

Lorsque le cautionnement est employé en tout ou partie, il


doit être immédiatement rétabli à sa valeur initiale. Faute de
rétablir l’intégralité dudit cautionnement, dans les six mois suivant
cet emploi, le notaire est considéré comme démissionnaire et
remplacé d’office.

Le montant, les modalités de paiement et l’utilisation du


cautionnement sont fixés par décret.

ARTICLE 11

Le notaire titulaire d’office est tenu d’assurer sa


responsabilité professionnelle dans les conditions fixées
par décret, sous peine d’être considéré comme démissionnaire
et remplacé d’office.
217
ARTICLE 12

Il est institué une Caisse de Garantie Collective des


Notaires, en abrégé CGCN, gérée par la Chambre des notaires.

Cette caisse est spécialement affectée à la garantie des


condamnations susceptibles d’être prononcées contre les notaires à
l’occasion des fautes de toute nature commises dans l’exercice de
leurs fonctions.

La Chambre des notaires dispose d’une action récursoire


contre le notaire au profit de qui la caisse de garantie est intervenue.

L’organisation et le fonctionnement de cette Caisse sont


fixés par arrêté du ministre de la Justice, sur proposition de la
Chambre des notaires.

ARTICLE 13

Avant d’entrer en fonction et, dans les trois mois de la


notification de sa nomination, le notaire, à peine de déchéance, prête
devant la Cour d’appel, le serment de remplir ses fonctions avec
exactitude et probité.

Il n’est admis au serment qu’en présentant :

1° la quittance constatant le versement du cautionnement ;

2° la justification du paiement dû au titre de la Caisse de


Garantie Collective des Notaires ;

3° l’attestation d’assurance responsabilité civile souscrite


auprès de la compagnie d’assurance agréée par la Chambre
des notaires.

Le notaire dépose, dans le même délai, au greffe de la Cour


d’appel et au greffe de la juridiction du lieu de sa résidence, sa
signature et son paraphe.

218
ARTICLE 14

Le notaire titulaire d'office, qui se trouve dans l’impossibilité


de continuer convenablement l’exercice de ses fonctions par suite de
l’âge, de la maladie, d’infirmité ou pour toute autre cause, est déclaré
démissionnaire.

Cette décision est prise dans les conditions déterminées


par décret.

ARTICLE 15

Outre le cas visé à l’article 14 ci-dessus, la cessation de


fonction du notaire résulte :

1° de la démission ;

2° de la cession de l’office ;

3° du décès ;

4° de la destitution.

ARTICLE 16

Le notaire démissionnaire, décédé ou destitué est remplacé


dans les conditions fixées par décret.

ARTICLE 17

Le notaire titulaire d’un office, qui a exercé pendant dix


années consécutives, peut obtenir le litre de notaire honoraire.

CHAPITRE 3 - DEVOIRS ET OBLIGATIONS

ARTICLE 18

Le notaire est tenu de prêter son ministère lorsqu’il en


est requis.

219
ARTICLE 19

Le notaire ne peut recevoir des actes dans lesquels ses


parents et alliés, en ligne directe à tous les degrés et en ligne
collatérale jusqu’au degré d’oncle et de neveu inclusivement, sont
parties ou qui contiennent quelques dispositions en leur faveur.

ARTICLE 20

A l’exception de l’hypothèse visée à l’article 3 de la


présente loi, les fonctions de notaire sont incompatibles avec
toute activité d’officier ministériel, d’avocat et de toute fonction
publique rémunérée.

Toutefois, le notaire peut, à titre subsidiaire dispenser, dans


les établissements de formation, des enseignements correspondant
à sa spécialité.

ARTICLE 21

Le notaire ne peut réclamer ni recevoir d’autres droits et


honoraires que ceux fixés par décret.

ARTICLE 22

Le notaire est tenu de faire ouvrir un compte de dépôt


bancaire affecté aux fonds reçus à l’occasion de l’exercice de son
activité professionnelle.

Il ne peut conserver pendant plus de six mois les sommes,


effets ou valeurs qu’il détient pour le compte d’un tiers, à quelque
titre que ce soit.

Les sommes, effets ou valeurs qui n’ont pas été remis aux
ayants droit avant l’expiration de ce délai sont versés par le notaire
dans une caisse publique de dépôt.

Le notaire n’est pas tenu aux obligations ci-dessus


lorsqu’il s’agit des sommes versées à titre de provision sur frais
d’actes à intervenir.

220
ARTICLE 23

Le notaire tient, conformément aux normes du droit


comptable en vigueur, une comptabilité destinée à constater les
recettes et les dépenses en espèces ainsi que les entrées et sorties
des valeurs effectuées pour le compte de chaque client.

ARTICLE 24

Le greffier-notaire est soumis, dans l’exercice de la


profession notariale, à toutes les obligations imposées au notaire
titulaire d’office.

ARTICLE 25

Le greffier-notaire perçoit les mêmes émoluments que le


titulaire d’un office notarial.

Toutefois, il est tenu de reverser à l’Etat, une partie de


ses émoluments.

Le taux de ce reversement ainsi que les modalités de


liquidation et de perception sont déterminés par décret.

ARTICLE 26

La formation professionnelle continue est obligatoire pour


le notaire.

Elle est organisée soit par la Chambre des notaires, soit


par la Chambre des notaires en collaboration avec le ministère
de la Justice.

221
CHAPITRE 4 - ETABLISSEMENT, CONSERVATION ET
DELIVRANCE DES ACTES

Section première - Etablissement

ARTICLE 27

Le notaire instrumente seul, même lorsque des lois


particulières antérieures en disposent autrement.

Toutefois, lorsque les parties déclarent ne pouvoir ou ne


savoir signer, le notaire se fait assister de deux témoins
majeurs sachant lire et écrire. Ceux-ci doivent, en outre, jouir de
leurs droits civiques.

Les parties ne pouvant ou ne sachant signer apposent


l’empreinte de l’index gauche sur l’acte. Il est interdit au notaire
d’accepter la croix en guise de paraphe et de signature.

Le mari et la femme ne peuvent être témoins dans le


même acte.

Les parents ou alliés au degré prohibé par l’article 19 de la


présente loi et les serviteurs ou employés soit du notaire, soit des
parties, ainsi que les clercs de notaire ne peuvent être témoins.

La présence des témoins n’est requise qu’au moment de la


lecture de l’acte par le notaire et de la déclaration par la partie
concernée de ne savoir ou ne pouvoir signer.

Les testaments restent soumis aux règles qui leur


sont propres.

ARTICLE 28

Toutes les fois qu’une personne ne parlant pas la


langue officielle est partie ou témoin, le notaire se fait assister
d’un interprète assermenté. Cet interprète traduit littéralement
l’acte et le signe.

222
Les parents ou alliés, soit des parties contractantes, soit du
notaire, en ligne directe à tous les degrés, et en ligne collatérale,
jusqu’au degré d’oncle ou de neveu inclusivement, ne
peuvent remplir les fonctions d’interprète dans les cas prévus
par le présent article.

Les légataires ainsi que leurs parents ou alliés jusqu’au


degré de cousin germain inclusivement ne peuvent non plus
servir d’interprètes.

ARTICLE 29

Les formalités prescrites aux articles 27 et 28 sont portées


dans l’acte, à peine de nullité.

ARTICLE 30

Les noms et prénoms, l’état et le domicile des parties doivent


être connus du notaire qui, à défaut, procède, sous sa
responsabilité, à toute vérification nécessaire à l’effet de s’assurer
de leur identité.

ARTICLE 31

Tous les actes contiennent :

1° les nom, prénoms et lieu de résidence du notaire ;

2° les nom, prénoms, nationalité, date et lieu de naissance,


domicile, qualité, références d’une pièce d’identité des parties ;

3° les nom, prénoms, nationalité, date et lieu de naissance,


domicile, qualité, références d’une pièce d’identité des témoins,
lorsque leur présence est requise ;

4° le lieu, les jour, mois et an de l’acte.

Les dates et les sommes d’argent figurent en toutes lettres


dans le corps des actes. Toutefois, les numéros peuvent être écrits
en lettres ou en chiffres.

Les actes notariés contiennent les signatures du notaire, des


parties, et, le cas échéant, celles des témoins et de l’interprète.

223
ARTICLE 32

Le notaire tient un répertoire de tous les actes qu’il reçoit et


un registre de dépôt des testaments olographes.

Le répertoire est visé, coté et paraphé par le président du


tribunal du lieu de situation de l’office notarial.

ARTICLE 33

Les actes du notaire sont, sous sa responsabilité, soit écrits


à la main, soit dactylographiés ou encore saisis par tous moyens
informatiques et imprimés au moyen d’une encre indélébile.

Ils sont, dans tous les cas, rédigés en un seul tenant,


lisiblement, sans blanc, ni surcharge, ni addition dans le
corps de l’acte.

Les abréviations qui ne sont pas les références d’un


document sont interdites.

Les mots surchargés, écrits entre deux lignes ou ajoutés


sont réputés non écrits.

Les mots ou les chiffres qui doivent être rayés, le sont de


manière que leur nombre puisse en être constaté en marge de la
page correspondante ou à la fin de l’acte, et sont approuvés de la
même manière que les renvois écrits en marge.

ARTICLE 34

Les renvois et apostilles ne peuvent être inscrits qu’en


marge. Ils sont, à peine de nullité, signés ou paraphés par le notaire
et par les autres signataires.

Toutefois, les renvois pour cause de mauvaise orthographe


d’un mot sont paraphés du seul notaire.

Si la longueur du renvoi exige qu’il soit transporté à la fin de


l’acte, il sera, à peine de nullité, non seulement signé ou paraphé
comme les renvois écrits en marge, mais encore expressément
approuvé par les parties.
224
ARTICLE 35

L'acte notarié est établi en minute ou en brevet. L’acte


reçu par le notaire est paraphé au bas du recto, et du verso s’il
y a lieu, de chaque feuille par les parties, le notaire et les témoins
s’il en est exigé.

La signature des parties, du notaire, et des témoins s’il y a


lieu, est apposée en dernière page.

L’acte fait mention de la signature et de la lecture faite


aux parties.

Ces formalités sont prescrites à peine de nullité.

ARTICLE 36

Chaque notaire est tenu d’avoir un sceau portant ses


nom et prénoms, qualité, résidence ainsi que le type
« République de Côte d’Ivoire ».

Les brevets, grosses, expéditions et extraits des actes


portent l’empreinte de ce sceau. Celui-ci peut être physique
ou électronique.

ARTICLE 37

Les grosses, expéditions ou extraits sont établis de la même


façon que les minutes, et selon des procédés techniques qui sont
déterminés par décret.

ARTICLE 38

Le notaire est tenu d’annexer aux actes reçus par lui ou


déposés au rang de minutes, soit l’original ou l’expédition, soit la
traduction certifiée par un traducteur assermenté et signé des
parties, de tous actes auxquels les nouvelles conventions se
réfèrent. Une analyse sommaire desdites pièces doit, en outre,
figurer dans l’acte auquel elles sont annexées ou dans l’acte fait en
suite de leur dépôt au rang des minutes.

225
Lorsque ces actes sont rédigés dans une langue étrangère,
ils peuvent être annexés aux actes reçus par le notaire ou déposés
aux rangs de ses minutes, à condition d’être traduits par un
traducteur assermenté.

Le notaire ne peut établir des pouvoirs, des délégations ou


des substitutions concernant une société ayant son siège en Côte
d’Ivoire, qu’après avoir pris connaissance des pièces constitutives et
modificatives de ladite société, ainsi que, s’il le juge utile, des
justificatifs relatifs à l’accomplissement des formalités légales, et
après vérification de la régularité de ces pièces et justificatifs.

ARTICLE 39

Tous les actes notariés font foi en justice de la convention


qu'ils renferment, entre les parties contractantes et leurs héritiers ou
ayants cause.

Ils sont exécutoires sur toute l’étendue du territoire


de la République.

Néanmoins, en cas de plainte en faux principal, l’exécution


de l’acte argué de faux est suspendue par la saisine de la juridiction
compétente. En cas d’inscription de faux faite incidemment, les
juridictions peuvent, suivant la gravité des circonstances, suspendre
provisoirement l’exécution de l’acte.

ARTICLE 40

Les actes qui ne sont pas revêtus de la signature de


toutes les personnes dont la participation est requise, sont nuls, de
nullité absolue.

Les actes faits en contravention des articles 4,27,28, 30,31


et 38 de la présente loi sont également nuls. Toutefois, l’acte revêtu
de la signature de toutes les parties contractantes, vaut comme acte
sous-seing privé.

Les infractions aux prescriptions des articles 33, 34, 35, 36


et 37 de la présente loi peuvent donner lieu au prononcé d’une
amende civile de 500.000 francs.
226
Dans tous les cas, le notaire contrevenant peut être
condamné à des dommages-intérêts envers la partie lésée,
nonobstant toute sanction disciplinaire.

Les poursuites judiciaires entraînant, pour le notaire en


cause, condamnation à l’amende ou à des dommages-intérêts, sont
portées devant la juridiction du lieu où il exerce son ministère.

Section 2 - Conservation

ARTICLE 41

Le notaire est tenu de garder minute de tous les actes


qu’il reçoit.

Néanmoins, peuvent être établis en brevet, les procès-


verbaux des déclarations du testament en cas de testament
mystique, les certificats de vie, les procurations, les actes de
notoriété, les quittances de fermage, de loyer, de salaire, d’arrérages
de pension, de rente, des sommes quelconques, si les parties le
requièrent, et les autres actes dans le cas où la loi l’autorise.

Peuvent également être passés en simple brevet ou en


minute, au choix des parties, les actes relatifs à des conventions qui
ne s’appliquent qu’à des objets purement mobiliers et dont la valeur
n’excède pas 1.000.000 de francs, lorsqu’ils ne contiennent pas de
dispositions que des tiers pourraient invoquer.

Section 3 - Délivrance

ARTICLE 42

Le droit de délivrer des grosses, expéditions et extraits


n’appartient qu’au notaire, détenteur de la minute ou
à son successeur.

Néanmoins, tout notaire peut délivrer expédition, extrait ou


copie de l’acte qui lui a été déposé pour minute.

227
ARTICLE 43

Le notaire ne peut se dessaisir d’aucune minute si ce n’est


dans les cas prévus par la loi et en vertu d’une décision de justice.
Avant de se dessaisir de la minute, il en établit et signe une copie
figurée ou une reproduction qui, après avoir été certifiée par le
président de la juridiction de sa résidence, est substituée à la minute
dont elle tient lieu jusqu’à sa réintégration.

ARTICLE 44

Le notaire ne peut, sans une ordonnance du président de la


juridiction de sa résidence, délivrer une expédition ni donner
connaissance des actes qu’il détient qu’aux personnes intéressées
en nom direct, héritiers ou ayants droit, à peine de dommages-
intérêts et d’une amende civile de 1.000.000 de francs.

En cas de récidive, il peut être suspendu de ses fonctions


pendant trois mois.

Toutefois, les présentes dispositions ne sont pas applicables


dans les cas où les lois et décrets prescrivent la communication
des actes et des registres aux préposés de l’enregistrement
ou la délivrance d’extraits à publier à la porte de la salle
d’audience des juridictions.

ARTICLE 45

Les grosses sont délivrées en forme exécutoire. Elles sont


intitulées et terminées dans les mêmes termes que les
jugements des tribunaux.

Il est fait mention sur la minute, en première page, de la


délivrance de la première grosse à chacune des parties intéressées.

Il ne peut leur en être délivré d’autres, à peine de nullité


desdites grosses, sans préjudice de sanctions disciplinaires, sauf à
procéder conformément aux règles de procédure civile.

228
ARTICLE 46

Sauf conventions internationales contraires, lorsqu’il y a lieu


de produire les actes notariés devant les autorités étrangères, la
signature du notaire qui les a reçus ou qui en délivre expédition ou
extrait est légalisée par le ministère de la Justice, puis par le
ministère des Affaires étrangères, et par la représentation
diplomatique du pays destinataire de l’acte.

ARTICLE 47

Les actes et dossiers détenus par le notaire sont couverts


par le secret professionnel. Ce secret professionnel ne peut être levé
que sur autorisation écrite du procureur général.

CHAPITRE 5 - INTERDICTIONS, ORGANISATION


ADMINISTRATIVE ET DISCIPLINAIRE

ARTICLE 48

Il est interdit au notaire, soit par lui-même, soit indirectement:

1° de se livrer à des spéculations en bourse ou à des


opérations de commerce, de banque, d’escompte ou de courtage ;

2° de s’immiscer dans l’administration d’une société, d’une


entreprise de commerce ou d’une industrie ;

3° de faire de la spéculation relativement à l’acquisition ou


à la revente des immeubles, à la cession des créances, droits
successifs, actions industrielles ou autres droits incorporels
appartenant à ses clients ;

4° de s’intéresser dans aucune affaire pour laquelle il prête


son ministère ;

5° de recevoir ou conserver des fonds à charge d’en


servir l’intérêt ;

6° de se constituer garant ou caution, à quelque titre que


ce soit, des prêts à la négociation desquels il aurait participé, comme
aussi de ceux dont les actes seraient dressés par lui ou avec
sa participation ;

229
7° d’avoir recours à un prête-nom ;

8° de consentir avec ses deniers personnels des prêts qui


ne seraient pas constatés par acte authentique ;

9° de contracter pour son propre compte aucun emprunt


par souscription de billet sous-seing privé ;

10° d’employer même temporairement les sommes ou


valeurs dont il est constitué détenteur, à un usage auquel elles ne
sont pas destinées ;

11° de retenir, même en cas d’opposition, les sommes qui


doivent être versées par lui à la Caisse de Garantie collective
des Notaires ;

12° de négocier, de rédiger, faire signer les billets ou


reconnaissances sous-seing privé et s’immiscer de quelque manière
que ce soit dans la négociation, l’établissement ou la prorogation de
tels billets ou reconnaissances ;

13° de laisser intervenir, un membre quelconque de son


étude sans un mandat écrit, dans les actes qu’il reçoit.

ARTICLE 49

Il est institué une Chambre des notaires de Côte d’Ivoire


représentant l’ensemble de la profession auprès des
pouvoirs publics.

La Chambre des notaires est dotée de la personnalité


morale.

La Chambre des notaires a des pouvoirs disciplinaires et


donne son avis, chaque fois qu’elle en est requise, sur toutes les
questions professionnelles.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement de la


Chambre des notaires sont fixées par décret.

230
ARTICLE 50

Tout manquement aux devoirs et aux obligations imposés


aux notaires, peut être sanctionné par l’une des mesures
disciplinaires ci-après :

- l’avertissement ;
- le blâme ;
- la suspension à temps pour une durée ne pouvant
excéder une année ;
- la destitution.

Les deux premières sanctions sont prononcées aussi bien


par la Chambre des notaires que par le procureur général.

La suspension et la destitution relèvent de la compétence du


ministre de la Justice.

ARTICLE 51

En cas de poursuite pour infraction commise dans l’exercice


de ses fonctions, aucun notaire ne peut être arrêté ni déféré sans
que le président de la Chambre des notaires ou son représentant
n’ait été avisé et sans que l’intéressé n’ait été entendu au préalable
par le procureur général ou tout magistrat du parquet général
délégué par celui-ci.

ARTICLE 52

Le greffier-notaire est passible des peines disciplinaires


prévues par le Statut des greffiers, sans préjudice des
poursuites pénales.

CHAPITRE 6 - MODALITES D’EXERCICE DE LA PROFESSION

ARTICLE 53

Le notaire peut exercer sa profession :

1° soit à titre individuel ;

2° soit au sein d’une société civile professionnelle ;


231
3° soit en tant que notaire salarié dans un office notarial ou
dans une société civile professionnelle.

Les modalités de constitution et de fonctionnement des


sociétés civiles professionnelles de notaires sont fixées par décret.

CHAPITRE 7 - DISPOSITIONS TRANSITOIRES

ARTICLE 54

Le notaire titulaire d’office et le greffier-notaire, en exercice à


la date d’entrée en vigueur de la présente loi, demeurent en fonction
sans qu’il soit nécessaire de procéder, en ce qui les concerne, à une
nouvelle nomination.

Toutefois, ils exercent leur ministère conformément aux


dispositions de la présente loi.

CHAPITRE 8 - DISPOSITIONS FINALES

ARTICLE 55

Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires à la


présente loi, notamment la loi n°69-372 du 12 août 1969 portant
Statut du notariat, telle que modifiée et complétée par la loi n°97-513
du 4 septembre 1997.

ARTICLE 56

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

232
2-
DECRET N°2020-277 DU 26 FEVRIER 2020
FIXANT LES MODALITES DE RECEPTION DES FONDS DES
CLIENTS DES NOTAIRES PAR LA CAISSE DES DEPOTS
ET CONSIGNATIONS DE COTE D’IVOIRE.

233
ARTICLE PREMIER

Est ouvert auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations


de Côte d’Ivoire, par chaque notaire, un compte affecté au dépôt des
fonds, effets ou valeurs remis par les clients.

ARTICLE 2

Les fonds, effets ou valeurs mentionnés à l’article précédent


qui n’ont pas été restitués au client ou à ses ayants droit dans le
délai de six mois prévu par l’article 22 de la loi n° 2018-897 du 30
novembre 2018 susvisée, ne peuvent plus être gardés par le notaire
ou dans l’un de ses comptes ouvert dans un établissement bancaire.

Lesdits fonds, effets ou valeurs sont immédiatement


déposés dans le compte prévu à l’article 1.

ARTICLE 3

Tout manquement aux dispositions du présent décret


expose le notaire aux sanctions prévues par la loi n° 2018-897
du 30 novembre 2018 susvisée.

ARTICLE 4

Chaque notaire dispose d’un délai de six mois à compter de


la date d’entrée en vigueur du présent décret pour s’y conformer.

ARTICLE 5

Le ministre de l’Economie et des Finances, le ministre de la


Justice et des Droits de l’Homme sont chargés, chacun en ce qui le
concerne, de l’exécution du présent décret qui sera publié au
Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

234
3-
DECRET N° 2020-764 DU 30 SEPTEMBRE 2020
FIXANT LES MODALITÉS D’APPLICATION DE LA
LOI N° 2018-897 DU 30 NOVEMBRE 2018
PORTANT STATUT DU NOTARIAT.

235
CHAPITRE PREMIER - ORGANISATION DE LA PROFESSION
DE NOTAIRE

Section première - Nomination

ARTICLE PREMIER

Le notaire est nommé par arrêté du ministre de la Justice,


parmi les candidats ayant rempli les conditions fixées aux articles
6, 7 et 8 de la loi n°2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée.

L’arrêté de nomination fixe la résidence du notaire.

Le programme et les modalités de l’examen professionnel de


notaire sont précisés par arrêté du ministre de la Justice, sur
proposition de la Chambre des notaires.

Le succès à l’examen professionnel de notaire donne lieu à


la délivrance, par le ministre de la Justice, d’un certificat d’aptitude à
la profession de notaire.

ARTICLE 2

En vue de leur nomination en qualité de notaire, les


magistrats, les enseignants docteurs en droit, les greffiers en
chef et les fonctionnaires de l’enregistrement ainsi que les
avocats, dispensés de l’examen professionnel de notaire, effectuent
obligatoirement un stage d’une durée d’un an dans une étude
de notaire.

Le candidat au stage adresse sa demande, accompagnée


des pièces justificatives, au ministre de la Justice aux fins d’autori-
sation. Lorsque le ministre de la Justice accorde au candidat l’au-
torisation d’effectuer le stage, il en saisit la Chambre des notaires,
qui désigne l’office de notaire chargé de recevoir ledit candidat.

236
ARTICLE 3

La Chambre des notaires procède à l’inscription du notaire


stagiaire sur un registre tenu à cet effet.

La Chambre des notaires assure l’organisation et le suivi du


stage en rapport avec le ministère de la Justice.

ARTICLE 4

A la fin du stage, une attestation, signée par le président de


la Chambre des notaires ou son représentant, sur rapport du maître
de stage, est délivrée au notaire stagiaire dans un délai d’un mois.

Le ministre de la Justice délivre, au vu de l’attestation de fin


de stage, un certificat d’aptitude à la profession de notaire.

En cas de non-délivrance de l’attestation de fin de stage


dans le délai imparti, le notaire stagiaire peut saisir le ministre de la
Justice, qui statue.

ARTICLE 5

Le candidat au notariat mentionné à l’article 8 de la loi


n° 2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée, adresse sa demande
accompagnée des pièces justificatives au ministre de la Justice en
vue de sa nomination. Le ministre de la Justice procède à sa
nomination après avis de la Chambre des notaires.

ARTICLE 6

Le notaire est tenu de justifier de son installation au ministre


de la Justice, à l’inspecteur général des Services judiciaires et
pénitentiaires, au procureur général, au procureur de la République
près la juridiction de sa résidence et au président de la Chambre
des notaires, dans un délai de trois mois à compter de sa
prestation de serment.

237
Il doit produire à cet effet :

1° le procès-verbal de l’audience de prestation de serment;

2° le contrat de bail ou le titre de propriété afférent à son


local professionnel ;

3° l’attestation de prise de service délivrée par le procureur


de la République du ressort de la charge.

ARTICLE 7

Le notaire qui ne justifie pas de son installation dans le délai


fixé à l’article précédent est réputé démissionnaire.

Cette démission est constatée par arrêté du ministre de la


Justice saisi par la Chambre des notaires ou le Procureur général
près la Cour d’appel du ressort de sa résidence.

ARTICLE 8

Tout notaire titulaire d’office peut, à sa demande, changer


d’office s’il justifie de dix années d’exercice au sein de l’office dont il
est titulaire.

Si sa demande est acceptée par le ministre de la Justice, le


notaire ne peut être nommé titulaire que d’un office vacant. L’arrêté
qui nomme le notaire titulaire du nouvel office constate également sa
démission de son office précédent. Le notaire ainsi nommé prête à
nouveau serment si l’office dont il est nommé titulaire est situé dans
le ressort d’une autre Cour d’appel.

Section 2 - Honorariat

ARTICLE 9

Le titre de notaire honoraire peut être conféré par arrêté du


ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre des notaires.

Peut être élevé à l'honorariat tout notaire titulaire d’office


ayant exercé pendant dix années consécutives au moins.
238
ARTICLE 10

Le notaire honoraire demeure attaché, en cette qualité, à la


juridiction de rattachement de sa charge au moment de la cessation
de ses fonctions. Il bénéficie des honneurs et privilèges attachés
à son état, et peut assister, en costume, aux cérémonies
solennelles de sa juridiction de rattachement. Il est tenu à la
réserve qu’impose sa qualité.

L’honorariat ne peut être retiré au notaire que dans les


formes prévues au chapitre relatif à la discipline.

Section 3 - Clercs de notaire

Sous-section première - Qualifications

ARTICLE 11

Il existe deux catégories de clercs de notaire :

1° le clerc ;

2° le clerc de première catégorie.

Sous-section 2 - Accès aux fonctions de clerc


de première catégorie

ARTICLE 12

Il est prévu un concours direct et un examen professionnel


d’accès aux fonctions de clerc de première catégorie.

Les modalités ainsi que le programme du concours et de


l’examen d’accès sont précisés par arrêté du ministre de la Justice,
sur proposition de la Chambre des notaires.

239
ARTICLE 13

Le clerc de première catégorie est recruté :

1° par concours direct parmi les titulaires d’un diplôme de


maîtrise en droit, d’un master en droit ou d’un diplôme équivalent ;

2° par examen professionnel parmi les titulaires d’un


diplôme de licence en droit ou d’un diplôme équivalent, ayant exercé
pendant cinq ans au moins en qualité de clerc de notaire. Ce délai
est réduit à deux années pour les clercs titulaires de la maîtrise en
droit, d’un master en droit ou d’un diplôme équivalent.

Sont dispensées du concours direct et de l’examen


professionnel, les personnes ayant obtenu régulièrement le titre de
clerc de première catégorie ou un titre équivalent dans l’un des pays
liés à la Côte d'Ivoire par une convention de réciprocité.

ARTICLE 14

Les candidats au concours direct et à l’examen


professionnel de clerc de première catégorie doivent remplir les
conditions prévues aux 1°, 3° et 4° de l’alinéa 2 de l’article 6 de la loi
n° 2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée.

Ils doivent être âgés de vingt-trois ans révolus.

Le succès au concours direct ou à l’examen professionnel


de clerc de première catégorie donne lieu à la délivrance, par le
ministre de la Justice, du certificat d’aptitude aux fonctions de clerc
de première catégorie.

ARTICLE 15

Le clerc de première catégorie de notaire prête, dans un


délai de trois mois à compter de son inscription au registre des
clercs, devant le tribunal auquel est rattaché l’office du notaire au
sein duquel il exerce, le serment de remplir ses fonctions avec
exactitude et probité.

240
Le serment est renouvelé si le notaire employeur obtient le
changement de son office dans le ressort d’une autre Cour d’appel. Il
en est de même lorsque le clerc de première catégorie est
embauché par un autre notaire dont l’office est situé dans le ressort
d’une autre Cour d’appel.

ARTICLE 16

Le clerc de première catégorie dépose au greffe du tribunal


sa signature et son paraphe, dans le délai prévu à l’alinéa 1 du
présent article.

Sous-section 3 - Inscription des clercs

Les clercs de notaire sont inscrits sur un registre tenu au


ministère de la Justice et à la Chambre des notaires.

Le notaire titulaire d’office qui désire embaucher un clerc,


soumet une demande d’inscription de l’intéressé à la Chambre des
notaires. Celle-ci dispose d’un délai de quinze jours, à compter de la
réception du dossier, pour procéder à l’inscription du candidat en
qualité de clerc.

La Chambre des notaires est tenue de transmettre, dans le


mois de sa réception, un exemplaire de ce dossier au ministre
de la Justice.

Le dossier d’inscription doit être établi en double exemplaire


et comporter les pièces suivantes :

1° une requête aux fins d'inscription ;

2° un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois


mois ;

3° le diplôme de licence en droit ou un diplôme équivalent ;

4° un certificat de nationalité ivoirienne ;

5° un extrait du casier judiciaire ;

6° l’engagement d’embauche du notaire employeur.


241
Les inscriptions sont prises pour la qualité de clerc et de
clerc de première catégorie de notaire.

Sont directement inscrites en qualité de clerc de première


catégorie, les personnes ayant obtenu régulièrement le titre de clerc
de première catégorie ou un titre équivalent dans l’un des pays liés à
la Côte d'Ivoire par une convention de réciprocité.

Les inscriptions doivent être renouvelées annuellement. Est


jointe à la demande de renouvellement l’attestation du notaire
employeur.

Le non-renouvellement injustifié entraîne la radiation de


l’inscription. Dans ce cas, le clerc ne peut accomplir les actes
relevant de sa fonction que s’il est réinscrit sur le registre.

ARTICLE 17

La demande d’inscription ou de réinscription est adressée


au président de la Chambre des notaires, accompagnée des
pièces justificatives. Il est délivré au déposant un récépissé de
sa demande d’inscription. Le président de la Chambre des
notaires, après vérification, procède à l’inscription dans le délai de
huit jours de la demande ou fait savoir au postulant les motifs du
rejet de sa demande.

Dès leur inscription au registre, les clercs de première


catégorie admis au concours direct sont répartis par la Chambre des
notaires au sein des offices de notaire. Ils sont recrutés par le notaire
employeur après avis de la Chambre des notaires.

L’inscription et le renouvellement d’inscription au registre


sont établis par une attestation délivrée par le ministère de la Justice
au vu de celle délivrée par le président de la Chambre des notaires.

242
Section 4 - Cessation de fonction de notaire

ARTICLE 18

Le notaire qui se trouve dans l’impossibilité de continuer


normalement l’exercice de ses fonctions en raison notamment de
l’âge, de la maladie, de blessures, d’une infirmité ou de toute autre
cause dûment constatée, est déclaré démissionnaire.

Cette décision est prise par arrêté du ministre de la Justice,


après avis d’une commission qui comprend :

1° le président du tribunal du ressort duquel le notaire


relève, président de la commission ;

2° le procureur de la République près la juridiction de ratta-


chement du notaire concerné ;

3° le président de la Chambre des notaires ou son


représentant ;

4° un médecin désigné par le Conseil de l’ordre des


médecins.

La commission se réunit sur convocation de son président


aux lieu et date qu’il fixe. Elle entend, s’il y a lieu, l’intéressé ou son
représentant. Dix jours au moins avant cette audition, la commission
lui communique l’ensemble des pièces du dossier.

Le notaire concerné peut se faire assister ou représenter par


un avocat ou un confrère.

ARTICLE 19

Le notaire titulaire d’office qui se trouve dans l’un des cas


prévus à l’article 18 du présent décret peut être autorisé par le
ministre de la Justice à céder son office, s’il prend l’initiative de la
demande aux fins d’être déclaré démissionnaire.

243
Il adresse, à cet effet, une demande motivée, accompagnée
du projet de cession et des pièces justificatives de son état, au
ministre de la Justice. Le ministre de la Justice transmet le dossier à
la commission prévue à l’article 18 du présent décret, qui se réunit
pour examiner les raisons invoquées par le requérant à l’appui de sa
demande de cession d’office.

Si la cession est à titre onéreux, la commission se prononce


sur le prix de cession au vu du rapport d’estimation d’un
expert-comptable désigné par l’Ordre des experts comptables. Les
frais de l’expertise sont supportés par le cédant et le cessionnaire.
Le rapport de l’expert-comptable doit faire ressortir les états actif et
passif de l’office. Ledit rapport est porté à la connaissance du
cessionnaire et annexé au projet de cession.

La commission peut, en cas de besoin, recourir à toute autre


personne qualifiée.

La commission transmet son rapport au ministre de la


Justice qui décide, par arrêté, d’autoriser ou de refuser la cession de
l’office et de le déclarer démissionnaire.

ARTICLE 20

La cession de l’office notarial s’opère exclusivement au profit


d’un notaire salarié, suivant l’ordre de priorité défini par arrêté du
ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre des notaires.

Si le notaire salarié exerce au sein de l’office à céder, il


bénéficie d’un droit de préférence dans l’attribution de cette charge,
s’il sollicite l’attribution de celle-ci.

ARTICLE 21

La cession de l’office notarial porte sur les actifs acquis par


les ressources générées dans la gestion dudit office, à savoir
notamment les biens et droits incorporels et corporels mobiliers liés
à l’organisation de l’office et réputés indispensables à la poursuite de
son exploitation, tels que :

1° l’équipement mobilier, matériels, fournitures, logiciel,


garnissant l’étude ;
244
2° la bibliothèque ;

3° le droit au bail des locaux professionnels ;

4° le droit aux émoluments ou honoraires pour les actes


établis par le notaire cédant ;

5° le droit aux émoluments ou honoraires restant dus sur


les actes accomplis non recouvrés.

La charge ainsi que les minutes et les dossiers y afférents


sont incessibles. Ils sont remis sans indemnité au cessionnaire
nommé en remplacement.

ARTICLE 22

Le notaire cessionnaire de l’office reprend le passif de


l’office cédé.

Section 5 - Carte professionnelle

ARTICLE 23

Le notaire, le clerc de première catégorie et le clerc sont


munis d’une carte professionnelle.

ARTICLE 24

La carte professionnelle de notaire est signée par le ministre


de la Justice. Elle indique la qualité de notaire titulaire d’office ou de
notaire salarié.

La carte professionnelle de notaire titulaire d’office est


renouvelable tous les trois ans.

La carte professionnelle de notaire salarié est délivrée pour


la durée du contrat de travail du notaire salarié.

245
ARTICLE 25
La carte professionnelle de clerc est signée par le président
de la Chambre des notaires. Elle indique, notamment, sa qualité
de clerc ou de clerc de première catégorie, l’identité du
notaire employeur ainsi que le siège de l’office et la durée de
validité de la carte.
Elle est renouvelable chaque année.
ARTICLE 26
Le modèle et les conditions de délivrance, d’usage et de
retrait des cartes professionnelles de notaire sont fixés par arrêté du
ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre des notaires.
Section 6 - Cautionnement
ARTICLE 27
Le montant du cautionnement prévu par les dispositions de
l’article 10 de la loi n° 2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée, est
fixé à deux millions de francs.
Ce cautionnement est déposé à la Caisse des Dépôts et
Consignations, préalablement à la prestation de serment du notaire,
contre quittance.
Section 7 - Absence et congé du notaire
ARTICLE 28
Le notaire ne peut s’absenter du territoire national, même
pour cause de maladie, sans autorisation du ministre de la Justice,
après avis de la Chambre des notaires.
Aucun congé ne peut excéder une durée de deux mois par
an, sauf cas de force majeure.
Si le notaire s’absente sans autorisation ou ne reprend pas
ses fonctions au terme du délai prévu dans l’autorisation d’absence,
et sauf cas de force majeure, il est passible de sanction disciplinaire.

246
En cas de force majeure ayant empêché le notaire de
demander au préalable l’autorisation ci-dessus ou de reprendre ses
fonctions, celui-ci doit en informer sans délai le procureur général et
la Chambre des notaires, par tout moyen laissant trace écrite.

En ce qui concerne les greffiers-notaires, ils sont soumis aux


règles concernant leurs congés, telles que déterminées par le
statut des greffiers.

ARTICLE 29

La décision du ministre de la Justice autorisant l’absence ou


accordant le congé désigne le notaire suppléant.

La décision autorisant l’absence ou accordant le congé est


prise après avis de la Chambre des notaires.

ARTICLE 30

En cas d’absence ou de congé du notaire titulaire d’office, il


est désigné le notaire salarié de l’office pour le suppléer. A défaut de
notaire salarié, le ministre de la Justice, sur proposition de la
Chambre des notaires, désigne un autre notaire du ressort du
tribunal ou, à défaut, de la Cour d’appel pour assurer la suppléance.

Durant la période de suppléance, le compte professionnel du


notaire fonctionne sous la signature du suppléant, dès notification à
la banque ou à l’établissement dépositaire des fonds, d’une
ampliation de l’acte de désignation du suppléant.

La période de suppléance ne peut excéder un an.

Section 8 - Vacance de l’office notarial

ARTICLE 31

La vacance de l’office notarial survient suite au décès, à la


destitution, à la suspension temporaire, à la démission du notaire ou
à toute autre cause.

247
ARTICLE 32

Le procureur de la République, dès qu’il a connaissance ou


est saisi par la Chambre des notaires d’une cause de vacance d’un
office notarial, prend toutes mesures conservatoires qu’il juge utiles.
Il ordonne notamment l’indisponibilité des comptes professionnels du
notaire, l’arrêt des livres et des caisses. Il met sous scellé les
minutes, les répertoires, le sceau ainsi que tout autre document et
pièce afférents à l’exercice de la profession.

Il peut requérir la Chambre des notaires à l’effet d’exécuter


ces mesures.

Il saisit aussitôt le procureur général près la Cour d’appel qui


désigne un ou plusieurs notaires, sur proposition de la Chambre des
notaires, à l’effet de procéder à l’inventaire des minutes, dossiers,
livres, pièces et espèces détenus par le notaire en présence
du procureur de la République et d’un représentant de la
Chambre des notaires.

Les minutes, dossiers, livres et pièces ainsi que l’original de


l’inventaire sont confiés à la garde de la Chambre des notaires, s’ils
ne peuvent rester dans l’office, tandis que les espèces sont versées
à la Caisse des Dépôts et Consignations.

Un procès-verbal de ces opérations est dressé et le double


accompagné d’une copie de l’inventaire est transmis au président de
la Chambre des notaires et au procureur général.

ARTICLE 33

Le ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre des


notaires, désigne pour remplacer le notaire dont l’office est vacant,
un autre notaire rattaché au ressort du tribunal de la résidence de
l’intéressé, à défaut, au ressort de la Cour d’appel de ladite
résidence, dans un délai maximal de deux mois, à compter de la
date de la vacance.

248
En cas de décès, le délai susvisé commence à courir à
compter de la date de production du certificat ou de l’acte du décès
du notaire ou, à défaut, à compter de la date de réception de
l’information du décès donnée soit par la Chambre des notaires soit
par le procureur de la République.

En cas de démission, de suspension temporaire ou de


destitution du notaire, le délai commence à courir à compter de la
date de l’arrêté du ministre de la Justice.

ARTICLE 34

Le notaire intérimaire prend fonction en présence du


procureur de la République et d’un représentant de la Chambre
des notaires.

Il exerce son intérim à l’office du notaire décédé, suspendu,


destitué ou démissionnaire ou en tout autre lieu où l’office aura été
transféré, en cas de besoin, par la Chambre des notaires.

Les contrats de travail ne sont pas rompus du fait de


la vacance.

La durée de l’intérim ne peut excéder douze mois, à compter


de la notification de l’arrêté de nomination au notaire intérimaire.

ARTICLE 35

La Chambre des notaires met en possession du notaire


intérimaire les minutes, dossiers, livres et pièces. Le notaire
intérimaire cumule ses fonctions avec celles du notaire
qu’il remplace.

ARTICLE 36

En cas de vacance de l’office notarial à la suite de destitution


ou de suspension temporaire, le notaire intérimaire a droit à la
totalité des émoluments et honoraires alloués conformément au tarif
des notaires, déduction faite des charges de l’office.

249
Toutefois, si la vacance résulte du décès ou de la démission
volontaire du notaire titulaire d’office, le notaire intérimaire ne
perçoit que la moitié des émoluments et honoraires ; l’autre moitié
revenant soit au notaire démissionnaire, soit aux ayants droit du
notaire décédé.

Le bénéfice ainsi accordé au notaire démissionnaire ou aux


ayants droit du notaire décédé cesse dès la nomination d’un
nouveau titulaire ou jusqu’à la fin de l’intérim.

ARTICLE 37

Durant la période de l’intérim, le compte professionnel du


notaire fonctionne sous la signature de l’intérimaire dès notification à
la banque ou à l’établissement dépositaire des fonds d’une
ampliation de l’arrêté le désignant.

ARTICLE 38

Les fonctions du notaire intérimaire cessent de plein droit


dès la réintégration du titulaire de la charge, en cas de suspension
temporaire ou dès la prestation de serment du nouveau titulaire.

ARTICLE 39

A la fin de la vacance de l’office notarial, le notaire


intérimaire rend compte de sa gestion en présence de deux
représentants de la Chambre des notaires et du procureur de la
République du ressort de la résidence de l’office vacant.

La reddition des comptes se fait au lieu où s’est exercé


l’intérim.

CHAPITRE 2 - DROITS ET OBLIGATIONS DU NOTAIRE

Section première - Droits

ARTICLE 40

Dans l’exercice de ses fonctions, le notaire perçoit les droits,


frais et déboursés, émoluments et honoraires ainsi que les
indemnités prévus par la règlementation en vigueur.
250
ARTICLE 41

Sauf dans les cas prévus à l’article 31 du présent décret, la


rémunération du notaire suppléant est fixée en accord avec le
titulaire de l’office qu’il supplée.

Section 2 - Obligations professionnelles

Sous-section première - Organisation de l’office notarial

ARTICLE 42

Le siège de l’office notarial est le domicile professionnel du


notaire. Il ne peut être fixé hors de la localité indiquée dans l’arrêté
de nomination du notaire.

Le notaire signale son office par un panonceau conforme à


un modèle type portant l’inscription du mot « notaire », approuvé
par arrêté du ministère de la justice et sur proposition de la
Chambre des notaires.

ARTICLE 43

Le notaire installe un office capable d’assurer une


disponibilité effective et permanente du service, un fonctionnement
régulier et efficace, en utilisant les moyens matériels et
techniques adéquats.

Les archives et documents notariés sont conservés en


parfait état et avec des moyens d’archivage et de maintenance
matériels et informatiques, assurant à la fois leur conservation et la
facilité de recherche des informations.

Le notaire dote son office de ressources humaines qualifiées


nécessaires à l’exercice de ses fonctions.

Le tableau des emplois minimum requis pour un office de


notaire est établi par la Chambre des notaires.

Le notaire assure à son personnel un traitement et des


conditions de travail suffisants et dignes pour l’exercice de
la profession.
251
Le notaire est tenu d’avoir un sceau conforme à un modèle
prévu par arrêté du ministre de la Justice, sur proposition de la
Chambre des notaires.

Le notaire est également tenu d’avoir un cachet ovale


comportant les mêmes éléments que le sceau.

ARTICLE 46

Les valeurs d’exploitation de la charge du notaire sont


insaisissables comme participant au fonctionnement du
service public.

ARTICLE 47

L’office du notaire est inviolable.

Sous-section 2 - Relations professionnelles

ARTICLE 48

Le clerc de notaire exerce ses fonctions sous la


responsabilité du notaire titulaire de l’office. A ce titre, le notaire
titulaire de l’office répond des fautes commises par le clerc
dans l’exercice ou à l’occasion des missions qui lui sont
confiées, conformément aux dispositions prévues à l’article 5 de la
loi n° 2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée.

Sous-section 3 - Assurance professionnelle

ARTICLE 49

Le notaire est tenu d’assurer sa responsabilité


professionnelle auprès d’une compagnie d’assurance agréée par la
Chambre des notaires.

Sous-section 4 - Accomplissement des actes

ARTICLE 50

Le notaire est tenu d’exercer son ministère avec probité


et diligence.
252
ARTICLE 51

Il est interdit au notaire de faire des démarches directes ou


indirectes, publiques ou secrètes, pour s’attirer la clientèle de ses
confrères ou la détourner, à peine de sanction disciplinaire.

Il lui est également interdit de s’attirer la clientèle par voie de


publicité, quelle qu’en soit la forme.

ARTICLE 52

Les parties sont libres de choisir leur notaire pour la


réception des actes qui les concernent, à l’exception des cas
ci-après visés :

1° lorsque les actes doivent être reçus dans le cadre des


programmes immobiliers privés, l’acte de vente est établi
obligatoirement par le notaire du promoteur, tandis que l’acte de prêt
est reçu en concours par le notaire du promoteur avec le notaire
désigné par le prêteur de deniers ;

2° en ce qui concerne les promotions de l’Etat et des


personnes morales de droit public ainsi que les liquidations
inhérentes à leur patrimoine, l’attribution des ventes est soumise à la
Chambre des notaires, qui procède à une juste répartition entre les
notaires par région ; cette disposition s’étend à toutes les sociétés
dans lesquelles l’Etat détient une participation majoritaire ou qui
bénéficient d’une concession du service public ;

3° pour les actes de mainlevée, le notaire qui a requis


l’inscription hypothécaire doit être aussi celui qui la radie.

Dans le cas prévu au 2°du présent article, la Chambre des


notaires a droit à dix pour cent des émoluments perçus sur
lesdites ventes.

253
ARTICLE 53

Lorsque deux notaires titulaires d’office et résidant dans le


même ressort sont en concours, la garde de la minute appartient au
notaire désigné dans le tableau figurant en annexe au présent
décret. Dans tous les cas non prévus audit tableau, la garde de la
minute appartient au notaire représentant la plus grande somme
d’intérêts. En cas d’égalité d’intérêts, la minute revient au notaire le
plus ancien. Le rang d’ancienneté entre deux notaires titulaires d’un
office est déterminé par l’antériorité de la prestation de serment, et
en cas de prestation de serment le même jour, par l’âge.

Le notaire qui garde la minute est le notaire en premier, il est


nommé le premier dans l’acte. L’autre est le notaire en second.

ARTICLE 54

Lorsque deux notaires résidant dans des ressorts différents


sont appelés par les parties, l’acte ne peut être reçu que par un seul
d’entre eux, déterminé selon les critères définis à l’alinéa premier de
l’article précédent.

Le notaire de l’autre partie qui a participé effectivement à


l’élaboration ou à la rédaction de l’acte, a droit au partage des seuls
émoluments proportionnels à concurrence de la moitié. L’acte
indique sa participation et il encourt la même responsabilité que le
notaire instrumentaire.

ARTICLE 55

En aucun cas les parties n’ont à connaître des difficultés


entre notaires, notamment de celles relatives à l’attribution de la
minute ou à la réception de l’acte.

ARTICLE 56

Le notaire est responsable de la rédaction de ses actes et de


ceux de ses clercs.

254
ARTICLE 57

Le notaire ne peut représenter une partie dans un acte sans


mandat exprès.

Le mandat donné au notaire se prouve par tout moyen.

ARTICLE 58

Le notaire doit, avant d’instrumenter, exiger de la partie qui


requiert les actes ou les formalités, une provision suffisante pour
acquitter tous droits et débours nécessaires. Il est tenu de délivrer
reçu valable des sommes ainsi versées.

Lorsque la partie qui requiert l’accomplissement des actes


ou formalités ci-dessus entend révoquer le mandat confié au notaire
avant le terme de la mission, elle doit lui adresser un écrit à cette fin.

Lorsque le notaire n’a commis aucune faute ou négligence,


ses droits, débours et émoluments sont dus à compter du premier
acte ou de la première formalité qu’il a effectivement accomplie, si la
partie qui l’a requis le remplace par un autre notaire. Dans le cas
contraire, les émoluments sont calculés au prorata des actes ou
formalités réalisés.

Sous-section 5 - Formation professionnelle

ARTICLE 59

La formation professionnelle continue est obligatoire, chaque


année, pour chaque notaire.

La Chambre des notaires est tenue d’assurer le contrôle


effectif de l’accomplissement par le notaire de cette formation.

ARTICLE 60

Le notaire qui ne respecte pas cette obligation est passible


de sanctions disciplinaires.

255
ARTICLE 61

Les modules et le volume horaire sont définis par la


Chambre des notaires en liaison avec le ministère de la Justice.

Sous-section 6 - Liquidation et reversement des redevances


dues par les greffiers-notaires

ARTICLE 62

Le taux des émoluments que le greffier-notaire est tenu de


reverser à l’Etat est fixé à cinquante pour cent du montant de toutes
les sommes effectivement perçues à titre d’émoluments.

ARTICLE 63

Le reversement visé à l’article précédent est payable


par trimestre.

Afin de permettre le recouvrement de ces sommes au profit


de l’Etat, le greffier-notaire doit dresser un état certifié des
honoraires perçus pendant la période écoulée à la date de cessation
de ses fonctions.

Cet état, après visa du Procureur de la République, est


transmis au ministère de la Justice qui le fait parvenir an service de
l'enregistrement chargé du recouvrement.

ARTICLE 64

Les greffiers-notaires peuvent être appelés, par les


fonctionnaires de l’enregistrement, à se faire représenter, à quelque
époque que ce soit, tous états de frais taxés ou non taxés, tous
actes, tous répertoires, tous registres ou documents de comptabilité
dont la tenue ou la conservation est prescrite par les règlements.

Tout refus des greffiers-notaires de communiquer lesdits


documents constitue une faute disciplinaire.

256
CHAPITRE 3 - COMPTABILITÉ DU NOTAIRE

ARTICLE 65

Le notaire tient, à peine de sanctions disciplinaires :

1° le répertoire des actes ;

2° le livre-journal des espèces ;

3° le grand livre des espèces ;

4° le registre des frais d’actes ;

5° un registre spécial des balances trimestrielles ;

6° un carnet à souches ;

7° un registre de dépôt de testaments olographes ;

8° un registre des meubles et immeubles de l’office.

Ces livres sont imprimés conformément à un modèle fixé par


arrêté du ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre des
notaires. Ils sont cotés et paraphés par le président de la juridiction
auprès de laquelle la charge de notaire a été créée.

Ils peuvent, en outre, être tenus, à l’exception du répertoire


des actes et du registre de dépôt des testaments, par tous moyens
informatiques à condition que ceux-ci garantissent le caractère
unique et irrévocable des enregistrements.

ARTICLE 66

Le répertoire des actes doit porter, outre les mentions


prescrites par le code de l'Enregistrement, les indications suivantes :

1° l'espèce de l'acte, c'est-à-dire la mention qu'il est en


minute ou en brevet ;

2° la somme prêtée, cédée ou transportée s'il s'agit


d'obligation, de cession ou de transport.

257
ARTICLE 67

Le livre-journal des espèces doit mentionner jour par jour,


par ordre de date, sans blanc, rature, lacune ni transport en marge :

1° le nom des parties ;

2° les sommes dont l’office notarial aura été constitué


détenteur et leur destination, ainsi que les recettes de toute nature et
les sorties de fonds ;

3° la répartition des opérations d'entrée et de sortie de


fonds entre la caisse de l'office et chacun des établissements
dépositaires.

Chaque article porte un numéro d'ordre et contient un renvoi


au folio du grand livre des espèces où se trouve reportée soit la
recette, soit la dépense.

ARTICLE 68

Le grand livre des espèces contient le compte de chaque


client dressé par relevé de toutes les recettes et de toutes les
dépenses effectuées pour lui.

ARTICLE 69

Le registre des frais d’actes contient dans l’ordre


chronologique, les actes reçus par le notaire sous le nom du client
débiteur, le détail des droits, débours, émoluments, frais et
honoraires de chaque acte.

ARTICLE 70

Le registre spécial des balances trimestrielles présente, sur


la même page double, les balances trimestrielles des comptes
figurant au grand-livre des espèces faites aux 31 mars, 30 juin,
31 octobre et 31 décembre de l’année en cours.

258
ARTICLE 71

Chaque notaire est tenu, pour toutes les sommes pat lui
encaissées et valeurs déposées en son étude de donner un reçu
extrait du carnet à souches. Le carnet à souches est composé de
trois feuillets comportant les mêmes mentions, de couleurs
différentes, autocarbonnés dont les deux premiers sont détachables.
Le premier feuillet, de couleur blanche, formant reçu, est remis à la
partie versante, le deuxième, de couleur bleue, est classé au dossier
et le troisième, de couleur jaune, sert de souche.

Le carnet à souches porte, en imprimé sur les feuillets, des


numéros d’ordre. Chaque carnet prend la suite du numérotage du
carnet précédent.

Tout versement, à quelque titre et sous quelque forme que


ce soit, y est inscrit.

Les feuillets mentionnent les nom, qualité et domicile de la


partie versante, la date, la cause, le montant, le mode de paiement
et la destination des fonds.

ARTICLE 72

Le registre de dépôt des testaments olographes mentionne à


la date du dépôt des testaments olographes, les nom, prénoms,
profession, domicile et lieu de naissance du déposant.

Ce registre ne fait aucune mention de la teneur du


testament déposé.

Si, à l’époque où le notaire a connaissance du décès de la


personne dont le testament olographe a été déposé en son étude,
aucune partie intéressée ne s’est présentée pour exiger soit la
présentation dudit testament au président du tribunal de première
instance dans le ressort duquel la succession est ouverte, soit son
ouverture, au cas où il est cacheté, le notaire remet lui-même ledit
testament au président du tribunal de sa résidence, après en avoir
donné avis au ministère public.

259
ARTICLE 73

Le registre des biens meubles et immeubles mentionne :

1° la description des meubles meublants du matériel de


bureau et des immeubles de l’office ;

2° la date et leur valeur d’acquisition ;

3° la situation des meubles et leur affectation précisée.

ARTICLE 74

La tenue des livres prévus par le présent décret n’est pas


exclusive de l’usage de tous autres livres ou documents prescrits par
la réglementation en vigueur, notamment en matière fiscale,
comptable et sociale.

ARTICLE 75

Le ministre de la Justice, le Procureur de la République


et la Chambre des notaires sont chargés de vérifier la comptabilité
du notaire.

Cette vérification porte sur :

1° la tenue des livres prévus à l’article 65 du présent décret


et la conformité de leurs écritures avec la situation des espèces
versées à la Caisse des Dépôts et Consignations ainsi que des
espèces, titres et valeurs qu’ils détiennent ;

2° l’exactitude des décomptes d’émoluments et


d’honoraires inscrits sur le registre des frais d’actes, à quelque titre
que ce soit ;

3° la tenue du carnet à souches.

260
ARTICLE 76

Le Procureur de la République procède, une fois au moins


l’an, à la vérification de chaque office notarial de son ressort.

Le Procureur de la République a le droit de se faire


représenter, à l’étude du notaire, les registres de comptabilité, le
répertoire et tout document jugé utile à l’exercice des fonctions
notariales.

Il peut se faire assister d’un agent de l’administration de


l’enregistrement pour la vérification de la comptabilité notariale.

Il appose son visa sur les registres, avec l’indication du jour


de la vérification.

Le Procureur de la République transmet, sans délai au


procureur général, le compte rendu des opérations constatant
pour chaque étude les résultats de la vérification, accompagné
d’un avis motivé.

CHAPITRE 4 – DISCIPLINE

Section première - Organes de discipline

ARTICLE 77

Le ministre de la Justice, le procureur général du ressort


compétent et la Chambre des notaires assurent la surveillance et la
discipline générale à l’égard des notaires.

ARTICLE 78

Toute violation commise par un notaire aux lois et


règlements, aux règles de déontologie et d’éthique, même hors de
son activité professionnelle, l’expose à une sanction disciplinaire,
sans préjudice des poursuites judiciaires éventuelles.

261
ARTICLE 79

Le procureur général peut, concurremment avec la Chambre


des notaires, prononcer contre le notaire l’avertissement et le blâme.

La suspension à temps et la destitution sont prononcées par


arrêté du ministre de la Justice.

Les sanctions sont prononcées sur proposition d’un conseil


de discipline.

ARTICLE 80

Le conseil de discipline est composé de cinq membres,


nommés par arrêté du ministre de la Justice :

1° un magistrat de l’administration centrale du ministère de


la Justice, président ;

2° le procureur de la République près le tribunal de


première instance d’Abidjan ou son représentant ;

3° un administrateur des greffes et parquets désigné par


l’inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires ;

4° deux notaires non membres de la Chambre désignés par


le président de la Chambre des notaires.

ARTICLE 81

Lorsqu’il existe contre le notaire des motifs pouvant conduire


à la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire, le ministre de la
Justice, le procureur général ou le président de la Chambre des
notaires, selon le cas, adresse au notaire en cause une demande
d’explication, par la voie administrative, portant sur le fait reproché.

Le notaire dispose de quinze jours, à compter de la


réception de la demande d’explication, pour y répondre.

262
ARTICLE 82

Lorsqu’après réception de la réponse du notaire, l’autorité


qui a sollicité l’explication entend engager une procédure
disciplinaire, elle saisit le conseil de discipline et notifie sa
décision au concerné.

Il est procédé dans les mêmes conditions que celles prévues


à l’alinéa 1 du présent article, lorsqu’à l’expiration du délai fixé à
l’article 81 alinéa 2 du présent décret, le notaire, sans juste motif, n’a
fourni aucune réponse.

Section 2 - Instruction de la cause

ARTICLE 83

Lorsqu’il est saisi, le conseil de discipline peut désigner


parmi ses membres un rapporteur. Ce rapporteur a qualité pour
procéder à l’audition du notaire poursuivi et, d’une façon générale,
recueillir tous témoignages, et procéder à toutes constatations
nécessaires à la manifestation de la vérité.

ARTICLE 84

Lorsqu’il a achevé l’instruction, le rapporteur transmet le


dossier accompagné de son rapport au président du conseil de
discipline. Le rapport doit faire un exposé objectif des faits.

ARTICLE 85

Le notaire poursuivi est convoqué, par voie administrative,


quinze jours au moins avant la date fixée pour l’audience.

L’auteur de la plainte et les témoins, s’il y a lieu, sont


convoqués par tout moyen.

La convocation précise le droit pour le notaire poursuivi,


jusqu’au jour fixé pour l’audience, de prendre ou de faire prendre
connaissance du dossier par son défenseur.

263
ARTICLE 86

Le conseil de discipline ne peut valablement se réunir


que si au moins trois de ses membres, le président y compris,
sont présents.

ARTICLE 87

Le président du conseil de discipline dirige les débats. Il


assure la police des débats.

Il donne d’abord la parole au rapporteur pour la lecture de


son rapport.

Il procède ensuite à l’interrogatoire du mis en cause et, s’il y


a lieu, à l’audition du plaignant et des témoins

Le notaire poursuivi a la parole le dernier.

ARTICLE 88

Le notaire poursuivi doit comparaître en personne. Il peut se


faire assister par un notaire ou par un avocat inscrit au barreau, à
l’exclusion de toute autre personne.

En cas d’excuse reconnue valable par le conseil de


discipline, il peut être autorisé à se faire représenter par
son défenseur.

Si le notaire ne se présente pas et ne fournit aucune excuse


reconnue valable, le conseil de discipline statue en l’état.

ARTICLE 89

L’audience n’est pas publique et les délibérations sont


secrètes.

264
Section 3 - Délibérations
ARTICLE 90
Les décisions sont prises à la majorité des membres
présents.
En cas de partage égal des voix, celle du président du
conseil de discipline est prépondérante.
ARTICLE 91
Si les faits reprochés au notaire ne sont pas avérés ou ne
constituent pas une violation des obligations professionnelles, des
règles d’éthique et de la déontologie, le conseil de discipline propose
qu’il soit renvoyé des fins de la poursuite.

Dans le cas contraire, le conseil de discipline propose, s’il y


a lieu, l’avertissement, le blâme avec inscription au dossier, la
suspension à temps pour une durée ne pouvant excéder une année
ou la destitution du notaire poursuivi.
ARTICLE 92
Le conseil de discipline transmet à l’autorité qui l’a saisi un
rapport circonstancié de la procédure contenant une proposition de
décision. Une copie de ce rapport est, dans tous les cas, transmise
au ministre de la Justice.

L’autorité compétente dispose d’un délai d’un mois à


compter de la réception du rapport pour prononcer sa décision.

Section 4 - Notification des décisions


ARTICLE 93
Le ministre de la Justice, le procureur général ou le
président de la Chambre des notaires, selon le cas, notifie la
sanction prononcée, par voie administrative, dans un délai maximum
de quinze jours, au notaire concerné.

Lorsque l’autorité compétente décide qu’il n’y a pas lieu à


sanction, elle en informe le notaire concerné dans les mêmes
forme et délai.

265
ARTICLE 94

Les décisions de l’autorité compétente sont affichées au


siège de la Chambre des notaires et aux sièges des juridictions.

Section 5 - Mesures conservatoires d’urgence

ARTICLE 95

En cas de faute grave, le notaire peut se voir interdire


temporairement l’exercice de ses fonctions par décision du procureur
général, à charge pour ce dernier d’en référer immédiatement au
ministre de la Justice et à la Chambre des notaires.

L’interdiction cesse de plein droit dès qu’une décision est


prononcée à l’issue de l’action disciplinaire ou après un délai d’un
mois, si aucune poursuite disciplinaire n’est engagée.

ARTICLE 96

En ce qui concerne les fautes commises par le notaire au


cours des audiences devant les juridictions, les chefs desdites
juridictions, sans préjudice des poursuites pénales éventuelles, en
informent immédiatement le procureur général du ressort et le
président de la Chambre des notaires.

ARTICLE 97

Le notaire interdit temporairement cesse l’exercice de son


activité professionnelle. Il s’abstient, dès que la décision lui est
notifiée, de tout acte professionnel, et notamment de recevoir la
clientèle, de rédiger des actes et de procéder à des ventes.

En aucun cas, il ne peut faire état, dans sa correspondance,


de sa qualité de notaire.

266
ARTICLE 98

En attendant l’issue de la procédure disciplinaire engagée


contre le notaire interdit temporairement, il est procédé à sa
suppléance dans les conditions prévues à l’article 33 alinéa 1 du
présent décret.

Les dispositions des articles 34 alinéas 1, 2 et 3, 35 et 37 du


présent décret sont applicables.

Les fonctions de suppléant cessent de plein droit dès la


réintégration du titulaire de l’office ou la prestation de serment
du nouveau titulaire, si le notaire est destitué à l’issue de la
procédure disciplinaire.

CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS TRANSITOIRES

ARTICLE 99

Cette dérogation est applicable pendant une période de cinq


années à compter de l’entrée en vigueur du présent décret.

CHAPITRE 6 - DISPOSITION FINALE

ARTICLE 100

Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires au


présent décret, notamment le décret n° 2002-356 du 24 juillet 2002
fixant les modalités d’application de la loi n° 69-372 du 12 août 1969
portant Statut du notariat, telle que modifiée et complétée par la
loi n° 97-513 du 4 septembre 1997.

ARTICLE 101

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

267
4-
DECRET N° 2020-765 DU 30 SEPTEMBRE 2020
FIXANT LES MODALITES DE NOMINATION
DU NOTAIRE SALARIE ET D’EXERCICE
DE SA PROFESSION.

268
ARTICLE PREMIER

Peut être nommée notaire salarié toute personne qui remplit


les conditions fixées aux articles 6, 7 ou 8 de la loi n° 2018-897 du
30 novembre 2018 susvisée.

Le notaire salarié est nommé par arrêté du ministre de la


Justice. L'arrêté précise le nom de l’office au sein duquel le notaire
salarié exerce ses fonctions.

ARTICLE 2

La demande de nomination est présentée au ministre de la


Justice conjointement par le notaire titulaire de l'office et le candidat
à la nomination aux fonctions de notaire salarié. Elle est
accompagnée d’une copie du contrat de travail et de toutes pièces et
tous documents justificatifs nécessaires.

Le contrat de travail est établi par écrit, sous la condition


suspensive de la nomination du salarié en qualité de notaire et de sa
prestation de serment. La condition est réputée acquise à la date de
la prestation de serment.

Le contrat de travail ne peut comporter aucune clause


susceptible de porter atteinte aux règles professionnelles du notariat.
Il précise les conditions de rémunération du notaire salarié.

Un exemplaire du dossier, comprenant une copie du contrat


de travail, est transmis à la Chambre des notaires pour avis.

ARTICLE 3

La Chambre des notaires communique au ministre de la


Justice, dans les vingt jours suivant la demande de nomination, toute
information dont elle dispose permettant d'apprécier la moralité
du candidat et la conformité du contrat de travail avec les
règles professionnelles.

269
ARTICLE 4

Dans les trois mois de la notification de sa nomination, à


peine de déchéance, le notaire salarié prête le serment prévu à
l'article 13 de la loi portant Statut du notariat. Il ne peut exercer ses
fonctions qu'à compter du jour de sa prestation de serment.

ARTICLE 5

Les rapports professionnels entre le notaire titulaire d’office


et le notaire salarié sont, outre les dispositions prévues par la loi
portant statut du notariat et les décrets pris pour son application,
régis par le Code du travail et les lois sociales.

ARTICLE 6

Toute modification du contrat de travail, en cours d’exercice,


est soumise pour avis à la Chambre des notaires et notifiée au
ministre de la Justice.

ARTICLE 7

Les notaires salariés bénéficient d’un droit de priorité dans


l’attribution des charges vacantes.

Si le notaire salarié exerce au sein de l’office vacant, il


bénéficie d’un droit de préférence dans l’attribution de la charge.

ARTICLE 8

Le notaire salarié qui devient titulaire d’un office notarial est


nommé en sa nouvelle qualité, par un arrêté du ministre de la
Justice, qui met fin également à ses fonctions de notaire salarié.
Le notaire ainsi nommé n'a pas à prêter à nouveau serment, si
l’office est situé dans le ressort de la Cour d’appel où il exerçait
comme salarié.

270
ARTICLE 9

Le notaire titulaire d’office peut, à sa demande, être nommé


notaire salarié dans les conditions de l’article 1 du présent décret.
L’arrêté du ministre de la Justice qui le nomme en cette qualité met
également fin à ses fonctions de notaire titulaire d’office. Le notaire
ainsi nommé n'a pas à prêter à nouveau serment, si l’office dans
lequel il est nommé est situé dans le ressort de la Cour d’appel où il
exerçait comme titulaire.

ARTICLE 10

Le notaire salarié est soumis aux dispositions législatives et


réglementaires relatives à l'exercice des fonctions de notaire.

ARTICLE 11

Le notaire titulaire d'office ne peut employer plus d'un


notaire salarié.

Le notaire salarié ne peut exercer ses fonctions qu'au sein


d'un seul office. Il ne peut avoir de clientèle personnelle.

Le notaire salarié peut recevoir seul tous actes et contrats


auxquels les parties doivent ou veulent conférer l'authenticité. Il
scelle et délivre toutes copies authentiques et exécutoires et tous
extraits d'acte, même s'il s'agit d'actes reçus par un autre notaire
ayant exercé ses fonctions au sein de l'office ou d'actes dont l'office
est détenteur.

Un acte nécessitant le concours de deux notaires ne peut


être reçu par le notaire salarié avec le notaire titulaire de l'office au
sein duquel il exerce ou avec un autre notaire exerçant au sein de la
société civile professionnelle de notaires dans laquelle l’office de son
employeur est associé.

271
ARTICLE 12

Le notaire titulaire de l'office ne peut recevoir des actes dans


lesquels un notaire salarié exerçant au sein de l'office ou bien les
parents ou alliés de ce dernier au degré prohibé par l'article 19
de la loi n° 2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée, sont
parties ou intéressés.

Le notaire salarié ne peut recevoir des actes dans lesquels


un autre notaire exerçant au sein de l'office ou un parent ou un allié
de ce dernier au degré prohibé par l'article 19 de la loi précitée est
partie ou intéressé.

ARTICLE 13

Le notaire salarié indique, dans tous les actes reçus ou


dressés par lui et dans toutes les correspondances, son nom, son
titre de notaire, le nom du titulaire de l’office ou, si ce dernier fait
partie d’une société civile professionnelle de notaires, la raison
sociale de ladite société civile professionnelle.

Les minutes des actes reçus par le notaire salarié sont


inscrites au répertoire du notaire titulaire de l’office et conservées
audit office notarial.

ARTICLE 14

Le notaire salarié investi d'un mandat à la Chambre des


notaires ne peut pas participer aux délibérations ni aux votes sur des
questions disciplinaires concernant le notaire titulaire de l'office dont
il est le salarié. Cette interdiction s’applique également aux notaires
associés à son employeur dans une société civile professionnelle de
notaires ainsi qu’à leurs notaires salariés.

ARTICLE 15

Le notaire titulaire de l'office est civilement responsable


du fait de l’activité professionnelle exercée pour son compte par
le notaire salarié.

272
ARTICLE 16

Le notaire salarié peut refuser à son employeur de recevoir


un acte ou d'accomplir une mission lorsque cet acte ou cette mission
lui paraissent contraires à sa conscience ou susceptibles de porter
atteinte aux règles professionnelles.

ARTICLE 17

L’exercice des fonctions d'officier public du notaire salarié


ainsi que celui de ses mandats professionnels sont suspendus à
compter du jour de la rupture du contrat de travail quelle qu'en
soit la cause.

Le notaire titulaire d’office ou le notaire salarié informe la


Chambre des notaires de la rupture du contrat. Celle-ci procède à
une tentative de conciliation des parties dans le délai de trente jours,
à compter de sa saisine. En cas d’échec de la tentative de
conciliation, la Chambre des notaires en informe le ministre de la
Justice qui, par arrêté, constate la rupture du contrat de travail ayant
lié les parties. A compter de ce jour, le notaire salarié ne peut plus
exercer en qualité de notaire.

ARTICLE 18

Si le notaire salarié qui a cessé d’exercer ses fonctions,


conclut un contrat de travail avec un autre notaire titulaire d’office, il
adresse conjointement avec le titulaire de l’office au ministre
de la Justice une demande de reprise des fonctions de notaire
salarié conformément aux dispositions des articles 1, 2 et 4
du présent décret.

Le ministre de la Justice autorise, par arrêté, le notaire


salarié à reprendre l'exercice de ses fonctions. L'arrêté précise le
nom de l’office au sein duquel le notaire salarié exerce ses fonctions.

Le notaire salarié commence l’exercice de son activité à


compter de la notification qui lui est faite dudit arrêté ainsi qu’à la
Chambre des notaires.

S'il reprend ses fonctions dans le ressort d'une autre Cour


d’appel, il prête préalablement le serment prévu à l'article 13 de la loi
n° 2018-897 du 30 novembre 2018 susvisée.
273
ARTICLE 19

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

274
5-
DECRET N° 2021-164 DU 24 MARS 2021
PORTANT ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA
CHAMBRE DES NOTAIRES.

275
CHAPITRE PREMIER - ORGANISATION DE LA CHAMBRE
DES NOTAIRES

ARTICLE PREMIER

La Chambre des notaires a pour attributions :

1° d’établir un règlement intérieur ;

2° de prononcer ou de proposer, suivant les cas,


l’application aux notaires des mesures disciplinaires ;

3° de prévenir tout différend d’ordre professionnel entre


notaires et de trancher, en cas de non-conciliation, ces litiges ;

4° d’examiner toutes réclamations de la part des tiers


contre les notaires, à l’occasion de l’exercice de leur profession et
notamment en ce qui concerne la taxe des frais et de sanctionner,
par voie disciplinaire, les manquements, sans préjudice des
poursuites devant les tribunaux ;

5° de préparer son budget et d’en répartir les charges entre


les membres ;

6° de régler les questions d’ordre général concernant le


recrutement, la formation des clercs et employés, l’admission au
stage des candidats aux fonctions de notaire ainsi que l’organisation
des enseignements professionnels ;

7° de donner son avis sur les questions professionnelles


rentrant dans ses attributions ;

8° de veiller au respect, par les notaires titulaires d’office,


de la règlementation applicable en matière sociale dans leurs
rapports avec leurs notaires salariés, leurs clercs et leurs autres
employés ;

9° de prendre des règlements et directives d’orientation de


la pratique professionnelle.

276
ARTICLE 2

La Chambre des notaires peut être représentée auprès de


chaque Cour d’appel par des sections.

La composition, l’organisation et le fonctionnement des


sections sont déterminés par le règlement intérieur de la Chambre
des notaires.

ARTICLE 3

Les organes de la Chambre des notaires sont :

1° l’assemblée générale ;

2° le bureau exécutif.

Les décisions, règlements et directives émanant desdits


organes agissant dans le cadre de leurs attributions, s’imposent
aux notaires.

ARTICLE 4

L’assemblée générale de la Chambre des notaires est


composée de l’ensemble des notaires en exercice sur le
territoire national.

L’assemblée générale se réunit en session ordinaire et


extraordinaire.

ARTICLE 5

L’assemblée générale ordinaire se réunit deux fois par an


sur convocation du président de la Chambre des notaires. Elle est
valablement constituée si plus de la moitié des membres est
présente ou représentée.

Si ce quorum n’est pas atteint à la première convocation, elle


siège valablement quel que soit le nombre de membres présents, ou
représentés à la seconde convocation.

Les décisions sont prises à la majorité des voix des


membres présents ou représentés.

277
ARTICLE 6

L’assemblée générale ordinaire :

1. délibère sur toutes les questions inscrites à l’ordre du


jour et celles soulevées incidemment ;

2. élit le président du bureau exécutif, président de la


Chambre des notaires ;

3. désigne les commissaires aux comptes, sur proposition


du bureau exécutif ;

4. détermine l’orientation générale des activités de la


Chambre des notaires, sur proposition du bureau exécutif ;

5. adopte les projets de règlement intérieur, du plan


d’action et de budget présentés par le bureau exécutif ;

6. adopte le Code de déontologie et d’éthique de la


profession ;

7. fixe le montant des cotisations des membres à verser à


la caisse de garantie collective ;

8. approuve les comptes de l’exercice clos.

Le règlement intérieur et le Code de déontologie sont


approuvés par arrêté du ministre de la Justice.

ARTICLE 7

L’assemblée générale extraordinaire se réunit :

1. sur convocation du président de la Chambre des


notaires ;

2. à la demande des deux tiers des membres du bureau


exécutif ou des délégués des sections ;

3. à l'initiative du ministre de la Justice.


278
Elle délibère sur la modification des statuts, du règlement
intérieur et sur tous sujets intéressant la profession, autres que ceux
relevant de la compétence de l’assemblée générale ordinaire.

Elle statue exclusivement sur les questions qui ont fait l’objet
de sa convocation. Elle est valablement constituée si plus de la
moitié des membres est présente ou représentée.

Si ce quorum n’est pas atteint à la première convocation, elle


siège valablement quel que soit le nombre de membres présents, ou
représentés à la seconde convocation.

Les décisions sont prises à la majorité des trois quarts des


membres présents ou représentés au premier tour, et à la majorité
absolue au second tour.

ARTICLE 8

Le délai de convocation de l’assemblée générale est de


quinze jours. Ce délai peut être ramené à huit jours pour l’assemblée
générale extraordinaire.

ARTICLE 9

Pour les votes en assemblée générale ordinaire ou


extraordinaire, aucun notaire ne peut être porteur de plus d’une
procuration.

ARTICLE 10

Le bureau exécutif est l’organe dirigeant de la Chambre des


notaires. Il assure l’exécution des décisions de l’assemblée
générale. Il prononce les sanctions disciplinaires qui relèvent de la
compétence de la Chambre des notaires.

Le bureau exécutif comprend :

1. un président ;

2. deux vice-présidents dont un premier et un second


vice-président ;
279
3. un secrétaire général ;

4. un secrétaire général adjoint ;

5. un trésorier ;

6. un trésorier adjoint.

Les présidents des sections créées auprès de chaque Cour


d’appel veillent à l’exécution des décisions du bureau exécutif dans
leur ressort territorial. Ils peuvent être convoqués aux réunions du
bureau exécutif.

Le président du bureau exécutif peut nommer, au maximum,


cinq conseillers techniques pour l’assister.

ARTICLE 11

Le président du bureau exécutif représente la Chambre des


notaires devant les pouvoirs publics et tout tiers dans tous les actes
de la vie civile.

Il représente la Chambre des notaires en Justice.

Il peut déléguer une partie de ses pouvoirs à un ou plusieurs


membres du bureau exécutif.

En cas d’empêchement momentané du président, l’intérim


est assuré par le premier vice-président et, en l’absence de celui-ci,
par le deuxième vice-président.

En cas de vacance du poste de président du bureau exécutif


de la Chambre des notaires pour quelque raison que ce soit, le
premier vice-président assume les fonctions de président, et en
cas d’absence du premier vice-président, le deuxième vice-président
assume les fonctions de président pour le temps du mandat qui
reste à courir.

280
ARTICLE 12

Nul ne peut être membre du bureau exécutif s’il ne totalise


au moins cinq ans d’exercice de la profession.

Nul ne peut être président de la Chambre des notaires s’il


n’a au moins dix ans d’exercice de la profession.

Seules les personnes physiques peuvent postuler aux


fonctions de président ou de membre du bureau exécutif.

ARTICLE13

Le mandat du bureau exécutif est de trois ans. Il court à


compter du premier janvier de l’année, il prend fin le trente-et-un
décembre de l’année du terme du mandat.

Dans l’intervalle des trois mois qui précèdent la fin du


mandat, le bureau exécutif prend toutes mesures à l’effet d’organiser
l’élection du nouveau président.

Il met en place un comité ad hoc électoral dont il désigne le


président parmi les anciens présidents de la Chambre. Le président
ainsi désigné constitue un bureau de cinq membres comprenant un
vice-président, un secrétaire et trois membres.

ARTICLE 14

Le président du bureau exécutif est élu par l’assemblée


générale. Dans les huit jours de son élection, il publie la composition
des membres du bureau exécutif.

Le président du bureau exécutif est rééligible une seule fois.

L’élection a lieu au scrutin secret, à la majorité absolue au


premier tour et à la majorité relative au second tour.

281
ARTICLE 15

Le bureau exécutif peut constituer des commissions


permanentes ou temporaires. Le président du bureau exécutif, sur
proposition de son bureau, nomme le président qui, à son tour, en
désigne les membres. Chaque commission peut constituer en son
sein des sous-commissions.

ARTICLE 16

Les fonctions de membre du bureau exécutif et des


commissions sont gratuites.

Toutefois, les missions ordonnées par le bureau exécutif


sont prises en charge sur le budget de la Chambre des notaires
adopté en assemblée générale.

CHAPITRE 2 - FONCTIONNEMENT DE LA CHAMBRE


DES NOTAIRES

ARTICLE 17

La Chambre des notaires dispose d’un siège.

ARTICLE 18

Les ressources de la Chambre des notaires proviennent :

1. des cotisations de l’ensemble des notaires ;

2. du produit de ses services et activités ;

3. des revenus de ses immobilisations ;

4. des dons, subventions et legs qui lui sont accordés ;

5. de toute recette ou libéralité dont elle peut légalement


disposer ;

6. du droit d’authentification, à la charge du notaire, dont


les modalités de prélèvement, l’affectation et le taux seront fixés
par arrêté du ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre
des notaires.

282
ARTICLE 19

Le notaire est tenu d’assister personnellement aux


assemblées générales de la Chambre des notaires. Toute absence
doit être justifiée.

Les absences répétées du notaire aux assemblées


générales, sans motif légitime, constituent une faute disciplinaire.

ARTICLE 20

Le paiement des cotisations est une obligation légale dont


chaque notaire doit s’acquitter. Le non-paiement de la cotisation
constitue une faute disciplinaire.

ARTICLE 21

Le bureau exécutif de la Chambre des notaires peut


prononcer, à l’encontre des notaires qui enfreignent les obligations
relatives à la participation aux assemblées générales de la Chambre
et au paiement des cotisations, le refus d’assistance administrative.

La Chambre des notaires informe le ministre de la Justice


ainsi que le procureur général des mesures prises.

ARTICLE 22

La Chambre des notaires peut constituer au profit de ses


membres, toute mutuelle, coopérative, fonds, caisse de retraite, et
en déterminer, par un règlement pris par l’assemblée générale des
notaires, les organes ainsi que le mode de fonctionnement.

ARTICLE 23

Un règlement intérieur adopté par l’assemblée générale


détermine le mode de fonctionnement de la Chambre des notaires et
de ses organes.

Ce règlement intérieur est approuvé par arrêté du ministre


de la Justice.
283
ARTICLE 24

L’assemblée générale désigne, dans les mêmes conditions


que le président du bureau exécutif, deux commissaires aux
comptes dont un titulaire et un suppléant. Ils sont choisis sur la liste
des experts comptables agréés, pour une durée de deux ans.

ARTICLE 25

Le commissaire aux comptes est chargé du contrôle de la


situation financière de la Chambre des notaires, de la certification de
la régularité et de la sincérité des comptes de celle-ci.

Il établit un rapport qu’il soumet à l’assemblée générale.

ARTICLE 26

Les rémunérations et avantages du commissaire aux


comptes sont déterminés par l'assemblée générale sur proposition
du bureau exécutif.

CHAPITRE 3 - DISPOSITION FINALE

ARTICLE 27

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

284
6-
DECRET N°2021-165 DU 24 MARS 2021 FIXANT LES
MODALITES DE CONSTITUTION ET DE FONCTIONNEMENT DE
LA SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE
DE NOTAIRES.

285
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Les notaires titulaires d’office nommés dans le ressort d’un


même tribunal peuvent constituer, entre eux, une société civile
professionnelle de moyens pour l’exercice de leurs activités,

La société civile professionnelle, ainsi créée, ne peut être


titulaire d’un office.

ARTICLE 2

La société civile professionnelle de notaires a pour objet de


mettre en commun, pour une durée déterminée, les moyens
nécessaires à la facilitation des activités de ses associés, d’accroître
leurs capacités d’action, sans pouvoir se substituer à eux.

Chaque associé titulaire d'office exerce librement les


activités relevant de ses attributions de notaire, telles que définies à
l’article 1 de la loi portant Statut du notariat, 11 est également sou-
mis personnellement aux obligations législatives et réglementaires
relatives à l’exercice de la fonction notariale.

ARTICLE 3

La société civile professionnelle ne vise pas elle- même la


réalisation et le partage de bénéfices financiers.

Toutefois, si au terme de l’exercice social la balance des


comptes de la société est positive, ce solde créditeur est librement
affecté par les associés à tout usage qu’ils auront déterminé d’un
commun accord, sans possibilité de constituer de réserve.

286
CHAPITRE 2 - CONSTITUTION

ARTICLE 4

La société civile professionnelle est constituée par acte


notarié.

S’il est établi par acte sous seing privé, l’acte est dressé en
autant d’originaux qu’il y a d’associés.

ARTICLE 5

La société civile professionnelle constituée est agréée, après


avis de la Chambre des notaires, par arrêté du ministre de la Justice.

La demande d’agrément de la société civile professionnelle


est présentée au ministre de la Justice conjointement par tous les
associés. Elle est accompagnée d'une copie du projet des statuts et
du contrat de bail] ou du titre de propriété afférent au local pro-
fessionnel.

Un exemplaire du dossier est transmis par le ministre de la


Justice à la Chambre des notaires qui, après vérification du respect
par les demandeurs des règles professionnelles, ainsi que des
décisions, règlements et directives de la Chambre, lui communique
son avis dans les huit jours de sa saisine.

La société civile professionnelle jouit de la personnalité


morale à compter de l’agrément.

L’arrêté d’agrément indique les noms des associés et édicte


toutes dispositions utiles concernant la garde des minutes des
offices dont ils sont titulaires.

ARTICLE 6

La raison sociale de la société civile professionnelle est


constituée par les noms de tous les associés suivis de la mention
« notaires associés ».

287
ARTICLE 7

Les statuts mentionnent :

1° les nom, prénoms et domicile de chaque associé


2° l’adresse et te siège social ;
3° la durée pour laquelle la société est constituée ;
4° la nature et l’évaluation distincte de chacun des
apports faits par les associés ;
5° le montant du capital social, le nombre et la valeur
nominale des parts sociales ainsi que la répartition
sociale représentative de ce capital ;
6° l’indication du montant libéré lors de la constitution des
apports en numéraire ;
7° les conditions de nomination et de révocation des
gérants, leurs pouvoirs et la durée de leur mandat.

ARTICLE 8

Peuvent être l’objet d’apport à la société civile


professionnelle de notaires, en propriété ou en jouissance :

1° tous droits incorporels, droits mobiliers ou immobiliers ;


2° tous objets mobiliers à usage professionnel ;
3° les immeubles ou locaux destinés à l’exercice de la
profession ;
4° les apports en numéraire.

ARTICLE 9

Les parts sociales sont souscrites en totalité par les


associés.

Celles qui représentent des apports en nature sont libérées


dès la constitution de la société.

En outre, les parts représentant un apport en numéraire sont


libérées, lors de la souscription, de la moitié au moins de leur valeur
nominale.

288
Les fonds provenant de la libération des apports en
numéraire sont déposés sur un compte bancaire ouvert au nom de la
société.

Le retrait de ces fonds ne peut être effectué que par le ou les


gérants de la société.

ARTICLE 10

Les parts sociales ne peuvent être données en nantis-


sement.

La valeur nominale d’une part ne peut être inférieure à dix


mille francs.

ARTICLE 11

Dans les quinze jours qui suivent l’agrément de la société,


un exemplaire des statuts est déposé à la Chambre des notaires et
au greffe du tribunal dans le ressort duquel est établi le siège social
et au ministère de la Justice.

Jusqu’à ce dépôt, les dispositions des statuts sont


inopposables aux tiers qui peuvent, toutefois, s’en prévaloir.

Toute personne intéressée peut obtenir la délivrance, à ses


frais, par le greffier en chef, d’un extrait des statuts contenant, à
l’exclusion de toutes autres indications :

1° l’identité des associés ;


2° l’adresse du siège social ;
3° la raison sociale ;
4° la durée pour laquelle la société est constituée ;
5° le cas échéant, l’identité du ou des gérants ;
6° les clauses relatives aux pouvoirs, à la responsabilité
pécuniaire des associés et à la dissolution de la société.

289
CHAPITRE 3 - FONCTIONNEMENT
ARTICLE 12
Des registres et documents sont établis au nom de la société
pour retracer l’ensemble des activités relevant de son objet,
conformément à la réglementation en vigueur.
Ces registres et documents sont différents de ceux que
chaque notaire tient dans l’exercice de ses activités professionnelles
en application des articles 66 et suivants du décret fixant les moda-
lités d’application de la loi portant statut du notariat.
ARTICLE 13
Dans les actes professionnels, chaque associé indique sa
qualité de notaire et la raison sociale de la société dont il fait partie. Il
est tenu d’indiquer dans toute correspondance et document émanant
de lui, la raison sociale de la société dont il fait partie.
Un acte nécessitant le concours de plusieurs notaires ne
peut être reçu par les associés d’une société civile professionnelle
de notaires.
ARTICLE 14
Le mode de consultation des associés, les règles de quorum
et de majorité exigées pour la validité de leurs décisions et les
conditions dans lesquelles ils sont informés de l’état des affaires de
la société sont déterminés par les statuts.
ARTICLE 15
Les décisions sont constatées par un procès-verbal
contenant notamment :
1 ° la date et le lieu de la réunion ;
2° l’ordre du jour détaillé ;
3° l’identité des associés présents ou de leurs
représentants ;
4° le résumé des débats ;
5° le texte des résolutions mises aux voix et le résultat
des votes.
290
ARTICLE 16

Toute modification des statuts est soumise à l’approbation


du ministre de la Justice suivant la procédure prévue à l’article 5.

Un exemplaire des statuts approuvés est déposé à la


Chambre des notaires et au greffe du tribunal du ressort de la
société dans le délai de quinze jours à compter de l’approbation du
ministre de la Justice.

CHAPITRE 4 - CESSION ET TRANSMISSION DE PARTS


SOCIALES

ARTICLE 17

Toute convention par laquelle l’un des associés cède la


totalité ou une fraction de ses parts sociales à un autre notaire est
passée sous la condition suspensive de l’approbation du retrait du
cédant et de l’acceptation du cessionnaire, par les autres associés à
l’unanimité.

Le ministre de la Justice doit, par arrêté, et après avis motivé


de la Chambre des notaires, approuver le retrait de l’associé cédant
et agréer le cessionnaire des parts sociales.

ARTICLE 18

Dans le cas où la société refuse de consentir à la cession,


elle dispose d’un délai de six mois à compter de la notification de
son refus, par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception ou par acte de commissaire de Justice, pour notifier dans
la même forme, à l’associé qui persiste dans son intention de céder
ses parts sociales, un projet de cession ou de rachat de celles-ci. Ce
projet vaut engagement du cessionnaire ou de la société se portant
acquéreur.

Le projet de cession de la société peut consister à faire


acquérir les parts du cédant par les autres associés, ou à défaut, par
tout autre notaire du même ressort du tribunal.

291
Lorsque la société exerce sa faculté de rachat, elle procède
à une réduction du capital de la société du montant des parts
acquises.

ARTICLE 19

Si le prix proposé pour la cession ou le rachat n’est pas


accepté par le cédant, il est obligatoirement procédé à une tentative
de conciliation par la Chambre des notaires saisie à cet effet, par la
partie la plus diligente.

En cas de non-conciliation, le prix est fixé par le tribunal


compétent, à dire d’expert.

CHAPITRE 5 – DISSOLUTION

ARLICLE 20

Les statuts fixent librement la durée de la société qui ne peut


excéder quatre- vingt-dix-neuf ans.

ARTICLE 21

Sauf dans le cas où elle n’est composée que de deux


associés, la société civile professionnelle n’est pas dissoute par le
décès, l’incapacité ou le retrait d’un associé quelle qu’en soit la
cause, ou lorsque l’un des associés est frappé par l’exclusion à
l’unanimité de ses coassociés pu de l’interdiction définitive d’exercer
sa profession.

En cas de décès, les ayants droit de l’associé décédé


n’acquièrent pas la qualité d’associé. Ils disposent d’un délai de six
mois pour céder les parts sociales de l’associé décédé dans les
conditions prévues aux articles 17 et 18 du présent décret.

Lorsque l’un des associés est frappé par l’exclusion à


l’unanimité de ses coassociés ou de l’interdiction définitive d’exercer
sa profession, ses parts sociales sont cédées, en totalité, dans les
conditions prévues aux articles 17 et 18 du présent décret.

292
ARTICLE 22

La dissolution ou la prorogation de la société est décidée par


les associés, statuant à la majorité des trois quarts.

En tout état de cause, si pour quelque motif que ce soit, il ne


subsiste qu’un seul associé, la société est dissoute de plein droit.

ARTICLE 23

La société civile professionnelle peut être dissoute dans les


cas prévus par les dispositions qui régissent les nullités des contrats.

Ni la société ni les associés ne peuvent se prévaloir de la


nullité à l’égard des tiers.

ARTICLE 24

En cas de dissolution pour quelque cause que ce soit ou de


décision judiciaire déclarant la nullité de la société et devenue
irrévocable, le sort du patrimoine de la société est déterminé,
conformément aux modalités définies par les statuts.

CHAPITRE 6 - DISPOSITION FINALE

ARTICLE 25

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

293
V-
COMMISSAIRES DE JUSTICE

294
1-
LOI N° 2018-974 DU 27 DECEMBRE 2018
PORTANT STATUT DES COMMISSAIRES DE JUSTICE
Modifiée par la loi n° 2020-506 du 10 juin 2020

295
CHAPITRE PREMIER - ATTRIBUTIONS, COMPETENCE ET
ORGANISATION

Section première - Attributions et compétences

ARTICLE PREMIER

Le commissaire de justice est l’officier ministériel et public


qui a seul qualité, dans les conditions fixées par les lois et
règlements en vigueur, pour :

1° dresser et signifier les actes de procédure ;

2° faire toute signification prescrite par la réglementation ;

3° exécuter les décisions de justice ainsi que les actes ou


titres en forme exécutoire ;

4° dresser et mettre à exécution les protêts en cas de non-


paiement d’un effet ;

5° procéder au recouvrement forcé des créances ;

6° dresser les procès-verbaux de constat toutes les fois


que la loi l’exige ;

7° assurer le service des audiences près les cours et


tribunaux ;

8° faire l’inventaire, l’estimation, la prisée, la vente aux


enchères publiques, judiciaire ou volontaire de tout bien meuble
corporel ou incorporel de toute nature, notamment les fonds de
commerce, les valeurs mobilières, les marchandises, le mobilier,
l’outillage, l’équipement, les aéronefs, les bateaux et navires et tout
autre meuble fixé à un immeuble, susceptible toutefois d’être
détaché sans dommages ni pour sa structure propre ni pour celle de
son support de fixation immobilier ;

9° faire l’inventaire, l’estimation et, le cas échéant, la prisée


en matière de succession ;

296
10° procéder à la vente aux enchères publiques des biens
de l’Etat et des collectivités territoriales, du secteur parapublic, des
établissements publics, des sociétés à participation publique ainsi
que les biens des organisations non gouvernementales, des
représentations diplomatiques, des organismes internationaux
et les biens de toute nature saisis par les administrations
douanière et fiscale.

Les actes qu’il dresse en application de l’alinéa 1 font foi


jusqu’à inscription de faux.

ARTICLE 2

Le commissaire de Justice peut en outre :

1° procéder au recouvrement amiable de toutes créances ;

2° effectuer, lorsqu’il est commis par justice ou à la requête


de particuliers, des constatations purement matérielles, exclusives
de tout avis sur les conséquences de fait ou de droit qui peuvent en
résulter ; sauf en matière pénale où elles ont valeur de simples
renseignements, ces constatations font foi jusqu’à preuve contraire ;

3° être commis en qualité de technicien pour éclairer le


juge sur une question de fait ;

4° être requis par le procureur général pour exercer les


fonctions de greffier ad hoc ;

5° dresser procès-verbal des assemblées statutaires de


toutes sociétés de droit public et privé ainsi que de celles
des agences ;

6° procéder aux ventes volontaires des biens mobiliers

7° exercer à titre accessoire certaines activités ou


fonctions; la liste de ces activités et fonctions ainsi que les conditions
dans lesquelles les intéressés sont autorisés à les exercer est, sous
réserve des lois spéciales, fixée par décret.

Dans les matières prévues au présent article, les


émoluments de commissaire de Justice sont fixés d’accord partie
avec le particulier qui requiert ses services.
297
ARTICLE 3

Sauf dispositions contraires, le commissaire de Justice ne


peut se livrer à aucun commerce en son nom, pour le compte
d’autrui ou sous le nom d’autrui.

ARTICLE 4

Lorsque le commissaire de Justice est requis pour


instrumenter hors de la juridiction au siège de laquelle il est nommé,
la partie requérante supporte ses frais de déplacement et de séjour.
Ces frais ne peuvent entrer en compte dans le calcul des dépens.

Il doit en outre être fait mention de la réquisition expresse


des parties sur les originaux et copies des actes dressés
dans ces conditions.

ARTICLE 5

Tout acte accompli par le commissaire de Justice en dehors


de ses attributions est frappé de nullité absolue.

Toute autre nullité est relative sauf si la loi en


dispose autrement.

Le commissaire de Justice qui fait des actes entachés de


nullité peut être condamné aux frais de l’acte annulé et
éventuellement à des dommages-intérêts envers la partie à laquelle
il est porté préjudice.

La juridiction qui déclare la nullité a compétence pour


prononcer ces condamnations.

ARTICLE 6

Le commissaire de Justice peut se faire assister de clercs


assermentés.

Le clerc assermenté justifiant de deux années au moins de


cléricature, et remplissant les conditions 1° à 8° de l’article 11 de la
présente loi, peut suppléer le commissaire de Justice dans tous les
actes de son ministère, notamment en cas de congé régulier,
d’absence temporaire ou d’empêchement momentané.

298
Il peut, avec l’assentiment du titulaire de la charge à laquelle
il est attaché, et sous sa responsabilité, suppléer les autres
commissaires de Justice.

Les autres clercs assermentés peuvent suppléer le


commissaire de Justice dans la signification ou la notification
des actes.

ARTICLE 7

Le clerc assermenté est compétent pour instrumenter dans


le ressort de la Cour d’Appel de la juridiction à laquelle il appartient.

Les actes qu’il dresse en application de l’article 1 de la


présente loi font foi jusqu’à inscription de faux.

Le commissaire de Justice titulaire de charge est


responsable des nullités, restitutions, dépens, dommages-intérêts
encourus du fait des clercs assermentés attachés à sa charge.

ARTICLE 8

Les formes applicables aux actes de procédure dressés


par le commissaire de Justice et les clercs assermentés sont
fixées par décret.

Section 2 - Organisation

ARTICLE 9

Au siège de chaque juridiction il peut être créé par décret sur


proposition du ministre de la Justice, une ou plusieurs charges de
commissaire de Justice.

ARTICLE 10

Le commissaire de Justice relève de la juridiction dans le


ressort territorial de laquelle il est établi.

Toutefois il exerce ses activités sur toute l’étendue du


territoire national. Il est astreint à résider au siège de la juridiction
de rattachement.

299
CHAPITRE 2 - NOMINATION ET CESSATION DE FONCTION

Section première - Nomination

ARTICLE 11

Le commissaire de justice titulaire de charge est nommé par


le ministre de la Justice dans les conditions fixées par décret.

Nul ne peut être nommé commissaire de Justice s’il ne


remplit les conditions suivantes :

1° être de nationalité ivoirienne ;

2° être âgé de vingt et un ans révolus ;

3° jouir de ses droits civils et civiques ;

4° n’avoir pas fait l’objet de condamnation pour des faits


portant atteinte à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs ;

5° n’avoir pas été déclaré en état de faillite personnelle ou


mis en état de liquidation des biens ou d’interdiction d’exercice d’une
profession réglementée ;

6° ne pas être ancien officier ministériel ou ancien officier


public destitué ou fonctionnaire révoqué par mesure disciplinaire
pour faits contraires à la probité et aux bonnes mœurs ou avocat
rayé du barreau ;

7° être titulaire de la maîtrise ou du master en droit ;

8° avoir passé avec succès un concours et un stage dont


les modalités sont fixées par décret.

ARTICLE 12

Sont dispensés du concours et du stage, les clercs


assermentés ayant exercé de manière continue pendant dix ans au
moins dans une étude de commissaire de Justice et titulaires de la
maîtrise en droit ou du master en droit.
300
Sont également dispensés de l’examen professionnel et du
stage les personnes suivantes, sous les conditions indiquées au
7° de l’article précédent :

1° les anciens magistrats ;

2° les anciens commissaires-priseurs et huissiers de


Justice titulaires de charges.

ARTICLE 13

Avant d’entrer en fonction, le commissaire de Justice titulaire


de charge prête devant la Cour d’Appel de la juridiction où il est
nommé, le serment dont la teneur suit :

« Je jure de me conformer aux lois et règlements avec


honneur, exactitude et probité et d’observer en tout, les devoirs qu’ils
m’imposent ».

Avant d’entrer en fonction, le clerc prête devant la juridiction


qui l’agrée le serment dont la teneur suit :

« Je jure de me conformer avec honneur, exactitude et


probité aux lois et règlements régissant les fonctions de commissaire
de Justice et me comporter en tout, comme un loyal clerc
assermenté ».

Section 3 - Cessation de fonction

ARTICLE 14

La cessation des fonctions de commissaire de


Justice résulte :

1° de la démission ;

2° du décès ;

3° de la destitution.

301
ARTICLE 15

Le commissaire de Justice titulaire de charge qui se trouve


dans l’impossibilité de continuer normalement l’exercice de ses
fonctions par suite notamment de l’âge, de la maladie, de blessures
ou d’infirmité, est déclaré démissionnaire dans les conditions
prévues par décret.

ARTICLE 16

Le commissaire de Justice titulaire de charge n’a pas le droit


de présenter de successeur.

ARTICLE 17

Tout acte portant cession d’un office ou de la clientèle


entraîne la destitution du commissaire de Justice.

ARTICLE 18

Le titre de commissaire de Justice honoraire peut être


attribué à l’ancien commissaire de Justice qui a exercé ses fonctions
pendant au moins vingt ans.

CHAPITRE 3 - DROITS ET OBLIGATIONS

ARTICLE 19

Le commissaire de justice est tenu d’exercer son ministère


toutes les fois qu’il en est requis par la justice ou par les parties,
sous réserve des exceptions prévues par la loi et les prohibitions
pour cause de parenté.

ARTICLE 20

Il est interdit à tout commissaire de Justice de réclamer une


somme supérieure au tarif en vigueur, sous peine de restitution et
dommages-intérêts s’il y a lieu, sans préjudice de poursuites pénales
et disciplinaires.

302
ARTICLE 21

Le commissaire de Justice ne peut, à peine de nullité,


instrumenter à l’égard de son conjoint, de ses parents et alliés, en
ligne directe et en ligne collatérale jusqu’au quatrième degré.

Le commissaire de Justice qui organise ou réalise des


ventes de meubles aux enchères publiques ne peut, directement ou
indirectement, acheter pour son propre compte les biens proposés
lors de ces ventes.

Lorsque le commissaire de Justice est associé d’une société


civile professionnelle comme prévu à l’article 40, l’interdiction à
l’égard de l’un s’étend aux autres associés.

L’interdiction prévue à l’alinéa 2 du présent article s’applique


également aux salariés de la charge de commissaire de Justice.

ARTICLE 22

Tout titulaire d’une charge de commissaire de Justice, avant


d’entrer en fonction, et pour être admis au serment professionnel
comme indiqué à l’article 13 de présente loi, doit justifier du
versement à un comptable du Trésor, d’un cautionnement dont le
montant est déterminé par décret.

Le cautionnement est affecté à la garantie des


condamnations susceptibles d’être prononcées contre le
commissaire de Justice à l’occasion des fautes de toute nature
commises dans l’exercice de ses fonctions.

Lorsque le cautionnement est employé en tout ou partie,


le commissaire de Justice dispose de six mois pour le
reconstituer sous peine d’être considéré comme démissionnaire
et remplacé d’office.

ARTICLE 23

Le commissaire de Justice titulaire de charge est tenu


d’assurer sa responsabilité professionnelle sous peine d’être
considéré comme démissionnaire et remplacé d’office.
303
ARTICLE 24

Le commissaire de Justice titulaire de charge est astreint à la


tenue d’une comptabilité.

ARTICLE 25

Le commissaire de Justice est tenu d’ouvrir un compte de


dépôt dans une banque. Ce compte est exclusivement affecté à la
réception de tous les fonds et valeurs reçus à l’occasion de
l’exercice de ses fonctions.

Ce compte fonctionne exclusivement sous la signature du


commissaire de Justice et, le cas échéant, de ses clercs
assermentés spécialement mandatés à cet effet.

Il ne peut y avoir ni compensation ni fusion entre ce compte


et tout autre compte ouvert au nom du même titulaire.

La banque où est ouvert ce compte adresse au procureur


général ou au ministre de la Justice, sur leur demande, un
relevé dudit compte.

ARTICLE 26

Le commissaire de Justice qui, sauf le cas de force majeure,


n’a pas versé au compte prévu à l’article précédent les fonds reçus à
l’occasion de l’exercice de ses fonctions est passible des peines
prévues par les textes réprimant le détournement.

Il est passible des mêmes peines s’il n’a pas versé aux
créanciers ou consigné au Trésor public dans les délais légaux les
sommes encaissées pour le compte des créanciers.

ARTICLE 27

Le commissaire de Justice a la police des ventes


aux enchères.

Il peut directement adresser toutes réquisitions à la force


publique pour y maintenir l’ordre.
304
ARTICLE 28

Le commissaire de Justice peut recevoir toute déclaration


concernant les ventes auxquelles il procède, recevoir et viser toutes
oppositions, introduire tous recours auxquels ses opérations peuvent
donner lieu et citer à cet effet les parties intéressées devant les
autorités compétentes.

ARTICLE 29

Toute opposition, toute saisie-attribution formée entre les


mains du commissaire de Justice et relative à ses fonctions, toute
signification de jugement prononçant la validité desdites oppositions
ou saisies-attributions sont sans effet, à moins que l’original desdites
oppositions ou saisies-attributions ou significations de jugement n’ait
été visé par le commissaire de Justice.

En cas d’absence ou de refus, il en est dressé procès-verbal


par le commissaire de Justice intéressé qui est tenu de le faire viser
par le représentant du ministère public.

ARTICLE 30

Le commissaire de Justice est responsable de la rédaction


de ses actes, sauf lorsque l’acte a été préparé par un autre
officier ministériel, pour les indications matérielles qu’il n’a pas
pu lui-même vérifier.

Le commissaire de Justice doit conserver les minutes des


procès-verbaux de vente qu’il établit. Ces procès-verbaux font foi
jusqu’à inscription de faux.

ARTICLE 31

Les valeurs d’exploitation de la charge du commissaire


de Justice sont insaisissables comme participant au fonctionnement
du service public.

ARTICLE 32

L’étude de commissaire de Justice est inviolable et tous


les actes et pièces qu’elle contient sont protégés par le
secret professionnel.
305
ARTICLE 33
Le commissaire de Justice, sauf en cas de flagrant délit, ne
peut être ni poursuivi, ni arrêté, ni déféré pour infraction commise
dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions
sans que le président de la Chambre nationale des commissaires
de Justice ou son représentant n’ait été avisé par écrit et
sans que l’intéressé n’ait été entendu au préalable par le
procureur général de sa résidence.
ARTICLE 34
En cas d’absence ou d’empêchement provisoire, le
commissaire de Justice peut être remplacé par un autre commissaire
de Justice de son choix de la même résidence après information de
la Chambre nationale des commissaires de Justice.
A défaut, le commissaire de Justice remplaçant est désigné
d’office par le ministre de la Justice, sur proposition de la Chambre
nationale des commissaires de Justice.
ARTICLE 35
En cas de décès, destitution, démission ou incapacité
dûment constatée, le ministre de la Justice désigne, sur proposition
de la Chambre nationale des commissaires de Justice, un
commissaire de Justice chargé de la gestion et de la liquidation des
affaires en cours dans un délai qui ne saurait excéder une année.
CHAPITRE 4 - ORGANISATION ET DISCIPLINE
ARTICLE 36
Il est institué une Chambre nationale des commissaires de
Justice représentant la profession auprès des pouvoirs publics. Elle
donne son avis, chaque fois qu’elle en est requise, sur toutes les
questions professionnelles.
La Chambre nationale est dotée de la personnalité morale.
Elle a des pouvoirs disciplinaires.
Les modalités d’organisation et de fonctionnement de
la Chambre nationale des commissaires de Justice sont
fixées par décret.
306
ARTICLE 37

Tout manquement aux devoirs et obligations imposés au


commissaire de Justice titulaire de charge peut être sanctionné par
l’une des mesures disciplinaires suivantes :

1o l’avertissement ;

2° le blâme ;

3° la suspension à temps pour une durée ne pouvant


excéder une année ;

4° la destitution.

Les deux premières sanctions sont prononcées par la


Chambre nationale des commissaires de Justice concurremment
avec le procureur général compétent. La suspension et la destitution
relèvent de la compétence du ministre de la Justice.

ARTICLE 38

Aucune sanction disciplinaire ne peut être prononcée à


l’encontre d’un commissaire de Justice sans que ce dernier n’ait été
au préalable entendu.

Lorsqu’il est l’objet de poursuites disciplinaires, le


commissaire de Justice peut se faire assister par un autre
commissaire de Justice ou toute personne de son choix. Il a
accès à son dossier et peut se faire communiquer copie de
toute pièce qu’il contient.

ARTICLE 39

Le commissaire de Justice peut exercer contre les décisions


prononçant les sanctions prévues à l’article 37 de la présente loi, un
recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’Etat, après un
recours administratif préalable devant le ministre de la Justice,
suivant les forme et délai prévus par la loi.

Le recours n’est pas suspensif.


307
ARTICLE 40

Le commissaire de Justice peut exercer sa profession, soit à


titre individuel, soit au sein d’une société civile professionnelle.

Les modalités de constitution et de fonctionnement de la


société civile professionnelle de commissaire de Justice sont
fixées par décret.

ARTICLE 41

La formation professionnelle continue est obligatoire pour le


commissaire de Justice.

La formation est organisée par la Chambre nationale des


commissaires de Justice en collaboration avec le ministère de la
Justice, suivant les modalités définies par décret.

CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES


ET FINALES

ARTICLE 42

Toute référence dans les textes législatifs et réglementaires


à l’huissier de Justice ou au commissaire-priseur désigne le
commissaire de Justice.

ARTICLE 43 nouveau
(Loi n° 2020-506 du 10 juin 2020)

Il est institué par décret, une commission paritaire chargée


d’exercer les attributions de la Chambre nationale des commissaires
de justice et de mettre en œuvre les modalités de la fusion
des professions d’huissier de justice et de commissaire-priseur.
Cette commission paritaire dispose du délai d’un an pour
l’accomplissement de sa mission. Ce délai court à compter
de l’adoption du décret fixant sa composition, son organisation
et son fonctionnement.

308
Afin d’assurer la mise à niveau mutuelle des ex-huissiers de
justice et des ex-commissaires-priseurs et de garantir une
harmonisation des pratiques professionnelles, la commission
paritaire est tenue d’organiser, pendant la période transitoire, des
formations théoriques et pratiques obligatoires portant sur les
matières déterminées par décret.

ARTICLE 44 nouveau
(Loi n° 2020-506 du 10 juin 2020)

A compter de l’entrée en vigueur de la présente loi, les


charges d’huissier de justice et de commissaire-priseur deviennent
des charges de commissaire de justice.

Les professionnels en exercice deviennent commissaires de


justice et en prennent le titre sans que leur nomination soit réitérée
par arrêté du ministre de la Justice.

Toutefois, le droit d’accomplir effectivement l’ensemble des


activités prévues à l’article 1 de la loi portant Statut des
commissaires de justice par un ex-huissier de justice ou un
ex-commissaire-priseur en exercice, sera soumis à la condition
de justifier d’une attestation officielle de mise à niveau délivrée
à l’issue des formations organisées ou approuvées par
la commission paritaire.

ARTICLE 45

La loi n° 97-514 du 4 septembre 1997 portant Statut des


huissiers de Justice et la loi n° 83-787 du 2 août 1983 portant Statut
des commissaires-priseurs, telle que modifiée et complétée par la
loi n° 97-515 du 4 septembre 1997, restent applicables jusqu’à
l’effectivité de la fusion des professions d’huissier de Justice
et de commissaire-priseur.

ARTICLE 46

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

309
2-
DECRET N° 2019-496 DU 12 JUIN 2019
PORTANT INSTITUTION DE LA COMMISSION PARITAIRE
DES COMMISSAIRES DE JUSTICE

310
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE PREMIER

Il est institué une commission paritaire des commissaires de


justice, ci-après dénommée «la commission paritaire »,
conformément à la loi n° 2018-974 du 27 décembre 2018 susvisée.

ARTICLE 2

Sous la supervision du ministre de la Justice, la commission


paritaire exerce les attributions de la Chambre nationale des
commissaires de Justice.

Elle est, en outre, chargée de mettre en œuvre les modalités


pratiques de la fusion des professions d’huissier de justice et de
commissaire-priseur.

Ainsi, elle est chargée :

Au titre de l’identification et de la localisation

- de recenser, d’identifier et de localiser les huissiers de


justice et les commissaires-priseurs en exercice ;
- de confectionner un tableau officiel des commissaires
de justice ;
- de proposer au ministère de la Justice des modèles de
cartes professionnelles de commissaires de justice
titulaires de charges, de commissaires de justice
stagiaires et de clercs assermentés.

Au titre des registres professionnels

- de concevoir des modèles standards de registres et


autres documents relatifs à la pratique professionnelle
des commissaires de justice, à soumettre à
l’approbation du ministre de la Justice.

311
Au titre de la sensibilisation, de la promotion et de la
vulgarisation
- de contribuer, par tout moyen, à la sensibilisation et à la
promotion de la fonction de commissaire de justice
auprès des pouvoirs publics, des autres acteurs de la
justice, des justiciables et des opérateurs économiques;
- d’assurer la diffusion et la vulgarisation des textes
relatifs à la profession auprès de l’ensemble des
commissaires de justice, sur toute l’étendue du territoire
national.
Au titre du costume professionnel
- de proposer et de soumettre à l’avis du ministère de la
Justice un modèle de costume professionnel des
commissaires de justice titulaires de charges et des
clercs assermentés, conforme aux dispositions
réglementaires.
Au titre de la formation et de la mise à niveau
- d’organiser, pendant la période transitoire, des
formations théoriques et pratiques obligatoires portant
sur les matières ci-après :
- pour les ex-huissiers de justice, une formation portant
sur les pratiques professionnelles relevant des ex-
commissaires-priseurs, à savoir :
1° le droit et la pratique de la vente de meubles aux
enchères publiques prescrite par la loi ou par décision
de justice ;
2° les inventaires et prisées correspondants sur les arts
et techniques et sur les matériels et stocks ;
- pour les ex-commissaires-priseurs, une formation
portant sur les pratiques professionnelles relevant des
ex-huissiers de justice, notamment :
1° la signification des actes ;
2° les procédures civiles et commerciales d’exécution ;
3° la pratique des constats ;
312
4° le recouvrement amiable de créances ;

5° le service d’audience.

- d’organiser au profit des ex-huissiers de justice et des


ex-commissaires-priseurs, qui sont tenus de la
suivre conjointement, une formation portant sur les
principes généraux et techniques d’administration des
greffes et parquets et sur la détermination de la
tarification des actes.

ARTICLE 3

Les formations sont organisées par les commissions


techniques spéciales de la commission paritaire, en liaison avec
l’Institut national de Formation judiciaire, et suivant les modalités
définies d’accord-partie. Elles peuvent être également réalisées par
tout autre organisme à condition d’être approuvées par la
commission paritaire et l’Institut national de Formation judiciaire.

Les formations sont sanctionnées par une attestation


délivrée à chaque professionnel à la fin de sa formation par la
commission paritaire et l’Institut national de Formation judiciaire.

Le contrôle de la mise en œuvre des formations est


assuré par la commission paritaire sous la supervision du
ministre de la Justice.

ARTICLE 4

Le droit d’accomplir effectivement l’ensemble des activités


prévues à l’article 1 de la loi portant statut des commissaires de
justice par un ex-huissier de justice ou un ex-commissaire-priseur en
exercice est soumis à la condition de justifier d’une attestation
officielle de mise à niveau délivrée à l’issue des formations
organisées ou approuvées par la commission paritaire.

313
CHAPITRE 2 - ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT
DE LA COMMISSION PARITAIRE

Section première - Organisation

ARTICLE 5

La commission paritaire est composée de six membres dont


trois proposés par l’ex-président de la Chambre nationale des
huissiers de Justice et trois proposés par l’ex-président de la
Chambre nationale des commissaires-priseurs.

Elle est organisée ainsi qu’il suit :

- un président, ex-huissier de justice ;


- un vice-président, ex-commissaire-priseur ;
- un secrétaire, ex-huissier de justice ;
- un secrétaire adjoint, ex-commissaire-priseur ;
- un trésorier, ex-commissaire-priseur ;
- un trésorier adjoint, ex-huissier de justice.

ARTICLE 6

Pour l’accomplissement de ses missions, la commission


paritaire peut mettre en place des commissions techniques spéciales
dont elle désigne les membres.

La constitution des commissions techniques spéciales est


faite sous la supervision du ministre de la Justice.

Section 2 - Fonctionnement

ARTICLE 7

La commission paritaire se réunit sur convocation de son


président, une fois tous les mois.

Sur convocation du président, la commission paritaire, en


formation plénière élargie aux membres des commissions
techniques spéciales, se réunit une fois tous les deux mois, pour
faire l’évaluation de ses activités.
314
Exceptionnellement, des réunions extraordinaires de la
commission paritaire en formation plénière élargie aux membres des
commissions techniques spéciales peuvent être convoquées par le
président pour débattre de points précis et urgents.

ARTICLE 8

Les décisions de la commission paritaire en formation


plénière élargie aux membres des commissions techniques
spéciales, sont prises à la majorité des membres présents.

La commission paritaire ne peut valablement délibérer que si


au moins quatre membres sont présents. Si après une première
convocation, le quorum n’est pas atteint, la délibération faite après la
seconde convocation est valable avec trois membres présents.

En cas d’empêchement ou d’inertie du président, le


vice-président convoque valablement la réunion.

En cas d’égalité de voix, celle du président est


prépondérante.

ARTICLE 9

Dès sa mise en place, la commission paritaire élabore


un budget de fonctionnement dont les ressources sont à
pourvoir par les commissaires de justice, suivant un taux de
cotisation qu’elle définit.

ARTICLE 10

Au cours du septième mois suivant son installation, le


président de la commission paritaire convoque l’ensemble des
commissaires de justice à une assemblée générale aux fins
d’évaluer le processus de fusion entrepris et d’identifier les mesures
correctives à entreprendre.

La convocation est portée à la connaissance des


commissaires de justice au moins une semaine avant la date
de la réunion.

315
ARTICLE 11

Au cours de la première semaine du douzième mois suivant


son installation, le président de la commission paritaire convoque les
commissaires de justice à une assemblée générale sur l’ordre du
jour suivant :

1° exposé du bilan moral et financier de la mission de la


commission paritaire ;

2° dissolution de la commission paritaire ;

3° organisation de l’élection du président de la Chambre


nationale des commissaires de justice et des organes électifs.

La convocation doit être adressée aux commissaires de


justice quinze jours au moins avant la date de la réunion.

CHAPITRE 3 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

ARTICLE 12

Pendant la période transitoire, les huissiers de justice et les


commissaires-priseurs conservent l’usage de leurs registres
professionnels respectifs d’origine dans le cadre de leurs activités,
jusqu’à ce qu’il soit institué des registres professionnels officiels des
commissaires de justice conformes à la règlementation en vigueur.

ARTICLE 13

La commission paritaire dispose d’un délai d’un an pour


l’accomplissement de sa mission.

ARTICLE 14

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

316
3-
DECRET N° 2019-567 DU 26 JUIN 2019
FIXANT LES MODALITES D’APPLICATION DE LA LOI
PORTANT STATUT DES COMMISSAIRES
DE JUSTICE.

317
CHAPITRE PREMIER - ORGANISATION DE LA PROFESSION
DE COMMISSAIRE DE JUSTICE

Section première - Nomination

ARTICLE PREMIER

Le ministre de la Justice nomme par arrêté, en qualité de


commissaire de justice, les candidats ayant réussi au concours et
satisfait au stage professionnel.

L’arrêté de nomination fixe la résidence du commissaire de


justice du tribunal auprès duquel sa charge est créée.

ARTICLE 2

Le commissaire de justice est tenu de justifier de son


installation dans un délai de six mois à compter de la notification de
l’arrêté de nomination au ministre de la Justice, à l’inspecteur
général des Services judiciaires et pénitentiaires, au procureur
général, au procureur de la République de la juridiction auprès de
laquelle sa charge a été créée et au président de la Chambre
nationale des commissaires de justice.

Il doit produire à cet effet :

1° le procès-verbal de l’audience de prestation de serment;

2° l’attestation de prise de service délivrée par le procureur


de la République du ressort de la charge ;

3° l’attestation d’assurance de responsabilité


professionnelle ;

4° la quittance de paiement du cautionnement.

318
Section 2 - Honorariat

ARTICLE 3

Le titre de commissaire de justice honoraire peut être


attribué à l’ancien commissaire de justice ayant exercé ses fonctions
pendant au moins vingt ans.

Le titre de commissaire de justice honoraire est conféré par


arrêté du ministre de la Justice, après avis de la Chambre nationale
des commissaires de justice.

ARTICLE 4

Le commissaire de justice honoraire demeure attaché, en


cette qualité, à la juridiction de rattachement de sa charge au
moment de la cessation de ses fonctions.

Il continue à jouir des honneurs et privilèges attachés à son


état, et peut assister, en costume d’audience, aux cérémonies
solennelles de sa juridiction de rattachement.

Il est tenu à la réserve qu’impose sa qualité.

ARTICLE 5

L’honorariat ne peut être retiré au commissaire de justice


que dans les formes prévues au chapitre relatif à la discipline.

Section 3 - Clerc de commissaire de justice

ARTICLE 6

Le commissaire de justice titulaire de charge qui désire faire


assermenter un candidat à la cléricature, soumet sa requête, après
avis de la Chambre nationale des commissaires de justice suite à un
entretien avec le candidat, à l’agrément de la juridiction auprès de
laquelle sa charge est créée, laquelle, en chambre du conseil et sur
conclusions du ministère public, autorise la prestation de serment.
La décision du tribunal n’est pas susceptible de recours.

319
Le candidat doit remplir les conditions exigées par
l’article 11, paragraphes 1 à 6 de la loi portant Statut des
commissaires de justice et être titulaire au moins du baccalauréat
ou de la capacité en droit.

ARTICLE 7

Le clerc est inscrit, dès sa prestation de serment, sur un


registre tenu au parquet de la juridiction auprès de laquelle la charge
est créée, à la diligence du commissaire de justice qui sollicite
l’agrément, faute de quoi il ne peut exercer ses fonctions.

Il est également inscrit sur un registre tenu à cet effet par la


Chambre nationale des commissaires de justice.

ARTICLE 8

Le commissaire de justice peut se faire suppléer par un


ou plusieurs clercs assermentés titulaires de la maîtrise en droit ou
d’un master en droit. Les autres clercs assermentés peuvent
suppléer le commissaire de justice titulaire de charge dans la
signification de tous actes.

Les clercs des deux catégories ne sont compétents pour


instrumenter que dans le ressort de la cour d’appel dont relève le
tribunal auprès duquel la charge du commissaire de justice titulaire
est créée, sous peine de nullité des actes par eux accomplis.

ARTICLE 9

La suppléance du titulaire de charge par un clerc


assermenté comporte uniquement le droit d’accomplir des actes
matériels de pratique professionnelle, à l’exclusion du droit de
signature sur les actes qui est exclusivement réservé aux
commissaires de justice titulaires de charge.

320
Section 4 - Concours professionnel et stage

ARTICLE 10

Le concours de commissaire de justice est organisé tous les


deux ans, au cours du second trimestre de l’année.

Les modalités ainsi que le programme du concours et du


stage sont précisés par arrêté du ministre de la Justice, après avis
de la Chambre nationale des commissaires de justice.

ARTICLE 11

Le candidat ayant subi avec succès les épreuves du


concours est admis au stage.

La durée du stage est de deux années.

ARTICLE 12

La Chambre nationale des commissaires de justice procède


à l’inscription du commissaire de justice stagiaire sur un registre
tenue à cet effet.

Elle assure l’organisation et le suivi du stage en liaison avec


le ministère de la justice.

ARTICLE 13

A la fin du stage, une attestation, signée par le président de


la Chambre nationale des commissaires de justice ou son
représentant sur rapport du maître de stage, est délivrée au candidat
dans un délai d’un mois.

Le ministre de la Justice délivre, au vu de l’attestation


de fin de stage, le Certificat d’aptitude à la profession de
commissaire de justice.

En cas de non délivrance de l’attestation de fin de stage


dans le délai imparti, le stagiaire peut saisir le ministre de la
Justice qui statue.
321
Section 5 - Cessation de fonction

ARTICLE 14

Le commissaire de justice qui se trouve dans l’impossibilité


de continuer normalement l’exercice de ses fonctions en raison
notamment de l’âge, de la maladie, de blessures ou d’une infirmité
ou de toute autre cause dûment constatée, est déclaré
démissionnaire.

Cette décision est prise par arrêté du ministre de la Justice,


après avis d’une commission qui comprend :

1° le président du tribunal du ressort duquel le commissaire


de justice relève, président de la commission ;

2° le procureur de la République près la juridiction de


rattachement du commissaire de justice concerné ;

3° le président de la Chambre nationale des commissaires


de justice ou son représentant ;

4° un médecin désigné par le procureur de la République


du ressort de la juridiction auprès de laquelle la charge du
commissaire de justice est créée.

La commission se réunit sur convocation de son président


aux lieu et date qu’il fixe pour entendre l’intéressé ou son
représentant. Dix jours au moins avant cette audition, la commission
lui communique l’ensemble des pièces du dossier.

Le commissaire de justice concerné peut se faire assister


par un avocat ou un confrère.

Section 6 - Carte professionnelle

ARTICLE 15

Les commissaires de justice titulaires de charge et les clercs


assermentés, sont munis d’une carte professionnelle dont le modèle
et les conditions de délivrance, d’usage et de retrait, sont fixés par
arrêté du ministre de la Justice.

322
Section 7 - Cautionnement

ARTICLE 16
Avant d’entrer en fonction, le commissaire de justice doit
constituer un cautionnement garantissant l’exercice de la charge qui
lui est confiée par l’Etat.

Le montant du cautionnement est fixé à cinq cent mille francs.

Section 8 - Absence - Congé - Vacance

ARTICLE 17

Le commissaire de justice titulaire de charge ne peut


s’absenter pour une durée n’excédant pas quinze jours sans
autorisation accordée par le procureur de la République de la
juridiction auprès de laquelle sa charge est créée.

Les absences du commissaire de justice excédant une


durée de quinze jours et les congés sont accordés par le procureur
général près la cour d’appel dont relève la juridiction auprès de
laquelle sa charge est créée.

Toutefois, s’agissant des absences nécessitant un


déplacement hors du territoire national, les autorisations ne sont
accordées que par le ministre de la Justice.

ARTICLE 18

Le commissaire de justice qui s’absente sans autorisation ou


ne reprend pas le service au terme du délai prévu dans l’autorisation
d’absence est, sauf cas de force majeure, passible de sanction
disciplinaire.

En cas de force majeure ayant empêché le commissaire de


justice de demander au préalable l’autorisation ci-dessus, celui-ci
doit en informer sans délai, par tout moyen laissant trace écrite, le
procureur de la République, le procureur général ou le ministre de la
Justice selon le cas.

323
ARTICLE 19

Aucun congé ne peut excéder une durée de deux mois.

Sauf empêchement dû à un cas de force majeure, le


commissaire de justice qui ne reprend pas le service au terme de
son congé est passible de sanction disciplinaire.

ARTICLE 20

La décision autorisant l’absence ou le congé est accordée


après avis de la Chambre nationale des commissaires de justice et
désigne le commissaire de justice suppléant.

Le commissaire de justice suppléant est choisi par le


commissaire de justice sollicitant l’absence ou le congé parmi les
commissaires de justice titulaires de charge ayant la même
résidence que lui. Toutefois, lorsqu’il n’y a pas d’autres
commissaires de justice au siège du tribunal, le commissaire de
justice suppléant est désigné d’office par le ministre de la Justice sur
proposition de la Chambre nationale des commissaires de justice.

ARTICLE 21

Avec l’assentiment du commissaire de justice titulaire de la


charge à laquelle il est attaché et sous la responsabilité de celui-ci,
le clerc assermenté titulaire de la maîtrise ou du master en droit
justifiant de deux années au moins de cléricature, peut être désigné
pour suppléer un autre commissaire de justice de la même résidence
absent ou en congé dans les mêmes conditions prévues aux articles
8 et 9 du présent décret.

L’assentiment du commissaire de justice titulaire de la


charge est donné par écrit au procureur général.

ARTICLE 22

En cas de vacance de la charge par suite de décès,


destitution ou démission du commissaire de justice, le procureur de
la République, dès qu’il en a connaissance, peut ordonner toutes
mesures conservatoires qu’il juge utiles, notamment rendre
indisponible le compte professionnel du commissaire de justice.
324
II fait procéder par un commissaire de justice, en présence
d’un représentant de la Chambre nationale des commissaires de
justice, à l’inventaire des dossiers, livres, pièces et espèces détenus
par le commissaire de justice, et arrête les livres.

Les dossiers livres et pièces sont ensuite déposés avec


l’original de l’inventaire au greffe de la juridiction du siège de l’étude,
tandis que les espèces sont versées entre les mains d’un comptable
du Trésor public.

Le procureur de la République dresse un procès-verbal de


ces opérations et en transmet le double, accompagné d’une copie de
l’inventaire au ministre de la Justice.

ARTICLE 23

En attendant la nomination d’un nouveau titulaire de la


charge, en cas de décès, démission ou destitution, le ministre de la
justice, après avis de la Chambre nationale des commissaires de
justice, désigne pour le suppléer, un autre commissaire de justice
ayant la même résidence ou, à défaut, rattaché au ressort de la
même Cour d’Appel.

Les contrats de travail des clercs et du personnel ne sont


pas rompus du fait de la vacance.

Le suppléant est mis en possession des documents déposés


au greffe mentionnés à l’alinéa 3 de l’article 22 du présent décret. Il
cumule ses fonctions avec celles du commissaire de justice qu’il
supplée. Il perçoit à la charge du commissaire de justice qu’il
supplée, le montant des émoluments, droits, frais de déplacement et
débours qui lui sont acquis pour les actes accomplis à l’occasion de
sa suppléance, déduction faite des charges de l’office.

Ses fonctions cessent de plein droit dès la réintégration


du titulaire de la charge ou la prestation de serment du
nouveau titulaire.

325
ARTICLE 24

Durant la période de suppléance, le compte professionnel


du commissaire de justice fonctionne sous la signature du
suppléant dès notification à la banque d’une ampliation de l’arrêté
désignant le suppléant.

La période de suppléance ne peut excéder un an.

CHAPITRE 2 - DROITS ET OBLIGATIONS PROFESSIONNELLES


DU COMMISSAIRE DE JUSTICE

Section première - Droits

ARTICLE 25

Dans l’exercice de ses fonctions, le commissaire de justice


perçoit les droits, émoluments et indemnités prévus par la
règlementation en vigueur.

ARTICLE 26

Sauf dans les cas prévus à l’article 23 du présent décret, la


rémunération du commissaire de justice suppléant est fixée en
accord avec le titulaire de charge qu’il supplée.

La rémunération du clerc assermenté assurant la


suppléance d’un commissaire de justice autre que celui auquel il est
rattaché comme indiqué à l’article 21 du présent décret est fixée
dans les mêmes conditions que ci- dessus.

Section 2 - Obligations professionnelles

Sous-section première - Relations professionnelles

ARTICLE 27

Les rapports professionnels entre le commissaire de justice


titulaire de charge et le clerc attaché à la charge sont, outre
les dispositions prévues par la loi portant Statut des
commissaires de justice et le présent décret, régis par le
Code du travail et les lois sociales.

326
Le clerc attaché à la charge exerce ses fonctions sous la
responsabilité du commissaire de justice titulaire de charge. A ce
titre, le commissaire de justice répond des fautes commises par le
clerc dans l’exercice ou à l’occasion des missions qui lui sont
confiées, conformément aux dispositions prévues aux articles 6 à 8
de la loi portant Statut des commissaires de justice.

Sous-section 2 - Assurance professionnelle

ARTICLE 28

Le commissaire de justice est tenu de souscrire à une police


d’assurance de responsabilité civile professionnelle auprès d’une
compagnie régulièrement constituée, au plus tard dans le mois qui
suit son installation.

Le contrat d’assurance ne doit pas comporter une limite de


garantie inférieure à trente millions de francs par année pour un
même assuré. Il ne doit pas prévoir de franchise à la charge de
l’assuré supérieure à dix pour cent des indemnités dues.

Sous-section 3 - Service d’audience

ARTICLE 29

Le service des audiences est assuré près les juridictions


suprêmes et les juridictions de second et de premier degré par les
commissaires de justice résidant au siège de ces juridictions.

ARTICLE 30

Les présidents des juridictions règlent, en rapport avec la


Chambre nationale des commissaires de Justice, les modalités du
service des audiences de leurs juridictions conformément aux
attributions qu’ils tiennent de la loi.

ARTICLE 31

Le service des audiences comporte l’obligation pour le


commissaire de justice de faire l’appel des causes et de maintenir
l’ordre sous l’autorité du magistrat présidant l’audience.
327
Sous-section 4 - Accomplissement des actes

ARTICLE 32

Le commissaire de justice est responsable de la rédaction


de ses actes et de ceux de ses clercs.

ARTICLE 33

Les copies de jugements, d’arrêts et de toutes autres pièces


qui sont faites par le commissaire de justice, doivent être correctes
et lisibles. Elles doivent de plus être établies conformément aux
dispositions prévues par le tarif des frais de justice et par les textes
en vigueur sur le timbre. Les copies des pièces doivent être
certifiées conforme à l’original.

ARTICLE 34

Le commissaire de justice est tenu de remettre lui-même ou


par l’intermédiaire de ses clercs assermentés les copies de pièces
qu’il a été chargé de signifier ou de notifier conformément aux
dispositions légales en vigueur.

ARTICLE 35

Dès la cessation des fonctions du clerc assermenté auprès


du commissaire de justice titulaire de charge, son agrément du
clerc assermenté lui est d’office retiré. Il ne peut plus accomplir les
actes relevant de la compétence dudit commissaire de justice, ni
accomplir d’autres actes relevant de la compétence de commissaire
de justice que s’il est régulièrement au service d’un autre
commissaire de justice.

Tout commissaire de justice qui souhaite prendre à son


service le clerc ayant cessé ses fonctions comme indiqué à l’alinéa
ci-dessus, doit présenter une demande d’habilitation à cet effet à la
Chambre nationale des commissaires de justice. La Chambre
nationale vérifie si le clerc remplit toujours les conditions pour
exercer, notamment s’il ne s’est pas rendu coupable d’actes portant
atteinte à l’honneur et à la probité ou d’une manière générale tout
acte contraire à son serment.
328
En cas d’habilitation par la Chambre nationale, le clerc
exerce sans prêter à nouveau serment, sauf si le commissaire de
justice employeur réside dans un autre ressort territorial.

ARTICLE 36

Le commissaire de justice est tenu d’accomplir lui-même les


diligences qui lui sont confiées, notamment de :

1° remettre l’acte et les copies des actes qu'il a été chargé


de signifier ou de notifier ;

2° procéder lui-même à la vente publique des biens.

Les procès-verbaux des ventes et toutes autres pièces


qui sont faites par le commissaire de justice doivent être
corrects et lisibles.

Les diligences ci-dessus sont accomplies conformément aux


prescriptions de la législation en vigueur.

Les diligences peuvent être confiées aux clercs assermentés


suivant les dispositions prévues aux articles 6 à 8 de la loi
portant Statut des commissaires de justice. Cependant, les actes
judiciaires ou extrajudiciaires élaborés par les clercs sont
préalablement signés sur l’original et les copies par le commissaire
de justice titulaire de charge.

ARTICLE 37

Le commissaire de justice est tenu, à peine de nullité de ses


actes, de mentionner au bas des originaux et de leurs copies le coût
total de chaque acte et d’indiquer le nombre de rôles, de copies de
pièces, ainsi que le détail de tous les articles formant le coût de
l’acte, conformément à la réglementation sur la tarification des actes
des commissaires de justice.

329
ARTICLE 38

Le commissaire de justice suppléant désigné conformément


aux dispositions des articles 34 et 35 de la loi portant Statut des
commissaires de justice accomplit les diligences relevant de la
compétence de celui qu’il supplée et mentionne sur les originaux et
sur les copies des significations et notifications demandées ainsi que
dans les actes de la prisée, les opérations qu’il a effectuées de
même que le décompte des frais et débours. Il mentionne en outre
qu’il agit en qualité de suppléant sur les originaux et copies des
actes qu’il accomplit.

ARTICLE 39

Lorsqu’il est prescrit l’établissement des actes en double


original, le premier est remis à la partie intéressée ou à son
représentant, le second est conservé par le commissaire de justice.

Les seconds originaux ainsi conservés sont ensuite


enliassés et portent un numéro d’ordre qui est celui du répertoire où
l’acte est mentionné.

ARTICLE 40

Le commissaire de justice ne peut accomplir aucun acte au


nom et pour le compte d’une partie sans mandat exprès.

Le mandat donné au commissaire de justice se prouve


par tout moyen.

ARTICLE 41

Le commissaire de justice peut, avant d’instrumenter, exiger


de la partie qui requiert les actes ou les formalités, une provision
suffisante pour acquitter tous droits et débours nécessaires. Il est
tenu de délivrer quittance valable des sommes ainsi versées.

Lorsque la partie qui requiert l’accomplissement des actes


ou formalités ci-dessus, entend révoquer le mandat confié au
commissaire de justice avant le terme de la mission, elle doit lui
adresser un écrit à cette fin.
330
Lorsque le commissaire de justice n’a commis aucune faute
ou négligence, ses émoluments sont dus à compter du premier acte
ou de la première formalité qu’il a effectivement accompli, si la partie
qui l’a requis le remplace par un autre commissaire de justice.
Dans le cas contraire, les émoluments sont calculés au prorata des
actes ou formalités réalisés.

ARTICLE 42

Sous réserve des dispositions prévues par l’Acte uniforme


portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et
des voies d’exécution, pour les procédures de distribution, le délai
imparti au commissaire de justice pour déposer à son compte
professionnel de dépôt, le montant du prix des ventes est de quinze
jours à compter de la date de l’adjudication.

ARTICLE 43

Le commissaire de justice ne peut procéder aux règlements


pécuniaires des fonds et valeurs reçus à l’occasion de l’exercice de
ses fonctions que par chèque ou virements bancaires.

Toutefois, lorsqu’ils n’excèdent pas cinq cent mille francs,


les règlements pécuniaires peuvent être exécutés en espèces
contre quittance.

Les retraits du compte prévu à l’article 25 de la loi


portant statut des commissaires de justice ne peuvent être
opérés que par virement de banque à banque, par chèques
postaux ou par chèque à personne dénommée, sauf lorsqu’ils
n’excèdent pas cinq cent mille francs.

ARTICLE 44

Le commissaire de justice tient un répertoire sur lequel il est


inscrit, jour par jour, sans blanc, interligne ou omission, intercalaire
ou transposition, et par ordre de numéros, tous les meubles et objets
dont il a la charge de la vente ainsi que leurs procès-verbaux.

331
Ce registre indique :

1° le numéro d’ordre ;

2° la date du dépôt ;

3° la désignation des meubles et objets mis à la vente ;

4° les noms et prénoms et le domicile des parties ;

5° la date du procès-verbal de la vente ou de la prisée et


de celle de son enregistrement ;

6° en cas de non-vente, la mention du retrait des meubles


et objets signées par le déposant.

Ce répertoire qui est coté et paraphé par le président de la


juridiction du ressort est soumis trimestriellement au visa du
procureur de la République et aux obligations prévues par le Code
général des impôts.

Un récépissé reproduisant les mentions énumérées aux


numéros 1, 2, 3 et 4 du deuxième paragraphe du présent article, est
remis à chaque déposant au moment de l’entrée en magasin des
meubles et objets destinés à être vendus.

Sous-section 5 - Obligations diverses

ARTICLE 45

Le commissaire de justice est tenu d’exercer son ministère


ave : la probité la plus scrupuleuse et la plus grande diligence.

Il doit, en toute occasion, s’efforcer d’exercer dans les limites


de la loi, son ministère avec modération et se limiter en particulier
aux seuls actes ou démarches nécessaires pour arriver au but que le
mandat se propose d’atteindre.

Il est astreint à résider dans le ressort de la juridiction de


rattachement, sous peine de destitution, sur rapport de la Chambre
nationale des commissaires de justice, de l’inspection générale des
Services judiciaires et pénitentiaires, du procureur de la République
du ressort ou du procureur général compétent.

332
ARTICLE 46

Le commissaire de justice est tenu d’exécuter avec diligence


ses missions toutes les fois qu’il est requis par la justice.

ARTICLE 47

Le commissaire de justice ne peut se rendre cessionnaire


d’actions et de droits litigieux qui sont de la compétence de la
juridiction auprès de laquelle il exerce.

ARTICLE 48

Le commissaire de justice titulaire de charge, peut être


autorisé par arrêté du ministre de la Justice, à exercer l’une des
activités accessoires suivantes :

1° administrateur d’immeubles ;

2° agent d’assurance ;

3° chargé d’enseignement ;

4° secrétaire de coopérative.

Dans l’exercice de ses activités accessoires, il ne peut faire


état de sa qualité de commissaire de justice.

L’autorisation du ministre de la Justice ne dispense pas le


commissaire de justice d’obtenir au préalable les autorisations et
agréments nécessaires pour l’exercice de l’activité accessoire.

ARTICLE 49

L’autorisation du ministre de la Justice peut faire l’objet de


retrait, notamment lorsque l’exercice de ces activités nuit à
l’accomplissement par le commissaire de justice de ses obligations
professionnelles ou donne lieu à des réclamations justifiées.

333
Sous-section 6 - Formation professionnelle

ARTICLE 50

La formation professionnelle est obligatoire, au moins tous


les deux ans, pour chaque commissaire de justice.

La Chambre nationale est tenue d’assurer le contrôle


effectif de l’accomplissement par le commissaire de justice
de cette formation.

ARTICLE 51

Le commissaire de justice qui ne respecte pas cette


obligation est passible de sanctions disciplinaires.

ARTICLE 52

Les modules et le volume horaire sont définis par la


Chambre nationale des commissaires de justice en liaison avec
l’Institut national de formation judiciaire après approbation du
ministre de la Justice.

Section 3 - Costume

ARTICLE 53

Le commissaire de justice porte un costume qui comporte


une robe noire avec rabat blanc plissé, et une épitoge ainsi
qu’une toque noire.

Le clerc de commissaire de justice porte le même costume


sans l’épitoge et la toque.

334
CHAPITRE 3 - COMPTABILITE DU COMMISSAIRE
DE JUSTICE

ARTICLE 54

Le commissaire de justice titulaire de charge tient, sous


peine de sanctions disciplinaires :

1° des répertoires ;

2° un livre-journal des recettes et des dépenses

3° un grand livre ;

4° un registre à souches ;

5° un registre de reversement.

Ces livres sont imprimés conformément à un modèle fixé par


arrêté du ministre de la Justice sur proposition de la Chambre
nationale des commissaires de justice. Ces livres sont cotés et
paraphés par le président du tribunal du lieu d’exercice du
commissaire de justice.

ARTICLE 55

Les répertoires mentionnent jour par jour, sans blanc ni


interligne, et par ordre de numéros, tous les actes.

Le coût des actes, les frais, et le débours sont portés en


détail dans des colonnes séparées.

Ces répertoires sont soumis par ailleurs aux règles et aux


formalités prescrites par les textes en vigueur et le timbre.

ARTICLE 56

Pour les ventes aux enchères publiques, sont inscrits sur le


répertoire, jour par jour, sans blanc, interligne ou omission,
intercalation ou transposition, et par ordre de numéros, tous les
meubles et objets qui lui sont remis pour être vendus aux enchères
publiques ainsi que leurs procès-verbaux.
335
Ce répertoire indique :

1° le numéro d’ordre ;

2° la date du dépôt ;

3° la désignation des meubles et objets mis à la vente ;

4° les noms et prénoms et le domicile des parties ;

5° la date du procès-verbal de la vente ou de la prisée et


de celle de son enregistrement ;

6° la mention du retrait des meubles et objets signée par le


déposant, en cas de non vente.

Un récépissé reproduisant les mentions énumérées aux


numéros 1, 2, 3 et 4 du deuxième alinéa du présent article est
soumis à chaque déposant au moment même de l’entrée en
magasin des meubles et objets destinés à être vendus.

ARTICLE 57

Le commissaire de justice mentionne au bas de chaque


procès-verbal de vente le détail de tous les frais, droits et
émoluments auxquels aura donné lieu la vente, sous peine d’une
amende civile de 300 000 francs dont le recouvrement est poursuivi
par voie de contrainte par le service de l’enregistrement; le
commissaire de justice peut, en outre, dans ce cas, être l’objet de
sanctions disciplinaires.

ARTICLE 58

Le livre-journal mentionne jour par jour, par ordre de date,


sans blanc, rature, ni interligne ou renvoi, les recettes et les
dépenses, avec l’indication sommaire de la nature de la recette ou
de la dépense et, le cas échéant, le numéro de référence du compte
ouvert au grand livre.

336
Doivent être inscrites, à l’exclusion de toutes autres :

1° en recettes, toutes les sommes que les commissaires


de justice reçoivent dans l’exercice de leur ministère à quelque
titre que soit ;

2° en dépenses, toutes les sommes qu’ils remettent à leur


client ou qu’ils consignent lorsqu’ils en ont l’obligation ainsi que les
émoluments, frais et débours entrant dans le coût des actes ou
opérations de leur ministère.

La balance est effectuée au moins une fois par trimestre.


Elle fait apparaître le montant des provisions non encore employées
et celui des recouvrements amiables ou judiciaires non encore
versés ou consignés.

ARTICLE 59

Le livre-journal est soumis trimestriellement au contrôle du


procureur de la République près la juridiction compétente, lequel,
après visa, transmet sans délai au procureur général près la Cour
d’Appel et à la Chancellerie, le procès- verbal de sa vérification.

ARTICLE 60

Le grand livre contient l’ouverture d’un compte spécial au


nom des particuliers. Ce livre fait apparaître à leur date :

1° en recettes :

- la somme consignée à titre de provision pour couvrir le


coût des actes ;
- toutes les sommes reçues à l’occasion des
recouvrements amiables ou judiciaires ;

2° en dépenses :

- le détail des sommes employées sur la provision au fur


et à mesure de leur emploi ;
- toutes les sommes payées ou reversées, sur les
recouvrements amiables ou judiciaires ;
- les sommes retenues ou perçues au titre du droit
proportionnel, à l’occasion des recouvrements.
337
A l’expiration de chaque trimestre, le commissaire de justice
adresse au procureur de la République compétent, un compte
sommaire faisant apparaître pour chaque affaire, le reliquat des
provisions non encore employées et des sommes recouvrées non
encore reversées au créancier.

II indique la raison pour laquelle ces reliquats existent.

ARTICLE 61

Le registre à souches est composé de trois feuillets


comportant les mêmes mentions, de couleurs différentes,
auto-carbonés dont les deux premiers sont détachables.

Le premier feuillet, de couleur blanche, formant reçu, est


remis à la partie versante, le deuxième, de couleur bleue, est classé
au dossier et le troisième, de couleur jaune, sert de souche.

Ce registre porte, en imprimé sur les feuillets, des


numéros d’ordre. Chaque registre prendra la suite du numérotage
du registre précédent.

Tout versement, à quelque titre et sous quelque forme que


ce soit, y est inscrit.

Les feuillets mentionnent les nom, qualité et domicile de la


partie versante, la date, la cause, le montant, le mode de versement
et la destination des fonds.

ARTICLE 62

Le registre de reversement fait apparaître jour par jour le


montant et le mode de paiement des sommes reversées.

ARTICLE 63

En cas de cessation temporaire de fonctions, la remise au


commissaire de justice suppléant des livres comptables énumérés
ci-dessus, ainsi que des documents intéressant le ministère du
commissaire de justice est constatée par un procès-verbal
énumératif dressé en quatre originaux signés des intéressés.
338
Un original est conservé aux archives du commissaire
de justice.

Les trois autres sont transmis au procureur de la République


compétent qui en atteste la conformité par son visa et en conserve
un exemplaire.

Les deux derniers exemplaires sont transmis, l’un au


procureur général près la Cour d’Appel du ressort et l’autre au
ministre de la Justice.

ARTICLE 64

Il est procédé comme indiqué à l’article précédent au


moment de sa reprise d’activité par le commissaire de justice qui
avait momentanément cessé ses fonctions.

ARTICLE 65

La tenue des livres prévus par le présent décret n’est pas


exclusive de l’usage de tous autres livres ou documents prescrits par
la réglementation en vigueur, notamment en matière fiscale,
comptable et sociale.

CHAPITRE 4 - DISCIPLINE DU COMMISSAIRE DE JUSTICE

Section première - Organes de discipline

ARTICLE 66

Le ministre de la Justice, le procureur général du ressort


et la Chambre nationale des commissaires de justice assurent
la surveillance et la discipline générale à l’égard des
commissaires de justice.

ARTICLE 67

Toute violation commise par un commissaire de justice aux


lois et règlements, aux règles de déontologie et d’éthique, même
hors de son activité professionnelle, l’expose à une sanction
disciplinaire, sans préjudice des poursuites judiciaires éventuelles.
339
ARTICLE 68

Le procureur général peut, concurremment avec la


Chambre nationale des commissaires de justice, prononcer
contre le commissaire de justice titulaire de charge,
l’avertissement et le blâme.

La suspension à temps et la destitution sont prononcées par


arrêté du ministre de la Justice,

Les sanctions sont prononcées sur proposition d’un conseil


de discipline.

ARTICLE 69

Le conseil de discipline est composé de cinq membres,


nommés par arrêté du ministre de la Justice pour une durée de deux
ans renouvelables une fois :

1° un magistrat de l’administration centrale du ministère de


la Justice, président ;

2° le procureur de la République près le tribunal de


première instance d’Abidjan ou son représentant ;

3° un administrateur des greffes et parquets désigné par


l’inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires ;

4° deux commissaires de justice désignés par le président


de la Chambre nationale des commissaires de justice.

ARTICLE 70

Lorsqu’il existe contre le commissaire de justice des


motifs pouvant conduire à la mise en œuvre d’une procédure
disciplinaire, le ministre de la Justice, le procureur général
ou le président de la Chambre nationale des commissaires
de justice, selon le cas, adresse à l’intéressé une demande
d’explication portant sur le fait reproché.

Le commissaire de justice dispose de quinze jours,


à compter de la réception de la demande d’explication,
pour y répondre.
340
ARTICLE 71

Lorsqu’après réception de la réponse du commissaire de


justice, l’auteur de la demande d’explication entend engager une
procédure disciplinaire, il saisit le conseil de discipline et notifie sa
décision au concerné.

Il est procédé dans les mêmes conditions lorsqu’à


l’expiration du délai fixé à l’alinéa 2 de l'article précédent, le
commissaire de justice n’a fourni aucune réponse sans juste motif.

Section 2 - Instruction de la cause

ARTICLE 72

Lorsqu’il est saisi, le conseil de discipline peut désigner


parmi ses membres un rapporteur. Ce rapporteur a qualité pour
procéder à l’audition du commissaire de justice poursuivi et d’une
façon générale, recueillir tous témoignages, et procéder à toutes
constatations nécessaires à la manifestation de la vérité.

ARTICLE 73

Lorsqu’il a achevé l’instruction, le rapporteur transmet le


dossier accompagné de son rapport au président du conseil de
discipline. Le rapport doit contenir un exposé objectif des faits ;

ARTICLE 74

Le commissaire de justice poursuivi est convoqué, par voie


administrative, quinze jours au moins avant la date fixée pour
l’audience. L’auteur de la plainte et les témoins, s’il y a lieu, sont
convoqués par tout moyen.

La convocation précise le droit pour le commissaire de


justice poursuivi, jusqu’au jour fixé pour l’audience, de prendre ou
faire prendre connaissance du dossier par son défenseur.

ARTICLE 75

Le conseil de discipline ne peut valablement se réunir


que si au moins trois de ses membres, le président y compris,
sont présents.
341
ARTICLE 76

Le président du conseil de discipline dirige les débats. Il


assure la police de l’audience.

Il donne d’abord la parole au rapporteur pour la lecture de


son rapport.

Il procède ensuite à l’interrogation du mis en cause et, s’il y a


lieu, à l’audition du plaignant et des témoins.

Le commissaire de justice poursuivi a la parole le dernier.

ARTICLE 77

Le commissaire de justice poursuivi doit comparaître


en personne. Il peut se faire assister par un commissaire de
justice ou par un avocat inscrit au barreau, à l’exclusion de
toute autre personne.

En cas d’excuse reconnue valable par le conseil


de discipline, il peut être autorisé à se faire représenter
par son défenseur.

Si le commissaire de justice ne se présente pas et ne


fournit aucune excuse reconnue valable, le conseil de discipline
statue en l’état.

ARTICLE 78

L’audience n’est pas publique et les délibérations


sont secrètes.

Section 3 - Délibérations

ARTICLE 79

Les décisions sont prises à la majorité des


membres présents.

En cas de partage égal des voix, celle du président du


conseil de discipline est prépondérante.
342
ARTICLE 80

Si les faits reprochés au commissaire de justice ne sont pas


avérés ou ne constituent pas une violation des obligations
professionnelles, des règles d’éthique et de la déontologie, le conseil
de discipline propose qu’il soit renvoyé des fins de la poursuite.

Dans le cas contraire, le conseil de discipline propose, s’il y


a lieu, l’avertissement, le blâme avec inscription au dossier,
la suspension à temps ou la destitution du commissaire
de justice poursuivi.

ARTICLE 81

Le conseil de discipline transmet, à l’autorité qui l’a saisi, un


rapport circonstancié de la procédure contenant une proposition de
décision. Une copie de ce rapport est, dans tous les cas, transmise
au ministre de la Justice.

L’autorité compétente dispose d’un délai d’un mois à


compter de la réception du rapport pour prononcer sa décision.

Section 4 - Notification des décisions

ARTICLE 82

Le ministre de la Justice, le procureur général ou le


président de la Chambre nationale des commissaires de justice,
selon le cas, notifie la sanction prononcée par voie administrative,
dans un délai maximum de quinze jours, au commissaire
de justice concerné.

Lorsque l’autorité compétente décide qu’il n’y a pas lieu à


sanction, elle en informe le commissaire de justice concerné dans
les mêmes forme et délai.

ARTICLE 83

Les décisions de l’autorité compétente sont affichées au


siège de la Chambre nationale des commissaires de justice et aux
sièges des juridictions.
343
Section 5 - Mesures conservatoires d’urgence

ARTICLE 84

En cas de faute grave, le commissaire de justice peut se voir


interdire temporairement l’exercice de ses fonctions par décision du
procureur général, à charge pour ce dernier d’engager une
procédure disciplinaire et d’en référer immédiatement au ministre de
la Justice et à la Chambre nationale des commissaires de justice.

L’interdiction cesse de plein droit dès qu’une décision est


prononcée à l’issue de l’action disciplinaire ou après un délai d’un
mois, si aucune poursuite disciplinaire n’est engagée.

ARTICLE 85

En ce qui concerne les fautes commises par le commissaire


de justice au cours des audiences des juridictions suprêmes, des
cours d’appel et des tribunaux, les chefs desdites juridictions, sans
préjudice des poursuites pénales éventuelles, en informent
immédiatement le procureur général du ressort et le président de la
Chambre nationale des commissaires de justice.

ARTICLE 86

Le commissaire de justice interdit temporairement cesse


l’exercice de son activité professionnelle. Il s’abstient, dès
que la décision lui est notifiée, de tout acte professionnel, et
notamment de recevoir la clientèle, de rédiger des actes et de
procéder à des ventes.

En aucun cas, il ne peut faire état, dans sa correspondance


de sa qualité de commissaire de justice.

ARTICLE 87

En attendant l’issue de la procédure disciplinaire engagée


contre le commissaire de justice interdit temporairement, il est
procédé à sa suppléance dans les conditions prévues à l’article 23
alinéa 1 du présent décret.

344
Les dispositions des articles 23 alinéas 2 et 3 et 24 alinéas 1
du présent décret sont applicables.

Les fonctions de suppléant cessent de plein droit dès la


réintégration du titulaire de charge ou la prestation de serment du
nouveau titulaire, si le commissaire de justice est destitué à l’issue
de la procédure disciplinaire.

CHAPITRE 5 - CHAMBRE NATIONALE DES COMMISSAIRES


DE JUSTICE

Section première - Organisation

ARTICLE 88

Les organes de la Chambre nationale des commissaires de


justice sont :

1° l’assemblée générale ;

2° le bureau exécutif.

ARTICLE 89

L’assemblée générale est composée de l’ensemble des


commissaires de justice titulaires de charge.

Elle se réunit en session ordinaire et extraordinaire.

ARTICLE 90

L’assemblée générale ordinaire se réunit une fois par an sur


convocation du président de la Chambre nationale. Elle est
valablement constituée si plus de la moitié des membres est
présente ou représentée.

Si ce quorum n’est pas atteint à la première convocation, elle


siège valablement quel que soit le nombre des membres présents ou
représentés à la seconde convocation.

Les décisions sont prises à la majorité absolue au premier


tour et relative au second tour.
345
ARTICLE 91

L’assemblée générale ordinaire :

1° délibère sur les questions à l’ordre du jour ;

2° adopte le règlement intérieur de la Chambre nationale


des commissaires de justice et de ses représentations locales ;
3° élit le président de la Chambre nationale et les
commissaires aux comptes ;

4° détermine l’orientation générale des activités de la


Chambre nationale ;

5° examine et délibère sur les rapports relatifs à la gestion


du bureau exécutif ;

6° approuve les comptes de l’exercice clos.

ARTICLE 92

L’assemblée générale extraordinaire se réunit dans


l’intervalle des assemblées générales ordinaires :

1° sur convocation du président de la Chambre nationale ;

2° à la demande du tiers des membres de l’assemblée


générale ou des représentations locales.

Les décisions sont prises à la majorité des trois quarts


des membres présents ou représentés au premier tour et
absolue au second.

ARTICLE 93

Le président de la Chambre nationale des commissaires de


justice est élu par l’assemblée générale ordinaire pour un mandat de
trois ans renouvelable une seule fois.

L’élection a lieu au scrutin secret, à la majorité relative.

346
ARTICLE 94

Le bureau exécutif est l’organe dirigeant de la


Chambre nationale. Il assure l’exécution des décisions de
l’assemblée générale.

II comprend :

1° un président ;

2° deux vice-présidents ;

3° un secrétaire général ;

4° un secrétaire général adjoint ;

5° un trésorier général ;

6° un trésorier général adjoint.


La présidence du bureau exécutif est assurée par le
président de la Chambre nationale.

Les autres membres sont présentés par le président à


l’assemblée générale ordinaire pour approbation.

ARTICLE 95

Nul ne peut être membre du bureau exécutif s’il ne totalise


au moins cinq ans d’exercice de la profession.

Nul ne peut être président de la Chambre nationale s’il n’a


au moins dix années d’exercice de la profession.

ARTICLE 96

Le bureau exécutif peut constituer des commissions


permanentes ou temporaires. Chaque commission peut constituer
en son sein des sous- commissions.

347
ARTICLE 97

Les fonctions au sein du bureau exécutif et des commissions


sont gratuites. Toutefois, les missions ordonnées par le bureau
exécutif ou ses représentations locales sont prises en charge
par ces bureaux.

Section 2 - Fonctionnement

ARTICLE 98

Le président représente la Chambre nationale dans tous les


actes de la vie civile. Il peut déléguer une partie de ses pouvoirs à un
ou plusieurs membres, pour un temps déterminé ou pour
l’accomplissement d’une mission.

En cas de vacance de la présidence, le premier vice-


président achève le mandat en cours.

ARTICLE 99

La Chambre nationale des commissaires de justice a


pour attributions :

1° d’établir un règlement intérieur ;

2° de prononcer ou de proposer, suivant les cas,


l’application aux commissaires de justice des mesures disciplinaires ;

3° de prévenir tout différend d’ordre professionnel entre


commissaires de justice et de trancher, en cas de non conciliation,
ces litiges ;

4° d’examiner toutes réclamations de la part des tiers


contre les commissaires de justice, à l’occasion de l’exercice de leur
profession et notamment en ce qui concerne la taxe des frais et de
sanctionner, par voie disciplinaire, les manquements, sans préjudice
des poursuites devant les tribunaux ;

5° de préparer son budget et en répartir les charges entre


les représentations locales ;
348
6° de régler les questions d’ordre général concernant le
recrutement, la formation des clercs et employés, l’admission au
stage des candidats aux fonctions de commissaire de justice ainsi
que l’organisation des enseignements professionnels ;

7° de donner son avis sur les questions professionnelles


rentrant dans ses attributions ;

8° de veiller au respect, par les commissaires de justice, de


la réglementation applicable en matière sociale dans leurs rapports
avec leurs clercs et leurs autres employés ;

9° d’organiser les modalités : des ventes aux enchères


publiques prévues à l’article 1-10° de la loi portant Statut
des commissaires de justice, suivant les conditions définies
par le règlement intérieur de la Chambre nationale des
commissaires de justice.

ARTICLE 100

La Chambre nationale peut constituer, au profit de ses


membres, toute mutuelle, coopérative et caisse de garantie
ou de retraite.

ARTICLE 101

Lorsqu’il existe un différend entre commissaires de justice,


ceux-ci peuvent se présenter en conciliation et sans citation
préalable devant la Chambre nationale.

ARTICLE 102

La Chambre nationale connaît des plaintes et réclamations à


l’amiable des tiers, sans préjudice des poursuites judiciaires, après
avoir entendu ou dûment appelé le commissaire de justice concerné.

Les plaignants peuvent être entendus, et se faire assister


par un avocat.

Les délibérations de la Chambre nationale sont motivées et


signées conjointement par le président et le secrétaire, à la séance
même où elles sont prises.
349
Chaque délibération contient les noms des membres
présents.

Les délibérations sont exonérées de l’enregistrement ainsi


que les pièces y afférentes.

Les délibérations de la Chambre nationale sont notifiées,


quand il y a lieu, dans la même forme que les citations.

Il en est fait mention par le secrétaire en marge desdites


délibérations.

En cas de non conciliation, le procès-verbal de délibération


est transmis au procureur général, pour décision.

ARTICLE 103

Les ressources de la Chambre nationale des commissaires


de justice proviennent :

1° des cotisations des membres ;

2° d’une quote-part des émoluments et droits résultant des


ventes aux enchères publiques réalisées conformément au 9° de
l’article 99 du présent décret ;

3° du produit de ses activités ;

4° des revenus de ses immobilisations ;

5° des dons, subventions et legs qui pourraient lui


être accordés ;

6° de toute recette ou libéralité dont elle pourra


légalement disposer.

ARTICLE 104

L’assemblée générale élit dans les mêmes conditions que le


président de la Chambre nationale, deux commissaires aux
comptes, pour une durée de trois ans.
350
ARTICLE 105

Les commissaires aux comptes sont chargés du contrôle de


la comptabilité du bureau exécutif.

Ils dressent procès-verbal de leurs constatations qu’ils


soumettent au quitus de l’assemblée générale.

ARTICLE 106

Les fonctions de commissaire aux comptes sont gratuites.


Cependant, les frais occasionnés par les missions sont
remboursables.

ARTICLE 107

L’assemblée générale peut désigner en qualité de


commissaire aux comptes, des personnes physiques ou morales
non-membres de la corporation

Dans ce cas, les rémunérations et avantages sont


déterminés par l’assemblée générale sur proposition du bureau
exécutif.

ARTICLE 108

Un règlement intérieur adopté par l’assemblée générale


détermine les modalités de fonctionnement des organes
d’administration de la Chambre nationale, de ses représentations et
les rapports entre les commissaires de justice.

L’assemblée générale édicte, en outre, un code de


déontologie.

Le règlement intérieur et le code de déontologie sont


approuvés par arrêté du ministre de la Justice.

ARTICLE 109

La Chambre nationale des commissaires de justice peut être


représentée au niveau de chaque Cour d’Appel et tribunal.
351
CHAPITRE 6 - SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE DE
COMMISSAIRES DE JUSTICE

Section première - Dispositions générales

ARTICLE 110

Les commissaires de justice titulaires de charge nommés


dans le ressort d’un même tribunal peuvent constituer entre eux, une
société civile professionnelle au siège dudit tribunal pour l’exercice
de leurs activités.

La société civile professionnelle, ainsi créée, ne peut être


titulaire d’un office.

ARTICLE 111

La société civile professionnelle de commissaire de justice a


pour objet de mettre en commun, pour une durée déterminée, les
moyens nécessaires à la facilitation des activités de ses associés, à
accroître leurs capacités d’action, sans pouvoir se substituer
à eux. La mise en commun de moyens ne peut porter sur
les activités accessoires que les commissaires de justice
sont autorisés à exercer.

Chaque associé exerce librement les activités relevant de


ses attributions de commissaire de justice, telles que définies aux
articles 1 et 2 de la loi portant Statut des commissaires de justice.

ARTICLE 112

La société civile professionnelle ne vise pas elle-même la


réalisation et le partage de bénéfices financiers.

Toutefois, si au terme de l’exercice social la balance des


comptes de la société est positive, ce solde créditeur est librement
affecté par les associés à tout usage qu’ils auront déterminé d’un
commun accord, sans possibilité de constituer de réserve.

352
Section 2 - Constitution

ARTICLE 113

La société civile professionnelle est constituée par écrit.

S’il est établi par acte sous seing privé, l’acte est dressé en
autant d’originaux qu'il y a d’associés.

ARTICLE 114

La société civile professionnelle constituée est agréée par


arrêté du ministre de la Justice.

Elle jouit de la personnalité morale à compter de l’agrément.

L’arrêté d’agrément indique les noms des associés et édicte


toutes dispositions utiles concernant la garde des minutes des
charges dont ils sont titulaires.

ARTICLE 115

La raison sociale de la société civile professionnelle est


constituée par les noms de tous les associés suivis de la mention
« Commissaires de justice associés ».

ARTICLE 116

Les statuts mentionnent :

1° les nom, prénoms et domicile de chaque associé ;

2° l’adresse et le siège social ;

3° la durée pour laquelle la société est constituée ;

4° la nature et l’évaluation distincte de chacun des apports


faits par les associés ;

5° le montant du capital social, le nombre, la valeur


nominale et la répartition sociale représentative de ce capital ;

6° l’indication du montant libéré lors de la constitution des


apports en numéraire.
353
ARTICLE 117

Peuvent être l’objet d’apport à la société civile


professionnelle de commissaires de justice, en propriété ou en
jouissance :

1° tous droits incorporels, droits mobiliers ou immobiliers ;

2° tous objets mobiliers à usage professionnel ;

3° les immeubles ou locaux destinés à l’exercice de


la profession ;

4° les apports en numéraire.

ARTICLE 118

Les parts sociales sont souscrites en totalité par


les associés.

Celles qui représentent des apports en nature sont libérées


dès la constitution de la société.

En outre, les parts représentant un apport en numéraire


sont libérées, lors de la souscription, de la moitié au moins
de leur valeur nominale.

Les fonds provenant de la libération des apports en


numéraire sont déposés sur un compte bancaire ouvert au nom
de la société.

Le retrait de ces fonds ne peut être effectué que par le ou les


gérants de la société.

ARTICLE 119

Les parts sociales ne peuvent être données


en nantissement.

La valeur nominale d’une part ne peut être inférieure


à dix mille francs.
354
ARTICLE 120

Dans les quinze jours qui suivent l’agrément de la société,


un exemplaire des statuts est déposé au greffé du tribunal dans le
ressort duquel est établi le siège social et au ministère de la Justice.

Jusqu’à ce dépôt, les dispositions des statuts sont


inopposables aux tiers qui peuvent, toutefois, s’en prévaloir.

Tout intéressé peut obtenir la délivrance, à ses frais, par le


greffier en chef, d’un extrait des statuts contenant, à l’exclusion de
toutes autres indications :

1° l’identité des associés ;

2° l’adresse du siège social ;

3° la raison sociale ;

4° la durée pour laquelle la société est constituée ;

5° les clauses relatives aux pouvoirs, à la responsabilité


pécuniaire des associés et à la dissolution de la société.

Section 3 - Fonctionnement

ARTICLE 121

Des registres et documents sont établis au nom de la société


pour retracer l’ensemble des activités relevant de son objet
conformément à la réglementation en vigueur.

Ces registres et documents sont différents de ceux que


chaque commissaire de justice tient dans l’exercice de ses
activités professionnelles en application des articles 54 et
suivants du présent décret.

ARTICLE 122

Dans les actes professionnels, chaque associé indique


sa qualité de commissaire de justice et la raison sociale de la
société dont il fait partie. Il est tenu d’indiquer dans toute
correspondance et document émanant de lui, la raison sociale
de la société dont il fait partie.
355
ARTICLE 123

Le mode de consultation des associés, les règles de quorum


et de majorité exigées pour la validité de leurs décisions et les
conditions dans lesquelles ils sont informés de l'état des affaires de
la société sont déterminés par les statuts.

ARTICLE 124

Les décisions sont constatées par un procès-verbal


contenant notamment :

1° la date et le lieu de la réunion ;


2° l’ordre du jour détaillé ;

3° l’identité des associés présents ou de leurs


représentants ;

4° le résumé des débats ;

5° le texte des résolutions mises aux voix et le résultat


des votes.

ARTICLE 125

Toute modification des statuts est soumise à l’approbation


préalable du ministre de la Justice.

Un exemplaire des statuts approuvés est déposé au greffe


du tribunal du ressort de la société dans le délai de quinze jours à
compter de l’approbation du ministre de la Justice.

356
Section 4 - Cession et transmission
de parts sociales

ARTICLE 126

Toute convention par laquelle l’un des associés cède la


totalité ou une fraction de ses parts sociales à un autre commissaire
de justice est passée sous la condition suspensive de l’approbation
du retrait du cédant et de l’acceptation du cessionnaire, par les
autres associés à l’unanimité.

Le ministre de la Justice doit, par arrêté, et après avis motivé


de la Chambre nationale des commissaires de justice, approuver
le retrait de l’associé cédant et agréer le cessionnaire des
parte sociales.

ARTICLE 127

Dans le cas où la société refuse de consentir à la cession,


elle dispose d’un délai de six mois à compter de la notification de
son refus, par lettre recommandée avec demande d’avis de
réception ou par acte de commissaire de Justice, pour notifier
dans la même forme, à l’associé qui persiste dans son intention de
céder ses parts sociales, un projet de cession ou de rachat de
celles-ci. Ce projet vaut engagement du cessionnaire ou de la
société se portant acquéreur.

ARTICLE 128

Si le prix proposé pour la cession ou le rachat n’est pas


accepté par le cédant, il est obligatoirement procédé à une tentative
de conciliation par la Chambre nationale des commissaires de
justice saisie à cet effet, par la partie la plus diligente.

En cas de non-conciliation, le prix est fixé par le tribunal


compétent, à dire d’expert.

357
Section 5 - Dissolution

ARTICLE 129

Les statuts fixent librement la durée de la société, qui ne


peut excéder quatre-vingt-dix-neuf ans.

ARTICLE 130

Sauf dans le cas où elle n’est composée que de deux


associés, la société civile professionnelle n’est pas dissoute par le
décès, l’incapacité ou le retrait d’un associé quelle qu’en soit la
cause, ou lorsque l’un des associés est frappé par l’exclusion
à l’unanimité de ses co-associés ou de l’interdiction définitive
d’exercer sa profession.

En cas de décès, les ayants droit de l’associé décédé


n’acquièrent pas la qualité d’associé. Ils disposent d’un délai de six
mois pour céder les parts sociales de l’associé décédé dans les
conditions prévues aux articles 126 à 128 du présent décret.

ARTICLE 131

La dissolution ou la prorogation de la société est décidée par


les associés, statuant à la majorité des trois quarts.

En tout état de cause, si pour quelque motif que ce soit, il ne


subsiste qu’un seul associé, la société est dissoute de plein droit.

ARTICLE 132

La société civile professionnelle peut être dissoute dans les


cas prévus par les dispositions qui régissent les nullités des contrats.

Ni la société, ni les associés ne peuvent se prévaloir de la


nullité à l’égard des tiers.

ARTICLE 133

En cas de dissolution pour quelque cause que ce soit ou de


décision judiciaire déclarant la nullité de la société et devenue
irrévocable, le sort du patrimoine de la société est déterminé
conformément aux modalités définies par les statuts.

358
CHAPITRE 7 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES

ARTICLE 134

Les clercs huissiers et de commissaires-priseurs en exercice


deviennent les clercs de commissaires de justice et prennent le titre
sans qu’il soit nécessaire pour eux de prêter serment à nouveau. Ils
conservent le bénéfice de leur ancienneté.

ARTICLE 135

Sont abrogées, toutes dispositions contraires au présent


décret, notamment le décret n°2012-15 du 18 janvier 2012 fixant les
modalités d’application de la loi n°97-514 du 4 septembre 1997
portant Statut des huissiers de justice et le décret n°2012-171 du 15
février 2012 fixant les modalités d’application de la loi n°97-515 du 4
septembre 1997 modifiant et complétant la loi n°83-587 du 2 août
1983 portant Statut des commissaires-priseurs.

ARTICLE 136

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l’Homme est chargé de l’exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d’Ivoire.

359
4-
DECRET N° 2021-109 DU 24 FEVRIER 2021
PORTANT FUSION DES CHARGES D'HUISSIERS DE JUSTICE
ET DES OFFICES DE COMMISSAIRES-PRISEURS EN CHARGES
DE COMMISSAIRES DE JUSTICE

360
ARTICLE PREMIER

Les charges d'huissiers de Justice et les offices de


commissaires-priseurs créés au siège des juridictions mentionnées
aux tableaux B et C annexés au décret
n°2014-258 du 14 mai 2014 portant création d'offices de notaires, de
commissaires-priseurs et de charges d'huissiers de Justice
deviennent des charges de commissaires de Justice selon le tableau
annexé au présent décret.

ARTICLE 2

Le présent décret abroge les dispositions antérieures


contraires du décret n° 2014-258 du 14 mai 2014 portant création
d'offices de notaires, de commissaires-priseurs et de charges
d'huissiers de Justice.

ARTICLE 3

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de


l'Homme est chargé de l'exécution du présent décret qui sera publié
au Journal officiel de la République de Côte d'Ivoire.

361
ANNEXE AU DECRET N°2021-109 DU 24 FEVRIER 2021
PORTANT FUSION DES CHARGES D’HUISSIERS DE JUSTICE ET
DES OFFICES DE COMMISSAIRES-PRISEURS EN CHARGES DE
COMMISSAIRES DE JUSTICE

362
Charges actuelles Charges pourvues Charges vacantes

Abengourou 30 14 16
Abidjan-Plateau 175 146 29
Abidjan-Yopougon 90 59 31
Abobo 50 00 00
Aboisso 12 08 04
Adzopé 10 09 01
Agboville 10 08 02
Bondoukou 10 05 05
Bongouanou 05 04 01
Bouaflé 15 08 07
Bouaké 55 27 28
Bouna 05 03 02
Boundiali 07 03 04
Dabou 10 10
- 00
Daloa 30 16 14
Danané 05 04 ~t 01
Dimbokro 15 08 07
Divo 16 09 07
Gagnoa 21 12 09
Guiglo 02 01 01
Grand-Bassam 07 07 00
Issia 02 01 01
Katiola 05 02 03
Korhogo 30 16 14
Lakota 05 04 01

363
M’Bahiakro 05 04 01
Man 30 14 16
Odienné 05 04 01
Oumé 07 04 03
Port-Bouët 00 00 00
San Pedro 00 00 00
Sassandra 11 06 05
Séguéla 05 03 02
Sinfra 02 02 00
Soubré 05 03 02
Tabou 05 01 04
Tiassalé 06 04 02
Touba 05 04 01
Toumodi 10 07 03
TOTAL 718 425 293

364
VI-
CONSEIL JURIDIQUE

365
LOI N° 96-672 DU 29 AOUT 1996
REGLEMENTANT LA PROFESSION DE CONSEIL JURIDIQUE.

366
ARTICLE PREMIER

Ont la qualité de Conseils juridiques les personnes qui


donnent, à titre professionnel, des consultations ou rédigent des
actes pour autrui en matière juridique.

Les Conseils juridiques n'appartiennent pas aux professions


judiciaires réglementées ou dont le titre est protégé.

ARTICLE 2

Nul ne peut exercer la profession de Conseil juridique en


République de Côte d'Ivoire s'il ne remplit les conditions suivantes :

a) Etre majeur ;

b) Etre de nationalité ivoirienne ;

c) Etre titulaire soit de la licence en Droit délivrée sous le


régime fixé par le décret n° 54-343 du 27 mars 1954, soit
de la maîtrise en Droit ou en Criminologie ou tout autre
diplôme équivalent;

d) Avoir suivi de manière continue un stage de formation


d’une durée de trois ans au moins dans un cabinet de Conseil
juridique. Cependant, dans un délai d'un an à compter de la
promulgation de la présente loi une dispense de stage peut être
accordée par le garde des Sceaux, ministre de la Justice;

e) Etre agréé après avis motivé de la Chambre nationale


des Conseils juridiques, par arrêté du garde des Sceaux, ministre de
la Justice.

Peuvent être agréés sans condition de stage :

1° Les magistrats, les avocats, les docteurs en Droit et les


professeurs des Facultés de Droit ou des Grandes Ecoles ;

2° Les notaires, huissiers de Justice, commissaires-


priseurs, attachés de Greffe et Parquet, ayant exercé leur profession
pendant au moins cinq ans.
367
ARTICLE 3

La profession de Conseil juridique est incompatible avec


toute activité de nature à porter atteinte au caractère libéral de cette
profession et à son indépendance, notamment toute activité
commerciale ou d'officier public ou ministériel.

ARTICLE 4

Ne peuvent exercer la profession de Conseil juridique les


personnes condamnées ayant subi :

a) Une peine privative de liberté pour crime ou délit


contre l’honneur, la probité ou les bonnes mœurs ;

b) Une sanction disciplinaire ou administrative de


destitution, de radiation, de révocation, de retrait d'agrément ou
d'autorisation pour des faits de même nature.

Ces interdictions s'appliquent également aux faillis non


réhabilités et aux personnes admises au bénéfice de la
liquidation judiciaire.

ARTICLE 5

Il est interdit aux Conseils juridiques :

- d’agir en tant qu'agent d'Affaires ;


- d'assurer une mission de représentation devant les
tribunaux ou auprès des Administrations et Organismes
publics ;
- d'exercer cumulativement les activités définies à l'article
premier avec d'autres, notamment le mandat de
commissaires aux comptes ou de commissaires
aux apports.

ARTICLE 6

L’agrément prévu à l’article 2 doit être assorti de l'obligation


de souscrire une assurance ou de fournir une garantie financière
couvrant la responsabilité du Conseil juridique.

368
ARTICLE 7

Le Conseil juridique exerce sa profession soit à titre


individuel, soit au sein d’une association ou d'une société, civile, soit
en qualité de collaborateur.

Lorsque le Conseil juridique est exercé sous forme de


société, l'agrément est délivré au nom de celle-ci.

ARTICLE 8

Les Sociétés civiles professionnelles de Conseils juridiques


ne peuvent être constituées qu'entre Conseils juridiques agréés.

Les modalités de constitution et de fonctionnement des


Sociétés civiles professionnelles de Conseils juridiques sont
fixées par décret.

ARTICLE 9

Il est institué une Chambre nationale des Conseils juridiques


représentant l’ensemble de la profession.

Elle a un pouvoir disciplinaire et peut être appelée à donner


son avis, chaque fois qu'elle en sera requise, sur toutes les
questions professionnelles.

Les modalités d’organisation et de fonctionnement de la


Chambre nationale des Conseils juridiques sont fixées par décret.

ARTICLE 10

Le Conseil juridique, qui se rend coupable, soit de faits


contraires à l'honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs, soit d’une
infraction aux règles de la présente loi ou des textes pris pour son
application, peut être sanctionné sur le plan disciplinaire par l'une
des mesures suivantes :

- l’avertissement ;
- le blâme ;
- la suspension pour une durée ne pouvant excéder une
année ;
- la destitution.
369
ARTICLE 11

L’avertissement et le blâme sont prononcés par la Chambre


nationale des Conseils juridiques.

La suspension et la destitution relèvent de la compétence du


garde des Sceaux, ministre de la Justice après avis motivé de la
Chambre nationale des Conseils juridiques.

Le Conseil juridique suspendu ou destitué ne peut exercer


sous aucun prétexte dans une société professionnelle.

ARTICLE 12

Toute personne qui exerçait les activités mentionnées à


l'article premier, doit se conformer aux dispositions de la présente loi,
dans un délai de six mois à compter de son entrée en vigueur.

Toutefois, les personnes de la licence en Droit - régime trois


ans - ou d'un titre ou diplôme équivalent et ayant exercé pendant au
moins trois ans à la date d'entrée en vigueur de la présente loi,
peuvent continuer à exercer les activités définies à l'article premier.

ARTICLE 13

Par dérogation à l'article 7, les personnes morales exerçant


depuis plus de deux ans, à la date d'entrée en vigueur de la présente
loi, les activités prévues à l'article premier, peuvent continuer à
exercer lesdites activités à condition de se faire recenser dans un
délai de six mois auprès du ministère de tutelle.

Elles devront également, dans un délai de deux ans, pour


compter de la mise en vigueur de la présente loi, se conformer aux
règles suivantes :

1° Les actions doivent revêtir la forme nominative s'il s'agit


de société par actions ;

2° 55 % au moins du capital social doivent être détenus par


des personnes agréées.

La cession des actions est subordonnée à l'autorisation du


garde des Sceaux, ministre de la Justice.
370
ARTICLE 14

Toute personne physique ou morale de nationalité


étrangère, qui exerçait les activités visées à l’article premier, doit,
pour le recrutement de collaborateurs ou la constitution d'une société
civile, se conformer aux prescriptions de la présente loi.

Les Conseils juridiques étrangers peuvent, sous réserve de


réciprocité, être autorisés à exercer en Côte d'Ivoire.

ARTICLE 15

Est puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et


d’une amende de 100.000 à 1.000.000 de francs ou de l'une de ces
deux peines, toute personne qui exerce sans agrément ou sans
qualité reconnue par la loi les activités visées à l'article premier.

ARTICLE 16

Quiconque aura fait usage, sans remplir les conditions


exigées pour le porter, d'un titre tendant à créer, dans l'esprit du
public, une confusion avec le titre de Conseil juridique, sera puni
conformément aux dispositions du Code pénal.

ARTICLE 17

Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires à la


présente loi dont les modalités d'application sont fixées par décret.

ARTICLE 18

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

371
VII-
AGENTS D’AFFAIRES

372
LOI 75-352 DU 23 MAI 1975,
RELATIVE AUX AGENTS D’AFFAIRES.

373
ARTICLE PREMIER

Les dispositions de la présente loi s’appliquent aux


personnes physiques ou morales qui sans aucun caractère public,
se chargent habituellement de gérer les affaires d’autrui moyennant
rétribution et qui ne relèvent pas d’une activité professionnelle
légalement réglementée.

ARTICLE 2

Les agents d'Affaires sont des commerçants sans qu’il y ait


lieu de distinguer suivant que les actes qu’ils accomplissent sont
civils ou commerciaux.

Ils sont soumis, comme tels, à toutes les obligations


imposées aux commerçants.

ARTICLE 3

Les activités d'agent d’Affaires sont incompatibles avec


tout emploi rémunéré par une administration public ou un
établissement public.

ARTICLE 4

Nul ne peut exercer une activité d’agent d’Affaires :

a) s’il n’est âgé de 21 ans révolus à moins qu’il soit un


mineur émancipé autorisé à faire le commerce ;

b) s'il n’est de nationalité ivoirienne ;

c) s’il ne justifie de son aptitude professionnelle ;

d) s'il n’a, au préalable, été autorisé après une enquête


administrative.

374
ARTICLE 5

L’autorisation prévue à l’alinéa précédent pourra, dans les


conditions qui seront déterminées par les décrets réglementant
chaque catégorie d’agent d’Affaires, être assortie de l’obligation de
contracter une assurance garantissant la responsabilité
professionnelle ou de fournir une garantie spécialement affectée au
remboursement des fonds, effets ou valeurs reçus.

ARTICLE 6

Lorsque l'activité d’agent d’Affaires est exercée par une


personne morale, les conditions exigées à l'article 4 doivent être
remplies par la ou les personnes ayant qualité pour la représenter.

ARTICLE 7

Toute condamnation définitive à une peine


d’emprisonnement pour crime ou délit contre l’honneur ou la probité
ou pour tentative ou complicité de ces mêmes infractions entraîne de
plein droit interdiction d'exercer toute activité d’agent d’Affaires.

ARTICLE 8

Quiconque exerce une activité d’agent d’Affaires sans


autorisation ou qui contrevient à l’interdiction de l’article précédent,
est puni d'un emprisonnement de 2 mois à 2 ans et d’une
amende de 36.000 à 2.000.000 de francs ou de l’une de ces
deux peines seulement.

ARTICLE 9

Des décrets fixeront les modalités d'application de la


présente loi.

Ils préciseront pour chaque catégorie d’agent d’Affaires, les


conditions d’exercice de l’activité professionnelle concernée ainsi
que les dispositions auxquelles seront tenus de satisfaire les agents
d’Affaires actuellement autorisés à exercer.

375
ARTICLE 10

Sont abrogées toutes dispositions contraires à la


présente loi.

ARTICLE 11

La présente loi sera publiée au Journal officiel de la


République de Côte d’Ivoire et exécutée comme loi de l’Etat.

376
VIII-
COMMISSION NATIONALE DE CONTROLE
DES MANDATAIRES JUDICIAIRES

377
DECRET N° 2016-48 DU 10 FEVRIER 2016
PORTANT CREATION, ATTRIBUTIONS, ORGANISATION ET
FONCTIONNEMENT DE LA COMMISSION NATIONALE DE
CONTROLE DES MANDATAIRES JUDICIAIRES.

378
CHAPITRE PREMIER - CREATION

ARTICLE PREMIER

Il est créé, sous l'autorité du ministre chargé de la Justice, en


application de l’article 4 de l'Acte uniforme portant organisation des
procédures collectives d’apurement du passif du 10 septembre 2015,
une Commission nationale de contrôle des mandataires judiciaires.

CHAPITRE 2 - ATTRIBUTIONS

ARTICLE 2

La commission nationale de contrôle des mandataires


judicaires est chargée :

- d'établir la liste nationale des mandataires judiciaires ;


- de veiller au respect par les mandataires judiciaires de
leurs obligations ;
- de réaliser des missions de contrôle des mandataires
judiciaires ;
- d'assurer la discipline des mandataires judiciaires ;
- de proposer des sanctions contre les mandataires
judiciaires coupables de violation de leurs obligations ;
- de proposer le barème de rémunération des
mandataires judiciaires ;
- de fixer la liste des banques que les juridictions
compétentes peuvent désigner pour l'ouverture par les
syndics du compte spécial aux fins de domiciliation des
opérations afférentes aux procédures de redressement
judiciaire et de liquidation des biens.

CHAPITRE 3 - ORGANISATION

ARTICLE 3

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires est composée comme suit :

379
- le directeur des Services judiciaires et des Ressources
humaines, président ;
- le directeur des Affaires civiles et pénales, membre ;
- un président de la Chambre commerciale spéciale
d'appel, membre ;
- un représentant du Tribunal de commerce, membre ;
- un procureur de la République, membre ;
- un représentant du ministère en charge de l'Economie
et des Finances, membre ;
- un représentant du ministère en charge du Budget,
membre ;
- un représentant du Centre de Promotion des
Investissements en Côte d'Ivoire, en abrégé CEPICI,
membre ;
- un représentant de l'Ordre des experts comptables,
membre ;
- un représentant de l'Ordre des avocats, membre ;
- un représentant de la Chambre de Commerce et
d'industrie de Côte d'Ivoire, membre ;
- un représentant de l'Association professionnelle des
Banques et établissements financiers de Côte d'Ivoire,
membre.

ARTICLE 4

Les membres de la commission nationale de contrôle des


mandataires judiciaires sont désignés par les structures dont ils
relèvent et nommés par arrêté du ministre chargé de la Justice.

ARTICLE 5

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires se réunit au moins deux fois par an et chaque fois
que de besoin, sur convocation du président ou à défaut de la
moitié des membres.

380
Les convocations qui précisent la date, l'heure, le lieu et
l'ordre du jour de la réunion, sont adressées aux membres au moins
une semaine avant la date de ladite réunion, sauf cas d'urgence.

ARTICLE 6

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires délibère valablement si elle réunit au moins la moitié de
ses membres. Ses décisions sont adoptées à la majorité des voix
des membres présents et signées par le président.

ARTICLE 7

Le secrétariat de la commission nationale de contrôle des


mandataires judiciaires est assuré par la direction des Services
judiciaires et des Ressources humaines du ministère en charge
de la Justice.

A ce titre, il :

- instruit les dossiers pour l'établissement et l’actualisation


de la liste des mandataires judiciaires ;
- prépare les réunions de la commission nationale de
contrôle des mandataires judiciaires ;
- prépare le rapport annuel à soumettre au ministre
chargé de la justice ;
- tient sur chaque mandataire judiciaire un dossier
administratif et disciplinaire ;
- reçoit et instruit les plaintes sur les mandataires
judiciaires.

CHAPITRE 4 - FONCTIONNEMENT

Section première - Etablissement de la liste nationale


des mandataires judiciaires

ARTICLE 8

Il est établi chaque année un tableau national des


mandataires judiciaires.
381
ARTICLE 9

Le tableau national des mandataires judiciaires comporte les


spécialités suivantes :

- experts comptables ;
- avocats.

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires peut habiliter toute autre profession en qualité de
mandataire judiciaire.

ARTICLE 10

Nul ne peut être inscrit sur le tableau national des


mandataires judiciaires s'il ne réunit les conditions suivantes :

1°) être majeur ;

2°) avoir le plein exercice de ses droits civils et civiques ;

3°) n'avoir subi aucune sanction disciplinaire autre que


l'avertissement ou une condamnation définitive à une peine privative
de liberté pour un crime de droit commun, ou à une peine d'au moins
trois mois d'emprisonnement, non assortie de sursis, pour un délit
contre les biens ou une infraction en matière économique ou
Financière qui est incompatible avec l'exercice de la fonction de
mandataire judiciaire ;

4°) n'avoir encouru aucune condamnation pour fait


contraire à la probité, aux bonnes mœurs ou à l'honneur ;

5°) justifier d'un domicile fiscal et être à jour de ses


obligations fiscales ;

6°) ne pas avoir été déclaré en faillite personnelle ou admis


en liquidation des biens ;

7°) exercer ou avoir exercé pendant au moins deux ans


une profession ou une activité en rapport avec sa spécialité ;

382
8°) n'exercer aucune activité incompatible avec
l'indépendance et l'impartialité nécessaires à l'accomplissement de
missions de mandataire judiciaire.

ARTICLE 11

Toute personne désirant être inscrite au tableau national


des mandataires judiciaires en fait la demande au ministre
chargé de la Justice.

Cette demande est déposée devant la Commission nationale


de contrôle des mandataires judiciaires et est assortie de toutes
précisions utiles et notamment des renseignements suivants :

1°) nom et prénoms ;

2°) date et lieu de naissance ;

3°) nationalité ;

4°) adresse professionnelle comprenant les adresses


géographique et électronique ainsi que les numéros de boîte postale
et de téléphone ;

5°) indication de la ou des spécialités dans lesquelles


l'inscription est demandée

6°) indication des titres ou diplômes du demandeur, de ses


travaux scientifiques, techniques et professionnels, de toutes les
activités professionnelles qu'il exerce avec, le cas échéant,
l'indication du nom et de l'adresse de ses employeurs ;

7°) justification de la qualification du demandeur dans


sa spécialité ;

8°) indication des moyens et des installations dont le


candidat peut disposer le cas échéant.

383
ARTICLE 12

La Commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires peut, s'il y a lieu déterminer, en tant que de besoin, les
justifications à produire en ce qui concerne certaines spécialités.

ARTICLE 13

La liste des personnes ayant déposé leurs dossiers de


candidature est dressée par la commission nationale de contrôle des
mandataires judiciaires au plus tard le 15 septembre de l'année en
cours aux fins d'instruction.

La liste des candidats est adressée aux présidents des


tribunaux et aux premiers présidents des Cours d'appel qui
procèdent à leur affichage en vue de recueillir les observations
éventuelles sur les candidatures, aux fins de les transmettre à la
commission nationale de contrôle des mandataires judiciaires.

ARTICLE 14

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires commet l'un de ses membres en qualité de rapporteur
pour l'instruction des demandes de candidature.

Le rapporteur commis vérifie que chaque candidat remplit


les conditions requises. Il recueille tous les renseignements
sur le mérite de la demande, compte tenu notamment des
compétences du candidat.

ARTICLE 15

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires se réunit avant le 15 décembre de chaque année pour
dresser le tableau national des mandataires judiciaires au plus tard
le 31 janvier de l’année suivante.

Elle se prononce après avoir entendu le rapporteur


mentionné dans le présent décret et notifie à chaque candidat,
les motifs qui justifient l’admission ou le refus d'inscription
au tableau national.
384
ARTICLE 16

Le tableau national des mandataires judiciaires établi par la


Commission nationale de contrôle des mandataires judiciaires est
entériné par arrêté du ministre chargé de la Justice.

L'arrêté portant tableau national des mandataires judiciaires


est publié chaque année au Journal officiel de la République
de Côte d'Ivoire.

Le ministre chargé de la Justice adresse une copie de


l'arrêté au secrétariat permanent de l’OHADA pour publication au
Journal officiel de l'OHADA.

ARTICLE 17

Chaque année, sans que les mandataires judiciaires aient à


renouveler leur demande initiale, la commission nationale de
contrôle des mandataires judiciaires examine la situation de chaque
mandataire judiciaire précédemment inscrit pour s'assurer qu’il
continue à remplir les conditions requises, respecte les obligations
qui lui sont imposées et s’en acquitte avec ponctualité.

Le rapporteur mentionné à l'article 14 du présent décret


donne connaissance de toutes les plaintes formulées, des
explications éventuelles des mandataires judiciaires concernés
ainsi que des observations des autorités judiciaires à l’égard de
chacun d'eux à la Commission nationale de contrôle des
mandataires judiciaires.

ARTICLE 18

La réinscription sur le tableau national des mandataires


judiciaires est décidée sous les mêmes conditions et dans les
mêmes formes que l'inscription.

Le mandataire judiciaire qui n'a pas été réinscrit peut


solliciter à nouveau son inscription l'année suivante.

385
ARTICLE 19

Au cas où le mandataire judiciaire demande son retrait du


tableau pour des causes exclusives de toute faute disciplinaire ou si
ce retrait est rendu nécessaire par des circonstances de fait telles
que l’éloignement prolongé, la maladie ou des infirmités graves et
permanentes, la commission nationale de contrôle des mandataires
judiciaires peut à titre provisoire, et en cours d'année, décider de son
retrait du tableau.

La décision de retrait provisoire est entérinée par arrêté du


ministre chargé de la Justice et affichée dans les juridictions.

ARTICLE 20

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires notifie aux mandataires judiciaires nouvellement inscrits,
aux personnes dont la candidature n'a pas été retenue, aux
mandataires judiciaires dont l’inscription n'a pas été renouvelée et à
ceux qui ont fait l’objet d’une décision de retrait provisoire de la liste,
la mesure les concernant.

Section 2 - Contrôle des mandataires judiciaires

ARTICLE 21

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires dispose des pouvoirs d’investigations les plus étendus
pour s’assurer de la bonne moralité des mandataires judiciaires et du
respect par ceux-ci des lois et règlements en vigueur.

A ce titre, elle peut requérir, en tant que de besoin,


l’assistance et le concours du procureur de la République.

ARTICLE 22

Le mandataire judiciaire adresse au plus tard le 1er


septembre chaque année, à la commission nationale de contrôle des
mandataires judiciaires, un rapport d’activités. Le rapport d’activités
indique le nombre de dossiers traités et les procédures en cours.

386
Le rapport d’activités adressé à la commission nationale
de contrôle des mandataires judiciaires précise en outre, la date
de la décision qui a commis le mandataire judiciaire, la juridiction
qui a rendu cette décision, le délai imparti par cette décision
pour le dépôt du rapport à la juridiction et la date de dépôt effectif
du rapport à la juridiction.

ARTICLE 23

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires reçoit les plaintes et fait procéder par l'un de ses
membres, à tout moment, aux enquêtes utiles pour vérifier que le
mandataire judiciaire satisfait à ses obligations légales et s’en
acquitte avec ponctualité.

ARTICLE 24

Il est ouvert au greffe de chaque juridiction commerciale, un


registre des mandataires judiciaires sur lequel est inscrit :

1°) la désignation de l’affaire ;

2°) la nature et la date de la décision commettant le


mandataire judiciaire ;

3°) le délai imparti au mandataire judiciaire et


éventuellement la prorogation de délai ;

4°) le refus du mandataire judiciaire avec sa date, le


cas échéant ;

5°) la date de remise du rapport et la note d'honoraire.

ARTICLE 25

Un relevé du registre prévu à l’article 24 du présent décret,


concernant les douze mois précédents est adressé avant le Ier juin à
la Commission nationale de contrôle des mandataires judiciaires, par
le greffier en chef de la juridiction, avec les observations du
président de la juridiction, sur le comportement de chaque
mandataire judiciaire, notamment en ce qui concerne les erreurs ou
imperfections du rapport.

387
Les renseignements fournis par ce relevé et les observations
du président de la juridiction peuvent, le cas échéant, motiver la
non-réinscription du mandataire judiciaire s'il est déjà inscrit au
tableau ou sa non-inscription dans le cas contraire.

Section 3 - Procédure disciplinaire contre les


mandataires judiciaires

ARTICLE 26

Lorsqu'il apparaît à la commission nationale de contrôle des


mandataires judiciaires qu'il y a des présomptions contre un
mandataire judiciaire d'avoir manqué à ses obligations, elle fait
recueillir ses explications en vue, le cas échéant, de l'ouverture
d'une procédure disciplinaire.

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires commet à cet effet l’un de ses membres en vue de
l'instruction du dossier.

ARTICLE 27

Lorsqu'elle décide de l'ouverture d'une procédure


disciplinaire, la commission nationale de contrôle des mandataires
judiciaires cite le mandataire judiciaire en cause, par tout moyen
laissant trace écrite contre décharge, à comparaître devant elle,
dans un délai d’au moins quinze jours.

Le mandataire judiciaire en cause peut se faire assister


d’un avocat.

La commission nationale de contrôle des mandataires


judiciaires statue après avoir entendu le membre rapporteur prévu à
l'article 14 du présent décret en son rapport et le mandataire
judiciaire concerné en ses explications.

388
ARTICLE 28

La commission nationale de contrôle des mandataires peut


prononcer les mesures disciplinaires suivantes :

1°) avertissement ;

2°) blâme avec inscription au dossier ;

3°) suspension d'exercer pour une durée qui ne peut


excéder trois années ;

4°) radiation de la liste nationale des mandataires


judiciaires emportant interdiction définitive d’exercer ;

La décision de la commission est entérinée par arrêté du


ministre chargé de la Justice.

Ces sanctions sont notifiées par écrit au mandataire


judiciaire concerné ainsi qu'à son instance représentative, à l'ordre
national auquel il est inscrit, ainsi qu'à toute autre organisation
professionnelle dont le mandataire judiciaire fait partie et au
ministère public près chaque juridiction commerciale.

CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS FINANCIERES

ARTICLE 29

Les dépenses de la commission nationale de contrôle des


mandataires judiciaires sont prises en charge par le budget du
ministère en charge de la Justice.

ARTICLE 30

Les fonctions de membres de la commission nationale de


contrôle des mandataires judiciaires sont gratuites.

Toutefois, les membres perçoivent dans le cadre de leurs


missions des indemnités de débours ou de défraiement, dans les
conditions fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de la Justice,
du ministre chargé du Budget et du ministre chargé de
l'Economie et des Finances.

389
CHAPITRE 6 - DISPOSITIONS TRANSITOIRE ET FINALE

ARTICLE 31

Jusqu'à la mise en place de la commission nationale des


mandataires judiciaires et à l’établissement du tableau national des
mandataires judiciaires, les mandataires judiciaires, pour
l’accomplissement de leur mission dans le cadre des procédures
collectives d'apurement du passif, sont régis conformément aux
dispositions légales et réglementaires en vigueur, en ce qui
concerne l'expertise judiciaire.

ARTICLE 32

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, le ministre


auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de
l'Etat et le ministre auprès du Premier Ministre, chargé de l'Economie
et des Finances assurent, chacun en ce qui le concerne, l’exécution
du présent décret qui sera publié au Journal officiel de la
République de Côte d'Ivoire.

390
TABLE DES MATIERES
PROFESSIONS JUDICIAIRES..................................................................... 2
I- MAGISTRATURE ...................................................................................... 7
1- LOI N° 61-202 DU 2 JUIN 1961, DETERMINANT LA
COMPOSITION, L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT
DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE, MODIFIEE
PAR LES LOIS N°S.68-345 DU 29 JUILLET 1968, 94-441 DU 16
AOUT 1994, 99-434 DU 06 JUILLET 1999 ET L’ORDONNANCE N°
2000-39 DU 1ER FEVRIER 2000. .............................................................. 8
TITRE PREMIER - COMPOSITION ...................................................... 9
TITRE II NOUVEAU - ATTRIBUTIONS .............................................. 11
CHAPITRE PREMIER - NOMINATIONS DES VICE-
PRESIDENTS ET DES CONSEILLERS A LA COUR
SUPREME .................................................................................... 11
CHAPITRE 2 - NOMINATION DES MAGISTRATS DU SIEGE....... 11
CHAPITRE 3 - DISCIPLINE DES MAGISTRATS DU SIEGE ......... 12
CHAPITRE 4 - SUPERVISION ET CONTROLE DU
FONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE ......................................... 13
2 - LOI N° 2022-194 DU 11 MARS 2022 PORTANT STATUT DE LA
MAGISTRATURE ................................................................................... 16
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ................. 17
CHAPITRE 2 - RECRUTEMENT..................................................... 22
CHAPITRE 3 - FORMATION PROFESSIONNELLE DES
MAGISTRATS ............................................................................... 25
CHAPITRE 4 - CARRIERE DES MAGISTRATS ............................. 26
Section première - Nominations .............................................. 26
Section 2 - Avancement .......................................................... 27
Section 3 - Magistrats hors hiérarchie ..................................... 28
Section 4 - Magistrats à l’Administration centrale du
Ministère de la Justice ....................................................... 29
Section 5 - Magistrats à l’inspection générale des Services
judiciaires et pénitentiaires ................................................. 29
Section 6 - Magistrats honoraires ............................................ 29
CHAPITRE 5 - POSITION DU MAGISTRAT ................................... 30
CHAPITRE 6 - CESSATION DE FONCTION .................................. 34
CHAPITRE 7 - REMUNERATION ................................................... 35
CHAPITRE 8 - DEONTOLOGIE DU MAGISTRAT .......................... 36
Section première - Devoirs généraux ...................................... 36
Section 2 - Devoirs du magistrat dans l’exercice de ses
fonctions ............................................................................ 37
Section 3 - Devoirs du magistrat en dehors de l’exercice
de ses fonctions ................................................................. 39
Section 4 - Incompatibilités...................................................... 40

391
Section 5 - Interdictions ........................................................... 43
CHAPITRE 9 - DISCIPLINE ............................................................ 44
CHAPITRE 10 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES ............ 48
3- DECRET N° 78-697 DU 24 AOUT 1978, PRIS POUR
L’APPLICATION DE LA LOI N° 78-662 DU 4 AOUT 1978,
PORTANT STATUT DE LA MAGISTRATURE, MODIFIE PAR LES
DECRETS N° 80-1196 DU 28 OCTOBRE 1980, 85-1092 DU 16
OCTOBRE 1985, 94-525 DU 21 SEPTEMBRE 1994, 94-665 DU 21
DECEMBRE 1994 ET 97-580 DU 08 OCTOBRE 1997 ........................... 50
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ................. 51
CHAPITRE 2 - CLASSIFICATIONS DES EMPLOIS ....................... 51
CHAPITRE 3 - AVANCEMENT - NOTATION ................................. 53
PARAGRAPHE PREMIER - AVANCEMENT D’ECHELON......... 53
PARAGRAPHE 2 NOUVEAU - NOTATION ET
APPRECIATION ...................................................................... 54
PARAGRAPHE 3 - AVANCEMENT DE GRADE ......................... 57
PARAGRAPHE 4 - DISPOSITIONS COMMUNES AUX
AVANCEMENTS D’ECHELONS ET DE GRADE .................... 60
CHAPITRE 4 - REMUNERATION ................................................... 61
CHAPITRE 5 - COSTUME .............................................................. 61
CHAPITRE 6 - DISPOSITIONS PARTICULIERES ......................... 62
ANNEXES AU DECRET N° 78-697 DU 24 AOUT 1978, PRIS POUR
L’APPLICATION DE LA LOI N° 78-662 DU 4 AOUT 1978,
PORTANT STATUT DE LA MAGISTRATURE, MODIFIE PAR LES
DECRETS N° 80-1196 DU 28 OCTOBRE 1980, 85-1092 DU 16
OCTOBRE 1985, 94-525 DU 21 SEPTEMBRE 1994, 94-665 DU 21
DECEMBRE 1994 ET 97-580 DU 08 OCTOBRE 1997 ........................... 64
4- DECRET N° 97-194 DU 27 MARS 1997 INSTITUANT EN
FAVEUR DES MAGISTRATS DE L'ORDRE JUDICIAIRE, DES
PERSONNELS DES GREFFES ET PARQUETS ET DE
L'ADMINISTRATION PENITENTIAIRE, UNE INDEMNITE DE
JUDICATURE, DE PARTICIPATION A LA JUDICATURE ET DE
RISQUE, MODIFIE PAR LE DECRET N° 2000-507 DU 26 JUILLET
2000 ........................................................................................................ 69
5- DECRET N° 2000-860 DU 13 DECEMBRE 2000 PORTANT
FIXATION DU TAUX DE L'INDEMNITE DE VACATION ET DES
FRAIS DE VACATION ET DES FRAIS DE DEPLACEMENT DES
MEMBRES DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA MAGISTRATURE. ....... 72
6- DECRET N° 2008-15 DU 11 FÉVRIER 2008, DÉTERMINANT
LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS ET AVANTAGES DE TOUTES
NATURES RECONNUS AUX MAGISTRATS EN FONCTION ET À
LA RETRAITE ......................................................................................... 74
Section première - Du traitement soumis à retenues pour
pension et fiscalités............................................................ 75
Section 3 - Des avantages en nature ...................................... 76

392
Section 4 - Des indemnités...................................................... 77
Section 5 - Des autres avantages reconnus aux
Magistrats. ......................................................................... 79
Section 6 - De la pension de retraite et de l’allocation
viagère des Magistrats. ...................................................... 79
Section 7 - Dispositions diverses et finales. ............................ 80
ANNEXE N° 1 AU DÉCRET N°2008-15 DU 11 FÉVRIER
2008 DÉTERMI NANT LES TRAITEMENTS,
INDEMNITÉS ET AVANTAGES DE TOUTES NATURES
RECONNUS AUX MAGISTRATS EN FONCTION ET À
LA RETRAITE ......................................................................... 81
ANNEXE N° 2 AU DÉCRET N°2008-15 DU 11 FÉVRIER
2008DÉTERMI NANT LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS
ET AVANTAGES DE TOUTES NATURES RECONNUS
AUX MAGISTRATS EN FONCTION ET À LA RETRAITE ...... 83
ANNEXE N° 3 AU DÉCRET N° 2008-15 DU 11 FÉVRIER
2008 DÉTERMINANT LES TRAITEMENTS, INDEMNITÉS
ET AVANTAGES DE TOUTES NATURES RECONNUS
AUX MAGISTRATS EN FONCTION ET À LA RETRAITE ...... 84
II- GREFFIERS ........................................................................................... 85
1- LOI N° 2015-492 DU 7 JUILLET 2015 PORTANT STATUT DES
GREFFIERS. ........................................................................................... 86
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ................. 87
CHAPITRE 2 - RECRUTEMENT ET FORMATION ......................... 89
Section première - Recrutement.............................................. 89
Section 2 - Formation .............................................................. 90
CHAPITRE 3 - CARRIERE ............................................................. 91
Section première - Nomination et affectation........................... 91
Section 2 - Serment................................................................. 92
Section 3 - Notation et avancement ........................................ 92
CHAPITRE 4 - POSITIONS ............................................................ 94
Section première - Activité....................................................... 94
Section 2 - Détachement ......................................................... 94
Section 3 - Disponibilité ........................................................... 96
Section 4 - Disposition commune au détachement et à la
disponibilité ........................................................................ 97
Section 5 - Sous les drapeaux................................................. 97
CHAPITRE 5 - INCAPACITES, INCOMPATIBILITES ET
DEVOIRS ...................................................................................... 97
Section première - Incapacités et incompatibilités................... 97
Section 2 - Devoirs du greffier ................................................. 98
CHAPITRE 6 - DISCIPLINE ............................................................ 99
CHAPITRE 7 - CESSATION DEFINITIVE DE LA FONCTION
DE GREFFIER ............................................................................ 103

393
CHAPITRE 8 - REMUNERATION ................................................. 103
CHAPITRE 9 - COSTUME ............................................................ 104
CHAPITRE 10 - DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES
ET FINALES................................................................................ 104
2- DECRET N° 2016-134 DU 9 MARS 2016 FIXANT LES
MODALITES D'APPLICATION DE LA LOI N° 2015-492 DU 7
JUILLET 2015 PORTANT STATUT DES GREFFIERS. ....................... 106
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ............... 107
CHAPITRE 2 - RECRUTEMENT ET FORMATION ....................... 108
Section première - Recrutement............................................ 108
Sous-section première - Concours direct .......................... 108
Sous-section 2 - Concours professionnel .......................... 110
Sous-section 3 - Concours spécial .................................... 111
Sous-section 4 - Recrutement sur titre .............................. 113
Section 2 - Formation ............................................................ 114
CHAPITRE 3 - POSITIONS .......................................................... 115
Section première - Activité..................................................... 115
Section 2 - Détachement ....................................................... 116
Section 3 - Disponibilité ......................................................... 118
Section 4 - Dispositions communes au détachement et à
la disponibilité .................................................................. 119
Section 5 - Position sous les drapeaux ................................. 119
CHAPITRE 4 - CLASSEMENT DES EMPLOIS............................. 119
CHAPITRE 5 - SERMENT ............................................................ 121
CHAPITRE 6 - COMMISSION ADMINISTRATIVE PARITAIRE .... 122
Section première - Compétences .......................................... 122
Section 2 - Fonctionnement................................................... 123
CHAPITRE 7 - NOTATION, AVANCEMENT ET PROMOTION .... 124
Section première - Notation ................................................... 124
Section 2 - Avancement ........................................................ 126
Section 3 - Promotion ............................................................ 127
CHAPITRE 8 - REGIME DISCIPLINAIRE ..................................... 128
Section première - Conseil de discipline ............................... 128
Section 2 - Procédure disciplinaire ........................................ 130
CHAPITRE 9 - REMUNERATION ................................................. 131
Section première - Généralités .............................................. 131
Section 2 - Traitement soumis à retenue pour pension ......... 132
Section 3 - Indemnités ........................................................... 132
Section 4 - Avantages ........................................................... 133
CHAPITRE 10 - COSTUME .......................................................... 133
CHAPITRE 11 - L'HONORARIAT ................................................. 134
CHAPITRE 12 - DISPOSITIONS TRANSITOIRES ....................... 135
CHAPITRE 13 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES .......... 136

394
ANNEXES AU DECRET N° 2016-134 DU 9 MARS 2016 FIXANT
LES MODALITES D'APPLICATION DE LA LOI N°2015-492 DU 7
JUILLET 2015 PORTANT STATUT DES GREFFIERS. ....................... 137
ANNEXE I : ECHELLE DE TRAITEMENT................................. 138
ANNEXE II : INDEMNITES ALLOUEES AUX GREFFIERS
EN ACTIVITE ........................................................................ 139
ANNEXE III : LISTE DES FONCTIONS OUVRANT DROIT
AUX VEHICULES DE SERVICE ET PUISSANCES
FISCALES DESDITS VEHICULES ...................................... 140
III- AVOCATS ........................................................................................... 141
1- REGLEMENT N°05/CM/UEMOA RELATIF A
L’HARMONISATION DES REGLES REGISSANT LA
PROFESSION D’AVOCAT DANS L'ESPACE UEMOA ........................ 142
TITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ........................... 143
TITRE II - CREATION, ORGANISATION ET ADMINISTRATION
DES BARREAUX .......................................................................... 146
TITRE III - ACCES A LA PROFESSION D'AVOCAT ....................... 154
CHAPITRE PREMIER - STAGE ET FORMATION
PROFESSIONNELLE ................................................................. 154
Section première - Certificat d'Aptitude à la Profession
d’Avocat ........................................................................... 154
Section 2 - Admission sur la liste du stage ............................ 154
Section 3 - Régime du stage ................................................. 156
Section 4 - La formation ........................................................ 157
CHAPITRE 2 - TABLEAU .............................................................. 158
Section première - Inscription au tableau .............................. 158
Section 2 - Honorariat ........................................................... 158
TITRE IV - EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT .............. 159
CHAPITRE PREMIER - INCOMPATIBILITES............................... 159
CHAPITRE 2 - MODALITES D’EXERCICE DE LA
PROFESSION............................................................................. 160
CHAPITRE 3 - REGLES PROFESSIONNELLES ......................... 161
Section première - Dispositions générales ............................ 161
Section 2 - Domicile professionnel ........................................ 163
Section 3 - Suppléance ......................................................... 163
Section 4 - Administration provisoire et liquidation ................ 164
CHAPITRE 4 - HONORAIRES ET DEBOURS .............................. 165
Section première - Fixation des honoraires ........................... 165
Section 2 - Contestation en matière d'honoraires .................. 165
TITRE V - DISCIPLINE ..................................................................... 167
CHAPITRE PREMIER - CONSEIL DE DISCIPLINE ..................... 167
CHAPITRE 2 - MANQUEMENTS ET SANCTIONS
DISCIPLINAIRES ........................................................................ 167
CHAPITRE 3 - PROCEDURE DISCIPLINAIRE ............................ 169

395
TITRE VI - RESPONSABILITE CIVILE ET REGLEMENT
PECUNIAIRE DES AVOCATS ...................................................... 171
CHAPITRE PREMIER - RESPONSABILITE CIVILE..................... 171
CHAPITRE 2 - CAISSE AUTONOME DE REGLEMENTS
PECUNIAIRES DES AVOCATS (CARPA) .................................. 171
CHAPITRE 3 - REGLEMENT PECUNIAIRE ET
COMPTABILITE DES AVOCATS ............................................... 172
Section première - Règlement pécuniaire ............................. 172
Section 2 - Règles et documents comptables ....................... 173
TITRE VII - DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES ............ 174
2- LOI N° 81-588 DU 27 JUILLET 1981, REGLEMENTANT LA
PROFESSION D'AVOCAT. .................................................................. 175
TITRE PREMIER - L’ORGANISATION ET L’ADMINISTRATION
DES BARREAUX .......................................................................... 176
TITRE II - ACCES A LA PROFESSION D’AVOCAT ........................ 184
CHAPITRE PREMIER - DU STAGE ............................................. 184
CHAPITRE 2 - DU TABLEAU........................................................ 188
TITRE III - DE L’EXERCICE DE LA PROFESSION D’AVOCAT ..... 191
CHAPITRE PREMIER - DES INCOMPATIBILITES ...................... 191
CHAPITRE 2 - DES MODALITES PARTICULIERES
D’EXERCICE DE LA PROFESSION ........................................... 194
Section première - De l’association ....................................... 194
Section 2 - De la collaboration............................................... 195
CHAPITRE 3 - REGLES PROFESSIONNELLES ......................... 197
Section première - Dispositions générales ............................ 197
Section 2 - De la suppléance................................................. 200
Section 3 - Des contestations en matière d’honoraires ......... 201
TITRE IV - DE LA DISCIPLINE ........................................................ 204
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ............... 204
CHAPITRE 2 - PROCEDURE DISCIPLINAIRE ............................ 206
TITRE V - DISPOSITIONS DIVERSES ............................................. 209
IV- NOTARIAT .......................................................................................... 212
1- LOI N° 2018-897 DU 30 NOVEMBRE 2018 PORTANT STATUT
DU NOTARIAT. ..................................................................................... 213
CHAPITRE PREMIER - ATTRIBUTIONS, ORGANISATION
ET COMPETENCE ..................................................................... 214
CHAPITRE 2 - NOMINATION ET CESSATION DE FONCTION .. 215
CHAPITRE 3 - DEVOIRS ET OBLIGATIONS ............................... 219
CHAPITRE 4 - ETABLISSEMENT, CONSERVATION ET
DELIVRANCE DES ACTES ........................................................ 222
Section première - Etablissement.......................................... 222
Section 2 - Conservation ....................................................... 227
Section 3 - Délivrance ........................................................... 227

396
CHAPITRE 5 - INTERDICTIONS, ORGANISATION
ADMINISTRATIVE ET DISCIPLINAIRE ...................................... 229
CHAPITRE 6 - MODALITES D’EXERCICE DE LA
PROFESSION............................................................................. 231
CHAPITRE 7 - DISPOSITIONS TRANSITOIRES ......................... 232
CHAPITRE 8 - DISPOSITIONS FINALES ..................................... 232
2- DECRET N°2020-277 DU 26 FEVRIER 2020 FIXANT LES
MODALITES DE RECEPTION DES FONDS DES CLIENTS DES
NOTAIRES PAR LA CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS
DE COTE D’IVOIRE. ............................................................................. 233
3- DECRET N° 2020-764 DU 30 SEPTEMBRE 2020 FIXANT LES
MODALITÉS D’APPLICATION DE LA LOI N° 2018-897 DU 30
NOVEMBRE 2018 PORTANT STATUT DU NOTARIAT. ..................... 235
CHAPITRE PREMIER - ORGANISATION DE LA
PROFESSION DE NOTAIRE ..................................................... 236
Section première - Nomination .............................................. 236
Section 2 - Honorariat ........................................................... 238
Section 3 - Clercs de notaire ................................................. 239
Sous-section première - Qualifications .............................. 239
Sous-section 2 - Accès aux fonctions de clerc de première
catégorie............................................................................ 239
Sous-section 3 - Inscription des clercs .............................. 241
Section 4 - Cessation de fonction de notaire ......................... 243
Section 5 - Carte professionnelle .......................................... 245
Section 6 - Cautionnement .................................................... 246
Section 7 - Absence et congé du notaire ............................... 246
Section 8 - Vacance de l’office notarial ................................. 247
CHAPITRE 2 - DROITS ET OBLIGATIONS DU NOTAIRE ........... 250
Section première - Droits ....................................................... 250
Section 2 - Obligations professionnelles ............................... 251
Sous-section première - Organisation de l’office notarial .. 251
Sous-section 2 - Relations professionnelles ...................... 252
Sous-section 3 - Assurance professionnelle...................... 252
Sous-section 4 - Accomplissement des actes ................... 252
Sous-section 5 - Formation professionnelle ...................... 255
Sous-section 6 - Liquidation et reversement des redevances
dues par les greffiers-notaires ........................................... 256
CHAPITRE 3 - COMPTABILITÉ DU NOTAIRE ............................. 257
CHAPITRE 4 – DISCIPLINE ......................................................... 261
Section première - Organes de discipline .............................. 261
Section 2 - Instruction de la cause ........................................ 263
Section 3 - Délibérations ....................................................... 265
Section 4 - Notification des décisions .................................... 265
Section 5 - Mesures conservatoires d’urgence...................... 266
CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS TRANSITOIRES ......................... 267

397
CHAPITRE 6 - DISPOSITION FINALE ......................................... 267
4- DECRET N° 2020-765 DU 30 SEPTEMBRE 2020 FIXANT LES
MODALITES DE NOMINATION DU NOTAIRE SALARIE ET
D’EXERCICE DE SA PROFESSION. ................................................... 268
5- DECRET N° 2021-164 DU 24 MARS 2021 PORTANT
ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA CHAMBRE DES
NOTAIRES. ........................................................................................... 275
CHAPITRE PREMIER - ORGANISATION DE LA CHAMBRE
DES NOTAIRES ......................................................................... 276
CHAPITRE 2 - FONCTIONNEMENT DE LA CHAMBRE DES
NOTAIRES .................................................................................. 282
CHAPITRE 3 - DISPOSITION FINALE ......................................... 284
6 - DECRET N°2021-165 DU 24 MARS 2021 FIXANT LES
MODALITES DE CONSTITUTION ET DE FONCTIONNEMENT DE
LA SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE DE NOTAIRES. .............. 285
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ............... 286
CHAPITRE 2 - Constitution ........................................................... 287
CHAPITRE 3 - FONCTIONNEMENT ............................................ 290
CHAPITRE 4 - CESSION ET TRANSMISSION DE PARTS
SOCIALES .................................................................................. 291
CHAPITRE 5 – DISSOLUTION ..................................................... 292
CHAPITRE 6 - DISPOSITION FINALE ......................................... 293
V- COMMISSAIRES DE JUSTICE ........................................................... 294
1- LOI N° 2018-974 DU 27 DECEMBRE 2018 PORTANT STATUT
DES COMMISSAIRES DE JUSTICE .................................................... 295
CHAPITRE PREMIER - ATTRIBUTIONS, COMPETENCE ET
ORGANISATION ......................................................................... 296
Section première - Attributions et compétences .................... 296
Section 2 - Organisation ........................................................ 299
CHAPITRE 2 - NOMINATION ET CESSATION DE FONCTION .. 300
Section première - Nomination .............................................. 300
Section 3 - Cessation de fonction .......................................... 301
CHAPITRE 3 - DROITS ET OBLIGATIONS .................................. 302
CHAPITRE 4 - ORGANISATION ET DISCIPLINE ........................ 306
CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES
ET FINALES................................................................................ 308
2- DECRET N° 2019-496 DU 12 JUIN 2019 PORTANT
INSTITUTION DE LA COMMISSION PARITAIRE DES
COMMISSAIRES DE JUSTICE............................................................. 310
CHAPITRE PREMIER - DISPOSITIONS GENERALES ............... 311
CHAPITRE 2 - ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE
LA COMMISSION PARITAIRE ................................................... 314
Section première - Organisation ............................................ 314
Section 2 - Fonctionnement................................................... 314

398
CHAPITRE 3 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES ............ 316
3- DECRET N° 2019-567 DU 26 JUIN 2019 FIXANT LES
MODALITES D’APPLICATION DE LA LOI PORTANT STATUT
DES COMMISSAIRES DE JUSTICE. ................................................... 317
CHAPITRE PREMIER - ORGANISATION DE LA
PROFESSION DE COMMISSAIRE DE JUSTICE ..................... 318
Section première - Nomination .............................................. 318
Section 2 - Honorariat ........................................................... 319
Section 3 - Clerc de commissaire de justice .......................... 319
Section 4 - Concours professionnel et stage ......................... 321
Section 5 - Cessation de fonction .......................................... 322
Section 6 - Carte professionnelle .......................................... 322
Section 7 - Cautionnement .................................................... 323
Section 8 - Absence - Congé - Vacance ............................... 323
CHAPITRE 2 - DROITS ET OBLIGATIONS
PROFESSIONNELLES DU COMMISSAIRE DE JUSTICE ........ 326
Section première - Droits ....................................................... 326
Section 2 - Obligations professionnelles ............................... 326
Sous-section première - Relations professionnelles .......... 326
Sous-section 2 - Assurance professionnelle...................... 327
Sous-section 3 - Service d’audience ................................. 327
Sous-section 4 - Accomplissement des actes ................... 328
Sous-section 5 - Obligations diverses ............................... 332
Sous-section 6 - Formation professionnelle ...................... 334
Section 3 - Costume .............................................................. 334
CHAPITRE 3 - COMPTABILITE DU COMMISSAIRE DE
JUSTICE ..................................................................................... 335
CHAPITRE 4 - DISCIPLINE DU COMMISSAIRE DE JUSTICE .... 339
Section première - Organes de discipline .............................. 339
Section 2 - Instruction de la cause ........................................ 341
Section 3 - Délibérations ....................................................... 342
Section 4 - Notification des décisions .................................... 343
Section 5 - Mesures conservatoires d’urgence...................... 344
CHAPITRE 5 - CHAMBRE NATIONALE DES COMMISSAIRES
DE JUSTICE ............................................................................... 345
Section première - Organisation ............................................ 345
Section 2 - Fonctionnement................................................... 348
CHAPITRE 6 - SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE DE
COMMISSAIRES DE JUSTICE .................................................. 352
Section première - Dispositions générales ............................ 352
Section 2 - Constitution ......................................................... 353
Section 3 - Fonctionnement................................................... 355
Section 4 - Cession et transmission de parts sociales ......... 357
Section 5 - Dissolution ........................................................... 358
CHAPITRE 7 - DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES ........ 359

399
4- DECRET N° 2021-109 DU 24 FEVRIER 2021 PORTANT FUSION
DES CHARGES D'HUISSIERS DE JUSTICE ET DES OFFICES DE
COMMISSAIRES-PRISEURS EN CHARGES DE COMMISSAIRES
DE JUSTICE ......................................................................................... 360
ANNEXE AU DECRET N°2021-109 DU 24 FEVRIER 2021
PORTANT FUSION DES CHARGES D’HUISSIERS DE JUSTICE
ET DES OFFICES DE COMMISSAIRES-PRISEURS EN CHARGES
DE COMMISSAIRES DE JUSTICE ....................................................... 362
VI- CONSEIL JURIDIQUE ........................................................................ 365
LOI N° 96-672 DU 29 AOUT 1996 REGLEMENTANT LA
PROFESSION DE CONSEIL JURIDIQUE. ........................................... 366
VII- AGENTS D’AFFAIRES ...................................................................... 372
LOI 75-352 DU 23 MAI 1975, RELATIVE AUX AGENTS
D’AFFAIRES. ........................................................................................ 373
VIII- COMMISSION NATIONALE DE CONTROLE DES MANDATAIRES
JUDICIAIRES ........................................................................................... 377
DECRET N° 2016-48 DU 10 FEVRIER 2016 PORTANT CREATION,
ATTRIBUTIONS, ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE LA
COMMISSION NATIONALE DE CONTROLE DES MANDATAIRES
JUDICIAIRES. ...................................................................................... 378
CHAPITRE PREMIER - CREATION ............................................. 379
CHAPITRE 2 - ATTRIBUTIONS .................................................... 379
CHAPITRE 3 - ORGANISATION................................................... 379
CHAPITRE 4 - FONCTIONNEMENT ............................................ 381
Section première - Etablissement de la liste nationale des
mandataires judiciaires .................................................... 381
Section 2 - Contrôle des mandataires judiciaires .................. 386
Section 3 - Procédure disciplinaire contre les mandataires
judiciaires ......................................................................... 388
CHAPITRE 5 - DISPOSITIONS FINANCIERES............................ 389
CHAPITRE 6 - DISPOSITIONS TRANSITOIRE ET FINALE ........ 390

400

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