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Sprechen Computer Deutsch ? L'Informatique Et L'Enseignement de L'Allemand

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179

SPRECHEN COMPUTER DEUTSCH ?


L'INFORMATIQUE ET L'ENSEIGNEMENT
DE L'ALLEMAND

Ulrich HERMANN

Pendant longtemps le désarroi des professeurs d'allemand


intéressés par le travail avec les ordinateurs était grand. La valise I.P.T.,
fournie avec les nanoréseaux en 1985, ne contenait pas un seul logiciel
d'allemand. Les quelques rares produits proposés ensuite par les éditeurs
ou le CNDP, ne s'élevaient que rarement au-dessus du degré zéro de
l'E.A.O. La 'bidouille', le bricolage, un formidable investissement en
énergie et temps personnels étaient la conséquence pour les collègues. En
outre, le débat sur les avantages et inconvénients de l'Enseignement
Assisté par Ordinateur (E.A.O.) en langues vivantes était à peine ouvert.
Beaucoup de collègues, pleins de bonne volonté au départ, ayant
suivi le "stage I.P.T." en pionniers, ont depuis tout laissé tomber s'ils
n'avaient pas auparavant contracté ce virus dont le signe extérieur est
un ordinateur personnel. Comment réagir à cette situation ?
Mon article se propose un double but. Il veut contribuer, par
l'exposition d'une expérience et d'un point de vue personnels, à faire le
point concernant "l'utilité" de l'ordinateur en langues et plus particu-
lièrement en allemand, sans toutefois prétendre à une intervention
fondée dans le débat théorique. Et il veut informer sur les activités
diverses des collègues d'allemand dans l'académie de Créteil.
J'ai commencé, comme d'autres collègues sans doute, par taper des
petits programmes éducatifs ou ludiques en BASIC (du type "Français et
Thomson en sixième" ou "MO5 et TO7/70 à l'école"), en adaptant les
données au vocabulaire ou à la structure grammaticale de la leçon
d'allemand en cours. A cette époque "aller en informatique" de temps en
temps était presque plus important que le travail de fixation ou de
révision bien modeste. Or, malgré la simplicité des programmes, surtout
en ce qui concerne le traitement des réponses, rarement les élèves ou
moi-même étions vraiment déçus. On pouvait manipuler presque
LE BULLETIN DE L'EPI N° 56 SPRECHEN COMPUTER DEUTSCH ?
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physiquement des fragments de la langue étrangère, c'était une activité


nouvelle et accrochante, il y avait les couleurs et le dynamisme de l'écran
etc.
Deux ombres au tableau : La question souvent entendue et quelque
peu inconfortable "Vous n'avez pas d'autre jeu, Monsieur ?" (avec l'accent
mis tantôt sur 'autre', tantôt sur 'jeu') ; et le fait, plus inquiétant, qu'une
séance d'une heure mangeait trois de ces petits programmes, et il n'était
pratiquement pas question de les réutiliser dans la même classe, même
après avoir modifié les données.
Ces aspects ont alimenté ma recherche ultérieure. Car, pour une
intégration raisonnable et intéressante de l'informatique dans la
progression de l'année scolaire, plusieurs problèmes étaient (et pour
certains ils le sont toujours) à régler d'urgence. Mon expérience me
faisait entrevoir ceux-ci surtout : les logiciels ne devaient pas "brûler"
trop vite et le rapport jeu / travail devait être cerné de plus près.
Car s'il est évident qu'un des atouts de l'ordinateur est de
permettre la préparation assez aisée d'activités ludiques intéressantes, il
est néanmoins vital de ne pas laisser définitivement s'installer l'idée chez
les élèves que "faire de l'informatique c'est jouer". (Les problèmes de
survie de plus d'un club informatique sont à cet égard bien révélateurs.)
Mais que faire alors et pour quoi faire au juste ?
L'informatique peut-elle contribuer à ce que nous ayons des élèves
heureux ? Cette question n'est qu'un petit peu ironique. Car si la réponse
est positive, pourquoi vouloir exclure cet aspect de la discussion ?
Pourquoi ne pas accepter cet effet secondaire (ou même tertiaire, je veux
bien) de l'E.A.O. ? Ce que j'observe (j'enseigne en collège) c'est que dans
trois quarts des cas même les élèves les plus perturbateurs et/ou les
moins concernés par l'allemand (cela existe, heureusement dirais-je,
même en allemand LV1) passent une heure de contact concret et
studieux avec une molécule de la langue allemande. Est-ce négligeable ?
Voulons-nous en langue vivante familiariser les élèves avec "l'outil
informatique" ? Si oui, quel est l'aspect de cet outil qui se prête
favorablement à l'exploitation en classe de langue ?
C'est à l'enseignement technologique (ex-EMT) qu'incombe mainte-
nant cette initiation qui porte principalement sur le côté "bureautique"
de l'informatique. Un des domaines communs avec les disciplines
littéraires peut être alors le travail avec un traitement de texte.
Différentes façons de manipuler un texte existant (le texte de la leçon
Ulrich HERMANN LE BULLETIN DE L'EPI
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dernièrement étudiée par exemple) ou de produire un nouveau texte ont


déjà été expérimentés par mes élèves à l'aide du logiciel L'ECRIVAIN et
cela a été positif dans l'ensemble (1).
Une raison non négligeable de la poursuite de la réflexion dans ce
sens me semble aussi la possibilité de travail en équipe avec le professeur
de lettres et le professeur de l'autre langue vivante.
Assez vite j'ai trouvé qu'un des côtés les plus intéressants d'une
séance en salle informatique était le fait que les élèves travaillent
forcément à leur rythme et peuvent le faire sans créer cette fameuse
lassitude redoutée par tout le monde en classe. Le professeur peut enfin
s'occuper de questions posées par des individus sans devoir se battre
pour que tout le monde écoute. (Une séance d'E.A.O. n'est d'ailleurs
nullement une heure de repos pour le professeur de langue.)
A moyen terme on pourrait souhaiter dans ce domaine une
collaboration entre les collègues "informaticiens" et ceux qui s'intéressent
à la pédagogie différenciée. En considérant qu'en règle générale, faute de
temps, cette démarche de plus en plus nécessaire est négligée ou bâclée,
ce travail commun pourrait aboutir à un emploi privilégié, voire
indispensable des ordinateurs.
Reste la question de l'efficacité. Sans vouloir la minimiser en
posant le problème du rendement de notre enseignement en général,
force est de constater que nous possédons bien peu d'instruments de
mesure. Mes enquêtes orales auprès des élèves étaient parfois très
encourageantes. Par contre je me sens bien incapable de juger de
l'influence de telle activité pédagogique par rapport à telle autre sur les
résultats d'un contrôle, voire des acquis en fin d'année.
L'ordinateur n'est certes pas indispensable, mais il "peut être un
outil, un moyen utile, exigeant et créatif dans l'apprentissage des
langues. Tout comme le tableau noir, il peut être une partie de
l'enseignement qu'on prendra au sérieux, qui stimule l'imagination, pour
peu que le professeur sache lui faire jouer ce rôle."(2) Pour y aider les
collègues il faut des logiciels ambitieux, des logiciels qui profitent des
possibilités réservées à l'ordinateur et qui permettent de nouvelles
formes de travail. Il faudra aussi toute une littérature de mode d'emploi
de logiciels existants, de conseils, de propositions et d'exemples qui
encouragent les collègues non atteints du fameux virus et qui leur
permettent d'utiliser les ordinateurs sans trop de travail de préparation
et sans perte de temps inutile.
LE BULLETIN DE L'EPI SPRECHEN COMPUTER DEUTSCH ?
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Mais qui doit s'occuper de l'élaboration de "software" utilisable et


bien faite ? Les professeurs d'allemand désireux de s'investir dans
l'élaboration de logiciels, sauf exceptions notables et méritantes (3), ont
vite touché aux limites de temps et de compétence qui étaient les leurs,
et ils ou elles ont senti plus ou moins vaguement que ce n'était pas là
vraiment leur rôle. Ce problème était à la base des travaux de toutes les
rencontres et de tous les groupes de travail dans l'académie de Créteil.
L'année 1987-88 était une année décisive sur le plan aussi bien du
"hardware" que celui du "software". D'une part on a pu comprendre de
plus en plus clairement que les jours du nanoréseau sont désormais
comptés. Sans vouloir joindre le choeur de ses détracteurs de la première
heure, et même s'il nous rendra encore quelques services appréciables, il
est évident que ses possibilités limitées entraînent un ralentissement
assez net de l'intérêt que portent les éditeurs sur lui.
D'autre part de plus en plus d'utilisateurs sont convaincus que
l'avenir de l'E.A.O. en langues réside dans l'exploitation des possibilités
qu'offrent de puissants logiciels professionnels tels que traitements de
texte, bases de données ou "intégrés" du type FRAMEWORK (4), ou
encore des logiciels d'analyse de texte tels que WordCruncher de ETC
(4a).
Les compatibles PC font maintenant leur entrée même dans les
collèges (quoique de nouvelles contraintes surgiront alors devant les
utilisateurs potentiels ... qui ne sont pas professeurs de technologie.)
Quoi qu'il en soit, il est devenu obsolète de vouloir concevoir de nouveaux
logiciels d'E.A.O. pour le nanoréseau.
L'activité et le semi-échec en 1987/88 d'un groupe de professeurs
d'allemand réuni dans le cadre de la formation continue en est une bonne
illustration. Le projet du groupe était : "Produire coûte que coûte un
logiciel". Malgré une certaine mise en garde de la part de la formatrice,
les membres du groupe ont persévéré dans le projet de préparer au moins
un scénario. Même si à posteriori tous les participants sont d'accord pour
dire que personne n'a perdu son temps et que le travail a permis de faire
un grand nombre d'expériences, il faut admettre que le résultat n'est pas
d'une richesse extrême : C'est le scénario d'un jeu de l'oie, travaillant les
formes du groupe nominal allemand, pourvu d'un graphisme qui peut
être attrayant si ... quelqu'un trouve le temps et/ou l'argent de mettre en
machine le projet. Et combien d'heures investies dans cette seule idée !

Ulrich HERMANN LE BULLETIN DE L'EPI


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Cependant nous avons oublié un peu notre relatif découragement


en avril 1988 lorsque le CRDP de Créteil a pris l'heureuse initiative
d'organiser pour la première fois des journées de rencontres inter-
académique sur le thème : "Enseignement des langues et nouvelles
technologies". Le groupe de professeurs d'allemand qui s'est constitué à
cette occasion a ressenti comme une bouffée d'air frais la possibilité ainsi
offerte d'échanger points de vue, expériences et même des petits logiciels
(5).
Bien sûr, les collègues auraient aimé pouvoir garder ce contact tout
au long de l'année, c'était même une des "revendications" principales. La
charge de travail de chacun d'entre nous a empêché cependant de
correspondre en permanence.
La deuxième réunion, qui a eu lieu les 19 et 20 avril au CRDP, a
été plus restreinte aux activités de l'académie ; de fructueux échanges
ont néanmoins permis aux collègues de se tenir au courant.
Un nouveau groupe de formation permanente s'est constitué à la
rentrée 1988, qui cette fois a appris la leçon. Il concentre ses efforts sur
les emplois possibles en classe de quelques logiciels "ouverts", non pas
encore professionnels et puissants, mais de ce fait utilisables aussi bien
sur nanoréseau que compatible PC. Il s'agit des APPRENTICIELS
(Langage et Informatique), de L'ECRIVAIN (Hatier) et du JOURNA-
LISTE (CEDIC/VIFI) (6).
Enfin, dans le cadre des "Groupes de réflexion informatique et
disciplines" (GRID) de l'Académie de Créteil, un groupe "allemand" a été
formé en octobre 1988 sous la présidence de M. Georges, IPR, dont
l'intérêt bienveillant et l'activité incessante pour l'informatique en
allemand ne sont plus à démontrer. Ce groupe de travail a pour tâche de
publier, sous forme de brochures ou de disquettes, en bénéficiant des
structures de production et de diffusion du CRDP (collection DIDAC), des
propositions pratiques et immédiatement applicables concernant les
logiciels "ouverts" déjà cités, et ultérieurement de logiciels profes-
sionnels.
Parler de perspectives revient surtout à rêver : imaginons les
activités passionnantes, lorsque le choix sera plus grand, que permet-
tront les disques compacts informatiques contenant chacun 200 000
pages d'information, ou les vidéodisques pilotés par ordinateur et les
banques de données accessibles par modem ! Tout cela dépendra
essentiellement des moyens financiers disponibles.
LE BULLETIN DE L'EPI SPRECHEN COMPUTER DEUTSCH ?
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Plus près de nous sont par exemple les balbutiements de


l'interconnexion Transpac / BTX, le système télématique allemand. Il est
possible dès maintenant de récupérer par cette voie des textes
authentiques et de les faire retravailler par les élèves à l'aide d'un
traitement de texte.
Ce qui ne coûte pas très cher ce sont les idées ; mais elles
manquent encore cruellement. Si les collègues font connaître les leurs, de
grands pas pourront être faits.

Ulrich HERMANN
Collège Mon Plaisir
Crécy-la-Chapelle

NOTES

(1) J'ai pu m'inspirer de différentes publications dont je nommerai à titre


représentatif SLANOSKY 1987, p. 203 et BECIRI / JUILLARD 1987
(2) HOPE e.a. 1985, p. 7
(3) VINCENT 1987, ou LEGIONNET 1988
(4) cf. les travaux de REZEAU 1988a et 1988b
(4a) La publication est prévue en R.F.A. des oeuvres complètes de
GOETHE sur 80 disquettes. Cette immense masse de textes sera aisément
exploitable par ce genre de logiciel.
(5) SOLER 1988, EPPSTEIN 1988, HERMANN 1988
(6) Un article paru dans le No 3 de la revue MEDIALOG (CRDP Paris et
Créteil) informe par exemple d'une des possibilités d'utilisation en classe
d'allemand du module Lecture-Ecriture des APPRENTICIELS.
(KREUSSEL e.a. 1989).

BIBLIOGRAPHIE

BECIRI Hélène et JUILLARD Claudie : Petite fabrique d'écriture. In :


Bulletin de l'EPI No 48 (Décembre 1987), pp. 120 à 127
ECRANS (Bulletin académique de liaison, Académie de Créteil, réalisé
par le CRDP Le Perreux) Nos 1 (rentrée 1986) à 7 (rentrée 1988).
Remplacé à partir de janvier 1989 par MEDIALOG, Académies de Créteil
et de Paris.
Ulrich HERMANN LE BULLETIN DE L'EPI
185

EPPSTEIN Françoise : Echos des ateliers langues des journées inter-


académiques. In : ECRANS No 7, 1988, p. 21
HERMANN Ulrich : Perspective des germanistes. In : ECRANS No 7, 1988,
p. 22
HOPE Geoffrey R./ TAYLOR Heimy F. / PUSACK James : Der Einsatz von
Computern im Fremdsprachenunterricht (L'utilisation des ordinateurs
dans l'enseignement des langues étrangères). In : Computergestützter
Fremdsprachenunterricht (Enseignement des langues étrangères assisté
par ordinateur), Berlin et Munich, Langenscheidt, 1985 (* Publication
indispensable à tous les intéressés.)
KREUSSEL Ute (e.a) : Détournement du satellite CORECRIT au bénéfiche
des professeurs d'allemand et autres langues. in : MEDIALOG N°3, juin
1989, p. 41.
LEGIONNET Ulrike : Traitement informatique d'un problème d'apprentis-
sage de l'allemand ("Murks und die Kiste"). In : Les langues modernes
No 5/1988, pp. 70-72
REZEAU Joseph : De l'utilisation d'un progiciel professionnel en E.A.O.
des langues (ou comment FRAMEWORK est devenu FRAMETEACH). In :
Le français dans le monde (No spécial "Technologie et apprentissage des
langues) Août/Septembre 1988, pp. 44 ss. (1988a)
REZEAU Joseph : Que faire avec un outil professionnel en E.A.O des
langues ? In : Les langues modernes No 5/1988, pp. 49 ss. (1988b)
SLANOSKY A. : E.A.O. et enseignement du russe. In : Bulletin de l'EPI No
47 (Septembre 1987), pp. 201 à 204
SOLER Anik : Langues et nouvelles technologies, bilan des rencontres
académiques. In : ECRANS No 7, 1988, pp. 19 à 20
VINCENT Jean-Louis : Logiciel ALLEM. In : ECRANS No 3, 1987, p. 22

Pour accéder au service télématique allemand BTX à partir d'un minitel


faire le 36 22 49 49 (Sommaire général : *0#)
Pour avoir des informations (et une disquette de démonstration... en
anglais) à propos de Goethe sur disquettes et le système WordCruncher
écrire à Max Niemeyer Verlag, Postfach 2140, D-7400 Tübingen, R.F.A.

LE BULLETIN DE L'EPI SPRECHEN COMPUTER DEUTSCH ?

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