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DISSERTATION

Résumé de la biographie d’Arthur Rimbaud

1. Une précocité éclatante et une révolte précoce


Arthur Rimbaud, né en 1854 à Charleville, montre dès son enfance des talents
exceptionnels en poésie. Élevé par une mère austère, il excelle à l’école et écrit
des vers latins dès son jeune âge. À 16 ans, il entre dans une phase de rébellion
contre sa mère, la société bourgeoise, l’Église et la guerre. Il s’oppose au
nationalisme en inventant le terme péjoratif « patrouillotisme ». Ses poèmes, comme
Le Dormeur du val, dénoncent la guerre et la misère sociale. Rimbaud fugue
plusieurs fois et exprime son admiration pour la Commune de Paris.

2. L’entreprise du Voyant et la rupture avec la poésie traditionnelle


En 1871, Rimbaud amorce une révolution poétique avec ses Lettres du Voyant, prônant
une vision nouvelle de la poésie. Invité à Paris par Verlaine, il entame une
relation tumultueuse avec ce dernier. Leur vie de bohème, marquée par des
querelles, conduit Rimbaud à écrire des œuvres majeures comme Une saison en enfer
et les Illuminations. Cependant, après le drame de Bruxelles, où Verlaine lui tire
dessus, Rimbaud met fin à son expérience littéraire.

3. L’errance et l’échec de l’aventure orientale


Après 1875, Rimbaud abandonne définitivement la poésie et voyage à travers l’Europe
avant de s’établir en Abyssinie (actuelle Éthiopie). Il se lance dans des activités
commerciales difficiles et dangereuses, mais ses projets échouent souvent. Rimbaud,
désabusé, décrit son existence comme ennuyeuse et dépourvue de sens. Malgré tout,
il reste fidèle à son idéal de liberté.

4. La fin tragique
En 1891, Rimbaud, gravement malade, revient en France. Amputé d’une jambe, il meurt
à Marseille à 37 ans. Rimbaud reste une figure mythique, célébré pour la fulgurance
de son œuvre poétique et sa quête d’absolu.

Voici quatre surnoms emblématiques d’Arthur Rimbaud:


Le Poète Voyant – pour son ambition de révolutionner la poésie à travers une
nouvelle vision du monde.
L’Homme aux semelles de vent – pour son esprit nomade et sa quête d’ailleurs.
L’Enfant prodige – en raison de son génie poétique révélé dès l’adolescence.
Le Rebelle de Charleville – pour son opposition à la société bourgeoise et son
esprit insoumis.

⁃ L’errance occupe une place centrale dans l’imaginaire poétique et la


vie d’Arthur Rimbaud, devenant pour lui une quête de liberté absolue. Dès ses
premières fugues en 1870, comme en témoignent les Cahiers de Douai, le vagabondage
se confond avec un désir d’échapper aux contraintes de la société et d’embrasser
l’inconnu. Qualifié par Verlaine de « l’homme aux semelles de vent », en référence
au dieu Hermès, Rimbaud fait de l’errance un synonyme de liberté, qu’il appelle «
la liberté libre ». Dans Ma Bohème, il se met en scène avec poésie : « Je m’en
allais, les poings dans mes poches crevées », illustrant son détachement matériel
et son exaltation face à la simplicité de la vie d’errant. Dans Au Cabaret-Vert, il
décrit son vagabondage à travers des images concrètes et sensorielles : « Depuis
huit jours, j’avais déchiré mes bottines / Aux cailloux des chemins. » L’errance
lui procure un bonheur presque euphorique, une ivresse de sensations, comme dans
Sensation : « Par les soirs d’été bleus, j’irai dans les sentiers. » Que ce soit
dans les chemins ou « sous les tilleuls verts de la promenade » évoqués dans Roman,
l’errance représente une libération de toutes les attaches. Ce voyage sans fin
devient pour Rimbaud un mode de vie, une quête où se mêlent bonheur et exaltation
poétique.

⁃ Les références mythologiques et littéraires imprègnent l’œuvre de


jeunesse d’Arthur Rimbaud, révélant sa vaste culture antique et sa volonté de
renouveler la poésie. Dans les Cahiers de Douai, plusieurs poèmes témoignent de ce
lien avec l’Antiquité, comme Ophélie, où il revisite le personnage de Shakespeare
en l’inscrivant dans une atmosphère élégiaque et mystique. Dans Soleil et Chair, il
convoque les figures de Vénus et Hélios, soulignant par un décalage typographique
l’importance de ces symboles dans sa vision sensuelle et lumineuse du monde : «
Vénus !… O Soleil !… » Cette exaltation du corps et des forces naturelles s’inscrit
dans une réécriture de mythes classiques à travers une esthétique moderne. Rimbaud
dialogue également avec des figures littéraires majeures : dans Le Châtiment de
Tartufe, il s’approprie le personnage de Molière pour dénoncer l’hypocrisie
religieuse, tandis que dans Le Bal des pendus, il s’inspire de François Villon,
poète médiéval, pour composer une satire grinçante où il se moque des « pantins,
imbéciles et inutiles », tout en réinventant l’imaginaire des condamnés à mort. À
travers ces références, Rimbaud dépasse l’imitation des classiques pour façonner
une poésie novatrice, nourrie d’un héritage littéraire qu’il détourne et transforme
au service de son propre génie.

⁃ La poésie d’Arthur Rimbaud, notamment dans les Cahiers de Douai, se


distingue par une critique virulente de la société de son époque, marquée par un
engagement politique et social sans concession. Opposé à Napoléon III, Rimbaud en
fait une figure détestable dans Les Rages de César, où l’empereur devient un
personnage méprisant, représentant la corruption et l’oppression. Dans Le Forgeron,
il critique indirectement Napoléon III à travers une charge contre Louis XIV,
dénonçant l’autoritarisme et l’exploitation du peuple. Cette opposition s’étend à
la presse, qu’il accuse de propagande et de complicité avec le pouvoir, comme dans
Les Morts de 92, où il s’insurge contre le rôle des médias dans l’encouragement au
conflit franco-prussien. Ironique, il tourne également en dérision le militarisme
dans L’Éclatante Victoire de Sarbrück, où il décrit avec sarcasme la futilité des
triomphes guerriers.Rimbaud ne se limite pas à la critique politique ; il s’attaque
aussi à l’Église catholique, qu’il accuse de passivité face aux injustices et aux
guerres. Dans Le Mal, il dénonce son indifférence envers les souffrances humaines,
tandis que Le Châtiment de Tartufe s’attaque à l’hypocrisie religieuse. Sa poésie
met également en lumière les inégalités sociales : dans À la musique et Au Cabaret-
Vert, il oppose le conformisme bourgeois à la simplicité du peuple, qu’il choisit
volontairement de défendre. Ce positionnement est poignant dans Les Effarés, où, à
l’instar de Victor Hugo, il exprime sa pitié pour les enfants miséreux : « Dans un
grenier où le pain manque, / Ils sont assis à cinq, soufflant sur leurs doigts. »
Rimbaud, à travers ses Cahiers de Douai, se place ainsi du côté des opprimés,
dénonçant sans relâche les injustices sociales et les institutions corrompues de
son époque.

⁃ Dans les Cahiers de Douai, l’amour occupe une place essentielle et se


manifeste à travers des figures féminines séduisantes, la quête du plaisir, et une
communion sensuelle avec la nature. Rimbaud célèbre la féminité et la sensualité
dans plusieurs poèmes, mettant en avant le charme irrésistible des femmes. Dans Les
Réparties de Nina, il décrit la jeune femme dans un « fort déshabillé », soulignant
son attirance pour la beauté féminine. De même, dans Au Cabaret-Vert, son regard se
focalise sur la poitrine généreuse de la serveuse, évoquant une sensualité
immédiate et simple. Les poèmes Première Soirée, Roman, À la Maline, ou encore Rêvé
pour l’hiver prolongent cette fascination amoureuse, où la rencontre de l’autre
devient une source de désir et d’exaltation.Rimbaud associe également l’amour au
contact avec la nature, qui devient un espace de sensualité et de plaisir. Dans
Sensation, il imagine « cheminer à travers la nature », ressentant une extase
presque amoureuse dans cette communion avec le monde naturel. Dans Soleil et Chair,
il exalte la nature, qu’il personnifie et qui devient une force vivante et
nourricière : « Ô Nature, toi qui enfantes la poésie ! » La nature apparaît comme
un miroir de ses propres élans amoureux, un lieu où les sensations charnelles et
spirituelles se confondent. Ces poèmes traduisent un amour vibrant et sensuel, à la
fois pour les figures féminines et pour la nature, où le plaisir et la beauté sont
célébrés comme des expériences d’évasion et de liberté.

⁃ L’émancipation créatrice d’Arthur Rimbaud se traduit par une volonté de


rupture totale avec les contraintes imposées, qu’elles soient sociales,
institutionnelles ou littéraires, pour inventer une poésie radicalement nouvelle.
Biographiquement, cette émancipation commence par ses nombreuses fugues, symboles
d’une quête de liberté : il veut « sortir de son cadre familial » et s’affranchir
des institutions oppressantes de son époque, comme le gouvernement ou l’Église. Ce
rejet se double d’une marginalité assumée, illustrée par sa quête incessante de
détachement. Comme il l’écrit dans sa célèbre Lettre du Voyant, il aspire à « être
absolument moderne » et à dépasser les codes établis pour « changer la vie ».Sur le
plan littéraire, cette émancipation s’exprime dans une poésie innovante et
audacieuse. Rimbaud subvertit les formes traditionnelles, abusant des enjambements
et contre-rejets, qui donnent à ses vers une musicalité et une liberté inégalées :
« J’ai disloqué ce grand niais d’alexandrin » (Victor Hugo). Le sonnet, souvent
jugé rigide, devient sous sa plume un terrain d’expérimentation, comme en témoigne
le sonnet libertin Vénus Anadyomène. Son utilisation de procédés inédits, tels que
les lignes de points de suspension ou des vers éclatés, annonce le symbolisme et
préfigure des poètes comme Guillaume Apollinaire, qui reconnaît en lui un
précurseur. Ainsi, Rimbaud, par sa rébellion et son inventivité, révolutionne la
poésie et pose les bases d’une écriture affranchie de toutes contraintes, où
l’émancipation devient le moteur de la création.

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