Le Rappel
Le Rappel
‘’LE RAPPEL’’
Allah (Swt) à Mohammad (Psl) et qui avait jaillie des ténèbres et s’est répandue dans la
caverne du Mont Hira, lumière qui allait étendre une civilisation universelle consécutive à la
parole céleste et qui va procurer à l’homme paix, sécurité et bien-être ici-bas et dans l’au-delà’’.
‘‘Ce RAPPEL’’ est un Manifeste pour un Retour au Principe. Une chaude alerte pour le
retour indispensable de la Vérité dans la Réalité. La première étant une réalité relative, n’aurait
de sens et de vitalité que quand elle part et retourne dans la Vérité Absolue ou Réalité - le -
Principe. ‘’Ainsi, nous avons envoyé parmi vous un Messager de chez vous qui vous
récite nos Versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse et vous enseigne
ce que vous ne saviez pas’’ (2)
‘’Ce RAPPEL’’ est un Manifeste pour un Retour au Principe, un cri et un coup de cœur en
détresse, nostalgique et déshérité, une révolte intérieure pacifique, un Manifeste d’une situation
clairement aveuglante mais qui se dissimule dans les voiles de la familiarité et de la proximité. Il
est une invite à la restauration du lien de la Réalité - Principe Premier et de la Vérité – Principe
Dernier. Il se veut un Appel au réveil d’un profond sommeil pour enfin arrêter ce long et vieux
rêve apocalyptique aux apparences mielleuses. ‘’Oh croyants ! Craignez Allah comme Il doit
être craint. Et ne mourrez qu’en pleine soumission’’(3)
‘‘Ce RAPPEL’’ est un Manifeste pour un Retour au Principe ; il introduit tous les maux qui
caractérisent aujourd’hui la vie de l’homme ici-bas et ce qui l’attend dans l’au-delà. Il retrace
tous les chemins qui ont menés l’humanité à ces impasses, et propose des solutions de
spiritualité pour sortir de la crise de la mondialité. Parce que Allah dit dans le Saint Coran: ‘’tout
Mais jusque-là, Allah (Swt), dans sa Toute – Puissance, ne ferme toujours pas les portes de
ses Miséricordes. Mais celles-ci ne sont ouvertes que pour ceux qui s’engagent dans la Voie de
‘’RAPPEL: un bienfait pour les croyants’’. Dans cette Voie, point de place pour le Mal dans
les Revenants, préoccupés par ce Sublime Voyage et solidement liés et enveloppés par le Halo
Luminescent de l’Unicité Absolue d’Allah (Swt). ‘’Et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur
vous : lorsque vous étiez ennemies, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs, puis, par son
bienfait, vous êtes devenus frères et alors que vous étiez au bord d’un abîme de feu;
c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi Allah vous montre ses signes afin que vous
soignés bien guidés’’ (2)
(1) Coran 5 – V 7
(2) Coran 3 – V 103
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 4
INTRODUCTION
Nous commençons par le plus Sublime des Noms d’Allah, son Nom Suprême qui abreuve tous
les autres; ‘’Ismullah al A’azam’’ à travers lequel, Allah nous demande ‘’d’Apprendre’’, de
‘’Lire’’, d’en faire ‘’l’Oméga’’ de toute chose. C’est ce Nom qui s’identifie à Lui en renfermant
toutes ses Réalités qu’Il se donna Lui-même quand Il était encore dans son Unitude Absolue.
‘’Louange à Allah, Seigneur de l’Univers (2)
Qu’Allah, par son Nom Suprême, nous ouvre et balise le chemin qui nous mènera à la source
Divine d’où jaillira la lumière qui éclairera notre sujet !
Gloire et Pureté à Allah Maître Absolu de toute chose et en toute chose. Donc, point de Divinité
que Toi et que Mohammad qui se confond en Toi dans ta Toute Miséricorde, est Ton Envoyé !
‘’Ceci est un Message (le Coran) pour les gens afin qu’ils soient averti, qu’ils sachent
qu’Il n’est qu’Un Dieu Unique, et pour que les doués d’intelligence s’exhortent’’ (3)
Nous prions sans aucune réserve sur la Causalité et la Finalité de notre création et de notre
existence, Celui par qui et pour qui Allah (Swt) créa sa créature, exprime et répand Son Infinie
Miséricorde et sa Félicité sur elle, Mohammad (Sas). Que le Salut et la Prière d’Allah soient sur
ce Prince des Créatures et des Existences. ‘’Gloire et Pureté à Celui qui, de nuit, fit voyager
Son Serviteur (Mohammad) de la Mosquée Al-Harâm à la Mosquée Al-Aqsâ dont Nous
avons béni l’alentour, afinbde lui faire voir certaines de Nos merveilles. C’est Lui,
vraiment, qui est l‘Audient, le Clairvoyant (4)
Que le Salut soit sur le ‘’Désiré de la Volonté Divine et le but projectif du Valoir Créateur.
Celui pour qui tout est voulu et qui est, Lui, voulu pour Allah (Swt), le Choisi, le meilleur
(Mukhtar) de l'univers, le soleil des connaissances, la pleine lune des grâces subtiles’’ :
3
Qu’Allah soit satisfait de tous les Prophètes et Envoyés de Dieu, les Honorables Compagnons,
les Saints, les Elus de Dieu et tous les Serviteurs! Dans cette difficile randonnée, qu’Il soit notre
point de départ, notre compagnon et notre Hôte ! Amin !
Les versets que nous vous proposons ici, au-delà de leurs dimensions divines et sacrées, ont
surtout, une haute valeur encyclopédique et didactique dans l’introduction et l’éclairage de notre
sujet: ‘’Et raconte-leur l´histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes et qui s´en
écarta. Le Diable, donc, l´entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés’’
(1). ‘’Qui est plus injuste que celui qui, à travers les versets d’Allah sont rappelés et qui
ensuite s’en détourne ? Nous-nous vengerons certes des criminels’’ (1)
‘’Et si Nous avions voulu, Nous l´aurions élevé par ces mêmes enseignements, mais il
s´inclina vers la terre et suivit sa propre passion. Il est semblable à un chien qui halète si
tu l´attaques, et qui halète aussi si tu le laisses. Tel est l´exemple des gens qui traitent de
mensonges Nos signes. Eh bien, raconte le récit. Peut-être réfléchiront-ils!’’(2)
‘’Quel mauvais exemple que ces gens qui traitent de mensonges Nos signes, cependant
que c´est à eux-mêmes qu´ils font du tort’’ (3).
‘’Quiconque Allah guide, voilà le bien guidé. Et quiconque Il égare, voilà les perdants’’ (4)
Ce à quoi l’Honorable Ali ibn Abi Talib (que la miséricorde d'Allah soit sur lui) avait bien vu venir
et l’a explicité par ses termes:
4
‘’Il arrivera des temps, après moi, où rien ne sera aussi masqué que la vérité et rien
d'aussi triomphant que l'iniquité, où les mensonges sur Dieu et Son Messager (Sas)
seront la chose la plus courante. Aucune marchandise n'aura moins de valeur que le
Livre lorsqu'il sera cité dans son sens exact, et rien d'aussi cher lorsque son sens sera
déformé. Il n'y aura rien d'aussi haïssable que le bien et rien d'aussi pratiqué que le mal.
Ceux qui étaient chargés de défendre le Livre l'auront abandonné et ceux qui l'avaient
appris par cœur l'auront oublié. Le Livre et ses partisans seront chassés et exilés, ils
(4) Coran 17 V 1
(1) Coran 7. V 175
(2) Coran 7. V 176
(3) Coran 7. V 177
(4) Coran 7. V 178
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 6
seront des compagnons de route qui ne trouveront nul refuge. Ils seront au milieu des
gens sans les fréquenter, ils seront avec eux sans faire corps avec eux, car la droiture et
l'iniquité ne s'accordent pas, même si elles sont ensemble. Les gens s'accorderont pour
la désunion. Du Livre, ils ne retiendront que le nom et ils n'en sauront que l'écriture et la
calligraphie. Ils persécuteront les pieux sous toutes les formes, ils proclameront que leur
attachement à Dieu est une imposture et ils puniront toute bonne action comme si elle
était un péché. Ceux qui vous ont précédés ont été anéantis pour leur relâchement et
leur insouciance, lorsque le destin les a frappés, que l'excuse n'était plus valable ni leur
résipiscence acceptée, alors ils eurent pour compagnons la détresse et la vengeance’’.
‘’Ô hommes ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous: existe-t-il en dehors d’Allah, un
créateur qui, du ciel et de la terre vous attribue votre subsistance ? Point de divinité à
part Lui ! Comment pouvez-vous vous détourner (de cette vérité) ?’’ (1)
Il n’y’a aucun doute que l’Homme est à la fois, la plus Complexe, la plus Complète et la plus
Parfaite des créatures que Dieu ait créé et magnifié pour le processus «…Nous avons fait du
sperme une adhérence; et de l’adhérence Nous avons créé un embryon, puis, de cet
embryon, Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous
l’avons transformé en une tout autre création. Gloire à Allah le Meilleur des
Créatures !....» (2)
Il est également la créature la plus aimée de Dieu qui a voulu faire de la meilleure des
créatures, Mohammad (Psl), une espèce Adamienne. C’est par cette ‘’Location’’ de l’espèce
Adamienne de porter l’origine humaine et terrestre de Mohammad (Psl) qu’Allah (Swt) a
promue à l’Homme, la perfection et la haute sublimation: « Lorsque ton Seigneur confia aux
Anges : «Je vais établir sur la terre un vicaire « Khalifa ». Ils dirent : « Vas-Tu y désigner
un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et
à Te glorifier ? » - Il dit : « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas ! » (3). Ou encore :
« Ô David, Nous avons fait de toi un Khalif sur terre…. » (4)
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(1) (Coran 35 V 3)
(2) Coran 23 – V 14 – 16
(3) Coran 2 – V 30
(4) Coran .38 – V 26
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 7
Parmi les Hommes, Mohammad (Sas) est le Sauveur de l’Humanité, le Salvateur Patenté
comme le dit le coran « Et Nous ne t’avons envoyé que comme Miséricorde pour
l’univers » (5). Il est investi de la Mission de parachever la Religion d’Allah qui est la
‘’Miséricorde des Croyants – rahmatan lil Muuminiina’’. ‘’En effet, vous avez dans le
Messager d’Allah un excellent modèle (à suivre), pour quiconque espère en Allah et au
Jour dernier et invoque Allah fréquemment’’. (1) C
Mais voilà les résultats de l’action de l’Homme: guerres et autres foyers de tension, printemps
arabe, profanation des tombeaux des saints, Al Qaeda, AQMl, crises financières, couche
d’ozone, réchauffements climatiques, péjoration de l’environnement, famines, maladies
incurables, rapts, kidnapping, otages, violences pré et postélectorales, etc. L’homme est réduit
à sa simple expression d’espèce humaine, un animal comme tous les autres, qu’on peut
braquer, traqué, torturé, humilié, exécuté, sous des prétextes les plus fallacieux de notre temps.
Cette espèce qu’Allah (Swt) a tant aimé !!!
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Quand Allah (Swt) dit dans le Coran ‘’je vais créer mon Représentant sur terre…’’, Il avait
dans ses Tablettes, le projet ‘’d’Homme de Dieu ou Homme – Accompli -le Représentant’’.
L’Homme donc, allait être créé, mais pour représenter ‘’Dieu’’. Doté de Raison et de Pouvoir de
Discernement et de Jugement, l’Homme créé dispose de puissantes velléités libertaires, de
rébellion et de défiance pour l’affirmation de son Ego, de son ‘’Soi Basharique’’, qui constitue un
terreau fertile et terrain d’expression et d’opération de Satan. Quand l’Âme Angélique (Pôle
Positif) veut s’élever vers Dieu en attirant l’homme, l’Âme Basharique ou Soi Impérieux (Pôle
négatif) lui attire continuellement vers le paradis animal (bien manger, bien dormir, s’accoupler,
etc) ou nous entraîne vers l’injustice, l’oppression, l’empiètement du droit des autres, afin
d’acquérir le pouvoir, la fortune, etc, où, seul l’intellect céleste dont chacun a sa dotation, peut
maintenir l’homme dans l’équilibre. C’est pourquoi, cet état ‘’d’Homme-Représentant-de-Dieu’’
promit à l’Homme par Allah (Swt) devrait se réaliser dans un long processus d’adversité, de
Créé à l’image de Dieu devant Lui représenter sur terre, contre vents et marrées, l’homme qui,
ayant pris engagements et responsabilités avec son Seigneur, se renie lui-même, foulant du
pied sa dignité sociale, humaine, divine et spirituelle, pour s’aliéner par son Soi Basharique,
qu’il paiera cher. Mais allons-nous abdiquer et laisser le ‘’Mal’’ se propager et dominer le monde
pendant ce millénaire qui est le nôtre et qui est pourtant promis à une haute spiritualité? Allons-
nous démissionner de notre engagement Azalien (supérieur dans la non manifestation) avec
notre Créateur, engagement qui nous confine dans un faisceau de responsabilités que nous
avions délibérément opté devant les Anges (le verset) et qui pourtant est bien adapté à notre
condition d’humain: «Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité
… » (1)
Dieu connaissant bien l’adversité dans laquelle Il soumet l’Homme pour se réaliser parfaitement
Son – Représentant sur terre, le fait accompagner dans la trajectoire de sa Réalisation, d’un
‘’Rappel Permanent’’ qui sont les Livres Révélés, qui définit et organise un Cadre Existentiel et
de cheminement vers ce point: L’ISLAM. Au-delà de ses dimensions religieuses et spirituelles
qui se rattachent à ‘’Ses Trois Descentes Ontologiques’’, L’Islam a aussi une mission
civilisatrice, c’est-à-dire, un cadre pour l’Homme, de construction et d’expression sociale et
humaine où tous les Hommes sont liés par leur origine adamienne unique, appartenance
sociale, leur nature humaine, leur destinée commune et leur pureté originelle.
7
Vous vous souvenez sans doute que, pour les sociétés préislamiques, dans la hiérarchisation
des valeurs, elles n’avaient pas encore accepté et placé Allah (Swt) et L’Islam au dessus de
tout. Pour elles, la valeur s’exprimait par le Pouvoir et l’Avoir, c’est-à-dire, par une expression
humaine de l’Homme. Hélas, qu’ils n’aient pas compris que le meilleurs cadre
d’épanouissement et de bonheur de l’homme c’est L’Islam qu’Allah lui étale généreusement.
8Par l’Unicité qui constitue le fondement du Dogme, l’homme est sécurisé par Un Maître
Unique, Suprême et Absolu, là où les polythéistes se perdent et s’épuisent dans une foultitude
L’orientation opératoire du sujet, nous impose de faire l’économie de certaines définitions les
plus partagées aujourd’hui, mais, quand même, d’en évoquer certaines et en faire la rampe
pour mieux entrer dans la quête sémantique de ce terme ISLAM que nous utilisons
familièrement au quotidien et dont la quintessence ne structure pas notre proximité avec lui.
Nous ne pouvons donc pas parler de L’ISLAM dont la multipolarité en donne plusieurs
définitions, sans en altérer le SENS PROFOND:
‘’L'islam (arabe : )اإلسالمest une religion Abrahamique, articulée autour du Coran, qui est
pour le dogme islamique, le recueil de la parole d’Allah (Swt) (arabe : هللا, Allah), révélée à
Mahomed (Sas), le dernier prophète d’Allah (Swt), au VIIe siècle en Arabie. Un adepte de
l'islam est appelé musulman’’. ‘’L'islam a pour fondement et enseignement principal le
tawhid (monothéisme, unicité), c'est-à-dire qu'il revendique le monothéisme le plus
épuré où le culte est voué exclusivement à Allah (Swt)’’.
‘’La religion musulmane est une émanation du Coran qui est une révélation en langue
arabe de la religion originelle d'Adam, de Noé, et de tous les prophètes, jusqu’à Issa
(Jésus). Ainsi, elle se présente comme un retour à la religion d'Abraham du point de vue
de la croyance, le Coran le définissant comme étant la voie d'Ibrahim (millata Ibrahim),
c'est-à-dire une soumission exclusive à Allah’’.
A la lumière de cette esquisse de définition, nous pouvons comprendre ici que L’Islam est
effectivement la religion d’Allah (Swt) sur laquelle tous les prophètes dont le Patriarche
Ibrahima (As) ont travaillé et que Notre Prophète Mohammad est venu parachever. Cette réalité
réfute la multitude de religions même si elles ont été l’œuvre de plusieurs prophètes, envoyé de
(1). Coran 32 V 4
‘’Le mot «Islam» est la translittération de l’arabe اإلسالم, islām, signifiant: «reddition»,
«soumission», «allégeance», sous-entendant «à Allah»’’. ‘’Il s'agit d'un nom d'action (en
arabe اسم فعلism fi'l), dérivé d'un radical sémitique, s.l.m qui désigne l'acte de se
soumettre d'une manière volontaire, de faire allégeance. Le mot « islam » avec une
minuscule désigne la religion dont le prophète est Mohammad (Psl). Le terme d'«Islam»
avec une majuscule désigne l'ensemble des peuples musulmans, la civilisation
islamique dans son ensemble’’.
Mais autant il défini les dimensions Divines, Religieuses et Spirituelles de l’Homme, L’Islam se
préoccupe aussi de sa Condition Humaine. Il constitue un cadre large et profond de
l’existentialisme humain et social de l’homme où celui – ci trouve Réponses et Solutions à tous
ses Questionnements et Préoccupations Personnelles, Morales, Educatives, Sociales,
Sanitaires, Economiques, Politiques, Culturelles, Philosophiques, Spirituelles, religieuses, etc…
Pour chaque domaine ouvert ou couvert, L’Islam, en tant processus général et global, ouvre un
large éventail, comme s’il ne couvre que cette préoccupation de l’Homme. Et à chaque fois,
l’Homme est toujours abordé dans sa double dimension: Spirituelle et Humaine.
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C’est pourquoi, L’Islam se défini aussi et surtout comme la PAIX, simplement. Mais assez
souvent qu’on rencontre, qu’on use et qu’on entende ce vocable ‘’PAIX’’, on ne fini jamais de
percer les sens ou le SENS PROFOND de ce mot. Mais, serait-ce ce sens familier qu’Allah
(Swt) s’arroserait Sublimement le Mot PAIX comme ATTRIBUT et le fait répéter plusieurs fois
dans la formulation des Prières !? «Salam» (Paix et Salut) ! Parole de la part d’un Seigneur
Ou, serait-ce, ce sens désacralisé qu’on répète à longueur de journée dans les salutations et
qu’on défini comme l’ATTRIBUT par lequel Allah (Swt) ‘’protège ses serviteurs de tout
danger et tout obstacle, l’ATTRIBUT par lequel Il étale Son Salut sur les gens heureux du
Paradis’’? Que non ! Le SENS PROFOND DE SALAM-LA-PAIX, pour qu’il soit à la fois
ATTRIBUT d’Allah (Swt) et le NOM du processus du Don de soi à Allah (Swt) et d’imitation à
Devenir et à Être qu’est L’ISLAM. Donc, L’ISLAM étant la Vulgate de l’ensemble des processus
d’Adoration permettant à l’Homme à opérer honorablement son retour vers Allah (Swt), jamais
donc, on est plus heureux, plus sécuriser, jamais on est plus en Paix auprès ou dans Allah
(Swt) qu’ailleurs ! Autrement dit, pour une définition plus opératoire de ‘’LISLAM’’, nous
pouvons dire que L’ISLAM est un cadre ‘’où l’on a que ce qu’on veut et où l’on ne veut que ce
qu’on a’’; ‘’là où l’on ne cherche que ce qu’on trouve et où l’on ne trouve que ce que l’on
cherche’’. Il est cadre et processus par lesquels, l’Homme se dévoile, se découvre et découvre
son Seigneur Allah. C’est en cela qu’il intègre la Paix dont L’Islam est le terreau, le départ e
l’arrivée. C’est la rencontre tant recherchée entre l’humain et le divin.
Mieux, ‘’dans la façade postérieure de cet Islam Imposant, s’exhale subtilement un autre islam
moins apparent qu’on désigne par le Soufisme et créant d’autres relations entre l’homme et
Dieu. Il est synonyme de recherche personnelle et de perfectionnement intérieur et de
renoncement, d’amour de Dieu. Cette dimension Spirituelle illustrée par le Soufisme, fait partie
intégrante de L’Islam et trouve ses fondements dans le Coran et l’exemple du Prophète…’’
Dépassé, l’Islam Dogmatique et Conquérant, au regard de ce qui se passe dans notre monde,
ne serions – nous pas tentés de dire aujourd’hui que le ‘’Rendez-Vous’’ est manqué entre
l’homme et ce cadre idéal d’Islam Spirituel qu’il attendait dans ce 3é Millénaire et s’épanouir de
ses bienfaits ? Le développement des Sciences, des Techniques et des Technologies devraient
pouvoir bâtir à juste titre un monde paisible, pacifique, convivial, humain parce que spirituel.
Surtout que c’est des avancées qui coïncident avec l’Ere de la 3é Dimension de L’Islam qui est
l’IHSAAN où l’Homme-Représentant-de-Dieu devrait enfin se réaliser comme le voulait et l’avait
prédit le Tout-Puissant Allah (Swt).
Mais le constat est tout autre, car notre monde s’est avéré le plus trouble, le plus meurtrier, où
l’homme met sa science et son ingéniosité au service des industries meurtrières, destructrices,
où la mort est devenue un jeu, du genre, ‘’Je meurs en tuant ou je tue en mourant’’, au nom
d’une supposée doctrine islamique qui, au lieu d’apporter à l’homme la ‘’Chose promise’’, tue et
Haro sur tous ceux qui s’étaient engagés et ceux dont la charge était de prolonger la
‘’Mission’’, si ce n’est eux-mêmes qui créent les véritables périls de L’lslam, empêchant
l’Homme de se spiritualiser et de devenir le ‘’Représentant d’Allah’’ comme l’avait prévu Allah
(Swt). Oui, l’homme est traqué, torturé, humilié, tué par l’homme parce que la ‘’Flamme d’Allah’’
n’illumine aucun des deux. C’est la conséquence des dérives de l’homme et de la négligence
des constituants de sa mission. Ces cœurs qui ne sont plus dans la phobie de la recherche
effrénée et permanente de Dieu, succombent aux velléités ‘’Nafsiques’’ (pôle négatif de
l’homme – animal) et se reconnaissent la puissance de corrompre et d’apprivoiser le Message
Divin et la Religion d’Allah et les mettre au service de leur bon vouloir. Ainsi, il va tuer, voler,
violer, détourner, etc, au nom de Dieu, de ‘’son dieu’’, oubliant que le Soit Exalté Allah a dit
dans le saint Coran, incorruptible et non falsifiable que, «Certes, Nous avons honoré le fils
d’Adam…» (1). Et donc, tout ce qui va à l’encontre de cette Honorabilité ne provient pas
d’Allah (Swt).
Autant son Rendez-vous avec le bonheur d’un monde moderne est manqué, tout autant que
celui qu’il avait avec Allah (Swt) l’est aussi. Si la rencontre Homme – Dieu et Dieu – Homme n’a
pas lieu, la Spiritualité continue de plus belle son profond sommeil. C’est la conséquence des
Enseignements Religieux défaillants qui n’ont plus de prise sur le sujet, mais aussi de la
corruption de leurs substances. C’est le détournement des Initiations que l’Esprit attendait pour
se désapprivoiser et se libérer de son siège Basharique (L’homme) pour engager sa propension
vers sa Source, Allah. C’est grosso modo, le détournement de l’idéal religieux qui était du
‘’TOUT ALLAH’’ au profit de l’humain ou du ‘’TOUT HOMME’’. Quand dans le Hadisul Qutsi
Allah (Swt) exige ‘’Connaissez-Moi avant de M’adorer’’, Il fait allusion à cette Connaissance
de Lui qu’Il nous avait donné quand Il disait ’’ Et Allah appris à Adam tous les Noms de toute
chose’’ (2). Et puisque ces ‘’Noms’’ renferment les Connaissances, cette Connaissance est
avec nous depuis Azal (monde de l’Absolu Mystère). Cette Connaissance donc ‘’exigée par
Allah’’ (Swt) (dans ârifûnî qablan ta’abudûnî ou connaissez-Moi avant de M’adorer) est
l’’’Entité Essentielle’’ qui est en l’Homme et latence, la plus part des cas.
Le tout doit être fondé sur la ‘’Co-(n)-naissance’’, cette Flamme co-existentielle allumée par
Allah (Swt) devenue un ‘’feu dormant’’ en nous, endormi par la forte froideur de notre pêché qui
est lui aussi co-existentiel. Mais cette latence est revitalisée dans un ‘’Processus Permanent
de suggestion au réveil’’ appelé ‘’Initiation’’ qui met le contact entre la Conscience (l’esprit)
et la Connaissance. Parce que le processus révèle à la Conscience / à l’Esprit, cette
Connaissance donner d’un seul coup par Allah (Swt) à l’espèce Adamienne depuis le Azal,
enfoui dans son Etre existencié dans une nature (dimension) Basharique.
En plus donc du Péril Evangélique qui est une menace extérieure, les courants internes et le
fondamentalisme islamique constituent les véritables attaques à la religion d’Allah, Lislam,
handicapant l’Homme dans son cheminement vers sa spiritualisation, se traduisant par les
troubles civilisationnelles et religieuses des temps modernes.
‘’Ô vous qui croyez ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, quand les troupes vous
sont venues et que nous avons envoyé contre elles un vent et des troupes que vous
n’avez pas vu. Allah demeure Clairvoyant sur ce que vous faites’’ (1). ‘’Ô vous qui croyez !
Evoquez Allah d’une façon abondante…’’ (2)
Depuis l’apostolat de Mohammad, on connaissait déjà les hypocrites, les imposteurs, des gens
qui attestent leur foi extérieurement, dans un gros mensonge intérieur. Mais on en débusquait
certains qu’on passait à la lame et d’autres échappaient à la vigilance des croyants. Ils
essaimeront plus tard et se signaleront partout par des troubles dans L’lslam.
Après le rappel à Dieu de Mohammad (Psl), le jeune Etat islamique commence à enregistrer, à
l’interne, ses premières frondes, ses rebelles, ses défiances, etc. Elles en constituèrent les plus
grandes violences que l’Islam a du mal à contourner pour faire face à la croisade contre les
véritables détracteurs et pourfendeurs de la religion d’Allah, l’Islam qu’Allah Lui-même a promis
de préserver contre toute attaque.
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‘’En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran et c’est Nous qui en sommes
gardien……..’’ (3). Quatorze siècles après la première révélation, ‘’l’islamisme’’ que portent
certains renégats ou qu’on habille certains mécréants dont la vaine mission savamment
organisée est de ‘’sataniser’’ au quotidien ‘’L’lslamique’’ et le Coran que Dieu a définitivement
Sacralisé, donnant à la face du monde, le spectacle de mettre aux prises musulmans contre
musulmans. Le tout voulant donner l’impression que ce que Dieu appelle ‘’Sa religion,
sanctionnée par le Coran et Parachever par le Meilleurs des Créatures, Mohammad (Psl), le
Sceau des Prophètes, n’a même pas valeur de secte se rattachant à une autre religion. Cette
(1) Coran 17 - V 70
(2) Coran 2 V 31
(1) Coran 33 V 9
(2) Coran 33 V 41
(3) Coran 18 V 28
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 14
vaine dynamique corruptrice est aussi vieille que l’lslam, sinon antérieure. Nous allons essayer
de retracer ce tumultueux parcours de Lislam; contre vents et marrées, ainsi que la honteuse
odyssée de l’homme de ce siècle, qui donne toujours l’impression de ‘’rechercher Dieu’’ comme
si Celui – ci était perdu, alors que c’est l’homme, le mortel, assujetti à la perdition et à la
déperdition qui est perdu, égaré, de lui-même et de son Créateur, Allah (Swt).
Les courants qui ont traversé et bouleversé la période Sahaabiénne qui se sont traduits par
leurs assassinats et, ultérieurement, de graves guerres, avaient comme fondement, la
recherche et l’affirmation de la Vérité-Vraie ou la Libération de la Vérité-Vraie confisquée,
corrompue et réduite à sa simple expression humaine où l’Homme s’exprime en tant qu’’Entité’’
face à une Autre au profit d’une Individualité au détriment d’une ‘’Globalité’’. ‘’Faites preuve
de patience (en restant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant sa
Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant (le faux) brillant de la
vie sur terre. Et n’obéis as à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre
Appel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier’’ (3)
Les 4 premiers Califes de L’Islam (les biens guidés) en furent exception compte tenu de leur
infaillibilité mais dont certains furent lâchement assassiné par la perfidie et l’égoïsme de
l’homme. Mais le Khilafa, même moult fois corrompue, avait été solidement institué par
Mohammad (Psl). Nous prendrons l’exemple du premier Khalif et de son Khilafa qui travailla
plus de l’intérieur de la communauté musulmane naissante que de la conquête de nouveaux
adhérents à L’Islam et de nouveaux espaces.
Sa succession à Mohammad (Psl) avait été bien organisée par ce dernier de son vivant.
Plusieurs faits et allusions du Prophète laissent entendre, sans aucune ambiguïté, que l'Envoyé
de Dieu préparait ardemment que sa succession à la tête de la communauté soit assurée par
Abû Bakr. Ainsi, Hudayfa a rapporté que le Prophète a dit : «Suivez la voie de ceux qui
viendront après moi: Abû Bakr et 'Umar. » [ Rapporté par Tirmidhî et Al-Hâkim ]
Mohamad (Psl) disait de lui: «Quand j'ai invité les gens à embrasser l'islam, tous ont pris un
temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abû Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité! ».
Ou encore: «S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Allah, cela
aurait été Abû Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon.»
En outre, lors de sa maladie, le Messager de Dieu a dit à ses compagnons : «Fermez toutes les
portes des demeures qui donnent sur l’intérieur de la mosquée, et ne laissez ouverte que la
porte d'Abû Bakr! » [ Rapporté par Bukhârî.]
Toujours dans cet ordre d'idées, on demanda à 'Âïsha: «Si le Messager de Dieu avait pu
désigner un successeur, quelle est la personne qu'il aurait pu choisir? » Elle répondit : «Cela
aurait été Abû Bakr!» On lui demanda: «Lequel ensuite?» Elle répondit: « 'Umar ! » On lui
demanda : « Lequel ensuite ? » Elle répondit : «Abû 'Ubayda Ibn AI-Jarrâlh!» [Rapporté par
Muslim]
Ce n'est pas sans raison, d'ailleurs, qu'un des compagnons, Ibn Al-Musayyib a dit, selon un
hadith rapporté par Al-Hâkim:«Abû Bakr avait, auprès du Prophète, la place d'un ministre. Il lui
demandait conseil en toute chose. Il était son second en Islam, son second dans la caverne,
son second sous l'auvent le jour de Badr et son second dans le tombeau. Jamais il ne donnait
la priorité sur lui à quelqu'un d'autre. »
Quand Mohammad (Psl) ne pouvait plus à cause de la maladie qui devait l’emporter, il chargea
Abû Bakr de diriger la prière en commun à sa place. On rapporte qu’Âïsha intercéda en faveur
de son père afin qu'il soit déchargé de cette responsabilité, justifiant cela par le fait que son
père, étant une personne très sensible, ne pouvait s'empêcher de pleurer pendant la prière, ce
qui aurait rendu sa voix inaudible. Mais le Prophète insista jusqu'à se mettre en colère. Il voulait
à tout prix qu'Abû Bakr prenne sa place dans la direction de la prière. Les savants musulmans
ont déduit, à la suite de cet événement, que le Prophète avait souhaité accorder sa succession
à la tête de la communauté, à Abû Bakr.
Né en 573 à la Mecque, soit 2 ans après la naissance de Mohammad, mort le 23 août 634 à
Médine, Abû Bakr Siddiiq ben Abî Quhâfa, est le premier compagnon du prophète Mohammad
(Psl) et premier calife de l'islam, de 632 à 634 après la mort du Prophète. Quand l'Envoyé de
Dieu rendit le dernier soupir, on raconte qu'il mit la main sur l'épaule de 'Umar et lui dit
:«Patience, ô 'Umar ! » Ensuite, il s'adressa aux musulmans réunis en ces termes : «Ô peuple!
Que ceux d'entre vous qui adoraient Mohammad, sachent que Mohammad est mort! Quant à
ceux qui adorent Dieu, qu'ils sachent que Dieu est vivant et ne meurt pas; ensuite, il récita la
parole du Très-Haut: «Mohammad n'est qu'un Messager, des messagers avant lui sont
passés - s'il mourait donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos talons? » (1)
Ce discours d'Abû Bakr eut l'effet d'une douche froide pour les musulmans. 'Umar, abattu,
avoua avoir eu l'impression que ce verset venait d'être révélé. Par une grande sagesse et un
sang froid admirable, Abû Bakr venait de sauver la cohésion de la communauté, fraîchement
scellée. Son charisme exceptionnel lui permit d'assurer la succession du Prophète sans
encombre, tandis qu'un risque de divergence entre les Muhâjirîn - ceux qui ont émigré de la
On rapporte ainsi que lorsque la discussion s'échauffa entre les Muhâjirîn et les Ansârs dans la
Saqîfa des Banû Sâ'ida, Abû 'Ubayda se leva et dit: «Ô vous les Ansârs, vous avez été les
premiers alliés de l'islam, alors ne devenez pas les premiers à vous en détacher et à innover
dans la religion de Dieu. » Abû Bakr se leva alors et dit: «Voici 'Umar, et voici Abû 'Ubayda !
Choisissez celui que vous voulez d'entre eux! » Mais ils se levèrent et dirent tous deux : « Non,
par Dieu ! Personne d'autre que toi n’a le droit de revendiquer cette succession ! Tu étais le
meilleur d'entre les Muhâjirîn, et tu étais l'un des deux dans la caverne en compagnie du
Prophète. L'Envoyé de Dieu t'a désigné pour lui succéder dans la direction de la prière, et la
prière est le pilier de la religion ! Qui pourra prétendre être capable de diriger les affaires de la
communauté, sinon toi ? Tends la main pour que l'on te fasse allégeance. »
C'est ainsi que le fidèle compagnon du Prophète fut élu à la tête de la communauté. On
rapporte qu'il fit, à cette occasion, le discours suivant : « Ô peuple! J'ai été investi de la charge
de la communauté, bien que je ne sois pas le meilleur d'entre vous. Si j'agis bien, aimez-moi,
mais si je dévie du droit chemin, corrigez-moi! Le plus faible d’entre vous sera considéré
comme puissant par moi, jusqu'à ce que je lui obtienne son droit, et le puissant d'entre vous
sera considéré comme faible par moi, jusqu'à ce que je lui arrache le droit qu'il a pris aux
autres, et ce, par la volonté de Dieu ! »
13
La communauté naissante de l'islam avait trouvé son homme. Après lui avoir assuré son unité
et sa cohésion, celui-ci va lui assurer son expansion et son rayonnement. Il est vrai que suite à
la mort du Prophète des remous commencèrent à apparaître au sein de certaines tribus
fraîchement converties. On en vint même à refuser la donation de la zakât sous prétexte que le
Prophète étant mort, cet impôt n'avait plus aucune validité. Plus grave encore, des illuminés,
tentés par la recherche d'une gloire éphémère et exploitant la crédulité de leurs compatriotes,
proclamèrent qu'ils étaient eux-mêmes prophètes et attirèrent vers eux leurs propres tribus. Ces
imposteurs, qui avaient pour noms Tulayha, Al-Aswad, Musaylima et Sajâh, avaient créé un
véritable désordre qui risquait de saper les fondements de l'état naissant.
14
Il faut dire que c'est grâce à la fermeté du Khalif que la cohésion de la communauté put être
assurée et que la propagation de l'islam fut relancée. L'état central de Médine aurait été, à
brève échéance, menacé, et la propagation de l'islam compromise. C'est pourquoi, il a décidé
d'agir très vite et avec fermeté afin de décourager toute tentative qui mettrait en cause l'unité et
la stabilité de la communauté. Il faut dire que beaucoup de tribus de la péninsule arabe
(1) Coran 49 – V 24
(1) Coran 21- V 107
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 17
n'étaient pas encore bien ancrées dans l'islam bien qu'elles aient adopté ses rites cultuels.
C'est à ces tribus-là, d'ailleurs, que fait allusion le Coran dans un des versets: «Les bédouins
ont dit : "Nous avons la foi."Vous n'avez pas la foi. Dites plutôt: "Nous nous sommes
simplement soumis", car la foi n'a pas encore pénétré dans vos cœurs.» (1)
Abû Bakr n'était pas homme à confondre pondération avec laxisme ! Il réagit promptement et
avec fermeté en mettant fin au désordre avant qu'il ne se propage. En quelques semaines
seulement, ses généraux parmi lesquels se trouvaient les célèbres Khâlid Ibn Al-Walîd, 'Ikrima
Ibn Abî Jahl, 'Amr Ibn Al-'Âs… purent mater la rébellion et redonner à la communauté son unité
et sa stabilité. Abû Bakr pouvait se consacrer par la suite à l'idéal auquel il comptait tellement. Il
s'agissait de la propagation du message de Mohammad conformément à la parole du Très-
Haut : «Nous ne t'avons envoyé que comme miséricorde pour l'humanité»
La propagation de l'islam à travers le monde venait de commencer. Elle fut fulgurante et étonna
tous les historiens qui y virent là un fait unique dans l'histoire de l'humanité. Abû Bakr eut le
grand honneur d'inaugurer cette série de conquêtes qui portèrent très loin l'emblème de l'islam
et que ses successeurs poursuivront avec plus de succès encore. Son Khilafat, fut certes bref,
mais les réalisations qu'il accomplit, furent nombreuses et grandioses. La maladie devait
l’emporter quelque temps après, au moment où l'islam avait tant besoin de sa sagesse et de
son dévouement. En voyant que leur calife était sur le point de rendre l'âme, les musulmans lui
demandèrent de leur désigner un successeur qui puisse assurer la cohésion de la communauté
et la bonne marche de l'état. C'est 'Umar Ibn Al-Khattâb qu'il leur désigna, après avoir demandé
l'avis des plus proches compagnons comme 'Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf, 'Uthman, Sa'îd Ibn Zayd
etc.
Son choix étant fait, il sortit auprès des compagnons, appuyé sur sa femme Asmâ Bint 'Umays
et leur annonça le nom de son successeur, les motivations de son choix, en leur recommandant
obéissance et soutien. Ils répondirent : « Nous avons entendu et nous obéirons. » Il convoqua
ensuite 'Umar et lui donna les conseils nécessaires pour diriger avec justice et équité la
communauté du Prophète. Tranquillisé, il pouvait alors rejoindre le Messager de Dieu, son plus
intime compagnon. En effet, d'après Sulayman Ibn Yâsir, l'Envoyé de Dieu a dit un jour : « Dans
le croyant, il y a trois cent soixante qualités. Celui en qui se manifeste une de ces qualités,
entrera au Paradis. » Abû Bakr qui était présent dit : « Ô toi qui m'est plus cher que mon père et
ma mère, y a-t-il une de ces qualités en moi ? » Le Prophète répondit : « Elles sont toutes en
toi! »
Nous pouvons retenir du Khalifat Abû Bakr, qu’autant Mohammad a maté les mécréants qui
l’attaquaient, autant son premier Khalif a maté les musulmans rebelles, dissidents, renégats et
frondeurs. Ainsi il avait donné de la voie, ‘’gérer rigoureusement son ami pour donner un
avertissement fort à son ennemie’’. Si la rigueur et la promptitude d’Abû Bakr avaient
caractérisé tous les Khalifs, les velléités rebelles seraient mortes dans l’œuf. Aussi, il n’avait
confondu ‘’Commandeur des Croyants’’ à un roi mondain tiré par la recherche de fortune.
De fait, dès qu'il put mettre fin au désordre suscité par la rébellion des tribus ayant suivi les
imposteurs prétendant à la prophétie (comme c’est le cas maintenant), Abû Bakr se consacra à
la propagation de l'islam aux quatre coins du monde. Il inaugura alors l'épopée des conquêtes
que ses successeurs poursuivront avec une rapidité jamais égalée dans l'histoire de l'humanité.
Il faut préciser, toutefois, que le mot «conquête» ne veut nullement dire ici, colonisation ou
invasion, dans le sens où l'entendent certains orientalistes. Les conquêtes de l'islam ne sont
pas des conquêtes de territoires ou de richesses terrestres, loin s'en faut, ce sont des
conquêtes de cœurs et d'âmes. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, on n'a vu des conquêtes
se dérouler aussi pacifiquement et aussi correctement que celle des musulmans. Ceux-ci
avaient le souci de répondre à la prescription coranique: «Pas de contrainte en matière de
religion» (1)
15
Ce verset sera le leitmotiv des musulmans, partout où ils mettront les pieds. En effet, dans
toutes les contrées où ils pénétrèrent, ils respectèrent les croyances des habitants et ne
songèrent nullement à les convertir par la force et la contrainte. Bien mieux, ils laissèrent à
leurs sujets non musulmans, leurs églises, temples, synagogues et ne s'immiscèrent jamais
dans leurs affaires privées. Cet esprit de tolérance érigé en politique d'état devait permettre à
l'islam de gagner des territoires immenses en l'espace de quelques années. Déjà, sous le règne
d'Abû Bakr, l'avancée du message du Prophète était impressionnante. Voilà, pour illustration,
les directives que le Khalif donne aux soldats à chaque expédition militaire qui dénotent d'un
profond esprit chevaleresque et humanitaire: «Ne vous comportez pas à la manière des traîtres
! Ne vous adonnez pas aux mutilations à la manière de vos ennemis et ne tuez ni enfant, ni
vieillard, ni femme. Évitez d'abattre ou de brûler les palmiers et les arbres fruitiers. Evitez de
tuer les animaux domestiques, sauf pour vous nourrir. Dans votre expédition, vous allez
rencontrer des gens qui se sont retirés dans des monastères pour s'adonner à la méditation et
au recueillement: Laissez-les et ne les perturbez pas ! » Il leur dit ensuite: « Partez au Nom de
Dieu ! »
Voilà l’esprit dans lequel les soldats de Dieu conquièrent les cœurs des hommes. Mais aussi
l’esprit dans lequel Mohammad (Psl) avait organisé le Khilafat du nouvel Etat Islamique qui
Le Prophète Mohammad (Psl) est parti quand l’Etat Islamique qu’il avait créé n’avait que 24
ans. Au moment où les peuples de la Péninsule Arabique n’avaient encore dit leur dernier mot
par rapport à leurs croyances se s’appuyant sur la Jahiliya et où, la communauté musulmane
en formation menait intérieurement sa garde sur ses hypocrites et imposteurs. Cela coïncidait à
la période où certains compagnons, poussés par ses gens, commencèrent à prêter attention à
leurs penchants égoïstes, créant une farouche dualité entre l’homme qui doit obéir et se
soumettre, à l’Islam et à Dieu pour qui l’on doit obéissance et soumission. ‘’Annonce à ceux
qui croient et pratiquent de bonnes œuvres qu’ils auront pour demeurent des jardins
sous lesquels coulent les ruisseaux ; chaque fois qu’ils seront gratifié d’un fruit des
jardins, ils diront : « c’est bien là ce qui nous avait été servi auparavant ». Or c’est
quelque chose de semblable seulement dans la forme) ; ils auront là des épouses pures,
et là ils demeureront éternellement’’ (1)
Conscient de tout cela, le Prophète Mohammad (Psl) sentant sa mission arrivée à termes,
disait, pour dissiper les appréhensions de ses hommes, qu’il leur a ‘’laissé deux grandes et
hautes références et remparts: le Coran Parole Sacrée d’Allah (Swt) et la Sunna Faits et
Gestes de son Envoyé Mohammad. Point d’égarement et de déperdition pour ceux qui
les suivrons’’. Voilà les deux premières Ecoles laissées à la Ouma des Croyants, prouvant, s’il
en était besoin, que Mohammad (Psl) se confondait à la Mission qu’Allah (Swt) l’avait assignée.
Qu’on doit être le modèle des valeurs qu’on prêche, être l’image de ce qu’on dit.
C’est ainsi que, quelques temps après le rappel à Dieu du Prophète de l’Humanité, après le
Glorieux Cycle des Khalifs, des Hommes de Dieu se sont inspiré du Droit Musulman pour
promouvoir le Prototype Mohammadien dans des approches doctrinales. Ils formèrent d’écoles
Juridiques pour accompagner les ‘’frais musulmans’’, mais aussi, rappeler à l’ordre ceux dont
les passions sataniques mal dissimulées dans leurs pseudo repentirs se réveillent. C’était de
très nobles initiatives en ce sens qu’elles concourent à l’encadrement des musulmans dans la
voix stricte du Salut tracée par Allah (Swt) et suivi par Mohammad (Psl).
Pour leur forte ancrage à la Sunna (Tradition) du Prophète Mohammad (Psl), ces Ecoles prirent
le ‘’Sunnisme’’ comme référentiel, pour se distinguer plus tard, des deux autres branches de
L’Islam: Chiisme et Kharidjisme.
SUNNISME
16
Le sunnisme (arabe سنيsunnīy) est le courant religieux majoritaire de l'islam qui représente 85
à 90% des musulmans. Il est parfois apparenté à une vision orthodoxe de l'islam. Les sunnites
s'accordent sur quatre sources de référence principales : le Coran, livre révélé au prophète de
l'islam Mohammad, la sunna, qui sont les cas non directement évoqués dans le Coran, puis le
(1) Coran 8 – V 25
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 21
consensus des jurisconsultes musulmans et la déduction juridique (Qiyas). Le sunnisme
possède plusieurs écoles juridiques (madhhab), ayant toutes les mêmes croyances. Les quatre
principales écoles étant le hanafisme, le malékisme, le chaféisme et le hanbalisme. Chaque
courant se réclame plus ou moins d'une école. Le mot sunnite est basé sur le mot « sunna » qui
représente donc la ligne de conduite de Mohammad. Ses actes ont donc valeur de loi et sont
tous compilés en différents récits appelés « hadith » dont les principaux recueils sont le Sahih
al-Bukhari et le Sahih Muslim, considérés comme quasiment authentiques ou totalement par
l'ensemble des musulmans sunnites.
Jurisprudence
Les quatre grandes écoles ont divergé sur des questions de jurisprudence mineures mais sont
unanimes sur les fondements de la croyance (Aqida), à savoir le Coran et la sunna de
Mohammad (Psl) selon la compréhension de ses compagnons. Ces trois fondements sont
privilégiés par rapport à la raison. Dans l'islam médiéval, on retrouva très difficilement les
interprétations religieuses libérales de certains philosophes ou islamologues modernes. Les
quatre écoles se reconnaissent mutuellement comme valides et véridiques, et les différences
qui les caractérisent sont relativement minimes.
Les Sunnites sont très attachés à Mohammad (Sas), à sa famille, même s’ils développent dans
le même temps, des contradictions internes extraordinaires. Ils constituent le moindre mal dans
les courants islamiques dans la mesure où il a inspiré les plus Grandes Ecoles de Droit
Islamique de référence en tout temps et en tout lieu.
Quand, dans sa vingtième année, il créa et fit prospérer un atelier de tissage de la soie, on était
loin de croire qu’Abou Hanîfa An-Nou'mân Ibn Thâbit Ibn An-Nou'mân, plus connu sous le nom
du "plus grand Imâm" (Ahimallah) allait être l’un des plus grands juristes de son époque et
fonder la première école juridique de L’islam. C’est sa rencontre avec le célèbre imâm al-Cha'bî
qui allait donner à son destin une autre direction. C’est les signes d'intelligence que celui-ci vit
en lui qui le décidèrent à aller étudier auprès de savants de la religion et de réaliser ce grand
dessein.
L'Imâm Abou Hanîfa accomplissait le pèlerinage fréquemment; on dit qu'il fit 55 pèlerinages.
Ces voyages répétitifs vers les lieux saints lui permirent de rencontrer de grands juristes et
mémorisateurs du Hadîth et de puiser dans leur savoir. C’est ainsi qu’Al-Qâdî 'Iyâd témoigne:
"Abou Hanîfa fut un juriste, connu en jurisprudence, célèbre pour son scrupule, aisé, bienfaisant
envers autrui, patient dans l'enseignement de la science de jour comme de nuit, il observait
souvent le silence, parlait peu, jusqu'à ce qu'une question traitant du licite ou de l'illicite
survienne…".
C’est après la mort de son sheikh, Hammâd Ibn Abî Soulaymân, que l'Imâm Abou Hanîfa prit la
direction du cercle de Fiqh, il était alors un quadragénaire. Les étudiants l'ont alors entouré pour
puiser dans sa science abondante et son Fiqh. Il avait une approche d'enseignement toute
originale. Face à une question juridique, il ne donnait pas la réponse directement, il exposait la
question à ses disciples pour que chacun propose une solution argumentée. Puis, l'Imâm
commentait les propos de ses élèves, en rectifiant ce qui mérite de l'être, puis au terme de cette
discussion sondant les facettes du problème et les pistes de réponse, le professeur pédagogue
et ses élèves arrivaient à une solution juridique. L'Imâm Abou Hanîfa entourait ses élèves de
ses soins. Il dépensa même de son argent pour ses élèves, notamment son fidèle disciple Abou
Yoûssouf pour lui faciliter la recherche de science et lui épargner des difficultés financières qui
constituaient un frein dans ses études. ‘’Qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés,
invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre, (disant): « Notre
Seigneur ! » Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde – nous du châtiment du
feu’’ (1)
17
L’école Hanâfite était la plus ancienne et la plus répandu des écoles, crée au moment où les
religieux de l'époque, contemporaine du prophète, décidèrent de déménager à Koufa en Irak.
C'est l'école la plus ouverte au niveau des déductions, car elle insiste sur la liberté d'opinion, le
jugement personnel, et la recherche de la meilleure solution (au cas par cas, en fonction des
convenances du moment et de l'équité). Il existe donc, du moins à l'origine, une certaine marge
de manœuvre interprétative. Le rite insiste sur l'importance des textes et de la tradition. Peu à
peu, cette école va perdre de sa capacité à innover et la notion d'ijtihad (interprétation) laisse
‘’Oh les croyants ! Rappelez-vous le bienfait d’Allah à votre égard, le jour où un groupe
d’ennemies s’apprêtait à porter la main sur vous (en vu de vous attaquer) et qu’Il
repoussa leur tentative……’’ (1)
Il a été dit et prouver que l’Imam Malick Ibn Anas est l’un des quatre plus grands pôles de la
jurisprudence islamique. Né à Médine en l’an 93 de l’hégire après avoir passé 3 ans dans le
ventre de sa mère selon la légende rapportée par Ibn Sa’ad, il y résidera jusqu’à sa mort en l’an
179 H. C’est son arrière grand-père, Abou Amir Ibn Amr, fut un Compagnon du Messager
d’Allah qui participa à toutes les batailles du temps du Messager d’Allah, exception faite de la
grande bataille de Badr.
‘’Il donne la Sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un
bien immense qui lui est donné. Mais le doués d’intelligence seulement s’en
souviennent’’ (2)
18
Son grand-père, Malik Ibn Abou Amir, fut un grand Successeur qui rapporta des hadiths sur
l’autorité du Commandeur des Croyants `Umar Ibn Al-Khattab, de Talhah, de la Mère des
Croyants Aishah, de Abou Hurayrah et de Hassan Ibn Thabit, (qu’Allah soit satisfait d’eux tous).
Il fut l’un des quatre hommes ayant porté le Commandeur des Croyants Uthman Ibn Affan,
qu’Allah soit satisfait de lui, à sa tombe. Il fut l’un des scribes qui inscrivirent le Coran
lorsqu’Uthman réunit les codex du Coran. On rapporte en outre que le «Cinquième Khalif bien-
guidé», Umar Ibn Abd Al-Aziz, lui demandait souvent conseil.
Né à Médine, il connaîtra la transition entre la période des califes omeyyades et celle des
abbassides. Cette période d'expansion de l'empire musulman voit apparaître la forte nécessité
de juridiction, en particulier dans les nouveaux territoires conquis. Il commença son
apprentissage auprès de Rabî’ah ibn Abdir Rahman (Al-Ra’y), qui avait étudié auprès des 7
fuqaha de Médine. Il apprit et mémorisa le Coran très jeune par Abu Suhail an-Nafi' ibn 'Abd ar-
Rahman (pas le célèbre rapporteur de hadith Nafi'). Il lui autorisa à enseigner aux autres
(ijazah). Il étudia le hadith avec Ibn Shihab al-Zuhri, qui était le plus grand muhaddith de son
temps; sous Naafi, l'esclave affranchi de Abdullah ibn Omar; ainsi que de Ibn Hurmuz
(rapporteur de Abu Hurayrah) pendant huit années.
L’imam Malik mémorisa le Coran dans son enfance puis s’orienta vers la mémorisation des
hadiths prophétiques et les verdicts religieux (fatwa) émis par les Compagnons. Il étudia la
jurisprudence de l’Ecole de l’Opinion et s’initia à la réfutation des courants déviants. Il se
montra brillant dans l’acquisition des sciences islamiques et se distingua par son excellente
mémoire. Il a appris la science auprès d’un grand nombre de Cheikhs.
(1) Coran 5 – V 11
(2) Coran 2 – V 269
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 25
Selon l’Imam An-Nawawi, il eut 900 Cheikhs dont 300 Successeurs (Râbi’i) (1), les autres étant
des Successeurs de Successeurs dans l’Ecole Malikite. L’Imam `Abd Ar-Rahman Ibn Hurmuz
Al-A`raj figurait parmi ses Cheikhs les plus distingués. Mais parmi ses Cheikhs, nous pouvons
également citer, le Hafidh Abou `Uthman Rabi`ah Ibn Abou `Abd Ar-Rahman Al-Qurashi
surnommé "Rabi`at Ar-Ra’y" pour sa rigueur et son intelligence dans l’interprétation et le
raisonnement par analogie, Nâfi, le noble Successeur affranchi de `Abd Allah Ibn `Umar, le
grand Imam Ja`far Ibn Mohammed Al-Baqir, le juriste et savant-mémorisateur Yahya Ibn Sa`id
Al-Ansari le Juge de Médine, et le prédicateur aux exhortations vibrantes, Salamah Ibn Dinar
Abou Hazim As-Sufi et bien d’autres.
L’excellence de l’Imam Malik lui permit d’enseigner et de diffuser la science dès sa jeunesse et
ses Cheikhs l’autorisèrent à enseigner et à délivrer les Fatwas (avis juridiques) dès l’âge de 17
ans. Il choisit la Mosquée du Prophète pour tenir son cercle de science. Plus précisément, il
choisit, dans cette Mosquée, l’endroit où se tenait le Khalif Juste `Umar Ibn Al-Khattab. C’est là
que s’asseyait le Messager d’Allah. Les cours de l’Imam Malik ne furent transférés chez lui que
plus tard, à cause de sa maladie. Confit dans une piété ascétique, Malik était un homme
modeste, bienveillant et plein d’amour pour le prophète Mohammad, si bien que par respect
pour lui, il n’a jamais enfourché une monture à Médine. Les Califes Abou Jaafar al-Mansour, al-
Mahdi, Haroun Ar-rachid le tenaient en haute estime. Ils lui demandaient souvent conseil et
assistaient à ses cours pendant le pèlerinage. Il composa son célèbre ouvrage ‘‘Al-Mouattaa’’ à
la demande du Khalif Al-Mansour. On le citait comme exemple dans une maxime qui dit: « Pas
de Fatwa à Médine tant que Malik s’y trouve ». La profusion de sa science attira une foule très
nombreuse, sa renommée s’étendit et il occupa une place distinguée dans le cœur des
habitants de Médine.
19
En matière de jurisprudence, Malik puisait dans le Noble Coran, exigeant que l’exégète ait une
excellente maîtrise de la langue arabe. Puis il s’appuyait sur le Hadith et la Sunnah, avec une
grande minutie dans l’authentification des narrations. Il considérait la pratique des gens de
Médine comme un argument législatif.
Le Khalif al-Mansour lui demanda de composer un livre qui ferait autorité sur l’ensemble des
hadiths du prophète et qui servirait de constitution de l’Etat. l’Imam rassembla son célèbre
recueil de hadiths intitulé ‘‘Al-Mouattaa’’ mais il refusa qu’on lui accordât un caractère officiel de
manière à l’imposer, estimant qu’aucun livre, excepté le Livre d’Allah (Le Coran), ne devait
s’imposer à l’ensemble des musulmans.
Ce noble savant prolongeait la réflexion et la méditation avant d’émettre une fatwa ou un avis
juridique. Il disait : "Parfois, on me fait part d’une question et je passe toute la nuit à la traiter." Il
arrivait qu’une personne vienne le consulter pour une question juridique et reparte avec pour
Plus encore, quand l’Imam était questionné sur une chose qu’il ne savait pas, il répondait
sobrement : "Je ne sais pas." Lorsqu’une personne insistait en lui disant: "Je suis venu jusqu’à
toi d’un pays lointain pour te poser cette question et voici que tu me réponds que tu ne sais pas,
toi le grand Imam de Médine. Que vais-je dire aux miens ?" Et l’Imam, imperturbable, de
répondre : "Dis-leur que Malik ne sait pas.
Les musulmans considèrent qu'il fut annoncé par le prophète Mohammad dans un hadîth
rapporté par Tirmirdhî2 où il est dit : " Les gens vont aller très loin avec leur monture, et ils ne
trouveront guère quelqu'un de plus savant que le savant de Médine. " On a demandé à l'Imâm
Ibn 'Uyaynah qui était le savant de Médine, et Il répondit qu'il s'agissait de l'Imâm Mâlik Ibn
Anas.
L'école Malikite a été fondée par Mâlik ibn Anas en basant la théorie juridique sur les coutumes
médinoises au moment où Mohammad y vivait. ‘’Voilà ce que Nous te récitons, des versets
et du sage rappel’’ (1). Elle diffère essentiellement des trois autres écoles par les sources
qu'elle utilise pour déterminer la jurisprudence. Si les quatre écoles utilisent le Coran, la sunna,
ainsi que l'ijma (le consensus des experts) et les analogies (qiyas), le malikisme utilise
également les pratiques des habitants de Médine (Amal ahl al-medina) à l'époque de
Mohammad comme sources de la jurisprudence (fiqh). Cette place majeure donnée à la
coutume a favorisé l'acceptation de coutumes populaires rejetées par d'autres courants.
L'interprétation (ijtihad), d'abord recommandée, est fermée au Xe siècle. L'école est
principalement répandue en Afrique du Nord et en Afrique de l'Ouest, ainsi qu'en Syrie et aux
Émirats Arabes Unis. Une minorité malikite importante est également présente dans les villes
saintes de La Mecque (dont est issu le célèbre Imâm Muhammad Ibn Alawî Al Mâlikî Al Makkî)
et de Médine. L'Espagne musulmane (al-andalus) était le bastion du sunnisme malikite. Elle
reste cependant toujours présente en Occident, notamment en Europe de l'Ouest et aux États-
Unis. L’Ecole d’Imam Malick Ibn Anas est la plus répandue en Afrique de l’Ouest pour sa Pureté
Religieuse, sa Rigueur Juridique et son ouverture à la Spiritualité. N’en déplaise à la nébuleuse
Wahabite et ses tentacules Ibadou Rahmane et autres qui tapent fortement à sa porte.
L'imam mourut en 796 à l'âge de 85 ans à Médine après une courte maladie. Il fut enterré au
Cimetière Al-Baqî de Médine, la prière funéraire (janâzah) fut prononcée à cette occasion par le
gouverneur 'Abd Allâh b. Zaynab. Son tombeau fut surmonté d'une coupole.
Il s’appelle Abou Abdi l-lah Mouhammad ibnou Idris ibni l-Aabbas ibnou Othman ibnou Chafi
ibni s-Sa'ib ibnou Oubaïd ibnou Abdi yazid ibnou Hachim ibni l-Mouttalib ibni Abdi Manaf,
l'ancêtre du prophète (Psl) et l'aïeul de ach-Chafi’iyy, qui a pu, alors qu'il était encore très jeune,
rencontrer le prophète (Psl). La mère de l'imam ach-chafi’iy que Allah l’agrée est fatimah bintou
^oubaydi l-lah ibni l-hasan ibni l-housayn ibnou Ali ibnou abi talib.
Amrou ibnou Sawad dit, l'imam ach-Chafi’iy (qu’Allah l’agrée), m'a dit : "je suis né à Asqalan.
Lorsque j'eus deux ans, ma mère m'a amené à la Mecque et je cherchais passionnément deux
choses, le tir et la recherche de la connaissance. Au sujet du tir, j'ai obtenu tellement de succès
que j'arrive à toucher dix cibles sur dix tirs". Mais il n'a pas parlé de la connaissance. Alors je lui
ai dit: "par Allah, tu es dans le sujet de la connaissance plus grand encore que ce que tu l'es
dans le domaine du tir".
Il est né en l'an 150 de l'hégire, qui est l'année du décès de l'imam abou hanifah que Allah les
agrée. Il a étudié auprès d'environ 80 cheikhs qui comptaient parmi les plus éminents de leur
siècle dont Soufyan ibnou Ouyainah, Malik ibnou Anas, Foudayl ibnou Iyad, Mouhammad ibnou
l-hasan ach-Chaybani et Abdou l-lah ibnou l-Moubarak. Beaucoup de grands oulama ont été
formés auprès de lui. Parmi eux, on compte ceux qui sont des jurisconsultes comme l'imam
Ahmad ibnou Hambal et l'imam Abou Thawr (qu’Allah les agrée), et beaucoup de ceux qui ont
transmis son Madh-hab sont cités parmi les oulama' les plus importants.
L'imam ach-Chafi’iy (qu’Allah l’agrée), possède beaucoup de mérites, ce qui n'est pas accordé
à tout le monde. D'abord, son ascendance qui le rend proche du Prophète (Psl). Ensuite, sa
droiture et sa croyance pure qui est loin d'être altérée par les hérésies, ou encore sa générosité
et la noblesse de son caractère. Et encore sa connaissance étendue dans le domaine de la
sounna, ce qui lui permettait avec beaucoup d'aisance de trancher quant à la fiabilité de ce qui
est transmis. ‘’Quand vous avez accompli la Salât, invoquez le nom d’Allah, debout, assis
ou couchés sur vos côtés…..’’ (1)
L'imam ach-Chafi’iy (qu’Allah l’agrée), a dit un jour: "je suis parti pour être auprès de l'imam
Malik ibnou Anas, alors que je connaissais par cœur al-Muwatta". Il m'a dit : "présente-toi
auprès de celui qui lira pour toi". J'ai dit: "mais je le connais". Et j'ai commencé de réciter al-
Muwatta’ devant lui. Alors il a dit: "s'il y a quelqu'un qui doit réussir, ce sera certainement ce
jeune homme’’. Il faut savoir que l'imam ach-Chafi’iy (qu’Allah l’agrée), avait alors 13 ans.
(1) Coran 3 – V 58
Abbas ibnou l-housayn a dit: "j'ai entendu Bahr ibnou Naçr dire, quand on avait envie de
pleurer, nous nous disions: venez auprès de ce jeune mouttalibiy pour réciter al-qour'an".
lorsque nous arrivions près de lui, il commençait par réciter le qour'an, jusqu'à ce que les gens
commencent à tomber à terre devant lui et à pleurer tout haut, tant sa voix était belle à réciter le
qour'an. Lorsque ach-Chafi’iy voyait cela, il s'arrêtait. Cet épisode s'est déroulé alors qu’il était
encore jeune à la Mecque. l'Imam ach-Chafi’iy (qu’Allah l’agrée), partageait sa nuit en trois
tiers, le premier pour l'étude et l'écriture, le deuxième pour la prière et le troisième pour le
sommeil.
Abou Abdi l-lahi ach-Chafi’iy est resté auprès de l'Imam Malik (qu’Allah les agrée), à Médine et
ce alors qu'il était auparavant auprès des oulémas de la Mecque. Après Médine, il est parti à
Bagdad, et c'est là qu'il a commencé à devenir célèbre. Al-hamidiy a dit : "nous avions envie de
répliquer contre les partisans de la déduction "ar-ra'you " et nous n'avions pas trouvé la bonne
façon de faire, jusqu'à ce que ach-chafi^iy nous vienne et nous ouvre les portes". En plus de
tout cela, il était très fort dans le domaine de la croyance. Il répliquait avec force contre les
hérétiques et les musulmans conservent de lui beaucoup de paroles très importantes dans le
domaine et de ce qui renforce les arguments de ahlou s-sounna wa l-jama’ah contres les
égarés.
Ishaq ibnou Rahawayh a dit, mon père m'a dit : "ach-Chafi’iy a débattu un jour avec un faqih.
Alors il a commencé à détailler, à vérifier, à aller dans la finesse des détails, et le faqih lui dit :
c'est la méthode des gens de al-kalam et non la méthode des gens de al-halal wa l-haram". Il a
répliqué : "nous avons maitrisé cela avant ceci ".
L'imam ach-Chafi’iy (qu’Allah l’agrée), est décédé le dernier jour de rajab, l'année 204 de
l'hégire en Egypte. On a écrit sur sa tombe: "ceci est la tombe de Mouhammad ibnou Idris ach-
Chafi’iy. Il témoigne qu'il n'est pas de divinité à part Allah, Unique et sans associé et que
Mohammad (qu’Allah l'élève davantage en grade), est le Messager d’Allah. Que le paradis est
une réalité, que l'enfer est une réalité, que l'heure viendra sans doute aucun à son sujet,
qu’Allah ressuscitera ceux qui sont dans les tombes, et que sa prière, son rituel, sa vie et sa
mort sont à Allah le Seigneur des mondes qui n'a pas d'associés. Ainsi a-t-il été ordonné d'agir,
et il fait partie des musulmans. Conformément à ceci il a vécu, et de même il est mort, et
conformément à cela, il sera ressuscité vivant, 'in cha'a l-lah". ‘’Ceux qui pratiquent la pitié
lorsqu’une suggestion du diable les touche se rappellent du châtiment d’Allah : et les
voilà devenus clairvoyants’’ (1)
L'imam Ahmad que Allah l’agrée, a dit: "je ne me suis pas couché depuis trente ans sans faire
une invocation pour ach-chafi’iy". L'imam Abou Thawr (qu’Allah l’agrée), disait: "celui qui
prétend qu'il a vu quelqu'un comme ach-Chafi’iy dans sa connaissance, dans sa maitrise de la
langue et son éloquence, dans son savoir, dans sa fermeté et sa maitrise des connaissances
en général aura menti. il n'avait pas d'égal". L'imam Ahmad (qu’Allah l’agrée), ainsi que
beaucoup de grands oulémas disent que, au terme du premier siècle, c'était le calife éclairé
Oumar ibnou Abdi l-Aziz, au terme du deuxième siècle c'était l'imam ach-Chafi’iy, et au terme
du troisième siècle c'était l'Imam Abou l-hasan al-Ach’ariy (qu’Allah les agrée). ‘’Seigneur, fais
que nous soyons sur le chemin des disciples des Imams véridiques, ceux qui œuvrent dans
cette religion. Qu’Allah ta’alaa accorde à l'Imam ach-Chafi’iy constamment les expressions
étendues de sa miséricorde’’
L'école chaféite de Mouhammad Abū Abd Allah Ben Idrīs ac-Cāfi`īy, descendant de la tribu de
Quraysh, dont est également issu Mohammad, est un compromis entre les deux écoles
précédentes. Cette école valorise la sunna comme source du droit, et insiste sur le consensus
de toute la communauté, mais le point de vue des savants l'emporte, écartant par là l'opinion
personnelle. Elle est particulièrement répandue en Égypte, Arabie, Yémen, Koweït, Indonésie,
Malaisie, Viêt Nam, Philippines et Thaïlande.
‘’Et puis, à cause de leur violation de l’engagement, Nous les avons maudit et endurci
leurs cœurs : ils détournent les paroles de leurs sens et oublient une partie de ce qui
leur a été rappelé……’’ (1)
Après avoir béni toutes les régions excepté le plateau du Nadjd, quand le prophète de l'Islam
(paix et salut sur lui) disait: «du Nadjd se lèvera la corne du Satan » et qu’ ‘’il sortira de
Nadjd des gens qui ne comprenne du Coran que son aspect extérieur, le sens du Coran
ne parvient pas à leur cœur’’, l’on ne pensait pas qu’il faisait allusion à un groupe de
guerriers, qui se réfèrent pourtant à l’un des quatre grands Imams de l’Islam ayant fondé les
plus grandes Ecoles Juridiques. En effet cette prestigieuse Ecole Hambalite a connu un
Hambalisme Fondamental dans son Odyssée Idéologique, qui finit par se perdre dans une
aventure politique inspirée par ce que l’on identifie au ‘’Néo – Hambalisme’’, caractérisé par la
terreur, la violence et l’injustice.
Né à Bagdad dans la haute noblesse de l’une des maisons des Banû Shaybân au cours du
mois de Rabî` Al-Awwal de l’an 164 de l’hégire, Ahmad Ibn Hanbal est le Grand Jurisconsulte
Fondateur de la quatrième école de jurisprudence sunnite. L’Imâm Ahmad fut l’un des Imâms
de la guidance des tous premiers siècles de l’hégire. Une référence pour ses contemporains et
un modèle vivant d’attachement à la Sunnah et de pratique droite et sincère. Son cercle de
savoir était une source de guidance et de lumière et l’ultime abri des raisons saines pendant les
épreuves.
Elevé par sa mère qui veilla à lui donner la meilleure éducation et à lui enseigner les savoirs
primordiaux en ces temps, il mémorisa le Noble Coran avant de se lancer avec avidité dans
l’apprentissage du Hadîth. Au petit matin, il se dépêchait de se rendre auprès de son maître
pour être le premier de ses étudiants à se rendre aux études. Lorsqu’il sortit de la petite
enfance, il rejoignit le cercle de l’Imâm Abû Yûsuf — le brillant disciple de l’Imâm Abû Hanîfah
et le premier homme à exercer la fonction de Grand Juge (Qâdî Al-Qudâh) — où se
retrouvaient pêle-mêle étudiants, savants et magistrats. Il passa quatre ans dans le cercle
d’Abû Yûsuf durant lesquels il prit en note tout ce qu’il entendait, soit l’équivalent de quatre
malles d’écrits. Il assista également au cercle du Maître des Savants du Hadîth à Bagdad,
Hushaym Ibn Bashîr As-Sulamî. Dès qu’un savant séjournait à Bagdad, il veillait à prendre
contact avec lui et à se former auprès de lui. Il se forma ainsi auprès de Nu`aym Ibn Hammâd,
`Abd Ar-Rahmân Ibn Mahdî et `Umayr Ibn `Abd Allâh Ibn Khâlid.
Âgé de douze ans, Ahmad Ibn Hambal entama sa quête du savoir vers l’an 186 A.H. Il se rendit
à Basorah, à Koufah, à Ar-Ruqah, au Yémen et dans le Hijâz et rencontra de nombreux grands
savants et juristes du monde musulman tels que Yahyâ Ibn Sa`îd Al-Qattân, Abû Dâwûd At-
Tayâlisî, Wakî` Ibn Al-Jarrâh, Abû Mu`âwiyah Ad-Darîr, Sufyân Ibn `Uyaynah, et Ash-Shâfi`î.
Ibn Hanbal suivit longuement ce dernier et se forma auprès de lui à la jurisprudence et ses
fondements. L’Imâm Ahmad réservait beaucoup de respect et d’admiration pour l’Imâm Ash-
Shâfi`î au point que, pendant quarante années consécutives, il ne passa pas une nuit sans faire
des invocations en faveur de son maître. Lorsqu’il narrait le hadîth du Messager de Dieu — paix
et bénédictions sur lui — selon lequel : «Au début de chaque siècle, Dieu envoie un réformateur
qui renouvelle à cette communauté les affaires de leur religion», il disait: «Dieu — Exalté soit-Il
— a envoyé notre maître `Umar Ibn `Abd Al-`Azîz au début du deuxième siècle pour renouveler
à cette communauté sa religion, et j’espère qu’Ash-Shâfi`î soit celui envoyé au début du
troisième siècle» De son côté, l’Imâm Ash-Shâfi`î fit l’éloge de son disciple disant : «Je n’ai
point vu plus connaisseur du Livre de Dieu que ce jeune homme Qurayshite» Lorsqu’on
interrogea l’Imâm Ash-Shâfi`î sur la raison qui le poussait à recevoir et à rendre visite
fréquemment à l’Imâm Ahmad, il répondit par ces vers de poésie:
(1) Coran 5 – V 13
Un jour, il quitta l’Irak en compagnie de Yahyâ Ibn Ma`în dans l’intention de s’instruire auprès
du grand savant du Hadîth, `Abd Ar-Razzâq Ibn Al-Humâm le Yéménite, l’auteur du recueil de
hadîths intitulé Musannaf `Abd Ar-Razzâq. Arrivés à la Mecque, pendant qu’ils effectuaient
quelques circumambulations autour de la Maison Sacrée, ils aperçurent `Abd Ar-Razzâq.
Yahyâ Ibn Ma`în suggéra à son compagnon de profiter de sa présence à la Mecque pour
s’instruire auprès de lui. Ahmad refusa arguant qu’il était parti avec l’intention de rencontrer le
savant yéménite chez lui pour en recueillir une rétribution complète et qu’il n’avait aucune envie
de frelater cette intention. Pendant qu’il était au Yémen, `Abd Ar-Razzâq voulut lui faire don de
quelque argent pour l’aider à subvenir à ses frais de séjour à l’étranger. Mais l’Imâm Ahmad
déclina son offre, préférant gagner sa vie en tant que copiste. ‘’Et quand on récite le Coran,
prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la
miséricorde (d’Allah)’’ (1)
Il tenait deux cercles d’enseignement, l’un chez lui auquel assistaient ses disciples les plus
brillants et un autre, public, se tenait à la mosquée après la prière d’al-`asr et rassemblait des
centaines de gens et d’étudiants. Il était très heureux de voir des gens écrire le Hadîth dans son
assemblée et qualifiait leurs encriers de luminaires de l’islam. Il ne citait jamais un hadith de
mémoire, mais le lisait à partir de ses écrits, par souci de fidélité, alors qu’il était passé pour une
légende pour sa bonne mémoire et l’exactitude de sa restitution.
Il eut nombre de disciples brillants comme Abû Bakr Al-Marwazî — son disciple préféré pour sa
science et son scrupule —, Abû Bakr Al-Athram, Ishâq Ibn Mansûr At-Tamîmî, Ibrâhîm Ibn
Ishâq Al-Harbî, Al-Bukhârî, Muslim, Abû Dâwûd et Baqiyy Ibn Mukhallad.
L’Imâm Ahmad ne consigna pas lui-même son école juridique, ni ne rédigea le moindre traité de
jurisprudence. Il ne dicta pas non plus les verdicts de son école à ses disciples et détestait
qu’on consignât ses opinions et ses fatwas. On doit la compilation de la jurisprudence hanbalite
à Abû Bakr Al-Khallâl (décédé en 311 A.H., 923 E.C.), le disciple d’Abû Bakr Al-Marwazî. Celui-
ci parcourut les contrées à la recherche des verdicts rendus par l’Imâm Ahmad et réussit à en
recueillir un nombre sans précédent qu’il classifia dans son ouvrage en vingt volumes intitulé Al-
Jâmi` Al-Kabîr (« Le grand recueil »). Ensuite, il se consacra à enseigner la jurisprudence de
l’Imâm Ahmad dans la Mosquée d’Al-Mahdî à Bagdad. L’école juridique de l’Imâm Ahmad
venait ainsi de naître et était passée d’une somme éparse d’opinions transmises oralement à
un corpus écrit.
Il convient de noter à ce titre que l’école juridique hanbalite est l’école la plus souple en ce qui
concerne les contrats et les critères que doivent remplir les contractants. Car aux yeux de
l’Imâm Ahmad les transactions sont licites originellement aussi longtemps qu’aucune preuve
légale ne les interdit. D’où l’adéquation du rite hanbalite et sa souplesse dans le domaine des
transactions.
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L’Imâm Ahmad vit passer quatre califats successifs de son vivant. D’abord, il y eut le califat
d’Al-Ma’mûn, ensuite celui d’Al-Mu`tasim, puis celui d’Al-Wâthiq et enfin celui d’Al-Mutawakkil.
En cette période, les Mu`tazilites avaient pris beaucoup d’envergure et jouissaient d’une grande
influence dans les cercles du pouvoir, notamment du temps du Calife Al-Ma’mûn. Ce dernier
était le disciple de Abû Hudhayl Al-`Allâm, l’un des chefs du mu`tazilisme, si bien qu’il fut
subjugué par la philosophie grecque. Profitant de cette relation privilégiée, le Mu`tazilite
sectaire Ahmad Ibn Abî Dhu’âd ne cessa de se rapprocher du Calife et de l’entretenir tant et si
bien que ce dernier en fit son ministre et son conseiller. Or, nous avons vu précédemment que
l’Imâm Ahmad était éloigné de la philosophie et du mu`tazilisme et attaché à la Sunnah et à la
tradition des pieux prédécesseurs.
À cette époque, les Mu’tazilites proclamèrent la thèse de la création du Coran, c’est-à-dire que
le Coran est une créature accidentelle et qu’il n’est pas la parole éternelle et ancienne de Dieu,
thèse que le Calife Al-Ma’mûn reprit à son compte. En 218 A.H., 833 E.C., le Calife Al-Ma’mûn
envoya un décret à son représentant à Bagdad, Ishâq Ibn Ibrâhîm, clarifiant cette thèse et
l’étayant — d’après leurs dires — de preuves scientifiques détaillées. On pense cependant que
ce décret n’est pas de la composition du Calife Al-Ma’mûn mais émanerait plutôt de son
conseiller mu`tazilite. Toujours est-il qu’il fut ordonné à Ishâq de réunir tous les savants de
Bagdad et de les convaincre que le Coran était une créature et de démettre de leurs fonctions
tous ceux qui s’opposeraient à la doctrine officielle.
«Il (L’inquisiteur Ishâq Ibn Ibrâhim) se tourna de nouveau vers Ahmad Ibn Hanbal et lui
demanda : “Que dis-tu à propos du Coran ?” Il répondit : “Il est la Parole de Dieu.” Il lui
demanda : “Est-il créé ?” Il répondit : “Il est la Parole de Dieu, je n’ai rien d’autre à ajouter.”
Alors, il lui demanda de lire la formule exigée par le Calife mais l’Imâm s’arrêta après la phrase
“Rien n’est à Sa ressemblance et Il est l’Audient le Clairvoyant” et refusa de dire "Aucune de
Ses créatures ne lui ressemble dans quelque qualité que ce soit, de quelque façon que ce soit"
(...) Ishâq interrogea Ahmad Ibn Hanbal : “Que signifie ’Il est l’Audient le Clairvoyant’ ?” Il
À quelques heures de leur arrivée à Tartûs, l’Imâm Ahmad s’agenouilla et leva les yeux au ciel
disant : « Seigneur, Ta patience a désabusé ce tyran si bien qu’il eut la témérité d’agresser tes
saints, les frappant et les tuant. Ô Allâh, si le Coran est Ta Parole incréée, fais-nous jouir de sa
protection. » Sur ce, Al-Ma’mûn décéda avant l’arrivée de l’Imâm Ahmad. Ce dernier fut détenu
en prison le temps que les affaires de l’État se stabilisent.
Pour refu de renier le caractère divin du Coran, l’Imâm Ahmad fut rudement torturé par la
suspension par les pieds et flagellé jusqu’à l’évanouissement, sans aucun égard à son savoir ni
à son rang. Son calvaire dura deux ans et demi... La colère des juristes commença à gronder à
Bagdad, ces derniers campèrent devant la porte d’Al-Mu`tasim demandant la libération de leur
maître, l’Imâm Ahmad.
Une fois relâché, ce dernier rentra chez lui soigner ses plaies. Lorsqu’on l’interrogea au sujet de
son tortionnaire de Khalif, Al-Mu`tasim, il demanda à Dieu de lui faire miséricorde et de lui
pardonner, affirmant qu’il aurait honte d’arriver le jour du jugement avec des réparations à
réclamer. (Quelle grandeur et quelle tolérance !) L’Imâm Ahmad aurait bien pu décrété la
mécérance du Khalif, du temps d’Al-Ma’mûn et d’Al-Mu`tasim, mais la crainte de Dieu le
poussait à dire qu’il est illicite de rentrer en dissension contre le Khalif tant que ce dernier était
musulman, ce qui correspond à l’opinion adoptée par la majorité des savants musulmans.
Après avoir étudié le fiqh et la science du hadith sous différents maîtres à Bagdad (il y suivit
entre autres les enseignements de l'imâm al-Châfi'î et d'Abou Youssouf, lui-même disciple
d'Abou Hanîfa et reçu des hadîth écrits de Mouhammad Al-Shaybânî) puis en Syrie et au
Yémen, Ibn Hanbal s'en émancipe progressivement pour fonder une école de pensée
rigoureuse lui paraissant la plus conforme au Coran et à la Sunna.
‘’Et accompli la salât aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les
bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui
réfléchissent’’ (1). Attachée au strict respect du Coran et de la Tradition, le Salafisme s’inspire
un peu de la doctrine hanbalite. Elle privilégie la lettre par rapport à l'esprit du texte et rejette la
tentation de l'innovation (bid'a), le "stratagème" (hîla), et condamne les déviations religieuses
et/ou politiques apparues dans l'histoire du califat, à commencer par le kharidjisme et toutes les
formes de chiisme, etc.
C'est aussi parfois qu’Ibn Hanbal s'est oppose aux concepts de l'école sunnite d'Abou Hanîfa,
qui préconise le large recours à la libre opinion du juge ou du commentateur (ashâb al-ra'y),
voire aux subterfuges juridiques ou stratagèmes (hilal).
Après son décès, la doctrine pris énormément du temps à se formaliser comme doctrine
juridique. Parmi les élèves de Ahmad ibn Hanbal figurent ses deux fils, Sâlih (mort en 873) et
Abdullah (mort en 903), ainsi que l'imam Boukhari, Mouslim, grands savants du hadith et
compilateurs des recueils de hadîth éponymes.
Parmi les continuateurs d'Ibn Hanbal, figurent notamment Ibn Taymiyya (1263-1328), qui
inspira le théologien Muhammad Ibn 'Abd al-Wahhâb, puis l'émir Muhammad Ibn Sa'ûd. Raison
pour laquelle l'école hanbalite est aujourd'hui celle du royaume saoudite, officiellement..
25
Le Hanbalisme est l'école inspirée par l’imam Ahmed Ibn Hanbal (mort en 855). Elle est
considérée comme l'école traditionaliste par excellence. Majoritaire dans la péninsule arabique,
notamment en Arabie saoudite, l'école hanbalite a exercé et continue d'exercer une influence
intellectuelle importante.
Le Prophète dans sa Haute Spiritualité, Ses Compagnons et Califes, biens – guidés dans leur
Infaillibilités, les Imams des Ecoles Juridiques dans leur Orthodoxie, leur pure Sainteté, ont
tous, dans leur unité Homorganique, posé les fondements d’un monde parfaitement bien
élaboré et paisible; juste et équitable, où l’homme est imposé par Allah comme son Vicaire sur
terre, assorti de tous les honneurs qui vont avec. On ne peut, sous aucun prétexte, se référer à
ces Elus, j’allais dire à Lui, et semer la désolation sur terre. Cependant, si l’Islam se met au
service de la politique et se mut en Islam politique, ce sera sans aucun doute, au détriment de
la politique Islamique. Le Prophète de L’Islam avait jeté les bases d’un Islam au vrai sens du
mot, où le fidèle disposera d’un cadre global de pratiques de ses cultes, de sa socialisation,
d’administration et de fonctionnement de sa cité et de son Etat. Il posait et disposait de ses
recommandations religieuses, de ses approches initiatiques, mais aussi, de ses institutions
Mais c’était un pouvoir délégué pour vivifier le vrai Pouvoir et où donc les tenants se
considèrent comme ‘’serviteurs’’ et non ‘’souverains’’ et où les citoyens sont bien respectés
dans leurs dignités et conditions d’existence. ‘’La meilleure (fin) et pour ceux qui répondent
à (l’appel) de leur Seigneur. Et quant à ceux qui ne Lui répondent pas, s’ils avaient tout
ce qui est sur la terre et autant encore, ils l’offriraient en rançon. Ceux-là auront le
détestable rendement de compte et l’enfer sera leur refuge. Quel détestable lit de
repos !’’ (1)
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Si donc un groupe sème le désordre, la terreur, la désolation, etc, et revendique dans le même
temps sa référence à l’Islam ou à ses Elus, c’est clair que c’est bien une référence corrompue,
perdue, peut être dans les méandres de l’histoire ou dans les sillons des aspirations
‘’Nafsiques’’ égoïstes (humaines, sociales, politiques, économiques, stratégiques, etc). Il s’agit
de mouvements qui, sans même connaître la Noble Religion, ‘’utilise, instrumentalise’’ l’Islam
de Dieu à leur profit et prennent donc forcément l’appellation générique ‘’d’islamistes’’ pendant
que ceux qui ont accepté de se ‘’soumettre’’ s’honorent de leur attribut ‘’d’islamique’’. A preuve,
c’est quand l’Islam est apprivoisé dans le camp des musulmans hypocrites et imposteurs ou
assujetti à servir les causes des occidentaux, que ses tenants l’ont engagé dans l’engrenage de
la terreur. L’illustration la plus parfaite est la transformation de la noble Ecole d’Ahmad Ibn
Hambal à un Wahabisme Sanctuaire de la terreur universelle, bien menée par un certain Abdul
Wahab dans son Néo – Hambalisme, ancêtre putatif de tous les mouvements de la désolation.
Il a donc fallut l’arrivée d’un certain Abdul Wahab, surgit de nulle part pour donner une teinte
politique sous les influences pouvoiristes de l’ancêtre éponyme des Saoud fondateurs de
l’Arabie Saoudite dont eux-mêmes sont victimes aujourd’hui, dans un amalgame appelé Néo-
Hambalisme, qui donnerait naissance et vie à tous ces groupuscules qui sèment la terreur et la
désolation à travers le monde au nom d’un islam qui n’en est pas un.
Fixé en Arabie en 1739, où il se fait connaître par une prédication marquée par le puritanisme,
l'intolérance et une interprétation littérale du Coran, Muhammad Ibn ‘Abd al Whahhâb,
théologien qui s’est dit Sunnite, est le père fondateur du Wahabisme où Néo-Hambalisme.
Trouvant refuge auprès d'un chef local, nommé Muhammad Al-Saoud, qu'il convertit à ses vues
théologiques et politiques, la descendance de ce personnage est elle-même acquise au
wahhabisme: elle se fixe comme programme l'établissement d'une théocratie dite sunnite, ce
qui revient à bâtir la cité de Dieu décrite par le théologien, et passe de la théorie à la pratique
après avoir fondé le royaume d'Arabie Saoudite. En 1744, la famille ‘Abd Al Wahhâb et la
famille des Al Saoud concluent un pacte politico-religieux scellé par un mariage, qui constitue le
socle idéologique et politique de l'actuel royaume d'Arabie Saoudite.
Le mouvement wahhabite devient très puissant, au point que ses disciples réussissent à
s'emparer des villes de Nadjaf et Kerbala en Irak, de Damas en Syrie ainsi que de La Mecque
et Médine dans le Hedjaz. Ils sont cependant battus en 1818 par l'armée égypto-ottomane de
Muhammad ‘Ali, pour le compte de la Sublime Porte. Ainsi, les villes Saintes reviennent sous
l'autorité d'Istanbul. Entre-temps, la dynastie des Saoud et le mouvement wahhabite avaient
pris le contrôle des territoires de l'intérieur de l'Arabie. Brièvement écartés du pouvoir et mis en
exil par une famille rivale, les Râshidi, ils reviennent en force en 1901 sous la direction de ‘Abd
Al-Azîz Ibn ‘Abd Ar-rahmân, dit Ibn Saoud, et reconquièrent le Nedjd ainsi que les Villes Saintes
de La Mecque et Médine (arrachées aux Hachémites en 1926). Ils créent ensuite en 1932 le
Royaume d'Arabie Saoudite.
L'exportation du Wahhabisme
Depuis les années soixante, la famille royale saoudienne et ses alliés wahhabites s'emploient à
une politique active de prosélytisme international, propageant la conception wahhabite au delà
des frontières du royaume. Grâce aux importantes ressources financières dont elle dispose,
l'Arabie saoudite favorise l'idéologisation, selon la conception wahhabite, des Etats comme le
‘’Seuls forgent le mensonge ceux qui ne croient pas aux versets d’Allah ; est tels sont
les menteurs’’ (1).
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La légitimité de l'autorité des Al-Saoud est fondée sur l'expansion de la doctrine wahhabite par
la prédication (da‘wa), sous le contrôle de la famille des Âl-Shaykh, descendants d'Ibn ‘Abd al-
Wahhâb. Ce prosélytisme militant mène progressivement à l'unification politico-religieuse de
l'Arabie centrale. En 1801, galvanisés par les docteurs de la loi (oulémas) wahhabites, les
bédouins mettent à sac Kerbala, la ville sainte du chiisme, située au sud de la Mésopotamie.
Puis, deux ans plus tard, ils s'emparent de La Mecque, sous la conduite de Saoud (1803-1814),
petit-fils de l'émir fondateur de la dynastie, qui succède à ‘Abdul-‘Azîz la même année. Lorsqu'il
entre dans la Grande Mosquée, Saoud fracasse lui-même les statues érigées par les shérifs
traités d'« idolâtres », plusieurs dizaines de corps de métiers furent interdits car considérés
comme hérétiques…. Face à ce soulèvement contre l'autorité temporelle et spirituelle du califat
ottoman, la ‘’Sublime Porte’’ ordonne aux différentes autorités locales de tout mettre en œuvre
pour enrayer l'expansion wahhabite et reprendre les Lieux Saints de l'Islam.
Mais rien ne semble pouvoir arrêter celui qui va bientôt devenir Saoud le Grand. En 1808, son
royaume s'étend, en effet, sur la quasi-totalité de la péninsule arabique de la mer Rouge au
golfe Persique. Seul le sultanat ibadite de Mascate, situé au sud-est de la péninsule, échappe à
son contrôle.
Le Hambalisme est connu pour son attachement au Dogme et à l’Orthodoxie musulman qui est
l’âge médiéval de la religion, mais aussi son ouverture à la vie. Son dogmatisme opportuniste a
vu naître dans cette Ecole, plusieurs courants ou excroissances qui constituent ce qu’on
appelle aujourd’hui le Néo-Hambalisme qui est un congloméra de groupuscules de terreur et de
la désolation dont les menées subversives ont fini de rompre les amarres avec son essence
hambaliste: Intégristes, Wahabiya, Salafistes, Ibadou Rahmane (non-violent par calcul),
Ansarrou diine, etc, apportant un certain désordre dans l’ordre mondial religieux, la paix et la
sécurité, deux valeurs attendues plus dans l’Islam (qui est une religion de paix) qu’ailleurs.
Les stratégies sont aussi inhumaines que les objectifs et les actions. Autant il sape les
fondements de l’ordre mondial religieux, il a comme stratégie, entre autres, le bouleversement
de l’ordre social, en donnant plus de valeur à l’argent qu’à Allah (Swt). Connaissant les limites
religieuses et spirituelles de ses cibles, il mesure toute la conséquence dans ses conditions
économiques et joue dans ce registre, en apportant des ressources financières substantielles et
des réalisations physiques insoupçonnées; toute chose qui phagocyte le morale et la
conscience de la cible et joue des attraits extraordinaire dans son environnement humain et
social.
Pour ceux qu’on ne pêche que dans les lieux de Cultes, le Mouvement offre de gros moyens
pour la construction de belles mosquées avec à la clé, des invitations aux lmams et des pintes
d’endoctrinement de nature à suggérer de nouvelles pistes et orientations aux prêches.
Certaines cibles sont touchées dans les objectifs d’impulsion. Elles sont jeunes et innocentes,
pour les opérationnaliser dans 20 ans on commence tout de suite à les formater dans un
système d’Enseignement dit Arabe ou Franco – Arabe, alors que simplement Doctrinal. A côté
de tout cela, le discours fait son bonhomme de chemin dans les milieux intimes, quelquefois
très huppés où l’homme fait seul face à sa conscience. S’il n’est pas armé et outillé
religieusement et spirituellement, il succombe devant la beauté de ce discours qui retourne tout
à l’Homme. Sur le terrain des zones montagneuses et collinaires, dans les déserts du Sahel et
dans certains Mégapoles, d’innocentes victimes se comptent par milliers, mortes au nom de
leur Doctrine qui prêche la mort et qui répand les troubles et la désolation, cultivant la haine, la
méfiance, l’intolérance, toute chose que la religion d’Allah (Swt) était venu bannir et qui, dans
une grande ingéniosité, utilise toujours le nom d’Allah (swt).
Pour avoir une main sur la ‘’mondialité’’ et la ‘’globalité’’, le Mouvement dispose des plus
grandes et plus fortes institutions Financières, Educatives, Universitaires, Sociales, etc, et
Mais pourquoi donc le Néo-Hambalisme ne voit pas ses intérêts dans une Spiritualisation
Universelle où l’Homme cesserait d’exister comme prisonnier de ses désirs mais Serviteurs
d’Allah (Swt) pour qui, le contrôle du monde jusqu’à en faire des victimes, ne serait plus une
préoccupation ? La réponse est simple. Cela constituerait l’assèchement du terreau de ses
ambitions et velléités pouvoiristes qui est aujourd’hui la plus grande motivation de leur
existence. Alors, utilisant le nom d’Allah (Swt) pour une cause inhumaine, le combat continu de
plus bel, sans grands succès, car, même disposant d’une super-force humaine (Science,
Technique, Technologie, l’Argent, etc), il ne dispose pas encore de la force spirituelle qui est la
parade ultime et efficace pour les opprimés. Même s’ils distribuent 80% de la violence
mondiale.
LE CHIISME
Le Chiisme est sans doute la plus vieille tendance religieuse de l’Islam, puisque ce qui peut être
considérée comme son noyau primitif remonterait au premier ‘’parti’’ (Shi’a), né dans la
communauté musulmane et constitué par les légitimistes qui revendiquaient en faveur de Ali,
cousin et gendre du Prophète Mohammad (Psl) et de ses descendants, le droit exclusif de
guider les croyants.
Depuis l’aube de l’lslam, cette tendance pose et continu de poser un problème triptique à la
Ouma Islamique: Moral, Religieux et Spirituel. Et depuis, elle occasionne d’énormes dégâts
collatéraux qui affectent fondamentalement la cohésion de l’lslam. Un bon nombre de ceux-ci
sont causés par les brèches laissées ouvertes par cette vieille fraction. ‘’Nous n’avons point
fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux’’. ‘’Et ce n’est qu’un Rappel
pour celui qui redoute (Allah)’’ (1)
(1) Coran : 18 V 57
Mais là aussi, même si les objectifs à atteindre ne sont pas les mêmes avec le Néo -
Hambalisme, les procédés ne différent qu’en peu de chose. Les Chiites misent beaucoup plus
sur l’Argent et sur les Enseignements Doctrinaux fondés sur le Dogme. Et pourtant, au-delà des
revendications ‘’guidistes’’ qui fait d’elle une fraction ‘’Imamologique’’ par rapport à laquelle ’’se
déterminent et prennent sens tous les autres chapitres religieux, de la cosmogonie à
l’eschatologie, de la théologie au droit, de la mystique à l’exégèse coranique et à la philosophie,
tout le reste (Esotérisme comme Exotérisme) est commun à tous des croyants’’.
30
La conception Chiite de la fonction et de la nature du Coran est ‘’dualiste’’, selon laquelle, toute
réalité, de la plus transcendante à la plus anodine, possède au moins deux niveaux: un niveau
manifeste et apparent (Zahir), et un niveau secret, non manifeste (Bâtin), caché sous le niveau
apparent et pouvant comporter d’autres niveaux encore plus secrets (Bâtin al Bâtin). La
dialectique du manifeste et du caché, de l’exotérique et de l’ésotérique, constitue un crédo
fondamental et est en œuvre dans différentes disciplines religieuses. Et d’abord en théologie,
Dieu lui-même comprend deux niveaux d’Être, et en premier lieu celui de l’Essence, à jamais
Inconcevable, Inimaginable, au-delà de toute pensée et tout savoir. Ce niveau caché,
Esotérique de Dieu, est celui de l’inconnaissable absolu. Mais si les choses en restaient là,
aucune relation ne serait possible entre le Créateur et les créatures. Alors Dieu, dans sa toute
Bonté, fit éclore en son propre Etre un autre niveau: celui des Noms et des Attributs à travers
lesquels Il se révèle et se fait connaître. Ce niveau révélé, l’Exotérisme de Dieu, n’est plus Dieu
Depuis leur sécession, les adeptes d’Ali accordent beaucoup d’importance à leurs dirigeants
religieux. C’est la grande différence avec le mouvement Sunnite: les Chiites ont foi en la
mission des douze Imams. C’est-à-dire que, selon eux, après le Prophète Muhamad (Psl) qui a
seulement révélé le Coran, douze successeurs du Prophète devaient encore venir pour en
donner l’interprétation. Le premier de ces douze Imams fut Ali (+661) et le dernier, Muhammad,
ne serait pas mort mais aurait été «occulté» en 874 et depuis, continuerait à influencer
spirituellement les dirigeants chiites.
À sa mort, Abou Bakr décida de désigner son successeur. Le deuxième Khalif — Omar ibn al-
Khattab — désigna, à son tour, un conseil de six personnes (dont Ali faisait partie) pour choisir
en son sein le prochain Khalif. Uthman ben Affan, nommé troisième Khalif, fut assassiné en
656, à la suite d'une révolte. Ali fut, ensuite, désigné à la tête de la communauté. Malgré ses
titres et ses exploits, son Khilafa se déroula dans le tumulte: une partie du clan des Omeyyades
(lié au défunt Calife Utman) et la veuve de Mohammad Aïcha, réclamèrent à Ali la punition des
meurtriers de Uthman ben Affan. Ali mena donc une bataille contre l'armée de Aïcha, Talha et
Zubair (bataille du Chameau), puis une autre contre Muawiya qui fût nommée la ‘’Bataille de
Siffîn’’— sur les rives de l'Euphrate— en 658. Ali était sur le point de l'emporter quand les
troupes de Muawiya brandirent des feuillets du Coran au bout de leurs épées et réclamèrent un
arbitrage, qu'Ali accepta malgré lui. Une partie des hommes d'Ali — qui sont devenus plus tard
les Kharidjite — se révoltèrent, reprochant à Ali d'avoir consenti à la procédure de l'arbitrage
qu'ils avaient eux-mêmes exigée. Cette révolte fut fortement réprimée par Ali et la majorité des
Khârijites mourut à la ‘’Bataille de Nahrawân; trois de leurs survivants voulurent se venger. L'un
en tentant d'assassiner Muawiya, en vain. Un autre en tentant d'assassiner Amr Ibn al-Ass,
mais il n'y parvint pas. Et le troisième en assassinant Ali, en 661, avec une épée enduite de
poison, alors qu’il faisait sa prière dans la mosquée.
Ce conflit de succession a engendré une scission fondamentale au sein de l'islam: d'une part,
les chiites reconnaissent Ali comme premier successeur légitime de Mohammad. Avec ses
deux fils — Hassan et Hussein — qui lui succédèrent a commencé pour les chiites la lignée des
imams. De l'autre, les sunnites majoritaires ne voient en Ali que le quatrième calife. Les
particularités doctrinales et les différences théologiques entre ces deux courants reposent donc
sur une querelle de succession. Ces courants religieux se sont donc construits sur un socle
politique. ‘’C’est ainsi que nous l’avons fait descendre un Coran en (langue) arabe et
Nous y avons multiplié les menaces, afin qu’ils deviennent pieux ou qu’il les incite à
s’exhorter’’ (1)
31
(1)Coran 20 V 113
Les Chiites croient aussi en la liberté de la volonté individuelle, comme une partie du monde
Sunnite. L'existence dépend de la présence d'un lmam, vivant intercesseur entre le monde
spirituel et temporel, entre Mohammad et les croyants. L'imam est doté de la connaissance (du
visible et de l'invisible) et de l'infaillibilité. Le Coran a un sens évident et un sens caché qu'il faut
étudier, et que les imams sont chargés de transmettre aux fidèles. Cette importance accordée à
l'imam n'a pas d'équivalent dans le sunnisme et explique l'organisation, la hiérarchisation et
l'autorité du clergé chiite (par exemple, en Iran). Le chiisme attend et prépare l'arrivée
du Mahdi, sorte de Messie «qui comblera la terre de justice et d'équité autant qu'elle est
actuellement remplie d'injustice et de tyrannie». Le destin tragique de Hussein secoue la
conscience musulmane et provoque une détermination à combattre jusqu'au bout pour un idéal
de pouvoir juste et respectueux des principes fondamentaux de l'islam. Le martyre devient un
symbole de la lutte contre l'injustice, selon le credo chiite. Le cœur du chiisme est dans ce
massacre.
Ce phantasme qui frise l’incohérence crée de graves secousses dans le monde musulman, à
commencer par les Chiites. La scission entre ‘’Chiites Duodécimains’’ et ‘’lsmaéliens’’, les
deux plus grands groupes de ce courant, eut lieu à la mort du 6 e Imam Jafar as-Sadiq,
descendant d'Ali (donc de Mohammad) et d'Abou Bakr, en l’an 765. En tant que mouvement
musulman, le chiisme reconnaît l'unicité divine, les textes sacrés du Coran, Mohammad, les
Cinq obligations fondamentales, le jugement dernier et la résurrection. Les lsmaéliens Nizârites
ont un guide spirituel reconnu, l'Aga Khan IV. Les Mustaliens obéissent à un Da'i représentant
de l'imam occulté. Les ‘’Chiites Duodécimains’’ en reconnaissent plusieurs, appelés des
Les tenants de la justice, en l'occurrence les Mutazilites et les chiites ont soutenu que l’intellect
(aql) humain joue un rôle déterminant dans les décisions. L’intellect humain qui,
indépendamment de toute instruction, possède une connaissance intuitive du bien et du mal.
On ne peut attribuer le mal à Dieu, car il est sage et cet attribut est contraire à sa nature.
Les chiites pensent que la Sunna découle des traditions orales énoncées par Mohammad et de
leur interprétation par les imams — qui étaient les descendants de Mohammad par sa fille
Fatima Zahra et son mari Ali étant lui même le premier imam selon eux. Ils accordent de
l’importance à l’interprétation de la révélation divine qui est un processus continu, nécessaire
pour se conformer selon le Coran. Les Sunnites croient aussi qu'ils peuvent interpréter le Coran
et les Hadiths. Cependant ils préfèrent accorder une plus grande importance aux savants tels
Ahmad Ibn Hanbal, Abou Hanîfa, Mâlik ibn Anas et Al-Chafii. Abu Hanifa et Malik étaient des
élèves du 6e lmam Ja'far al-Sâdiq. Les penseurs chiites considèrent actuellement que
‘’l'ljtihad’’ (effort d’interprétation juridique personnel) existe toujours, et qu'ils peuvent
interpréter le Coran et les Hadiths avec la même autorité que leurs prédécesseurs tout en
sachant qu'ils ne sont pas infaillibles tels que les Imams.
La loi religieuse (Charia) étant fondée partiellement sur les hadiths; le fait que les chiites et les
sunnites ne s’accordent pas sur la validité des mêmes Hadîths entraîne des différences dans
les traditions religieuses, et donc dans la jurisprudence. Dieu ne peut admettre que les hommes
aillent à leur perte, donc leur a envoyé les prophètes pour les guider. Mais la mort de
Mohammad met fin à la lignée des prophètes. Il faut un garant spirituel de la conduite des
hommes, qui est une preuve de la véracité de la religion et qui dirige la communauté. L'imam
doit remplir un certain nombre de conditions: être instruit de la religion, être juste, exempt de
défauts, donc être le plus parfait de son temps. Son investiture divine est confirmée par le
Prophète, puis par l'imam précédent.
À l'inverse des Sunnites, les chiites exigent donc que la communauté musulmane soit dirigée
uniquement par un descendant de la famille de Mohammad (Ahl al-Bayt). Cette revendication
n’avait à l’origine qu’un aspect politique et religieux, mais au fil du temps elle prit une
importance fondamentale dans la théologie chiite. La conception de l’imamat des chiites est
foncièrement opposée à celle du califat admise par la majorité des musulmans. L’imamat,
incarnant à la fois le pouvoir temporel et spirituel et inauguré par Ali, est considéré comme la
succession du cycle de la prophétie définitivement bouclé par le dernier Prophète Mohammad.
L’imam, qui ne peut être qu’un descendant de Ali, est la preuve de Dieu (Hujjat Allâh) sur terre,
le gardien du sens caché de la révélation et il est un guide impeccable (ma‘sûm) pour la
communauté.
‘’Le Soufisme n’est pas une philosophie, mais une praxis initiatique, une expérience intérieure
qui investissent conjointement les domaines spirituel, psychologique et corporel…. Il devait
cependant se manifester sur terre pour diffuser l’énergie spirituelle dont il est investi….’’ (1)
Le Soufisme est une vieille pratique qui peut être définie comme une quête langoureuse de
consolation spirituelle et d’unification, un cadre d’exercices et d’états où l’homme intègre le
mystère et se meut spirituellement dans la recherche de sa réintégration dans son Entité
Spirituelle dont l’absence déséquilibre fondamentalement sa structure. Loin d'être un procédé
empirique, le Soufisme est présenté par les mystiques comme une science ésotérique et
initiatique qui a ses règles et ses méthodes. Il transcende les courants de L’islam,
contrairement à ce que veulent faire croire le Néo-Hambalisme et sa nébuleuse Wahabite.
Mais, une mise en garde, ‘’de même que l’Islam principiel, rappel de la Religion primordiale,
adamique, s’est matérialisé en Islam historique, contextualisé, ennobli mais aussi éprouvé par
la nature humaine, de même le Soufisme, énergie spirituelle elle aussi primordiale, a dû
composer avec cette nature humaine, dans des cadres de plus en plus sociales et
institutionnalisés’’ (2). ‘’Et c’est Lui qui assujetti la mer afin que vous en mangiez une chair
fraîche, et que vous en retiriez des parures que vous portez. Et tu vois les bateaux fendre
la mer avec bruit pour que vous partiez en quête de sa grâce et enfin que vous soyez
reconnaissants’’ (3)
32
En l’lslam, la référence au Soufisme, aussi bien pratique que spirituelle, est Mohammad (Psl),
qui en a donné le ton, bien avant même qu’il n’ait reçu la Révélation. Quand il avait autour de
34 ans, Mohammad (Psl) ne supportait plus l’animation païenne de la Mecque où toute
l’ambiance au quotidien portait sur les idoles et les activités commerciales malsaines qui se
menaient autour de la Ka’aba. Senti à l’étroit, il se retirait régulièrement dans la grotte de Jabal
an-Nour (Montagne de lumière), la grotte s'appelant Ghar Hiraa (caverne de recherche); il y
restait pendant très longtemps, Mohammad méditait et partageait ses maigres provisions avec
les voyageurs qui passaient par là. Là, il cherche quelque chose, qu’il ne pouvait ni décrire, ni
définir, mais qui le manquait et qu’il saurait reconnaître. Il était porté par une sorte
d’appréhension spirituelle, voire mystique. Il veut voir Dieu dans son Unitude ou en toute chose
«par l'œil de sa foi et de la certitude pour se libérer de tout recours à sa pensée discursive»,
comme dirait Abû l-Hasan al-Shâdhilî, un Mystique des siècles passé.
C’est plus tard que le Coran fera distinguer ‘’le monde du Témoignage (Alamoul as Shahâda),
c’est-à-dire le monde sensible, du monde du Mystère (Alamoul Ghayb) où il demande aux
(1) Eric Geoffoy dans ‘’L’islam sera spirituel ou ne le sera plus’’ p. 183,
(2) Idem
(3) (Coran : 16 – V 14)
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 46
Croyants de croire à ce Mystère (tout ce qui est absent de la vue) ‘’… ceux qui croient à
l’invisible et accomplissent comme il faut la Salat et dépensent (dans l’obéissance à
Allah), de ce que Nous leur avons attribué’’ (1). L’un des buts de la démarche spirituelle en
Islam est précisément de percer l’opacité de ce monde, afin de contempler les réalités
spirituelles dans un au-delà de la simple foi. Le Coran énonce à cet effet, un processus
initiatique au cours duquel la foi se transmue en «certitude», c’est-à-dire, en «vision certaine»
(Yaqîn) de ces réalités ‘’… celui qui a descendu la quiétude dans les cœurs des croyants
afin qu’ils ajoutent une foi à leur foi…(2) . Ce monde qui a été dit dans le chapitre 2 du
Coran, pour corroborer la nécessite de cette spiritualité
Dans le Coran, Dieu-même s’y présente comme étant ‘’…le Premier et le Dernier, l’Apparent
et le Caché et I est Omniscient’’ (3) et la Parole de Dieu est à son Image ‘’Chaque Verset
possède un sens extérieur et un sens intérieur’’, disait le Prophète.
Un grand savant Soufis soutien que ‘’le but du soufisme n'est autre que de parvenir à la
réalisation’’. Il affirme par ailleurs que ‘’la connaissance de Dieu passe par la "gustation
spirituelle" (dhawq), qui efface les arguments de la raison et ceux venant de l'enseignement
transmis (dalâ'il al-‘aql wa shawâhid al-naql)’’. Les mystiques de l'islam ont souvent souligné
l'indigence de la raison humaine; ils se plaisent à rappeler que le terme arabe ‘aql («intellect»,
«raison») signifie étymologiquement l'entrave, le lien.
«Parmi les Ecoles Islamiques (firaq), il n'y a pas pire que les théologiens qui discourent sur
l'Essence Divine avec leur intellect limité», proclamait le soufi cairote ‘Alî al-Khawwâs. ‘’N'est-ce
point vanité de réduire Dieu à l'entendement humain ? Quiconque approche de près ou de loin
les Réalités Divines est frappé de perplexité (hayra) devant les abysses de «l'océan du tawhîd»
Simple attestation de l'Unicité Divine pour le commun des musulmans, le Tawhid (une haute
dimension du Soufisme) est la Réalisation Intérieure de cette Unicité pour l'élite spirituelle. Pour
les soufis, le mystère de l'Unicité divine est ineffable; il ne sied pas à l'homme de l'évoquer, car
la perception qu'il en a, est obligatoirement en-deçà de la réalité. Le célèbre, Abû Bakr al-Shiblî,
(1) Coran 2 – V 2
(2) Coran 48- V 4
(3) Coran 57 V 03
(4) Coran 29, V 69
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 47
un des maîtres de l'école soufie de Bagdad pousse plus haut la réponse à celui qui l'interrogeait
sur le sens profond du tawhîd: «… Celui qui définit le Tawhîd de façon explicite est un apostat,
celui qui y fait allusion est un bithéiste, celui qui l'évoque est un idolâtre, celui qui discourt sur lui
est un inconscient, celui qui garde le silence à son sujet est un ignorant, celui qui se croit
proche est loin, celui qui en fait son extase est déficient; tout ce que vous distinguez par votre
imagination et ce que vous saisissez par votre intelligence, tout cela est rejeté, vous est
retourné, car contingent et créé comme vous-mêmes »
Un autre maître de cette première période disait que le Tawhîd, à son stade ultime «aveugle le
clairvoyant, confond celui qui raisonne et stupéfait celui qui est sûr de son jugement».
Abû l-Hasan al-Shâdhilî renchéri pour affirmer que «ceux qui affectionnent la dialectique, la
controverse».
Les soufis distinguent la science acquise (al-‘ilm al-kasbî), encore appelée la science
spéculative (al-‘ilm al-nazarî), de la science octroyée par grâce divine (al-‘ilm al-wahbî). Pour
Ibn ‘Arabî, le ‘ilm wahbî est fondamental puisqu'il constitue la modalité de toute prophétie: al-
nubuwwât kullu-hâ ‘ulûm wahbiyya, écrit-il.
Les soufis sont les héritiers de Khudar; l'accès à la science mystique (‘ilm ladunî ou wahbî)
passe en effet par le dévoilement des sens (kashf) et l'inspiration (ilhâm)
Le Soufisme est un acte de rapprochement de Dieu pour percer les sens des Réalités Divines.
‘’Ce n’est donc qu’en se rapprochant de Dieu par les voies de la Sainteté que le fidèle a le plus
de chances de saisir le Coran et les autres signes. Le terme arabe Wilâya que l’on traduit par
‘’Alliance’’, renvoie en effet à l’idée de proximité. Sa racine w l y, qui revient deux cent vingt-sept
fois dans le Coran, instaure une relation de partage entre Dieu et sa créature, une ‘’prise en
charge’’ qui implique une ‘’amitié’’ mutuelle, et une véritable intimité. C’est donc par un
processus de purification que l’être humain accède à la compréhension graduelle des sens
hiérarchisés de la Révélation’’.
L’ayant compris très tôt, les croyants ont vite fait d’engager l’Islam dans une dynamique
spirituelle, dans un dessein d’accélération de leur cheminement vers la Présence Divine. Ainsi,
les Ordres ou Voies allaient prendre corps pour prendre en charge la dimension Spirituelle et
les rendre plus accessible pour les masses musulmanes. ‘’… et invoque ton Seigneur quand
tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce
qui est correct »’’ (1)
34
Nous nous représentons toujours plus ou moins le mystique comme un ‘’saint du désert’’, que
ce désert soit réel ou figuré: il se tient face à son Dieu, dont il se rapproche en s’anéantissant.
(1) Coran : 18 V 24
Pour que s’amorce la socialisation à laquelle il fallut d’abord qu’au duo entre l’homme et Dieu,
le premier étant le Guide indispensable au second pour parvenir à Lui. Ensuite, des
circonstances historiques précises ont amené les multiples disciples d’un Maître donné à faire
corps derrière lui, à se replier sur cette allégeance, et déclencher ainsi un processus qui
aboutira à la constitution d’’’Ordres’’ ou des Ecoles d’Enseignement Spirituels qui deviendront
des ‘’Voies’’ mystiques. Les bouleversements politiques affectant le monde musulman à partir
du XIé siècle (le Vé siècle de l’Hégire) ont joué ce rôle de catalyseur.
Au début, ils prirent les noms originels de ‘’Khirqa, ribât, khânqâh, zâwiya, dergâh, etc. Puis, ils
s’identifièrent aux noms de leurs fondateurs, Maître Spirituel: la Qadriyya de Abd Al Qâdir al
Djilâni; la Rifa’iyya d’Ahmad ibn al Rifâ’i, la Châdhiliyya d’Abu al Hassanne al Châdhili, etc.
Mais, ‘’le Soufisme a connu une institutionnalisation comparable à celle de l’ordre légal des
« Juristes » : l’approche de la Réalité Esotérique (Haqîqa) a été jalonnée matériellement par de
multiples voies (Tarîqa), de la même façon que la Loi (Shari’a) a été balisée par les différentes
Ecoles Juridiques. Le processus de matérialisation, d’adaptation à l’entendement humain a
donc concerné aussi bien la Voie que la Loi, le versant ésotérique de l’Islam autant que sa face
exotérique…’’ (1)
La Voie - Tarîqa
Pour reprendre un symbole souvent évoqué, la Voie ou Tariqa, à la manière d’un rayon reliant
un point de la circonférence d’un cercle son centre, conduit le croyant de la pratique de la Loi
(Chari’a) vers la découverte de son sens réel et supérieur, la Haqîqa. On sait avec quelle force
et quelle insistance le Coran appelle à suivre une Voie vers Dieu, à combattre dans la voie de
Dieu (fî sabî lil Allah). Dès la première sourate du Coran, la Fâtiha, le serviteur demande à Dieu
de le guider sur la voie droite (al sirât al-mustaqiîm), terme auquel se substitue plus rarement
celui de Tarîq ou Tariqa (2).
35
Suivre la Voie, c’est entreprendre un voyage initiatique dont l’histoire de Moïse et de Khudar
constitue l’archétype. Son emplacement au milieu du Coran, dans la sourate de la Caverne, lui
confère une importance particulière. Elle n’a cessé, tout au long de l’histoire du Soufisme
d’inspirer les maîtres, qui y ont trouvé l’illustration de l’engagement réciproque du maître et du
disciple, du rapport subtil entre la Loi et la Science inspirée, et des relations entre la Sainteté
(Alliance) et la Prophétie. Cette histoire, telle que le Coran la conte et que la Tradition l’explicite,
Moïse s’étant affirmé le plus savant des hommes, Dieu lui révèle: ‘’J’ai un serviteur au
Confluent des deux mers qui est plus savant que toi’’(1). Ici commence le récit Coranique:
Moïse part en quête de cet homme et de sa science, accompagné d’un jeune homme. Celui-ci
porte dans son panier un poisson séché qui doit retrouver la vie au Confluent des deux mers.
Arrivés là, Moïse et son serviteur s’endorment sur un rocher sans savoir qu’ils ont atteint leur
but. Le serviteur aperçoit pourtant le poisson sauter dans la mer et y laisser la trace de son
passage. Quand Moïse se réveille, il oublie de l’en informer. Ils reprennent leur route. Moïse
ressent de la fatigue et demande le poisson pour déjeuner. Le jeune homme se souvient alors
et reconnait : ‘’J’ai oublié le poisson et seul Satan m’a fait oublier de m’en souvenir… et
ils s’en retournèrent sur leurs traces’’(1).
Cette première partie du récit concerne aussi bien Moïse que son jeune serviteur, prototype du
disciple. Pour celui-ci, la vision de la résurrection du poisson symbolise la renaissance
spirituelle et donc l’entrée effective dans la Voie, accompagnée de signes miraculeux (karâmât).
Les miracles confirment le disciple dans sa foi, mais ne le tiennent pas à l’abri de la ruse de
Satan, contre lequel il ne cesse de lutter par le ‘’Souvenir de Dieu’’’ (Zikr). On remarquera
aussitôt sa faute, se l’attribuant à lui-même et ne cachant rien de son état à son maître. Il ne
sera plus question du jeune homme par la suite. En suivant son maître, il s’est éteint en lui.
Pour Moïse ce premier voyage prend une autre signification: son sommeil sur le rocher doit le
conduire à un autre souvenir. La fatigue et la faim qu’il ressent le ramène à l’état de indigence,
principale qualité du disciple. Le retour sur ses traces le prédispose à comprendre le sens de sa
propre vie, le récit prophétique par excellence : ce sens lui sera révélé par l’intermédiaire de
Khudar, appelé le ‘’Verdoyant’’ car l’herbe repousse sous ses pieds. Il le retrouve sur ce rocher,
à la ‘’Source de la Vie’’. Le Coran, plus dépouillé que la Tradition, ne le nomme pas et le
qualifie ainsi : ‘’Un de Nos serviteurs, à qui Nous avons donné une miséricorde émanant
de Nous et enseigné, d’auprès de Nous, une science’’ (2). Servitude, Miséricorde et Science
caractérisent donc le Maître parfait. Il n’agit plus, en son propre nom, dispense la miséricorde
de la part de Dieu, même si celle-ci se manifeste parfois sous la forme d’un châtiment; sa
science, enfin, lui est inspirée directement par Dieu (ilm ladun).
36
En maître accompli, Moïse énonce lui-même les conditions du pacte qui lie le maître et le
disciple : ‘’Te suivrai-je, à condition que tu m’enseignes ce qui t’a été enseigné comme
direction ?’’. Le disciple doit suivre le maître, de même que les croyants suivent l’envoyé. La
(1) Coran 18 V 60
(2)Coran 18 V 63
(3) Coran 18 V 64
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 50
science qu’il reçoit en contrepartie n’est autre que l’expérience directe de la Voie, grâce à la
direction spirituelle du maître. Mais Khudar met en garde Moïse contre le danger auquel
s’expose l’aspirant; de prime abord, la Loi n’est pas la Voie : ‘’Et comment supporterais-tu ce
que tu n’as pas embrassé par expérience ?’’(3). Indirectement, Khudar explicite déjà la
signification du Confluent des deux mers que Moïse a tout d’abord dépassé sans s’en
apercevoir. Ce dernier, plein du désir d’acquérir la science, promet patience et obéissance,
deux autres qualités essentielles du murio, dénomination du disciple. Khudar lui impose alors
une nouvelle condition : ‘’Si tu me suis, ne m’interroge sur rien, jusqu’à ce que j’en
provoque pour toi le souvenir (Zikr)’’ (1). Ce verset énonce une règle capitale de l’initiation: le
cheikh, par son action subtile, prépare le disciple à retrouver en lui-même et à recevoir de Dieu
la réponse à ses questions pour peu qu’il patiente. Khudar en fera la démonstration à Moïse.
La patience de Moïse est soumise à trois rudes épreuves de plus en plus insupportables.
Khudar, invité à bord par des bateliers, ébrèche le navire. Il rencontre un jeune garçon qu’il tue.
Il redresse de la main un mur qui menace de s’effondrer, alors que les habitants de la ville
refusent l’hospitalité aux deux voyageurs. Moïse s’indigne, se scandalise et s’étonne, incapable
de respecter ce à quoi il s’est engagé. Faut-il comprendre qu’aucun ‘’disciple’’ ne pourra jamais
répondre aux exigences de son maître ? Sans doute doit-il en être ainsi pour que la Faqîr
(indigent) prenne la mesure de la faiblesse inhérente à son état, de l’action opérée en lui par
son maître et, avant tout, de la grâce divine dont il est l’objet. En annonçant la séparation,
Khudar ne fait que respecter la parole de Moïse, qui lui avait demandé après la deuxième
épreuve : ‘’Si je te pose encore une question, ne me garde plus comme compagnon’’ (2).
Moïse sait bien qu’enfreindre les règles du compagnonnage invalide son profit.
Khudar le laisse là, mais non sans lui avoir donné l’explication de ses actes insolites. En
ébréchant le navire sans le détruire, il l’a protégé contre la rapacité d’un roi tyrannique. Le jeune
garçon aurait entrainé ses parents vers l’impiété ; il leur naîtra un autre enfant au cœur pur. Le
mur redressé cachait un trésor destiné à deux orphelins dont le père était un saint homme. De
même, l’âme doit se laisser submerger par l’océan de la grâce pour pouvoir à nouveau porter le
voyageur ; elle doit se laisser tuer pour se purifier; elle doit se redresser pour dévoiler le trésor
enfoui en elle. Les deux orphelins symbolisent peut-être l’âme et l’intellect lorsqu’ils ne
reçoivent plus l’influx de l’Esprit.
37
Ces trois histoires reproduisent donc le processus d’épuration de l’âme, l’un des aspects du
cheminement intérieur. Mais Moïse, de par sa fonction, ne pouvait que juger selon la Loi : ‘’Je
t’annoncerai l’interprétation finale de ce pour quoi tu n’as pu patienter’’ (3), lui dit Khudar
avant d’expliquer ses actes. Non seulement Khudar livre à Moïse le sens de ses paraboles,
mais il lui suggère aussi d’en retrouver en lui-même la trace. N’offrent – elles pas quelques
(1) Coran 18 V 65
(2) Coran 18 V 68
(3) Coran 18 V 70
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 51
analogies avec le passage de la mer rouge, le meurtre de l’Egyptien et l’abreuvement du
troupeau des filles du Prophète Yacoub (Jéthro) ? Seul le périple intérieur à la suite du Maître
permet de comprendre en soi-même la signification de l’histoire sacrée et de la Loi. Telle fut
l’histoire du Prophète Moïse quand il rencontra Khudar, un Serviteur de Dieu, à qui il allait
devenir disciple pour un parcours initiatique, histoire qui, non seulement retrace l’odyssée
symbolique d’une œuvre d’initiation, mais aussi, celle réellement vécue par Moïse dans sa
pérégrination vers sa consécration prophétique. C’est aussi le référentiel d’une impression de
dualité qu’ont certains, entre la La Saria’a (Loi) et la Haqîqâ (Réalité).
En effet, Moïse naquit sur les bords du Nil où le Pharaon avait décrété que tous les nouveau-
nés juifs soient jetés dans le fleuve. Sa mère prépara une caisse rembourrée, y mit son enfant
et le jeta sur le Nil. Cette ‘’pirogue’’ de fortune allait accoster sur les escaliers qui menaient au
Palais du Pharaon qui, contre toute attente, se laissa convaincre par son épouse Assya pour
adopter le bébé. Mais ce caisse rembourrée flottant sur le Nil tranquille ne rappelle-t-elle pas la
traversée de la mer rouge et valait-elle mieux que cette barque ébréchée par Khudar ?
Puis, ce meurtre que Moïse commis sur cet adulte Egyptien pour venger son parent Hébreux,
était-il moins grave que celui que Khudar commis sur le garçon pour sauver ses parents qu’il
allait entrainer vers l’impiété, alors qu’il leur naîtra un autre enfant au cœur pur. ? Quand, dans
sa fuite d’Egypte au Madyana Moïse délivre les filles du Prophète Yacoub des bergers au puits
et abreuve toutes leurs bêtes, ne pose t-il pas là un acte semblable au redressement du mur
qui cachait un important trésor destiné à deux orphelins mineurs dont le père était un saint
homme ?
Par delà la Voie, Moïse a-t-il reçu la science qu’il recherchait ?. Par allusion, Khudar lui a
enseigné la réalité des choses (Haqîqa). En expliquant ses actes, il dit à propos du bateau
ébréché : ‘’J’ai voulu…’’, s’attribuant exclusivement un acte en apparence négatif. A propos du
meurtre du jeune garçon : ‘’Nous avons voulu…’’, attribuant à lui-même le meurtre et à Dieu
la naissance d’un nouvel enfant. A propos du mur redressé : ‘’Ton Seigneur a voulu…’’, car
ici, l’acte est totalement positif. La réalité est essentiellement une, mais les degrés de
l’existence nécessitent des distinctions que la Loi prend en compte. Seule la science
‘’d’auprès de Nous’’ peut à la fois réunir et séparer ces deux mers que sont Khudar et Moïse,
car de tels Êtres n’agissent qu’en stricte conformité à l’ordre divin, comme le premier le rappelle
au second, en le quittant : ‘’Et je n’ai pas agi sur mon ordre ; telle est l’interprétation finale
de ce pour quoi tu n’as pu patienter’’ (1).
38
Ces deux voyages où Nabiyallaahu Moussa se retrouve maître et disciple, montrent combien la
Voie, son moyen, la relation entre maître et disciple, et son but, la Science Divine, résident au
cœur du Coran et donc de Lislam. Le Prophète, plus que quiconque avide de la science, ne
s’exclame t-il pas au sujet de ces versets : ‘’Nous aurions aimé que Moïse eut patienté pour
que la suite de leur histoire nous fût racontée’’.
(1)Coran 18 V 78
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 52
Telle est la base métaphorique de la Voie. Mais en termes de repères extérieurs, elle offre
l’image d’une association d’adeptes unis par un ensemble de croyances et de pratiques
communes et, parfois, par un réseau de relations plus ou moins visibles sur le plan social. Pour
les concernés, la Tariqa signifie avant tout un rattachement et un engagement vis-à-vis de
Dieu, mais aussi du maître fondateur de l’Enseignement Spirituel et de tous les frères. Pour les
maîtres, elle est avant tout l’accès à la connaissance et à la sainteté par le cheminement vers
et Dieu. Pour le disciple, c’est un moyen de se réaliser à un Musulman Accompli. De ce
cheminement, les Auteurs d’Ecoles d’Enseignement Spirituels se sont attachés à définir les
modalités et à marquer les étapes.
Dans le monde musulman, les Voies sont nombreuses et ont commencé à faire leurs
apparitions depuis les premiers siècles de l’lslam, des plus anciennes au plus récentes. Les
plus représentatives sont, entre autres: Qâdiriyya, Bektachiyya, Tidjaniyya, Malâmiyya,
Khalwatiyya, Rifâ’iyya, Chattâriyya, Qalenderis, Mevlrwiye, Châdhilyya, Naqchbandiyya,
Muridiyya.
Mais tous ont vocation à donner au disciple des instants très décisifs dans sa vie, se situant
aussi bien dans la solitude de sa retraite (Khalwa) que dans les évènements d’une vie en
apparence ordinaire. Déchirant le voile de l’habitude, il doit en saisir les significations
spirituelles, à la mesure de son degré de concentration, mais avant tout de la Grâce Divine, par
son aspiration et sa tension intérieure, et, par son indigence ontologique. Tenter de retracer la
Voie, à partir des auteurs eux-mêmes, n’aboutit qu’à situer quelques repères provisoires.
L’itinérant, si modeste que soit le degré qu’il a atteint, participe à la fois du Maqâm et du Hâl, de
la retraite et de la sortie au grand jour, de l’ascension et de la redescente. La Voie est à la fois
solitaire et communautaire, verticale et horizontale, linéaire et circulaire. Elle est à chaque
instant la ‘’Voie Droite’’ où convergent tous ces aspects. Sous la conduite du Maître, le
voyageur, parti de la Loi qui attribue les actes de l’homme, parvient à la Réalité et à l’origine
divine de toute chose. Devenu parfait serviteur par l’extinction de ses qualités et de sa
volonté, réceptacle de la science et de la miséricorde, il peut à son tour, les dispenser, à
travers les formes de la Loi, à tous ceux dont le cœur brûle du désir de connaissance.
Comme nous l’avons vu ensemble, pour conclure ici, ‘’les Tarîqa ne sont qu’une des modalités
historiques de l’ésotérisme islamique. Celui-ci est le cœur même de la révélation. Présent dès
l’origine, il subsistera, sous une modalité ou sous une autre, jusqu’à la fin du monde’’. Mais
selon une étude véritable selon laquelle, l’islam n’est rien d’autre que la ‘’Fusion’’ organique de
ses Vérités Métaphysiques (Haqâ’iq) et sa Loi Sacrée (Shari’â) et dont la Tarîqa est le
‘’Contenant’’, qui s’équilibre solidement sur l’Esotérisme (Bâtinou) et l’Exotérisme (Zâhirou).
Si l’Islam n’est rien d’autres que la fusion organique de ses Vérité Métaphysique ou Haqâ’iqu
(Bâtinu - l’Exotérisme) contenu dans la Tarîqa et sa Loi Sacrée ou Shari’a (l’Esotérisme -
Zaahirou) qui s’équilibrent solidement et qui exigent une conformité de l’homme aux
recommandations de Dieu appelés ‘Culte’ ou Ibâdât et d’une lumière qui rétablie et éclaire les
liens entre lui et son Créateur appelée ‘’Connaissance’’, la quête de celle-ci est fondamentale
dans l’accomplissement de l’homme en Homme de Dieu qu’il est appelé à le devenir. Et cela se
structure dans ses différents âges spirituels. ‘’Nous avons assurément fait descendre vers
vous un Livre où se trouve votre rappel (ou votre renom), ne comprenez-vous donc pas’’
(1)
39
Là où certains spécialistes des sciences humaines parlent ‘’d’âge mental’’ ou autre pour
déterminer les différentes étapes que traversent les individus dans leurs évolutions et
considérations mentales, morales et psychologiques, en rapport avec leur construction
physique, les Guides Spirituels aussi, reconnaissent et déterminent dans leur domaine, ‘’l’âge
spirituel’’, qui est déterminant dans la construction religieuse et le retour spirituel de l’Homme
vers sa base principielle. Cet ‘’âge’’ conditionne l’homme, à se faire la volonté nécessaire, de
s’apprivoiser de son contenu et d’en être le ‘’Contenant - porteur’’ privilégié, état qui le
propulse au centre des mondes. C’est là où l’homme est sujet à influence à toutes les forces
centrifuges, dont certaines peuvent le mener parfois au mauvais port.
Cette démarche est sous – tendue par une grande soif spirituelle à étancher vaille que vaille.
Ici, le besoin d’allumer la flamme spirituelle en soi est le plus grand que tout, parfois, chez
l’individu. Il procède de la foi et de l’espoir de comprendre et de connaître l’inconnaissable, et
non pour des raisons opportunistes et bassement matérielles ou égoïstes qui demeurent,
certes, l’une des raisons. Il lui arrive, par moment, de tout sacrifier pour satisfaire ce besoin.
C’est l’une des raisons qui fait que, beaucoup de musulmans, se retrouvent dans d’autres
modes de pensées supposés universels, comme les Francs-maçons, la Rose Croix, et d’autres
écoles ésotériques occidentales ou orientales notamment, qui s’appuient ou valident leurs
approches par des lumières puisées dans l’lslam, même si, ne reconnaissant de l’Islam que
comme étant un rassemblement ‘’humain’’, sans perspectives spirituelles. ‘’Dis : «Qui vous
protège la nuit et le jour, contre le (châtiment) du Tout Miséricordieux ? ». Pourtant ils se
détournent du Rappel de leur Seigneur’’ (2)
C‘est le cas de certains grands musulmans, comme Cheikh al Akbar, le célèbre Abdel Khadir
l’Algerien, Cheikh Elîsh, etcc, qui incarnaient la doctrine spirituelle Akbarienne, etc, ont crû voir,
en un moment donné, la lumière du Prophète Mohammad (Psl) dans la Franc-Maçonnerie.
(1) Coran 21 V 10
(2) Coran 21 V 42
Voilà des considérations qui prouvent que la sagesse ne jaillit que de la lumière de ce qui est
révélé au Prince de l’humanité, Mohammad (Psl), même si par ailleurs, l’exotérisme peut
emprunter d’autres trajectoires ou répondre sous d’autres vocables, autres que Islam où
Mohammad. Mais, tout se justifie par lui et évolue selon des Lois immuables: la créature ne
cessera jamais d’être créée par ce Créateur Suprême, pour sa Miséricorde, par Sa Bonne
Volonté et dans la Lumière de Mohammad. Qu’Allah (Swt), le Créateur Suprême, ne cessera
jamais d’Etre le Maître Absolu des Mondes et des Univers dont Il a créé, qui sont eux aussi
sous-tendus par Ses Volontés et irradiés par cette même Lumière Mohammadienne.
40
Mais quand Allah (Swt) a dit à l’homme, « Aujourd’hui, j’ai parachevé pour vous votre
religion, et accompli sur vous Mon Bienfait. Et J’ai agréé L’Islam comme religion pour
vous… » (1), ou encore, ‘’La religion pour Allah, est Lislam….’’, et qu’un Hadis authentique
vienne nous dire que ‘’les Saints sont les héritiers des Prophètes…’’, que nous manque t-il
donc et que cherche t-on ailleurs au point de tomber dans d’autres embuscades doctrinales ou
autres !?
Quand Allah (Swt) disait dans le Saint Coran, « Aujourd’hui, j’ai parachevé pour vous votre
religion, et accompli sur vous Mon Bienfait. Et J’ai agréé L’Islamcomme religion pour
vous… » et renforcé par, ‘’la Religion pour Allah est Lislam’’, Il ne s’adressait pas à la seule
communauté de croyants en formation dans le Hadjaz, mais décrétait pour tous les
descendants d’Adam. Il légiférait pour toute sa créature qui doit se conformer au nouvel ordre
qui était que toute l’œuvre prophétique est enfin arrivée à maturité. Donc, que tous ceux qui se
réclament du Monothéisme, sachent qu’ils sont Invités par ce même Dieu à se retrouver dans
cette adoration. ‘’N’invoque donc pas une autre divinité avec Allah, sinon tu seras du
nombre des châtiés’’ (2)
41
A partir de ce Grand Jour qui consacre plusieurs millénaires de prêche, point de Judaïsme,
point de Christianisme, qui ne sont, dorénavant, que des repères historiques ou simplement
(1) Coran 5 – V 3
(1) Coran 25 V 113
Plus généreux que lui sans doute, je ne vais pas jusqu’à dire, comme le Pr Ahmed Deedat dont
les œuvres et l’argumentaire islamique constituent une base référentielle mondiale et
Universelle, qu’au regard de tout ce que l’Evangile révèlent au quotidien, que le ‘’Serment
(Evangile) est vain’’. Mais avec sa tournure contemporaine, ses supports propagandistes et
velléitaires, ses lobbies et groupes de pressions, ses sirènes sournoises et irrésistibles, qu’il
constitue le plus grave péril pour l’Islam Contemporain et même l’Eglise Catholique Romaine.
Avec sa vieille et longue cohabitation avec l’Etat, le Christiamisme garde jalousement ses
traditions temporelles, se cherchant toujours sa dimension religieuse et spirituelle. Et toute la
corruption de ses substances spirituelles vient de là. Bien organisée et bien structurée,
l’Evangélisme, ayant grandement joué dans la conquête des hommes par le jeu de la
‘’civilisation’’ – ‘’colonisation’’ – ‘’évangélisation’’, elle dispose de grands moyens, une vaste
expérience et d’efficaces stratégies de conquête et d’enrôlement. Elle est donc en droit de
réclamer sa part dans cette œuvre de conquête mondiale.
D’abord dans la spiritualité, elle donne l’impression de disposer de la plus éblouissante lumière
spirituelle et s’est positionné par ses jeux d’attrait, comme un ‘’bassin de récupération’’ de tous
ceux qui ploient dans cette quête lumineuse, où quelle se trouve. Voyons ce nombre
grandissant des musulmans qui, faute d’avoir trouvé la lumière dans leur religion, grossissent
les paroisses en se convertissant au Christianisme et s’y maintiennent dans une illusion
(hallucination) spirituellement fictive. ‘’Et rappelez-vous quand il vous fit succédé aux Aad et
vous installa sur la terre. Vous avez édifié des palais dans ces plaines, et taillé en maison
les montagnes. Rappelez-vous donc les bienfaits d’Allah et ne répandez pas la
corruption sur la terre « comme des fauteurs de troubles »’’ (1)
42
Dans le social, l’œuvre Evangéliste a vite fait de prendre une part active à la lutte contre la
Pauvreté sociale et économique. Pour cela, elle suggère aux communautés qui vont recevoir
cette œuvre, de s’organiser sous forme d’associations, avec des Programmes de sortie de crise
pour lesquels elle apporte de gros financements, prenant en charge tous les secteurs de la vie:
Santé, Education, Hydraulique, etc. A preuve, les plus grands Programmes ou ONG sont
financés par l’Eglise Protestante l’expression de l’évangélisme prosélytique ou d’autres
Institutions affiliées.
(1) Coran 7 – V 74
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 56
Dans le même temps, pendant qu’ils apprennent et enseignent nos langues et font corps avec
nos sociétés tout en affichant leur non appartenance à nos religions, pendant qu’ils produisent
des supports didactiques alimentés par des brins du Catéchisme et d’Evangile, dans la même
logique, les Evangélistes s’affirment chaque jour par la qualité de leur Enseignement public et
leur politique de santé. Autant de stratégies qui mobilisent pour des causes justes, qui affichent
la neutralité et qui, quant au fond, drainent tout un paquet idéologique qui fera le ciment de la
personnalité de l’individu.
Serait-ce la faute de qui si, du Fouta Toro au Sénégal, de Kédougou au Sénégal Oriental, du
Dôry au Niger, d’Adamaoua, cet Etat Fédéral Traditionnel entre le Nigéria, le Cameroun et le
Tchad, en République Islamique de Mauritanie, des jeunes et même des adultes peuls, parfois
lettrés en Arabes, maitrisant bien leur islam dans le sens dogmatique, répondent aujourd’hui
massivement aux sirènes, le Prosélytisme Evangélique dans le dessein de trouver la lumière
spirituelle qu’ils cherchent et qu’ils espèrent trouver là-bas?
Où sont nos richissimes et leurs Zakat ? Où sont nos cadres intellectuels musulmans, notre
élite religieuse et spirituelle, les gardiens du temple ? Pensent-ils que pour le bonheur d’une
communauté, comme le Pulaar, quand bien même Islamique depuis des millénaire, suffit- il
simplement de leur construire des mosquées et occulter les autres besoins humains et sociaux
liés à la santé, à l’éducation, etc… ? Ou, si les uns font l’un, pourquoi les autres, ne fond pas
l’autres ? D’autant plus que, une seule personne ne pourrait, en aucun cas, tout faire. Ce qui
est constant ici est que, sur le lit de la pauvreté et de l’ignorance, le Christianisme via
l’Evangélisation recrute à tour de bras, chaque jour un peu plus, dans les communautés Pulaar,
Wolof, etc…‘’Quand les mécréants te voient, ils ne te prennent qu’en dérision (disant)
« Quoi ! Est-ce là celui qui médit de vos divinités ». Et ils nient (tout) rappel du Tout
Miséricordieux. (1)
43
PERIL DE LA MONDIALISATION
La réalité du monde en ‘’Village Planétaire’’ ou ‘’la Civilisation de l’universelle’’ ont été effectives
grâce au développement des TIC et des Biens et Services. Globalement, ils donnent à
(1) Coran 21 V 36
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 57
l’humanité d’excellentes choses, mais, qui ne charrient pas tous les jours des éléments qui
cultivent et construisent la spiritualité. Un enfant connecté est un être en divagation ou in animal
sans berger dans la forêt des loups prédateurs. Autant un enfant sans protection est vulnérable,
autant un adulte non accompli dans sa religion est une proie possible.
Parce que cette mondialisation véhicule la plupart des cas, des éléments qui perturbent
fondamentalement la sérénité spirituelle, la quiétude morale et la force de la foi, pour fragiliser
et ouvrir des brèches dans la foi de certains croyants, pour une transhumance religieuse et
spirituelle, faites de débats et de conjectures qui l’éloignent chaque jour de l’ldéal Divin pour
lequel il est créé.
Au finish, cela a aboutit à un conflit civilisationnel à base religieuse interne et auquel on ne
trouve pas de solutions parce qu’ils ne trouvent pas là où on les cherche. Alors, la reconquête
de soi est-elle possible pour se libérer de la Mondialité et être dans la Spiritualité et courir, vers
cet Idéal Divin pour lequel il est créé et invité et qui n’est pas à l’opposée du développement ni
à la modernité. La réponse est que OUI. Car autant les forces du Mal sont puissantes, les
forces du Bien le sont tout au Plus. Cela suppose, sans alternative, de se consacrer
exclusivement à une dynamique de Spiritualisation au sein de notre religion, l’Islam. ‘’Si la
vérité était conforme à leurs passions, les cieux et la terre et ceux qui s’y trouvent
seraient, certes, corrompus. Au contraire, Nous leur avions donné leur Rappel. Mais ils
s’en détournent’’ (1)
‘’A partir du XVé siècle, les signes de sclérose sont patents pour les voies. Ils s’accompagnent
d’une évidente déperdition initiatique… ‘’ (2). Comme nous l’avons évoqué plus haut, les Voies
Spirituelles sont des Regroupements de Croyants, cheminant dans la 3é Dimension de Lislam,
répondant ainsi à l’invite d’Allah (Swt): ‘’Fais preuve de patience (en restant) avec ceux qui
invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent
point d’eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n’obéis pas à celui dont
Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le
comportement est outrancier’’ (3). Dans une dynamique spirituelle, le Guide joue le rôle de
Wassila ou point de jonction entre Allah (Swt) et l’Homme, pour permettre à ce dernier de se
spiritualiser, de se réaliser Homme – Accompli parce que devant Représenter Allah (Swt) sur
Terre par le moyen de la Haqîqâ et de la Shari’â. La Shari’â par l’Enseignement, la Haqîqâ par
l’Initiation, la Tarbiyya..
Pour quel que Voie qu’elle puisse être, l’œuvre du Cheikh – Guide devrait faire tomber tous les
voiles qui le dissimulaient à Allah (swt) et qui l’empêchaient de ‘’Le Connaitre’’. Mais, le plus
souvent, le Guide mû facilement en Interface voilant plus hermétiquement le disciple à Allah
(1) Coran 23 V 71
(2) Eric Geoffroy, op. cit
(3) Coran 18 V 28
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 58
(Swt). Or, l’œuvre de Guidance devrait permettre d’amorcer la descente d’Allah (Swt) vers
l’Homme et la montée de l’Homme vers Allah (Swt), dans un contexte spirituel où le Guide
serait le Point de Jonction. Comme Interface étanche, le disciple fini souvent par être voilé par
son Guide – Voile, résumant toute son œuvre en sa propre personne.
Quand donc le Guide devient Voile pour le disciple dans un exercice de spiritualisation, ce
dernier n’irait pas loin dans son ascension vers l’Eternel, mais profondément dans des illusions
alimentées par la personnalité du Guide – Voile. C’est ainsi, un des éminents chercheurs
Français, Eric Geoffroy fait constater que ‘’ le Soufisme aussi est tombé, lui aussi dans le piège
du ritualisme, c’es-à-dire, le vice de la religion exotérique auquel le soufisme initial s’était
opposé et qui avait même provoqué sa naissance…’’. Plus loin; il évoque la vénération
excessive portée par les disciples au cheikh et la compromission de la pratique confrérique
avec la religiosité populaire, toujours suspecte de s’abandonner aux superstitions et à
l’idolâtrie…’’ (1).
45
LA TIDJANIYYA
Ce Saint Homme du XVIII qui est Cheikh Ahmad Tidiane fondateur de cette Tarîqâ, a la
particularité, avant de fonder la très Céleste Tidianiyya, de rencontrer tous les Saints de son
époque et s’était affilié à toutes les grandes confréries comme la Qâdriyya, la Nasiriyya, la
Tayyibiyya, la Khalwatiyya, etc, qui tous, lui avaient décerné le grade de Cheikh. ‘’Voilà (ce qui
est prescrit). Et quiconque exalte les injonctions sacrées d’Allah, s’inspire en effet de la
piété des cœurs’’ (2)
Sa particularité c’est aussi d’avoir compris très tôt que la sclérosité des Tarîqa provient du fait
que leur équilibre est rompu et donc, certaines Tarîqa sont mortes en tuant la dimension
‘’SHARI’A’’ en faveur de la ‘’HAQÎQA’’. D’autres ont disparu ou sont dans la déliquescence
pour avoir tué la ‘’HAQÎQA’’ en faveur de la ‘’SHARI’A’’. On comprend dès lors que la Tarîqâ a
besoin de cet équilibre pour s’accomplir dans la spiritualité. La Shari’a pour l’équilibre religieuse
et sociologique et la Haqîqâ pour l’accomplissement de l’être pour son équilibre spirituel.
C’est ainsi que le Fondateur de la Tidjâniyya a promis l’avènement de cette étape sous forme
de profusion spirituelle sans chasser la profusion juridique. Il dira dans ‘’Ifâdatoul Ahmadiyya,
repris dans Cashful Hidjab par Soukhaïridjou, un de ces disciples, une haute sommité dans la
chaîne d’initiation: ‘’Il adviendra plus tard, parmi mes compagnons, un jaillissement
(Fayda) d’où la réalisation spirituelle ou l’accomplissement sera à la portée de beaucoup
de monde tel que des gens rallieront par groupes innombrables notre voie. Cet
évènement surviendra dans un contexte de crise morale, spirituelle, économique et
sanitaire très affirmée que les gens subiront de plein fouet’’.
1. L’Engagement
Ici, l’Engagement est l’acte symbolique, le contrat de fidélité qui lie le disciple à Dieu, à travers
le Maître. Il consacre au plus haut degré, le renouvellement actif de l’engagement originel scellé
entre ‘homme et Allah (Swt) dans les prééternités (la non manifestation) ‘’Et quand ton
Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux-
mêmes : « Ne suis-je pas votre Seigneur ? » Ils répondirent : « Mais si, nous en
témoignons… » - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection ; « Vraiment,
nous n’y avons pas fait attention’’ (1). Ce qui confère au disciple contractant, un statut
hautement enviable, semblable à celui de tous ceux qui, à la veille de la célèbre bataille d’Al
Houdeybiyya, avaient fait allégeance et engagement au Prophète Mohammad (Psl). ‘’Ceux qui
prêtent serment d’allégeance ne font que prêter serment à Allah : la main d’Allah est
au dessus de leurs mains. Quiconque viole le serment, ne le viole qu’à son propre
détriment ; et quiconque remplit son engagement envers Allah, Il lui apportera bientôt
une énorme récompense’’ (2). On comprend dès lors que l’engagement, ce bréviaire à toute
pratique de la Voie Tidjaniyya, est un pari définitif d’une fidélité ineffable à la reconnaissance et
au respect de la condition de servitude du disciple, compagnon de son cheminement de retour
au Principen colle l’a été le compagnonnage de Khudar et Moïse.
Mais la Tidianiyya, elle aussi, n’a pas échappée aux soubresauts doctrinaux et à sa crise de
croissance qui sont souvent liés aux contextes sociologiques et de la faillibilité de l’intellect.
Ainsi, certaines sommités de la Voie remettent en cause la 2éme phase de la Tarîqâ, la rendant
aussi boiteuses et déliquescentes que les précédentes. Même si tout le monde ne partage pas
cet avis, leurs porteurs prennent comme arguments les propos du Cheikh Zarouq qui, au 6é
siècle, fustigeait la pratique de la Tarbiyya. Mais de quelle Tarbiyya parlait-il ?
Loin de celle prônée et développée par la Tidjaniyya qui n’est qu’une pratique assidue et
répétée de la Salaatul Faatihi, jusqu’au saisissement total de l’être par Allah. Quant à celle que
condamnait le Cheikh Zarouq consistant à faire des retraites spirituelles (ce qui n’est pas le cas
actuellement) avec des Noms de Dieu à des fins de géomancie. Car les marabouts roublards
l’itlisent pour s’attirer les services des Rawhânes (Esprits malins) ou s’en servir à des fins
mercantiles et égoïstes, ne reculants devant aucune sollicitation, licite ou illicite. C’est ce que
fustigeait et craignait Cheikh Zarouq qui a comme résultat : ‘’recrutement massif d’adeptes; repli
sur elles-mêmes de certaines voies qui revendiquent leur supériorité; cheikhs ‘’gestionnaires du
sacré’’, qui semblent peu investis du secret initiatique ; marabouts qui répondent aux
sollicitations de la foule et distribuent recettes et formules magiques ; rattachements routuniers,
calqués sur les modèles familiaux hérités, etc’’
2. L’Initiation ou la Réalisation
C’est à travers l’initiation que le disciple vivra par sa propre expérience, sa relation avec Allah
(Swt) et qui fait de lui un serviteur accompli tel que Dieu l’a mis dans son destin. C’est cette
deuxième phase de ta Tarîqa qui constitue le ‘’Volet de la Sainteté’’
Mais dans la lucarne béante de l’Islam et de la Tidianiyya, la vraie pratique de la Tarbiyya peut
se résumer en une ‘’Initiation Spirituelle’’, un processus dans lequel, le disciple est mis dans
les conditions de ne vivre que de son ‘’Soi Spirituel’’ au détriment de ‘’Soi Nafsique’’. Elle est
faites d’actes et de pratiques qui annihilent les velléités bestiales de l’homme et développent le
‘’Sens Divin’’ ou le cœur demeure de Dieu sera réoccupé par Lui et tout autre faut locataire
reste dans en périphéries et le cœur se libère de toutes contingences factices. Là, les disciples
doit engager le cheminement spirituel au sein de la Source Principielle qui le ramène dans son
état de serviteur conscient de son état de seigneur pour ne pas renoncer à la Shari’â l’aspect
primordial de la religion, les Ibâdâts, le Culte parfait qui est le sens de la Shari’â lui permettant
de garder l’équilibre tant recommandé par le Prophète Mohammad (Psl) le Maître par
Excellence de toutes les Voies.
Ici la Voie retrouve sa vocation initiale comme disait Charles André Gilis ‘’selon la réalité
véritable, il n’y a aucune opposition entre les Vérités Métaphysiques (Haqâ’iqu) et la Loi Sacrée
(Shaari’a), ni même un simple complémentarisme, mais bien une unité profonde. Nin seulement
la Loi de L’Islam est l’expression d’une vérité essentielle, mais à un autre point de vu, elle
inclue dans sa totalité et dans sa perfection formelle, l’ensemble des Vérités Métaphysiques et
initiatiques. En aucun cas, on ne peut dire que l’ésotérisme implique l’abandon de la Loi’’.
La liste des périls et assauts internes et externes à l’Islam sont loin d’être épuisée, et leurs
tenants sont loin de dire leur dernier mot ou de livrer sa dernière bataille. Ainsi donc, même si
Allah (Swt) a dit dans le Saint Coran que c’est Lui qui protègerait le Coran; cela ne dispense
pas l’Homme à œuvrer pour sa propre réalisation en Homme – Accompli. Pour cela, il dispose
d’armes efficaces de riposte à sa disposition et une protection sûre. Sans quoi, il sera dissout et
absout dans les méandres d’un ‘’Flou Contemporain’’, amené et porté par de puissants
ensembles.
Jamais chance et bienfaits d’Allah (Swt) ne sauraient être plus grands pour la communauté élue
que nous sommes, d’être contemporains de l’avènement et de la réalisation de l’homme par la
jonction de l’ésotérisme et de l’exotérisme. ‘’ lls diront Gloire à Toi ! Il ne nous convenait
nullement de prendre en dehors de Toi des patrons protecteurs mais Tu les as comblés
de puissance ainsi que tous leurs ancêtres au point qu’ils en ont oublié le Livre de
Rappel (le Coran). Et ils ont été des gens perdus’’. (1)
CONCLUSION
C’est en redonnant au cœur son véritable locataire, comme il est dit dans ce Hadis Qudsi où le
Très Haut déclare, ‘’Ni les cieux ni les terres ne peuvent me contenir, seul le cœur de mon
serviteur croyant peut me contenir’’, que l’homme redécouvrira les Bienfaits de son
Seigneur. ‘’…Revenez donc à votre Seigneur…. » (2), disait Allah (swt), formulant ainsi, une
généreuse Invite dont on ne devrait opposer aucune forme de résistance. Car il s’agit, pour
l’homme, d’un retour à la Félicité, vers les Grâces. Car, quand toutes les idéologies qui ont
longtemps prétendue structurer, encadrer et conduire la marche et le bonheur du monde, ont
fini par s’écrouler, laissant l’homme dans les mailles serrées où il se débattra jusqu’à la fin de
ses jours, il y’a bien des raisons de s’interroger et de retourner.
Tout comme, quand un fils porte en terre ferme et sèche son père et sa mère, ceux – là même
qui l’avaient mis au monde, ne devrait-il pas s’interroger et se dire : est ce que réellement, c’est
ceux-là qui n’ont pas pu se retenir en vie, qui m’ont donné la vie ? Pourquoi sont-ils partis alors
s’ils avaient une certaine prise et emprise sur la vie ? Ne trouve t-il pas là de bonnes raisons
d’engager un chemin de retour vers son Seigneur ?
Quand, en ces siècles des lumières, l’homme ne trouve rien de mieux que de consacrer plus de
70% des ressources mondiales aux sciences et aux activités de destruction humaine massive,
négligeant tout ce qui concours à la préservation de la vie et au bien-être social …., n’est-il pas
en droit d’opérer un retour sincère vers Dieu ?
47
Quand l’homme devient le fusible qui fera détonner l’arme qui tuera des victimes innocentes en
se donnant lui-même la mort quand le meurtre et le suicide sont formellement interdits par
L’Islam (référez-vous, entre autres, au récit entre Allah (Swt) et le Prophète Daouda quand il
était question de construire le Bayt al Muqaddis), y’a-t-il pas là des raisons de faire son retour à
Dieu ?
Quand Allah (Swt) étale à l’homme un harmonieux cadre existentiel qu’est l’lslam, où il peut se
réaliser, s’accomplir et s’épanouir spirituellement dans une approche Soufie généreusement
organisée et donnée à nos Saints par le Prophète Mohammad (Psl), alors qu’il vit dans l’empire
du Satan, fait de tous les horreurs dont l’Islam est justement venu combattre, il y’a lieu d’opérer
son retour vers Dieu ?
Quand le pêché n’émeut plus et que le blasphème ne fait plus tressaillir, alors l’homme doit
s’engager dans un chemin inverse qui le retournerait avant qu’il ne soit trop tard vers son
Seigneur ! ‘’Récite ce qui t’est révélé du Livre et accompli la Salât. En vérité, la Salât
préserve de la turpitude et du blâmable. Le Rappel d’Allah est certes ce qu’il y’a de lus
grand. Et Allah sait ce que vous faites’’ (1)
48
Il n’est pas trop tard pour l’homme, de s’engager au retour vers la Source Principielle, vers ses
bases qui l’élèveront aux cimes où Allah (Swt) lui a donné Rendez-vous, rendez-vous pour
lequel il l’a placé au dessus de toutes les créatures. Et Allah (Swt) est suffisamment Généreux,
Miséricordieux, Pardonnant, pour réhabiliter l’homme et le replacer dans les Grâces et Félicité
qu’il l’a promit, une fois qu’il est conscient de son errance, de sa déperdition et s’engage à les
réparer lui-même.
Quand Allah (Swt) donne au Saint Coran le Nom et la Mission de ‘’RAPPEL’’, et que Lui-Même
y fait généreusement des centaines de Rappels les qualifiant de bienfaits pour les croyants, il
est tout autant opportun pour nous, de faire cet Invite au Rappel qui est, sans aucun doute, un
Appel Individuel et Collectif vers les Grâces Eternelles. C’est cela la Vérité. Retenons avec
Charles-André Gilis que le Nom d’Allah ‘’Al Haqq’’ désigne particulièrement Allah Lui-Même,
mais signifie à la fois ‘’La Vérité’’ et ‘’Le Droit’’. Or, ‘’la force de l’Islam n’est pas dans sa
puissance extérieure, qui appartient au domaine des réalités contingentes, elle est dans
sa vérité et dans son droit qui sont universels et indépendants de toute manifestation
visible de la puissance divine. Il importe d’affirmer aujourd’hui l’essence unique et
(1) Coran 29 V 45
Zawiya Cheikh Nourou-Diine Sall Page 64
incomparable de la lumière prophétique dont procède l’Islam dans sa pureté e( son
intégrité….’’
Tout ce qui n’est pas ceci, n’est que passion et quand la passion s’impose, la raison disparait.
Ce Manifeste nous y encourage et nous y accompagne.
‘’Grâce Unitive, Paix, Bénédiction et Salut d’Allah sur Seyyidina Mohammed qui a ouvert ce qui était fermé, qui a
scellé ce qui a précédé, qui a secouru al-Haqq au moyen d’al-Haqq, qui a guidé vers Sa Voie Droite, ainsi que sur
sa Famille, selon la Vérité et le Droit (Haqqa) inhérents à Son pouvoir (Eternel) et à Sa mesure immense (dans
l’ordre manifesté).
Gloire à la Transcendance de ton Seigneur, le Seigneur de l’élévation hors de l’atteinte de ce qu’ils attribuent !
AVANT – PROPOS…………………………………………………………………03
INTRODUCTION…………………………………………………………………….04
L’ISLAM, RELIGION D’ALLAH, CADRE EXISTENTIEL DE L’HOMME……… 07
L’HOMME SATANIQUE………………………………………………………… .13
L’EPOQUE SAHAABEENNE…………………………………………………… 13
ABOUBAKR SIDDIIQ, PREMIER KHALIF DE LISLAM……………………… 13
LES GRANDES ECOLES JURIDIQUES ISLAMIQUES……………………… 19
SUNNISME………………………………………………………………………… ..19
Jurisprudence…………………………………………………………………… .20
L'école hanafite d'Abu Hanifa Al-Nu'man Ibn Thabit. ……………………… 20
L’Ecole Malikite d’Imam Malik ibn Anas (93-179) …………………………… .21
L’Ecole Chafiite de l’lmam ach-Chafi’iy…………………………………… 24
L’Ecole Hambalite d’Imam Ahmad Ibn Hambal…………………………… . 26
L’Imâm Ahmad Ibn Hanbal……………………………………………………… 26
CONCLUSION SUR LE SUNNISME………………………………………………30
Muhammad Ibn ‘Abd al Whahhâb………………………………………………..31
L'exportation du Wahhabisme………………………………………………… 32
Contre les soufis, les ash‘arites et les chi‘ites ……………………………….33
LE CHIISME………………………………………………………………………….34
LE SOUFISME ET LES VOIES……………………………………………………..39
La Voie – Tarîqa…………………………………………………………………….42
LA SPIRITUALITE: UNE LUMIERE QUI MENE A TOUT………………………..47
L’ISLAM FACE AU PERIL EVANGELIQUE…………………………………… .48
PERIL DE LA MONDIALISATION……………………………………………… ..50
L’ECHEC DES VOIES – TARÎQÂ………………………………………………… 51
LA TIDJANIYYA…………………………………………………………………… 52
3. L’Engagement……………………………………………………………….53
4. L’Initiation ou la Réalisation……………………………………………….54
c. Cheminement spirituel vers la Source Principielle ……………………54
d. Cheminement spirituel dans la Source Principielle……………………54
RIPOSTE POSSIBLE ET ACCESSIBLE………………………………………… 55
CONCLUSION……………………………………………………………………… 55
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………..57
1. Le Coran
2. Dictionnaire du Coran sous la direction de Mohammad Ali Amir- Moezzi
3. Les Voies d’Allah sous la direction de Alexandre Popovic et Gilles
Veinstein
4. La levée des équivoques concernant la Fayda du Sceau Abil Abbas
5. La Franc-maçonnerie dans la Lumière du Prophète de Charles André
Gilis
6. L’Intégrité islamique – Ni Intégrisme, ni Intégration de Charles André
Gilis
7. L’islam sera spirituel ou ne le sera plus d’Eric Geoffroy
8. Université Spirituelle de l’Aised, Cheikh Nouroudine Sall, 2010
9. Articles Wikipédia