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Extarit Document de Projet PAPSA - 28 Mars 2022

Extarit Document de projet PAPSA - 28 mars 2022(4)

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Extarit Document de Projet PAPSA - 28 Mars 2022

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POUR USAGE OFFICIEL UNIQUEMENT

Rapport n° : PAD4836

ASSOCIATION INTERNATIONALE DE DÉVELOPPEMENT

DOCUMENT D'EVALUATION DE PROJET


SUR UN
CRÉDIT PROPOSÉ

D’UN MONTANT DE 88,4 MILLIONS D'EUROS


(ÉQUIVALENT À 100 MILLIONS DE DOLLARS AMÉRICAINS)

LA RÉPUBLIQUE DU SENEGAL

POUR UN

PROJET D’APPUI A LA PROTECTION SOCIALE ADAPTATIVE

{RVP/CD DATE D'AUTORISATION}

Pôle d'Expertise de la Protection Sociale et de l'Emploi


Région Afrique Occidentale et Centrale

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d'administration et le document mis à jour sera rendu public conformément à la politique de la Banque
en matière d'accès à l'information.
ÉQUIVALENTS DE DEVISES

(Taux de change effectif {23 nov. 2021})

Unité monétaire =

= 1 $ US
US$ = SDR 1

EXERCICE FISCAL
Du 1er janvier au 31 décembre

Vice-président régional : Ousmane Diagana


Directeur de pays : Nathan M. Belete
Directeur régional : Dena Ringold
Directeur sectoriel : Christian Bodewig
Chef de l'équipe opérationnelle : Thomas Bossuroy

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ABBRÉVIATIONS ET ACRONYMES

ANSD Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie


ASA Services consultatifs et analytiques
ASP Protection Sociale Adaptative
ASS Afrique sub-saharienne
BIRD Banque Internationale pour la reconstruction et le développement
CD Compte désigné
CERC Plan de contingence de réponse d’urgence
CIP-SNPS Comité interministériel SNPS
COVID-19 Maladie du Corona Virus 2019
CPP Cadre de Partenariat Pays
CSA Commissariat à la Sécurité Alimentaire
CT-SNPS Comité technique SNPS
CD Compte Désigné
DCMP Direction centrale des Marchés Publics
DFIL Lettre de décaissement et d'information financière
DGPSN Délégation Générale à la Protection Sociale et à la Solidarité Nationale (DGPSN)
DODP Direction de l'Ordonnancement des Dépenses Publiques
DPO Opération de soutien à la politique de développement
DRM Gestion des risques et catastrophes
EAS Exploitation et abus sexuels
EDU Éducation
ENG Ingénierie
FAO Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
FCI Finance Compétitivité et innovation
FMI Fonds monétaire international
FSN Fonds de Solidarité Nationale (FSN)
GdS Gouvernement du Sénégal
GF Gestion financière
GP Direction sectorielle
GRS Service de gestion des plaintes de la Banque Mondiale
HS Harcèlement sexuel
IDA Association internationale de développement
IF Intermédiaires financiers
IPF Financement de Project d’Investissement
ISRA Institut Sénégalais de Recherches Agricoles
KfW Kreditanstalt fur Wiederaufbau (organisme de crédit)
LIFD Lettre d'information financière et de décaissement
MDCEST Ministère du Développement Communautaire, de l'Équité Sociale et
Territoriale
MdP Manuel de procédures
MMOP Manuel de mise en œuvre du projet
MGP Mécanisme de Gestion des Plaintes
MPA Approche programmatique multiphase

Page 3 de 40
NES Normes Environnementales et Sociales
NGDI Indice de sécheresse de nouvelle génération
ONG Organisation non gouvernementale
OPM Gestion des politiques d’Oxford
OS (Opérateurs Sociaux )
PAFS Projet d’appui au fonctionnement des filets sociaux
PAP Plan d'Action Prioritaire
PAP2A Plan d'Action Prioritaire Ajusté et Accéléré
PBCs Conditions basées sur la performance
PSA Protection Sociale Adaptative
PGMO Procédure de gestion de la main-d’œuvre
PIB Produit intérieur brut
PMPP Plan de mobilisation des parties prenantes
PNBSF Programme National de Bourses de Sécurité Familiale
PSE Plan Sénégal Émergent
PTBA Plan de travail et budget annuel
RFI Rapports financiers intermédiaires
RNU Registre National Unique
RSES Revue synthétique Environnementale et Sociale
S&E Suivi et évaluation
SdP Série de projets
Se-CNSA Secrétariat Exécutif au Conseil National de Sécurité Alimentaire
SIG Système d'information de gestion
SNPS Stratégie Nationale de Protection Sociale
SNPS Filets sociaux et soutiens à la pension de retrait
SORT Outils d’évaluation systématiques des risques opérationnels
SYSCOHADA Système Comptable de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit
des Affaires
TdRs Termes de référence
UCTF Unité de coordination technique et fiduciaire
UEP Unité d’Exécution du projet
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'enfance
USD Dollar américain
WB Banque mondiale
YKK Programme d'inclusion productive (Yokk Koom Koom)

Page 4 de 40
TABLE DES MATIÈRES

DATASHEET....................................................................................... Erreur ! Signet non défini.


I. CONTEXTE STRATÉGIQUE ................................................................................................ 1
A. Le contexte du pays .......................................................................................................................... 1
B. Contexte sectoriel et institutionnel .................................................................................................. 5
C. Pertinence par rapport aux objectifs de niveau supérieur ............................................................. 11
II. DESCRIPTION DU PROJET .............................................................................................. 13
A. Objectif de développement du projet ............................................................................................ 13
B. Composantes du projet................................................................................................................... 13
F. Enseignements tirés et pris en compte dans la conception du projet............................................ 29
III. LES MODALITÉS DE MISE EN ŒUVRE ............................................................................. 31
A. Dispositions institutionnelles et de mise en œuvre ....................................................................... 31
B. Dispositifs de suivi et d'évaluation des résultats ............................................................................ 33
C. Durabilité ........................................................................................................................................ 33
IV. PROJECT APPRAISAL SUMMARY ................................................. Erreur ! Signet non défini.
A. Analyse technique, économique et financière (le cas échéant) .............. Erreur ! Signet non défini.
B. Fiduciaire .................................................................................................. Erreur ! Signet non défini.
C. Politiques opérationnelles légales ........................................................... Erreur ! Signet non défini.
D. Environnemental et social ....................................................................... Erreur ! Signet non défini.
V. SERVICES DE GESTION DES PLAINTES .......................................... Erreur ! Signet non défini.
VI. RISQUES CLÉS ............................................................................. Erreur ! Signet non défini.
VII. RESULTS FRAMEWORK AND MONITORING ................................. Erreur ! Signet non défini.
VIII. CONDITIONS INDICATIVES DE LA GARANTIE (le cas échéant) ....... Erreur ! Signet non défini.
ANNEXE 1 : Dispositions de mise en œuvre et plan de soutien .... Erreur ! Signet non défini.

Page 1 de 40
I. CONTEXTE STRATÉGIQUE

A. Le contexte du pays

1. Le Sénégal est un pays à revenu intermédiaire faible, comptant une population d'environ 17,2 millions
d'habitants, dont environ un quart est concentré dans la capitale, Dakar. Entre 2014 et 2018, le Sénégal a
connu des taux élevés de croissance économique qui sont restés constamment égaux ou supérieurs à 6%.
Cela a permis de réduire la pauvreté de 43% en 2011 à 37,8% en 2018. Pourtant, compte tenu de la
croissance démographique, le nombre total de pauvres est passé à 6 millions de personnes en 2018, et le
niveau d'inégalité est resté constant dans le temps. Si le nombre de pauvres a augmenté plus rapidement
dans les zones urbaines que dans les zones rurales, la grande majorité des pauvres réside dans les zones
rurales. En 2018, environ 75% des personnes pauvres au Sénégal vivaient dans les zones rurales. L'extrême
pauvreté se concentre dans les régions du Sud-Est du pays avec quatre régions (Tambacounda, Kaffrine,
Kédougou et Sédhiou) où elle dépasse 15%.

Figure 1 - évolution de la pauvreté 2011-2018 (Source : Poverty Assessment 2021)

2. Alors que l'incidence de la pauvreté est d'environ 38 % au niveau national, le taux de vulnérabilité est de
55 % et la pauvreté comme la vulnérabilité sont plus élevées dans les zones rurales. Le taux de vulnérabilité
inclut les personnes qui ne sont pas pauvres mais qui ont une forte probabilité de tomber dans la pauvreté
en cas de choc. La vulnérabilité peut être soit induite par la pauvreté en raison d'une faible consommation,
soit induite par le risque en raison des conséquences des chocs. Au niveau national, deux tiers de la
vulnérabilité est induite par la pauvreté et un tiers par les risques. À l'exception de Dakar, la vulnérabilité
induite par la pauvreté est dominante partout mais l'ampleur du rapport entre les deux types de
vulnérabilité diffère selon les régions : Kédougou, Matam, Fatick et Louga sont les régions où les taux de
vulnérabilité induite par le risque sont les plus élevés. La vulnérabilité peut également être décomposée en
vulnérabilité idiosyncratique et en vulnérabilité covariante. Malgré la prévalence plus élevée des chocs
idiosyncratiques (chocs affectant les individus ou les ménages comme la maladie, le décès, la perte d’un
emploi, etc.), l’occurrence de chocs covariants (affectant des communautés entières) est également élevé,
en particulier dans les zones rurales (Figure 2). La forte vulnérabilité aux chocs covariants est due à la
fréquence des chocs climatiques dans le pays et à l'importance de l'agriculture comme l'une des principales
sources de revenus des ménages ruraux.

Page 1 de 40
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%

Vulnérabilité idiosyncrasique Vulnérabilité des covariables

Figure 2 - Taux de vulnérabilité idiosyncrasique et covariant par région en 2018 (Source : Poverty Assessment 2021).

3. Le changement climatique est le principal facteur de risque, provoquant des chocs et des catastrophes
plus fréquents qui affectent la population sénégalaise. La région du Sahel a été identifiée parmi les zones
les plus exposés au changement climatique pour le XXIe siècle, ce qui augmentera probablement la
fréquence et l'intensité des chocs de revenus liés au climat pour les populations dont les stratégies
d'atténuation des risques sont limitées. Les sécheresses, les inondations et les incendies sont les chocs
climatiques les plus répandus qui affectent la population sénégalaise, selon l'Enquête harmonisée (2018-19)
sur les conditions de vie des ménages. Le Sénégal fait partie des pays africains les plus exposés aux effets
des sécheresses (figure 3). La vulnérabilité du pays à la sécheresse est due à sa forte dépendance à l'égard
de l'agriculture pluviale, en particulier, dans les régions arides et semi-arides du nord du Sénégal. Environ,
70 % des ménages pratiquent encore l'agriculture et 40 % l'élevage, ce qui les rend vulnérables à la variabilité
du climat. Les inondations constituent le deuxième choc climatique le plus répandu au Sénégal après les
sécheresses1 et leur fréquence et leur gravité ont augmenté depuis 2005. Les inondations dans les villes
sénégalaises telles que Dakar, Saint-Louis et Kaolack sont devenues monnaie courante, en raison de
l'urbanisation rapide et de l'insuffisance des infrastructures de drainage et de rétention d'eau. En 2020,
environ 16.000 ménages ont vu leur logement endommagé par les inondations.
Figure 3 - Indice de risque et d'impact historique des sécheresses pour les pays africains 2 (Source : Inform Index, 2021)
12
10
8
6
4
2
0

1 Brunelin, Ouedraogo, and Tandon. 2020. Five Facts About Shocks in the Sahel, SASPP Operational & Policy Note Series N° 1,
World Bank. Washington, DC.
2 L'impact de la sécheresse est mesuré par la combinaison de deux facteurs : 1. Le risque de sécheresse, calculé comme la probabilité

d'une sécheresse agricole (qui peut ou non entraîner une catastrophe due à la réduction de la production alimentaire) et 2. La population
touchée par les sécheresses au cours des dernières années.

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4. Les chocs climatiques touchent les plus pauvres de manière disproportionnée. Alors qu'un ménage
sénégalais sur dix a déclaré avoir subi un choc climatique, au cours des trois dernières années, cette
proportion était de 20 % pour les ménages du quintile inférieur de consommation. Les ménages les plus
pauvres ont également plus tendance à s'appuyer sur des stratégies d'adaptation négatives : environ 28 %
des ménages du quintile inférieur ont adopté des stratégies d'adaptation négatives, face aux chocs
climatiques, telles que la renonciation à la consommation, la déscolarisation des enfants ou la vente d'actifs3
productifs, qui ont toutes des conséquences négatives à long terme sur le bien-être. Les chocs climatiques
se traduisent par d'importantes fluctuations de revenus et des chocs de consommation qui menacent la
sécurité alimentaire. En 2020, environ 650 000 Sénégalais étaient considérés en situation d'insécurité
alimentaire, sans tenir compte des effets cumulés de la COVID-19. La population rurale vulnérable aux chocs
était estimée à 5,9 millions de personnes en 2010 et devrait atteindre 10,4 millions en 2030, compte tenu
des augmentations de la démographie et du PIB.

5. La pandémie de la COVID-19 a gravement affecté l'économie et la population du Sénégal, renforçant la


vulnérabilité liée aux chocs. La crise a mis fin à des années de solides performances économiques et menace
de renverser la moitié des progrès réalisés au cours de la dernière décennie, en matière de réduction de la
pauvreté. On estime que la croissance du PIB réel a ralenti, passant de 4,4 % en 2019 à -0,7 % en 2020 (soit
-3,3% pour le PIB par habitant). La croissance des services et des exportations est en baisse, les secteurs du
tourisme et du transport sont paralysés et les principaux marchés ont fermé. Les revenus des ménages ont
été réduits, et les perturbations du fonctionnement normal de l'activité économique frappant
particulièrement le secteur informel. La baisse des envois de fonds et la perte de revenus du travail freinent
la consommation privée. En raison des perturbations de l'offre, les prix ont augmenté de 2,5 % en 2020,
contre une moyenne de 0,7 % au cours des cinq années précédentes, avec une hausse de plus de 6 % pour
les produits les plus consommés tels que les céréales, le poisson, les fruits et les légumes, et de 4 % pour les
transports ; ce qui a eu un impact négatif supplémentaire sur le pouvoir d'achat des ménages. L'incidence
de la pauvreté, qui devait diminuer de 1,7 point de pourcentage entre 2018 et 2020, a plutôt augmenté de
0,4 point de pourcentage en raison de la pandémie, ce qui équivaut à 357 000 pauvres supplémentaires. La
perte de bien-être a été plus importante dans les zones urbaines que dans les zones rurales et l'impact
négatif a été plus important pour les personnes les plus aisées. L'Agence nationale de la statistique et de la
démographie (ANSD) du Sénégal a estimé que 85 % des ménages ont vu leurs revenus diminuer au cours
des trois premiers mois de la pandémie. Elle a également constaté que 36 % des chefs de famille interrogés
avaient cessé de travailler, la crise de la COVID-19 étant la cause pour environ un tiers d'entre eux. Six mois
après le début de la crise, 10 % des chefs de famille ne travaillaient toujours pas.

6. L'offre de travail au Sénégal augmente rapidement, et la capacité de l'économie à absorber cette main-
d'œuvre est déterminante pour la réduction de la pauvreté. Selon les projections démographiques de
l'ANSD, le pays compte 16,7 millions d'habitants en 2020 et sa population croît à un rythme annuel de 2,5 à
3%. Cette population est jeune, 63 % ont moins de 25 ans et chaque année, 300 000 personnes entrent dans
le marché du travail, un nombre qui est supposé passer à 427 000 d'ici 2030. Cette importante main-d'œuvre
potentielle constitue un défi en termes de création d'emplois décents. Le Sénégal a créé des emplois au
cours de la dernière décennie, mais la moyenne annuelle des emplois nets créés est de 155 000, ce qui ne
représente encore que la moitié de l'offre de travail prévue.

3
Brunelin, Ouedraogo, and Tandon. 2020. Five Facts About Shocks in the Sahel, SASPP Operational & Policy Note Series N° 1, World Bank.
Washington, DC.

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7. La participation à l’emploi au Sénégal a légèrement augmenté entre 2011 et 2018. Elle a augmenté dans
les zones urbaines et est restée stable dans les zones rurales où vivent trois quarts des pauvres. La
participation à l’emploi au Sénégal est encore inférieure à une grande partie de ses pays de comparaison
tels que le Ghana, le Cameroun et la Tanzanie et reste inférieure d'environ 10 points de pourcentage à la
moyenne de l'Afrique subsaharienne (ASS), en raison de la faible participation des femmes et des jeunes. Le
marché du travail du Sénégal se caractérise par d'importants écarts de participation entre les hommes et les
femmes et entre les adultes et les jeunes adultes. Selon les estimations, l'écart entre les sexes est au moins
deux fois supérieur à la moyenne de l'ASS et environ un tiers des jeunes âgés des 15 à 24 ans n’est ni en
études, ni en emploi, ni en formation en 2018/19. Par conséquent, une part importante des ressources
humaines du pays, qui pourrait contribuer à la croissance et à la réduction de la pauvreté, n'est pas
mobilisée, notamment chez les femmes et les jeunes.

8. L'agriculture reste le principal secteur d'emploi des pauvres avec 45 % des ménages du quintile le plus
pauvre qui y travaille. La part des ménages travaillant dans les services et l'industrie manufacturière
augmente de façon monotone avec le bien-être, tandis que les emplois agricoles sont plus concentrés parmi
les plus pauvres. Globalement, la part de l'emploi dans l'agriculture a diminué de 30 à 23%, au cours de la
période 2011-2018, au profit des emplois dans les services et le commerce. Cependant, au cours de la
dernière décennie, le secteur primaire est resté à 13 ou 14% du PIB, le secteur secondaire environ 22 à 23%
et le tertiaire environ 52%.

9. Le secteur informel est largement dominant, en particulier pour les jeunes et les personnes non-instruites,
et la diminution globale de l'emploi dans l'agriculture n'a pas entraîné l'émergence d'un secteur formel
dynamique. La majorité des travailleurs du pays sont en auto-emploi (55%) et il existe une corrélation
négative entre l’auto-emploi et le niveau de richesse. L’auto-emploi est surreprésenté en zone rurale (7
emplois sur 10 contre près de la moitié en zone urbaine) et chez les femmes. La part des individus en auto-
emploi est également corrélée négativement avec le niveau d'éducation, ce qui est une indication
supplémentaire que la plupart de ces types d'emplois sont de faible qualité. Deux tiers des individus sans
éducation formelle sont en auto-emploi contre seulement 10% des personnes indépendantes ayant une
éducation tertiaire.

10. Les différentes formes de vulnérabilité et le manque de résilience et d'opportunités déclenchent des
troubles sociaux. En mars 2021, les protestations déclenchées par les évènements politiques et judiciaires
internes ont été aggravées par la frustration liée aux perturbations économiques dues à la COVID-19 et ont
fini par tourner à la violence. Le mécontentement face à la détérioration de l'économie et aux restrictions
en cours semble avoir alimenté la colère des pauvres et des vulnérables, en particulier des jeunes confrontés
à de sombres perspectives d'emploi. Les inondations sans précédentes qui ont dévasté plusieurs quartiers
des régions de Dakar et de Saint-Louis à la fin de l’année 2020 ont été un facteur aggravant. En septembre
2021, de nouvelles manifestations ont éclaté en réaction aux graves inondations qui ont touché certaines
parties de la banlieue Dakaroise.

11. Les inégalités de genre restent élevées au Sénégal, limitant la participation économique des femmes. Le
Sénégal a une valeur d'indice d'inégalité de genre des Nations Unies de 0,533, le classant 130ème sur 162 pays
en 2019 et une valeur d'indice d'écart de genre de 0,684 le classant 104ème sur 156 pays en 2020. Les
inégalités sont remarquablement élevées en matière de participation économique et de niveau d'éducation.
En 2018, seulement 39 % des femmes avaient un emploi, contre 69% des hommes. Le taux d'alphabétisation
n'atteint que 39,8% chez les femmes, contre 64,8% chez les hommes. La pandémie de la COVID-19 devrait

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avoir exacerbé les inégalités entre les sexes4. La participation des femmes à l'économie a augmenté ces
dernières années, avec une concentration dans le secteur informel. Néanmoins, les femmes sont
confrontées à un certain nombre de contraintes, notamment les difficultés d'accès aux services de
financement5, l'accès limité aux facteurs de production des chaînes de valeur et aux services de
vulgarisation, les revenus inférieurs à ceux des hommes, un accès limité aux postes de direction et une
pression sociale les empêchant de développer leurs activités rémunératrices.

B. Contexte sectoriel et institutionnel

12. Depuis 2012, le gouvernement du Sénégal a identifié la protection sociale comme un secteur prioritaire.
Le document stratégique du gouvernement, le Plan Sénégal Emergent (PSE) adopté en 2014, a défini une
vision de la politique sociale axée sur la réduction des inégalités sociales et l'éradication de la pauvreté. Le
PSE a été détaillé dans un plan d'action qui a été actualisé en 2020 sous la forme du Plan d'Action Prioritaire
Ajusté et Accéléré (PAP2A). L'axe 2 du plan d'action, qui représente 30% du budget total, est axé sur le
"capital humain, la protection sociale et le développement durable" et définit la protection sociale comme
incluant tous les programmes visant à protéger la population contre les risques. L'axe 2 comprend 10
objectifs stratégiques, parmi lesquels l'extension de la couverture de la protection sociale et le renforcement
du registre national. Le budget alloué au ministère en charge de la protection sociale (MDCEST) représentait
4,7% du PAP2A en 2020. Le gouvernement du Sénégal a également adopté une Stratégie nationale de
protection sociale (SNPS 2015-2035) centrée sur cinq objectifs fondamentaux : (i) une protection sociale
intégrée pour tous les enfants ; (ii) des programmes et systèmes pour les personnes en âge de travailler ;
(iii) un revenu minimum et des soins de santé garantis pour toutes les personnes âgées ; (iv) un système de
sécurité sociale intégré pour les personnes vivant avec un handicap ; et (v) renforcer la résilience des
communautés aux chocs et aux catastrophes.

13. Le contexte institutionnel du secteur a évolué (figure 4). En 2012, le gouvernement a créé la Délégation
Générale à La Protection Sociale et à La Solidarité Nationale (DGPSN). La DGPSN était auparavant ancrée au
sein de la présidence et mandatée pour développer le système de protection sociale, notamment le registre
social du Sénégal (Registre National Unique, RNU) et le programme national de Transferts monétaires du
Sénégal (Programme National de Bourses de Sécurité Familiale, PNBSF). Des agences principales telles que
le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) et le Fonds de Solidarité Nationale (FSN) étaient rattachées
à la DGPSN. Après les élections présidentielles de 2019, d’importants changements ont été introduits avec
la création du Ministère du Développement Communautaire, de l'Equité Sociale et Territoriale (MDCEST).

4
Banque mondiale, avril 2020. Dimensions genre de la pandémie de la COVID-19. Note de politique générale
5
Selon l'enquête sur les capacités financières de la Banque mondiale, publiée en 2016, environ 17 % des adultes au Sénégal
ont déclaré posséder un compte dans une institution financière formelle, et en termes de genre, 13,4 % pour les femmes
et 21,9 % pour les hommes

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before 2019 after 2019

Presidency MDCEST
DGPSN
DGPSN CSA
National cash transfer program (PNBSF)
National cash transfer Food security
Social Registry (RNU)
program (PNBSF) assistance
Productive support
Social Registry (RNU)
FSN CSA Productive support FSN
Shock response Food security Shock response
programs assistance programs

Figure 4 - changements dans les dispositions institutionnelles

14. La mission du MDCEST est de concevoir et de mettre en œuvre des politiques d'inclusion et de cohésion
sociales. En conséquence, la DGPSN a été déplacée de la Présidence vers ce ministère de tutelle
nouvellement créé. Le CSA et le FSN ont également été directement rattachés au MDCEST et placés au même
plan que la DGPSN. Des agences d'autres ministères ont également été rattachées au MDCEST, comme la
Direction du développement communautaire (DDC) qui dépendait initialement du ministère de la Famille,
ou la Couverture maladie universelle qui dépendait initialement du ministère de la Santé et de l'Action
sociale. Si le MDCEST joue, aujourd'hui, un rôle de coordination clair pour le secteur de la protection sociale,
il s'agit d'un ministère récemment créé, dont les capacités de mise en œuvre devront encore être renforcées
et au sein duquel la répartition des rôles et des responsabilités est en voie de clarification, comme l’atteste
le nouveau décret modifiant le statut et le mandat du FSN en août 2021.

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15. Le document stratégique du MDCEST, encore à l'état d'ébauche, présente un pilier d'équité sociale visant
à promouvoir la protection sociale et la résilience. Le pilier d'équité sociale se concentre sur trois
programmes principaux : i) un programme d'équité et de résilience productive visant à aider les ménages
défavorisés à renforcer leur résilience en combinant le programme de Transferts monétaires réguliers et un
appui productif ; ii) un programme de solidarité nationale visant à limiter les impacts négatifs des chocs sur
les ménages pauvres et vulnérables, couvrant tous les types de chocs tels que climatiques, économiques et
sanitaires ; et iii) un programme de couverture maladie universelle. Alors que le programme d'équité et de
résilience productive se concentre principalement sur les ménages extrêmement pauvres et les ménages

Encadré 1 : Ébauche de document stratégique du MDCEST (Extraits)

La mise en œuvre opérationnelle des orientations et des objectifs de la stratégie s'appuiera sur trois
piliers, à savoir

1. Gestion du pilotage et coordination administrative


Soutenir la gouvernance institutionnelle du MDCEST
2. Développement communautaire et équité territoriale
Réduire les inégalités par le développement et la modernisation des infrastructures et des
équipements
3. Équité sociale
Promouvoir l'inclusion et la protection sociales par le biais de trois programmes :
3.1 Le programme d'équité et de résilience productive vise à soutenir les ménages
chroniquement pauvres et à renforcer leur résilience, en combinant des programmes de
transferts monétaires réguliers avec des programmes de soutien au développement
d'activités productives. Ces programmes se concentrent principalement sur les ménages
extrêmement pauvres et les ménages pauvres dans tout le pays.
3.2 Le programme de solidarité nationale vise à limiter les impacts négatifs des chocs sur les
ménages pauvres et vulnérables. Il ne se limite pas à un seul type de choc et veille à soutenir
les ménages confrontés à des chocs climatiques, économiques et sanitaires. Il se concentre
principalement sur les ménages extrêmement pauvres et les ménages pauvres, ainsi que sur
les ménages considérés comme risquant de tomber dans la pauvreté , à la suite d'un choc.
3.3 Le programme de couverture maladie universelle

Le pilier de l'équité sociale s'appuie sur un ensemble d'outils transversaux :

1. Le Registre national unique, qui répertorie les ménages vivant dans l'extrême pauvreté au
Sénégal, afin de leur permettre d'accéder aux programmes de protection sociale, de manière
équitable et transparente ;
2. un système de gestion des plaintes et des réclamations, pour assurer une meilleure prestation
de services aux bénéficiaires du programme ;
3. un système et une plateforme de paiement qui peuvent être utilisés par les différents
programmes, pour permettre des paiements rapides et transparents ;
4. des services décentralisés, pour assurer la mise en œuvre des différentes actions sur le terrain,
et un système de coordination intersectorielle pour assurer la complémentarité des différents
programmes.

pauvres, le programme de solidarité nationale est également destiné à couvrir les ménages vulnérables,
définis comme risquant de tomber dans la pauvreté à cause d’un choc. Le pilier d'équité sociale identifie
également les principaux outils nécessaires à une mise en œuvre solide des programmes de protection
sociale : le registre national unique, un système de gestion des plaintes et des réclamations, un système et

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une plateforme de paiement pouvant être utilisés par les différents programmes pour permettre des
paiements rapides et transparents, des services décentralisés pour une mise en œuvre efficace des
différentes actions sur le terrain, et un système de coordination intersectorielle pour assurer la
complémentarité des différents programmes.

16. Le développement du système de protection sociale est soutenu par un financement de la Banque
Mondiale depuis 2013. L'opération de Filets sociaux en cours (P133597) a bénéficié de plusieurs
financements successifs basés sur les ressources de l'IDA et du Fonds fiduciaire multi-donateurs, pour la
protection sociale adaptative du Sahel, pour un montant total de 210 millions de dollars US. Un troisième
financement additionnel de 110 millions de dollars US a été préparé en 2021 (P173344) pour financer une
vaste opération exceptionnelle de Transferts monétaires délivrant 80 000 FCFA (environ 150 dollars US) à
l'ensemble des 550 000 ménages du RNU en réponse à la crise de la COVID-19. La date de clôture de cette
opération en cours est 2024, mais en raison de l'engagement programmatique croissant, il est prévu qu'elle
soit entièrement décaissée à la fin de l'exercice 2023.

17. Depuis 2013, le gouvernement du Sénégal a réalisé d'importants progrès dans l'élaboration d'un système
de protection sociale adaptatif et les bases d'un système de protection sociale performant sont en place,
notamment un registre social national, un mécanisme de gestion des plaintes (MGP) et une capacité de
prestation décentralisée.

- Le RNU a été mis en place par la DGPSN en 2015. En août 2021, il a été institutionnalisé par décret
présidentiel et établi comme l'outil obligatoire pour le ciblage de tous les programmes sociaux dans
le pays. Le RNU couvrait initialement 450 000 ménages pauvres à l'échelle nationale et a été utilisé
pour sélectionner les bénéficiaires du PNBSF. Les données du RNU ont été mises à jour en 2020 et
le registre a été étendu en 2020 et touche désormais près de 550 000 ménages à l'échelle nationale,
soit environ 30 % de la population. En 2020, le gouvernement sénégalais a lancé une opération de
distribution d'aide alimentaire pour aider 1 million de ménages vulnérables touchés par la COVID-
19. Le programme a couvert les 550.000 ménages déjà inclus dans le RNU, tandis que les 450 000
ménages restants ont été sélectionnés sur la base de consultations communautaires, qui ont mis en
évidence la nécessité d'étendre la portée du registre. Suite à la distribution de kits alimentaires mise
en œuvre en 2020 comme première réponse à la COVID-19, le gouvernement a exprimé un besoin
clair d'élargir la portée des programmes d'assistance aux populations présentant de nouvelles
formes de vulnérabilité. Avec l'appui du troisième financement additionnel du Projet Filets sociaux
au Sénégal (P173344), le RNU sera étendu à 1 million de ménages en 2022, couvrant non seulement
l'ensemble de la population pauvre mais incluant également les populations vulnérables. Le taux de
vulnérabilité global est estimé à 55% au Sénégal, ce qui correspond à 1 million de ménages pauvres
ou risquant de tomber dans la pauvreté, selon les calculs de l'équipe Pauvreté de la Banque
Mondiale en partenariat avec l'ANSD. Le taux de vulnérabilité global prend en compte le niveau et
la source de la vulnérabilité en étudiant l'impact relatif aux chocs idiosyncratiques et covariants sur
la vulnérabilité des ménages.

- Un nombre croissant de programmes dans différents secteurs (éducation, culture, électricité),


ainsi que des acteurs humanitaires impliqués dans la réponse aux crises, utilisent le registre pour
le ciblage. Pourtant, il est possible d'étendre l'utilisation du RNU et d'améliorer l'efficacité des
dépenses sociales, car les grands programmes sociaux doivent encore adopter un ciblage progressif
et transparent, notamment en ce qui concerne l'octroi de bourses d'études ou la dispense de
services publics. Le renforcement du RNU nécessitera également d'accroître le niveau
d'interopérabilité entre le registre social et le système d'information sociale, ce qui permettra

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d'interconnecter différentes bases de données, d'échanger des données et de partager des
informations. Le RNU et son utilisation sont soumis à la loi6 sénégalaise sur la protection des
données, sous le contrôle de la Commission de protection des données personnelles (CDP), et toute
croissance et expansion du RNU se fera dans le respect des données personnelles et de la protection
de la vie privée.

- Outre le RNU, la DGPSN a également créé un mécanisme de gestion des plaintes et réclamations
(MGP) qui doit être renforcé pour être pleinement opérationnel. Le MGP a longtemps été en sous-
effectif et dans l’incapacité de traiter efficacement les plaintes et les demandes de mise à jour des
informations personnelles. En 2021, en préparation de l'opération de Transferts monétaires à
grande échelle en réponse à la COVID-19, la DGPSN a créé une équipe chargée de la gestion des
plaintes. Malgré cet effort récent de renforcement du système, le programme connaît encore des
retards importants dans la gestion des plaintes et réclamations et près de 300 réclamations n'étaient
toujours pas traitées à la fin de l’année 2021. Le système comprend également un numéro vert qui
n'est pas encore totalement fonctionnel, en raison du manque de personnel en place pour répondre
aux appels.

- À l'exception des transferts trimestriels du PNBSF, le paiement des Transferts monétaires a été
numérisé. Dans le cadre du PNBSF, les Transferts monétaires trimestriels financés par le
gouvernement sont gérés par La Poste, sur la base de son réseau de bureaux de poste répartis dans
le pays. Les bénéficiaires se rendent au bureau de La Poste le plus proche et récupèrent directement
l'argent au guichet. En revanche, les subventions monétaires qui font partie des programmes
productifs et des programmes de réponse aux chocs sont délivrées par des opérateurs de paiement
mobile. Selon l'enquête harmonisée auprès des ménages et réalisée en 2018 au Sénégal, près de
99% des ménages possédaient au moins un téléphone mobile7, ce qui fait du paiement numérique
le moyen le plus facile et le plus sûr de délivrer des transferts monétaires.

- Enfin, la DGPSN a structuré un réseau d’ONG locales (Opérateurs Sociaux - OS) couvrant
l'ensemble du pays, pour fournir des services directs par le biais d'un total de 6.000 agents
communautaires (relais communautaires) chargés de la sensibilisation directe des bénéficiaires et
de 600 superviseurs. Les OS ont été utilisés par les différents programmes gérés par la DGPSN. Au
fur et à mesure que le MDCEST établit sa propre capacité de prestation, il envisage de remplacer les
OS par les services déconcentrés du MDCEST. Un nouveau système de recrutement direct du
personnel de terrain, de supervision des activités et d'établissement de rapports est en cours
d'expérimentation dans trois régions en 2022, en vue de l'étendre à l'échelle nationale dans les
prochaines années, si cela est jugé pertinent.

18. Le programme national de Transferts monétaires du Sénégal (Programme de Bourses de Sécurité


Familiale, PNBSF), a été initié en 2013 et couvre actuellement 300 000 ménages bénéficiaires à l'échelle
nationale. Il prévoit des transferts de 25 000 FCFA (équivalent de 40,85 Dollar US) par trimestre et par
ménage pendant cinq ans, ainsi que des séances de promotion du changement de comportement en matière
de santé, d'éducation et d'état civil. La facilitation sur le terrain des transferts d'argent et les mesures
d'accompagnement sont assurées par les OS. Les femmes sont prioritaires pour bénéficier du transfert
monétaire au sein du ménage et représentent 63 % des bénéficiaires. Depuis 2019, le gouvernement couvre

6Loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel.
7Lain, Brunelin, et Tandon. 2021. Anticiper les privations importantes et généralisées au Sahel, SASPP Operational & Policy Note Series
No 3, Banque mondiale. Washington, DC.

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les coûts des transferts monétaires avec une ligne dédiée dans le budget national (environ 45 millions de
dollars US par an). Les transferts sont délivrés monétaires par La Poste à travers son vaste réseau de bureaux.
Bien que le programme soit maintenu depuis 2013, il est affaibli par des retards répétés dus à des
arrangements financiers complexes entre le Trésor public et La Poste, et par le fait que la liste de
bénéficiaires n'a jamais été mise à jour ; par conséquent, la première cohorte est dans le programme depuis
plus de huit ans - bien au-delà de la limite des cinq ans.

19. Pour renforcer la résilience des personnes pauvres et vulnérables aux chocs (climatiques ou autres), le
gouvernement a piloté des programmes d'inclusion économique visant à développer les capacités
productives des ménages vulnérables et pauvres, tant dans les zones urbaines que rurales. Pour atteindre
cet objectif, le MDCEST dispose de deux principaux programmes: i) le programme d'inclusion productive
Yokk Koom Koom qui a été piloté dans les zones urbaines et qui fournit un ensemble de services aux
bénéficiaires du PNBSF, pour promouvoir les activités d'auto-emploi en plus d'une subvention monétaires,
et ii) un programme de résilience agricole exclusivement dans les zones rurales qui vise à stimuler le revenu
et la productivité des petits exploitants agricoles en mettant à leur disposition une formation sur les
meilleures pratiques agricoles et une subvention monétaires avant le début de la saison des pluies.

- Le programme productif multidimensionnel "Yokk Koom Kom" a été mis en œuvre dans quatre
régions, pour près de 15 000 ménages urbains. Le bénéficiaire du transfert monétaire, le plus
souvent une femme, reçoit un ensemble de six mesures d'accompagnement stimulant l'inclusion
financière, la formation et l'autonomisation économique, favorisant la diversification des moyens
de subsistance qui est au centre de la résilience climatique. La première phase du programme Yokk
Koom Koom s'est concentrée sur les femmes vivant en milieux urbains. Une nouvelle extension est
prévue pour 2022 et couvrira 45 000 ménages dans les zones urbaines et rurales.

- Le programme de résilience agricole a été mis en œuvre sur plusieurs années en collaboration
avec le ministère de l'Agriculture. Initialement, l'objectif était d'accroître la résilience des petits
agriculteurs pauvres, en utilisant le système des filets sociaux pour améliorer leur accès à la
distribution d'intrants subventionnés fournis par le gouvernement et aux petits équipements
agricoles. Une phase pilote a été réalisée en 2019. Durant cette phase, le RNU a été utilisé pour
cibler la distribution d'intrants agricoles subventionnés et des campagnes de sensibilisation et
d'information ont été déployées ainsi que des formations techniques sur les pratiques agricoles.
L'évaluation a démontré que les bénéficiaires étaient très intéressés par la formation technique et
les autres mesures d'accompagnement et que l'accès aux intrants subventionnés étaient compliqué
car les intrants arrivaient en faible quantité et leur qualité était incertaine. Par ailleurs, l’accès aux
intrants subventions étaient également dépendant des commissions de distribution et obligeaient
les bénéficiaires à couvrir la partie non subventionnée. En 2021, un nouveau modèle a donc été mis
en œuvre au profit de 10 000 ménages répartis dans quatre régions qui ont bénéficié d'un
accompagnement, d'une formation technique agricole dispensée par des agents de vulgarisation du
ministère de l'Agriculture, et d’une subvention forfaitaire, pour soutenir les activités agricoles
pendant la saison de plantation (juin-août). Le nouveau projet soutiendra la mise à l'échelle de ce
nouveau modèle qui ne finance pas l'acquisition d'engrais et d'intrants subventionnés.

20. Le gouvernement a également développé sa capacité à fournir une assistance sociale temporaire en
réponse aux chocs covariants, notamment liés au changement climatique. Pour apporter une réponse
efficace à l'insécurité alimentaire, un programme pilote a été mise en œuvre pendant la période de soudure
de 2017, en s'appuyant sur l'infrastructure existante du programme, notamment le RNU et le réseau des
travailleurs sociaux. Fort de ce succès, le gouvernement a adopté la même méthodologie pour coordonner

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la réponse à l’insécurité alimentaire en 2018. Un autre programme pilote a également été mise en œuvre
avec succès pour répondre aux incendies en 2019. Le même mécanisme (utilisant le RNU pour le ciblage et
les Transferts monétaires) a été déclenché par le Président du Sénégal en septembre 2020 pour fournir une
assistance rapide aux ménages affectés par les inondations. La méthodologie a été adaptée, notamment
avec une évaluation plus rapide des dommages, et 15 000 ménages ont reçu des Transferts monétaires, en
moins d'un mois. En 2021, le Sénégal a, de nouveau, été affecté par les inondations et environ 8 000 ménages
ont reçu des Transferts monétaires par conséquent.

21. En réponse à la crise de la COVID-19, une vaste opération exceptionnelle de Transferts monétaires est
prévue pour début 2022. Avec l'appui d'un financement additionnel d'un montant de 110 millions de dollars
US au projet en cours, le gouvernement prévoit de distribuer 80 000 FCFA (environ 150 dollars US) à
l'ensemble des 550 000 ménages du RNU. Cette opération exceptionnelle sera la plus grande utilisation de
systèmes de protection sociale adaptatifs à ce jour et représente une avancée significative vers la mise en
place d'un système de réponse aux chocs polyvalent et entièrement fonctionnel. Le programme de
Transferts monétaires lié à la COVID-19 est la deuxième réponse à grande échelle mise en œuvre par le
gouvernement du Sénégal. En 2020, une assistance alimentaire a été fournie à plus d'un million de ménages,
dont les 550 000 ménages du RNU et environ 450 000 ménages supplémentaires sélectionnés dans les
communautés.

22. Le potentiel de croissance et d'amélioration de la qualité du système de protection sociale reste


considérable. Les principaux programmes sociaux, tels que la distribution de bourses d'études pour
l'enseignement supérieur ou les exonérations de charges, ne se basent pas sur le RNU et restent mal ciblés8.
L'utilisation des transferts monétaires se développe mais le gouvernement a tout de même décidé de faire
de l’aide en nature dans le cadre de sa première réponse à la crise de la COVID-19 en 2020. Le programme
national de transfert monétaire est entièrement basé sur la distribution d’espèces par le biais des bureaux
de La Poste, alors que la disponibilité d'opérateurs numériques et la vaste utilisation des téléphones
portables permettraient de passer aux paiements numériques et de stimuler l'inclusion financière des
bénéficiaires. De nouvelles sources d'information telles que l'imagerie satellitaire pourraient aussi rendre
les réponses aux chocs plus efficaces et plus précises. Les activités pilotées depuis 2013 doivent être
articulées en un ensemble cohérent de programmes adaptés aux besoins des différents profils de pauvreté
ou de vulnérabilité, avec un accent accru mis sur la résilience aux chocs climatiques.

C. Pertinence par rapport aux objectifs de niveau supérieur

23. Le projet proposé contribuera directement au double objectif du Groupe de la Banque mondiale qui
consiste à réduire les taux d'extrême pauvreté dans le monde et d'œuvrer pour une croissance inclusive
et partagée. En renforçant le système de protection sociale au Sénégal, le projet aidera le gouvernement à
élargir l'accès aux programmes de réduction de la pauvreté pour personnes pauvres vulnérables. Ceci aura
un impact direct sur le bien-être des bénéficiaires et la reproduction intergénérationnelle de la pauvreté.
L'amélioration des capacités de réponse aux chocs augmentera davantage la résilience des personnes
pauvres et vulnérables face à la menace croissante des chocs climatiques. L'extension du RNU au-delà de la
population vivant dans la pauvreté, et l’appui aux programmes d'inclusion productive permettront d'élargir
davantage l'accès aux programmes sociaux et de renforcer la prospérité des 40 % les plus défavorisés.

24. Le projet proposé est étroitement aligné au Cadre de partenariat pays (CPP) du Groupe de la Banque
mondiale pour le Sénégal. Le CPP couvrant la période FY20-FY24 (rapport n° 143333-SN) vise à appuyer les

8
Rougeaux, S. 2017. Revue des dépenses de protection sociale 2010-2015, Rapport d'analyse. Banque mondiale

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progrès vers l'ambition du gouvernement de promouvoir une croissance durable, résiliente et inclusive, telle
que définie dans le Plan Sénégal Émergent (PSE). Il donne la priorité à trois piliers : (i) renforcer le capital
humain pour accroître la productivité et déclencher le dividende démographique ; (ii) encourager la
compétitivité et la création d'emplois grâce à une croissance tirée par le secteur privé ; et (iii) accroître la
résilience et la durabilité dans le contexte de risques croissants. Le projet proposé répond aux principaux
défis auxquels le Sénégal est confronté, en matière de réduction de la pauvreté, de renforcement de la
résilience et de réponse aux crises, contribuant ainsi directement aux premier et troisième piliers du CPP.

25. Le projet proposé est également pleinement aligné avec la stratégie du Groupe de la Banque mondiale
pour assurer une Reprise Verte, Résiliente et Inclusive (GRID). Le système de protection sociale au Sénégal
a démontré sa capacité à soutenir la réponse aux crises et à protéger les vies et les moyens de subsistance.
Avec le soutien du projet proposé, le gouvernement sera en mesure de tirer parti du système de protection
sociale, d'accélérer la restauration du capital humain et de construire l'équité et l'inclusion à long terme,
contribuant ainsi directement au pilier II de la stratégie GRID "Protéger les pauvres et les plus vulnérables".
Bien qu'il aborde les défis émergents de la période post-COVID, le projet proposé reste directement
cohérent avec la stratégie 2012-2022 de la Banque mondiale, en matière de protection sociale et d'emploi
qui met l'accent sur le renforcement des systèmes, l'inclusion, la promotion de la préparation aux crises et
l'amélioration de la productivité.

26. La série de DPO programmatiques en cours pour une croissance équitable et résiliente (P172723) offre
des possibilités de synergie. La série de DPO vise à favoriser une croissance plus équitable et résiliente au
Sénégal et comprend une séquence de réformes dédiées à la protection sociale. Alors que le premier DPO a
soutenu l'institutionnalisation du RNU, la seconde opération soutiendra la création d'un programme de
réponse aux chocs et la formalisation juridique du PNBSF. Le projet soutiendra en effet l'expansion continue
et l'utilisation croissante du RNU dans tous les secteurs après son institutionnalisation, ainsi que
l'opérationnalisation d'un programme de réponse aux chocs nouvellement créé et l'amélioration du
programme national de transfert monétaire.

27. Le projet appuiera la stratégie sectorielle énoncée dans le document clé de planification du MDCEST. Il
renforcera deux des principaux programmes du MDCEST, à savoir le programme Équité et Résilience
Productive et le programme Solidarité Nationale, tout en améliorant les outils de base du système de
protection sociale tels que le RNU, le MGP, les systèmes de paiement et les mécanismes de prestation
décentralisés. L'ensemble des activités proposées contribuera aux objectifs du gouvernement énoncés dans
l'axe 2 du PSE "Capital humain, protection sociale et développement durable" et aux objectifs prioritaires
correspondants du PAP2A.

28. Le projet proposé contribuera au redressement et au renforcement de la résilience des ménages qui ont
pu tomber dans la pauvreté, à cause de la pandémie de COVID-19, conformément au document de
stratégie en réponse à la pandémie de COVID-19 du Groupe de la Banque mondiale de 2020. La
composante 1 améliorera les systèmes de protection sociale, en mettant à jour les données d'un RNU élargi
qui couvrira, non seulement les pauvres, mais aussi les ménages qui ne sont pas pauvres, qui ont été
vulnérables au choc économique de la COVID-19 et qui sont susceptibles de tomber dans la pauvreté. La
Composante 2 permettra aux ménages pauvres et vulnérables d'accéder au programme national de
Transferts monétaires, en incluant des séances de sensibilisation à la santé et à l'éducation qui atténueront
l'impact négatif de la crise de la COVID-19 sur les résultats en matière de capital humain. La composante 2
permettra également d'étendre les programmes d'inclusion productive qui favorisent les activités
économiques des pauvres, contribuant ainsi à une reprise équitable au Sénégal, après la crise de la COVID-
19. La composante 3 aidera les ménages affectés par des chocs à lisser leur consommation, ce qui

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augmentera la résilience des ménages touchés par la crise de la COVID-19 et les empêchera de tomber dans
la pauvreté.

II. DESCRIPTION DU PROJET

A. Objectif de Développement du Projet

Déclaration de l'ODP

29. L'objectif du projet est de renforcer le système de protection sociale au Sénégal.

Aux fins du présent ODP, le renforcement du système inclut la mise en place des principaux outils de prestation
de la protection sociale, l'augmentation de l'efficacité et de la couverture des programmes de renforcement de
la résilience et l'amélioration de la capacité à répondre aux chocs, en mettant l'accent sur les chocs liés au climat.

Indicateurs au niveau de l’ODP

30. Les principaux résultats/indicateurs suggérés sont les suivants :

• Pourcentage de ménages du RNU dont les données socio-économiques sont mises à jour (moins de 4 ans)
• Part des transferts monétaires digitaux (y compris le PNBSF)
• Bénéficiaires de transferts monétaires (incluant le PNBSF) qui reçoivent leurs paiements selon le calendrier
établi.

B. Composantes du projet

31. Le projet renforcera les principaux outils du système de protection sociale (composante 1), soutiendra les
programmes d'équité et de résilience productive pour les personnes en situation de pauvreté chronique
(Composante 2), financera l'appui aux chocs pour les ménages vulnérables, en particulier pour les chocs
induits par le climat (composante 3) et fournira un soutien institutionnel et un renforcement des capacités
pour le secteur de la protection sociale (composante 4). Il renforcera la capacité du système de protection
sociale au Sénégal à répondre aux chocs climatiques et contribuera à renforcer la résilience des ménages
face aux chocs climatiques et aux autres chocs.

Tableau 1 - Bénéficiaires par sous-composante dans le projet en cours et le projet proposé

Activités Nombre de Activités Nombre de


bénéficiaires bénéficiaires
Projet en cours Projet proposé
Composante 1 : Renforcer les principaux systèmes de prestation de la protection sociale
1.1. Mise à jour, extension - Améliorer la qualité du 1,000,000 - Améliorer la qualité des 1,000,000
et amélioration de la RNU ; données
qualité du RNU - Augmenter l'utilisation - Mettre à niveau le SIG pour
et la durabilité du RNU une plus grande sécurité du
- Étendre le RNU pour système
couvrir 1 000 000 de - Mettre à jour des données du
ménages RNU en collaboration avec
l'ANSD

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1.2. Prestation - Coût des OS dans les régions
décentralisée des services où ils sont encore opérationnel
- Coûts des OS dans - Coûts des agents de livraison
chaque région
dans le cadre du MDCEST, dans
3 régions pilotes
1.3 : Système de paiement 1,000,000 - Renforcer le système SIG du 1,000,000
et MGP MGP pour un traitement plus
efficace des plaintes
- Développer un système
- Renforcer le système pour
MGP
mieux gérer les plaintes liées à la
- Mise en place d'un
violence basée sur le genre.
numéro vert
- Soutenir le développement
d'une plateforme pour les
paiements numériques
Composante 2 : Promouvoir l'équité, la résilience et l'inclusion productive
2.1 : Soutien au - Mise en place et 300,000 - Développement et mise en 300,000
programme national de extension du programme œuvre de nouvelles mesures
transferts monétaires d'accompagnement
2.2 : Programme - Conception et test du 60,000 80,000
d'inclusion productive paquet productif dans les
- Sur la base des résultats
zones urbaines
positifs de l'évaluation d’impact,
- Mise à l'échelle du
mettre à l'échelle une version
paquet dans les zones
améliorée du paquet d'inclusion
rurales dans le cadre du
productive.
troisième financement
supplémentaire
2.3 : Programme pour la 10,000 - Améliorer la conception et 50,000
résilience agricole - Développement et
l'extension des programmes, au
pilotage de programmes
de CT pour les petits niveau national, en mettant
exploitants agricoles dans l'accent sur les régions
deux régions. vulnérables aux chocs
climatiques.
Composante 3 : Fournir une assistance en réponse aux chocs.
3.1. Fournir l'aide à la 45,000 - Renforcer les programmes de 51,000
réponse au choc réponse aux chocs, au niveau
- Élaborer et tester des
programmes pilotes de national
réponse aux chocs - Développer des mécanismes
innovants pour une réponse
rapide

32. Le projet fonctionnera conjointement avec l'assistance technique fournie par un programme de services
de conseil et d'analyse (ASA) financé par le Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la protection sociale
adaptative du Sahel (P174074) et articulé autour des principaux éléments des systèmes9 de protection
sociale adaptative. Le projet continuera à renforcer les synergies intersectorielles à travers le portefeuille au
Sénégal par l'utilisation du Registre Social par d'autres projets pour assurer un meilleur impact sur les
personnes les plus pauvres. Il créera également un espace pour diverses collaborations, telles que des
mesures d'accompagnement à l'accès aux intrants pour les agriculteurs, l'accès aux paiements et aux
technologies numériques, un meilleur ciblage des ménages vulnérables aux catastrophes et aux chocs
climatiques, l'accès à la couverture maladie universelle, l'accès à l'école pour les filles défavorisées, l'accès

9
Les principales composantes d'un système de protection sociale adaptatif sont les programmes, les données, les
informations, les finances, les dispositions institutionnelles et les partenariats. Voir Bowen et al (2020) : Adaptive Social
Protection : Building Resilience to Shocks, International Development in Focus, Washington, D.C. : World Bank Group.

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subventionné au réseau électrique pour les ménages vulnérables, etc.

Composante 1 : Renforcement des systèmes de base pour la protection sociale (11.6 millions de dollars US)

33. Cette composante vise à renforcer les outils et systèmes de prestation de la protection sociale adaptative.
La composante 1 cherchera à consolider et à améliorer les éléments de base du système à travers : (i) la
mise à jour, l'extension et l'amélioration de la qualité du registre social (sous-composante 1.1) ; (ii) le
renforcement de la prestation de services (sous-composante 1.2) ; (iii) l'amélioration du système de
paiement et du MGP (sous-composante 1.3).

Sous-composante 1.1 : Mise à jour, extension et amélioration de la qualité du RNU (9.7millions de dollars US)

34. Cette sous-composante soutiendra la mise à jour et le contrôle de la qualité des données du RNU. Le RNU
a été développé avec l'appui du projet en cours financé par la Banque mondiale et aura été étendu à un
million de ménages au moment où l'opération proposée sera effective. L'extension du RNU sera basée sur
des quotas de vulnérabilité calculés au niveau de la commune, en décomposant la variance inexpliquée de
la consommation des ménages en une composante au niveau du ménage (idiosyncratique) et une
composante au niveau de la communauté (covariante). Les estimations finales de la vulnérabilité combinent
la vulnérabilité induite par la pauvreté et la vulnérabilité induite par le risque, garantissant que la couverture
du RNU reflète les besoins d'assistance associés à un taux de pauvreté élevé et à une forte vulnérabilité aux
chocs covariants tels que climatiques.
35. Il est essentiel de maintenir les données du RNU à jour, afin de garantir leur pertinence pour le ciblage des
ménages, dans le cadre des programmes sociaux. Il s'agit toutefois d'un processus difficile et coûteux. Au
Sénégal, la mise à jour du Registre est prévue tous les quatre ans et repose principalement sur une approche
par enquête qui suit deux étapes : (i) l'organisation d'assemblées locales à travers le pays permettant de
mettre à jour la liste des bénéficiaires potentiels sur la base de consultations communautaires ; et (ii) la mise
en œuvre d'une enquête nationale menée par l'Agence Nationale de la statistique et de la Démographie
(ANSD) pour recueillir les informations socio-économiques et démographiques essentielles utilisées par les
programmes sociaux à des fins de ciblage. Cette enquête inclut également des indicateurs sur les types de
chocs auxquels sont confrontés les ménages (y compris les chocs climatiques) et les mécanismes
d'adaptation associés. Cette sous-composante financera un cycle de mise à jour du registre en collaboration
avec l'ANSD. Entre chaque série d'enquêtes prévues tous les quatre ans, les données du RNU peuvent être
partiellement mises à jour en intégrant les données provenant : i) des agents déconcentrés qui sont
idéalement placés pour mettre à jour les principales données telles que les numéros de téléphone et les
caractéristiques des ménages qui sont nécessaires à l'exécution du programme et ii) d'autres programmes
qui utilisent les données du RNU pour sélectionner les bénéficiaires et qui peuvent alimenter la base de
données du RNU, avec des informations mises à jour. La Sous-Composante 2.1 fournira un appui technique
et opérationnel pour améliorer la qualité des données du RNU en étroite coordination avec le MGP soutenu
dans la sous-composante 1.3. Ceci nécessitera un travail technique au niveau central mais aussi des visites
de routine sur le terrain par les agents de prestation décentralisés pour mettre à jour et corriger les données
des ménages. Ces processus seront mis en œuvre par la Direction du RNU au sein de la DGPSN, en partenariat
avec l'ANSD, et avec l’appui de la Commission de protection des données personnelles (CDP) du Sénégal.

36. Le système de gestion des données du RNU sera mis à niveau, afin de permettre une plus grande sécurité et
interopérabilité des données. Cela inclut la mise en œuvre de mesures robustes de cybersécurité

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garantissant la sauvegarde des données, qu'elles soient au repos, en transit ou en cours de traitement10. Le
RNU modernisé sera interopérable avec les systèmes de protection sociale qui en dépendent, lesquels
devront respecter des mesures de sécurité. Tout partage de données se fera de manière contrôlée et
autorisée, dans le respect du régime de protection des données du pays. La modernisation du système
d'information de gestion (SIG) favorisera l'interopérabilité, augmentant ainsi l'efficacité de l'administration
et des systèmes, réduisant les charges pour les bénéficiaires comme pour les administrateurs, et élevant le
niveau général de protection des données, en permettant la mise en œuvre de contrôles solides. Cela
permettra d'accroître la transparence et d'améliorer la responsabilité, ce qui renforcera l'engagement et la
participation des populations couvertes. Les améliorations envisagées permettront également d'accroître la
connaissance des outils numérique de ces populations, puisque les personnes concernées seront informées
de leurs droits, y compris des finalités pour lesquelles les données sont collectées, avant que leur
consentement ne soit obtenu et leurs données personnelles collectées. Un moyen accessible et simple
permettant aux bénéficiaires de mettre à jour et de maintenir l'exactitude de leurs données sera également
créé. Ces efforts seront facilités par une campagne de communication et appuyés par le MGP.

37. Les efforts vont s'amplifier pour élargir l'utilisation du RNU par les opérations et programmes de réponse
aux chocs dans tous les secteurs. Avec une couverture prochaine prévues de 55% de la population identifiée
comme vulnérable, le RNU a un grand potentiel pour servir de base de données principale pour le ciblage
d’un grand nombre de programmes sociaux et d'assistance. Un registre large et mis à jour améliorera
l'efficacité des réponses aux chocs dont les chocs climatiques qui nécessitent une identification rapide des
ménages vulnérables, dans les zones affectées. Par ailleurs, cela permettra de déployer l'aide en cas de chocs
exceptionnels tels que la pandémie de la COVID-19, qui a touché des ménages non pauvres, dont la plupart
sont dans les zones urbaines. Au fil du temps, le gouvernement pourra utiliser ce registre pour atténuer les
effets négatifs des réformes difficiles telles que la suppression de différents types de subventions. Le projet
proposé soutiendra le MDCEST dans ses plans visant à promouvoir la sensibilisation et l'utilisation du registre
dans tous les secteurs par le biais de visites d'étude, d'ateliers, d'engagement des médias, et à rendre la
direction du RNU réactive aux demandes d'assistance technique émanant d'autres parties du
gouvernement.

Sous-composante 1.2 : Prestation décentralisée des services (1.3 millions de dollars US)

38. Le MDCEST prévoit de mettre en place un système décentralisé de prestation de services, dirigé par le
gouvernement. Depuis la mise en place du système de protection sociale, la fourniture des services au
niveau local (information, mobilisation des bénéficiaires, sensibilisation, mesures d'accompagnement) est
assurée par les OS, un ensemble de six ONG locales établies au niveau régional qui ont recruté et géré plus
de 6.000 agents communautaires (relais communautaires) et 600 superviseurs. Les OS ont été engagés par
la DGPSN en utilisant les ressources du projet de filets sociaux appuyé par la Banque et ont été supervisés
par un total de six coordinateurs régionaux engagés par la DGPSN. Conformément à son mandat sectoriel,
le MDCEST vise à tirer parti de ses services déconcentrés pour passer des OS à un système de prestation
intégré coordonné directement par le personnel de ses services déconcentrés. Les services déconcentrés du
ministère assumeraient les rôles de coordination, de supervision et de rapport. Depuis le 1er novembre 2021,
ce nouveau modèle est expérimenté dans trois régions du pays (Matam, Louga et Saint-Louis). Des activités
de suivi et d'évaluation continues du nouveau système de prestation seront menées dans les trois régions
pilotes, en vue d'adapter le mécanisme de prestation au cours du projet, si cela s'avère nécessaire. En
fonction des résultats et des enseignements tirés de cette phase pilote, ce modèle sera potentiellement

10World Bank. 2021. World Development Report 2021: Data for Better Lives. Washington, DC: World Bank.
[Link]

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progressivement étendu à d'autres régions.

39. Cette sous-composante couvrira le financement des OS dans les régions où ils sont encore actifs et,
progressivement, la contractualisation directe et la supervision des agents de mise en œuvre par les
services déconcentrés du MDCEST. Dans la plupart des régions, les OS resteront actifs jusqu'à ce que le
nouveau système soit considéré comme prêt à être étendu et leurs contrats seront financés par cette sous-
composante. Dans les régions qui adoptent le nouveau modèle, les agents de mise en œuvre seront
directement recrutés et rémunérés comme des consultants par le MDCEST, en utilisant les fonds du projet.
Il s’agit : (i) des coordinateurs régionaux actuellement engagés comme consultants par la DGPSN ; et (ii) des
superviseurs actuellement engagés par l'OS. Cette sous composante couvrira également le coût des activités
de suivi et de supervision par ces agents. Les relais communautaires seront mobilisés par chaque programme
en fonction des besoins et leurs indemnités ne sont pas incluses dans cette sous-composante mais plutôt
dans les sous-composantes du programme ci-après : 2.1, 2.2, 2.3 et 3.1. Au fil du temps, ce transfert de
responsabilités vers les agents déconcentrés du gouvernement au niveau infranational devrait améliorer le
leadership du gouvernement dans la coordination des activités, renforcer la capacité des structures
déconcentrées, rapprocher les services de la population et améliorer la responsabilité et la durabilité du
programme.

Sous-composante 1.3 : Système de paiement et Mécanisme de Gestion des Plaintes (0,6 millions de dollars US)

40. Le projet soutiendra la digitalisation des paiements dans le cadre du programme de Transferts monétaires
réguliers PNBSF. Comme indiqué à la section B, les Transferts monétaires ont fait l'objet de retards répétés
depuis 2019 en raison de dispositions financières complexes entre La Poste et le ministère des Finances.
Entre-temps, la DGPSN a acquis de l'expérience dans la prestation de Transferts monétaires et de
subventions productives adaptés aux chocs par l’entremise d'opérateurs de paiement mobile sélectionnés
de manière concurrentielle, qui facturent un montant modeste pour couvrir leurs efforts de sensibilisation
et d'inscription ainsi que les frais de transfert. La digitalisation et les paiements électroniques garantissent
des paiements rapides et à la plus grande traçabilité et offrent une voie vers l'inclusion financière des
bénéficiaires grâce à une utilisation plus large de l'argent mobile.

41. Cette sous-composante appuiera le développement d'une plateforme numérique de paiement et de suivi.
Le projet proposé soutiendra la transition du programme national de transferts monétaires réguliers et des
opérations ponctuelles de transferts monétaires (par exemple, les réponses aux chocs) vers un système de
paiement digital avec un processus de réconciliation automatique des paiements. Les systèmes de paiement
contribuent à l'intégration des systèmes en fournissant une plateforme de suivi pour divers programmes
sociaux et favorisent la participation des bénéficiaires en introduisant des services de paiement au choix.
Les bénéficiaires peuvent choisir leurs fournisseurs, leurs points d'accès financiers et leurs instruments de
paiement, ce qui réduit les risques de perte, la discrimination et la fraude. Une plateforme de paiement a
été développée avec succès en Mauritanie, incluant une application mobile à utiliser par les prestataires de
paiement sur le terrain, pour la géolocalisation et l'authentification des bénéficiaires. Une plateforme
similaire serait utile au Sénégal particulièrement dans les zones de faible couverture réseau et de faible
liquidité des points de paiement, ce qui oblige les prestataires de paiement à déployer des agents sur le
terrain, pour remettre de l'argent en main propre. Le projet financera le développement d'une plateforme
de paiement correspondant au contexte sénégalais et aux priorités du gouvernement, la formation des
spécialistes des différentes agences impliquées dans la gestion ou l'utilisation de la plateforme, ainsi que le
matériel informatique nécessaire à son opérationnalisation.

42. Le projet appuiera la consolidation, le renforcement et la pleine fonctionnalité du MGP. Ce projet en cours,

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avec l’appui de la Banque, a aidé le gouvernement du Sénégal à mettre en place un processus de traitement
des plaintes et des réclamations à l'aide du SIG, de sorte que les acteurs de terrain reçoivent les plaintes et
les enregistrent directement dans le SIG pour ensuite les traiter. Des progrès significatifs ont été réalisés au
niveau technique. Un numéro vert a été mis à disposition pour être accessible aux bénéficiaires et à la
population. Dans le cadre de cette composante, le MGP sera renforcé pour devenir pleinement fonctionnel
et inclure de meilleures capacités de gestion des cas, une meilleure communication avec les bénéficiaires et
une interopérabilité avec les données d'autres systèmes de protection sociale. Il sera également adapté pour
gérer les plaintes liées à la violence basée sur le genre (VBG), l'exploitation et les abus sexuels (EAS), et le
harcèlement sexuel (SH). Les victimes de violence basée sur le genre (VBG), l'exploitation et les abus sexuels
(EAS), et le harcèlement sexuel (SH) seront mis en relation avec les structures adaptées afin de leur fournir
l’assistance nécessaire à la gestion de ces situations, notamment par le biais d'un système de référencement,
si nécessaire. Les fonds du projet seront alloués à l'amélioration du MGP-SIG et couvriront l’élaboration
d'outils de communication, pour assurer la sensibilisation de la population.

Composante 2 : Promouvoir l'équité, la résilience et l'inclusion productive (61,5 millions de dollars US)

43. Cette composante appuiera le programme d'équité et de résilience productive du MDCEST en mettant en
place des programmes d’appui à la consommation et de renforcement de la résilience aux ménages vivant
dans une pauvreté chronique. Elle vise à réduire l'extrême pauvreté, à renforcer la résilience aux chocs et à
s'attaquer à plusieurs contraintes qui entravent l'inclusion économique des plus pauvres et des plus
vulnérables. Plus précisément, les objectifs de cette composante sont de : (i) renforcer l'impact des mesures
d'accompagnement du PNBSF sur le capital humain et l'inclusion productive (sous-composante 2.1) ; (ii)
appuyer l'expansion du programme d'inclusion productive (sous-composante 2.2) ; et (ii) consolider et
mettre à l'échelle le programme de résilience agricole (sous-composante 2.3).

Sous-composante 2.1 : Mesures d'accompagnement sur le capital humain et l'inclusion productive pour les
bénéficiaires du PNBSF (14.9 millions de dollars US)

44. La sous-composante 2.1 vise à accroître l'impact du PNBSF en renforçant le paquet de mesures
d'accompagnement fournies avec les Transferts monétaires trimestriels. Depuis le début du programme,
les mesures d'accompagnement du capital humain financées par le projet en cours soutenu par la Banque
mondiale ont été dispensées aux bénéficiaires des Transferts monétaires sous la forme de sessions
trimestrielles d'une demi-journée animées par des superviseurs. Les thèmes abordés ont été la vaccination
et la nutrition des enfants, l'hygiène et l'assainissement, les soins aux personnes âgées, la scolarisation,
l'éducation et l'enregistrement des naissances. Des supports visuels et des vignettes ont été développés et
compilés dans une banque d'images pour soutenir l'animation des sessions.

45. L'évaluation d'impact du PNBSF, financé par un ASA programmatique appuyé par la Banque (P153183), a
montré des résultats mitigés de ces mesures d'accompagnement en terme de capital humain. L'évaluation
a montré un impact positif du programme sur la scolarisation (inscription et fréquentation), en particulier
dans les ménages dirigés par des femmes. Cependant, l'évaluation n'a pas constaté un impact significatif sur
la vaccination des enfants et l'enregistrement des naissances. Les principaux facteurs peuvent inclure la
faible intensité des activités et la répétition des mêmes messages d’une année à une autre, dans un contexte
où le groupe de bénéficiaires du programme n'est pas renouvelé dans le temps en raison de l'absence de
processus de re-certification. Sur la base de ces résultats, les programmes de formation et le matériel de
sensibilisation des mesures d'accompagnement du capital humain ont été révisés dans le cadre du projet
actuel et sont en cours de test dans deux régions. Les principales innovations comprennent l'inclusion de

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nouveaux sujets, une mise à jour complète des supports visuels et l'identification de "mères leaders"
chargées d'organiser des réunions de mise à niveau non supervisées entre deux sessions animées par le
superviseur, doublant ainsi la fréquence des interactions.

46. La capacité de vulgarisation et de sensibilisation au développement du capital humain peut être utilisée
de manière flexible pour aborder les questions d'actualité. Au plus fort de la première flambée de COVID-
19 en mai 2020, ces sessions ont été utilisées pour distribuer gratuitement des masques et du gel
hydroalcoolique et pour diffuser des messages clés de santé publique autour de la distanciation sociale et
de l'hygiène. En 2022, cette capacité de sensibilisation pourra être utilisée pour stimuler la demande de
vaccination parmi les communautés bénéficiaires dans tout le pays, complétant ainsi les efforts du
gouvernement pour assurer la disponibilité des vaccins et renforcer la prestation sur le terrain. Cette sous-
composante appuiera ces efforts au fur et à mesure qu'ils se concrétiseront en réponse aux priorités du
gouvernement.

47. Cette sous-composante soutiendra également l'élaboration et la mise en œuvre de nouvelles mesures
d'accompagnement destinées à améliorer la résilience par la préparation aux chocs et une meilleure
inclusion financière. En plus des mesures d'accompagnement sur le capital humain, les bénéficiaires du
PNBSF recevront des activités d'information et de sensibilisation sur la préparation aux chocs. Ces activités
pourraient inclure des mesures ex ante qui encouragent des actions ou des comportements préventifs tels
que la préparation de la maison contre les inondations, la réinstallation loin des zones inondables, l'épargne
ou le stockage de céréales avant la période de soudure, l'adoption de technologies agricoles intelligentes
face au climat, l'adhésion à une institution de microcrédit ou à un groupe d'épargne communautaire qui
fournira une mutualisation des risques et un soutien communautaire en cas de choc climatique. Ce soutien
peut également prendre la forme d'une orientation vers des programmes existants tels que la vulgarisation
agricole, l'emploi ou la gestion des risques de catastrophes. Il sera évolutif et adapté au contexte et au profil
de risque de chaque communauté. Ces mesures d'accompagnement peuvent également être adaptées pour
soutenir les ménages qui quittent le programme de transfert d'argent, atténuant ainsi les préoccupations
liées à la re-certification des bénéficiaires. Cette sous-composante financera la production de matériel de
communication, l'organisation de sessions de sensibilisation et d'accompagnement et les indemnités
versées aux relais communautaires mobilisés par cette activité.

Sous-composante 2.2 : Paquet d'inclusion productive - Yokk Koom Koom (28,0 millions de dollars US)

48. Depuis la mise en place du système de filets sociaux, le gouvernement a exprimé son intérêt à soutenir
les bénéficiaires de Transferts monétaires en matière de moyens de subsistance afin d'accroître leur
résilience et leur autonomie économique. Avec le soutien d'un axe de travail régional du programme de
protection sociale adaptative du Sahel, un diagnostic approfondi a été réalisé afin d'identifier les principales
contraintes aux activités productives génératrices de revenus11. Le manque de compétences et de capital
d'investissement semblait critique, y compris les faibles niveaux d'autonomisation des femmes et d'inclusion
financière. Parallèlement, l'équipe de conception a entrepris un inventaire systématique des programmes
visant à alléger chacune de ces principales contraintes. Un grand atelier régional s'est tenu à Dakar en 2016,
pour concevoir un paquet d'activités percutantes et cohérentes qui pourraient être dispensées aux
bénéficiaires de Transferts monétaires et alléger les plus grandes contraintes pour la création et le
développement des micro-entreprises.

11
Bossuroy, Koussoube and Premand, 2020. “Constraints to Productive Employment Faced by Safety Nets Beneficiaries in
the Sahel: Results of a Multi-Country Qualitative Assessment”. World Bank, Washington, DC.

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49. Le programme d'inclusion productive à multiples facettes Yokk Koom Koom12 a été conçu pour alléger les
contraintes multiples auxquels les ménages pauvres sont confrontés, en particulier les femmes et
renforcer la résilience climatique13. La séquence d'activités a été conçue pour renforcer la résilience
climatique et le potentiel productif en encourageant la diversification des sources de revenus et la création
d'activités non agricoles. Elle comprenait une sensibilisation de la communauté aux aspirations et aux
normes sociales, la facilitation de l'épargne et des prêts communautaires, un encadrement, des formations
aux compétences de la vie active, ainsi qu'une subvention forfaitaire monétaire. Ce paquet de mesures visait
à atténuer les obstacles que rencontrent les femmes dans la prise de décision. Il visait à renforcer leur capital
social par le biais d'activités de groupe, en proposant des activités de sensibilisation sur la négociation intra-
ménage et le soutien communautaire, et en leur confiant des transferts d'aide sociale. De 2018 à 2020, 15
000 bénéficiaires du PNBSF ont bénéficié de Yokk Koom Koom dans les zones urbaines de trois régions ; plus
de 80 % étaient des femmes. Les activités ont été menées grâce à une coordination des agents
communautaires (relais communautaires) qui ont facilité les activités d'épargne collectives, des superviseurs
de l'OS qui ont dirigé la sensibilisation et la formation aux compétences de la vie active et des prestataires
de formation spécialisée qui ont fourni la formation en micro-entrepreneuriat. Le paiement des subventions
monétaires à des fins productives a été assuré par des fournisseurs privés de services de paiement mobile.
La mise en œuvre réussie de cette activité a entraîné d'importants gains de consommation et de productivité
pour les bénéficiaires (voir l'analyse économique à la section IV.A.). Le programme a amélioré la capacité
des bénéficiaires à développer des activités non agricoles et à diversifier leurs sources de revenus, renforçant
ainsi leur résilience aux chocs14 climatiques. En 2022, une version adaptée du programme est mise à l'échelle
dans le cadre de ce projet pour 45 000 ménages, dans des zones urbaines et rurales sélectionnées dans les
14 régions. Le projet proposé permettra d'étendre le programme Yokk Koom Koom à 80 000 ménages
supplémentaires dans tout le pays (tableau 2).

50. Le projet proposé appuiera l'amélioration et l'expansion de Yokk Koom Koom sur la base de données de
l’évaluation. Dans le cadre de cette sous-composante, au total, 80 000 ménages, dans toutes les régions du
pays, bénéficieront du programme Yokk Koom Koom sur cinq ans (Tableau 2). La conception du paquet sera
améliorée sur la base des évaluations du processus et de l'evaluation d’impact du programme pilote (voir
les leçons apprises dans la section II.F.). Les deux composantes de la formation, le micro-entrepreneuriat et
la formation aux compétences de la vie active, seront regroupées en un ensemble cohérent de modules de
formation dispensés par des prestataires de formation spécialisés et adaptés aux besoins de la communauté.
Une attention particulière sera accordée à la promotion de la diversification des sources de revenus et des
activités moins vulnérables aux chocs climatiques, afin de réduire la vulnérabilité climatique des
bénéficiaires. La sensibilisation aux aspirations et aux normes sociales sera intégrée à la présentation initiale
du programme aux communautés, où les autorités locales et le grand public sont convoqués. Le projet
financera les coûts opérationnels, y compris les allocations des travailleurs sociaux communautaires, leurs
formations, la production de matériel, le transfert ponctuel d'argent et les coûts de transfert connexes des
opérateurs de paiement privés.

12
Archibald, Bossuroy and Premand, 2021. “Productive Inclusion Measures and Adaptive Social Protection in the Sahel”, The State of
Economic Inclusion Report, World Bank, Washington, DC.
13
Archibald, Bossuroy and Premand, 2021. “Productive Inclusion Measures and Adaptive Social Protection in the Sahel”,
The State of Economic Inclusion Report, World Bank, Washington, DC.
14 The design of the Yokk Koom Koom program is very similar to the Niger productive inclusion program that showed very positive impact
as well. In Niger, the impact evaluation of the program showed an increase in business revenues and profits, driven by an increase in the
share of households with businesses, the number of businesses, labor inputs and capitalization 18 months after the program ended.
Indeed, program beneficiaries had a number of businesses between 23% and 32% higher (depending of the package received) than
households in the control group and their business profits were up to 57% higher.

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51. Le projet contribuera à combler l'écart entre les sexes en assistant les femmes à développer des activités
économiques et à accroître la productivité de leurs entreprises. Les femmes, en particulier dans les zones
rurales, ont un faible taux d’accès au financement, un accès limité aux opportunités de développement des
compétences, et les normes sociales existantes limitent leur capacité à développer leurs activités
économiques. À 55%, leur taux d'inactivité est plus de deux fois supérieure à celui des hommes (voir le
contexte dans la section I.A.). Le programme d'inclusion productive ne se contente pas de fournir une
subvention monétaire, il comprend également des activités de sensibilisation et de mentorat destinées à
éliminer les barrières sociales et à renforcer la confiance en soi, facilitant ainsi l'accès à une activité
productive.

52. Cette sous-composante mettra l'accent sur le développement de la capacité d'exécution des programmes
productifs. Les impacts remarquables obtenus par les programmes d'inclusion productive au Sénégal et dans
d'autres parties du Sahel15 suscitent un vif intérêt de la part des gouvernements et des donateurs. Pourtant,
la mise en œuvre de programmes intégrés d’appuis pour les communautés pauvres et vulnérables à travers
le pays nécessite une forte capacité de sensibilisation et de coordination. Le projet proposé consacrera des
ressources à la formation, à l'équipement et aux partenariats qui rendront possibles de nouvelles extensions
de Yokk Koom Koom à l'avenir.

53. D'autres formes d’appui à la production peuvent être développées en réponse à l'évolution des priorités
du gouvernement en matière d'emploi et d'inclusion. L'emploi des jeunes et l'inclusion économique d'une
population urbaine croissante deviennent des secteurs de préoccupation prioritaires pour le gouvernement.
Cette sous-composante est bien positionnée pour soutenir les efforts visant à améliorer les résultats de
l'emploi des jeunes en fournissant une formation ciblée et un appui en capital aux jeunes marginalisés, en
les mettant en relation avec des services d'emploi ou des programmes d'apprentissage ou en développant
des activités visant à promouvoir l'inclusion sociale. La croissance rapide de la population urbaine, qui ne vit
pas forcément dans l'extrême pauvreté, et par conséquent, ne peut ni être éligible aux programmes
d'assistance ni avoir accès aux systèmes de protection formels, peut également justifier des instruments
politiques spécifiques. L'inclusion productive de ce segment de la population peut prendre la forme de plans
d'épargne volontaire, d'accès à la microfinance ou de composantes de formation spécialisée adaptées à leurs
besoins. Cette sous-composante se prêtera à l'innovation de nouveaux programmes de soutien productif
adaptés aux formes émergentes de pauvreté et de vulnérabilité dans la période post-COVID 19.

Sous-composante 2.3 : Consolidation et mise à l'échelle du programme de résilience agricole (18,6 millions de
dollars US)

54. La DGPSN et le ministère de l'agriculture ont conjugué leurs efforts pour concevoir un programme de
résilience adapté aux besoins des petits exploitants agricoles. La petite agriculture reste l'activité principale
de la plupart des ménages ruraux pauvres. En l'absence de systèmes d'irrigation généralisés et compte tenu
de l'utilisation limitée de pratiques améliorées, les petits exploitants agricoles sont très vulnérables aux
chocs climatiques et de nombreux ménages ruraux pauvres couvrent à peine leurs besoins alimentaires. Le
programme a été piloté en 2019, puis adapté et mis à l'échelle en 2021 avec l'appui du projet en cours
appuyé par la Banque (voir le contexte sectoriel à la section I.B.).

15
Bossuroy T., Goldstein M., Karlan D., Kazianga H., Parienté W., Premand P., Thomas C., Udry C., Vaillant J., Wright R.,
2021. “Pathways out of Extreme Poverty: Tackling Psychosocial and Capital Constraints with a Multi-faceted Social
Protection Program in Niger”, World Bank Policy Research Working Paper No 9562

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55. La sous-composante 2.3 soutiendra l'extension du programme de résilience agricole qui vise à améliorer
la résilience des petits agriculteurs vulnérables. Les activités s'appuient sur le système de prestation de la
protection sociale ainsi que sur les programmes de vulgarisation décentralisés du ministère de l'Agriculture.
Le programme inclut des sessions de sensibilisation et d'information, des formations techniques sur les
pratiques agricoles, un suivi par des superviseurs et des formateurs techniques et des subventions
monétaires pour soutenir les agriculteurs vulnérables dans leurs investissements productifs. Les zones
géographiques sont identifiées en raison de leur vulnérabilité aux chocs climatiques. Un total de 12 500
ménages sera sélectionné chaque année au sein du RNU pour participer au programme. Les bénéficiaires
seront sélectionnés sur la base de deux critères supplémentaires : (i) l'agriculture est la principale source de
revenus du ménage ; et (ii) la taille de la parcelle de terre agricole est supérieure à 1ha. Les sessions de
sensibilisation commencent avant la saison des plantations et sont rapidement suivies de formations
techniques sur les meilleures pratiques agricoles fournies par des agents décentralisés du ministère de
l'agriculture. Des subventions monétaires sont ensuite octroyées par la DGPSN pour aider les agriculteurs à
investir dans la production agricole. Le calendrier relatif à la fourniture du paquet d’appui à la résilience aux
agriculteurs est essentiel pour maximiser l'impact ; il est en effet crucial que les agriculteurs fassent coïncider
la plantation des cultures avec la météo et il y a une courte fenêtre d'opportunité pour s'assurer que les
cultures reçoivent suffisamment de pluie avant le début de la saison sèche.

56. Le projet continuera à étendre ces activités au profit de 50.000 agriculteurs dans les zones affectées par
les chocs climatiques (Table 2). Il financera les coûts opérationnels liés à cette activité, notamment les coûts
de mobilisation des agents de vulgarisation agricole, la formation et la rémunération des travailleurs sociaux
communautaires, les Transferts monétaires et les coûts de transfert connexes. Le programme a été piloté
avec succès dans deux régions (Kaolack et Kaffrine) en 2019 couvrant environ 4 000 agriculteurs et étendu
en 2020 à 10 000 ménages dans quatre régions. Dans le cadre de ce projet, un nombre supplémentaire de
50.000 petits exploitants agricoles bénéficieront de l'ensemble des activités de résilience agricole. Le
programme suivra la même procédure de ciblage que pendant la phase pilote et donnera la priorité aux
ménages agricoles pauvres qui sont inclus dans le RNU.

Composante 3 : Fournir une assistance adaptée aux chocs (18,3 millions de dollars US)

57. Cette composante vise à renforcer la capacité du système de filets sociaux adaptatifs à répondre aux chocs
covariants, notamment les chocs climatiques tels que les sécheresses, les inondations ou les incendies. Il
est essentiel de fournir un soutien rapide aux ménages vulnérables après un choc pour minimiser les impacts
à court et à long terme des chocs sur les capacités de résilience et le capital humain et productif des
ménages.

Sous-composante 3 :1 Fournir une assistance en réponse aux chocs covariants (18,3 millions de dollars US)

58. Cette sous-composante appuiera la fourniture de transferts monétaires aux bénéficiaires du programme
de réponse aux chocs. Au cours des dernières années, avec l’appui du projet de filets sociaux en cours
soutenu par la Banque, le MDCEST a acquis une expérience considérable dans la réponse aux chocs
covariants tels que les inondations, les incendies et l'insécurité alimentaire liée à la sécheresse. En 2017, la
DGPSN a répondu à l'insécurité alimentaire liée à la sécheresse, en fournissant un transfert d'argent à
environ 8 000 ménages dans des zones identifiées sur la base des résultats du Cadre Harmonisé, qui estime
le niveau projeté d'insécurité alimentaire due aux sécheresses par district. Les ménages affectés par la
sécheresse sont traditionnellement soutenus par des transferts en nature pendant la période de soudure et
ce programme pilote a démontré que les transferts monétaires sont bien adaptés pour répondre aux

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sécheresses. En 2018/2019, le FSN avait piloté un programme de transfert monétaires pour soutenir les
ménages impactés par les incendies dans quatre régions. Des ménages affectés par des incendies étaient
assistés par des transferts monétaires pour la première fois. L'éligibilité était basée sur le niveau de pauvreté
et une évaluation des dommages causés par le feu. Enfin, en 2020, le système de protection sociale a été
mis à contribution pour répondre aux inondations, en fournissant une assistance sous forme de transferts
monétaires à 15 000 ménages affectés par les inondations, juste après le choc. Le MDCEST a réussi à fournir
une assistance en temps voulu. Le gouvernement du Sénégal a déclaré l'état d'urgence le 7 septembre 2020
après que les fortes pluies du 5 septembre 2020 aient provoqué d’importantes inondations. Les Transferts
monétaires d'urgence ont commencé au cours du mois de septembre et ont été achevés deux mois plus
tard.

59. La sous-composante 3.1 soutiendra la mise à l'échelle du programme de réponse aux chocs sur la base des
méthodologies et des processus testés ces dernières années. Les ménages pauvres et vulnérables seront
aidés par des transferts monétaires lorsqu'ils seront affectés par des sécheresses, des incendies, des
inondations et d'autres chocs covariants tels que des crises sanitaires ou économiques. L'identification des
zones géographiques et des bénéficiaires ainsi que le déploiement opérationnel des interventions
s'appuieront sur les mécanismes existants et les manuels opérationnels élaborés par le MDCEST au cours
des programmes pilotes. Des partenariats solides avec les autorités locales et les agences sectorielles
impliquées dans les interventions telles que les agences chargées de la gestion de l'eau ou les services
d'incendie seront aussi impliqués. Les outils de ciblage et de prestation du système de protection sociale
seront exploités pour maximiser la rapidité et l'efficacité des interventions. Le programme utilisera les outils
développés par le FSN pour évaluer les pertes subies suite aux dommages causés par les inondations et les
incendies. Dans la mesure du possible, les paiements numériques via des comptes mobiles seront privilégiés
afin de promouvoir l'inclusion financière et de renforcer la sécurité des paiements. Les femmes seront
prioritaires pour recevoir le transfert. Sur la base de l'expérience acquise, environ 70 % des bénéficiaires
devraient être des femmes. Le nombre de bénéficiaires à aider chaque année et leur localisation dépendront
de la gravité des chocs, des zones affectées et des besoins évalués. Dans le cadre de cette sous-composante,
le projet financera les coûts associés aux transferts d'argent, notamment la facilitation (ciblage,
identification, inscription, suivi, rapports) et la rémunération des agents communautaires (relais
communautaires).

60. Des améliorations de la méthodologie de réponse à la sécheresse seront introduites sur la base d'une
évaluation régionale. La plupart des programmes d'intervention par rapport aux chocs qui visent à lutter
contre l'insécurité alimentaire liée à la sécheresse ont lieu pendant la période de soudure (de juin à
septembre), lorsque l'insécurité alimentaire et les prix des denrées alimentaires atteignent un pic. Il y a un
intérêt croissant pour les actions anticipatives basées sur l'idée que plus les ménages affectés par la
sécheresse sont assistés tôt, moins ils auront à se tourner vers des stratégies d'adaptation négatives. Trois
pays (Niger, Mauritanie et Sénégal) ont manifesté leur intérêt pour tester l'efficacité de réponses à
l'insécurité alimentaire mises en œuvre beaucoup plus tôt dans la saison et déclenchées par des données
satellitaires. Une évaluation multi-pays financée par le fonds fiduciaire multi-donateurs est prévue pour
2022 et 2023. En cas de succès, le projet proposé soutiendra l'adoption d'un système d'alerte précoce
amélioré basé sur des images satellites innovantes et des indicateurs de déclenchement quantitatifs
rigoureux, ainsi que le déploiement de réponses précoces liées à des mesures d'accompagnement
préventives, comblant ainsi le fossé entre les mesures de renforcement de la résilience ex ante et l'assistance
réactive ex post.

61. Cette sous-composante pourra couvrir les chocs saisonniers, qui restent une source importante de
besoins. En plus d'être régulièrement confrontés à des chocs covariants non prévisibles tels que les

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inondations et les sécheresses, les ménages sénégalais doivent faire face aux effets de la saisonnalité, qui
entraîne une réduction significative de la consommation alimentaire et non alimentaire au cours de la
saison, exposant les pauvres à une insécurité alimentaire transitoire et à la malnutrition. De nouvelles
données d'enquêtes auprès des ménages collectées au cours de deux vagues distinctes tout au long de 2018
et 2019 ont été utilisées pour évaluer l'impact de la saisonnalité au Sahel. En 2018/2019, la consommation
alimentaire et non alimentaire était respectivement inférieure de 8 et 10 pour cent en période de soudure
par rapport à la période hors soudure. Dans un pays comme le Sénégal, même des différences saisonnières
relativement faibles dans la consommation moyenne peuvent entraîner de fortes variations de la pauvreté
; la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté national en période de soudure était supérieure de
8,1 points de pourcentage en période de soudure par rapport à la période hors soudure. Ces chiffres sont
basés sur des entretiens tenus entre avril et juillet 2019 pendant la période de soudure, qui s'aligne bien
avec la période de soudure pastorale. Cependant, la période de soudure agricole se poursuit habituellement
jusqu'en septembre ou octobre, de sorte que les effets de la période de soudure agricole peuvent ne pas
être saisis entièrement. Cela indique que les ménages pauvres peuvent avoir besoin d'un soutien à la
consommation tôt avant le pic de la période de soudure, alors que la plupart des programmes d’appui
saisonnier mettent à disposition leur soutien de juin à septembre, lorsque l'insécurité alimentaire et les prix
des aliments atteignent leur pic.

Sous-composante 3 :2 Intervention d'urgence contingente (0 millions de dollars US)

62. Le projet comprendra une composante d'intervention d'urgence contingente (CERC)16. Cette sous-
composante sans fonds propres permettra au gouvernement de réaffecter et de mobiliser rapidement des
fonds en cas d'urgence nécessitant une assistance sociale rapide. En l'absence d'une stratégie de
financement de la réponse aux chocs, le gouvernement aurait du mal à mobiliser des fonds pour fournir une
assistance en temps voulu en cas de chocs inattendus ou prolongés, comme cela a été le cas pendant la crise
de la COVID-19. La CERC peut être utilisée pour répondre aux états d'urgence dus à tout choc covariant
important, en réaffectant des fonds d'autres composantes.

Composante 4 : Appui institutionnel, gestion de projet et évaluations (8,6 millions de dollars US)

63. Cette composante se concentrera sur le renforcement de l'environnement institutionnel et de la qualité


du projet. Ses objectifs sont : (i) de renforcer les capacités et de promouvoir la coordination (sous-
composante 4.1) ; (ii) d'assurer les bonnes pratiques de gestion et une évaluation régulière (sous-
composante 4.2).

Sous-composante 4.1 : Appui institutionnel et renforcement des capacités (3,6 millions de dollars US)

64. L'appui institutionnel restera central pour la réalisation durable des objectifs du projet. Les capacités
d'élaboration de politiques et de coordination doivent être renforcées au sein du MDCEST et pour toutes les
parties prenantes opérant dans le secteur, étant donné que les dispositions institutionnelles évoluent. Au
niveau technique, les activités de renforcement des capacités sont déjà intégrées dans chaque composante
opérationnelle et l'assistance technique sera déployée tout au long de la mise en œuvre avec l’appui du
programme ASA pour la protection sociale adaptative (P174074). Le personnel gouvernemental acquerra

16
Les composantes d'intervention d'urgence contingente (CERC) sont un instrument de financement de la Banque mondiale
qui permet de réaffecter rapidement des fonds provenant des opérations d'investissement de la Banque, donnant ainsi aux
gouvernements l'accès au financement de la Banque pour les besoins immédiats de redressement en cas de catastrophe
ou d'urgence sanitaire.

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une expertise et une expérience opérationnelle grâce à son implication directe dans la mise en œuvre des
activités. La capacité d'exécution locale sera renforcée dans le cadre de la sous-composante 1.3.

65. Cette sous-composante appuiera les efforts du gouvernement pour consolider les institutions et les
mécanismes de coordination après les changements institutionnels promulgués en 2019. Le MDCEST créé
en 2019 a besoin d'un renforcement institutionnel pour développer sa capacité à mettre en œuvre ou à
superviser des programmes, notamment au niveau local. Un soutien important a été apporté par le projet
de Filets Sociaux en cours, couvrant le recrutement d'experts et l'acquisition d'équipements et de véhicules
au niveau central et local. Plusieurs agences au sein du MDCEST (la DGPSN, la Direction du Développement
Communautaire, FSN, CSA) ou à l'extérieur (Par exemple, le Secrétariat de la Commission Nationale de
Sécurité Alimentaire, le Ministère des Femmes, de la Famille et du genre, les agences d'alimentation scolaire,
etc.) bénéficieront d'un appui institutionnel car elles entreprennent d'importantes activités de coordination
ou de renforcement des capacités dans le secteur de la protection sociale. Les agences directement chargées
de la mise en œuvre des composantes du projet recevront un montant annuel, pour le renforcement
institutionnel. Ce montant sera déterminé par le Comité de pilotage au cours de la première année de mise
en œuvre, sur la base d'une expression détaillée des besoins de chaque agence, et restera constant, tout au
long du projet, sauf si le Comité de pilotage décide de modifier l'allocation. Il sera soumis au processus de
revue de la Banque Mondiale. D'autres ministères et agences pourront soumettre des demandes spécifiques
d'appui institutionnel au projet et qui seront incluses dans le plan de travail annuel, sur décision du Comité
de pilotage et sans objection de la Banque mondiale.

66. Le projet fournira un appui technique et institutionnel au FSN sur la définition et la mise en œuvre de
programmes de réponse aux chocs. En août 2021, le gouvernement du Sénégal a publié un décret modifiant
le statut du FSN, l'ancrant au MDCEST avec le mandat de concevoir et de mettre en œuvre des programmes
de réponse aux chocs. Le FSN a de l'expérience dans la prestation d'appui aux ménages victimes de chocs,
étant donné que l'agence a soutenu les populations affectées par les incendies et les inondations, depuis
2019, en s'appuyant sur les outils de protection sociale adaptative existants (RNU, mécanisme de paiement,
réseau de travailleurs sociaux). Les réponses aux chocs ont été évaluées et les manuels d'opérations révisés
pour intégrer les leçons apprises et les recommandations. Le projet soutiendra le FSN pour développer sa
vision, son manuel de procédures d'administration et de financement et la révision de ses manuels
d'opérations. Les procédures pour chaque étape de prestation seront établies : l'évaluation des besoins et
le mécanisme de déclenchement basé sur des systèmes d'alerte précoce et des déclencheurs fonctionnels,
la stratégie de sensibilisation, l'inscription des bénéficiaires, la fourniture des prestations, le système de
gestion des informations et le système de gestion des plaintes. Le système d'alerte précoce existant sera
renforcé par des engagements continus comme le test de l'indice de sécheresse de nouvelle génération
(NGDI) en partenariat avec le Se-CNSA et l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO). L'appui du projet sera complété par l'assistance technique couverte par l'ASA programmatique pour
la protection sociale adaptative en finançant les coûts des ateliers et des réunions, des voyages d'étude et
des formations éventuelles, des missions de supervision, des équipements tels que les besoins en
information et en technologie, notamment les logiciels, l'expertise sur les besoins spécifiques identifiés.

67. Cette sous-composante appuiera également les efforts de communication non couverts par les composantes
opérationnelles. Une communication claire et efficace est essentielle pour le succès et la durabilité des
programmes appuyés par cette opération. Alors que la plupart de la communication opérationnelle sera
couverte par les composantes 1, 2 et 3, cette sous-composante peut appuyer les activités de communication
transversales et institutionnelles conduites par le MDCEST.

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Sous-composante 4.2 : Gestion et évaluations du projet (5,0 millions de dollars US)

68. Le projet proposé assurera une mise en œuvre et des évaluations efficaces du programme. Il couvrira la
dotation en personnel, la logistique, le suivi et l'évaluation réguliers, la supervision et le soutien à la mise en
œuvre, la gestion financière, le suivi des passations de marchés et du respect des mesures de sauvegarde,
les réunions de coordination du projet et d'autres activités de gestion du programme et de coordination
régulière. Grâce à l'appui technique couvert par l'ASA programmatique, le projet proposé contribuera à
couvrir les évaluations et les appréciations qualitatives effectuées par le gouvernement pour tirer des
enseignements de l'expérience opérationnelle et ajuster la conception ou les modalités de mise en œuvre
des principaux programmes.

C. Bénéficiaires du projet

69. Dans le cadre de la sous-composante 2.1, 300 000 ménages du PNBSF recevront un soutien. Des mesures
d'accompagnement en capital humain seront fournies à chacun des 300.000 ménages bénéficiaires du
PNBSF. Les femmes sont prioritaires pour assister aux sessions. Tous les membres des ménages devraient
bénéficier des activités. Les bénéficiaires indirects peuvent être estimés à plus de 2.400.000 individus.

70. Dans le cadre de la sous-composante 2.2, le programme d'inclusion productive Yokk Koom Koom va
étendre sa couverture à 80 000 ménages bénéficiaires du PNBSF. Cette extension se fera en deux étapes
avec 40.000 femmes ajoutées tous les 2 ans. Dans la première phase du programme, la mise en œuvre a eu
lieu exclusivement dans les zones urbaines et périurbaines sur la base des critères de pauvreté et de
chômage. La première phase a couvert 12 000 bénéficiaires dans trois régions et 16 communes urbaines. Le
programme sera étendu à l'échelle nationale, tant dans les zones urbaines que rurales, dans toutes les
communes du pays. Les villages ou quartiers comptant au moins 12 bénéficiaires potentiels seront choisis
aléatoirement pour bénéficier du programme. Dans les villages ou quartiers sélectionnés, tous les ménages
qui bénéficient du programme PNBSF pourront y participer. Au sein de chaque ménage, la priorité sera
donnée aux femmes âgées de 18 à 35 ans qui souhaitent développer des activités génératrices de revenus
et des micro-entreprises.

71. Dans le cadre de la sous-composante 2.3, 50 000 ménages inscrits au RNU bénéficieront du programme
de résilience agricole, dans les zones affectées par les chocs climatiques. Dans le cadre de la phase pilote,
le programme a été mis en œuvre dans quatre régions (Kaolack, Kaffrine, Kolda et Sédhiou) qui sont
fortement dépendantes des activités agricoles. Le programme sera étendu à d'autres communes des quatre
premières régions et à de nouvelles régions où l'agriculture est le principal moyen de subsistance. Un total
de 12.500 ménages sera sélectionné chaque année dans la base de données du RNU pour participer au
programme. Les bénéficiaires seront sélectionnés sur la base de deux critères supplémentaires : i)
l'agriculture est la principale source de revenus du ménage et ii) la taille de la parcelle de terre agricole est
supérieure à 1ha. Comme les activités du programme sont conçues pour stimuler la production et le
rendement agricoles, le fait de se concentrer sur les ménages qui cultivent au moins 1 hectare de terre
devrait contribuer à maximiser l'impact global du programme. Ces critères de sélection peuvent évoluer au
fur et à mesure que le programme se développe.

72. Les domaines d'intervention et le nombre de bénéficiaires soutenu chaque année dans le cadre de la
sous-composante 3.1 seront basés sur une évaluation des besoins, avec un accent particulier sur les
zones les plus exposées aux chocs climatiques. La sous-composante 3.1 fournira des transferts
monétaires aux ménages affectés par les chocs climatiques covariants tels que les inondations, les
sécheresses et les incendies. Étant donné que les ménages pauvres sont plus susceptibles d'être affectés

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par des chocs liés au climat, les bénéficiaires des activités de renforcement de la résilience, dans le cadre
de la composante 2, seront éligibles pour l'appui à la réponse aux chocs, dans le cadre de la composante
3, en vue de fournir un paquet complet d'appui capable de combiner l'aide d'urgence avec des activités
de renforcement de la résilience à moyen terme. Le programme peut sélectionner des ménages
bénéficiaires de la composante 2, s'ils ont été affectés par un choc et sont considérés comme ayant besoin
d'aide. Le programme de réponse aux inondations a été activé en 2020 pour la première fois dans les
régions de Dakar et de Saint Louis et en 2021 dans sept régions. Les données sur les zones impactées par
les inondations et le nombre de ménages affectés sont fournies par les autorités locales aux agents
déconcentrés du MDCEST. Une fois l'évaluation initiale des besoins effectuée au niveau de la commune,
une évaluation des pertes est réalisée au niveau des ménages, pour déterminer l'éligibilité et le niveau
d'assistance à fournir. Le programme de réponse aux chocs explorera également l'utilisation d'un
déclencheur satellitaire, pour fournir une assistance précoce aux ménages touchés par la sécheresse. Le
nombre de bénéficiaires à couvrir dans le cadre de la sous-composante 3.1 (tableaux 1 et 2) a été estimé
sur la base des besoins d'assistance en réponse aux chocs des covariants climatiques, au cours des
dernières années et de la couverture du programme de réponse aux chocs financé dans le cadre du projet
actuel.

D. Chaîne de résultats

73. Le projet proposé vise à accroître l'accès aux programmes de protection sociale adaptative par les
communautés à travers le Sénégal, notamment celles affectées par les chocs (Figure 5). Le projet
soutiendra l'objectif du gouvernement d'accroître l'accès des ménages pauvres et vulnérables aux
programmes de protection sociale adaptative, ce qui améliorera les résultats socio-économiques pour les
bénéficiaires et soutiendra la réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité à long terme. Ce faisant, et grâce
à un appui institutionnel spécifique, elle aidera le gouvernement à renforcer sa capacité opérationnelle pour
une plus grande durabilité des systèmes et des impacts.

74. Les quatre composantes se complètent et se renforcent mutuellement. La composante 1 se concentre sur
la mise en place des systèmes et des outils nécessaires pour atteindre les pauvres et les personnes
vulnérables avec une variété de programmes et de services. Cela comprend un RNU renforcé et une
prestation de services décentralisée, un système de paiement innovant et un MGP amélioré. Les outils de
base seront utilisés directement par les programmes appuyés par les autres composantes du projet, ainsi
que par tout programme social ciblant les pauvres et/ou offrant des transferts d'argent dans le pays. La
composante 2 se concentre sur les efforts du gouvernement pour protéger et promouvoir les personnes
vivant dans une pauvreté chronique par le biais d'activités de soutien à la consommation et d'inclusion
productive qui renforcent l'autonomie économique et la résilience des ménages. Grâce à la composante 3,
le projet soutiendra les efforts du gouvernement pour établir une approche unifiée de réponse aux chocs,
couvrant ainsi non seulement les personnes pauvres mais aussi plus largement les ménages vulnérables
contre le risque de tomber plus profondément dans la pauvreté. La composante 4 comprend le soutien
institutionnel, de gestion et d'évaluation pour assurer la qualité du projet et renforcer le secteur de la
protection sociale.

Page 27 de 40
Figure 5 - Théorie du changement
Résultats à Résultats à
Défis Activités Sorties AOP
court terme long terme

C1 : Renforcer les principaux systèmes de prestation de la protection


sociale
Suivi et Un grand registre
coordination Soutenir les actualisé
des extensions et couvrant tous les
programmes les mises à pauvres et les
sociaux, jour du RNU, vulnérables,
régularité et améliorer soutenu par un
l'interopérabili Les pauvres et les
traçabilité des solide MGP.
té, consolider personnes
paiements
le GRM et le vulnérables ont un
système de meilleur accès aux
Coordination et
Adoption paiement suivi en temps programmes
d'outils de PS numérisé. réel des sociaux qui

Amélioration des résultats socio-économiques, réduction de la


dans tous les répondent à leurs
paiements
secteurs numérisés besoins.

Leadership du Soutien à la
gouvernement prestation de Des modalités de
et efficacité services mise en œuvre
dans la mise décentralisés durables et
en œuvre polyvalentes

Renforcement du système de
C2 : Promouvoir l'équité, la résilience et l'inclusion productive

pauvreté et de la vulnérabilité
Améliorer l'impact
Consommatio des mesures Programme de

protection sociale
n de base et d'accompagnement transfert d'argent
Les pauvres
capital du PNBSF sur le liquide efficace et
chroniques ont une
humain chez capital humain mesures
consommation de
les pauvres d'accompagneme
base et un capital
nt
humain supérieurs.
Résilience Renforcement de Un potentiel
aux chocs l'aide à la Accès à un productif plus élevé
grâce à la production (YKK et soutien productif renforce leur
capacité de programme de efficace et adapté résilience.
générer des résilience agricole) aux besoins
revenus
C3 : Fournir une assistance en cas de choc

Soutenir la Un programme
Besoin d'une
création d'intervention en cas de
assistance Les ménages
rapide en cas /mettre en choc est fonctionnel et
œuvre un vulnérables sont
de choc fournit une assistance
programme rapide. protégés de l'impact
de réponse des chocs et se
aux chocs. rétablissent plus
Financement
Les fonds sont rapidement.
des réponses
aux chocs CERC accessibles rapidement

C4 : Appui institutionnel, gestion de projet et évaluations

Soutien Amélioration des


institutionnel capacités des
Capacité et Les programmes
principaux
technique de renforcement sociaux sont bien
acteurs
gestion et de des mis en œuvre et
coordination Une mise en coordonnés
Gestion et
évaluation de œuvre de qualité
projets

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E. Justification de la participation de la Banque et rôle des partenaires

75. La Banque mondiale possède une expérience unique en matière d’appui aux programmes de protection
sociale au Sénégal et dans toute la région, et peut tirer parti de plusieurs instruments clés, en vue de cet
objectif. La Banque mondiale soutient le développement de filets sociaux au Sénégal, depuis 2013 par le
biais de plusieurs cycles de financement d'une opération de filets sociaux (P133597) impliquant à la fois des
ressources de l'IDA et des fonds fiduciaires pour un montant total de 210 millions de dollars US. Elle a
accumulé une expertise importante sur les sujets clés que sont la construction de systèmes pour la
prestation de services à grande échelle, la promotion du capital humain et du potentiel productif, la réponse
aux chocs et l'adaptation au changement climatique. La Banque mondiale a mis en place une Communauté
de pratique, qui organise des échanges réguliers et directs entre les équipes nationales qui mettent en
œuvre des filets sociaux et leurs systèmes en Afrique. Ce mécanisme d'échange avec les pays voisins est un
outil important pour l'apprentissage de l'équipe gouvernementale, et pour le partage de sa propre
expérience. La Banque mondiale exécute un fonds fiduciaire multi-donateurs dans six pays du Sahel, qui
alloue des ressources substantielles au travail analytique et à l'assistance technique en complément des
ressources de l'IDA.

76. Plusieurs partenaires clés sont actifs dans le secteur de la protection sociale au Sénégal et travaillent en
étroite coordination avec la Banque mondiale. Le Fonds Monétaire International (FMI) promeut activement
les réformes soutenues par le projet proposé, notamment l'utilisation plus large du RNU pour une plus
grande efficacité des dépenses sociales et la numérisation des paiements de Transferts monétaires. L'Union
européenne a inclus plusieurs conditions importantes liées à la protection sociale dans son opération d'appui
budgétaire en cours, notamment la clarification des rôles institutionnels dans le secteur et la mise en place
de Transferts monétaires basés sur le RNU en réponse à la crise de la COVID. Le Fonds des Nations unies
pour l'enfance (UNICEF) finance des évaluations et fournit une assistance technique à la DGPSN depuis une
décennie. Les agences bilatérales, dont l'Agence française de développement, le Ministère britannique des
affaires étrangères, du Commonwealth et du développement, la KFW allemande ou l'Agence danoise de
développement international, sont toutes des membres du Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la
protection sociale adaptative au Sahel, qui a joué un rôle majeur en assistant le gouvernement à lancer ses
programmes de protection sociale et reste actif en soutenant le travail analytique et l'assistance technique
de la Banque mondiale.

F. Enseignements tirés et pris en compte dans la conception du projet

77. Ce projet s'appuie sur les enseignements tirés de la mise en œuvre de l'opération de filets sociaux en cours
(P133597). La conception du projet a été mise à jour pour incorporer le large éventail d'enseignements tirés
des tests systématiques, de la mise en œuvre, des évaluations de systèmes, de processus et d'impact menées
au cours du projet en cours avec le soutien de deux ASAs programmatiques successifs pour la protection
sociale adaptative (P 174074et P153183).

78. Registre social. Depuis la création du RNU en 2013, la population sénégalaise a été impactée par plusieurs
chocs (inondations répétées, sécheresses, COVID-19) qui ont mis en évidence l'importance de disposer
d'informations actualisées sur le statut social des ménages pauvres et vulnérables. Le RNU a permis au
gouvernement du Sénégal de soutenir rapidement les ménages affectés par la COVID-19 par le biais de
distributions alimentaires. La mise en œuvre de ce programme a montré l'importance d'étendre la
couverture du registre social au-delà des ultra-pauvres et de disposer de protocoles clairs pour la mise à jour
des données. Il a été convenu que les données socio-économiques des ménages enregistrés dans le RNU

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devaient être mises à jour tous les quatre ans, ce qui nécessite de mener des enquêtes en collaboration avec
l’ANSD.

79. Système de paiement numérisé : Dans une étude récente17 menée conjointement par la BM et l'OPM, la
numérisation des paiements des filets sociaux a été identifiée comme un élément central pour améliorer
l'efficacité du système de protection sociale adaptatif. L'analyse approfondie de 2021 des systèmes de
paiement utilisés par les filets sociaux à travers le Sahel18 a mis en évidence la préparation des bénéficiaires
et l'écosystème numérique comme des considérations clés pour la transition vers un système de paiement
numérique. Selon le rapport, le Sénégal dispose d'un régulateur de services financiers favorable et réactif et
de la plus forte densité de points d'accès financiers des pays sahéliens. Selon les données du Global Findex,
environ, 73 % de la population disposaient d'une pièce d'identité et 71 % des individus avaient un téléphone
portable en 2017 (et 99 % des ménages selon les mesures effectuées en 2018). Le rapport a identifié trois
priorités clés qui contribueront à donner une forme au soutien apporté par la composante 1 : i) améliorer la
sécurité de la production et de la transmission des paiements en améliorant le système d'information de
gestion afin d'élever le niveau d'interopérabilité, ii) réviser les dispositions contractuelles pour les
opérateurs de paiement afin de soutenir, à la fois, les paiements des régimes à long terme et les paiements
temporaires en fonction des chocs, iii) traiter les paiements numériques sur un compte bancaire ou de
mobile money afin de promouvoir l'inclusion financière.

80. Mesures d'accompagnement du programme PNBSF : L'évaluation d'impact du PNBSF, financé par un ASA
programmatique appuyé par la Banque (P153183), a montré des résultats mitigés de ces mesures
d'accompagnement sur les résultats en matière de capital humain. Bien que le programme ait fourni des
mesures d'accompagnement du capital humain axées sur l'enregistrement des naissances, la vaccination et
la scolarisation, l'évaluation n'a ressorti aucun impact significatif sur la vaccination et l'enregistrement des
naissances. Les raisons de ces résultats mitigés peuvent inclure la faible intensité des activités et la répétition
des mêmes messages d’une année à une autre aux mêmes bénéficiaires. Sur la base de l'évaluation, il a été
décidé d'améliorer à la fois le contenu des messages et le processus de diffusion en ajoutant de nouvelles
sessions de sensibilisation organisées par des "mères leaders" vivant dans la communauté. Sur la base des
leçons apprises, lors des évaluations, des projets pilotes liés à la réponse aux chocs causés par les
inondations et les incendies, le projet soutiendra également le développement et la mise en œuvre de
mesures d'accompagnement conçues pour améliorer la résilience par la préparation aux chocs. Les
évaluations ont mis en évidence la volonté des communautés qui sont régulièrement affectées par des chocs
covariants de recevoir des informations et des séances de sensibilisation pour améliorer la préparation avant
que le choc ne se produise. Enfin, l'évaluation du PNBSF menée par la FAO a montré que le programme a
aidé les bénéficiaires à rembourser leurs dettes et à obtenir des prêts, mais que l'impact du programme
pourrait être accru en augmentant l'inclusion financière des ménages pauvres. La sous-composante 2.1
contribuera à la sensibilisation financière et à l'amélioration de la capacité financière des ménages les plus
pauvres en concevant et en mettant en œuvre des mesures d'accompagnement et en fournissant des
informations sur les institutions de microcrédit ou les groupes d'épargne communautaires.

81. Programme d'inclusion productive Yokk Koom Koom : Sur la base des résultats de l'évaluation du
processus19 et de l'évaluation de l'impact du programme d'inclusion productive, le gouvernement du Sénégal

17 Kreidler C., Ndome M. 2021. Fonds fiduciaire pour la protection sociale adaptative du Sahel : Lier l'aide humanitaire et les systèmes
nationaux de protection sociale. Étude de cas du Sénégal. Banque Mondiale
18 Pulver C.2021. Systèmes de livraison des paiements de filets sociaux à travers le Sahel. Programme adaptatif de protection sociale au

Sahel (SASPP). Banque Mondiale


19 Le Teuff, L. 2020. Evaluation des processus de mise en œuvre du projet Yokk Koom Koom. Programme de protection sociale adaptative

du Sahel. Banque Mondiale.

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a décidé de rationaliser l'ensemble des mesures d'accompagnement proposées aux bénéficiaires et de
renforcer le système de suivi et d'évaluation. Les évaluations du programme ont montré que la formation
aux compétences de la vie active et les sessions de sensibilisation avaient peu d'impact sur les bénéficiaires
et que la participation était faible. Au cours de la première phase, le programme a ciblé des bénéficiaires
urbains ayant en moyenne six ans d'éducation, ce qui est considérablement plus élevé que dans d'autres
pays du Sahel comme le Niger où la composante psychosociale du programme s'est avérée très efficace.
Dans le cadre du nouveau projet, un ensemble plus léger et mieux ciblé de mesures d'accompagnement sera
fourni aux bénéficiaires. Les programmes et le matériel de formation sont en cours de révision dans le cadre
du financement supplémentaire de ce projet. L'évaluation du processus a également montré des faiblesses
dans le système de Suivi & Evaluation (S&E). Le système de S&E est en cours de révision afin de mieux évaluer
la qualité des mécanismes de prestation et des formations elles-mêmes. Plusieurs indicateurs évaluant la
qualité de la chaîne de prestation ont été inclus dans le système qui sera encore renforcé dans le cadre du
projet.

82. Programme de réponse aux chocs : La sous-composante 3.1 intégrera les recommandations tirées de
l'évaluation du programme de réponse aux chocs menée dans le cadre du projet en cours. Au cours des
dernières années, ce projet a financé une intervention d'urgence en réponse aux inondations, aux incendies
et à l'insécurité alimentaire liée à la sécheresse. Chaque programme d'intervention a été documenté au
moyen d’une évaluation de processus qui a ensuite été utilisée pour améliorer et adapter les manuels
opérationnels. Dans le cas du programme d’appui aux ménages affectés par les incendies, l'évaluation a20
montré que les modalités du programme étaient légèrement trop complexes et mal comprises par les
bénéficiaires. Le montant du transfert d'argent reçu par les bénéficiaires est toujours basé sur une évaluation
des pertes, mais les modalités ont été simplifiées pour faciliter la communication et accroître l'acceptation
du programme. La communication a également été identifiée comme un domaine d'amélioration pour le
programme de réponse aux inondations21 et l'exécution du programme sera renforcé en conséquence.

III. LES MODALITÉS DE MISE EN ŒUVRE

A. Dispositions institutionnelles et de mise en œuvre

83. Le Ministère du développement communautaire et de l'équité sociale et territoriale (MDCEST) sera


responsable de la coordination et de la supervision de la mise en œuvre du projet. Au sein du MDCEST, et
sous réserve de futures évolutions institutionnelles, la DGPSN sera responsable de la mise en œuvre
technique des composantes 1 et 2, le FSN sera responsable de la mise en œuvre technique de la composante
3 et le Secrétariat général sera responsable de la mise en œuvre technique de la composante 4.

84. Le projet sera coordonné par une Unité de Coordination Technique et Fiduciaire (UCTF) au sein du
MDCEST. Le personnel de l’UCTF inclura un coordinateur, un spécialiste en passation de marchés et un
assistant du spécialiste en passation de marchés, un spécialiste en gestion financière, un comptable et un
assistant du comptable, un spécialiste technique, un spécialiste en suivi et évaluation, un assistant
administratif et un auditeur interne. Afin de maximiser l'efficacité de la gestion du projet et d'assurer une

20 Huchon, X. 2019. Évaluation du projet pilote de filets sociaux réactifs aux chocs en réponse aux incendies Sénégal. Programme de
protection sociale adaptative du Sahel. Banque mondiale.
21 Le Teuff, L. 2021. Évaluation de la réponse aux inondations 2020 par la protection sociale adaptative. Programme de protection sociale

adaptative du Sahel. Banque Mondiale.

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transition homogène entre le projet précédent (P133597) et le projet proposé, l’UCTF sera composée du
coordonnateur et des experts de l'unité de coordination du projet précédent, mais renforcée par l'embauche
d'un assistant comptable et d'un assistant du spécialiste de passation des marchés affectés au projet. La
supervision par le MDCEST facilitera la coordination entre les différentes agences en charge de la mise en
œuvre des composantes du projet (DGPSN, FSN, DDC) et renforcera les capacités et les synergies au sein du
MDCEST.

85. L’UCTF qui sera créée au sein du MDCEST aura la responsabilité fiduciaire et veillera au respect des
obligations environnementales et sociales, du suivi et des rapports. Un plan de passation de marchés
consolidés sera établi et intégrera les activités mises en œuvre par les différentes agences. Les unités de
passation de marchés du MDCEST, de la DGPSN et de la FSN superviseront les processus de passation de
marchés respectifs, avec le soutien de l'unité de passation de marchés de l’UCTF si nécessaire. Un compte
unique désigné sera ouvert pour couvrir toutes les dépenses du projet. L’UCTF sera responsable de la
soumission des demandes de financement et de la préparation des états financiers et des rapports basés sur
la documentation financière et contractuelle préparée par chaque agence.

86. Un comité de pilotage sera mis en place. Il sera chargé de guider la mise en œuvre du projet, d'assurer une
collaboration multisectorielle et d'approuver le plan de travail et les budgets annuels du projet. Le comité
se réunira deux fois par an pour approuver le plan de travail et le budget du projet et pour examiner
l'avancement de l'exécution de ces documents. Le comité de pilotage sera présidé par le ministre. Il est
prévu qu'il inclut des représentants des différentes institutions impliquées dans la supervision ou la mise en
œuvre de la politique sociale dans le pays, mais qu'il reste suffisamment restreint pour assurer une
coordination efficace.

87. Cette configuration a été déterminée comme étant la meilleure option institutionnelle disponible pour
atteindre l'objectif de renforcement du secteur de la protection sociale au Sénégal. Les changements
institutionnels décrits dans la section Contexte identifient clairement le MDCEST comme la principale
institution de coordination du secteur, avec une supervision directe des agences opérationnelles clés.
Comme plusieurs agences au sein du MDCEST seront impliquées dans la mise en œuvre des activités et
compte tenu de la capacité de coordination ou de l'expérience dans la mise en œuvre de programmes encore
limitées au niveau du MDCEST, la création d'une UCTF est jugée préférable pour atteindre les objectifs et
renforcer les capacités au fil du temps. La transition vers des structures gouvernementales peut être
envisagée lors de l'examen à mi-parcours.

88. Au niveau local, la mise en œuvre du programme reposera sur le réseau d'agents communautaires (relais
communautaires) et de superviseurs. Le système de protection sociale s'est appuyé sur environ 6 000 relais
à l'échelle nationale, un par village ou quartier urbain, pour la capacité de sensibilisation et de mise en œuvre
au niveau décentralisé. Ils effectuent les processus d'identification et d'inscription, informent et mobilisent
les bénéficiaires pour les activités clés du programme, organisent des sessions de groupe selon les besoins
pour les composantes du programme. Les superviseurs supervisent environ 10 relais et exercent des
activités qui exigent un niveau d'éducation et de connectivité plus élevé, comme la gestion des cas, la mise
à jour des informations dans le RNU, la prestation de formations. Historiquement, les relais et les
superviseurs ont été contractés et gérés par des ONG locales (les Opérateurs Sociaux) sous contrat avec le
gouvernement. En 2021, un nouveau système de gestion a été mis à l’essai dans trois régions, où les
travailleurs de terrain sont directement engagés et gérés par des structures gouvernementales
décentralisées sans la participation des ONG locales. Si jugé satisfaisant, ce système sera étendu au niveau
national au cours du projet avec l’appui de la sous-composante 1.2.

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89. Ces modalités de mise en œuvre seront consolidées grâce au renforcement des capacités et à l'assistance
technique. Le dispositif institutionnel évolue, tant au niveau de la coordination que de la mise en œuvre.
Les composantes opérationnelles comprennent un financement important pour le renforcement des
capacités qui améliorera l'expertise technique du personnel gouvernemental impliqué dans l'exécution des
activités et la composante 4 allouera des fonds au renforcement des équipements et des dispositions de
coordination nécessaires pour un impact durable du projet.

B. Dispositifs de suivi et d'évaluation des résultats

90. Le système de S&E sera basé sur les procédures établies lors de la mise en œuvre du projet de filets sociaux
au Sénégal (P133597). Chaque agence responsable d'une mise en œuvre technique sera aussi chargée de
collecter des données, par le biais de leurs unités de S&E respectives. Le spécialiste de S&E de l’UCTF sera
responsable de la coordination de ces activités, y compris le suivi des indicateurs dans le cadre des résultats.
Les superviseurs de terrain sont équipés de tablettes pour collecter les données clés sur la mise en œuvre
du programme telles que le nombre de bénéficiaires participant aux sessions de sensibilisation ou le nombre
de bénéficiaires des activités de réponse aux chocs. Les coordinateurs régionaux du PNBSF jouent également
un rôle clé dans le système de S&E en collectant des données sur les indicateurs clés reflétant la qualité de
la mise en œuvre du PNBSF. Les ONG locales qui mettent en œuvre diverses activités du programme sont
invitées à fournir un résumé d'activité tous les deux mois ainsi qu'un rapport annuel complet sur le cadre
des résultats de mise en œuvre du programme. Le projet fera de plus en plus appel aux améliorations
apportées aux processus d’élaboration de rapport des différentes composantes dans le cadre du projet en
cours. Des contrôles ponctuels externes et des évaluations de processus seront effectués régulièrement afin
de garantir que les informations sur la qualité de la mise en œuvre puissent être utilisées pour apporter des
corrections. Un examen à mi-parcours du projet et un atelier d'examen final seront organisés pour faire le
point sur les différentes évaluations et les enseignements tirés de la mise en œuvre.

91. Le projet investira dans la collecte de données et soutiendra l'évaluation d'impact pour générer des
preuves sur les approches innovantes, les arbitrages pertinents sur le plan opérationnel et les questions
de politique stratégique. Dans le cadre du projet actuel, des études d'évaluation d'impact ont été menées
pour (a) mesurer l'efficacité du programme PNBSF et (b) tester la rentabilité de mesures alternatives
d'accompagnement productif en milieu urbain (voir la section Analyse économique pour un résumé des
résultats). Des évaluations de processus ont été menées peu après la mise en œuvre de chacun des
programmes pilotes de réponse aux chocs (programmes pilotes en réponse aux inondations, aux incendies
et à l'insécurité alimentaire). Une enquête sera menée pour mesurer les impacts des mesures
d'accompagnement productif déployées dans les zones rurales sur la base d'un modèle d'évaluation
d'impact randomisé. Dans le cadre de la sous-composante 2.3, une étude cherchera à mesurer les impacts
du programme de résilience agricole sur la résilience et la durabilité.

C. Durabilité

92. L'engagement et l'appropriation du projet par le gouvernement sont évidents au vu du haut niveau
d'implication et du leadership fort pendant la préparation du projet. Cela reflète l'alignement sur les
objectifs stratégiques de développement de haut niveau ; le projet est bien aligné sur le Plan Sénégal
Émergent et son plan d'action détaillé qui identifie la protection sociale comme l'un des secteurs prioritaires.

93. Viabilité financière. Le fait que le gouvernement finance directement les Transferts monétaires trimestriels

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versés à 300 000 ménages pauvres dans le cadre du programme PNBSF est un indicateur clé de son
engagement. Le gouvernement a progressivement augmenté sa contribution financière au programme
PNBSF, au cours des cinq dernières années. Reconnaissant l'importance et l'impact du programme, les
transferts monétaires du PNBSF sont maintenant entièrement financés par le gouvernement du Sénégal.

94. Durabilité institutionnelle. Le projet alloue des ressources importantes pour renforcer les capacités et les
mécanismes de mise en œuvre du programme de filets sociaux, ce qui assurera une plus grande durabilité.
Le MDCEST prévoit de mettre en place un système de prestation intégré et dirigé par le gouvernement pour
les services de première ligne. Le fait que le MDCEST soit directement chargé de la mise en œuvre au niveau
infranational au lieu de s'appuyer sur les ONG permettra de renforcer les capacités au sein du MDCEST et
d'assurer la durabilité institutionnelle. Le transfert des responsabilités aux agents déconcentrés du MDCEST
améliorera le leadership du gouvernement dans la coordination des activités, renforcera la capacité des
structures décentralisées et améliorera la durabilité.

95. Durabilité de l'impact. Grâce aux programmes de soutien à la résilience présentés dans la composante 2, le
projet investit dans des activités visant à soutenir les moyens de subsistance et le développement humain
afin d'obtenir un impact transformationnel sur le bien-être et la résilience au-delà de la durée du projet.
Durabilité de l'impact : Les évaluations d'impact récentes menées au Sénégal et au Niger sur les programmes
d'inclusion productive ont montré un impact positif et significatif sur le bien-être des ménages. Ils ont
contribué à accroître les investissements et à diversifier les activités génératrices de revenus non agricoles -
essentielles à la résilience des ménages face aux chocs climatiques - ce qui a entraîné une augmentation
significative des revenus et des bénéfices.

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