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Cours 2

Le document analyse l'évolution du roman du romantisme au naturalisme au 19ème siècle, en mettant en lumière les thèmes de la quête de soi et de l'errance intérieure. Il explore la notion d'autobiographie et la manière dont les écrivains expriment leurs émotions et réflexions personnelles à travers leurs œuvres. Enfin, il souligne les contradictions et nuances de l'expérience humaine face à la modernité et à la recherche d'une écriture authentique.

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Le document analyse l'évolution du roman du romantisme au naturalisme au 19ème siècle, en mettant en lumière les thèmes de la quête de soi et de l'errance intérieure. Il explore la notion d'autobiographie et la manière dont les écrivains expriment leurs émotions et réflexions personnelles à travers leurs œuvres. Enfin, il souligne les contradictions et nuances de l'expérience humaine face à la modernité et à la recherche d'une écriture authentique.

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Analyse du roman (19 ème siècle)

Avec le Pr. Mouad ADHAM, Semestre 3


De Chateaubriand à Zola,
du romantisme au naturalisme
Le roman romantique : ses raisons et ses manifestations ?
. Un état d’âme en proie à une instabilité totale, une errance et une perdition à la fois
recherchées et imposées
. La recherche et la quête d’une repère, soi-même? L’originalité de l’individu
. Collection de prénom : Delphine (Staël, 1802), Corinne (Staël, 1807), Adolphe (Benjamin
Constant, 1816), René (François-René de Chateaubriand, 1802), Oberman (Senancour,
1804) –support-, Hypérion (Friedrich Hölderlin, 1799), Les Souffrances du jeune Werther
(Johann Wolfgang von Goethe, 1774) → le récit du Moi
« Je dois rester, quoi qu’il arrive, toujours le même et toujours moi ; tel que je me sens ; tel
que je veux être » Oberman
. Comprendre l’existence avec un moi inconnu et mystérieux?
. Une recherche, un déchirement, plaisirs contradictoires
. Le risque : rupture avec un monde hostile à la singularité, aux pouvoirs du cœur, à
l’originalité de l’individu → un moi souffrant
→ à la recherche d’une écriture adéquate aux tumultes de l’âme: l’autobiographie
Même ici, je n’aime que le soir. L’aurore me plaît un moment : je crois que je sentirais sa beauté, mais le
jour qui va la suivre doit être si long ! J’ai bien une terre libre à parcourir ; mais elle n’est pas assez
sauvage, assez imposante. Les formes en sont basses ; les roches petites et monotones ; la végétation n’y
a pas en général cette force, cette profusion qui m’est nécessaire ; on n’y entend bruire aucun torrent
dans des profondeurs inaccessibles : c’est une terre des plaines. Rien ne m’opprime ici, rien ne me satisfait.
Je crois même que l’ennui augmente : c’est que je ne souffre pas assez. Je suis donc plus heureux ? Point
du tout : souffrir ou être malheureux, ce n’est pas la même chose ; jouir ou être heureux, ce n’est pas non
plus une même chose.
Ma situation est douce, et je mène une triste vie. Je suis ici on ne peut mieux ; libre, tranquille, bien
portant, sans affaires, indifférent sur l’avenir dont je n’attends rien, et perdant sans peine le passé dont je
n’ai pas joui. Mais il est en moi une inquiétude qui ne me quittera pas ; c’est un besoin que je ne connais
pas, qui me commande, qui m’absorbe, qui m’emporte au-delà des êtres périssables... Vous vous
trompez, et je m’y étais trompé moi-même ; ce n’est pas le besoin d’aimer. Il y a une distance bien grande
du vide de mon cœur à l’amour qu’il a tant désiré ; mais il y a l’infini entre ce que je suis et ce que j’ai
besoin d’être. L’amour est immense, il n’est pas infini. Je ne veux point jouir ; je veux espérer, je voudrais
savoir ! Il me faut des illusions sans bornes, qui s’éloignent pour me tromper toujours. Que m’importe ce qui
peut finir ? L’heure qui arrivera dans soixante années est là près de moi. Je n’aime point ce qui se prépare,
s’approche, arrive, et n’est plus. Je veux un bien, un rêve, une espérance enfin qui soit toujours devant
moi, au-delà de moi, plus grande que mon attente elle-même, plus grande que ce qui passe. Je voudrais
être tout intelligence, et que l’ordre éternel du monde... Et, il y a trente ans, l’ordre était, et je n’étais point !
Accident éphémère et inutile, je n’existais pas, je n’existerai pas : je trouve avec étonnement mon idée
plus vaste que mon être ; et si je considère que ma vie est ridicule à mes propres yeux, je me perds dans
des ténèbres impénétrables. Plus heureux, sans doute, celui qui coupe du bois, qui fait du charbon, et qui
prend de l’eau bénite quand le tonnerre gronde ! Il vit comme la brute. Non ; mais il chante en travaillant.
Je ne connaîtrai point sa paix, et je passerai comme lui. Le temps aura fait couler sa vie ; l’agitation,
l’inquiétude, les fantômes d’une grandeur inconnue, égarent et précipitent la mienne.

Senancour, Oberman, Lettre 18, (1804)


Senancour, Oberman, Lettre 18, (1804) –support-
. Un texte offrant une vision du monde intérieur, un narrateur qui explore les
détails de ses profondeurs inconnus jusqu’ici.
. Un narrateur tournant le dos au monde extérieur et à ses rouages inutiles et
pleines de frustrations
. Un narrateur sensible à une découverte de moi interne, à un « Dieu » interne,
une nouvelle forme de spiritualité qui remplace la disparition du Roi, de l’Eglise et
du reste …
. La découverte du Moi dévoile ses contradictions et la difficulté de cerner ses
besoins, la difficulté de vivre à l’état sauvage ou de faire face à la modernité,
heureux là où on est pas, l’anéantissement de l’espace et la domination de
sentiment intérieur et de sa mélancolie.
L’autobiographie ?
. Biographie faite à la main ou manuscrite, relation écrite de sa propre vie (XIX).
P. Lejeune : « Nous appelons autobiographie le récit rétrospectif en prose que quelqu’un fait
de son existence, quand il met l’accent principal sur sa vie individuelle, en particulier sur
l’histoire de sa personnalité. »
. La forme du langage, le sujet traité, la situation de l’auteur (rétrospection).
- Le roman autobiographique : camouflage du « Je » dans le « Il » du héros romanesque,
« distancié ».
- L’essaie ou l’autoportrait : la linéarité chronologique de la vie de l’auteur, la matière, n’est
pas respectée.
- Le journal intime : la perspective d’une réception est absente.

« L'autobiographie entre assurément pour beaucoup dans la composition des mémoires ; mais
souvent, dans ces sortes d'ouvrages, la part faite aux événements contemporains, à l'histoire
même, étant beaucoup plus considérable que la place accordée à la personnalité de
l'auteur, le titre de mémoires leur convient mieux que celui d’autobiographie. »
Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle
→ Le mémorialiste est un témoin d’événement ou de personnages qui se sont trouvés de près
ou de loin sur le chemin de son destin ; l’histoire (locale, …) interfère celle de l’auteur.

« Si j’étais destiné à vivre, je représenterais dans ma personne, représentée dans mes


mémoires, les principes, les idées, les événements, les catastrophes, l’épopée de mon temps,
d’autant plus que j’ai vu finir et commencer un monde, et que les caractères opposés de
cette fin et de ce commencement se trouvent mêlés dans mes opinions. Je me suis rencontré
entre les deux siècles comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux
troublées, m’éloignant à regret du vieux rivage où j’étais né, et nageant avec espérance vers
la rive inconnue où vont aborder les générations nouvelles. »
Mémoires d'outre-tombe – Préface de Chateaubriand.

Un genre entre les deux?


« Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d'automne ; un vent froid soufflait par
intervalles. A la percée d'un fourré, je m'arrêtai pour regarder le soleil : il s'enfonçait dans des nuages
au-dessus de la tour d'Alluye, d'où Gabrielle, habitante de cette tour, avait vu comme moi le soleil se
coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand
ces Mémoires seront publiés.
Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un
bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel. J'oubliai les
catastrophes dont je venais d'être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces
campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive. Quand je l'écoutais alors, j'étais triste de même
qu'aujourd'hui. Mais cette première tristesse était celle qui naît d'un désir vague de bonheur, lorsqu'on
est sans expérience ; la tristesse que j'éprouve actuellement vient de la connaissance des choses
appréciées et jugées. Le chant de l'oiseau dans les bois de Combourg m'entretenait d'une félicité que
je croyais atteindre ; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la
poursuite de cette félicité insaisissable. Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un autre,
et j'ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m'entraînent ; je n'ai pas même la certitude de pouvoir
achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les
finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d'instants
qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse, tandis que j'y touche encore : le navigateur,
abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et qui
va bientôt disparaître. »
Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand.
→ la relation se tisse entre souvenirs et écriture
« Représentons-nous, selon la science agrandie, notre chétive planète nageant
dans un océan à vagues de soleils, dans cette voie lactée, matière brute de
lumière, métal en fusion de mondes que façonnera la main du Créateur. La
distance de telles étoiles est si prodigieuse que leur éclat ne pourra parvenir à l’œil
qui les regarde que quand ces étoiles seront éteintes, le foyer avant le rayon. Que
l’homme est petit sur l’atome où il se meut ! Mais qu’il est grand comme
intelligence ! Il sait quand le visage des astres se doit charger d’ombre, à quelle
heure reviennent les comètes après des milliers d’années, lui qui ne vit qu’un
instant ! Insecte microscopique inaperçu dans un pli de la robe du ciel, les globes
ne peuvent lui cacher un seul de leurs pas dans la profondeur des espaces. Ces
astres, nouveaux pour nous, quelles destinées éclaireront-ils ? La révélation de ces
astres est-elle liée à quelque nouvelle phase de l’humanité ? Vous le saurez, races
à naître ; je l’ignore et je me retire.
Grâce à l’exorbitance de mes années, mon monument est achevé. Ce m’est un
grand soulagement ; je sentais quelqu’un qui me poussait : le patron de la barque
sur laquelle ma place est retenue m’avertissait qu’il ne restait qu’un moment pour
monter à bord. »
Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand.
→ contradictions, erreurs, nuances?
Cours prochain?

. Les passages dans ce cours, et d’autres à chercher, vous permettent se saisir la


spécificité du texte, et de la littérature, romantique.
. Chercher d’autres textes, et auteurs, où le style romantique est identifiable.
. Chercher d’autres auteurs préparant l’arrivée de l’écriture et la sensibilité réalistes.
. Chercher des auteurs réalistes et ce qui caractérise leur écriture par rapport aux
romantiques.

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