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Introduction au droit
camerounais
mars 7, 2019 par Isa Germain
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INTRODUCTION AU DROIT CAMEROUNAIS – COURS DE DROIT
CAMEROUNAIS
Dans ce cours de droit camerounais nous étudierons la notion de droit, les
sources du droit camerounais et l’organisation judiciaire du Cameroun. Le droit
camerounais est issu de la réglementation nationale, des conventions
internationales et des textes adoptés par les organisations panafricaines dont le
Cameroun est membre.
Le droit camerounais est influencé par la common law anglaise, par le droit civil
français et par les coutumes ou le droit traditionnel.
:
Voici le plan du cours de droit camerounais :
Chapitre I Introduction au droit camerounais
Section 1 : généralité sur le droit camerounais
Section 2 : Les sources du droit et la hiérarchie des normes juridiques en
droit camerounais
Chapitre II : L’organisation judiciaire du Cameroun
Section 1 : Les principales juridictions du Cameroun
Section 2 : L’action en justice au Cameroun
L’objectif de cette introduction au droit camerounais est d’aider les étudiants à
acquérir les outils nécessaires à la compréhension du droit de l’informatique en
général et du droit de la sécurité des systèmes d’information en particulier. Et
surtout d’avoir une idée sur l’organisation de la justice au Cameroun.
Liste des autres articles :
Introduction au droit camerounais
L’instance au droit camerounais : principes directeurs et jugement
L’action en justice au Cameroun
Les juridictions du Cameroun (organisation judiciaire)
Les sources du droit camerounais et hiérarchie des normes
Droit camerounais : définition du droit, caractères, branches
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Introduction au droit : La règle de droit
:
L’étude de la règle de droit nous conduira aux généralités sur le droit ou règle
juridique, à la recherche des sources du droit et à la hiérarchie des normes
juridiques.
Section 1. Généralités sur le droit
1.
I ) Définition et contours du droit
Qu’est-ce que le droit ?
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Le terme « droit » désigne les règles qui gouvernent la vie des Hommes
en société. Le terme
« juridique » vise tout ce qui se trouve lié à la notion de droit alors que le mot «
judiciaire » englobe tout ce qui a trait à la justice.
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:
La règle juridique ou droit se distingue des autres règles par son caractère
obligatoire ce qui sous- entend une sanction en cas de non-respect de la règle.
Elle est aussi permanente puisqu’elle doit être abrogée pour disparaître. Cette
sanction est socialement organisée : elle est prévue au préalable et est l’œuvre
de la puissance publique. Le droit ou règle de droit désigne en fin de compte
l’ensemble des normes destinées à réguler la vie des hommes en société et
dont la violation est sanctionnée par la puissance publique qu’est l’Etat.
Le droit recouvre deux ensembles : le droit objectif et les droits subjectifs. L’objet du
droit objectif est de délimiter les droits subjectifs des personnes. La règle de droit
est générale car elle s’applique à tous sans distinction,
1. Le droit objectif
Le droit est, en premier lieu, un ensemble de règles destinées à organiser la
vie en société. A cet ensemble, on applique l’expression Droit objectif. Le Droit
objectif est la règle de droit ou le Droit. C’est un ensemble de règles de conduite,
socialement édictées et sanctionnées, qui s’imposent aux membres de la
société.
– Il s’agit de délimiter la part de liberté et de contrainte de chacun. Il faut définir
ce qui est permis ou pas pour que la vie sociale soit possible. La société
établit des règles destinées à régir son fonctionnement, et par voie de
conséquence, à organiser les relations des personnes qui la composent.
– Le droit objectif est constitué par l’ensemble de ces règles juridiques.
Lorsqu’on étudie la règle de droit
objectif, cela signifie qu’on prend en considération la règle de droit, en elle-
même et pour
elle-même,abstraction faite de son contenu. On envisage ce qui est commun à
toutes les règles juridiques : ses caractères, ses classifications, ses sources, son
domaine d’application, etc…
2. Les droits subjectifs
Le Droit objectif reconnaît des prérogatives aux individus. Ces prérogatives sont
des droits subjectifs dont les individus peuvent se prévaloir dans leurs relations
avec les autres. Il ne faut pas perdre de vue que le droit a pour but d’organiser la
vie en société, donc de régir des personnes qu’on appelle sujets de droit. Dans ce
second sens, le droit est envisagé de façon plus concrète et particulière. On
examine les droits dont une personne est titulaire, les prérogatives
individuelles que les personnes ont vocation à puiser dans le corps de règles
constitué par le droit objectif. Le droit subjectif vise des prérogatives individuelles
reconnues et sanctionnées par le Droit objectif permettant à son titulaire de faire,
:
d’exiger ou d’interdire quelque chose dans son propre intérêt ou parfois dans
l’intérêt d’autrui. Il vise, en bref, les droits de la personne en tant que telle.
Ces deux significations du mot droit ne s’opposent pas, elles sont
complémentaires. Ce sont deux façons différentes d’envisager le même
phénomène, les deux faces d’un même miroir : le droit. Le droit objectif tend à
déterminer les droits subjectifs des individus.
3. Le droit positif
C’est l’ensemble des règles juridiques en vigueur ou applicables dans un Etat à un
moment précis ou à une époque précise.
4. Les droits naturels et les droits de l’homme
Les droits naturels désignent les droits que l’on obtient à la naissance du seul fait
d’être né et viable. Pour ce qui est des droits de l’homme, ils désignent l’ensemble
constitué par les droits naturels et les droits subjectifs de l’homme. Les droits de
l’homme sont inaliénables (personne ne peut les perdre, temporairement ou
définitivement, volontairement ou non) et universels car fondés sur la raison et non
sur les particularismes culturels. Les droits de l’homme sont opposables en toutes
circonstances à la société et au pouvoir quel que soit le droit positif en vigueur ou
les autres facteurs locaux tels que l’ethnie, la nationalité, l’orientation sexuelle ou la
religion. Les droits de l’homme sont des prérogatives dont les individus ou des
groupes sont titulaires, qui commandent à l’État et aux institutions de les respecter
et de les faire respecter.
5. Les droits fondamentaux
Les droits fondamentaux désignent les droits de l’homme consacrés et garantis
par des textes supérieurs comme la Constitution. Ce sont des droits justiciables.
II ) Caractères de la règle dedroit.
1. La règle de droit est obligatoire et sanctionnée parl’Etat.
– La règle de droit est un commandement : elle a un caractère obligatoire. Si
elle était dépourvue de ce caractère, elle ne serait qu’un conseil laissé à la
discrétion de chacun et non un ordre. La règle de droit doit être respectée pour
pouvoir jouer son rôle d’organisation de la société. S’il n’y avait plus de règle
obligatoire, ce serait le règne de l’anarchie.
– Le droit est assorti de sanctions. Il a un caractère coercitif, il est sanctionné
par l’Etat. C’est cette consécration par l’Etat qui fait la règle de droit. Pour obtenir
:
le respect du droit, des contraintes et des sanctions sont prévues.
– Ce caractère obligatoire permet d’opposer la règle de droit aux autres règles.
– L’existence de la sanction serait donc le propre de la règle de droit.
2. La règle de droit est générale etabstraite.
– La règle de droit est générale : cela signifie qu’elle a vocation à s’appliquer à
toutes les personnes qui forment le corps social. Cela explique qu’elle soit toujours
formulée de manière générale et impersonnelle. On rencontre souvent les
formules : « Quiconque… » ; « Toute personne… ». La règle concerne chacun et
ne vise personne en particulier. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les
règles de droit ont vocation à régir toutes les personnes. Parfois la règle de droit
s’applique à un groupe de personnes : les salariés, les employeurs, les médecins,
les consommateurs, les propriétaires, les conducteurs d’automobiles, les époux.
– La règle est générale parce qu’elle a vocation à s’appliquer à toute
personne appartenant à cette catégorie. La règle de droit n’en est pas moins
générale parce qu’elle vise une catégorie de personnes sans viser personne en
particulier. Même si la règle vise une catégorie à laquelle une seule personne
appartient, elle conserve un caractère général parce qu’elle ne nomme personne
en particulier.
– En principe, ce caractère général de la règle de droit est une garantie
contre l’arbitraire, contre la discrimination individuelle.
3. La règle de droit est permanente.
– On dit que la règle de droit est permanente parce qu’elle a une application
constante pendant son existence. Elle a vocation à régir l’avenir, à durer un
certain temps. Cela ne signifie pas que la règle de droit soit éternelle : elle a un
début et une fin. Cependant pendant le temps où elle est en vigueur, elle a toujours
vocation à s’appliquer. La règle de droit est permanente parce qu’une fois née, la
règle de droit s’applique avec constance et de façon uniforme à toutes les
situations qu’elle réglemente jusqu’à ce qu’elle soit abrogée.
III ) Les branches et systèmes dedroit
1. Système juridique : le bi juridisme camerounais
Il existe aujourd’hui dans le monde deux systèmes juridiques majeurs ou systèmes
de droit : le système germano romain et le système anglo saxon ou de la common
law. Le Cameroun a la particularité d’appartenir au deux systèmes. C’est la raison
pour laquelle, le système Camerounais est dit bijural.
2. Les branches du droit
:
Le droit est divisé en deux branches : droit public et droit privé.
– Le droit privé est celui qui régit les rapports entre particuliers ou avec les
collectivités privées, telles que les associations, les sociétés et qui assure
prioritairement la sauvegarde des intérêts individuels.
– Le droit privé comprend principalement le droit civil et le droit commercial.
– Le droit public est celui qui régit les rapports de droit dans lesquels
interviennent l’Etat (ou une autre collectivité publique) et ses agents. Le
droit public régit l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques ainsi que
leurs rapports avec les particuliers. Ainsi, il contient les règles d’organisation
de l’Etat et celles qui régissent les rapports entre les particuliers et
l’Administration. Le droit public se subdivise aussi en plusieurs branches. Il
comprend principalement le droit constitutionnel qui fixe les règles de base
d’organisation de l’Etat, le droit administratif qui réglemente la structure de
l’Administration et ses rapports avec les particuliers, le droit financier
composé du droit du budget ou les finances publiques et du droit fiscal qui
réunissent les règles gouvernant les dépenses et les recettes des
collectivités publiques, les libertés publiques qui définissent les divers droits
de l’individu dans la société et les modalités de leur protection.
– Le droit public diffère du droit privé par :
– une finalité différente : il vise à satisfaire l’intérêt de la collectivité. Il est au
service de l’intérêt public alors que le droit privé est au service des
individus.
La distinction du droit privé et du droit public n’est pas une division
absolue du droit. En réalité, les techniques et les préoccupations se
mélangent très souvent. Il est des règles de droit dites mixtes parce qu’elles
réalisent une combinaison de règles relevant, pour les une du droit public,
et pour les autres, du droit privé.
– Le droit pénal, appelé aussi « droit criminel » est un droit mixte. Il a pour
principal objet de définir les comportements constitutifs d’infractions, et de
fixer les sanctions applicables à leurs auteurs. Mais le droit pénal ne vise pas
que la répression, il cherche aussi à prévenir les attitudes délictueuses,
à rééduquer les anciens délinquants. Le droit pénal a un lien étroit
avec le droit public puisque les infractions sont définies en
considération de l’intérêt général et c’est la puissance publique qui
assure l’exécution de la sanction. Le procès n’oppose pas deux particuliers,
la victime et le délinquant mais le délinquant et la société. Même si la
victime n’intervient pas parce qu’elle est décédée ou ne souhaite pas les
poursuites, le procès se déroulera normalement, opposant le délinquant au
ministère public, représentant de l’Etat. L’essentiel des règles du droit
pénal sont rassemblées dans un Code pénal.
Le droit pénal est néanmoins traditionnellement rattaché au droit privé et
enseigné dans les facultés par des professeurs de droit privé.
Section 2. Les sources du droit et la hiérarchie des normes juridiques
1.
I ) Les sources du droit
:
Par qui et comment la règle de droit est elle créée ? Les sources de droits ne se
limitent pas aux législateurs, aux traités et aux conventions. On doit faire une
distinction entre les sources textuelles et celles non textuelles. Les sources
textuelles (constitutions, conventions et traités, lois et règlements) qui
correspondent au droit écrit. Les sources non textuelles correspondent au droit
non écrit (jurisprudence, doctrine et coutume).
– Les règles du droit positif émanent d’autorités diverses. Certaines autorités
élaborent directement les règles dont elles imposent l’observation. Ce sont des
sources directes des règles de droit. Les autres n’ont pas ce pouvoir et se
bornent à interpréter ces règles. Ils se bornent à favoriser la compréhension et
l’évolution du droit. Par ce travail, et à des niveaux différents,
ils contribuent indirectement à la construction de l’édifice du droit. Ces autorités
sont des sources d’interprétation qui, dans une certaine mesure mais de
façon indirecte, créent des règles de droit.
– Les sources directes, véritablement créatrices, sont la loi, au sens
large, et la coutume, créée spontanément par le sentiment et le
comportement populaire.
– Le mot « LOI » est ici pris dans un sens très large. Il recouvre toutes les
dispositions publiques formulées par écrit, présentant un caractère général,
impersonnel et obligatoire. La « LOI » ainsi entendue, recouvre en réalité des
textes de nature et de portée sensiblement différente.
– La loi, au sens étroit du mot, est votée par le Parlement. Il peut s’agir d’un texte
d’initiative gouvernementale (projet de loi) ou d’un texte d’initiative
parlementaire (proposition de loi émanant d’un ou plusieurs parlementaires). On
distingue les lois ordinaires ou parlementaires qui relèvent de la procédure
normale et de la pratique courante des lois constitutionnelles qui sont des lois
de révision de la Constitution, soumises à une procédure spéciale (possible
référendum) ou des lois organiques dont l’objet est de compléter et de mettre en
œuvre des règles inscrites dans la Constitution (délai de réflexion à respecter,
examen systématique par le Conseil constitutionnel) ou enfin des lois de
finances soumises à des délais impératifs de ratification parce que ces lois sont
indispensables pour la gestion du pays.
– Le règlement englobe l’ensemble des décisions du pouvoir exécutif et des
autorités administratives. Cette notion regroupe, en réalité, différentes sortes de
textes qui se situent, les uns par rapport aux autres, dans un ordre hiérarchique
plus marqué que celui des lois et qui correspond aux hiérarchies internes de
l’autorité publique. Au premier rang de ces textes figurent les décrets. La
compétence de principe en matière de décret appartient au Président de la
République et au Premier Ministre. Les ministres, dans le cadre de leurs
attributions ministérielles, les préfets, dans le cadre du département, les maires,
dans celui de la commune, peuvent aussi prendre des arrêtés réglementaires.
On distingue donc plusieurs types de règlement hiérarchisés entre eux.
Au premier rang figurent les décrets et au second rang les arrêtés. On distingue
les arrêtés selon leur auteur et ceux-ci se classent hiérarchiquement selon leur
autorité. Au premier rang se trouvent les arrêtés ministériels ou
:
interministériels, ensuite les arrêtés préfectoraux et enfin les
arrêtés municipaux.
– Il faut ajouter à cette liste, les circulaires par lesquelles un ministre donne des
instructions à des fonctionnaires pour le fonctionnement du service. En
principe, ces circulaires n’ont pas de valeur réglementaire.
II ) La hiérarchie des normes juridiques
Kelsen est à l’origine du normativisme juridique, principe selon lequel les
normes juridiques s’insèrent dans un ensemble cohérent appelé hiérarchie des
lois: Constitution, Traités, Lois, Règlements. Il s’agit donc de la classification des
normes en fonction de leur importance. Les normes supérieures devant
s’imposer aux normes inférieures.
Séquence II L’organisation judiciaire
du Cameroun
Depuis son indépendance, le Cameroun a adhéré au principe de la séparation
des pouvoirs formulé par John Locke et Montesquieu pour prévenir les abus du
pouvoir en confiant celui-ci à plusieurs organes chargés chacun d’une fonction
différente et en mesure de se faire mutuellement contre poids.
Toutefois, ce n’est qu’en 1996 qu’un véritable pouvoir judiciaire sera affirmé par
les articles 37 à 42 de la loi № 96/ 06 du 18 janvier modifiée par la loi du 14 Avril
2008 portant révision de la constitution du 02-06- 1972. D’après l’article 37de la
loi précitée, le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour Suprême, les Cours
d’Appel et les tribunaux (lesquels font partie de l’organisation judiciaire).
L’organisation judiciaire au Cameroun est très originale du fait non seulement de la
coexistence du Droit Civil et de la Common Law, fruit de la colonisation Franco-
Britanique, mais encore du fait de la coexistence de la Coutume et du droit écrit.
Section 1. Les principales juridictions du Cameroun
A – Les juridictions de droit commun
On entend par juridiction de droit commun celles qui ont le pouvoir de connaitre
de toutes les affaires à l’exception de celles qui leur sont expressément retirées
par un texte.
Du faite du pluralisme judiciaire existant au Cameroun, c’est-à-dire de la
coexistence des juridictions de droit moderne appliquant le droit Civil et la
Common Law et des juridictions traditionnelles appliquant la coutume, nous
allons présenter d’une part les juridictions de droit moderne et d’autre part les
juridictions traditionnelles.
:
Les juridictions de droit commun sont régies au Cameroun par la loi № 2006/015
du 29 décembre 2006, le décret № 69/DF/544 du 19 Décembre 1969
modifiée par le décret № 71/DF/607 du 3 décembre 1971 portant
organisation des juridictions traditionnelles du Cameroun oriental, complété
par la loi № 79/4 du 29 juin 1979.
1. juridictions de droit moderne de premier degré
1) Les
Les juridictions de premier degré sont celles qui connaissent d’une affaire pour
la première fois. Au Cameroun, il s’agit du TPI et du TGI en ce qui concerne
les juridictions de droit moderne.
1.
Tribunal de première instance
Il est crée un tribunal de Première Instance par arrondissement. Toutefois,
suivant les nécessités de service, le ressort dudit tribunal peut être étendu à
plusieurs arrondissements. Sur le plan matériel, le tribunal de première Instance
est compétent pour connaitre;
En matière pénale
. Des infractions qualifiées de délits ou de contraventions
. Des demandes de mise en liberté formées par toute personne détenue et
poursuivre devant lui, pour une infraction de sa compétence ;
. Des crimes commis par les mineurs sans co-auteur ou complice majeur.
En matière civile, commerciale ou sociale
.
Des actions en recouvrement, par procédure simplifiée des créances civiles o
u commerciales certaines, liquides et exigibles n’excédant pas 10.000.000FCFA
. Des différends dont le montant de la demande est inférieur ou égal à
10.000.000FCFA.
1.Tribunal de grande instance
Sa compétence territoriale couvre le ressort d’un département et peut être
étendue à plusieurs départements en cas de nécessité.
Sur le plan matériel, le tribunal de grande instance est compétent pour connaître;
En matière pénale
. Des crimes et délits connexes
. Des demandes des mises en liberté formées par toute personne détenue et
renvoyée devant lui, pour des infractions de sa compétence ;
En matière civile, commerciale et sociale
Des actions et procédures relatives à l’état des personnes, à l’état civil, au mariage,
au divorce, à la filiation, à l’adoption et aux successions ;
:
Des demandes de recouvrement, par procédure simplifiée, des créances civiles ou
commerciales certaines, liquides et exigibles d’un montant supérieur à
10.000.000FCFA ainsi que des créances commerciales, certaines, liquides et
exigibles quel qu’en soit le montant, lorsque l’engagement résulte d’un chèque,
d’un billet à ordre ou d’une lettre de change.
En matière non administrative
De toute requête tendant à obtenir l’interdiction à toute personne ou autorité,
d’accomplir un acte pour lequel elle est légalement incompétente;
Des requêtes tendant à obtenir l’accomplissement par toute personne ou
autorité, d’un acte qu’elle est tenue d’accomplir en vertu de la loi.
L’article 18 de la loi № 2006/015 précitée attribue des compétences particulières
au président du Tribunal de Grande Instance ainsi que du président du Tribunal
de Première Instance.
2) Les juridictions de second degré : les cours d’appel et la Cour suprême
D’après l’article 19 de la loi № 2006/015, il est crée une Cour d’Appel par région.
Toutefois, suivant les nécessites de service, le ressort de cette Cour peut
comprendre plusieurs régions. Elle siège au chef lieu de la région.
D’après l’article 22 de la loi précitée, la Cour d’Appel est compétente pour
connaitre;
Des appels interjetés à l’encontre des décisions rendues par les juridictions autr
es que la Cour Suprême et la Cour d’Appel elle même ;
. Des appels formés contre les ordonnances du juge d’instruction;
. Du contentieux de l’exécution des décisions;
. De tout autre cas prévu par la loi.
D’après l’article 38 de la loi constitutionnelle du 18 Janvier 1996 révisée, « la
Cour Suprême est la plus haute juridiction de l’Etat en matière judiciaire,
administrative et de jugement des comptes ».
La Cour Suprême trône au sommet de la pyramide judiciaire camerounaise et est
constituée de trois chambres à savoir :
. La Chambre judiciaire
. La chambre administrative
. La chambre des comptes
La Cour Suprême est l’organe de contrôle du système judiciaire Camerounaise.
Son ressort territorial couvre toute la République du Cameroun.
Sur le plan de la compétence matérielle, chacune des Chambres de la Cour
Suprême a des attributions propres.
Compétence de la Chambre judiciaire
:
D’après l’article 39 de la loi constitutionnelle du 18 Janvier 1996 révisée, « la
Chambre judiciaire statue souverainement sur:
. Les recours en cassation admis par la loi contre les décisions rendues en
dernier ressort par les cours et les tribunaux.
.
Les décisions des juridictions inférieures de l’ordre judiciaire devenues définitiv
es dans les cas où l’application du droit est en cause. – Toute matière qui lui est
expressément attribuée par la loi.
Compétence de la Cour Suprême en matièreadministrative
D’après l’article 40 de la loi constitutionnelle précitée : « la Chambre
administrative connaît de l’ensemble du contentieux administratif de l’Etat et des
autres collectivités publiques.
Elle connaît en appel du contentieux des élections régionales et municipales.
Elle statue souverainement sur les décisions rendues en dernier ressort par les
juridictions inférieures en matière de contentieux administratif.
Elle connaît de tout autre litige qui lui est expressément attribué par la loi.
La Compétence de la Chambre des Comptes
D’après l’article 41 de la loi constitutionnelle du 18 janvier 1996 révisée : « La
Chambre des Comptes est compétente pour contrôler et statuer sur les comptes
publics et ceux des entreprises publiques et para- publiques. Elle statue
souverainement sur les décisions rendues en premier et dernier ressort par les
juridictions inférieures des comptes. Elle connaît de toute autre matière qui lui est
expressément attribuée par la loi »
La Chambre des Comptes a une importance capitale dans la lutte contre le
détournement des derniers publics à travers ses missions de contrôle.
Les juridictions d’exception que sont le Tribunal Militaire, la Cour de Sûreté de
l’état, la haute cour de justice et la Commission Provinciale du contentieux
de la Prévoyance Sociale feront l’objet d’un travail ultérieur.
1.
3) Les juridictionsd’exception
Les juridictions d’exception sont celles qui ne peuvent statuer que dans les
matières pour lesquelles un texte particulier leur donne expressément compétence.
(Le tribunal militaire, la haute cour de justice, lacour des suretés de l’Etat, le
tribunal criminel spécial et la Commission régionale du contentieux de la
prévoyance sociale.
:
Section 2. La sanction des droits subjectifs : l’action en justice
– L’action en justice « est le droit, pour l’auteur d’une prétention, d’être
entendue sur le fond de celle-ci afin que le juge la dise bien ou mal fondée. »
et « pour l’adversaire, l’action est le droit de discuter le bien-fondé de
cette prétention».
Il est intéressant de relever que pour les auteurs de ces textes, l’action est
expressément envisagée comme un droit subjectif.
– Nous allons voir dans un premier temps, les conditions d’existence de
l’action en justice et dans un second temps la mise en œuvre de cette action,
c’est-à-dire l’instance.
A : L’action en justice
– L’action est ouverte à tous ceux qui ont un intérêt légitime au succès ou
au rejet d’une prétention, sous réserve des cas dans lesquels la loi
attribue le droit d’agir aux seules personnes qu’elle qualifie pour élever ou
combattre une prétention, ou pour défendre un intérêt déterminé ». Pour
exercer une action en justice, il faut donc pouvoir invoquer un intérêt et une
qualité pour agir.
1.– L’intérêt àagir
– L’intérêt est le fondement de l’action. Il ne suffit pas, en effet, d’être
titulaire d’un droit pour agir. Il faut justifier d’un intérêt. Seul celui qui a un
avantage à voir sa prétention reconnue en Justice peut exercer une action
: « Pas d’intérêt, pas d’action« . L’intérêt doit remplir quatre conditions.
– L’intérêt doit être direct. Cela signifie que l’intérêt doit découler
directement du succès de l’action judiciaire. Il doit être lié au droit dont il est
demandé reconnaissance au juge.
– L’intérêt doit être légitime (?). Cette expression n’est pas exempte
d’ambiguïté. Pendant longtemps, cette condition a permis à la
jurisprudence d’écarter le plaideur ne pouvant invoquer « un intérêt
légitime juridiquement protégé ». Cette idée était finalement proche de
celle qui affirme « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». On sait
cependant que cette condition particulière a été abandonnée par la
jurisprudence depuis un arrêt de la Chambre mixte du 27 février 1970.
L’expression utilisée par l’article 31 du NCPC indiquant que l’action est ouverte,
en principe, « à tous ceux qui ont un intérêt légitime au succès d’une
prétention » doit être entendue comme exprimant, d’un mot, les autres
caractères exigés (F. Terré).
– L’intérêt doit être personnel au demandeur . C’est le ministère public qui
:
est chargé de représenter les intérêts de la société. Il faut donc pouvoir
justifier d’un intérêt personnel au succès de la prétention invoquée : à
chacun de défendre ses intérêts. Cependant, dans certains cas, la loi
reconnaît à certains groupements la faculté d’exercer l’action en
réparation d’un préjudice qu’ils n’ont pas subi personnellement et qu’aucun
des membres n’a subi personnellement. Ainsi, un syndicat
professionnel représente les intérêts de la profession. Il peut ester en justice
pour exercer les droits visant à obtenir réparation de l’atteinte à
l’intérêtcollectif de la profession qu’il représente. Les ordres professionnels,
comme celui des avocats ou des médecins, peuvent également agir pour
défendre les intérêts de la profession qu’ils représentent. La jurisprudence
apprécie de façon assez restrictive cette notion d’intérêt collectif car elle a le
souci ne pas laisser ces groupements se substituer au ministère public.
Pourtant ce droit à agir est particulièrement nécessaire lorsque le ministère
public ne se montre pas très dynamique. Les associations doivent être
habilitées par le législateur par une disposition spéciale pour intervenir pour
la défense des intérêts qu’elles représentent. Les associations de
consommateurs, spécialement habilitées parle législateur, sont particulièrement
actives dans la défense des intérêts qu’elles sont chargées de représenter.
– L’intérêt doit être né et actuel. Cette exigence signifie qu’aucune action
n’est accordée pour faire réparer un préjudice éventuel, hypothétique. On
ne peut faire respecter un droit dont on n’est pas sur qu’il a été violé. Onne
sait pas encore si le préjudice existe. Cela signifie pas pour autant qu’il soit
nécessaire que le préjudice soit précisément déterminé, il suffit qu’il puisse être
déterminable. Un préjudice futur peut être certain, si l’on est sur qu’il se
réalisera, mais qu’on ne connaît pas précisément la date de cette réalisation.
2.– Une qualité pour agir
La qualité est la seconde condition d’ordre général à laquelle est soumise
l’existence de l’action en justice. La qualité, c’est « le titre qui permet au
plaideur d’exiger du juge qu’il statue sur le fond du litige ». En principe, toute
personne a qualité pour agir. La condition de la qualité n’intervient donc que
dans le cas où le législateur a fait un choix parmi tous ceux pouvant avoir un
intérêt et a réservé le droit à agir à quelques-uns. En matière de nullité, la loi
réserve le droit à agir à quelques- uns, il en est de même de l’action en
désaveu de paternité (père) ou encore de l’action en divorce (époux). On peut
multiplier les exemples. La nature particulière du droit conduit la loi à
restreindre parmi toutes les personnes ayant un intérêt à agir celles qui
seront investies du droit d’action. On dit que ces actions sont « attitrées »,
c’est-à-dire que les titulaires de l’action sont spécialement désignés.
:
B : L’instance
– La mise en œuvre de l’action en justice, c’est l’instance. L’instance « se
présente comme une série d’actes de procédure, allant de la demande en justice
jusqu’au jugement ou à l’abandon de la prétention par un désistement » (Vincent
et Guinchard, Procédure civile, 1981). Un rapport d’instance est crée entre les
parties qui deviennent des plaideurs. Nous ne pouvons envisager toutes les
règles applicables à l’instance, ce qui relève du cours de droit processuel mais
nous allons cependant voir les principes directeurs de l’instance. Nous verrons
ensuite, l’issue de l’instance, le jugement.
-a- Les principes directeurs de l’instance
– L’organisation judiciaire est commandée par quelques grands principes :
a- Le principe de la neutralité du juge :
Saisine : Ce principe signifie tout d’abord que le juge ne prend pas les devants,
il ne se saisit jamais d’office. Il tranche les litiges qui lui sont soumis soit par
le ministère public, en matière pénale, soit par les parties pour toutes
les autres matières. seules les parties introduisent
l’instance, hors les cas où la loi en dispose autrement. Ce principe est
entendu de façon très large.
Déroulement de la procédure : Il signifie également que les parties ont la
direction de la procédure. Il appartient aux parties d’accomplir les actes de
procédure dans les formes et délais requis par la loi. Le juge doit
rester neutre.
b- Le principe du contradictoire : les impératifs de justice nécessitent le
respect des droits de la défense. Une certaine loyauté doit exister de la part des
parties et du juge. Le principe du contradictoire est un principe fondamental
gouvernant le procès. En effet, chacune des parties doit être en mesure de se
faire entendre afin d’exposer son point de vue et discuter les éléments qui
peuvent être utilisés pour aboutir à la solution du litige.
On a néanmoins organisé une procédure par défaut pour éviter que l’adversaire
ne se dérobe. Des précautions ont été prises pour garantir les droits de la partie
défaillante. On lui a permis si le jugement a été rendu en son absence de faire
opposition : le même tribunal sera saisi pour que l’affaire soit à nouveau jugée
dans son entier.
b) Le jugement
:
– Après avoir précisé la notion de jugement nous en étudierons la force.
1 – Notion de jugement
– Au sens large, le mot « jugement » désigne toute décision judiciaire.
C’est la décision rendue par une juridiction spécialement organisée
pour trancher, en observant une procédure minutieusement réglementée,
les contestations que les plaideurs lui soumettent.
– Dès lors, il faut constater que les décisions émanant d’une juridiction ne
sont pas toutes des jugements. Il convient de distinguer les jugements
contentieux, les actes d’administration et les décisions gracieuses. Seuls les
jugements contentieux sont de véritables actes juridictionnels.
– Les actes d’administration judiciaires sont destinés à assurer le bon
fonctionnement du service de la justice.
Ainsi, la décision qui consiste à distribuer les affaires entre les différentes
chambres de la juridiction ou à fixer une date d’audience est un acte de pure
administration judiciaire.
– Les décisions gracieuses se caractérisent par le fait qu’elles ne tranchent
pas un litige. Il s’agit, par exemple, d’ordonner des mesures de protection
pour certaines personnes, d’homologuer un partage de succession,
d’ordonner la rectification d’un acte de l’état civil, etc…
2 – Force du jugement
– Quand le litige a été définitivement tranchée, il va acquérir une force
particulièrement importante. Le jugement va acquérir l’autorité de la chose
jugée. Cela signifie que ce qui a été définitivement jugé ne peut plus être remis
en cause. Il convient de circonscrire le domaine de l’autorité de la chose
jugée avant d’en examiner les conditions.
a) Le domaine de l’autorité de la chose jugée
– L’autorité de la chose jugée ne s’attache qu’aux décisions définitives.
Une décision définitive est celle à propos de laquelle le juge ne peut pas
intervenir. Une décision est définitive
lorsqu’aucune voie de recours n’est plus possible. Un tel jugement acquiert
l’autorité de la chose jugée. Si il n’y a aucune voie de recours , le jugement
est immédiatement définitif et acquiert l’autorité de la chose jugée. S’il est
susceptible d’une voie de recours , il ne devient définitif et acquiert l’autorité
de la chose jugée qu’à l’expiration de ce délai.
– L’autorité de la chose jugée ne s’attache qu’aux décisions contentieuses,
quelle que soit la juridiction qui a tranché le litige. Il faut aussi précisé que
toute la décision n’acquiert pas l’autorité de la chose jugée : seul le dispositif
a l’autorité de la chose jugée, c’est-à-dire la partie finale de la décision dans
laquelle le tribunal tranche le débat. Les motifs n’acquièrent pas la
même autorité.
b) Les conditions de l’autorité de la chose jugée
:
– L’article 1351 du Code civil exige trois conditions pour que la décision ait
l’autorité de la chose jugée : une identité d’objet, de cause et de parties. En
effet, « L’autorité de la chose jugée n’a lieu qu’à l’égard de ce qui a fait l’objet
du jugement. Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit
fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et
formée par elles et contre elles en la même qualité ».
– Il faut qu’il y ait identité d’objet. Cela signifie que la chose demandée doit
être la même. Si la demande n’est pas la même, le juge peut donc l’examiner
sans se heurter à l’autorité de la chose jugée. Ainsi après avoir échouer
dans une demande en divorce, le juge peut examiner une demande en
séparation de corps.
– Il faut qu’il y ait identité de cause. Cela signifie que la demande doit être
fondée sur la même cause, sur le même fondement juridique pour que puisse
être opposée l’autorité de la chose jugée. Si la cause n’est pas la même, le
juge peut examiner la demande. Ainsi, après avoir échoué dans une
demande en divorce sur demande acceptée, il est possible de demander
au juge de prononcer un divorce pour faute ou une simple séparation de
corps.
– Il faut qu’il y ait identité des parties . Cela signifie que l’autorité de la chose
jugée est, en principe, relative. La chose jugée n’est opposable qu’aux parties
aux procès. Pour invoquer l’autorité de la chose jugé, il faut en principe que
« la demande soit entre les mêmes parties et formée par elles ou contre
elles en la même qualité ».
1) Le droit au Cameroun
Introduction au droit belge
Le droit belge
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